Montessori avec les Montessouricettes, pour les parents et les pros

311. Pourquoi avons-nous une famille nombreuse ? (Redif)

Anne-Laure Schneider Episode 311

Pourquoi avoir des enfants ?
Et surtout, pourquoi en avoir « autant » ? 

La question m’a été posée sans détour par une amie, alors qu’elle travaillait à l’écriture de son livre. Elle m’a poussée à mettre des mots sur un choix qui, jusqu’ici, s’était fait de manière très instinctive, presque naturelle, sans réel besoin de justification. 

Aujourd’hui, la famille nombreuse n’est ni à la mode, ni particulièrement valorisée. Elle est souvent perçue comme peu compatible avec les enjeux écologiques ou avec l’idéal d’épanouissement personnel qui domine notre époque. 

Et pourtant, nous avons fait ce choix.
Dans cet épisode, je vous explique pourquoi. 

---

Le site des Montessouricettes
Lien pour me laisser un petit message audio avec votre question ou votre suggestion de thème (j’inclurai votre message dans un prochain épisode !)

Notre communauté gratuite

Formation Aménager sa maison Montessori

Catalogue des formations des Montessouricettes

Accompagnement à la Parentalité et à l’IEF Montessori

Vous pouvez nous envoyer vos retours, suggestions et commentaires ici :

Catalogue des formations en ligne

SPEAKER_00:

Bienvenue on the podcast of Montessori 7, Montessori at the maison. I'm Anne Lorschneidler, formatrice Montessori, and 50 instruments in family. My mission is to ask the parents, the assistant maternal, all who in our community appear the Surricets, to make in practice the philosophy of Montessori with them, with their friends or the people who are. In this podcast, we park of pedagogy Montessori, but also of discipline positive discipline, instruction in family, also the call at the maison, of course schooling and of other things. Cette amie écrit un livre et donc elle cherchait à réunir les réponses de plusieurs parents comme moi. Et vraiment je la remercie beaucoup, elle se reconnaîtra. Salut Morgane. Je la remercie beaucoup car ces questions m'ont forcée à réfléchir à ce sujet pour analyser après coup ce qui, je l'avoue, en fait était très instinctif et c'est fait de façon extrêmement naturelle. Alors, quel sens aujourd'hui y a-t-il à avoir une famille nombreuse? C'est vrai que la société n'encourage pas du tout les familles nombreuses. Nous sommes même vus par certaines personnes comme un désastre écologique, on y reviendra en fin d'épisode. La mode n'est pas aux familles nombreuses. Et à une époque où l'essentiel est devenu l'accomplissement et le plaisir individuel, it's very que le fait d'avoir des enfants and le fait d'en avoir beaucoup peut surprendre. Alors aujourd'hui in this episode, je voudrais développer pour vous les réponses que j'ai faites à cette amie et vous expliquer tout simplement pourquoi nous, nous avons eu des enfants, pourquoi nous en avons cinq, and comment je vois, de façon très personnelle, c'est mon opinion et rien de plus, comment je vois le fait d'avoir des enfants, le fait de donner la vie et le fait d'avoir une famille nombreuse. Alors vous remarquerez peut-être que ma voix est un petit peu enrouée. Je suis désolée. J'ai dû crier de très loin pour appeler les enfants. Et malheureusement, je me suis totalement abîmée la voix. Mais bon, j'espère que ça ne vous gênera pas trop dans l'écoute de ce podcast. La limite, ça me fait une voix parfaite pour chanter un air de jazz un petit peu à l'ancienne. Une voix un peu rocailleuse, un peu rauque. Mais bon, rassurez-vous, j'espère retrouver ma voix normale d'ici le prochain épisode. Alors avant de vous expliquer nos raisons derrière le fait d'avoir eu des enfants, encore une fois, je tiens à insister que je suis en train d'analyser tout ça après coup. Donc évidemment, il s'agit d'une rationalisation. Les choses n'ont pas été aussi réfléchies que ce que je vais vous expliquer dans la suite de ce podcast. Car pour nous, c'était quelque chose de très instinctif. Il est vrai qu'avec mon mari, nous avons discuté du nombre d'enfants que nous souhaitions avoir assez tôt dans notre relation. Mais à vrai dire, la question d'avoir des enfants ne s'est même pas posée. Alors, ça peut peut-être vous paraître étonnant. Il faut dire que nous n'avions pas non plus de traumatismes particuliers liés à notre famille qui nous aurait fait réagir de façon très viscérale. Aucun de nous deux n'était fondamentalement hostile à l'idée d'avoir des enfants. And in fact, c'était naturel. Nous voulions, chacun de nous, des enfants, and we nous sommes simplement demandés combien? Qu'est-ce qui nous faisait envie from taille de famille? And on ce qui nous concerne, ça peut être surprenant, je sais que ça a surpris, mon ami. Nous n'avons pas fait des enfants forcés. Je ne crois pas que cette idea nous ait jamais vraiment effleuri l'esprit. Alors effleurie l'esprit, oui, mais qu'on ne se soit jamais vraiment arrêté à cette idea que avoir des enfants nous rendrait plus heureux. Alors oui, pour nous, c'était une évidence qu'avoir des enfants nous rendrait plus heureux, mais ça n'a jamais été pour ça que nous voulions des enfants. Nous avons très vite adopté un chat. Et là, pour le coup, adopter un chat, c'était pour nous rendre plus heureux. Avoir des enfants, non. Alors, tout le monde ne fera pas cette distinction, mais c'était notre cas en tout cas. Et en ce qui me concerne, je crois même que c'est un gros problème lorsque l'enfant devient un projet. On parle souvent d'un projet parental et que l'enfant est un projet. Ça n'est que ma vision. Mais pour moi, lorsque l'enfant est un projet, il y a beaucoup trop d'attentes qui reposent sur l'enfant et sur ce projet. Alors, bon, je rentre un petit peu dans quelque part notre vie intime, mais je pense que c'est indissociable. Nous n'avons pas choisi, ni mon mari ni moi, d'avoir recours à des méthodes de contraception ou à l'avortement. Nous mettons en place des méthodes de régulation naturelle des naissances qui sont efficaces. And au début de notre mariage, on a justement discuté avec mon mari et on n'a pas souhaité mettre en place ces méthodes de régulation naturelle des naissances dès le début. On souhaitait tout simplement rester ouvert à la vie. Entamer notre mariage avec une ouverture à la vie. Sans pour autant programmer ni prévoir l'arrivée d'un enfant là tout de suite. Et j'en reviens à cette notion de projet parental. Qu'est-ce qui se passe si un enfant arrive en dehors de ce projet, à un moment où ça n'était pas prévu? Qu'est-ce qui se passe si l'enfant ne répond pas à nos attentes? Qu'est-ce qui se passe si c'est un garçon alors qu'on rêvait d'une fille? Uh alors qu'on rêvait d'un garçon? Qu'est-ce qui se passe si cet enfant que l'on a projeté, programmé, idéalisé a une maladie? Vous voyez que très vite, on en arrive à des questions d'éthique fondamentale en se disant, mais est-ce que cet enfant dépend vraiment uniquement de mon bon désir? Alors dans la romantique, il est vrai que le pater familias, le père de famille, pouvait choisir de reconnaître ou non les enfants de son épouse. Il avait droit de vie et mort sur eux. Et il pouvait très bien laisser un de ses enfants dans la rue s'il ne voulait pas le reconnaître. Je trouve ça extrêmement dangereux. Voilà. Si on idéalise un enfant, si on en fait un projet, il faut à un moment donné faire le deuil of that enfant idéal. And plus l'idéalisation is forte, plus il y a un projet, plus il y a des attentes, plus the deuil is difficile toi. And I think it's also en lien with the dépression postpartum. And in fact, on s'aperçant that it demands a few, that we dort plus, that it demands a disponibility énorme, and that this enfant news apporte pas de joy, peut-être, du moins dans les premiers temps, que ce dont on avait rêvé. And je pense que tout cela contribue to augmentation le numéro de dépression postpartum. Personnellement, I think it's enfants pour eux, pour les enfants. Et c'est ce qui m'amène peut-être au point le plus important selon nous, à ce qui était au cœur de notre désir d'avoir des enfants. And il s'agit de lutter contre l'égoïsme, de faire passer l'autre avant nous-mêmes sans réciprocity. Laisse-moi vous expliquer. Pour le mariage is a premium form of lutte contre l'égoïsme. Lorsqu'on se marie, lorsqu'on décide d'épouser quelqu'un pour la vie, à mon sens, it is important to placer les intérêts de l'autre, le bien de l'autre, avant notre intérêt propre. And sans cela, un mariage, encore une fois, à mon humble avis, risque d'avoir des difficultés pour fonctionner. Vous allez me dire, mais on ne peut pas se contenter de donner, de donner, de donner. À ce moment-là, on s'use et on se détruit. Eh bien, en réalité, justement, le mariage fonctionne lorsque chacun met l'autre au-dessus de ses propres besoins. Ce qui fait que mes besoins à moi seront tout de même remplis par l'aide de mon conjoint. Et inversement. C'est exactement comme si vous faisiez une petite acrobatie. Imaginez deux personnes face à face qui se tiennent par les poignets et qui plient les genoux et recule en arrière. Ça fonctionne parce que chacun tire autant que l'autre. C'est parce qu'il y a un équilibre. Chacun est nourri autant que l'autre et donc il est maintenu par l'autre. Si chacun maintient l'autre suffisamment, l'ensemble, le couple, tient. S'il y en a un qui lâche l'autre, oui, à ce moment-là, le couple s'effondre. J'espère que vous visualisez un peu cette acrobatie, ce sont les limites du podcast, mais. But I was invited to essay to print conscience and say, okay, I'm l'autre. If you don't have as well, I'm tomorrow. We will sonder two. It's sort of so much, of her egoism, and au-dessus of soi-mane. But in the mariage, there's this reciprocity that it fonction. Dans la parentality, it's not that réciprocity. Parce que we're not surprised, le parent and l'enfant. L'enfant ne peut pas prendre soin de lui tout seul. Nous avons besoin de prendre soin de l'enfant. Et il est évident que l'enfant ne va pas prendre soin de nous. La relation est totalement asymétrique. Nous donnons beaucoup, et l'enfant, lui, nous donne, mais par sa seule présence. Il nous donne de la joie, il nous donne du bonheur, mais sans quasiment rien faire pour nous, par sa seule présence qu'il nous apporte de la joie. Le bonheur de l'enfant fait notre bonheur. Donc si on commence à vouloir faire des enfants pour soi, on est rapidement déçu, parce que très honnêtement, l'enfant ne va pas nous apporter grand-chose très jeune. Encore une fois, à part cette joie de sa seule présence. But si on n'arrive pas à se réjouir du bonheur de l'enfant, à se réjouir de son bien-être, à être heureux de son bien-être, alors on ne retire rien du tout de cette relation et pourtant on donne énormément. Donc vous voyez que tout repose dans la parentalité sur le fait de placer les besoins de l'enfant au-dessus des miens. Alors attention, attention, attention. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je ne dis pas qu'il faut nier ses propres besoins. Je ne dis pas que les parents doivent tout donner à leur enfant sans tenir compte de leurs propres besoins. Tout cela aussi est à relativiser par rapport à l'âge de l'enfant. Il est évident qu'un nourrisson n'est pas comparable à un enfant de 4 ans, qui n'est pas comparable à un enfant de 12 ans, à un adolescent, etc. Un nourrisson n'a aucune ressource à part nous. Nous devons le nourrir, nous devons le laver, nous devons l'habiller, le réchauffer, nous devons l'aider à s'endormir. Il a terriblement besoin de nous. On dit souvent que le petit dôme finit la période de gestation en dehors du corps de la mère. Que le petit Dhom sort au bout de neuf mois parce que sa tête grossit et que s'il restait plus longtemps, en fait, le corps de la femme ne pourrait pas le laisser sortir physiquement. Mais il poursuit énormément son développement pendant les neuf premiers mois de sa vie. C'est comme si la gestation prenait 18 mois et pas neuf mois. Mais un petit peu comme les marsupiaux qui ont leurs enfants dans leur poche, eh bien nous, nous avons notre enfant dans nos bras, à côté de nous. Et nous poursuivons cette... Nous l'aidons à poursuivre ce développement pendant les premiers mois de sa vie. Alors vous allez me dire que dans le mariage, c'est bien beau, dans la parentalité aussi, il faut quand même penser à soi. Oui, c'est vrai. C'est vrai, je ne dis pas qu'il faut tout sacrifier à l'autre. Les choses ne sont pas aussi caricaturales que ça. Bien évidemment, il s'agit de prendre suffisamment soin de soi. Mais pour le reste, d'essayer de faire passer l'autre avant soi. Et je trouve que c'est comme cela que ça fonctionne le mieux. Par exemple, l'année dernière, mon mari, vous savez peut-être si vous avez écouté le podcast sur notre changement de vie, a préparé le CAPES. C'est une préparation qui était lourde, surtout qu'elle se faisait en plus de son métier à plein temps. Ça a demandé des sacrifices sur la vie de famille. Ça a demandé de faire des choses pour que lui puisse avoir un peu de temps dégagé. Si j'avais fait les choses dans l'idée de, allez, ok, je fais un compromis, mais après ce sera mon tour. Dans ce cas-là, on ne se donne pas vraiment. On fait les choses à contre cœur. On mesure, on compte, on est dans la négociation. Il y a une phrase que j'aime énormément. Là tout de suite, je ne sais plus de qui elle est, qui est que la mesure de l'amour, c'est d'aimer sans mesure. On n'aime pas vraiment si on compte son amour. L'amour, ça n'est pas ça. Et encore une fois, ça ne fonctionnerait pas si derrière mon mari ne m'aimait pas comme moi je l'aime. Et donc là où j'ai fait des sacrifices pour lui, pour cette année de CAPES, lui en a fait aussi, déjà au tout début des Montes-souris 7, cette année, alors que nous venons d'emménager, que le rythme change, il en fait énormément, sans tenir une comptabilité de ce qu'il fait. Je sais que certains couples font le total de toutes les tâches qui existent, voire même font une comptabilité séparée en fonction de l'argent qu'ils rapportent chacun au foyer, et mettent en commun les dépenses communes, mais pour le reste, dépensent pour leur plaisir en fonction de l'argent qu'ils rapportent. Ou se répartissent les tâches rigoureusement à 50%, 50%. On peut fonctionner comme ça. J'ai des doutes sur la viabilité a long term. Ça n'est en tout cas pas le choix que nous avons fait in our family. We choisissons to make the shows by amour, par service. Parfois avec réticence, je ne vais pas vous cacher que oui, parfois on fait les choses en traînant les pieds. Mais on les fait tout de même. And parfois we ne peut pas les faire. Parfois on n'est pas les resources, and we can parler and dire, equity, voilà, j'aimerais bien faire ça for toi. Là, I never. Là, I'm not l'énergie, I'm not fatigued. Ou alors, ça va nuire à tel autre domaine de notre vie. Ça va nuire à mon travail, ça va nuire à ce que je fais avec les enfants. Bref. Le dialogue est indispensable. Il ne faut pas que les besoins de l'un soient totalement niés au profit des besoins de l'autre. C'est justement là que l'équilibre est perdu et que le couple s'effondre. Mais si chacun place les besoins de l'autre avant les siens propres, c'est là que la relation peut réellement fonctionner. Encore une fois, à mon humble avis. Donc le mariage, oui, pour moi, c'est aimer l'autre plus que soi-même. Et la parentalité, encore plus. Et dans la vision que j'ai du monde, tous les êtres humains ont besoin de fécondité. Alors, attention, je sais que c'est un sujet très délicat. Je suis parfaitement consciente que tout le monde n'a pas forcément la fécondité physique qu'il souhaiterait. Vous avez des gens qui rêvent d'avoir des enfants, qu'ils ne peuvent pas en avoir, pour tout un tas de raisons. Mais ce que j'estime, c'est que chaque être humain a besoin d'une certaine forme de fécondité. Elle n'a pas forcément besoin d'être physique, de donner la vie, d'enfanter, mais chacun, pour moi, a besoin d'une forme de fécondité, éventuellement spirituelle, sociale, etc. Si vous pensez à Mère Thérésa ou à l'abbé Pierre, ils n'ont jamais eu d'enfant. Pourtant, voyez quelle fécondité spirituelle ils ont eue. Toutes les sœurs de la charité de Calcutta, aujourd'hui, sont un petit peu comme les filles de Mère Thérésa. Tous les enfants, toutes les personnes qu'elle a accompagnées, qu'elle a aidées, qu'elle a soignées, à qui elle a nourri. Elle a été une mère pour eux. Elle a eu une fécondité extraordinaire. Bien plus que moi avec mes cinq enfants. Même chose pour l'abbé Pierre. Regardez encore aujourd'hui Emmaüs et tout ce que l'abbé Pierre a créé, qui lui survit. Et voyez toutes les personnes qui l'a aidées. Voyez Maria Montessori. Maria Montessori qui n'a pas été une mère extraordinaire au début de sa vie de mère. Sa propre maman était n'envisageait pas que Maria Montessori garde avec elle son fils Mario. Et donc Mario a été envoyée à la campagne pendant des années, où Maria Montessori ne le voyait, pour ainsi dire pas. À la mort de sa propre mère, Maria Montessori a fait revenir son fils auprès d'elle, mais pendant très longtemps, elle le présentait comme son neveu. Ça n'est peut-être pas l'image d'une mère idéale, même si son fils était extrêmement attaché à elle et a poursuivi son œuvre. Donc on peut se dire que la relation était bonne entre eux. De l'extérieur, je ne suis pas sûre que ce soit le modèle d'une mère idéale. Et pourtant, voyez la fécondité qu'elle a eue. Dans ses écoles, dans le soin qu'elle a eu de tous ses enfants, tout ce qu'elle leur a apporté, et tout ce que son œuvre continue de produire comme fruit aujourd'hui. Cette forme de fécondité, on la reconnaît au fait qu'elle nous fait sortir de notre petit nous, de notre petit soi, de notre petite vie, de nos petits plaisirs. La fécondité, c'est ce qu'on fait pour le bien d'autres personnes. Et il y a plein de façons de le faire. La personne qui fait des maraudes avec le SAMU social pour aider les SDF. Celle qui va garder les enfants et soutenir moralement sa voisine qui est mère célibataire, qui ne s'en sort pas. Celui qui va passer du temps avec des jeunes de banlieue pour les aider à s'en sortir, etc. Il y a beaucoup de modalités différentes de cette fécondité, mais un même amour de l'autre. Et chaque être humain, à mon sens, ne peut s'accomplir que dans l'amour de l'autre, que dans ce qu'il va faire pour les autres et dans l'aide qu'il va leur apporter. Et chaque être humain qui se renferme et qui ne cherche que son petit bonheur et ses petits plaisirs mène une vie bien triste, à mon sens. Je sais qu'on dit souvent que le but ultime de l'être humain, c'est la recherche du bonheur. Je vais peut-être vous choquer, mais ça n'est pas le mien. Pas directement, en tout cas. Je crois que si on cherche absolument à atteindre le bonheur, il nous échappe. Et je crois que lorsqu'on cherche à faire le bien, c'est là qu'on trouve le vrai bonheur. Bon, vous en faites ce que vous voulez. Peut-être que vous partagez cette vision du monde, peut-être pas du tout, et vous en avez le droit, bien sûr. Revenons un petit peu à cette décision de vouloir avoir des enfants. Comme je vous le disais, pour moi, la fécondité est quelque chose d'indispensable dans la vie d'une personne. Et donc, cette fécondité, nous avons choisi de l'incarner et nous avons eu la possibilité physique d'avoir des enfants. C'est une chance, une grâce, nous en sommes reconnaissants, parce que nous savons que ça n'est pas toujours facile. Le fait d'avoir des enfants, c'est aussi la décision de mettre au monde quelque chose qui va nous survivre. Et alors j'en parlais avec mon amie justement pour préciser cette idée, parce qu'elle me disait avec justesse, mais quand même, ce n'est pas l'idée que notre petite existence is si important qu'il faut absolument qu'elle survive. That's quite pasta que you pens. And effectively, no, that's that. It's that just once si peu de choses. Nous, chaque être humain dans l'univers. Là, qu'est-ce que je suis? Une petite voix, ce sont des ondes. C'est rien. It's the movement de l'air dans un univers qui a des milliards d'années, et qui en a encore quelques-uns, sans doute à vivre. Qu'est-ce que. Qu'est-ce que je suis? Si peu de choses, au final. Mais quelque chose d'extraordinaire, que de se dire qu'à notre petite mesure, on peut contribuer à construire quelque chose qui nous dépasse. Come un architecte qui rajouterait une pièce, un étage, un immense palais. Quelque chose de somptueux. Donner la vie, pour moi, c'est l'œuvre ultime. L'œuvre de co-création ultime, qui nous dépasse totalement. C'est quelque chose de fou quand même, de phénoménal, qu'avec nos petites cellules, nous puissions donner la vie. Et donner vie à quelqu'un qui est différent de nous, qui est distinct de nous, à une nouvelle personne. Alors quand je dis co-créateur, c'est parce que vous le savez sans doute, je suis chrétienne, donc pour moi, évidemment, nous sommes co-créateurs avec Dieu de cette nouvelle vie qui arrive lorsque nous mettons au monde un enfant. Mais donc quelle idée incroyable de se dire que nous, nous ne sommes pas grand-chose. Et qu'il ne s'agit pas d'espérer que nos enfants accomplissent ce que nous, nous n'avons pas pu accomplir dans notre vie. Pitié, quelle horreur! Quelle horreur de faire peser sur ces enfants les attentes qui étaient les nôtres. Combien d'enfants se retrouvent ainsi dans des voies qu'ils n'ont pas choisies parce que c'était en fait le rêve de leurs parents. Non, il ne s'agit tellement pas de ça. Mais quelle chose incroyable de se dire que je peux donner la vie, donner naissance à un être distinct de moi, qui aura sa propre identité, sa propre personnalité, son propre destin, sa propre liberté. Et que ça, ça va me survivre. Que je suis un maillon, que je suis un contributeur de l'humanité. Je trouve ça extraordinaire. Alors maintenant, pourquoi une famille nombreuse? Avoir des enfants, vous l'avez vu pour moi, c'est avant tout lutter contre l'égoïsme dans notre propre vie. Et puis donner naissance à quelque chose qui nous dépasse, qui est plus grand que nous. Mais pourquoi une famille nombreuse? Il y a plusieurs raisons à cela. La première, c'est qu'il s'agit déjà de lutter contre l'égoïsme aussi au niveau de nos enfants. C'est quelque chose qu'on risque d'oublier dans une famille moins nombreuse, mais pour qu'une famille fonctionne, il faut que chacun apporte sa contribution. À sa mesure, bien évidemment. Attention aussi au risque, évidemment, de transformer les aînés en petits adultes, en papa et maman bis. Non, il ne s'agit absolument pas de ça non plus. Mais chaque membre de la famille reçoit des choses de la famille et contribue des choses à la famille. Et là aussi va placer le bien commun, les besoins communs de la famille au-dessus de ses petits désirs personnels. Alors il y a un équilibre à garder. Mais je trouve que c'est très formateur d'avoir une famille nombreuse pour transmettre ces valeurs de générosité et de service. J'ai pu aussi découvrir les difficultés qu'il y avait à élever un enfant unique. Encore une fois, parfois, on n'a pas le choix pour tout un tas de raisons. Mais encore récemment, en atelier de parents, je vois à quel point il est plus compliqué, en fait, d'élever un enfant unique que deux enfants. Tout simplement parce que l'enfant unique n'a pas de camarade de jeu. Alors qu'avec deux enfants, it's a plus facile. L'enfant va aussi passer du temps à jouer avec son frère or sa sœur. And lorsque le deuxième enfant sera tout bébé, c'est l'occasion pour l'aîné de découvrir que justement il n'est pas le centre du monde. Comme aucun de nous d'ailleurs. C'est une découverte que nous avons, une prise de conscience, que nous avons tous à faire à un moment donné. Eh oui, nous ne sommes pas le centre du monde. Pas de chance. Et donc ça, le grand frère ou la grande sœur fait cette découverte très vite. C'est quelque chose qu'il faut accompagner, évidemment, et lui montrer que même s'il n'est pas le centre du monde, il est un point capital de notre monde. Et que nous allons continuer à l'aimer et à prendre soin de lui. Mais prendre conscience qu'il n'est pas tout seul. Et ça commence donc très jeune à faire sortir de l'égoïsme. En tout cas, ce qui est frappant, c'est que la difficulté qu'il y a à élever des enfants n'est absolument pas proportionnelle à leur nombre. Pas du tout. Deux enfants, pour moi, c'est plus facile qu'un seul enfant. Trois enfants, c'est un petit peu délicat, mais j'ai envie de dire que la difficulté à élever quatre ou cinq enfants n'est pas tellement plus grande que la difficulté qu'il y a à élever trois enfants. Ça n'est pas du tout une progression linéaire pour les matheux parmi vous. Et puis c'est quelque chose qui est très enrichissant pour tous. Les cadets bénéficient de l'expérience des aînés. Souvent, ils veulent faire comme les grands. Ils suivent leur example, ils apprennent plein de choses. Ils évitent parfois de répéter les erreurs de leurs aînés aussi. Quant aux aînés, voyez quelles compétences ils développent. La gestion d'équipe, l'apprentissage du compromis. Voyez quelle finesse dans la perception des relations humaines ils doivent développer. Parce que très vite, ils sont dans une mini-société. Et pas du tout dans une famille où ils seraient le centre, le cœur de tout. Ils sont dans une mini-société. Ils apprennent aussi à amener les plus jeunes à leur niveau. Chez nous, nous avons deux fils, un de 12 ans et un de 7 ans, qui sont tous les deux très très très amateurs de jeux de société. Contrairement à notre fille de 10 ans. Eh bien, notre aîné, malgré la différence d'âge, a pris son petit frère sous son aile et depuis toujours lui explique les règles et le fait jouer à des jeux de société. Eh bien, ce jeune frère, qui a 7 ans, joue à des jeux de plus de 12 ans, sans aucune difficulté. Il est devenu extrêmement fort en jeu de société grâce à son grand frère. Mais son grand frère, lui, il a gagné dans l'affaire un partenaire de jeu. Vous voyez comment cette relation bénéficie à chacun d'eux. Et tous les deux sont très heureux de partager ces moments-là. Pour moi, là, il y a une leçon qui est absolument fondamentale et qu'on apprend plus difficilement ou plus tard dans une famille avec un enfant ou seulement deux. Il s'agit vraiment de l'apprentissage de la vie en société, mais dans une petite société miniature. On parle souvent de l'IUF et de la sociabilité, mais croyez-vous vraiment qu'on apprenne davantage à se socialiser dans une classe avec 25 élèves du même âge que nous? Ou que l'on apprend davantage à se socialiser avec un petit groupe de personnes d'âge très différent du nôtre, avec des enfants peut-être plus jeunes ou plus grands que nous, plus âgés que nous, avec des adultes qui peuvent donner le modèle, modéliser les compétences à acquérir, etc. C'est pour ça aussi que l'IEF, je trouve, est formidable avec une famille nombreuse, c'est parce que non pas que l'IEF apaise toutes les difficultés relationnelles, mais dans l'IEF, on ne peut pas se permettre de laisser traîner des conflits et des difficultés relationnelles. On est obligé d'aborder les choses de front parce qu'on passe tout notre temps ensemble, ou presque. Donc si les choses se passent mal, c'est toute la journée qu'elles se passent mal. Alors que sinon, c'est vrai qu'en allant à l'école, il y a des temps de pause et de paix, et en fait, les enfants passent relativement peu de temps ensemble. Je pense qu'un enfant passe plus de temps à l'école qu'il n'en passe éveillé dans sa famille au quotidien. Même en comptant les week-ends. Mais bon, c'est un autre débat. On m'oppose souvent qu'avoir une famille nombreuse, c'est un désastre écologique, que ça devrait être interdit, que nous gaspillons le peu de ressources de la planète, etc. Et c'est un vrai sujet. C'est un vrai sujet. Les ressources sont de plus en plus rares. Y a-t-il vraiment du sens à avoir une famille nombreuse dans ce contexte-là? C'est une vraie question. Pour autant, on a tous entendu parler de malthus et du malthusianisme qui se disait justement qu'il y avait un problème parce que la croissance de la population dépassait celle des ressources. Il voyait ça comme des progressions figées dans le temps. Il voulait donc que chacun régule un peu les naissances et donne naissance à moins d'enfants pour éviter d'utiliser toutes les ressources de la planète. Le sujet est beaucoup plus complexe que ce que pensait Malthus. Parce qu'en 2000, il y avait deux fois plus d'êtres humains sur la Terre qu'en 1960. Deux fois plus d'êtres humains. Et pourtant, en 2000, il y avait deux fois et demi moins de personnes qui souffraient de malnutrition. Ça peut paraître paradoxal. Alors, je ne dis pas là pour défendre l'agriculture intensive, au détriment de la planète, etc. Mais tout ça pour vous dire que les choses sont plus complexes. Justement, elles ne sont ni tout blancs, ni toutes blanches, ni toute noire. Il a eu la révolution industrielle. Aujourd'hui, à l'inverse, il a une prise de conscience qui nous amène aussi à peut-être plus de modération dans notre consommation. Peut-être un jour une décroissance. Nous verrons bien. Et je voudrais aussi rappeler que nous avons une famille nombreuse en France. En France où en fait l'indice de fécondité est extrêmement faible. Il est aujourd'hui de 1,87 par femme. Ça veut dire qu'on est bien en dessous du seuil de renouvellement de la population qui est à 2,1. Ça veut dire qu'à l'heure actuelle en France, la population diminue. Alors, sans compter évidemment les arrivées et les départs de migrants. Mais en termes de fécondité pure, la population diminue. Donc est-ce vraiment un problème si nous, de notre côté, nous avons 5 enfants? En fait, nous contribuons à ce que cette moyenne soit de 1,87 et pas de 1,80 ou 1,50. Donc je ne crois pas que dans la situation actuelle en France, ce soit réellement un souci d'avoir une famille nombreuse ou que ce soit irresponsable d'avoir une famille nombreuse. Autre point que je voudrais signaler aussi, c'est qu'une famille nombreuse est généralement beaucoup plus écolo, de façon très naturelle, qu'une famille qui n'est pas nombreuse. Pourquoi? Eh bien, nous avons une voiture 7 places déjà. Donc nous déplaçons avec un seul véhicule, alors qui certes consomme un petit peu plus qu'une voiture 5 places, mais nous transportons 7 personnes, et pas 5, et pas 3, et pas 2. Donc le rapport entre. Enfin la quantité de ressources que nous dépensons pour déplacer une personne est bien plus faible que la quantité de ressources pour déplacer une personne chez un couple, ou chez un couple avec un enfant ou deux enfants. Nous mutualisons beaucoup. Nous utilisons moins d'emballages parce que nous achetons en plus grosse quantité. Nous n'allons jamais acheter un paquet de deux tranches de jambon. Chez nous, c'est plutôt par dix. Nous avons une seule cuisine. Alors là, nous avons plus d'une salle de bain, mais nous avions encore avant de déménager, nous avions une salle de bain pour toute la famille. Très souvent, chez les familles nombreuses, les jeunes enfants partagent leur bain. On fait un bain pour les deux plus jeunes enfants. Les jouets et les vêtements resservent. D'ailleurs, c'est toujours un petit peu compliqué parce que c'est vrai que chez nous, nous transmettons aux enfants des vêtements qui ont été déjà bien portés, etc., dont les dépauvantes ou Emmaüs ne veulent pas. But chez nous, ils resservent ces vêtements. Les jouets auront servi au final à cinq enfants différents, avant d'être peut-être encore donnés, partagés, etc. Nous avons sept personnes devant la télé en même temps, pour une seule télé. Bref, vous voyez que au final, si on rapporte les ressources utilisées à chaque personne, elles sont bien plus faibles dans les familles nombreuses que dans les familles non nombreuses. Et par ailleurs, il est quand même assez rare de voir une famille de sept en avion. Non? Ne serait-ce que parce que c'est extrêmement coûteux. Or ça arrive, bien sûr, mais c'est très rare. Donc au niveau de la pollution, en général, les familles nombreuses polluent un peu moins que les autres. Le mode de consommation est en fait très différent. Alors, ça ne veut pas dire que matériellement, il se trouve quand même qu'une famille de 7 consomme plus qu'une famille de 4, par exemple. Mais par rapport au nombre de personnes, nous consommons moins. Voilà, ça ne résout pas le problème. Je ne dis pas que c'est une réponse absolue. Ça ne nous empêche pas de devoir être attentifs et à préserver encore davantage les ressources que nous pouvons préserver. Mais encore une fois, les choses sont plus complexes que ce qu'on s'imagine généralement. Donc voilà un peu pour résumer ce qui est au cœur de notre décision d'avoir une famille, une famille nombreuse. Avant tout, de lutter contre l'égoïsme, de nous apprendre les uns les autres à lutter contre l'égoïsme, à nous, parents, et aussi à nos enfants. Essayer de construire ensemble quelque chose qui nous dépasse. Donner la vie pour quelque chose de plus grand que nous. Voilà, j'ai donné cinq fois la vie. Cinq petits êtres sont dans le monde aujourd'hui, qui n'y étaient pas avant, et qui vont apporter leur pierre, leur contribution. J'espère qu'elle sera positive. C'est tout le rôle de l'éducation, en fait. Je n'ai pas d'autre attente envers eux que le fait que leur contribution soit positive au monde. Voilà, j'espère y parvenir. C'est mon premier objectif éducatif. En tout cas, on va faire les choses, on va tout faire pour. Donc voilà, lutter contre l'égoïsme, construire ensemble quelque chose qui nous dépasse. Et puis la richesse qu'il y a dans une famille nombreuse avec toutes ces relations entre les uns et les autres. Alors, j'avais lu quelque part et j'avais trouvé ça très juste. Ce petit rappel qu'en fait, il ne faut surtout pas chercher à avoir un enfant pour sauver son couple. Parce que dans un couple, il y a une relation à double sens. Si on rajoute un enfant dans l'équation, il y a trois relations à double sens à gérer. Donc si la première relation n'est pas stable, ce n'est pas en rajoutant deux relations à double sens supplémentaires, une entre le papa et l'enfant, une entre la maman et l'enfant, que la relation de couple va s'améliorer. C'est encore plus valable pour une famille nombreuse. C'est-à-dire que si déjà les relations ne sont pas bonnes, ne sont pas paisibles, dans une certaine mesure, rassurez-vous, dans notre famille de sept, il y a des conflits, il y a des cris, il y a des disputes entre frères et sœurs, comme dans toutes les familles. Mais si au cœur la relation n'est pas saine, il peut être très dangereux de rajouter un nouvel enfant. Parce que le number of relations is exponentiel. Si on a quatre enfants et qu'on en rajoute un cinquième, ce sont quatre relations à double sens que l'on vient rajouter à la vie familiale. Donc c'est compliqué. Pardon, non, si on a déjà quatre enfants, on est six personnes dans la famille. Et donc ce sont six relations à double sens que l'on rajoute à la naissance d'un cinquième enfant. Vous voyez que ça monte très très vite. Voilà, j'espère que ces réflexions que je partage avec vous enrichiront votre propre réflexion. C'est un sujet évidemment assez intime, qui touche au cœur de notre vision du monde. Encore une fois, ça n'est que mon opinion. Vous avez le droit de ne pas la partager. Je ne suis pas une dictatrice de la pensée. Mais j'espère que ces réflexions vous auront enrichi. Et que peut-être, ça vous amènera à vous poser la question pour vous-même. Si vous avez des enfants, pourquoi en avez-vous? Si vous souhaitez des enfants, pourquoi en souhaitez-vous? Si vous n'en souhaitez pas, pourquoi? Alors, c'est un petit peu étonnant que vous soyez ici, ou alors sur ce podcast, ou alors pour votre vie professionnelle, mais de vous interroger dans ce cas-là peut-être sur cette notion de fécondité, qui n'est pas forcément la fécondité physique dans la famille, mais qui peut être une fécondité spirituelle ou sociale dans la société en général. Voilà. C'est tout pour aujourd'hui. Je vous souhaite une excellente semaine. On essaie pourra peut-être d'aborder des sujets un peu moins profonds et philosophiques la semaine prochaine. A très bientôt, votre petite sorlicette. Anne-Mussi.