Montessori avec les Montessouricettes, pour les parents et les pros
Vous voulez mettre en pratique la pédagogie Montessori, que ce soit à la maison, en structure, en cabinet ou à l'école ? Bienvenue ! Je suis Anne-Laure Schneider, formatrice Montessori et maman de 5 enfants instruits en famille. Ici, nous parlons de pédagogie Montessori, mais aussi de discipline positive, d'instruction en famille (école à la maison), de coschooling et de bien d'autres choses encore...
Montessori avec les Montessouricettes, pour les parents et les pros
339. Un téléphone pour son enfant ?
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Entre des élèves de CP équipés de smartphones et des parents qui n’autorisent qu’un téléphone non connecté (“à touches”) jusqu’au bac, il est difficile de se trouver ses marques en tant que parents et de déterminer le bon âge pour accorder un téléphone portable à son enfant…
Avec la rentrée qui approche, vous vous posez peut-être la question pour l’un de vos enfants. Vous voulez qu’il puisse vous joindre en cas d’urgence, mais aussi qu’il reste protégé des dangers d’Internet et des réseaux sociaux.
Alors comment s’y prendre ? A quel âge, quel type de téléphone, et quelles règles poser ? Nous allons en discuter ensemble pour que vous puissiez établir votre propre plan, qui puisse être accepté par toute la famille.
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Bienvenue sur le podcast des Montessori 7, Montessori à la maison. Je suis Anne-Laure Schneider, formatrice Montessori et maman de 5 enfants instruits en famille. Ma mission, c'est d'aider les parents, les assistantes maternelles, bref, tous ceux que dans notre communauté nous appelons des souris 7, à mettre en pratique la philosophie Montessori chez eux, avec leurs enfants ou les enfants qu'ils gardent. Dans ce podcast, nous parlerons donc de pédagogie Montessori, mais aussi de discipline positive, d'instruction en famille, ce que l'on appelle aussi l'école à la maison, de co-schooling et de bien d'autres choses. C'est l'été, peut-être que vous commencez tranquillement à réfléchir à la rentrée, si ce n'est pas le cas, désolé de vous mettre cette pression. Mais parmi les grands sujets de la rentrée se pose souvent la question du téléphone pour nos enfants. En particulier, est-ce que c'est le bon âge pour confier un téléphone à mon enfant
UNKNOWN?
SPEAKER_00Y en a-t-il réellement besoin
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce le bon moment
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et comment allons-nous procéder si nous allons vraiment lui donner un téléphone
UNKNOWN?
SPEAKER_00Quel téléphone
UNKNOWN?
SPEAKER_00Quel contrôle parental
UNKNOWN?
SPEAKER_00Comment faire
UNKNOWN?
SPEAKER_00Bref, en deux questions, pourquoi et comment donner un téléphone à son enfant
UNKNOWN?
SPEAKER_00Mais avant de se demander, est-ce que c'est le bon moment
UNKNOWN?
SPEAKER_00À quel âge
UNKNOWN?
SPEAKER_00Devrais-je lui donner un téléphone
UNKNOWN?
SPEAKER_00La vraie question à se poser, c'est déjà pourquoi mon enfant aurait-il besoin d'un téléphone
UNKNOWN?
SPEAKER_00Y a-t-il un besoin et de quel type est-il
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce qu'un téléphone sert à beaucoup de choses, surtout aujourd'hui les smartphones. Certes, la fonction de base d'un téléphone, c'est d'appeler. Donc la raison, généralement principale, en tout cas la principale avancée, c'est de s'assurer que notre enfant soit toujours joignable et puisse toujours nous joindre en cas de problème. Le téléphone, il permet aussi d'envoyer des SMS, il permet d'avoir un appareil photo pour immortaliser des souvenirs, il permet d'écouter de la musique, ce qui à l'adolescence, entre autres, devient quelque chose de très important. Il peut permettre d'utiliser un GPS si votre enfant doit se rendre d'un endroit à un autre, mais aussi de regarder des vidéos, par exemple avec ses amis aussi, d'aller sur Internet, d'avoir WhatsApp, ce qui peut être une bonne chose, une mauvaise chose, d'avoir accès aux réseaux sociaux, de faire des jeux sur les réseaux sociaux, sur un téléphone, et tout simplement de se sentir grand. Un téléphone est un marqueur social qui permet aux adolescents en particulier de se dire « je suis comme les autres, je partage cette culture du téléphone portable, de ce qu'il y a et de ce à quoi le smartphone donne accès ». Donc les besoins ne sont pas tous de même nature
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et la première question, ça n'est donc pas est-ce que mon enfant doit avoir un téléphone, mais à quelle fonction d'un téléphone mon enfant devrait-il disposer par rapport à ses besoins réels
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et comment je vais l'accompagner progressivement pour apprendre à utiliser un téléphone portable correctement
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que c'est un objet puissant, mais aussi qui présente certains dangers, on va y revenir. Alors, le premier grand besoin dont je vous ai parlé, c'est le fait de pouvoir nous joindre, nous parents, en cas d'urgence. Et je voudrais m'étendre un petit peu là-dessus parce qu'il y a une espèce de biais derrière, une espèce d'illusion. Souvent, ce sont des parents inquiets qui se disent, si mon enfant a un souci, s'il doit pouvoir me joindre pour que j'aille le chercher, etc. Et s'il avait besoin de m'appeler. C'est parfaitement légitime. C'est tout à fait naturel, même en tant que parent. Et on ne peut pas comparer à la situation que nous, parents, nous avons connue plus jeune. De mon temps, je pourrais prendre une petite voix chevrotante, de mon temps, il y avait des cabines téléphoniques partout. Bah oui. Dans mon établissement, au lycée, au collège, il y avait des cabines, au lycée en tout cas, il y avait une cabine téléphonique. Au collège, il y en avait une dans la rue. J'avais une carte téléphonique, toujours avec moi. Donc, c'était très facile pour n'importe qui d'aller dans une cabine téléphonique et les parents raisonnables donnaient une carte téléphonique à leurs enfants s'ils avaient peur et qu'ils voulaient absolument que leurs enfants puissent les joindre à tout moment. J'ai passé deux années en internat au lycée, mais j'avais cette carte téléphonique qui me donnait accès à la cabine. Et pour être honnête, je l'ai très peu utilisée. Je l'utilisais peut-être trois fois dans l'année. Il faut dire aussi qu'il était beaucoup plus naturel pour un enfant ou un adolescent qui avait besoin de passer un coup de fil, d'aller dans un commerce et de demander s'il pouvait passer un coup de fil. Mais il faut se dire aussi que c'est une époque où les parents n'avaient pas forcément encore de téléphone portable. Disons que ça a commencé vraiment à se généraliser lorsque moi-même, j'aime peut-être me vieillir un peu, mais lorsque moi-même j'étais en fin de lycée. Donc, je dirais que vers les années 2000, ça a commencé vraiment à se répandre où on commençait à avoir des téléphones portables. Mais quand on cherchait à joindre quelqu'un, on commençait par appeler le fixe. En général, c'est comme ça qu'on fonctionnait. Mais bon, petit à petit, les cabines téléphoniques ont disparu. Il n'y en a plus aujourd'hui, en France, en tout cas à ma connaissance. Et les commerces sont beaucoup plus réticents à laisser quelqu'un utiliser leur téléphone. Pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce qu'il y a une méfiance. Tout simplement parce que le cas se pose moins aujourd'hui. Donc c'est moins habituel. Du coup, chaque fois que quelqu'un rentre dans un commerce et dit « Est-ce que je pourrais emprunter votre téléphone pour passer un coup de fil
UNKNOWN?
SPEAKER_00» On s'inquiète parce qu'on n'a pas l'habitude, ce n'est pas un automatisme. On se dit que peut-être le jeune va utiliser le téléphone pour passer un appel facturé, un appel coûteux peut-être. être à l'étranger. Peut-être qu'il y a une sorte de responsabilité derrière. Peut-être qu'il y a une arnaque qu'on ne maîtrise pas bien. Il y a tellement d'arnaques aujourd'hui sur Internet, etc., qu'on est méfiant de tout. Et en même temps, j'ai envie de vous demander si un jeune enfant venait dans un commerce et disait, je suis désolée, je suis perdue, est-ce que je peux appeler mes parents
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je connais leur numéro. Est-ce qu'on ne peut pas compter un petit peu sur la bienveillance des gens pour le faire
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je pense qu'il y a une méfiance qui se développe davantage vis-à-vis des adolescents. Si on pense à un enfant de moins de 12 ans, je pense que là, on peut quand même être rassuré là-dessus. Donc ça, c'est simplement pour se dire, ok, cette inquiétude, elle est légitime, mais est-ce qu'elle n'est pas exagérée
UNKNOWN?
SPEAKER_00Mon enfant peut avoir quand même des moyens de contacter quelqu'un, de me contacter en cas de souci. Alors si l'enfant est jeune, justement moins de 12 ans, il n'y a pas 15 000 situations où il risque d'avoir à nous appeler. S'il est à l'école, c'est très très simple parce que l'école peut nous joindre. C'est quand même le rôle de l'école de nous prévenir s'il y a un souci, s'il faut chercher notre enfant parce qu'il est malade, si l'école finit plus tôt pour une raison ou pour une autre, bref. Et s'il faut chercher notre enfant parce qu'il fait 38 degrés dans les classes et que ça n'est pas vivable ou 45 degrés comme c'est parfois arrivé, c'est le rôle de l'école. Donc pas souci. Si l'enfant est dehors, en général, un enfant de moins de 12 ans, on ne le laisse pas tout seul. En général, il a un adulte responsable avec lui, donc cet adulte peut appeler, ou un autre adulte présent autour de lui peut appeler. C'est ce que je disais, avec un enfant de moins de 12 ans, on peut quand même compter sur la bienveillance des adultes autour. Et puis, si on a des adolescents qui sortent ensemble, il y en a souvent un qui a un téléphone et qu'on peut emprunter. Ou encore une fois, on peut compter sur un adulte de passage. Dans l'autre sens, si on a besoin de prévenir notre enfant de quelque chose. Encore une fois, en général, il est avec un adulte, que ce soit à l'école ou que ce soit en sortie. Donc c'est vrai qu'il peut y avoir des situations d'urgence où on doit prévenir notre enfant. Par exemple, on doit aller à l'hôpital. Par exemple, on a accumulé un énorme retard, on est totalement coincé derrière un accident sur la route, on ne peut pas bouger, on va arriver avec une heure de retard. Ou quelqu'un d'autre doit venir le chercher de façon absolument exceptionnelle. Encore une fois, on peut contacter l'école ou on peut contacter l'adulte responsable avec qui notre enfant se trouve. Ou on peut contacter un autre adolescent du groupe si on sait que notre enfant est sorti en groupe. Et si on avait donné rendez-vous à notre enfant à un endroit précis, en général, il peut y avoir un commerce à côté et on peut essayer d'appeler, par exemple, je ne sais pas, la librairie, le café qui est à côté et leur demander exceptionnellement s'ils ne pourraient pas jeter un œil dehors et voir s'il n'y aurait pas un enfant qui ressemble à ça en train d'attendre pour prévenir. On est quand même dans une société où les adultes peuvent encore s'entraider. On ne peut pas compter là-dessus à 100%, mais on peut quand même y compter un tout petit peu. En revanche, il est totalement vrai qu'à partir de l'adolescence, il y a beaucoup de choses qui changent. Je vous disais que lorsqu'un enfant est à l'école, c'est l'école qui est censée assurer les communications avec l'extérieur. Ça n'est plus le cas au collège et au lycée.
UNKNOWNEuh...
SPEAKER_00Au collège et au lycée, alors j'ai deux enfants qui sont scolarisés, une qui vient de finir son collège, un qui rentre en première. Et ça n'est pas pareil dans tous les établissements. C'est-à-dire que souvent, les enfants, les élèves ont le droit, alors au collège, d'utiliser leur téléphone à la vie scolaire pour appeler l'extérieur. Et au lycée, ils y ont droit généralement dans le hall de l'établissement, dans une zone un peu publique, pas dans les salles de classe évidemment. Sauf que... par exemple l'établissement de ma fille il y a quand même beaucoup de choses comme ça qui nous ont choqués mais l'une par exemple c'est que il y a des élèves qui allaient à la vie scolaire et la vie scolaire apparemment était trop grande pour pouvoir surveiller ce qu'ils faisaient sur leur téléphone et donc à la vie scolaire on avait le droit normalement d'appeler à partir de son téléphone mais eux faisaient des jeux vidéo regardaient des vidéos plutôt que de surveiller ces élèves et de le leur interdire la conclusion a été qu'on ne peut plus appeler depuis la vie scolaire ce que je trouve absolument dingue mais bon c'est comme ça Et puis, j'ai quand même observé plusieurs fois dans différents établissements une réticence à ce que la vie scolaire appelle de la part de l'enfant. Par exemple, un enfant qui a deux cours annulés et qui voudrait demander à son parent si son parent ne peut pas venir le chercher plus tôt, souvent la vie scolaire dit « t'as pas ton téléphone
UNKNOWN?
SPEAKER_00» « Non, j'ai pas de téléphone. » « Ah oui, non mais alors, c'est pas à nous de faire ça, etc. » J'ai déjà vu la vie scolaire être réticente à passer ce genre d'appel. Et là, je trouve qu'il y a un vrai, vrai problème. Je pense que tout ce qui est... l'administration, l'équipe éducative, etc., d'un établissement scolaire doit tout faire pour faciliter les choses à un enfant qui n'aurait pas de téléphone. Parce que c'est plutôt une bonne chose au niveau éducatif, en fait. On n'a pas besoin d'avoir un téléphone. Outre que c'est quelque chose quand même de très classiste, c'est-à-dire que tout le monde déjà n'a pas les moyens d'offrir un téléphone à son enfant. Pour le coup, c'est encourager une mise en danger des enfants. C'est encourager aussi à aller utiliser un téléphone en cachette. Je pense que les choses devraient être beaucoup plus claires dans les établissements et se dire la vie scolaire peut passer un coup de fil pour vous, pour une raison justifiée. Par exemple, un cours a été annulé, j'ai besoin d'appeler mon parent. Ou je me sens malade et j'ai besoin d'appeler mon parent. Mais bon, là il y a encore tout un autre débat qu'il faudrait avoir. En tout cas, souvent on présuppose dans les collèges et lycées que tous les enfants ont un téléphone, et même pire, un smartphone. Par exemple, il y a de plus en plus d'établissements où il n'y a plus de carte de cantine d'office, où la carte de cantine est dématérialisée et où l'enfant doit présenter son smartphone avec un QR code. Sachant que l'enfant n'a peut-être pas forcément Internet, n'a pas forcément de smartphone, n'a pas forcément de gros forfait Internet qui fait qu'il peut utiliser son smartphone tous les jours pour se connecter et récupérer son QR code. Et du coup... Il y a quand même des solutions qui existent et je voudrais vous en parler. Souvent, on peut demander une carte de cantine, mais il faut la payer. Ce que je trouve inadmissible, parce que c'est pas normal. Ça devrait faire partie du service de la cantine, d'avoir une carte de cantine. Une autre possibilité, c'est d'imprimer une fois pour toutes le QR code. Moi, c'est ce que fait mon fils au lycée. Il a son QR code imprimé. Comme ça, il n'a pas à rallumer son téléphone après les cours. Les téléphones, et ça, c'est un très bon système, à chaque fois qu'ils rentrent en classe, doivent être mis dans une boîte. Une boîte qui est fermée à clé par le professeur. Et ils récupèrent ensuite tous leurs téléphones à la fin du cours. Ça fonctionne bien. Donc, si ça peut être généralisé dans d'autres établissements, C'est plutôt un très bon système. Donc, on peut aussi imprimer le QR code et le garder avec soi. Par exemple, justement, dans la poche, dans la coque du téléphone, ça peut être une possibilité. Idem pour les cartes de transport qui, de plus en plus, fonctionnent avec un QR code. On peut avoir des choses comme ça plutôt qu'utiliser une appli dans smartphone, Internet, etc. Donc, voilà les deux solutions, on va dire, qui existent. Mais je trouve que les établissements mettent un peu des bâtons dans les roues quand même aux parents qui voudraient éviter les contraintes liées à un smartphone. Par exemple aussi, quand on fait de la conduite accompagnée, eh bien, aujourd'hui, c'est dématérialisé et on enregistre les activités de conduite accompagnée. Donc, en fait, l'enfant doit faire, je crois, 3000 kilomètres avec son parent, accompagné donc par son parent. Et ça, on l'enregistre sur une application. normalement sur le téléphone de l'enfant. Tous les enfants n'ont pas forcément un smartphone. Donc, voilà. Il y a des choses qui sont pas... On a tendance à tout dématérialiser, à tout dénumériser. Et je trouve que, un, c'est profondément injuste, comme je le disais, pour ceux qui n'ont pas les moyens d'avoir un smartphone pour chaque personne de la famille. Et deuxièmement, c'est justement encourager énormément les adolescents à avoir absolument un smartphone le plus tôt possible, là où il y a quand même des dangers. Par ailleurs, on sait bien que pour les adolescents, il y a des trajets qui sont parfois plus longs. Il peut y avoir le ramassage scolaire, il peut y avoir les transports en commun, il peut y avoir des activités, ils peuvent se rendre seuls à certaines activités qui peuvent être annulées, etc. Il peut y avoir des sorties entre amis, les horaires peuvent varier. On peut se dire « Ah, mais en fait, on aimerait bien prolonger, aller se prendre un jus de fruits quelque part, aller se prendre un coca après le ciné. » Donc effectivement, ça peut être utile. Le téléphone peut vraiment contribuer à l'organisation de la vie familiale. Et en même temps, entre un outil pour l'organisation familiale et un smartphone avec Internet illimité, il y a un fossé. Donc c'est aussi ce dont on va parler. Parce que, je voudrais vous le rappeler, il y a quand même beaucoup de risques à l'utilisation d'un smartphone. Il y a un risque d'addiction. Parce que tout est fait sur un smartphone et sur Internet pour capter l'attention. Les réseaux sociaux, TikTok C'est vraiment fait pour faire défiler les choses très très vite, pour avoir un shoot d'adrénaline ou de dopamine, de différentes hormones suivant si c'est quelque chose qui est exaltant, excitant ou qui fait du bien. Des shoots comme ça, toutes les 10 secondes, toutes les 20 secondes, quand on voit les enfants scroller ou les jeunes scroller, c'est très très rapide. Donc, ça devient profondément addictif. Les enfants, du coup, ont du mal aussi à supporter l'ennui, à supporter l'idée de faire autre chose que d'être sur leur smartphone. Et au-delà de la question de combien de temps je passe sur un smartphone, il y a aussi la question de à quoi ce temps aurait-il pu être utilisé. Donc, il y a la question de la sociabilité, la question de la lecture. Parce qu'une heure sur un téléphone, c'est une heure où on ne lit pas, où on n'est pas dehors en train de jouer, de s'amuser. On n'est pas en train de bricoler, on n'est pas en train de discuter avec des amis, de faire quelque chose de ses mains, de pratiquer un sport, une activité de la musique
UNKNOWN?
SPEAKER_00et aussi une heure où on ne s'ennuie pas on ne sait plus s'ennuyer mais ça c'est valable pour les adultes aussi évidemment il y a aussi de grands risques sur l'attention et la concentration parce que comme je le disais tout va très vite, tous les 10 secondes on a quelque chose de nouveau, le cerveau passe à autre chose et après quand on se retrouve dans un cours qui dure 50-55 minutes un cours un peu magistral c'est barbant, c'est long il ne se passe rien, il n'y a pas de changement de rythme vous voyez le cerveau passe de tout à rien C'est la même chose avec la lecture. La lecture semble incroyablement ennuyeuse parce que c'est lent et parce qu'il faut faire un effort, parce que tout ne nous est pas servi en petites micro-bouchées de 20 secondes. Donc ça crée de gros problèmes d'attention et de concentration chez les jeunes. Et puis, comme je le disais, une heure sur un smartphone, c'est une heure qui n'est pas passée à autre chose et en particulier pas passée à sociabiliser correctement, à avoir une vie sociale, des relations, des interactions avec de vraies personnes dans la vraie vie. Plus les jeunes sont connectés, en général, moins ils ont de relations sociales. Donc, c'est assez triste. Et puis, un gros, gros danger des smartphones, d'Internet, plus généralement, c'est que même sans chercher à le faire, un enfant peut tomber sur de la pornographie, sur des contenus violents, gores. À un moment, il y avait un tueur en série qui avait... poster la vidéo de la façon dont il avait découpé quelqu'un en morceaux, bref, sur Internet. On peut tomber sur ce genre de choses, en fait, sur Internet. C'est absolument atroce. On peut tomber aussi sur des vidéos de radicalisation, de radicalisation politique ou religieuse. Beaucoup d'enfants, on l'a vu dans des actes de terrorisme, ont été radicalisés via des vidéos sur Internet, souvent sur YouTube. On peut tomber, par exemple, sur des forums qui valorisent plutôt l'anorexie ou la scarification Et combien de jeunes filles, souvent ce sont des jeunes filles pour l'anorexie, sont rentrées comme ça dans un cercle vicieux de l'anorexie, cachées de leurs parents parce que c'était alimenté par des forums sur Internet. On peut aussi faire de très mauvais usages de l'intelligence artificielle. Tous les cas qu'il y a eu récemment de petites amies virtuelles alimentées par un agent IA, avec dans certains cas le suicide de l'adolescent qui était encouragé par une petite amie virtuelle. On peut se faire manipuler aussi sur Internet. Plus on traîne sur Internet, plus on peut croire et changer avec des gens qui ont notre âge et qui sont en fait des personnes plus âgées, qui sont des prédateurs. Internet, c'est incroyablement riche et intéressant et fascinant et une source d'apprentissage phénoménale. Et c'est aussi incroyablement dangereux. En fait, c'est d'une telle puissance que selon qu'elle est utilisée pour le bien ou le mal... Ça démultiplie complètement les effets. Bon, je sais que vous vous êtes peut-être un peu fait peur, mais c'est important de rappeler tout ça. Du coup, certains parents ont tendance à se dire « Ok, pas de téléphone pour mes enfants. Jamais. Jamais, jamais, jamais. Ou ils auront un téléphone à touche jusqu'au bac. » Non, c'est pas forcément la bonne solution. Je comprends que ça puisse être tentant, mais c'est une mauvaise idée. Déjà parce que il faut bien se dire que notre enfant ne va pas vivre en vase clos. Il va voir les téléphones de ses camarades, qui peuvent lui montrer aussi des vidéos. Souvent, ils regardent des vidéos les uns des autres, ils se montrent des choses et puis ils vont entendre parler de contenu à l'école et ils vont trouver les moyens d'y accéder à ces contenus, qu'ils aient un téléphone ou pas, s'ils le veulent. Donc la vraie question, ce n'est pas comment les protéger de mais plutôt comment les préparer. J'ai envie de dire s'ils rencontrent ces contenus, mais je vais devoir dire pour le jour où ils rencontreront ces contenus. Parce que je pense qu'aujourd'hui, personne qui soit déjà allé sur Internet est vierge de toute vidéo porno. C'est-à-dire que n'importe qui qui s'est déjà rendu un peu sur Internet a déjà vu des contenus pornographiques. Il y en a. Il y en a plein. Et en particulier pour les jeunes qui vont facilement sur des sites de streaming illégal, etc. C'est bourré de pubs pornographiques. Donc, il y en a. Il y en a sur Internet. Je ne crois pas qu'on puisse l'éviter. il y aura toujours un moment où on verra des contenus inappropriés donc la question c'est plutôt de savoir comment réagir et que l'enfant soit préparé à ça et il faut ne pas oublier non plus combien de jeunes j'ai vu qui avaient été complètement protégés jusqu'à leur bac avec des téléphones à touche qui étaient parfois en internat en pension très contrôlés et puis qui vont en études supérieures et qui là explosent complètement c'est à dire se mettent à boire à fumer et pas que de la nicotine se mettent à avoir une énorme promiscuité sexuelle sans aucune protection, etc. dégénèrent complètement, en fait, dans leur comportement. Parce qu'en fait, c'est comme si vous n'aviez pas mangé pendant... Alors, non pas que je dise que ces choses-là sont vitales, comme la nourriture, mais imaginez que vous n'avez pas mangé pendant une semaine et que tout d'un coup, vous êtes mort. Vous n'avez pas mangé pendant deux jours et tout d'un coup, vous vous retrouvez devant un gigantesque festin. Vous allez tout dévorer. Alors même que ça n'est pas raisonnable et pas bon pour vous. Donc là, c'est un peu la même chose. Si vous avez été privé d'Internet pendant si longtemps, vous arrivez devant Internet, vous allez tout manger, même si c'est bon pour vous ou pas bon pour vous. Donc, on ne peut pas protéger ses enfants de tout. L'important, c'est de maintenir une connexion avec eux pour que le dialogue soit possible. La relation passe avant tout. En discipline positive, vous savez, c'est ce que je promeux au maximum en termes de parentalité, on fait vraiment passer la relation avant tout. On parle de connecter avant de corriger, par exemple. Le plus important, c'est de préserver la relation. Il faut que notre enfant sache qu'il peut nous parler de tout. De tout. De politique, de religion, de sexualité, de relations amoureuses, de drogue, de la pression des pères. Notre enfant doit pouvoir nous parler de tout, en particulier à l'adolescence. Alors ça, ça se construit vraiment depuis l'enfance. Et l'objectif est de répondre aux besoins d'appartenance de nos enfants. Ils doivent sentir qu'ils appartiennent à la famille et qu'ils peuvent tout nous dire et qu'ils ne seront pas jugés pour ça. Prenons un exemple, celui de la pornographie. Il faut que notre enfant sache que peut-être qu'un jour sur Internet, tu vas tomber sur sur des images de personnes nues et des images qui vont peut-être te choquer. Des images peut-être dégradantes. Si tu vois des images qui te mettent mal à l'aise, on n'a pas besoin de rentrer dans les détails, on ne va pas mettre dans leur esprit des images qui ne sont pas là. Si tu vois des images qui te mettent mal à l'aise, on peut même le dire de manière générale, sans parler spécialement de pornographie. Si tu vois des images qui te mettent mal à l'aise, ce n'est pas de ta faute. Et ce malaise, c'est un signe. C'est un signe que ce contenu n'est pas bon pour toi. Eh bien, tu peux Tu peux venir m'en parler, aucun problème, tu ne seras pas puni pour avoir vu quelque chose, ça n'est pas de ta faute. Tu peux venir m'en parler, tu peux aussi en parler peut-être à l'infirmière du collège, ou souvent il y a un psyEN au collège. Et si votre enfant vient vous voir, vous pouvez lui dire que ce que tu vois dans ces vidéos, ça n'est pas la réalité de la sexualité. C'est quelque chose qui est joué, qui est mis en scène. Ça n'est pas quelque chose de beau. La vraie sexualité, c'est quelque chose de beaucoup plus beau, de beaucoup plus humain, qui est dans la relation, dans le consentement aussi, et dans le respect de l'autre. Et c'est là que la sexualité devient vraiment belle. Donc, ça n'est pas ta faute. C'est normal que tu te sentes mal à l'aise, parce que c'est bon signe, en fait, que ça te mette mal à l'aise. Et le problème, c'est que ce genre d'image rend accro. Parce que ça va satisfaire des besoins sexuelle chez toi, mais de la mauvaise façon. Donc, il faut absolument ne pas plonger là-dedans. Bref, il y a des choses comme ça qu'on peut faire pour préserver notre enfant. On ne va pas le protéger des images, mais s'assurer qu'il ait la bonne réaction de venir nous voir si jamais ça lui arrive, et ensuite de pouvoir lui en parler, simplement, sans le faire culpabiliser, mais en l'avertissant du danger de ces images. Alors voyez, ça fait déjà plus de 20 minutes que je vous parle des téléphones et on n'a pas encore parlé du type de téléphone ni du contrôle parental. Pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que tout ça, ça passe avant. Comprendre pourquoi un téléphone, à quel âge. Vous avez bien compris que déjà avant l'adolescence, il n'y a aucun besoin d'un téléphone. Même pas d'un téléphone neuf touches, il n'y en a pas besoin. À l'adolescence, un neuf touches peut suffire quelques temps. Donc, ça peut être une solution. Un téléphone qui permettrait seulement d'appeler et d'envoyer des SMS. Donc, il n'y aurait pas d'accès à Internet. Ça, c'est une précaution. C'est beaucoup moins addictif, évidemment. On peut imaginer le petit 3310, la Nokia que vous avez peut-être eu si vous êtes plus ou moins de ma génération. C'est le petit téléphone à clapet que j'ai eu quand je suis partie en prépa. Incassable, ce truc. Il est tombé, je ne sais pas combien de fois, depuis l'escalier. En fait, pour appeler à l'internat, j'allais sur l'escalier de secours pour ne pas déranger... ma copiole la fille avec qui je partageais ma chambre et il est tombé de 4 étages je ne sais pas combien de fois je pense que je suis un petit peu maladroite donc il m'a échappé quelques fois et il n'a jamais été cassé donc aujourd'hui un smartphone qui tomberait de 4 étages je pense qu'on ne le retrouverait pas en une seule pièce et bon ce sont des téléphones aussi qui ont une excellente batterie donc ça c'est très rassurant ça dure très longtemps ça évite le coup du téléphone déchargé qui empêche de nous joindre quand c'est le bon moment en même temps on ne va pas se mentir pour un adolescent, ça peut être difficile à vivre. Le côté téléphone à touche, sans smartphone, ça fait un peu de téléphone de bébé pour eux. Donc, ils peuvent se sentir mis à part. Il y a des objets aussi qui existent, un peu sous forme de pager, avec un petit abonnement. Honnêtement, je pense que le téléphone à touche, ça peut être une très bonne solution. Et sinon, il y a le smartphone. Avant ça... il y a une solution que je n'ai pas tellement entendue ailleurs, donc je voulais vous la partager, que l'on emploie avec nos plus jeunes enfants. C'est-à-dire qu'on a à la maison ce qu'on appelle le téléphone des enfants. Il n'appartient à personne en particulier, c'est un téléphone familial. Enfin, s'il nous appartient à nous, les parents, et c'est le téléphone des enfants. Ce téléphone doit toujours rester près de sa prise de chargement ou dans la pièce autour, à côté. Ce téléphone n'a pas d'application à part pour passer des appels, pour écouter de la musique, parce qu'on n'a pas envie de priver nos enfants d'écouter de la musique. S'ils peuvent le faire, on a un abonnement Spotify. S'ils veulent écouter de la musique sur votre abonnement Spotify, ils peuvent le faire. Et puis, il peut y avoir quelques applications éducatives. Il y avait une application sur les drapeaux, par exemple, de géographie. Et en ce moment, on a beaucoup Duolingo qui est utilisé dessus. ce téléphone c'est toujours un de nos vieux téléphones d'ailleurs c'était encore mieux avant parce que on avait récupéré un vieil iPhone que moi j'ai utilisé un petit temps et puis en fait à un moment donné j'ai dû changer l'écran et la personne qui a changé l'écran a abîmé la batterie donc la batterie ne tenait plus du tout en gros il fallait le recharger au bout d'une heure c'était très bien parce que comme il ne tenait plus la charge il devait vraiment rester branché quasiment en permanence comme un téléphone fixe et ce téléphone des enfants c'est un petit peu un téléphone fixe sans la contrainte de du film. Quel est l'avantage
UNKNOWN?
SPEAKER_00L'avantage c'est que les enfants peuvent être joignables si on doit s'absenter, faire une course un quart d'heure. Ils peuvent mettre des alarmes dessus. Par exemple, il y a dessus les alarmes pour se mettre au travail le matin ou pour assurer leur service du matin où nos deux enfants de 11 et 9 ans doivent vider le lave-vaisselle et s'occuper chacun de certains de nos animaux de compagnie. L'un c'est la chienne, l'autre c'est le chat et les lapins nains. Et puis les alarmes pour se mettre au travail et pour signaler que le travail est fini etc. Et les alarmes aussi pour notre fils qui a un cours par correspondance pour avoir les alertes pour ses visios. Parce que c'est possible qu'à ce moment-là, ce soit mon mari qui soit là et pas moi. Bref, c'est plus simple que l'arme soit sur le téléphone des enfants qui restent à côté de là où ils travaillent. Et donc, c'est une bonne transition parce que c'est aussi un appareil qu'ils pourraient prendre exceptionnellement s'ils avaient besoin de pouvoir nous joindre. Je donne un exemple, par exemple, s'il y en a un qui va à un cours de badminton, et c'est un cours où à la fin il y a du jeu libre, et donc parfois il n'y a personne qui reste, il peut me prévenir pour venir le chercher une demi-heure plus tôt. Il peut partir avec ce téléphone-là. Mais ils savent que ce téléphone est commun, n'importe qui peut le regarder, et il est très limité dans ses fonctionnalités. En revanche, quand le smartphone devient vraiment nécessaire... Il peut y avoir différentes raisons à ça. Nous, nous avons fourni à nos enfants, nos deux plus grands, un smartphone, mais à des stades totalement différents. Nous avons fourni un smartphone à notre fille dès la sixième. Pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce qu'elle passait la semaine dans une autre ville, dans laquelle elle faisait d'ailleurs beaucoup de trajets et en transport en commun. Et on voulait qu'elle puisse nous joindre et on avait choisi un smartphone, bas de gamme, pour qu'elle puisse aussi avoir WhatsApp et rester en connexion avec nous sur les groupes WhatsApp et échanger aussi avec ses copines via WhatsApp. Ses copines de là où on vivait avant de déménager et ses nouvelles copines de là où elle passe sa semaine. Donc, elle, ça a été dès la sixième de façon très contrôlée. Je vais vous expliquer ce qu'on peut faire avec un contrôle parental. Et pour notre fils, ça a été en seconde. Parce qu'avant, il était en instruction aux familles et que quand il y avait un besoin, il prenait le téléphone des enfants. Donc, c'était aussi simple que ça. Euh... S'il avait besoin d'un téléphone pour avoir un billet de train, parce qu'il prenait le train pour rejoindre les scouts ou autre, il prenait le téléphone des enfants et on s'arrangeait très bien comme ça. Vous voyez que ça peut dépendre du contexte, de la maturité. Il n'y a pas de règle absolue. On y a beaucoup réfléchi à la question. Vous voyez, on a commencé à donner un téléphone à notre fille en sixième, alors même que son frère, qui à ce moment-là était... en niveau cinquième, lui n'en avait pas. Et il n'en a toujours pas eu jusqu'à sa rentrée en seconde. Alors que sa sœur avait déjà eu un téléphone pendant trois ans. À elle. Alors quand je dis à elle, une règle qu'on a fixée aussi, c'est que on leur a présenté les choses de cette façon. Ces smartphones ne leur appartiennent pas. Ces smartphones sont à nous. Et nous, nous réservons à tout moment le droit d'explorer leur téléphone. Ça peut vous choquer, parce que oui, des jeunes ont droit à leur vie privée, à leur intimité. On ne rentre pas dans leur chambre sans frapper, par exemple. Et s'ils ont un journal intime, on ne va pas chercher à le lire. Mais, mais, pas le téléphone. Pour moi, le téléphone n'est pas une zone d'intimité à cet âge-là. C'est trop dangereux. Alors, rassurez-vous, on n'est pas tous les soirs à regarder ce qu'ils ont fait sur leur téléphone. Mais, je dirais qu'au moins deux fois par an, souvent quand on a un doute, quand il y a quelque chose qui nous chiffonne, tiens, il passe beaucoup de temps sur WhatsApp, tiens, il a l'air fatigué, peut-être qu'il ne dort pas bien la nuit, on va explorer leur téléphone. Et là, j'hésite à vous partager mes astuces parce que je sais qu'il y a aussi des jeunes qui m'écoutent. Je sais qu'il y a peut-être une Constance qui m'écoute. Je sais que ça arrive. Si oui, salut Constance. Je sais qu'il y a des enfants de mes amis qui parfois écoutent ce podcast. Et je ne voudrais pas leur donner d'idées. Je vais rester un petit peu vague. Mais il y a quand même beaucoup de choses qu'on peut surveiller sur un téléphone. Déjà, de façon évidente, jeter un oeil au texto, jeter un oeil à WhatsApp, jeter un oeil à l'historique d'activité, à l'historique Internet. Il y a un certain nombre de choses comme ça où on peut aller explorer et vérifier quelle utilisation est faite du téléphone. Encore une fois, le but n'est pas de rentrer dans les conversations amicales ou autres, mais en général, il suffit de regarder deux, trois messages pour voir que c'est une conversation amicale, je ne regarde pas, je regarde autre chose. Et c'est utile, parce que des fois, on découvre des choses et je pense que c'est intéressant de poser cette règle que le téléphone ne fait pas Ne comptez pas sur une intimité au niveau de votre téléphone. Ce n'est pas le lieu, l'endroit. Donc, si on confie un smartphone à nos enfants, quelles précautions peut-on prendre
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce qu'évidemment, il ne s'agit pas de leur laisser Internet en illimité. Déjà, prévoir un tout petit forfait Internet, c'est très bien. Malheureusement, pour notre fils aîné, on n'a pas eu le choix. On n'a pas pu lui donner, comme à sa sœur, un forfait 100 mégas par rapport aux offres qui étaient là. Il a d'office un forfait 1 ou 2 gigas. ce qui pour moi est déjà trop, mais bon, parce qu'à la maison il a accès au wifi, et j'ai pas envie qu'il ait accès à trop d'internet à l'extérieur de la maison. Un petit peu c'est pratique pour télécharger ses billets de train par exemple, ou regarder le GPS s'il est perdu, etc. Donc d'avoir le plus petit forfait possible, c'est très bien, ça n'empêchera pas à la maison d'utiliser le wifi pour écouter de la musique, pour utiliser des applis éducatives ou pour être sur WhatsApp. Ensuite, de n'installer que les applications strictement nécessaires. Donc faites très attention, examinez toutes les applications, parce qu'il y en a beaucoup qui sont installés d'office sur un smartphone. Et quelques avertissements auxquels vous ne penserez pas nécessairement. WhatsApp. WhatsApp, Moi, même dans ma tête, je pensais que c'était une simple messagerie familiale et je trouvais ça super de pouvoir garder le contact, envoyer des photos à ses cousins, à ses frères et sœurs, à ses parents. Je trouvais que c'était très chouette. Sauf que WhatsApp a tendance de plus en plus à devenir un réseau social. Bon, il y a les groupes. Ça, c'est une chose. On peut rejoindre un peu n'importe quel groupe. Attention aux groupes de classe, même s'ils sont quand même de plus en plus sur... Les jeunes restent de plus en plus en contact via Snapchat. Snapchat, c'est dangereux. C'est vraiment dangereux, avec des messages qui disparaissent. On n'a pas d'historique. Il y a souvent des photos des nudes, des photos qui sont envoyées comme ça, sans respecter la volonté de celui qui la reçoit. Bref, c'est un lieu qui facilite les agressions sexuelles, Snapchat. Mais même WhatsApp, qui paraît très sécuritaire, devient de plus en plus un réseau social. Allez voir dans la rubrique « Actu » Et au-delà des actus qui sont un petit peu comme des stories de vos contacts, en dessous, vous allez voir apparaître des chaînes. C'est-à-dire qu'au lieu d'être simplement un outil de partage entre personnes qui se connectent, entre elles, ou un groupe, par exemple, le club de badminton, il y a un groupe WhatsApp pour prévenir des changements d'horaire, etc. Il y a des gens qui ont des chaînes. C'est comme sur un réseau social, comme sur Instagram, comme sur TikTok, etc. Et là, on retrouve le même côté addictif que sur les réseaux sociaux. Donc nous-mêmes, nous nous sommes fait avoir. C'est parce que notre fille commençait à passer beaucoup, beaucoup de temps sur WhatsApp qu'on a découvert l'existence de ces chaînes. Et du coup, ça fait partie des choses que l'on vérifie avec elle régulièrement, qu'elle ne s'est pas réabonnée à des chaînes. Et on lui a expliqué pourquoi on ne souhaitait pas qu'elle s'abonne à des chaînes. On lui a laissé WhatsApp sous sa responsabilité en lui expliquant comment l'utiliser correctement. Et on vérifie régulièrement qu'elle ne s'est pas réabonnée à des chaînes. Attention à YouTube aussi. YouTube il y a plein de vidéos passionnantes il y a plein de documentaires des vidéos intelligentes intéressantes mais on y trouve de tout voire parfois des vidéos qui sont à la limite du pornographique on peut les signaler d'ailleurs il ne faut pas hésiter à le faire des vidéos violentes on trouve toutes sortes de choses sur Youtube donc attention à ne pas laisser Youtube tout seul il y a Youtube Kids qui existe et puis il y a Youtube avec un contrôle parental aussi qui peut être supervisé et attention au moteur de recherche parce que rien qu'avec un moteur de recherche on a accès à tout un tas Donc là, il faut activer un contrôle parental au niveau du moteur de recherche. Alors, je vais vous partager ce que l'on fait nous avec le contrôle parental d'Android qui s'appelle Android Family Link. Family Link, du coup, ça ne va fonctionner que sur des appareils Android, mais il y a l'équivalent sur tous les appareils Apple. Donc, je vais vous partager tout ce qu'il est possible de faire et vous allez retrouver la même chose sur d'autres contrôles parentaux, mais c'est l'occasion de vous avertir sur les choses auxquelles faire attention, auxquelles on ne pense pas forcément. N'hésitez pas à revenir écouter cette partie du podcast. Notez bien à quel moment du podcast j'en reparle pour avoir une idée de toutes les choses que vous pouvez faire. Si vous utilisez Family Link, il suffit de regarder toutes les catégories et vous allez être guidé pour le paramétrer. Ce que nous, nous faisons comme paramétrage, et qui peut vous inspirez, vous aurez peut-être des contraintes plus souples à vous devoir. On impose une approbation obligatoire pour tout achat et téléchargement d'applications sur Google Play. Les enfants ne peuvent rien installer sans notre accord. On restreint les contenus. Donc on peut mettre un PJ, vous savez, P-E-G-I, adapté. Par exemple, pour les films, on n'autorise que les films au maximum interdits aux moins de 12 ans. Parce qu'ils ont largement plus de 12 ans. Mais on ne leur autorise pas les films interdits aux moins de 16 ans ou les films interdits aux moins de 18 ans. On peut aussi exclure les livres à caractère sexuel explicite. Parce que je veux dire que ce n'est pas de leur âge du tout. On peut paramétrer YouTube. Comme je vous le disais, on peut mettre YouTube Kids ou une version normale mais sous supervision. Ou on peut faire comme nous et carrément supprimer YouTube. Sur le navigateur, on peut leur permettre l'accès uniquement vers des sites approuvés. Par exemple Wikipédia ou Wikidia qui est l'équivalent pour les plus jeunes. On peut aussi bloquer les sites explicites et donc espérer que le moteur de recherche, que le navigateur plutôt, fasse son travail correctement et réussisse à bloquer la plupart des sites à caractère sexuel. Nous, on a préféré ne leur donner accès qu'à des sites approuvés. Et s'ils veulent aller sur un site, on reçoit une notification et on approuve ou pas. Par exemple, il y a des sites liés au collège ou au lycée qu'on a approuvés et ça reste approuvé ensuite. On peut faire un filtrage sur Google ou le moteur de recherche de toutes les recherches explicites. On On peut flouter... Si quelqu'un envoie une photo de nu à notre enfant, on peut la flouter automatiquement. On peut demander que si notre enfant essaie d'envoyer une photo de nu, il y ait un découragement. C'est-à-dire que l'appareil va dire « Attention, si tu envoies une photo de nu, voilà les risques auxquels tu t'exposes. Ça peut être diffusé partout sur Internet après, pour le reste de ta vie. » Et donc, de façon à décourager l'envoi de photos trop intimes. Il y a une gestion des contacts. On peut faire Faire en sorte que notre enfant ne rajoute pas un contact sans notre autorisation. On peut avoir des règles pour les appels et les messages entrant et sortant. C'est-à-dire qu'ils ne peuvent recevoir ou appeler que des gens dans les contacts. On peut faire un contrôle sur le partage des photos aussi. Et on peut paramétrer de façon à voir la position du téléphone à tout moment. Ce qui en plus est pratique si jamais on l'a perdu. Et puis, il y a tout un autre aspect fondamental. Là, c'est plus pour protéger notre enfant des dangers. Mais ensuite, pour le risque d'addiction. il y a la gestion du temps. Au niveau de la gestion du temps, on peut paramétrer une durée maximale d'utilisation par jour, ce qui est très bien. Nous, on a mis une heure maximum. Et on a la possibilité de garder certaines applications toujours disponibles. C'est-à-dire que même si l'heure est dépassée, nos enfants peuvent toujours nous appeler ou nous envoyer un SMS. Ça, ça n'est jamais bloqué parce que c'est quand même le but du téléphone. On peut prévoir des durées différentes selon les jours. On peut se dire les jours de semaine, c'est 15 minutes et le week-end, c'est une heure. Ou une heure tous les jours et deux heures le week-end. On peut les changer aussi au moment où sont les vacances. On peut paramétrer ça de façon assez précise. Et puis, ponctuellement, on peut prolonger si besoin Notre enfant peut nous envoyer une LR en disant est-ce que je peux avoir une demi-heure de plus
UNKNOWN?
SPEAKER_00J'ai besoin de faire un exposé, blablabla. Ok. Et puis, on peut aussi imposer des horaires de déconnexion. C'est-à-dire où Internet ne sera de toute façon pas disponible et la plupart des applis ne seront pas disponibles non plus. Sauf encore une fois, les appels, les SMS, etc. Par exemple, on peut se dire que pendant les heures de classe qu'on peut paramétrer, pas d'utilisation d'Internet. Et chez nous, ce que nous avons fait, c'est que nous avons mis des heures de déconnexion entre 21h et 7h du matin. Sachant que, quand je disais que les établissements ne facilitent pas les choses pour que les enfants déconnectent, souvent, il y a des informations qui sont publiées sur mon bureau numérique, Skolengo, j'ai trouvé différents noms, Pronote, etc., qui vont être publiés le matin même ou la nuit, puis qui vont sortir le matin avant le cours de 8h pour dire que le cours de 8h a été annulé. Donc en fait, on les rend quand même un peu dépendants de ces applications. Parce qu'on se dit qu'on peut les prévenir du coup au dernier moment. Là où avant, on se disait qu'on est obligé de les prévenir avant qu'ils quittent l'établissement la veille, c'était quand même beaucoup mieux. Donc on autorise dès 7h du matin pour pouvoir accéder à ça, mais je trouve que c'est problématique en réalité. Donc, outre ces heures de déconnexion entre 21h et 7h du matin, une règle très importante pour nous, c'est que tout ce qui est ordinateur portable, téléphone, etc., ne reste pas, ne dorme pas dans la chambre avec l'enfant. Ça reste dans une pièce publique, une pièce commune. Il reste près de la station de recharge, en fait, et en dehors des chambres de nos enfants. Ça protège le sommeil. En fait, rien que le fait de dormir à côté d'un téléphone, même si on ne l'utilise pas, abîme le sommeil. Donc, on évite ça. On évite la tentation pendant la nuit de se réveiller et de se dire « Ah, allez, avant de me rendormir, je vais aller un peu sur le téléphone. » C'est fondamental. Donc, ça, c'est une règle vraiment que je vous recommande d'utiliser. Le téléphone revient dans les parties communes. Chez nous, c'est d'ailleurs juste à côté de notre chambre, donc c'est très bien. Ça revient dans les parties communes la nuit. Et croyez-moi, vous allez vous éviter énormément de soucis.
UNKNOWNDonc,
SPEAKER_00Ça fait un peu peur, tout ce qu'il faut faire pour protéger nos enfants et les éduquer petit à petit à une utilisation correcte d'Internet. Ils vont faire des bêtises, c'est comme ça qu'on apprend. C'est à travers ces bêtises-là qui vont être insignifiantes au départ qu'ils vont apprendre et que vous allez les protéger d'une explosion, d'un engloutissement d'Internet quand ils seront jeunes adultes et étudiants. Mais je ne serai pas complète si je ne vous disais pas que le plus important, c'est l'exemple que nous nous donnons. Et on n'est pas forcément les meilleurs exemples, nous, parents. Je pense qu'il ne faut pas s'illusionner. Souvent, on voit très bien l'utilisation que nos enfants font de leurs outils numériques et on sous-estime celle que nous, nous faisons. Donc, Notez, il y a des applications qui vous permettent de suivre votre utilisation de votre téléphone, des réseaux sociaux, d'Internet. Utilisez ces applications, souvent c'est directement sur le téléphone, ça peut compiler le nombre d'heures que vous passez sur un réseau social, vous allez avoir peur, peut-être. Il y en a qui le font déjà très bien, mais faites l'essai quand même pour vérifier. Et les enfants nous observent utiliser nos téléphones. Par exemple, lors d'un temps d'échange en famille, qui est un merveilleux outil de discipline positive, que nous on appelle le conseil de famille chez nous, Les enfants nous ont signalé qu'en fin de repas, quand le repas a duré un petit peu, le téléphone sortait facilement pour mon mari et moi. Ils nous ont demandé d'arrêter. Ils étaient très bien. Ils avaient tout à fait raison. C'était une excellente occasion d'avoir une conversation familiale sur l'utilisation de chacun par rapport au numérique. Et vraiment de se poser la question de quel rapport au téléphone et à Internet est-ce que je veux leur transmettre
UNKNOWN?
SPEAKER_00Nous, nous n'avons pas grandi avec. Nous l'avons découvert à l'âge adulte ou jeune adulte. J'aime bien leur rappeler l'époque où une photo pouvait mettre une minute à charger. Ou quand j'étais en prépa en internat, j'avais une carte d'internet de deux heures pour le trimestre
UNKNOWN!
SPEAKER_00Et du coup, je mettais la carte pour accéder à mes mails, mais j'avais peut-être deux personnes qui m'envoyaient des mails. Et je mettais la carte, j'ouvrais le mail, j'enlevais la carte pour ne pas utiliser Internet pendant ce temps-là. Je lisais mon mail, je tapais ma réponse et puis je mettais la carte juste pour renvoyer le mail. Il fallait absolument garder des minutes d'Internet pour pouvoir regarder ses résultats au concours en fin d'année. Donc voilà, deux heures pour un trimestre. Et certains ne les utilisaient pas. Aujourd'hui, ça paraît absolument dingue quand on en est à limiter à deux heures par jour. Certains adolescents trouvent déjà que ce n'est pas assez. Donc, nos enfants, eux, ils grandissent avec ça. La question, c'est quelle autonomie leur donner
UNKNOWN?
SPEAKER_00petit à petit, avec quelle progressivité et quelle liberté et quelle autonomie il est capable d'exercer aujourd'hui. L'idée, elle est très montessorienne en fait, ça n'est pas de priver notre enfant de quelque chose et ensuite de lui laisser en accès libre, c'est de lui présenter les choses, comme une présentation d'activité montessorienne, on lui présente les choses, le cadre, comment on l'utilise, on surveille le cadre, en fait on maintient le cadre. Et dans ces limites, etc., l'enfant apprend à utiliser l'outil correctement. Donc on prépare l'environnement, on donne une liberté qui est adaptée au capacité de l'enfant, on l'accompagne, on préserve le cadre. Et puis petit à petit, on retire notre supervision pour que l'enfant soit vraiment en autonomie et non pas seul. L'autonomie, c'est se donner des lois à soi-même. Et donc le but, ça va être d'obtenir un jeune qui un jour soit capable d'utiliser le numérique à bon escient pour son bien et de ne pas en être esclave. Voilà, j'espère que cet épisode vous sera utile pour aider votre enfant à aborder la question du téléphone et du smartphone et pour en parler, avoir une vraie conversation en famille à ce sujet. Peut-être pour vous rassurer aussi, vous donner des éléments, vous donner des clés pour que vous vous sentiez sûr de vous. Et, préparez-vous, il y aura des excès, il y aura des abus, il y aura des erreurs de fait. Mais tant que la relation est préservée, tout est réparable. Et justement, en y allant petit à petit, vous allez éviter des abus graves. Vous allez tomber sur des petites erreurs qui permettent d'apprendre avant que l'enfant ne bascule dans des choses réellement dangereuses. Par exemple, ne soit victime d'un prédateur sexuel ou ne tombe sur des contenus vraiment radicaux et vraiment dangereux. Voilà pour aujourd'hui. C'était peut-être un peu long et intense, mais Pour moi, c'était important d'aborder ce sujet. Surtout avant la rentrée, je pense que ça va concerner beaucoup de parents. Je vous donne rendez-vous du coup mardi prochain pour un nouvel épisode du podcast. Et d'ici là, passez une excellente semaine. Votre petite souris 7, Anne-Laure.