Montessori avec les Montessouricettes, pour les parents et les pros
Vous voulez mettre en pratique la pédagogie Montessori, que ce soit à la maison, en structure, en cabinet ou à l'école ? Bienvenue ! Je suis Anne-Laure Schneider, formatrice Montessori et maman de 5 enfants instruits en famille. Ici, nous parlons de pédagogie Montessori, mais aussi de discipline positive, d'instruction en famille (école à la maison), de coschooling et de bien d'autres choses encore...
Montessori avec les Montessouricettes, pour les parents et les pros
344. Les périodes sensibles Montessori de 0 à 3 ans (partie 1)
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Vous avez sûrement entendu parler des périodes sensibles Montessori, et j’ai déjà longuement développé la question des périodes sensibles chez les enfants de 3 à 6 ans, mais on connaît souvent moins les différentes périodes sensibles des bébés et des bambins, entre 0 et 3 ans.
Alors même que les tout-petits ne parlent pas encore, cette connaissance des périodes sensibles nous ouvre une porte sur ce qui se passe en eux et nous permet de mieux les observer, de mieux les comprendre, de surtout de mieux répondre à leurs besoins !
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Liens évoqués pendant l'épisode :
Podcast 167 : Les 6 périodes sensibles Montessori ... et les autres !
Thiessen, Hill & Saffran (2005) — Infant-Directed Speech Facilitates Word Segmentation
Graf Estes & Hurley (2013), Infant-directed prosody helps infants map sounds to meanings.
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Bienvenue Et Objectif Du Podcast
SPEAKER_00Bienvenue sur le podcast des Montessori 7, Montessori à la maison. Je suis Anne-Laure Schneider, formatrice Montessori et maman de 5 enfants instruits en famille. Ma mission, c'est d'aider les parents, les assistantes maternelles, bref, tous ceux que dans notre communauté nous appelons des souris 7, à mettre en pratique la philosophie Montessori chez eux, avec leurs enfants ou les enfants qu'ils gardent. Dans ce podcast, nous parlerons donc de pédagogie Montessori, mais aussi de discipline positive, d'instruction en famille, ce que l'on appelle aussi l'école à la maison, de co-schooling et de bien d'autres choses. Si vous suivez les Montessori 7 depuis quelques temps, vous savez probablement que j'ai déjà écrit un article il y a des années de cela et enregistré un podcast sur les périodes sensibles chez les enfants entre 3 et 6 ans. Vous allez voir qu'un certain nombre de ces périodes se retrouvent aussi chez les enfants entre la naissance et 3 ans. Cependant, il y a des différences et il y a une période sensible qui n'existe plus en 3 à 6 ans et que l'on retrouve chez les tout-petits. Donc aujourd'hui, je voulais réaborder ce sujet en me concentrant plus spécifiquement sur les 0-3 ans et de plus en y ajoutant le fruit de la recherche d'aujourd'hui qui a montré qu'il existait bien d'autres périodes sensibles voire périodes critiques ou fenêtres de développement que ce que Maria Montessori avait pu observer à son époque. Donc je vous renvoie quand même à l'épisode que j'ai déjà enregistré pour l'origine de ce terme de période sensible, les travaux sur le tropisme, Conrad Loren etc. Tout ce qui est à l'origine de ce concept de période sensible chez Maria Montessori. Je n'y reviendrai pas aujourd'hui. En revanche, je vais vraiment approfondir les choses et un peu plus tard, je pense que ça donnera lieu à une reprise de cet article sur les 3-6 ans, là aussi pour l'approfondir et montrer qu'il y a quand même plus de choses que l'on connaît aujourd'hui sur les périodes sensibles de cette tranche d'âge-là.
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Période Sensible Ou Critique
SPEAKER_00Alors, quand même, pour poser un tout petit peu les choses, une période sensible, pour Maria Montessori, c'est une période pendant laquelle l'enfant va être particulièrement attiré par certains aspects de son environnement et va disposer d'une facilité particulière pour développer certaines compétences. Ça ne veut pas dire qu'il ne pourra jamais les développer si on ne profite pas de cette période sensible. Là, on parlerait de période critique, si c'était le cas. Et il y a un certain nombre de choses qui sont plus proches d'une période critique que d'une période sensible. J'y reviendrai. Mais Là, on parle de quelque chose qui est une facilité, dont il faut profiter, une période vraiment où l'apprentissage va être considérablement plus facile. Alors aujourd'hui, justement, en termes de psychologie du développement, les neurosciences aussi, on aboutit à des notions un petit peu plus nuancées. On a le concept de période sensible. C'est ce que je vous disais. l'apprentissage reste possible même si on a dépassé la période sensible. Il n'empêche que si on profite de cette période, le développement de la compétence sera très largement facilité. Quand on parle de période critique, c'est beaucoup plus fort. Il faut absolument que l'expérience ait lieu pendant cette période critique pour que la compétence se développe normalement. Il y a certains aspects sensoriels, par exemple, on va y revenir, comme la vision binoculaire, qui relèvent de ces périodes critiques où il y a vraiment une période pendant laquelle ça doit être développé, sinon ça ne le sera pas correctement. Il y a ce que l'on appelle aussi des fenêtres de vulnérabilité. Là, c'est le point de vue un petit peu négatif, c'est-à-dire que ce sont des périodes où, si l'enfant vit une expérience défavorable, ça aura des conséquences particulièrement importantes, plus que si ça avait lieu à un autre moment. Ce qui, encore une fois, ne veut pas dire que ces conséquences soient irréversibles. La fenêtre de vulnérabilité, c'est un peu l'inverse d'une période sensible. C'est-à-dire que si on a une période négative, ça va avoir un impact très très important là où la période sensible, c'est si on a une expérience qui est plutôt positive, ça va développer la compétence.
Spécialisation Perceptive Et Adaptation
SPEAKER_00Et enfin, on a un concept qui est vraiment important, sur lequel je reviendrai aussi, le concept de spécialisation perceptive. En gros, ce sont les perceptions qui se spécialisent. Pour faire très simple, un bébé commence avec des capacités très larges. Souvent, on explique, c'est une bonne façon de le retenir en tout cas, qu'un bébé ne n'est pas fini. Qu'en gros, il passerait 9 mois dans le ventre de la maman et 9 mois à finir de se développer en dehors du ventre de la maman. C'est pas tout à fait exact ces histoires de mois, mais ça permet quand même de garder en tête que le développement d'un bébé se poursuit après la naissance dans les mois qui suivent. Et ça fournit un énorme avantage évolutif à l'espèce humaine parce que l'être humain s'adapte à son environnement dans ses tout premiers mois de vie. Et ça veut dire que le bébé à sa naissance a des capacités qui sont très larges, mais pas forcément très pointues. Il est capable de faire plein de choses, pas très bien. Et au fur et à mesure, il va savoir faire moins de choses, il va perdre certaines compétences, mais il va savoir faire de mieux en mieux ce qu'il sait faire. Un exemple très simple. Au départ, il est capable de percevoir toutes les langues, d'entendre tous les types de sons différents, parce que vous savez que suivant les langues, on produit des sons qui ne sont pas les mêmes. Au départ, le bébé est capable d'entendre et de percevoir tous ces sons différemment, mais pas très bien. Au fur et à mesure, il va se spécialiser sur les sons de sa langue, et cela, il va très très bien les discriminer. Donc, l'idée, évidemment, on perd un petit peu en capacité, en largeur de capacité mais l'enfant va devenir de plus en plus performant dans ce qui est pertinent pour lui, dans son environnement. Donc ça, c'est ce qu'on appelle une période de spécialisation perceptive. Maintenant que ces concepts sont posés, on va en revenir au concept vraiment de période sensible, telle qu'elles ont été décrites par Maria Montessori pour les 0-3 ans.
Langage Oral Et Parenté
SPEAKER_00Et vous allez voir que... C'est particulièrement intéressant pour les tout-petits parce qu'ils ne parlent pas encore. Ils se mettent à parler, mais même avant qu'ils ne parlent, si l'on découvre, si l'on apprend à connaître et à reconnaître ces périodes sensibles, ça nous ouvre une porte sur ce qui se passe en eux. Et du coup, on peut mieux les observer en connaissant ces périodes sensibles. On sait quoi observer. On les comprend mieux et surtout, on va davantage et mieux répondre à leurs besoins. Donc à chaque fois, je vais vous expliquer justement quoi observer, ce qu'on observe pendant ces périodes sensibles, quand est-ce qu'elles se déroulent et qu'est-ce qu'on en fait Comment est-ce qu'on en profite pour faciliter les apprentissages pour nos tout-petits Alors la première grande période sensible que vous avez sûrement en tête, c'est celle du langage. La période de sensibilité au langage, elle commence avant même la naissance et elle va se poursuivre grosso modo jusqu'à 6 ans. Sauf qu'au départ, on est uniquement sur du langage oral et que chez les 3-6 ans, on va aussi avoir du langage écrit. Alors, comme je vous le disais, ça démarre avant la naissance. C'est assez fou, mais un bébé est capable de reconnaître sa langue maternelle d'une langue étrangère dans le ventre de sa mère. Il n'a pas la même réaction quand une personne, la même personne, parle dans sa langue maternelle et parle dans une langue étrangère. Et le sens de la langue maternelle prend ici tout son sens. C'est la langue que le bébé entend par la personne qui est la plus proche de lui, c'est-à-dire sa mère, qui l'entend par l'intérieur, qui n'a pas du coup la même résonance que si un membre de l'entourage se mettait à parler près du ventre de la mère. La sonorité ne sera pas la même. Donc la langue maternelle est vraiment quelque chose de très particulier dans l'univers du tout petit, avant même sa naissance. Donc le nouveau-né, dès sa naissance, il est sensible aux caractéristiques de cette langue maternelle qu'il a entendue pendant la grossesse. Et entre 0 et 3 ans, le le langage oral va se développer. Le bébé est fasciné par les sons que produisent les humains et puis petit à petit, il se met à babiller, d'abord à faire des sons vocaliques, des voyelles, et puis des bababas, c'est du babillage. Et puis ce babillage, qui est canonique au départ, va s'enrichir, il va faire badida, il va prononcer des pseudomots, il s'entraîne, il répète, il s'entraîne énormément. Et petit à petit, l'enfant absorbe le langage de son environnement. Donc ça, c'est assez fou. Et ne vous attendez surtout pas à une progression linéaire. L'enfant, dans le langage, progresse vraiment par explosion successive. C'est comme s'il accumulait un réservoir de vocabulaire, un réservoir de syllabes, et que tout d'un coup, boum, ça explosait, et il se mettait à prononcer 100 mots de plus en deux semaines. C'est assez fascinant. Alors... Quelles conséquences pour nous, parents Qu'est-ce qu'on en fait de cette période sensible du langage Premièrement, il faut parler à notre enfant. On va lui parler beaucoup. Simplement s'adresser à lui, le regarder. C'est très important que ça passe par quelque chose d'affectif et d'émotionnel. On va employer un vocabulaire correct et précis. Ça peut être simple, avec des phrases simples et courtes au niveau de la syntaxe, mais plus le vocabulaire sera correct et précis, plus l'enfant va développer son vocabulaire. on n'a pas forcément intérêt à bétifier son langage. Ce que je veux dire par là, c'est que même si on a parfois cette tendance, il n'y a aucun intérêt à dire « Ah, tu fais pipi sur le petit pot » « Tu vas faire... » Tu vas faire prout-prout, de parler avec des onomatopées, de parler de façon un peu bébête. Parce qu'on s'imagine qu'un bébé est bête parce qu'il ne parle pas. Donc tous ces petits mots, vous savez, avec des syllabes redoublées comme « dodo », qui sont devenus des choses habituelles à utiliser avec nos enfants. ne sont pas spécialement utiles avec les tout-petits. Donc, on peut garder un langage correct. En revanche, ce qui peut être étonnant par rapport à ça, c'est que les intonations que l'on prend naturellement avec un bébé, elles, elles aident l'apprentissage du langage. On appelle ça le parenté. Un peu comme le français, mais le parentais. Autrefois, on parlait plus de mamanais. Vous avez peut-être entendu le terme de motheries en anglais. On parle aussi parfois de discours orientés bébés ou de langage bébé. Vous savez, c'est cette façon de parler. « Oh, mais tu t'es réveillée » « Oh, tu as bien dormi, dis donc » Cette façon de parler est très mélodieuse. On parle de la prosodie du langage. On exagère beaucoup certaines choses. Les variations de hauteur dans la voix. On a un rythme qui est différent. On va laisser les voyelles un peu plus expansives. On parle avec un grand sourire. Je pense que vous l'entendez dans ma voix, ce sourire. Eh bien, si vous êtes capable d'entendre un sourire dans un simple podcast, c'est parce que le sourire, le fait d'écarter les coins de la bouche, ça modifie la façon dont on prononce les voyelles et les consonnes, tout simplement. Donc oui, un sourire, ça s'entend. Quand on chante, moi j'ai fait beaucoup de chants, On dit qu'il faut sourire, ça relève les pommettes, ça fait sortir le son par le haut, il y a plein d'atouts à sourire en parlant et en chantant. Cette façon de parler permet à l'enfant, il y a des expériences qui ont été faites à ce sujet, de plus facilement distinguer les mots, les séparer dans une phrase. distinguer différents mots les identifier et du coup plus tard les réutiliser ça facilite vraiment l'apprentissage du langage et donc c'est intéressant les enfants vont mieux percevoir les sons aussi qui ont tendance à être un petit peu exagérés et les voyelles qui vont avoir cette intonation montante puis descendante ça aussi c'est quelque chose qui va aider les enfants à bien les entendre donc n'hésitez pas à parler aux enfants de cette façon très naturelle qu'ont à peu près tous les parents d'où ce terme de parenté Ça existe dans toutes les cultures du monde. C'est assez fascinant. Naturellement, instinctivement, on parle à nos enfants comme ça. Et en fait, ça les aide à apprendre la langue. Moi, je trouve ça incroyable comme instinctivement, les parents ont su s'adapter aux besoins de leurs tout-petits. Alors... Oui, une autre chose. Sur ce parenté, on pourrait se dire... Il y a plusieurs choses derrière. Il y a aussi le fait que ça crée du lien avec l'enfant. Il y a un côté très émotionnel, très affectif à cette façon de parler. Et en même temps, on a vraiment pu observer avec des mots très artificiels, ce qu'on appelle des pseudomots. Par exemple, badima. On va dire badima à l'enfant. Et on a fait cette expérience où on prononce badima de façon neutre, comme je vous parle là. Badima, badima, badima, badima. et badima en parenté. Badima Et des choses comme ça, avec des variations, évidemment. Eh bien, le pseudo-mot en parenté est mieux appris et mieux reconnu par l'enfant que le pseudo-mot... en langage commun, disons. Donc vraiment, laissez-vous aller. Laissez-vous aller, ayez cette voix expressive, mélodieuse, n'ayez pas peur d'avoir l'air bête. Tous les parents parlent comme ça, et c'est déjà très attendressant, et en plus, comme vous voyez, c'est bon pour l'apprentissage. Ensuite, que peut-on faire d'autre Déjà, ne pas attendre que l'enfant soit capable de parler pour lui parler. On peut lui raconter plein de choses, on peut lui décrire ce qui se passe autour de lui. Ah, voilà le chat Ah, le chat est parti le manger ses croquettes. Et peut-être qu'il va aller faire une petite sieste sur ton lit. Tu vois le vent dans les arbres. On peut lui décrire tout ce qui l'entoure. On peut lui parler, lui dire « Ton grand frère est parti à l'école, mais il va revenir tout à l'heure.
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SPEAKER_00Et puis tout à l'heure, il y a ta nounou qui vient. On peut parler, raconter plein de choses à l'enfant et il va absorber. C'est presque miraculeux quand on y pense. Et il faut bien avoir conscience que chez le tout petit, la compréhension précède très largement la production.
Signes Associés Et Bilinguisme
SPEAKER_00Et ça, on s'en rend compte quand on pratique les signes associés à la parole. C'est-à-dire qu'un enfant va comprendre des mots et des phrases bien avant d'être capable de les produire lui-même. Donc ce n'est pas parce que votre enfant ne parle pas qu'il ne comprend pas. Et donc, comme je vous le disais, lorsqu'on emploie les signes associés à la parole, je ne vais pas rentrer dans les détails aujourd'hui, mais le principe des signes associés à la parole, c'est de pratiquer en quelque sorte la langue des signes, mais uniquement en employant quelques signes dans la phrase, un peu comme pour venir ponctuer la phrase. Par exemple, si je dis « est-ce que tu veux un câlin », je vais seulement signer le mot « câlin ». Et bien, employer ces signes, ça permet à un enfant qui comprend déjà beaucoup mais qui n'est pas encore capable de parler, d'articuler les sons, de communiquer davantage. Parce que ces gestes, il va être capable de les faire, en tout cas d'en faire des approximations assez vite. Parce qu'il aura compris ces mots assez vite. Et les gestes seront plus faciles que les mots à prononcer. Et je le précise tout de suite parce que c'est souvent la principale objection que l'on a. Utiliser des signes associés à la parole, ça ne retarde absolument pas le langage oral. Au contraire, ça favorise l'entrée en communication, donc c'est plutôt une bonne chose. Et ça permet de mieux répondre aux besoins de son enfant. Parce que quand on a un enfant qui est capable de signer manger ou couche... ça y est, on sait comment répondre à ses besoins. C'est quand même beaucoup plus simple qu'un enfant qui n'a que les pleurs ou les cris à sa disposition pour s'exprimer. Dernier point sur le langage. Je sais que je prends mon temps sur cette partie, mais c'est important parce que c'est une des périodes sensibles les plus riches chez les tout-petits. Et le langage oral est généralement quasiment entièrement développé avant 3 ans. Il y a aussi la question du bilinguisme. En ce qui concerne le bilinguisme, c'est qu'un très jeune enfant peut apprendre plusieurs langues simultanément. Il ne faut vraiment pas avoir peur de ça. Donc, typiquement, les couples bilingues, l'idéal est d'avoir une personne qui parle une langue. Donc, par exemple, un couple franco-chinois, mettons, avec un papa français, il ferait qu'il ne parle que français à son enfant. Une maman chinoise, ce serait bien qu'elle ne parle que chinois à son enfant, même si les deux parlent les deux langues. Il y a d'autres façons de pratiquer, mais en tout cas, c'est tout à fait possible. Et l'enfant est capable d'apprendre plusieurs langues simultanément et autant que possible, c'est bien de le faire avant 3 ans, de profiter de cette large compétence du bébé pour entendre les sons, entendre les intonations, les prononciations et absorber énormément de choses à l'oral. Après, on aura sans doute un bébé qui va mélanger les deux langues dans sa production. Par exemple, je ne maîtrise pas le chinois, mais en franc anglais, je ne sais pas comment le dire, On a un enfant qui pourra dire « je vais faire dodo dans mon bed ». « J'ai besoin de eat my milk ». Voilà, des choses comme ça. Donc, ils vont mélanger les deux, mais ça n'est pas grave, ça finit par se séparer un peu plus tard, il n'y a aucun souci. Vous voyez plein de choses à faire autour du langage avec les tout-petits. Une
Motricité Libre Et Quatre Pattes
SPEAKER_00autre très grande période sensible, très importante à cet âge-là, c'est la période sensible du mouvement. Et alors, elle aussi, comme le langage, c'est assez fou, elle démarre avant la naissance. Oui, le bébé dans le ventre maternel commence déjà à bouger, évidemment, on le sent bien bouger, mais à... Travailler le mouvement. L'objectif de cette période sensible, c'est que le mouvement passe de mouvements involontaires et désordonnés à des mouvements volontaires, coordonnés et précis. Quelque chose qui soit contrôlé. Donc l'enfant ne cherche pas juste à bouger pour bouger. Petit à petit, il apprend à maîtriser son corps. Je dis souvent à nos enfants que notre tout petit dernier, qui a six mois, passe son temps à travailler. Parce qu'il travaille son langage, il travaille sa motricité et il travaille beaucoup, beaucoup, beaucoup. Il ne s'agite pas, il travaille, il est moteur. Alors, entre 0 et 3 ans, qu'est-ce qu'on peut faire La principale chose que l'on peut faire pour aider son enfant, c'est d'avoir un environnement adapté au mouvement. Tout ce qui est lié à la motricité libre va vraiment aider. C'est-à-dire d'avoir une liberté de mouvement pour l'enfant, dans un cadre évidemment protégé, sécurisé, mais d'avoir un grand espace pour bouger, de passer du temps au sol, sur le dos, sur le ventre, de pouvoir changer de position, d'avoir des choses qui l'encouragent dans le mouvement, ça en fait beaucoup dans la pédagogie Montessori, dans les environnements de Nido. Par exemple, des objets sur lesquels il pourra s'appuyer pour se mettre debout petit à petit. Ou des choses que plus tard, il pourra rouler pour être encouragé à marcher, à avancer, à se déplacer. D'avoir des balles qui vont rouler et qui vont donc l'encourager à ramper. Tout ça, c'est un environnement qui encourage le mouvement. Tout ce qui permet d'explorer, de porter, de pousser, tirer, grimper, marcher, courir, tout ça, c'est à encourager dans l'environnement. Et l'enfant, tout simplement, va répéter, répéter, répéter et répéter. Je ne saurais pas vous dire le nombre de pompes ou de temps de gainage que notre petit dernier fait. Les chiens tête en bas qu'il fait tout le temps aussi. Et puis, on a vraiment pu observer cette transition vers le quatre pattes, avec d'abord le quatre pattes où on se contente de basculer d'avant en arrière et puis Ensuite, les jambes s'y mettent et on avance vraiment. Alors, il y a quand même plein de belles choses comme ça autour du mouvement. L'essentiel est de vraiment laisser de l'espace et encourager le mouvement. En ce qui concerne les étapes du développement moteur, traditionnellement, il y a le fait de se retourner, de se mettre assis, de ramper, de se mettre à quatre pattes, d'avancer à quatre pattes, de se mettre debout et de marcher, grosso modo. Et il y a beaucoup de recherches qui sont assez intéressantes aujourd'hui sur tout ce qui est activité motrice, coordination bilatérale. Par exemple, quand on fait du quatre pattes, normalement, on avance un côté, puis l'autre. Et parfois, on avance, que je ne vous dise pas de bêtises, bras droit et jambes gauche, et puis bras gauche et jambes droite. Et donc, on... on fait des choses qui passent au-dessus de la ligne médiane de l'enfant. Tout ça, ce sont des choses qu'on a beaucoup étudiées. Et on commence à étudier l'influence de cette pratique du mouvement sur des enfants qui présentent un trouble du spectre autistique ou un trouble avec déficit de l'attention, avec ou sans hyperactivité. C'est assez intéressant parce qu'on observe chez beaucoup de ces enfants... certains réflexes archaïques qui restent plus longtemps que généralement. Et on observe qu'en pratiquant par exemple le quatre pattes, en faisant pratiquer le quatre pattes, en faisant pratiquer certaines activités motrices globales, les enfants intègrent ces réflexes et que ces réflexes ont tendance à disparaître. Le mouvement est apparemment très bénéfique pour tout un tas de choses. Et même si on a du mal à établir un rapport de causalité, est-ce que c'est parce que l'enfant fait le mouvement qu'il y a des choses qui se développent dans son cerveau. En tout cas, il y a un rapport de corrélation entre ces pratiques motrices et un développement, un neurodéveloppement plus... plus dans la norme, disons. Donc ça peut être très intéressant de susciter le quatre pattes si votre enfant n'est pas passé par là, et de le susciter plus tard, même à quatre ans, même si votre enfant marche depuis longtemps. Encore une fois, on va travailler la coordination des deux côtés du corps. Ça va faire coopérer aussi différents sens, comme la vue, le toucher, l'audition, etc. Le fait d'utiliser des mouvements des deux côtés du corps, ça facilite la communication entre les deux hémisphères du cerveau, puisque lorsque qu'on bouge le bras droit ou la jambe droite, on utilise l'hémisphère gauche et inversement. Donc, on observe aussi, généralement, que ça développe une certaine richesse cognitive. Et puis, très prosaïquement, le fait de marcher à quatre pattes, ça stimule l'ouverture des mains, le travail du poignet. Il y a des muscles qui se mettent en place qui sont bénéfiques pour l'apprentissage de l'écriture plus tard. Donc, c'est toujours intéressant. Si votre enfant n'est pas passé par toutes les étapes classiques du développement moteur, comme le fait de ramper, comme le fait de faire du quatre pattes, ça va être intéressant de le faire repasser par là, de lui faire faire des petits jeux, passer dans un tunnel, etc. pour susciter ce travail moteur-là qu'il peut avoir sans un niveau de preuve encore très élevé, mais c'est très étudié encore en ce moment, qui pourrait avoir des conséquences sur le neurodéveloppement. Vous allez aussi observer la phase du déménageur. Ça, c'est toujours très rigolo parce qu'on voit des tout petits, tout petits, tout petits qui veulent déplacer des objets beaucoup trop lourds pour eux, qui nous semblent en tout cas beaucoup trop lourds pour eux, comme par exemple un gros pack d'eau ou de lait, un enfant qui veut transporter des choses très très lourdes, qui veut absolument monter et descendre les escaliers, pousser des choses, courir, sauter, danser. Tout ça, ce sont des signes du développement dans la période sensible du mouvement. L'enfant s'entraîne. Et pour s'entraîner, il répète, il répète, il répète. Tout simplement. Alors, un point... Ce que vous pouvez faire pour encourager ça, c'est évidemment de l'encourager à sauter, à danser. Vous pouvez lui faire faire aussi des petites comptines gestuées avec des grands mouvements. Tout ça, ça facilite la coordination des mouvements et c'est très bénéfique. En revanche, je ne voudrais pas vous faire stresser. Pourquoi Parce que quand on parle de développement moteur, on a tendance à avoir des repères temporels et qui en plus souvent sont assez erronés. Par exemple, on se dit « Ah, à six mois, mon enfant doit se mettre assis. » Non. Si vous regardez les carnet de santé. Par exemple, l'objectif, c'est qu'à 6 mois, un enfant se tienne assis. C'est-à-dire que si on le pose assis, qu'il tienne en équilibre. C'est très différent du fait d'être capable de se mettre assis à partir d'une position allongée. Déjà, on a tendance à mal comprendre ces étapes de développement. Même chose pour tenir debout, qui n'est pas la même chose que se mettre debout. C'est très différent. Ça demande beaucoup plus de compétences de se mettre debout. Lorsqu'on est en motricité libre, normalement, on ne place pas un enfant dans une position qu'il n'est pas capable d'adopter de lui-même. Il y a peut-être une exception pour le passage sur le ventre qui est quand même très bénéfique, qu'un bébé passe un certain nombre de temps sur le ventre et pas seulement sur le dos. Donc, déjà, on a du mal à interpréter ces étapes, on les comprend mal souvent. Ensuite, il faut surtout éviter de se comparer et de comparer son enfant à d'autres enfants. Parce que vous pouvez très bien avoir deux enfants du même âge. C'était le cas d'ailleurs avec un de mes enfants et sa cousine. Où vous aviez d'un côté un petit garçon hyper moteur qui courait partout, qui marchait. Je crois que c'était à peu près à l'âge de 18 mois. Il courait partout, il marchait, il sautait, enfin... hyper mobile, actif, dynamique, tout ça. Mais qui, en revanche, parlait très mal. C'est-à-dire qu'il prononçait des mots approximatifs et ça restait très, très, très, très basique. Et à côté de ça, il avait sa petite cousine. Petite cousine qui passait son temps assise, qui ne se mettait pas debout, qui ne marchait pas. Donc, on était assez tard. Vous voyez, on avait vraiment deux extrêmes. C'est-à-dire que le premier avait marché peut-être vers 10, 11 mois, donc très tôt. Sa cousine, à 18 mois, ne marchait pas. Donc, on était vraiment dans les deux extrêmes de... cette fourchette de temps où on peut marcher. Et en revanche, sa cousine parlait remarquablement bien et elle faisait des phrases complètes. Donc, c'était hallucinant de voir une petite fille statique mais capable de tenir des conversations avec des adultes et un petit garçon très moteur est totalement bébé dans sa façon de parler. Sauf que ces deux enfants, ils ont continué à grandir et qu'au final, même si chacun peut garder, je dirais, des compétences particulières dans l'un ou l'autre domaine, les deux étaient capables de parler, les deux étaient capables de marcher, courir, sauter. Donc, encore une fois, pas de stress. Les enfants évoluent par explosion dans différents domaines et ne font pas leurs explosions dans le même ordre. Mais au final, à trois ans, la plupart des enfants Les enfants ont toutes ces compétences de base qui sont acquises. Évidemment, certains peuvent être plus avancés dans certains domaines que d'autres. Ça dépend de tout un tas de choses. Ça dépend... de la maturation du cerveau, ça dépend de l'environnement qui est autour de lui, qui a encouragé ce développement ou pas. Ça dépend aussi d'aptitudes personnelles. Par exemple, il y a un gène qu'on retrouve chez les Jamaïcains qui domine les courses de sprint. Donc, il y a une partie purement génétique. Ce n'est pas non plus un hasard si on a beaucoup de Kenyans dans ces courses-là. Il y a une part absolument génétique sur laquelle on n'a évidemment aucune influence. Donc, Que ce ne soit pas une source de stress, simplement de garder en tête qu'il y a cette période sensible du mouvement.
Imagier Mental Et Réalité
SPEAKER_00Passons ensuite à la période sensible qui n'existe plus en 3-6 ans, qui n'existe que chez les 0-3 ans, qui est l'assimilation des images et la constitution d'un imagier mental. Qu'est-ce que c'est que ça C'est quelque chose qui commence à peu près dès la naissance et jusqu'à 2 ans et demi, 3 ans, avec une fin en explosion. Ce qui se passe, c'est que le jeune enfant, à sa naissance, commence à absorber une quantité d'informations absolument extraordinaires sur le monde. Et petit à petit, il se construit une représentation mentale des objets, des personnes, des animaux, des lieux, des actions. Par exemple, il sait que ça, c'est une table, mais qu'à côté, même si ça n'a qu'un seul pied et que c'est rond, c'est aussi une table. Et que celle qui est carrée ou avec trois pieds, c'est aussi une table, etc. Que Il associe des choses entre elles. Par exemple, qu'un verre, on le porte à la bouche pour boire. Qu'une brosse à cheveux, on la met dans les cheveux. Il y a des expériences assez rigolotes comme ça où des chercheurs se sont mis à essayer de manger une brosse à cheveux et les bébés les regardaient étonnés parce que ça ne correspond pas à ce qu'ils ont compris de la brosse à cheveux. Donc même avec des très très petits de quelques semaines, on arrive à identifier leur surprise quand ils observent des choses qui ne sont pas Donc tout ça, c'est un petit peu comme un imagier mental. Vous voyez ces livres qu'on donne aux tout-petits avec plein d'images où il y a des animaux, des fruits et légumes, des fleurs, des arbres, des... des objets de la vie quotidienne, dans la maison, etc. Ça s'appelle un imagier. C'est la même chose, mais dans leur tête. Et petit à petit, cet imagier va aussi devenir un dictionnaire mental. C'est-à-dire que, non content d'avoir ces images, l'enfant va y associer des mots. Alors ça, c'est assez incroyable. Ça fonctionne par absorption. L'enfant absorbe ce qui est autour de lui. Et qu'est-ce qu'on peut faire, du coup, pour faciliter, encourager le développement de cet imagier mental Tout simplement, montrer beaucoup de choses réelles de la vie de tous les jours. Continuez à employer, comme pour le langage, un vocabulaire qui va être riche, juste, précis, vraiment ancré dans la réalité. Répétez les choses. Encore une fois, c'est la répétition le principal outil de l'enfant pour développer toutes ses compétences. Et puis, restez très très longtemps dans la réalité plutôt que de passer dans les représentations abstraites. Par exemple, c'est forcément mieux de voir un vrai cheval que de voir une photographie de cheval. C'est mieux de voir une photographie qu'une illustration. Et l'illustration va quand même plus parler que le simple mot de cheval. Vous voyez, on a un peu quatre degrés. On a l'objet réel ou l'animal réel. On a une photographie. On a une illustration. Et puis, dans la pédagogie Montessori, on parle de l'objet. On parle d'une image de l'objet, qui peut être une photo. On parle d'une réplique de l'objet. Par exemple, tous les objets de Dinette, ce ne sont pas des vrais poils, des vrais oranges. Ce sont des répliques d'oranges. Et puis après, on a des photos de répliques. ou des images de répliques. On distingue ces quatre niveaux de réalité dans la pédagogie Montessori avec les tout petits. Vous allez dire qu'on se fait un petit peu des no-cerveaux, mais c'est important. Et on privilégie autant que possible ce qui est le plus réel et le plus concret, donc plutôt la véritable orange pour introduire ce concept-là, si on le peut. On est d'accord que pour le zèbre, ça va être un petit peu plus dur à inclure dans une salle de classe. On restera peut-être sur les répliques pour le zèbre, mais peut-être que pour les fruits, on peut le faire en réalité. Cette période a est vraiment caractéristique de la tranche d'âge 0-3 ans. Et c'est comme ça que l'enfant acquiert énormément de vocabulaire et de connaissances sur son environnement. Donc c'est cette période de l'imagier mental. Alors on va poursuivre avec... Trois périodes, dont deux qui vraiment sont plus importantes en 3-6 qu'en 0-3. Et une qui, au contraire, a plutôt son explosion avant 3 ans.
Besoin D’Ordre Et Routines
SPEAKER_00C'est celle dont je vais vous parler maintenant, qui est la période sensible de l'ordre. Elle commence dès la naissance et se poursuit jusqu'à environ 5 ans. Mais il y a une explosion qui est particulièrement visible vers 2-3 ans, qui est assez intéressante. Cette période sensible de l'ordre, elle est liée au fait que l'enfant a besoin que les choses aient une place, que les personnes aient des habitudes prévisibles aussi, que les événements suivent un certain ordre, qu'on ait une routine, et que la journée soit organisée, avec des repères, un peu toujours les mêmes. Et cet ordre extérieur va aider l'enfant à construire progressivement son ordre intérieur. Donc l'idée, ça n'est pas seulement, souvent on a l'impression que ce sont des caprices, il veut absolument que son jouet soit là et pas ailleurs. Et on lève un peu les yeux au ciel en disant « oh là là, il exagère ». Non, en fait, c'est qu'il comprend son environnement et que le fait de savoir que le jouet sera là, ça lui permet d'anticiper ce qui va se passer. C'est très sécurisant. Et pour construire cette sécurité interne, psycho-affective de l'enfant, c'est important d'ordonner l'environnement extérieur. D'ailleurs, ordonner un environnement pour être capable de l'actualiser et donc d'agir dessus, ça c'est une des tendances humaines fondamentales. Et cet ordre extérieur amène l'ordre intérieur de l'enfant. Au point qu'un enfant est capable de pleurer si quelque chose n'est pas à sa place. Maria Montessori raconte cette anecdote qui lui a permis d'observer cette période sensible de l'ordre d'un bébé qui pleurait parce que sa maman tenait sa veste sur son bras. Et Maria Montessori a demandé à la maman d'enfiler la veste sur elle et tout de suite le bébé s'est arrêté de pleurer. Vous voyez que ça peut avoir des conséquences étonnantes dans la vie de tous les jours. Donc il est vraiment important d'avoir des repères spatio-temporels, d'avoir des routines. Le matin quand on se lève, voilà ce que l'on fait, un peu toujours dans le même ordre. Le soir avant de se coucher, voilà ce que l'on fait, un peu toujours dans le même ordre. Vous allez me dire qu'on va en faire des maniaques. Non, je vous rassure. Au contraire, l'enfant va pouvoir anticiper et se rassurer. Au contraire, au contraire, c'est quand il n'y a pas d'ordre, qu'il n'y a pas de repère que certains enfants peuvent développer des troubles obsessionnels compulsifs pour justement rétablir de l'ordre qui n'est pas présent dans leur vie. Donc ça vient plutôt d'un manque d'ordre quand on a des tocs. Alors ces rituels et ces routines, je vous invite à ne pas forcément les fonder sur l'horloge. L'idée n'est pas qu'à 8h05 on fasse ceci, mais qu'après une chose, on en fasse toujours une autre. C'est plutôt un ordre des choses qu'une routine avec des horaires spécifiques. C'est plutôt le rythme de l'enfant qui va peut-être se réveiller à une heure différente de sa sieste tous les jours. C'est ce rythme-là qu'il va falloir suivre plutôt que l'horloge. C'est aussi important d'essayer d'avoir, je sais que c'est dur quand on a des enfants, une place pour chaque chose et chaque chose à sa place. C'est un mantra qu'on peut garder qui est assez précieux pour là aussi les sécuriser. Que chaque étape de la journée est et son rituel. Le repas, le coucher, le lever, etc. Ça, ça aide. Et puis, c'est important que l'adulte, lui aussi, soit constant. C'est-à-dire qu'il ait des comportements stables, des intonations stables.
UNKNOWNEuh...
SPEAKER_00J'aime bien cette expression pour les professionnels. On dit que quand on accroche son manteau portemental, on accroche avec tous ses soucis d'adulte. Ça doit rester au portemental. Et on doit être aussi rassurant, aussi stable, aussi sécurisant que possible. Donc, voilà, cette période, elle va aussi se matérialiser très concrètement par les alignements, les tris. Votre enfant va peut-être se mettre à ranger toutes les pièces de Lego par couleur. Ça ne veut pas dire qu'il a un trouble du spectre autistique. C'est juste un besoin d'ordre. Et donc, justement, on peut apaiser notre enfant en gardant son environnement sobre, épuré, minimaliste. On peut faire une rotation des jouets, comme je vous en parle dans la formation Aménager sa maison Montessori. On peut avoir des petits paniers pour des petites pièces, etc. Et puis, vous allez voir que c'est assez révélateur de nos propres comportements. Par exemple, le jour où vous allez ranger une babiole à sa place, vous allez peut-être voir votre enfant aller la rechercher et la remettre sur la table où elle était. Et là, vous allez vous dire « Ah, mais oui, c'est vrai que j'ai laissé traîner ça là pendant deux ou trois mois. » Donc, pour lui, c'est sa place. C'est devenu sa place attitrée. Donc, bon, profitez-en. N'hésitez pas à demander à votre enfant de ranger tant qu'il en a l'envie. Parce que malheureusement, oui, cette passion du rangement et cette période sensible de l'ordre elle ne dure pas forcément toute la vie peut-être que chez votre ado en pleine rébellion la flemme va l'emporter et que ce sera beaucoup plus dur de l'encourager à ranger sa chambre En tout cas, essayez d'avoir une place pour chaque chose, chaque chose à sa place, des rituels, et vous allez davantage comprendre ce qui peut vous sembler des caprices chez votre enfant, parce qu'une chaise a été déplacée, parce qu'un objet n'est pas à sa place, parce qu'une routine a été modifiée. Ce ne sont pas des caprices, c'est que le besoin d'ordre de l'enfant est perturbé. Alors, ce n'est pas grave, on peut y remédier, mais c'est important que ce ne soit pas tout le temps le cas et qu'il ait des repères stables. Chez les 3-6, évidemment, ça se poursuit, Mais encore une fois, le pic est vraiment entre 2 et 3 ans, même si ça se passe de la naissance jusqu'à à peu près 5 ans. Ensuite,
Imitation Et Relations Sociales
SPEAKER_00vous avez la période sensible des relations sociales, qui démarre à peu près vers 2-3 mois jusqu'à 5-6 ans. celle-là, elle va vraiment exploser chez les 3-6 ans. Mais elle démarre quand même très tôt parce que le bébé, au fur et à mesure que ses perceptions évoluent, devient de plus en plus attentif au visage, aux voix, mais aussi aux expressions, aux réactions des autres. Ça, c'est quelque chose qui, généralement, se fait plus rapidement dans une famille nombreuse parce qu'il y a plus de stimulation avec des personnes différentes. Et souvent, c'est plus compliqué avec un enfant unique. Mais dans tous les cas, le bébé, petit à petit, se met à reproduire la façon dont on s'adresse à lui ou la façon dont les adultes s'adressent entre eux. Donc, c'est une façon pour l'enfant d'absorber les comportements sociaux en les vivant, en les imitant. Alors avant 3 ans, c'est vrai qu'il va beaucoup nous observer. Il va observer comment on se parle. Il va nous imiter pour nos gestes, d'où l'apprentissage des signes associés à la parole, parce qu'il va imiter nos gestes. Il va imiter nos sourires, ça on y reviendra. D'apprendre à faire des caresses sur la joue ou sur le chat plutôt que de taper. Donc il va énormément nous imiter. Il faut en profiter. Il va aussi reproduire les manières de demander. C'est-à-dire que, par exemple, s'il a un grand frère ou une grande sœur qui tape sur la table en criant pour réclamer quelque chose, il risque de faire pareil. Il va beaucoup imiter ses frères et sœurs. Donc c'est important de prévenir les frères et sœurs qu'ils servent d'exemple aux plus petits. Il va aussi observer les règles de politesse que l'on suit et petit à petit les intégrer. Donc c'est important justement d'utiliser ces règles de politesse, de dire bonjour, de remercier, de demander les choses correctement plutôt que d'ordonner, de respecter l'autre et vraiment de parler aux enfants comme à de véritables interlocuteurs. Tout ça, ça fait partie des choses que notre enfant va absorber et imiter à son tour. Alors, chez les 3-6 ans, ça va évidemment se poursuivre, mais chez les 3-6 ans, on va beaucoup plus se demander pourquoi il faut faire comme ça, pourquoi Et on va développer des relations sociales quand même beaucoup plus complexes et beaucoup plus riches. Chez les 0-3 ans, c'est quand même essentiellement dans un environnement de type familial. Donc, des petites relations de tous les jours dans la famille, chez la nounou, à la crèche, dans des environnements, encore une fois, de type familial. Et enfin, pardon, enfin non, il y en a deux autres, excusez-moi. Parce qu'il y en a six chez les 3-6 ans, mais il y a sept périodes sensibles chez les 0-3 ans avec l'imagier mental.
Petits Objets Et Détails
SPEAKER_00Vous avez la période sensible aux petits objets et aux détails. Alors, c'est comme pour la période sensible de l'ordre, c'est quelque chose qui se... qui s'étale au-delà du 0-3 ans, mais qui a une explosion autour de 2-3 ans. Elle démarre vers 6-7 mois et dure à peu près jusqu'à 4 ans. Mais elle est particulièrement importante entre 2 et 3 ans. Tout simplement, le bébé, puis le jeune enfant, le bambin, devient passionné par les petits détails. Les petits détails, c'est quoi Un tout petit caillou sur le trottoir, une fourmi qui se promène, une petite coccinelle sur une image au milieu de toute une grande scène de jardin, une poule Alors, tout ça... C'est très chouette parce que ça va permettre à l'enfant de développer l'exploration. Il va explorer davantage, plus loin. Ça va développer la discrimination visuelle, d'apprendre à isoler quelque chose, l'identifier. Et ça va aussi faciliter la coordination œil-main et la motricité fine. C'est très important plus tard pour le développement, entre autres, de l'écriture. Ça veut dire que lorsqu'on prépare une activité pour un tout petit, et en particulier entre 2 et 3 ans, le moindre détail va avoir son impact C'est important que nous y prétions particulièrement attention. Si un jour, vous ne présentez pas le plateau comme... il a l'habitude de le voir. Par exemple, pour des toutes premières activités de vie pratique de communauté enfantine, donc avant 3 ans, il risque de le remarquer et d'être perturbé. C'est aussi le moment idéal pour jouer à des jeux un peu de type Où est Charlie Il y a plein de petits livres qui sont ravissants comme ça. Vous avez les livres Les 4 saisons avec des images très détaillées, très riches. On peut aller observer le moindre petit détail. Vous avez ce très beau livre de chansons. Je crois que ce sont chansons françaises française d'hier et de jadis, ou quelque chose comme ça, avec des illustrations très détaillées, là encore avec beaucoup, beaucoup de détails. Jouer à Où est Charlie À toutes les occasions, dans la vraie vie aussi. Tiens, est-ce que tu vois la voiture verte au milieu d'un grand parking Est-ce que tu vois l'arbre au tronc blanc au milieu d'une forêt, etc. Ce que ça veut dire quand même, c'est que sur le chemin du parc, par exemple, il va y avoir 17 choses extraordinaires à observer et que vous allez peut-être mettre deux heures pour un trajet qui aurait dû vous prendre seulement dix minutes. Ça peut être parfois éprouvant. Parfois, il faut prévoir plus de temps pour que l'enfant s'arrête un peu plus. Il faut proposer des petits jeux pour le motiver à avancer quand vraiment il faut rentrer à la maison. Par exemple, dans notre famille, on a pris l'habitude quand les enfants étaient tout petits de jouer à se poursuivre. Du coup, tout le monde se met à courir en étant complètement hilar. Ou alors on fait une petite chanson et tout le monde avance ou sautille en rythme. Alors là, je vous mets juste en garde contre les chansons du type « Il était une bergère » ou « Trois pommes dans un panier » parce qu'on avance et on recule dans ces chansons. Vous savez, on fait trois pas en avant, trois pas en arrière, trois pas sur le côté, trois pas de l'autre côté. Donc on n'avance pas très très vite à ce rythme-là. Mais sinon, la plupart des chansons sont assez précieuses et efficaces pour pousser c'est un enfant à avancer. Et
Raffinement Sensoriel Et Sécurité
SPEAKER_00derrière période sensible qu'on observe chez les 0-3 ans, mais qui honnêtement appartient davantage à la tranche d'âge des 3-6 ans, c'est celle du raffinement sensoriel, qui couvre à peu près la tranche d'âge entre 2 et 6 ans. Tous les âges que je donne sont évidemment indicatifs et vont dépendre des enfants. Le pic du raffinement sensoriel, il est plutôt vers 4-5 ans, d'après Maria Montessori. Donc, je ne vais pas rentrer trop dans le détail de cette période. Il s'agit pour l'enfant d'améliorer la classification et de raffiner un petit peu tout ses ressentis sensoriels. Donc, il va affiner les couleurs, les formes, les dimensions, les textures, les goûts, les odeurs, les sons, les sensations corporelles. Donc, tout ça, c'est très bien. On peut l'encourager dans le 0-3 ans. Comment Tout simplement en proposant un environnement qui va être très riche au niveau sensoriel. D'où l'intérêt d'éviter de ne proposer que des jouets en plastique. Plastique qui est neutre au niveau thermique, qui est lisse, qui ne présente pas un grand intérêt en termes de texture. Mais on peut proposer du bois, on peut proposer de l'osier, du tissu, de la laine, du métal. Certaines matières vont être plus chaudes, d'autres plus froides, d'autres lisses, d'autres rugueuses, d'autres douces, d'autres rêches. Voilà, ça c'est intéressant, c'est fascinant. Et puis plein de couleurs, plein de goûts, plein d'odeurs, de sons. C'est simplement proposer le monde en fait à notre enfant. Donc beaucoup d'explorations avec des objets réels, des expériences variées. Un matériel qui en soi est sensoriel. Mais ce n'est pas un matériel de vie sensorielle. Ça, la vie sensorielle, ce sont des activités qu'on propose vraiment chez les 3-6 ans. Je vous donnerai simplement un petit avertissement. On appelle parfois cette phase, tout comme il y a la phase du déménageur pour le mouvement, la phase de l'explorateur pour le raffinement sensoriel. Donc, attention. Attention au danger. Un enfant qui va prendre la feuille d'une plante qui est dans un pot par terre, qui va le mettre à la bouche égouttée... qui va prendre tout ce qui passe, y compris un petit bout de verre qu'on aurait mal balayé sur le sol. Soyez très attentifs, c'est là qu'il y a beaucoup de danger. Parce que l'enfant explore tout, mais n'a aucune maturité évidemment pour distinguer. En revanche, comme je vous le disais, dans le 3-6 ans, on va vraiment développer une vie sensorielle. L'explosion aura lieu après.
Récap Et Suite La Semaine Prochaine
SPEAKER_00Je vous récapitule très rapidement ce qui, parmi les périodes sensibles observées par Maria Montessori, appartient aux 0-3 ans et ce qui continue après. En 0-3 ans, on a le langage oral, énormément, qui se développe en général avant 3 ans, le mouvement, énormément, la constitution de l'imagerie mentale qui est spécifique aux 0-3 ans, la période sensible de l'ordre qui explose entre 2 et 3 ans, l'attention aux petits objets, qui est très présente vers la fin du 0-3 ans, le début des relations sociales, vraiment le tout début, et le tout début du raffinement sensoriel. En revanche, chez les 3-6 ans, vous allez continuer à avoir le langage, mais avec l'arrivée du langage écrit. Vous allez continuer à avoir le mouvement, vous allez continuer à avoir l'ordre mais un peu moins, un peu moins d'attention aux détails aussi, même si ça se prolonge, et en revanche, vous allez avoir une explosion des relations sociales et une explosion du raffinement sensoriel.
UNKNOWNMerci.
SPEAKER_00Donc j'espère qu'avec tout ça, vous vous y retrouvez un peu plus dans ces différentes périodes sensibles et en particulier dans ce qui distingue le 0-3 ans du 3-6 ans. Alors ça, ce sont uniquement les périodes sensibles observées par Maria Montessori. En revanche, elle n'avait pas encore à sa disposition les outils de la psychologie expérimentale, les neurosciences contemporaines et les recherches actuelles permettent d'observer plein d'autres phénomènes qui ressemblent à des périodes sensibles ou qui sont des périodes de vulnérabilité ou des périodes de spécialisation perceptives, comme je l'évoquais au début de l'épisode. Donc, aujourd'hui, je vais me contenter de vous parler de ces périodes sensibles Montessori, et je reviens la semaine prochaine pour vous parler des autres périodes sensibles. J'en ai... J'en ai noté 6. On pourrait sans doute en imaginer encore bien d'autres. 6 périodes sensibles issues de la recherche actuelle pour les enfants entre 0 et 3 ans. Et puis, je terminerai la semaine prochaine aussi en vous disant ce qu'on en fait de ces périodes sensibles, ce qu'on n'en fait pas et comment observer son enfant pour les identifier. Je vous rassure, ce sera un petit peu plus court la semaine prochaine. Mais cet épisode était absolument fondamental. J'ai tenu à prendre le temps pour vous expliquer tout ça en détail, et bien évidemment, l'observation de ces périodes sensibles va donner lieu à un choix d'activité qu'on va pouvoir présenter à l'enfant pour l'aider à développer les compétences adaptées pendant ces périodes sensibles. Et ça, c'est ce qu'on va retrouver, par exemple, dans ma formation Montessori, Nido, et plus tard, Communauté Enfantine, formation 0-3-1. Donc ça, c'est dans un second temps, une fois qu'on a observé et identifié les périodes, eh bien, on va savoir quelle activité proposer à quel moment. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, mais je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour la deuxième partie de cet épisode. D'ici là, passez une excellente journée. Votre petite souris 7.
UNKNOWNAnne-Laure.