Montessori avec les Montessouricettes, pour les parents et les pros
Vous voulez mettre en pratique la pédagogie Montessori, que ce soit à la maison, en structure, en cabinet ou à l'école ? Bienvenue ! Je suis Anne-Laure Schneider, formatrice Montessori et maman de 5 enfants instruits en famille. Ici, nous parlons de pédagogie Montessori, mais aussi de discipline positive, d'instruction en famille (école à la maison), de coschooling et de bien d'autres choses encore...
Montessori avec les Montessouricettes, pour les parents et les pros
346. De l'enfant-roi au retour de l'autorité : où en est la parentalité ? (partie 1)
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Début 2020, j’écrivais deux articles sur l’éducation bienveillante, ses excès, et les différences avec la Discipline Positive. J’y prévoyais entre autres un retour de balancier vers plus d’autoritarisme. Presque 7 ans plus tard, il est temps de faire un bilan et de voir si mes prédictions se sont réalisées !
Après 15 ans de parentalité positive, où en sommes-nous ? Que reste-t-il de cette vague de livres, de blogs, de groupes Facebook qui défendaient la bienveillance à tout prix, luttaient contre les violences éducatives ordinaires et faisaient parfois terriblement culpabiliser les parents ?
À l’heure du bilan, et si on envisageait d’autres options que la permissivité ou l’autoritarisme ?
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Liens évoqués pendant l'épisode :
Article Education bienveillante, pourquoi je n'adhère pas ?
Article Discipline Positive et éducation bienveillante, est-ce la même chose ?
Article Le time-out de Caroline Goldman, une bonne idée ?
Podcast 225 : Pensée, émotion, action : le cycle adlérien
Podcast 333 : La tendance no-kids
Podcast 74 : Changer son rapport aux émotions
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Le site des Montessouricettes
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Accueil Et Cadre Du Podcast
SPEAKER_00Bienvenue sur le podcast des Montessori 7, Montessori à la maison. Je suis Anne-Laure Schneider, formatrice Montessori et maman de 5 enfants instruits en famille. Ma mission, c'est d'aider les parents, les assistantes maternelles, bref, tous ceux que dans notre communauté nous appelons des souris 7, à mettre en pratique la philosophie Montessori chez eux, avec leurs enfants ou les enfants qu'ils gardent. Dans ce podcast, nous parlerons donc de pédagogie Montessori, mais aussi de discipline positive, d'instruction en famille, ce que l'on appelle aussi l'école à la maison, de co-schooling et de bien d'autres choses. Il y a bientôt 7 ans, j'écrivais un article qui avait suscité un certain nombre de commentaires dont le titre était « Éducation bienveillante, pourquoi je n'adhère pas
UNKNOWN?
SPEAKER_00» Vous pouvez le retrouver, je le mets d'ailleurs dans les notes de cet épisode. Et dans cet article, je dénonçais une certaine vision de l'éducation bienveillante qui s'apparentait totalement à du laxisme. Et j'estimais que si on considérait l'éducation sur un spectre entre la bienveillance d'un côté et la fermeté de l'autre, le balancier était parti beaucoup trop loin vers la bienveillance et j'annonçais qu'il allait probablement repartir vers l'autoritarisme et j'invitais tout le monde à essayer de trouver un équilibre avant cela. Équilibre que, pour ma part, j'ai trouvé dans la discipline positive qui a justement pour but d'équilibrer la bienveillance et la fermeté. J'ai expliqué aussi dans un autre article qui a suivi la différence entre éducation bienveillante et discipline positive, justement. Et pour résumer, j'ai expliqué que l'éducation bienveillante était un petit peu comme une galaxie voire une nébuleuse parfois avec beaucoup de choses dedans et que dans un contexte d'éducation bienveillante on pouvait trouver à l'intérieur un sous-groupe qui était équilibré comme la discipline positive entre fermeté et bienveillance mais qu'on trouvait aussi des modes d'éducation qui étaient en fait du pur laxisme et qu'en fait ce terme d'éducation bienveillante recouvrait tout le spectre de l'éducation qui allait de la bienveillance la plus extrême sans aucune fermeté jusqu'à un équilibre entre bienveillance et fermeté. Et que, de l'autre côté, on basculait sur de l'autoritarisme. Aujourd'hui, je pense que C'est le bon moment pour faire un état des lieux de ce qui s'est passé depuis. Au passage, c'est la question de voir si mes prévisions étaient exactes, et je pense qu'elles l'étaient, comme je vais vous le détailler, vous l'expliciter. Et ce que je voudrais garder en tête aujourd'hui, et que je vais essayer de vous montrer, c'est qu'on a voulu... au moment du pic de l'éducation bienveillante, sortir de l'éducation autoritariste en mettant l'enfant au centre de l'éducation et au centre de tout le travail fait par les parents. Le problème, c'est qu'en faisant ça, on a parfois fini par mettre le parent en dehors de l'équation. Et c'est en cela que j'avais annoncé un retour de balancier qui redonnerait une place un peu plus juste aux parents. Sauf que ce retour de balancier, le retour actuel, il risque de remettre effectivement l'autorité au centre sans forcément avoir compris ce qu'il fallait conserver de la révolution précédente de l'éducation bienveillante. Donc on va essayer de faire le point un petit peu sur tout ça.
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Du Pic Bienveillant Au Retour D’autorité
SPEAKER_00Entre l'enfant roi et le retour de l'autorité après 15 ans de parentalité positive ou en sommes-nous Alors, comme je le disais dans ces articles, il y a bientôt sept ans, le souci est n'est absolument pas que l'éducation bienveillante était trop bienveillante envers l'enfant. Ça, c'est une bonne chose de vouloir le bien de l'enfant, d'être attentif à ses besoins, de prendre soin de lui. Le problème, c'est que petit à petit, la définition de la bienveillance est devenue synonyme de réduire au maximum la frustration de l'enfant. Et c'est là où on a eu un premier déplacement. Donc aujourd'hui, dans cet épisode, je vais vous détailler cinq déplacements, cinq transitions qui ont eu lieu avec cette émergence, ce grand succès de l'éducation bienveillante, avec des titres qu'on trouvait partout en librairie, qu'on trouve toujours partout en librairie d'ailleurs, d'Isabelle Filioza, Catherine Guéguen, Faber et Maslich, etc. Et on va essayer quand même de voir comment Malgré tous ces déplacements, on pourrait construire une relation dans laquelle à la fois les besoins et la dignité de l'enfant, mais aussi les besoins et la dignité du parent et des autres personnes autour sont pris en compte simultanément.
Droits De L’enfant Et Évolution De La Loi
SPEAKER_00Donc le premier déplacement, c'est qu'on a découvert, et ça c'est une très bonne chose, qu'un enfant a des droits et des besoins. Et ça, il était temps de le faire. Justement, on a quitté un âge autoritariste où l'enfant était un demi-individu qui n'avait que des demi-droits. Et en cela, tout le mouvement de lutte contre les violences éducatives a contribué à faire évoluer notre culture, mais aussi la loi, nos normes juridiques. Vous le savez sans doute, depuis 2019, le Code civil dispose que l'autorité parentale s'exerce sans violence physique ou psychologique. Alors, ce qui est un petit peu embêtant, c'est que nulle part dans le Code civil, on explicite ce que sont ces violences physiques ou psychologiques, mais c'est quand même présent. Et puis, le Code civil précise aussi que l'enfant doit être associé aux décisions qui le concernent selon son âge et sa maturité. Alors évidemment, ça ne veut pas dire qu'un enfant de 4 ans devra être associé au choix du prochain logement en cas de déménagement. ou au choix de son école. En revanche, pour un lycéen, c'est important de pouvoir choisir son lycée et ses options. C'est important que ça se soit dans la loi. C'est une belle prise de conscience. Et ça a permis d'ouvrir la discussion sur les violences et sur les violences éducatives ordinaires.
UNKNOWNAlors,
SPEAKER_00On est allé peut-être trop loin, c'est mon opinion, sur cette question des violences éducatives ordinaires. On a parfois mélangé beaucoup de choses. En tout cas, ce qui est intéressant, c'est de remarquer qu'en 2024, d'après l'UNICEF, des données qui ont été reprises par l'UNICEF, 79% des Français déclaraient connaître la notion de violences éducatives ordinaires, qui était totalement inconnue encore en 2010. par exemple. On ne parlait absolument pas de ça. Sauf que ces violences éducatives ordinaires, encore une fois, ne donnent pas de définition dans la loi. Donc, on se retrouve avec des définitions données par des auteurs, par des blogueurs, etc. Et dans... Les violences éducatives ordinaires, j'en parlais justement dans les articles que j'ai écrits en janvier 2020, on trouve aussi bien des choses comme les gifles et les fessées, qui sont des violences physiques, objectivables, que pour certains auteurs, le fait de dire non à un enfant. ou le fait de le prendre physiquement dans les bras pour l'empêcher de faire quelque chose. Donc, vous voyez qu'il y a quand même de grosses nuances à apporter. Ça n'est quand même pas la même chose de donner une fessée à un enfant et de lui dire non. Et encore une fois, la loi ne donne pas de définition. Donc, on est amené simplement à regarder la jurisprudence. Et au niveau de la jurisprudence, j'ai un peu fouillé. Tout ce que j'ai pu trouver, c'est qu'il y a eu au moins une condamnation sur ce principe-là. Mais il faut dire qu'il s'agissait d'un père qui donnait de façon très habituelle des gifles et des fessées à son enfant, mais qu'il avait aussi étranglé, enfin... pas totalement, mais qui faisait le geste de l'étrangler régulièrement et qui le plaquait violemment contre le mur. Donc là, on parle quand même de violence d'un degré très important. « À ma connaissance, aucun parent n'a jamais été condamné uniquement pour le fait de donner des fessiers à son enfant. Pourtant, la loi, a priori, le permet.
UNKNOWN»
SPEAKER_00Ensuite, la loi, elle est appliquée par les juges. Donc, on va voir ce que les juges en font dans les années à venir. En revanche, ce qui est intéressant, c'est qu'il a été clarifié qu'il n'y a pas de droit à la correction parentale. C'est-à-dire que parfois, on voyait dans les tribunaux avancer cet argument qu'un parent avait un droit à la correction parentale. Et que donc, s'il frappait son enfant, parce que vous savez qu'on n'a pas le droit de frapper qui que ce soit, en fait. On n'a pas le droit de faire preuve de violence envers n'importe qui. Ce sont des coups et blessures dans les espaces publics. Et certains harguaient d'un droit à la correction parentale lorsqu'il s'agissait de leur enfant. Ça n'a jamais existé dans le droit français. Il n'a jamais été fait question d'un tel droit. Et donc ça a été clarifié récemment, je crois que c'était par la Cour de cassation, si je ne dis pas de bêtises, que cette correction, ce droit à la correction parentale n'existe pas. Donc on ne peut pas s'en prévaloir pour frapper un de ses enfants.
Violences Éducatives Et Parents Dépourvus
SPEAKER_00Bref, au sujet de ces violences, il y a quand même eu un progrès réel, en tout cas sur les prises de conscience et sur l'ouverture du débat et de la discussion. Le problème, c'est qu'en ce qui concerne les pratiques, je ne sais pas si on a tant que ça avancé. Ce que j'ai pu retrouver comme chiffre, c'est qu'en 2024, 24% des parents affirmaient avoir donné une fessée dans les 7 derniers jours avant le sondage. Ça peut arriver à beaucoup de gens de donner une fessée ponctuellement sous le coup d'un énervement énorme. Et... Je pense qu'on peut être tous d'accord que dans notre culture actuelle, avec les enfances que nous-mêmes, parents, nous avons eues, ça serait très dommageable de condamner un parent parce qu'il a donné une fois une fessée à son enfant. En revanche, quand je vous dis qu'un quart des parents reconnaissaient avoir donné une fessée à leur enfant dans les sept derniers jours, ça veut dire que c'est quelque chose d'habituel. Ça serait quand même étonnant que ce soit la seule fois dans leur vie qu'ils aient donné une fessée à leur enfant, cette semaine-là. Donc, il y a quand même une énorme dichotomie entre ce que dit la loi. La loi interdit toute violence et les réelles pratiques parentales. Le problème, c'est que les parents sont démunis. On leur dit, vous n'avez pas le droit de frapper votre enfant, mais on ne leur dit pas quoi faire à la place. Et en ayant eux-mêmes grandi avec des fessées et des gifles, souvent, ils n'ont pas d'autres outils de parentalité. Donc là, encore une fois, Il y a eu une très bonne chose. On a découvert que l'enfant avait des droits et des besoins. Il y a eu un progrès réel, mais on n'est pas allé au bout des choses et on n'a pas armé les parents pour justement ne pas se montrer violent envers leurs enfants.
Respect Ou Zéro Frustration
SPEAKER_00Deuxième phénomène, deuxième déplacement, on est passé du fait de respecter l'enfant au fait de ne jamais frustrer l'enfant. Et ça, c'est très différent.
UNKNOWNEuh...
SPEAKER_00À force de dire « l'enfant mérite notre respect », ce qui est totalement vrai, on en est venu à placer l'enfant au-dessus et ses besoins au-dessus des besoins de tous les autres. Ça aboutit à quoi À une validation permanente des émotions. On est tout le temps dans la validation des émotions de l'enfant. À une négociation permanente aussi avec l'enfant. À lui proposer des choix parfois très artificiels. À avoir peur de dire non à son enfant. À avoir peur de le contrarier, de le faire pleurer. À faire des confusions entre l'émotion et le besoin. Et puis des confusions entre un besoin et un droit. Et enfin, une confusion entre une limite éducative et une violence éducative ordinaire. Donc beaucoup de confusion ici. Et tout ça, c'est entre autres venu d'une... données scientifiques, en tout cas qui étaient avancées comme telles, qui serait que lorsqu'un enfant vit une crise émotionnelle, qu'il est stressé, il s'écrète du cortisol. Et que le cortisol... détruirait son cerveau. Un cerveau qui baigne dans le cortisol serait détruit au niveau de ses connexions neuronales. Forcément, ça fait très très peur quand on dit les choses comme ça. Le souci, c'est que cette histoire de cortisol qui détruit le cerveau, ça vient beaucoup d'expériences animales. Expériences animales parfois fondées sur des séparations par exemple entre un bébé, bébé rat souvent, et sa mère. Ou des privations sévères qu'on pourrait apparenter à de la torture. Donc, vraiment, disons, des mécanismes très puissants qu'on fait agir là. Probablement, il y a des doses de cortisol très intenses. Le problème, c'est que ce n'est quand même pas la même chose de priver un animal totalement de nourriture, de le séparer de sa mère, etc., et de dire non à un enfant. On n'est quand même pas sur le même registre. À côté de ça, évidemment qu'on ne va pas faire des recherches sur les enfants, on va leur faire subir des stress intenses pour vérifier si leur cerveau ne va pas être abîmé ensuite. Il y a une question éthique quand même derrière. Donc on a beaucoup de mal à faire un transfert de ces études sur l'enfant. Et en fait, ce n'est pas seulement parce qu'il y a du cortisol, que le cerveau va être abîmé. Il faut quand même se rappeler que le cortisol, ça n'est pas une toxine, ce ne sont pas des métaux lourds. Le cortisol, c'est quelque chose de naturel dans l'organisme. Oui, qui est aussi sécrété dans les moments de stress, mais le cortisol, c'est aussi ce qui nous permet de faire une bonne performance à un examen, par exemple. Le cortisol, il va être présent avec l'adrénaline, d'une performance de sportif. Le cortisol, il nous aide à nous réveiller le matin. Et la mélatonine à nous endormir le soir. On a besoin de ces deux hormones pour fonctionner. C'est le cortisol qui nous aide à nous réveiller et à nous sentir frais et dispo le matin. Donc on ne peut pas considérer que le cortisol à lui tout seul va détruire le cerveau de l'enfant. Ça n'est pas vrai. Il y a une question de dose. Un rapport entre la dose et l'effet. Donc tout ça, ça a été monté beaucoup en épingle par les tenants de l'éducation bienveillante. Pour dire, oh là là, il ne faut surtout pas faire sécréter du cortisol à votre enfant. Donc la moindre frustration, la moindre colère, la moindre crise de larmes était vraiment montée en épingle comme si ça allait détruire le cerveau de l'enfant. Forcément beaucoup de culpabilité pour les parents. Donc ça c'était un deuxième déplacement comme je vous le disais, on est passé de respecter l'enfant à ne jamais le frustrer.
Émotions Message Pas Pilote
SPEAKER_00Troisième déplacement. On a appris à mieux connaître ses émotions et les émotions de l'enfant, les mécanismes derrière les émotions. Je ne vais pas dire qu'on a découvert beaucoup de choses sur les émotions, parce qu'on le savait depuis longtemps, mais donc ça a été vulgarisé. Ça s'est répandu dans le grand public. On a répandu beaucoup, beaucoup, beaucoup de connaissances sur les émotions ces 15 dernières années. Sauf qu'on est passé, du fait de mieux connaître les émotions, à devenir totalement leur esclave. Et ça, ça n'est pas sain. La question qu'on peut garder en tête c'est, une émotion est-elle toujours un message auquel nous devons répondre Parce qu'une émotion c'est un message. Si je suis joyeuse, c'est un message. Si je suis triste, c'est un message. Si j'ai peur, c'est un message. Maintenant ce message, est-ce que je dois toujours y répondre C'est une information sur mon état interne. C'est important de le prendre en compte, en considération, mais ça ne veut pas forcément dicter mon comportement. Par exemple... Ça n'est pas parce que j'ai peur de passer un examen qu'il ne faut pas que je le passe. Je ne vais pas forcément écouter ma peur. Au contraire, cette peur, je vais la canaliser. Elle me dit quelque chose, cette peur. Cette peur, elle me dit que là, il se passe quelque chose d'important. Cette peur, elle va activer beaucoup de choses dans mon corps qui vont me rendre alerte, qui vont me rendre active, dynamique. Mais cette peur n'est pas un message qui me dit « je dois abandonner mon examen ». Pas du tout. Donc, Dans l'éducation bienveillante, on a énormément développé l'aspect écouter ses émotions et valider ses émotions. En tout cas, les émotions de l'enfant, surtout. Il faut lui apprendre à reconnaître ses émotions, il faut les valider, etc. pour qu'il se sente reconnu dans ses émotions. Ok, c'est une très bonne chose de mieux les connaître. Sauf qu'à force, on a considéré que l'émotion dictait le comportement. et qu'il fallait absolument réguler l'émotion pour changer le comportement. Et là, je voudrais vous inviter à un petit changement de paradigme. C'est que plutôt que de modifier l'émotion, on pourrait transformer des pensées. Et là, on en revient à ce qui est au cœur de la psychologie adlérienne, qui est un des fondements de la discipline positive. Alfred Adler, il a développé ce qu'on appelle aujourd'hui le cycle adlérien. Pensée, émotion, comportement. décision ou comportement. J'ai fait tout un épisode là-dessus. C'est l'épisode 225 du podcast. Encore une fois, vous le retrouverez dans les notes de cet épisode-ci. L'observation d'Alfred Adler, c'est qu'à l'origine d'un comportement, il y a une pensée. Face à un événement qui est perçu par nos cinq sens, je développe une pensée. Cette pensée suscite une émotion et cette émotion provoque une décision ou un comportement. Je vais vous donner un exemple. Je vais garder cet exemple de l'examen. Je dois passer un examen et cet examen semble... Il est objectivement dur. Il peut être que c'est un concours et c'est objectivement difficile. J'arrive à l'examen et je me dis, oh là là, il y a plein de gens, ils ont l'air hyper intelligents, ils vont me passer devant. Ça ne sert à rien que je passe cet examen. Ça, c'est ma pensée. Je vais développer une émotion, une émotion qui est peut-être de la peur, probablement une forme de peur, avec un sentiment d'incapacité, mais on est dans le grand domaine de la peur. Et cette peur, si je laisse cette peur s'exercer, ça va aboutir au fait que je vais rentrer chez moi et ne pas passer mon concours. Face à la même situation, je peux arriver et voir des gens qui ont l'air hyper intelligents, qui discutent de livres que je n'ai jamais lus, etc. Et me dire, oh là là, il y a des gens hyper performants qui vont passer le même concours que moi. Du coup, il faut vraiment que je me dépasse pour avoir une chance de gagner. d'être dans le bon classement de ce concours. Ce que je vais développer comme émotion, c'est plutôt dans la grande famille de la joie. En fait, c'est de l'audace, si vous voulez. Je vais faire preuve d'audace. Je vais me dépasser. Et c'est ça, la décision et le comportement que je vais adopter. C'est que je vais y aller avec l'énergie et la volonté de donner mon maximum. Et du coup, je n'aurai pas de regrets. Ce qui est intéressant, c'est que c'est la même situation au départ. Sauf que ça n'est pas que je ressens une émotion différente au départ. À l'origine de tout, il y a des pensées différentes. Et deux personnes... dans la même situation, ne vont pas ressentir la même émotion. Pourquoi Parce qu'elles ont des pensées différentes sur cette situation. Donc, plutôt que d'essayer de résoudre tout ça au stade de l'émotion, émotion qui déjà peut nous emporter, c'est compliqué de changer une émotion. Il y a des choses qu'on peut faire. J'en ai déjà parlé dans des outils sur les émotions, mais il y a des choses qu'on peut faire, mais c'est difficile aussi. Ce que l'on peut faire, et c'est l'un des outils les plus efficaces d'ailleurs pour changer une émotion, c'est de revenir au stade de la pensée. Et là, on est dans le rationnel, donc on peut modifier cette pensée. Alors, pour modifier cette pensée, il faut y aller évidemment par petites étapes. On ne peut pas passer de « je ne vais jamais y arriver » à « je vais finir première ». Notre cerveau ne sera pas dupe, il ne sera pas à voir de cette façon. Et c'est d'ailleurs ce que j'expliquais dans l'épisode 74 du podcast « Comment changer son rapport aux émotions ». Donc l'idée c'est d'y aller petit à petit et de passer étape par étape pour progresser lentement jusqu'à l'émotion désirée. Dans le cas de passer d'émotions qui en général sont plutôt désagréables à une émotion plutôt agréable. Donc l'idée c'est quand même plutôt de transformer les pensées que directement l'émotion sur laquelle on n'a pas beaucoup de prise. Donc ça c'est une chose. On s'est beaucoup, beaucoup, beaucoup concentré sur les émotions de l'enfant sans suffisamment, à mon avis, s'adresser à son cerveau rationnel et à sa pensée. C'est quelque chose qu'on a un peu oublié dans le monde de l'éducation bienveillante. Et ce que je vous invite à garder en tête, c'est qu'on peut écouter une émotion sans forcément considérer qu'elle dit la vérité sur la situation. Comme je vous le disais, peut-être qu'on a une pensée qui en fait est un mirage, est une interprétation fautive de la réalité. Un exemple que je donne souvent en atelier de parents, c'est imaginer que vous êtes à la sortie d'école et que vous croisez le regard d'une maman qui a l'air de vous ignorer, qui ne vous parle pas, qui ne vous dit pas bonjour. Et vous vous dites, elle m'ignore, elle m'en veut. Ça, c'est une pensée que vous plaquez sur la situation. Peut-être que cette maman, comme on dit, elle ne vous a pas calculé, en fait. Elle n'a pas remarqué que vous étiez là. Peut-être qu'elle était préoccupée par autre chose, qu'elle était en pleine conversation avec un autre parent sur un sujet pointu. Vous savez, des fois, on a le regard qui part sur le côté en réfléchissant. Simplement, elle n'a pas remarqué que vous étiez là. Donc, elle ne vous a pas ignoré volontairement. Simplement, elle ne vous a pas vu. Donc, pourquoi aller plaquer une pensée fautive, une pensée erronée sur une situation Donc l'émotion, elle ne vous dit pas forcément la vérité. Et l'émotion n'est pas forcément notre guide ultime. Un exemple très simple. « Mon enfant peut être absolument furieux parce que je lui interdis de traverser la route.
UNKNOWN»
SPEAKER_00Il a le droit d'être furieux. Son émotion, elle est légitime. Il n'y a pas de souci avec ça. Il n'empêche que la traversée de la route va rester interdite et que je ne vais certainement pas le laisser traverser la route. Au point, s'il y va de force, de le retenir physiquement, bien sûr, parce qu'il y va de sa sécurité. Et ça, ça va être très différent de « tu es en colère, alors il faut que je fasse tout pour apaiser ta colère ». Non, des fois, on ne va pas faire des choses non plus totalement absurdes ou dangereuses juste parce que notre enfant est en colère. Il y a des limites à poser et ça, c'est notre rôle de parent.
Pensées Émotions Comportements Avec Adler
SPEAKER_00Un autre déplacement, toujours un petit peu autour de cette idée des émotions, c'est que... On a beaucoup mis en avant l'idée de co-régulation. C'est-à-dire que l'adulte, en face de l'enfant, va l'aider à se calmer. C'est de la co-régulation. Je montre à l'enfant que je respire avec une respiration un peu plus lente, par exemple. Je lui fais un miroir de ce qu'il pourrait faire dans son corps pour aller mieux. Ça, c'est de la co-régulation. Très bien, pas de souci. Sauf qu'au fur et à mesure, on a... on a décidé que là où, oui, parfois il faut de la co-régulation, ben, on allait passer à un système où le parent devait être disponible à tout moment pour réguler les émotions de son enfant. Et que du coup, lui-même, il devait être toujours parfaitement stable au niveau émotionnel pour être prêt à réguler les émotions de son enfant. Sauf qu'à un moment donné, l'enfant doit apprendre à s'auto-réguler. C'est quand même un apprentissage qu'il doit faire. Et oui, un tout tout tout petit ne réussit pas à se réguler tout seul. Et on le voit bien avec un nourrisson. Moi-même, j'ai un petit bébé de 7 mois. Il est à un âge où évidemment qu'il a besoin de moi pour se réguler. C'est-à-dire que s'il se met à... mettons qu'il se soit fait mal, il est tombé, eh bien, je vais le prendre dans les bras, je vais le consoler, je vais lui faire un câlin et le fait de sentir ma peau, ma chaleur, mon odeur, le bruit de ma respiration, tout ça, ça va l'aider à se calmer. Mais à un moment donné... Un garçon de 10 ans qui tombe et qui se fait une égratignure au genou, il va se réguler tout seul. Donc c'est bien quelque chose que l'enfant doit apprendre. Et ça, on a tendance à l'oublier quand on est à fond dans l'éducation bienveillante. Je vais vous donner un exemple là-dessus qui me permettra d'introduire un autre aspect juste après aussi. Il y a des années de ça, je pense... Oh, pas tant que ça, remarquez. Peut-être 5-6 ans 5-6 ans 6-7 ans On a eu une garde d'enfants à domicile qui était formidable et qui était une grande... défendresse, disons, de la non-violence. En particulier, elle était anti-violence éducative ordinaire vis-à-vis des enfants. Encore une fois, elle était formidable, extrêmement créative, d'une immense gentillesse avec les enfants. Et les enfants l'adoraient, et moi aussi. Sauf qu'on a eu une conversation un jour que j'ai trouvée à la fois passionnante et très déstabilisante. J'avais un tout petit bébé à l'époque qui suçait son pouce. Et... on a eu une conversation sur le fait que pour elle, ce comportement d'autorégulation, on ne le trouvait pas chez des enfants adultes. pour qui on avait répondu à tous leurs besoins depuis la naissance. Alors déjà, ça vient un peu toucher au cœur, parce que, qu'est-ce que vous entendez C'était que j'avais laissé pleurer mon bébé et que du coup, il était obligé de se calmer tout seul avec son pouce. Mais donc, elle voyait en ça la marque d'un enfant qui n'avait pas été totalement... Enfin, voilà, dont les besoins n'avaient pas été totalement pris en charge à tout moment. Et je lui avais répondu que moi, ce n'est pas du tout comme ça que je voyais les choses. Parce que pour le coup, je ne laissais pas pleurer mon bébé. Mais que pour moi, justement, c'était un signe d'autonomie dans la régulation. C'était un outil qu'il avait pour se réguler tout seul. Et je voyais bien que justement, s'il se faisait mal, et un tout petit qui commence à marcher, il se fait mal. On a beau protéger un maximum, il marche, il marche, il marche, et puis boum, il tombe par terre. Et il se fait mal au genou. Ou un enfant qui commence tout juste à se mettre assis, il va parfois basculer en arrière et la tête va cogner sur le sol. Alors même si on a de la moquette, etc., ça fait mal. C'est désagréable. L'enfant, il a peur. Il y a plein d'émotions un peu désagréables ou des sensations désagréables. Et quand l'enfant est capable de mettre le pouce dans sa bouche et de se calmer lui-même, c'est quelque chose d'extrêmement puissant quand même. Et donc, vous voyez aussi à quoi peut aboutir ce type de mouvement complètement anti-violence éducative ordinaire, à fond dans l'éducation bienveillante, c'est qu'on en arrive à considérer un comportement comme le fait de sucer son pouce, qui est effectivement un comportement d'auto-régulation, comme un comportement anormal que l'enfant ne devrait pas avoir parce qu'on devrait répondre tout le temps à ses besoins. Et j'avais essayé de lui expliquer que, en fait, même si on est totalement à l'écoute de son enfant, on ne répondra jamais totalement à ses besoins. On ne pourra jamais empêcher totalement un enfant d'éprouver de la douleur ou de la tristesse ou de la peur. Par exemple, un enfant qui fait ses dents. Alors oui, on peut lui donner du Doliprane. On peut lui donner toutes sortes de remèdes. N'empêche que parfois, la douleur va être trop forte. Et on ne peut pas donner des médicaments trop forts à un bébé. Ça serait mauvais sur le long terme pour son organisme. Donc, on essaie de lui donner des antidouleurs limités. Par exemple, du Doliprane avec une dose adaptée à son poids. On ne pourra pas l'empêcher totalement de souffrir, malheureusement. On peut avoir un enfant qui a mal au ventre. On peut avoir un enfant, comme je le disais, qui marche et qui tombe. On ne va pas l'empêcher de marcher. On ne va pas l'envelopper dans des oreillers façon bibindome. Ça serait ridicule et ça serait mauvais pour son développement moteur. Donc, on ne pourra jamais empêcher un enfant de vivre la moindre douleur et la moindre peur. Parfois, des enfants ont peur du noir. Ils ont peur de la séparation. Et c'est pourtant un stade qu'il Il faut dépasser parce que, oui, à un moment donné, le parent ne peut pas être en mode kangourou collé à son enfant toute la journée. Ça n'est pas répondre à son besoin. Ça n'est pas bon pour son développement. À un moment donné, il y a cet apprentissage de la séparation qui peut se faire dans de très bonnes conditions, avec beaucoup de douceur, beaucoup d'accompagnement, de façon très progressive. Mais même dans les meilleures conditions, l'enfant va vivre des angoisses et des peurs, etc.
UNKNOWN»
SPEAKER_00Donc on en arrive un petit peu à cette injonction.
Co-régulation Oui Dépendance Non
SPEAKER_00paradoxal, que nous, adultes et parents, nous devons être totalement disponibles pour répondre à tous les besoins émotionnels de notre enfant, mais en même temps, on doit prendre soin de soi et ne pas s'épuiser. Le problème, c'est que c'est un peu contradictoire dans la pratique. Et c'est exactement ce que j'expliquais justement dans l'article sur l'éducation bienveillante et pourquoi je n'adhérais pas, au sujet d'une maman qui était allée faire un atelier autour de Faber et Maslich, à qui on avait dit, parce que son enfant faisait beaucoup de crise le soir, que lorsqu'elle rentrait du travail absolument épuisée, elle ferait mieux de commencer par aller jouer une demi-heure dans le trampoline avec son fils. J'avais trouvé ça très cruel, parce que cette maman, elle était déjà au bord des larmes, elle était clairement à bout de nerfs, et on lui demandait de prendre encore plus sur elle pour aider son fils à se réguler. Donc on aboutit vraiment à ce gros problème, le parent doit être totalement disponible pour réguler son enfant, mais qui est là pour aider le parent à se réguler Et surtout, qu'est-ce que ça laisse comme temps Parce que le parent, il peut s'autour réguler, mais qu'est-ce que ça laisse comme temps et comme ressource en termes de calme, de silence, d'espace, de liberté pour que le parent s'autorégule C'est un vrai problème. Et puis enfin, toujours un peu dans cette idée où on est bienveillant envers l'enfant, mais en fait pas tellement envers l'adulte, c'est que j'ai été témoin et on m'a rapporté des récits que je trouve absolument hallucinants sur des tenants de l'éducation bienveillante. ou d'une grande bienveillance envers les enfants, qui sont absolument incapables d'exercer cette bienveillance vis-à-vis des adultes, en particulier des parents. C'est quelque chose qu'on retrouve beaucoup sur les groupes Facebook de bienveillance, et ça déjà en 2020 c'était le cas. Les parents qui apportaient leurs difficultés se faisaient mais rembarrer avec une telle méchanceté sur ces groupes Facebook, sous prétexte de défendre l'enfant, on accablait les parents. Et quand une maman ou un papa avoue et « j'en peux plus, je me déteste, mais j'ai donné une fessée à mon fils alors que c'est la dernière chose que je voudrais faire », au lieu de venir le soutenir, de venir essayer d'apporter des solutions, les parents se mettaient à le lapider, tout simplement. Donc ça, j'en ai été témoin pendant des années et des années. Et on a eu des échanges comme ça justement avec la garde d'enfants à domicile, dont je vous parlais un peu plus tôt, qui avaient fait des réflexions qui, moi, qui m'avaient fait mal, on va dire. Justement, des réflexions que j'avais vraiment prises comme des jugements sur ma façon d'être mère, alors que j'en faisais quand même beaucoup, il me semblait. Non, je ne laisse pas pleurer mes enfants. Je fais quand même l'instruction en famille à mes enfants. J'essaie de passer beaucoup de temps avec eux, de les éduquer... et de les élever le mieux possible. J'y consacre énormément de temps, d'énergie, de patience, de ressources financières aussi, tout ça. Et en fait, cette garde d'enfants, elle travaillait aussi pour une maman blogueuse, anti-violence éducative ordinaire. Et elle avait tendance à comparer un peu nos deux familles, en tout cas au tout début de notre travail ensemble. Et... Et bref, au tout début justement, elle avait l'air de dire que le bébé de cette maman ne suçait pas son pouce. Tous les enfants ne sucent pas leur pouce d'ailleurs. J'ai certains de mes enfants d'ailleurs qui ont sucé deux doigts, le majeur et l'annulaire, d'autres qui n'ont pas spécialement sucé leur pouce. Ça ne veut pas dire pour autant qu'ils sont complètement épanouis et peut-être que ce bébé s'est mis à sucer son pouce plus tard. Bref, peu importe, mais il y avait cette comparaison un peu permanente qui était difficile au début de notre relation de travail. En tout cas, cette blogueuse, elle se voulait à fond dans la bienveillance. Vraiment totalement à l'écoute de ses enfants. Sauf qu'avant la fin de l'année, j'ai vu notre garde d'enfants à domicile arriver en étant très très très mal à la maison. Vraiment pas bien. les yeux rougis. Clairement, il y a quelque chose qui n'allait pas. Et on avait discuté à ce moment-là. Et je vais être honnête, je ne me souviens plus du tout de la raison qui avait été avancée par cette blogueuse. Mais cette blogueuse lui avait fait des reproches totalement injustifiés. J'ai recontacté cette garde d'enfants à domicile pour lui demander de me rafraîchir la mémoire. Et elle n'a pas souhaité me répondre parce qu'elle reste très attachée, je pense, à ces idéaux de lutte contre les violences éducatives. Or, Je pense qu'elle ne voulait pas rappeler cette situation qui l'avait beaucoup fait souffrir. Malheureusement, je n'ai plus les détails en tête. Je me souviens simplement de ma réaction de choc parce que cette garde d'enfants, elle était formidable, mais vraiment formidable, hyper investie, hyper créative, hyper responsable, sérieuse. Les enfants l'adoraient et moi aussi. Donc c'était formidable. Et derrière, comme je vous dis, cette blogueuse lui avait fait des reproches totalement injustifiés. Et la bienveillance dont elle faisait preuve envers ses enfants, elle ne l'a absolument pas appliquée à notre garde d'enfants qu'on avait en commun. Mais absolument pas. Elle l'a vraiment virée comme une malpropre. Avec beaucoup de violence dans ses paroles. avec beaucoup de mépris, et comme on ne devrait jamais traiter un être humain. Donc j'ai trouvé ça, je me souviens vraiment de cette réaction de choc, de me dire mais comment, comment on peut défendre une telle bienveillance vis-à-vis des enfants et aussi peu de bienveillance vis-à-vis des adultes Au point de faire pleurer une garde d'enfants totalement bienveillante et formidable à tous aspects. J'ai eu le même retour sur une formatrice que je ne citerai pas, à l'AMI, l'Association Montessori Internationale, l'Institut Supérieur Maria Montessori, qui traitait ses stagiaires, les personnes qui se formaient pour devenir éducateurs à Montessori, mais comme de la crotte. vraiment comme de la crotte, avec un rythme de travail extrêmement exigeant dans les formations Montessori, et donc des relations absolument odieuses avec ces stagiaires. Et les stagiaires s'en étaient plaintes en disant comment ça se fait que vous nous traitiez comme ça alors que derrière vous nous dites bien de traiter l'enfant avec énormément de respect. La réponse avait été que vous, vous n'êtes pas des enfants. Je ne sais pas si le sous-entendu c'était que quand on n'est pas un enfant, on n'a pas droit au respect, on n'a pas droit à la bienveillance, on n'a pas droit à être traité comme un être humain. Bon, je vous rassure, cette formatrice a changé. Encore une fois, je préfère ne pas vous donner de nom. Mais c'est pour vous dire qu'on a parfois, dans des milieux qui défendent énormément la bienveillance vis-à-vis des enfants, ce manque de bienveillance vis-à-vis des adultes. Et c'est ce que j'apprécie, moi, dans la discipline positive. Parce que la discipline positive, c'est pas seulement... une théorie... ou des outils pratiques qui s'appliqueraient uniquement à la relation parent-enfant. Encore une fois, comme je vous l'ai dit, ça vient de la philosophie d'Alfred Adler. Et donc, c'est une vision globale de l'être humain. Et des relations entre êtres humains dans la famille, certes, mais aussi dans la classe ou dans les collectivités, mais aussi dans l'entreprise, par exemple, entre collègues de travail, entre patrons et employés, etc. Et aussi dans le couple. Donc en fait, c'est simplement... une observation profonde et une étude, si vous voulez, des relations humaines et des outils pratiques pour, dans les relations humaines, maintenir un respect mutuel. Alors évidemment, on ne va pas parler de discipline quand on parle de relation de couple, par exemple. Ce n'est pas le terme de discipline positive. Mais on parle toujours de respect mutuel. On parle de fermeté et de bienveillance, c'est-à-dire que dans le couple, on va poser ses limites et on va faire preuve de bienveillance aussi envers la personne de sa vie. Donc, vous voyez, je pense qu'il faut sortir d'un cadre qui serait spécifique à la relation parent-enfant, qui serait celui d'une éducation bienveillante ou d'une éducation positive, et aborder les choses de façon beaucoup plus large, un cadre commun à toutes les relations humaines. Et ça, encore une fois, c'est ce que m'a proposé la discipline positive et ce qui m'a totalement convaincue.
Respect Mutuel Et Suite Annoncée
SPEAKER_00Alors, j'ai encore un certain nombre de choses à dire sur le sujet, mais ça va être un petit peu long pour l'épisode d'aujourd'hui. Donc, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour finir cette conversation. Je vous dis à très bientôt pour votre petite sollicite.
UNKNOWNAnne-La.