SPEAKER_00

L'objectif, c'est de traverser l'océan Pacifique en prune paddleboard. En janvier prochain, entre le Pérou et la Polynésie française. J'ai besoin de passer ce challenge de parce qu'on a vécu l'an passé et la perte de notre petite fille. C'est important d'aller au bout des choses et de croire en ses rêves et de continuer à aimer la vie malgré tout.

SPEAKER_01

Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

Bienvenue

SPEAKER_00

Emmanuelle sur le podcast. Merci Loïc, merci de

SPEAKER_01

m'accueillir. Je suis absolument impatient que tu nous en dises plus sur ton parcours. Pour être tout à fait honnête, ta discipline, le sauvetage sportif, c'est quelque chose que je ne connaissais pas du tout avant qu'on échange sur Instagram. Je suis vraiment curieux que tu nous expliques un petit peu ce que tu fais dans cette discipline, en quoi ça consiste et puis quels sont les projets que tu es venu faire enfin les projets, les énormes projets, les expéditions que tu es venue greffer sur tout ça. Donc, écoute, peut-être que le plus simple, c'est que je te laisse commencer par te présenter, nous dire qui est Emmanuelle.

SPEAKER_00

Et oui, avec plaisir. Écoute, déjà, merci de m'accueillir sur le podcast des Frappés. C'est un plaisir d'être là. J'ai découvert ton site il y a quelques mois, du coup, en plus avec l'épisode de Jessica et Annika

SPEAKER_02

Horn,

SPEAKER_00

qu'on a rencontré il y a peu de temps. et qui nous soutiennent sur un projet dont on va parler tout à l'heure et écoutez-moi donc c'est Emmanuel je suis sur Ossegor voilà maintenant donc dans le sud-ouest dans les Landes et j'ai pas mal bougé dans ma vie tu vois je suis issue de Cahors du Lot donc dans les terres et j'ai pas mal évolué après dans la région centre pour aller ensuite à Marseille et arriver sur les terres landaises entre 2-3 voyages voilà bon ben je suis athlète de haut niveau je j'ai commencé par la natation un peu par défaut après un déménagement tu vois et rapidement j'ai pu toucher au haut niveau en natation sportive et j'ai pu intégrer l'équipe de France jeunes et seniors voilà entre mes 12 et 17 ans on va dire avant de découvrir le sauvetage sportif et le sauvetage sportif qui est une discipline c'est un sport amateur mais une discipline à part entière avec une double spécialité que ça soit en donc ce qu'on appelle le sauvetage aux plates et sur la partie côtière donc avec des épreuves à l'océan en mer ou sur un plan d'eau intérieure voilà donc ça j'ai découvert ce sport à l'âge de 16 ans et j'ai rapidement évolué dedans avec des premières équipes de France en 2003 et après un petit break dû à mes études et bien voilà le destin à chaque fois m'a ramené vers ce sport à deux reprises j'aurais pu complètement m'en éloigner et puis Et puis, après un voyage en Australie en 2010, derrière, le virus s'est installé en moi, en tout cas. Je suis restée dedans. Après, j'ai voulu en équipe de France pendant une dizaine d'années. J'ai été double championne du monde dans cette discipline. J'ai participé à six championnats du monde, deux Jeux mondiaux, plusieurs championnats d'Europe. C'est un sport passion. C'est plus qu'un sport, d'ailleurs. C'est un métier aussi. J'ai J'ai aussi douté au métier de nageur sauveteur sur les plages. J'aurai l'occasion de t'en dire plus là-dessus. Mais voilà, maintenant, je suis toujours impliquée dedans, dans mon club, ici, local, le Lausgore Sauvetage Côtier. Donc, c'est un sport qui vient de plusieurs endroits et notamment sur la partie côtière qui vient d'Australie, avec les premières plages surveillées qui ont mené après aux premières épreuves de sauvetage côtier là-bas, avant que ça soit important. excellent

SPEAKER_01

excellent alors j'ai découvert quelque chose parce que je suis allé sur le je pense que tu nous parleras de Cap Optimiste enfin on en parlera c'est sûr un petit peu plus tard mais je suis allé un petit peu regarder du coup les les femmes qui font partie de l'équipe et en fait je me suis rendu compte que c'est c'est pas tellement enfin c'est un sport qui est pas si si jeune que ça en fait puisque je vois que vous avez notamment une fille qui est originaire d'Espagne qui est qui est sportive élite depuis 2005. Donc, 2005, ça fait quand même un petit moment. Et tu disais que c'est un sport amateur, mais tu as parlé de fédération. Comment est-ce que c'est organisé

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Du coup, c'est rattaché à une fédération française en particulier

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Exactement. Donc, ce sport en France, il est rattaché à la Fédération française de sauvetage et secourisme, qui, elle, est très ancienne. Elle a été créée, fondée en 1899. Et en fait, cette fédération a... notamment mis en place les premiers diplômes de sauvetage, comme le surveillant de l'Egnade, comme le BNSSA, etc. Et donc, étaient plus dédiés à la surveillance en piscine. Et après, pour la partie côtière, le sauvetage côtier, le surf, la saving, comme ils appellent aux antipodes, est venu d'Australie, en fait. Et en parallèle de notre fédération française, il y a eu aussi les prémices qui ont vu le jour. Donc, on Australie, dans le début des années 1900, en fait. Et quand les premières plages ont été surveillées là-bas en Australie, les sauveteurs, les lifeguards, là-bas, ils se sont professionnalisés. Et pour se professionnaliser, ils ont commencé un peu à se challenger entre eux, entre différents postes. Ils ont commencé à s'entraîner, à créer des petites compétitions, voilà. Et de là est nés les premiers clubs. De là sont nés les premiers clubs, en fait, de sauvetage, les surf clubs. Et ça a été importé dans les années 90 en En France, en Europe notamment, on a eu des lave-gardes australiens qui sont venus travailler sur les plages landaises, notamment au nord des Landes, et qui ont importé du matériel qu'on appelle les rescue boards, donc ces planches de sauvetage qu'on voit maintenant un peu partout en France, et aussi les boues et tubes. Et ça a un petit peu aussi révolutionné le métier de nageur-sauveur, voilà, au niveau professionnel. Et ils ont permis d'importer ce sport, voilà, en France. Donc les premiers, les championnats du monde tels qu'on les

SPEAKER_01

connaît aujourd'hui, les compétitions internationales, datent de début des années 90. Excellent. Alors peut-être qu'on peut rentrer un peu dans le détail de ce en quoi consiste le sauvetage sportif. Donc moi, j'ai regardé quelques... J'ai eu de la chance, tu m'envoyais pas mal de contenu avant qu'on fasse cette conversation, donc j'ai pu déjà visualiser à quoi ça ressemble. Et je te cache pas que c'est beaucoup plus... C'est ce que je te disais juste avant qu'on commence. J'ai été surpris en fait par l'intensité des épreuves et surtout j'ai l'impression qu'il y a une notion d'enchaînement et de d'intensité qui est vraiment vraiment importante qui m'a fait beaucoup penser au triathlon ce qui n'est pas du tout l'image que j'avais tu vois quand j'ai lu sauvetage sportif c'est vrai que je pensais plutôt à typiquement de la natation pourquoi pas avec un tu vois un engin flottant quelque chose que tu tractes et puis voilà quoi en fait ça a l'air beaucoup beaucoup plus complexe que ça donc est-ce que tu pourrais peut-être nous expliquer pour la partie en mer, au vif. Quelles sont les épreuves qui s'enchaînent

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

De quel matériel vous avez besoin

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est vrai que c'est un sport qui a beaucoup de disciplines. On va se concentrer sur la partie côtière. En partie eau plate, c'est pareil. On va avoir des épreuves individuelles et déroulées. Sur la partie eau plate, tu as complètement raison, ça va être vraiment du chronométrique pour synthétiser, pour que tout le monde comprenne. On va avoir des épreuves entre 50 et 200 mètres, on va dire, de distance. C'est au chrono. On va remorquer des mannequins avec ou sans palme. On va avoir des parties en apnée. On va avoir des parties avec des passages d'obstacles. Donc, voilà, c'est vraiment très diversifié comme épreuve. Et sur la partie côtière, donc, le Surf Life Saving, on va avoir différentes épreuves. On va avoir notamment la nage en mer, la Surf Race. On a aussi la Board Race, donc c'est une course de planche en paddleboard. Donc, ce sont des planches qui sont un peu plus profilées que les rescue boards qui sont donc les planches professionnelles. On va avoir vraiment du matériel adapté à la compétition pour être gagné en vitesse et aussi derrière pour passer mieux les vagues, pour surfer mieux la vague pour revenir. On va avoir aussi l'épreuve de kayak en mer, donc le surfski. Et on a aussi l'oceanman qui est un peu ce que je te disais, un peu l'enchaînement des trois épreuves phares, la nage, la planche, le kayak avec des transitions course à pied donc c'est un peu notre mini triathlon à nous qui dure entre 15 et 20 minutes et on a aussi deux épreuves sur le sable pour tester la vélocité la réactivité du sauveteur donc il y a un 90 mètres sprint pur sur sable et on a aussi l'épreuve des beach flags où là c'est une épreuve par élimination en fait un peu sur le système des chaises musicales tu vois à chaque fois il y a un éliminé à chaque tour c'est très intense et derrière c'est pour tester le temps de réaction des sauveteurs avec aussi derrière la puissance qu'ils vont dégager sur leur vitesse de course pour attraper ce fameux bâton où on simule la main d'une victime. En fait, toutes nos épreuves sont initiées à la base par des actions de sauvetage. Ce sport est très lié au métier de nageur-sauveteur. C'est pour ça que la plupart des sportifs travaillent aussi ou ont travaillé en tout cas sur les plages

SPEAKER_01

à un moment

SPEAKER_00

donné.

UNKNOWN

Ok.

SPEAKER_01

Ok. Moi, ça a été la première chose que je me suis dit quand j'ai vu la vidéo de cette épreuve qui était... Cap Breton, c'est possible

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ou j'ai dit n'importe quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je t'ai envoyé une vidéo sur une des compétitions phares chez nous, l'Ocean Perk Challenge, qui est une compétition pas sous les couleurs nationales, mais en tout cas où il y a les meilleurs sauveteurs européens qui viennent à se confronter à chaque fois en été. C'est vrai qu'elle est réputée pour être dans les vagues, donc à Cap Breton, qui école et c'est vrai que généralement ça fait pas mal d'années qu'elle a été créée et c'est souvent des grosses conditions donc spectacle garanti

SPEAKER_01

c'est clair c'est exactement ce que j'allais dire tu vois au-delà d'intensité j'ai aussi été surpris par en fait les conditions dans lesquelles vous faites ces épreuves tu vois j'ai une séquence de la vidéo en tête où je pense c'est une épreuve femme parce que si j'ai bien compris c'est pas forcément des épreuves

SPEAKER_00

mixtes c'est pas mixte effectivement maintenant il y a des relais mixtes à l'international comme il y a beaucoup dans l'ensemble des sports comme le triathlon par exemple maintenant mais c'est des épreuves effectivement soit féminines soit masculines

SPEAKER_01

oui Et donc, il y a une séquence de cette vidéo où, quasiment sur la plage, en fait, il y a des déferlantes qui arrivent. Et ça m'a vraiment surpris de voir, en fait, la hauteur des rouleaux. Tous les kayaks partent dans tous les sens. En plus, vous avez des kayaks. Vous appelez ça des kayaks

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est des skiffs

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, c'est des surfskis. C'est des kayaks de mer qui font 5,80 m de long et qui pèsent 18

SPEAKER_02

kg. Voilà. OK.

SPEAKER_00

Donc, c'est vrai que c'est des kayaks qui… qui vont très vite, où vraiment on peut avoir des points de vitesse assez sympas, mais par contre qui vont être très instables dans les vagues, donc ça demande pas mal d'entraînement en amont pour bien maîtriser l'engin et surtout beaucoup de pratiques dans différentes

SPEAKER_01

conditions. Oui, et puis vous n'avez pas de... En fait, c'est complètement ouvert, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de... Comment est-ce qu'on appelle ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Il n'y a pas d'îloir, il n'y a pas de ponton, en fait. Vous êtes assise et si une vague vous renverse, tu ne peux pas esquimoter

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

ou quoi que

SPEAKER_00

ce soit, tu es finie. Alors, tu as juste à remonter rapidement dessus pour éviter de prendre la prochaine vague. Parce qu'on a un parcours à faire et chaque épreuve, tu pars de la plage et tu reviens vers la plage. Pareil, on prend toujours l'image de ce sauveteur qui part de son Mirador chercher sa victime et qui doit la ramener. Donc nous, toutes les épreuves, on part de la plage et on doit revenir. Donc on tourne des bouées. Après, les distances, elles évoluent. Par exemple, sur l'épreuve de Surf Race, sur la nage, la distance fait 400 mètres. Sur l'épreuve de... board race elle fait 600 mètres la distance et l'épreuve de kayak de surfski ça fait 800 mètres voilà donc c'est des efforts qui sont courts tu vois de 3 à 4 minutes c'est très intense mais par contre sur une journée tu peux t'enchaîner une quinzaine d'épreuves quoi entre les phases de qualificatives les quarts de finale les demi-finales les finales les relais et ça tu enchaînes ça non-stop pendant plusieurs jours même sur les championnats de France tu vois qui en sont organisés sur 3 jours

SPEAKER_01

quoi waouh dans des environnements enfin je veux dire dans deux dans l'eau et sur le sable donc c'est quand même en termes de tu vois d'environnement qui absorbe ton énergie et qui t'impose de monter en intensité c'est quand même c'est ce qu'il y a de pire je pense donc ouais c'est vraiment impressionnant alors dernière petite question technique c'est sur les rescue boards un autre aspect qui m'a surpris je crois que j'en ai jamais vu comme ça avant c'est qu'en fait la pointe j'ai l'impression que c'est un peu comme si on avait c'est à dire qu'on a retourné la coque tu vois une coque un peu effilée et en fait ce qui normalement est sous l'eau est sur l'eau pour vous donc c'est c'est à dire que j'ai l'impression que c'est complètement plat au contact de l'eau et assez ouais assez aiguisé sur le

SPEAKER_00

dessus ouais alors c'est vrai que t'as différents shapes qui existent comme les planches de surf voilà alors nous c'est quand même assez calibré notre matériel comme les surfskis je t'avais dit tu vois c'était 5m80 de long nos planches c'est pareil elles vont faire 3m20 de long avec un peu poids minimum de 7,6 kg. Pour que chaque athlète soit sur la ligne de départ de façon équitable. Et après, au niveau des chefs, ça dépend en fonction de si on souhaite plutôt des boards pour des plans d'eau calme, si on va souhaiter plutôt être à l'aise dans les vagues, dans le surf, quelque chose avec un peu plus de volume ou un petit peu moins de volume. Donc ça va vraiment dépendre du gabarit du sauveteur et aussi de ses besoins par rapport à sa technicité ram

SPEAKER_01

ouais d'accord c'est passionnant c'est au final tu vois c'est ça qui est super intéressant c'est que je découvre une discipline qui en fait à l'air hyper technique pas seulement sur le matos mais aussi sur le type d'épreuves super intense et au final c'est ce qu'on disait pas si pas si jeune que ça donc c'est marrant de voir comme il ya des tu vois certains sports qui finalement on connaît assez peu alors je sais pas est ce que c'est ce que sur la route habite maintenant c'est c'est clair C'est clairement des sports pratiqués

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui,

SPEAKER_00

c'est clairement des sports. C'est à la même place que le rugby maintenant. C'est un sport qui grossit. Chez nous, on a la chance dans la région sud-ouest d'être doté de beaucoup de clubs et des clubs qui ont des écoles de sauvetage bien développées depuis plusieurs années. Ils accueillent les enfants dès l'âge de 5 ans, 4-5 ans. Alors au départ, c'est une grosse éducation sur les dangers de l'océan, l'éducation à la plage, donc savoir se mettre en sécurité, savoir reconnaître un petit peu les différents dangers qu'on a autour de nous, aussi être capable de reconnaître les dangers par rapport à ses capacités, ça c'est essentiel. Donc là, il y a une grosse part d'éducation autour du milieu et autour du sauvetage et du secourisme. Et puis ces enfants, en fait, on les garde au fur et à mesure des années. ils ont cette chance maintenant de pouvoir évoluer dans ce sport et c'est un sport à part entière contrairement à nos générations où ça a été un sport on va dire de remplacement on a connu ça plus tard et eux en fait ils vont évoluer dans cette discipline, ils vont participer aux compétitions peut-être qu'on participe à des compétitions de natation ou des matchs de rugby etc et puis parallèlement à ça ils vont aussi se former en fait aux différents diplômes de secourisme donc à partir de 10 ans ils vont pouvoir passer leur diplôme de premier secours et puis à à partir de 16 ans, leur diplôme de premier secours en équipe. Et puis, jusqu'au Graal, c'est passer son BNSSA pour pouvoir travailler sur les plages après à l'âge de 18 ans. Donc, on forme des athlètes, mais aussi on forme un métier. Et c'est pour ça que ce sport est un sport passion aussi parce que derrière, il y a des valeurs qui sont inculquées. C'est sauver des vies. Donc, savoir sauver

SPEAKER_01

des vies, c'est énorme. C'est clair. Est-ce que peut-être pour ouvrir la parenthèse là-dessus d'ailleurs est-ce que toi t'as déjà eu malheureusement heureusement à te servir de tes skills de sauvetage sportif pour une vraie situation

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui ça m'est arrivé alors le plus gros cas pour le coup ça s'est passé à Marseille quand j'ai vécu à Marseille et que j'ai travaillé sur les plages tu vois comme quoi les dangers sont partout et effectivement on a sorti une dame de l'eau qui s'était noyée donc on a réanimé et voilà C'était un moment intense, mais ça permet aussi derrière de concrétiser tout ce qu'on apprend et se dire qu'on sert à quelque chose

SPEAKER_01

aussi. C'est clair. C'est clair. Et tu vois, j'ai eu un invité il y a quelque temps, Tony Bush, qui est un ancien effort spécial, qui a créé une entreprise qui s'appelle Emotion, avec un H, pour justement rendre un peu plus attrayant, on va dire, l'image attrayante, l'image du secourisme en France parce que c'est vrai que à moins qu'on tombe sur des profils comme toi qui font des choses complètement dingues où il y a une vraie discipline qui vient se greffer à ça le secourisme en France je ne sais pas comment c'est dans les autres pays comme l'Australie mais ça n'a pas quand même une image tu ne te dis pas tiens j'ai deux jours libres je vais me faire un recyclage secourisme dans la plupart des cas en tout cas et je trouve que c'est super de voir qu'il y a des disciplines qui allient non seulement le sport au plaisir mais en plus l'apprentissage de gestes qui potentiellement sauvent dévie donc franchement top j'espère qu'on verra de plus en plus de sauvetage sportif du côté de la Méditerranée

SPEAKER_00

ouais ça se développe t'as des clubs un peu partout tu vois moi j'avais repris à Marseille pendant mes études quand j'ai fait mon école de commerce là-bas

SPEAKER_01

et j'ai repris sur Marseille donc t'en as quelques-uns alors comment est-ce qu'elle s'est faite cette transition tu nous disais que t'as été en haut niveau en natation quand t'as découvert le sauvetage sportif est-ce que c'était parfaitement clair pour toi que tu voulais tu voulais performer au plus haut niveau possible même si c'est encore une fois un sport amateur ou est-ce que ça a été un enchaînement quelque part tu vois des preuves d'expérience qui t'ont amené à faire tes 6 championnats du monde 4 championnats d'Europe et tes 2 World Games

SPEAKER_00

ça a été surtout du hasard en fait vraiment du destin moi la natation je suis arrivée après vers 16 17 ans voilà à un point un peu de ras le bol Ça faisait déjà quelques années que je m'entraînais de façon bicotidienne. Je démarrais l'entraînement bicotidien assez tôt, à l'âge de 12 ans. C'est vrai que c'est pas mal de discipline et de contraintes aussi à un âge d'adolescent, on va dire. C'est vrai que c'est un sport qui est assez ingrat, qui demande aussi beaucoup d'heures d'entraînement pour arriver à un haut niveau. donc c'est sûr que j'étais arrivée à un stade où je m'amusais plus trop et j'ai découvert le sauvetage sportif et notamment la partie côtière en fait en été à Tours grâce aux maîtres nageurs de la piscine de Tours en fait parce que moi j'étais au Pôle Espoir donc j'ai voulu au Pôle Espoir il y avait les maîtres nageurs de la piscine qui avaient créé cette association le SN Tours et en 99 tu vois j'avais 16 ans et en fait ils avaient créé cette association c'était des anciens rameurs donc d'aviron de kayak en ligne etc de haut niveau pour certains et c'était un trip entre copains de créer cette association et puis j'ai démarré à m'entraîner avec eux l'été quand la saison de natation était en off et donc je faisais les compétitions on partait donc en Bretagne en Vendée même des fois en Méditerranée et on se régalait donc c'était vraiment ludique au départ et puis j'ai participé à mes premières compétitions internationales à 18 ans et après j'ai braqué en fait j'ai braqué pendant mes études je suis partie en classe prépa à Chaussée, à Tours pendant deux ans et puis j'ai basculé ensuite sur Marseille pour mon école de commerce et après c'est les rencontres, pareil, le destin où j'ai rencontré des copines qui s'étaient mises dans le sauvetage sportif dans les clubs de Marseille et j'ai repris comme ça j'ai réintégré les équipes de France après en 2007 quand j'ai repris la compétition et l'entraînement et après je suis partie en Australie, mais pareil, je n'étais pas censée y partir pour le sport. Je n'étais pas censée y partir pour le voyage, tu vois, pour découvrir un peu la vie là-bas, aux antipodes. Et puis, je suis partie seule. Ma copine m'a lâchée au dernier moment. J'ai dit, qu'est-ce que c'est que ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Mais je pars quand même. Et quand je suis partie là-bas, après, il y avait le fondateur du club du Haussogor-Soptage-Côtier, une légende, une personnalité chez nous, qui était là-bas, qui m'a dit, viens, j'ai des personnes à faire rencontrer. Et il m'a fait rentrer rencontré tous les gros entraîneurs en Australie et j'ai commencé à m'entraîner avec eux et puis derrière, c'était

SPEAKER_01

parti pour pas mal d'années. Je suis vraiment admiratif de la façon dont tu as géré ton post-break pour les études parce que j'ai fait comme toi, j'étais en haut niveau jusqu'à rentrer en classe prépa et après, d'ailleurs, on a fait la même école, je suis en train de me rendre compte. Par contre, moi, je n'ai pas du tout réussi à reprendre le sport à haut niveau tu vois je me rappelle d'un j'étais parti un peu basse c'est vraiment drôle quand même les schémas qui se répètent je suis parti au canada pour mes études pendant pendant l'école et pareil mon entraîneur de judo de l'époque mais dit bah écoute va rencontrer ces personnes donc au canada est en fait en arrivant dans le club en question je me rends compte assez rapidement que c'est pas n'importe quel club c'est le club de la côte est de l'équipe nationale du canada ils étaient en train de préparer les jo de londres et donc Donc c'est comme ça que j'ai essayé de reprendre après deux ans et demi, trois ans d'arrêt. Et la conclusion, ça a été que j'ai vomi avant la fin de l'échauffement, même pas avant la fin de l'échauffement. Je suis vraiment admiratif de ce que tu as fait parce que je sais ce que c'est d'être à haut niveau, de faire le choix d'une pause. Et puis une pause pour la prépa, je ne sais pas comment toi c'était, mais j'imagine qu'en termes de sport, c'était proche du néant ta

SPEAKER_00

pratique clairement mais c'était aussi

SPEAKER_01

sympa de découvrir un autre milieu tu vois oui c'est sûr mais voilà honnêtement très très impressionnant de voir que tu as réussi à ne pas rattraper le temps perdu parce que je ne pense pas que ce soit du temps perdu mais à combler ce gap et à revenir au plus haut niveau en plus dans une discipline quand même même s'il y a des similarités j'imagine avec la natation mais quand même assez différente donc impressionnante tu vois on parle de détermination sur le podcast là je pense que c'est un très bon exemple

SPEAKER_00

c'est jamais évident de reprendre surtout après des études c'est vrai que surtout quand tu as fait une école de commerce c'est quand même aussi un investissement dans le travail mais aussi financier mine de rien donc j'avais travaillé derrière dans la communication en sortant de l'école et c'est vrai que derrière de faire ce choix de partir tu te comptes aussi on va dire aux avis familiaux qui disent mais qu'est-ce que tu fais ma fille tu sors d'études et tu repars là dans le sport mais où vas-tu que veux-tu faire dans ta vie et c'est vrai que moi voilà j'ai tendance à croire on va dire à faire confiance au destin donc là où il m'emmène et écoute en tout cas je suis très heureuse d'avoir d'avoir cru en ce chemin

SPEAKER_01

ouais bah quand on voit non seulement ton palmarès mais aussi ce que tu réalises je pense qu'on va pas tarder à en parler ouais j'ai en tout cas dans l'extérieur ça donne envie de te dire que tu as bien fait d'écouter ton gut feeling parce que c'est clairement ouf peut-être que tu pourrais nous parler si je regarde ton palmarès le championnat du monde ça a été la première grosse épreuve que tu as remporté comment est-ce que ça s'est passé pour toi ce moment de consécration qu'est-ce que ça venait conclure qu'est-ce que tu t'es dit à ce moment là est-ce que ça t'a ouvert de nouvelles portes

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que tu t'es enlevée

SPEAKER_00

des barrières que tu avais jusqu'alors

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, du coup, nous, sur les compétitions internationales en sauvetage, la force de ces championnats, en fait, que ce soit les championnats européens ou mondiaux ou les jeunes mondiaux, en fait, c'est qu'on part en équipe. On est une équipe, on joue l'individuel, mais on joue aussi le classement de l'équipe, en fait. Donc, ça, c'est vraiment chouette. C'est-à-dire que l'équipe de France, elle est constituée de 12 athlètes, 6 garçons, 6 filles. Et en fait, les sélectionneurs, ils doivent créer, fonder la meilleure équipe possible pour, derrière, assurer les deux jours en piscine, donc sur la partie aux plates et les deux jours en côtiers, sur la partie côtière, le surf, fly, sailing. Et donc, généralement, il faut être un peu touche-à-tout. Donc, il y a des spécialistes vraiment purs, on va dire, sable ou rame ou piscine. Et moi, j'étais un peu sur les deux profils en tant qu'ancienne nageuse de haut niveau. donc généralement je me tapais les 5 jours de compétition à fond

SPEAKER_02

et

SPEAKER_00

c'est ce qui était sympa parce que tu as enchaîné tes épreuves individuelles mais il n'y avait pas que ça il y avait aussi les relais il y avait aussi ce classement inter-club enfin nation qu'on allait chercher et ça c'était génial c'est vraiment ce que je recherchais après la natation c'était quand même un sport très individualiste où tu es tout seul dans ton couloir etc et je me suis rendu compte au fur et à mesure des années que moi ce qui me plaisait c'était quand même le collectif tu vois et ça et d'ailleurs mes performances étaient bien plus étaient bien meilleures en collectif qu'en individuel je pense que j'arrivais aussi à surpasser en équipe peut-être que je relévais des barrières mais en tout cas je trouvais plus de sens en tout cas dans le collectif que seulement mon propre challenge à moi en individuel et donc après le premier titre c'était justement avec mes coéquipières sur un relais c'était en 2014 donc à Montpellier en France donc ça c'était cool c'était les premiers championnats du monde organisés en France à Montpellier et à la Grande Motte et donc là c'était ouais c'était génial parce que c'était devant nos familles devant tous nos supporters c'était un sacré moment et puis en plus derrière l'ensemble des performances sur l'ensemble des championnats a été incroyable et puis on est monté sur la troisième marche du podium aussi au niveau des nations donc derrière l'Australie et la Nouvelle-Zélande qui sont les nations reines on va dire du sauvetage sportif donc c'était c'était incroyable ouais c'était incroyable et puis la deuxième fois c'était 2018 4 ans après j'avais arrêté aussi tu vois je m'étais consacrée quand même au travail il était temps de s'y mettre quand même et je suis revenue avec un peu moins d'entraînement pour le coup parce que voilà quand tu commences à travailler et je suis à mon compte aussi j'ai monté ma petite entreprise donc on a les priorités sont différentes on a moins le temps en tout cas de se consacrer comme quand on était jeune à son sport Et on a été rechercher ce titre avec les filles à 1 centième. Donc, ça a été assez fou. Et c'était en

SPEAKER_01

Australie,

SPEAKER_00

pour le coup. Ah oui

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

En 2010. Génial. La consécration en Australie, ça devait être quelque

SPEAKER_00

chose,

SPEAKER_01

ça. Oui, c'était chouette. Parce que du coup, tu parlais des nations un peu reines. En dehors de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, c'est quoi les autres pays qui sont vraiment un peu référents en sauvetage

SPEAKER_00

sportif

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, clairement, sur la partie côtière, sur le surface savings, c'est l'Australie et la Nouvelle-Zélande. C'est vrai que la Nouvelle-Zélande arrive sur ses équipes, sur ses championnats mondiaux, à créer vraiment une équipe très complémentaire. ce qui leur a permis de battre l'Australie à plusieurs reprises. Par contre, l'Australie a clairement un niveau, un step au-dessus en termes de masse, parce que derrière, c'est vraiment la culture du sauvetage. Ils peuvent en faire toute l'année. Sur l'ensemble des côtes, il y a des clubs, je pense, un club au mètre carré, c'est incroyable, avec plein de piscines olympiques pour pouvoir s'entraîner. Ils ont un niveau et une culture du sauvetage aussi qui est assez folle. Et puis, pour la partie eau plate en piscine, les grosses nations, ça va être la France, bien sûr, mais l'Italie aussi très, très forte. L'Allemagne, voilà. Et puis, ça, c'est pour vraiment les spécialistes en piscine. Après, l'Espagne, ils vont avoir un profil un peu complémentaire comme

SPEAKER_01

la France.

UNKNOWN

Voilà. OK.

SPEAKER_01

Excellent. Super. Alors, tu nous as parlé du collectif, du fait que tu te sois rendu compte que c'était peut-être quelque chose qui t'attirait plus que la natation, même si tu en as fait pendant longtemps, et à un excellent niveau. Du coup, je serais curieux de savoir à quel moment est-ce que, et puis comment ça s'est passé, cette phase de transition entre la dimension sportive compétition et puis la création de ces expéditions, de ces projets

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

sachant qu'il y en a un énorme qui arrive, donc c'est vraiment quelque chose visiblement dans lequel tu continues de t'investir.

SPEAKER_00

Oui, alors c'est vrai que je pense qu'il y a eu deux aspects. Il y a déjà l'aspect aussi milieu naturel que j'ai découvert aussi au fur et à mesure, parce que moi je viens quand même de Cahors à la base, donc à Cahors on parle de l'autre, il n'y avait pas grand-chose. Donc après j'ai découvert le milieu aquatique déjà avec la natation synchronisée là-bas à Cahors et puis après la natation quand on a déménagé en région centre j'ai découvert ensuite le milieu un peu plus naturel avec les débuts en sauvetage côtier et puis l'océan je l'ai appréhendé au fur et à mesure et notamment ce sont mes saisons en Australie et en Nouvelle-Zélande que j'ai passées pendant plusieurs années, j'ai dû faire 4 ou 5 saisons à passer des hivers là-bas à m'entraîner et là c'est vrai que derrière tu connais petit à petit un peu mieux le milieu et puis surtout tu te passionnes par ce milieu par ce sentiment de liberté aussi qu'ils procurent. Le fait aussi de toucher à plein de matériels différents, moi, ça m'a vraiment… ça m'a vraiment passionnée et j'adore ça, en fait. J'adore pouvoir adapter, en fait, ma pratique par rapport aux conditions. C'est-à-dire que tu vas avoir un plan d'eau hyper calme, c'est idéal pour aller nager. Tu vas avoir des petites vagues, ça va être idéal pour le paddleboard, le surfski. Tu peux vraiment adapter ta discipline, ton activité en fonction du matériel. Donc, C'est vrai que ce côté un peu waterman, waterwoman, je l'ai développé au fur et à mesure. Et puis là, maintenant, je suis vraiment à fond dans cette démarche de un peu touche à tout et sur des défis beaucoup plus grands que le simple bassin de 25 mètres ou 50 mètres en piscine. Et puis aussi, je pense que j'ai eu mon temps de compétition. Maintenant, je ne suis plus sur des challenges où je vais moins chercher la performance par rapport à d'autres mais plus par rapport à moi ou sur des challenges collectifs comme je t'ai dit moi j'ai pas forcément l'envie de me lancer un challenge en individuel par contre de le faire en équipe moi c'est ça vraiment qui me plaît par dessus tout

SPEAKER_01

Génial. Écoute, je te propose qu'on rentre dans le fil du sujet, du coup, avec ces défis. Est-ce que tu pourrais peut-être nous expliquer un peu comment, déjà, sous quel format est-ce que c'est organisé

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

J'ai Cap Optimist en tête, mais je ne sais pas si c'est la seule structure et si c'est avec ça que tout est parti. Mais voilà, comment est-ce que tout ça s'est mis en place

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que vous avez déjà réalisé

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et puis, on parlera juste après du projet complètement fou qui arrive.

SPEAKER_00

Oui, oui, oui. Alors, moi, derrière, à la fin du sauvetage, je me suis mis vraiment sur sur des courses un peu waterman. Je suis partie à trois années d'affilée à Tahiti pour la Watermana. C'est une des épreuves reines des waterman dans le monde. Pendant une semaine, tu enchaînes sur l'île de Wainé des épreuves assez folles en suprace, en stand-up race, en prone paddleboard. Ce sont nos planches de sauvetage longue distance, en nage en eau libre, en course à pied, en défis divers et variés. La spécificité de cette course, c'est qu'en fait, tu ne sais pas ce qui t'attend. C'est-à-dire que tu pars le matin, l'organisateur Stéphane Lambert, qui est un ancien tennis-man de haut niveau, il t'annonce ce que tu vas faire. Ça peut être, je ne sais pas, moi, 50 kilomètres en stand-up. Tu vas faire le tour de l'île ou alors tu vas partir derrière sur trois fois 5 kilomètres de nage en eau libre. Tu vas enchaîner et c'est assez incroyable. Ça déstructure complètement ta zone de confort aussi, qu'un athlète de haut niveau a tendance à connaître avec tout calibré ton temps de récupération quand est-ce qu'il faut manger, quand est-ce qu'il faut dormir là il pouvait te réveiller en pleine nuit pour être lancé dans une épreuve t'avais rien c'était complètement déstructuré par rapport à ce que tu connaissais et c'est ça qui est génial en fait sortir de sa zone de confort et ce qui permet aussi je pense de vraiment s'enlever des barrières aussi en tant qu'athlète et de permettre de se dépasser aussi dans les moments où tu te dis bah non je peux pas aller plus loin bah si en fait ton mental et ton corps va aller beaucoup plus loin que ce que tu crois. Donc ça, c'est assez incroyable. Donc ça, c'était vraiment mes premiers défis. Et puis après, avec les copines, dont deux copines qui avaient déjà traversé l'Atlantique en Pond Paddle, en 2009. Voilà, en 54 jours, là, elles m'ont proposé de relancer sur un défi avec une association, donc l'association Optimiste. Ce projet s'appelle Cap Optimiste et c'est un projet qui est au service des personnes malades et notamment au service du nouveau programme de l'association qui va accompagner les enfants, notamment atteints de cancer, à relever un défi sportif. Et ce projet, l'objectif, c'est de traverser l'autonomie Océan Pacifique en prone paddleboard. En janvier prochain, entre le Pérou et la Polynésie française.

SPEAKER_01

Alors, pour celles et ceux à qui ça ne parlerait pas trop en termes de distance, parce que j'ai eu du mal, quand j'ai vu le nombre de kilomètres, je ne suis pas allé vérifier, mais je me suis dit, oh punaise, est-ce que tu pourrais juste nous rappeler combien ça fait de kilomètres Pérou-Polynésie

SPEAKER_00

française

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, c'est 8000

SPEAKER_01

kilomètres. Voilà. Tout simplement. Tout simplement. OK. Alors déjà, j'ouvre une petite parenthèse, mais sur la traversée de l'Atlantique, C'est hyper impressionnant parce que j'ai eu un invité, Lilian, salut Lilian si tu nous écoutes, qui l'a fait à la rame et ils ont mis de mémoire 49 jours à deux dans le bateau. Donc là, 54 jours sur des… Donc, vous avez des pagaies là, c'est du stand-up ou c'est à la

SPEAKER_00

main

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, c'est à la main, c'est les bras dans le bateau. Ah, c'est à la main, c'est ça. Donc là, elles étaient trois, moi je n'y étais pas encore parce que j'étais encore en plein dans les compétitions internationales. À l'époque, c'était 2009. Il y avait Stéphanie Geyer-Barnex, Alex Lux, que j'ai côtoyé pendant des années aussi en équipe de France, et Flora Mancier. Et donc, les planches, c'était des paddleboards, un peu plus allongées. Il y avait différentes tailles. Elles avaient des tailles plus longues que les 3,20 m qu'on a en compétition. Donc, ça pouvait aller jusqu'à plutôt 6 m de long. Et elles adaptaient les planches en fonction des conditions océanique et derrière par contre tu es allongé sur la planche ou

SPEAKER_01

à genoux et par contre tu rames les bras dans l'eau c'est hallucinant ok donc une transatlantique pas à la rame mais pour le coup clairement à la force des bras enfin littéralement les mains dans l'eau ok je te pose la question parce que j'avais vu sur certaines épreuves que vous naviguez comme ça du coup et je m'étais demandé si ça avait été le format pour la traversée. Peut-être que je me trompe, mais je me dis déjà, en termes de portance dans l'eau, une main par rapport à une pagaie, c'est quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est un cinquième de la superficie d'une pagaie

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est vrai qu'on n'a jamais vraiment calculé, mais effectivement, c'est beaucoup moins progressif. Surtout qu'on va avoir d'autres conditions sur le Pacifique en janvier prochain, parce que la température de l'eau est déjà nettement supérieure de ce qu'elles ont pu connaître sur l'Atlantique. Il faut aussi beaucoup plus chaud à l'extérieur donc déjà on va avoir des équipements beaucoup moins volumineux parce qu'au départ c'était plutôt en combinaison de survie donc pour la rame c'était pas idéal par contre nous il va faire très chaud il va faire très humide avec beaucoup de soleil donc voilà ce sont des choses aussi il va falloir faire attention et en fait on va fonctionner en relais on va se relayer les filles entre nous sur des rotations à peu près de 1h30 de rame et on aura donc le bateau d'assistance pour se reposer pour pouvoir dormir aussi se restaurer parce que sur ces planches là on peut pas dormir quoi c'est pas comme les embarcations qui sont adaptées on va dire pour les grandes traversées nous c'est une planche on est allongé dessus ou au mieux à genoux et puis derrière

SPEAKER_01

c'est tout quoi ouais et le bateau par curiosité c'est un votre bateau base de vie c'est un kata du coup vous

SPEAKER_00

prenez pour la place un kata parce que derrière il est au ralenti le kata il suit la rameuse donc nous on doit être à peu près à on doit faire du 4-5 km heure maximum enfin ça va dépendre après de la poussée donc si tu veux le kata il est au ralenti donc pour éviter qu'il gîte trop on prend un bateau le plus stable possible pour

SPEAKER_01

éviter

SPEAKER_00

le mal de la poussée

SPEAKER_01

ouais ouais et puis j'imagine que pour stocker le matos t'as quand même plus de place avec les filets sur

SPEAKER_00

un kata que sur un monocoque ouais voilà parce qu'on va partir avec au moins 4 planches on part pour 2 mois et demi minimum de traversée là sur la face du Pacifique Donc, c'est vrai qu'il faut un minimum d'équipement.

SPEAKER_01

je repense à cette histoire de portance par rapport à la main c'est vrai que c'est comme un triathlon tu le sais bien mieux que moi avec la natation que tu as fait mais il y a aussi une question d'avant-bras tu as aussi l'avant-bras qui vient t'aider à te propulser mais bon quand même je pense que ce serait intéressant de voir la différence entre une pagaie et le fait de le faire à la main à la main hyper impressionnant alors une autre question que je me posais pour le coup un peu biomécanique c'est par rapport mais je pense qu'il y aura en partie répondu puisque tu me disais que vous avez des rotations prévues de 1h30, c'est comment tu gères musculairement, mécaniquement, le dos

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Parce que ça a l'air hyper inconfortable, en fait. Le fait d'être sur la planche, surtout le fait d'être à genoux. J'ai vu certaines vidéos où vous êtes à genoux. Comment tu

SPEAKER_00

gères ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est vrai que ce ne sont pas des positions très bonnes pour le corps, en soi. La rame à genoux, en plus, on est vraiment sur nos rotules à chaque fois en balancier parce qu'on va constamment aller chercher l'appui vers l'avant et puis c'est vrai que c'est nécessaire pour nous d'alterner les positions parce que quand on est allongé on va être plutôt cambré avec le bus relevé donc là nous on va travailler, on travaille sur des prototypes de planches mais aussi sur des équipements pour permettre aussi de soulager les épaules parce qu'il faut éviter au maximum derrière les inflammations au niveau des rotateurs et tout ce qui provoque derrière les tendinites donc ça on travaille sur ça pour améliorer le confort, surtout sur la durée. Après, sur des rotations d'1h30, pourquoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ce qu'il faut, ce n'est pas dépasser 2 heures, parce que notre corps est habitué à des entraînements, depuis qu'on est toute jeune, à des entraînements de 2 heures. Les entraînements de natation, ça dure 1h30-2 heures. Les entraînements de rame, ça dure 1h30-2 heures. C'est comme le vélo, mécaniquement, notre corps s'en rappelle, et aussi notre mental. Derrière, on reste dans une zone confortable. si je puis dire où on ne va pas chercher au-delà derrière au niveau musculaire et au niveau même articulaire donc ça on peut on est capable en tout cas d'enchaîner plusieurs fois par jour et par nuit derrière cette durée de rotation si tu veux donc c'est pour ça qu'on se fixe une

SPEAKER_01

limite ok ok ok et comment est-ce que vous gérez alors pardon excuse-moi j'ai tellement de questions qui me viennent que du coup je passe de l'une à l'autre mais vous aurez quand même quelqu'un qui a des connaissances en prévention des blessures type kiné, ostéo, etc. à bord avec vous

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

On va avoir un skipper, donc forcément. Et derrière, on aura un kiné ostéo, une kiné ostéo d'ailleurs, qui va nous suivre. On aura aussi le caméraman qui va faire office. Chaque rôle, même si chacun va avoir sa spécialité, aura aussi un rôle de surveillance pour la rameuse mais pour pas la perdre vue parce qu'on a quand même les bras dans l'eau donc on est quand même dans un océan océan du pacifique avec pas mal pas mal d'animaux marins aussi donc il va falloir rester en vigilance de façon continue et après on aura un médecin bien sûr à bord et en plus c'est c'est un chirurgien spécialiste voilà du cancer du sein et qui a opéré notamment stéphanie parce que stéphanie donc jr barnex qui qui était un peu à la genèse du projet initial de la traversée de l'Atlantique elle qui a combattu plusieurs cancers du sein et du coup d'ailleurs cette première traversée de l'Atlantique c'était pour se prouver qu'elle était encore en vie après des années de traitement et après avoir perdu pas mal de personnes autour d'elle et donc c'est vrai que derrière ça a tout son sens d'avoir en plus son chirurgien qui l'a opéré et qui va être avec nous sur le bateau et qui est navigateur aussi à ses heures donc voilà

SPEAKER_01

super Ça donne une énorme ampleur à l'aventure humaine, je trouve, au-delà du défi complètement fou

SPEAKER_02

sportif.

SPEAKER_01

Excellent. Alors, attends, j'avais autre chose en tête. Oui, le départ, c'est Lima. Vous avez choisi Lima ou ailleurs au

SPEAKER_00

Pérou

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, on a choisi Lima au Pérou. Et l'arrivée, là, on a notre chef d'expert qui est parti avec une des rameuses en novembre dernier pour faire les repérages. Et derrière, l'arrivée en Polynésie On n'a pas encore le lieu exact d'arriver, donc je garde un peu la surprise pour l'instant. On a quelques idées qui se profilent. Elles ont été aussi, notre chef d'expert est parti, il est revenu il n'y a pas longtemps, il y a quelques semaines seulement, de Polynésie pour repérer l'arrivée et travailler sur place. Parce qu'au-delà du projet, au-delà de cette expédition inédite qui n'a jamais été faite en paddleboard, il y a tout le projet de l'association derrière avec des actions concrètes pour les enfants, donc que ça soit le projet pédagogique autour du sport santé, que ça soit le projet d'accompagnement d'enfants malades à travers un défi sportif, mais il y a aussi insérer le sport aussi dans les hôpitaux, tu vois, pour les enfants en cours de traitement. Donc, c'est vraiment l'objet aussi de l'association et de ce nouveau programme qu'à travers ce projet, on essaye de valoriser et de fédérer autour de nous.

SPEAKER_01

Super. Et donc, les actions pour l'association, concrètement, comment est-ce que vous allez partager, interagir avec les enfants avant, pendant, après le projet

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Comment est-ce que vous l'avez conçu

SPEAKER_00

pour le moment, ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, on est complètement dans le vif du sujet. Par exemple, on est en train de finaliser les mallettes pédagogiques qui vont être dédiées dans les écoles à relever un défi sportif dans sa classe. Donc, ça, on va commencer à les… à les diffuser là prochainement et c'est pour ça qu'on va partir deux semaines avant enfin deux semaines deux trois semaines avant notre départ en janvier prochain pour mener ces actions au Pérou à Lima donc on a déjà repéré des écoles et aussi des associations locales pour pour communiquer autour du sport santé notamment on va aller aussi derrière dans les hôpitaux pour sensibiliser les enfants les accompagner en fait on crée aussi des totems donc ce sont de grosses cellules imagine sportive où tu vas pouvoir déplacer dans les couloirs ou dans les chambres des hôpitaux avec plein d'items sportifs différents des petits challenges à relever donc ça c'est génial pour travailler le bas du corps le haut du corps travailler aussi des petits challenges de coordination de rapidité et puis après il y a l'accompagnement aussi des enfants donc là c'est sur les accompagnements des enfants post-traitement donc on a commencé le suivi avec trois adolescentes parce que pour l'instant l'association se focalise d'abord sur les adolescents parce que les enfants c'est encore plus complexe on va dire en termes de suivi donc sur un an elles sont suivies par différents coachs et elles vont déterminer leurs défis sportifs à la fin de l'année donc ça pareil que ça soit au Pérou ou en Polynésie à notre arrivée on va avoir un temps d'action avec les rameuses pour pouvoir concrétiser tous les projets d'association et après bien sûr ces projets vont continuer à

SPEAKER_01

vivre une fois qu'on sera parti c'est super ça c'est super j'ai eu on a fait un épisode il n'y a pas longtemps avec Nico de Nico Green Tour qui lui avait un engagement très très fort par rapport à différents enjeux sociétaux mais notamment l'environnement et la gestion de nos déchets et ce qu'il a fait c'est qu'il a couru il a fait le tour de la France en courant donc 4000 pas loin de 5000 kilomètres, il me semble, en deux mois, là, entre août et décembre. Et en fait, ce qui faisait que j'ai trouvé dingue, qui fait un peu écho à ce que vous êtes en train d'organiser, que je trouve génial, c'est qu'il courait tous les matins, un marathon quasiment, et tous les après-midi, il était dans des écoles. Justement, à faire de la sensibilisation sur la gestion des déchets, sur l'alimentation saine et sur le sport. Et c'est lui qui m'a appris ça. Apparemment, enfin apparemment, j'étais pas du tout au courant, mais je sais plus si c'est en France dans le monde ou en Europe mais il y a des études récentes qui prouvent que les enfants ont des capacités cardiaques 25% inférieures aux enfants d'il y a 2 ou 3 générations tu vois il y a 25, 30, 40 ans quoi et c'est principalement dû au manque de sport en plus de l'alimentation et de l'environnement donc je trouve que c'est génial ce genre d'initiative ce que vous êtes en train de faire pour enfin ouais ça paraît fou de dire ça mais re Rerendre le sport un peu attractif ou un peu sexy, inspirer les gens, inspirer les jeunes générations à se lancer dans des projets plus ou moins fous, mais en tout cas à bouger.

SPEAKER_00

C'est vraiment ça, c'est essayer de faire rêver pour nous aussi, de continuer à croire en nos rêves aussi et de ne pas rester dans sa routine quotidienne et à ne pas vouloir prendre de risques parce qu'on est clairement passé dans une société comme ça. Toujours se challenger, croire en soi ne pas se mettre de barrière parce que souvent on est exposé aussi aux peurs des autres qui ont tendance plutôt à nous limiter dans nos actions et ça c'est important et puis nous c'est vrai que là sur l'association elle a été initiée pour les femmes initialement qui étaient atteintes de cancer du sein parce que Stéphanie a été directement touchée par cette maladie mais c'est vrai que derrière l'association s'est aussi développée autour de maladies chroniques mais pas que parce que par exemple nous pour les rameuses qui vont sur le bateau on a chacune aussi nos histoires Stéphanie c'était la maladie et d'autres ça va être la perte de proches ça va être des traumatismes vécus dans sa vie et c'est vrai que ça c'est important nous le sport ça a toujours notre point commun à nous toutes c'est que le sport a toujours été notre pilier dans notre vie pour continuer à avancer pour garder aussi une stabilité une certaine stabilité et puis garder aussi une certaine hygiène de vie, même si on est de... de vraies épicuriennes mais en tout cas c'est important, ça a été toujours un pilier et ça le restera et ça c'est important d'inculquer ces valeurs auprès des plus jeunes ou comme tu le dis les générations sont de plus en plus sédentaires et on le voit quand on reste scotché devant un écran, devant notre téléphone donc c'est hyper important de donner en tout cas l'envie de passer du temps dehors, de se défouler il n'y a pas besoin forcément de battre des records mais en tout cas d'évoluer dans la nature, ça

SPEAKER_01

c'est important. Alors tu parlais du fait que vous allez vous embarquer toutes avec vos différents combats dans cette aventure et que globalement le sport sur chacun de vos parcours ça a été un pilier important. Si c'était ok pour qu'on en parle, je serais curieux de savoir comment est-ce que le sport toi t'a aidé et peut-être quel moment compliqué ça t'a permis de d'affronter et je te demande parce que depuis le début c'est vrai que enfin souvent avec mes invités on parle de tu vois de projets qui font rêver on regarde les parcours disons qu'on parle souvent c'est toujours plus facile de parler des résultats tu vois tes super performances ces transitions que tu as fait avec brio entre un sport à haut niveau puis un autre ces projets complètement dingue que tu lances mais souvent on parle un peu moins de la partie mais les choses qu'on ne voit pas et qui sont des réalités pour plein de gens donc je serais curieux de savoir toi tu parlais de sport comme un pilier est-ce qu'il y a des expériences en particulier des choses que tu as vécues où ça a vraiment fait une

SPEAKER_00

différence

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui alors c'est vrai que moi dans ma famille on a eu une éducation sportive alors pourtant je n'avais pas une maman sportive loin de là mais par contre c'était une force de la nature elle était toujours dehors à bricoler à balayer le jardin, la forêt continuellement. Elle ne connaissait rien au sport, mais par contre, mon papa était un ancien militaire et ancien sportif de haut niveau aussi. Donc, il nous a inculqué ces valeurs-là et c'est vrai qu'on a plongé dedans petit. Je ne me suis jamais vraiment identifiée par contre à la rigueur sportive et surtout à tout ce schéma de gagner, de traduire les autres pour gagner ça je ne me suis jamais vraiment reconnue dans ces discours là j'aime le sport pour me dépasser moi-même tu vois mais j'aime le faire aussi dans le respect des autres tu vois faire moi me mettre un gros challenge si tu veux mais je ne me suis jamais reconnue vraiment dans ce schéma là et après ben oui ça m'a accompagnée toute la vie parce que ben voilà j'ai moi personnellement j'ai eu quelques traumatismes jeunes Mais c'est vrai que je me suis aperçue au fur et à mesure que dès que je m'éloignais un peu du sport, c'est là où je perdais un petit peu pied, où je m'éloignais aussi de mes valeurs, que je perdais un peu le fil aussi des repères de la vie. Et donc ça, je suis toujours revenue vers le sport pour m'aider en tout cas à passer ces étapes. Ça, c'est hyper important. Là, maintenant, sans me mettre de pression, j'essaie vraiment d'avoir une activité quotidienne par jour. J'ai réussi en plus à en faire mon métier, c'est-à-dire que j'ai réussi, malgré une école de commerce, mon bureau est à l'extérieur. Je propose des activités aquatiques pour tous, que ce soit la nage en olive, la marche aquatique, le swimrun. Mon bureau, c'est dehors, entre lac et océan. Ça, c'est le plus beau des cadeaux et le plus beau

SPEAKER_02

des bureaux

SPEAKER_00

aussi donc le sport il est au quotidien et puis voilà c'est vrai que nous l'an passé on a eu aussi un épisode de notre vie qui a été pas évidente, on a perdu notre première fille à 5 mois d'une grossesse et c'est vrai que derrière la reprise du sport a été essentielle pour passer le cap c'est un des fouloirs et surtout me concernant c'est vraiment le milieu aquatique qui me fait le plus grande j'ai besoin d'aller dans l'eau j'ai besoin d'aller dans l'eau pour me ressourcer, pour me calmer pour me recentrer sur moi et continuer à avancer

SPEAKER_01

super et alors tu nous parlais de collectif un peu plus tôt et une question que je me pose c'est que alors c'est encore une question un peu égoïste parce que ça fait écho à des choses qui arrivent pour moi c'est que tu vois j'ai eu des invités l'année dernière du podcast l'équipe de triathlon du club enfin l'équipe de Red Aventure du club de triathlon de l'Aix-en-Provence et ils m'ont embarqué dans une aventure un peu folle on va courir 300 km une des épreuves de l'UTMB cet été en août donc cette épreuve elle se fait par 3 enfin en équipe de 3 et donc c'est 300 km sur 150 ou 152 heures je crois max donc 6 jours avec a priori assez peu de sommeil et donc voilà moi je suis un peu dans cette phase j'ai jamais fait ça avant où je me pose beaucoup de questions sur justement le collectif et alors ça va pas durer 2 mois comme vous je pense que les conditions seront en tout cas d'isolement seront beaucoup moins rudes que ce que vous allez vivre mais je me demande quand même comment est-ce que vous anticipez ça sachant que voilà une fois que vous serez au milieu du Pacifique il n'y a plus vraiment le choix en fait vous êtes tout à bord et puis point barre il faut ramer une heure et demie à chaque fois et

SPEAKER_00

voilà et c'est là où la prépa mentale est essentielle en fait sur de tels défis c'est vraiment plus que la préparation physique la prépa mentale est essentielle on a déjà on a d'ailleurs démarré par ça donc on a toute l'équipe autour de nous on travaille de façon individuelle pour l'instant on commence à peine le travail collectif tu vois de façon déjà ce que chacune aussi identifie ses besoins ses craintes tu vois ses appréhensions ses envies aussi et puis qu'il y ait une sorte d'introspection aussi qu'on fait pas forcément savoir comment je réagis dans telle situation comment je vais gérer aussi mon environnement voilà parce que là on sera trois mamans euh Il y aura aussi des étudiantes, mais il y aura trois mamans. C'est aussi quitter son cercle familial, laisser son enfant à terre pendant que nous, on va traverser un océan. Avec les risques que ça comporte, la préparation mentale est essentielle. Que ça soit déjà pour gérer son propre environnement, sa propre vie, on va dire, au quotidien, et derrière aussi, pour gérer toutes les appréhensions que chacune a qui vont être différentes que ça soit je sais pas moi la rame de nuit la rame dans des grosses conditions le mal de mer pour certaines qui est compliqué à gérer voilà donc c'est tout ce schéma là qui est important à travailler quoi ouais Ça, c'est essentiel. Pour un défi comme tu fais, c'est vrai que le mental, c'est la clé. C'est celui qui va te mener au bout de ton challenge.

SPEAKER_01

Complètement. J'en suis convaincu. Donc, Brice, Xavier, quand vous écouterez l'épisode, il faudra qu'on ait commencé la prépa mentale quand même.

SPEAKER_00

Ce qui vient dans le collectif, c'est que tu auras toujours une personne qui sera là et normalement qui sera avec le good mood pour pousser l'équipe au bout. Et c'est ça qui est sympa aussi, à connaître les forces et les faiblesses

SPEAKER_01

de chacun c'est ce qu'on s'est dit qu'il y aurait forcément des moments difficiles pour tout le monde mais sans doute pas au même moment et que donc c'est là où il y aura un intérêt du coup dans le fait que le format c'est par trois et pas en

SPEAKER_00

solo

SPEAKER_01

exactement génial alors tu nous parlais des engagements de l'association je suis curieux de savoir tu nous disais un peu plus tôt que vous avez eu la chance d'accueillir Annika et Jessica Horn j'ai aussi eu cette chance récemment juste avant Noël de faire un épisode avec elle Du coup, à quel point est-ce que c'est important pour vous d'avoir des… Alors, je ne sais pas si elles aimeraient qu'on dise des personnalités, mais en tout cas des figures engagées auprès de l'association comme ça. Qu'est-ce que ça vous

SPEAKER_00

apporte

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Déjà, ça apporte énormément en termes d'échanges d'expérience. Ça, c'est sûr. Alors, c'est vrai qu'Anika et Jessica, elles ont, on va dire, cette étiquette VIP, voilà, personnalité publique par leur papa, mais elles sont… extrêmement simple aussi dans la vie et on a passé deux jours ensemble lors de notre première expédition où on lançait un peu le projet et c'était plus une expédition entre Bordeaux et Biarritz où le but c'était aussi de communiquer sur le début de ce projet et des actions qu'on allait mener et elles nous ont fait le plaisir de venir à bord, elles ont testé d'ailleurs le paddleboard le prime paddleboard, ça c'était génial et donc au-delà de tout ça c'est vrai que c'est génial de pouvoir partager nous on vient aussi de sport amateur donc on n'a pas forcément à chaque fois je sais pas si c'est une peur d'être légitime mais en tout cas c'est vrai que on va rester plutôt discrète par rapport à notre discipline aussi parce que elle est un peu moins connue et c'est génial de pouvoir partager notre discipline avec des personnes comme jessica et annika et qui en plus accroche au projet et qui en plus sont séduites par cette discipline par notre sport sport et c'est génial de pouvoir leur faire découvrir aussi notre passion et d'échanger entre terre et mer parce qu'elles sont plus montagnardes et nous on est plus aquatiques donc c'était un super échange et en tout cas elles sont aussi de très bons conseils pour nous de par leur expérience en termes d'aventure, d'exploration de survie aussi et c'est génial on va repasser du temps avec

SPEAKER_01

elles et je les remercie encore d'ailleurs si elles écoutent de leur soutien super super alors peut-être bon là on a fait un gros balayage de ton parcours de cette expédition qui arrive peut-être pour doucement se rapprocher de la conclusion de cet échange incroyable qu'est-ce que toi tu vas aller chercher sur cette aventure de cette traversée de 8000

SPEAKER_00

kilomètres

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors déjà, je pense qu'on a... J'aurais pas forcément beaucoup de possibilités de traverser un océan un jour. Donc je trouve ça génial juste de pouvoir le faire, surtout quand t'es passionnée par le milieu aquatique et par le milieu océanique. C'est juste une chance aussi incroyable de pouvoir vivre cette aventure. Vivre cette aventure avec ces filles où on se côtoie depuis des années et puis on a un peu la même vision de la vie. Donc ça, c'est... c'est aussi chouette parce que voilà quand tu partages des moments comme ça et qu'en plus tu vas au bout du challenge enfin les émotions elles sont juste décuplées de façon incroyable et puis moi personnellement oui je pense que là je suis à un stade où j'ai besoin de passer ce challenge de parce qu'on a vécu l'an passé et la perte de notre petite fille il y a une petite fille qui arrive aussi là qui va naître d'ici un mois et demi donc ça c'est voilà la La vie est aussi bien faite malgré ces traumatismes. Mais je pense que je recherche aussi ça, de continuer à avancer, aussi de prouver à notre fille qui va venir que c'est important d'aller au bout des choses et de croire en ses rêves et de continuer à aimer la vie malgré tout, malgré parfois ses mauvais moments. Parce qu'il y a des beaux moments aussi à vivre. Je pense que j'ai besoin de ce défi-là aussi.

SPEAKER_01

C'est un super beau message. Super beau message. Une autre question en tant que tout jeune papa, puisque j'ai la chance d'avoir des nuits courtes depuis quelques semaines, avec aussi une petite fille. Comment est-ce que vous l'approchez

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Parce que tu disais que vous alliez être trois mamans, mais peut-être plus dans ton cas à toi, parce qu'encore une fois, je pense que je m'identifie. Comment est-ce que tu te projettes par rapport à le fait d'être absente pendant... pendant deux mois de partir faire un défi qui est pas non plus tu vois de la couture enfin il ya quand même une notion un peu de risque d'isolement parce que c'est quelque chose auquel Je pense que j'ai pas mal, moi, de croyances et quand j'en discute un peu autour de moi, je me rends compte qu'en fait, il y a énormément de croyances des jeunes parents par rapport à ce qu'ils peuvent ou ne peuvent plus faire en termes de sport, notamment. Donc, je serais curieux de savoir quel est ton point de vue

SPEAKER_00

là-dessus. J'ai la chance déjà d'avoir un papa qui est très ouvert d'esprit et surtout qui ne met pas de barrière et qui croit en ce projet et qui est d'ailleurs impliqué aussi dans ce projet bénévolement. Donc, ça, c'est aussi une chance. Je pense la principale... D'ailleurs, il est là. Il est derrière. Il va travailler. Il m'écoute en douce. La priorité, c'est déjà d'avoir un environnement très serein autour de soi. Ça, c'est clair. C'est la priorité. Et c'est ce qu'on travaille avec notre équipe de préparateurs mentaux. Ça, c'est important. Après, me concernant, c'est vrai que les filles, notamment Stéphanie et Alex, elles ont des enfants qui ont déjà 3-4 ans. Donc, elles vont pouvoir peut-être un peu plus impliquer leur enfant dans le projet en tout cas ils vont pouvoir comprendre un petit peu plus même si ça reste une échelle je pense incroyable pour eux nous ça sera un petit bébé qui va prendre toutes les émotions qui va absorber tout donc il va falloir faire attention à son environnement avoir que du positif autour de soi pas de stress et puis moi ça va être plus le sentiment de culpabilité de partir ça c'est sûr donc après ça se travaille je t'avoue qu'on verra les émotions aussi quand elles vont arriver parce qu'on a attend aussi qu'elle pointe le petit bout de son nez, c'est une petite fille qui arrive, donc voilà. Mais en tout cas, c'est vrai qu'il y a beaucoup de préjugés aussi quand tes parents, voilà, il faut rester, il y a des schémas à respecter, etc. Et en fait, non, je pense que l'important, c'est d'être stable, d'avoir un équilibre familial, que les deux parents aussi soient d'accord aussi avec le quotidien que tu mets en place, ou justement cette non non-routines que tu veux mettre en place, tu vois. Et après, ce qui est important, c'est qu'il y ait beaucoup d'amour dans tout ça. Et voilà, derrière, après, tout est possible. Il y a des navigatrices qui sont parties aussi en étant maman. Il y a aussi des femmes militaires qui partent en mission chaque jour et qui reviennent au bout de 3, 4, 5, 6 mois. Donc, voilà, je pense que tout est envisageable à partir du moment où on se prépare bien, par contre. Ça, c'est important. Et surtout, oui, il y a beaucoup de communication de bienveillance et beaucoup de respect dans

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les besoins de chacun aussi ok bon et bien écoute tu me on va rester en contact puisque moi j'ai une petite aventure qui est prévue pas de deux mois mais de quasiment un mois pour quelques temps après votre aventure enfin après votre traversée donc voilà tu me diras comment ça s'est passé ce que tu as mis en place comme ça je récupérais les

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tips

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avec plaisir excellent Génial. Écoute, Emmanuel, on arrive au bout. On a beaucoup parlé de partage, notamment auprès des jeunes générations. Et je me rends compte qu'en fait, je reçois de plus en plus de messages au fur et à mesure que le podcast grossit, de gens qui me disent, c'est incroyable ce que tel invité a partagé, ça m'a aidé, je me suis inscrit à mon premier marathon, j'ai perdu 5 kilos depuis que j'ai écouté cette histoire. Donc maintenant, je n'hésite plus, c'est que je demande avidement des partages en fin de conversation avec tout ce qu'on a partagé tu vois tout ce que tu as bien voulu évoquer avec nous quel serait toi le message que tu voudrais que tu voudrais faire

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passer mais si un message c'est que et c'est le message qu'on essaye de diffuser autour de nous sur ce projet cap optimiste et qu'on a tous des océans à traverser voilà dans nos vies et il faut continuer à croire en ses rêves quoi coûte que coûte peu importe les barrières de la vie ou les barrières que des personnes où notre environnement va nous mettre devant soi. Donc voilà, foncez et derrière, surtout, jamais lâcher ses rêves.

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Excellent, j'adore. Trop bien. Écoute, un immense merci Emmanuel pour ton temps, pour tout ce que tu as bien voulu partager avec nous, pour cette énergie positive et cette humilité que moi j'ai trouvé hyper inspirant et hyper boostant. Et puis je te dis, on reste en contact. Si jamais il est possible que je fasse un tour du côté de Biarritz, et certainement qu'il y a d'autres invités qui le feront aussi cet été, si on a envie de découvrir les sports aquatiques, comment est-ce qu'on fait pour trouver Emmanuel du coup

UNKNOWN

?

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Ah, ben écoute, moi je suis dans les Landes, donc je suis sur Ossegore, entre le lac marin et les plages. Donc, non, non, moi j'ai mon site internet, j'ai mes réseaux, Manu Pêcheron, ou aussi Encentive, c'est le nom de ma petite structure, à taille humaine. Et en tout cas, c'est du sport pour tous, où généralement on mêle les générations, on mêle aussi les niveaux de sport, voilà, parce que moi j'adore justement ça, pas mettre les gens dans des cases, mais au contraire, créer une communauté et et voilà donc vous êtes tu es le bienvenu Loïc dans la petite tribu si tu viens tu es le bienvenu à Osgore

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quand

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tu veux excellent surtout merci à toi pour tout ce que tu fais tes podcasts ils sont hyper inspirants aussi et c'est génial en tout cas de pouvoir écouter même des personnes venues de tout horizon et voilà donc en tout cas bravo pour tout le travail que tu

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fais merci beaucoup Emmanuelle et puis je te dis très certainement un de ces jours du côté des Landes ou pourquoi pas pour une nuit traversée la Méditerranée si t'as un projet comme ça un jour tu te rapproches d'ici mais on

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se

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recroisera avec grand plaisir salut Emmanuel ciao