L'aventure, elle est là, elle est au pas de ta porte. Tout est possible, sauf qu'à un moment, il faut y aller et il n'y a pas de plus tard. Tu y vas, allez, bam, c'est parti, on y va, c'est parti. Et si tu comprends que c'est tout de suite ou jamais et que tout est à ta portée, alors ma foi, le sport, c'est extraordinaire. La vie sans sport, c'est difficile quand même, je pense.
SPEAKER_01Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés
UNKNOWN!
SPEAKER_01Donc là, ça enregistre. Tu m'entends toujours correctement
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ouais, c'est bon. Parfait. Génial. Moi aussi. Est-ce que tu as des questions avant qu'on se
SPEAKER_00lance
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, pas particulièrement. Non, non. Non
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, non. Je pense que ça devrait… Ouais, t'es habitué. Enfin, habitué peut-être pas, mais en tout cas, non, non,
SPEAKER_01ça va. T'en as déjà fait,
SPEAKER_00ouais. Bon, de toute façon, je te dis que… Tu pars sur
SPEAKER_01quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu pars sur une heure
UNKNOWN?
SPEAKER_01J'ai pas vraiment de chrono, à moins que toi t'en aies un, mais… Non, non, non, non. Non
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non, bah écoute, ouais, on… Pour moi, on verra. Tant qu'il y a des choses intéressantes à se raconter, je n'ai pas de chrono. Juste pour te dire ce que j'avais en tête, le classique, si tu écoutes le podcast, je pense que je t'inviterai à te présenter et puis après, on échangera par rapport un peu à ton parcours et peut-être qu'on pourra faire un zoom sur certaines épreuves qui, toi, t'ont marqué. Peut-être la RAF, ton UTMB qui est quand même la première fois qu'un cycliste pro se lance sur l'UTMB. Peut-être des expériences comme ça où on pourrait faire des zooms. D'accord. Et puis voilà, en gardant en tête les trois thématiques, résilience, détermination, dépassement de soi, mais bon, ça, tu connais très bien.
SPEAKER_00Oui, d'accord, pas de problème. Ça marche
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pas de problème, ça marche,
SPEAKER_01Loïc. Trop bien. Eh bien, écoute, tu me dis quand t'es prêt, attends, je mets mon téléphone dans mon avion, hop, tu me dis quand t'es prêt, que t'es bien installé, que t'as ton verre d'eau, et puis on y va à fond. Je suis prêt. T'es prêt
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui. Eh bien, écoute, bienvenue Eric sur le podcast. Bonjour Loïc, bonjour à tous. Je suis ravi, ravi qu'on ait enfin réussi à caler cet enregistrement on se le disait là en off ça doit faire quasiment un an je pense qu'on a eu des messages des allers-retours des tentatives de pour fixer des dates qui n'ont pas été fructueuses etc donc là ça y est on y arrive enfin je suis trop content que tu puisses être là avec nous aujourd'hui c'est gentil pour nous partager ton parcours qui est quand même assez incroyable et puis et puis qu'on échange un peu autour c'était des thématiques que tu connais très bien puisque tu écoutes le podcast, résilience, détermination, dépassement de soi. Mais ce que je te propose, c'est peut-être tout simplement de commencer par nous expliquer qui est
SPEAKER_00Eric. Eh bien, je suis donc Eric Leblaché. J'aurai 44 ans le 21 mars prochain. J'ai été coureur cycliste professionnel durant six années. Après avoir été cycliste de haut niveau, j'ai participé au Chemin du Monde à Plouet en 2000 en catégorie Espoir et donc je suis passé professionnel dans une équipe World Tour j'y suis resté 6 ans au total entre le Crédit Agricole et la Française des Jeux devenue depuis Groupama FDJ et puis j'ai volontairement arrêté ma carrière cycliste professionnelle alors qu'on me proposait 2 années de contrat et on me doublait mon salaire pourquoi j'ai arrêté
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que j'avais envie de donner un nouveau sens à ma vie il me semblait qu'une vie bien épongée j'ai toujours la conviction qu'une vie épanouie et réussie est une vie où on arrive à cocher toutes les cases et non pas où on creuse une seule case au plus loin qu'on peut donc je m'étais dit qu'à l'aube de mon dernier jour avoir été pro 5, 7, 9, 11 ou 13 ans ça s'appelle avoir été pro tout simplement la diff c'est certainement une question financière mais c'était pas mon cheminement le moment présent en tout cas donc J'ai... déchiré mon contrat en quelque sorte quand Marc Madiot m'a proposé et puis j'ai donc trouvé un emploi en lien avec le sport toujours et puis j'ai continué le sport parce qu'il n'était bien entendu pas question de parler de fin de carrière, je me suis lancé dans la course à pied, dans le vélo toujours mais plutôt dans l'ultra, j'ai vite fait les 24 heures du Mans vélo, j'ai vite fait les 24 heures du Castellet vélo, beaucoup de long distance, j'avais établi un record sur 24 heures montée de l'Alpe d'Huez, pardon j'avais J'avais continué un peu les épreuves avec un dossard et puis je me suis rendu compte que de moins en moins, ça me correspondait. J'étais plus porté sur l'aventure. L'aventure, c'est un terme un peu vague au final. Chacun définit ses propres barrières concernant une aventure. Mais moi, en tout cas, je trouvais que c'était aventureux ce que je faisais. Donc, j'ai aimé me lancer sur des terrains aventureux et en course à pied, pareil. Et 15 ans plus tard, puisque ceci s'est passé au début 2007, la fin de ma carrière professionnelle, j'ai eu aucun regret, j'ai quitté le milieu sans fâcherie, j'ai toujours gardé de très bons rapports avec des coureurs cyclistes et avec des directeurs sportifs, avec des dirigeants, donc j'ai été ensuite consultant sur Canal+, Sport, et sur Sport+, à l'époque, et voilà, donc maintenant qu'est-ce que je fais, et bien je suis mi-cycliste, mi-coureur à pied, mais j'aime toujours dire que je suis un cycliste qui pratique la course à pied, et je ne ne serais jamais un coureur à pied. Parce que ce n'est pas moi. Moi, c'est sur un vélo. Je rigole souvent parce que ma femme, Steph, me dit que quand je mets mon cuissard et mon maillot, c'est mon plus beau costume. Elle me dit souvent ça. C'est vrai que c'est certainement mon plus beau costume parce que je suis bien, je suis à l'aise. Mon vélo, c'est mon truc. La course à pied, beaucoup de course à pied, beaucoup de vélo encore. Et puis un métier maintenant, deux ans Et puis, beaucoup de projets, beaucoup d'envie. Et puis, il y a un angle de vue concernant la vie qui s'est un peu élargi au fil des expériences, au fil aussi de ce que la vie vous offre, de bon et de moins bon. Et voilà, j'essaie de profiter de chaque jour. Parce qu'hier, je repensais, je me disais, hier, j'avais 40 ans. Et 21 mars, j'en ai 44. Mais en fait, il s'est passé 4 ans. C'est juste fou. Je me projette, je me dis 44 et 4, 48, 49. 8 et 4, 52, c'est fou, en fait, la vitesse du truc, quoi. C'est fou. Donc, en fait, il n'y a pas le temps, si tu veux, Loïc. Tu vois ce que je veux dire
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il n'y a pas le temps. Il n'y a pas le temps. Des fois, on me dit, mais toi, tu te fous de tout. Ouais, parce qu'en fait, je n'ai pas le temps, si tu veux, tu vois. Je n'ai pas le temps de m'attacher. On me dit aussi, tu ne te fâches pas, ça ne t'énerve pas, ça. Si, mais on n'a pas le temps, en fait, pour ça, tu vois. On n'a pas le temps pour les conflits. On n'a pas le temps de se fâcher. On n'a pas le temps de faire... On n'a pas le temps... en fait on a pas le temps de faire la gueule et tout c'est du temps de perdu honnêtement c'est parce que à chaque fois quand tu fais la gueule à quelqu'un chaque fois ça se rabiboche t'es d'accord avec moi
UNKNOWN?
SPEAKER_00chaque fois ça se remet plus ou moins et tu te dis en fait on a perdu une semaine on s'est fait chier pour rien donc j'essaie de développer du mieux que je peux cette carte là du pardon de la résilience comme tu dis de faire d'une difficulté une force quand il m'arrive un problème d'abord je l'encaisse et après je me dis écoute comment tu peux faire en sorte que ça devienne un plus
UNKNOWN?
SPEAKER_00que ce soit du positif donc j'essaie de transformer ça chaque problème j'essaie qu'à un moment ça puisse être plutôt un avantage
SPEAKER_01une force
SPEAKER_00voilà pas facile 100%
SPEAKER_01ouais c'est clair pas facile mais ouais mais 100% d'accord avec toi et je crois que c'est enfin je crois pas je sais que c'est Mike Horn qui disait ça qui utilise cette petite image qui parle beaucoup la vie c'est 30 000 jours à vivre en moyenne donc c'est clair que ouais quand tu fais le bilan et que t'as passé une semaine tu vois rien faire dans le canap ou que tu repousses année après année des projets qui te font rêver tu dis bon là il y a 300 300 et quelques jours de moins sur le calendrier donc euh Qu'est-ce que je fais pour les prochains
UNKNOWN?
SPEAKER_01J'adore en tout cas cette approche. Super
UNKNOWN!
SPEAKER_01Quel parcours
UNKNOWN!
SPEAKER_01Peut-être qu'on peut commencer par le cyclisme. Moi, je serais curieux de savoir, c'est un univers que je ne connais pas du tout. Comme tu le sais, je connais un peu Arnaud. J'ai déjà eu quelques invités de l'univers du cyclisme sur le podcast. Arnaud, Steven, récemment Marjorie qui a aussi fait la RAF que tu avais peut-être croisé. Je serais curieux de savoir, d'un point de vue pro, comment ça c'est fait
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que moi, j'ai une certaine perception, croyance, tu vois, autour de l'univers du cyclisme comme quelque chose de très, très dur avec énormément de concurrence. Donc, comment est-ce que tu en es arrivé à devenir pro
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et ensuite, à quoi est-ce que ton quotidien ressemblait pendant ces sept années que tu as passées d'abord au sein de l'équipe Crédit Créole puis
SPEAKER_00FDJ
UNKNOWN?
SPEAKER_00Eh bien, je suis arrivé au vélo par l'intermédiaire de mon papa qui faisait du vélo. Donc, ça a été une source d'inspiration Déclaration et donc j'ai toujours essayé de faire ça un peu sérieusement j'étais pas le plus fort mais je pense que j'avais un peu le mental j'essayais vraiment de développer mes capacités en fait j'avais pas un gros moteur mais j'essayais de l'optimiser et donc j'ai cheminé un peu avec cette conviction que j'allais pouvoir évoluer à haut niveau et puis je me suis retrouvé donc dans l'élite du cyclisme français amateur et je suis passé professionnel donc au Crédit Agricole après les championnats du monde que j'avais bien réussi parce que j'avais fait plus de la mi-course échappée il y en était 4 échappés c'était en France ça reste un super souvenir parce que les acclamations ça reste un énorme souvenir pour moi et puis j'avais gagné 15 jours avant avec le même équipe de France et donc ça reste un grand souvenir et là j'avais 22 ans je suis passé pro après au Crédit Agricole Espoir là j'ai gagné assez rapidement une course en Belgique je te la raconte contre c'est là parce qu'elle vaut quand même un peu son plus en dehors donc moi je suis je pèse 65 kilos 1m84 donc je suis pas du tout taillé pour les courses en Belgique et le directeur sportif me dit bah écoute toute l'équipe va là-bas il faut aller là-bas ok je vais là-bas je me retrouve au départ de la course Bruxelles au Pouic une course avec des pavés semi-classiques que des belges que des flautes à fond classiques
SPEAKER_02et
SPEAKER_00tout je me dis qu'est-ce que je fais là mais bon je vois qu'il n'y a pas de vent quand même donc la course se fait on est sur les pavés etc je suis dans les derniers je suis pas trop motivé entre guillemets je déconne un peu à l'oreillette avec les copains et tout et à chaque fois il y a des chutes bam à chaque fois je suis pas dans les chutes donc je suis toujours vivant et puis pas de vent donc ça casse pas donc je suis toujours vivant et puis il reste 50 kilomètres et entre deux secteurs pavés il y a un petit ralentissement et donc moi je suis à l'arrière et donc j'arrive de l'arrière lancé dans une cuvette et je sais pas pourquoi j'attaque voilà mais mon attaque c'est la bonne échappée on se retrouve à 8 devant et là ça change tout en fait on se retrouve à 8 devant donc les pavés c'est beaucoup plus simple ça change tout on arrive au dernier kilomètre on est toujours 8 je suis toujours vivant et là je rattaque c'est ma deuxième attaque de la journée et là les gars me regardent il n'y a personne qui va et je gagne la course la photo d'arrivée elle illustre ma joie et aussi ma plus grande surprise parce que cette course là je la refais 99 fois 99 fois Le premier secteur pavé, il est fatal. Et donc, j'ai gagné une course en Belgique. Ça veut dire quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ça veut dire qu'en fait, c'est quand même toujours possible. C'est toujours possible. La preuve, je suis l'illustration que c'est possible. J'ai gagné une course en Belgique alors que j'en ris encore. Et d'ailleurs, avec le directeur sportif, on en rit souvent parce qu'il me dit si toi, tu as gagné Bruxelles au Pouic, alors moi, je peux gagner le Tour de France. C'est un petit peu ça. J'ai gagné Bruxelles au Pouic ça a été un joli petit tournant aussi dans ma carrière après j'ai fait donc 4 ans au Crédit Agricole et en 2005 j'ai pas été conservé par l'équipe Crédit Agricole bon il y a eu des choix un peu stratégiques l'équipe se tournait vers des recrues qui venaient avec un petit staff et avec des équipiers donc à partir de là il fallait faire un peu de place dans l'équipe et puis on a pris un peu on a pris les forces par niveau décroissant je dirais et moi j'avais eu 2 fractures de clavicule dans l'année Et donc, je n'avais pas eu énormément de résultats. Mais quand même, j'avais fait deux étapes autour d'Autriche. J'avais quand même pas mal de résultats. Malgré tout, je trouvais, mais en fait, ces deux fractures de clavicule-là m'ont été très préjudiciables. Et puis, il y a un moment, il y a des choix... politico-sportifs qui se font et donc j'ai sauté c'était un coup dur pour moi et c'était vraiment mal engagé parce que j'avais pas trop trop de contacts j'en avais un mais l'équipe finalement n'est pas partie enfin c'était une nouvelle équipe ça devait se faire et puis ça s'est pas fait mais jusqu'à la fin de l'année j'ai continué à faire mon travail jusqu'au bout jusqu'au bout on avait Thor Huchoff le Norvégien qui était leader de la Coupe de France et donc on a fait la course Paris-Bourges c'était la finale de la Coupe de France et j'ai travaillé toute la journée pour lui donc devant du peloton j'ai travaillé toute la journée pour lui. Et là, la course était diffusée sur Canal+, et apparemment, le commentateur, il a plusieurs fois dit, c'est quand même dommage qu'un gars comme Éric Levaché, il n'est toujours pas d'équipe, on voyait le travail qu'il a là-bas, etc. Et le lendemain, ou le surlendemain, le surlendemain, je reçois un coup de téléphone assez tard le soir je devais être 21h30 par là de Marc Madiot qui me dit tu cherches toujours une équipe donc déjà très impressionné quand même il me dit tu cherches toujours une équipe je lui dis oui il me dit écoute tu viens demain tu signes alors ça veut dire quoi encore une fois Loïc tu vois ça veut dire que c'est pas perdu c'est pas perdu parce que je signe mon contrat fin octobre alors que c'est vraiment mal engagé alors j'aurais pu bouder j'aurais pu boudiner dire j'abandonne toute la fin toutes les autres cours j'y crois plus tout le monde c'est des cons de toute façon voilà j'ai continué à faire mon travail en me disant au pire ça me fera des souvenirs j'aurais fait un joli Paris-Bourg et tout et puis tout il sera content et j'ai signé et là ça a été bam un nouveau tournant dans ma carrière un peu le coup de bol quoi t'as le coup de bol oui et non je l'ai provoqué mais en tout cas je pense qu'on était plusieurs sur le carreau à cette époque là mais moi ça s'est bien goubillé pour moi et j'avais dit à Roger Leger le manager du Crédit Agricole j'espère un jour pouvoir te donner tort par rapport à ça par rapport au fait de m'avoir un peu mieux sur la touche quoi puis voilà ça s'est arrêté là et j'ai gagné une course début février donc quelques mois après et là je t'en livre une autre anecdote parce que une semaine avant une semaine avant je vais à des voeux et il y a le speaker parce que c'était des voeux sportifs quoi d'un monde sportif local et qui dit donc on accueille Eric Leblaché dans la salle Eric Leblaché j'espère qu'il va gagner bientôt une course et il y en a un qui dit tout fort dans la salle oui il va gagner une course le 3 32 janvier. L'air de dire, jamais il ne va en gagner une. J'ai gagné le 2 février. Il ne s'est pas trompé de beaucoup. Je lui ai envoyé un message, parce qu'à l'époque, on n'avait pas de mail. Je lui ai envoyé un message le lendemain ou le lendemain, en lui disant, écoute, tu vois, Jackie, tu ne t'es pas trompé de beaucoup. J'ai gagné le 2 février. Tu m'avais dit que j'allais gagner le 32 janvier. Voilà, ça a été ma petite revanche. Et donc, j'ai gagné l'étape de l'étoile de Bessèges en solitaire, avec plus de 2 minutes d'avance. Je m'échappe à 54 kilomètres de l'arrivée dans l'oreillette Marc Madiot parce qu'il ne voit pas qui est échappé, enfin il ne voit pas qui attaque, il dit je ne sais pas si c'est quelqu'un de la Française des Jeux qui est en train d'attaquer, mais surtout vous n'attaquez pas, surtout pas, vous n'attaquez pas, c'est bien trop loin, je ne sais pas si c'est un de vous, parce qu'on était deux échappés dans le groupe, deux de l'équipe dans le groupe, il me dit surtout, il dit surtout vous n'attaquez pas, et là qu'est-ce que j'ai fait, j'ai retiré mon oreillette, parce que j'avais cette intuition là, j'avais cette intuition que c'était maintenant, et je me suis dit au pire des cas, s'il m'engueule à l'arrivée, je dirais écoute Marc, l'oreillette elle ne fonctionnait pas, je suis désolé, je n' descente, donc j'attaque dans un col. Et en bas de la descente, j'ai 20 mètres d'avance sur Sylvain Chavanel. Pas plus. Je vois ses yeux. Mais je ne me retourne pas. Toujours pas. Je continue, je continue. Et je gagne avec plus de 2 minutes d'avance. Parce que j'y ai toujours cru, en fait. Ouais, c'était une belle victoire. J'y ai toujours cru. Et tu vois, encore une fois, ça veut dire que ce n'est pas perdu, en fait. Ce n'était pas perdu. Ce n'était pas perdu, un. Et deux, il y a ton intuition, ton truc. Toi qui ne crois pas, moi, je crois que c'est possible. Moi, j'y crois. Et donc, je suis allé au bout et j'ai gagné cette épreuve-là. J'ai fait une très belle année. Malheureusement, je me suis cassé le Scaffoïd fin juin, je n'ai pas pu faire le Tour de France, j'étais premier remplaçant, ça a été une déception sur le coup, mais après le Tour de France, je n'ai jamais considéré que c'était forcément la plus grande course du monde, je trouve qu'elle aliène, elle étouffe beaucoup d'autres épreuves, et elle fait un peu de mal au cyclisme, cette épreuve-là, tellement elle est grande, tellement elle étouffe, donc j'ai fait un autre programme à la place, tout s'est très bien passé, j'ai fait une belle Vuelta, aussi en étant beaucoup à l'attaque, en faisant un classement finale parmi les 30 meilleurs. Et puis là, la Française des Jeux me propose ce contrat-là, j'y réfléchis et donc ma femme forcément était décideuse parce qu'elle avait une réflexion un peu... Elle était un peu en recul sur la situation, donc elle avait un angle de vue, un angle de vie qui m'intéressait aussi. Et donc j'ai fait ce choix-là et je ne regrette pas, comme je t'ai dit, 15 ans plus tard. Donc ça, c'était la partie pro et puis après, je me suis très vite lancé dans le cyclisme amateur avec avec succès, même si j'ai eu un accident en 2008 qui a été un tournant dans ma vie, un accident sportif.
SPEAKER_01ok on en parlera très certainement un tout petit peu plus tard mais peut-être sur la partie cette partie une fois que tu as été pro comment est-ce que ça se passe et en fait je te dis pourquoi je te pose la question parce que j'ai cette croyance je pense que l'univers du cyclisme c'est un univers qui est particulièrement ingrat en fait on connait peut-être quelques noms de quelques personnes sans être temps sans être pratiquant celui que je connais c'est Sagan par exemple qui gagne un certain nombre d'épreuves mais je ne sais pas combien il y en a de centaines derrière lui qui ont peut-être en termes de performance qui sont à 99% de ce que Sagan peut faire mais dont on n'entend jamais parler parce que il y a un gagnant sur des centaines de participants donc je serais curieux de savoir quelle ambiance est-ce qu'il y a dans ces équipes pro, est-ce que ça ressemble plutôt à une famille, est-ce que c'est un espèce de de terrain miné parce qu'il faut faire super gaffe à comment est-ce que tu t'alignes, sur quelles courses, comment est-ce que tu vas t'interagir avec le personnel, etc. Enfin, avec le staff, pardon. Donc voilà, je serais un peu curieux de savoir à quoi ça ressemble la vie de cycliste
SPEAKER_00pro. Alors, oui, le cycliste pro, il a beaucoup évolué ces dernières années. La notion de famille, elle est quand même moins présente et le cyclisme est devenu très international. Et vous avez une équipe comme Israel Startup Nation, par exemple, l'équipe de Chris Froome, où vous avez 16 nationalités représentées au sein de l'équipe. Donc, tout ça, c'est très professionnalisé. Et puis... contrairement au football vous n'habitez pas tous à proximité les uns des autres Paris Saint-Germain ils habitent quand même pas tous loin tous proches de Paris nous c'est pas le cas, les avions font leur travail et donc il y en a qui habitent en Espagne, sur Monaco il y en a qui habitent un peu partout donc en fait on a pas souvent l'occasion de se retrouver tous ensemble donc ça veut dire que c'est quand même assez impersonnel et chaque a des tâches bien définies au sein de l'équipe vous avez quand même des leaders vous avez ensuite les tâches du dessous avec des concurrents des coureurs capables d'évoluer sur des terrains bien précis et capables de remporter des épreuves dites plus mineures en tout cas des coupes de France des étapes et après vous avez les équipiers mais dans une équipe je prends l'équipe je prends l'exemple de l'équipe Groupama FDJ où ils doivent être une trentaine en 2022 je dirais que vous avez à l'intérieur de cette équipe là 7-8 coureurs maximum qui sont payés pour gagner des courses vous avez 22 autres coureurs dont le métier je dirais et de ne pas gagner de course. Pourquoi je te dis ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce qu'un équipier, s'il attaque, il fait une erreur, en fait. Il ne doit pas attaquer. Mais s'il n'attaque pas, il ne va pas gagner de course. Mais en fait, son métier, c'est de ne pas gagner des courses. C'est de permettre à un tel ou un tel, éventuellement d'en gagner, ou bien de l'aider à évoluer le mieux possible au sein du peloton, au sein de l'épreuve, au sein de la course par étapes. Mais son métier, ce n'est pas de gagner des courses. Ça veut dire qu'en fait, quand vous basculez, quand tu bascules dans le rang professionnel, c'est une autre approche du cyclisme que tu dois avoir à l'esprit. C'est une autre approche. Tes résultats, la qualité du travail que tu rends n'est pas forcément équivalente au palmarès que tu auras à la fin de ta carrière. On ne te demande pas forcément d'avoir un palmarès, en fait. Je tenais, je ne sais pas, à Mickaël Delage, 17 ans de carrière au sein de la Française des Jeux. Il n'a jamais été payé pour gagner des courses. On ne lui a pas demandé d'en gagner. Et pourtant, il a fait 17 ans. Donc, je veux dire, c'est quelqu'un qui a... qui a donné entière satisfaction à l'équipe. Mais son métier, ce n'était pas de gagner des épreuves. Donc, ça veut dire que c'est une ambiance de travail. C'est un job en fait. C'est souvent ce que je dis. Tu as des coureurs qui sont très bons en roi amateur et chez les pros, ils n'arrivent pas à performer. Ils n'arrivent pas à bien faire leur travail. Parce que c'est un job après. Ce n'est pas ta passion. Bien sûr, il faut être passionné parce que pour moi, c'est compliqué. Mais c'est un métier en fait. C'est la différence entre ton sport, Et ton métier, c'est qu'il faut évoluer avec les avions, les transports, les briefings, les comptes rendus d'entraînement qu'il faut envoyer très régulièrement, avec le logiciel Adams qui doit te permettre d'être localisable tous les jours en cas de contrôle antidopage. Donc ça, il faut le renseigner tous les jours. Il faut que tu renseignes où tu vas. Tous les jours, tu as une plage horaire. En fait, tu dois déclarer une plage horaire où éventuellement les inspecteurs peuvent venir te contrôler. tu dois pouvoir dire... Tous les jours. Tous les jours, tu dois pouvoir assurer les inspecteurs d'un lieu où ils peuvent te trouver. Tous les jours. Donc, ce soir, je sais qu'entre 19h et 20h, je serai chez moi. Après, le reste, ils ne te demandent pas quand même tout le temps. Mais au moins, entre 19h et 20h, tu peux dire si vous voulez venir entre 19h et 20h, je vous promets, je serai là. Pourquoi je dis je vous promets
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que si tu n'y es pas, c'est un constat de carence. C'est-à-dire, c'est un no-show. C'est-à-dire, on s'est présenté, vous n'étiez pas là, un avertissement. Au bout de trois avertissements, ça peut être deux ans de suspension. Donc, on ne rigole pas avec ça. Donc, tu peux changer. Toujours jusqu'à la veille, tu peux changer. Mais tu ne peux pas changer un quart d'heure avant. C'est-à-dire, finalement, on va partir un peu plus tôt, je vais changer. Non, ça, c'est trop tard. C'est la veille pour le lendemain. Donc, c'est quand même toute une organisation. C'est un job, en fait. C'est un métier. Donc, ce qui fait que l'ambiance, pour revenir à ta question, ce n'est plus une ambiance de sport, forcément, mais c'est une ambiance de passionné, mais de passionné qui effectue un métier. Moi, je m'y sentais très bien. Je n'ai évolué dans des équipes où où tout se passait bien où l'ambiance était très bonne avec des gens avec des directeurs sportifs qui étaient intellectuels mais qui étaient intelligents ce qui parfois n'est pas compatible mais eux en tout cas ils étaient intellectuels et intelligents et donc voilà moi j'ai de très très bons souvenirs de mes années pro et même si c'était à refaire j'arrêterais toujours au bout de 6 ans comme j'ai fait mais je revivrai je revivrai tout et peut-être encore avec plus d'intensité donc voilà le cyclisme pro pour celui qui qui a les moyens d'essayer d'être conseillère professionnelle, bien sûr, il faut aller au bout. Mais il faut savoir qu'il y a très peu d'élus à la fin et que parfois, c'est le coup de pouce du destin qui fait que tu passes. Ce n'est pas forcément le meilleur qui passe pro. C'est parfois un coup de pouce du destin et parfois, on décède des qualités en toi. J'avais des qualités un peu de puncher, des qualités d'attaquant. On a décelé ça en moi alors que je n'étais pas le meilleur amateur français quand je suis passé pro. Mais... mais j'ai réussi le cyclisme pro c'est le cyclisme c'est quand même un super sport je pense que pour moi c'est le plus beau sport pour s'ouvrir à la vie en tout cas je pense encore plus que la course
SPEAKER_01à pied ça me fait une super transition sur ma question suivante puisque finalement quand tu es devenu pro à 22 ans c'est quand même encore relativement jeune en termes d'expérience non seulement sportive mais aussi de vie tout simplement moi je ne serais que qui a hâte de savoir, tu vois, ces six années, en quoi est-ce qu'elles t'ont fait grandir
UNKNOWN?
SPEAKER_01En quoi est-ce que tu es ressorti différent de ces six années
SPEAKER_00pro
UNKNOWN?
SPEAKER_00J'ai d'abord... Appris l'humilité encore plus parce que les résultats, ils viennent moins souvent quand on est professionnel. J'ai expliqué pourquoi. J'ai aussi appris à vivre en communauté encore plus parce que là, tu vis, tu fais chambre avec un Norvégien et puis après, tu fais chambre avec un Suédois et puis après, c'est un Australien. Voilà, j'ai appris à... à charabier de l'anglais, de l'allemand, j'ai appris un peu à me débrouiller en langue étrangère, et puis j'ai grandi parce que ça m'a certainement ouvert l'esprit sur ce que je voulais vraiment faire dans la vie en fait, C'est-à-dire que parfois, on était au départ de... Je donne un exemple. On était à Milan-San Remo, au départ de Milan-San Remo. Et il m'arrivait de regarder à travers les vitres du bus et de voir un petit chemin qui partait sur le côté avant le départ et des gens qui marchaient dans ce chemin-là. Et je me disais, j'aimerais bien être à leur place. Tiens, j'aimerais bien marcher là, comme ça. Ça doit être sympa de marcher comme ça, samedi matin, au soleil, dans le chemin. Et après, je me disais, Eric, tu te rends compte
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est génial. Et après, je me disais, ouais, mais en fait, j'aimerais bien courir dans ce chemin-là. Ça doit être sympa. Donc, j'avais l'impression parfois d'être un peu en décalage par rapport à mes autres équipiers, en fait. De ne pas rêver d'une vie faite d'autant de... de strass et de paillettes que. Moi, le simple me convenait souvent. Je me réjouissais plutôt que de me contenter, comme je dis souvent. Et donc, je ne sais pas si je rêvais de faire des sacrifices de dingue pour devenir un grand champion professionnel. Je ne sais pas. Peut-être qu'il aurait fallu, par exemple, déménager sur la côte d'Azur pour trouver des terrains d'entraînement et trouver des conditions climatiques qui soient plus opportunes que sur la région parisienne, vers Reims, par où j'habite. Mais en fait... Je n'avais pas forcément envie de faire un peu comme tout le monde. Je n'avais pas envie de forcément tout casser, casser toute ma vie pour des années professionnelles, de séquence professionnelle. Donc, ça m'a beaucoup appris ça aussi. Ça m'a permis peut-être de savoir ce que je voulais, ce que je ne voulais pas. Et à 28 ans, du coup, quand j'ai arrêté d'être un professionnel, il n'était pas trop tard pour pouvoir faire vraiment une deuxième vie. Ouvrir d'autres cases.
SPEAKER_01Excellent. Alors ces autres cases, tu nous le disais, ça a été assez rapidement le trail, enfin en tout cas la course à pied sous toutes ses formes, puisque je crois que tu ne fais pas du tout que des trails, tu as aussi fait pas mal d'épreuves sur route. Oui. Et le cyclisme amateur jusqu'à l'ultra récemment, donc est-ce qu'au moment où tu as arrêté, c'était très clair pour toi que c'était dans ce type de discipline que tu avais envie d'évoluer en amateur ou est-ce que ça a été une construction qui est venue petit à petit au fil des
SPEAKER_00expériences
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, enfin, la course à pied, je trouvais que c'était un joli terrain d'expression. Donc, l'hiver, je pratiquais un peu la course à pied quand j'étais professionnel. Et puis, j'avais participé à une course locale, et puis ça m'avait plu. Et puis après, ça s'est fait un peu de fil en aiguille. J'ai participé un peu à des épreuves locales, je trouvais ça sympa. Et puis, j'ai participé à un trial, Et là, le côté nature, ça m'a vraiment beaucoup plu. Parce qu'en fait, c'est une autre vision que le cyclisme. Le cyclisme permet d'aller loin, mais on reste quand même toujours sur du bitume. Alors que la course à pied m'emmène à des endroits où je ne peux pas aller. En fait, un cycliste ne peut pas aller où moi je vais à pied. Alors que le contraire, on peut toujours courir sur la route. Alors qu'un cycliste, il ne pourra pas aller sur sa tâche. Du coup, c'est un joli complément. Je trouvais que c'était très sympa et donc j'ai mis un peu de temps quand même, j'ai un peu galéré pour devenir un vrai coureur à pied, enfin un vrai si tant est que j'en sois un, mais pour percer dans la course à pied parce que j'avais quand même beaucoup de traumatismes, je trouvais que c'était très traumatisant le lendemain je descendais les escaliers à l'envers, vraiment j'avais mal j'avais des courbatures et donc je m'étais dit si c'est vraiment tout le temps ça, ça sera vraiment compliqué et en fait je me suis aperçu que le corps il s'est habitué, le corps il s'habitue à tout de toute façon, donc il s'est habitué à la course à pied et puis maintenant maintenant voilà j'ai pas plus de douleur qu'un vrai coureur à pied et au début j'ai un petit peu galéré ça m'avait un peu pas découragé mais je me disais quand même je continuerai pas non plus comme ça très très longtemps si à chaque fois c'est difficile quoi voilà donc la course à pied elle est venue elle est venue par l'envie de découvrir d'autres choses et puis par l'envie aussi de faire d'autres rencontres et puis de me lancer d'autres défis en fait c'est toujours ce côté là c'est le côté cap ou pas cap un peu voilà c'est Moi, c'est toujours ça. Tu sais, quand je m'inscris à des épreuves, je regarde toujours la plus longue distance. Toujours, toujours, toujours. Et bien souvent, je m'inscris sur la plus longue distance parce que je me dis, si tu as 20, 40 et 200, par exemple, 20, je sais faire. 40, je sais faire. 100, par exemple, 100, c'est compliqué, mais je sais faire. 200 kilomètres ça je sais pas faire ah bah j'y vais c'est toujours comme ça c'est toujours ça ma réflexion tu vois je suis inscrit fin août je suis inscrit à la Swiss Peak Strike je sais pas si tu connais ouais ouais oh punaise et bah voilà tu vois alors c'est ça qui est complètement stupide parce que ma famille me dit mais pourquoi t'as pas pris une distance plus courte donc voilà t'as compris sur laquelle je me suis inscrit quoi il y a 20 60 100 200 160 et puis je regarde tu vois 360 kilomètres tu dis mais c'est dingue ça je Je ne sais pas faire ça, moi. Une heure après, j'étais inscrit. Une heure après, j'étais inscrit. 360, je n'ai jamais fait ça. Mais je me dis, voilà ce qu'il faut faire. C'est ça qu'il faut faire. Il faut que je fasse 360. Tu crois que je ne suis pas cap
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je vais essayer. Je vais faire 360. Et donc, c'est souvent ça qui m'a porté, qui m'a donné envie d'aller plus loin, de découvrir des choses. Tout ce qui me paraît inaccessible, l'inconnu m'attire un peu. C'est le côté je me demande comment c'est possible de faire ça ça m'attire en fait je crois que l'inconnu m'attire dans la
SPEAKER_02vie
SPEAKER_00en
SPEAKER_01général d'ailleurs voilà c'est super intéressant parce que spontanément j'aurais peut-être dit tu vois que quand t'étais dans l'univers du cyclisme pro l'inconnu et l'aventure enfin tu me dis si je me trompe mais en fait t'en avais pas vraiment voire pas du tout parce que tout était décidé par la direction
SPEAKER_00c'est
SPEAKER_01pas
SPEAKER_00faux
SPEAKER_01c'est vrai c'est vrai tout à fait et puis voilà encore une fois tu vois sur les épreuves bon bah t'as un circuit t'as une stratégie que tu dois suivre ouais c'est vrai Là, j'ai l'impression qu'en fait, tu t'es un peu libéré, t'explores, tu passes sur des disciplines qui sont beaucoup moins encadrées en
SPEAKER_00fait. Oui, c'est vrai que l'aventure va souvent de pair avec un sentiment de liberté quand même. Et tu ne pars pas à l'aventure lorsque tu fais une course de vélo sur un circuit ou lorsque tu es encore plus cycliste professionnel, mais lorsque tu pratiques le sport cycliste sur route, sur un parcours bien défini, on n'appelle pas ça un terrain aventureux quand même. Donc oui, sans doute qu'à un moment, c'est quelque chose qui m'a attiré et que j'ai creusé. C'est vrai, c'est très juste à mon avis. À mon avis, ça se tient ce que tu dis là. Je pense que l'aventure et la liberté vont de pair et une fois qu'on y goûte, c'est compliqué après quand même. On est d'accord, c'est compliqué de faire machine inverse parce qu'il y a des émotions personnelles et une introspection, il y a un enrichissement de soi, et puis il y a la pression de vivre un truc... de vivre un truc à soi. C'est un peu égoïste, en fait, de vivre pour soi. Et ça, après, on a du mal à s'en défaire. Ce n'est pas une drogue, mais en tout cas, c'est très addictif.
SPEAKER_01Oui, très addictif. Complètement. Alors, tu nous parlais, on vient d'évoquer, tu vois, peut-être, en termes de motivation ou ce qui te faisait vibrer, ce qui a changé entre l'univers du cyclisme un peu plus cadré et ce que tu fais aujourd'hui. Mais je serais quand même curieux de savoir ce que tu as emmené avec toi du cyclisme pro, notamment en termes de mindset puisque tu disais que c'est là dessus que tu as essayé de faire la différence toi que physiquement, physiologiquement tu n'avais peut-être pas les meilleurs perfs avant de devenir pro mais que c'est sans doute cet état d'esprit qui a fait que tu as été sélectionné à un moment donné comment est-ce que tu l'as transféré cet état d'esprit ou certains aspects de cet état d'esprit dans ta pratique de l'ultra biking ou de la
SPEAKER_00course apprendre à ne pas pas lâcher, et puis apprendre à... apprendre à se dire que rien n'est jamais terminé tant qu'on n'a pas franchi la ligne, en fait, dans un sens comme dans l'autre. Ça, je tiens ça de mes années professionnelles aussi ou de mes années à haut niveau cyclisme. Et puis après, je dirais aussi l'entraînement, l'acharnement à l'entraînement parce qu'il n'y a quand même pas de secret, il n'y a pas de mystère. C'est quand même à l'entraînement que se jouent les réussites, pas forcément les succès, bien sûr, mais les réussites. Et ça, Et ça, on oublie parfois. Et c'est un petit peu ce qu'on constate. C'est que maintenant, les gens, ils rêvent tous de faire l'UTMB, de faire le marathon de Paris, de faire… Mais après, il faut s'en donner les moyens. Et s'en donner les moyens, c'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ce n'est pas forcément acheter la paire de chaussures à 250 balles. Ce n'est pas ça, s'en donner les moyens. S'en donner les moyens, c'est à un moment partir à l'entraînement, coucher, écrire les choses. Moi, j'aime bien écrire, écrire une colonne plus, une colonne moins. Et puis, s'en donner les moyens, s'en donner les moyens. les moyens même en termes de planification parce que parfois on dit dans nos vies j'ai pas le temps non j'ai pas le temps et je prends pas le
SPEAKER_01temps
SPEAKER_00parce qu'on prend le temps d'être sur les réseaux sociaux une demi-heure le matin et puis une demi-heure le midi et puis une demi-heure le soir peut-être que ces une demi-heure là peuvent te permettre de faire 6 km même si tu pars à 22h pourquoi pas de faire 6 km à pied si tu fais ça tous les jours t'auras fait 42 km dans ta semaine quand même donc ça m'a appris ça aussi ça m'a appris à... pas forcément bien à m'entraîner, mais à être quand même un passionné de l'entraînement et à réfléchir toujours à lier les choses, à essayer de construire un peu des plans d'entraînement. Essayer que ça tienne debout. Et c'est sans doute ce qui me permet d'enchaîner des épreuves parce que j'enchaîne quand même pas mal d'épreuves. Je passe du vélo à la course à pied. La course à pied, je reviens au vélo. Je passe du 10 km au semi. Du semi, je vais sur un ultra-trail. Et ça, je le tiens peut-être aussi du fait que j'essaie que mon entraînement tienne un peu la route. Alors, je peux me tromper. Parfois, je me gouffre. Mais en tout cas... L'entraînement, il est essentiel. Et à un moment, il ne faut pas oublier que la réussite, elle passe d'abord par l'entraînement et après
SPEAKER_01par la paire de chaussures à 250 euros. Pas le contraire. Excellent. Alors justement, en termes d'entraînement, comment est-ce que tu prépares une épreuve
UNKNOWN?
SPEAKER_01J'aime bien toujours poser cette question parce que l'ultra long, franchement, me fascine et m'impressionne énormément. Quand tu t'alignes sur une épreuve comme la RAF, parce que je ne sais plus si tu l'as déjà précisé mais tu as déjà pris le départ de la Race Across France ou des épreuves comme des épreuves en solitaire comme les 24 heures du Castellet ou la Swiss Peak Trail par exemple sachant que toi tu les enchaînes ces épreuves et que chacune a ses caractéristiques vraiment propres comment est-ce que tu fais pour gérer un planning d'entraînement en prenant en compte chacune de ces courses et l'escalade unique et en faisant en sorte d'être prêt D'être prêt justement à les
SPEAKER_00enchaîner.
UNKNOWNAttends.
SPEAKER_00Vas-y, je suis désolé, mais du coup, ça a sonné. C'est encore un mec qui vient te démarcher pour te vendre des matelas. Comment je fais pour enchaîner les épreuves
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est ça que tu me
SPEAKER_01dis
UNKNOWN?
SPEAKER_01En fait, pour gérer la préparation puisqu'on parlait d'entraînement, sachant que ces épreuves, elles sont toutes très différentes et elles ont peut-être des caractéristiques uniques comme la Swiss Peak Trail où il y a énormément de dénivelé. Comment tu fais pour adapter ton entraînement pour à la fois avoir le foncier
UNKNOWN?
SPEAKER_01et avoir la spécificité pour chacune de ces épreuves
UNKNOWN?
SPEAKER_00La régularité dans l'entraînement est primordiale pour moi, donc je m'entraîne très régulièrement, ça oui. Après, j'essaie d'intégrer toujours de l'intensité, parce que dans l'ultra et dans le très long, on a trop souvent tendance à parler que de foncier. on estime qu'il faut avoir du foncier, que c'est une épreuve d'endurance. Mais pas forcément, parce que lorsque sur l'UTMB, vous montez le col du Grand Ferret, par exemple, tu es parti pour deux heures, et tu es parti pour deux heures, ou si tu as les capacités à faire monter un peu ton cœur, tu t'apercevras que tu monteras beaucoup plus vite quand même. Et ce n'est pas forcément une épreuve que d'endurance, en fait. Si tu as la capacité à faire monter un peu le cœur sur des montées, tu vas être en capacité d'accélérer. Donc moi, je travaille aussi l'intensité, je travaille le foncier et j'essaie de ne pas négliger la récupération. Je m'aperçois que la récupération, elle est aussi à deux étages, la récupération dans nos vies et dans nos vies actives parce qu'on n'est plus professionnel, on n'est plus payé pour le faire. Tu as la récupération physique, celle bien sûr qui te permet d'avoir de l'énergie, de récupérer musculairement et d'un point de vue cardiaque, mais tu as aussi la récupération mentale et ça, c'est important. C'est que ces épreuves-là, tu consommes, tu bouffes énormément, d'énergie mentale. c'est même destructeur. Parfois, je dis que c'est même destructeur parce qu'il faut tellement être concentré que tu es vidé mentalement. Et parfois, si tu enchaînes trop ces épreuves-là, tu n'as plus l'énergie, tu n'as plus la niaque, tu n'as plus l'envie. Et puis, ça se ressent aussi sur ta vie de tous les jours parce qu'encore une fois, on a tous un métier derrière, on a tous une famille, on a tous des occupations autres. Et donc, ces jours-là en off sont très importants aussi pour recharger les batteries d'un point de vue mental. C'est pour ça que je ne suis pas non plus toujours un acharné au niveau temps de sommeil, par exemple, au niveau diététique, parce que j'estime que c'est important aussi de pouvoir être comme le coma des mortels, de pouvoir être une personne lambda, parfois, afin de mieux repartir après et d'être disponible en termes d'énergie mentale. Je pense que ça, dans l'ultra et dans l'aventure, c'est prépondérant. La disponibilité mentale elle est prépondérante si tu la perds si tu perds ce sens du discernement parfois si tu perds cette énergie cette disponibilité mentale c'est compliqué même si tu as la force même si tu es en forme si t'es entre guillemets si t'es pas dedans ça va pas le faire et donc moi j'essaie de faire en sorte de toujours garder cette disponibilité mentale là pour pouvoir passer oui c'est vrai que je passe assez facilement du vélo à la course à pied, et puis j'intègre beaucoup de vélo quand même dans mes préparations, donc je ne suis pas lassé, je ne suis pas quelqu'un qui va pendant une semaine faire que de la course à pied par exemple, dans ça je ne fais pas, il y a du vélo, il y a de la marche aussi, je marche beaucoup, tu vois avant-hier j'étais marché 25 kilomètres par exemple, je marche, oui je marche parce que tu sais je m'aperçois déjà dans l'ultra, il faut quand même un peu se regarder dans une glace, on ne court pas tout le temps quand même, on marche pas mal quand même, sur un UTMB on n'est pas tous qui Donc, on marche pas mal. Ça veut dire que savoir marcher, savoir marcher vite, c'est important dans l'ultra. Et puis, je découvre des choses, des sensations, des odeurs, des bruits que je n'ai pas quand je fais du vélo et que je n'ai pas quand je cours. Donc, voilà. Je m'enrichis beaucoup de ça. Puis, il y a un côté un peu solitaire dans la marche. Je pense que les... On disait les aventureux sont comme ci, comme ça, mais je pense que les aventureux sont un peu solitaires aussi de nature. On a... On aime la solitude, en fait. On aime la solitude, on aime la nuit aussi. Voilà, ça, c'est des caractéristiques qu'on retrouve chez tous les aventureux. Voilà, on a ce feeling-là avec la solitude, en tout cas. Et donc, j'aime construire mes entraînements de telle façon que je suis toujours en capacité de vivre ces moments-là à fond.
SPEAKER_01Excellent. Excellent. Alors, tu nous parlais, tu vois, de fraîcheur mentale, quelque part. Moi, quand je vois ton parcours, c'est que je vois par exemple Race Across France que tu as fini en 6 jours 6 jours, 6 heures, 24 minutes 53 secondes c'est précis en 2020 en terminant avec une superbe 6ème place franchement la première question qui me vient c'est comment tu fais pour garder de la fraîcheur mentale je ne te parle même pas de la fraîcheur physique sur 6 jours d'épreuve et si tu pouvais peut-être nous raconter un peu cette rafle au passage ça serait
SPEAKER_00génial donc la Race Across France c'est une épreuve d'ultra longue distance cycliste de cette année 2650 km donc je vais parler plutôt de cette année cette année l'épreuve part du Touquet dans le Nord Pas-de-Calais pour arriver à Montdelieu donc c'est une épreuve ultra longue distance et en autonomie totale c'est à dire que vous devez faire avec ce que vous emportez sur vous à part l'alimentation où là vous pouvez bien sûr vous arrêter des boulangeries des choses comme ça des boulangeries supermarchés etc. Mais tout le reste, vous devez être autonome. Donc, c'est une épreuve où vous pouvez aussi faire du vélo jour et nuit. Enfin, vous faites comme vous voulez, en fait. Il n'y a pas plus libre que la race Cross France. Vous avez une trace, trace GPX, et après, premier arrivé à Montdelieu. Vous avez 10 jours pour y arriver, ce qui représente une moyenne de 260 km à effectuer par jour. Donc, on parlait de disponibilité mentale. Voilà une épreuve où il en faut beaucoup, de disponibilité mentale. Et donc, j'ai terminé Cinquième ou sixième, je ne sais même plus d'ailleurs. Je crois que je fais sixième. Sixième de la Race Across France 2020. Et au terme d'une aventure, c'est extraordinaire parce qu'il vous arrive des tas de choses sur six jours, sur 2600 kilomètres, des problèmes mécaniques, des problèmes physiques. Puis vous avez faim, puis vous êtes irrité, puis vous avez mal aux fesses parce que je n'ai pas échappé. Pourtant, j'ai quand même les fesses qui sont habituées à être reposées sur une selle. Mais le corps, il n'est pas fait pour ça en fait. Le corps, il est il est pas fait pour ça donc j'ai vécu une épreuve superbe je me suis découvert à dormir n'importe où en fait c'est vivre de rien et ça nous correspond et ça me correspond bien en fait je suis parti avec un vélo chargé une sacoche et puis je suis monté parce que le parcours était dans l'autre sens et puis je suis monté au touquet voilà je suis parti de mon lieu avec mon vélo ma trace et j'ai trouvé ça génial en fait le principe de minimaliste de vivre de rien et cette épreuve là ça a été un peu un coup de foudre hormis le fait aussi de rencontrer des gens de voir des paysages de traverser des départements donc c'est une des plus grandes épreuves d'ultra longue distance en France et même en Europe et donc en 2021 j'y suis retourné avec l'ambition de bien faire mais je me suis cette fois trompé j'ai échoué je suis tombé malade et puis j'étais fatigué et donc j'ai abandonné après 1200 km de course et cette année j'y retourne en espérant revoir l'arrivée et voilà et boucler cette épreuve là qui est un peu magique pour moi alors voilà du coup tu t'aperçois que dans la même année je fais la Swiss Peak Trail et la Race Cross France c'est normalement ça colle pas trop mais
SPEAKER_01c'est la même
SPEAKER_00période en plus non
UNKNOWN?
SPEAKER_00ouais il y a deux mois d'écart oh putain il y a deux mois d'écart donc il ne faudra pas se tromper dans la préparation mais j'adore ça j'ai vraiment hâte de vivre ça de vivre ces instants là, ces émotions là de les partager aussi parce que j'aime partager ce que je fais d'inspirer si tant est que ça inspire au moins une personne et c'est moi en fait c'est là que je m'aperçois que c'est moi ce côté ces émotions et ce dépassement de soi qu'on vit dans les aventures comme ça c'est sans nul autre pareil quoi donc oui je refais l'arrêt ce Cross France qui est une épreuve vraiment vraiment superbe et j'espère cette fois aller au bout, départ le 18 juin en fin de journée du Touquet et premier arrivée à Mondeleu voilà entre 5 et 7 jours plus tard ok,
SPEAKER_01ah punaise en plus vous allez plus vous descendez plus les températures vont être chaudes non seulement avec la géographie mais en plus l'été
SPEAKER_00qui approche ouais c'est ça, ce sera aussi une autre gestion et puis alors l'avantage c'est que les journées sont longues donc du coup on pourra quand même davantage pédaler à la lumière du jour mais après après les nuits il faut les gérer en ultra longue distance les nuits c'est quand même c'est tout à fait particulier de se retrouver à faire du vélo à 3h du matin c'est à part encore une fois ça vous forge ça vous forge un mental et ça vous fait prendre conscience sens que vous êtes d'une autre planète, un peu d'une autre planète que les autres. Parce que lorsque tu rentres au bureau le lundi, comment tu racontes ça, en fait
UNKNOWN?
SPEAKER_00Comment tu expliques ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Quand on te dit, ça va, ça a été la race au Cross France
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu dis, ouais, ouais, ça a été, c'était super. Parce que c'est tout, en fait. C'est tout. Et je me surprends parfois à dire, tu parles pas beaucoup, mais tu veux que je parle comment
UNKNOWN?
SPEAKER_00Comment veux-tu que je raconte ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je commence par quoi, en fait
UNKNOWN?
SPEAKER_00Là, on en parle, Loïc, parce que je sais que les auditeurs sont des habitants de notre planète et je sais que tu es un habitant de ma planète. Mais lorsque je vais me retrouver au bureau, même parfois avec des gens de ma famille, comment je fais pour raconter ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je ne peux pas raconter ça. Donc en fait, on garde ça pour soi. C'est là qu'on se dit qu'on est des privilégiés en vérité. On est des privilégiés de la vie, de vivre des choses comme ça. C'est tellement à part qu'on n'est même pas en capacité de les raconter. Puis il n'y a pas de caméra et puis il n'y a rien. Donc c'est à nous, que à nous. Ça, c'est beau en fait. C'est ça l'aventure et l'aventure elle est à portée de tout le monde à chacun son Everest moi j'ai un copain il est presque jamais monté sur un vélo et puis là il se lance dans le vélo donc il part de rien et puis il va faire un 150 km un 200 km c'est son aventure en fait à chacun son défi l'aventure elle est à portée de tout le monde il n'y a pas de j'ai jamais le niveau on ne te demande pas de faire Swiss Peak Strike 360 l'aventure ça peut être moi ma femme elle a fait une course à pied une fois ça faisait 10 km c'est une vraie aventure pour elle quoi Mais bien sûr. Et il n'y avait pas de sourire à avoir par rapport à ça. C'était son aventure. L'aventure est à porter tout le monde. Mais il faut faire. Il faut faire. Il faut à un moment se lancer. Il faut sortir des sentiers battus. Et il faut partir. Il faut s'inspirer. Il faut imaginer. Et il faut se lancer. Parce que tu vois, 40 ans hier, 44 ans
SPEAKER_02aujourd'hui.
SPEAKER_00Et un jour, c'est trop tard. C'est comme ça. Parce que c'est la vie qui veut ça. Tous les jours, c'est trop tard pour tous les jours si tu regardes bien. Là, en fin de matinée, il est déjà trop tard pour prendre un petit déjeuner. C'est trop tard. Toute la journée, tu ne fais que refermer des portes, refermer, refermer, refermer des portes. Donc, il n'y a pas le temps pour réfléchir et pour dire on fera ça plus tard. Plus tard, ça veut dire quoi plus tard
UNKNOWN?
SPEAKER_00Plus tard, ça n'a rien à dire. C'est bien souvent tout de suite ou jamais. Donc, c'est pour ça que je me suis lancé sur la Swiss Peak Trial, sur la Race Cross France, sur des tas d'épreuves où bien souvent, je n'ai pas la prépa et je n'ai pas du tout la clé quand je me lance en fait je découvre au fur et à mesure une fois que je suis inscrit je me dis bon bah maintenant il faut imaginer la chose et quand je m'inscris bien souvent je sais pas faire je m'inscris pas si je sais faire c'est comme ce que je disais tout à l'heure je sais pas faire donc je m'inscris donc je vais réfléchir à comment je peux faire voilà c'est une démarche qui est inversée en
SPEAKER_01fait ah mais je la comprends tellement et tu sais quoi ça m'a beaucoup fait sourire quand tu parlais des planètes et du fait que c'est vrai que c'est compliqué parfois d'expliquer ce que tu ressens ou ce que t'as vécu vécu pour des personnes qui ne baignent pas du tout dans cet univers tu vois moi je l'ai vécu à moins de réchelle que toi mais quand j'étais en haut niveau en judo c'est un peu pareil tu vois alors à l'époque je travaillais pas encore mais quand je rentrais quand j'arrivais au lycée ou quoi que j'avais le front complètement râpé parce que je m'étais éclaté par terre sur le tatami un doigt cassé un de plus tu vois je me suis cassé toutes les phalanges des deux mains sauf les pouces et que t'as quelqu'un qui te demande bon ta compète c'était comment et que tu reviens des championnats de France bah le seul truc que tu peux dire c'est bah ouais ouais c'était cool tu vois parce que c'est un indescriptible en fait ce que t'as pu vivre et puis les gens même si tu peux décrire l'événement les gens voient pas en fait les 8 mois de préparation que tu t'es bouffé avant donc c'est hyper compliqué parce que même si tu te dis ah bah c'était intense comment tu veux qu'ils comprennent les sacrifices que t'as dû mettre en place pendant 8 mois donc moi en tout cas cette histoire de planète ça me parle à 100% et c'est aussi ça que j'adore avec ce podcast c'est en fait de rencontrer des gens bah comme toi comme toi comme Arnaud que tu connais qui vivent des choses comme ça aussi intenses dans le monde du sport de l'aventure parce qu'au final je trouve que c'est ça qui est hyper inspirant ça fait se sentir un peu moins seul parce qu'on se dit ah bah ouais en fait galérer pendant des mois pour prendre le départ d'une épreuve je suis pas le seul à le faire gérer les blessures on en a pas encore parlé mais j'ai l'impression que t'en as quand même enchaîné pas mal donc ça c'est aussi autre chose tu vois tant que t'as pas vécu d'événements compliqués d'un point de vue d'un point de vue gestion de la blessure par exemple difficile d'imaginer les impacts sur ta vie donc en tout cas tout ce que tu me dis ça me parle 100% y compris tu vois le fait de s'inscrire sur des épreuves que tu ne maîtrises pas tout de suite ou qui font un peu peur là tu vois à force de discuter avec des invités il y a l'équipe du RAID du Triathlex donc le club de triathlon d'Aix que j'avais eu sur le podcast qui m'a envoyé un message il y a quelques temps avec un autre invité qui m'a dit il y a un 70 km en avril ça te dit la dernière fois que j'ai fait un 70 km c'était à Saint-Élion en 2016 ou 2017 peut-être depuis plus rien et en 10 secondes c'était fait je me
SPEAKER_00suis dit bah allez c'est parti et puis surtout pas se dire je sais pas on verra ça plus tard mais plus tard c'est quoi plus tard plus tard ça a pas de sens tu peux va va va et même si tu échoues à qui à qui tu dois quelque chose tu dois rien et tu parlais de c'est moi qui abordais d'habitants de la planète mais bien sûr et ton podcast comme les podcasts autres qu'on peut trouver sur la toile servent aussi à ça en fait et moi ça me rassure beaucoup ça parce que parfois je me sens en décalage on est tous parfois en décalage quand on est aventureux on est en décalage de vie on est en décalage par rapport à nos besoins parce qu'on apprend à vivre de pas grand chose à nous réjouir de pas grand chose à nous extasier devant pas grand-chose, et on apprend parfois à pas avoir les mêmes combats, en fait. En fait, ton combat n'est pas mon combat. Et je me rends compte, sur des repas, par exemple, tu vois, je peux avoir des repas. Eh bien, les sujets de conversation ne sont pas mes combats, en fait, tu vois. Je suis en décalage, quoi. Ce n'est pas que je m'en fous. Je ne m'en fous pas de l'actualité et tout ça. Bien sûr que je ne m'en fous pas, mais... Ça ne te fait pas vibrer. Non, non. Et puis... Et puis, je n'ai pas le temps de m'acharner à des tas de choses. Enfin, voilà, quoi. Non, la vie, ce n'est pas ça, quoi. La vie, ce n'est pas ça. La vie, il faut y aller. Il faut partir à l'aventure. Il faut repousser ses limites. Et puis, il faut s'inventer des émotions. Enfin, les émotions et le frisson qu'on ressent dans son corps, mais personne ne ressent ça s'il ne se lance pas dans... dans l'aventure, personne, personne c'est des émotions, l'émotion de la victoire de sa victoire, parce que la victoire c'est pas forcément le classement, moi je dis toujours le classement c'est qu'une donnée c'est une donnée statistique en vérité c'est juste ça, c'est parce qu'il faut classer les gens par ordre qui franchissent la ligne d'arrivée mais c'est tout, tu peux être huitième de la course et avoir fait un truc génial, et tu peux avoir fait deux et être super déçu en vérité et donc te dire, garder des mauvais souvenirs de ta place de deux, et l'autre il fait huitième il va garder des super souvenirs c'est une donnée. C'est une donnée à prendre en compte, ça permet d'hiérarchiser, ça permet d'établir un ordre, un ordre d'arrivée. Mais c'est tout. C'est pour ça que parfois, ce n'est pas parce que tu n'es pas bien positionné que c'est un problème. Et ce n'est pas parce que tu n'es pas fort que c'est un problème. Encore une fois, des fois, tu as des nanas qui ne se lancent pas sur des épreuves en disant« Non, mais je suis nul, je n'y arriverai pas, je suis toujours dans les derniers.» Et donc, dans les derniers, mais ça, c'est la donnée classement que tu me parles là. Mais ça, c'est une donnée, c'est un indicateur. Et Est-ce que tu souris
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que tu prends plaisir
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que tu as l'impression d'être fier de toi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Voilà, c'est ça. Est-ce que tu t'es dépassé
UNKNOWN?
SPEAKER_00Voilà, c'est ça. Après, le classement, le classement, ben, regarde pas le classement. Moi, j'ai fait l'UTMB en 2017 et en 2020. T1, l'année dernière. Je connais même pas mon classement. Je m'en rappelle même pas. Je sais même pas. Je connais même pas mon temps. Je saurais même pas te le dire. Parce qu'en fait, c'est un truc que j'ai pas intégré dans mon esprit parce que c'était pas un critère de réussite, en fait. Le critère de réussite, c'était l'arche d'arrivée c'était de revoir Chamonix et le classement je m'en fichais donc je sais même pas et puis on me le dirait que ça me ferait ni chaud ni froid je serais pas capable de me dire ah c'est pas mal ou ah c'est pas terrible ou ah j'ai fait mieux qu'il y a 3 ans je sais pas ça a pas de sens en fait moi c'était pas un critère de réussite en fait et il faut se fixer ces critères là en fait quand tu te lances dans l'ultra dans l'aventure il faut te fixer des critères de réussite il faut que tu saches ton pourquoi pourquoi je suis là pourquoi je fais ça et ce que je veux atteindre et si tu n'as pas fixé ça tu n'y arriveras pas. Tu peux te fixer. Le critère, ça peut être parce que je veux une revanche sur la vie, parce que j'ai perdu du poids et maintenant je veux valider, parce que je veux impressionner ma famille, parce que je veux… Pas de problème, fais. Mais tu dois savoir pourquoi. On ne part pas sur un truc comme ça aussi difficile en se disant« Inch'Allah, on verra bien et puis…» Non, non, non. Parce qu'à un moment, ça lâche, c'est trop dur et c'est trop beau pour ne pas y mettre son cœur. Et lorsque tu as ton pourquoi, quand le réveil sonne à 5h du matin pour aller t'entraîner, même pas, il sonne deux fois en vérité. Parce que tu sais ton pourquoi. Moi, quand mon réveil sonne, je sais pourquoi il sonne. Je me lève, je suis content que j'y vais. Mais si tu ne sais pas pourquoi, tu appuies. Et puis voilà. Et puis le réveil, il ne ressemblera pas. Et puis tu ne vas pas t'entraîner en fait. Enfin, tu as des gens aussi qui disent« Ah, ça fait 15 jours que je ne fais rien, je ne m'entraîne pas.» Parce que tu n'as pas ton pourquoi. Tu ne sais pas pourquoi. Si tu ne sais pas pourquoi, moi si je ne sais pas pourquoi, je pense que je ne m'entraîne pas. Je ne suis pas... voilà surtout là tu vois il fait 2 degrés chez moi en ce moment il fait gris dire que tu prends plaisir à faire du vélo à 5h le matin par au moins 3 degrés de nuit tu vois ce que je veux dire c'est subjectif quand même faut pas non plus faut pas me la jouer à l'envers mais quand tu as ton pourquoi alors tu y vas et ça c'est important de savoir son pourquoi son pourquoi il est dans tout même quelqu'un qui veut perdre du poids un régime ton pourquoi pourquoi tu veux perdre du poids tu sais pourquoi tu y vas et après ça découle c'est c'est facile en fait et qui décide du pourquoi c'est toi et toi c'est quoi c'est ton mental on en revient toujours à ce truc là ton mental ton mental
SPEAKER_01ton
SPEAKER_00mental c'est ça c'est ton mental
SPEAKER_01complètement on en parlait avec un récemment avec un autre invité qui est coach qui est un ancien de l'équipe de l'équipe nationale en kayak de Grande-Bretagne d'accord qui aujourd'hui est coach business coach enfin coach coach de vie etc et qui fait aussi beaucoup d'accompagnement pour des gens qui veulent justement de la perte de poids tu vois revenir en forme physiquement etc et en fait quand on en parlait on s'est dit tous les deux mais en réalité le secret enfin tu demandes à peu près à n'importe qui quel que soit son background comment est-ce qu'on fait pour perdre du poids bah en fait la recette tout le monde l'a quoi tu manges mieux tu manges moins tu dors plus tu fais plus de sport et puis basta quoi et puis voilà la recette est là par contre quand tu regardes combien de personnes euh ont l'impression qu'il faut qu'ils prennent un coach pour y arriver ou qu'ils te disent je n'arrive pas à perdre de poids il y en a à foison et très souvent c'est ce que lui disait c'est qu'en fait ils n'ont pas identifié ce que tu as très bien écrit leur pourquoi ils ont identifié l'objectif qui est la perte de poids mais il n'y a rien derrière en fait ils ne savent pas pourquoi ils veulent perdre du poids ou en tout cas ils n'arrivent pas à mettre le doigt dessus sur les vraies raisons ce qui fait qu'au bout de deux semaines quand ils voient qu'ils ont perdu 100 grammes alors que leur objectif c'est d'en perdre 20 kilos perte de motivation frustration et puis tout s'arrête et en fait ils reprennent 2 kilos de plus donc ouais 100% d'accord avec toi sur ce besoin en fait sur cette nécessité bon là je vais un peu étaler ma culture parce que j'en ai pas beaucoup mais je trouve que cette citation elle est géniale je crois que c'est Socrate qui disait il me semble que c'est Socrate ouais qu'il n'y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il veut aller et je trouve qu'elle est géniale parce que tu vois ça
SPEAKER_00résume trop en fait oui c'est ça ça veut dire que si tu ouais très bien d'ailleurs Parce que ça veut dire que si tu sais où tu veux aller, déjà, tu ne trouveras que du positif. Tu ne vas trouver que des alliés, en fait. Ça aussi, c'est le vent favorable. Et c'est vrai. Si tu regardes, si tu as un objectif, alors tu ne trouves que des avantages. Tu trouves plein d'aide, d'appui et de force. Et si tu n'as pas la motivation, tu vas avoir que du négatif. Que du négatif. Et tu vois, je te disais tout à l'heure, le temps d'entraînement disponible, parfois, on dit, je n'ai pas le temps. Et si tu trouves un objectif, tu arrives à dégager le temps. Et là, tu te dis, je l'avais, le temps. C'est juste que comme je n'avais pas la motivation, du coup, j'avais l'impression que je n'y arrivais pas. Je n'arrivais pas à m'entraîner. Mais tu sais, moi, je ne suis surtout pas un modèle. Je suis comme tout le monde. Parfois, j'arrive plus à me lever pour m'entraîner ou parfois j'ai pas envie de m'entraîner et là je me dis bah c'est parce qu'en fait j'ai pas l'objectif il me convient pas en fait soit il me convient pas soit j'ai pas décidé encore mais c'est très révélateur et dès que je sais pourquoi j'y vais alors il y a plus de problème mais dans la vie c'est comme ça aussi pour tout en fait c'est ça qu'on finalement finalement le mental dans nos vies il est présent dans tout dans tout dans tout dans tout parce que tout n'est qu'histoire d'interprétation c'est la Quand une nouvelle t'arrive, quand une nouvelle arrive, c'est une nouvelle. C'est toi qui la classe. C'est une mauvaise nouvelle ou c'est une bonne nouvelle
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parfois, on me dit... Mais en fait... Toi, tu n'as pas de souci. Mais comment tu sais ça que je n'ai pas de souci
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu ne sais pas ça. Simplement, quand moi, la nouvelle arrive, je la classe. Et je ne la classe pas dans la même bannette que toi. Donc, moi, ce n'est pas un souci. Quand toi, ça en est un. Mais il n'y a pas de nouvelle qui arrive et qui est une mauvaise nouvelle. C'est une nouvelle. Elle arrive. Bam
UNKNOWN!
SPEAKER_00Qu'est-ce que tu en fais maintenant
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu en fais quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu la transformes en positif. Dans ces cas-là, tu la changes de manette. Elle passe de mauvaise à bonne. Soit tu la mets dans mauvaise. Et alors, à ce moment-là, tu rentres la tête dans les épaules et tu dis, je n'ai pas de chance. Et tu dis, ça n'arrive qu'à moi. Et tu dis, voilà. Alors lui, il sourit tout le temps. Alors lui, tu as l'impression que... Ou alors, on te dit, toi, tu as vraiment la belle vie. Non, je ne sais pas pourquoi tu dis ça. Non, mais simplement, il faut y aller. Il faut y aller. Voilà, c'est tout. Il m'est arrivé des trucs où parfois, on me dit 95% des personnes, ils n'auraient pas réagi comme toi. Et donc
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, c'est du positif. Tu vois ce que je veux dire
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, il faut simplifier la chose. Tout ce qui t'arrive dans la vie, plus c'est simple dans la vie, c'est obligatoire. Dans la vie, il faut que ce soit simple. Autrement, ça ne peut pas le faire. Ça ne peut pas être sur la durée. Ça veut dire que tout ce qui arrive et qui est compliqué, il faut que tu le simplifies. Parce que moi, la complexité, je la fuis. En fait, je n'arrive pas, tout ce qui est compliqué, une relation qui est compliquée, tout ça, j'y arrive pas. Donc, quand la nouvelle arrive, elle arrive, ah, ça, c'est quand même compliqué. Bon, comment je peux faire pour la simplifier
UNKNOWN?
SPEAKER_00Comment je peux faire pour la transformer et dire, ça, c'est un avantage
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est de la résilience, en quelque sorte. Finalement, c'est un peu ça, c'est de la résilience. C'est, bon, on transforme le truc, voilà. On s'engueule avec quelqu'un, bon, comment je vais pouvoir faire pour, maman, lui renvoyer un message, et voilà, et puis, et puis après, bah, allez, on va peut-être devenir copain, ou peut-être ça va, on va dire qu'on a grandi de cétisme Allez, ça devient une force. Et puis après, c'est bon, c'est transformé, c'est du positif. Et si tu fais ça dans ta vie, je dis toujours, je pense que l'une des plus belles cartes que tu as dans ta vie, c'est la résilience. Si tu es quelqu'un de résilient, si tu es capable de t'adapter aux situations, aux moyens dont tu disposes, et si tu es résilient, alors c'est simple. Tu transformes les choses et tu es résilient. c'est les plus belles cartes que tu as dans ton jeu
SPEAKER_01et ça c'est quelque chose que tu as réussi à faire assez intuitivement par rapport à tes
SPEAKER_00blessures
UNKNOWN?
SPEAKER_00oui après j'ai été aidé j'ai un ami préparateur mental et donc il m'aide beaucoup alors parfois je suis défaillant encore et ça c'est parce que je suis un être humain mais il m'aide beaucoup et puis après je m'inspire, je lis beaucoup des podcasts m'inspirent aussi beaucoup sur ça et puis Ma propre expérience, ma propre vie aussi, ma vie personnelle aussi m'aide beaucoup à ces choses-là, à être un peu différent des autres. Et puis les blessures, oui, j'ai eu une blessure assez importante en juin 2008. Je me suis fracturé tibia péronné. Donc, ça a été une quintuple fracture ouverte tibia péronné. Donc, c'était cassé en cinq endroits. Cassé en cinq endroits. Et brisé, c'était façon puzzle. Vraiment, sur une course de vélo, j'ai chuté forcément lourdement mais j'ai pas fait une grande cabriole en fait parce que j'avais presque pas de traces de sang c'est vraiment tout a été tout l'impact a été concentré sur la jambe gauche et donc ça l'a elle a volé en éclats mais tout le reste était j'ai le souvenir de mon maillot qui était presque pas déchiré mon cuissard pareil le vélo rien vraiment bam tout sur la jambe et donc là c'était très très cassé et le médecin donc j'avais été mis sous morphine bon là c'est pour la petite anecdote mais j'étais mis sous morphine transporté à l'hôpital le plus proche rapatrié à l'hôpital le plus proche et là le médecin a convoqué ma femme dans ma chambre et moi j'étais sous morphine et donc je comatais je dormais mais il pensait que je dormais mais je dormais pas j'entendais en tout cas et donc là il l'a convoqué dans la chambre où j'étais et il lui a dit bon écoutez il faudra lui expliquer il arrivera à remarcher ça je pense qu'on va réussir à sauver sa jambe mais faire du sport ça il faudra lui expliquer que ça ne sera pas possible. On n'a pas les techniques, on n'a pas les moyens et ça, il n'y arrivera pas. Et ça, cette phrase-là, ce type-là, il change ma vie à ce moment-là. Parce que je me dis, c'est impossible. C'est impossible. Impossible. C'est comment
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ce n'est pas possible. Le 2 juillet, ça va. Le 3, c'est impossible. Et toute ma rééducation a été guidée sur le fait de, ce n'est pas possible, voyons, je ne peux pas. Il faut que je lui donne tort. Trois mois après, je remarchais. Six mois après, je recourais à pied. Neuf mois après, je refaisais une course de vélo. Je te passe les détails. J'ai eu un fixateur externe, neuf broches. C'est en fait une espèce d'antenne télé, un râteau télé qui rentre dans la jambe de part et d'autre. C'est un métal qui rentre par le haut, qui ressort par le bas. C'est un râteau, une antenne télé. C'était vraiment difficile. J'ai vraiment galéré, mais il fallait ressouder les bouts. J'avais la peau qui poussait autour de ces tubes-là. Ça a vraiment été... galère, mais j'étais déterminé, donc rien n'était un problème en fait, c'était pas un problème, on coupait la peau, je me rappelle avec ma femme ce qu'elle poussait, enfin bref c'est glauque, mais rien ne m'effrayait, j'avais pas du tout de scrupule à ce qu'on me lave, j'étais déterminé, de toute façon il fallait que je lui donne tort, donc 9 mois après, j'ai repris le départ d'une course de vélo, la première course de vélo que je faisais, et la veille, on fait un peu de d'intensité avec mon père, derrière sa voiture, tu vois, comme ça, ça permet d'aller vite, et donc de faire un peu d'intensité. Et je dis à mon père, tu vois, demain, j'attaque ici, et je gagne. Voilà, il en rigole. Et je suis arrivé au dossard, c'est la première course, donc à la prise du dossard, c'est la première fois et l'unique fois de ma vie où j'étais sûr de gagner. J'ai regardé les adversaires qui étaient là, et je me disais, je gagne. Je suis désolé, mais aujourd'hui, je gagne. Parce que l'histoire n'était belle que si je gagnais, en fait, et que si j'étais capable le lendemain d'appeler docteur et lui dire, vous avez perdu. Eh ben, l'échappé sort, on est 5, ils sont 5 échappés, dès le premier tour, je ne suis pas dedans. Et là, je vois le coup, et donc je sors tout seul, bien après, et je rentre tout seul sur l'échappé, je suis le dernier à rentrer. Donc là, bam, encore une fois, la porte se referme derrière moi. On arrive au dernier tour, et arrive le fameux endroit où j'avais dit, j'attaque ici, et j'attaque. Et ça le fait, je suis tout seul. Et dans la descente, il y en a un qui rentre. Ça, je n'avais pas prévu ça. Du coup, on se retrouve à 2 au sprint. Je ne suis vraiment pas bon au sprint, voilà, ce n'est vraiment pas ma carte. Mais c'était impossible que ce gars-là gâche mon rêve. C'était impossible. Et j'ai gagné le sprint. J'ai gagné le sprint parce que... Parce que ce n'était pas possible autrement. Et j'ai gagné la course. Et à peine j'ai eu... j'ai explosé de joie en fait, à peine, parce que j'étais en paix avec moi-même en fait, j'avais bouclé le truc, j'avais gagné, j'ai gagné, et j'ai appelé ma femme aussitôt après, et j'ai dit, c'est bon, j'ai gagné, et voilà, bien sûr tout le monde était étonné, mais voilà, l'histoire elle était belle que comme ça, parce que j'y ai cru jusqu'au bout, parce que ce n'était pas perdu, et il fallait y croire, et donc la jambe, j'ai toujours encore quelques séquelles, j'ai perdu l'hyperextension, j'ai quand même une cicatrice qui est encore très visible, Mais je l'aime. C'est un rapport d'amour qu'on a entre ma jambe et moi. Et parfois, je dis que c'est une des plus belles choses dans la vie qui me soit arrivée, cet accident-là. Parce que ça m'a permis de voir la vie différemment. Ça m'a permis de vivre des choses que les autres ne connaissent pas. Enfin, c'est une force de connaître. Savoir dans la vie, c'est une force. Parler sans savoir, ce n'est pas beau, ça. Moi, je sais. Je sais ce que c'est. J'ai vécu... Je sais ce que c'est que ça fait mal. Parce que ça fait mal quand même. La catufracture verte, franchement, ça fait mal. Mais je suis persuadé que c'est une chance dans la vie. Et je dis souvent que dans la vie, si tu es capable, à propos d'un événement, de dire grâce et pas à cause, alors tu as gagné. alors t'as gagné prends un événement dans ta vie tout le temps que tu diras à cause alors continue à travailler le jour où tu dis grâce grâce à ça grâce à ça alors c'est bon et je dis grâce à mon accident j'ai fait ceci j'ai fait cela je suis devenu cela et donc je me dis que c'est une force en fait j'ai la chance d'avoir eu cet accident
SPEAKER_01là ouais waouh magnifique exemple de résilience et franchement super super mindset euh ouais juste génial et tu disais donc ça c'était en 2008 2008 ouais
SPEAKER_00c'est
SPEAKER_01ça au final quand je regarde tout ce que t'as fait derrière même si tu dis que t'as encore aujourd'hui un peu des séquelles voilà bon je pense que c'est assez clair qu'en terme d'état d'esprit tu t'es pas laissé au contraire tu l'as accueilli comme tu dis cet événement parce que d'un point de vue performance la liste est très très longue des épreuves que t'as enchaîné par la suite après 2008 donc hyper inspirant
SPEAKER_00Oui, je suis vite reparti. Après, c'est reparti. L'accident, je n'en parle d'ailleurs pas très souvent parce que c'est aussi à moi. Je dirais que c'est un peu mon secret. Ça aussi, parfois, je dis ça, c'est un peu mon arme secrète. Moi, j'ai la chance, j'ai une arme supplémentaire, c'est que j'ai cette jambe-là que les autres n'ont pas. C'est une chance. Je pense que sans elle, parfois, j'aurais fait demi-tour ou mais là, je me dis, il faut aussi que je lui fasse plaisir, c'est un truc, il y a un rapport d'amour entre elle et moi, parce que normalement, elle n'aurait pas dû être là, elle ne devrait plus être là, donc si elle n'était plus là, moi, j'étais foutu, donc elle a choisi de rester là, et moi aussi, et voilà, enfin ouais, moi, c'est une personne, ma jambe, c'est une personne, ma jambe gauche, c'est une personne, et tu sais, parfois, les gens regardent, par exemple, quand je cours, parce que bon, je garde un petit peu quelques séquelles dans la foulée, ça peut arriver que j'ai le pied qui rentre un peu, et je vois bien le regard des gens le regard des gens se tourne sur ma jambe en fait on me regarde un peu en disant mais il court bizarre lui mais en fait ça c'est un truc qui blesse un peu parce que parce que voilà c'est parce que j'ai galéré pour en arriver là quoi voilà donc ça ça fait pas toujours ça fait pas toujours très plaisir le jugement tu sais il est pas toujours très beau dans la
SPEAKER_02vie il
SPEAKER_00faut bien se garder de ça d'ailleurs le jugement c'est pas beau ça voilà
SPEAKER_01excellent wow punaise bah écoute Eric j'ai l'impression qu'on a balayé quand même tout ton parcours qu'on a pas mal parlé enfin moi j'ai trouvé ça juste j'ai bu tes paroles sur tout ce que t'as pu nous partager sur l'état d'esprit la préparation la façon dont t'abordes tes épreuves qui sont quelque part un peu plus grandes que toi quand tu t'y inscris mais à chaque fois dont t'arrives à aller au bout peut-être tu vois le mot de la fin pour toi qu'est-ce que ce serait qu'est-ce que t'aurais envie de partager en guise de conclusion
UNKNOWN?
SPEAKER_00Bien qu'il faut... C'est ce que je disais tout à l'heure. Je pense qu'il faut prendre conscience que, sauf erreur de ma part, on n'a qu'une vie. Et donc, il faut... Il faut la construire et il faut imaginer chaque jour. Il faut se lancer des défis. Il faut partir à l'aventure. Il faut se mettre en difficulté. Il ne faut pas hésiter à se mettre en difficulté dans le sens d'aller au-delà peut-être de ce qu'on pense être capable de faire. Et puis, il faut essayer de partager et d'être dans la joie. Accueillir toujours la joie et être toujours dans... dans le dynamisme et dans la joie, parce qu'il y a peu de place, en fait, pour les faibles dans la vie. Il y a peu de place pour la tristesse et pour... On verra ça plus tard. On n'a pas le temps pour ça. Donc, à chacun d'être acteur, on est tous acteurs, en fait, dans sa vie. C'est ça aussi, c'est qu'à un moment, tu attends quoi des autres
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu attends quoi des autres
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu attends... tu attends une aide, mais c'est toi qui décides. Tu es acteur. On ne mesure même pas combien on est acteur de tout dans une journée. Tu es acteur de tout dans une journée, Loïc. Tu peux décider ce matin de faire la gueule. Tu es acteur. Mais tu peux décider aussi de ne plus faire la gueule. Tu peux être fâché avec ton voisin depuis deux ans, mais tu peux décider ce matin que tu vas aller lui dire bonjour. Tu es acteur de ça. Tu es acteur de tout, de tout, de tout, de mettre ton réveil à deux heures du matin si tu veux aller t'entraîner. Et pourquoi pas, après tout, et pourquoi pas et pourquoi faudrait faire comme les autres c'est quoi cette norme là et pourquoi pas on est acteur de tout si tu prends conscience que tu es acteur de tout alors tu y vas et puis tu fais du toi aussi parce que attention à ça à se dire oui mais les autres les autres ils font pas mais les autres en fait tu vois ce que je veux dire les autres les autres quoi à l'aube de ton dernier jour il reste quoi des autres il reste rien il reste ton cheminement à toi donc tu n'as pas le temps de parce que les autres ne font pas tu ne fais pas parce que les autres pensent ça tu fais ça parce que, mais la norme, moi, j'ai un souci avec la norme, d'ailleurs, je suis un peu fâché avec elle, parce que la norme, bien souvent, je suis fâché dans le bon sens du terme, mais parce qu'elle et moi, on n'est pas copains, et dans des sujets qui sont parfois très personnels, d'ailleurs, mais j'ai un problème avec ça, parce qu'en fait, la norme, elle ne me correspond pas, si elle ne me correspond pas, alors je ne suis pas dans la norme, dites-le comme ça, si vous voulez, je ne suis pas dans la norme, mais moi, ça me va, avoir arrêté une carrière professionnelle alors que qu'on te propose deux ans de plus et un doublement de salaire, ce n'est pas normal. Ce n'est pas dans la norme. Mais c'était comme ça, en fait. Ce n'est pas la norme. Et donc, attention à ça. Détournez-vous de la norme. Ce n'est pas grave, la norme. On s'en fiche, en fait. Fais du toi, du toi, du toi, du toi. Si tu penses que c'est ton truc, alors vas-y. Et puis, la dernière chose que je voulais dire aux gens, et je le dis souvent, c'est à chacun son Everest, en fait. Ton podcast, qui est un podcast d'aventureux, n'ayez pas peur, vous, auditeurs, de dire« Ah, mais attendez, moi, ces gens-là, ils sont… C'est bien trop dur ce qu'ils font. Moi, je ne suis pas capable de faire ça. Donc, je ne suis pas un aventureux. Donc, je ne peux pas faire. L'aventure, elle est au pas de ta porte. L'aventure, elle est de décider ce soir de partir courir avec une frontale et de dire je rentre demain à 6h du matin. Tu vois le projet, Loïc
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu vas courir toute la nuit. Ce n'est pas beau, ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ce n'est pas joli, ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est génial. Pars. Ce n'est pas une belle aventure, ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je te propose. Va. L'aventure, elle est là. Elle est au pas de ta porte. Tout est possible. Sauf qu'à un moment, il faut y aller. Il n'y a pas de plus tard. Tu y vas
UNKNOWN?
SPEAKER_00Allez, bam, c'est parti. On y va. C'est parti. Et si tu comprends tout jamais, et que tout est à ta portée, et qu'il faut faire du toi, alors ma foi... Ma foi, le sport, c'est extraordinaire. La vie sans sport, c'est difficile quand même, je pense. Et à chacun son Everest, à chacun son niveau. On s'en fout de ça. La vitesse, ce n'est pas grave du tout. Ça, ce n'est pas grave du tout. Ce n'est pas grave. Ne pas être un vainqueur, ce n'est pas grave. Les plus belles aventures ne se racontent pas toujours avec une coupe et sur la plus haute marche du podium, d'ailleurs. Je ne suis pas sûr que François Daen te décrive aussi bien son UTMB que le dernier est capable de te le raconter. je pense je pense que c'est t'auras plus de frissons à écouter le dernier te raconter son UTMB je pense
SPEAKER_01ouais super message écoute je te dirais combien d'auditeurs et d'auditrices m'ont contacté pour me dire qu'ils sont partis courir à minuit et rentrer à 6h du matin
SPEAKER_00après t'avoir écouté j'espère vraiment je le souhaite écoute je le souhaite en tout cas en tout cas c'est possible c'est possible
SPEAKER_01clairement écoute franchement Eric un immense merci c'était juste génial hyper inspirant super énergisant merci Donc, encore une fois, merci. Merci vraiment d'avoir pris le temps de venir nous raconter un petit peu ton parcours. Ce que je te propose, c'est que, évidemment, on reste en contact. Et puis, pourquoi pas venir nous raconter dans une capsule comment s'est passée la Swiss Peak Trail,
SPEAKER_00alors
UNKNOWN?
SPEAKER_00Bien sûr, bien sûr. Avec plaisir, parce que je pense que je vais en vivre des dertes et des pas mûres. Je pense. Mais je ne vais pas me laisser faire. Voilà. Ça, je
SPEAKER_01vous le promets à tous. Je ne vais pas me laisser faire. Excellent. Un immense merci, Eric. Et à très bientôt,
SPEAKER_00alors. Merci. Merci. Merci Loïc, merci à tous, à bientôt.