Peut-être que je suis moins talentueuse naturellement que certains athlètes, mais je vais m'entraîner plus pour acquérir toujours le geste parfait et la technique parfaite. Et ça, ça me vient peut-être de mon papa. Il m'a toujours répété quand j'étais petite et encore aujourd'hui, c'est son mantra qui dit« je ne lâche rien». Ma valeur ajoutée, c'est le travail.
UNKNOWNJ'abandonnerai pas.
SPEAKER_00Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens forces spéciales leur point commun la passion pour leur projet et l'audace de se lancer alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine excellente écoute à vous les frapper Eh bien écoute, bienvenue Jade sur le podcast.
SPEAKER_01Merci.
SPEAKER_00Je suis ravi de t'accueillir en direct de l'INSEP. Je crois, ouais, c'est la première fois que je fais un épisode avec une sportive qui réside à l'INSEP, donc c'est
SPEAKER_01cool. C'est chouette,
SPEAKER_00Ginobur. Exactement, exactement. Écoute, je suis vraiment ravi que tu aies pu te libérer, de trouver un petit peu de temps dans ton agenda extrêmement chargé. Et puis je suis surtout content, tu vois, pour la la petite anecdote pour les gens qui écoutent. Enfin, je suis content de voir la façon dont tout ça s'est mis en place à travers, tu vois, une mission de coaching pour Kedge où à aucun moment je m'étais dit bon bah tiens, je vais peut-être tomber sur une sportive de haut niveau ou tu vois, un ou une invitée potentielle et au final, c'est ce qui s'est
SPEAKER_01passé.
SPEAKER_00Pareil pour moi, que mon tuteur soit un ancien athlète de haut niveau, pareil. Donc, c'est trop bien. Comme quoi, voilà, ne sous-estimez pas les portes que certains projets peuvent vous ouvrir trop bien et bien écoute j'ai hâte ce que je te propose c'est tout simplement de nous expliquer
SPEAKER_01un petit peu ce que tu fais dans la vie alors ma vie elle est bien remplie j'ai trois casquettes je suis avant tout sportive de haut niveau je suis athlète en équipe de France d'escrime et je m'entraîne donc ici à l'INSEP en vue des Jeux Olympiques de 2024 et plus après parallèlement à cela je suis toujours étudiante en école de commerce en marketing interne à Kedge et enfin dernière casquette et pas des moindres je suis chef d'entreprise de ma propre entreprise je fais des conférences en entreprise pour la performance
SPEAKER_00excellent excellent et tu as 21 ans
SPEAKER_01accessoirement
SPEAKER_00voilà j'ai 21 ans donc déjà bien occupé super investi sur des projets qui prennent je pense énormément de temps et pour certains je le sais pour avoir tenté de le faire à un niveau moindre que le tien mais qui prennent aussi enfin qui demandent aussi énormément d'investissement donc c'est juste fabuleux de voir que tu arrives à mener tout ça de
SPEAKER_01front
SPEAKER_00j'en ai besoin aussi ouais écoute ce que je te propose c'est peut-être qu'on commence par rentrer dans le détail qu'est-ce qui te semble le plus la porte d'entrée de tout ça ça a été quoi ça a été d'abord l'escrime
SPEAKER_01complètement en fait l'escrime a été le détonateur de mon projet de mon projet professionnel puisque c'est en cherchant des paroles et en cherchant un moyen de financer mes saisons très onéreuses à l'escrime que j'ai dû me rapprocher d'entreprises et je me suis dit comment tu peux rendre l'appareil à ces chefs d'entreprise qui t'aident financièrement et j'ai commencé à intervenir dans leurs locaux pour parler tout simplement de mon quotidien d'athlète et j'ai pris goût et j'ai adoré cet exercice et c'est comme ça que j'en ai créé une réelle activité professionnelle donc le détonateur c'est vraiment le sport de haut
SPEAKER_00niveau Excellent et l'escrime c'est un sport que tu as commencé à faire à quel âge, du
SPEAKER_01coup
UNKNOWN?
SPEAKER_01J'ai commencé les scrims à 10 ans. C'est assez tard dans le sport de haut niveau, en tout cas dans ma pratique, dans ma discipline. Mais en réalité, j'ai suivi les pas de ma sœur. J'ai fait mes premiers pas sur les pistes des scrims en la regardant tirer. Elle ne voulait pas trop qu'on fasse le même sport au début pour ne pas qu'on soit en compétition. Mais au final, j'ai appris les différents déplacements des scrims, les règles dès mon plus jeune âge. Donc, à 10 ans, je savais déjà me mettre en garde et je connaissais les règles. Donc, j'ai gagné du temps par rapport à un débutant
SPEAKER_00classique. Super, super. Et la réalité du haut niveau, ça s'est confirmé à quel âge
SPEAKER_01pour toi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Disons que j'ai toujours été compétitrice. Je suis la cadette d'une famille de six enfants, cinq filles, un garçon. Donc forcément, de nature, on a envie de surpasser ses prédécesseurs rapidement. Donc j'ai toujours aimé être la première partout. Mais après, mes rêves de médailles olympiques, j'ai commencé à les avoir en équipe de France je Junior, on va dire. Donc, ça fait cinq ans, en fait, que je fais du tri haut niveau pour espérer aller
SPEAKER_00décrocher une médaille aux Jeux Olympiques. Oh là là, génial. Génial. Je pense que, tu vois, je suis un peu biaisé parce que c'est quelque chose qui m'a longtemps fait rêver et que j'ai fait le choix. Je ne sais pas si j'aurais eu les capacités, j'en sais rien, mais en tout cas, j'avais fait le choix d'arrêter le haut niveau pour mes études. Mais à chaque fois que, du coup, je rencontre des sportives, des sportives... qui arrive à faire ce que moi j'ai pas réussi à faire c'est à dire allier études supérieures et haut niveau exactement comme ce que tu es en train de faire et qui en plus prépare la plus grosse échéance les JO je trouve ça absolument fascinant tout
SPEAKER_01le temps c'est sûr après c'est un staff aussi c'est une organisation tu as vécu c'est des entraînements qui sont bi quotidien c'est entre ces deux entraînements il faut trouver du temps pour caler ces court, si on a un projet pro surtout dans les sports amateurs comme le mien il faut avoir un double projet et puis à ça il faut quand même récupérer, dormir, boire, manger
SPEAKER_00avoir une vie sociale
SPEAKER_01avoir une vie sociale c'est important donc c'est clair que c'est rythmé, après moi j'aime bien quand ma journée est bien remplie donc j'ai besoin au final quelque part d'avoir toutes ces activités là pour performer dès que je sens que je fais que de l'escrime dans ma semaine, que je fais que de l'école
SPEAKER_00je me sens pas bien et j'ai besoin de cette stimulation ouais j'ai plein de questions qui me viennent tu vois notamment sur puisque j'ai eu l'occasion de voir concrètement pendant cet accompagnement que j'ai fait avec Edge sur un mois j'ai eu l'occasion de voir du coup l'impact de ta pratique sur ton rythme ce qui est possible pour toi en termes de rythme auprès de l'école pour tes études donc j'ai pas mal de questions là-dessus mais peut-être avant ça Parce que si je ne me trompe pas, et encore une fois, je te dis Zerhof, je suis vraiment désolé si je raconte n'importe quoi, mais je découvre l'escrime avec toi. Si je ne me trompe pas, il y a trois disciplines. Enfin, il y a trois disciplines en une, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ou trois types d'armes, en tout
SPEAKER_01cas. On aurait fait ce podcast il y a deux ans, ça aurait été bon. Mais depuis 2020, ils ont ajouté le sabre laser. Donc en fait, dans l'escrime, tu as quatre disciplines. Il y a donc le fleuret que je pratique, l'épée, le sabre et le sabre laser. Et alors en fait, la différence principale, c'est la zone de touche. Donc moi, le fleuret, c'est la zone la plus restreinte. Je touche le ventre et le dos. C'est l'arme qu'on utilisait à l'époque pour s'entraîner à être précis avant de partir au combat. Au combat, on utilise l'épée. C'est une arme de duel pur et dur. C'est-à-dire qu'on touche de la tête au pied parce qu'on pouvait tuer son adversaire par n'importe quelle partie du corps. Et après, tu as le sabre. Le sabre, c'est une arme de cavalerie. Donc pour ne pas sabrer son cheval, on touchait tout ce qu'il y avait au-dessus de la ceinture corps bras et tête comprises d'accord voilà et à ça donc le sabre laser plus récemment ça c'est plus pour attirer un nouveau public qui recherche un petit peu une arme historique en lien avec Star
SPEAKER_00Wars ah c'est pas une blague alors
SPEAKER_01c'est vraiment c'est vraiment ça ah ouais on est le 5 avril c'est
SPEAKER_00pas une blague ouais voilà c'est ça je me disais attends mais sabre laser est-ce que non parce que il me semble que sur les dernières il me semble que j'ai vu des vidéos récemment de comment est-ce qu'on appelle ça où tu avais des pointeurs laser en fait un peu comme en tennis tu sais où tu as une vidéo qui te reproduit la trajectoire d'un balle au ralenti pour voir où est-ce qu'elle touche etc j'ai vu ça j'ai vu des vidéos un peu comme ça en escrime où tu voyais en fait les points de comment expliquer une courbe qui se dessinait dans l'espace qui représentait la pointe en fait de l'arme qui te permettait de voir les mouvements etc autrement à l'oeil nu tu vois rien donc je pensais que c'était un rapport avec ça mais en fait non c'est vraiment
SPEAKER_01sabre laser ouais ça c'était un projet artistique qu'ils avaient fait c'était vraiment somptueux parce que notre sport c'est un sport qui est très esthétique c'est beau à voir de part déjà la tenue qu'on porte mais aussi par les déplacements c'est quelque chose tu vois c'est pas comme à l'athlée où généralement on voit 5-6 athlètes qui courent pareil là les scrims chacun son expression voilà il a son jeu chacun s'exprime sur la piste comme il le souhaite et donc ils avaient mis effectivement des petites lampes au bout des pointes pour au garder comme une peinture, un pinceau qui peignait dans l'espace
SPEAKER_00avec un fleuret. Génial. Ok, donc toi c'est le fleuret et pourquoi le fleuret plutôt que le sabre
SPEAKER_01ou l'épée
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors en fait on a gardé cette tradition de commencer par le fleuret dans les clubs pour apprendre à être précis déjà dans un premier temps et puis ensuite en fonction des maîtres d'armes qui enseignent dans les clubs, chacun a sa spécificité et puis chaque club a une arme de prédilection en compétition. Moi j'ai commencé au club du Beck& Scream à Bordeaux et le floreste est l'arme de compétition donc
SPEAKER_00j'ai foncé là-dedans. D'accord, ok. Et au niveau de la compétition justement, comment est-ce que ça se passe
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est quoi les règles
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est quoi les différentes étapes d'un combat si on parle de
SPEAKER_01combat
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ouais, c'est bien, on parle d'un combat ou d'un assaut, voilà, ou d'un match de manière plus traditionnelle. Mais alors en fait une compétition ça va se dérouler sur deux jours, on a une épreuve individuelle le samedi, l'épreuve par équipe le dimanche ce qui est très étrange parce que parfois par équipe on rencontre les personnes on est avec nos coéquipières alors que la veille on était adversaires donc ça aussi c'est un paramètre en plus à prendre en compte donc en individuel le samedi on commence par une phase de pool de 6 personnes donc on a 5 ou 6 matchs à faire en 5 touches pendant 3 minutes on a 3 minutes pour mettre 5 touches si le temps arrive à la fin avant les 5 touches ce n'est pas grave, on prend le score qui est affiché, 4-3 par exemple. À l'issue de ces phases de tour de poule, il y a un classement qui est fait et on passe au tableau d'élimination directe comme dans beaucoup de sports. On élimine petit à petit. Cette fois-ci, c'est un match en 15 touches, 3 fois 3 minutes. et si tu perds t'as terminé ta compétition il n'y a pas de rattrapage ou de
SPEAKER_00repêchage
SPEAKER_01ah ouais ok voilà ça c'est pour l'épreuve indive et en équipe globalement c'est la même chose sauf qu'on n'a pas de phase de pool on prend le classement des précédents résultats en coupe du monde enfin en compétition par équipe ça nous fait le classement du début de la compétition si t'es premier tu vas rencontrer la dernière équipe et on fait un tableau d'élimination direct en 45 touches relé à l'Italie donc on est 4 dans l'équipe 3 personnes titulaires plus une remplaçante et chacun se rencontre une fois en 5 touches ce qui fait
SPEAKER_00donc
SPEAKER_0145 touches à l'arrivée d'accord
SPEAKER_00ok est-ce que tu as des notions de catégories dans chacune des 4 disciplines est-ce que le poids par exemple est pris en compte ou pas du tout
SPEAKER_01alors c'est ce que j'allais dire peut-être que c'est notre chance contrairement à d'autres sports comme le judo la lutte tous les sports de combat on n'a pas de poids à respecter la chance ouais c'est clair ce qui fait qu'en fait on a plein de gabarits différents on a vraiment les screams c'est de 5 ans à 99 ans pour tout type de corpulence donc ça c'est chouette par contre on a des catégories d'âge très classiques benjamin minime qui a des juniors, seniors voilà donc on se sépare en âge, ce n'est pas mixte on ne peut pas tirer en compétition contre des hommes sur des femmes mais voilà moi je suis en catégorie senior donc senior c'est quand on a passé la vingtaine et on le reste pendant de nombreuses années avant d'être vétéran généralement les vétérans ils sont plus dans le circuit international pour les
SPEAKER_00jeux
SPEAKER_01ok
SPEAKER_00génial ok donc fleuré pas de notion de poids c'est systématiquement au jeu c'est aussi j'imagine mais il y a aussi cette notion d'épreuve sur deux jours individuels et par équipe
SPEAKER_01complètement oui oui voilà sur tous les championnats et les compétitions sachant qu'à l'escrime notre compétition phare c'est évidemment les jeux olympiques il y a d'autres compétitions mais qui sont bien moins médiatiques Donc, déjà, c'est ce qui en fait son importance, en fait, des Jeux. C'est-à-dire que pour nous, c'est notre moment où on est médiatisé. Donc, tout le monde
SPEAKER_00en rêve. Et puis, si je ne me trompe pas, ces derniers temps, il y a eu quand même d'excellents résultats au niveau de l'escrime française.
SPEAKER_01Oui. Alors, petite anecdote. L'escrime, c'est le sport qui rapporte à chaque Olympiade le plus de médailles à la France. Ah oui
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui. Parce que déjà, on a plein de disciplines. Tu vois, tu as déjà trois disciplines non mixtes. Donc, ça fait un esprit sport de 6 médailles et en plus tu rajoutes l'équipe donc voilà ça fait un gros potentiel des médailles et voilà historiquement l'escrime est pourvoyeur de médailles pour la France
SPEAKER_00ah c'est dingue tu vois parce que vu le je sais pas si on peut dire que c'est peu médiatisé enfin franchement j'ai pas de chiffres sous les yeux pour dire ça mais
SPEAKER_01tu peux le
SPEAKER_00dire ouais toi c'est ton sentiment
SPEAKER_01ah oui c'est
SPEAKER_00sûr mais tu vois ce qui est étonnant parce que si c'est la discipline qui est la plus pourvoyeuse de médailles bon c'est peut-être Dommage qu'il n'y ait pas plus de médiatisation. Au-delà
SPEAKER_01du fait que c'est des belles valeurs, je trouve. Après, on a une grosse difficulté d'arbitrage. C'est pour ça que quand vous envoyez à la télé, c'est très souvent de l'épée parce qu'à l'épée, il n'y a pas de règle de priorité. Tu touches, tu as un point. Tandis qu'au fleuret et au sabre, s'il y a deux touches en même temps, il y aura toujours une question de priorité. Est-ce que tu as allongé ton bras en premier
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que tu as tapé la lame avant de toucher
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et ça, pour le spectateur, c'est très compliqué. C'est un sport qui est compliqué à... à projeter sur une télévision parce que niveau arbitrage même pour nous on a besoin de l'arbitrage vidéo parfois parce que c'est
SPEAKER_00compliqué ok ouais bon excellent et bien écoute merci pour ces explications sur les screens en tout cas sur la partie fleurée comment ça se passe du coup en termes de en termes d'organisation ta réalité c'est quoi tu nous expliquais que tu jongles entre trois casquettes une semaine type pour Jade s'il y en a elle ressemble
SPEAKER_01à quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01j'ai 5 entraînements par semaine enfin pardon 5 jours d'entraînement par semaine je m'entraîne du lundi au vendredi matin après midi donc généralement c'est 2 entraînements par jour mais ça peut monter à 3 en fonction des échéances donc normalement le week-end ce sont mes 2 jours off quand il n'y a pas compétition une journée type ça commence vers 8h je me lève j'ai entraînement à 10h généralement donc de 8h30 à 10h je travaille de 10h à 12h30 j'ai un premier entraînement donc les différents types d'entraînement on va avoir de la musculation de la préparation physique des assos et des leçons individuelles qu'avec un maître d'armes pour travailler la technique puis je déjeune j'ai une heure pour déjeuner normalement je travaille de 14h à 15h et puis ensuite je retourne à l'entraînement de 15h30 à 18h30 et le soir j'en profite pour régler Donc on a une belle unité de récupération ici à l'INSEP avec des bains chauds, des bains froids, de la cryo, tout pour pouvoir enchaîner des entraînements. Et puis après, je retravaille une demi-heure si j'ai le temps et si j'ai le courage, sinon je
SPEAKER_00dors. Oui, j'imagine. Après des journées comme ça, punaise. ok et justement je crois que la question suivante qui me vient c'est comment est-ce que t'arrives à tenir ce rythme dans la durée parce qu'il y a la charge physique mais il y a aussi tu vois émotionnellement enfin mentalement tout ce que ça exige d'être tout le temps à fond 5 jours d'entraînement par semaine avec au moins 2 entraînements par jour les études avec l'enjeu du diplôme à la clé temps d'entreprise enfin bon bref ça fait quand même beaucoup à 21 avec en ligne de mire la compétition la plus prestigieuse au monde des jeux à Paris cette fois bref ça fait quand même beaucoup donc comment est-ce que comment est-ce que tu arrives à gérer je ne sais pas si on peut parler de pression mais en tout cas toutes ces casquettes avec lesquelles tu jongles qu'est-ce que tu as mis en place peut-être comme outil pour t'aider à tenir sur la durée
SPEAKER_01et bien tu as peut-être le vocabulaire d'athlète mais j'allais te parler effectivement d'outils, j'ai plusieurs paramètres que j'ai appris à mettre en place durant ma carrière, depuis que j'ai commencé les scrims. Mais avant toute chose, ça c'est la partie de mon caractère, mais moi j'aime bien être très organisée, j'ai besoin de maîtriser les activités que j'entreprends durant ma semaine ou durant ma saison. Là, à l'heure où je te parle, j'ai des to-do list devant moi, j'ai besoin de cadrer en fait ce que je fais, donc c'est aussi un défaut parce que lorsqu'il faut improviser, j'ai un peu plus de mal. C'est ce que je travaille en ce moment. Déjà, un cadrage par l'organisation, c'est ce qui me permet d'être rythmée sans que ça me mette trop de pression. J'ai un créneau pour le travail. Je sais que j'ai une heure. Pendant cette heure-là, je coupe mon téléphone. Je ne pense pas à mon sport. J'ai besoin d'être à la tâche que je suis en train de faire. Je suis focus sur ce que je suis en train de faire. Sinon, je suis très bien entourée. J'ai un coach qui m'a depuis 5 ans et il m'a vraiment aidée à trouver ce qui était bon pour moi et à m'écouter et à me connaître donc je sais quand je suis fatiguée quand c'est le moment d'en faire plus ou au contraire qu'il faut que j'appuie sur le frein un petit peu et tu le disais je trouve que c'est important de le dire aussi par rapport à la vie sociale souvent elle est un peu mise à prix quand on est athlète moi je suis en école de commerce alors t'imagines que j'en loupe des soirées mais Mais par contre, j'ai besoin de garder ce lien social que moi, j'entretiens avec ma famille, beaucoup, mes parents, je les ai tous les jours au téléphone. Et c'est une manière pour moi de raconter ma vie, d'écouter ce qu'ils ont à me dire, leurs conseils et de me vider la tête. Donc voilà, c'est trois outils que je mets beaucoup à profit pour pouvoir enchaîner les journées avec plaisir déjà et sans trop de
SPEAKER_00pression. Super. C'est génial d'entendre, tu vois, un témoignage de plus, en tout cas sur le podcast, qu'un un des outils que tu utilises en tout cas un des supports que tu utilises c'est c'est un préparateur mental hum Je ne sais plus avec quels invités on en parlait. C'est revenu plusieurs fois ce sujet-là. Ah oui, c'était avec Marie-Laure Brunet qui a été, je ne sais pas si tu connais, mais qui a été médaillée olympique en biathlon et qui expliquait que quand elle, elle avait pris, alors c'est une autre génération, c'est plutôt la génération de tes parents, je pense, mais elle expliquait que quand elle avait, elle, pris la décision de prendre un préparateur mental ça avait pas forcément été super bien compris en tout cas par sa fédé et que c'était un peu vu comme bon limite prendre un psy quoi j'avais trouvé ça assez étonnant c'est pas du tout une critique tu vois de ce que pense la fédé de Biathlon mais j'avais trouvé ça étonnant de voir que en fait c'était pas un aspect qui était de facto pris en compte par toutes les fédés françaises quelque part tu vois quelles que soient les disciplines
SPEAKER_01je pense que c'est aussi générationnel maintenant nous tu vois je suis en train d'INSEP l'une des premières questions ça a été est-ce que tu as un préparateur mental donc je pense que ça a bien changé et puis on s'est rendu compte de par observer les autres fédérations aussi que c'était super important donc je pense que ça a changé et ça c'est super
SPEAKER_00positif ouais c'est clair C'est clair. Tu parlais de vie sociale. C'est une question que j'aimerais bien te poser. On en parle souvent avec des invités sur la construction identitaire du sportif ou de la sportive de haut niveau, surtout quand on est jeunes adultes. Je serais curieux de savoir comment est-ce que tu gères cette casquette sportive de haut niveau dans un contexte où ça pas la norme typiquement l'école et je te pose la question parce que là dans le groupe pour tout expliquer j'ai encadré plusieurs groupes d'étudiants pendant un mois pour catch business school et donc il y avait un de ces groupes dans lequel Jade était impliquée sur un travail pour une entreprise et je sais pas tu as eu la possibilité d'assister à quoi peut-être deux ou trois meetings sur le mois et du coup la question que je me pose, c'est comment tu gères cette perception de personnes qui ne sont pas du tout dans le haut niveau, qui très certainement, et c'est normal je pense, ne comprennent pas les sacrifices que ça implique. Mais pour autant, tu dois travailler avec eux parce que quelque part, tu suis la même formation.
SPEAKER_01C'est hyper intéressant. Cette question, on ne me la pose pas souvent et pourtant, c'est un enjeu dans notre quotidien parce que tu te rends compte que quand tu dises avec des personnes qui ne connaissent pas le sport. Il y en a, ils me disent, tu fais quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu es où dans la vie
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu habites où
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je dis, j'habite à l'INSEP. Il y en a vraiment très peu qui savent déjà ce que c'est et qui sont à des années lumières de ce que c'est le sport de haut niveau. Et notamment, à l'école, il y a certains profs qui ne comprennent pas qu'on mette le sport en priorité. Mes camarades, il y en a qui ne comprennent pas que tu es aussi un emploi du temps à concilier avec ton d'emploi du temps scolaire et t'effaces tout le temps à une non compréhension ou du moins à des gens qui ne se rendent pas compte de ce que ça représente en fait je pense que voilà ils voient ce qu'on montre un peu sur les réseaux ça aussi c'est aussi on a notre part de responsabilité parfois on montre que les bons côtés on est invité à telle réception parce qu'on est athlète on a tel bénéfice tel avantage mais on montre pas quand c'est dur on montre pas quand on a super mal quand on souffre du coup les gens je pense qu'ils réalisent pas assez donc comment je fais pour faire face à ça déjà j'ai la chance de baigner dans un monde d'athlètes mon copain il est également à l'INSEP il s'appelle Raphaël Savin il est aussi escrimeur en équipe de France donc déjà je baigne dans un milieu je suis globalement entourée d'athlètes qui comprennent ma vie et ça j'ai vraiment besoin d'être comprise dans mon quotidien mais dès que je suis confrontée à ce monde extérieur j'essaye du mieux que je peux de me mettre à leur place c'est à dire que je ne peux pas m'empêcher de faire mon maximum pour être une étudiante lambda quand je suis à Kedge c'est à dire que mon groupe que tu as vu quand j'ai travaillé pour Kedge je leur ai dit ok les gars je ne serai pas là de telle heure à telle heure mais ne vous inquiétez pas je ferai le job après en fait je balance le fait que je ne peux pas être là en présentiel avec eux par beaucoup plus de travail écrit je me rattrape en dehors des prestations en présentiel avec eux Mais voilà, c'est ma manière à moi de leur montrer que je n'ai pas la même vie qu'eux. C'est-à-dire que je leur montre que je ne peux pas être en présentiel. Mais tout de suite, je me dis, ne vous inquiétez pas, je serai là, je ferai le maximum pour rattraper mon retard.
SPEAKER_00Ok, donc tu donnes encore plus de ta personne quelque part pour compenser ce temps que tu n'as pas forcément avec eux. Oui, c'est
SPEAKER_01tout à fait ça. Je me dis que c'est la seule manière de balancer parce que sinon, ils ne comprennent pas et ça engendre beaucoup de conflits, ça engendre une mauvaise impression aussi de l'athlète parce que dès qu'on a un athlète dans la classe, on se dit« ça, lui, il va compter sur les autres de l'équipe du groupe pour faire le travail». parce qu'ils réalisent
SPEAKER_00pas qu'on a pas
SPEAKER_01le temps en fait donc je me dis bon bah tu vas balancer tu
SPEAKER_00vas beaucoup travailler pour que le boulot soit fait quand même ça c'est quand même dommage j'ai discuté avec des anciens sportifs en l'occurrence des basketteurs alors je sais pas si c'est du haut niveau mais en tout cas aux Etats-Unis il y a l'approche très différente du sport en université très très différente et en fait si t'es sportif bon disons que c'est du haut niveau si t'es sportif sportif de haut niveau aux États-Unis, tu es un peu une star en fait sur les campus. C'est ça. Alors qu'en France, même avant, tu vois, moi je n'étais pas en école, j'étais encore au lycée quand je faisais du judo. Je n'avais absolument pas le sentiment d'être une star. Tu vois, je me rappelle de commentaires de profs devant toute la classe quand à la fin du cours, j'attendais la fin du cours parce que je savais que sinon certains réagissaient un peu chaudement, tu vois. Quand j'amenais mes convocations en équipe de France pour partir faire un stage à l'autre bout du monde, je me faisais pourrir. C'était, mais encore, mais qu'est-ce qu'on va faire de vous
UNKNOWN?
SPEAKER_00Moi, je ne peux pas décailler des S. Tant pis, vous allez la rater. Tu sais, limite, tu te sens mal. Tu te dis, mais mince, je suis désolé de vous embêter avec ça. T'as
SPEAKER_01l'impression que c'est une contrainte d'être athlète.
SPEAKER_00Non, mais c'est
SPEAKER_01ça. Et en fait, comme t'es vu comme un sportif qui fait juste des compètes et qui, justement, aurait le temps de faire autant les autres ils pensent que c'est une excuse que tu te donnes et moi ce que tu dis je l'ai vécu et moi j'ai eu des profs en post-bac donc évidemment j'ai eu ça pendant toute ma scolarité dès que j'ai loupé une compète mais même en post-bac ça m'a un peu plus étonnée des profs qui m'ont dit bah en fait tu veux faire passer l'escrime avant ta scolarité mais t'as pensé à ce que tu vas devenir après si tu te présentes pas à l'examen là t'as pensé à ce qui pourrait arriver si tu peux pas avoir ton diplôme et c'est ça c'est constamment en fait par Parce qu'il n'y a pas, comme tu dis, cette culture du sport qui existe bien largement aux Etats-Unis et aussi dans d'autres pays où en fait, ils ont bien compris que pour être performant, c'est le corps et l'esprit. Et en France, c'est encore pas trop ça. Alors parfois, t'as de la chance de tomber sur les tuteurs qui font du sport et qui
SPEAKER_00comprennent. Mais
UNKNOWN!
SPEAKER_00Ce qui est quand même un peu l'ironie parce que la France, c'est quand même le pays de Pierre de Coubertin, tu vois. Par rapport à l'histoire des Jeux, c'est quand même un peu fou quand on est un pays de sport Il y a quand même plein de disciplines où on est parmi les meilleures nations. En cyclisme, en foot, en rugby, en judo en l'occurrence, en escrime, comme tu le disais. Donc bon, c'est quand même un peu dommage.
SPEAKER_01Mais pour positiver quand même ça, il y a vraiment de belles avancées. Et surtout, et ça c'est ce que je vois dans mon côté professionnel, je vois que de plus en plus, le sportif intéresse le monde de l'entreprise parce qu'on commence à comprendre... que mine de rien, on a une autre manière de penser, on a appris des valeurs beaucoup plus tôt que certaines personnes qui iront dans le monde de l'entreprise et qui comprendront ce que c'est que l'efficacité un peu plus tard ou la résilience, la confiance en soi et comprennent en fait que nous, par nos compètes, nos entraînements quotidiens, on a acquéri ces valeurs beaucoup plus facilement et rapidement qu'un non sportif et donc on commence à s'intéresser aux sportifs et donc il y a de plus en plus de choses qui sont mises en place dans les écoles,
SPEAKER_00des
SPEAKER_01aménagements, du mécénat, du sponsoring qui nous
SPEAKER_00aident. C'est super ça, parce que tu vois, moi quand je suis rentré à Cade, c'était en 2009, après mes deux années de classe prépa, et avant de partir en prépa, j'avais regardé s'il y avait des conditions d'admission spéciales pour les sportifs de haut niveau, en école de commerce, et de mémoire, je ne veux pas dire de mémoire, mais il y avait que deux écoles qui proposaient des accès sur dossier. C'était l'EM Lyon et l'ESC Montpellier. Et l'EM Lyon, je me rappelle, il y avait Stéphane Diagana qui avait fait l'EM Lyon. Et c'était un peu les seules options en France. Alors qu'aujourd'hui, KEDGE, je ne me rappelle pas du tout que KEDGE ait eu des parcours aménagés pour l'espace. Il y a 10 ans, tu vois. Donc ça,
SPEAKER_01c'est génial. J'étais la seule à Bordeaux il y a 3 ans.
SPEAKER_00Je suis passée à Paris maintenant, mais ça commence. C'est bien, tant mieux. C'est génial. Excellent. Ça nous fait une super transition sur ta troisième casquette, celle d'entrepreneuse. Comment est-ce que ça… Alors, tu nous as expliqué comment ça s'est mis en place, mais sur typiquement la semaine type que tu nous expliquais… Ça te prend combien de temps à peu près cette activité de conférence
UNKNOWN?
SPEAKER_01La conférence en tant que telle, donc la prestation, j'essaie de ne pas en mettre plus de quatre par
SPEAKER_00mois.
SPEAKER_01Ah, quand même. Oui, mais il y a de la préparation bien sûr avant. Tu connais, dès que tu es entrepreneur, il y a du démarchage, de la relance, beaucoup de coups de téléphone. Ça prend du temps en amont. On va dire que j'y consacre quotidiennement, j'essaye une heure, 30 minutes à une heure. Et à ça, tu rajoutes mes deux à quatre conférences par mois. Donc en soi, c'est encore assez minime, mais c'est quand même quelque chose à ajouter dans mes
SPEAKER_00journées. Oui, clairement, oui, clairement. Et tu t'expliquais que tu as vraiment le sentiment, la perception par rapport aux sportifs de haut niveau évoluent en entreprise notamment. Toi, qu'est-ce que c'est les messages qui ont le plus d'impact quand tu fais ces conférences
UNKNOWN?
SPEAKER_00À quoi est-ce que les gens réagissent le plus ou tu as le sentiment qu'ils sont le plus inspirés par ce que tu racontes
UNKNOWN?
SPEAKER_01Dans mon quotidien, je mets l'athlète au service du collaborateur. Ça, c'est le slogan un peu de mon entreprise. et je fais un parallèle tout le temps en disant en plus ça se prête bien à l'escrime tu vas voir pourquoi en fait à l'escrime on tire contre un adversaire donc le collaborateur contre des concurrents on veut toucher son adversaire eux ils veulent toucher leur cible client et on évolue sur une piste eux un marché et il y a des règles à respecter tout comme dans le monde de l'entreprise et puis on fait tous deux le collaborateur et moi face à la pression on doit gérer l'échec rebondir rebondir, on doit être organisé, avoir une bonne hygiène de vie et atteindre des objectifs. Et ça, c'est tout le temps un parallèle que je fais et en fait, ça coule de source, c'est-à-dire que quand je fais des conférences, ce qui plaît beaucoup, c'est quand je parle d'atteindre d'objectifs, ils savent très bien ce que c'est les Jeux Olympiques et ils se disent« Ok, waouh, c'est une grande marche, comment tu fais pour te pencher vers cette direction
UNKNOWN?
SPEAKER_01» un salarié veut atteindre plus de chiffre d'affaires ou bien atteindre une plus grande cible client chacun a son objectif et en fait pour l'atteindre on met en place des outils qui sont assez similaires on va faire appel à de la communication à de l'organisation et ça c'est ma valeur ajoutée c'est à dire que moi j'ai 21 ans quand je suis internée dans une entreprise ils ont 40-50 ans et les premières fois je me suis dit, mais bon, OK, tu es là, tu as quelque chose à dire, mais c'est vrai qu'eux, ils ont beaucoup plus d'expérience professionnelle. Par contre, dans mon domaine, c'est-à-dire le sport de niveau, je suis compétente et experte de mon domaine et de parler de ce que je fais au quotidien, ça les inspire et ils me disent, OK, en tout cas, ça me donne envie, ça me motive plus pour atteindre mon objectif et on utilise des outils très concrets. Par exemple, si je peux t'en citer un, c'est la méthode de l'escalier. c'est à dire que pour atteindre un grand objectif moi au début de ma saison je vais mettre des paliers à atteindre allant de ok je veux faire plus de yoga pour être plus souple parce que j'ai repéré que c'était un besoin pour faire des fentes plus explosives premier palier je me donne un mois pour être plus souple comment je fais je veux faire du yoga une fois par jour pendant trois semaines ok premier palier atteint et ensuite je passe au deuxième palier je veux atteindre un une nouvelle technique par exemple je veux faire ce type de parade ce type de riposte et ben je vais reposser trois mois je vais communiquer avec mon staff voilà j'explique tout ce que je mets en place et au final qui est super facilement transposable dans
SPEAKER_00leur monde à eux génial génial ouais la méthode de l'escalier j'avais déjà lu quelque part il y en a qui utilisent l'analogie avec de l'éléphant qu'en gros si tu dois t'attaquer à un éléphant bon forcément c'est un peu trop gros donc comment est-ce que tu le tu commences par le découper en plus petits blocs, mais bon, c'est un peu plus gore. Excellent. Et alors, tu t'évoquais cette grosse échéance qui est les jeux et les outils que tu as mis en place pour gravir cette grosse, grosse marche. 2024, c'est dans deux ans, mais finalement, c'est aussi demain. Donc, où est-ce que tu en es, toi, dans ta préparation comment est-ce que tu l'abordes et quelles sont les prochaines grandes étapes justement les prochaines petites marches on va dire qui t'aideront à gravir la grande
SPEAKER_01alors oui comme tu dis les jeux c'est beaucoup plus proche ça n'a jamais été aussi
SPEAKER_00proche
SPEAKER_01en fait et la spécificité c'est que cette fois-ci on a eu que 3 ans pour s'y préparer à cause du report des jeux de Tokyo donc il y a beaucoup de paramètres qui sont nouveaux par rapport à d'autres Olympes déjà il y a beaucoup d'athlètes qui n'ont pas arrêté après Tokyo parce qu'ils se sont dit il n'y a que 3 ans et c'est à la maison donc déjà il y a des places qui ne se sont pas libérées comme elles auraient pu se libérer si ça n'avait pas été à Paris et si ça avait été 4 ans après donc déjà les places sont plus chères là tu vois sur les 3 filles qui sont parties au jeu il n'y en a qu'une seule qui a arrêté alors que normalement il y en aurait peut-être plus une deuxième donc ça ne fait qu'une place à prendre ou plus, mais je veux dire, il y a vraiment une place qui s'est libérée. Moi, j'ai 21 ans, là, je dors pour partir, pour faire une médaille, on va dire que c'est entre 28 et 32 ans, mais à Tokyo, on nous a prouvé qu'il y avait un Romain Canon, je ne sais pas si ça te parle, champion olympique à l'épée, qui est parti sur le gong au dernier moment, et qui a remporté la médaille d'or, et il n'avait que 24 ans, donc ça nous prouve le contraire. En tout cas, voilà, moi, durant les deux prochaines années je vais devoir répondre à de bons résultats en coupe du monde donc chaque saison tu as 5 coupes du monde et à l'issue de ces 5 coupes du monde il y a un classement sélectif qui est érigé et on va prendre les 4 premières pour partir aux Jeux Olympiques à Paris donc moi je dois faire le boulot en tout cas pendant ces deux prochaines années de continuer à grandir dans cette grande fosse au lion qui est le haut niveau senior il y a vraiment une différence entre les juniors et les seniors notamment en termes d'années d'expérience parce que quand t'arrives en senior t'as des filles qui ont 30 ans donc qui ont 10 ans de plus d'expérience que toi et ça fait de l'effet en tout cas sur la piste donc le job c'est de rêver 2024 de tout faire pour être à 2024 avec un objectif en ligne de mire de médaille d'or en 2028
SPEAKER_00Génial, génial. Voilà, le plan d'action. Toi, tu dirais que c'est quoi ta différence, ta touche spéciale Jade sur la piste
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ça, je pense que peut-être que tu pourrais demander à mon entourage et tout le monde serait d'accord. Je bosse énormément parce que j'adore ça, j'adore les scrims et j'adore travailler. Donc, je ne vais jamais rien lâcher. Ça, c'est vraiment mon point. Peut-être que je suis moins talentueuse naturellement que certains athlètes, mais je vais m'entraîner plus pour acquérir toujours geste parfait et la technique parfaite et ça ça me vient peut-être de mon papa qui m'a toujours répété quand j'étais petite et encore aujourd'hui c'est son mantra il dit je ne lâche rien et ça c'est vraiment un truc que je me répète quand c'est un peu dur que tu dois soulever toujours plus lourd à la muscu tu dis ok je ne lâche rien et ça c'est vraiment un truc qui m'est rentré dans la tête et que je mets en place dans mon quotidien et voilà donc ma valeur ajoutée c'est le travail j'abandonnerai
SPEAKER_00pas quoi super message
SPEAKER_01ça
SPEAKER_00Excellent. Super. Petite question, tu nous as parlé de trois casquettes, mais il me semblait... Peut-être que je me suis trompée, mais il me semblait avoir vu sur Instagram que tu fais du
SPEAKER_01mannequinat
SPEAKER_00en plus, non
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui. Donc, est-ce que c'est vraiment une quatrième casquette ou est-ce que c'est un hobby un peu accessoire qui ne prend pas tellement de temps
SPEAKER_01au final
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors ça, la petite histoire, c'est que je suis entrée dans ce monde-là, j'avais 18 ans, j'ai fait le concours de Miss Audironde. Donc, c'est la première étape de Miss France. Tu as d'abord le département, la région et la France. Et je me suis inscrite… Je ne saurais même pas te dire comment. Je ne me souviens plus. Je me suis inscrite à ce concours. Évidemment, tu as une semaine de répétition avant la soirée de l'élection. J'étais à l'entraînement. Je n'ai pas pu aller à une seule soirée de répétition. Je suis arrivée le samedi soir. J'ai demandé à une fille qui était aux répétitions de m'apprendre les chorés. Entre parenthèses, il y en a une qui m'a appris un truc qui n'avait rien à voir. Il faut savoir qu'il y en a beaucoup qui se battent pendant des années pour avoir cette couronne. tous les moyens sont bons pour gagner et ce soir là j'ai eu j'étais troisième dauphine donc j'ai eu une écharpe mais j'ai surtout appris à faire abstraction du regard des autres ce soir là tu vois j'ai défilé en maillot de bain devant il y avait 300-400 personnes et ça m'a appris une petite compétence et c'est ça que je vais retirer de ma première expérience de mannequinat puis après j'ai pris goût mais plus dans la photo donc maintenant dès que je peux représenter une marque qui m'accompagne dans ma pratique sport sportive, je leur propose toujours de faire des photos, de la vidéo. Je suis dans des agences parce que c'est plus une petite passion, mais ce n'est pas une casquette parce que ça ne prend pas assez de temps pour porter le nom de casquette, mais voilà, c'est une petite
SPEAKER_00activité annexe. Excellent, ok. Et alors, tu parlais de Marc qui t'accompagne dans ta pratique sportive. Aujourd'hui, c'est une nécessité dans les scrims d'avoir des sponsors
UNKNOWN?
SPEAKER_01Complètement, c'est un sport qui est amateur, je l'ai dit un petit peu plus tôt, mais déjà, c'est un sport qui coûte cher. Tu vois, pour te donner un ordre d'idée, un fleuve ça coûte 120 euros, on en casse plusieurs par mois. Les tenues, il faut les changer tous les ans. Les déplacements ne sont pas nécessairement pris en charge. Donc très vite, j'ai dû faire appel à des sponsors. Et puis récemment, j'ai changé de club. Je suis passée dans un club parisien parce que les clubs de province n'ont pas accès aux mêmes ressources financières que les clubs parisiens. Donc j'ai pu être mieux encadrée dans le club de Bourg-la-Reine dans lequel je suis aujourd'hui qui m'accompagne financièrement et aussi au niveau du staff et de l'accompagnement bien évidemment. Mais oui j'ai besoin de partenaires pour financer mes saisons. Donc aujourd'hui j'ai la BPCE qui m'accompagne dans le cadre du pacte de performance et puis d'autres partenaires plus privés, le Groupe d'Humain, d'autres entreprises locales. Mais aujourd'hui si tu veux espérer t'entraîner dans un confort oui c'est nécessaire d'avoir un partenaire
SPEAKER_00ok
SPEAKER_01ok la fédération prend en charge tu vois par exemple ne prend pas en charge la totalité de l'INSEP par exemple ça à toi de dépenser une petite partie ouais les déplacements ne sont pris en charge que lorsque tu es en équipe de France dans les quatre dans les quatre premières donc pour y accéder déjà t'as plusieurs années où tu dois financer toi-même le déplacement en Coupe du Monde qui sont partout dans le monde voilà
SPEAKER_00D'accord. C'est étonnant, ça. Je n'aurais pas cru. Ah oui, d'accord. Donc, si tu es en équipe de France, mais pas dans les quatre premières sur les listes, c'est à tes frais,
SPEAKER_01quoi. Voilà,
SPEAKER_00complètement. D'accord. Ok, bon. Intéressant.
SPEAKER_01Mais faites de l'escrime,
SPEAKER_00c'est génial. Oui, quand on aime, on ne compte pas, mais...
SPEAKER_01Disons que voilà, c'est-à-dire que quand un escrimeur te dit qu'il fait de l'escrime, tu sais que c'est vraiment
SPEAKER_00par passion, quoi. Oui, oui. je comprends mieux là du coup ok wow intéressant super bah écoute Jade on arrive je regarde l'heure mais on arrive doucement au bout moi je serais curieux de savoir peut-être qu'est-ce que en plus ça va être tu vas nous faire une réponse incroyable parce que t'es habitué à ce genre de choses mais qu'est-ce que tu conseillerais tu vois à celles et ceux qui nous écoutent fort de toutes ces expériences de tes multiples casquettes et tout ce que t'as pu apprendre dans le sport de Nioh notamment je à présent
UNKNOWN?
SPEAKER_01d'habitude à cette question je réponds en disant il ne faut jamais relâcher comme j'en ai parlé juste avant j'avais envie de faire passer un autre message qui est celui de prendre du recul parce que c'est ce que je fais en ce moment un peu plus que les autres fois parfois il faut savoir regarder sa situation d'un peu plus haut et de réaliser où tu es, où j'en suis, où nous en sommes et te dire que tu as déjà réalisé certaines choses et de mettre dans ta valise que tu portes tous les jours des compétences que tu as déjà su valider sans vouloir tout le temps aller en chercher toujours plus moi parfois je prends le temps de me poser et de me dire ok je sais demain tu vas à l'entraînement cet après-midi ça va être dur, tu veux la médaille tu veux la médaille mais je me dis attends regarde déjà tout ce que tu as validé regarde toutes tes compétences que tu as déjà tu sais faire ça, tu sais faire ci, tu as telle technique tu as tel résultat déjà, ça te fait sourire et ça te donne un peu plus de motifs pour la suite. Mais je pense que c'est important de prendre du recul un peu plus souvent sur ce que tu as déjà réalisé dans ta vie pour aller accéder à de plus hauts
SPEAKER_00sommets. Oui, c'est un super message. Je suis 100% d'accord avec toi. Quelque part, cette notion de... Tu vois, quand je travaillais chez Apple, c'est quelque chose qu'on utilisait beaucoup en interne qui va un peu dans ce sens-là. C'est« slow down to go fast». C'est un peu à que ça me fait penser, tu vois, cette capacité à ralentir en fait, faire une pause un peu, regarder dans le rétro, te rendre compte de tout ce que tu as déjà réalisé pour pouvoir mieux repartir après en avoir tiré des enseignements. Donc
SPEAKER_01super message. C'est un moyen de faire un point aussi. On parle énormément du feedback dans le monde de l'entreprise. Nous, à l'entraînement, tu vois, on a une application. Tous les matins, on dit quel niveau de forme on a et tous les soirs, on remplit notre bilan de séance et dans le bilan de séance, on te demande qu'est-ce qui n'a pas été, qu'est-ce qui a été. Donc c'est toujours cette idée de faire faire un point pour avoir des axes de travail, mais aussi pour valider certaines compétences que tu as mis longtemps à essayer
SPEAKER_00d'acquérir.
UNKNOWNExcellent.
SPEAKER_00super bah écoute franchement un grand grand merci Jade pour nous avoir fait découvrir ton univers en tout cas pour moi c'est beaucoup plus clair donc je pense que maintenant quand on parlera des screams voilà j'aurai des règles en tête je serai calé donc non franchement vraiment merci beaucoup c'était juste passionnant de découvrir comment est-ce que t'arrives à jongler avec toutes ces activités hyper inspirant de voir à 21 ans tout ce que t'as déjà tous les apprentissages que t'es déjà capable de restituer et là clarté que t'as sur la suite la suite de tes aventures et ce que tu vises donc écoute franchement bravo si les gens veulent te suivre d'ici les jeux et après surtout pour 2028 puisque tu disais que c'est quand même ça si j'ai bien compris la vraie grosse efférence avec l'or en ligne de mire c'est quoi c'est Instagram le bio le plus
SPEAKER_01adapté ah ouais là j'avoue que je fais ma Jones c'est clairement Instagram sur lequel il y aura plus d'infos j'ai Facebook qui met insta insta insta insta ça marche merci infiniment c'était un super moment et vraiment merci merci pour ce
SPEAKER_00podcast avec grand plaisir Jade tout le meilleur pour la
SPEAKER_01suite yes merci salut salut