SPEAKER_00

Quand vous avez une idée en tête, bordel, allez-y, allez-y franchement, n'ayez pas peur d'échouer, vous casserez la gueule comme tout le monde, comme je l'ai fait, vous relèverez comme tout le monde et vous apprendrez. Et tout ça, en fait, ça fait partie de vos expériences. Il faut aller de l'avant en ayant cette envie de toujours faire au mieux, de donner le meilleur de soi.

SPEAKER_01

Hello Hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens forces spéciales leur point commun la passion pour leur projet et l'audace de se lancer alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine excellente écoute à vous les frapper Eh bien, écoute, bienvenue Rémi sur le podcast. Salut Loïc. Je suis ravi que tu te sois rendu disponible aussi rapidement. Franchement, c'est juste génial. Hyper approchable. Je t'ai contacté, je pense, semaine dernière. Et boum, nous voilà en visio pour cet enregistrement. Donc vraiment, merci, merci beaucoup. D'autant plus que tu nous en parleras, mais je sais qu'en ce moment, tu es pas mal occupé en train de préparer un gros défi qui arrive bientôt. C'est ça. Donc vraiment, top, top, top. Et puis, je suis d'autant plus content que, je ne te l'ai pas dit même en off, mais En fait, bon et là ça commence mal puisque je commence à parler de moi-même avant de te poser des questions. Vas-y, vas-y. Je peux venir boire ma boisson, vas-y, vas-y. Il n'y a pas très longtemps, tu vois, j'ai démissionné, j'étais chez Apple pendant 7 ans et j'ai commencé à me poser des questions sur ce que j'allais faire sur la suite, etc. Et c'est à cette période avant le Covid que j'ai commencé à réorganiser des petites expés, des voyages un petit peu qui me faisaient triper et en me disant mais ça ne doit pas être possible de vivre de ça et en fait je suis tombé sur un de tes, exactement à ce moment là je suis tombé sur un de tes articles sur LinkedIn et donc je regarde ton profil, je vois aventurier pro et là je me suis dit punaise mais il y a des gars qui en vivent et c'est possible, alors tu vas nous expliquer ce que ça veut dire vivre de l'aventure mais tu as contribué il y a maintenant deux ans à ce que je me décide à un moment donné à faire le pas et passer dans l'entrepreneuriat donc tu vois, merci pour ça

SPEAKER_00

Rémi.

SPEAKER_01

Moi

SPEAKER_00

j'en suis ravi, moi j'ai ma question pourquoi avoir quitté

SPEAKER_01

Apple du coup

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ah ça, bon écoute parce que l'envie de changement et figure-toi à force de discuter avec des frappés toutes les semaines alors maintenant j'ai un peu réduit le rythme depuis que je suis papa c'est toutes les deux semaines mais pendant un moment c'était un épisode par semaine et à force de discuter avec des gens comme toi comme les filles de Mycorn tu vois dans le monde de l'exploration Vincent Colliard Lourilag des gens qui ont un peu à un moment donné décidé de construire leur propre destin je me suis dit que finalement la vie est trop courte et il fallait que je fonce pour tenter de faire le mien

SPEAKER_00

voilà cool cool cool C'est bien, je trouve que c'est cool parce que c'est plein d'expériences, de vies, et peu importe dans quoi on décide de s'embarquer quand on le fait pleinement, il ne faut rien regretter de se dire j'ai appris plein de choses de mon passé et que c'est ce qui fait ce que je suis maintenant, et c'est important.

SPEAKER_01

Exactement, ouais, carrément. Eh bien écoute, peut-être que maintenant qu'on a dit tout ça, on pourrait commencer par les présentations, mais pour le coup, de toi, que tu nous expliques un petit peu qui est Rémi, ce que tu fais aujourd'hui, et quel a été ton parcours jusqu'à présent

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Rémi Camus, c'est un aventurier explorateur qui fait ce job depuis plus de 12 ans. J'étais auparavant maître d'hôtel dans la restauration. J'ai fait 8 ans. J'ai un bac technologique en restauration. J'ai arrêté très rapidement l'école après avoir eu le bac. Je voulais... aller explorer la restauration, tu vois, et découvrir un petit peu les restaurants, les dessous des cuisines, tout ça. Je trouvais ça passionnant parce que c'est un métier de passion, la restauration. Et je suis quelqu'un qui va toujours à fond dans les choses. J'ai toujours été quelqu'un qui aimait, je vais dire, l'excès. J'aimais bien, voilà, pousser toujours au plus loin. Donc, que ce soit dans n'importe quel domaine, que ce soit au travail, dans les substances illicites, certaines personnes le sauront parce que je ne m'en cache pas et et je l'ai vécu quand je vivais en Angleterre, mais j'ai toujours poussé les choses très loin sur les expériences, parce que je trouvais que, voilà, j'aime pas travailler, comme dit Dieu donné, travaille pas à la douchette, j'aime bien, on y va vraiment, on va vraiment explorer les choses. Et puis au détour d'une brocante, j'ai attrapé un livre de Jamel Bali, qui avait traversé l'Amérique en courant, et c'est ce qui m'a donné ce bon coup de pied au cul de me dire, mon pote, un peu comme toi avec Apple, tu vois, la vie est trop courte autant vivre les choses pleinement et chose que l'on aime et j'avais déjà beaucoup apprécié les voyages que j'avais pu faire dans le passé quand j'étais encore dans la restauration mais j'aimais également la rencontre avec les gens et c'est ce qui m'a toujours le plus passionné c'était cette cet échange ce partage qu'on pouvait avoir avec des autochtones avec des communautés avec des gens qui vivent dans des endroits très reculé ils ont une autre façon de vivre des fois beaucoup plus terre à terre beaucoup plus proche des de mère nature que l'on peut l'être nous. Des fois, on est un peu trop, tu vois, asphyxié avec notre mode de vie. Et j'avais besoin de ça, de retrouver un petit peu tous ces trucs-là. Et c'est ce que j'ai fait avec ma première aventure lorsque j'ai traversé l'Australie en courant en 2011, où j'ai découvert les aborigènes. Des gens relativement simples, un petit peu, voire même beaucoup, exploités par les Blancs. On ressent cette méfiance, d'ailleurs, quand on rentre dans les communautés aborigènes. Et puis, on ensuite, en 2013, complètement l'inverse de l'Australie, notamment avec la rencontre avec les aborigènes, parce que là, tu vas vers eux, mais c'est très difficile de se faire accepter. Là, quand t'arrives en Asie du Sud-Est, c'est tout le contraire, quoi. T'es à peine posé le cul sur une berge, qu'il y en a un qui arrive avec une bière, avec une cigarette, et tu te dis, c'est pas possible, je vais pas être tranquille cinq minutes, laissez-moi. Et ça s'arrête jamais. Donc, ils ont pas du tout la même approche qu'on peut avoir en Australie. Et ensuite, eh bien, voilà, le Tour de France à la nage que j'ai fait en en 2018, en partant de Dunkerque jusqu'à Monaco pour faire 2650 kilomètres. Je n'ai pas fait beaucoup de longues et grosses aventures, j'en ai fait que trois, parce qu'une aventure, ça se prépare, ça prend du temps, beaucoup de temps à préparer, ça prend du temps à réaliser et ça prend du temps à restituer. Et aujourd'hui, les gens, les jeunes qui veulent se lancer dans l'aventure, l'exploration, ne veulent plus prendre le temps. Ils veulent tout, tout de suite. Mais c'est cette problématique des réseaux où on veut être connu tout de suite, on veut avoir la notoriété tout de suite, on veut avoir des sponsors de ouf tout de suite. Et en fait, ils ne se rendent pas compte que se forger une notoriété, une carrière, un parcours, d'être crédible aux yeux d'eux, peu importe qui c'est, ça prend du temps et du temps et du temps et du travail. Les gens ne voient que la belle facette de l'aventurier explorateur. Et moi, je leur dis, vous savez, ce n'est pas juste un rêve bleu. On est sur un tapis volant et on est avec le prince à boubou. Ce n'est pas ça. On galère, on travaille dur, dur. On se lève le matin. Moi, je fais mes entraînements tous les jours, tous les matins. Ensuite, c'est du démarchage, de partenaires, monter les projets, ficeler, s'assurer que ça prenne forme, que les valeurs que tu défends coïncident avec celles de tes partenaires et vice-versa, créer une image virtuelle qui soit dynamique, intéressante, digitale également, qui puisse faire passer un message fort. Et en fait, tu te rends compte que tout ça, ça prend beaucoup, beaucoup de temps et qu'il faut être assidu, motivé et puis avoir une certaine discipline.

SPEAKER_01

Tu mets le doigt sur un sujet super intéressant. Ça faisait partie des raisons pour lesquelles j'ai voulu lancer ce podcast et interviewer des gens comme toi qui vont au bout de leurs rêves quelle que soit leur discipline entre guillemets, c'est justement pour parler de cette face un peu immergée de l'iceberg, ce qu'on ne voit pas en fait, tu vois, moi je suis un ancien sportif de haut niveau et en judo et c'est vrai que typiquement les gens, si tu parles de judo à quelqu'un aujourd'hui, il va sans doute te dire t'es d'Ireneur 10 fois ou 20 fois champion du monde, enfin 10 fois champion du monde médaillé mais il voit pas les 15 ans qu'il a déjà passé à suer sur des tapis 10 fois par semaine, à perdre 20 kilos pour une compète avant de les reprendre, etc. Enfin, voilà, c'est toute cette partie de sacrifice, en fait, où tu n'as absolument personne qui est là pour regarder ce qui se passe. Et encore,

SPEAKER_00

j'allais dire, le judo dans votre discipline, c'est une chance parce que, quand je dis une chance, c'est grâce à Teddy Renner, grâce à David Douillet, ce sport, cette discipline a été mis en avant et ça a été génial, tu vois, pour tous les autres athlètes qui arrivent par derrière, le judo, ça a quand même sa marque de fabrique. Tu prends... Mais c'est Alban Ivanov qui fait un sketch là-dessus, je crois, sur le lancé de marteau ou un truc comme ça, où il raconte justement l'athlète qui fait le lancé de marteau ou le lancé de javelot ou le lancé de disque. Mais c'est un truc de malade. Les mecs, ils s'entraînent comme des psychopathes pour atteindre un niveau d'excellence et ils arrivent... jour J à la compétition aux Jeux Olympiques et ils doivent faire un record, ils doivent établir quelque chose. On en parle juste sur un petit laps de temps et ensuite, bim, on repart dans l'oubli, terminé et beaucoup de ces athlètes travaillent à côté, ils ont des jobs en plus à côté parce que malheureusement, aux yeux d'un sponsor, lancer de marteau, lancer de javelot, qui finance ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et c'est là où ça devient difficile difficile, tu vois, c'est pour ça que je dis que ça prend du temps, effectivement, de créer cette image, cette notoriété, et qu'il faut que, voilà, si les gens, vous nous écoutez, les auditeurs, comprenez que ça prend du temps, mais dans n'importe quel métier, c'est pas parce que, là on parle de l'aventure à exploration, mais dans n'importe quoi, vous allez avoir des expériences, et des expériences, et des expériences, et un jour, après plusieurs longues, longues années, vous allez avoir une expertise dans votre domaine, mais Et ça prend du temps. Ça prend du temps de pouvoir convaincre et de réussir à vivre de cette passion.

SPEAKER_01

Tu sais, quand je m'en suis vraiment rendu compte de ça, alors on revient sur un exemple du sport, mais je ne sais pas si tu connais Antoine Albault. Non. Non, et bien voilà, justement. Antoine Albault, c'est le sportif plus titré d'histoire du sport français. Il est 24 fois champion du monde de planche, de planche à voile. D'accord. Donc, c'est juste incroyable. Je crois que sur… C'est 24 fois en 26 ans, tu vois. Ah, le mec, il n'a pas chômé, quoi. Voilà, le mec n'a pas chômé. Et pourtant, complètement inconnu au bataillon, en dehors du cercle, tu vois, de la communauté du windsurf. Et les articles le disent, c'est qu'il ne roule pas sur l'or, tu vois. C'est difficile. Même lui doit galérer à trouver des sponsors, etc. Alors que le gars est 24 fois champion du monde d'un sport qui n'est pas le lancer d'avion en papier, quoi.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_01

d'accord

SPEAKER_00

avec toi sur ça le lancer d'avion en papier non je dis ça parce

SPEAKER_01

qu'il y a une agence de RP qui m'a envoyé des news une newsletter il n'y a pas longtemps je crois que c'était un truc sponsorisé par Red Bull d'ailleurs blague à part le lancer d'avion en papier qui a eu lieu il y a peut-être la semaine dernière

SPEAKER_00

je

SPEAKER_01

crois exceptionnel tu vois exceptionnel ouais mais ok je crois que la première question qui me vient c'est justement par rapport à cette notion de prendre le temps tu expliques que tu n'as fait alors attention que 3 aventures mais enfin 3 exp mais monstrueuses chacune qu'est-ce qui fait finalement que dès le début tu sembles avoir adopté tu vois cet état d'esprit qui consiste à préparer ton aventure dans le détail la réaliser sur un format quand même plutôt long 5400 km l'Australie prendre le temps de la digérer avant de te lancer sur une autre sachant que tu nous expliquais juste avant que t'es plutôt quelqu'un qui tu vois qui aime aller à fond plutôt peut-être un peu impulsif de ce que j'ai compris en tout cas avant que tu deviennes aventurier donc comment ça s'est mis en place du coup cette démarche dans

SPEAKER_00

l'aventure ça se développe tout doucement quand j'ai décidé de faire l'Australie en courant on m'a dit en discutant avec quelques personnes l'aventure c'est un peu comme le business tu montes un dossier de présentation tu vas démarcher des banques etc pour obtenir des financements donc il faut que tu fasses un dossier de présentation pour rappeler aux auditeurs j'ai arrêté l'école à 18 ans monter un dossier de présentation moi à part faire des rapports de stage qui étaient extrêmement mauvais c'est tout ce que je savais faire donc là il fallait se poser et rédiger une présentation quand t'as jamais fait ça de ta vie et puis c'est pas la même chose entre faire un rapport de stage où t'en as strictement rien à faire et faire un dossier de présentation pour une aventure qui peut être essentiellement, peut te coûter la vie. Et donc, tu es follement passionné. Et c'est là, tu vois, où tu as la nuance entre je fais quelque chose parce que, bon, il faut que je le fasse. C'est des ordres, une obligation. Et tout d'un coup, tu dois faire un truc parce que tu es passionné par le truc. Tu dis, c'est juste trop bien, il faut le faire. Et donc, je me suis plié à cette tâche, chose que je ne connaissais pas du tout. Donc, il a fallu apprendre à rédiger, etc. J'ai toujours mon premier dossier de présentation. Des fois, je regarde, je me dis, mais mon Dieu, comment j'ai pu présenter un truc aussi nul, aussi moche que ça, bourré de fautes d'orthographe avec des photos mal taillées. En fait, ce que je trouve super intéressant, beaucoup m'ont posé la question, si tu devais revenir en arrière, est-ce que tu referais tes aventures pareilles, tes préparations, etc. En fait, oui, je referais tout pareil parce que je reprends exactement ce que je disais tout à l'heure. Tu fais de l'expérience. Et un jour, tu vas acquérir une expertise dans un domaine. Et je pense que tout ça, ça m'a permis de me fabriquer, etc., de me développer et de comprendre la dynamique dans laquelle je voulais évoluer. Donc, j'ai compris rapidement que la phase de préparation était nécessaire. Je savais qu'il y avait cette phase de préparation qui était vraiment très, très importante. La deuxième phase, effectivement, la réalisation, tu mets en place ton projet. Jusque-là, tout va bien. La phase de restitution, la dernière phase, je comprenais moyennement cette thématique parce que l'aventure était terminée, je ne savais pas trop comment, tu vois, la mettre à l'écrit, en vidéo, je ne savais pas trop quoi en faire, tu vois. Et donc souvent, je laissais tomber parce que c'est bon, on se rend fou, j'ai fini l'aventure, c'est fini, quoi. Et c'est là où tu te rends compte que justement, non, si tu veux que cette aventure puisse perdurer et créer quelque chose, un engouement, et ensuite, tu vois... de faire un cercle virtueux, la boucle est bouclée, tu prépares, tu réalises, tu restitues, c'est vraiment ce triangle solide. Si tu le fais correctement, tu sais que tu peux plus ou moins passer, tu dis« Ok, j'ai fini, j'ai fini le projet, j'ai restitué, j'ai fait la conférence, j'ai écrit un livre, j'ai fait un film, peu importe. Mais du coup, la boucle est bouclée et je peux passer à autre chose en gardant l'expérience que j'ai vécue de cette première aventure.» un peu plus facilement vers ma deuxième aventure. En fait, elles ont toutes eu un lien, parce que l'Australie, effectivement, j'ai failli crever dans le désert du manque d'eau à boire ma pisse, tu vois. Ça m'a sensibilisé sur la thématique de l'eau, de me dire, waouh, c'est ouf. C'est-à-dire qu'on peut mourir du manque d'eau. Et tu dis ça à des enfants, ici, dans les écoles, mourir du manque d'eau. Et ça veut dire quoi, mourir du manque d'eau

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

on ne peut pas mourir du manque d'eau. Il y a des gens, malheureusement, parce qu'ils n'ont plus rien à boire, on peut mourir parce qu'on n'a plus d'eau. Et ça, ça m'avait vraiment bouleversé et c'est ce qui m'a permis de faire mon cheval de bataille sur la suite. Donc le Mekong, je me suis servi des problématiques que j'ai eues en Australie pour rebondir encore plus, me dire ok, il faut que je prépare encore plus mon aventure sur tous les points décisifs, sur la compréhension, la faune, la flore, et il faut que je fasse quelque chose à la suite de ça. Et forcément, tout tout s'enchaîne logiquement, c'est-à-dire ta notoriété prend plus de valeur, plus de renommée, les gens commencent à te connaître, donc on vient plus vers toi, les journalistes, etc., les médias, et c'est ça qui commence à faire grossir, et c'est là où tu te rends compte qu'il faut restituer, il faut rendre quelque chose. Tu vois, moi je suis formateur en survie à côté, et j'emmène mes stagiaires, et je leur dis, vous savez, on a ce qu'on appelle la règle de trois, qui est une règle qui est basée sur ce que l'être humain est capable de supporter en conditions extrêmes. Donc tu as trois secondes d'inattention, 3 minutes sans respirer, 3 heures de régulation thermique, 3 jours sans boire, 3 semaines sans manger, etc. Et la fin, il y en a qui sont un peu... C'est un débat un peu ambigu, il y en a qui disent que c'est 3 mois, 3 ans, peu importe. Moi, je dis 3 années. Non, 3 années sans contact social. Et en fait, c'est ce que je leur dis, je fais... Malheureusement, cette thématique-là, c'est ce qui nous lie tous. On a besoin de parler. Et on a besoin d'échanger, on a besoin de partage, on a besoin de rencontre. C'est ce qu'on fait là, tu vois

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

On échange, on partage. Et on a besoin de ça. L'être humain a toujours été comme ça. S'il n'y a plus ce moment d'échange, de partage, tout s'arrête. Et la restitution, elle est basée là-dessus pour moi. On s'en fout que tu fasses des conférences dans des plus grandes entreprises, etc. Le film magnifique qui sera vu par des millions de personnes, etc. Mais rien que le fait de pouvoir le partager, même par exemple avec tes amis proches ou une famille un cercle très, très restreint, eh bien, c'est déjà un échange et un partage. Et ça, c'est extrêmement important, tu vois, de pouvoir mettre des mots, des écrits, montrer des vidéos, des photos, même si c'est juste à deux, trois personnes, tu vois, mais tu as raconté ce que tu as vécu. Imagine, tu fais n'importe quoi et à la fin, tu peux le dire à personne. Tu te dis, putain, mais je ne peux pas... En fait, la raison pour laquelle on fait des choses, c'est parce qu'on aime le dire, on aime le partager. Ce n'est pas de l'égoïsme, c'est juste... d'être un peu plus... C'est une belle valeur, tu vois, d'être capable de donner aux autres, de partager, de pouvoir donner de la valeur à des choses que tu as faites, tu vois. Et pour moi, c'est super important. Et c'est ce que j'aime à travers mes aventures, toutes ces rencontres et ce partage. Donc, toi, les trois phases, la préparation, la réalisation, la restitution, sont extrêmement importantes. Et c'est mes aventures au quotidien qui m'ont permis, voilà, de prendre conscience de... de ces trois phases très importantes qui sont décisives et c'est un triptyque qui ne fonctionnera que si les trois phases sont respectées si tu fais pas une bonne préparation la réalisation de ton aventure peut être bancale voire même mortelle si tu vas vraiment dans des endroits très reculés et du coup ta restitution si t'es vivant tu vas raconter un petit truc par contre si t'es mort tu raconteras pas grand chose si si ta préparation était bien mais que tu décides pendant l'aventure de ne pas faire les choses entièrement etc la restitution ne sera pas forcément très bonne parce que tu n'auras rien à raconter ça ne sera pas concret et après même principe tu fais une belle préparation et que tu as une belle aventure mais que derrière il n'y a rien tu n'as pas de partage et du coup c'est creux donc il faut avoir ces trois trucs là et c'est toutes mes aventures qui m'ont permis d'aller toujours un peu plus dans la préparation dans les belles aventures, dans de l'aventure humaine, dans le fait d'embarquer plein de personnes avec moi et que ça soit un moment de partage et de se dire, c'est pas je l'ai fait, c'est on l'a fait. Et c'est parce que il était là, il était là, elle était là, nous étions là, vous étiez tous là, que je suis là aujourd'hui et qu'on arrive à monter sur ce rocher, sur cette plage, sur ce qu'on veut, n'importe quoi, au haut de la montagne, de dire, putain, c'est grâce à toutes ces personnes. Et c'est ce que je trouve magnifique dans les projets, de se dire, on embarque tout le monde et on donne de la valeur à toutes les personnes parce que je me dis bordel il y a des gens ils ont du talent mais de dingue et on les connait pas et en fait c'est ce que j'essaye de faire en embarquant tout le monde de dire regardez ce qu'il est capable de faire regardez ce qu'elle est capable de faire regardez ce que les enfants sont capables de faire avec leurs petites mains des gamins qui ont 8, 9, 10 ans regardez ce qu'ils sont capables de faire donc si eux ils sont capables de le faire bordel on peut faire de belles choses

SPEAKER_01

allons-y c'est clair mais sur le point tu vois du triptyque je trouve ça super intéressant et ça me fait penser à quelque chose parce que récemment j'ai un auditeur qui m'a contacté qui m'a dit franchement ton dernier invité c'était super très inspirant etc mais c'est tellement extrême ce qu'il fait que j'ai eu du mal à me connecter c'était très inspirant mais j'ai eu du mal à me retrouver dans ce qu'il disait et en fait j'ai partagé une histoire tu vois ça fait écho à ton triptyque comme moi j'ai vécu j'ai rencontré un gars qui faisait des treks partout dans le monde en l'occurrence c'était là je l'ai croisé au Népal et il avait systématiquement un carnet avec lui donc moi au début je pensais que c'était un carnet journal de bord en fait il m'a expliqué que c'était un carnet en fait pour faire sa restitution de la journée justement et moi je me disais mais le gars ça fait 20 ans qu'il marche il fait des treks en milieu isolé partout dans le monde en solo enfin qu'est-ce qu'il apprend au bout d'une journée et en fait il me montrait tu vois des vidéos vieille page du début de son carnet je pense pas qu'il s'en servait tout le temps mais il y avait par exemple un truc si il pluie casquette tu vois s'il pleut bah mets une casquette en fait ça t'évite de te prendre la pluie en pleine figure toute la journée et en fait ça m'était déjà arrivé sur un trek en Japonie Suédoise tu vois de me prendre la pluie pendant 4 jours et d'avoir le visage de rien y voir avec tu sais la capuche tu tournes la tête t'as ton nez dans la capuche parce qu'elle tourne pas alors qu'avec une casquette tu ne l'as pas un détail débile mais où je me suis dit ah ouais mais en fait il n'y a pas besoin de partir traverser article pour apprendre des choses tu vois le coup de la casquette je le fais systématiquement et chaque fois qu'on me dit mais il va pleuvoir pourquoi tu parcours avec ta casquette bah du coup je partage ce truc tu vois donc voilà pour les gens qui nous écoutent Rémi a fait des trucs de fou 5400 km à travers l'Australie solo sans assistance le Mekong 4400 km et d'autres aventures dont on va parler donc je suis sûr que t'as appris des tonnes de choses mais voilà c'est possible aussi comme tu dis chacun à son niveau de se faire sa petite restitution à la fin d'une micro aventure sur un week-end et déjà d'être capable de partager des choses intéressantes autour de soi.

SPEAKER_00

Tu vois, on va parler d'aventures. J'ai fait mes trois grosses aventures et il y en a une qu'on a fait en juin 2021. On a descendu la Loire en radeau. On a décidé d'organiser ça, descendre de la Loire en radeau. Sur 12 jours, on a fait 200 bornes à peu près. On n'a jamais autant rigolé, autant passé de beaux moments. Sur 12 jours, je crois qu'on a passé deux nuits, on n'était vraiment que les trois potes, Valentin, Adrien et moi-même. Et sinon, on a toujours été accompagnés de gens. Et à chaque fois, je dis aux gens sur les réseaux, je fais, mais venez, on est là. Si vous voulez faire un bivouac, venez. Et des fois, on se retrouvait, je me souviens d'un spot, c'était à Charenton, un truc comme ça. On s'est retrouvés, on était une quinzaine sur la plage. J'ai des potes qui sont descendus du nord de la France. J'ai dit, mais qu'est-ce que vous faites là

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il m'a dit, t'as dit qu'on pouvait venir, du coup, on est venus. On veut passer une soirée avec toi. Et on a passé douze jours extraordinaires de rire, de partage. Il y a des gens qui nous voyaient sur le bord de la rive. Tu sais, on était rive droite, en train de descendre, comme ça. Et le mec était là. Et puis, je fais ouais salut et puis il nous faisait des grands signes je fais ah il nous fait chier lui il faut tout traverser tout ça ouais salut salut et il sort il sort une bouteille de vin blanc il fait j'ai du sans serre je fais on arrive on s'est fait chier à traverser pour aller récupérer la bouteille de sans serre et on a et c'était c'était trop bien on a passé 12 jours extraordinaires où on a voilà partagé rencontrer les des gens qui nous ramenaient des fraises de leur jardin. Et on faisait monter les gens sur le radeau, tu vois. Je me rappelle un monsieur qui était venu nous voir et il n'avait pas pu nous ramener des trucs. Il nous avait retrouvés deux jours après. Il avait posé une table avec une bouteille de champagne, des petites coupettes. Il fait« Ah, je vous avais promis de faire des petites coupes de champagne avec des fraises et du…» Et bien voilà, donc il nous a écrasé les petites fraises, coupes de champagne. Et je lui dis« Vous n'allez quand même pas partir.» Il fait« Comment ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

» Je lui dis« Vous avez monté sur le radeau. Votre beau-fils, il prend la voiture, il descend. vous vous descendez avec nous on va faire 5 petits kilomètres et après on change et du coup c'était ces moments de partage et d'échange que les gens ont kiffé et en plus on sortait d'une période de Covid qui était un peu compliquée c'était trop bien ce moment de pouvoir se retrouver de rigoler et c'est des moments tu vois on en revient à ce que tu disais tout à l'heure il n'y a pas besoin d'aller à l'autre bout du monde pour vivre des choses fortes et de se dire waouh on a vécu 12 jours à la Robinson-Cruzoé où les gens nous voyaient passer quand on traversait les villes, ils se demandaient c'est qui les pirates avec leur radeau pourri et c'était trop bien et c'est ce que je trouve très rigolo dans l'aventure après l'exploration ça reste plus poussé sur certains domaines mais juste l'aventure on peut vivre une aventure en quelques jours quelques heures en partant juste se promener dans les bois et c'est ça que je trouve assez ouf

SPEAKER_01

j'ai eu une invitée Chloé, c'était vraiment un super épisode parce que justement c'est une fille qui fait des micro-aventures qui habite vers Grenoble, qui a un van et qui régulièrement part en week-end ou long week-end explorer la France et donc quand je l'avais contactée au début elle m'a dit tu sais moi j'ai pas grand chose à raconter je fais pas des trucs de fou tu vois je pars pas traverser l'Amazonie et justement je lui avais dit mais non il y a aussi de l'intérêt à partager le fait que comme tu dis il n'y a pas besoin de partir à l'autre bout de la planète pour vivre des choses fortes et en fait c'était juste un super épisode parce qu'elle a partagé plein plein plein de choses justement de micro-aventures qu'elle vit et j'ai des gens qui m'ont contacté en me disant mais j'avais jamais pensé tu vois aller faire deux jours de raquettes en dormant sous la tente quoi et pourtant je l'ai fait le week-end dernier et franchement c'était des paysans donc ouais je suis 100% d'accord avec toi mais pour autant sur ta première aventure c'était quand même l'autre bout du monde pour le coup alors tu la qualifierais plutôt d'expédition du coup celle-ci

SPEAKER_00

la traversée de l'Australie c'était une grosse expédition parce que je ne connaissais pas mes limites. Je ne savais pas les limites du corps humain jusqu'où on pouvait aller, de se retrouver dans cette immensité qui fait 14 fois la taille de la France, dans un pays où tout le monde veut te bouffer, les serpents, la faune, la flore, que ce soit en pleine mer ou en plein milieu du désert, tu n'es jamais tranquille. Donc, c'était vraiment quelque chose de vraiment au-delà du dépassement de soi. J'aurais même pu… tu vois, il laissait la vie. Ça ne me dérangeait pas. Je voulais vivre pleinement cette aventure et aller au bout de moi-même. J'avais une revanche à prendre sur mon passé dans la restauration où on dit souvent tu n'es que serveur. Et c'était toujours très péjoratif parce que être serveur, c'est un métier que tout le monde faisait en plus de ses études. Tu travailles, tu portes 3-4 assiettes, ça te fait de la thune à la fin du mois pour payer ton loyer. Mais à côté, tu es en doctorat de médecine, de ce que tu veux, quoi. Et moi, j'avais fait des études pour ça, tu vois, et je me suis dit, c'est pas juste, c'est pas comme ça que je vois ce métier, parce que c'est un beau métier. Et j'avais une revanche à avoir sur ce métier, et puis sur la fierté, toi, de mes parents, de me dire qu'un jour, mes parents, ils pouvaient dire, putain, on est fiers de notre gamin, de ce qu'il est capable de faire, tu vois. Alors, maintenant, ça va être plus compliqué, parce que mon papa, il est mort il y a un mois, et je sais qu'il était fier de ma sœur, qui vit en Angleterre et de moi. Mais c'est ce qu'on essaye à chaque fois de rechercher. Et en Australie, je crois que j'aurais pu aller y laisser la vie. Je m'en foutais. Je voulais vivre le truc pleinement, que ce soit physiquement comme mentalement. Je voulais aller au bout de tout, tout ce que j'étais capable de supporter, d'accepter. Et j'ai vraiment vécu des moments très forts, que ce soit dans le bush australien ou même avec les aborigènes, où on vit un peu de décalé par rapport à ce que la plupart des gens peuvent vivre et je me trouvais juste dans mon élément tu vois, j'étais juste bien, je passais des moments à m'asseoir en plein milieu du désert et juste de fermer les yeux et de sentir le vent chaud qui vient te gifler le visage les petits grains de sable que tu sens qui viennent te picoter les joues, qui tombent dans les cheveux, t'as le soleil brûlant qui tape, même si t'as ta casquette tu sens que ça te brûle sur la tronche tu sens les petites perles de sueur qui coulent comme ça tu sens le vent frais, ça passe sur tes poils et toi tu fais putain on est trop bien et c'est un moment tu vois qui est suspendu dans le temps, t'as pas envie d'être ailleurs t'as envie juste d'être là et dire putain mais je sais pas quand même personne dans le monde rêverait d'être à ma place mais peut-être pas des milliers mais au moins des centaines j'imagine tu vois mais qui rêverait d'être là à vivre ce moment d'être au milieu de nulle part et de se dire le temps est suspendu je sais pas ce qui se passe en fait je vis vraiment pour moi c'est un moment très égoïste et je te l'accorde mais je vis le moment à fond pour moi et là là maintenant je me sens trop bien et je me sens en parfaite adéquation avec ce que je vis et c'est ce que je recherchais tu vois sur l'Australie sur cette déconnexion avec avec ce qu'on pouvait avoir avec notre mode de vie je cherchais quelque chose qui me qui me coupe complètement de notre mode de vie et de vivre sur des choses beaucoup plus spartiate

SPEAKER_01

tu dirais que c'est la vraie vraiment été l'aventure qui t'a... Tu vois, qui t'a hooked, dans le sens où une fois que t'as vécu ça, que t'as eu cette sensation, ce moment que tu venais d'écrire, parce que j'imagine que ça fait écho à quelque chose que t'as vraiment vécu. Est-ce que c'est là où tu t'es dit, OK, c'est bon, l'aventure, c'est certain, c'est pas un test, c'est ça que je veux faire pour la suite

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, je pense que ça a contribué à cette envie et je pense que le coup de massue, ça a été de boire ma pisse dans le désert et de me dire... Ah ouais, quand même. Là, tu vas boire ta pisse pour pas crever quand même, mon pote. Je m'étais pas préparé à ça. Dans la phase préparation, je me trouvais pas dans la douche tous les matins en train de pisser dans un bocal. C'est vraiment de la merde. C'est vraiment dégueulasse. Non, je faisais pas ça. Donc, je m'attendais pas du tout à devoir faire ça un jour dans ma vie. Et ça m'a vraiment bouleversé de me dire, waouh, c'est un truc de dingue. Et je veux que mes expéditions et mes aventures aient un sens encore plus, pas que pour moi, mais pour pourquoi pas sensibiliser, essayer de comprendre et embarquer les gens sur une préservation de notre écosystème parce qu'on a besoin de préserver tout ça. Et c'est comme ça, en fait, que je me suis dit peut-être que et à l'époque, c'était vraiment du peut-être que, on peut vivre de ces aventures. Ça n'allait pas plus loin que ça. Je peux te dire que quand je suis revenu du Mekong en 2014, j'ai eu une phase entre fin 2014 jusqu'à 2016. où c'était vraiment la descente aux enfers où tu te poses toutes les questions du monde de savoir si je suis légitime parce que t'as déjà des faits d'armes t'as déjà des trucs et tu te dis bordel de merde mais c'est pas suffisant ça et qu'est-ce qui me permet de pouvoir vivre de tout ce métier de mes aventures et tu te poses toutes les questions du monde si ce que tu fais c'est bien si tu as bien développé tes projets etc Et ouais, j'ai passé une année et demie, deux ans où j'étais en bas, dans le trou, à me dire je ne sais pas ce que je vais faire. Je ne sais pas comment on remonte la pente. Et quand tu n'es pas bien entouré... avec la famille tu vois où les gens te disent ça sert à rien ce que tu fais tu vois ça sert à rien et là tu te dis merci c'est vraiment ce que je recherchais ce qui est bien c'est que ça me booste et ça me donne encore plus l'agnac d'avancer voilà donc surtout si j'ai besoin d'aide je t'appelle pas voilà et t'essayes de remonter la pente et j'ai mis du temps j'ai réussi à remonter doucement et après je le cache pas c'est M6 qui m'a permis de remonter la pente facilement facilement parce qu'on m'a contacté pour faire l'émission sur M6 Wild, la course de survie. Et ça a été ma bouffée d'oxygène de me dire, putain, il y a des gens qui m'appellent pour ça. Et du coup, je me dis, il y a peut-être un truc là-dessus.

SPEAKER_01

Sachant que tu l'as

SPEAKER_00

gagné, pour info. Oui, maintenant, oui. Mais c'est vrai que c'est ça qui m'a permis de remonter la pente facilement.

SPEAKER_01

Alors, j'ai pas mal de questions par rapport à ça, justement. Ça fait écho à quelques points sur lesquels on avait échangé. avec Laurie que je crois que tu connais Laurie Lag mais peut-être d'abord la parenthèse parce que ça fait plusieurs fois que tu la mentionnes je me rappelle avoir lu ce récit où tu te retrouves après 4 jours sans eau mais je serais curieux de savoir si tu pouvais nous expliquer un peu ce qui s'est passé comment tu t'es retrouvé dans la situation où tu as dû boire ta pisse en

SPEAKER_00

fait en fait il faut savoir que le continent australien quand tu quittes les côtes australiennes il n'y a plus grand monde il y a quelques grands de route, ce qu'on appelle la Stuart Highway, c'est l'highway numéro 1, après tu as l'highway numéro 2, 3, 4, mais c'est juste des grandes routes, et après c'est des étendues,

SPEAKER_01

c'est

SPEAKER_00

vraiment le désert, il n'y a pas grand monde, il n'y a pas beaucoup de personnes qui vivent là, et je me suis retrouvé en fait sur ce qu'ils appellent la back road, donc tu prends la route pour aller sur Alice Springs, et Alice Springs c'est la plus grande ville dans le centre de l'Australie, tu as deux routes pour y accéder, soit tu prends la Stuart Highway en partant de Uluru, le gros monolithe rouge là, qu'on appelle Ayers Rock en anglais, et t'as deux routes, soit tu prends la Leicester Highway, puis la Stuart Highway pour remonter, ou alors tu prends ce qu'ils appellent la back road, donc tu fais tout le tour en passant par le désert pour aller sur Alice Springs. Et puis j'avais pas envie de me taper de la route, je voulais vraiment être sur de la piste, de la terre, de la poussière, bouffer du sable, et je trouvais ça rigolo. Donc on y va, j'avais bien chargé, je savais que ça allait être long et compliqué, et tu bois bien plus que de raison, je consommais des fois 10, 15, 20 litres d'eau par jour sauf que à courir quand il fait 50 degrés tu te rends compte que même courir à 10 km heure avec une petite remorque qui fait 40 kilos derrière toi, mais effectivement tu consommes pour pouvoir t'hydrater et moi je suis quelqu'un en plus, je transpire très très très facilement, donc c'est cool parce que ça te permet de réguler et d'avoir la clim au quotidien, mais bon la clim il faut l'alimenter quoi, donc Donc, 15-20 litres par jour, ça fait quand même une grosse quantité de flotte à boire, mais surtout à transporter. Donc, j'avais emmené une grosse quantité et j'attaquais la partie du désert pour aller sur Scully Springs. Je me suis retrouvé avec plus rien, avec plus d'eau du tout dans la remorque. Il me restait juste, tu vois, un bout de fond comme ça que j'ai fini dans une bouteille. Et tu avances, tu avances un jour, deux jours, trois jours, et plus les jours avancent et moins tu cours vite et plus tu marches et plus tu te poses des questions et plus tu t'abrites la journée pour te cacher du soleil sous un arbre pour patienter pour avoir les températures un peu plus fraîches en fin de journée et progresser pas trop longtemps la nuit parce que tu peux pas consommer trop de ta frontale parce que il faut que tu la préserves quand tu t'arrêtes principalement mais surtout c'est que la nuit il n'y a pas que toi qui sors dehors pour aller chasser il y a d'autres bestioles qui ont faim et donc il n'est pas rare des fois de voir passer des grosses des gros iguanes énormes qui passent devant toi ou des serpents. Il faut savoir qu'en Australie, les serpents, ce n'est pas tous tes amis. Il y en a certains, ils sont mortels pour l'être humain, surtout là où j'étais en plein dans le désert. Et tu te retrouves à devoir marcher. Tu as tes oreilles, elles sont grandes comme ça. Tout le monde s'en alerte. Tes oreilles font presque 30 cm de diamètre. C'est des vraies paraboles. Le moindre craquement, tu as ton couteau à la main. Tu dis non, je n'ai pas peur. Ne t'inquiète pas. Tu es prêt à sauter sur tout ce qui bouge. Donc, effectivement, tu essaies de privilégier très tôt le matin et le soir pour pouvoir essayer d'avancer un maximum. Et puis, tu ressens la douleur. En fait, la déshydratation, on l'a tous vécu. Et je pense que toutes les personnes qui écouteront ont déjà vécu ce moment-là. Tu as le mal de crâne. C'est la première chose que tu as quand tu es déshydraté. Tu as l'impression d'avoir la tête dans un étau et qu'on se serre violemment. Donc, c'est très dur à supporter. Mais quand tu pousses l'expérience si je peux parler d'expérience vraiment plus loin, eh bien, tu as des douleurs articulaires, principalement au niveau des épaules, des genoux, vraiment sur les articulations, les genoux, les hanches, les chevilles. Tu vas beaucoup plus lentement, donc tu as des mouvements beaucoup plus lents. Et ce qui m'a paru très, très bizarre, c'est la vision. Tu vois, je mets mes mains comme ça, là, tu as une vision périphérique et je n'ai pas besoin de te regarder à droite et à gauche, mais même en te regardant, je vois que mes mains bougent, donc cette vision périphérique te permet de capter les mouvements, si t'as quelque chose qui déboule très rapidement sur ta gauche, sur ta droite, t'as pas besoin de tourner la tête, mais t'as vu un mouvement et ça te donne l'indication qu'il y a quelque chose qui va vite. Mais sauf que toute cette vision périphérique, en fait, elle diminue, elle diminue, elle diminue, elle disparaît, et après t'as plus qu'un... En fait, tout ça, c'est comme si tu regardais dans le fond d'une bouteille de vin, c'est très transparent, tu vois, et t'as juste un faisceau où c'est à peu près net en face de toi. Là, tu te dis, putain, la vache, il reste plus grand-chose pour regarder, là. Et là, tu ressens vraiment... la difficulté, tu as ton cœur qui bat à 8 000 parce que ton sang ça doit être à peu près comme de la peinture pour repeindre ton

SPEAKER_01

appartement ah

SPEAKER_00

oui, je n'avais pas pensé à ça le corps humain pompe l'eau partout où il peut y en avoir et principalement le sang est l'endroit où on trouve le plus d'eau, donc tu as un sang qui devient très très visqueux et tu ressens, tu as le cœur qui bombarde très très vite pour essayer de pallier à ça du coup ça te fait transpirer énormément et tu perds beaucoup de t'as toutes tes lèvres qui sont éclatées, donc toutes les muqueuses, que ce soit ici et dans d'autres endroits, voilà, qui sont légèrement bien abîmées, où t'en peux plus, et t'as les cailloux qui viennent se loger entre les dents avec le sable et avec le vent, et quand tu viens, quand tu les pètes, ça te fait trop mal aux dents et aux gencives, surtout, tu vois, sous les dents, ça te fait trop trop mal, t'arrives plus à avaler, tu suces un caillou pour sécréter de la salive, mais t'as un peu tu vas rien faire tu vois et là tu te dis ça va loin quand même là on est dans la merde et tu vois c'est là où tu te poses toutes les questions du monde de dire est-ce que je suis en train de faire est-ce que ça en vaut vraiment la peine tu vois déjà est-ce que je suis en train de vivre là est-ce que ça en vaut vraiment la peine mais ça m'a permis vraiment de comprendre les choses tu vois j'ai même pris une photo de ce moment là le quatrième jour j'étais dans la merde je me suis même dit je vais prendre une photo comme ça si on retrouve un cadavre et bien quand ils verront l'appareil photo ils trouveront la dernière photo et ils verront un mec souriant et qui vivait son aventure et puis si je viens à crever j'aurai une photo avec un drôle de souvenir où je pourrais en parler un jour sur un podcast des frappés par exemple et je me suis retrouvé à prendre cette photo et après à me diriger vers une creek parce que c'est là où tu dis s'il y a une creek et bien c'est forcément parce que il doit y avoir de l'eau dans un sous-sol. La veine d'eau, elle doit forcément encore couler. Donc, on va essayer de trouver quelque chose ici à boire et on va commencer à creuser. Et ce que j'explique à mes stagiaires, c'est que, et là, ce n'est pas uniquement dans l'aventure, mais c'est même dans la vie de tous les jours. Et ça, pour vous, les auditeurs, c'est un truc qui peut être très important. C'est toujours de poser l'effort fourni et le gain que ça va vous apporter. Et ça, c'est très important de se dire, si je mets autant d'efforts dans quelque chose, est-ce qu'à un moment donné, ça va payer

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et en fait, si vous avez déjà la certitude que c'est un peu bancal, arrêtez tout de suite, vous êtes en train de perdre votre temps. Dans mon cas, c'est exactement ce qui s'est passé. Je me suis retrouvé devant la creek, je me suis mis à quatre pattes, j'avais une vieille bouteille qui était posée dans le sable, tu vois, et j'ai commencé à mettre mes deux mains et à creuser comme ça pour essayer d'apporter un maximum de sable. J'ai commencé à creuser, j'ai viré le sable, j'ai continué et puis là, tu transpires. Quand tu es en plein milieu de l'Australie, il fait 50 là-haut, le sable, il est chauffé par le soleil, il est brûlant. Donc là, tu es en train d'enlever le sable, tu as les mains, limite, tu peux faire cuire des steaks sur tes mains tellement que tu as chaud. Donc, tu vires le sable et là, tu ne vois toujours pas un changement de couleur au niveau du sable et même pas un peu d'humidité. Tu te dis, putain, merde

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Tu continues, tu continues, tu continues. Et là, en fait, c'est un cercle vicieux parce que tu ne sais pas où allait l'eau. Tu ne sais pas si l'eau a coulé à 1 mètre, à 2 mètres, à 3 mètres, à 10 mètres. Tu n'en as aucune idée. Donc, tu creuses pour essayer de trouver un point où tu pourras capter un peu d'eau. Et en fait, c'est là où c'est un jeu qui est très particulier parce que tu vas peut-être passer un temps fou à creuser et à perdre de l'énergie qui sera récompensée par peut-être la même quantité que tu as perdu à

SPEAKER_01

creuser.

SPEAKER_00

Oui, oui. Je me suis dit, là, tu es en train de faire de la merde. Tu vas y laisser ta vie à essayer de trouver de l'eau dans une rivière asséchée. Donc, ce n'est peut-être pas là où il faut que tu trouves de l'eau. Et donc, je me suis relevé. Je me suis dit, bon, où est-ce qu'il y a de l'eau

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

De l'eau, de l'eau, de l'eau, réfléchis. sont vites et là je dis j'avais un peu envie de pisser je dis bah je sais où il y a de l'eau bon c'est pas forcément ce qu'on a envie mais je sais où il y a de l'eau et donc là tu prends la bouteille qui était par terre tu souffles parce que quand elles étaient vites je les écrasais donc je recouvre la bouteille je regarde hop tu fais attention de ne pas en mettre à côté pour une fois c'est super important parce que quand t'es chez toi tu peux pisser sur les chiottes on s'en fout mais là tu mets tout dedans quand t'es là un ah c'est tout super tu regardes tu fais ah c'est marrant ça me rappelle une bière rousse que je buvais quand j'allais au pub tu vois je dis bon voilà tu touches je fais ah c'est un peu chaud un peu comme au pub aussi d'ailleurs bon allez il faut y aller et là tu prends la bouteille et rien que l'odeur en fait ça a une odeur très forte d'ammoniaque chaud c'est vraiment dégueulasse en fait

SPEAKER_01

surtout avec les forts que tu avais fournis t'élimines aussi

SPEAKER_00

exactement, l'urine reste un déchet à part entière qui n'est pas censé être réingurgité tel quel surtout avec la concentration de toxines qu'il pouvait y avoir à l'intérieur mais je n'avais pas vraiment le choix donc il devait y avoir 2 cm de pisse à l'intérieur et tu prends le tout et tu mets ça dans ta bouche et je me rappellerais d'avoir pincé mon dé pour aller et là tu sais elle est rudement forte aujourd'hui celle-là chef vous m'en mettez une deuxième c'est ma tournée les copains j'offre à tout le monde et là c'est descendu c'est remonté aussi vite le truc était tellement infâme que mon corps il l'a pas accepté tout de suite et je me rappellerai vraiment de la sensation où j'ai senti où c'est tombé et quand c'est remonté tout est revenu très vite et le réflexe que j'ai eu ça a été de fermer ma bouche très rapidement et tu as le avec le trop plein qui arrive dans les joues et là tu ravales le tout tu dis bon ça c'est fait voilà au moins j'aurais eu ma dose et c'est vrai que ça a été un moment assez particulier de se dire putain j'ai bu ma pisse pour pas crever dans le désert et ouais je me souviens vraiment de chaque détail parce que ça m'a vraiment marqué

SPEAKER_01

sachant que là t'étais au 3ème jour 2ème jour 3ème jour quand c'est arrivé à 4ème jour 4ème

SPEAKER_00

jour sans eau et donc c'est là où tu te dis ouais c'est rudement difficile. Et si moi, j'en ai souffert pour ma traversée, c'est là où j'ai pris conscience de me dire, putain, mais il y a des gens partout sur Terre et on n'a pas tous cette chance d'avoir de l'eau... Un robinet avec l'oreille, c'est clair. Exactement. On ne se rend pas compte de cette facilité d'avoir un robinet qui coule avec de l'eau claire et limpide et propre à la consommation. Et c'est là où je me suis dit, waouh, il y a sûrement des gens qui doivent se battre pour avoir un accès à l'eau. notamment certains peuples en Afrique qui doivent se battre pour préserver leur puits, ou alors des enfants ou des femmes, parce que c'est souvent les femmes et les enfants qui se tapent cette corvée de devoir aller marcher 5, 10, 15 bornes pour aller chercher l'eau dans un puits, dans une rivière, et le ramener directement dans la communauté. Et c'est là où je me suis dit, il y a vraiment des inégalités, et si on veut pouvoir... avoir encore cette chance de se dire« putain, on arrive à boire une eau de qualité» parce qu'en fait, on le dit souvent, les gens ne se rendent pas compte de son importance. C'est un bien commun qui est vital.

SPEAKER_01

et

SPEAKER_00

ça va bien au-delà de dire mince ma cote en bourse à un moment donné tes priorités deviennent de plus en plus restreintes et on redevient sur un instinct animal, c'est-à-dire tout ce qui est matériel on n'a strictement rien à foutre de pouvoir dormir dans un bon lit, t'en as strictement rien à faire au début tu penses à une bonne douche parce que ça va te faire du bien mais plus le temps passe et même la douche devient futile, c'est pas qui t'intéresse, tu penses à de la nourriture et tu te dis« j'aimerais bien manger». Et à un moment donné, quand tu te retrouves à ne plus avoir d'eau, il n'y a plus rien sur Terre qui te préoccupe, la seule chose que tu veux, c'est boire. Et je pense que j'aurais été capable de tuer une personne rien que pour boire son sang. Et

SPEAKER_01

c'est là… Je crois que ça, tu l'as déjà dit plusieurs fois et je l'avais lu et ça m'avait marqué parce que je pense que je n'ai jamais connu la soif de la même façon que je n'ai jamais vraiment connu la faim au sens… la véritable faim ou la véritable soif comme tu l'as connu mais je peux assez facilement enfin je peux imaginer j'en sais rien mais quand je vois à quel point j'y pense quand je suis j'ai fait une fois une grosse course tu vois à 70 km et il y avait des ravitaux partout mais il se trouve que j'en avais pas pris sur le dernier ravitaux bon bref j'ai eu soif tu vois voilà soif et ça m'obnubilait pas au point de devenir fou tu vois ou de me dire putain si je croise quelqu'un je lui vole sa gourde mais euh J'étais parfaitement en sécurité, mais de voir à quel point ça me préoccupait juste sur quelques heures, alors que ça faisait que quelques heures que j'en manquais. Je me dis, mais la sensation quand tu es au quatrième jour, ça doit être, tu deviens fou en fait.

SPEAKER_00

Tu deviens fou et tu deviens très agressif. Tu comprends le comportement des animaux. Pourquoi est-ce qu'ils deviennent très agressifs

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

importe. Tu comprends pourquoi certaines peuplades sont capables de s'entretuer à coups de machette dans la gueule pour pouvoir préserver un puits. Et moi, je m'en suis rendu compte, tu vois, quand en 2019, j'ai embarqué avec moi six personnes, six néos aventuriers en Australie pour leur faire découvrir le continent australien et les emmener dans la communauté aborigine que j'avais vécue, que j'avais rencontrée en 2011. Et sur le parcours, tu vois, il y en a plein qui... qui jouissaient en regardant l'eau. C'est trop bien, c'est de l'eau, etc. Et je me souviens d'une participante qui m'avait dit« Ah, mais c'est pas assez dur, franchement, c'est relativement simple. Je pensais que ça aurait pu être plus difficile.» Et on était en plein dans le désert. Et je leur dis, je fais« Mais si vous voulez...» La problématique de notre aventure, c'est que on n'est pas juste une personne, on est un groupe et il faut s'adapter à toutes les personnes. On ne peut pas juste dire égoïstement« Moi, je suis là, je veux que ça soit comme ça.» Je dis« Non, il faut être capable de mettre de l'eau dans son vin et de trouver le juste milieu entre ce que toi, tu aimerais faire, ce que l'autre est capable de faire pour pouvoir faire une belle aventure.» Parce que n'oubliez pas, vous êtes un groupe. Et je leur ai dit« Mais si vous avez vraiment envie d'en chier comme pas possible là tout de suite.» Mais vous me le dites. La bouffe, on la met par terre. D'accord

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

On balance tout, on éparpille tout et puis on y fout le feu. Il n'y a pas de souci. Ça, je sais faire. Je fais la flotte. qui reste en haut. Moi, je me déshabille, je me mets à poil. Je prends la flotte et je me lave devant vous. Je fais, puis c'est tout. Je fais, là, tout d'un coup, on passe le level sur un level un petit peu plus haut. Et vous allez voir que tout d'un coup, de se retrouver sans eau et sans nourriture, eh bien, ce n'est pas le même engagement. Et en fait, les gens n'ont jamais vécu ça. Maintenant, tu vois, en tout cas dans notre contrée, en France, on a encore des gens qui vivent sous le seuil de pauvreté où c'est difficile Je ne sais pas si tu connais des gens qui ont des difficultés pour avoir un accès à l'eau, à l'accès à de la nourriture. Moi, je n'en connais pas autour de moi. Mais de se retrouver dans une situation comme ça, vu que les gens ne l'ont jamais vécu, moi, je le voyais dans le regard des gens où on montait sur un niveau supérieur d'agressivité. Et je me souviens de Philippe qui était le doyen et... On finit l'aventure, on a fait 11 jours de marche dans le désert, tout ça, on est arrivé sur notre point final, on est terminé, et je m'en souviens toujours de ce qu'il avait dit au micro, on faisait des interviews avec Valentin pour raconter l'histoire, et il nous a dit, franchement, 10 jours de plus et on se finissait à coups de bois dans la gueule. C'est bon, heureusement que ça s'est bien terminé, les gars

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Et c'est là où tu te rends compte que tu te dis, putain la vache, pour de l'eau et de la nourriture, tu vois, on on est capable d'aller aussi loin que ça. Effectivement, l'eau devient précieuse et quand je dis que c'est un bien commun, c'est qu'on a besoin d'avoir une qualité d'eau pour vivre sur Terre. On vit avec l'eau que vivaient les dinosaures et on doit être capable de préserver tout ça et donc forcément, ça passe par la préservation de notre écosystème. Mais ça a été un riche enseignement de faire ça en Australie en tout cas.

SPEAKER_01

J'imagine. Et Et alors après, c'est vrai que le reste de tes aventures, effectivement, le fil rouge, c'est quand même l'environnement aquatique. Si on balaye, j'aimerais bien qu'on puisse parler avec autant de détails de toutes tes aventures, mais il faut quand même qu'on prenne en compte le temps. Mais si je me rappelle bien, le Mekong, il y avait un petit paradoxe, c'est que tu étais complètement, pour le coup, entouré d'eau, mais il n'y avait pas forcément ce paramètre propre à la consommation, il me semble.

SPEAKER_00

C'est extrêmement pollué, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En tout cas, sur la partie haute, quand tu es au Tibet, tu arrives à avoir une… une eau relativement propre, même si la population déverse assez facilement tous leurs déchets dans le fleuve. Tu vois toutes sortes de trucs possibles, imaginables, entre les produits phytosanitaires, des produits issus des hôpitaux, les chaussures, les animaux morts, on balance tout dans la rivière, parce que ce n'est pas encore un fleuve au Tibet et sur la partie haute de la Chine, on n'est que sur une rivière qui s'appelle la Lanshan River, avant de devenir le Mekong un peu plus bas sur la Chine. Mais on jette toutes sortes de merde dedans. Mais la population, si tu veux, elle n'est pas très importante. On est sur une population relativement un peu éclatée. Ce ne sont que des petits villages. Il faut savoir que dans le Yunnan, ce ne sont que des grandes montagnes. Le Mekong coude dans les gorges. Pour vivre là, il faut aimer la rusticité. Par contre, plus tu commences à t'attaquer attaquer et descendre le Mekong. Effectivement, quand tu attaques sur la Birmanie, la Thaïlande, le Laos, on est sur des montagnes qui s'aplatissent et on n'est plus sur de la plaine. Donc, on a beaucoup plus de population. Et donc, qui dit plus de population, plus de déchets et plus de décharges à celles ouvertes et de déchets qui jonchent la surface de l'eau. Et on se retrouve à aller comme ça tout doucement jusqu'au Vietnam. Donc, effectivement, le fleuve augmente en quantité de population et augmente en quantité de déchets. Donc c'était assez drôle de se retrouver dans un environnement où je ne manquais pas d'eau pour cette fois-ci, comparé à l'Australie, mais qui n'était pas forcément propre à la consommation telle qu'elle. D'ailleurs, petit point très important, les circuits courts, ça a été inventé par les Asiatiques, ça a été inventé par les Chinois, moi je l'ai vécu directement sur le fleuve. Nous, on te dit, toi, il faut produire ces légumes là-bas, il faut faire du circuit Et je l'ai vécu là-bas parce que la plupart des gens qui vivent sur les bassins de rétention d'eau en amont des barrages vivent souvent sur des maisons flottantes qui sont posées sur le bassin de rétention d'eau. Et je finissais souvent le soir, des fois, chez les gens à manger. Donc, même rituel, tu sais, tu commences par boire un petit thé vert. Ensuite, on amène de la bière chaude, dégueulasse. On boit des litres et des litres dans un seul petit verre et on fait tourner le verre entre tous les participants autour de la table. Donc, on a un petit thé vert. Autant te dire qu'au bout d'une demi-heure, la caisse de 12 bouteilles d'un litre y passe entièrement. Donc, je t'épargne l'envie de pisser que tu peux avoir toutes les 5 minutes. Derrière, tu attaques le riz, la bouffe et tous les plats. Et après, tu finis avec de l'alcool de riz où je suis sûr qu'une mobilette démarre au quart de tour. Effectivement, tu te dis, après avoir mangé, on est bien plein dans les deux sens du terme. Bon, effectivement, à un moment donné, je leur fais comprendre que j'avais besoin d'un outlet, donc je leur fais... C'est comme ça que tu frottes tes mains pour faire croire, pour expliquer que tu allais aux toilettes, tu vois. Donc, ils ont rien qu'à compris, et on était sur une petite maison flottante qui devait faire 4 mètres par 3 mètres, tu vois, avec 2-3 lits superposés, enfin, très, très rustique, tu vois. Une porte qui permettait d'aller sur une terrasse extérieure qui regagnait sur la berge, et une autre porte qui donnait sur les toilettes. Moi, je ne sais pas ce que c'était, les toilettes, on venait juste d'en finir de manger, on avait du riz avec du poisson et tout ça, poisson qui pêchait, impeccable. Et là, j'ouvre la porte des toilettes et je fais... ah ouais ok donc tu passes la porte et en fait ils avaient juste soudé deux barres donc deux si tu veux en droite parallèle et puis deux autres donc ça faisait comme un genre de de hashtag si tu veux donc là tu te mets dessus et si tu veux la surface de l'eau se trouve 30 cm en dessous des trucs donc t'es là tu te mets accroupi hop t'es là tranquille hop faire attention pour pas que la petite goutte d'eau te remonte quand tu fais ploc hop t'es là concentration méditation hop tu lâches tout et là quand tu te relèves tu vois tous les poissons qui viennent et qui viennent bouffer tu fais c'est dégueulasse et là tu te rends compte que le mec le bateau qui lui servait pour se déplacer les filets étaient dedans et que tu le vois en train de remonter les filets avec des poissons et tu fais ah j'ai compris tu vas pêcher tes poissons là-bas espèce de con et c'est ce qu'on mange le soir et en fait on les nourrit bien parce qu'on vient chier directement dans le bassin de rétention et le truc qui est très drôle c'est qu'on allait aux toilettes genre à 3-4 mètres et lui il prenait sa bouilloire il passait l'autre porte sur la terrasse et il allait juste à l'opposé et il prenait l'eau du bassin de rétention qui posait ensuite sur la gazinière qui faisait bouillir et c'est ce qu'on consommait pour le thé tu vois effectivement le circuit court est vraiment très très court et je comprends cette petite problématique que je peux avoir des fois au niveau du ventre où je sens que ça gargouille mais tu sais pas trop ce que c'est assez surprenant tu vois et c'est ce qui m'a toujours ce que j'ai toujours apprécié en tout cas en Asie c'était ces moments de partage qui étaient complètement décalés par rapport à nous tu vois tu vas pas aller récupérer l'eau des chiottes pour faire boire un peu d'eau à ton pote tu vois

SPEAKER_01

a priori

SPEAKER_00

non en vrai c'était un peu plus civilisé et je trouvais ça tellement drôle et déconnecté que je trouvais ça passionnant et c'est vrai que cet aspect à l'eau était assez drôle parce qu'on avait de l'eau en abondance mais pas forcément de qualité vraiment comme on peut l'imaginer parce que tout le monde déverse directement toutes sortes de déchets comme je viens de le dire, toutes sortes de déchets dans le fleuve et en plus de ça, en plus des déchets il y a la fonction des barrages hydroélectriques qui elle vient stopper l'écoulement naturel de la rivière et du fleuves et donc on a des bassins de rétention d'eau qui viennent se remplir. Effectivement, tout le limon et toutes les toutes les merdes en suspension descendent lentement et on se retrouve à avoir effectivement des bassins de rétention d'eau qui sont relativement pollués sur la partie haute du Mekong.

SPEAKER_01

Et tu n'as pas eu de soucis d'un point de vue, tu vois, d'hermato, tu as passé 6 mois je crois

SPEAKER_00

pour faire cette descente du Mekong

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je ne cherche pas, j'ai des pieds, il faudrait que je te fasse voir des photos, mais j'ai des pieds, tu ne reconnais pas mes pieds, sinon il faut un kit, tu te changes de pieds, sinon... J'ai eu un pote, Josh, un pote américain qui m'avait accompagné pour prendre que des photos. Et je lui ai dit, ce que tu fais, c'est que tu prends uniquement que des photos et des vidéos. Et même si je me fais arrêter par les flics, tu filmes et c'est tout. Tu ne viens pas m'aider. Il fait d'accord. Et quand je suis arrivé à Phnom Penh, lui, il vivait, il avait un petit appartement à Phnom Penh. Il est arrivé avec un petit bateau pour me filmer, prendre des photos à 3-4 kilomètres de l'arrivée à Phnom Penh. Mais j'en pleurais, j'en pleurais, j'en pouvais plus. J'avais les pieds en vrac mais en vrac j'avais pas dormi c'était 28 heures que je palmais parce que je voulais pas passer cette portion là pour arriver à Phnom Penh deux jours parce qu'il y avait plein plein de gros bateaux qui sillonnent le fleuve et qui qui ont une certaine façon de naviguer en fait ils allument la lumière pendant 10 secondes et après ils éteignent la lumière pendant 20 secondes et ils avancent ils continuent et après ils rallument la lumière et en fait ils font tout ça donc toi t'es en plein milieu du fleuve t'es là tu palmes tu fais une lumière une là une là Et hop, tout le monde est là. Et tu fais, putain, c'est soirée Saturday Night Fever, mais il y a l'ambiance, mais il n'y a pas la musique. Et là, tu fais, putain, les cons. Et là, tout d'un coup, ils ralentissent les lumières. Ils ont vachement avancé, tu vois. Et ça me foutait la trouille parce que je ne savais pas du tout où j'étais. J'ai eu une fois où j'ai failli me faire écraser par un bateau. Je regardais, tu vois, la rive qui me permettait de progresser. Je voyais des lumières. Donc, ça me permettait d'avoir un point fixe dans la nuit. Puis d'un coup, le point, il disparaît, tu sais. Puis je me dis, merde, il n'y a plus rien. puis là tu sais je m'approche un peu plus comme ça je penche ma tête puis je vois un truc un peu bizarre noir qui passe comme ça puis là je prends mon poing puis je tape et puis ça fait boom boom en fait il y avait un bateau qui passait à côté de moi et en fait je l'ai pas vu il avançait pas vite tu vois il devait avancer peut-être à 5-6 km heure tu vois moi j'ai avancé à 3-4 donc on avançait mais du coup il est passé à côté de moi et quand j'ai réalisé que c'était un bateau j'ai juste le temps de me bombarder sur la droite parce que je sais que derrière il y a les hélices et puis ils ont pas un système très safe au niveau des élises, donc je vais me faire couper les jambes, et enfin voilà, donc c'est pour ça que je voulais passer cette portion-là avant d'arriver à Phnom Penh de nuit, parce que je sais que les bateaux ils arrêtent de naviguer vers 10h-11h du soir, parce qu'après c'est trop dangereux, et donc ils se mettent au mouillage et ils arrêtent de naviguer, et donc moi je suis arrivé à Phnom Penh de jour, et je me souviens quand je suis arrivé, j'ai échoué sur le banc de sable, et Et Josh prenait des photos et il fait« Remy, you're dead

UNKNOWN

SPEAKER_00

et j'étais comme ça et puis je fais almost et il me répond je sais plus quoi en anglais at least you didn't lost your sense of humor et je fais ouais t'as raison j'ai pas perdu mon sens de l'humour et j'étais mais en PLS et je me suis assis sur la plage et j'ai retiré mes palmes mes bottillons et j'avais fait exprès de mettre des bandelettes exprès quand tu te soignes sur mes pieds parce que j'avais les pieds mais en feu tu vois j'en pouvais plus et j'enlève ma bandelette entièrement, et à un moment donné, j'arrivais plus à enlever la bandelette, et donc j'ai tout tiré, en fait, la peau s'était mélangée aux bandelettes, donc j'ai tout arraché, et sur l'autre pied, et bien en fait, c'était le contraire, la bandelette, elle avait glissé dans le fond de mon bottillon, et j'avais le bottillon qui avait collé sur mon pied et sur ma peau, si tu veux, et là, je tirais tout doucement, puis je fais, waouh, ça me fait trop mal, et Dieu s'est fait, mais qu'est-ce qu'il y a, je fais, mais je crois que j'ai, la peau, tout est coller à l'intérieur et en fait j'ai tiré d'un coup pour tout enlever et en fait j'ai tout arraché, j'avais toutes les 2-3, on va dire le premier millimètre de peau qui était à vif, on voyait plus que de la chair sur tout au niveau des maléoles, de l'autre côté sur le dessus du pied, j'avais plus rien du tout et Josh m'a aidé, m'a porté pour aller jusque sur le tuktuk je pouvais plus mettre les pieds par terre, j'arrivais plus à marcher tellement que j'avais mal donc le Mekong ne m'a pas laissé indifférent même si c'était une belle aventure ça a été très très douloureux et la qualité de l'eau je pense y était pour beaucoup

SPEAKER_01

punaise malgré ça t'as continué sur les aventures en milieu aquatique parce que t'as fait le tour de France à la nage en 2018 ouais c'est ça et je regarde un petit peu l'heure et que tu prépares un énorme défi alors si ça te va on passe direct à celui-là parce qu'écoute les choses sont bien faites normalement fin de semaine je pars rejoindre de la famille en Corse

SPEAKER_00

ah bah voilà donc tu m'attends là-bas et tu m'attends et

SPEAKER_01

tu m'attends donc août

SPEAKER_00

2022 ça sera septembre qu'est-ce que ah c'est septembre ouais ça sera septembre 2022 ça sera septembre 2022 et avec toute une équipe on va tenter de faire la traversée Kelvin Monaco à la nage en totale autonomie et sans assistance Quand je dis une équipe, c'est qu'on est toute une équipe à l'organiser. Mais il n'y a que moi qui sera dans l'eau en train de nager pour faire la traversée. Et on travaille avec des... des scientifiques pour le corps médical pour essayer de comprendre notamment la partie stress du corps humain immergé en milieu hostile et j'ai un rendez-vous demain soir tu vois pour Calais également avec un institut qui est sur Dunkerque pour travailler sur la partie du sommeil en milieu hostile voir comment est-ce qu'on arrive à générer le sommeil, comment est-ce qu'on se comporte, donc on va voir pour mettre en place un protocole assez simple et Et donc, l'aventure, c'est de partir de Calvi seul et sans assistance. Donc, on est en train de construire une plateforme. Alors, pour la décrire pour ceux qui nous écoutent, est-ce que vous avez déjà vu Batman et Robin

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Eh bien, c'est à peu près la même chose. On a l'impression que c'est la voiture de Batman version amphibie. Là, pour le moment, c'est tout noir entièrement. C'est un fil de verre et un fil de carbone.

SPEAKER_01

C'est

SPEAKER_00

sur une base d'un... d'un catamaran avec juste un cockpit qui va me permettre de dormir à l'intérieur et donc la structure chargée on essaye d'avoir un truc qui tourne autour de 100-110 kilos pour pouvoir emmener la bouffe le matériel nécessaire vidéo, communication et quand je dis communication c'est pas de la vidéo communication c'est vraiment GPS avec le Garmin InReach pour avoir un suivi live sur toute l'aventure, d'avoir une VH pour communiquer avec le bateau. Je suis fou, mais pas stupide. Le but, c'est quand même de rentrer à la maison vivant. On ne va pas y laisser sa peau. Le but, c'est de rapporter de l'information. Il y a un bateau qui m'accompagne pour la sécurité. Je serai en communication avec eux s'il y a le moindre souci. Et puis, d'avoir une carte, un visuel pour pouvoir me déplacer et savoir où j'en suis. Mais après, ils ne viennent pas m'aider. Donc à bord, il y aura les vidéastes, les dronistes, photographes, également un médecin, mon préparateur physique, le skipper pour mener à bien le voilier. Et puis normalement, il y aura également deux startups qui travaillent. Une qui est très en lien avec l'environnement qui s'appelle Capilum et qui collecte les cheveux dans les salons de coiffure pour les transformer en boudin et collecter les hydrocarbures en mer. Donc on va déployer ça pendant la traversée. Et une autre startup qui s'appelle SeaTrackBox que j'ai rencontrée à côté de Saint-Malo, là où se fait construire la plateforme. Et eux, ils travaillent sur les conteneurs que l'on retrouve en mer, les conteneurs échoués. Il faut savoir qu'il y a à peu près 12 000 conteneurs qui sont balancés par-dessus bord tous les ans et qu'à l'heure actuelle, il n'y a aucune traçabilité et que les gros transporteurs maritimes assurent non pas la marchandise mais assurent le bateau donc ils assurent uniquement que le bateau est bien parti du port d'attache pour aller à son port d'arrivée point merci s'il y a eu des grosses vagues une tempête et que les conteneurs sont tombés à l'eau pour le moment il n'y a pas d'assurance là dessus donc ils sont en train de développer un boîtier qui va permettre de faire de la géolocalisation du conteneur rien ne fonctionne tant que tout va bien dès que le conteneur passe par dessus bord il envoie un signal dès qu'il commence à couler il envoie un autre signal dès qu'il est à 10 15 mètres de fond parce qu'il y a une voie d'eau et qu'il y a encore un petit peu d'air à l'intérieur, ça envoie un autre signal. Et dès qu'il coule, ça envoie la position GPS où se situe le conteneur. Ça permet d'éviter de la collision parce qu'on peut éviter ces objets flottants non identifiés. Et après, ça peut permettre également à des structures de venir récupérer ces conteneurs pour éviter d'avoir des catastrophes naturelles. Donc, ce n'est pas en lien direct avec l'environnement, mais ça y contribue parce qu'on peut éviter qu'il y ait un pétrole vienne se fracasser le nez sur un conteneur et puis qu'il y ait une voie qui s'ouvre et qu'on se retrouve à avoir une marée noire au large pour arriver après sur nos côtes. Il y a un dispositif derrière pour pouvoir parler d'environnement et d'écologie. Et ce qu'on essaye de faire à travers cette aventure, c'est d'embarquer un maximum de personnes, notamment les écoles. Là, on est avec les MFR, les Maisons Familiales Rurales, et puis j'ai d'autres écoles partenaires sur le projet. C'est plusieurs milliers d'élèves qui suivent l'aventure, parce que le but, encore une fois, c'est de sensibiliser, d'expliquer pourquoi est-ce que la nature est belle, la nature est bien faite, mais la nature a besoin d'être protégée de nos actes et de nos faits et gestes au quotidien, que si on veut pouvoir continuer à vivre sur une belle planète aussi longtemps et avec autant de personnes, il va falloir apprendre à gérer toutes nos belles ressources et l'eau en fait partie. Donc voilà ce qu'on essaye de faire à travers cette belle aventure et encore une fois, ce que j'ai expliqué tout à l'heure en off avant qu'on commence c'est que c'est une aventure humaine et qu'il y a tellement de personnes qui ont de belles valeurs et qui ont des connaissances et des capacités et du savoir-faire dans leurs mains que je trouve que c'est juste dommage qu'on n'arrive pas à les mettre en avant et c'est ce qu'on essaye de faire à travers ce projet et ça montre bien que quand il y a une personne qui a une idée mais si on arrive à fédérer autour on arrive à déplacer des montagnes et c'est ce qu'on est en train de prouver sur cette belle aventure aventure, et c'est qu'à la fin, voilà, il y a un mec qui sort dans le port de Monaco, et quand tout le monde dira, bravo Rémi pour ta traversée, je dis non, non, il n'y a pas que moi qu'il faut remercier, il faut remercier toutes les personnes qui sont là, parce que c'est grâce à tout le monde qu'on l'a fait, mais également toutes les personnes qui n'ont pas pu venir, tous les partenaires qui n'ont pas pu faire de déplacement, toutes les personnes qui m'ont tendu la main, qui m'ont foutu un coup de pied au cul, toutes les personnes qui m'ont encouragé au quotidien, la famille, les amis, toutes ces personnes-là, et c'est grâce à tout ça qu'on a réussi à faire ce projet de dingue, de traverser quelle vie Monaco sans assistance et en totale autonomie

SPEAKER_01

je trouve que c'est un super message tu vois quelque part le rôle de l'aventurier comme catalyseur de talent c'est à dire que c'est autour de toi qui viennent se greffer toutes ces personnes et finalement à travers l'aventure que oui c'est toi qui la réalise mais quelque part elle est co-construite par tous c'est à travers cette aventure tu vois qui se révèle et qui peuvent exprimer leur plein potentiel c'est une

SPEAKER_00

super image elle est obligatoire tu ne peux pas le faire tout seul l'aventurier seul qui passe comme ça, je ne connais pas. On a tous un backup, on a tous une équipe derrière la personne, ton gars sûr, le mec qui sera là pour n'importe quoi, n'importe où, que tu peux appeler quand ça ne va pas. Il y a toujours cette épaule pour venir s'appuyer dessus, pour pleurer un bon coup quand ça ne va pas, pour gueuler, pour taper dans une porte quand tu en as plein le cul. Je ne dis pas que je ne passe que des journées exceptionnelles où c'est juste trop bien. Il y a des jours où je pète des plombs parce que je me dis que c'est pas possible, ça marche pas et tout mais c'est à force de détermination de motivation de remotivation et de discipline qu'on arrive bientôt au terme de la préparation de cette aventure qui nous aura pris presque deux ans pour pouvoir mettre ça en place

SPEAKER_01

sachant que c'est 180 kilomètres tu prévois de nager combien de temps pour les boucler

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

alors 180 kilomètres c'est vraiment la distance, c'est en ligne directe

SPEAKER_01

Exactement. Sans les courants.

SPEAKER_00

Voilà. Moi, j'imagine qu'on va faire peut-être un 200, un 220 bornes entre les courants, les vents, ma déroute parce que même si je vais garder un cap pour pouvoir aller sur Monaco, eh bien, tu peux avoir du zigzag, etc. Et les conditions de mer peuvent faire que tu te retrouves à devoir naviguer un peu différemment. mais on estime entre 8 et 15 jours. Alors, c'est très aléatoire, 8 jours et 15 jours, c'est du simple au double, mais les conditions sont tellement particulières en Méditerranée. Je ne sais pas si vous, les auditeurs, vous avez déjà eu l'occasion de naviguer en Méditerranée, mais je me souviens de Sandrine, qui est une pote que j'ai rencontrée sur un stage de survie et qui m'avait accompagnée pendant le Tour de France à la nage en tant que bénévole, et elle avait fait la portion entre Cerber, je crois, et le Barcares, un truc comme ça. Je ne sais plus. C'était vraiment la première étape de remise à l'eau en Méditerranée, tu vois, à la frontière espagnole. Et elle me dit, on échangeait souvent, et elle me dit, putain, mais Rémi, c'est trop bien. Tu arrives en Méditerranée, mais la Méditerranée, c'est trop bien, c'est super, c'est beau, il fait beau, c'est calme et tout ça. Ok, super. On arrive à Cerbère, on passe la nuit, orage toute la nuit. On n'avait pas eu une seule goutte de pluie de Dunkerque jusqu'à Andail. On a eu quelques nuages, quelques petites gouttes d'eau, mais rien d'exceptionnel. On arrive à Cerbère, orage toute la nuit. C'est quoi ce truc de malade

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Le lendemain, on se réveille, je me mets dans l'eau au niveau du port, je sors du port, il y avait déjà un petit mètre de houle et de vagues, mais irrégulière, genre un enfant de 5 mois qui tape dans l'eau dans son bain, tu vois, et voilà, un truc un peu comme ça, et là, j'avance, je sors du port, et je passe la petite pointe au niveau de Cerbère, et là, 1m50, dans tous les sens, j'ai fait deux heures, j'ai dégueulé, dégueulé, dégueulé dans l'eau, j'en pouvais plus, j'en pouvais plus, mais un mal de mer de chien, j'arrivais plus à me concentrer, tout ça, et t'avais Sandrine, qui était sur le petit bateau, qui m'accompagnait avec Yann, j'étais posé sur le bateau, je vomissais sur le bateau, j'en pouvait plus, et les vagues, Sandrine, je m'en rappelle toujours, on est arrivés, on est sortis de l'eau, Sandrine, qui avait une petite touffe de cheveux, elle avait les cheveux, mais comme ça, tu sais, Jackson 5, un machin comme ça, recouvert de sel, les cheveux qui tenaient tout seul sur sa tête, elle avait du sel dans les oreilles, dans le nez, je lui dis, alors la Méditerranée, c'est super la Méditerranée, c'est quand même un plan d'eau, hein, elle m'a dit, putain, j'aurais jamais cru, je fais, ouais, c'est ça. Moi aussi, je n'aurais jamais cru. Et ça a été comme ça. On a eu plusieurs journées de malades en Méditerranée. Donc, je m'attends vraiment à tout et à rien sur cette traversée parce que je sais que la Méditerranée peut être une mer presque fermée, mais très, très particulière à naviguer parce qu'on s'attend à tout entre les vents, la houle, les petits clapots, les vagues, etc. Donc, c'est assez surprenant. Mais quand on arrivera à Monaco, je dirais qu'on l'a fait et on ne fait ensemble.

SPEAKER_01

Et là, sur cette aventure, est-ce que le fait d'avoir réalisé tout ce que tu as réalisé avant t'a aidé d'un point de vue sponsoring, partenariat

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il ne faut pas le nier, bien sûr que ça m'a aidé. Ce que tu as acquis dans le passé, c'est les liens que tu as créés, les contacts qui se sont créés, tissés entre les gens qui ont fait que les gens me font confiance et que je me donne à 100% et ils savent que je fais les choses à 100% pour pour mettre en avant ce projet qui n'est pas que le mien en fait parce que mes partenaires ils sont pour beaucoup et donc du coup je leur dis c'est pas mon projet c'est notre projet et je veux que vous soyez partie prenante de cette aventure je veux qu'on puisse vivre ensemble, partager ensemble on est en train de caler une conférence de presse fin juin à Paris c'est pas que pour parler de Rémi Camus mais c'est pour parler de tous les partenaires, toutes ces personnes qui sont dans l'ombre qui apportent un soutien matériel, financier, etc., une épaule, et c'est tout ça que je veux valoriser. Donc, une aventure, ça fonctionne parce qu'il y a des partenaires et quand tout le monde joue le jeu, ça te fait une superbe aventure et c'est ce que je trouve touchant, agréable, et après, la reconnaissance, c'est quand tu vas faire une présentation dans une école et que tu as 50 gamins devant toi et et que tu fais ta présentation, et qu'il n'y en a pas un seul qui parle, et tu entends juste des« Oh

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Ah

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

» Et tu as juste des yeux ouverts grands comme ça, avec des étoiles dans les yeux, et là tu te dis… je pense que là on a fait mouche et je me dis à chaque fois et merde même si sur les 100 gamins que j'aurais vu dans la journée même s'il y en a certains que j'aurais juste illuminé les yeux et rempli d'étoiles peut-être qu'il y en a certains qui vont prendre conscience que ce que je suis en train de leur raconter c'est pas juste de la merde c'est que c'est vraiment des faits réels et ce sont que des aventures authentiques que j'ai vécues de mes aventures et que je partage avec eux et s'il y en a un ou deux qui comprend la problématique dans laquelle on est et qu'il faut préserver tout ça, je me dis que j'ai gagné. Et je me dis à chaque fois que ces enfants-là sont potentiellement nos dirigeants de demain et que si on leur donne les clés directement à ces petits bouchous, peut-être qu'ils feront la

SPEAKER_01

différence.

SPEAKER_00

C'est clair. En tout cas, je pourrais partir de ce monde en me disant, en tout cas, j'ai essayé de faire mon taf, j'ai essayé de faire ma part du boulot et j'aurais pu enseigner gagner partager et donner de la valeur à des choses qui me tiennent à coeur à des enfants voilà génial

SPEAKER_01

écoute franchement super super inspirant moi j'ai une dernière dernière question qui n'a aucun rapport avec l'aventure enfin je crois j'en sais rien c'est un tatouage maori que

SPEAKER_00

t'as

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

c'est un tatouage marquisien

SPEAKER_01

marquisien

SPEAKER_00

ouais tu fais aux marquises

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

non je fais à Annecy oh la vache il est énorme je

SPEAKER_01

fais à Annecy ouais

SPEAKER_00

ah ouais et c'est quelqu'un qui est extrêmement doué et tu lui racontes ton histoire pendant une heure et demie et après il dessine et il raconte ton histoire et donc il m'a dit on attend qu'il cicatrise et tu viens me voir au mois de juin et tu poses une caméra et je te raconte ton histoire et tout ce que j'ai fait

SPEAKER_01

pfff,

SPEAKER_00

c'est énormissime je te dis, j'aime pas faire les choses à moitié tu vois ma compagne elle m'a dit, Laura m'a dit mais tu m'as dit je vais faire un tatouage je fais un tatouage ça fait 8 ans que je voulais en faire un elle m'a dit ok mais tu vas faire un petit truc et quand je suis revenu elle m'a dit ah ouais ça tu fais pas ah j'ai dit j'aime pas faire les choses à moitié soit on fait un petit papillon là je vois pas du tout l'intérêt on y va vraiment

SPEAKER_01

quoi bordel bah écoute sans rire faut que tu m'envoies l'adresse parce qu'un peu comme toi tu vois ça fait des années que j'y réfléchis et en fait j'étais rentré dans un tatoueur bon là on s'écarte carrément de sujet mais en Nouvelle-Zélande et j'étais quel âge j'avais quand même j'y suis allé 17 ans solo et j'ai flippé quand j'ai vu la taille des dessins je me suis dit ouais je reviens et puis je suis jamais revenu mais il est magnifique donc moi j'ai la chance de l'avoir vu en vidéo là mais voilà donc envoie moi tout ça

SPEAKER_00

avec plaisir mais toi pour conclure et par rapport à ça et bien c'est exactement la même chose allez au bout des choses vous les auditeurs quand vous avez une idée en tête bordel allez-y allez-y franchement n'ayez pas peur d'échouer je sais pas on peut on ne parle pas forcément du tatouage, n'ayez pas peur d'échouer, vous casserez la gueule, comme tout le monde, comme je l'ai fait, vous relèverez, comme tout le monde, et vous apprendrez. Et tout ça, en fait, ça fait partie de vos expériences, et un jour, vous viendrez expert dans un domaine, et en fait, vous pourrez vous dire, toutes ces années que j'ai passées à faire quelque chose, eh bien, ça m'a servi maintenant, et c'est ce qu'il faut retenir, et il faut aller de l'avant en ayant cette envie de de toujours faire au mieux, de donner le meilleur de soi.

SPEAKER_01

bah écoute moi c'est vraiment ce que je retiens de l'échange tu vois tu nous l'expliquais que la vie d'explorateur pro c'est pas juste les beaux posts sur Instagram mais que ça a été enfin c'est forcément beaucoup d'efforts des sacrifices des galères et de la persévérance et quand on voit ton parcours que t'as commencé en 2011 c'est

SPEAKER_00

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

2010 à préparer ouais 2010 ouais 2011 la réalisation on se dit qu'effectivement bah voilà pour en arriver là où t'en es aujourd'hui il y a eu quand même des grosses grosses étapes donc Rémi, franchement, merci beaucoup. C'était un super échange. Je me suis régalé. En plus, si ça déclenche un tatou marquisien, comme ça, j'aurais une excuse pour dire à ma femme, écoute, j'y peux rien, Rémi. Mais non, franchement, merci beaucoup. Si les gens veulent suivre l'aventure Calvi Monaco, le mieux, c'est quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est Instagram, ton site Internet

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, il va y avoir Instagram, mais ça va s'appeler The Next Explorer. on va dissocier les trucs et il va y avoir également le site internet qui va s'appeler TheNextExploration.fr et on est en train de le terminer le site devrait sortir fin mai début juin et il y aura l'explication de toute l'aventure il y aura la phase de préparation on en parle la phase de réalisation et la phase de restitution pour bien décrire les deux ans où ça a été vraiment galère à réaliser à mettre en place et puis ensuite il y aura le suivi GPS et en fait sur le site le petit boîtier Garmin, je vais avoir un suivi toutes les 5 minutes avec une carte en temps réel de mon parcours et il va y avoir également de la photo. Alors, je l'annonce tout de suite, les photos ne seront pas contractuelles, elles ne seront pas prises dans l'aventure. Effectivement, je ne m'appelle pas Thomas Pesquet, je ne peux pas communiquer par le satellite et envoyer de la data à gogo. Donc, les photos seront prises entre le 13 et le 18 juin parce qu'on part tester la plateforme dans la baie de Saint-Brieuc et on viendra alimenter avec des photos qu'on aura prises sur la baie de Saint-Brieuc. Par contre, le texte qu'il y aura à côté sera un texte fait le jour même sur l'eau parce que je serai en communication en VH et je pourrai envoyer du texte par le satellite directement pour que le webmaster puisse alimenter les réseaux etc. Et après il y a une autre petite surprise très rapidement il y a un mec qui nage et beaucoup de personnes avaient envie de participer à l'aventure mais ne savaient pas comment et donc on est en train de créer le Calvi Monaco en digital, on va tester l'aventure bientôt et donc toutes les personnes qui voudront le faire pourront non pas en nage gens, mais sur les rameurs qu'on a dans les salles de sport et dans les salles de CrossFit qui s'appellent les Concept 2. Et en fait, vous allez pouvoir mettre votre téléphone portable, plugger directement en Bluetooth sur le rameur et il va y avoir une histoire à suivre avec des cadences à respecter. Vous allez pouvoir faire ça seul ou en duo pendant 7 jours, pendant 14 jours. Vous vous mettre la bourre pour aller le plus vite possible en respectant les cadences, et chaque inscription, parce que je veux que les gens s'engagent, c'est ce que je demande à chaque fois, même à mes partenaires, je veux que les gens soient des personnes engagées sur une thématique sur l'environnement et l'écologie, c'est pas quelque chose à prendre comme ça à la légère, je veux des gens qui soient engagés, et donc chaque inscription sera payante, et il y aura, je crois que ce sera 10 euros, et sur les 10 euros, il y aura 3 euros qui seront reversés aux ONG avec qui je travaille sur le projet du Calvi-Monaco. Donc, vous allez pouvoir faire un défi sportif du Calvi-Monaco en contribuant sur l'environnement, sur des ONG qui agissent au quotidien pour préserver les mers et les océans.

SPEAKER_01

Voilà. Excellent. Génial. C'est super sympa ce mix entre suivre et participer de manière digitale. C'est top. Super. Je mettrai tout ça en description de l'épisode et évidemment et puis bah écoute en tout cas moi je vais suivre le Calvi Monaco puis la suite de tes aventures avec attention et écoute je te souhaite tout le meilleur pour ce défi et puis pour les prochains

SPEAKER_00

ça me va c'est parfait merci beaucoup Loïc en tout cas merci à vous les auditeurs d'avoir écouté ce podcast c'était bien cool de partager tout ça avec vous et je vous

SPEAKER_01

dis à très très vite à bientôt Rémi ciao

UNKNOWN

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