Écoutez votre cœur. Ça, ça marche à tous les coups. Quand on fait ce qu'on aime, c'est fluide et c'est là où on peut tendre vers l'excellence. Avec la pratique pointue du comportement, un temps de réaction court et puis le faible taux d'erreur, au final, on touche l'excellence. Et ça, on peut le faire que si on aime ce qu'on fait.
SPEAKER_02Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés
UNKNOWN!
SPEAKER_02bienvenue Eugénie sur le podcast.
SPEAKER_00Merci
SPEAKER_02Loïc. Je suis ravi de t'accueillir aujourd'hui. Un grand merci à Christelle d'ailleurs pour la mise en relation. Merci beaucoup Christelle qui m'avait dit quand est-ce qu'on s'était vu en mai dernier. Ah mais je connais quelqu'un, j'ai croisé quelqu'un dans une formation, je crois que vous avez fait ensemble, qui est vraiment géniale, qui faisait du rallye, qui a plein de choses à raconter. Donc contact là, elle s'appelle Eugénie. C'est parti et nous voilà en août pour l'épisode. Donc encore une fois bienvenue. Puis écoute, ce que je te propose pour commencer, c'est tout simplement de te présenter, nous expliquer un peu quel a été ton parcours et ce que tu fais aujourd'hui
SPEAKER_00Alors, Eugénie Decret j'habite en Valais j'ai démarré le sport auto en 97 en pilote amateur c'était une passion qui m'est venue du coeur je rêvais de réaliser depuis l'âge de 8 ans à 8 ans j'ai eu mon premier rallye de mes propres yeux et au fond de moi j'avais le sentiment que c'était ça que je voulais faire, donc j'ai rien lâché et j'ai démarré en 97 Et puis j'ai arrêté en 2019, et depuis 2012, J'ai découvert la préparation mentale suite à un grave accident au Dakar où je me suis retrouvée six mois allongée. Et le seul objectif que j'avais, c'était de remonter dans le baquet le plus vite possible. À l'époque, j'étais navigatrice en rallye raide. Et donc, j'ai découvert cette préparation mentale que j'ai beaucoup aimée, j'ai crochée. Et depuis lors, depuis 2015, j'accompagne les sportifs en préparation
SPEAKER_02mentale. Voilà. Génial. Génial. Alors je te le disais avant qu'on commence l'enregistrement, c'est la première fois que je reçois une invitée qui vient du sport automobile. Moi j'ai déjà en tout cas plein de questions, ça va être super intéressant. Avant qu'on enchaîne sur la partie préparation mentale et que tu nous expliques un peu comment tu as géré cette transition et ce que tu fais aujourd'hui plus en détail. Mais commençons peut-être par ça. Tu disais 8 ans quand tu as vu ton premier rallye et que tu t'es dit c'est ça que je veux faire. Qu'est-ce qui t'a... Qu'est-ce qui fait que ça t'a marqué à ce point, ce rallye du Haut de Tévitan
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, on était dans un chalet avec mes grands-parents, dans le Jura français, et il y a une spéciale de la ronde du Jura qui passait de nuit. J'ai entendu les moteurs, j'ai vu les phares. Le cœur s'est mis à battre à 200 à l'heure. Quand j'étais enfant, j'avais tendance à m'ennuyer beaucoup. Et là, ça a été le déclic de suite. J'avais les frissons. Je ne sais pas comment expliquer. Ça s'est senti dans le corps.
UNKNOWNWaouh!
SPEAKER_02impressionnant et du coup qu'est-ce que parce qu'entre le moment où à 8 ans tu te dis c'est juste il y a des émotions visiblement assez fortes qui ont été déclenchées et le moment où tu as pu te lancer dans la pratique combien d'années est-ce qu'il s'est passé et qu'est-ce que tu as fait pour que ça devienne une réalité
SPEAKER_00alors au début on avait encore la chance de pouvoir suivre le rallye
SPEAKER_02je menais du monde
SPEAKER_00du rallye à la télé à l'époque donc j'étais une féru... de regarder les reportages. Et puis d'ailleurs, il y avait Michel Mouton, qui roulait en cheminée du monde, qui a gagné beaucoup d'épreuves, qui était en officiel chez Audi. Ça me donnait aussi la confiance qu'une femme peut aussi participer et réussir dans ce monde-là. Alors après, j'ai très vite pensé qu'à une chose, c'est passer le permis. Mes parents étaient dans le monde équestre. Et donc, je conduisais les tracteurs pour les fois, à chaque fois je pouvais conduire, j'en profitais pour conduire. Donc ça s'est fait un peu avec la patience et puis l'apprentissage de tout ce qu'on peut apprendre lié au pilotage, à l'époque surtout à conduire. Et puis à 17 ans, je me suis empressée de préparer, de passer le permis, préparer pour passer le permis, parce qu'à l'époque on ne pouvait pas encore conduire avant et puis à 18 ans je suis allée voir même avant je suis allée voir plusieurs équipes de rallye qui étaient proches de la région où j'étais et pour leur proposer mon aide alors bon j'ai pris des revers assez puissants parce que je pense qu'ils n'avaient pas envie d'avoir une femme dans leur équipe de mec donc ça ça a été des revers à plusieurs reprises et puis à un moment donné pendant les études je travaillais au casting café à Genève et là j'ai rencontré et une équipe qui m'ont fait découvrir le slalom. En Suisse, le slalom est assez prisé. C'est une école, une excellente école pour apprendre à piloter. Et puis, j'ai démarré comme ça, en slalom avec une petite golfune parce que je rêvais de la golfune aussi. Donc, avec les copains, on a monté une golfune et puis quatre slicks dans le coffre et on partait sillonner la Suisse pour faire nos slaloms le
SPEAKER_02week-end. Génial. Alors, tu disais que tu as pris des revers un peu cuisant au début. Au moment où tu as voulu te lancer, tu as cherché à intégrer des équipes. Tu dirais à quel point c'était un monde fermé aux femmes ou qui n'était pas particulièrement accueillant pour les femmes
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je ne pense pas que c'était fermé aux femmes, même à cette époque. Je pense surtout que je ne suis pas allée voir les bonnes personnes. Et que ces personnes-là, elles avaient plus envie de se retrouver entre mecs, entre copains. Et de ne pas avoir de présence féminine avec eux, j'aurais peut-être pu réfléchir un peu plus avant de choisir les bonnes
SPEAKER_03personnes. C'est un peu l'idée.
SPEAKER_00De ma vie aussi. Jusqu'à ce que je découvre la préparation mentale, dès que j'avais une idée en tête, c'est à foncer droit devant et
SPEAKER_02essuyer les plâtres derrière. Pour réfléchir au départ. Je suis sûr qu'il y aura des petites anecdotes que tu pourras nous partager par rapport à ça après. Du coup, sur tes débuts, tu commences par le slalom. Qu'est-ce qui fait que tu as accroché au point d'enchaîner avec une carrière de... quasiment plus de 20 ans, même 22 ans.
SPEAKER_00Oui,
SPEAKER_0223 ans
SPEAKER_00de rallye. Alors, le slalom, c'était pour démarrer, parce que le rallye, c'est quand même un sacré investissement, même avec une petite auto. Donc, en premier, l'idée, c'était d'apprendre le pilotage, d'avoir mon auto, et puis, petit à petit, avec le temps, préparer l'auto pour sortir en rallye. Donc ça, j'ai pu le faire. Alors, j'ai démarré en slalom, après, j'ai attaqué sur les courses de côte, et j'ai aussi fait pas mal de circuits. Donc ça, c'était C'est vraiment tout un ensemble de panel qui permet de progresser dans le pilotage, d'apprendre. Et en 2000, j'ai réalisé le vrai rêve d'enfance, c'était d'être au départ de mon premier rallye.
SPEAKER_02Excellent. Qui était où
UNKNOWN?
SPEAKER_02Qui était lequel
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'était le rallye Lyon-Cherbanière, en
SPEAKER_02France.
UNKNOWND'accord.
SPEAKER_02Génial. Et du coup, comment ça s'est passé
UNKNOWN?
SPEAKER_02Peut-être avant même, comment ça s'est passé, les sensations sur la ligne de départ, une fois que le rêve s'est
SPEAKER_00réalisé
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, j'étais vraiment à fond, très déterminée. C'était très fun parce que juste avant, la veille aux vérifications techniques et administratives, j'ai rencontré Jean Ragnotti, qui est une légende toujours vivante, qui a beaucoup d'humour et qui est un excellent pilote, l'un des meilleurs, et qui était pilote officiel C'est le renom. Donc ça, ça m'a un peu... Tu sais, t'as la personne... C'est comme si t'as un dieu qui arrive en face de toi pour voir. C'est pas quelqu'un d'autre qui vient voir, tu vois. C'était un copain qui m'avait fait la surprise. C'était vraiment un chouette moment. Et puis, en fait, le fun... Enfin, le fun... C'est un peu l'histoire du début de ma carrière, en tout cas en amateur. C'est que le premier spécial, c'était une spéciale de nuit au Lyon Charbonnières 2000. Et en fait, ça faisait deux ans qu'on bossait avec les copains sur la golf pour qu'elles soient homologuées pour le rallye. Et donc, ça aussi, je suis partie sur la golf par passion. Et en fait, j'ai découvert mes dépens. Je n'ai pas trop recherché avant que je ne pouvais pas rouler en Suisse. Alors, parce que la voiture n'était pas prête pour rouler en Suisse, donc j'ai dû me rabattre sur la France. Donc ça, c'est aussi, voilà, j'ai foncé tête baissée parce que j'aime la Golf, j'aime le rallye, et puis je n'ai pas regardé réglement ce qui se passait avant. Et alors, sur le départ, la première spéciale, malheureusement, quand j'ai allumé la rampe de phare, eh bien, j'avais acheté une rampe de phare tellement puissante que l'alternateur ne l'a pas suivie et qu'on n'a pas fait un millimètre de spéciale. Voilà, première allée. Chargé l'armorque, retour Genève. C'était quand même une bonne expérience. Il y avait beaucoup d'émotions, beaucoup de déceptions, beaucoup de frustrations. Toutes ces années à attendre ce moment. Ce n'était pas le bon moment.
SPEAKER_02C'était un peu tôt. Comment est-ce que tu as rebondi du
SPEAKER_00coup
UNKNOWN?
SPEAKER_00On a fait une sacrée fiesta pour enterrer ça le soir et puis on a rentré et puis là j'ai été un peu plus assidue déjà on a cherché quelle était la source de la panne Donc ça, avec d'autres personnes, en discutant, on a compris que la rampe de phare demandait beaucoup d'énergie, donc il fallait passer à un alternateur supérieur. Et puis du coup, on s'est concentré avec les copains à beaucoup plus optimiser la mécanique par rapport au rallye et moins par rapport à une mécanique qui va être plus pointue pour les courses de côte, par
SPEAKER_01exemple.
SPEAKER_00D'accord. On a besoin d'une mécanique qui va être plus endurante, plus fiable.
SPEAKER_02Ok. Alors, c'est super intéressant parce que je ne te cache pas que j'ai assez peu de connaissances sur l'univers du rallye. Comment est-ce que ça se passe du coup quand tu es en amateur
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est quoi les règles d'un point de vue mécanique, homologation, ce que tu évoquais, que tu dois respecter
UNKNOWN?
SPEAKER_02Les contraintes que tu as, est-ce qu'il y a une question de poids aussi pour les voitures, de puissance de moteur
UNKNOWN?
SPEAKER_02Comment ça se
SPEAKER_00passe
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, alors tout à fait. Il y a des catégories et selon la catégorie, il y a des classes. Les classes vont correspondre à la cylindrée et les catégories vont correspondre à l'évolution, à la préparation de l'auto. On peut partir du Group N qui est une voiture proche d'une auto standard, toutefois fortement modifiée, mais qui est limitée dans la performance. Alors qu'après on peut passer à une Group A qui est presque un prototype. Si on part sous le rallye Rennes, on va parler de prototype. En rallye traditionnelle, il faut que l'auto ait au moins 500 exemplaires sortis sur le marché mondial et donc là il y a un règlement qui est selon les preuves donc si c'est en Suisse ça sera le règlement du championnat de Suisse si c'est en France ça sera le règlement du championnat de France alors bon là on est sur le championnat mais il peut y avoir il y a aussi la fédération qui établit un règlement par rapport à l'auto en premier qu'on doit respecter
SPEAKER_02La
SPEAKER_00préparation va se faire selon la catégorie et la classe de la voiture, en rapport avec le règlement du pays sous lequel on roule dans les épreuves.
SPEAKER_02D'accord. Et donc toi, tu avais déjà acquis ces connaissances mécaniques entre tes 8 ans et le moment où tu t'es lancée sur ce premier rallye ou tu as su t'entourer assez rapidement de gens dont c'était vraiment l'expertise aussi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors ça, c'est assez fun aussi parce que tête brûlée que j'étais à l'époque, j'étais persuadée que pour faire du rallye, il fallait connaître la mécanique. Je ne suis même pas allée chercher l'info. Je me suis mis ça dans la tête et du coup, entre 1997 et 2000, j'ai passé beaucoup de temps libre en dehors des courses à démonter et remonter des golfines.
SPEAKER_03Du
SPEAKER_00coup, les copains, quand ils voulaient se débarrasser d'une voiture ou la vendre, au lieu de la vendre à 500 francs, ils me l'amenaient, ils me l'offraient et puis moi, je m'entraînais à démonter l'auto. Et donc, j'ai appris la mécanique comme ça. Alors, j'ai été entourée de belles personnes, mes amis, qui m'ont vraiment permis de démarrer et qui, eux, étaient très pointillés en mécanique. Ils avaient, par contre, plus une expérience de slalom et de course de côte.
SPEAKER_02d'accord ok oui parce que j'imagine que dans la préparation tu as des ce que tu évoquais tu as des spécificités selon le type de course que tu
SPEAKER_00fais tout à fait pour la comparaison assez extrême
SPEAKER_02on
SPEAKER_00peut passer d'une voiture de ce qui est le plus connu de circuit
SPEAKER_02à un
SPEAKER_00dragster on n'est pas du tout sous la même
SPEAKER_02préparation ouais d'accord ok ok je crois qu'une des premières questions qui me vient tout de suite c'est au moment où tu te lances donc tu disais que tu passais beaucoup de temps libre en dehors des courses sur de la météo tu n'étais pas professionnelle, donc c'était à toi, j'imagine, de financer tout ça. Comment est-ce que tu l'as gérée au tout début
UNKNOWN?
SPEAKER_02Est-ce que tu avais un job à côté
UNKNOWN?
SPEAKER_02Est-ce que tu as quand même réussi à trouver des
SPEAKER_00sponsors
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, je travaille comme informaticienne dans une multinationale et en fait, j'ai toujours eu un job à côté. Je m'y ai passé à 100%. L'année où je souhaitais, parce que j'avais fini un contrat pour l'État de Genève et L'année où je souhaitais tenter ma chance à 100% en rallye, c'était Dakar 2012 où j'ai eu l'accident. Donc, l'univers m'a vite
SPEAKER_02dit, non, non, garde ton job à côté. D'accord. Ok. Alors, tu viens de l'évoquer, Dakar. Je te posais la question en offre, combien tu en avais fait
UNKNOWN?
SPEAKER_02Neuf en tout dans ta carrière sur les 23 années de rallye. Donc, sacrée expérience. Bon, moi, je ne te cache pas que c'est peut-être celui qui me me parle le plus forcément parce que quand t'as pas trop les pieds dans l'univers du rallye le plus médiatisé je pense c'est sans doute le Dakar donc je serais curieux de savoir si tu pouvais nous expliquer un petit peu à quel moment est-ce que tu t'es dit que tu voulais est-ce que c'était déjà une évidence pour toi en te lançant dans le rallye que c'était la course à faire ou pas et si c'était le cas comment est-ce que tout ça s'est concrétisé et à quel moment est-ce que t'as pu prendre le départ de ce premier
SPEAKER_00Dakar
SPEAKER_02alors ça c'est assez fun là il y a beaucoup d'anecdotes je sais pas si on a le temps c'est vrai
SPEAKER_00alors en fait déjà en 2003 j'étais passée à une saxo groupenne que j'ai ah non non non en 2003 j'étais sur la golf et puis j'étais en tête du groupe sur un rallye le rallye du Chant une coupe de il faisait partie de la coupe de France et puis comme j'en voulais un peu trop j'ai cassé l'auto dommage après j'ai dit dans ma tête je me suis dit bon maintenant il y en a marre d'être avec j'étais dans une classe F2000 où il y a beaucoup de des de préparation. selon les moyens. Et du coup, je me suis dit, bon, je fais une année de pause, je mets des sous de côté, et puis je m'offre une saxo groupenne où j'ai un peu plus de chance d'être avec une auto qui est un peu plus proche de celle des autres, des concurrents dans la classe. Et en fait, là, j'ai eu des opportunités de copiloter. Et comme le rallye me manquait beaucoup, moi, je suis partie aussi en circuit, rouler en pilote. Et puis du coup, j'ai découvert le copilotage. Et puis là, ça ne s'est plus arrêté, c'est parti comme une fusée. Je me suis retrouvée en 2005, je crois, en championnat de France, dans une équipe... professionnelle, et puis en copilote. Et puis, très vite, les saisons s'enchaînaient en copilote. Je n'avais presque plus le temps de sortir la saxo pour piloter moins, pour le plaisir. Et puis, en fait, comment ça s'est passé
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, alors, je n'ai jamais pensé à faire un rallye raide. J'étais tête baissée dans le rallye, ce qui prenait déjà beaucoup, beaucoup de temps. Et un jour... On était à l'apéro avec des amis, puis il y en a un, il me dit« Ah, mais ça ne te dirait pas de faire le Dakar
UNKNOWN?
SPEAKER_00» Il y en a un dans la région qui fait le Dakar. Non, il ne faisait pas le Dakar. Si, si, il faisait le Dakar déjà. Et puis, je dis« Ouais, ça peut être fun.» Ça m'a mis l'idée comme ça en tête. Et puis, ce qui est très marrant, c'est que l'univers, des fois, il nous amène sur des chemins pas possibles. Le Noël suivant, repas de famille, on était assez nombreux. Il y avait des cousins, des épouses, des cousins. Et puis, il y a une qui vient me voir, puis il me dit« Ah, mais mon patron, il fait du rallye raide, il cherche une copilote, il veut absolument une femme. Est-ce que ça te dirait
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pourquoi pas, on peut essayer, aucune idée. Et alors je me suis retrouvée à faire mon premier CV de rallye. Et puis mon premier rallye raide, c'était le rallye de Tunisie en 2005. Alors là, on a roulé pendant pas mal d'années avec ce pilote. Et puis, le premier Dakar, en fait, on est arrivé. Celui-là, je ne l'ai pas compté dans les neufs parce qu'on est arrivé. Et puis, il ne m'avait pas dit, mais juste quelques jours avant, il s'était fait retirer son permis. Donc, on n'a pas pu prendre le départ. Et l'année suivante, on descend à Barcelone pour le Dakar 2008. Ouais, c'était 2008. Et puis là, manque de pot, le Dakar est annulé pour raison risque de terrorisme. Et puis c'est là où en 2009, on est parti. Donc là, je suis partie sur le premier Dakar en 2009 avec l'Amérique du Sud, la découverte de l'Amérique du Sud.
SPEAKER_02Wow.
UNKNOWNAlors peut-être avant que... Pardon, vas-y.
SPEAKER_02J'ai essayé de la faire courte. Justement, avant qu'on rentre dans le détail, parce que je suis sûr qu'il y a plein de trucs hyper intéressants, peut-être pour les gens un peu perdus comme moi sur l'univers du sport automobile, quelle course nécessite un copilote
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est-à-dire à partir de quel moment est-ce que tu passes d'un pilote seul à un
SPEAKER_00équipage
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors en rallye auto, c'est
SPEAKER_02le rallye
SPEAKER_00traditionnel et le rallye raide. D'ailleurs, en en rallye
SPEAKER_02traditionnelle, on est copilote et en rallye raide, on est navigateur. Ah, ok, d'accord. Et donc, la différence pour le job du navigateur ou du copilote, c'est que le navigateur, il y a vraiment une notion de navigation où tu as juste des passages par checkpoint et l'itinéraire entre les deux, c'est à vous de le faire et donc tu fais vraiment de la
SPEAKER_00navigation
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, effectivement, il y a de la navigation. Alors, en rallye traditionnelle, on va avec le pilote effectuer des reconnaissances où le premier passage, le pilote donne les notes au copilote et puis le deuxième passage, le copilote donne les notes au pilote pour qu'il les corrige. Selon le niveau des épreuves, on n'a droit qu'à trois passages de reconnaissance. Ça, ça dépend des années, des épreuves, etc. Alors que en navigateur, je dis navigateur parce que navigatrice, on n'est pas beaucoup et puis c'est plus simple de rester sur le masculin. Alors là, on n'a pas la connaissance du parcours à l'avance. On reçoit un roadbook. Ça, c'est pareil, ça change selon les années, selon le règlement de l'IFIA, Fédération Internationale du Sport Automobile, et puis le règlement de l'épreuve. On reçoit à l'époque, en tout cas à Boucheroulais, on recevait le roadbook la veille. Et ce roadbook nous indiquait le parcours qu'on allait faire le lendemain. Alors durant ce parcours, on avait sur ce roadbook des notes, trois cases, une avec les distances cumulées et partielles, une avec un dessin qui nous précise plus ou moins l'environnement dans lequel on arrive, et puis une case d'informations. Donc là, on a une partie qui peut aussi correspondre au job de copilote, et on a aussi une partie de navigation pure, comme en bateau, sauf qu'on est sur la terre, on n'est pas sur l'eau. Et effectivement, là, on peut avoir des caps à suivre pendant 10, 3, même voire 80 kilomètres. Un point en plus, c'est qu'en copilote, on fait beaucoup aux fesses parce que ça va très vite. Donc, les courbes, j'entends les virages ou les freinages, etc. On se repère beaucoup avec le corps. Tandis qu'en navigateur, on va beaucoup utiliser la lecture de terrain. Donc, on utilise beaucoup
SPEAKER_02nos yeux. D'accord, d'accord. Oui, c'est quand même... Tu vois, quand je pense copilote, en fait, j'ai une vidéo qui me vient en tête. Je crois que c'était Sébastien Loeb sur... un rallye en Irlande il me semble où en fait il y a du brouillard la visibilité franchement elle est à moins de 4 mètres je pense et il est à 180 sur des petites routes minuscules et en fait là moi c'est une vidéo c'est la première fois où j'avais vraiment pris conscience de l'intérêt à quel point en fait le copilote est absolument essentiel parce que je pense que là franchement j'imagine si tu me dis qu'il y a 3 repérages max sur les courses c'est pas possible qu'il ait connu enfin qu'il ait pu connaître l'itinéraire par cœur et donc en fait il naviguait enfin il pilotait à vue avec 4 mètres de visibilité dans ce brouillard selon les indications du copilote donc ça j'avais trouvé ça assez hallucinant et du coup est-ce que tu pourrais nous en dire comment ça se passe le langage il est codé parce que tu vois dans cette vidéo on entend le copilote qui lui dit 180 longs 200 je sais pas enfin je dis peut-être n'importe quoi mais des termes qui ont l'air d'être un espèce de code est-ce que c'est quelque chose qui est le même pour tout le monde est-ce que vous avez la même façon de décrire le terrain qui arrive ou c'est propre à chaque équipage
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est propre à chaque pilote en fait après il y a des standards on retrouve des similitudes il y en a qui vont noter la courbe avec un chiffre il y en a qui vont noter la courbe selon l'angle du volant il y en a qui vont noter
SPEAKER_02le degré de la courbe c'est
SPEAKER_00beaucoup plus pointu c'est vraiment
SPEAKER_02propre à chacun après il y a vraiment des bases communes d'accord et à quel point est-ce que tu anticipes du coup quand tu lis toi les instructions au pilote à quel point est-ce que tu anticipes par rapport par rapport à où vous en êtes sur le tracé est-ce que tu le préviens je ne sais pas deux courbes à l'avance pour qu'il ait le temps d'intégrer est-ce que c'est immédiat
SPEAKER_00immédiat oui alors avec les pilotes qui sont expérimentés et qui vont très vite, c'est deux virages à
SPEAKER_02l'avance. Deux
SPEAKER_00virages à l'avance. C'est vraiment spécifique aux notes et à la spéciale. Ça va vraiment dépendre. Le plus courant, c'est ça. D'accord.
UNKNOWNÇa va tellement vite. C'est ça. Au moins.
SPEAKER_02Ça avait l'air, en tout cas sur cette vidéo, hyper intense.
SPEAKER_00Oui, mais le brouillard a une particularité. Là, tu as pris la référence mondiale, Sébastien et Daniel Elena, qui effectivement ont excellé, puisqu'ils sont multiples champions du monde. Et dans le brouillard, c'est aussi dans la difficulté où on reconnaît les
SPEAKER_02meilleurs. Oui, complètement. Complètement. Puisqu'on parle de difficultés, on va revenir à ce Dakar, ce premier, le premier en tout cas où tu as pu prendre le départ. En Amérique du Sud, comment est-ce que ça s'est passé globalement la course
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'était magnifique. En plus, on était tous au même niveau vu que tout le monde découvrait le terrain. On a démarré avec l'Argentine qui a un seul une terre vraiment différente de l'Afrique. Parce qu'en Afrique, on est beaucoup sur des pistes, des sols durs et on a moins... le sol est différent en Amérique du Sud on a beaucoup de fèches qui créent beaucoup de poussière un sol meuble et puis surtout au fur et à mesure du passage des concurrents ça creuse la piste donc ça la rend beaucoup plus molle donc la difficulté était différente que l'Afrique
SPEAKER_02et donc l'itinéraire si tu peux nous le rappeler c'était départ en Argentine
SPEAKER_00oui 2009 je crois qu'on a fait départ Buenos Aires et arriver à Valpaé réseaux,
SPEAKER_02il me semble,
SPEAKER_00au Chili. Oui, oui, c'était Argentine-Chili. Argentine-Chili, ok. En passant par la Cordillère des
SPEAKER_02Andes. Et du coup, au total, ça a duré combien de
SPEAKER_00temps
UNKNOWN?
SPEAKER_00Le Dakar, on fait 15 jours, dont 14 jours de course, parce qu'il y a une journée de
SPEAKER_02repos entre le départ et l'arrivée. Wow, ok. Et donc, côté logistique, comment est-ce que ça s'organise
UNKNOWN?
SPEAKER_02Tout le monde prend le départ de la même étape le même jour, et le soir, il y a une sorte de camp de repos un endroit où tout le monde s'arrête nécessairement pour se reposer et ça repart le lendemain
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, l'organisation met à disposition un parcours qu'on doit suivre. Chaque soir, on est en bivouac où l'organisation aménage la cantine, tous les besoins primaires, la nourriture, l'eau, les douches. la plupart du temps on était environ 3000 sur le bivouac donc c'est des grands bivouacs très très bien organisés et puis le soir on avait un briefing pour le parcours du lendemain aussi et sinon tout ce qui est logement là c'est des équipes qui font par elles-mêmes si tu veux on part le matin de la ville de départ du matin ou du rallye et puis on a un certain nombre de kilomètres de liaison pour rejoindre le départ de la spéciale. Après, on fait une spéciale. Parfois, elle est découpée en plusieurs morceaux. Et puis, à l'arrivée de la spéciale, on reprend une liaison pour aller jusqu'au bivouac. Et le soir, quand on arrive au bivouac, on rejoint les équipes d'assistance. Donc, les équipes d'assistance sont propres à chaque équipe. Et là, on retrouve les mécaniciens, les team managers, les autres équipes aussi. Et puis, l'équipe d'assistance refait l'auto toute la nuit pour qu'on reparte
SPEAKER_02le lendemain avec une auto qui marche. Donc, il n'y a pas d'assistance fournie par l'organisation du Dakar. C'est vraiment à chaque équipe d'avoir ses mécaniciens, ses spécialistes qui travaillent sur la voiture.
SPEAKER_00Oui. Après, il y a quand même une particularité, c'est que c'est surtout pour les motards. Il y a ce qu'on appelle la malmoto. Ça veut dire que certains motards, je ne sais pas s'il peut être des autos aussi peuvent faire ça. C'est-à-dire que l'organisation met à disposition un camion où les concurrents qui n'ont pas d'assistance peuvent mettre une malle avec leur matériel mécanique et les outils pour faire par eux-mêmes la mécanique le soir. Ça, c'est plus courant chez les motards.
SPEAKER_02D'accord. Peut-être parce que moins de mécanique à gérer, donc c'est encore à peu près faisable par une personne qui est aussi le pilote, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02Versus une voiture. Oui, c'est ça. Ah, super intéressant. Je te posais la question parce que mon expérience du rallye se limite à un truc qui n'est pas du tout du rallye, mais j'ai fait le 4L Trophy quand j'étais étudiant. Et donc, c'est pour ça que je te demandais parce que c'était, j'imagine que c'était à peu près inspiré de ce genre d'épreuve comme le Dakar où il y avait aussi des bivouacs tous les soirs, mais par contre, c'était l'organisation qui fournissait des équipes de mécaniciens, etc. Si jamais on avait des problèmes avec nos merveilleuses 4L. Pour les jeunes, c'est mieux quand même. Clairement. Nous, en tout cas, ça nous avait bien aidé. Sinon, je pense qu'on serait restés dans le désert au Maroc. Donc, tu disais 14 jours avec un seul jour de repos. Une course, en tout cas, la première édition, dans un environnement que vous ne connaissiez pas. Toi, à titre... personnel du coup comment est-ce que tu t'étais peut-être déjà pour commencer par ça préparé pour ce premier Dakar dont tu allais prendre vraiment le départ sachant que c'était en Amérique du Sud avec un pilote que tu connaissais cette fois-ci ou quelqu'un de
SPEAKER_00nouveau oui oui ça faisait quelques années que je roulais avec donc en fait on roulait beaucoup on roulait beaucoup en Afrique on a aussi fait le Silkway donc à l'époque c'était transoriental on était parti de Saint-Pétersbourg pour arriver à Pékin donc pour donner Bon, le Dakar est beaucoup plus connu, effectivement, et le Transoriental, qui s'appelle maintenant le Silkway, ce ne sont pas les mêmes organisateurs, c'est un parcours similaire, est aussi l'une des épreuves la plus dure au monde. en rallye reine.
SPEAKER_02Du fait de la distance et des
SPEAKER_00conditions
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, tout à fait. Oui, parce qu'on partait de Saint-Pétersbourg, on traversait le Kazakhstan, on arrivait en Chine, on arrivait à la muraille de Chine d'ailleurs. Et puis les Russes, les parcours, ils nous font des choses costaudes. Cette réputation. Même si c'est organisé par des Français. Les Français sont très bons dans l'organisation des rallies. Je pense qu'ils ont le lead là-dessus d'ailleurs, au niveau mondial. Et oui, on était entraînés à la difficulté, à la durée, et puis beaucoup d'expérience de rallye. J'ai commencé en 2005, je faisais entre 4 et 5 rallyes raides par année.
SPEAKER_01Ah oui
UNKNOWN?
SPEAKER_00jusqu'à
SPEAKER_022009, ça fait déjà une très bonne expérience. Et sur ces 14 jours d'épreuve, comment est-ce que ça se gère côté sommeil, concentration
UNKNOWN?
SPEAKER_02Je suppose qu'il n'y a pas vraiment le droit à l'erreur comme dans toute épreuve de toute façon, mais quand ça dure 14 jours et que le pilote compte sur toi, comment est-ce que tu t'étais organisé pour faire en sorte d'être au mieux, la plus performante monde possible sur toute la
SPEAKER_00durée de l'épreuve alors effectivement c'est très intense surtout qu'à l'époque en navigation il y avait beaucoup de travail sur le roadbook à réaliser donc peu d'heures de sommeil et toujours en tension toujours en adrénaline avec les chronos et puis aussi de pointer les pointages donc la préparation elle se fait physique déjà beaucoup en salle coach sportif pour avoir un physique d'aplomb parce que aussi quand on prend des chocs en rallye même sans crash c'est quand même des chocs assez violents donc il y a une position spécifique à avoir s'appuyer beaucoup sur les jambes donc l'entraînement physique des cuisses est important En tout cas, c'est la solution que j'avais trouvée avec mon entraînement physique. Et puis aussi de muscler tout ce qui est micro-muscles pour protéger la colonne vertébrale. Parce qu'on est assis dans un baquet, puis quand on prend des sacrés jetons, on passe dans des trous à haute vitesse, des fois... Des fois, ça remonte un peu dans les os. La préparation physique, elle était importante. Le repos avant le départ, 15 jours avant, éviter... Oui, beaucoup, beaucoup dormir. C'est assez fun parce que le cerveau, moi, j'avais découvert ça sur les premiers rallyes rennes. On avait des longues liaisons. Et puis, au début, quand on n'est pas entraîné pour ça, en tout cas, moi, je fatiguais. Et je demandais au pilote si je pouvais dormir sous la liaison. Alors, il disait, ouais, pas de souci. Et puis, je regardais le Tripmaster. Donc, là, on a la distance qu'on réalise, qui s'affiche. Et le roadbook. Et puis, Dans ma tête, je faisais le delta. Par exemple, le prochain carrefour, je me disais dans ma tête, il est à 100 kilomètres. Et là, je m'endormais dans le baquet. Et à chaque fois, 4-5 kilomètres avant le carrefour, je me réveillais naturellement. C'est fou, quoi
UNKNOWN!
SPEAKER_02incroyable
SPEAKER_00c'est fabuleux et donc j'ai continué à utiliser des astuces comme ça alors avant une épreuve comme le Dakar ou le Silkway des grosses épreuves comme ça je programmais mon cerveau à se reposer Et du coup, j'arrivais en
SPEAKER_02pleine forme. Alors ça, c'est super intéressant. Tu vois, j'en parlais il y a deux jours avec d'autres invités sur deux épisodes qu'on a faits qui sont des ultra-trailers. Et on parlait justement de la gestion du sommeil. Alors c'était des questions assez intéressées de ma part parce que là, au moment où on enregistre, je ne crois pas que je te l'avais dit avant l'épisode, mais je prends le départ d'une course qui fait un ultra-trail qui fait 300 kilomètres sur six jours où il va y avoir un vrai sujet de gestion du sommeil, on est en équipe en plus donc il faut faire en sorte que tout le monde se repose en même temps et à priori une heure et demie maximum deux heures par jour sur six jours donc ça veut dire qu'il va y avoir un gros déficit de sommeil du coup je suis hyper friand depuis quelques mois de toutes les techniques des astuces sur comment se préparer à ça bon là à 15 jours de la course c'était un peu tard mais en tout cas je suis curieux de savoir quels exercices est-ce que tu faisais, à quoi est-ce que concrètement ça ressemblait cette préparation comme tu dis de ton cerveau à être capable de se reposer et de dormir à la demande en
SPEAKER_00fait alors tu vas peut-être rigoler mais je me suis mise à la méditation ok une méditation spécifique de pleine conscience pour préparer le corps et le mental donc l'entraînement de méditation comme ça en conscience avant alors c'est une méditation que je faisais spécifique c'est-à-dire que je repartais dans un rallye ou une spéciale pour mettre vraiment mon corps en condition et je visualisais cette épreuve-là, ce qui préparait... En fait, inconsciemment, les muscles se mettent en condition comme si on y était et ça l'entraîne. 15 jours avant, je pouvais déjà faire ça. La relaxation, donc un état modifié de conscience, au repos, dans un endroit calme, et tu repars sur une course que tu as vécue par le passé et tu revis cette course. Et ton corps, en fait, il ne fait pas forcément... L'esprit ne fait pas forcément la différence entre le réel et l'imaginaire. Donc il y a un entraînement déjà possible au niveau du mental. Et inconsciemment, ça part dans les muscles aussi. C'est ce que j'ai fait d'ailleurs pour retourner le plus vite possible dans le baquet. Quand j'étais allongée pendant six mois, je revisualisais tout le temps, tous les jours. qui est spécial. Ça a permis à mes muscles d'éviter de garder la mémoire des gestes. Garder la mémoire des gestes. Donc, on peut aussi les éviter en anticipation avant une course.
SPEAKER_02Ok, super intéressant, donc de la visualisation, méditation, ok. Et oui, ça me fait penser, tu vois, à un épisode, peut-être que tu seras intéressé pour l'écouter, avec Olivier Couré, qui est coach préparateur mental, qui est français, mais qui est basé à Hong Kong, et qui accompagne des sportifs de haut niveau, ou entre guillemets de l'extrême, je crois qu'il a accompagné une personne qui a fait un marathon par jour pendant 7 jours sur tous les continents, un record man d'apnée, des gens qui vont vraiment chercher de la performance. Et c'est exactement ce qu'il disait, que le cerveau ne fait pas la différence entre ce qu'on imagine et ce qu'on vit. Et donc, le travail de visualisation peut avoir un énorme impact sur la performance ou sur la récupération, comme tu l'as dit.
SPEAKER_00Absolument. Et les effets sont vraiment impressionnants. Et en plus, ça crée un entraînement. Donc, comme on s'entraîne... en physique, sur la musculature pour préparer le corps, s'entraîner comme ça mentalement. Ça a le même effet en efficacité le jour de la
SPEAKER_02course. Oui. C'est
SPEAKER_00fou, les rouages du cerveau. Oui, oui, oui. Et puis, ça reste encore assez tabou en Europe. Aux États-Unis, c'est très, très développé. Et ça a été validé par les scientifiques. C'est quelque chose de... qui fonctionne dans
SPEAKER_02l'excellence. Oui. On en avait parlé justement avec plusieurs invités. J'en ai deux en tête. Manon, Petit Le Noir et Cindy qui ont toutes les deux eu des gros, gros, gros pépins suite à des blessures. Il y en a une qui s'est pris une tonne de neige sur la tête et l'autre qui s'est craché en snowboard et qui a passé, je crois, de mémoire, quatre ou cinq mois avec un corset enfin intégrale et les deux en fait expliquaient que ce qui a fait qu'elles sont revenues très très vite dans leurs pratiques respectives bien plus vite que ce que les médecins avaient prévu c'était en fait tu vois alors elles ne l'ont pas qualifié de préparation mentale mais ce travail de visualisation de se remémorer tu vois certaines courses qu'elles avaient vécues de faire travailler leurs muscles d'imaginer qu'elles étaient en séance de sport et qu'au final ça avait des impacts au final réels avérés sur leurs matières musculaire, la masse musculaire qu'elles arrivaient à reprendre. Donc assez fou de voir comment ce travail de visualisation peut accélérer un processus de
SPEAKER_00convalescence. Ah oui, c'est époustouflant. Le physio qui m'accompagnait quand j'ai commencé la rééducation, alors j'avais effectivement, je ne sais pas si c'était Manon ou Cindy, un corset intégral aussi. Donc plus de muscles, plus de graisse. Je n'ai jamais descendu aussi bas en poids.
UNKNOWNJe me faisais peur.
SPEAKER_00Je ne peux pas me regarder dans la glace. Donc, pour dire que la rééducation, au début, tu soulèves à peine un stylo, c'est compliqué. alors là le physio qui était aussi ostéo qui m'a accompagné tout le long de la rééducation il était époustouflé de la vitesse la vitesse de retour à prendre une barre ou soulever un poids c'était très très rapide et puis il y a autre chose c'est que quand on commence la rééduc on part de zéro on revient à zéro vu qu'on n'a plus du tout de muscles et bien on a la motivation on n'a pas ces baisses de en tout cas moi c'est ce que j'ai vécu j'ai pas eu ces baisses de motivation qui sont des fois difficiles à vivre à l'entraînement pendant ma rééducation de par avoir fait ce travail d'imagerie mentale
SPEAKER_02Incroyable. Alors peut-être qu'on peut du coup enchaîner justement sur cet épisode-là que tu as déjà évoqué plusieurs fois, l'accident. C'était en 2012, c'est ça, si je me souviens
SPEAKER_00bien
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui, Dakar 2012. Et donc, qu'est-ce qui s'est passé
SPEAKER_00exactement
UNKNOWN?
SPEAKER_00On a volé une dune. En fait, on a essayé de toucher le ciel, je crois. On a fait le piquet comme une fusée qui partait en direction du ciel et puis quand on l'a mis dessous, c'était Mitsubishi MPR10 l'ex auto l'ancienne auto à Stéphane Pitarancel et quand l'auto quand la masse est revenue avec la pression sur le sol elle s'est retournée puis on a atterri sous le toit Et malheureusement, les harnais qui étaient serrés à bloc, ils avaient eu déjà des crashs précédemment, ce que j'ai appris après. Donc, ils n'ont pas fait leur travail à 100%. Alors, j'ai la tête qui a tapé contre l'arceau.
SPEAKER_03Et
SPEAKER_00là, j'ai entendu les vertèbres péter. Et là, j'étais contente de pouvoir bouger les petits doigts de pied et les mains. Et puis après, la suite, c'est coquilles, hélicos, hôpital. Là, j'ai fait quatre hostos en un mois. Parce qu'au Chili, ils n'ont pas le niveau d'hospitalisation qu'on a en Suisse, ça c'est sûr. Ils n'ont pas les mêmes moyens, surtout. J'ai fait deux hôpitaux au Chili. Après, ils m'ont emmenée au Pérou. Et puis, j'ai été finalement rapatriée à Genève. à la fin
SPEAKER_02du mois de janvier waouh et du coup la suite ça a été tu disais 6 mois 6 mois allongés à ne pas pouvoir
SPEAKER_00bouger oui alors je pouvais à partir du moment où j'avais le corset intégral je pouvais quand même bouger un petit peu toutefois mon héros chirurgien il a été très clair moins je bougeais plus je restais allongée et plus j'avais les chances de repartir en rallye parce qu'évidemment il ne disait pas que c'était possible Il y avait encore des risques, vu que c'était les quatre premières vertèbres dorsales. Il y avait des risques importants. Donc, c'était allonger le maximum de temps possible. Je pense que je devais me lever, bouger un peu, peut-être cinq à dix minutes par jour, pas plus, au début en tout
SPEAKER_02cas.
UNKNOWNWaouh!
SPEAKER_02Qu'est-ce que tu t'es dit au moment où vous avez passé cette dune, où vous vous êtes retrouvé en l'air
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ah ben, j'ai trouvé le paysage magnifique du ciel. Après, j'ai vraiment cette image qui me reste encore. C'est comme des événements marquants, comme ça qu'on garde, c'est flash. C'est un flash. Et puis après, quand on était sur la descente, l'auto s'est renversée. Avant qu'on atterrisse sur le toit, je me suis dit, bon ben là, le Dakar cette année, c'est foutu. Et puis, quand il y a eu les quatre vertèbres, là, c'est tout de suite la question, est-ce que les petits doigts de pied bougent
UNKNOWN?
SPEAKER_00Donc là, c'était bon. Et puis après, comme on était derrière une dune, et puis qu'il y a des risques que les concurrents arrivent, d'autres, et qu'ils atterrissent sur l'auto, là, j'ai tout de suite guidé le pilote qui était... peu expérimenté à faire ce qu'il fallait pour prévenir les autres concurrents. Et puis là, j'ai attendu l'hélico. Après, depuis l'hélico, il y avait aussi un paysage magnifique. Les médecins étaient très sympas. On a bien rigolé. Il faut dire que je n'ai pas de sensibilité à la douleur. J'étais coincée physiquement, mais la douleur, je ne la sentais pas plus que tant.
SPEAKER_02et du coup quand le diagnostic est tombé déjà dès le Chili c'était très clair que tu allais être immobilisé et out du rallye pour un bon moment ou il a fallu que tu arrives à Genève pour que le bilan soit vraiment complet et précis
SPEAKER_00c'était au Pérou parce qu'au Chili je ne sais pas s'ils étaient peureux ou je ne sais pas trop ce qui s'est passé ils m'ont fait passer les radios mais ils ont constaté que les vertèbres étaient cassés. Ils étaient déplacés aussi, les quatre, en bloc sur l'arrière du dos. Mais je crois qu'ils étaient un peu perdus. Donc après, ils m'ont transféré à l'autre hôpital d'Iquiquet. Et puis là, ils m'ont imposé de rester immobilisée. Par contre, ils n'ont pas fait plus d'examens. Je ne sais pas s'ils n'avaient pas le matériel ou quoi. C'est là où ils ont décidé de me transférer au Pérou. Et puis au Dès que je suis arrivée à l'hôpital, j'étais tout de suite dans le scanner. Et là, c'était très
SPEAKER_02clair.
UNKNOWND'accord.
SPEAKER_00Et à ce moment-là, qu'est-ce que tu t'es dit, toi
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'était difficile. C'est difficile à dire parce que je ne savais pas. Je n'avais pas de réponse claire. Ce qui était clair, c'est que je devais rester allongée, que j'avais un risque d'handicap important. haut, parce que c'est juste en dessous des cervicales. Le reste, je pense que j'étais encore assez inconsciente. J'avais qu'une idée, c'était vraiment... Et puis, triste que la saison se
SPEAKER_02finisse. Et comment... Tu vois, alors ça peut paraître peut-être un peu bizarre comme question, mais aujourd'hui, avec les outils que tu as de préparation mentale, de tous ces sujets de méditation, etc., que tu as, je pense, ce que je comprends, beaucoup plus creusé depuis, est-ce que tu l'aurais géré
SPEAKER_00différemment,
SPEAKER_02cet événement
UNKNOWN? Ah oui, tout à fait.
SPEAKER_02Déjà, je ne serais pas partie avec ce pilote. Je veux dire, sur l'accident, tu vois, après, sur la partie vraiment convalescence, est-ce qu'il y a des choses que tu mettrais en place aujourd'hui que tu n'as pas mis en place à l'époque
UNKNOWN?
SPEAKER_02Est-ce que tu verrais cet accident d'un œil un peu différent aujourd'hui
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, pour moi, c'était un cadeau, cet accident, parce que c'était vraiment une découverte magnifique, la préparation mentale. Si tu veux, j'avais acheté, parce que comme je devais rester allongée et que les bras étaient un tant soit peu immobilisés, j'avais acheté un support pour portable et puis un projecteur. Je pouvais quand même aller sur Internet, sur l'ordi, et puis regarder au plafond ce qui se passait sur l'écran. Et là, mon obsession, c'était vraiment... Enfin, c'est devenu une passion. La découverte, la préparation mentale qui est devenue une passion après. Et là, ça s'est enclenché. J'avais un nouvel os à ronger, si tu veux. Donc, ça me faisait passer le temps qu'il fallait avant de remonter dans l'auto. Après, j'ai continué... à apprendre, à être formé, à pratiquer la préparation mentale pour moi et aussi à accompagner d'autres pilotes et d'autres sportifs. Donc ça, ça ne s'est jamais arrêté depuis. Ça, c'était vraiment un grand cadeau caché, je dirais, de l'accident. Puis bon, l'autre cadeau, c'est que je m'en sors super bien. Aujourd'hui, je vais skier tout le temps. J'ai beaucoup d'activités sportives. Voilà. La décision d'arrêter le rallye n'est pas liée à l'accident.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_00Après, si j'avais eu la préparation mentale plus tôt, je pense que ma carrière aurait eu une autre vision, mais avec des siens. On refait le monde. Je n'ai pas l'idée d'arriver au bon moment, au bon endroit. Après, je repense là par rapport à ta course, au trail. Pendant la course, il y a aussi la respiration. Tu peux préparer avant en entraînant et l'appliquer pendant la respiration et ça t'amène à la relaxation. Il y a
SPEAKER_02pas mal de clés là-dessus. Alors ça, c'est quelque chose que tu faisais, toi, déjà, de manière empirique, une fois que tu avais découvert la préparation mentale sur tes courses
UNKNOWN?
SPEAKER_00Après l'avoir découvert,
SPEAKER_02oui. Et ça ressemblait à quoi, du coup, pendant l'épreuve elle-même
UNKNOWN?
SPEAKER_02Enfin, je veux dire, c'était pendant l'épreuve ou le soir, au bout de voie, en attendant la spéciale du lendemain
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ça ressemblait à quoi, concrètement
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, ça se prépare. Tu peux faire de la... Bon, il y a plusieurs types. Il y a la respiration abdominale qui est assez intéressante. ou la cohérence cardiaque aussi. Alors l'entraînement à cette respiration, il se prépare avant, histoire d'habituer le corps, et puis que ça devienne un automatisme, une compétence inconsciente. Et pendant l'épreuve, tu peux l'utiliser à ce moment-là. Une fois que tu as acquis le réflexe.
SPEAKER_02C'est comme un
SPEAKER_00muscle, ça se travaille. Tout à fait, c'est exactement ça. C'est un muscle, oui. D'ailleurs, on a des neurones
SPEAKER_02dans le ventre et on a des neurones dans le cœur. Je ne sais plus, je crois que c'était parce que j'ai fait une formation en préparation mentale justement avec un l'enseignant était c'est un docteur qui est en France mais l'organisme était en Suisse parce qu'à ce moment-là je vivais encore en Suisse et il me semble que c'est pendant cette formation qu'on avait vu ça qu'on a dans Bon... Alors, attends, qu'est-ce que c'était
UNKNOWN?
SPEAKER_02Je ne veux pas dire de bêtises. Si je dis des bêtises, je suis désolé pour celles et ceux qui écoutent qui en savent plus que moi ou qui n'ont pas oublié le contenu de l'information. Mais il me semble qu'on a autant de neurones dans l'estomac que dans le cerveau d'un chien, en fait. Donc, ce n'est pas anecdotique. C'est vraiment, quand on parle de gut feeling, de faire confiance à ses tripes, etc., en fait, ces expressions viendraient de là, du fait qu'il y a vraiment un organe qui aide à la décision dans le ventre et pareil dans le cœur. Je crois que c'est dans le cœur qu'on a autant de neurones que dans le cerveau d'un chien. Ça te parle ces données
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je ne connais pas la quantité exacte. En tout cas, effectivement, ces neurones qui sont dans le ventre sont liés à la gestion émotionnelle. Si on a un coup de stress, on peut en préparation entraîner avec la respiration à gérer ce stress qui est derrière pendant la course en une ou deux respirations on arrive à le faire passer, peut-être un peu plus et dans le cœur alors là on va être lié à tout l'enthousiasme plutôt la joie, la motivation, ce qui nous booste quand on est sur une endurance, comme tu vas faire, où au bout d'un moment on fatigue, puis il y en a la petite voix qui dit« non mais ça va, t'as vu ce que tu fais
UNKNOWN?
SPEAKER_00» De gérer cette petite voix avec une respiration dans le cœur, la cohérence cardiaque sur le moment, ça permet de revenir très vite avec la tête et le corps sur ce qu'on fait au moment présent. Donc rester à fond, concentré.
SPEAKER_02Yes, je sais que la respiration, la respiration c'est un exercice, enfin l'abdominal c'est un exercice que je fais assez régulièrement, si j'ai bonne mémoire en fait c'est ce qui permet d'activer le système parasympathique, tu me dis si je dis des bêtises, mais qui est le système de la détente, de l'état de repos, versus une respiration plutôt dans le haut, un peu saccadé où on vient bloquer le ventre, qui là active au contraire tous les systèmes qu'on appelle sympathiques qui qui, contrairement à ce que leur nom indique, sont plutôt des systèmes de défense et de préparation à des choses pas sympas qui arrivent. Donc, c'est là où le rythme cardiaque s'accélère et, finalement, le stress prend le dessus.
SPEAKER_00Il ne faut pas se louper parce que ça ne le fait pas
SPEAKER_02du tout. C'est ça. Selon comment on respire, que ce soit bas du ventre ou haut du corps, ce n'est pas tout à fait la même chose.
SPEAKER_00Oui, il y a aussi la façon dont on respire. Donc, l'endroit est important, que ce soit le ventre, le cœur ou parce qu'on peut aller loin avec les exercices de respiration. Il y a aussi la façon dont on va respirer. C'est une respiration profonde. Quand je dis respiration, il y a inspiration et expiration. Si elle est profonde, si elle est plus lente à l'inspiration ou plus lente à l'expiration, ça n'aura pas les mêmes effets.
SPEAKER_02Et ça aujourd'hui, c'est des sujets sur lesquels tu accompagnes des sportifs
UNKNOWN?
SPEAKER_00Aussi, ça en fait partie. Après, en préparation mentale, il faut bien mettre un nom sur ce qu'on fait. Je veux dire, que ce soit préparation mentale, aux États-Unis, il y en a, ils font accompagnement vers l'excellence de soi, ce genre de choses. Ça, c'est qu'un nom. Dedans, il y a effectivement la partie relaxation qui en fait partie. En plus de la concentration, de la gestion des émotions, de l'amélioration des compétences. Et puis l'objectif à ne pas oublier, ce que j'avais beaucoup tendance à oublier avant que je découvre la préparation
SPEAKER_02mentale. C'est ce que j'allais te dire. À quel moment est-ce que tu t'es dit que tu allais faire cette transition entre ta carrière principalement de copilote, si je comprends bien, ou normalement c'est là-dessus que tu t'es spécialisée, et l'accompagnement, entre autres, de sportifs
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors j'ai commencé en parallèle en 2005 à accompagner. 2015, je te dis une bêtise, 2015, accompagnée, c'était après l'accident. 2015, là pour moi c'était une évidence que je partirais sur cette voie que j'aime beaucoup, qui est passionnante, pour laquelle je me suis passionnée. Et puis là j'ai commencé à accompagner des pilotes et des tennismans, et puis des cavaliers aussi, des cavalières. donc là je savais que ça pouvait à un moment donné basculer sur le jour où j'arrête le rallye où j'arrête la compétition je me concentre plus sur la préparation mentale Comme ça, je suis toujours liée au sport et aux défis, parce que ce que j'adore, c'est les défis. Et accompagner, comme je l'ai fait pour Camélia Liparotti, qui est une pilote femme au Dakar, une pilote officielle, accompagner une sportive ou un sportif qui est au taquet avec ses défis, ça fait vibrer. C'est génial, c'est fabuleux. Donc, c'est devenu ma nouvelle passion à ce moment-là. Et puis, 2019, j'ai vraiment décidé de switcher.
SPEAKER_02Il y a eu un élément déclencheur qui t'a fait dire en 2019« c'est bon, j'arrête» ou c'est quelque chose que tu avais déjà préparé avant et tu savais que c'était l'année où tu raccrochais les gants
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, je ne savais pas du tout. Non, non. J'ai eu la petite voix qui a commencé à venir sur un rallye au Maroc en 2018. Cette petite voix qui dit« maintenant, il est temps de passer à autre chose». Et puis après, ça m'a pris quand même une année de réflexion avant de prendre la décision. Par contre, j'avais toujours des propositions de rallye que je déclinais, parce que j'étais dans une période floue. Je ne savais pas si c'était le bon choix d'arrêter ou pas, ou de continuer. Quand on fait une transition comme ça de carrière, c'est assez perturbant. On a quand même cette phase de deuil qui nous tient et qui nous met dans le doute. donc il y a cette phase importante, on ne sait pas trop, et puis le changement de vie aussi, parce que quand on est au taquet, alors entre les entraînements, la préparation des rallies, les rallies, on vit à 200 km heure, c'est le cas de le dire, et puis que d'un coup, bon, qu'est-ce que je vais faire aujourd'hui
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, il y a un grand vide, les relations aussi, même si on garde toujours les contacts, on n'est plus dans cette famille du rallye, en tout cas, on est partout, Moi, j'ai décidé de switcher. J'aurais pu partir sur un autre métier dans le rallye et puis arrêter la navigation. Et c'était un choix de vraiment switcher complètement. Donc, ça a mis un certain temps. Et puis, voilà, maintenant, c'est fait. Je suis contente. Je suis heureuse de cette vie, de tout ce que j'ai appris et puis de pouvoir partager... Toutes les personnes qui ont envie
SPEAKER_02d'apprendre tout ça. Et du coup, aujourd'hui, est-ce que c'est devenu ton activité principale, l'accompagnement, ou est-ce que tu es encore
SPEAKER_00informaticienne
UNKNOWN?
SPEAKER_02Je suis toujours informaticienne pour multinationales, bon, à temps partiel. D'accord, OK. Et donc, typiquement, tes accompagnements, comment est-ce qu'ils se structurent
UNKNOWN?
SPEAKER_02Est-ce que déjà, il y a une thématique commune pour laquelle… les gens te contactent
UNKNOWN?
SPEAKER_02Est-ce que tu t'es spécialisée vraiment dans cette notion de performance
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ou est-ce que tu fais aussi de la préparation mentale pour des gens en entreprise qui n'ont pas forcément d'activité
SPEAKER_00sportive
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je laisse la porte ouverte. Toutefois, j'ai vraiment beaucoup de plaisir à accompagner des sportifs. Des sportifs ou des personnes qui ont un projet un peu fou, je dirais. Ce n'est pas forcément un sportif. Accompagner des personnes qui ont envie déjà d'apprendre, d'évoluer avec eux-mêmes, parce que c'est vraiment une base de coaching. C'est la personne qui se découvre à travers des outils qu'elle découvre. Et donc, c'est vraiment elle qui va vers ce qui lui parle. Et oui, alors moi, ce qui m'anime vraiment, c'est les défis. Alors, quel que soit le défi,
SPEAKER_02je signe. Ok, c'est bon à savoir. Vu l'audience qu'on a sur le podcast, il y aura peut-être quelques personnes qui se diront, bon, j'ai besoin d'être accompagné pour le prochain défi que je fais. Mais en tout cas, s'il y a bien une communauté dans laquelle il y a des défis un peu fous régulièrement, c'est celle des frappés. le message sera entendu en tout cas je crois que j'ai la question qui me vient en tête par rapport à ce que tu expliquais sur l'accompagnement et ce qui t'anime c'est la suivante quand j'ai fait ma formation de coaching j'étais à Genève d'ailleurs peut-être que tu connais l'école ça s'appelle LT l'école de formation avec Laurence et donc c'était une formation coaching ICF et une des phrases d'intro qui m'avait vraiment marqué, c'était le fait que la posture du coach, en tout cas, d'après l'ICF, c'est d'être aussi bien, c'est d'être dans une posture d'apprenant, en réalité, de co-construction avec la personne qu'on coache. Et c'est vrai que moi, j'ai pu le vérifier après avec certaines personnes que j'ai accompagnées où finalement, j'ai eu presque l'impression de moi d'apprendre autant qu'elles pendant cet accompagnement. Et je me demandais du coup si toi, tu as des personnes que tu as accompagnées qui t'ont marqué, tu vois, du fait fait de leurs projets sportifs ou des défis complètement fous qu'elles s'étaient lancés et qui t'ont permis d'en apprendre un peu plus sur toi et quelque part de grandir en tant que personne
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, à chaque accompagnement, je grandis. Ça, c'est sûr. Comme tu dis, c'est vraiment un moment créatif. Alors, dans le sport, il y a Camélia Liparotti qui m'a beaucoup... J'ai eu beaucoup, beaucoup de plaisir à l'accompagner, ce qui est toujours le cas, d'ailleurs. Et Et puis les chefs d'entreprise qui m'ont beaucoup surpris. J'en ai un qui était venu pour s'améliorer au tennis. C'était sa passion, son plaisir de jouer au tennis en compète. Et en fait, au bout d'une année de prépa mentale pour le tennis, donc on n'a pas fait beaucoup de séances, je crois qu'il y avait huit séances sur l'année. Il avait tendance à laisser gagner les autres, donc il voulait peut-être dépasser ce cap-là. et puis d'autres choses qu'il a découvert et lui alors au bout d'une année le chiffre d'affaires de son entreprise a triplé ça c'était la grande grande surprise en fait tout ce qu'on fait en séance de prépa mental il y a une résonance qui se crée dans la vie de tous les jours et ça peut avoir des effets hyper positifs à 360 degrés donc ça c'est vraiment celui qui m'a le plus marqué étonnamment
SPEAKER_02Intéressant. Super intéressant. Mais aujourd'hui, après ces 23 ans de course automobile et l'activité que tu mènes aujourd'hui d'accompagnement, est-ce que tu vois des similitudes entre le coaching, la préparation mentale, ce que ça t'apporte et ce que tu as pu apprendre sur toi-même dans le rallye avant de découvrir tous ces
SPEAKER_00outils
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, énormément. Et aussi j'ai démarré dans l'équitation j'étais en concours épique à l'âge de 7 ans je viens d'une famille qui ont beaucoup de chevaux alors je dirais tout ce que j'ai appris depuis depuis le début, à travers l'équitation, les concours épiques, et puis le rallye, le rallye raide, parce qu'on est encore sous une autre discipline, même en sport auto, en passant du slalom au circuit, en course de côte, et la couche de préparation mentale par-dessus, c'est énorme. Je dirais que c'est, en résumé, l'école de la
SPEAKER_02vie.
SPEAKER_00En résumé.
UNKNOWNL'école de la vie.
SPEAKER_00Une autre chose que j'aime, Ma phrase favorite que je mets aussi dans les podcasts que je fais, c'est« là où tu regardes, tu vas». Parce que si on regarde, quand on est en concours épique à cheval et qu'on ne regarde pas l'obstacle suivant, on ne va pas y aller. Le cheval, il a bien compris qu'il allait aller là où on a le regard. Et en sport auto, quand on pilote, c'est pareil. Si on regarde une pierre, on va foncer dessus au lieu de regarder le virage suivant. Dans la
SPEAKER_02vie, c'est aussi ça. Super analogie. Excellent. Excellent. Oh là là, punaise, ça a fait beaucoup de sujets. Vraiment, merci beaucoup Eugénie. Moi, je crois que je repars avec déjà plein de connaissances sur l'univers du sport auto. Donc, franchement, merci parce que je te le disais, en dehors du rallye, je n'avais pas trop d'infos. Enfin, je n'avais jamais trop creusé sur le sujet. Donc là, c'était vraiment top de pouvoir échanger avec quelqu'un qui en a fait son activité principale pendant plus de 20 ans. Donc, c'était super et puis très très intéressant de voir tous les liens, tous les ponts que tu as fait entre ton activité de sportif de haut niveau en tout cas de sportif en recherche de performance très clairement et puis l'univers de la préparation mentale et du développement perso donc juste génial s'il y a des gens qui veulent du coup te suivre en savoir un peu plus, tu viens de mentionner le fait que tu as lancé un podcast comment est-ce qu'on fait pour, où est-ce qu'on peut te retrouver
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, il y a le podcast« Maximise ton potentiel» qui est diffusé sur toutes les plateformes de podcast. Et puis, la page Facebook aussi« Maximise ton potentiel
SPEAKER_02». Excellent. Ok. Je mettrai tout ça en commentaire dans les liens.
SPEAKER_00Alors, les podcasts, c'est« Les aventures de Joy». dans le rallye pour la saison 1 dans le rallye et le rallye red et ça inclut plein de clés de préparation mentale il y a déjà beaucoup Pour ceux qui souhaitent découvrir ce domaine, il y a déjà beaucoup, beaucoup juste à écouter les
SPEAKER_02podcasts. Ils peuvent déjà avoir pas mal d'infos. Super. Trop bien. Écoute, moi, je vais aller en écouter, c'est sûr. Et je mettrai le lien, encore une fois, en description de l'épisode. Donc, n'hésitez pas à foncer. Écoute, moi, tu m'as vraiment donné envie, tu vois, de creuser un peu le sujet de tout ce qui est sport automobile. Et ça m'a quand même l'air d'être un environnement. Je n'avais pas forcément touché du doigt le niveau d'intensité, de préparation. On a un peu survolé la partie mécanique, mais je pense qu'il y a aussi des choses où il faut aller dans le détail et absolument tout planifier. Est-ce que tu penses, quel autre invité est-ce que tu recommanderais qui pourrait nous en dire encore plus et compléter ta vision
SPEAKER_00sur le sport auto
UNKNOWN? Peut-être un pilote.
SPEAKER_00Stéphane Peterhansel, ça serait en rallye raide. Jean Ragnon, Parce qu'il est plein d'humour. Je suis sûre que ce sera un magnifique podcast. Qui d'autre
UNKNOWN?
SPEAKER_00Un pilote de circuit aussi. On a Buemi. Je sais que lui, Sébastien Buemi, il est accompagné en préparation mentale. Ok. Ça va être intéressant. Super. Il est vraiment en pleine montée de puissance dans ses résultats. Ouais, ces trois-là, je te conseillerais ces
SPEAKER_02trois-là. Excellent. Eh bien, écoute, je vais aller regarder tout ça. Merci beaucoup. Peut-être le mot de la fin, Eugénie, toi, qu'est-ce que tu retiens de cet épisode par rapport à tout ce sur quoi on a échangé, ton parcours, ce que tu fais aujourd'hui
UNKNOWN?
SPEAKER_02Est-ce qu'il y a quelque chose que tu as envie de partager au-delà de la direction
UNKNOWN?
SPEAKER_02Attends, c'était quoi exactement ce que tu as dit
UNKNOWN?
SPEAKER_02Là où tu regardes, c'est là où tu vas,
SPEAKER_00c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, là où tu regardes, c'est là où tu vas. Écoutez votre cœur, parce que c'est C'est l'appel du cœur. Ça, ça marche à tous les coups. Quand on fait ce qu'on aime, c'est fluide et c'est là où on peut tendre vers l'excellence. Avec la pratique pointue du comportement, un temps de réaction court et puis le faible taux d'erreur, au final, on touche l'excellence. Et ça, on peut le faire que si on aime ce qu'on fait. Donc, écoutez votre
SPEAKER_02cœur. Génial. Un grand, grand merci, Eugénie. Tout le meilleur à toi pour la suite. Et puis, je te dis peut-être à bientôt pour un débrief, je ne sais pas, d'un Dakar ou de cette fameuse course
SPEAKER_00Silk Road Race, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Silk, oui. Super. Merci beaucoup, Loïc. Merci pour ce super moment.
SPEAKER_02C'est aussi un chouette voyage. Avec grand, grand plaisir. Merci, Eugénie.
UNKNOWNCiao!