SPEAKER_00

écouter soi même et surtout tenter les choses parce que moi honnêtement avant de lancer ce projet je pensais pas être capable de faire ce genre de choses suffit juste d'énormément de discipline et suivre ses rêves rien n'est impossible c'est vraiment la leçon de vie de mon expérience et que rien n'est impossible absolument rien qu'il faut juste s'en donner les moyens c'est tout

SPEAKER_01

Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

écoute bienvenue Anthony sur le

SPEAKER_00

podcast merci

SPEAKER_01

merci Loïc c'est un plaisir très content très content qu'on puisse prendre le temps aujourd'hui alors pour la petite histoire c'est la troisième fois qu'on fait l'enregistrement mais ce sera la bonne tu rentres dans l'histoire du podcast comme étant le deuxième invité je crois que Teddy on a dû le faire trois fois aussi Vanessa ça a dû être deux ou trois fois deux fois mais voilà bon on a eu quelques problèmes techniques mais l'essentiel c'est que là ça y est tout fonctionne je te vois très bien je t'entends très bien pareil pour toi écoute Écoute Anthony, moi je suis impatient que tu nous racontes un petit peu ce que tu fais, que tu nous en dises plus sur ton parcours qui est très clairement atypique. Et ce que je te propose, c'est tout simplement de commencer par te présenter.

SPEAKER_00

Allez, ça marche. Juste pour revenir, j'avais entendu le podcast avec Teddy et effectivement, il me semble bien qu'il y a eu ce petit incident aussi. Donc écoute, moi c'est Anthony, j'ai 30 ans, je suis originaire du sud de la France et Je vis très proche de l'Espagne, aux alentours de Perpignan. Et il y a quelques années, j'ai décidé de partir pour un projet un peu spécifique. C'est pour devenir smokejumper. Donc, c'est pompier, forestier, parachuté. La traduction est un peu vulgaire. Et donc, j'ai monté ce projet qui... qui m'a pris un peu de temps à monter et ensuite je suis parti et ça fait quelques années que je bosse là-bas et là en ce moment je suis en France comme vous l'avez compris c'est sur le feu de forêt et on bosse quasiment toute l'année donc on a quand même quelques mois de repos et pendant ces mois de repos je suis en France je retourne voir ma famille et je profite de la chaleur du sud même en hiver qui est incontournable comparable

SPEAKER_01

avec celle du Canada en hiver. Oui. Yes. Alors, smokejumper, moi, je connaissais un petit peu parce que j'avais vu il y a longtemps un reportage sur ça au Canada, justement. Peut-être si tu peux nous expliquer pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas du tout, ça veut dire quoi, pompier parachutiste

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que tu étais… Enfin, c'est tout bête, mais est-ce que tu étais pompier dans une tenue normale et tu es envoyé au feu, tu vois, avec l'équipement que tu as en France

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ça consiste en quoi, le fait d'être smokejumper

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

alors déjà c'est spécifique aux pompiers forestiers là où je travaille c'est en Colombie-Britannique donc dans l'ouest canadien et le territoire qu'on couvre est une fois immigrant comme la France Donc, c'est assez énorme. Il n'y a que 5 millions d'habitants, alors qu'en France, il y en a quasiment 70, il me semble. Donc, au niveau population, en fait, il n'y a rien. Ils sont concentrés au sud, à Vancouver, les 5 millions. Et dans le reste du pays, il n'y a rien. Donc, il y a beaucoup d'exploitations pétrolières, gazières, beaucoup d'industries du bois. Et en fait, nous, on va couvrir tous ces territoires. Donc, exclusivement, pompiers forestiers. Alors, on saute avec une tenue de saut. Dessous, on a notre tenue de pompier. C'est une tenue de pompier hémifugée qui est quand même assez légère comparée aux pompiers de France. On est beaucoup moins protégés que les pompiers français, même en termes de lutte contre les incendies feu de forêt. On... on va avoir un casque vraiment très léger, on va plus être apparenté à des bûcherons. Après, même si nos vêtements sont pas censés, enfin, sont émifugés, ça reste des vêtements très très légers, donc dès qu'on est au contact, ça chauffe très très vite. Donc, voilà. C'est pour ça qu'on va avoir, peut-être après, plusieurs méthodes, des méthodes beaucoup plus indirectes que la lutte, par exemple,

SPEAKER_01

dans le sud de la France. Ok. Ok, Donc, pompier, forestier, parachuté, smokejumper. Comment est-ce que l'idée t'est venue

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Comment est-ce que tu as découvert ce métier

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et qu'est-ce qui fait que tu t'es dit, c'est ça que je veux faire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, tout d'abord, moi, je travaillais dans un garage. J'ai travaillé dans un garage pendant 5 ans. Je montais des pneus, je faisais de la petite mécanique, je gérais un peu l'accueil. Et en parallèle, j'étais pompier volontaire. Et dans le sud de la France, on a eu une chose qui… projet, avant que même j'y pense, voilà, j'étais dans cette petite vie, beaucoup de routines qui me convenaient, je n'étais pas épanoui dans cette vie, et un jour j'ai eu besoin de renouveau, je pense que ça m'a serré un peu en moi pendant quelques temps, et moi ce que j'adorais chez les pompiers volontaires, c'est le foot forêt, l'été c'était partir en foot forêt, voilà, ça c'était chouette, c'était mon ma partie préférée et un jour il y a un film sur les pompiers forestiers qui est sorti ça s'appelle Only the Brave c'est un film américain c'est une histoire vraie qui est malheureuse d'ailleurs sur les 19 pompiers forestiers qui sont décédés aux Etats-Unis en 2014 si je ne me trompe pas ils se sont fait prendre par un incendie malencontreusement et du coup même si la fin du film est triste le film en lui-même était juste incroyable Je ne savais même pas qu'il y avait des gens qui faisaient ce métier-là parce que les pays ont des façons de combattre les incendies différentes de la nôtre. Certains pays, comme l'Amérique du Nord, parce qu'ils ont des territoires beaucoup plus grands, ils ont moins de pistes forestières, etc. Donc, c'est vraiment différent. Et j'ai commencé à me renseigner sur Internet. Mais bon, les États-Unis, c'était beaucoup trop compliqué au niveau de la carte verte. Plus compliqué, on va dire. Et je suis tombé par hasard sur... encore autre chose sur des pompiers forestiers parachutés parce que le film ce sont des pompiers forestiers mais qui ne sont pas parachutés après ça reste l'élite des pompiers aux Etats-Unis ils ont les deux types d'unités parachutés et non parachutés mais que ce soit au sol ou dans les airs c'est vraiment l'élite des pompiers forestiers et je tombe sur les pompiers forestiers parachutés canadiens et je ne savais même pas qu'il y avait une saison feu de forêt au Canada parce que l'image qu'on a du Canada c'est les chemises à carreaux la poutine, le sirop d'érable les ours, les bûcherons, la neige c'est à peu près moi l'image que j'avais toute basique, le cliché à l'époque et en fait ils ont une énorme saison des feux de forêt en 2019 il y a plus d'un million d'hectares qui a brûlé juste en Colombie-Britannique pas au Canada parce qu'après il y a les autres états enfin les autres provinces et donc voilà c'est Un million d'hectares dans une fois et demie la France, ça reste énorme. Il y a vraiment plusieurs mois de lutte. Ensuite, j'ai contacté la base. J'ai commencé par contacter la base. Comme ça, un peu par hasard, un peu au culot. Je n'avais pas parlé anglais. J'étais en surpoids. Il fallait faire moins de 90 kilos. J'en faisais 100 à cause du rugby. Enfin, à cause ou grâce au rugby. Et donc, je contacte cette base avec Google Translate parce que je suis incapable d'adminer trois mots en anglais parce que ma langue vivante numéro deux, c'était l'espagnol et que l'anglais, je l'ai laissé dans le tiroir quand j'étais plus jeune. Voilà, c'est une petite erreur de jeunesse, mais voilà, ce n'est pas grave. J'envoie ce mail et ils m'ont répondu. Deux jours après, ils me répondent avec toutes les étapes. C'est vraiment incroyable. le temps qu'a pris ce gars pour me répondre en fait a changé vraiment a complètement changé ma vie et j'ai suivi en fait ce qu'ils m'ont dit plus ou moins dans les grandes lignes il fallait que je perde du poids que j'apprenne l'anglais ça c'était sûr et que je m'occupe du visa parce qu'eux ils étaient dans l'incapacité de me proposer un visa donc j'ai postulé oui pour avoir un visa c'était une sorte de loterie et je l'ai eu que un an et demi après donc Ça paraît long, mais en fait, c'était vraiment très court dans le sens où il fallait que j'apprenne l'anglais et que je perde environ 12 kilos. Donc, tout est allé plutôt pas mal au niveau timing. J'ai perdu du poids tranquillement. Je me suis vraiment concentré sur un entraînement physique différent que celui du rugby, donc moins de force physique. pur et plus de... un mix en fait, un bon mix, un bon compromis entre du cardio et de la force de... enfin... le randonner avec charge etc c'était très important et voilà et deux ans après le lancement du projet me voilà parti au Canada sans certitude puisque j'avais des tests de sélection à passer une fois sur place quelques mois après mon arrivée j'ai choisi d'arriver quelques mois avant pour continuer mon apprentissage de l'anglais me familiariser un peu avec la culture et essayer de trouver un petit boulot j'ai trouvé dans la construction j'étais charpentier et apprenti et Et c'était aussi une super expérience. On construisait les moules pour... J'ai mes mots en anglais, mais je n'ai pas mes mots en français des fois. On construisait les moules à béton, les coffres à béton. Et pour les grands buildings, notamment un grand building de Vancouver, je n'ai travaillé que 4 mois là-bas. J'ai été pris dans la foulée par les smokejumpers et l'aventure a commencé.

SPEAKER_01

Incroyable. Donc, si j'ai bien compté, tu avais quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Tu avais 24, 25 ans quand tu es parti, c'est

SPEAKER_00

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Là, j'en ai 30. Non, j'avais… Là, ça fait trois ans et quelques que j'y suis. Quand je suis parti, j'avais 27 ans, il me semble. Si je ne me trompe pas, quelque chose comme ça. 26, 27. Quand j'ai lancé le projet, j'avais

SPEAKER_01

25. Ok, voilà. Donc, quand même assez jeune. C'est fou de voir que finalement, assez jeune, tu t'es rendu compte que la routine que tu avais, tu n'allais pas et que tu as mis en place un projet tu vois moi je repense à 25 ans je pense que j'étais quand même plus impatient que ça je sais pas si j'aurais été capable de me lancer dans un projet dont l'issue était 2-3 ans plus tard comme ça a été le cas pour toi en plus en ne parlant pas la langue enfin ouais c'est fou de voir ce que t'as mis en place

SPEAKER_00

ben alors mais c'est pareil pour moi parce que quand j'ai commencé à aller enfin quand j'ai envoyé ce mail et j'ai commencé mes recherches j'ai tout de suite compris qu'il allait me falloir aura un peu de temps pour y arriver quand on est jeune à cet âge là on veut tout de suite moi je me voyais déjà quand je regardais leurs vidéos des mecs qui sautaient dans les feux je voulais y être l'été d'après et encore l'été d'après c'était trop long mais ça marche pas comme ça et je sais pas c'est j'ai réussi à me cadrer sur ce projet là dans beaucoup de domaines et honnêtement c'était la première fois de ma vie que j'arrivais à me cadrer dans quelque chose comme ça vraiment c'est pour dire que ce projet a compté il a pris une place importante dans ma tête parce que vraiment tout était axé sur ce projet et sans certitude aucune mais je pense que ce qui m'a beaucoup aidé c'est aussi la négativité des gens autour de moi c'est marrant mais moi j'ai ma famille qui m'a soutenu sans même trop savoir ce que j'allais faire il n'y avait pas de soucis et puis mes amis proches mais je faisais partie des casernes et je faisais partie de l'équipe de rugby et aussi dans un garage à un moment donné quoique j'ai très vite quitté le garage quand j'ai lancé le projet dans un garage où on ne compte pas mais bon, connaissant beaucoup de monde il y a beaucoup de personnes qui m'ont dit mais qu'est-ce que tu fais, tu te rends compte, tu ne parles pas anglais tu vas là-bas, les mecs ils ne voudront pas de toi énormément de négativité ou alors des mecs qui devant moi me donnaient oui oui super projet et on apprend après dans le dos que les gars étaient là il fait n'importe quoi il se rend pas compte de ce qu'il fait voilà donc ça au final ça aide beaucoup parce qu'au niveau de l'ego ça permet d'avoir cette ligne de conduite et de pas voilà tu peux pas te permettre de faiblir ne serait-ce que pour ces gens là voilà c'est impossible c'est voilà ça a été une force ça peut être ça peut être ça peut mettre des bâtons dans les roues d'entendre des gens qui Ça peut décourager, mais en fait, dans ce genre de situation, si on peut s'en servir comme force, ça peut être très, très utile aussi. Ce n'était pas ma seule force. Il y avait un vrai projet derrière et une vraie envie, mais c'était un petit plus. Et quand je reparle à certaines personnes maintenant, c'est sans dire quoi que ce soit, mais au fond de moi, c'est un petit

SPEAKER_01

peu personnel.

SPEAKER_00

Génial.

SPEAKER_01

tu t'en es nourri c'est top ça ok donc tu découvres le métier de smokejumper un peu par hasard après avoir vu ce film tu te lances dans les démarches qui vont prendre 2 ans t'apprends l'anglais en France puis après sur l'OTA pour finir au Canada les épreuves de sélection comment est-ce qu'on sélectionne des pompiers forestiers, parachutistes ça se passe comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

alors juste pour revenir sur comment ça fonctionne au Canada il y a environ et surtout en Colombie-Britannique parce que c'est là où je bosse c'est ce que je connais vraiment il y a environ 1400 à 1600 pompiers forestiers chaque année qui luttent contre les feux de forêt et on est 70 environ à être parachutés et donc généralement les gars commencent par être pompiers il faut rester... donc au sol, donc soit par unité, c'est des unités d'attaque rapide où ils sont 3 ou 4 personnes associées à un 4x4 ou alors un hélicoptère et ils vont sur tous les feux naissants, soit ils font partie d'une équipe de 20 personnes et ceux-là, donc ils ont généralement 4 ou 5 véhicules associés à eux et ils sont envoyés sur tous les plus gros feux en fait. Ça s'appelle un unit crew Et ça, c'est vraiment l'équivalent des hot shots aux États-Unis, dont ceux qui sont décédés en 2014. C'est le même principe. Voilà, donc ça, c'est la base. Et donc, comment la sélection se fait pour être pompier parachuté

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Généralement, il faut avoir quelques années dans soit l'attaque rapide, soit dans le pack de 20 personnes.

UNKNOWN

Voilà.

SPEAKER_00

plusieurs années là-dedans. Généralement, ils prennent, en moyenne, il faut avoir... entre 4 et 6 ans d'expérience c'est voilà donc ça commence à faire ils font des exceptions et moi j'en suis une parce que j'avais de l'expérience un petit peu en France même si c'est complètement différent j'avais une certaine expérience et mais moi je suis vraiment une exception c'est plus ma motivation et le fait que tous les 6 mois je leur envoyais un email pour leur dire écoutez voilà je suis là je pense toujours à vous et je suis toujours le premier email que vous m'avez envoyé je suis toujours dedans et je je continue les étapes et je franchis les étapes petit à petit et je suis bientôt au Canada et puis là, j'ai perdu du poids et puis là, je suis sur le territoire canadien et puis là, la semaine prochaine, j'ai les tests de sélection, voilà. Je les ai, je pense, tellement saoulés qu'ils se sont dit, bon, ils n'arrivent pas à me dénotifier. Ça a énormément pesé dans la balance parce que je n'avais pas l'expérience nécessaire au Canada. C'est deux mondes différents en France et au Canada parce que c'est deux mondes que je connais et même, je dirais même l'Europe et le Canada Canada et l'Europe et l'Amérique du Nord sont deux mondes différents. Du coup, ces tests de sélection, ils sélectionnent sur dossier, ils Amérique du Nord ils demandent énormément d'avis ils vont demander des références une liste de 5 personnes donc un officier pompier un collègue pompier ou un ancien patron de travail dans un autre boulot et ensuite ils vont appeler ces personnes et ils vont voir si ces personnes leur recommandent le discours contre ces personnes envers l'éventuel recrut et ils se basent là dessus et en fait ça se fait naturellement, généralement quand les les mecs veulent postuler ils vont voir le chef de leur caserne et leur disent bon je veux postuler pour ça est-ce que tu peux m'appuyer et le chef si c'est un bon élément généralement il n'y a pas de soucis il le fait et en fait grâce à ça il y a quand même déjà de base un bon moule et donc il y a une présélection de sport avec un luc léger quelque chose de très simple et un entretien en anglais qui d'ailleurs était très compliqué au début pour moi mais je ne l'ai pas fait ça l'a fait voilà Et... ça c'est le pré-entretien et ensuite il y a un autre entretien avec les pompiers parachutistes cette fois-ci moi je l'ai eu par téléphone c'était en période de Covid et voilà comme je t'avais expliqué dans les autres enregistrements j'avais eu l'appel alors que j'étais pas censé être pris mais ils ont rajouté des personnes 5 personnes à la liste à cause du Covid et à cause ou grâce pour moi parce que du coup ça a un peu joué en ma faveur qu'ils aient besoin d'un peu plus de monde et je faisais partie de ce deuxième groupe et voilà donc quand ils m'ont envoyé un message la veille j'en ai pas dormi de la nuit je t'avais dit j'avais des fiches partout sur mon bureau sur mon lit il y avait des fiches avec tout ce que je pouvais raconter tout ce que je pouvais leur dire j'ai essayé de devancer leurs questions au final j'ai pas du tout réussi mais voilà c'est incroyable incroyable cette sensation c'est pareil en tout cas J'ai essayé du moins, j'ai essayé. Mais bon, ça a marché. Et puis une semaine après, il fallait que je sois sur la base à 14 heures de route dans le nord. Et voilà, c'était le début de l'aventure. Et pas pour de suite commencer le travail, mais pour participer aux vraies sélections, donc aux cinq semaines de sélection qui ont suivi.

SPEAKER_01

Ok, d'accord. Ah oui, oui. C'est-à-dire que le dépôt de ton dossier, c'est uniquement pour avoir le droit de participer aux vraies sélections qui est un genre de stage co pendant 5 semaines

SPEAKER_00

d'abord on postule pour le le département des pompiers forestiers de base enfin de base c'est pas négatif mais le pompier forestier et ensuite on a éventuellement un entretien avec le les smokejumpers et si cet entretien est concluant ils nous offrent l'opportunité de se présenter aux sélections donc c'est 5 semaines il y a 2 semaines au sol 3 semaines de saut voilà c'est 2 semaines au sol c'est très intense

SPEAKER_01

tu avais zéro expérience

SPEAKER_00

en saut avant. Non, j'avais fait un tandem en chute libre, je me suis dit que ça allait peut-être faire quelque chose, alors que c'est deux mondes encore, une fois différents, parce que chez les smokejumpers, on saute à 400 mètres en ouverture automatique, et ce n'est pas comme l'armée, parce qu'on a des parachutes qu'on peut manœuvrer, on a des suspentes, et avec des panneaux sur les côtés, qui s'ouvrent et qui se ferment, donc ce n'est pas aussi maniable qu'une voile carrée une voie sportive mais par contre on peut aller où on veut parce qu'on saute pas sur des terrains de football on saute vraiment dans des petites zones de largage ça peut être un terrain de tennis avec des arbres de 20 mètres à chaque côté il faut atterrir dedans donc j'avais jamais sauté à part ce tandem et quand on saute tout seul c'est une sensation différente

SPEAKER_01

Il y a une anecdote que tu avais racontée sur un des autres enregistrements qu'on avait fait que j'avais trouvé assez marrant c'était les instructions au moment du saut puisque c'était encore le début donc au niveau de l'anglais tu n'avais pas la maîtrise que tu as aujourd'hui est-ce que tu peux nous expliquer un peu comment tu gérais les premiers sauts côté instructions

SPEAKER_00

avant les sauts il y avait ces deux semaines de préparation au sol qui nous préparent physiquement ils nous mettent la misère et ensuite entre ces moments de préparation physique ils nous apprennent à atterrir donc faire les roulades on a un simulator de sortie d'avion, on a tout un tas de choses, toutes les malfonctions etc et donc ça c'est vraiment 15 jours et ensuite on passe au saut et déjà pendant les 15 jours je comprenais c'était très dur parce que ça allait très vite donc j'ai baissé la tête, je regardais énormément, j'observais énormément ce que faisaient les collègues et les autres recrues et je suivais parce que je pouvais pas me permettre de poser des questions parce que ça aurait été beaucoup trop questions en fait à chaque fois parce que je comprends il y avait vraiment des termes qui m'échappaient j'avais un niveau d'anglais très faible et ils ont été juste incroyable de me laisser la chance d'y être déjà même avec mon niveau d'anglais vraiment là dessus j'ai été l'exception parce qu'il n'y en a pas d'autres il n'y a pas d'autres personnes avec mon niveau d'anglais que je sache qui sont parvenus là donc je suis très chanceux qu'ils m'aient laissé la porte ouverte et donc du coup ces 15 premiers jours c'est C'était très physique, très répétitif. Donc, ça allait. Et ensuite, une fois au saut, on monte dans cet avion. Et c'est notre tour. Hop, pardon. Et c'est notre tour de sauter. Et donc, on est à la porte. Et là, il y a un briefing. Donc, briefing, c'est... Ça, c'est la zone de saut. Il y a tant de yards de... parce qu'il parle en yard aussi, on parle un peu en métrique, en yard, et en... et système anglophone je me rappelle plus pardon je perds mes mots en plus donc on parle un peu en tout donc il faut vraiment tout restituer là je comprenais pas grand chose et donc du coup la force du vent l'endroit où on va sauter l'endroit où ils vont nous larguer les dangers au sol alors ça ça dure 30 secondes où ils nous déblatèrent tout et moi je comprenais strictement rien je regardais avec mes yeux comme ça le mec sans comprendre on est à 400 mètres du sol il y a La portée ouverte, il y a un boucan de malades. C'est un vieil avion. On refait un neuf, mais c'est quand même un vieil avion. C'est une atmosphère qui est particulière, qui est juste géniale. Je ne comprenais rien. J'avais le palpitant à 10 000 et de toute façon, quand il faut y aller, il faut y aller. Il ne faut pas se planter parce qu'encore une fois, ce n'est pas une zone de largage immense. Il y a une cible, il faut... il faut vraiment atterrir sur la cible il te pose une dernière question à la fin après le briefing ils te disent êtes-vous clair la traduction grossière et tu dois dire je suis clair et donc là il te fait le signe de te mettre à la porte tu te positionnes à la porte je ne savais pas où étaient les dangers où était la drop zone oui je savais parce que tu le vois quand même mais après le vent etc même au début c'était tellement compliqué je sautais vraiment à l'aveugle et puis les

SPEAKER_01

mecs le savaient parce qu'ils voyaient

SPEAKER_00

bien que j'avais des yeux ils voyaient bien dans

SPEAKER_01

mon regard que je comprenais rien voilà mais bon c'est je trouve que c'est assez représentatif peut-être tu vois des différences de mentalité et d'approche entre l'Amérique du Nord et la France enfin j'ai jamais été pompier volontaire en France mais il n'y a pas d'équivalent de toute façon mais je pense que un pompier volontaire étranger en France si c'est possible qui comprend pas les instructions avant de partir sur un feu

SPEAKER_00

je pense pas qu'on le laisse

SPEAKER_01

partir tu vois c'est quand même fou et toi t'es pas parti dans un camion pour aller combattre le feu t'as sauté d'un avion c'est

SPEAKER_00

hallucinant là où en fait là où il se couvre en fait entre guillemets c'est que la procédure d'entraînement au sol est tellement millimétrée on répète tellement les mêmes gestes voilà ils m'ont pas je serais pas passé au niveau d'après si j'avais pas eu le strict minimum de au niveau sécurité. Parce que la sécurité, c'est l'enjeu numéro un au niveau du saut. Parce que si on arrive et qu'on se blesse au niveau du feu, ça ne sert à rien. Donc, le but, c'est sécurité avant tout. Et si je n'avais pas... Si je n'avais pas été dans ces critères-là, ils ne m'auraient pas fait passer. Et j'ai quand même compris les choses. C'est juste que mon anglais était très mauvais. Mais je bossais à la maison le soir après et j'essayais de comprendre le vocabulaire. Je me suis démerdé pour ne pas passer trop pour une bigue non plus. Et puis niveau physiquement, il fallait que je compense énormément ce défaut d'anglais. Donc j'ai donné dans tous les autres aspects, le monde sérieux, le physique, physique, etc. Malgré cet anglais, je n'étais pas dans le top 3, mais je n'étais pas dans les derniers non plus. J'étais au milieu parce que j'arrivais à ne pas trop mal m'en sortir. C'est juste ces briefings que je ne comprenais pas. Au bout du 10e, 12e, j'ai commencé un peu à vraiment… comprendre la totalité ou quasi-totalité. Mais je loupais toujours des parties. Dans les 10 premiers, j'ai loupé beaucoup de parties. Mais après, on crée des automatismes parce qu'on sait de quoi ils parlent. Des fois, on n'a même pas besoin de comprendre ce qu'ils disent. On voit, ils pointent du doigt. C'est des automatismes qui se créent à force de sauter. Là, j'ai 46 sauts, dont 12 opérationnels. Il y a vraiment énormément d'automatismes qui arrivent de temps en temps.

SPEAKER_01

et ben franchement bravo c'est impressionnant de voir ce par quoi t'es passé tu vois à quel point tu t'es accroché je sais pas si je sauterais d'un avion même si évidemment on comprend bien tu vois que t'as eu toute la phase d'entraînement avant au sol et tout mais et quand même je trouve ça assez hallucinant le courage que t'as eu de te lancer dans cette aventure et puis c'est top de voir aussi tu vois l'état d'esprit dans lequel avec lequel t'as été accueilli et encore une fois je suis pas trop surpris pour avoir vécu un peu au Canada et travaillé aux Etats-Unis c'est assez représentatif de ce que j'avais vu aussi cool ok donc gros gros projet pour arriver enfin au stage de sélection tu passes les sélections tu deviens donc smokejumper officiellement alors peut-être qu'avant qu'on rentre dans le détail des missions parce que t'as évoqué t'as expliqué en introduction que la zone que vous couvrez donc vous êtes 70 c'est ça en Colombie-Britannique 70 smokejumpers que pour la Colombie-Britannique pour un territoire qui fait une fois et demie la France du coup la question que je me pose c'est sur quel type de feu vous intervenez t'as parlé de feu naissant est-ce que c'est exclusivement ça c'est à dire des feux qui viennent de prendre pour les éteindre avant qu'ils grossissent parce qu'on pourrait se dire tu vois à 70 quel impact vous pouvez avoir sur un territoire aussi énorme

SPEAKER_00

voilà alors on travaille en parallèle avec ces 1400 autres pompiers. On se couvre le territoire, donc il y a des unités de partout, et nous, en fait, on vient se rajouter en plus, parce qu'on a vraiment... une distance d'action qui est énorme, puisqu'en 1h30, 2h, on peut être partout dans toute la Colombie-Britannique et sauter, et avoir le matériel au sol, donc on est très très rapide. Vraiment notre atout majeur, c'est le rapport qualité-prix, parce qu'on est, malgré le coût d'un avion, on n'est pas excessivement cher, comparé à des unités qui vont être héliportées, parce que pour héliporter 12 mecs, il va falloir plusieurs navettes d'un hélico, un hélico coûte excessivement cher, et Et il va falloir plus de temps. Alors que nous, en fait, on arrive avec l'avion, il y a 12 ou 13 mecs qui peuvent sauter. Le matos arrive au sol ensuite. C'est vraiment... C'est très, très efficace. Et donc, oui, notre but, nous, c'est d'arriver très vite sur zone et de traiter tous les feux naissants. Les feux naissants, après, généralement, notre zone de confort, c'est entre un arbre en feu jusqu'à... Je dirais, selon les conditions, plusieurs hectares, 10 hectares, 50 hectares, mais le problème, c'est que 50 hectares, il faut qu'il y ait des conditions stables. S'il y a 50 hectares avec 80 km de vent et de la topographie qui est accidentée, ça sera impossible. On ne s'engagera pas là-dessus parce que c'est là où on peut y laisser des plumes, mais ce n'est pas le but. Donc, généralement, honnêtement, on sort sur du 0 jusqu'à 5 hectares je pense que c'est vraiment notre quotidien même si on saute sur du beaucoup plus grand en sachant que le temps qu'on saute des fois ils ont doublé de volume donc voilà ça peut aller très vite des fois on est en 30 minutes on a le départ en 30 minutes on est sur le feu à quelques centaines de kilomètres on saute et quand on nous a appelé ils faisaient un terrain de foot et on arrive il fait 600 ou 7 hectares, donc voilà. C'est... Mais le but ensuite, c'est d'arriver au sol. Si on peut les éteindre avant qu'ils se développent, c'est le but principal, notre rôle principal. Et ensuite, sinon, on va essayer de créer un solide point d'ancrage au niveau de la queue du feu et ensuite partir sur les flancs sans forcément s'exposer sur la tête du feu s'il est trop virulent. Et ensuite, progresser doucement sur les flancs pour éventuellement ensuite, soit à l'aide des moyens aériens, parce qu'on travaille beaucoup avec les hélicos et l'aviation, donc les avions, les bombardiers d'eau, les bombardiers à retardant, etc. Et donc créer un solide point d'ancrage pour ensuite faire intervenir des unités plus conventionnelles qui vont arriver en nombre et qui vont pouvoir, eux, mettre énormément de travail au sol au niveau tuyau ou alors coup de feu, etc. Parce que ces unités de 20 mecs qui sont non parachutés sont très efficaces sur des coups de feu parce que c'est 20 bonhommes qui vont bosser 14 heures dans la journée, il va y avoir plusieurs tronçonneuses, il y a tout un système, il y a le tronçonneur, il y a celui qui va juste derrière enlever tous les... tous les éléments que le tronçonneur tronçonne, voilà, va couper, et puis t'as tout un système comme ça qui se crée, et puis les mecs, c'est vraiment des machines, pendant toute la journée, ça coupe du bois, et ça déforeste, quoi. Voilà, mais nous, c'est vraiment essentiellement attaque rapide, et ensuite, renforce sur les plus grands feux, bien sûr, ça nous arrive aussi régulièrement. Mais voilà, rôle principal, attaque rapide.

SPEAKER_01

Et donc, quand vous sautez, tu disais dans le dans l'avion il y a 12-13 bonhommes vous sautez les 12-13 d'un coup comment vous faites avec le matos il est parachuté aussi et surtout quel type de matos vous avez parce que au sol ce que tu disais c'est que là où vous allez c'est généralement qu'il n'y a pas du tout de piste pas d'accès routier ou alors c'est très très loin de tout

SPEAKER_00

alors déjà on a deux bases avec deux avions éloignés de 300 et quelques kilomètres chacune un avion c'est un petit c'est un twin hauteur lui il a 6 hauteurs donc 6 pompiers forestiers euh Et le nôtre, c'est un DC-3. Donc, comme je t'avais dit, c'est la version civile du Dakota. Le nôtre a été construit en 1944. Après, remasterisé, si je peux dire ça comme ça. Refait les nouveaux moteurs à hélice. Voilà, plus les anciens moteurs. Même si c'est dommage parce qu'il devait faire un bruit très, très sympa. Voilà, refait à neuf. Et voilà, c'est quand même un honneur, comme je t'avais dit, de pouvoir sauter à partir de cet avion de légende. Et donc...

SPEAKER_01

Parce qu'en fait, la question, pourquoi je te demande ça, c'est comme tu expliquais que vous faites des sauts de précision, vous devez atterrir sur des surfaces très petites. Je me demande comment ça se passe quand tu dois sauter à 12-13 et puis qu'il y a sans doute quelques kilos de matériel avec

SPEAKER_00

vous. Alors, dans le DC3 qu'on a, on est 13 sauteurs généralement et on va avoir plusieurs tonnes de matériel avec nous. Donc, selon la taille du feu, il y a des fois, ça va être qu'un seul arbre parce que les éclair à taper dans la nuit il y a un hélicoptère qui est passé dans le coin ou un avion parce qu'il y a beaucoup de il y a quand même pas mal de passages pour toutes les industries ils utilisent vachement les petits avions il y a des petits Cessna qui font des explorations minières etc avec leur méthode bien sûr et donc on peut intervenir sur un seul arbre si c'est un seul arbre qui brûle sans trop sans une grosse propagation il va y avoir une seule équipe de 3 bonhommes et encore ça sera beaucoup trop mais bon on saute que par 3 minimum une seule équipe de 3 bonhommes avec j'ai déjà vu des gars sauter avec juste une tronçonneuse voilà une tronçonneuse qu'on largue par la suite et selon la taille du feu on va larguer une équipe de 3 deux équipes trois équipes ainsi de suite voir tout l'avion voir notre avion en plus un autre l'avion va recharger en sauteur à la base et revient et relargue du monde ça va dépendre vraiment de ce que le feu menace voilà c'est on est souvent proche des industries de pétrole donc souvent ça menace des stations de compression de gaz ou de pétrole etc là des fois on investit quand même pas mal de moyens et donc nous ils nous larguent à 400 mètres ils nous larguent si la drop zone est petite ils nous larguent un par un donc ils font des cercles d'environ une minute et ils larguent un par un soit alors on est largué 2 par 2 quand la drop zone est un petit peu plus grande ça dépend vraiment des configurations et 2 par 2 donc cercle de 1 minute avec 2 sauteurs qui sautent à chaque fois et si c'est vraiment plus large c'est 3 par 3 mais c'est le maximum on saute pas comme dans les avions militaires je sais pas comment ils sautent le bonhomme de chaque côté qui saute des deux côtés ça se fait pas chez nous on doit vraiment être très très et vraiment si on se plante à plusieurs centaines de mètres déjà on peut atterrir au milieu du feu c'est pas bon et on peut se blesser et puis ça sert à rien niveau efficacité le but c'est d'être efficace donc voilà ça prend les opérations de saut quand même ils ne prennent pas forcément tant que ça malgré qu'on saute à un ou deux pompiers ça prend 10-15 minutes juste l'opération de saut avant on aura tourné quand même aussi un quart d'heure avant pour vraiment analyser le feu analyser la direction est-ce que le feu va menacer quel est son potentiel qu'est-ce qui pourrait être susceptible de brûler est-ce qu'il pourrait nous prendre un revers si on saute là, où sera la zone de largage où sont les points d'eau voilà

SPEAKER_01

hyper intéressant parce que t'expliquais la dernière fois que en fait le Canada pour redonner un peu quelques tu me dis si je me trompe mais en tout cas c'est les chiffres que tu m'avais partagé je crois qui m'avait marqué c'est qu'au Canada 60% des départs de feu se font à cause des éclairs donc c'est des événements naturels mais qu'au Canada en tout cas en Colombie-Britannique si je me souviens bien c'est l'endroit où il y a la plus forte il y a le plus de lacs au monde il me semble il y a des points d'eau absolument partout

SPEAKER_00

je ne veux pas me tromper Je suis quasiment sûr de ce que j'avance, mais j'aurais dû vérifier avant. Mais il me semble que c'est un des endroits sur Terre où il y a le plus de hauts mondes. On a des lacs absolument partout, à part dans le sud. Le sud, il y a carrément un endroit qui est immense aussi, qui est désertique. Mais quand je dis désertique, c'est du... Bon, c'est pas le désert du Sahara, c'est pas le même paysage, mais c'est désertique. C'est aussi désertique que la Californie. Donc c'est assez marrant. Donc on intervient aussi dans ce paysage-là et Là, c'est encore différent, mais sinon, dans tout le reste de la côte britannique, c'est des lacs à perte de vue et vraiment une végétation particulière. C'est des résineux qui sont extrêmement inflammables en surface et ils sont plantés, ces arbres, dans de la mousse pour une grande partie du territoire du nord sont plantés dans plusieurs centimètres voire plusieurs dizaines de centimètres de mousse cette mousse qui va être humide selon la profondeur et selon la période et selon s'il y a eu des précipitations ou pas et bien souvent dans le nord on combat un feu et on patauge dans l'eau et moi je ne connaissais pas ça vraiment je ne pensais même pas que ça pouvait exister et des feux qui peuvent être extrêmement dangereux j'ai des collègues il y a un incident qui est survenu il y a un pas cette saison, la saison d'avant, où, comme je t'avais dit, les mecs sautent à neuf sur ce genre de terrain. Ils sautent juste à côté d'une rivière. Sûrement, là où ils ont sauté, ça devait même être... Ils devaient même avoir les chaussures trempées. Je peux même m'avancer là-dessus parce que c'est quasiment sûr. Et il y a un feu d'un demi-hectare. Quand le temps... Les 10 minutes d'opération de saut, en fait, le vent tourne et la colonne de fumée, elle tourne complètement. Elle se dirige vers la zone de saut et eux ils sont déjà au sol et en fait là il explose sur eux et bon ce feu il finira à je crois 15 ou 20 000 hectares après voilà par la suite et eux ils ont dû être évacués ils ont perdu tout leur tout leur équipement toutes les pompes tous les parachutes tous les tenues toutes les tenues de saut voilà c'est et eux ils sont évacués in extremis c'est la vidéo d'un collègue qui m'envoie enfin qui me montre il y a un front de feu de 8 km quelque chose comme ça pendant une mais ça a explosé, en une heure, c'était l'apocalypse. Il y a plusieurs kilomètres de feu, de front de feu, il est dans l'hélico, et on voit la vidéo avec ce front de feu immense, et ils viennent juste d'être évacués. Voilà, pour qu'ils faisaient un deuxième

SPEAKER_01

état. Mais parce que du coup, comment ça se passe

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

S'il se passe quelque chose, vous avez quoi comme backup pour vous évacuer

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Il y a des hélicos, c'est ça, qui sont à disposition

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Normalement, oui, ça va vraiment dépendre du feu, avant de sauter le sauteur en charge le pompier en charge qui va sauter et se retrouver chef au sol chef de cet incendie va analyser la situation avec les comme je t'avais dit il y a deux spotters ça c'est des gens qui ne sautent pas mais c'est des pompiers qui ont 15, 16, 17 ans d'expérience en tant que smokejumper et qui nous font sauter après des fois ils sautent avec nous aussi ça dépend mais c'est que des mecs expérimentés qui sont à la porte et eux ils sont juste attachés à l'avion et puis ils nous donnent les directives et en fait avec le chef d'équipe ils vont discuter de la manœuvre à suivre une fois au sol et Et du coup, est-ce qu'ils vont avoir besoin d'une machine au sol, c'est-à-dire une machine, un hélicoptère, deux hélicoptères de l'aviation, un largage retardant ou quelque chose comme ça, des bulldozers, parce qu'on travaille avec les bulldozers, des peines mécaniques, on va travailler avec énormément de choses, ou après d'autres unités pour venir en renfort. Donc ça, le plan est à peu près... façonné avant de sauter et du coup les hélicos peuvent être normalement notre principal backup quand on est au sol notre principal backup je voudrais dire c'est nous de ne pas de ne pas se mettre en danger tout seul, ça c'est vraiment la base, ils sont assez frileux là-bas aussi ils veulent vraiment pas qu'il y ait d'accident et c'est moins cow-boy qu'aux Etats-Unis il y a moins d'habitation à perdre aussi donc c'est une mentalité différente donc on fait vachement attention quand on saute et de toute façon on est tout seul après même si on a un hélico en backup si on vient de sauter et que le feu tourne et que malheureusement on n'a pas de zone d'atterrissage pour l'hélico parce que c'est pas parce que nous on a atterri à un endroit que l'hélico il peut se poser des fois on doit débroussailler toute une zone nous même pour faire un accès pour l'hélico ça c'est d'ailleurs une des premières missions qu'on fait à chaque fois quand on atterrit voilà Donc voilà,

SPEAKER_01

l'hélico... C'est-à-dire qu'à partir du moment où tu as atterri, tu es sur la drop zone, il y a déjà des bonhommes sur les 12-13 qui préparent l'hélico, au cas

SPEAKER_00

où. Voilà, et alors, sur les petits feux, c'est encore différent, parce que si on tente à 3, sur un tout petit feu qui n'est pas virulent, ça, on le fera plus tard, on va attaquer le feu, on le termine, ensuite on revient, on prépare l'évacuation. Mais oui, effectivement, sur les plus gros feux, il y en a toujours 2 ou 3 qui sont assignés à cette tâche-là, parce que si il y a quelque chose qui se passe, il faut qu'on puisse être évacué, et même sans que le feu nous déborde, s'il y a un blessé, parce qu'on travaille avec des tronçonneuses, tronçonneuses c'est très très dangereux, c'est des tronçonneuses avec des manches qui font 70 cm, donc voilà, c'est dangereux, les arbres qui tombent, comme je te disais, il y a un collègue en fin de saison qui s'est pris un arbre sur la tête, hanches disloquées, le nez pété, pommettes pétées, Fin de saison, il y a un largage d'hélico et comme c'est des arbres dans le nord qui disent dans certaines parties du nord ne tiennent qu'avec de la mousse les racines sont vraiment plantées que dans la mousse et les racines sont pas larges parce qu'il y a tellement d'eau qu'ils ont pas besoin d'aller puiser à 4 mètres pour aller chercher la flotte du coup l'arbre est juste posé là et il y a un largage délicat et il y a plusieurs arbres qui tombent et eux malheureusement ils étaient pas loin et le mec se prend un arbre et il a de la chance d'être encore là et donc là il a fallu que les collègues l'évacuent heureusement ils avaient une zone de posée hélico qui était déjà prévue c'est aussi pour ça beaucoup il y a une collègue il y a quelques années j'étais pas là mais qui elle s'est cassé la hanche en réception du saut elle fait un atterrissage difficile elle se casse la hanche donc du coup là il va sans même voilà à peine au sol ça veut dire qu'il n'y avait pas eu le temps de créer cette zone d'évacuation qu'il fallait déjà évacuer quelqu'un donc voilà donc nous on a des kits aussi dans l'avion de de premiers secours pour l'évacuation c'est des équipes de premiers secours un peu plus évoluées où on va pouvoir conditionner les victimes

SPEAKER_01

et faire en sorte de les évacuer donc ça se largue aussi de l'avion Ok, alors justement pour finir sur la partie logistique comment ça se passe pour le matos est-ce que l'avion, est-ce qu'ils arrivent à larguer tu parlais de plusieurs tonnes de matériel donc j'imagine que c'est conditionné sur des sortes de palettes est-ce que l'avion ils arrivent à larguer et calculer la trajectoire pour que ça tombe pile sur la drop zone où ils envoient plus ou moins dans votre coin et vous devez aller après chercher vous le matériel et tout ramener au même endroit

SPEAKER_00

alors nous on saute à 400 et on va sauter donc l'endroit qui semble le plus logique pour nous et le plus en sécurité le matériel il le largue à une centaine de mètres donc c'est différent avec des parachutes qui sont différents ça va arriver au sol assez fort et en fait ils sont pas sur des palettes on largue pas de gros volumes nos cargos font entre 50 et 120 kilos je pense chacun c'est des parachutes qui peuvent au maximum être comme nous les mêmes que nous parce qu'ils vont avoir quasiment les mêmes poids que nous et du coup ils peuvent les larguer au même endroit que nous, ce qui se passe 80% du temps, si jamais notre drop zone, elle se situe à, j'ai eu quelques feux où on était à une heure du feu, parce qu'on ne pouvait pas sauter plus près, donc on saute juste avec notre matos de base, donc notre sac de feu qui est accroché à nous quand on saute, on arrive au sol, on plie notre parachute, on met notre tenue de saut, notre parachute sur le dos, on a nos sacs, ça fait déjà 30 et quelques kilos, 40 kilos, voilà, donc ensuite, les mecs, ils savent bien on ne va pas s'encombrer d'une pompe qui fait en plus 30 kilos, sans compter tout le reste, parce qu'il y a des raccords, etc. On a des tonnes de matériel, on ne peut pas déplacer des tonnes sur un... On mettrait des heures ou des jours et ça ne serait pas efficace. Du coup, le matos, ils peuvent se permettre de le larguer dans un nid de rivière ou dans une zone où nous, on n'aurait pas forcément pu atterrir. Parce qu'il y aurait une zone où il n'y a que des arbres morts, où il y a plein de zones comme ça qui... dans lesquelles on n'atterrit pas ou alors ça s'appelle des cut blocks il y a l'industrie forestière là-bas qui est omniprésente et des fois il y a des zones déforestées ça s'appelle des cut blocks parce qu'il n'y a que les souches qui sont coupées à ras partout et nous on ne saute pas dans ce genre d'endroit parce que ça peut être très dangereux il y a beaucoup trop de danger au niveau de s'il y a des arbres au sol partout des arbres morts des souches et la proportion de danger est énorme du coup nous Nous, on ne saute pas. Par contre, ils peuvent larguer notre matériel là-dedans très facilement. Ils sont assez précis. Même s'ils larguent à une centaine de mètres, c'est le pilote. Contrairement à nous, les sauteurs, c'est le spotter qui nous donne le top. En parlant du matériel, c'est le pilote. Comme ça va très vite, c'est le pilote qui donne l'ordre au spotter de balancer. Après, des fois, il y a des surprises. J'ai un de mes derniers feux de la saison. En plus, il était assez virulent. Il y avait... Pendant qu'on sautait, il y avait des... Ça s'appelle l'Electra, c'est un avion qui largue du retardant, qui larguait du retardant, donc qui larguait avant qu'on saute. Ils se sont arrêtés quand on a sauté. Ils ont dû suite repris. Il y en avait deux. Ils ont dû suite repris quand on était au sol. C'était impressionnant. D'ailleurs, j'ai une super vidéo de cet avion qui largue pas très loin de nous, à dizaines de mètres de nous.

UNKNOWN

Et...

SPEAKER_00

Et du coup, je me perds. Je suis encore là-bas quand je te parle. Je suis encore là-bas et du coup, je me perds dans mes explications. Et oui, là, il y a le largage du cargo, des cargos. Ce n'est pas fait du... de la meilleure des façons nos opérations de saut c'est très bien passé j'ai une petite anecdote aussi concernant cette opération de saut et les cargos ils les ont largués un peu partout dans les arbres sauf là où vraiment on les voulait la chance qu'on a eu c'est que les kits tronçonneuses ont atterri au sol ou alors en partie au sol et on a pu récupérer les tronçonneuses pour ensuite abattre les arbres pour récupérer nos cargos parce qu'on avait des cargos et une pompe qui était à 20 mètres du sol ou 10 mètres du sol voilà donc on a passé un petit peu de temps sur ce fond on a passé au moins une heure et demie à récupérer tout

SPEAKER_01

notre équipement qui était dans les arbres voilà c'est l'aventure mais du coup sur ces quand parce que la notion de temps tu vois je pense enfin là c'est on comprend assez bien tu vois quand t'expliques que les bases elles sont à 300 km les unes des autres que le territoire fait une fois et demie la France même si vous intervenez rapidement c'est quand même une sacrée logistique de vous larguer à 3 minimum 12 ou plus max avec des tonnes de matériel qu'il faut récupérer plus tard donc je suppose que quand vous partez vous partez pas pour 2-3 heures donc généralement les missions elles durent combien de temps en tout cas t'en as fait 12 c'est ça des sauts opérationnels

SPEAKER_00

tu disais alors 12 sauts opérationnels et après j'ai bossé en tout j'ai je sais pas combien sur 3 ans j'ai plusieurs mois de feu vraiment de jours ça se compte en mois le nombre de jours que j'ai passé sur des feux mais donc 12 missions larguées mais après j'ai eu des missions héliportées et j'ai eu des missions en 4x4 on a passé notamment 21 jours aux Etats-Unis en renfort dans l'Oregon 15 jours au Québec en renfort après dans le sud en renfort sans avoir été largué on a passé un mois et quelques dans le sud de la Colombie-Britannique dans cette région désertique c'était l'année dernière Donc, 12 sauts, mais après... de dizaines et dizaines de

SPEAKER_01

feux et sur ces 12 sauts du coup les temps de déploiement en général ça correspond à

SPEAKER_00

quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

alors c'est variable en moyenne je pense que je voudrais dire en moyenne je pense que c'est 3 jours ok 3 jours ça nous arrive en 24 heures de plier le feu même ça m'est arrivé en 3 heures d'avoir plié le feu tout terminé tout est rangé nickel on attend les décos et mon premier feu d'ailleurs je saute c'était un tout petit feu j'étais un peu déçu d'ailleurs mais bon c'est normal on a envie de toujours plus mais c'était quand même génial et on a sauté à 4 feu pas très grand au bout de 3-4 heures, on attendait déjà l'hélico pour qu'il vienne nous chercher, donc le jour même, l'hélico est venu nous chercher. Ça, c'est, voilà, ça arrive de temps en temps. Sinon, après, on sort avec un kit de 48 heures avec notre tente, de la nourriture pour 48 heures, de l'eau pour 48 heures, voilà, des vêtements de rechange, des vêtements pour se couvrir, etc., au cas où on se prenne la pluie ou il fasse froid la nuit, peu importe, des éléments de toilette, voilà. Et tout ça pour vivre en forêt pendant plusieurs jours et... donc on va régulièrement enfin quasiment tout le temps utiliser ces 48 heures et en plus on va être relargué donc tous les 48 heures l'avion il revient et on nous relargue des kits voilà il nous largue des kits en parachute pour nous réapprovisionner et puis ça jusqu'à ce que qu'on qu'on ait éteint le feu ou qu'on soit relayé ou qu'on doive partir voilà c'est un peu duré j'ai des collègues qui sont restés combien l'année dernière

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

12 jours sans se doucher euh moi le montant que j'ai fait c'est

SPEAKER_01

6 joueurs 6 jours, ok, j'allais te demander c'est quoi le plus long que t'as fait ouais ça fait déjà parce que les conditions ont l'air d'être quand même bien rustiques j'imagine qu'il n'y a pas énormément de sommeil non plus si vous devez combattre un feu ce que t'expliquais c'est que généralement quand on vous déploie vous c'est qu'il y a quand même une notion d'urgence ou que c'est un feu qui doit vraiment être éteint donc ouais 6 jours ça doit faire

SPEAKER_00

long quand même oui ça commence à être long après la rusticité c'est vraiment le le maître mot là-dedans. Et c'est vrai que tous les collègues canadiens, je pense qu'ils sont nés dans cet environnement. Ils sont rustiques de base. Moi, en tant qu'Européen et notamment Français, j'arrive... Voilà, je t'avais expliqué les moustiques, par exemple. Soupe de la France, on a 2-3 moustiques. Et avant, j'étais toujours là. Punaise, t'es en train de manger, t'as 2-3 moustiques, c'est le bout du monde. C'est chiant. Alors que maintenant, quand il y a 3 moustiques, je suis plus heureux. les moustiques c'est insupportable c'est des milliers et des milliers de moustiques sur toi en permanence et sur pas tous les feux mais sur 70% des feux sur lesquels on intervient il y a ces moustiques même plus 70 ou 80% et c'est des centaines de moustiques voilà il y a ça il y a la chaleur il y a cet environnement des fois qui peut être humide alors qu'on est sur un feu voilà marécageux des fois alors ça dépend dans le sud ça sera très chaud et sec et vraiment la rusticité c'est le maître mot et ça m'a vraiment appris beaucoup de choses je au début ça m'a fait bizarre il a fallu que je m'adapte et que je me mette un peu au niveau des mecs parce que j'avais vraiment du retard là dessus et voilà mais au final après on se rend compte moi au final très très vite j'ai vraiment apprécié ce mode de vie très très heureux très rapidement avec rien tu te donnes antifreeze moi j'ai un savon de temps en temps quand tu peux parce que t'es noir dessus tu transpires t'es noir dessus tu combats le feu toute la journée tu sens la fumée et donc il y en a ils se nettoient même pas ils sont tellement rustiques que se nettoyer le visage pendant plusieurs jours ça sert à rien pour eux se nettoyer les mains quand ils mangent moi j'étais encore j'avais encore mes restes français de français j'étais quand même les mains avant de manger et le visage avant de dormir voilà voilà parce que pendant 12 jours comme ça les mecs je me demande c'est rustique c'est ce que j'avais été demandé comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

On a des filles aussi et elles sont même des fois pires que les mecs. C'est dur mentalement. Moi, ça m'a impressionné

SPEAKER_01

vraiment. C'est ce que j'allais te demander. Vu ce que tu décris du métier, c'est assez évident qu'il faut avoir une certaine mentalité pour être attiré par ça déjà et puis pour continuer à le faire, pour être pris et continuer à le faire. C'est quoi les rencontres qui t'ont marqué si on a eu depuis que tu es smokejumper

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, j'en ai eu tellement. Alors, ils ouvrent la porte un peu aux Européens. Donc, j'étais le deuxième Français. L'autre, c'était Ben, qui est un Français, mais avec la double nationalité. Du coup, c'est un peu différent. Il parlait très, très bien anglais quand il est arrivé là-bas, etc. Mais il y a un Hollandais. que je surnomme Papy, parce qu'il a voulu faire smokejumper à 42 ans. Il était pompier professionnel, plongeur, etc. en Hollande. enfin aux Pays-Bas et il a décidé d'immigrer au Canada et plusieurs années après son immigration il a il a voulu faire Smokejumper et il a réussi on était dans la même c'était mon comptage c'était on a été recrutés tous les deux la même année et comme on était européens tous les deux on s'entendait vraiment bien le même humour l'espèce de cet humour noir qu'on a en tant que pompier et en plus européen contrairement à cette culture nord-américaine qui est un peu plus soft au niveau vraiment de l'humour c'était vraiment quelque chose qui m'a marqué et avec Papy on s'est vraiment l'européen de base le cliché du hollandais de 42 ans qui a vécu dans les rêves partis etc et qui écoute de la techno à 7h du matin en faisant son sport voilà c'est ce genre de rencontre incroyable et on se retrouve en forêt ensemble voilà c'est juste génial ça après il y a tellement d'autres personnes personnes, des bûcherons, enfin, les mecs sont bûcherons, sont chasseurs, ça chasse l'ours, ça vit à moins de 40 degrés l'hiver, voilà, vraiment, ça, oui, après, je vais en rajouter quelqu'un, je vais rajouter David Goguen, dont je t'avais parlé, on n'en avait pas parlé dans l'enregistrement d'avant, David Goguen, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est cette célébrité, entre guillemets, américaine, qui est rentrée en tout les forces spéciales et qui passe sa vie à... à se dépasser toutes les limites surtout mentales et physiques et en fait dans son cursus dans son parcours il avait envie de rentrer chez les small jumpers donc il est rentré chez nous chez les small jumpers cette année on l'a eu en nouvelle recrue et voilà très très bonne rencontre parce qu'il est quelqu'un de célèbre et je pense pas que ce soit quelqu'un qui vienne là-bas pour l'argent ou quoi que ce soit je ne connais pas sa situation dans les tailles mais je permet de dire ça, parce que je ne pense pas que ce soit le cas, et donc c'est quelqu'un qui est venu chercher encore un autre challenge à 50 ans, et d'être au milieu des jeunes, d'accepter que des beaucoup plus jeunes lui donnent des ordres, et c'est quelqu'un qui a vraiment une très bonne rencontre pour ça, il a apporté beaucoup, il a apporté sa pierre à des fils dans ce qui est motivation sportive, et dans ce qui est vraiment mentalité, cette mentalité de dépassement de soi qui est incroyable chez lui. À 50 ans, il fait 3-4 fois des marathons le matin avant de venir au travail. Je ne savais même pas qu'on pouvait faire ça. Je ne savais même pas que ça existait. Nous, on court, on fait du sport tous les jours, mais de là à faire plusieurs marathons par semaine avant de venir au travail, c'est... voilà à 50 ans et pour dire que le mec est vraiment en Cannes et ça c'était une bonne rencontre aussi c'est quelque chose qui par rapport au mythe il y a une grosse cassure et c'est un mec qui est très accessible voilà après nos patrons aussi je vous en dis une dernière voilà nos patrons très très bonne rencontre c'est des gens qui sont tout aussi accessibles c'est je voudrais dire contrairement à la hiérarchie en France qui est beaucoup moins accessible parce que c'est quelque chose qui est construit et façonné différemment là en fait c'est des mecs qui sont partis de rien qui sont devenus patrons mais quand je dis patron c'est le mec qui gère les feux de forêt sur peut-être l'équivalent de la moitié de la France ça c'est notre patron parce que les zones sont divisées quand même même en Colombie-Britannique on a plusieurs secteurs et lui gère toute une partie comme la moitié de la France et Tom d'ailleurs qui saute avec nous qui fait des brings avec nous il a 50 et quelques années il saute toujours il est toujours opérationnel j'ai fait un feu avec lui on a sauté ensemble c'est un mec qui va manger aussi son steak sur du carton à 11h du soir ou minuit après avoir fait la journée de boulot avoir porté les mêmes charges que nous et il aurait techniquement même pas besoin d'être là mais il est là parce qu'il aime tellement ce métier c'est tellement exceptionnel qu'il est là avec nous et puis il fait exactement la même chose et puis c'était même pas lui sur ce faux là le chef d'équipe et puis il n'y a pas un mot il suit les ordres alors que c'est celui qui nous permet à tous de faire ce qu'on fait c'est cette mentalité qui est juste pour moi je ne pense pas retrouver ça ailleurs c'est très chanceux

SPEAKER_01

de pouvoir vivre ça ça fait rêver c'est vrai que tu m'en avais parlé alors moi je disais David Goggins alors peut-être que je prononçais mal depuis des années mince mais c'est ça mais en tout cas c'est impressionnant ça va être juste génial de faire ce genre de rencontre dans un métier où forcément tes conditions de travail font que tu tu as besoin des autres et je pense que ça crée des liens très forts très vite parce que quand tu passes 2, 4, 6, 12 jours en forêt à te battre contre le même ennemi, tu vois, le feu, je suppose, tu vois, que ça fait naître des choses très sympas. Alors, tu as parlé du steak. La dernière fois, tu nous avais raconté une petite anecdote. Je voudrais bien que tu nous la partages à nouveau parce que je l'ai trouvé

SPEAKER_00

assez rigolote. Alors, c'était sur les kits de nourriture, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et les steaks

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

le congélateur dans la

SPEAKER_00

caserne du coup pour remettre dans le contexte on a ces kits de 48 heures et donc c'est les kits tout faits enfin non ce ne sont pas des kits tout faits justement comme dans l'armée c'est nous qui mettons ce qu'on veut on a un budget on va au supermarché et chacun s'achète sa nourriture ça fait partie du processus et par contre normalement on est censé ne pas mettre de frais parce que il y a des fois le kit il va rester là un jour deux jours plusieurs jours une semaine si jamais il y a des périodes creuses, mais du coup, on met toutes sortes de choses, des boîtes de conserve ou de nourriture déshydratée ou du riz cuisson rapide, tout un tas de choses, des barres de céréales, des flocons d'avoine. Et comme on sait que quand on part, on va sauter, on va 90% du temps rester la nuit, on a un congélateur qui est à côté de l'établi où on a nos affaires de saut, et dans ce congélateur, chacun va mettre donc sa nourriture, la nourriture qu'il souhaite être congelée, et juste quand on a le départ, juste avant qu'on s'habille pour partir, donc on a une grosse cloche qui sonne, c'est d'ailleurs un symbole là-bas, dès qu'il y a un départ, c'est la cloche qui sonne, et là tout le monde commence à crier partout, à gueuler, à courir dans tous les sens, parce qu'il y a un départ, il y a l'euphorie qui monte, c'est à l'américaine, on met la musique, c'est juste génial, et donc tout le monde se prépare, tout le monde récupère son petit paquet, chacun a confectionné un petit paquet dans une poche qu'on a mis au congélateur, et généralement, moi ce que je fais, c'est que je prends des côtes de bœuf, je prends une grosse côte de bœuf, après je mets un smoothie dedans, un petit burrito qu'on pour le matin d'après ou peu importe des bonnes choses mais ce steak c'est une côte de bœuf le bœuf est très bon là-bas j'ai trouvé en Colombie-Britannique et pas très très cher donc tout le monde a sa côte de bœuf ou je n'en sais rien il y en a qui prennent de l'agneau, il y en a qui prennent du porc peu importe, congelé, on se le met dans la poche de notre tenue de saut et on saute avec ça voilà et les premiers soirs ces côtes de bœuf parce qu'on peut se faire permettre de faire les feux de camp le soir après le feu. Alors, ça dépend. Des fois, c'est à 21h. Des fois, c'est à minuit, une heure du matin. Mais on se fait toujours notre petit feu de camp et on se fait cuire notre côte de bœuf avec du riz ou peu importe ce qu'on a à côté. Et ça, ça n'a pas de prix. Être au milieu de nulle part, vraiment se sentir au milieu de nulle part parce qu'il n'y a pas de route à côté. Si j'arrive quoi que ce soit de nuit, ce n'est pas bon du tout. Il y a... on est vraiment seul au monde il y a vraiment ce sentiment là et donc ce code de boeuf entre copains c'est quelque chose de royal c'est des moments qui seront gravés à jamais et on mange comme on peut il y en a qui vont se couper avant à la tronçonneuse des assiettes dans du bois et on mangeait ça sur l'assiette il y en a qui mangent avec les doigts il y en a qui mangent sur une carton il y en a qui ont prévu moi j'ai toujours un petit plat, une petite assiette il y en a qui prévoient un peu plus que les autres mais les autres c'est pas qu'ils ne prévoient pas c'est qu'ils s'en foutent complètement j'ai eu des mecs rustiques c'est dans cette société un peu aseptisée où il faut faire attention à tout, des fois ça fait du bien de voir qu'en fait ben voilà on peut vivre comme ça sans forcément laisser des plumes ouais

SPEAKER_01

Hyper intéressant. Alors, on a beaucoup parlé de comment tu en étais arrivé à faire ce métier, tes motivations, ce qui te plaît là-dedans, la logistique avec le matos, les rencontres que tu as faites, mais concrètement, est-ce que tu pourrais peut-être nous parler, j'aurais dû te poser la question plus tôt, tu vois, parce que ça fait une heure que je t'écoute, je bois tes paroles là, mais en fait, on n'a pas encore parlé de qu'est-ce que exactement, quelle technique est-ce que vous avez face à des feux sur lesquels vous êtes déployés, sur lesquels on vous fait sauter. Qu'est-ce que vous pouvez faire en fait vous avez donc tu as parlé de pompe plusieurs fois de tronçonneuse donc tu parlais d'attaquer les feux quand ils sont un peu plus gros plutôt par l'arrière puis par les flancs mais en fait ça ressemble à quoi concrètement la mission d'un smokejumper quand tu es sur le terrain qu'est-ce que tu

SPEAKER_00

fais alors donc déjà l'équipement avec lequel on est largué on est largué avec des tronçonneuses on est largué avec des pompes des kilomètres de tuyaux et des torches ça dépend où on saute on est largué parce qu'il y a certains endroits où ça sert à rien qu'on utilise ce genre de matériel mais des torches pour allumer les contre-feux donc ça c'est notre équipement de base et donc comme ce sont des feux naissants pour la plupart qu'on va traiter et si on les traite dans le nord il va forcément y avoir de l'eau, c'est très rare quand on n'a pas d'eau, ou alors s'il y a de l'eau elle est à plusieurs kilomètres et on va quand même aller la chercher parce que ça sera le plus efficace sur ce genre de terrain là parce qu'on ne peut pas c'est trop humide pour pour allumer des contre-feux efficaces, etc. Et des fois, on est trop peu nombreux pour déboiser. Donc la technique, c'est la lutte avec l'eau. Donc installation de pompe. Des fois, on a de la chance, le lac est à côté ou la rivière est à côté. On établit nos tuyaux très rapidement. On est rodé vraiment là-dessus. On arrive au sol, on range notre matériel, notre tenue de saut, etc. On récupère les cargos qu'on vient de nous larguer. Il y en a un qui installe la pompe, un qui installe les tuyaux, l'autre qui va reconnaître le feu avec le chef d'équipe. L'autre, il commence à couper des arbres pour créer un passage pour que les mecs avec les tuyaux arrivent par derrière et commencent à attaquer le feu. Ça, c'est à peu près la base de tous les feux qu'on... qu'on peut faire dans le nord. Après, ça nous arrive de ne pas avoir d'eau, donc ce qu'on va faire, c'est des méthodes un peu plus indirectes, parce qu'on ne va pas pouvoir, tu te dis bien qu'on ne peut pas attaquer directement si on n'a pas d'eau, donc les méthodes indirectes, on prend un peu plus de recul, on va créer des coups de feu, on va essayer d'orienter le feu là où on veut, on va essayer du coup de l'entourer, des fois on va avoir un bulldozer, un bulldozer ça va nous simplifier la tâche, un bulldozer et des peines mécaniques, on va demander à l'opérateur de nous débroussailler toute une zone, de nous faire une tranchée sur la distance qu'il faudra. Et soit, si le feu n'est pas trop virulent, il vient se poser dessus. Si le feu est trop virulent, à ça, on va ajouter un contre-feu. On va partir de cette tranchée qui va nous creuser et puis on va allumer un contre-feu qui va doucement... gratter du terrain et brûler toute une région pour qu'ensuite le feu principal quand il va arriver dessus il n'y ait plus rien à brûler parce que le feu principal va s'appuyer sur une zone qui est déjà brûlée et là on aura un solide point d'ancrage et donc il y a plein de techniques, on peut allier toutes les techniques ensemble, on peut allier des lignes de bulldozer avec un contre-feu soutenu par des kilomètres de tuyaux qui vont contrôler ce contre-feu parce que le contre-feu peut nous échapper aussi vraiment ça dépend de vraiment de l'échelle du feu voilà donc tronçonneuse ça va être pour tout ce qui est traille autour des feux pour ensuite poser les tuyaux au sol abattage d'arbres dangereux pour protéger les gars parce que c'est vraiment un danger les arbres c'est vraiment je crois qu'un des plus grands dangers sur place on en a qui tombent tout le temps en permanence donc on est extrêmement vigilant par rapport à ça et ensuite faire du plus gros travail donc vraiment des coups de feu plus gros, ça c'est le travail de la tronçonneuse, la pompe, voilà, tu l'auras compris, on peut, soit sur du plat, soit sur de l'établissement longue distance, en montée, avec du dénivelé pas possible, on va mettre plusieurs pompes en relais, voilà, un des feux très très intéressant, sur lequel on a sauté deux hectares, en bord de falaise, il fallait qu'on aille le chercher, on a sauté dans une clairière, la clairière où il y avait des ours, dont je t'avais parlé, un collègue qui voit un ours, ça engouffrés dans la forêt juste avant qu'on saute quand on arrive au sol il y avait des excréments d'ours tout le monde partout et c'était une terre de grizzly à côté de Rivalstock voilà donc là je faisais pas le fier quand je marchais tout seul dans la forêt pour aller remettre de l'essence à la pompe je faisais pas du tout le fier et donc là on a dû aller chercher le feu on avait on a posé un kilomètre et quelques tuyaux avec je sais pas combien de dénivelé on était à 1700 mètres d'altitude et et voilà plus plusieurs pompes en relais pour pousser l'eau qu'on avait dans cette crique jusqu'au feu. Ce genre de mission, c'est typiquement des missions smokejumper parce que c'est terrain accidenté, on ne peut pas faire intervenir de bulldozer, il n'y a pas la nécessité de faire intervenir l'aviation parce qu'à l'instant T, il y a Il n'y a pas le besoin, le feu ne menace rien, mais il faut quand même le prendre en compte, parce qu'il faut quand même le traiter pour ne pas qu'il se développe. Donc ça, c'est vraiment typique mission Small Jumper, dénivelé, terrain inaccessible, et voilà. Et ce jour-là, d'ailleurs, anecdote, on est resté bloqué, on devait être évacués le cinquième jour, le matin, et l'hélico... Il y a de très forts, très très forts orages là-bas, et donc on demande à l'hélico de venir nous chercher à 8h, et un quart d'heure avant 8h moins le quart à vide de tempête et d'orage très sévère juste là où on était couverture nuageuse on y voyait il y avait du brouillard partout on y voyait rien du tout l'hélico il est passé au loin on a entendu à la radio il a dit je peux pas venir vous récupérer il faut que vous il faut vous évacuer tout seul du coup on a laissé tout notre matos à part notre tenue de saut et notre tenue de feu et là on s'est évacué le mec enfin le coordinateur de l'évacuation nous dit bon vous êtes à là, je vois une route forestière à 1,5 km. Nous, on était à 1 700 m d'altitude. La route forestière était très, très bas en altitude. Donc, on s'est dit, bon, 1,5 km, ça va le faire. En fait, il n'avait pas pris en compte la pente et il nous avait donné une ancienne route forestière où on a marché 8 ou 9 km. On se prenait la grêle, les éclairs. C'était un enfer. Mais je crois qu'il n'a jamais autant rigolé dans une situation... difficile comme ça parce que c'était c'était les grandes forêts avec la grêle et toute cette eau qui nous tombait dessus ce tonnerre ce brouillard on se réveillait dans le Jurassic Park c'était des grands arbres immenses et et voilà des pentues on se on tombait tous les 30 mètres on glissait on avait entre 40 et 50 kilos sur le dos c'était vraiment on a mis 5 heures pour rejoindre les véhicules qui nous attendaient c'était une expédition mais c'est encore une fois des souvenirs

SPEAKER_01

incroyables franchement ça fait rêver ce côté aventure rusticité, te retrouver au beau milieu de nulle part dans la nature est-ce que tu as le sentiment parce que j'allais dire peut-être le sentiment d'utilité aussi à lutter contre l'incendie c'est un des aspects qui te motive aussi ça dans le

SPEAKER_00

métier alors oui c'est certes après il y a l'adrénaline bien sûr c'est pas le principal l'adrénaline fait vraiment partie du métier ce qu'on en dise ou non je pense que les les primos je crois que c'est le terme en français les primo-répondants sont vraiment driveés par cette adrénaline cette adrénaline de l'intervention etc donc il y a ça et puis il y a vraiment cette cause et la nobèse de la cause on travaille donc pour les populations après on travaille aussi pour des entre guillemets pas un client mais on travaille pour l'industrie du bois on va vachement protéger l'industrie du bois on va protéger les industries pétrolières pétrolières, minières, gazières, etc. Mais dans la majorité des cas, c'est vraiment protection des communautés, protection de l'environnement. Ça fait toujours mal au cœur de voir des milliers et des milliers d'hectares partir en fumée. Donc, il y a quand même du sens dans ce qu'on fait. C'est vraiment un métier pour lequel je ne me posais pas de questions sur le... Je n'avais pas de question d'éthique. Je savais pourquoi j'y allais. Ce n'était même pas questionnable. Ça coulait

SPEAKER_01

de source.

UNKNOWN

Génial!

SPEAKER_01

Génial. Du coup, c'est quoi la suite pour toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Parce que tu l'expliquais au début, c'est un système de saison. Donc, si je me souviens bien, en fait, tu pourrais y être toute l'année, simplement intervenir par moins 40, c'est un peu moins ton délire. Mais comment tu te projettes pour la

SPEAKER_00

suite

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, du coup, voilà comment ça se passe là-bas. On pourrait y être quasiment toute l'année. Tu pourrais même faire 10 mois ou 8 ou 10 mois, rentrer 2 mois en vacances, etc. Sachant qu'il il n'y a pas de feu. Après, vraiment, il y a une saison de feu qui varie entre... Si elle est vraiment très courte, ça peut être deux mois, vraiment, et ça peut aller jusqu'à six mois. Là, j'ai encore des collègues qui sont sur des feux parce que la saison s'est prolongée et nous, elle a commencé en mai. Du coup, ça peut vraiment durer dans le temps. Le reste du temps, à la base, on a énormément de choses à faire. On doit plier les parachutes, on doit réparer les parachutes, on a un atelier de couteau professionnelle donc on coud on va fabriquer nos tenues de saut on va fabriquer des parachutes cargo on fabrique pas nos parachutes principaux parce que c'est trop technique et ça nous prendrait trop de temps mais on va les réparer par exemple parce que des fois quand on atterrit dans les arbres les parachutes vont se déchirer du coup on les répare après on plie les parachutes on plie les parachutes de réserve on plie les parachutes de cargo on va vraiment confectionner on va réparer les sacs de saut on répare vraiment tout on fabrique beaucoup de choses on est assez autonome sur beaucoup de choses donc Donc, t'imagines la quantité de boulot qu'il peut y avoir. Ça, c'est vraiment du travail. Donc, d'un point, l'été... Quand il y a des choses à réparer, on les fait rapidement. Mais après, toute la confection du reste, ça se fait essentiellement l'hiver. Réparation des parachutes qu'on a bousillées l'été, ça se fait l'hiver. Donc, il y a énormément de boulot et de projets comme ça. Et en plus de ça, il y a des projets d'entretien des forêts ou des projets... Beaucoup de projets forestiers qui viennent s'ajouter à ça ou on va passer du temps dans les forêts et bosser souvent pour le gouvernement qui, une fois, nous balance certains projets comme un entretien des trails ou alors un entretien de forêt ou des forêts malades qu'il faut aller abattre, etc. Ce genre de choses, ça vient s'ajouter à tout ça. Donc, pour nous, il y a du boulot quasiment toute l'année, enfin toute l'année pour plusieurs personnes.

UNKNOWN

Donc,

SPEAKER_00

Il y a beaucoup de mecs qui choisissent d'y rester entre 6 et 8 mois. Ils aiment bien avoir leur petit temps mort l'hiver pour profiter parce que c'est assez intense. Ça permet d'aller voir la famille. Il y en a qui voyagent, etc. Et du coup, moi, c'est ce que j'ai fait les deux premiers hivers. J'ai pris 4 mois de repos. Mais j'ai travaillé sur Vancouver. J'étais cordiste. Je bossais sur les buildings à Vancouver. On changeait des fenêtres. On faisait de la réparation c'était très chouette d'ailleurs très très chouette et là cet hiver j'ai décidé d'entrer en France et j'ai travaillé avec des personnes en situation de handicap tout l'hiver et là je suis rentré du Canada il y a un mois et quelques et je viens de m'y remettre voilà et je vais voir normalement je repars saison prochaine mais je pense qu'à un moment donné je vais me reconvertir dans quelque chose parce que c'est quand même très très loin c'est très très loin et je veux pas faire de comparaison mais c'est vrai que comme tous les mecs qui partent en OPEX tous les militaires qui partent entre 4 et 6 mois je pense qu'ils savent ce que c'est d'être loin de la famille etc c'est un peu le même principe pour moi moi je suis pas canadien je suis français j'habite ici dans le sud de la France et voilà ma compagne ou ma famille à chaque fois c'est long c'est long de partir autant de temps et donc je pense que Je ne sais pas encore, mais d'ici quelques temps, quelques années, je me reconvertirai en France. J'y

SPEAKER_01

réfléchis. Je ne sais pas encore dans quel branche.

UNKNOWN

Épisode à suivre. Voilà, c'est ça.

SPEAKER_01

Génial. Écoute, Anthony, franchement, un grand merci. C'était juste génial. J'ai appris encore des choses alors que c'était la troisième fois qu'on enregistrait. Il y a eu un vrai premier épisode et le deuxième, on n'a pas vraiment pu commencer, mais c'était hyper intéressant.

UNKNOWN

Je me suis régalé.

SPEAKER_01

donc merci beaucoup je suis sûr que ça donnera en tout cas que ça va éveiller la curiosité d'un paquet d'un paquet de gens sur le métier de smokejumper peut-être même qu'il y aura des vocations qui vont naître qui sait donc vraiment merci merci beaucoup est-ce que toi il y a une dernière chose que tu voudrais partager pour conclure cet

SPEAKER_00

épisode oui oui

SPEAKER_01

oui

SPEAKER_00

certes c'est voilà c'est comme toi tes valeurs dépassement de soi résilience c'est quelque chose qui c'est vraiment ça vraiment des valeurs qui m'ont aidé dans ce projet j'ai jamais lâché les bras comme je t'ai expliqué un peu plus tôt il y a beaucoup de gens négatifs qui vont se placer sur la route des gens qui lancent des projets même des amis plus ou moins proches ce qui fait bizarre au début parce qu'on aurait tendance presque à écouter ces personnes là qui peuvent être des personnes de confiance s'écouter soi-même et surtout tenter les choses parce que moi honnêtement avant de lancer ce projet je pensais pas être capable de faire ce genre de choses et en fait, quand on s'en donne les moyens, que ça soit physiquement, au niveau du sport, ou même après, au niveau, moi je n'ai pas fait de grandes études, mais quand je me suis lancé dans ce projet, je me suis tellement renseigné sur le cœur du métier, j'en suis devenu passionné, j'ai vraiment tout tourné autour de ça, ma nutrition tournait autour de ça, mon sport tournait autour de ça, les reportages que je regardais, tout, vraiment, donc c'était, si on s'en donne les moyens, les jeunes, vous me les et moins jeunes, bien sûr, qui voudraient rentrer dans des unités un peu spéciales, que ce soit dans l'armée, les forces de l'ordre, les pompiers, peu importe, partir à l'étranger dans des unités spéciales ou même faire soudeur sur une partie de l'armée pétrolière à l'autre bout du monde, il suffit juste de s'en donner les moyens et même si on n'aligne pas 4 pompes et une traction à l'heure actuelle, c'est quelque chose qu'on peut travailler et il suffit juste d'énormément de discipline et suivre ses rêves. Il ne faut pas... Rien n'est impossible, c'est vraiment la leçon de vie de mon expérience c'est que rien n'est impossible absolument rien qu'il faut juste s'en donner les moyens

SPEAKER_01

c'est tout c'est un super message écoute j'aurais pas mieux résumé que ça cet échange donc franchement merci beaucoup Anthony s'il y a des gens qui veulent te contacter pour en apprendre plus aller plus loin le mieux c'est quoi Instagram

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

ouais Instagram ok ça marche je mettrai tout ça en description de l'épisode merci beaucoup Anthony très bonne saison hivernale en France et excellente saison du feu l'an prochain 2023

SPEAKER_00

au Canada je te remercie en tout cas de m'avoir accueilli c'est un plaisir de pouvoir partager cette histoire avec toi merci Anthony allez ciao