SPEAKER_04

nos propres doutes aussi, les problèmes matériels de dernière minute, tout ça a été évacué d'un seul coup parce que voilà, cette fois on était en mer, on allait dans la bonne direction et il ne restait plus que l'excitation de se dire qu'on partait en kata au Groenland.

SPEAKER_01

Au final, on se rend compte que ce n'est pas nécessairement en allant chercher la difficulté qu'on s'éclate le plus.

SPEAKER_02

Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

Bienvenue Tom et Nicolas sur le podcast, je suis ravi de vous accueillir, alors là les auditeurs ne pourront pas le voir mais nous on a la vidéo et on a Nicolas qui est carrément dans son bateau, c'est juste énorme, c'est la première fois que je fais un épisode avec quelqu'un qui est sur l'eau, en partage de connexion, c'est juste magique, donc trop trop bien. T'es où là d'ailleurs Nicolas, t'es dans quel

SPEAKER_04

port

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Là je suis à Nantes, donc pas vraiment un port, mais j'ai remonté la loi il y a une dizaine de jours et je me suis installé au Petit Ponton, qui est juste sur la

SPEAKER_02

Loire, en face du centre-ville, en face

SPEAKER_04

de l'île de

SPEAKER_02

Nantes. Je suis très bien installé là. C'est énorme.

SPEAKER_01

Et toi, Tom, c'est aussi exotique que ça ou un peu moins

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Un peu moins original. Je suis dans mon appartement sur Grenoble, mais j'ai la vue sur les montagnes et il a neigé pendant 4 jours toutes les nuits. C'est assez canon, le panorama.

SPEAKER_02

Excellent. Trop bien. Ça commence fort. Je pense que ça donne déjà le thème. On va parler aventure. J'ai trop hâte de cet échange. Quand on l'a planifié, j'ai J'ai passé pas mal de temps à lire et relire votre petit récap écrit que vous m'avez envoyé. On va partir en expédition du côté du Groenland avec un récit juste complètement ouf. Une expédition que vous vous êtes monté vous-même et je pense que c'est une partie qui va vraiment m'intéresser. Avec les moyens du bord, comment est-ce que vous avez réussi à organiser tout ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Mais peut-être avant qu'on rentre dans le détail, ce que je vous invite à faire, c'est vous présenter tour à tour. On peut peut-être commencer par je sais pas allez Tom t'es à gauche de l'écran t'es le premier donc vas-y c'est parti

SPEAKER_01

et bah comme tu l'as déjà très bien introduit Tom j'habite maintenant à Grenoble depuis un an après avoir pas mal vadrouillé à l'étranger je travaillais avant dans le secteur corporatif et un jour je me suis rendu compte que la vie m'appelait à autre part et à ce moment là j'ai commencé à penser un peu différemment et je me suis lancé dans le coaching et avec pour but d'aller vraiment le coaching à la pratique de la montagne de la voile globalement une certaine reconnexion à la nature pour faciliter le développement personnel de certaines personnes et le mien inclus et cette expédition en fait aussi grandement partie du côté plaisir génial top

SPEAKER_02

merci Tom

SPEAKER_04

Nicolas oui moi je m'appelle Nicolas depuis 2-3 ans ma vie a commencé à tourner un petit peu plus autour de la mer et de plus en plus depuis 2020 qu'il y a eu les premiers confinements et que j'étais parti voyager en bateau ça m'a inspiré à chaque voyage à vouloir aller un petit peu plus loin et notamment plus vers le nord c'est aussi comme ça qu'est née l'expédition de cette année et en dehors des navigations je suis basé en France et je travaille comme en freelance je fais de l'intelligence économique plutôt à Paris ou sur d'autres villes en

SPEAKER_02

métropole ok intelligence économique ça consiste en quoi plus spécifiquement

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

des études pour des sociétés donc récemment j'ai plutôt fait ça sous l'angle de la prospective ce qui consiste à réfléchir un petit peu à ce que pourrait être le futur à quels pourraient être les scénarios dans lesquels une entreprise ou n'importe quelle organisation ou personne se trouverait dans 5-10 ans donc à moyen terme

SPEAKER_02

d'accord Intéressant. Excellent. Et alors, tous les deux, comment est-ce que vous vous êtes

SPEAKER_01

rencontrés

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Au final, ça fait un petit peu un an et demi que ma vie a commencé à tourner aussi et je me suis vite intéressé à des expéditions, à des gens qui partent vraiment à la rencontre de nulle part, on va dire. Je faisais un woofing dans une ferme de chiens de traîneau qui était tenue par deux anciens athlètes de course d'aventure. Et voilà, dans leur ferme c'était vraiment cet esprit là et ça m'a super inspiré à commencer et en rentrant en France j'ai vraiment juste cherché je pense sur Google expédition mer montagne grand nord et en fait je suis tombé sur l'expédition de Nico l'année dernière au Svalbard on a discuté il est venu skier dans les Alpes on a sympathisé

SPEAKER_02

et voilà ah génial donc tu lui as juste envoyé un message il t'a répondu et c'est là que tout a commencé ça ressemble à ça ouais comme quoi faut oser oser contacter les gens génial Je ne sais pas si on commence par le Svalbard de Nico, par votre XP ensemble. Non, on va peut-être commencer par l'XP ensemble. Une fois que la rencontre a été initiée, que les échanges ont été lancés, à quel moment est-ce que cet XP a commencé à prendre forme dans vos esprits

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Au milieu du printemps, j'ai appelé Tom et je lui ai demandé ce qu'il avait prévu de faire cet été. parce que j'avais ma petite idée en tête en fait l'origine de ce projet c'était pour moi l'année dernière au Svalbard en ayant navigué sur des côtes montagneuses en ayant essayé de les explorer en mêlant déjà voile et montagne j'avais été frustré d'une certaine manière par le fait d'être dépendant du bateau et que le bateau soit par certains aspects une contrainte il offrait énormément de liberté énormément de possibilités parce que c'était le seul moyen d'accès à des endroits sauvages. et puis de pouvoir se déplacer le long de la côte, d'y accéder, d'y parvenir. Mais le bateau était aussi toujours un petit peu en insécurité, à cause de la météo, à cause des glaces aussi beaucoup, donc on ne pouvait pas partir pendant 4-5 jours en montagne, l'esprit complètement libre. Et j'avais commencé à réfléchir à une manière de surmonter ça, et la piste que j'imaginais, c'était de faire le choix de la légèreté, donc d'avoir un bateau le plus léger possible pour pouvoir le mettre en sécurité plus facilement et être totalement libre une fois qu'on est à terre et une fois qu'on est en montagne

SPEAKER_02

parce que Osvalbard ça comment est-ce que tu faisais en fait tu peux pas est-ce qu'il y a suffisamment enfin est-ce qu'il y a des fonds qui te permettent de mouiller ou est-ce que t'es obligé d'arriver le bateau au glacier

SPEAKER_04

ou non justement Osvalbard on avait un bateau un voilier habitable assez classique qu'on mettait à

SPEAKER_02

l'encre d'accord

SPEAKER_04

donc on trouvait des mouillages un petit peu protégés Et on laissait le bateau à l'ancre. Mais quand il était à l'ancre, évidemment, il n'était pas à 100% en sécurité. Donc, on pouvait partir à la journée, on partait deux jours. Parfois, on est parti un peu plus longtemps lorsqu'on était vraiment certain que le moulage était très protégé. Mais c'était quand même une prise de risque. On ne pouvait pas du tout se permettre de perdre le bateau. Donc, ça nous restait nés dans ce qu'on voulait faire après.

SPEAKER_02

ok ok ok d'accord ouais donc c'est cette partie à la fois le bateau est un super moyen pour toi de découvrir enfin de t'évader un vecteur de liberté mais d'un autre côté c'était un peu un boulet parce que tu pouvais pas vraiment faire ce que t'avais envie de faire à terre

SPEAKER_04

c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

voilà une fois qu'on était à terre le bateau devenait une contrainte ouais ouais donc je me suis dit qu'il fallait essayer de trouver un moyen de conserver plus d'avantages qu'à porter le voilier bah le fait de pouvoir parcourir des centaines de milles pour accéder à un endroit sauvage le fait de pouvoir emmener un petit peu de matériel, le fait d'avoir de l'autonomie, et puis en éliminant ce qui en faisait une contrainte, le fait notamment qu'ils soient en danger lorsqu'on

SPEAKER_02

le mettait au

SPEAKER_04

mouillage. L'idée que j'ai eue, c'est d'utiliser un bateau très léger, assez rapide quand même, donc un catamaran de sport en l'adaptant. Et comme j'avais fait du ski avec Tom cet hiver, je savais que lui, il avait envie de monter des expé comme ça, C'est assez naturellement. Et puis qu'il savait naviguer aussi. Il avait déjà fait de la voile légère et qu'il faisait de la montagne à Grenoble. Il s'était pas mal entraîné l'hiver dernier. C'était assez logique de

SPEAKER_02

lui proposer ça. Pour replacer un peu vos backgrounds, toi, Tom, t'es plutôt le... Votre aventure, comme vous l'avez dit, c'est mer et montagne. Toi, Tom, t'apportes plutôt la partie montagne, mais t'as quand même fait de la voile. Toi, Nick, Nicolas, tu apportes plutôt la partie mer, mais est-ce que tu avais fait de la montagne

SPEAKER_04

aussi

UNKNOWN

? J'avais fait de la montagne...

SPEAKER_04

Oui, j'ai toujours fait beaucoup de randonnées. Pas mal de randonnées en montagne. Après, du vrai alpinisme, pas trop, non. Un peu du post-valbard l'année dernière. J'étais avec un coéquipier qui connaissait mieux et qui avait le lead un petit peu sur cette partie montagne, tout ce qui est la sécurité sur les glaciers,

SPEAKER_02

etc. D'accord. Toi, Tom, par contre, sur cette partie,

SPEAKER_01

tu

SPEAKER_02

as

SPEAKER_01

l'expérience. C'est ça. Ça doit faire quelques années que j'avais commencé par l'escalade en fait j'avais commencé comme la majorité des gens qui commencent l'escalade de nos jours à l'inverse des années 70 par une salle d'escalade et graduellement je suis passé du tout petit, du bloc jusqu'à près de la voie en escalade et en extérieur et de la grande voie et après l'alpinisme etc. Donc crescendo ça y allait, crescendo mais assez vite quand même et ça a permis qu'on se sente à l'aise tous les deux au final d'aller sur un terrain

SPEAKER_02

assez non aseptisé comme ça. C'est incroyable votre récit parce que finalement vous connaissiez assez peu et au moment où vous avez décidé de partir l'environnement dans lequel vous vous êtes placé avec cette expédition c'était quand même pas la montagne derrière le village vous êtes parti côte est du Groenland il me semble que dans votre récit vous expliquez que quand vous posez pied à terre vous êtes en fait à 200 bornes du premier village et Nicolas tu nous disais que vous avez fait tout ça avec un catamaran en sport. Alors, je ne sais pas si ça parle à tout le monde. Moi, ça ne m'aurait pas parlé, je pense, avant de voir les photos. Mais quand je vois la tronche du... Est-ce qu'on appelle ça un bateau ou est-ce que c'est une embarque

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Enfin, je ne sais pas. Un petit peu de respect pour notre bateau. En gros, c'est deux flotteurs. C'est un kata de sport. Donc, il y a deux flotteurs, un filet tendu au milieu et un mât qui fait combien

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

6

SPEAKER_04

mètres

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Non, le mât fait 9 mètres.

UNKNOWN

9 mètres?

SPEAKER_02

Ouais. Non, mais c'est quand même hallucinant de voir ce sur quoi vous êtes parti. Il n'y a zéro protection. Vous seriez pris un orage, vous étiez complètement exposé. Vous, vos affaires,

SPEAKER_04

tout. On s'est pris des petits orages. En Islande, on entend le Vendée Côte Islandaise, le Vendée Côte Groenlandaise, on a eu plus de chance, il a fait assez beau. Mais oui, on avait fait le choix de la légèreté et on l'a joué à fond. Impressionnant. Je ne sais pas s'il pouvait vraiment y avoir de compromis. Le compromis était difficile à trouver parce que forcément un bateau plus abrité ça veut dire plus lourd ça veut dire qu'on retombe dans les contraintes d'un bateau habitable

SPEAKER_01

oui ce qui est important de préciser peut-être pour les personnes un peu moins familières avec les différents types de bateaux comme ça c'est qu'un catamaran de sport on peut le hisser directement sur la plage à vide sans les affaires il pèse 180 kilos donc en s'arrangeant un petit peu avec certains avec des palans avec des mouflages ou quoi on peut le tirer notamment aussi parce qu'il n'a pas de quilles un bateau habitable table va avoir une quille qui permet de le stabiliser sur l'eau le catamaran il y a juste les flotteurs donc à vide il y a peut-être 20 cm qui est sous l'eau donc on le tire sur la plage et hop le problème est réglé donc c'est sûr que d'aller dans l'extrême dans cette solution là ça permet de faire des choses qui sont qui résolvent

SPEAKER_02

la contrainte quand on est à terre quoi la légèreté j'imagine que vous avez aussi dû ça a aussi été un critère par rapport à tout le matos que vous emmeniez etc parce qu'un catamaran qui fait 180 kilos la charge utile je vois c'est 120 kilos donc est-ce que vous avez dû faire comment ça s'est passé du coup sur la partie logistique concrètement ça a été quoi l'impact de partir avec un bateau aussi léger

SPEAKER_01

c'était vraiment qu'on se posait la question pour chaque tout petit item qu'on emmenait est-ce que c'est vraiment nécessaire de l'amener donc au final je pense qu'on a essayé de faire le maximum de concessions sans faire là où c'était vraiment important pour tout ce qui était matos matos de sécurité, matos critiques, on ne se posait vraiment pas la question du poids. Après, il n'y avait pas de superflu, on avait très peu de redondance au niveau du matériel non critique, même si au final, dans ce genre d'environnement, on s'est rendu compte que même du matériel non critique peut devenir critique. On se dit par exemple une botte, ça ne paraît pas critique, alors qu'au final, tu perds ta botte quand tu es en mer, ça devient assez critique au final. Bref, on avait assez peu de redondance, on a été pour le matos le plus léger possible à la fois d'essayer de viser la multifonctionnalité même si ça a été aussi plus dur que prévu de trouver du matos qui fasse mer et montagne à part les sous-couches d'Abyss ça a été vraiment dur mais voilà, essayer de chercher du matos qui puisse servir le plus possible au plus d'usages différents on va dire

SPEAKER_02

impressionnant et donc d'un point de vue alors peut-être avant parce que j'allais vous poser des questions sur la logistique comment est-ce que vous avez acheminé le matos etc mais avant ça peut-être pour en revenir à ce que tu disais enfin à ce qu'on disait un peu plus tôt sur comment est-ce que l'expédition l'idée de l'expédition est née donc toi Nicolas tu avais déjà une idée un peu en tête de ce que tu voulais faire par rapport à cette contrainte dont tu avais fait l'expérience au Svalbard vous aviez passé l'hiver à skier ensemble donc il y avait visiblement eu un bon fil et vous aviez des expériences complémentaires sur ce que vous pouviez amener sur l'expert mais comment est-ce que du coup la suite comment est-ce que concrètement vous avez mis tout ça en place est-ce que toi Nicolas tu avais déjà des impératifs côté date est-ce que tu avais déjà le bateau comment est-ce que tout ça s'est construit et a pris

SPEAKER_04

forme non j'avais une ébauche

SPEAKER_02

de

SPEAKER_04

projet quand j'ai proposé le truc à Tom il y avait la destination il y avait la manière d'y

SPEAKER_02

aller

SPEAKER_04

mais pas le bateau et voilà on a commencé à définir ensemble un petit peu mieux le projet à étudier aussi chacun de notre côté le terrain, à réunir les informations qu'on pouvait trouver sur cette zone sur ces montagnes, sur cette côte sur les conditions météo sur ce qu'il fallait faire aussi au niveau administratif les permis, les assurances comment on pouvait envoyer un bateau en Islande puisqu'on a navigué de l'Islande au Groenland mais on a envoyé le bateau démonté en Islande donc plein de choses logistiques et de planification de préparation sur lesquelles on a commencé à bien plancher à partir du mois d'avril je crois avril mai

SPEAKER_01

un peu après peut-être dans la partie très concrète en gros Nico m'a appelé le 8 mai en me disant salut Tom j'ai une idée blablabla et je dis ok ça se représenterait pour quand ce projet là il me fait oh faut qu'on soit au Groenland au mois

SPEAKER_04

d'août on les a décidé puisque la fenêtre durant laquelle on peut aller au Groenland est très très courte jusqu'au mois de juillet là il y avait beaucoup de glace c'est à dire de la banquise dérivante le long des côtes qui empêche l'accès à la côte est du Groenland encore à la fin du mois de juillet il y a certains bateaux plus au sud qui avaient dû faire demi-tour, qui n'arrivaient pas à passer donc on ne peut pas y aller avant la fin du mois de juillet et à partir du mois de septembre la météo devient de plus en plus difficile les nuits rallongent beaucoup nous en août on avait encore des nuits très courtes et pas très sombres mais à partir du maintenant, enfin même du début du mois de septembre il fait plus froid, les nuits sont plus longue, les dépressions se succèdent aussi un petit peu plus rapidement au sud de l'Islande et on en ressent les effets donc le temps devient beaucoup moins bon et le risque pour nous c'était de ne pas réussir à rentrer en Islande et on n'avait pas le choix il fallait absolument qu'on rencontre quelque chose avec laquelle on ne pouvait pas transiger du tout donc on avait une fenêtre d'un mois durant laquelle on pouvait aller et revenir du Groenland c'était le mois d'août donc on n'a pas vraiment décidé des

SPEAKER_02

dates il fallait

SPEAKER_04

être prêt pour y aller au mois d'août

SPEAKER_02

Tom qu'est-ce qui t'est passé par la tête quand il t'a dit le V-Make en août il fallait être au Groenland

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

ouais ça je sais plus c'est dur de se replacer dans ce contexte là mais il me semblait que c'était un petit peu j'étais très incrédule je me disais ça a l'air ouf mais comment et après je me suis dit bah écoute pourquoi pas en soi il a l'air confiant dans son truc ça a l'air faisable ça avait l'air de marcher théoriquement ça marchait donc je me suis dit vas-y on y va et on va voir ce qu'il se passe

SPEAKER_02

et donc une fois que la décision a été prise d'y aller comment est-ce que vous êtes organisé parce qu'on en a pas vous vous êtes présenté tous les deux vous n'êtes pas des aventuriers pro dans le sens où vous ne faites pas que ça à temps plein avec des sponsors derrière vous etc donc je suppose qu'il y a eu des contraintes aussi côté taf côté même si vous êtes en freelance et puis des contraintes aussi budgétaires donc comment est-ce que vous avez structuré l'expert dans les premières étapes

SPEAKER_01

la première étape vraiment ça a été de débroussailler le terrain donc Nico vraiment avait une ébauche comme il disait la destination comment on y va etc il y a énormément de questions qu'on n'avait absolument aucune idée. Donc là, on a essayé de parler le plus possible à des gens qui ont été, des gens qui sont familiers avec le coin, qui sont familiers avec ce type d'embarcations, qui ont fait potentiellement des traversées océaniques avec des bateaux, pas forcément de ce taille-là, mais un tout petit peu plus grandes et qui sont aussi non habitables, des gens qui ont été grimpés sur place. Tout ça pour essayer d'accumuler un peu de l'information et utiliser la connaissance des autres. Après, on a évidemment essayé de trouver des sources de finances ce qui nous a permis de structurer le projet un peu plus aussi au final c'est comme de faire un business plan pour son entreprise ça aide à comprendre les tenants et les aboutissants on a début juillet début juin pardon était un des lauréats du Mi Expedition Project qui est une bourse d'expect globalement en termes concrets ça nous a aidé à peut-être 20% en termes matériels et financiers c'était des partenaires à 20% de tout ce que ça a pris au total mais ça a été quand même un gros coup de boost au final on s'est dit Il dit, le projet, là, c'est réel maintenant. On y va et on donne absolument tout. Après, Nico travaillait, mais travaillait aussi dans... à temps partiel dans un chantier naval au final ce qui nous a aidé à avoir d'autres contacts du matériel etc et moi j'ai pas mal pris un bon temps off sur mon travail j'ai continué à suivre les clients que j'avais mais j'ai pas cherché plus d'oeuvres que ça on va dire donc ça a permis de libérer pas mal de temps pour bosser là

SPEAKER_02

dessus top le Mie Expedition Project est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu plus en quoi ça consiste exactement

SPEAKER_01

ouais C'est une bourse d'expérience au final, donc c'est trois lauréats par an qui sont soutenus par milliers d'autres marques, dont Katadine, qui comprend Nemo, Optimus, il y a aussi Sumto, la marque finlandaise, et après des marques comme Montagne Mag, Air Coop, le groupe militaire de Haute-Montagne, et qui donnent donc un soutien financier matériel et en connaissance, par exemple avec le GMHM, le groupe militaire de Haute-Montagne, qui sont déjà allés dans le coin là-bas, ils nous ont fait un peu des récits d'expérience, ils nous ont donné des choses auxquelles pensée ou qu'elle prévoit au final génial

SPEAKER_02

super j'avais regardé il y a quelques années je ne sais même plus pour quel projet j'avais enfin quel projet j'avais à ce moment là mais j'étais allé regarder je trouve que c'est juste génial je ne sais pas si c'est la seule bourse d'expert en France mais c'est peut-être une des plus connues et une des mieux dotées il

SPEAKER_01

me semble et bien il y en a pas mal de ce style là au final je ne sais pas exactement mais je pense qu'il doit en avoir Nicolas tu me dis si tu me trompes mais peut-être 5 quelque chose qui

SPEAKER_04

ont

SPEAKER_01

des angles différents et

SPEAKER_02

il y a d'autres bourses d'aventure oui ok mais vous êtes allé hyper vite du coup parce que si tout ça s'est décidé en mai qu'en juin vous aviez déjà le retour de Millet c'est que c'est bien tombé par rapport à leur date de clôture d'envoi des dossiers ou ils valident des projets potentiellement toute

SPEAKER_04

l'année non ça s'est bien conjugué l'appel a été exactement au bon moment pour nous et c'est vrai qu'une fois qu'on a confirmé qu'on a confirmé l'expert tout est allé très vite on a travaillé très dur chacun de notre côté pour toute cette partie justement de planification de mise en forme du projet aussi parce que comme disait Tom le fait de le pitcher de le présenter à des partenaires potentiels bah nous ça nous oblige à définir aussi entre nous exactement ce qu'on va faire pourquoi on va le faire nos motivations des discussions je sais pas qu'on aura peut-être pas forcément eu spontanément et qui participent à à l'élaboration et à la définition du projet. Et puis en juin, on a acheté le bateau, on a acheté un catamaran de sport d'occasion avec l'objectif de passer quelques semaines à le préparer, à l'adapter. J'avais beaucoup discuté avec à peu près tous les gens, ils ne sont pas très nombreux, qui avaient fait des choses un petit peu similaires. Donc soit qui avaient navigué un peu au long cours sur des tout petits bateaux comme ça, soit qui connaissaient mieux que nous ces régions région-là et cette zone de navigation. Et donc, pour certains points, j'avais une idée assez précise de ce qu'il fallait qu'on fasse comme travaux comme adaptation sur le bateau sur d'autres points pas du tout et là on a complètement on a complètement essayé d'inventer ce qu'il pouvait répondre ce qu'il pouvait y avoir comme solution

SPEAKER_02

donc qu'est-ce qu'il y a eu comme modification du bateau pour permettre de faire ces 200 miles c'est ça un 200 miles entre l'Islande et la côte

SPEAKER_04

est d'une part il fallait le renforcer il fallait faire en sorte qu'il soit capable de d'effectuer une navigation auturière une navigation au

SPEAKER_02

large il y a 200 on a parcouru 200 000 nautiques à peu près entre

SPEAKER_04

l'Islande et le Groenland avec

SPEAKER_02

200

SPEAKER_04

000 les

SPEAKER_02

miles c'est terrestre

SPEAKER_04

c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

non c'est au moment du 1000 terrestres

SPEAKER_02

ou 1000 nautiques ok ok c'est ça mais pour info pardon excuse-moi Nicolas mais juste petite parenthèse donc 200 000 nautiques si je ne me trompe pas je confonds toujours les deux je crois qu'un 1000 terrestres c'est 1609 mètres et un 1000 marins c'est 1800 quelque chose 1852 si on veut être précis donc au final quasiment 400 km entre l'Islande et votre destination

SPEAKER_04

ouais un petit peu moins donc voilà faire en sorte que le bateau soit capable de traverser c'est pas du tout des bateaux qui sont faits comme ça en général ils naviguent plutôt à quelques milles de la plage voire quelques centaines de mètres faire en sorte qu'ils soient capables d'emmener notre matériel on avait une grosse centaine ou 130 kg de matériel à peu près en incluant notre nourriture, notre eau, notre matériel d'alpinisme aussi, et de bivouac. Et puis tout pour réparer le bateau, pour nous soigner si on avait besoin. Et enfin... faire en sorte que le bateau puisse être hissé, comme le décrivait Tom tout à l'heure, sur les plages, et puisse rester là pendant que nous, on était en montagne. Donc, ce qu'on a fait comme modification, ça a consisté d'une part à un gros, gros check de toutes les pièces du bateau, tous les rivets, tous les boulons, toutes les parties matérielles, on les a vérifiées, reprendre tous les éléments des points de fragilité qu'on identifiait, sur des jonctions, sur la coque, par exemple, et puis ajouter des équipements Il y avait déjà sur le bateau des ailes, c'est-à-dire des bandes sur le côté qui nous permettent d'être assis et de barrer un petit peu plus à l'abri qu'en étant sur le trampoline. Mais on a par exemple amélioré, on a insubmersibilisé les flotteurs, c'est-à-dire qu'on a mis de la mousse à l'intérieur pour être sûr que le bateau soit incoulable. On a ajouté des bandes en caoutchouc sous les flotteurs pour le protéger des rochers ou des glaçons. On a ajouté un dispositif de flottaison en tête de mât pour empêcher un retournement du bateau en cas de chevillage. on a revu l'étanchéité de toutes les trappes de toutes les ouvertures qu'il pouvait y avoir sur les flotteurs on a ajouté une ligne de vie on a ajouté un trampoline avant plein de petites choses comme ça pour adapter le bateau à ce programme

SPEAKER_02

d'accord

SPEAKER_04

et ça nous a pris en gros deux grosses semaines de chantier plus un certain nombre de soirs ok

SPEAKER_02

Et ça, vous aviez les connaissances pour le faire vous-même

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ou vous avez été aidé

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

En partie. On a été conseillé. On a demandé conseil à énormément de gens. Et je pense que les personnes les plus compétentes pourront nous conseiller sur ces points. Donc je pense qu'on a été bien conseillés, mais ce n'est pas des éléments sur lesquels les gens peuvent avoir une science exacte. Préparer un bateau pour quelque chose comme ça, ce n'est pas quelque chose de commun et ce n'est pas non plus quelque chose qui avait été déjà fait, notamment en mêlant les deux côtés voiles et montagnes. Donc les gens nous donnaient leur avis, qui était je pense des avis très pertinents, mais sans aucune assurance que ce soit la bonne solution. Donc c'était des inspirations plus que des vraies solutions la plupart du temps ok sinon moi je m'y connaissais un petit peu en tout ce qui est maintenance nautique j'avais déjà utilisé des matériaux composites ou des choses comme ça à force de naviguer de travailler un peu sur les bateaux mais voilà on a aussi beaucoup appris en faisant

SPEAKER_02

sur

SPEAKER_04

le

SPEAKER_02

tas exactement et pour la partie montagne Tom la préparation elle a ressemblé à quoi de ton

SPEAKER_01

côté

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

au final la préparation autant voile que montagne on l'a fait assez conjointement et c'est sûr que le gros gros gros du travail en termes d'heures a été mis dans la préparation du bateau après la préparation annexe pour la montagne au final le matériel que ce soit ici au Groenland ou quoi on le connait ça reste plus ou moins le même et il n'y a pas trop à inventé de nouveaux systèmes pour aller sur un glacier, au final un glacier c'est le même élément, c'est de l'eau qui est gelée et voilà, pareil pour du rocher donc la préparation ça a été d'essayer de comprendre quel type d'itinéraire on aurait la possibilité de faire sur place, est-ce qu'on allait être dans de la glace, est-ce qu'on allait être dans du rocher, de la neige faire un peu des suppositions là-dessus parce qu'on ne savait pas exactement à quelle zone on allait arriver c'est pas vraiment en se disant ok on va arriver au 69-26 nord et là-bas il y a telle montagne, c'était plus on va arriver sur une côte à peu près à 200 km près de ce point d'arrivée qu'est-ce qu'on peut potentiellement trouver donc parler à des gens encore une fois et se préparer un peu à toutes les éventualités Le côté annexe de la préparation de montagne, ça a été toute la préparation bivouac, nourriture, hydratation, préparation de la pharmacie, et nous former pour pouvoir agir en cas de pépins. On a notamment fait une formation de secours en montagne avec une organisation des bauges qui s'appelle Secourissime, qui nous ont fait une formation un petit peu adaptée au secours en montagne en milieu très isolé. Donc ça diffère un petit peu du PSC1 qu'on On pourrait avoir... On assume qu'on a accès au secours dans les 30 minutes maximum, ou même 10 minutes si on est en ville. Donc voilà, c'était un peu une ambiance différente, on va dire.

SPEAKER_02

C'est globalement ça. Génial. J'imagine que ça a dû faire des semaines hyper intenses côté préparation avant le départ. Trop bien. J'ai l'impression que ce que je retiens pour clôturer un peu cette partie prépa, c'est que j'ai quand même l'impression que c'est possible de le faire avec les moyens du bord versus... Souvent, j'ai l'impression qu'on a le sentiment qu'il faut avoir un matos incroyable deux ans de prépa des balises GPS de tous les côtés enfin vraiment une lourdeur hyper importante et en fait c'est un bon exemple parce que voilà avec un kata de sport un peu préparé spécifiquement et quelques semaines seulement de prépa ce que je trouve ouf c'est carrément faisable donc franchement impressionnant sur la partie préparation

SPEAKER_01

c'est comme pour tout en final du temps et du matos ça peut toujours aider il y a toujours moyen de le faire en mode très route donc après ça dépend de la motivation c'est clair

SPEAKER_02

ouais je pensais ça surtout, motivation génial si on rentre dans le détail de l'expert donc une fois que vous prenez le départ déjà je serais curieux de savoir quel sentiment est-ce que vous avez parce que même s'il n'y a pas eu des années de prépa c'est quand même un sacré projet donc quand vous partez de Reykjavik c'est ça tu portes de Reykjavik

SPEAKER_04

un tout petit peu à côté de Reykjavik à Hafnar Fjordur pour être exact qui est dans la périphérie de Reykjavik et qui est la localité où est présent un club de voile qui nous avait hébergé le bateau pendant quelques jours avant qu'on parte, le temps qu'on le remonte qu'on fasse quelques réparations dessus, le voyage avait pas été de tout repos pour le bateau ok et qu'on soit prêt à partir au moment du départ, il y a eu plusieurs des C'est pareil, il y a le moment où on est parti justement d'Afnar Fjordur pour cette première navigation et puis un peu plus tard, le moment où on est parti d'Isa Fjordur, on a vraiment quitté l'Islande. Et je pense que ça a été les deux fois, il y a eu le sentiment de partir et de commencer quelque chose. En partant d'Aftar Firdour, on se posait beaucoup de questions sur le bateau. Par contre, on l'avait préparé, démonté, remonté, mais on avait très peu navigué avec. Et on n'avait pas fait de vraie navigation, faute de vent, en fait, à la fin, et de temps aussi, avec le bateau, une fois les modifications effectuées. Donc, on ne savait pas exactement comment ça allait se passer, si on naviguait longtemps avec, si on rencontrait des mauvaises conditions, du crottant. Il y avait beaucoup de points qui restaient des hypothèses. Merci. et donc ce départ c'était aussi le moment où on allait enfin pouvoir tester tout ça et voir si tout le travail qu'on avait fait avait été bon ou pas si les idées qu'on avait eues étaient bonnes et pertinentes ou pas du tout on partait pour la navigation, le vent était contre nous mais voilà il fallait qu'on parte de toute manière et on avait envie de partir et cette première navigation jusqu'au nord-ouest de l'Islande a duré 3 jours et elle nous a apporté exactement ce qu'on On attendait d'elle puisqu'on a rencontré un peu toutes les conditions. On a eu du vent de phase, du vent portant, du vent très faible, de la grosse pétole, mais aussi des conditions plus musclées avec 20-25 nœuds de vent bien établi. Et une mer un petit peu mouvementée en passant des capes où le vent s'oppose au courant. Donc, on a pu voir comment se comportait le Qatar. On a pu voir ce qui n'allait pas. Par exemple, la façon dont on fixait le matériel sur le bateau ne convenait pas. On risquait de perdre, par exemple, des bidons. Mais de manière générale, ça nous a aussi beaucoup rassuré sur le comportement du bateau. On a vu qu'il se comportait bien, que chargé, il était moins rapide que ce qu'on espérait. On ne faisait pas les moyennes auxquelles on s'attendait. Mais en revanche, il était toujours assez sécurisant sur l'eau. donc ça c'était très satisfaisant pour cette

SPEAKER_02

première navigation et puis pardon Nicolas en parlant de sécurisant vous vous aviez vous étiez dans des combis étanches ou pas forcément parce que tu parlais tout à l'heure de ce que vous avez fait au niveau du mât par rapport si jamais vous vous chaviriez mais ouais est-ce que comment est-ce que vous étiez équipé vous du

SPEAKER_04

coup nous on était en combi sèche donc en combi sèche c'est une combinaison qui est pas Contrairement aux combinaisons néoprènes comme celles qu'on utilise par exemple pour faire du surf ou de la plongée en général, la combi sèche va avoir des manchons en néoprène ou en d'autres matières au niveau des poignets, du cou et des pieds, ce qui va empêcher l'eau de rentrer et on va rester complètement sec à l'intérieur. Donc à l'intérieur, on porte des habits normaux. On avait des sous-couches, des pulls en laine, des combinaisons, chacun une grosse combinaison thermique, c'est-à-dire une combinaison qui apporte de la chaleur et dessus par dessus la combinaison sèche qu'on gardait en permanence sauf lorsqu'il y avait vraiment pas de ventre et qu'on pagaillait qu'il y avait que la mer était totalement plate à ces moments là on avait rapidement chaud donc on ouvrait nos combis mais on les enlevait jamais complètement je crois qu'on les a jamais enlevé complètement et avec ça on était vraiment notre corps était vraiment bien protégé on avait des grosses bottes aux pieds et le point toujours un petit peu délicat au niveau de la protection du corps c'est forcément les mains parce que nous on en a besoin donc on peut pas tout simplement mettre des grosses moufles étanches si ça existait je sais pas si ça existe mais dans tous les cas ce serait pas opérationnel pour nous donc pour les mains on a essayé plein de choses différentes il n'y a rien eu de vraiment satisfaisant mais voilà entre le néoprène la laine le caoutchouc les gants de ski on faisait des petits mix sur les moments et les

SPEAKER_02

conditions

SPEAKER_04

génial

SPEAKER_02

Toi, Tom, c'était ta première navigation de ce type

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Première navigation aussi longue

SPEAKER_01

aussi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'était définitivement la première navigation de ce type et aussi longue. C'est-à-dire qu'indépendamment, j'avais fait des naves beaucoup plus courtes et je pense où j'étais beaucoup moins engagé dedans. Je n'étais pas nécessairement la seule seconde personne sur le bateau et définitivement jamais sur un kata aussi exposé. C'est sûr que c'était assez marrant parce qu'on s'est dit, au départ d'Aphnia Fort d'Or, on s'était dit, on va faire la navigation en deux fois, donc momentanément je m'étais préparé à faire une navigation longue mais pas trop longue et donc on passe une première nuit dehors on s'est rendu compte au final du nombre de couches et d'épaisseurs qu'il fallait qu'on emmène aussi sur le bateau et à terre on avait tellement chaud que c'était impossible d'imaginer mettre plus d'épaisseurs que ça et au final la nuit, je me rappelle ne jamais avoir eu aussi froid de toute ma vie, là je me suis dit comment est-ce qu'on va faire alors qu'il faisait 10 degrés l'eau était à 10 degrés quoi, là je me suis dit mais c'est fini on va y passer quoi ça va pas marcher et au final bon on prend le rythme et tout on passe la deuxième nuit dehors parce qu'on tombe dans une zone de pétole donc une zone où il n'y a absolument pas de vent on passe la deuxième nuit dehors on rajoute évidemment quelques couches on n'est pas bête on se rend compte qu'on a froid au moment où il n'y a pas de vent on enlève la combi sèche on rajoute des pulls etc deuxième nuit dehors et après bon la troisième jour on se rend compte qu'on va encore passer une troisième nuit un peu plus longue que prévu parce qu'on a décidé de continuer jusqu'à Isafjordur vu que les conditions était bonne donc pas d'arrêt sur la route et voilà après 68 heures arrive à Isafjordur donc comme disait Nico c'était une super bonne note de test pour le bateau pour tout ce qu'on avait pensé mais aussi pour nous juste voir se rendre compte bah c'était à peu près 200 000 cette navigation 180 je crois donc exactement ce que la distance qu'on ferait potentiellement vers le Groenland donc ça a été ça a été vraiment top pour nous tester nous aussi au final

SPEAKER_02

pour les nuits vous faisiez comment vous vous mouillez enfin non j'imagine vous n'aviez pas d' Vous vous arrêtiez

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Non. Il n'y a aucune distinction entre la nuit et le jour. Tout continue pareil. À part quitter plus fort. On se relayait à la barre.

UNKNOWN

Et...

SPEAKER_04

La seule différence, c'est qu'on allumait nos lampes frontales pour voir le compas. Le compas, c'est-à-dire la boussole qui nous donne notre direction. Et puis, on se reposait chacun de notre tour sur le trampoline. Donc, tout simplement, on se roulait un petit peu en boule en position fétale et on faisait des siestes. Ça marchait à peu près. En général, au bout d'une grosse demi-heure, on se réveillait à cause du froid. Mais on arrivait quand même à se reposer

SPEAKER_02

comme ça. Donc, les trois premiers jours, c'était pas non plus enfin c'était déjà complètement engagé vous aviez pas un abri au chaud le soir à terre vous étiez pas à l'arrêt quelque part il fallait déjà gérer le sommeil enfin le manque de sommeil du coup

SPEAKER_04

potentiellement oui on a eu voilà tous les présentés en même temps et c'est pour ça que ça a été une super nav de test parce que il manquait pas on a pas isolé un par un et testé à part le bateau nous on est pas allé très progressivement et je pense que c'est une bonne chose de se mettre directement dans le banc à

SPEAKER_02

fond dedans donc quand vous prenez le départ alors moi c'est là c'est plus une question pour Tom quand vous avez quand vous êtes parti donc pour la deuxième fois la première fois de Reykjavik jusqu'à alors je suis désolé pour la prononciation Isafjordur

SPEAKER_04

c'est

SPEAKER_02

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

ouais exactement ok donc il y a la pointe nord-ouest pour celles et ceux qui n'ont pas de carte de l'Islande sous les yeux c'est l'extrémité nord-ouest de l'Islande donc le plus proche du Groenland visiblement donc pour cette deuxième pour ce deuxième départ où là pour le coup les 200 000 ils étaient en haute mer et plus long de la côte comment est-ce que Tom tu t'es senti toi parce que encore une fois vous connaissiez relativement peu est-ce qu'à ce moment là tu t'es dit ok là c'est chaud c'est sérieux il faut que j'ai 100% confiance en Nicolas ses capacités de nav etc ou est-ce qu'au final tu vois avec l'adrénaline de l'aventure t'étais juste content de découvrir un truc complètement nouveau je n'étais

SPEAKER_01

absolument pas juste content de découvrir quelque chose de nouveau ça c'est la première partie de la réponse J'étais évidemment extrêmement content de découvrir quelque chose de nouveau, mais je n'étais pas juste

SPEAKER_04

ça. On était en mer,

SPEAKER_01

tu ne pouvais plus quitter le bateau. Non, je pense que tout au long du processus, on se posait beaucoup de questions. Je me posais beaucoup de questions, justement, pour instaurer ce doute constructif et prendre la bonne décision. Encore une fois, on allait être justement en haute mer, dans un endroit où on sait que très fréquemment, même chaque semaine, chaque deux semaines, il y a des tempêtes qui passent, il y a du 50 nœuds dans le détroit, il y a des vagues de 8 à 10 mètres, c'est un endroit où il ne faut pas se retrouver au même moment, même les gros bateaux qui traversent vers le Groenland de l'Islande ne traversent pas n'importe quand, tout le monde attend la bonne fenêtre météo, donc nous encore plus. Bien sûr, je me disais que dans tous les cas, il fallait que j'ai 100% confiance en Nico. Il fallait aussi que j'ai 100% confiance en moi-même d'avoir ce qu'il fallait pour le faire. on était bien au courant, je pense, de nos motivations et de nos go-no-go. Avec Nico, on en avait discuté, notamment avant de partir, on avait fait un processus de prépa mentale avec Marie Morgan, une préparatrice mentale qui spécialise dans les expé comme ça, lointaine, de son cabinet qui s'appelle Flow Mental, qui on a vraiment débroussaillé tout notre terrain intérieur, on va dire. Et donc moi, en fait, jusqu'au dernier moment où j'avais dit à Nico, voilà, si tout le concret nous dit d'y aller, mais qu'à l'intérieur, je n'ai pas la conviction profonde que je suis capable de donner mon 100% et qu'on est au bon endroit au bon moment, je n'irai pas. Donc au final, on est parti un mercredi sur les coups de 20 heures et jusqu'en fait même après être parti, on ne savait pas nécessairement si on allait traverser jusqu'au Groenland parce qu'on attendait la confirmation, le nouveau bulletin météo en fait, les nouvelles cartes avec les nouveaux modèles qui nous confirmaient ou non la fenêtre qu'on était en train de prendre. Donc jusqu'au dernier moment, moi dans ma tête, J'étais très, très, très, très rationnel, on va dire, pas du tout dans l'excitation de partir. Et voilà, par contre, quand on a dépassé, on était, je pense, à 5000 des côtes islandaises. On a reçu le bulletin météo. On a vu qu'on avait six jours de relativement beau temps devant nous pour traverser, donc qui était une fenêtre très, très large et meilleure que ce qu'on aurait pu espérer. Et là, voilà, là, on a dit OK, c'est parti, on y va. Et dans ma tête, ça s'est débloqué. Donc, ouais, beaucoup, beaucoup rationnel pour essayer d'évaluer vraiment les risques et qu'on gérer tous les prépas qu'on avait fait pour y pallier mais aussi beaucoup dans l'intuitif à dire qu'est-ce que ça dit à l'intérieur, qu'est-ce que le corps

SPEAKER_02

dit par rapport à ça Top que vous avez fait de la prépa mentale avant de partir par curiosité qu'est-ce que ça vous a qu'est-ce qu'il y a eu comme prise de conscience grâce à cet accompagnement avec Marie Morgane

SPEAKER_01

c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ouais et ben je pense que si je démarre et après Nico on aura très certainement des des différentes que moi, mais pour moi, c'est ce qui a été super important, ça a été de vraiment comprendre, mais comprendre vraiment de manière profonde et détaillée les motivations de chacun. Déjà, poser sur papier, moi je me rappelle avec Marie-Morgan, la première séance, on a parlé pendant deux heures de juste pourquoi est-ce que je faisais ce projet-là, tu vois, et sous plein d'angles différents, et ça c'est d'une richesse absolument énorme de pouvoir mettre des mots dessus à ce point-là, et c'est un exercice qu'on ne prend jamais le temps de faire, et aussi de comprendre les motivations profondes de l'autre personne, pourquoi est-ce que c'est juste aller au Groenland est-ce que c'est faire du bateau est-ce que c'est juste aller passer un beau moment ou est-ce que pour certaines personnes ça pourrait être se mettre extrêmement dans le dur et se confronter aux pires situations possibles auquel cas moi ça aurait peut-être moins fonctionné donc je pense que c'est super sain et c'est même crucial au final de connaître les motivations comme ça de l'autre à ce point là et je ne me reverrai pas en fait faire une expédition sans faire ce travail là

SPEAKER_04

ok hyper intéressant Tu t'étonnais Loïc tout à l'heure du fait qu'on se connaissait très peu avec Tom avant de partir.

UNKNOWN

Et...

SPEAKER_04

La préparation, je pense, nous a aidé non pas à mieux nous connaître, parce que ça, il n'y a qu'en passant du temps ensemble qu'on peut mieux se connaître, mais à identifier quels étaient les traits de caractère de chacun qui pouvaient potentiellement se révéler et s'exprimer dans les situations d'urgence, les situations de stress. Donc, celles qu'on n'avait aucune chance, qu'on ne rencontrait pas, en fait, à terre, dans la préparation, parce que oui, on pouvait être un petit peu stressé, etc., mais il n'y avait jamais d'urgence. Il n'y avait jamais de danger vital pour eux. Donc des situations qu'on pourrait potentiellement rencontrer qu'en expé. Et de comprendre un petit peu comment l'autre fonctionnait, quels étaient ses traits de caractère ou ses manières de réfléchir qui pouvaient le mieux s'exprimer dans ce genre de situation. Voir aussi qu'on n'avait spontanément pas tendance à réagir de la même manière. Et en être conscient, ça a pu nous aider. En tout cas, moi, ça m'a aidé à relativiser un petit peu à certains moments la façon dont on ne se confrontait pas mais dont chacun de nous deux réagissait ou voulait apprender les situations qui se présentaient

SPEAKER_02

à nous c'est super intéressant on avait voulu le faire je vous disais avant qu'on commence j'ai fait un trail assez long cet été et on savait avant de partir que sur les 6-7 jours que ça allait durer on allait très peu pouvoir dormir c'était un ultra en équipe Donc, on devait partir à deux ou trois et arriver à deux ou trois. Et donc, on avait eu un peu la même approche. On s'était dit, en fait, on se connaît relativement peu. Il faudrait qu'on ait chacun une sorte de guide de l'utilisateur des deux autres. Déjà, un, parce que je pense, comme vous le disiez là, ça facilite la prise de décision quand il y a peu de temps pour réfléchir à ce qu'il faut décider. Donc, les urgences ou les accidents, malheureusement, potentiellement. Et puis, deux, parce que c'est aussi, je ne sais pas si Si vous, vous l'avez vécu ça, mais nous, on a dormi moins de 6 heures en 7 jours. Et donc, à un moment donné, du côté lucidité, les gens ne sont plus vraiment au rendez-vous. Mais si tu as cette espèce de guide de l'utilisateur de l'autre et que tu sais comment il réagit quand il est en état de stress ou extrêmement fatigué, etc., comme tu disais Nicolas, ça peut te permettre de mieux comprendre ou de mieux… tout simplement de mieux interagir dans des moments un peu difficiles hyper intéressant de voir que c'est ce que vous avez fait

SPEAKER_04

c'est vrai que le sommeil dont tu parlais là en plus du stress ou du sentiment d'urgence c'est quelque chose qui joue énormément sur la façon dont la personnalité de quelqu'un va

SPEAKER_02

s'exprimer c'est sûr 100% 100% et peut-être vous en deux mots chacun le pourquoi cette expédition vous le résumeriez comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Moi, le premier mot qui me vient à l'esprit, c'est l'euphorie. On est sur cette expé, c'était un peu pareil sur celle de l'année d'avant. À chaque fois, il y a eu quelques moments où je me sentais euphorique. À chaque fois, ça a été le moment juste après le départ. Une fois qu'on se retrouve en mer et qu'on sait qu'on est parti. et lorsqu'on arrive à l'endroit d'où on avait rêvé et que je me rends compte que je suis à cet endroit là que je réalise tous les efforts que j'ai fait pour y parvenir notamment toute la préparation et puis après le trajet en lui-même donc ce qui représente pas quelques journées d'approche mais quelques semaines quelques mois si on inclut toute la préparation tout le temps et l'énergie qu'on a investi là dedans et c'est en général c'est les deux moments où je me sens complètement euphorique et c'est un sentiment que je recherche en fait et ce qui me motive énormément, qui cette année me motivait énormément à avoir envie de repartir en expédition et là par exemple je l'ai ressenti un petit peu lorsqu'on était Tom sur le rocher en haut duquel on est parvenu lors de notre deuxième sortie et je l'ai ressenti tout simplement en accostant sur l'île sur laquelle on a débarqué en premier au Groenland et puis en mer juste après être partis d'Isafjordur, juste après être partis d'Islande. Une fois qu'on était vraiment partis, que tout le stress, toute l'apprêtons de la préparation, des derniers préparatifs, des hésitations à savoir si on allait partir ou pas, les bulletins météo qui changeaient en permanence, les conseils complètement contradictoires que tout le monde pouvait nous donner. nos propres doutes aussi, les problèmes matériels de dernière minute, tout ça a été évacué d'un seul coup. Parce que voilà, cette fois on était en mer, on allait dans la bonne direction, et il ne restait plus que l'excitation de se dire qu'on partait en cata au Groenland.

SPEAKER_02

énorme, ok, donc ce sentiment d'euphorie pour toi c'est ce que t'allais chercher sur cet

SPEAKER_01

expé toi Tom

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

et ouais c'est deux mots que j'avais identifié pendant la prépa mentale qui était me sentir vivant en fait et je pense que ça revient au à la capacité ou en fait à l'opportunité plus de mobiliser vraiment tout ce qu'il y a dans l'humain qui est absolument incroyable qui va être la capacité physique, mentale spirituelle, émotionnelle, relationnelle et au final une expé c'est vraiment ça C'est un shot de toutes ces capacités-là qui s'exprime d'un coup. C'est vraiment ça qui me fait me sentir vivant et j'y allais clairement

SPEAKER_02

pour ça. Trop bien. Ça fait rêver. Si on en revient au détail de l'expert, la traversée, les 200 000, vous mettez deux jours

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

si je me souviens bien c'est ça deux jours en haute mer avec des conditions visiblement enfin ce que vous disiez avec en tout cas des bulletins les bulletins ont été bons au final dans la réalité

SPEAKER_04

oui finalement on a eu on a eu des très bonnes conditions pour traverser on est parti avec du vent portant et assez généreux en milieu de parcours on s'est retrouvé un petit peu dans la pétole donc une zone sans vent une dépression il y avait en fait une petite dépression qui remontait entre l'Islande et le Groenland. Autour d'une dépression, le vent tourne toujours dans le sens anti-horaire. Donc là, assez logiquement, on avait du vent qui remontait le long des côtes islandaises, donc pour notre départ, et après du vent au contraire de nord-est, le long des côtes groenlandaises. Et le centre de la dépression en plein milieu du détroit qui sépare l'Islande du Groenland. D'accord. Donc, on a été assez vite, à part cette nuit où on a vu une absence totale de vent et où on s'est simplement laissé dériver. On a pagaillé un petit peu, mais comme on savait que le vent allait revenir, on n'a pas pagaillé énormément. On a affalé les voiles à un moment. D'autant plus qu'il y avait un petit peu de vagues, donc c'était compliqué de pagailler. Et on s'est reposé

SPEAKER_01

en attendant le matin. Ok. Et c'était une nuit qui était vraiment... Enfin, tous les deux, on en a reparlé. on en regarde vraiment un souvenir mystique où en fait on était vraiment dans le milieu de nulle part il y avait du brouillard donc on voyait pas plus de 30-40 mètres je pense et on entendait vraiment le son des baleines autour et on se retournait genre il y a une baleine juste à côté de nous mais en fait on la voyait pas elle était super loin et en plus cette nuit a commencé avec un coucher de soleil où je me rappelle il y avait le soleil qui se couchait dans le brouillard mais on voyait c'était des couleurs vraiment super mystiques et en plus savoir qu'on est juste au milieu

SPEAKER_04

de la pampa c'était assez féerique ouais j'imagine ça m'a donné un petit peu l'impression de passer une frontière justement cette ambiance a participé en fait que j'avais l'impression de passer un peu d'un monde à l'autre en traversant de l'Islande au Groenland

SPEAKER_02

et alors l'arrivée dans l'autre monde du coup vous avez passé je crois deux semaines comment est-ce que vous vous êtes senti quand vous avez posé pied à terre et puis qu'est-ce qui s'est passé ensuite pendant dans

SPEAKER_01

ces deux

SPEAKER_04

semaines on avait

SPEAKER_01

faim ça c'est un truc qu'on avait pas

SPEAKER_04

c'était la

SPEAKER_01

priorité en fait il y a vraiment eu genre moi j'ai senti un peu trois fois où on a posé pied à terre figurativement la première c'est quand je dormais et Nico il me réveille il me fait Tom Tom il y a le premier iceberg et là on voit un tout petit iceberg et à ce moment là je me dis wow il est gigantesque et plus tard je relativise je me dis en fait non il était minuscule donc là c'était le premier pied à terre le deuxième c'est quand on a vu les côtes il n'y avait pas une très bonne visibilité vu qu'on sortait justement de la brume des nuages et tout donc on a dû apercevoir les côtes à je pense 10-20 quelque chose comme ça et là vraiment des montagnes qui sortent de nulle part et qui montent jusqu'à impressionnant quoi j'ai l'impression de voir les Alpes mais à genre 5000 et directement depuis l'eau c'est fou et ouais le troisième mouvement bah littéralement là on amène le kata sur la plage et on pose le vrai pied à terre et ouais là ça fait quelque chose quand même quoi

SPEAKER_02

est-ce que toi Tom t'as eu je sais pas si c'est quelque chose où l'expérience peut jouer mais est-ce que t'as eu le mal de terre après après finalement 5 jours sur le bateau

SPEAKER_01

ouais bah au final la traversée donc ça nous a pris 2 jours donc on avait on avait quand même eu une pause entre les 3 jours en Islande et les 3 jours de nav vers le nord-ouest de l'Islande on a eu 3 jours de pause après 2 jours de traversée mais c'est sûr que dans tous les cas même après 2 jours on arrive à terre on est un petit peu on serait habitué à la gravité qui est un peu différente quoi mais

SPEAKER_02

ouais pas plus que ça ok ok ok super et donc deux semaines les deux semaines sur place est-ce que vous aviez qu'est-ce que vous aviez comme programme est-ce que c'était déjà établi vous aviez des sommets à faire en tête des routes à explorer comment elles se sont passées ces deux

SPEAKER_04

semaines c'était pas établi on avait pas de programme précis alors évidemment dans la préparation de notre expédition on avait construit un itinéraire un petit peu fictif ou du moins identifié certains endroits où on avait envie d'aller, mais tout ça dépendait énormément des conditions. On visait initialement un point, une région de la côte Groenlandaise plus au nord, Finalement, étant donné quand on s'est rendu compte un petit peu mieux des temporalités que représentaient chaque traversée, chaque déplacement et surtout des temporalités aussi sur place, le temps de décharger le bateau, le mettre en sécurité, etc. On a préféré aller sur une zone plus proche de notre point d'arrivée, rester à l'endroit où on était arrivé au Groenland et explorer cette région-là plutôt que de vouloir tout de suite continuer notre navigation vers le nord, ce qui nous aurait fait passer beaucoup moins de temps à terre et surtout naviguer et puis aussi parce qu'on dépend du vent pour se déplacer il vaut mieux aller dans le sens du vent en général tout est beaucoup plus simple et qu'il faut quand même un petit peu de vent il ne faut pas qu'il y en ait trop donc tout ça ça détermine énormément notre programme Et enfin, ce n'est pas une région qui nous était connue, ce n'est pas une zone sur laquelle on peut récolter beaucoup d'informations. Par exemple, pour les informations nautiques sur les 300 kilomètres de côte que représente cette zone, elles tiennent en deux paragraphes. Et pour les informations que tu peux trouver sur les conditions à terre, c'est un petit peu pareil. Donc, l'idée, c'était d'avoir une idée générale de ce qu'on voulait faire. On savait qu'on voulait partir en montagne et explorer les glaciers, essayer de trouver des arrêts ou des sommets qu'on pourrait atteindre. mais

SPEAKER_02

on savait pas lesquels ni comment on avait surtout pas un programme jour par jour ok c'est quand même fou de voir qu'il y a encore des zones qui existent où on a où il y a aussi peu d'informations tu vois surtout le Groenland cette côte là je sais pas si je pourrais mettre le lien comment est-ce que je pourrais je mettrais le lien de votre compte rendu comme ça on verra les gens pourront voir l'itinéraire que vous avez fait sur la carte mais c'est quand même pas si loin de l'Islande je veux dire pour être des navires équipés de... de sonar j'imagine pour sonder les fonds marins établir des cartographies précises c'est quand même pas si loin que ça c'est fou de voir qu'il y a encore des zones qui sont très très peu connues j'ai l'impression que vous êtes parti en mode Shackleton sans carte

SPEAKER_01

à la découverte du nouveau monde. L'avantage qu'on avait contre Shackleton c'est qu'on avait quand même des images satellites qu'ils n'avaient pas encore nécessairement à l'époque donc ça nous aidait aussi pour nous repérer c'était assez haut niveau pour le coup. On avait quand même des cartes satellites qui nous permettaient de voir plus ou moins à quoi ressemblait le relief

SPEAKER_02

dans ce coin-là. Ok. Et donc, la spécificité du terrain, peut-être par rapport aux Alpes que tu connais bien, ça s'est

SPEAKER_01

manifesté comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est assez intriguant déjà de voir des glaciers qui débarquent dans la mer et qui recrachent des gros bouts de glaçons dans la mer. Donc ça, c'est quelque chose qui est assez impressionnant à voir de près on pourrait se dire directement génial un glacier qui tombe dans la mer on va directement monter sur le glacier et hop on est sur la montagne alors qu'en fait pas du tout parce que s'il tombe dans la mer ça veut dire qu'il y a une vraie rupture donc en général il y a un front de quelques mètres à quelques dizaines de mètres de haut donc on imagine un mur vertical de 10 mètres de glace qui donne sur la mer donc en général ces glaciers là sont très fracturés sur un kilomètre de front glaciaire c'est impossible d'y rentrer c'est juste pas viable mais par contre il y a des glaciers qui ont commencé à reculer malheureusement pour l'environnement mais là-bas c'est aussi une réalité donc c'est très visible en fait il y a des glaciers qui maintenant sont devenus des moraines ou même qui n'ont juste plus de glace en dessous sur lesquels là on peut commencer à monter assez progressivement dans la montagne et qui s'étendent sur des distances en fait absolument faramineuses c'est super dur de se rendre compte des distances là-bas où il n'y a pas de repères il n'y a pas d'arbres il n'y a peu d'animaux, il n'y a pas d'infrastructure humaine. Donc au final, un sommet, on se dit, il a l'air à 5-10 kilomètres de marche, c'est plus 20-30. Et donc on marche, on marche, on marche, on marche, on marche, on marche, et voilà, on marche. Et sinon, la différence principale qu'on a vu dans cette zone, c'est que c'est des anciennes vallées glaciaires. Ce qu'on a compris, on n'est pas des géologues, donc s'il y a quelqu'un qui connaît mieux et qui veut venir nous expliquer plus en détail, moi je suis super preneur. Mais donc l'idée, c'est que c'est des anciennes vallées glaciaire, où le rocher s'est fait vraiment laminer par le glacier qui descend vers la mer, vers le bas. Et donc, le rocher est d'une qualité absolument honteuse. C'est une qualité qui fait que ce n'est même pas imaginable de poser un point de protection ou d'aller grimper dessus. Avant, on m'avait dit« Oh non, mais tu vas voir, tu n'as jamais été grimper en Belle Donne. Ici, c'est vraiment Belle Donne, c'est un petit massif dans les Alpes où vraiment le caillou est réputé pour être miteux. Mais là-bas, Belle Donne, c'est du granit comparé à ce qu'on a trouvé là-bas. C'était... Bref, donc ça a fait que on s'est beaucoup baladé sur des glaciers, on a fait un petit peu des pentes en neige, on a réussi à faire un sommet rocheux qui, avec une petite ascension, au final, c'était une trentaine de mètres en rocher au-dessus d'un glacier, parce que c'était des gros éboulis posés sur des gros éboulis, ce qui permet que le poids de notre corps influait un petit peu moins sur les rochers qui tombent partout. Mais voilà, c'est principalement la différence avec les Alpes, qu'aux Alpes, on voit aussi les forêts, alors que là-bas, il y en a absolument aucune, pas un arbre. Et évidemment il n'y a personne. à part ça c'est semblable

SPEAKER_02

alors tu disais il y a très peu d'animaux mais il me semble que vous avez fait une rencontre sympathique assez rapidement en fait

SPEAKER_01

ouais assez rapidement on a été mis dans le bain en fait quand on a posé le pied à terre au Groenland on était sur une petite île dans le fjord parce que déjà elle était bien placée par rapport à là où on voulait aller après on avait une plage qui était safe pour le kata mais ce qu'il faut savoir c'est que là-bas il y a beaucoup d'ours polaires et les ours en fait traînent souvent près de l'eau parce que c'est là où ils chassent donc en général camper sur des plages ou sur des îles c'est pas la meilleure idée donc on a accepté ce risque là en se disant qu'on allait faire des gardes donc pour la première les deux premières nuits on est resté sur l'île et donc on commence nos gardes tranquillement je fais la première Nico va dormir après il me réveille après on va faire la sienne et pendant la deuxième garde en fait je faisais le tour de l'île et là en remontant un petit peu sur les hauteurs parce que je sais pas mon intuition m'avait dit c'est peut-être une bonne idée de remonter sur les hauteurs et de pas rester sur la plage donc en remontant, je me tourne un moment et je vois un genre de glaçon. Quand on dit un glaçon, c'est un petit iceberg, vraiment un petit truc. Je vois un glaçon qui dérive, mais qui dérive à contre-courant et quand même assez rapidement. Et donc là, évidemment, j'ai le palpitant qui démarre quand je me rends compte que c'était un ours qui nageait vers nous. Et au final, l'ours a fait demi-tour. Je pense qu'on s'est vu au même moment. Il n'a pas trop eu envie d'avoir de rencontre aujourd'hui. Pas dans un mood très social. Je l'en suis bien reconnaissant, d'ailleurs. Et voilà. Donc, c'est en fait la seule fois où on a vu un ours du séjour à part des traces de pas par-ci par-là après c'était la première et seule rencontre au final assez

SPEAKER_02

impressionnante j'imagine que vous étiez équipé je crois que c'est obligatoire d'être armé c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

un peu comme Osvalbard

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

c'est obligatoire à part ça il y a quand même d'autres moyens de protection avant d'arriver au stade d'utiliser une arme on avait des sprays à ours répulsifs il y a des pistolets d'alarme qui tirent des fusées on avait évidemment la carabine pour respecter les régulations qui pendant cette rencontre là n'était pas encore remontée parce qu'elle était démontée dans les flotteurs donc on avait pas encore eu le temps de la remonter une autre raison pour laquelle j'étais très content d'avoir évité la rencontre avec l'eau

SPEAKER_04

Je crois que c'est hyper intéressant, qui a été vraiment instructif pour nous, parce qu'en arrivant, on a failli faire une grosse bêtise, en fait. On était vraiment fatigués, on n'avait pas uniquement faim, et on a failli aller se coucher directement sans faire de garde. On a parlé rapidement, et au départ, on a envisagé de dormir tous les deux, en se disant, bon, voilà, pour cette nuit-là, tant pis, on ne fait pas de garde, et on se repose quelques heures. et puis quelques minutes après après y avoir repensé on en a reparlé, on s'est rendu compte que... Non, un peu plus, peut-être une demi-heure après, on s'est rendu compte que c'était vraiment une mauvaise idée parce qu'on était en train de transiger avec un des principes élémentaires de sécurité, simplement sous l'effet de la fatigue et, pour le dire comme ça, de la flemme. Et moi, de mon côté, ce que j'essaie de me dire quand il y a un élément comme ça sur lequel j'ai peur de céder à la fatigue ou à la flemme, c'est si je pouvais le faire simplement en appuyant sur un bouton, est-ce que je le ferais

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Et en général, la réponse est oui. Et c'est la même réflexion que je me pose sur le bateau par exemple quand j'hésite à prendre un risque c'est à dire à réduire à faire une manœuvre pour réduire la voilure on pourrait dire la taille de la voile il y a pas mal de moments aussi où ça peut être pas mal de se poser cette question

SPEAKER_02

c'est un bon c'est un bon outil c'est un bon outil effectivement tu vois je suis en train de penser encore une fois sur cette course où le simple fait parfois de pencher la tête pour boire un peu d'eau à ta flasque c'était un effort tu vois je me dis oh non c'est bon je veux Je n'ai pas si soif que ça. Quand tu fais ça 20 fois par jour pendant 6 jours, au dormant, tu es un peu plus que déshydraté. Tu es sec. C'est un bon titre, le bouton. Je garderai ça en tête. Merci, Nicolas. Si vous deviez retenir un moment de ces deux semaines qui vous a vraiment marqué, ce serait lequel

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Tu poses des questions difficiles, Loïc. Je peux vous dire que ça cogite là. Moi, je les vois les deux.

SPEAKER_04

Un moment qui m'a pas mal marqué, c'est juste avant qu'on reparte. Parce qu'il fallait prendre la décision de repartir. Et ça, avec beaucoup plus d'incertitude que lorsqu'on avait pris la décision de partir, tout simplement parce qu'on avait beaucoup moins d'informations à disposition. On avait des informations météo, mais très limitées. On n'avait plus toutes les belles cartes qu'on recevait quand on était en Islande. Et puis aussi parce que sur ce trajet de retour, si on loupait la bonne fenêtre, on pouvait se retrouver au mois de septembre, à plus avoir de fenêtre du tout. Et pendant toute l'expédition et toute la préparation, pour moi, ce moment du retour, de la traversée retour, c'était le moment qui était le plus critique.

UNKNOWN

Ok.

SPEAKER_04

parce qu'on avait le choix de partir, qu'on pouvait toujours renoncer à partir d'Islande au dernier moment si on ne le sentait pas. Mais par contre, une fois qu'on était au Groenland, il fallait qu'on revienne. On n'avait pas d'endroit où s'abriter, on n'avait pas de quoi passer l'hiver sur place. Et donc, ce moment des dernières heures au Groenland, où aussi on travaillait dur parce qu'on avait des réparations à faire sur le bateau avant de partir, des petites réparations sur la coque et sur différentes pièces d'accastillage. Donc, on les a faites un peu en urgence à la fin. Et ce moment de prise de décision, pour le coup, ce n'était pas l'euphorie que j'avais plus décrire tout à l'heure mais mais quelque chose de plus de plus rationnel mais de très sérieux aussi

SPEAKER_02

c'est intéressant j'ai l'impression d'entendre ça fait vachement écho à ce que disent parfois les alpinistes tu sais que le plus important c'est pas d'arriver au sommet mais c'est la redescente en fait c'est marrant de voir les parallèles entre mer et montagne et toi Tom le moment est-ce que t'as besoin d'encore un peu de temps ou tu le

SPEAKER_01

tiens

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

non je pense que je le tiens et moi c'était un peu vers les mêmes moments que Nico en fait donc on avait passé 7 jours dans la première baie et avant de partir sur le on s'est dit qu'on va changer de baie. Comme ça, on va être un peu au frais mentalement. On va avoir un paysage nouveau. On va pouvoir aller explorer d'autres coins. Et... sera potentiellement mieux placé aussi pour repartir donc on a décidé de descendre une baie en dessous et voilà donc l'arrivée sur l'île où on s'est posé encore une fois la dernière île où on s'est posé était un peu plus sportive que celle d'avant on avait des conditions plus difficiles sur lesquelles naviguer plus d'incertitudes etc et donc on est arrivé de nuit après donc voilà avoir fait toutes les manoeuvres pour arriver, hisser le bateau etc et il y avait énormément de glace dans ce fjord on le savait parce que énormément de glace il y avait un énorme glacier en fait qui faisait 3 km de large 3-4 km de large donc voilà il y avait des gros icebergs très plats qui venaient sûrement de beaucoup plus au nord qui étaient dans le coin mais on pouvait naviguer il n'y avait pas de tout petit glaçon vraiment qui pendant notre arrivée et donc on se couche assez tard après avoir posé le camp et le lendemain en se réveillant je me lève j'ouvre la tente on était encore sur les hauteurs on essayait de choisir des spots de bivouac pour avoir assez de visibilité pour les ours au cas où mais en même temps être protégé C'était aussi un choix stratégique. Et je vois qu'en fait le fjord en entier est rempli de glace. mais un truc mais de genre je me disais c'est un spectacle mais de fou il y avait de la glace de partout comme disait Nico il y a des courants en fait qui viennent du nord et donc le fjord était exposé plein nord-est donc toute la glace elle pouvait arriver du nord et rentrer dedans et là je me dis qu'à 6-7 heures près on serait arrivé enfin la glace elle aurait pu arriver 6 heures plus tôt et potentiellement on serait arrivé en même temps que ce flot de glace et donc là on a assisté à un spectacle pendant 2 jours 1 jour et demi 2 jours où en fait il y avait juste la glace qui rentraient avec la marée, qui ressortaient avec la marée, qui rentraient avec la marée, qui ressortaient avec la marée. Et c'était un spectacle où, en fin de compte, je me suis posé la question, qui était ultra privilégiée au final, parce que des bateaux habitables, eux, ils fuient ce genre de situation, ils ne veulent surtout pas se retrouver dans des glaces qui dérivent, et des gens comme ça qui campent à terre sur ces endroits-là, il n'y en a pas forcément énormément. Donc ouais, c'était un grand sentiment d'humilité que de se retrouver au milieu de ces glaces qui vont et qui viennent. et après avec toutes les questions qui vont avec qu'est-ce qui se passe si la glace est encore là qu'on doit repartir etc même s'il y a des solutions mais ouais un grand sentiment d'humilité devant ce spectacle grandiose on va dire

SPEAKER_02

encore une fois ça me fait penser à Shackleton et tu vois ils se sont retrouvés bloqués dans les glaces je sais pas je sais pas vous l'avez lu en français je crois que c'est l'Odyssée de l'endurance ou quelque chose comme ça son livre Nicolas

SPEAKER_04

il faut que tu le

SPEAKER_02

lises hallucinant quand tu lis un récit pareil que tu sais que ça s'est passé en 1914 donc autant te dire que les combinaisons sèches les balises GPS et compagnie voilà ils sont partis à 28 guerres deux ans plus tard je crois ils sont rentrés à 28 en ayant leur bateau qui a été écrasé par la glace qui a coulé ils ont dérivé sur des icebergs enfin bon c'est en parlant d'humidité tu vois Tom là ça quand tu es un truc comme ça ça te ça te fait réfléchir sur ce qu'on est capable de faire excellent excellent bah les super beaux moments le retour le retour arrive donc vous disiez que c'est finalement un retour assez compliqué les vents de face c'est ça si j'ai bonne mémoire Nicolas ce que tu disais tout à

SPEAKER_04

l'heure oui très peu de vent en fait pour partir on avait en théorie une fenêtre météo qui devait nous apporter une nuit voire quelques heures de matinée sans vent et finalement on est parti, on a bien eu le vent est bien tombé en début de nuit mais il n'est pas revenu. On l'a attendu la nuit, on pagaillait, on a attendu la matinée, on a continué de pagailler, ça nous motivait, puisqu'on se disait, voilà, dans quelques heures, on va retrouver du vent, normalement. Donc on pagaillait, on pagaillait, mais le vent n'est jamais vraiment revenu. Par moments, une toute petite brise prenait sur les voiles, mais ça a duré quelques centaines de mètres, quelques milles, parfois une ou deux heures, mais pas beaucoup plus. Et ça a duré comme ça pendant... pendant presque 48 heures.

SPEAKER_02

Ah oui, ok. On

SPEAKER_04

avançait entre 1 et 4 nœuds, vraiment tout doucement, souvent en conjuguant un petit peu la pagaie et la voile. Et

SPEAKER_02

donc là

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

psychologiquement tu disais que c'était le moment critique de toute l'expédition ce retour le fait qu'il n'y ait pas du tout de vent est-ce qu'il y a des inquiétudes qui sont apparues comme par exemple est-ce qu'il y a des passages de navires à cet endroit là est-ce qu'il y avait des risques que s'il n'y a plus du tout de vent vous dériviez et que vous n'arriviez jamais à récupérer l'Islande ça a eu quoi comme

SPEAKER_04

impact

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

En fait du vent fort était prévu juste après notre notre date d'arrivée espérée. Il devait y avoir du gros vent de nord qui allait s'engouffrer dans le détroit et nous il fallait surtout pas qu'on se trouve dedans. Donc c'était ça en fait, c'était juste de rester complètement bloqué et de se prendre ce mauvais temps. Et c'est pour ça aussi qu'on était motivés à pagailler.

SPEAKER_01

Parce qu'on savait qu'il fallait qu'on avance. Oui. OK. L'avantage qu'on avait pendant cette traversée-là aussi, c'est que la plupart du temps, les courants nous portaient dans le bon sens. Donc, au moins, on ne pagaillait pas contre les courants. Donc, on avait un courant 0,5 et 1,5 qui nous aidait un petit peu, on va dire. Donc, ça faisait que l'effort de pagailler était un petit peu moins laborieux et mentalement moins difficile parce que sur... sur nos cartes on voyait qu'on avançait quand même un tout petit peu mais qu'on avançait au moins et ouais comme disait Nico c'était quand même on était sur le retour donc on se disait là ben voilà c'est un peu comme les 10 dernières kilomètres d'un ultra il n'y a plus de douleur au genou en

SPEAKER_02

général c'est ça exactement allez c'est intéressant le point des courants qui est-ce qui m'en avait parlé ah ben vous l'avez peut-être non je pense que vous ne l'avez pas croisé mais vous auriez pu le croiser Gilles Denis et il me semble que c'est son frère avec qui il a fait cet expé c'est un explorateur belge qui était sur la même côte groenlandaises que vous au même moment a priori mais lui en kayak et donc ce qu'ils faisaient ils ont fait une traversée du Groenland je crois qu'ils sont partis en avril traversé la ski Poulka du Groenland ensuite ils ont descendu la côte est en kayak en autonomie donc ils pêchaient d'ailleurs il faudrait que je lui demande comment ça s'est passé parce qu'ils avaient ils pouvaient pas emmener suffisamment de bouffe donc ils devaient pêcher et ensuite ils devaient ouvrir des voies dans des fjords sur la côte ouest ou au sud je me rappelle plus mais donc je pense que vous êtes passé quasiment au même endroit enfin bon bref tout ça pour dire que c'est lui je crois qui m'avait parlé des courants et c'est pour ça qu'il redescendait en kayak nord-sud sur la côte est pour bénéficier des courants ça doit être une sacrée expérience ça aussi ouais c'était un truc rigolo ça aussi je pense ok donc retour en Islande un peu plus compliqué que prévu mais en tout cas

SPEAKER_04

là je dirais pas compliqué plus long

SPEAKER_02

l'avantage c'est

SPEAKER_01

que comme il n'y avait pas de

SPEAKER_02

vent on avait moins froid ouais ouais

SPEAKER_01

On pouvait mieux dormir aussi. Nos systèmes de... nos systèmes de dormir, voyons, je ne sais plus parler français. Bref, les manières avec lesquelles on dormait sur le bateau sont considérablement améliorées au fil du séjour. Dans la première navigation en Islande, on n'avait juste rien sur le trampoline. La deuxième, pour aller au Greenland, on avait pris un bivy bag, donc c'est ces sursacs de couchage imperméables qui permettent de protéger du vent et un peu des embruns et tout. Donc on avait ça sans sac de couchage évidemment, mais ça permettait d'avoir un petit abri. Et au retour, vu que la majorité du temps, il n'y avait pas de vent, là on avait gonflé le matelas gonflable de camping avec par-dessus le

SPEAKER_02

bivy bag et là c'était hôtel 5 étoiles excellent ok trop bien c'est quand même incroyable en quelques semaines d'expé ce que vous avez pu vivre c'est juste ouf là maintenant que vous êtes tous les deux revenus en France depuis quelques temps vous diriez que cet expé Je ne sais pas si c'est vrai ou pas, mais j'ai cette croyance que quand on part faire un truc comme ça, il y a forcément des choses qu'on apprend. Si c'est le cas, vous diriez que vous êtes revenu avec quoi en plus dans votre sac d'explorateur

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je vous jure, les questions n'étaient pas préparées. Je ne me suis pas dit, je vais leur poser des questions dures. C'est vraiment des questions où ça m'intéresse vraiment de voir l'expérience que vous avez engrangée, ce que vous retenez de cet expé complètement

SPEAKER_01

dingo. Je pense que dans une aventure comme ça, on revient forcément avec quelque chose de nouveau. Moi, je dirais que je ne suis encore un peu pas assez revenu pour avoir le spectre complet et pouvoir te sortir une réponse méga cristallisée et super belle de cette aventure parce qu'au final, ce n'est pas comme ça. c'est un gros tas de trucs qu'il faut démêler mais clairement une autre vision du monde et on se pose la question qu'est-ce qu'on fait dans cette société-là où est notre place je parle au on mais je peux parler au jeu qu'est-ce que j'ai envie d'apporter dans cette société-là qu'est-ce que j'ai vécu, qu'est-ce que j'ai envie de repartir pourquoi est-ce que j'ai envie de repartir et dans une démarche pas simplement de consommation je me dis comment est-ce qu'en ayant vécu cette expérience-là, comment est-ce que je peux la partager à d'autres pour que ce soit pour inspirer pour donner des idées pour faire vivre des émotions fortes et que ce soit pas simplement moi qui aille dans des territoires vraiment isolés qui prennent quelque chose et à mes propres fins on va dire donc je pense que je réintroduis beaucoup plus beaucoup plus consciemment en tout cas cette notion de partage dans ce que je fais et à comment comment redonner comment transférer au final ces apprentissages ou du moins comment les

SPEAKER_02

partager ouais top bah écoute j'espère que cet épisode pourra y contribuer

SPEAKER_04

Moi, je vais être beaucoup plus terre à terre que Tom. Ce que j'ai retenu de l'expédition, d'une part, j'étais hyper content de voir que nos hypothèses de miser sur la légèreté avaient fonctionné. Et du coup, pour moi, c'est vraiment la principale leçon de l'expédition et une voie dans laquelle j'ai envie de persévérer un petit peu, améliorer le principe si c'est possible et mener d'autres expéditions un peu dans ce style. Parce qu'on sait créer des contraintes en misant sur la légèreté, mais on a pu aussi en éliminer d'autres et je pense qu'en améliorant, en continuant à améliorer un petit peu le premier meilleur compromis en termes de taille, de poids de bateau, d'équipement, etc. On peut arriver sur quelque chose qui a un potentiel énorme d'exploration et d'immersion dans un milieu sauvage qu'on ne peut pas forcément trouver autrement si on n'est pas autonome et si on On ne réalise pas nous-mêmes toute l'approche sur le terrain. On n'a pas tout le matériel dont on a besoin sans dépendre de prestataires logistiques ou de choses comme ça. Et puis, ce qui manque aussi, c'est peut-être le fait que le temps ne soit pas compté. Là, ça a duré vraiment deux semaines de vraie expédition, même si ça a duré plus longtemps, si on inclut nos navigations en Islande, etc. Deux semaines, c'est court. c'est très court sur place j'aurais bien aimé rester plus longtemps on était limité par la fenêtre entre la période où il n'y a plus de glace et la période où le mauvais temps arrive comme je décrivais tout à l'heure mais aussi beaucoup par notre autonomie tout simplement parce que chaque jour c'est 2 kilos de nourriture à deux et qu'on ne pouvait pas en emporter plus tout simplement et et Ce que je retiens de cette expédition aussi, c'est que j'aimerais apprendre les techniques qui me permettraient d'être plus autonome, par exemple à pêcher, à chasser, ce genre de choses pour que la logistique, ce genre de préoccupations un peu domestiques nous restreignent moins dans la durée de l'expédition.

SPEAKER_02

Ok. Bon, ça, ça laisse présager de futures expéditions, en tout cas. Du

SPEAKER_04

coup.

SPEAKER_01

Complètement, oui. Rien de... Ok. C'est dur que tu ne puisses pas retransmettre les hochements de tête d'approbation

SPEAKER_02

en vocal. Ouais, ouais, ouais. Génial. Écoutez, on arrive à la fin. Franchement, je me suis régalé. C'était génial comme partage. Incroyable de voir ce que vous avez fait encore une fois avec les moyens du bord en vous débrouillant par vous même en trouvant les bons sponsors en préparant votre bateau avec une approche très différente en misant tout sur la légèreté je trouve que ça fait ça fait plaisir de voir ça parce que ça montre que c'est carrément possible et que encore une fois on n'a pas besoin de partir planifier quelque chose sur quelque chose de cette envergure deux ans à l'avance en levant des dizaines de milliers pour partir avec un catamaran basse vie voilà C'est possible de faire avec une approche beaucoup plus minimaliste quelque chose de complètement incroyable. Merci beaucoup pour ce très beau partage. Est-ce qu'il y a un mot de la fin

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce qu'il y a quelque chose que vous auriez envie de partager une fois de plus aux auditeurs, aux auditrices

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Cette manière de partir à l'aventure, c'est quelque chose que je pense qu'on aimerait bien partager. On aimerait beaucoup encourager des gens à faire le choix d'autonomie et de la légèreté en partant pas forcément en bateau ça peut être en bateau sur des petits bateaux logiques comme ça mais aussi par exemple en vélo sur des longues distances et puis de mêler un petit peu les milieux le terrestre la montagne la mer et la montagne si il y a des gens qui écoutent ce podcast et qui ont envie de faire un petit peu la même chose et qui ont besoin de conseils ou de retours d'expérience qu'ils n'hésitent surtout pas à nous contacter on sera hyper heureux de partager les quelques trucs qu'on a appris en le

SPEAKER_01

testant trop bien et je peux même complémenter ça avec la la version philosophique maintenant que Nico a fait la version thérapeutique c'est qu'au final on se rend compte que c'est pas nécessairement en allant chercher la difficulté qu'on s'éclate le plus et qu'on a fait des sommets qui sont tellement plus modestes que ce qu'on aurait pu envisager de faire dans les Alpes mais qu'au final le plaisir et la satisfaction sont démultipliés donc moi je pousserais à inviter cette réflexion là et s'il y a des gens qui ont envie de partager aussi cette réflexion là avec grand plaisir mais de qu'est-ce qu'on va réellement chercher quand on va au final déranger des milieux naturels pour les bonnes raisons très bon

SPEAKER_02

point super, grand merci Tom, grand merci Nicolas pour ce très très beau récit je vous dis à une prochaine pour l'aventure du duo qui arrive très bientôt il y a quelque chose de prévu tous les deux ou c'est pas encore...

SPEAKER_04

Rien de prévu, mais on tiendra au courant. En tout cas, merci beaucoup à toi d'être intéressé à notre XP et à ce qu'on a fait, à la manière dont

SPEAKER_02

on l'a fait. Avec grand plaisir. Merci à tous les deux pour ce beau

SPEAKER_01

récit. Merci Loïc, merci Nico.