Mais tant que je peux encore réfléchir, tant que je suis encore sur mon vélo ou debout, c'est que je peux encore avancer. Donc si je peux encore décider, c'est que je peux encore avancer. On avait effectivement 24 jours, donc on a un petit peu plus de 4900 kilomètres parcourus.
SPEAKER_01Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés. Super. Eh bien, écoute, bienvenue Aline sur le
SPEAKER_00podcast. Merci. Merci pour cette invitation.
SPEAKER_01Avec grand plaisir. Merci beaucoup à Sarah. Alors, Sarah, qui a été une des toutes premières invitées du podcast et que j'ai contactée récemment en lui demandant si elle connaissait de potentiels frappés. Elle m'a dit, il faut absolument que tu parles à Aline. C'est complètement fou ce qu'elle fait. Donc,
SPEAKER_00fonce. Donc, merci beaucoup. Merci beaucoup, Sarah.
UNKNOWNMerci, Sarah. Mais c'est moins fou que ce qu'elle fait, elle.
SPEAKER_01Je pense. Écoute, ce que je te propose Aline, c'est peut-être tout simplement de commencer par te présenter, nous expliquer ce que tu fais et quelle est ta passion
UNKNOWN?
SPEAKER_01j'allais dire dévorante, je ne sais pas, mais en tout cas la passion qui t'anime depuis un moment déjà
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je m'appelle Aline Clément, je suis Vosgienne, je suis professeure de PS dans un collège, un petit collège dans les Vosges. J'ai toujours été sportive et après deux opérations des ligaments croisés, j'ai laissé de côté le tennis et le foot pour m'orienter vers le cyclisme. Je vais même dire vers le vélo parce que je n'ai jamais fait de compétition de cyclisme. J'ai au début c'était vélo transport pour aller à la piscine et puis de fil en aiguille j'ai vraiment pris plaisir à monter sur un vélo à aller rouler juste pour rouler juste pour le plaisir de rouler donc je cours, je nage et je roule mais je passe le plus de temps sur mon vélo effectivement donc c'est un vélo c'est pour moi ça résume un sentiment de liberté dont je ne pourrais plus me passer
SPEAKER_01aujourd'hui waouh Donc tu cours, tu nages, tu fais du vélo, tu es une triathlète en fait.
SPEAKER_00Oui, après je fais une compétition par an, le triathlon de gère armée, parce que c'est le triathlon de gère armée. Je fais le XL depuis 2011. J'ai manqué deux années, une année Covid où tout le monde l'a manqué parce qu'il n'a pas eu lieu. Et puis l'année suivante parce que j'avais été accidentée justement à vélo. l'été précédent et j'ai eu 3 mois de convalescence donc voilà pas de dossard cette année là mais voilà je crois qu'aujourd'hui en tout cas pour 2023 ce sera mon seul dossard de l'année parce que j'ai pas forcément l'âme j'ai plus forcément l'âme d'une compétitrice mais comme je le disais tout à l'heure le triathlon de Jarame ça reste le triathlon de Jarame et pour l'ambiance rien que pour l'ambiance voilà je Je ne suis pas encore prête à m'en passer.
SPEAKER_01J'allais te poser la question parce que c'est vrai que quand tu... Moi, je n'ai pas fait du triathlon très longtemps, mais ça fait partie de ces noms d'épreuves qui ressortent tout de suite quand tu rentres dans cet univers. C'est quoi qui fait la magie de cette épreuve pour
SPEAKER_00toi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Déjà, c'est très bien organisé. Après, je n'en ai pas fait beaucoup d'autres. J'ai fait Belfort une ou deux années. Je n'ai pas forcément d'autres repères, mais j'ai armée c'est on part à vélo alors déjà le départ dans l'eau on est 1600 sur le XL à partir sur une toute petite plage alors du coup le départ c'est quelque chose que j'appréhende peut-être même presque que je déteste et pourtant j'y retourne et j'explique pas pourquoi j'y retourne parce que c'est assez flippant je suis pas une grande nageuse j'aime pas être au milieu des autres et Et là, voilà, on part. On part à 1600 en même temps sur une plage qui fait... Je ne sais pas, elle fait peut-être 50 ou 60 mètres de large. Il n'y
SPEAKER_01a pas
SPEAKER_00de... Il n'y a pas de vague. On part tous en même temps. Bien sûr, pas tous en même temps. En tout
SPEAKER_01cas,
SPEAKER_00c'est un flot continu. C'est un seul départ. On part dans une eau qui n'est pas toujours très chaude. Cette année, elle l'était, mais il y a toujours cette... c'est début septembre, on a toujours les températures qui commencent à baisser un peu tôt le matin, on a la brume au-dessus du lac, on a des spectateurs déjà qui sont installés en nombre, et voilà, ça part dans le lac, ça ressort, il y a le speaker qui est génial, il fait un boulot de dingue sur l'animation, on part en vélo, au bout d'un kilomètre, c'est la montée du Pauly, c'est blindé de Belges avec les chapeaux, les instruments de musique, ça fait un bruit de dingue, la la route est toute étroite et puis elle est encore plus étroite parce que les spectateurs sont pressés un peu sur la route et puis la route s'ouvre un petit peu comme dans les grands cols du Tour de France la route s'ouvre quand les cyclistes arrivent et le parcours vélo c'est trois boucles donc on repasse aux mêmes endroits la course à pied c'est pareil c'est trois boucles, on est au coeur on tourne autour du lac de Jararmier c'est particulier et je pense que si on pose la question aux triathlètes français et étrangers, je pense que Jarame, ça fait partie du top 5 des triathlons qui marquent les esprits. Eh bien, ça fait envie. Oui, il faut y aller une fois. Je ne parle pas du déo, du distance olympique le lendemain où il y a la montée de l'areiller, donc on est sur des passages à 20% avec ce même ce même public est peut-être encore plus nombreux le dimanche après-midi parce que c'est la dernière épreuve et c'est c'est magique quoi c'est vraiment magique moi je me suis déjà vu monter le poli arriver en haut avoir le cardio dans la gorge et puis regarder mon cardio et me dire si je fais tout comme ça mais je vais poser mon vélo j'aurai plus rien et on se sent vraiment porté par les spectateurs et et les jambes se trouvent toutes légères d'un coup et puis quand on arrive en haut on se dit merde je vais peut-être pas faire ça une fois parce que si je fais ça sur les trois boucles je vais laisser des
SPEAKER_01plumes quand même et les distances c'est les distances Ironman
UNKNOWN?
SPEAKER_01c'est 3.8,
SPEAKER_00180
UNKNOWN?
SPEAKER_00non non c'est un Alpha Ironman ah c'est un Alpha ok il est appelé XL mais c'est 1.9 km dans l'eau c'est 93.5 à vélo et 21, 21,5 à pied.
SPEAKER_01D'accord,
SPEAKER_00ok. Les 93,5 à vélo, on a 1 008, 1 009 de
SPEAKER_01dénivelé.
SPEAKER_00Ouais, donc ça grimpe. Il y a plein de petites bosses. Il est assez exigeant comme
SPEAKER_01parcours.
UNKNOWNIl faut aimer grimper. Ok. Bon.
SPEAKER_01Ça fait envie en tout cas, quand tu parles de l'ambiance, on sent que ça t'a marqué. C'est une épreuve particulière.
SPEAKER_00Et d'ailleurs, un des signes, c'est que les dossards sont mis en vente au mois d'octobre et qu'en 10 minutes... les
SPEAKER_01dossards en fait la première difficulté c'est d'avoir son dossard ok ok bon très bien bah écoute bon à savoir dépêchez-vous en octobre prochain pour choper votre dossard pour 2024 super super bah écoute donc là on a un peu parlé de triathlon mais tu t'expliquais que tu passes l'essentiel de ton temps quand même plutôt à vélo et j'ai cru comprendre que cet été il y a eu quelque chose projets complètement fous alors c'est pas les seuls mais ils sont assez impressionnants donc est-ce que tu pourrais peut-être nous expliquer ce que tu as mis sur place et voilà cet
SPEAKER_00été l'été 2022 effectivement avec une copine on est parti à l'assaut des on va dire des deux tours de France hommes et femmes alors c'est pas tout à fait vrai parce qu'on n'est pas parti au départ du tour de France hommes on est parti de la planche des belles filles Donc on est parti de la planche des belles-filles le 7 juillet et on est revenu à la planche des belles-filles le 30 juillet. Et entre-temps, on a fait toutes les étapes restantes des hommes. Donc les hommes arrivaient à la planche, ils étaient à leur septième étape, sachant qu'ils ont 21 étapes à boucler. Donc il en restait… Il en restait sept parce qu'on n'a pas fait la… Pardon, il en restait 13. Donc nous, on a pris en cours à la 7e étape. On n'a pas fait leur 21e étape sur Paris parce que ça ne présentait aucun intérêt pour nous de rentrer vraiment en intramuros en termes de sécurité, d'intérêt. On n'aurait pas pu tourner autour de l'Arc de Triomphe. Donc la 21e étape, on l'avait balayée dès le début du projet donc de la fin de la septième étape jusqu'à la fin de la vingtième étape donc on a suivi le parcours donc le tracé exact du parcours du Tour de France homme plus les transferts que l'on a fait à vélo puisqu'on n'était pas assisté donc on avait des sacoches avec toute notre vie pour ce périple et puis on a enchaîné donc avec le Tour de France femme donc c'est pareil on a fait le choix de ne pas faire la première étape en Paris intra-muros, qui d'ailleurs se déroulait le même jour que la dernière étape des hommes. Donc, on a pris au départ, on a pris le parcours des femmes au départ de la deuxième étape jusqu'à la fin de leur huitième étape, donc avec une arrivée à la planche des belles-filles. Pour nous, ça nous a fait 24 jours de vélo, donc de la planche des belles-filles arrivée de la septième étape des hommes jusqu'à la planche des belles filles, arrivée ultime du Tour de France Femmes. toutes les étapes donc le tracé exact qu'on avait réussi à obtenir rentrer dans les GPS plus la copine en question avec qui je suis partie elle travaillait sur les tracés des transitions c'est à dire on arrive à la ville d'arrivée officielle de l'étape il faut se rendre à la ville de départ du lendemain et donc ça on le faisait à vélo donc sur un tracé qui était un tracé au plus court mais au plus court et au moins dangereux donc sans emprunter forcément les grands axes donc parfois on se reprenait quelques petits cols en plus des étapes officielles parce que les étapes officielles d'ISO présentaient 63 cols donc voilà donc ces 63 cols plus les quelques-uns Sur les transitions, on n'a pas fait des grands calls, mais on a pris un petit peu de dénivelé. Donc voilà, on est partis à deux avec nos sacoches. On s'était quand même bien organisés. On savait chaque soir où on dormait. On a dû dormir 12 ou 13 fois chez des connaissances, des amis, de la famille. Et puis le reste à l'hôtel. Par contre, on voulait vraiment partir sur cette aventure-là avec une certitude d'un confort pour la nuit. Oui. Je ne suis pas assez aventurière pour... accepter de partir sous la tente. Je pense que je ne serais pas laissée tenter par l'expérience s'il avait fallu se charger du matériel de camping et puis, quelle que soit la météo, se dire on dort dehors. Là, on avait cette certitude-là qu'on allait bien manger le soir, qu'on allait pouvoir dormir dans de bonnes
SPEAKER_01conditions. 24 jours
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que vous avez quelques chiffres pour qu'on se rende compte un peu de l'ampleur du défi sur la distance, le dénivelé, les calories, par exemple
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, justement, j'avais fait un petit… J'aime bien les chiffres, moi, donc j'avais fait un petit bilan. Donc, on avait effectivement 24 jours. Donc, on a un petit peu plus de 4900 kilomètres parcourus. un peu plus de 62 000 mètres de dénivelé positif donc ce qui représentait donc sur les 24 jours on a passé 9 jours et 8 heures sur le vélo donc ce qui représentait par jour 9h20 9h20 de selle donc là c'est vraiment 9h20 les fesses sur la selle à pédaler ou à se laisser descendre mais je veux dire sur le vélo en mouvement on était à 9h20 par jour en mouvement En moyenne, sur 24 jours, on n'a pas eu le loisir de se prendre des journées de repos parce qu'il fallait avancer. Alors en calories, j'ai aussi ça. Alors c'est pareil, c'est les calories qu'ont bien voulu me donner ma montre. Je ne sais pas ce que ça vaut, mais on est à 72 700 kilocalories. alors moi j'ai roulé à 22 de moyenne 22 km heure de moyenne sur l'ensemble de ces 24 jours j'étais assez contente de voir que finalement on s'était pas trop traîné parce que mine de rien on était chargé moi j'avais au départ j'avais à peu près 7 kg de bagagerie plus bidon donc sans compter le poids du vélo évidemment j'avais environ 7 kilos de chargement alors moi j'en fais à peine 49 donc c'est un gros pourcentage finalement et je craignais un petit peu que ça nous ralentisse quand même fortement de rouler chargé et puis je me dis que 22 de moyenne sur 24 jours c'est clair c'était quand même plutôt pas mal donc voilà les 63 cols j'ai dit ça tout à l'heure déjà avec 7 cols hors catégorie 14 de première catégorie alors on a eu on a eu au moins 6 journées de canicule je dirais
SPEAKER_01et ouais c'est ce que j'allais te demander parce que c'était épique quand même cet été les
SPEAKER_00températures alors moi j'ai envie de dire que c'est peut-être ça qui nous a aidé à réussir le fait que ça a été une météo sèche si ça avait été l'été d'avant l'été d'avant, le mois de juillet il n'y a plus, il n'y a plus, il n'y a plus et ça je sais que physiquement ça n'aurait pas été la même chose alors en ce qui me concerne je supporte je pense un petit peu mieux la chaleur même si je la supporte de moins en moins je supporte un petit peu mieux la chaleur que le froid et puis quand il pleut on finit toujours par avoir froid surtout à vélo on est mouillé, monter un col, leur descendre quand il pleut puis c'est dangereux la route mouillée je pense que s'il y avait beaucoup plus on n'aurait pas fait l'intégralité du parcours parce que là on avait un programme de départ on avait rentré tous nos tracés dans les GPS on a tout suivi à la lettre on s'était dit à l'avance peut-être qu'un jour on sera obligé de prendre le train parce que mine de rien la course arrivait après nous on les devançait donc sur le parcours des hommes on était généralement à deux, trois jours avant eux parce qu'on a... Alors, on est... on est partis de la planche des belles-filles la veille de leur arrivée, mais comme on ne prenait pas les journées de repos que eux prenaient, finalement, et puis nos tracés, alors on n'avait pas découpé notre aventure en journée, on n'avait pas dans une journée l'étape du jour plus le transfert du jour, parce qu'on aurait eu des étapes très très très très longues et très difficiles pour certains jours, et pour d'autres jours, on aurait eu des toutes petites étapes les jours de contre la montre par exemple du coup on a fait le choix de tracer la boucle complète et de diviser en 24 journées à peu près équilibrées généralement sur le parcours des hommes on était à J-2, J-3 de leur passage mais bon on a vite fait de perdre du temps un pépin mécanique un pépin physique, on n'avance plus et le but c'était quand même de ne pas se faire rattraper par la course parce que si on se faisait rattraper par la course on était bloqué quoi Et on était obligés de repartir derrière eux. Puisque la route n'est pas ouverte à la circulation quand le tour passe. Donc, il y a vraiment ce défi-là d'arriver en fait... Donc, on a passé les Pyrénées et puis on remontait vers Meaux. Donc là, on avait 600 kilomètres de transfert, en fait, entre la fin de l'avant-dernière étape des hommes, qui se trouvait loin de la région parisienne. La dernière étape, c'était en région parisienne, mais l'avant-dernière, elle était bien, bien, bien au sud, à 500, 500, 600 kilomètres. Donc, une fois qu'on est arrivé là, on s'est dit, bon, première mission accomplie, les hommes ne vont pas. Maintenant, on a trois jours pour aller chercher Meaux À J-1 des femmes, parce que par contre, pour le parcours des femmes, on était toujours à J-1. Du fait que les étapes étaient plus courtes, on pouvait chaque jour faire l'étape plus le transfert du jour. Et donc, ce temps sec, déjà, éviter que les vélos... prennent cher comme on dit un vélo qui roule sous la pluie c'est des roulements qui il y a plein de soucis mécaniques qui peuvent arriver quand on roule sous la pluie donc on a dû rouler une fois ou deux sur route mouillée avec un vélo un peu sale mais c'est tout sur 24 jours c'est arrivé on a eu un orage un orage qu'on a réussi à éviter parce qu'au moment où on s'est dit il faut qu'on se mette à l'abri on avait un proxy qui était juste là avec une grande de devanture, on s'est mis dessous, on est allé acheter des granolas pendant que l'orage passait, et on a réussi à repartir, donc on ne s'est même pas fait mouiller. Alors effectivement, entre les Alpes et les Pyrénées, et la fin des Pyrénées, là, il a fait très chaud, il a fait 38, 40...
SPEAKER_01ça sur la route ça doit être l'horreur
SPEAKER_00alors moi j'ai un souvenir de notre arrivée à Carcassonne les dernières dizaines de kilomètres sur Carcassonne c'est la fournaise et c'est en plus des étapes de transition qui sont longues parce que c'est tout droit, c'est tout plat tout ça c'était les moments un peu durs de l'aventure parce que c'était monotone voilà moi j'avais besoin de col j'avais besoin que ça monte que ça descende que ce soit rythmé enfin qu'il y ait des objectifs à court terme arriver en haut hop descendre et en fait quand on passe des fois 100 kilomètres avec des lignes droites à perte de vue là mentalement c'est vrai que c'est pas facile alors quand en plus on est dans la fournaise c'est vraiment compliqué et alors le coup de bambou c'était sans doute la plus belle étape des Pyrénées, avec l'eau bisque, le sous-l'or, il y avait le col de Spandelle qui est un super col aussi. Et donc là, on sortait de ces six jours de canicule, on était encore dedans, mais ça faisait déjà cinq, six jours que ça durait. Et là, on a eu un pic à 44, 44 degrés. Et je pense que ce jour-là, je suis arrivée à saturation de mon capital de chaleur, je ne sais pas. Je ne sais pas si ça marche comme ça, mais jusque-là, je disais toujours, ça ça va, ça va. Je préfère ça que la pluie. J'avais chaud, mais à vélo, il y avait quand même toujours un petit peu d'air. Et ce jour-là, la montée de l'Obisque a été quand même dure. J'étais nauséeuse. J'avais des frissons. Des frissons, alors
SPEAKER_01qu'il
SPEAKER_00faut qu'il y ait un peu de gré. C'est des signes que ça surchauffe. Et toute la montée, alors quand on est sur des cols un petit peu longs, un petit peu pentus, on prend son mal aux patiences. Mais c'est vrai que c'est pas des moments hyper agréables donc après ça redescend un peu ça remonte avec le col du sous l'or ça remonte presque rien et j'avais l'impression que c'était un col pire que hors catégorie je sentais que j'avais plus rien dans le sac et et donc arrivé en haut donc là on avait des copines qui nous accompagnaient et on se dit bon on va manger il y avait une petite auberge je sentais que j'avais faim aussi bon je me suis dit c'est peut-être ça donc là on mange alors que des conneries évidemment comme à chaque fois les trucs dont on a envie quand on a très faim bon c'est pas forcément toujours ce qu'il faudrait manger mais voilà donc bon là ça va mieux sur le moment et après une grande descente et puis même dans la descente j'étais pas bien pas dans mon assiette, les copines qui étaient derrière moi, elles me disaient mais qu'est-ce qui t'arrive tu descends pas comme d'habitude on arrive en bas, il y avait une fontaine tout ça, bon j'étais et ce jour là, et d'ailleurs j'ai relu mes notes que j'avais mon petit compte rendu du soir ce jour là et c'est vrai que je disais, ce jour là je pense que j'étais à je frôlais mes limites physiques et je ressentais quelque chose que je pense n'avoir jamais ressenti avant en termes de d'inconfort j'étais lessivée j'avais plus rien et il restait un col je crois qu'il est hors catégorie ou première catégorie le col de Spandell donc là je me dis ok par contre je me sentais quand même loin de mes limites psychologiques c'est à dire qu'à aucun moment je me suis dit bon ok on est où et où est notre point d'arrivée c'est Si des fois, je pouvais y aller direct sans passer par le col. Ça, je ne me le suis pas dit une seule seconde.
SPEAKER_01C'est intéressant, ça. Tu avais le sentiment d'être chaos physiquement, mais psychologiquement,
SPEAKER_00ça arrive. Je n'avais pas envie de changer, de modifier mon cap. Je ne voulais pas manquer ce col. Je voulais aller au bout. Parce que quand je dis que je frôlais mes limites, je pense que moi, quand je suis à ma limite, on me retrouve dans le fossé et quelqu'un me dit stop. je vous emmène vous faire soigner mais tant que je peux encore réfléchir tant que je suis encore sur mon vélo ou debout c'est que je peux encore avancer donc si je peux encore décider c'est que je peux encore avancer donc à aucun moment je me suis dit j'ai essayé de voir si je pouvais couper au cours donc j'ai rempli mon bidon et puis la copine avec qui j'ai passé toute l'aventure, elle me dit je vais te mettre un peu de menthe poivrée dans ton bidon, alors bon je n'en avais jamais mis jusque là, je ne savais pas trop je n'avais jamais testé donc ça a des vertus anti-nauseuses apparemment donc normalement c'est une goutte donc elle me met une goutte, puis hop il y en a une deuxième qui s'est faufilée avec donc j'avais deux gouttes de menthe poivrée dans mon bidon je ne pensais pas à ce moment là que ça allait me sauver la mise, je me suis juste dit bon ok j'ai ça en plus, peut-être ça peut m'aider et puis nous voilà partis sur ce fameux col de Spandell où je démarre le col et je me dis j'ai plus rien et pourtant il faut arriver au dessus donc on va voir comment j'étais vide mais d'un autre côté je me disais j'aime encore bien me dire qu'est-ce qui va se passer quoi parce que j'avais jamais été confrontée finalement à ce genre de sensation donc voilà je me dis on verra on verra Donc, il y avait quelques copines devant, quelques copines derrière. Finalement, j'étais quand même à ma place dans le
SPEAKER_01groupe.
SPEAKER_00Je ne traînais pas derrière. Et puis, l'amande poivrée, vraiment, m'a sauvé la mise. C'est-à-dire que Ugorger, ça vous fait, ça vous donne un... un état de fraîcheur, mais vraiment c'est incroyable, un état de fraîcheur dans la bouche donc il faisait toujours ces 43-44 degrés et en fait la bouche devient froide, fraîche je sais pas comment alors le spandelle c'est plein de petits virages donc il y avait des portions au soleil qui m'assommaient un petit peu puis il y avait des portions un petit peu ombragées et avec un vent de face donc là c'était une gorgée et j'ouvrais grand ma bouche et en fait avec le vent qui rentrait c'était une sensation j'avais l'impression de ressusciter j'avais plus mal au ventre j'avais plus de nausées j'avais pas récupéré toute mon énergie et puis je suis arrivée en haut j'ai repris du poil de la bête en cours de route en fait en cours de montée et je suis arrivée en haut et voilà j'y étais arrivée mais c'est vraiment ce jour là je me suis vraiment dit là je suis vraiment pas bien Je n'ai jamais été pas bien comme ça. Et quand on est sur quelque chose qu'on ne connaît pas, on est perturbé. Parce qu'on ne sait pas jusqu'où ça va aller. On ne sait pas comment le corps va réagir. Mais je sais que la tête était là et que la tête était assez loin de lâcher. Et c'est là que je me dis que le mental, quand on est prêt physiquement, le mental fait... Il fait
SPEAKER_0180-90% du boulot. Oui. Écoute, je suis assez d'accord. Je te parlais de cette course que j'ai faite cet été. Moi, je l'ai un peu touché du doigt à ce moment-là. Mais c'est marrant parce que ça fait aussi... Avant ce projet cet été, tu faisais quand même déjà du vélo depuis un moment. Tu baignes dans le sport depuis toujours. Moi, je fais aussi du sport depuis longtemps. Mais en fait, je trouve ça assez intéressant de voir que même si tu as baigné dans l'univers du sport depuis un moment, que tu es quand même active etc ça veut pas forcément dire que t'as touché du doigt que t'es rapproché de certaines limites
SPEAKER_00ouais parce que moi je suis quelqu'un qui aime de plus en plus le sport d'endurance c'est à dire à une intensité qui est moindre mais par contre ça peut durer des jours et si je faisais un sport plus intense je pense que alors je suis déjà allé assez loin dans de la fatigue ou des choses comme ça. Mais là, ce jour-là, c'était le douzième jour. Ça faisait douze jours qu'on était à la moitié, pile à la moitié. Et je ne sais pas, c'est sans doute tout un contexte, mais ce jour-là, je me suis dit, je ne suis jamais allée aussi près de mes limites. Ça m'était déjà arrivé d'aller assez loin, mais pas aussi loin que ce jour-là,
SPEAKER_01a
SPEAKER_00priori.
UNKNOWNOuais. Waouh.
SPEAKER_01En tout cas, je me le suis noté menthe
SPEAKER_00poivrée.
SPEAKER_01L'impression magique.
SPEAKER_00C'est incroyable. Après, je dis à Lisa, pourquoi on ne met pas ça dans nos bidons tous les jours
UNKNOWN?
SPEAKER_00Elle me dit non, parce que ça attaque quand même un petit peu. Ça reste de l'huile essentielle. C'est comme tout. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut prendre au quotidien sans que ce soit un état. D'ailleurs, je n'en ai plus jamais remis. Même le lendemain, le surlendemain... En fait, après ce jour-là, on n'a plus eu de canicule. On a eu parfois encore un peu chaud. Enfin, encore pour moi, c'était largement acceptable. Donc, c'était vraiment le dernier jour de ces fortes chaleurs et le pic de ces chaleurs qui arrivaient après 5-6 jours à 38-40°C. Et le lendemain, on a démarré avec la montée d'Otakam, au kilomètre zéro presque, on avait à se faire Otakam, et il y avait une petite pluie fine, il y avait un peu de brouillard, et je pense que c'est le col de ces 24 jours, donc les copines étaient encore là, et je pense que c'est le col que j'ai monté le mieux. Alors que la veille, j'étais au bout du rouleau, et ce jour-là, à la fin, crèche, hop, le matin, quinquais, je me sentais en bonne forme. C'est incroyable. C'est étrange, comme le corps... Peu accuser le coup à un moment donné, parce qu'il y a un trop. On arrive à une limite de chaleur, de fatigue, de tout ce qu'on veut. Et puis, une soirée, une nuit de repos. Et après, là, moi, en l'occurrence, c'était des limites liées à la chaleur. Je ne me sentais pas plus fatiguée. La preuve, le lendemain, j'avais des bonnes jambes pour monter au takam. Donc, ce n'était pas un problème de fatigue musculaire ou de sommeil ou c'était vraiment lié à la chaleur et le lendemain il faisait peut-être 17-18 degrés contre 44 la veille au pied d'Otaka mais il faisait pas chaud et ben c'était reparti le corps a des ressources qu'on ne connait pas
SPEAKER_01et que parfois on sous-estime moi je sais que chaque fois que je parle d'ailleurs c'est ce que tu m'as dit en off mais quand je parle de cette course et j'en parle souvent parce que j'ai jamais fait un truc comme ça et puis que ça m'a fait découvrir c'est venu casser un certain nombre de croyances que je pouvais avoir sur ce dont j'étais capable mais en fait tu vois pour avoir côtoyé pas mal de gens sur cette course donc c'était 340 km en fait moi depuis je suis absolument convaincu qu'on est tous capables physiquement psychologiquement de faire des choses bien plus folles que ce qu'on pense
SPEAKER_00oui
SPEAKER_01bien sûr mais
SPEAKER_00vraiment tu vois mais à condition d'être prêt d'être prêt et que la tête
SPEAKER_01oui oui si
SPEAKER_00je pars sur 350 km et que je me dis j'arriverai pas au bout
SPEAKER_01j'arriverai pas au bout
SPEAKER_00non clairement on est d'accord si je suis au pied de ce pendel que je suis au bout de ma vie que j'ai plus rien dans le sac et que je me dis il faut que
SPEAKER_01j'arrive au sommet j'arriverai au sommet clairement évidemment il faut qu'il y ait le mental qui suive d'ailleurs ça me fait penser je te l'enverrai si ça t'intéresse je suis en train de lire un livre que Lilian qui est un ancien invité du podcast qui est devenu un copain m'a envoyé qui s'appelle Endure je ne sais pas s'il a été traduit mais qui parle de ça justement le lien entre la performance physique et le mental et en fait tu as un certain nombre d'études mais qui est complètement folle qui ont été faites avec des sportifs de tout niveau et il y a plein d'exemples tu vois avec le vélo notamment il y en a alors c'est du vélo sur piste donc ils ont fait des tests sur avec des je crois que c'était l'équipe australienne peut-être de vélo sur piste où en fait ils demandaient aux gens en 10 minutes de couvrir le plus de distance et donc ils observaient tu vois ils leur demandaient à chaque tour comment tu te sens en termes de douleur où est-ce que tu te situes sur une échelle etc et une fois que les les coureurs arrivaient à leur limite qu'ils disaient stop je m'arrête ils leur disaient ok là maintenant avant d'arrêter t'as 10 secondes à fond et en fait ce qui est hallucinant c'est de voir que alors je ne sais plus ce qui sortait en watts c'était je ne sais plus je crois que c'était avec les cyclistes je ne sais plus je ne sais plus bref en termes de mesures tu vois en watts ils étaient à 240 watts à l'effort au moment où ils disaient là je dois m'arrêter et en fait sur les 10 secondes où on leur disait donne tout ils montaient à 700 plus de 700 tu vois je ne suis
SPEAKER_00pas surprise je ne suis pas surprise parce que c'est là sur des étapes de 210 210 230 km on avait toujours l'impression que sur la fin on n'en ferait pas 10 de plus alors que si alors qu'à un moment donné si psychologiquement si on sait que l'arrivée elle est à tel endroit et imaginons on arrive à cet endroit et on nous dit non finalement l'hôtel n'est pas disponible il faut aller à 15 km plus loin si on n'y est pas prêt psychologiquement on se dirait mais non je ne peux pas c'est clair j'ai fini je m'arrête alors que si programmé d'avance que le matin on sait qu'il n'y a pas 230 mais 245 km et qu'on passe cette ville on la passe sans problème et on va au point suivant mais tout ça tout est dans la tête et quand on sait que c'est les 10 dernières secondes on a toujours de l'énergie pour faire les 10 dernières secondes et si après ces 700 watts on leur avait dit il reste 5 secondes en plus à faire et bien ils auraient fait ces
SPEAKER_015 secondes mais comme quoi tu vois ça fait vraiment ce la question sur en fait qu'est-ce qui nous fait croire qu'on a atteint nos limites est-ce que c'est le cerveau qui se protège en disant attention il y a une surchauffe du système donc je te fais penser que tu peux pas aller plus loin tu vois enfin c'est hyper intéressant parce qu'en fait ça vient ça vient casser plein de croyances c'est-à-dire quand on pense qu'on est au bout il y en a encore mais du coup qu'est-ce qui fait que cette réserve d'énergie qu'on a encore qu'est-ce qui fait qu'elle s'est retrouvée bloquée à un moment donné tu vois je trouve ça passionnant comme
SPEAKER_00sujet ouais alors je Il y a vraiment physiologiquement, pour avoir passé deux, trois fois des tests à l'effort sur un vélo, je pense qu'il y a vraiment physiologiquement les réserves pulmonaires et cardiaques qui se vident. Donc ça, c'est à un moment donné, si vraiment il n'y a plus rien dans les réservoirs, j'imagine qu'il n'y a plus rien. Mais ce n'est pas pour ça qu'on meurt, c'est-à-dire qu'on peut quand même encore faire quelque chose. Et puis après, il y a la tête. Les réservoirs peuvent être encore à moitié pleins si la tête a décidé que que non, que je ne peux plus, que je dois m'arrêter, je pense que le corps a du mal à suivre. Je pense que la commande la plus forte, enfin le... Je pense que c'est la tête qui a le pouvoir le plus fort. Alors après, c'est sûr, si on met quelqu'un qui ne fait jamais de sport au départ d'un 300 km en course à pied, cette personne, je pense, n'arrivera pas au bout parce qu'il y aura des ampoules, il y aura des maux de pied qui feront que la personne ne pourra pas aller au bout parce que physiquement, elle n'est pas du tout préparée parce qu'elle n'a jamais marché plus d'un quart d'heure. Mais quelqu'un qui est relativement bien préparé physiquement. Je pense que si le mental est au rendez-vous, je pense que le corps a des ressources. Même quand les réservoirs sont pas mal vidés, je pense qu'il y a des ressources qui font... Puis après, on s'alimente, ça se recharge aussi. Et souvent, on croit qu'on ne peut plus parce qu'on ne s'est pas alimenté de manière... on ne s'est pas alimenté au bon moment, les fringales ou autres, c'est-à-dire qu'on a vidé les réservoirs, et donc là, on a ce sentiment de ne plus avoir d'énergie et de ne plus pouvoir avancer. Et finalement, si on s'arrête un peu, on se pose un peu, on recharge, on boit, on s'alimente, ça repart. Après, la blessure, c'est un autre sujet. Évidemment, quand on est vraiment blessé, je pense qu'à un moment donné, la tête dit stop, parce qu'on sent qu'on se fait mal et que et qu'on va le payer plus tard mais en dehors de la blessure même les douleurs musculaires ou autres je pense que si on s'alimente bien qu'on s'hydrate bien que la tête a décidé qu'on irait au bout je vois pas ce qui peut empêcher une personne d'aller au bout de son objectif
SPEAKER_01tu vois ça me fait penser à deux choses la première c'est un échange que j'avais eu c'est un épisode que j'avais fait avec Olivier Couré qui est coach préparateur mental hypnothérapeute à à Hong Kong de mémoire Hong Kong je crois et on avait beaucoup discuté tu vois de de l'impact du mental sur la performance de sportifs de haut niveau lui il accompagne beaucoup de gens qui font alors soit du sport de haut niveau soit des records tu vois d'apnée ou ce genre de choses des défis assez extrêmes et en fait le constat il est tout bête c'est que à haut niveau physiologiquement physiquement, tout le monde est à peu près au même endroit. C'est-à-dire que tu peux avoir marginalement des écarts, mais tu prends l'équipe de France de judo, tu la mets à côté de l'équipe de France d'Allemagne ou du Japon, physiologiquement, physiquement, c'est pareil, mais à très haut niveau. Mais par contre, là où ça peut, clairement, il peut y avoir une grosse différence, c'est sur cette capacité à aller piocher, débloquer des ressources qui au niveau du mental donc hyper intéressant et la deuxième chose c'est j'ai écouté un podcast de Joe Joe Rogan il n'y a pas très longtemps avec Courtney de Walter tu sais l'ultra
SPEAKER_00trailer
SPEAKER_01oui oui oui et ce que tu disais m'a fait penser à ça elle parlait de la récupération alors elle a fait un ultra qui est aux Etats-Unis je crois que c'est un 240 miles donc ça doit faire attends 240 miles ça fait combien ça fait quasiment ça doit faire pas loin des 400 kilomètres 380 kilomètres un truc comme ça donc très très gros et elle a fini 10 heures devant le deuxième donc énorme performance et elle expliquait elle a 58 heures de mémoire et sur les 58 heures elle a dormi 21 minutes une fois 20 minutes et une fois une minute et elle disait que le sommeil le plus réparateur qu'elle ait jamais eu de sa vie c'était la minute qu'elle a pris et donc ça je trouve ça complètement c'est fou tu vois elle s'est réveillée en pensant qu'elle avait dormi plus d'une
SPEAKER_00heure
SPEAKER_01elle avait un pacer avec elle elle expliquait qu'elle l'a engueulé en lui disant mais pourquoi tu m'as laissé dormir aussi longtemps et il lui a dit mais écoute ça fait une minute là en fait donc vous comment vous gérez la partie récup tu disais que vous aviez un toit sur la tête tous les jours est-ce que vous aviez vous faisiez attention je sais pas des massages des rituels un peu pour maximiser la récupération
SPEAKER_00Non, la récup était essentiellement alimentaire. Tous les soirs, ou presque, on s'est bu une petite bière à l'apéro. voilà parce que ça faisait aussi partie de la convivialité du moment on a mangé tout et n'importe quoi alors le soir quand on était chez des gens des amis etc souvent ils avaient fait l'effort de nous concocter un bon petit dîner avec souvent des féculents mais voilà en journée on mangeait n'importe quoi on s'arrêtait dans des boulangeries donc j'ai J'ai mangé des dizaines de tartes salées, de pain au chocolat ou de viennoiserie. On s'alimentait comme ça. On a fait quelques arrêts supérettes. Donc, l'alimentation, on prenait ce qu'on avait besoin en calories. Après, en termes de qualité de la nutrition, on n'était pas bonnes du tout. Une fois, on n'était pas sur une idée de performance. Il y avait quand même ce timing de tenir nos journées telles qu'elles étaient programmées pour ne pas prendre de retard et ne pas se faire rattraper par les pros. Nos journées, parfois, démarraient sur le vélo à 6h30 et pouvaient parfois se terminer… Pour les plus longues étapes, notamment les étapes de montagne, où forcément il y a aussi un petit peu d'attente en haut du col, la première attend la deuxième, on remange un truc, les pauses étaient un petit peu plus nombreuses, on pouvait arriver à l'hôtel à 20h. C'est arrivé. Notre plus... Notre arrivée la plus tautive, alors parce que Isa, la copine, m'a appris que ce mot existait, moi j'en sais pas... tardive tardive et tautive tautive je ne l'employais pas mais apparemment ça s'emploie donc notre arrivée la plus tautive à un hôtel c'était 16h50 16h52 je crois demain soir exactement ce qui n'est pas non
SPEAKER_01plus super
SPEAKER_00tôt non mais là on avait l'impression d'arriver en milieu d'après-midi au début d'après-midi parce qu'on s'est dit le temps qu'on va avoir pour se poser faire plein de choses donc non la récup alors moi j'avais apporté petites boules d'automassage donc à la maison j'ai un bâton de massage que j'avais acheté une année où je m'étais blessée musculairement je m'étais dit que ça pouvait m'aider à récupérer un petit peu mieux je l'utilise de temps en temps et puis une boule c'est une petite boule avec des petits picots qui quand on l'applique assez fortement sur les muscles permettent de masser en profondeur mais encore faut-il avoir le courage de la passer parce que c'est quand même de l'auto-massage les premiers jours je ne l'ai pas utilisé je me suis même dit qu'elle m'entiquinait dans ma sacoche parce qu'il fallait la caler en plus du reste et puis j'ai fini par l'utiliser et j'étais très contente de l'avoir prise parce que ça a été le seul outil après il y a l'étirement qui existe je crois me souvenir que je me suis étirée un peu mais la boule de massage au niveau des quadriceps je pense que ça m'a fait quand même du bien après des étapes où on appuyait un peu des étapes avec des cols un peu raides Donc, voilà, en récup, il y a eu ça. Mais évidemment, on n'a pas eu un massage, on ne s'en est pas fait mutuellement, on n'avait pas d'électrostimulation, on n'avait rien de tout ça. Et puis, je te dis, l'alimentation, on s'est privé de rien, on a mangé ce qui nous faisait plaisir. Donc, rien qui soit d'une grande efficacité récupérative. La bière du soir, elle est était quasi là tous les soirs. On a même fait un écart à la maison parce que trois jours avant notre arrivée, on est arrivés dans les Vosges. Donc, c'était sur le parcours des femmes avec une arrivée à Saint-Dié. Et donc, on a dormi chez mes parents. Mon papa est venu nous chercher. On a dormi chez mes parents. Nos conjoints étaient là. Donc, c'était vraiment une chouette soirée. Et là, en plus de la bière, on s'est autorisés en plus un verre de vin pendant le repas. Mais ça, il y a eu que cet écart-là, ce jour-là. Mais non, on n'a vraiment pas fait attention, particulièrement attention à ce qu'on mangeait. Alors, on s'est hydraté en eau avec ces chaleurs, de toute façon. Voilà. Ça, on a fait ce qu'il fallait. Mais par contre, non, on récup... C'était de la récup active, quoi, tous les lendemains. On remontait sur le vélo et... Moi, les seuls maux que j'ai eus pendant ces 24 jours, c'était mal aux fesses, les huit premiers jours. Pourtant, je pédale, je roule toute l'année. Mais voilà, là, 9-10 heures par jour, ce n'est pas dans mes habitudes quand même. En tout cas, pas sur plusieurs jours consécutifs. Et j'avais mal aux fesses. Les ischions, à un moment donné, qui chauffaient un peu. Alors, on avait deux cuissards. chacune on avait deux cuissards différents de marques différentes et chacun me faisait mal à sa manière mais pas au même endroit donc finalement de faire un jour sur deux c'était pas mal parce que il y en a un j'avais plus mal sur l'avant et puis l'autre c'était plus l'autre avait une peau un peu moins épaisse et c'était plus les ischions sur la selle moi je suis pas très épaisse et du coup en alternant un jour sur deux chaque jour c'était un peu inconfortable mais comme le lendemain C'était inconfortable à un autre endroit. Ça tapait moins sur le système. Et ça, pour moi, ça a duré huit jours. Les huit premiers jours, j'avais mal aux fesses. Et à partir du neuvième jour, plus rien. Plus rien jusqu'à la fin au niveau des fesses. Et j'ai eu mal à un pied. Alors, sous un pied, j'ai des petits corps, des petits durions, je ne sais pas comment on appelle ça, qui sont des marques de... enfin pas d'usure mais des points d'appui qui font des petites cornes et j'ai ça sous un seul pied et je pense que c'était pile sous la cale de la chaussure alors on a beau avoir une semelle dure j'avais ce pied droit qui me chauffait enfin sous le pied qui me chauffait ça ça a duré ça a été le cas quasiment tous les jours donc c'est voilà il y a des moments où bon bah c'est c'est pas hyper confortable c'est pas hyper agréable avec la chaleur en plus bon ça et oui ça a exacerbé un petit peu tout ça mais mais il y a eu que ça j'ai pas eu mal au genou j'ai pas eu mal au dos j'ai pas eu mal à la nuque enfin au cervical j'ai pas eu mal Mal spécialement aux mains. Parfois, dans les très longues descentes, on a un petit peu les mains sur les freins. Sur la fin du col, les mains sont un petit peu... En appui sur les cocottes, c'est un petit peu douloureux. Mais musculairement, je n'ai pas eu de douleur. Ni tendineuse, ni... Pourtant, j'ai été opérer des croisés, des deux, il y a très longtemps. Mais voilà, des choses qui pourraient laisser un petit peu des traces, en tout cas sur un format tel que celui-là, où c'est 9h20 de vélo tous les jours pendant 24 jours, avec la répétition d'un mouvement cyclique. Je ne sais pas combien de coups de pédale on pouvait donner dans une journée, mais c'est énorme. Eh bien, rien. Juste ce pied qui chauffait et ce mal de fesse pendant huit jours.
SPEAKER_01Le
SPEAKER_00reste, rien. Ce qui m'a aussi le plus gêné, moi, sur l'aventure, c'était les moments, les longues lignes droites, parce qu'on en a eu quand même une paire. De toute façon, tout ce qui n'était pas étape de montagne ou étape un peu accidentée, moi, je m'ennuyais. Les grandes traversées, souvent sous la chaleur, parfois sur des routes un petit peu fréquentées, sur des rampe nationale où on voyait je sais pas à des kilomètres là c'est physiquement il y a une forme d'impatience on ne tient plus trop en place sur sa selle alors si en plus il y a un pied qui chauffe et puis qu'il reste 150 kilomètres et qu'on sait parce qu'on a regardé quand même un petit peu le profil le matin on sait que ça va être comme ça tout droit tout droit tout droit jusqu'au bout moi c'est ce qui a été le plus difficile pour moi c'était la moindre
SPEAKER_01lotonie de gérer
SPEAKER_00le... Des étapes à profil plat... et je sais que quand on a quitté les Pyrénées donc je savais qu'il ne restait plus que la grande transition jusqu'au parcours des femmes alors c'était la Corrèze, la Creuse alors là on était seul au monde et j'ai adoré cette remontée des 600 kilomètres parce qu'on était vraiment déjà on avait accompli la première mission c'était de boucler le tour des hommes en temps et en heure et Et là, on se sentait libre parce qu'on n'était plus sur aucun parcours. On n'était pas sur le parcours des hommes, on n'était pas encore sur le parcours des femmes. On était au milieu de nulle part, au milieu de la Corrèze, de la Creuse, au milieu de rien. On a fait des dizaines et des dizaines de kilomètres sans croiser une voiture, sans croiser personne. Et là, on se dit, voilà, ce moment-là, il est vraiment à nous. On est là, on est en transition entre deux et on profite. Et on ne voyait personne. Cette sensation de liberté, de pouvoir avancer à ton rythme, d'être dérangé par rien. alors pourtant je vis dans les Vosges pour aller à mon travail j'ai zéro feu j'ai pourtant 23-24 kilomètres j'ai pas de feu rouge je dois avoir un ou deux stops donc je suis pas dans ce monde urbain que je supporterais pas d'ailleurs mais là ça a un petit peu exacerbé mon côté asocial mon côté indépendant où on était bien on était tellement bien sur cette transition et Et après, sur le parcours des femmes, il y a eu quelques étapes accidentées. Il n'y a pas eu trop de monotonie sur le parcours des femmes parce que c'était soit des étapes accidentées. Après, il y a eu la moyenne montagne avec les Vosges. Il y a eu quand même encore quelques kilomètres, quelques dizaines de kilomètres. Mais quand on se rapproche aussi de la fin de l'aventure, on est à la fois dans ce sentiment où on se dit... Je pense que quand on est arrivé à Meaux, quand on a passé les Pyrénées, en fait, quand on est arrivé à Meaux, on s'est dit, bon, là, normalement, on va y arriver. Il n'y a plus de grosses difficultés, de gros obstacles, à part une chute ou un gros problème mécanique. Donc là, on était déjà dans l'optique, normalement, on va réussir. Et on est sur la dernière étape, qui est le parcours des femmes, qui va durer huit jours. On est dans un autre état d'esprit. C'était moins... Je le disais, je relisais mes comptes rendus de journée. L'arrivée dans les Vosges, j'étais euphorique parce qu'on arrivait dans les Vosges, parce qu'il restait après trois jours. On en revient toujours à cet effet psychologique. Je pense que physiquement, j'ai été aussi bien tout le temps pendant ces 24 jours. Plus ou moins, évidemment, en haut d'un col on a puisé un petit peu plus, mais on récupère dans la descente. Mais je pense que mon état de forme a été assez régulier sur ces 24 jours. Et par contre, le psychologique... L'état de forme, j'enlève ce fameux jour dans les Pyrénées, 44 degrés, où là, j'ai pris un coup de massue, mais c'était ponctuel. Mais l'effet psychologique, entre le moment où on a le vent dans le nez, qu'on sait qu'il reste 30 kilomètres interminables, toujours dans le même sens, sans aucun virage, et qu'il est déjà 19h et que ça va être long et que personne, qu'on arrive à l'hôtel, que personne nous attend le soir et tout ça. Donc là, on est dans un état où c'est un peu plus... On trouve un peu plus le temps long.
SPEAKER_01Comment tu les gères, ces moments où la monotonie s'installe ou psychologiquement, tu ne prends pas vraiment le plaisir, tu sais que ce n'est pas fini
UNKNOWN?
SPEAKER_01Comment est-ce que tu fais pour rester concentré et qu'on continuer à avancer dans ces moments-là
UNKNOWN?
SPEAKER_00Là, avec Isa, on était un peu pareil. On restait dans notre bulle. On se relayait. On se relayait souvent.
UNKNOWNEuh...
SPEAKER_00on essayait vraiment de prendre des relais assez fréquemment pour éviter qu'il y en ait une qui soit devant et puis qui tire l'autre des kilomètres et des kilomètres. Alors, on avait décidé aussi dès le début qu'on ne roulerait pas côte à côte. Quand on est sur la route, on sait que ça peut être dangereux. On sait que les cyclistes ont le droit de rouler à deux côtes à côte sur la route. Mais on s'était dit, on va rouler, en tout cas quand on est sur des routes où ça circule, on va rouler l'une derrière l'autre et puis Comme ça, celle qui est derrière, elle profite un peu de la roue et puis on se relaie. Il n'y a vraiment que sur les petites routes où on arrivait à faire quelques kilomètres côte à côte, où on papotait, etc. Mais en fait, ce qui peut paraître encore plus impressionnant, je ne sais pas si c'est le mot, c'est que même si c'était long, on restait quand même dans notre bulle, l'une derrière l'autre. On avançait. Parfois, on passait des dizaines de kilomètres sans se dire un mot. Mais en fait, ça nous allait bien à toutes les deux. On a toutes les deux un tempérament comme ça. Et en fait, ce qui nous a sauvés, je pense, c'est nos pensées. C'est-à-dire qu'on partait dans... On réfléchissait à des choses, on pensait au soir. Moi, combien de fois je pensais au soir à l'arrivée à l'hôtel ou chez les amis où je me disais« Tiens, qu'est-ce qu'on va pouvoir manger
UNKNOWN?
SPEAKER_00Qu'est-ce qu'ils nous auront préparé
UNKNOWN?
SPEAKER_00» Le premier hôtel qu'on a fait, c'était au bout de huit ou neuf jours. C'est-à-dire que les huit ou neuf premiers jours, on était chez les gens. Alors, c'est super parce que tous, ils nous ont servi comme des princesses, on était vraiment chouchoutés mais par contre il faut raconter sa journée forcément on partage on raconte notre journée on discute on avait à coeur aussi chaque soir de faire un petit résumé de notre journée qu'on postait sur les réseaux pour que les gens puissent suivre d'un petit peu plus près notre aventure et parfois on allait au lit on avait encore rien écrit donc il y avait encore ça à faire. Donc, ça retardait d'autant plus le moment du coucher. Et donc, ce neuvième jour-là, on arrivait à l'hôtel, en plus un hôtel campanile où on savait que c'était buffet à volonté au niveau du repas.
UNKNOWNEt là, en fait...
SPEAKER_00C'était l'arrivée à Carcassonne qui était si chaude, si longue. C'était tout droit. On avait envie que ça s'arrête. Et pendant les dernières dizaines de kilomètres, on n'arrêtait pas de penser à ça. On s'est dit, ce soir, resto, on ne va pas être obligés de faire la conversation. On va être toutes les deux entre nous. On va même pouvoir écrire un peu notre petit compte-rendu en mangeant. On va avoir un buffet à volonté. Qu'est-ce qu'il va y avoir
UNKNOWN?
SPEAKER_00et ça ça nous a fait ça nous a souvent fait une partie de notre journée ok donc il y avait ça alors parfois c'était ça et puis parfois c'était ouais c'était le silence et puis on on se perdait dans dans nos pensées alors moi il y a eu il y a eu sur une étape je crois que c'était le dixième jour c'était le lendemain de ce jour là j'ai eu pendant 50 kilomètres je n'avais pas envie j'avais envie que ça avance mais je n'avais pas envie de pédaler alors je l'ai fait quand même parce qu'il n'y avait pas de choix mais j'ai J'avais faim. C'était le Campanile, donc on avait réussi à faire quelques réserves au buffet du petit-déj. On s'était pris quelques petites choses dans la sacoche. Puis on s'était mal compris avec Isa. Elle avait mangé en cours de route. Puis moi, je pensais qu'on s'arrêterait à un moment donné en milieu de matinée pour manger. Puis bon, le temps passait, puis on ne s'arrêtait pas. Puis je commençais à avoir faim. Puis Isa, elle me dit« Moi, j'ai mangé sur mon vélo.» Je dis« Ah
UNKNOWN!
SPEAKER_00» Donc, il y a eu un petit moment de flottement où on a quand même continué à avancer un peu. On s'est arrêté quand même un peu plus loin et j'ai mangé mais petit moment où c'est pareil c'était pas le paysage il y avait rien enfin il se passait rien il se passait rien et dans ma tête il se passait rien non plus voilà Et là, je regarde ma montre et je crois qu'il restait 170 kilomètres, quoi. Oh, punaise. Mais je n'avais pas envie. Enfin, il y a des moments comme ça. Je pense que chez tout le monde, il y a des moments où on se lève, on n'a pas envie d'aller au travail ou on n'a pas envie de faire ci ou faire ça. Et là, je n'avais pas envie. Je n'avais pas envie. Il restait 170 bornes. Et là, j'ai commencé à me dire, il reste 15... Oui, c'était ça, c'était le dixième jour. Donc, il restait 14 jours. Et dans ma tête, je commence à me dire ça. putain, il reste 14 jours. Alors je comptais, on en a fait 10, il en reste 14. Là, à cette heure-ci, j'ai pas envie d'être là, j'aurais envie, alors je commençais à rêver au jour d'arrivée où j'allais rentrer chez moi, on partait en vacances le lendemain, et je me disais, il reste 14 jours. Donc j'ai vite fait d'arrêter de me dire ça, je me suis dit, non, non, enfin voilà, pense à ce soir, alors je sais plus où on était hébergés le soir, mais si, ce soir-là, on été hébergé chez un copain de Bretagne qui a un camping-car. Et avec sa femme, ils ont organisé leurs vacances pour nous accueillir deux nuits de suite là où on était. Donc, en fait, ils nous avaient demandé qu'est-ce qui vous manque comme hébergement
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, on a déjà ça, ça, ça. Il nous manquait. Donc, c'était dans les coins de Mande. Ils ont dit, ben voilà, nous, on viendra là. Donc, ils ont fait un recours de ça. Et ils nous ont dit, on vous accueillera à ce camping-là, le soir-là. Et l'autre, le le lendemain soir donc voilà ce soir là on savait qu'on allait chez eux donc là aussi je me suis dit une nuit en camping-car est-ce que le confort tout ça on va être quatre dans un camping-car bon il faisait chaud donc je savais qu'on mangerait dehors qu'on n'aurait pas froid qu'on n'allait pas prendre la pluie mais j'avais un petit peu d'inquiétude aussi là-dessus je me suis dit comment ça va se passer est-ce qu'on va réussir à bien récupérer donc il y avait tout ça qui se cumulait et qui faisait que j'ai passé 50 kilomètres donc ça peut être long quand même 50 kilomètres à me à me dire tout ça j'ai pas envie et ce soir est-ce qu'on va bien réussir à récupérer et puis voilà après on s'est arrêté je me suis dit arrête de penser qu'il reste 14 jours parce que de toute façon on va falloir les faire donc ça ira sûrement mieux dans quelques kilomètres et puis effectivement on a mangé on est reparti et de fil en aiguille je me suis mise dedans et puis ça s'est super bien passé le soir dans le camping-car mais c'est sûr qu'il y a des moments où on se dit qu'on n'a pas envie d'être là mais sur une aventure comme ça je veux dire il y a un point A il y a un point B on sait qu'on a un programme sur la journée on a un programme sur 24 jours donc il y a des moments d'inconfort psychologique ou physique mais voilà il faut que ça reste du passager parce que de toute façon à aucun moment moi à aucun moment je me suis dit allez stop on prend le train on rentre ça m'a pas traversé l'esprit parce que c'était inconcevable que si physiquement
SPEAKER_01tout allait bien je m'arrête quoi c'était pas envisageable qu'est-ce que t'as appris du coup de cette aventure par rapport à tout ce que vous avez vécu tu vois ça avait l'air quand même assez intense il y avait des périodes un peu plus monotones mais une soixantaine de cols, deux tours de France vous aviez cette contrainte de rester en avance par rapport à la vraie épreuve qui arrivait derrière vous vous l'avez fait à deux donc j'imagine qu'il y a plein de choses tu vois sur un défi de cette taille qui font que peut-être t'es revenue avec un peu plus tu vois un peu plus d'expérience dans la besace
SPEAKER_00ouais bah ce que je retiendrai je pense c'est que alors cette expression elle est pas de moi mais quand on veut on peut et je pense que vraiment tout est dit là-dedans parce que alors parfois on veut et et on ne pourra pas parce que... L'année précédente, j'étais sur le J-1 des hommes avec une association. On pédalait un jour avant les hommes sur les étapes uniquement. Et à la dixième étape, un cycliste qui était venu rouler avec nous double le peloton dans une descente, se rabat sur moi, il me fout en l'air. Je me retrouve avec une fracture ouverte du coude et une double fracture au niveau du bassin. Donc là, j'aurais voulu aller jusqu'au champ d'Elysée et je n'ai pas pu. Donc voilà, si on on veut, on peut elle a ses limites évidemment mais je veux dire que hors accident de la route je pense que quand vraiment on a en fait quand on s'est mis dans la tête d'une manière sans appel qu'il y a un objectif que quoi qu'il arrive on va arriver au bout le corps est capable de suivre cet objectif-là. Et je pense qu'on est souvent... On manque souvent d'ambition sur... dans ce qu'on est capable de faire, d'entreprendre. Là, honnêtement, sur ce défi-là, quand on a commencé à en parler, j'aimerais bien que les gens me répondent vraiment, est-ce que vous y avez vraiment cru qu'on pourrait boucler la boucle dans ce qu'on avait prévu, c'est-à-dire presque 5000 kilomètres en 24 jours, sans assistance, à part l'assistance hôtelière, on va dire, Mais qui y a vraiment cru
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et nous, moi je pense que quand je suis partie, j'étais conditionnée, mais... je n'étais pas certaine qu'on ferait tout sans prendre un train ou un taxi ou sans couper, parce que ça, ça aurait été facile. On a fait plein, il y a eu pas mal d'arrivées sur le parcours des hommes, il y a eu plein d'arrivées en sommet de col. Donc nous, généralement, on était en cours de journée, on allait faire ce sommet de col, c'était l'arrivée officielle d'une étape, et on repartait, on redescendait par là où on était montés, et on repartait chercher la ville de départ suivante. et en fait si il y avait fait un temps de chien par exemple au Takam au Takam on a démarré ça un matin à froid on a monté au Takam on est redescendu et on a pris notre petit déj à la boulangerie à la descente c'est à dire qu'on est retourné au point zéro après avoir fait monter
SPEAKER_01descendre
SPEAKER_00si il tombe des cordes ou qu'on a un peu mal au genou ou que machin est-ce qu'on se dit pas bah c'est bon vas-y si tu veux moi je t'attends là
SPEAKER_01ouais
SPEAKER_00et je pense que je m'étais imaginé que peut-être on aurait par moment besoin de faire ça c'est à dire de se dire on est censé aller ici en deux jours mais là on est un peu à la bourre on est crevé on n'a qu'à passer par là on arrivera plus vite je m'étais dit que peut-être on aurait besoin de trouver ces petits subterfuges pour tenir notre timing. Et en fait, non. La météo, le temps sec, le fait qu'on ne se soit pas posé de questions. On était deux, mais on ne s'est pas posé plus de questions que ça. On a suivi notre truc et comme tout s'est bien passé, on n'avait aucune raison de... de couper, de raccourcir,
SPEAKER_01de partir sur des plans B. C'est très intéressant d'entendre cette notion de quand on veut, on peut. Je suis d'accord avec toi. Je vois très bien ce que tu veux. On en revient à cette notion de détermination. Même si on ne contrôle pas le résultat, tu ne contrôles pas le cycliste qui se rabat sur toi, mais si tu te lances dans un défi en mettant le curseur à blog sur tous les paramètres que tu contrôles toi, y compris l'état d'esprit dans lequel tu l'abordes, je suis assez d'accord avec toi, je pense qu'il y a beaucoup plus de choses qu'on peut faire que ce qu'on pense spontanément. Et là, tu viens de le partager, tu vois, spontanément, tu pensais que vous auriez besoin de prendre des raccourcis, puis dans la réalité, ça n'a pas du tout été le cas et vous êtes allé au bout de ces quasiment 5000 kilomètres en 24 jours, ce qui est complètement fou et ce qui
SPEAKER_00m'amène du coup à... Ouais, pardon, vas-y. Ouais, juste pour terminer là-dessus, c'est que sur le parcours des femmes, on a beaucoup jardiné. Alors jardiné, dans le langage du cycliste, c'est faire plein de kilomètres dans un périmètre hyper restreint. C'est-à-dire que Épernay, par exemple, je pense qu'on a fait toutes les entrées, toutes les sorties à l'endroit, à l'envers. On a pris tous les ronds-points dans les quatre sens. Le parcours passait, repassait, repassait par Épernay. Et à un moment donné, Isa, elle me dit, j'en peux plus là d'Épernay. Et on arrivait sur un moment du parcours où on allait repasser encore dans les pernées pour refaire une petite boucle avec une côte etc et il me dit t'as vraiment envie ou on va tout droit là on pouvait reprendre et je lui dis non Isa on va bien on est en bonne forme il fait beau on y va on suit notre parcours elle râlait un peu et puis finalement après on en a rigolé parce qu'on a fini par sortir des pernées il y avait le café je sais plus comment il s'appelait le café des sports on s'est payé une coupe glacée je dis j'ai dit tiens c'est pour te féliciter de ne pas avoir craqué dans les pernées et moi dans mon esprit à partir du moment où il faisait beau et que il n'y avait pas de pépins il n'y avait pas de problème le parcours il nous dit d'aller là on va là on ne se pose pas de question de couper parce que c'est chiant ou parce que c'est à un moment donné on s'est dit qu'on allait faire ce parcours là qu'on voulait faire la boucle notre tracé il est prêt j'avais pas envie d'en sortir s'il n'y avait pas de de besoins ou d'impératifs particuliers.
SPEAKER_01quand on revient d'une aventure comme ça c'est quoi du coup la suite
UNKNOWN?
SPEAKER_00alors la suite déjà quand on rentre on est quand même content de rentrer c'est à dire que c'était une aventure géniale qu'on a partagé à deux à plus que deux même parce qu'on a été un petit peu accompagnés mais quand même j'étais contente de rentrer de retrouver mon lit de ne pas être obligé de mettre le réveil à 5h30 etc... Je me suis forcée à prendre 5 jours de repos, c'est-à-dire où je n'ai rien fait. Et pour moi… qui suit pas trop dans les intensités mais plus dans l'endurance je suis habituée à faire quelque chose quasi au quotidien donc pour moi 5 jours de repos c'était beaucoup mais j'ai tenu c'est pareil là aussi je m'étais conditionnée pendant 5 jours tu fais rien et j'ai réussi et puis après on redémarre tout doucement j'avais le triathlon de Gérardmet un peu plus d'un mois plus tard j'ai pas été du tout performante mais je m'y attendais c'est pas grave et après quand on se projette un petit peu plus loin moi voilà je pense que j'ai fait j'ai bouclé la boucle parce que donc les 4 années qui précédaient ce super projet qu'on a appelé Explore 2 Tours j'étais sur les routes du Tour de France masculin donc avec cette association dont j'ai parlé tout à l'heure donc à J-1 des hommes avec un super staff et uniquement sur les étapes on faisait les transferts en voiture et donc ça faisait 4 ans que j'étais dans cette organisation à passer des mois à organiser. Donc là, pour cette année avec Isabelle, on a passé du temps aussi dans notre organisation. Moins de temps que les quatre années passées parce que là, ce n'était pas un projet associatif, c'était vraiment un défi personnel. On l'a fait pour nous. On ne l'a pas fait pour prouver quoi que ce soit, qui que ce soit. On n'a pas sollicité les médias, on n'a pas sollicité les élus. On était attendus nulle part et on ne voulait surtout pas être attendus quelque part parce que le temps était précieux et surtout, on voulait On voulait vivre cette aventure libre. On ne voulait pas se mettre de contraintes, de contraintes horaires qu'on n'aurait pas forcément réussi à tenir ou que ça nous aurait agacé de vouloir les tenir parce qu'on se dit qu'il faut qu'on se dépêche. Là, il y a une super boulangerie, une chocolaterie. On s'est arrêté à un coup à une chocolaterie. On y a passé trois quarts d'heure parce qu'on était bien. On voulait se sentir libre. L'organisation a été un petit peu plus simple parce qu'il y a fait fallu faire le tracé et puis trouver les hébergements mais c'était presque tout après le reste c'était s'équiper personnellement acheter des sacoches moi j'avais rien du tout j'avais jamais fait de voyage à vélo donc donc voilà mais c'était une organisation qui était différente mais ça fait quand même 5 années où j'ai passé beaucoup de temps sur mon projet de l'année où j'ai passé donc 3 donc le J-1 J-1 des hommes on partait 3 semaines hein vraiment sur la veille des hommes. On partait sur 23 jours, 21 étapes et 2 journées de repos. Là, on est partis 24 jours. Là, j'étais sur le J-1 des hommes pour mettre un coup de projecteur sur l'absence de Tour de France Femmes et puis inciter, montrer que les femmes sont là et que ce serait bien qu'il y ait un Tour de France Femmes. Ce tour de France femmes est arrivé en 2022 donc avec Isabelle on est parti sur le tour de France hommes et femmes donc avec un point commun qui était la planche des belles filles donc voilà moi à titre personnel j'ai bouclé la boucle j'ai fait ce que j'avais à faire j'ai pris beaucoup de plaisir sur ces 5 années je sais que je ne revivrai sans doute pas un défi physique aussi grand Par
SPEAKER_01rapport à la durée
UNKNOWN?
SPEAKER_01Par
SPEAKER_00rapport à la durée, à la distance, au timing. Parce que ce n'est pas comme si on aurait pu prendre 24 ou 34 jours. Là, on ne pouvait pas prendre plus que 24 jours parce que sinon, on se faisait rattraper. Et je sais que ce cadre-là, il ne se représentera pas puisque les tracés des hommes et des femmes n'auront pas l'année prochaine, par exemple, de points communs. Là, on avait vraiment une boucle de la planche des belles-filles à la planche des belles-filles. où on pouvait en une boucle faire les deux tiers du parcours des hommes et le parcours des femmes en plus sur notre massif des Vosges donc ça ce cadre là je sais qu'il ne se représentera pas c'était l'année du premier de la renaissance du Tour de France Femmes maintenant qu'il est là l'année prochaine ce ne sera plus une première fois pour le Tour de France Femmes donc il y a tous ces paramètres qui me laisse penser que ce qu'on a fait là, c'était l'année ou jamais pour le faire. On ne le refera pas parce que ça n'aurait pas de sens. Là, ça avait un sens parce qu'on était à J-1 des hommes pour voir revenir le Tour de France Femmes et que maintenant qu'il était là, on partait sur la boucle des deux tours. Enfin, on faisait en fait des deux tours, un seul tour, notre grand tour.
UNKNOWNEt
SPEAKER_00Donc voilà, je n'aurais pas un intérêt, ça n'aurait pas de sens pour moi de repartir sur un, de rebricoler un projet, ça n'aurait pas de sens, ce serait sans doute moins, comment dirais-je, enfin là je pense que tout était réuni pour qu'on fasse un truc mine de rien assez énorme quand même, parce que… comme je l'ai dit tout à l'heure on n'était pas sûr de boucler la boucle avant le départ et puis on l'a bouclé parce que tous les paramètres étaient avec nous donc moi je pense que je vais me recentrer sur un petit peu sur mon cocon aussi, mon couple le quotidien parce que je pense que dans ces 5 années j'ai un petit peu oublié le quotidien et que ma priorité mon temps était a beaucoup été... J'ai donné beaucoup de temps sur ces projets-là et finalement, ce qui fait la vie, c'est aussi le quotidien, ce qu'on vit au quotidien avec les gens qui nous entourent. Et je pense que je l'ai un petit peu oublié ces quatre dernières années parce que j'étais à fond dans ces projets-là et je ne regrette pas parce que j'ai vécu vraiment des bons moments. Donc là, je ne crois pas, en tout cas dans un avenir proche, me relancer dans l'organisation de tels projets. En fait, je pense être arrivée à saturation de toute la logistique et l'administratif que ça implique de telles organisations alors je parle surtout du J-1 où il fallait contacter les élus les partenaires c'était beaucoup de travail administratif et j'ai plus envie de passer du temps sur du travail administratif donc voilà là je me suis lancée dans l'objectif de faire un maximum de trajets domicile, boulot, à vélo Donc, oui, pour les années à venir. En tout cas... court et moyen terme, je n'envisage pas de me relancer dans l'organisation de gros projets, en tout cas de projets de cette ampleur. Parce que là, je me suis rendue compte au bout de 5 ans que je commençais à saturer en termes de temps passé à l'organisation administrative de ces projets-là. Et je ne suis pas quelqu'un qui paiera pour intégrer un projet déjà tout ficelé et juste participer quand je participe à quelque chose j'aime bien quand même être active dès le départ et participer au montage de ce projet je pense qu'on est plus investi dans un projet quand on a aidé à le construire et voilà solliciter des élus des partenaires demander des subventions des choses comme ça j'ai plus envie de ça en tout cas parce que pendant 5 ans je l'ai fait et que ça m'a pris beaucoup beaucoup de temps. Quand on était sur le J-1, c'était quasiment de octobre à juillet où on était là-dedans. Donc voilà, ce n'est pas mon métier d'organiser des événements. Et Et je sens que c'est quelque chose qui ne me correspond plus. Je n'ai plus envie de passer ce temps à ça. Par contre, j'ai envie de continuer à partager de belles aventures. Donc, avec Sarah, on a plein d'idées en tête sur des petits projets sur deux, trois jours. Alors, ce ne sera pas des projets aussi fous que ce que j'ai fait cet été. Mais... Mais voilà, aller se faire des petites aventures à vélo avec les sacoches sur un week-end, on s'est déjà échangé pas mal d'idées là-dessus. Donc, il y aura ce genre de choses. Mais voilà, c'est des choses qu'on organise, on n'a rien de temps. Il n'y a pas besoin de passer des semaines et des mois à peaufiner les détails, etc. Si deux jours avant de partir, ils annoncent un temps pourri, on reporte au week-end d'après.
UNKNOWNEnfin, voilà.
SPEAKER_00J'ai envie aussi de passer mon été à la maison, de pouvoir partir en vacances, de ne pas imposer à mon conjoint le moment des vacances parce qu'en juillet, je ne suis pas là. Je pense qu'il faut savoir à certains moments se consacrer un petit peu à ce qui se passe concrètement autour de soi, profiter de ce qu'on a. J'habite dans les Vosges, il y a tout ce qu'il faut pour faire du bon. du sport. Donc là, je suis devenue une adepte du Vélotaf. Là, j'ai fait, il y a deux jours, mon 120e aller-retour de l'année à vélo. donc j'ai deux cols à franchir pour aller au travail donc deux cols à franchir pour rentrer du travail également et ça me fait une petite heure à l'aller une petite heure au retour et je trouve ça vraiment super parce que c'est économique écologique ça maintient en forme les élèves qui vous voient arriver en vélo ils vous questionnent un petit peu vous venez d'où et vous faites tout ça autant de kilomètres mais vous vous levez à quelle heure et comment vous faites la nuit et voilà je pense que si ça peut un petit peu donner envie aux collègues même aux gamins de faire un maximum de choses à pied ou à vélo enfin on prend aujourd'hui on prend sa voiture enfin aujourd'hui moins mais hier hier on prenait sa voiture pour un oui ou pour un non alors qu'il y a plein de choses qu'on peut faire à pied qu'on peut faire à vélo et je suis plus voilà je suis plus partie dans cette optique là de d'utiliser le sport comme comme moyen de faire des choses. Il y a le sport en soi, puis il y a le sport comme moyen de se sentir bien, et puis comme moyen d'aller au travail, d'aller faire ses courses, pourquoi pas, maintenant que j'ai des sacoches. Et voilà, j'ai un petit peu changé mon cap. Je n'ai plus d'idées trop farfelues en tête.
SPEAKER_01Pour le moment.
SPEAKER_00Je pense que ça reviendra. Pour le moment, profiter du quotidien, profiter de ce qu'on a sous la main, se garder en forme, des petits plaisirs simples.
SPEAKER_01Excellent. Super. Écoute Aline, c'était génial que tu nous fasses découvrir ce projet complet fou que t'as fait, alors je sais que c'est pas le seul je pense qu'on aurait de quoi faire 10 épisodes avec tout ce sur quoi tu t'es impliqué mais en tout cas c'était passionnant que tu nous expliques un peu les différentes étapes, les galères de ce gros défi de quasi 5000 kilomètres mais aussi les moments j'ai l'impression que t'en as tiré de très positif et moi en tout cas ce que je retiens c'est que vraiment c'est un appel pour les gens à se lancer dans leur projet même s'il leur paraisse complètement fou, juste à se se faire confiance se préparer évidemment mais oser se lancer à un moment donné et je pense enfin je suis même sûr que tu vois celles et ceux qui écouteront ton épisode ça donnera sans doute des idées
SPEAKER_00donc merci j'espère en tout cas j'étais ravie de partager ce moment avec toi ça m'a fait très plaisir de me replonger quelques mois plus tard dans cette aventure du mois de juillet et voilà je suis très honorée j'espère que cette aventure donnera des idées sans force aller si loin dans l'aventure, mais je pense qu'on se sous-estime beaucoup et que le corps a des ressources qu'on n'imagine pas, mais qui sont là. Et chez tout le monde
UNKNOWN!
SPEAKER_00Moi, je ne suis pas arrivée là. Après, ça se travaille, c'est sûr, mais ça se travaille au quotidien en allant chercher son pain à vélo, en allant un petit peu plus loin à vélo. Je veux dire, c'est des petites choses mises bout à bout qui font qu'à un moment donné, on est prêt à partir en vacances à vélo, à partir en week-end à vélo, et ce sentiment de liberté d'être avec son vélo, ses affaires sur soi. Il pleut, ce n'est pas grave, j'ai mon cahouet dans... ma sacoche, je le mets sur moi, je vais m'abriter, je vais m'acheter des granolas. Cette liberté d'être à vélo et de faire ce qu'on veut, franchement, je vous le conseille parce que c'est une philosophie, je pense qu'on peut appeler ça une philosophie, qui vaut vraiment le coup de s'y pencher.
SPEAKER_01En tout cas, on sent la passion quand tu en parles.
UNKNOWNC'est génial.
SPEAKER_01Écoute, merci beaucoup Aline, tout le meilleur pour la suite, et puis peut-être à une prochaine sur les routes des Vosges, qui sait
UNKNOWN? Un grand merci à toi, j'espère au plaisir de se revoir sur le triathlon de Gérard. Ouais, où ça, ouais!