Quand je mets la barre haute, parce que le processus revient toujours à ça, le chemin pour me rendre est beaucoup plus riche que si je mets la barre un peu plus basse. Ce n'est pas la taille de l'objectif que je choisis, ce que je choisis c'est un chemin beaucoup plus riche.
UNKNOWNFaire des choses difficiles c'est super important.
SPEAKER_01Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisheur de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver avec mes invités on ira naviguer sur toutes les mers du monde on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en himalaya on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales le deuxième c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ses invités exceptionnels on sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une personne petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Pour cet épisode, j'accueille Sébastien Sasseville et je vous dis tout de suite, Sébastien c'est du frappé première catégorie. C'est le premier Canadien diabétique de type 1 à avoir atteint le sommet de l'Ebreste. Diagnostiqué à 22 ans, il ne s'est clairement pas arrêté à l'ascension du toit du monde. Il a ensuite traversé le Canada en courant, soit 7500 kilomètres parcourus en 9 mois. Il a en fait la même chose à vélo, puis est devenu l'année dernière finisher de la RAM, la Race Across America, considérée comme la course de cyclisme ultra-distance la plus difficile au monde. Le message de Sébastien est simple, absolument tout est possible avec le bon niveau de discipline et de préparation. Ce que je retiens de notre échange, c'est que le premier pas est toujours le plus difficile, mais aussi le plus important. Qu'il est essentiel de se fixer des objectifs challengeants pour continuer à progresser et qu'il faut garder en tête l'importance de l'effet cumulé. Merci à Gabriel de m'avoir suggéré cet invité effectivement hors norme et je vous souhaite une excellente écoute à vous, les Frappés. Bienvenue Sébastien. Bonjour. Ravi de te recevoir en direct de Québec. Je suis toujours très content d'avoir des invités qui viennent du Canada, du Québec en particulier. C'est très chouette. J'ai vécu, j'ai un petit attachement. Je trouve que ça apporte une perspective, une touche de frapperie outre-Atlantique qui est très sympa. Merci beaucoup. Merci à cet auditeur qui m'a recommandé de te contacter. C'est là où j'ai découvert ton parcours et je me suis dit qu'effectivement, Effectivement, il y avait un gros niveau de frappé et que ça pourrait être intéressant de discuter. Donc, ce que je te propose, c'est peut-être tout simplement de commencer par te présenter, nous expliquer qui est
SPEAKER_00Sébastien. Merci pour l'invitation. C'est un plaisir d'être ici. La porte est toujours grande ouverte quand tu veux revenir au Québec. Je m'appelle Sébastien Sasseville. J'ai eu 39 ans pour la quatrième année consécutive cette année. je suis un athlète un athlète d'endurance un athlète d'endurance qui était pas très bon dans les sports étant plus jeune donc le dernier choisi dans l'équipe à l'école primaire et tout ça pendant des années diagnostic de type 1 de diabète de type 1 à l'âge de 22 ans et là c'est la vie qui bascule qui change complètement pour moi c'est pas non plus une illumination donc j'étais pas sportif avant et je le suis Je ne suis pas devenu du jour au lendemain avec le diagnostic, mais ça m'a certainement envoyé sur un meilleur chemin. L'appétit est venu en mangeant et puis avec les années, graduellement, c'est là que j'ai fait ma marque dans le sport d'endurance avec l'alpinisme au départ. Donc, premier Canadien atteint de diabète de type 1 à atteindre le sommet du Mont-Éverest. Évidemment, tout ça s'est précédé par une dizaine d'années, mais de préparation et puis d'alpinisme. Ensuite, je suis passé au sport d'endurance. Donc, j'ai fait une dizaine d'Ironman. J'ai fait la course dans le désert du Sahara. Et là, on me connaît principalement pour la traversée du Canada à la course. Donc, c'était en 2014. Combien de kilomètres à peu
SPEAKER_01près?
UNKNOWN7500 kilomètres.
SPEAKER_00J'avais 7500 en tête. Oui, c'est ça, 7500. 7500 kilomètres en 9 mois. de Saint-Jean-Terre-Neuve à Vancouver. Une aventure incroyable. Et puis, plus récemment, l'ultracyclisme. Donc, une traversée du Canada. Cette fois-là, d'ouest en est. 6000 kilomètres à vélo en 15 jours, 17 heures. Et l'année dernière, le Race Across America. Et ça, c'est une fierté. C'était un bucket list item. C'est la course d'ultracyclisme la plus difficile au monde. J'ai eu la chance des... d'y participer puis de compléter la course. Donc ça, c'est certainement un highlight de carrière. Génial
UNKNOWN!
SPEAKER_01Excellent. Écoute, ça s'annonce être un échange super intéressant, très inspirant, je pense. Tu vois, sur comment est-ce que tu as réussi à, quelque part, accueillir, entre guillemets, ce diagnostic et plutôt que de, j'allais dire, poursuivre ta vie. Non, c'est prendre un envol, prendre une dimension quand même assez exceptionnelle. Mais avant ça, est-ce que tu pourrais peut-être nous parler un petit peu du diabète
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce qu'en tout cas, moi, c'est mon cas. C'est-à-dire que forcément, je pense que beaucoup de gens, tout le monde a déjà entendu parler du diabète. Mais concrètement, à quoi correspond, si tu veux, le diagnostic? Je ne sais pas si c'est très clair pour tout le monde. Est-ce que tu pourrais peut-être nous en dire un petit peu plus?
SPEAKER_00Absolument. La première chose à dire, c'est qu'il y a une distinction à faire entre le diabète de type 1 et le diabète de type 2. Quand on dit diabète, souvent on pense à du diabète de type 2. Et c'est 90% des patients, c'est le diabète qui vient plus tard dans la vie, avec peut-être un peu d'embonpoint, c'est dû à une mauvaise alimentation, pas assez d'exercice, des trucs comme ça. C'est un diabète qui peut s'éviter ou à tout le moins être retardé. Alors que le diabète de type 1, donc le type de diabète avec lequel je vis, est autrefois appelé diabète juvénile, donc ça se déclarait très tôt dans l'adolescence, même avant, et c'est qu'on est insulino-dépendant, donc on ne fabrique plus d'insuline. Le diabète de type 1, c'est une maladie auto-immune, donc c'est mon propre corps qui, un jour, perd la carte, détruit le pancréas pour des raisons inconnues. Et du jour au lendemain, on ne fabrique plus d'insuline. L'insuline, on en a besoin pour vivre. Donc, à partir de ce moment-là, on s'injecte de l'insuline, soit à la seringue ou avec une pompe à insuline, jusqu'à la fin de ses jours. Et donc, c'est un diagnostic où la vie bascule parce que tu es... tu es relativement jeune, tu es en pleine santé, donc le diabète de type 1 ne peut pas s'éviter. Tu peux prendre des bains de sirop d'érable et pas que tout le monde prend des bains de sirop d'érable au Québec, mais les bains de sirop d'érable, ça ne donne pas le diabète de type 1. Moi, j'ai été en pleine santé, donc c'est une mauvaise carte qu'on pige, c'est aussi simple que ça et puis il faut apprendre à vivre après. Mais certainement, c'est une courge de une couche de complexité gigantesque par-dessus la vie de tous les jours-là.
SPEAKER_01Ok, donc la distinction importante, la très grande majorité des diabétiques sont des diabétiques type 2, donc un diabète qui peut s'éviter, si j'ai bien compris, qui est, j'ai l'impression, lié en fait à tes habitudes alimentaires, ton mode de vie, ta sédentarité, etc. Et puis il y a le diabète de la malchance, en fait, les 10% qui arrivent plus tôt, et donc toi, c'est ton cas. Et donc, quand tu fabriques plus d'insuline, et désolé si c'est une question bête, et si pour certains auditeurs... c'est évident, mais le fait de ne plus fabriquer d'insuline, qu'est-ce que ça veut dire? C'est que ta glycémie, ton taux de sucre dans le sang explose, c'est ça?
SPEAKER_00Exactement. C'est que l'insuline, on peut le voir comme une clé. Si on veut vulgariser et imager tout ça, l'insuline, c'est la clé qui permet au sucre de passer du sang à la cellule. Donc, la clé ouvre la porte de la cellule. Donc, si j'ai pas de clé ou pas assez de clé, tout le sucre reste dans le sang. Et là, ça crée une glycémie très élevée, ce qui est très dangereux. Au moment du diagnostic, ce qui se passe, c'est que le corps est bien fait. Donc, le corps a plusieurs façons d'éliminer le sucre s'il manque d'insuline. L'une d'elles, c'est par l'urine. Donc, au moment du diagnostic, les jours, les semaines qui précèdent, on est complètement assoiffé. Donc moi, je me souviens, je pouvais boire un litre d'eau, cinq minutes plus tard, avoir la bouche complètement sèche. C'est fascinant quand tu y penses, là, et être assoiffé encore. Ce qui fait que tu urines cinq, six, sept fois à l'heure. Tu fais le calcul, c'est 100 fois par jour. Clairement, il y a quelque chose qui ne va pas du tout, du tout, du tout. Donc, immédiatement, tu vas voir un médecin et les symptômes sont tellement flagrants que le diagnostic est relativement simple. Le corps a besoin d'énergie et sans le sucre, il trouve d'autres sources d'énergie. Donc, je retourne vers le gras, la deuxième source d'énergie que le corps va préférer brûler. Quand on brûle trop de gras, ça fait des cétones. Donc, c'est dans ces situations-là que les gens ont moment du diagnostic sont en acidosétose. Donc, c'est un état qui peut être très dangereux. Il y a des gens qui peuvent en décéder même. Donc, le diagnostic et les symptômes, ça ressemble à tout ça. Perte d'énergie, perte de poids, urination très fréquente, la vie peut être un petit peu de trouble. Et dans les mois, parce que la destruction du pancréas se fait en quelques mois, donc c'est quand même pas du jour au lendemain. Donc, au tout début, on attribue les symptômes à à la fatigue au stress bon des trucs comme ça et les jours avant
SPEAKER_01qu'on se rende chez le médecin ben là ça devient flagrant ok ok donc le diagnostic tombe du coup une fois qu'est-ce qui se passe une fois que t'as le constat que tu vois que ta glycémie à jeun est beaucoup trop importante et que donc voilà c'est du diabète de type 1 concrètement c'est quoi l'impact pour toi enfin pour toi pour toi oui évidemment en particulier, puisqu'on se parle tous les deux, mais pour les gens qui ont ce diabète de type 1, qu'est-ce que ça implique comme changement au quotidien?
SPEAKER_00C'est une excellente question. Ça implique qu'on doit prendre de l'insuline pour vivre. Et le dosage, c'est là où tout se complique. Dans le sens où, si je pouvais me donner quelques unités d'insuline le matin, il n'y a pas de gestion, tout se roule pendant la journée, ce ne serait pas si pire que ça. Alors que le diabète de type 1, c'est à chaque fois que je consomme du sucre et des glucides, donc dans le pain, dans les pommes de terre, partout il y a des glucides en fait, il faut injecter la bonne quantité d'insuline. à tout ça. Et juste là, encore une fois, ça, c'est pas très agréable, mais c'est relativement simple. Et ce qui fait que le quotidien d'un diabétique de type 1, et moi, je suis constamment en train de faire des calculs, puis de réfléchir à ce que j'ai mangé, puis au dosage, etc., etc. Puis oui, maintenant, il y a des outils qui ont automatisé ça, mais on peut pas tout laisser rouler ça tout seul. Il faut quand même intervenir très fréquemment. Mais le défi, c'est qu'il y a plein d'autres facteurs acteurs qui impactent le dosage requis. Donc, si je suis malade, si je fais du sport, la température, le type d'exercice, il y a des sports où j'ai besoin de plus d'insuline, il y a des sports où j'ai besoin de moins d'insuline, le type de glucides. Donc, il ne s'agit pas simplement de trouver la bonne quantité d'insuline, c'est le timing de cette injection-là. Donc, si je prends un verre de jus d'orange, ces sucres-là sont extrêmement rapides, se retrouvent dans le sang très rapidement. Si je mange de la pizza, beaucoup plus plus gras avec la protéine. L'absorption se fait beaucoup plus lentement. Donc, la même dose requise ne peut pas tout être injecté au départ. Il faut l'étirer. Donc, ça devient la qualité du sommeil, l'alcool, les cycles menstruels. Je veux dire, la maladie, j'ai une grippe. Tout ça a un impact sur le dosage qui fait que c'est complexe. C'est vrai 24 heures sur 24, 365 jours par année, et ça demande énormément de travail et d'attention.
SPEAKER_01Donc, ce n'est pas juste, comme tu dis, donner à son corps la bonne quantité de clés en début de journée et puis après, on est bon pour 24 heures. C'est vraiment une question de dosage permanent selon ce que tu fais, ton environnement, etc. La contrainte est réelle, en
SPEAKER_00fait. Totalement. C'est pour ça qu'au niveau psychologique, le diabetes, le burn-out et puis tout ça, si on était diabétique de type 1, 3 jours par semaine, ça serait facile que la compliance soit presque parfaite. Tu fais ce qu'il faut, c'est pas trop contraignant, et ensuite de ça, t'as une pause. Mais là, t'as jamais, jamais, jamais, jamais de pause. Et pour moi, c'est ça le... l'aspect le plus difficile de cette maladie-là, c'est que c'est tout le temps. Tout le temps, tout
SPEAKER_01le temps. Ça, tu le savais au moment où tu as eu le diagnostic? T'avais connaissance de cette réalité?
SPEAKER_00Ah! Un peu, parce que mon frère a été diagnostiqué avant moi. Donc, je viens d'une famille, on est trois enfants, je suis le plus vieux, mon frère est au milieu, et lui a été diagnostiqué le premier. Donc, ça, ça fait 25 ans. À l'époque, les outils étaient complètement différents, beaucoup moins avancés, beaucoup moins flexibles. Donc, c'était encore plus contraignant, puis les résultats qu'on atteignait étaient beaucoup moins bons. Donc, moi, je l'avais vu passer à travers tout ça, c'était loin d'être facile. À l'adolescence, en plus, à un âge où il y a déjà... d'autres trucs qui rendent tout ça encore plus difficile. Donc, j'avais une certaine familiarité
SPEAKER_01avec ce qui s'en venait. OK. OK. Et donc, quand on parle de pompe à insuline, c'est qu'en fait, c'est quoi? Tu as un dispositif qui t'accompagne partout, que tu peux déclencher et qui t'injecte une quantité d'insuline selon ce que tu demandes, en fait, c'est ça?
SPEAKER_00Exactement. Donc, la pompe fait deux choses. La première des choses, elle injecte un débit bi-constants d'insuline parce que même si on ne mange pas, on a besoin d'un taux de base. Donc, c'est une quantité infime d'insuline, mais qui est absolument nécessaire. Sans ça, la quantité part en flèche. Quand je dis infime, ce n'est pas si exact que ça parce que la partie taux de base de ma dose quotidienne totale représente à peu près 50%. Donc, ça, c'est important. Ce taux de base-là change en fonction du moment de la journée, de l'activité. Si j'ai couru trois heures ou pas du tout. Le taux de base ne sera pas le même aujourd'hui. Et par-dessus tout ça, la pompe, à chaque repas ou à chaque fois que je prends des glucides ou à chaque fois que je veux faire une correction parce que pour raison X, la glycémie est trop haute, bien là, je peux aller jouer dans la pompe et lui dire donne-moi deux unités, donne-moi huit unités. Maintenant, la pompe a un certain niveau d'automatisation. Donc, la pompe combinée à un lecteur de glycémie en continu, Donc autrefois, on testait la glycémie au bout du doigt. Maintenant, c'est une petite sonde qui est installée et puis j'ai ma lecture en temps réel en continu. Donc en s'appuyant là-dessus, la pompe peut décider de me donner de l'insuline. Donc ça, ça allège un petit peu le fardeau, mais encore une fois, ce n'est pas une guérison. Puis il faut quand même que le patient intervienne très, très, très fréquemment pour aider
SPEAKER_01l'algorithme. D'accord. Et donc l'insuline, elle se présente sous quelle forme? C'est des capsules pour ta pompe, je veux dire, c'est des recharges liquides
UNKNOWN?
SPEAKER_01ça ressemble
SPEAKER_00à quoi? Oui, l'insuline, ça vient en toute petite fiole. On ne met pas la fiole de verre dans l'insuline. Donc, c'est une cartouche qui est faite spécialement pour la pompe. Donc, on puise l'insuline dans la petite cartouche, la petite fiole de verre. On la pousse dans la cartouche qui est faite pour la pompe. J'attache ça à la pompe et typiquement, j'ai de l'insuline pour à peu près trois jours. Donc, à tous les trois jours, en plus des calculs constants, le je dois changer toute cette quincaillerie-là, remplir
SPEAKER_01la pompe, charger la pompe, etc., etc. Ouais. OK. Wow. Punaise. OK. Donc, je pense qu'on va en parler après parce que là, j'ai plein de questions qui me viennent, tu vois. Typiquement, tu fais l'Everest. C'est une question, si je ne me trompe pas, d'à peu près deux mois d'expédition. Donc, comment tu... Enfin bon, on va en parler après. OK. La complexité a l'air quand même phénoménale vu ce que tu as réalisé. Ok, donc le diagnostic tombe, tu as 22 ans, tu avais une petite connaissance, tu voyais à peu près la réalité d'un diabète de type 1 à travers les yeux de ton frère, à travers l'expérience de ton frère. Mais à quel moment est-ce que... Parce que là, tu vois, en lisant un peu ton histoire, désolé, je pose trois questions dans la question, mais en lisant ton histoire, j'ai un peu l'impression que le diagnostic est tombé, qu'il y a eu une certaine période de digestion et qu'ensuite, boum, en fait, tu t'es appuyé là-dessus et qu'il y a eu une espèce de... renaissance que c'est un peu comme si finalement ça avait été une clé qui a ouvert tu vois qui t'a permis d'accéder à ton plein potentiel un peu comme si tu t'étais pris un mur le choc wow j'ai ça et puis en fait boum du coup je vais faire des choses incroyables c'est l'image que j'en ai donc est-ce que ça s'est passé comme ça est-ce que tu dirais que c'est juste ou pas vraiment
SPEAKER_00un peu un peu comme je disais ça n'a pas été du jour au lendemain que je suis devenu un super athlète tu utilises le mot tu sais c'est une clé qui a donné accès au plein potentiel Moi, ce que je dirais, c'est que c'est une situation qui a donné énormément d'outils, dans le sens où je n'étais pas vraiment un athlète avant le diagnostic. J'avais énormément d'idées, de projets, de rêves. Cela dit, aucune structure, aucune discipline, aucune résilience. Donc, je suis un jeune homme en début de vingtaine, je suis à l'université, je passe beaucoup plus de temps au pub qu'au gym, donc, tu sais, histoire très, très, très typique. Beaucoup de paroles, pas beaucoup d'actions. Et le diagnostic, c'est tout d'abord, c'est une dose, c'est un wake-up call, c'est un reality check, c'est une leçon d'humilité, c'est on n'est pas invincible La santé, c'est important. Il ne faut pas le prendre pour acquis. C'est énormément de travail et puis de choses que je dois faire. Ce n'est rien d'agréable dans tout ce qu'on a décrit en début d'épisode. Mais grâce à tout ça, j'apprends une discipline, j'apprends une résilience. et mes cercles d'influence changent. Mon réflexe au début du... c'est de me dire, bien, je vais faire plus de sport, je vais prendre soin de moi. Puis là, je veux le répéter, je n'ai pas été diagnostiqué à cause que je ne prenais pas soin de moi, mais c'est quand on diagnostique, on dit, bien, si tu manges bien, la gestion de la glycémie va être plus facile. Si tu fais du sport, la gestion de la glycémie va être plus facile. Si tu prends moins d'alcool, la gestion de la glycémie va être plus facile. Donc, moi, je voyais une voie... C'est comme si on m'avait forcé à avoir un style de vie beaucoup plus... J'ai énormément de gratitude pour ça parce que je ne suis pas certain que ça se serait produit. Et là, un pas à la fois, tu rencontres des gens qui font des choses extraordinaires, tu rencontres des gens qui se dépassent, qui se couchent tôt, qui se lèvent tôt, qui mangent bien, puis tu découvres tout ce monde-là. Tu te mets à en vouloir plus. J'ai commencé à faire des projets. Cette idée d'Everest, de passer du rêve à un projet. Et là, on se met à travailler dessus plus concrètement. Et puis, c'est pour ça que j'ai beaucoup de gratitude pour la maladie. Ça m'a outillé. Excellent.
SPEAKER_01Donc, tu disais que ça a été progressif, cette montée en puissance sur ton parcours de sportif, d'aventurier. Le premier gros milestone, ça a été quoi? Ça a été l'Everest, justement? Oui. La première grosse réalisation,
SPEAKER_00oui. Oui, mon Everest, définitivement. Et puis, c'est drôle parce que tu reviens du mon Everest et puis tu te demandes, tu sais, est-ce Est-ce que ça va être ça, le point d'exclamation sur ma vie? Comment je vais battre ça? Et puis, c'est fou à quel point aujourd'hui... Et puis, ça fait déjà 15 ans. Ça va faire 15 ans au mois de mai, le sommet. C'est incroyable quand la vie passe vite. Aujourd'hui, je suis très fier, mais c'est devenu un petit peu plus une note de bas de page pour plein de raisons. Ce que je retiens... La raison pour laquelle l'Everest, ça a été un tremplin, puis je comprends que, puis j'avais 28 ans quand j'ai fait le Mont Everest, je comprends que c'est pas tout le monde qui se réchauffe avec ça, mais c'était un tremplin parce que quand les gens posent la question comment tu t'es senti à la fin, quand c'était terminé, pour moi, ça n'a pas été une finalité, ça a été le départ de tout ce que je voulais faire. Il y a une chose qui m'a beaucoup porté pendant tout ce projet-là, c'était le sens, c'était l'impression impact, c'était à quoi ça allait servir cette chose-là, qu'est-ce que ça allait vouloir dire pour un jeune qui vient d'être diagnostiqué avec le diabète de type 1, qui boit du noir, qui est triste, qui est déprimé, qui a l'impression qu'il vient de se faire arracher le restant de sa vie alors que c'est vraiment pas le cas. Donc je savais que ce sommet-là serait très riche en sens et allait aider des gens. Autant dans la planification que l'exécution d'un projet comme ça, à tous les jours, il y a des défis, des obstacles, des embûches, des choses qui... Et c'est à ça que je me suis rattaché pendant très longtemps, jusqu'à la toute fin. Je me rappelle la nuit où on poussait vers le sommet, c'est là où ça passe ou ça casse, et il y avait énormément de difficultés, c'était loin d'être facile, puis j'étais branché, branché, branché, branché sur cette idée-là que ça allait servir à quelque chose, puis il allait que j'arrive en haut parce que je savais qu'à quelque part, pour un jeune, ça allait avoir
SPEAKER_01beaucoup d'impact. Donc, ce projet-là, il est précieux à cause de ça. Punaise. Super inspirant. Et du coup, alors, c'est peut-être une question très pratico-pratique, mais quand tu es le camp de base, il est, si je ne me trompe pas, à 5400 mètres, si j'ai bonne mémoire. Le dernier camp, il est à quoi? 8500, quelque chose comme
SPEAKER_00ça? Non, le Le camp 4, dans le South Call, on est juste à, disons, 8000 mètres. Et le sommet est à 8850.
SPEAKER_01Ouais, OK. Donc, t'es quand même... Dès que t'as passé le camp de base, je... Je ne suis jamais allé aussi haut, mais j'ai fait le mont Calapatar, le sommet Calapatar qui est en face du camp de base. Déjà à 5600 mètres, qui est le plus haut où je ne suis jamais allé, c'était compliqué. Je me rappelle avoir grignoté un biscuit et en même temps, je voulais prendre une photo, faire une vidéo pour ma famille. J'étais en train de m'étouffer parce que je n'arrivais pas à respirer, à faire les deux en même temps. Je me dis, alors attends, quand tu dois gérer le froid extrême, l'altitude, l'oxygène, tu l'as fait avec oxygène,
SPEAKER_02l'ascension
UNKNOWN?
SPEAKER_01plus ton diabète de type 1. Concrètement, comment tu as fait ça? Comment tu visais pour prendre, tu vois, ta glycémie au camp 4 quand tu ne peux pas dormir, que tu t'étouffes? C'est quand même... Ça a dû être particulier.
SPEAKER_00Oui, c'est des années de préparation parce que, ce qu'il faut dire, l'insuline, si ça gèle, ça ne marche plus. Donc, c'est tout. C'est ça. C'est pour ça que je te
SPEAKER_01demandais tout à l'heure si c'était liquide les recharges.
SPEAKER_00Oui. Donc, Et c'est bon température pièce pendant 30 jours. Donc, là, on part d'une expédition de deux mois, on est parti de la maison trois mois. Il n'y a pas de frigo au camp de base. Donc, non seulement l'insuline ne peut pas geler, mais il y a une partie de tes stocks qui doivent être réfrigérés, si tu veux qu'ils fonctionnent deux mois plus tard. J'ajoute à ça, pour la lecture de la glycémie, les lecteurs qu'on utilisait à l'époque, puis les lecteurs encore aujourd'hui, soit approuvé jusqu'à 10 000 pieds. Le camp de base est à 17 000. On commence, là. Donc, la... Ce n'est pas vrai qu'en cas, on teste la glycémie. Parce que je l'ai essayé et les résultats sont complètement imprécis. Ça ne fonctionne pas. Donc, il faut, tu arrives tellement préparé que ton diabète s'en va sur l'autopilote. Tu sais exactement quoi manger, combien prendre d'insuline, etc., etc., Dans mon cas, la gestion de ma glycémie n'était pas nécessairement parfaite non plus. Donc, ce n'est pas vrai que ma glycémie était parfaite tout le long. Mais ce que je voulais, c'est que ça soit sécuritaire. Ça, c'était indiscutable, non négociable et que ça permette un bon niveau de performance. Donc, je pourrais en parler pendant des heures et des heures, puis ça devient presque ennuyant. Donc, le stockage de l'insuline, c'est important. Le transport, important. Tes mécanismes, tes contingences. Donc, tu as beau avoir deux litres d'insuline, si tu as un seul flacon de deux litres et que celui-là brise ou gèle, bien, tu n'as plus rien. Donc, ça emprunte un petit peu partout. Il fallait être prêt pour... Moi, j'ai porté une pompe à insuline jusqu'au sommet. Si il y a un pépin avec la pompe, il fallait être prêt pour retourner aux injections à tout moment. Donc, il y a des années de pratiques, de scénarios et de discussions avec l'équipe médicale puis de planification des pires scénarios possibles puis tout ça pour dire que moi je me souviens être arrivé au camp de base et me dire au point de vue du diabète je me sentais en totale confiance j'étais zen Et on avait l'impression d'avoir tout fait pour que ça se passe bien. Puis moi, je ne voulais pas que le diabète soit la cause d'un échec ou de ne pas atteindre le sommet. Premièrement, c'est la montagne qui décide si tu arrives en haut. Tu dois être le meilleur alpiniste au monde. C'est la montagne qui décide, c'est la météo qui décide. Donc, j'étais à l'aise de ne pas atteindre le sommet si c'était une histoire de météo, mais je ne voulais pas que ça soit le
SPEAKER_01diabète. OK. Et donc, concrètement, comment ça s'est passé pour le stockage? Ça a été quoi la solution que tu as trouvée?
SPEAKER_00Pour le camp de base, c'est de l'insuline dans des thermos avec un petit thermomètre à l'intérieur. On se sert de glace, on le met dans le sac de couchage, on le sort à l'extérieur. L'insuline, c'était beaucoup de travail. C'était la partie la plus stressante parce qu'il n'y avait pas d'erreur possible. Il y a aussi, il faut séparer les stocks dans le sens où Quand j'arrive là, je peux avoir une certaine partie de mon insuline qui est sur moi, température pièce, puis celle-là va être bonne pendant 30 jours. Donc, j'ai vraiment, j'ai deux, trois fioles à garder réfrigérées le premier mois. Et si je réussis à faire ça parfaitement, bien là, je peux sortir ces fioles-là, les garder sur moi, puis que ce soit température pièce, puis j'ai un autre 30 jours devant moi. Puis ça, j'ai le souvenir d'arriver à peu près à la mi-parcours avec de l'insuline qui avait été stockée convenablement, puis c'était une grande victoire parce que je savais que la partie difficile était passée. Il y avait de l'équipement, tu sais, dans les sacs de mes compatriotes. Il y avait de l'insuline à quatre d'où, au cas où, on savait combien ça prenait de temps que cette insuline-là arrive au camp de base si moi j'avais un pépin, donc si c'est une grande déception, puis l'insuline gèle au camp de base, bien c'est triste, c'est plate, mais il faut être capable de repartir de là vite aussi, donc il y avait les filets de sécurité aussi, donc le message ici, je pense qu'il n'est pas tant dans les détails que dans... Oui, c'est difficile, cette maladie-là. Oui, c'est un gros obstacle que je n'ai pas choisi. Mais avec beaucoup de travail, avec une tonne de travail, il y a moyen d'y arriver et puis de faire des grandes choses, même si
SPEAKER_03on
SPEAKER_00est atteint d'une
SPEAKER_01maladie comme ça. Oui, clairement. C'est ce que j'allais te demander au-delà de comment tu t'es senti en arrivant au sommet. Mais c'est plus, tu vois, quelles ont été les prises de conscience que tu as eues une fois que tu es revenu à Québec après avoir fait... après avoir fait l'Everest et que toute cette préparation et la réalisation jusqu'au sommet a été
SPEAKER_00un succès super intéressant Oui. Non, il y a énormément de choses. C'est la préparation. Moi, je suis revenu là avec une conviction que je pouvais faire des choses très difficiles, des grandes choses. Ça t'inspire à mettre la barre encore plus haute. Puis ça t'inspire aussi à toujours avoir ce carburant-là ultime qui est la raison pour laquelle on fait ce qu'on fait. Ça, je l'ai vraiment senti pendant ce projet-là. Puis ça a été très déterminant pour le reste de ma vie et des autres
SPEAKER_01projets. Excellent. Excellent. Donc, les vrais, c'était en 2008, si je ne me trompe pas. Donc, 28 ans à ce moment-là. Belle réussite. Ça a été accueilli comment au Canada? Il y a eu de la communication, du coup, autour de ce que tu avais fait?
SPEAKER_00Oui, oui, absolument. Absolument. Beaucoup dans la communauté diabétique, dans les médias aussi à l'époque ici. Puis là, je souris, ça fait déjà 15 ans. Donc, j'avais fait une petite tournée dans les médias. J'ai fait énormément de conférences dans les cercles plus relatifs au diabète pour parler de ça, mais encore une fois, pour parler de pourquoi, puis parler de ce que ça voulait dire. Je voulais vraiment que... Pour moi, c'était... Je ne voulais pas le dire, je voulais le faire, je voulais le montrer, puis je voulais un exemple flagrant qu'on peut faire des grandes choses.
SPEAKER_01Oui. Donc, une fois qu'on a fait les en ayant un diabète de type 1 dans quoi est-ce qu'on se lance derrière pour continuer à inspirer encore plus à toujours montrer que l'impossible est possible même avec un diagnostic comme le
SPEAKER_00tien ce qui s'est passé par la suite c'est que c'est une dizaine d'années qui se terminaient où Tout ton temps va sur ce projet-là, toute ton énergie, tous tes sous, toutes tes vacances, tout y passe. Donc, je voulais faire quelque chose de différent. Je n'avais pas nécessairement prévu d'arrêter de faire de l'alpinisme. Et j'avais des amis qui faisaient un« Ironman». Et c'était tous des diabétiques de type 1. C'est un groupe qui m'a beaucoup inspiré. Puis il y avait des gens en pleine santé là, avec des superbes habitudes. Donc j'ai embarqué dans le groupe. On a fait quelques Ironman ensemble. Et puis là, c'est là que je suis tombé en amour avec le sport d'endurance, la course d'endurance et puis tout ça. Je n'ai jamais vraiment regrimpé. Donc ça s'est terminé par accident, mon histoire d'amour avec l'alpinisme. après une dizaine d'années. Et c'est ça qui a ouvert la porte vers la course dans le Sahara. Puis en revenant de la course dans le Sahara, j'avais pris un petit peu de confiance là, ça s'était bien passé. Et puis, c'est suite à cette expérience-là que je me suis dit, je pense que je pourrais courir presque un marathon par jour, traverser le Canada à la course. Pour moi, ce projet-là, il résonnait beaucoup à cause de sa nature, à cause du bruit qu'on pourrait faire, encore une fois, dans les médias, parler de la cause, rencontrer des gens dans la communauté, dans des communautés différentes à tous les jours. Donc, tant le projet sportif, le défi sportif, la logistique, c'était super intéressant. C'est un gros projet. Et l'impact qu'il pouvait avoir, le bruit qu'il pouvait faire pendant longtemps aussi, ça, c'était très attirant. Donc, ce projet-là, j'ai beaucoup
SPEAKER_01aimé ça. Excellent. Comment est-ce qu'on se prépare à une traversée à pied du Canada, enfin à pied en courant du Canada et qui a un effort j'aurais tendance à dire peut-être très différent tu vois d'un Everest où oui il y a la préparation qui est longue mais finalement le temps d'effort une fois que tu pars du camp de base il est relativement court mais là c'est 9 mois 9 mois d'épreuve entre guillemets de défi donc comment est-ce que tu l'as abordé d'un point de vue évidemment physique mais aussi peut-être mental ce nouveau
SPEAKER_00défi au point de vue physique Je voulais être sur le fil départ, prêt et préparé, mais en pleine forme. Je voulais être reposé aussi. Donc... La préparation, évidemment, il y a du volume, il n'y a pas tant de vitesse et tout ça. La traversée du Canada à la course, moi, l'idée, c'était de le compléter. C'est vraiment l'objectif lui-même qui va dicter une partie de la préparation et de la logistique. Quand tu fais un Ironman ou un marathon, tu as un objectif de performance. La traversée du Canada à la course, c'est un objectif de le compléter. Donc, personne ne me demandait à quelle vitesse du cours tes marathons quotidiens. Mais l'idée, c'est qu'il ne fallait pas qu'il se produise de blessures à mi-chemin et puis tout se termine. Donc, oui, la course, mais beaucoup de préparation au niveau conditionnement physique pour apprendre à bien courir, à plus symétrique. Beaucoup de préparation pour arriver à éviter ou retarder les blessures ou réduire la sévérité des blessures. Beaucoup de préparation en en préparation mouvement, donc les routines avant et après chaque marathon. Pense à la récupération, la nutrition et puis tout ça, puis la logistique. C'est toujours ce que j'ai aimé de ces grands projets-là. C'est des expériences extrêmement riches, extrêmement pleines. L'acte sportif, c'est la pointe de l'iceberg. Donc, tout ce que tu dois mettre en place autour pour que ça fonctionne. L'équipe, les médias, les voitures, les commandites, tout ça... Hum. C'est des expériences
SPEAKER_01riches. Excellent. J'imagine que comme dans tout bon projet, il y a eu des imprévus, des choses difficiles à gérer qui sont venus un peu perturber les plans. C'est d'ailleurs à ça que servent les plans, à être perturbés. Est-ce qu'il y en a un en particulier sur cette aventure qui t'a marqué et dont tu as tiré des enseignements
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est une bonne question. Pendant la traversée Verser du Canada à la course, c'est drôle à dire, mais je ne pense pas qu'il y ait eu de pépins majeurs. Le plus difficile, c'était de trouver de la motivation à tous les jours, parce que le départ, c'est le fun. Les médias sont là, ça fait un an que tu prépares tout ça, tu passes à la maison, bon, c'est le fun. Mais il y a des grandes sections, je pense au nord de l'Ontario, Il y a une section de 1500 kilomètres, je pense qu'il y a quatre maisons. Donc, cette section-là, c'est difficile parce qu'il pleut, il fait chaud, il fait froid. Peu importe, il faut que tu sois là tous les jours et que tu cours. Donc, de garder une connexion sur le sens et avoir du plaisir aussi à tous les jours, c'est super important. La discipline
SPEAKER_01aussi, peut-être, non? Tu t'expliquais que c'est peut-être ça que tu avais appris, la discipline, la
SPEAKER_00résilience. Oui, oui, puis c'est quelque chose qui ressort de tout ça, c'est la résilience, c'est pas un attribut, c'est une pratique. Donc, c'est pas quelque chose que j'ai ou j'ai pas, c'est ma résilience, elle se travaille à tous les jours dans plein de petits choix, dans plein de petits actes quotidiens de résilience, de se lever quand le cadran sonne, de s'habiller pour la pluie quand il pleut, tu sais, des choses simples, simples, simples comme ça, pour exercer le muscle, puis ça, ça c'est riche comme apprentissage, effectivement. Excellent. Je me le note. La
SPEAKER_01résilience n'est pas un attribut, mais une pratique. Excellent. Ça ferait une super citation. Génial. Sur tes traversées du Canada en courant, tu es allé au bout, 7500 kilomètres, 9 mois. Tu as enchaîné avec la même chose dans l'autre sens, à vélo, si je ne me trompe pas. Toujours l'objectif de traverser le Canada.
UNKNOWNEuh...
SPEAKER_01Tu dirais que le message qui inspire le plus peut-être, c'est de ces deux défis que tu as complétés. Est-ce qu'il y en a un qui ressort
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que c'est le fait que tu as réalisé ça en étant diabétique de niveau 1
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que c'est le fait que peut-être que c'était des premières
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que c'est le fait que tu as réussi à enchaîner les deux
UNKNOWN?
SPEAKER_01Qu'est-ce qui a marqué les esprits avec ces deux aventures
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il y a des grands messages, je pense, qui sortent de tout ça. Puis je ne sais pas si message, c'est le bon mot. Tu sais, là, on est bombardé de sportifs, comme moi, avec leur message. Puis tout le monde nous dit quoi faire dans la vie. Bon, moi, je vais dire ce que j'ai appris, puis ce qui m'a fait du bien, puis ce qui m'a fait grandir. La première des choses, c'est le pouvoir du premier pas. dans les grandes choses, dans les petites choses. Tout le monde me demande le truc. C'est quoi le truc pour commencer? Bien, le truc pour commencer, c'est de commencer. C'est aussi simple que ça. Accepter qu'on n'a pas toutes les réponses. Pas attendre d'être sûr que ça va marcher. Les réponses sont dans le processus, puis souvent, il faut se lancer, avoir un objectif, mais être ouvert au fait que l'univers peut-être a quelque chose d'encore plus grand à nous apprendre que le petit petit objectif qu'on s'est fixé. Tu sais, donc, commence, puis laisse le processus te bercer et puis t'aider, puis si t'arrives à l'objectif, tant mieux, puis si t'arrives pas à l'objectif, il va y avoir quelque chose peut-être d'encore plus grand, plus intéressant, ou un objectif que tu pensais même pas qui existait. Donc, le concept du premier pas, pour moi, il est tout simple, super important, ça guide ma vie, puis au final, j'aide énormément les gens à faire ça, tu sais, la conférence, moi, je suis principalement en entreprise, je parle de travail d'équipe, d'agilité, puis de leadership, puis tout ça, mais les gens sortent de là, puis avec le désir de commencer, de faire un premier pas, personnel ou professionnel. Je reçois plein de courriels, je suis allé courir pour la première fois en huit ans, j'ai lancé mon entreprise, j'ai quitté mon emploi, j'ai quitté mon... Il y a beaucoup de premiers pas courageux qui se font après. Donc ça, c'est important. Ensuite de ça... Et
SPEAKER_01peut-être juste sur ce point, pardon Sébastien, mais qu'est-ce qui fait, tu penses, qu'après t'avoir écouté, les gens passent à l'action? Parce que j'en parle souvent, c'est vrai que c'est quand même un constat, finalement, on a tous la recette. Elle est très facile à trouver. On sait tous que si tu mets en place de bonnes habitudes alimentaires, d'hygiène de vie sportive, que ça a un impact positif sur ta vie. Malgré ça, on n'a jamais autant consommé de médicaments, on n'a jamais eu autant d'obèses que ce soit en Amérique du Nord, en Europe, etc. Donc, le passage à l'action, effectivement, comme tu dis, moi, je suis convaincu que le premier pas, c'est peut-être le plus difficile mais le plus important. Mais la réalité, c'est qu'il Il est très difficile à faire. Donc, tu penses que dans ton message, ça a été quoi l'élément qui fait que les gens ont eu ce déclencheur et sont passés à l'action plutôt que de juste consommer une conférence
SPEAKER_00inspirante? C'est une superbe question. Je pense que je parle beaucoup du processus et puis je le rends agréable, je le rends fun, je le... je le dédramatise, je leur dis, les gens comprennent que après un premier pas, il va y avoir des erreurs, puis des imprévus, puis tout ça, puis ça, c'est pas négatif, c'est la partie la plus fun, c'est la partie la plus intéressante, tu sais, fait que je rends, ou je fais, j'aide les gens à réaliser que le processus, il est super agréable, peu importe ce qui se passe, des fois ça marche, des fois ça marche pas, j'ai plein de gros échecs dans ma vie, j'ai plein de succès, mais tu te lances dans le processus, puis c'est ça la partie le fun, parce que le semestre du moins vrai, c'était là 5 minutes. J'ai rêvé ça toute ma vie, t'arrives en haut, t'es là 5 minutes, 300 secondes. Donc, il faut vraiment être en amour avec le processus, être en amour avec se lever le matin, en amour avec aller s'entraîner. Des fois, c'est un bon entraînement, des fois, c'est un mauvais entraînement. Il ne faut pas vouloir perdre du poids, il faut vouloir manger pour la longévité, parce que je me sens bien aujourd'hui. Donc, je pense que j'aide les gens à prendre conscience que le processus, il Il est extraordinaire. On ne fait pas un premier pas parce qu'on a peur que ça ne marche pas, parce qu'on a peur de se casser la figure, parce qu'on a peur d'échouer. Tout ça, je m'en fous complètement. Moi, c'est... Le succès, je ne pense plus à ça. Puis le Race Across America, c'était ça. Mon objectif, c'était... C'est vivre... L'important, c'est accumuler des expériences de vie enrichissantes.
UNKNOWNHum.
SPEAKER_00Race Across America, j'aurais pu ne pas terminer la course. C'est accumuler des expériences de vie enrichissantes. Quand on enlève le concept d'échec et de succès, le premier pas devient beaucoup plus facile parce que je suis devant quelque chose qui est uniquement agréable, qui est uniquement formateur. Tout le monde veut faire ce premier pas-là. Je pense que c'est pour ça qu'il y a des vraies choses qui se passent après. Ça, c'est une première chose. L'idée de faire des choses difficiles. Deuxième chose, ça, c'est super important. Faire des choses difficiles. Encore une fois, en enlevant le concept d'échec ou de succès, c'est une grosse partie de mon parcours. Mettre la barre haute. C'est pas parce qu'il y a seulement le Mont-Everest et les grosses courses les plus heureux au monde. Moi, je mets la barre haute parce que le processus, ça revient toujours à ça. Le chemin pour me rendre est beaucoup plus riche que si je mets la barre un peu plus basse. Donc, c'est C'est pas la taille de l'objectif que je choisis. Ce que je choisis, c'est un chemin beaucoup plus riche. Puis pour ça, pour moi, c'est beaucoup plus attirant, pour des raisons évidentes. Donc, faire des choses difficiles, c'est super important. Et le troisième puis le dernier point, c'est tout simple aussi. Je dis souvent à mon métier, moi je dis des choses, je dis aux gens des choses qu'ils savent déjà. Je comprends ce que je fais. Je ne suis pas un chercheur ou un gagnant de prix Nobel, mais l'important, ce n'est pas de savoir ce qu'il faut faire, c'est faire ce qu'il faut faire. C'est là aussi qu'il y a un déconnecte des fois. Le troisième point de mon parcours, c'est un pas à la fois. C'est aussi simple que ça. C'est une histoire de constance, d'humilité, puis le pouvoir des petits pas. Toute ma vie, c'est ça. Au niveau financier, au niveau sportif, c'est un petit pas une fois par année, ça ne sert à rien. Mais un petit pas tous les jours, c'est incroyable à quel point tu vas loin. Mais ça revient au problème de société qu'on a mis tantôt. C'est qu'on veut tout avoir, puis on le veut rapidement. Puis ça, c'est un cancer. Ce n'est pas bon du tout.
SPEAKER_01Oui. L'effet cumulé, c'est ça. En fait, le pouvoir de petits pas, c'est
SPEAKER_00un peu ça puis toutes ces choses-là le compounding effect puis le pouvoir des habitudes j'ai rien inventé on est des milliers à parler de ça mais il n'y a pas beaucoup de gens qui le font en fait pas assez de gens qui le font et c'est tellement simple c'est tellement simple mais il faut prendre un peu de temps un
SPEAKER_03petit peu de discipline
SPEAKER_00hum
SPEAKER_01je suis assez d'accord avec toi sur la discipline Mike Horn en parle souvent tu vois de cette idée de discipline versus motivation et je serais curieux de savoir ce que t'en penses mais l'exemple qu'il donne c'est que tu vois quand il fait moins 50 qu'il est en Antarctique ou en Arctique bah évidemment qu'il est pas motivé à sortir de sa tente tu vois mais il a la discipline de le faire encore et encore et encore et c'est ça qui fait la différence et c'est vrai que c'est une notion que je retrouve pas mal j'ai créé mon entreprise il y a un peu plus d'un an que je retrouve aussi beaucoup maintenant dans le monde de l'entrepreneuriat que je voyais pas quand j'étais chez Apple puisque j'étais dans un cadre voilà existant très cadré mais maintenant je me rends compte tu vois en fait l'entrepreneuriat ou tu vois le fait de devenir conférencier je pense pour toi c'est un peu ça aussi c'est bah tu as des tu te prends des portes il y a des échecs des choses qui se passent pas comme prévu et en fait la différence moi je suis pas convaincu que ce soit la motivation parce que je pense qu'elle fluctue mais c'est cette capacité à continuer, tu vois, essayer de réouvrir d'autres ports, de se relancer, de repartir chaque jour. Et c'est peut-être ça aussi qui fait la différence dans le monde de l'aventure, d'expédition, des défis sportifs.
SPEAKER_00Qu'est-ce que tu en penses? J'adore ça, puis ce qui vient comme la self-discipline, la discipline, c'est super important, c'est un de mes grands thèmes pour 2023, parce que je ne l'ai pas toujours Donc, le message ici, c'est difficile pour tout le monde. Il n'y a personne de parfait. Je ne suis pas discipliné tous les jours. Tout ça est absolument normal. Donc, il ne faut pas avoir une vision trop parfaite de ce qu'on veut et arrêter parce qu'on ne le fait pas parfaitement. C'est bâtir l'habitude, maintenir l'habitude. Donc... Tout ce qui est motivation, ça a été étudié, puis étudié, puis étudié. Je peux être motivé à faire 25 push-ups tous les matins, et puis vraiment vouloir le faire. Mais parce que je suis pressé le matin, la vie va vite, j'oublie de le faire. Je suis motivé à le faire, mais je ne le fais pas. Il y a plein d'ouvrages scientifiques qui nous expliquent un peu la mécanique de comment y arriver. Une chose simple, ça prend un rappel, un« trigger» Il faut que l'habitude soit facile. Il y a des façons d'augmenter sa discipline. c'est
SPEAKER_01super intéressant je sais plus où est-ce que j'avais lu ça c'était peut-être dans le livre de Darren Hardy justement sur Campan Effect mais je suis pas sûr il donnait l'exemple tu vois d'une habitude à mettre en place le fait d'aller courir d'aller faire un run tous les jours tous les deux jours il disait en fait tu disais il faut que l'habitude elle soit facile à mettre en place et c'était l'exemple qu'il donnait il disait bah en fait si vous voulez aller courir commencez par simplement mettre vos chaussures de footing pas plus tu mets tes chaussures de footing tous les matins tu les chausses chez toi tu sors même pas de chez toi, mets-tu les choses tous les matins à 7h. L'étape d'après, tu ouvres ta porte, tu sors dans le couloir, tu vas jusqu'à la porte de ton immeuble, tu reviens chez toi. Alors, c'est peut-être un peu extrême comme approche, enfin un peu lent comme approche, mais il disait, voilà, et en fait, comme ça, c'est des choses qui sont parfaitement gérables, qui sont à la portée de n'importe qui, et petit à petit, tu vas faire le premier 500 mètres, 1 km, etc., jusqu'à ce que l'habitude soit tellement ancrée qu'en fait, ça devient, c'est même plus à la gérer dans le sens où c'est un automatisme en réalité. Donc voilà, commençons par mettre les chaussures. La Race Across America, parce que j'ai l'impression que ça a été une épreuve qui t'a quand même marqué, dont tu es particulièrement fier. Ça a été quoi les enjeux quand tu t'es lancé sur ce défi? Qu'est-ce qui te faisait peur avant de te retrouver sur la ligne de départ?
SPEAKER_00Ce qui me faisait peur, c'était de ne pas terminer la la course, c'est de ne pas être adéquat, c'est de ne pas avoir ce qu'il faut pour terminer cette course-là qui est la course d'ultracyclisme la plus difficile au monde. Donc, c'est une course sur qualification, sur invitation. En 2022, on était 33 sur le fil de départ et là, tu es avec des durs de durs qui ont tous mérité le droit d'être là. Historiquement, tu as plus de 50% des gens qui ne terminent pas la course. Donc, c'est 4800 kilomètres et ce qui rend cette course-là spéciale, c'est un maximum de 12 jours. Donc, si vous faites le calcul, le plus lent que tu peux être, c'est 400 kilomètres par jour, 12 jours d'affilée, pas de journée de repos. Et ça, c'est pour être sur le cut-off. Donc, cette course-là se gagne en 8-9 jours, typiquement plus aux alentours de 10. Donc, on est à 450-500 kilomètres par jour. Et tu es sur le vélo 20 ou 22 heures par jour. Donc, c'est 10, 11, 12 jours d'affilée avec deux heures de sommeil. Donc, ce qui, évidemment, est très insuffisant. Mais par-dessus ça, tu ajoutes 500 kilomètres de vélo. Et par-dessus ça, un diabète de type 1. Oui, c'est ça. J'ai été la deuxième personne de l'histoire à terminer cette course-là avec le diabète de type 1 dans la catégorie solo. Donc, il y a une équipe de diabétiques qui l'avait fait parce que tu peux le faire en solo, en équipe de 2, de 4 ou de 8. Donc, ça s'est fait par des diabétiques en équipe de 8, je pense, ou de 4. Dans la catégorie solo, c'était seulement la deuxième fois que ça arrivait. Donc, Ce qu'il y a à dire de cette course-là, c'est que c'est une réussite collective. Parce que pour que ça, ça soit possible, moi, c'est une équipe de 10 personnes. On a travaillé sans haleine en amont. On est devenus une famille. Donc, c'est une rencontre par semaine pendant six mois. Tout planifié, la logistique, la nutrition, les échanges, les différents corps de travail, les rôles de chacun. Donc, c'est vraiment le highlight pour moi de cette course-là. À quel point on a créé une culture, créé une mission. On a écrit un livre sur tout ça. Ça sort le 15 mars 2023. Donc, le livre s'appelle Esprit d'équipe. C'est cette idée-là de réussite collective. Puis, comment on a transformé une... Une simple course de vélo en mission, en objectif commun. On a porté attention à notre culture, à nos valeurs. On sait pertinemment qu'il n'y a pas beaucoup d'équipes qui ont fait ça. C'est ça qui nous a démarqués. C'est pas difficile à prendre à donner une bouteille d'eau à un cycliste qui passe. Donc, on savait que le principal enjeu, ça allait être la... où ce qui allait faire la différence, c'est ça être la force de l'équipe, la force de notre culture, puis comment on allait réagir dans des situations difficiles et puis avec les imprévus, comment on allait créer une équipe où c'était la mission qui était la plus importante. Moi, j'étais un joueur dans l'équipe. Mon plus beau souvenir, c'est d'arriver au fil de départ, d'arriver à Oceanside, deux, trois jours avant le début de la course. Tout le monde est au travail. On est dix personnes qui travaillent dix heures par jour pour tout mettre en place. Ce projet-là ne m'appartenait plus Donc, tu sais, au départ, j'étais l'instigateur. Là, c'était le projet à tout le monde. C'était magnifique, ça. C'est un des beaux moments de ma carrière. Donc, c'est une course... fascinante à vraiment plein d'égards. Je me répète, mais c'est ça pour moi qui est intéressant.
SPEAKER_01Excellent. J'avais déjà échangé avec Arnaud Manzalini qui l'a terminé, alors je ne sais plus s'il a encore le record français de la Race Across Américain, mais qui nous parlait en fait exactement ce que tu viens de dire, tu vois, de l'ampleur du fait du cut-off, de cette barrière horaire, c'est ce qui fait que le projet est extrêmement difficile. Donc lui, il a fait en solo, et après je crois qu'il avait coaché une équipe, un binôme, mais bref, il racontait, il nous racontait ça, je crois que le tout début, tu traverses la vallée de la mort, c'est ça, c'est une des toutes premières étapes, il me
SPEAKER_00semble. Oui, oui, les températures, puis nous c'était une année particulièrement chaude, mais du haut, il fait 40-42 degrés, moi je dormais l'après-midi, puis dès les premiers jours, ça prend pas trois jours avant qu'il y a des abandons. Dès le premier, 24 heures, tu as des abandons qui commencent. C'est une course qui demande tellement d'humilité parce que tu peux être en queue de peloton et aller beaucoup mieux que quelqu'un qui ne prend pas soin de son corps et des structures. En endurance, c'est ce que je fais maintenant qui détermine comment je me sens dans 6 heures, dans 12 heures, dans 24 heures.
UNKNOWNDonc,
SPEAKER_00Donc, c'est tellement, tellement, il y a tellement de leçons, puis de parallèles, tu sais. à faire avec ce qu'on fait dans nos entreprises à tous les jours mais c'est oui c'est difficile dès les premiers
SPEAKER_01jours dès les premières heures ça c'est clair est-ce que t'avais toi des paramètres sur ton radar des choses physiologiquement des sensations ton état d'esprit que tu que tu que tu venais à cesser tu vois que tu gardais en tête un peu comme des indicateurs pour savoir si ça allait ou pas ou sur lesquels il fallait être vigilant
SPEAKER_00tout ce qui est sur le vélo, vitesse, puissance, tout ça va aux poubelles après 24 heures. C'est complètement futile. La seule chose qu'on regardait vraiment, c'était... Parce qu'après 48-72 heures, t'es un zombie. C'est l'équipe qui te dit quoi faire, où tourner. T'as pas de GPS. C'est pas toi qui gères les cartes. Ils te disent quoi manger, quand manger. C'est eux qui planifient tous les arrêts dans la C'est des tout petits motels. Même la route, tu ne veux pas t'éloigner. Donc, je n'ai même pas la carte de la chambre. Je n'ai pas de mon cellulaire. Ils m'amènent dans la chambre. Ils me nourrissent. Il y a la physio. Il y a tout ça. C'est le lit. Je m'endors. C'est eux qui me réveillent au bon moment. Ils me remettent sur le vélo. On avait ce qu'on appelait nos moments de performance. Donc, c'était le Seb to bed et Seb to bike. Parce que tous les moments où je ne roule pas et je ne dors pas, c'est de la perte de temps. Parce que le compteur arrête jamais. Donc, eux gèrent tout ça. Donc, ce qu'ils regardent, c'est mon état d'esprit, c'est mon état cognitif, ma vigilance. Ils se posent une seule question, est-ce que c'est sécuritaire qu'ils soient sur le chemin? Et à un certain moment donné, c'est sûr que ça passe un peu plus serré. Ton véhicule d'escorte a une grande responsabilité de te protéger. mais tu ne peux pas sillonner dans le chemin. Il faut que tu sois capable de rouler en ligne droite et de répondre à des questions faciles, mais c'est l'équipe qui décide si tu as le droit d'être sur le chemin.
SPEAKER_01Wow! OK, je n'avais pas forcément cette notion. Donc, quelque part, tu te confies complètement à eux. C'est-à-dire, toi, ton boulot, c'est plus que de pédaler. Enfin, que de pédaler. On s'entend, voilà, l'effort est énorme ici, mais c'est-à-dire que tu t'appuies complètement sur ces neuf autres personnes qui sont impliquées dans le projet.
SPEAKER_00Complètement. Moi, je l'ai toujours dit. Au début, c'était mon projet. J'étais l'instigateur, j'étais le leader du projet. Puis la course commençait le 14 juin. J'ai toujours dit, moi, le 14 juin, je tombe en vacances. Le 14 juin, c'est vous qui êtes en charge de tout, qui êtes responsable de tout. Donc, tu avais une création de mission puis de culture qui était essentielle au début. Ensuite de ça, une appropriation des rôles, une appropriation de la mission, une compréhension de son rôle, une compréhension de la codépendance entre tous tous les rôles, donc tout ça, tout ça, tout ça, pour arriver au, et tout ça doit arriver avant le départ de la course. Ce que je leur avais dit, moi, je veux complètement m'abandonner à l'équipe. Pour moi, c'est une grande expérience de leadership, de création, de confiance, de tout ça. Ça a été un laboratoire incroyable. Et puis, pendant la course, j'ai des souvenirs, les deux, trois premiers jours, tu étais encore là, puis tu essaies de prendre des décisions ou d'aider. Je voulais que tout le monde... Tu sais, moi, je n'ai pas d'enfant, mais j'ai une fille paternelle quand même, puis Je m'assurais que tout le monde allait bien, puis ça les fâchait. Là, tu te tais, puis tu te pédales. Puis après trois jours, je pense, tu es tellement épuisé, tu deviens complètement docile. Et eux m'ont préféré après deux, trois jours. Au début, j'étais beaucoup plus facile à gérer.
SPEAKER_01Excellent. Est-ce que toi, il y a un moment de cette épreuve complètement hors norme qui t'a vraiment
SPEAKER_00marqué? C'est clair, c'est le jour 9 et moi je me suis complètement effondré le corps a lâché psychologiquement tout a lâché aussi t'es dans un état de fatigue extrême quand le quand l'esprit lâche après le corps c'est extrêmement dangereux parce que là tu peux te faire mal Mais le corps finit toujours par gagner. Donc, moi, ça a été un shutdown complet. L'équipe a tout réorganisé. Donc, on est passé d'un mode performance à il faut terminer. Donc, on a oublié les... les premières positions, le top 5, puis on s'est dit, il faut terminer à l'intérieur des 12 jours. Eux ont tout réorganisé, la logistique, en fonction de ça. Donc, ce qui ressort, c'est que moi, j'étais prêt à tirer la serviette. J'ai dit à l'équipe, ça n'avance plus. Mais je n'étais pas dans un état psychologique pour prendre des décisions. Donc, eux, on fait tout ce qu'il fallait pour sauver notre RAM. Et ce moment-là, pour moi, il est vraiment précieux parce que c'est là où tu comprends la puissance de l'équipe, puis d'avoir les bons joueurs, puis des joueurs qui sont en contrôle, des joueurs qui sont dans leur force, des gens qui n'ont pas peur de prendre le leadership quand il faut le prendre. Ce qu'ils ont fait pour moi et pour nous, à ce moment précis-là, ça a tout changé.
UNKNOWNWow.
SPEAKER_01Et la ligne d'arrivée, une fois que ça a été franchi, les émotions, ça ressemblait à
SPEAKER_00quoi? Encore une fois, c'était une récite collective. J'étais fier de ce qu'on avait accompli. Je ne dirais jamais assez. On n'est pas assez de... d'une équipe de... Ben, pas 10 inconnus, mais moi, je connaissais tout le monde. J'ai choisi chaque personne méticuleusement. On parle de ce processus-là dans le livre. C'est comment j'ai choisi l'équipe. C'est un gros morceau, ça. Et... Mais eux, ils se connaissaient pas tous. Donc, on est passé d'inconnus à équipe, haute performance, à famille même.
UNKNOWNDonc, ce...
SPEAKER_00ce sentiment-là d'avoir réussi quelque chose, un exploit unique, extraordinaire ensemble. Pour l'équipe de support, c'est extrêmement difficile. On ne dort pas dans des rythmes, puis eux non plus, pas beaucoup d'hommes plus que le cycliste, mais c'est... On se déplace à 500 km par jour, donc quand tu fais un chiffre de travail dans le véhicule d'escorte de 12 heures, puis que tu es de retour dans le véhicule d'escorte 12 heures plus tard, bien... Il faut que tu avances de 500 kilomètres pendant ton congé de 12 heures. Puis il y a des choses à faire, la mécanique, des courses, tout ça. Donc, les heures de sommeil sont très restreintes même pour eux. On était une équipe de recrues, un cycliste recrue. Donc, on a été dans les équipes qui ont terminé, tu sais. Donc, dans le premier tiers, on a fait quelque chose de remarquable. C'est ça le feeling à la fin
SPEAKER_01de la course. Wow. Alors, petite question, je viens d'y penser. Tu parlais de lucidité, qu'à partir du troisième jour, tu étais en mode un peu zombie. Vis-à-vis de ton diabète, du coup, comment ça s'est passé? Parce que tu avais forcément des décisions à prendre aussi, notamment sur l'insuline, sur ta nutrition et tout. Est-ce que c'est eux qui ont géré cette partie-là aussi, qui te disaient... quoi faire et
SPEAKER_00quand? Oui, c'est la première fois de ma vie que j'ai tout transféré la gestion de mon diabète à quelqu'un d'autre. La première fois. J'ai tout le temps tout géré parce que c'était possible. Et là, on a eu des pépins au niveau diabète parce qu'eux, avec la technologie qui existe maintenant, pouvaient avoir ma glycémie en temps réel sur leur téléphone. Mais le problème, c'était la réception cellulaire qui était très mauvaise parce qu'on passe par des endroits assez reculés. Donc... À un moment donné, ça ne fonctionnait plus du tout. Quand j'essayais de la gérer, c'était encore pire. C'est pendant la course mentalement que je décide et que j'accepte surtout que je n'étais plus capable de faire ça. C'est une grosse partie de mon identité, gérer ça et bien le faire. Et je reviens à la puissance de l'équipe. Eux l'ont géré comme ils pouvaient, l'ont appris rapidement. Puis à un moment donné, je me suis rendu compte que quand c'est eux qui s'en occupaient, c'était beaucoup mieux que moi dans ce contexte-là. C'est ça, mais je leur faisais confiance. La confiance, c'est pas donné ou mérité, c'est construit tranquillement, à tous les jours, dans plein de petites actions, jamais dans les coups d'éclat. Leur rigueur, leur engagement, tous les jours, jusqu'à la fin, sans aucune baisse d'engagement, de motivation. Ça a été extraordinaire. Ça a
SPEAKER_01été vraiment extraordinaire. Ce qui serait fabuleux, c'est d'arriver à transférer cet engagement total de chaque instant à des univers, par exemple, au monde de l'entreprise. Je pense que peut-être la différence, c'est quoi? C'est la mission, c'est-à-dire qu'associé à ce projet de la RAM, il y avait mission très claire qui dépassait un peu le cadre de chacun. Et en entreprise, on n'a pas forcément tout le temps ce but ultime, ce qui fait un peu rêver, qui apporte du sens. Je dirais que c'est ça.
SPEAKER_00Ça prend plusieurs ingrédients, je pense. Je passe mes journées à penser à ça, à parler de ça. Ça prend une mission. Il faut que la mission résonne pour chaque employé. Donc, ça prend les... Les bonnes personnes doivent être assises au bon endroit aussi. Souvent, quand on a des gens qui performent moins bien, c'est tellement complexe, les processus d'embauche dans nos entreprises. C'est des entrevues. On engage les meilleurs. Donc, pourquoi six mois plus tard, il y a des gens qui sont deux ans plus tard, sont démotivés? Des fois, c'est qu'ils ne sont simplement pas assis au bon endroit. Donc, il faut que la mission résonne. Une chose importante, il faut que sa quête personnelle soit alignée avec la quête professionnelle. Il faut que ce soit la même chose. Donc, et évidemment au travail, l'expression de cette quête-là peut prendre une forme différente. au travail. Mais si les deux quêtes sont alignées, Je n'ai pas l'impression que mon travail, c'est quelque chose qu'il faut que j'aille faire pour gagner des sous. Puis ensuite de ça, je peux me concentrer sur ce qui me rend heureux. Là, ça va déjà beaucoup mieux. Donc, que mon travail soit l'extension, une forme différente de ma quête personnelle. Ensuite de ça, il faut que je sois dans un rôle où je peux utiliser mes forces, puis où je me sens important, puis je sens que je contribue. Il n'y a rien de plus démotivant que... avoir l'impression que ce que je fais, ça sert à rien. Donc, j'ai une mission forte, une mission qui change le monde. Je me sens important. Je sens que je contribue. Je sens qu'il y a des progrès constants. Je vois des impacts concrets sur les gens qu'on essaie de servir. Je suis dans quelque chose qui me rend fier. J'ai tous ces ingrédients-là. La chose aussi qu'il faut se dire, arrêtons de vouloir être ultra motivé, ultra engagé, 100% du temps. Dès dédramatisons, désarmons cette chose-là, c'est normal une mauvaise journée. C'est normal une petite baisse de motivation. Il ne faut pas tirer sur le parachute à chaque fois. Pendant la traversée du Canada à la course, on se disait toujours, il ne faut jamais emmener hier dans aujourd'hui. Donc, si j'ai une journée démotivée, c'est normal. Ça se peut que j'aille une semaine. Ça se peut que j'aie un trois mois démotivé pour plein de raisons. acceptons de ralentir un petit peu, acceptons que ce soit moins fun, acceptons que c'est une passe difficile. En ultracyclisme, moi je l'ai vécu beaucoup, c'est super cyclique. Donc, comment tu restes sur le vélo 22 heures, t'as des cycles, pis t'as des cycles où physiquement et psychologiquement ça va moins bien, pis ensuite de ça, ça revient. Et c'est en boucle, ça arrête jamais. Tu sais jamais quand le mauvais cycle va finir, pis des fois c'est une petite chose qui change tout, puis tout repart. Donc, à condition de ne pas arrêter, de ne pas abandonner, et puis aussi de retourner à la base pendant ces cycles-là. Moi, c'est la nutrition, l'hydratation, accepter de ralentir. C'est le corps qui veut se réparer un petit peu. Donc, plutôt que de me flageller, puis de me...« Non, là, au travail, ça va un petit peu moins bien, je suis un petit peu démotivé, je vais accepter le ralentissement, je vais mastiquer ça, je vais explorer ça, je vais retourner à la base, je vais bien faire les choses, puis soit qu'il faut que je
SPEAKER_03change, soit
SPEAKER_01que
SPEAKER_00ça va revenir.
UNKNOWN»
SPEAKER_01super point ça me fait penser alors c'est plus appliqué je dirais peut-être au monde de l'entreprise que du sport mais ça fait quand même écho à ce que tu dis j'ai lu un livre il n'y a pas longtemps qui s'appelle Mind Management Not Time Management c'est de David Kadavi peut-être que tu connais et qui parle de ça en fait tu vois de cette notion de c'est vrai que pendant longtemps j'ai l'impression que c'est en train de changer mais pendant un bon moment peut-être sur ces 10-15 dernières années on nous parlait beaucoup de productivité de time management tu vois les super tips les super applications pour remplir ses journées efficacement et en fait lui le constat du calipar qui est tellement vrai c'est ce que tu viens de dire c'est que toutes les heures se valent pas il y a des fois où bah juste t'es pas créatif t'es pas productif t'es pas motivé voilà et donc et donc il faut aussi accepter et embrasser le fait que bah on a des fluctuations dans la journée et donc bah en fait la bonne approche c'est peut-être de les prendre en compte plutôt que d'essayer de les contrôler entraindre, un peu comme dans le sport, tu vois, tu peux pas tout le temps être à bloc quand ça va pas, il faut peut-être, comme tu dis, apprendre à ralentir plutôt que de se flageller et de vouloir persévérer, tu vois. C'est un super
SPEAKER_00point. Un parallèle super intéressant, quand quelqu'un s'entraîne, il y a des cycles, la périodisation de son entraînement, et après quelques semaines où on a augmenté le volume et l'intensité, il y a toujours la fameuse semaine de repos, où on réduit drastiquement le volume et Et l'intensité, donc on n'arrête pas de bouger complètement, mais on réduit drastiquement le volume et l'intensité. Les athlètes adorent cette semaine-là, la reçoivent avec énormément de bonheur et n'ont pas l'impression de devenir plus lent. Au contraire, ils savent que grâce à cette semaine-là, ils se reconstruisent et puis peuvent attaquer le prochain gros bloc. Donc ça, c'est un acquis. Mais dans nos entreprises, il faut être à 100%, 100% du temps
SPEAKER_02ou
SPEAKER_00à 120%, 100%. 20% du temps, c'est l'impression qu'on se donne des fois, c'est insoutenable, c'est impossible, c'est utopique, ça ne sera jamais ça. Donc, ça, c'est quelque chose qu'on veut vraiment amener, on devrait amener plus dans nos organisations, je pense, une périodisation de l'effort. On a un gros projet, il va y avoir un rush, il va y avoir des semaines super occupées, et ensuite de ça, on se donne, on se permet une semaine où on travaille un peu moins fort, peut-être que c'est une semaine de trois ou de quatre jours, c'est super normal normal, on repose tout le monde avant de rembarquer
SPEAKER_01dans
SPEAKER_00un grand cycle.
SPEAKER_01Chez Apple, il y avait un moto qu'on utilisait souvent, un espèce de slogan qui était« Slow down to go fast». C'est un peu ça, tu vois. Ça me fait penser d'ailleurs à ton Everest pour finir sur ce sujet. L'Everest, c'est pareil en fait. Tu montes à un camp, tu redescends au camp d'en dessous pour récupérer ton effort, tu remontes un peu plus haut, tu redescends pour récupérer. Mais l'objectif reste le même, c'est atteindre ce sommet à 8848 mètres, mais tu ne vas pas d'un bloc et à fond tout le temps. Tu es obligé. pour maximiser les chances de succès de redescendre et de baisser le rythme régulièrement super intéressant cool excellent et bien du coup pour conclure cet échange absolument passionnant la suite qu'est-ce que c'est pour toi c'est quoi la mission de ta prochaine énorme aventure exploration expédition à quoi ça va ressembler
SPEAKER_00j'ai adoré la race across America donc ça c'est une expérience qui est sur mesure pour moi. J'ai adoré... bâtir l'équipe, avoir une équipe, gérer l'équipe, devenir une famille. Écoute, j'adore mon métier de conférencier en ce moment, mais ça m'a fait me poser la question, est-ce qu'un jour je voudrais faire une transition, retourner en entreprise et puis avoir une équipe? Donc, l'entièreté de l'expérience pour moi est complètement hallucinante et riche et on a tous tellement grandi. Donc, je veux le refaire, peut-être en 2024. parce que là, 2023, quand tu termines la course, t'es automatiquement qualifié pour l'année suivante, mais là, j'avais pas l'énergie, l'énergie pour la course puis l'entraînement peut-être, mais tout le volet, comment dites, le volet bâtir le projet, le volet, en fait, qui fait que toutes tes soirées, elles passent pour la prochaine année, puis je voulais pas m'inscrire à cette course-là et mettre un X sur toutes mes soirées, mes week-ends pour un autre 12 mois. Ça, je voulais vivre, je voulais voir d'autres choses, faire d'autres choses. Donc, cette année, je veux faire des choses différentes. Il y a un 12 kilomètres à la nage à Mont-Tremblant. Donc ça, j'aime ça parce que c'est quelque chose de complètement différent. C'est un entraînement différent. C'est une culture différente. Et puis, il y a un 800 kilomètres à vélo qui est une qualification pour le Race Across America parce que là, je vais devoir me qualifier si je veux y retourner deux ans plus tard. Donc ça, ça serait les 800 kilomètres. C'est une trentaine d'heures. C'est un projet plus facile à gérer. C'est un seul week-end. L'entraînement peut se faire l'été. Bon, tout ça. Donc, c'est ce qui va me garder occupé cette année. Excellent.
SPEAKER_01Super. Pour les gens qui voudraient te suivre, le mieux, c'est quoi ton site Internet, Instagram, LinkedIn, un mix de tout?
SPEAKER_00Tout ça. Instagram, LinkedIn, c'est les deux réseaux sociaux où je suis le plus actif. Je suis facile à trouver. Seb Inspires, Sébastien Sasseville sur LinkedIn. Et puis, mon site web pour tout ce qui est conférences, la nouvelle expérience immersive d'ailleurs, donc ça a été super intéressant à créer cette année, d'aller au-delà d'une conférence ordinaire entre guillemets, mais créer un environnement où les gens ne regardent plus une photo de crevasse, mais ils sont sur la montagne avec des projections 360 et puis des effets sonores et la musique et puis tout ça, donc on pense vraiment d'une conférence à un spectacle, mais c'est ultra inspirant, c'est conçu pour l'entreprise, donc Donc, c'est très unique. Donc, ça aussi, tout ça, c'est sur mon site web
SPEAKER_01sebinspire.com. Excellent. Y compris ton livre Un pas à la fois, choisir l'obstacle qui nous fait grandir. Donc, je mettrai les liens en description de l'épisode. Moi, je voulais te remercier énormément. C'était juste passionnant. Moi, je repars avec plein de choses, tu vois, sur tes trois, les trois piliers principaux, le pouvoir du premier pas, faire des choses difficiles, le pouvoir des petits pas, mais aussi une meilleure compréhension de ce qu'est le, diabète de type 1 ce que ça implique et puis finalement je pense que la seule vraie leçon le seul enseignement avec lequel je repars c'est que finalement absolument tout est possible et t'en es l'illustration t'as fait des choses complètement incroyables avec un diagnostic médical à 22 ans qui aurait pu te faire dire c'est fini j'aurais pas la vie que je voulais avoir, que je rêvais d'avoir non, tu l'illustres à travers tes défis merci beaucoup pour ton temps merci pour cet échange super inspirant et puis je te dis j'espère pourquoi pas une prochaine sur une rame sur une raf si tu vis en France ou un autre défi au Canada ou ailleurs qui sait ou une conférence
SPEAKER_00mais un de ces jours sans
SPEAKER_01doute merci à toi merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité j'espère que vous avez pris autant de plaisir que ce que j'en ai eu à l'enregistrer si vous avez des feedbacks vous pouvez me contacter Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir, c'est de partager cet épisode à au moins 3 personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour m'y laisser une note 5 et un commentaire. Merci beaucoup pour votre fidélité, à la semaine prochaine pour un nouvel invité.