SPEAKER_00

Les deux premières semaines de ma blessure, je pleurais tous les soirs. Quand on passe de sport tous les jours à plus rien faire, arriver à peine à marcher, c'est hyper complexe. J'essaye d'adapter en fonction. Je fais d'autres sports, je fais du vélo, je fais le renfort que je peux faire sans que ça tire trop dessus. Et puis là, je commence à recourir un petit peu en fonction de ma douleur, toujours.

SPEAKER_01

Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisheur de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver avec mes invités on ira naviguer sur toutes les mers du monde on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en himalaya on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales le deuxième c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ses invités exceptionnels on sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une personne petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Travailler la nuit et s'entraîner le jour, c'est possible et c'est ce que fait mon invité de la semaine, Annaelle, infirmière aux urgences et trahileuse amateur. Après avoir échangé avec elle, je me suis dit que franchement, j'ai plus beaucoup d'excuses pour rater une séance. On a bien évidemment parlé de la façon dont elle s'organise pour jongler entre le pro et le sport, mais on a aussi évoqué un sujet moins sympa, qui touche pourtant beaucoup de coureurs, la blessure. Alors vous l'entendrez Anna elle est encore en pleine phase de convalescence et forcément elle est affectée par le fait de ne pas pouvoir courir comme elle le voudrait un échange super intéressant qui vient rappeler que le trail est un sport générateur de blessures est-ce que vous saviez par exemple qu'il y a environ 20 blessures par bloc de 1000 heures d'entraînement en trail quasiment autant qu'en rugby bref si vous écoutez ce podcast pendant vos sorties attention à bien regarder où vous posez les pieds excellente écoute à vous les frapper Musique Musique Musique Salut

SPEAKER_00

Anaëlle

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Salut

SPEAKER_01

Loïc

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

Eh bien écoute, ravi de te recevoir sur le podcast. Merci d'avoir accepté mon invitation, ça va être super chouette. Hâte qu'on discute un petit peu, comme je te le disais, de ta pratique, de comment est-ce que tu mènes ta vie pro avec les différentes disciplines sportives auxquelles tu te consacres. Je pense qu'on va parler aussi d'un événement un peu moins drôle, mais qui est un peu la réalité pour beaucoup d'entre nous quand on se mène dans une discipline, c'est-à-dire la blessure. sûr puisque tu es dans cette phase et je suis curieux de savoir comment est-ce que tu la gères. Mais bref, j'en ai déjà trop dit. Ce que je te propose, c'est de commencer peut-être par te présenter, nous expliquer ce que tu

SPEAKER_00

fais. Yes, merci déjà à toi de faire ce podcast. C'est hyper cool et c'est une première aussi pour moi. Génial

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Moi, c'est Annaëlle. Du coup, j'ai 27 ans. alors je cours principalement du trail je fais un petit peu de route je fais ça depuis à peu près 4 ans Avant, je faisais du basket. J'en ai fait depuis toute petite, en fait. Et depuis que j'ai commencé à travailler, je suis infirmière. Le sport collectif, c'était hyper compliqué parce qu'en faisant un week-end sur deux, on se rend vite compte que le sport co, c'est complexe. Et en fait, j'ai commencé à courir. J'ai commencé à faire des petits podiums locaux. J'ai trouvé ça sympa. Et du coup, prise dans le truc, on se met à courir. Puis ça devient hyper addictif. Alors moi, qui n'étais pas du tout course à pied, Quand je faisais du basket, ça me saoulait de courir en prépa, etc. Maintenant, c'est toujours plus. J'ai commencé par des petits footings. Au fur et à mesure, j'ai fait très vite un premier marathon, puis un deuxième. Là, ça fait quatre ans, j'en ai fait trois. Mon dernier, c'était il y a un an. C'était à Paris. et puis j'avais découvert le trail parce que par chez moi ils sont très trails malgré que j'habite en Vendée on est très nature la route, le bitume c'est pas trop notre prédilection on va dire et du coup on va très souvent en montagne pour se balader je trouve que c'est un moyen de découvrir la nature de partager des choses avec les autres c'est vraiment ça qui m'anime on va dire dans ce sport et le vélo aussi je fais un petit peu de vélo mais c'est plus quand il fait beau vraiment le vélo sous la pluie ou avec le vent là j'ai vraiment du mal parce que le vent moi j'ai l'impression de ne pas avancer et puis la pluie j'ai vraiment hyper peur en vélo j'ai toujours peur de tomber donc le vélo c'est l'été j'adore ça je partage ça avec mon père et puis Et puis sinon, la course à pied à fond. Et mon travail d'infirmière. Là, ça fait trois ans et demi que je suis aux urgences. Je travaille aux urgences de nuit. On fait entre deux et cinq nuits par semaine. On fait un week-end sur deux.

SPEAKER_01

J'avais vu que tu étais infirmière, mais je ne savais pas que c'était aux urgences. et encore moins deux nuits comment est-ce que tu fais pour allier les deux à quoi est-ce que ça ressemble une semaine type par exemple tu vois en phase de préparation d'une échéance sur laquelle tu as envie de faire une perf en particulier peut-être je sais pas un marathon ou peut-être d'autres grosses épreuves comment t'arrives à jongler entre les

SPEAKER_00

deux je cache pas que c'est assez compliqué parce que et c'est pour ça que je vais passer le jour bientôt c'est que le sommeil on voit qu'il

SPEAKER_01

est

SPEAKER_00

pas il est pas comme si on dormait la nuit vraiment quoi quand on dort le matin le sommeil on se lève on sent qu'on est un peu fatigué quoi donc faut beaucoup s'écouter ce que je pense que j'ai pas trop trop fait mais une semaine type c'est par exemple je vais faire lundi soir mardi soir vendredi samedi dimanche et donc le lundi forcément j'ai dormi normalement la nuit de dimanche à lundi je me réveille normalement souvent je fais un peu je fais du sport le matin le lundi c'est souvent footing renforcement après une sortie longue ou un week-end et puis après je fais une sieste toujours avant de bosser après je vais travailler, je dors le matin alors normalement quand je dors bien c'est jusqu'à 14h donc là on est mardi déjà c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

je finis à 6h30 le mardi donc le temps de rentrer, de prendre une douche et tout ça souvent je me lève vers 14h 13h-14h je prends un petit déj et puis j'attends un petit peu et puis après je vais soit courir comment faire une activité. Et après, je recommence le soir. Je repars bosser. Après, j'ai des collègues qui me disent« Comment tu fais pour faire du sport entre deux nuits

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

» Mais en fait, moi, j'ai besoin de ça pour me réveiller. Vraiment, j'ai trouvé ce moyen parce que sinon, en fait, on reste dans notre canapé, on ne fait pas grand-chose. Et donc, en fait, ça me permet vraiment de sortir. Parce qu'en étant nuit, au final, on se rend compte qu'on ne voit pas. Socialement, on on se ferme un petit peu. Parce que le soir, on part travailler, on n'a que l'après-midi. Donc forcément, mes copains, ils bossent la journée. Donc le sport, c'est un moyen de m'évader et de me défouler par rapport au travail. Parce qu'en plus, c'est quand même pas simple les urgences. Donc ça fait du bien de se vider la tête un peu. Et puis après, du coup, j'ai mes repos. Et puis je renchaîne pareil, vendredi, samedi, dimanche.

UNKNOWN

Ok.

SPEAKER_01

ça tu vois c'est super intéressant parce que souvent j'ai l'impression que dans la pratique les premiers freins qu'on se met c'est assez facile le cerveau aime bien se trouver des excuses pour aller vers ce qui est le plus simple le plus facile il pleut ou j'ai pas le temps demain j'ai les réunions faut que je sois en forme c'est toujours intéressant je trouve d'entendre des gens comme toi qui travaillent la nuit aux urgences tu vas nous en parler un tout petit peu mais j'imagine que le facteur stress intensité de travail etc parfois ça doit être assez costaud Et finalement, tu arrives quand même à aller t'entraîner. Tu vas t'entraîner en journée.

SPEAKER_00

Après, je suis quelqu'un d'assez rigoureux. C'est-à-dire que si j'ai ma prépa, je vais respecter, même des fois un peu trop, à m'oublier un petit peu. Je vais me dire, si j'ai une heure à faire, je la ferai. Même si je n'ai pas envie, je la ferai. Au final, quand on rentre, on est content. T'as

SPEAKER_01

prépa, tu te la fais toi-même

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, en fait, je suis partie d'une association de trail dans ma ville, et du coup, c'est un qui nous coach, et du coup, il nous fait des plans pour chaque objectif du club.

SPEAKER_01

excellent ok ok et côté boulot du coup pour qu'on se rende compte un peu peut-être de ce que ça veut dire d'être infirmière de nuit aux urgences comment tu décrirais tu vois une nuit alors je sais pas s'il y a des nuits classiques aux

SPEAKER_00

urgences peut-être pas c'est un peu toujours le même rythme bah après donc moi je commençais à 20h30 et en fait la période 20h30 1h du matin il y a énormément de monde et là surtout en ce moment on est un hôpital qui est départemental mais qui englobe toute la Vendée et en fait là c'est plutôt touristique la Vendée donc là avec les beaux jours il y a de plus en plus de monde et donc vers le soir il y a beaucoup de monde qui viennent le soir donc il y a des heures et des heures d'attente nous ça ça enfin quand on est à l'accueil on a plusieurs postes en fait aux urgences on a des postes de traumato des postes de médecine des postes d'accueil justement et quand on est à l'accueil et qu'il y a tout le monde il y a les ambulances les gens qui viennent les appels des familles ça c'est quand même assez stressant quoi mine de rien on se rend pas compte mais on a beaucoup de beaucoup de choses à gérer on a les gens qui sont en attente ou par exemple on a 20 personnes en attente où ça fait je sais pas 6 heures qui sont là à surveiller les appels Ah t'as des gens qui peuvent

SPEAKER_01

rester 6h en

SPEAKER_00

attente

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ouais Ah ouais

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Bah ça va même jusqu'à 8h des fois

SPEAKER_01

Mais non Si si

SPEAKER_00

Après, ils sont prévus, entre guillemets, par le médecin. On sait, entre guillemets, les urgences, les vraies urgences à passer en premier, etc. C'est-à-dire qu'on fait tout pour qu'il n'y ait pas de couac en salle d'attente, bien

SPEAKER_01

sûr.

SPEAKER_00

Mais c'est ça qui est stressant aussi, c'est que là, cette période dans la soirée, après, ça se calme un petit peu. Il y a moins d'entrées après, on va dire, entre 2h et 5h du matin. Mais il y a tout le monde qui reste aux urgences c'est un peu ça qui est stressant donc ça se calme un petit peu en fin de nuit on va dire entre 4h et 6h ça se calme un petit peu et c'est là où clairement moi de plus en plus je me sens complètement rincée à la fin de minuit vraiment j'arrive chez moi je dors et on s'ennuie pas après c'est ce que j'aime je me plains pas du tout j'adore mon travail j'en apprends tous les jours c'est hyper varié j'adore et mes collègues ils sont vraiment super donc c'est ce qui pousse aussi à aller bosser quoi

SPEAKER_01

j'imagine qu'il faut que t'aimes ce genre de travail pour pouvoir tenir

SPEAKER_00

Oui, oui, carrément. Il faut y voir du positif, parce que si on voit qu'il y a le

SPEAKER_01

négatif, c'est sûr qu'on ne tient pas. Ça, c'est clair. Et puis, tu parlais de stress. D'un point de vue extérieur, j'aurais tendance peut-être à ajouter quelque chose. Je ne sais pas si... Parce que toi, tu baignes dedans, donc je ne sais pas à quel point ça t'affecte ou pas, mais je dirais qu'il y a peut-être l'émotionnel aussi, pour avoir fait quelques fois des tours aux urgences. Tu n'as pas à gérer ça aussi. C'est-à-dire que toi, tu es stressé parce qu'il y a un rythme, etc., qui est imposé, puis tu... tu dois gérer tous ces gens là mais est-ce que tu dois pas aussi gérer leur propre stress et leurs propres émotions parfois qu'ils contrôlent pas

SPEAKER_00

carrément mais surtout quand on vient aux urgences en général c'est un moment aigu d'une pathologie donc forcément les gens ils sont pas forcément très bien tout ce qui est on va dire plus triste ça j'arrive plutôt bien à mettre une carapace par rapport à ça même s'il y a forcément quelques on va dire rares exceptions qui nous touchent particulièrement qui nous font penser à des choses. Mais sur ce côté-là, j'arrive plutôt bien à mettre une carapace. Puis avec nos collègues, le fait d'en parler, d'échanger sur des situations, etc., ça aide beaucoup. Moi, ce que j'ai du mal, c'est la violence. Les patients alcoolisés ou des patients psy. Ça, c'est plus compliqué à gérer,

SPEAKER_01

je trouve. Et comment tu arrives à cette carapace dont tu parles

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ce qui est intéressant, c'est que ce n'est pas forcément spécifique. Je suis sûr qu'il y a des choses qui pourraient être utilisées par d'autres personnes qui ne travaillent pas forcément dans le milieu médical. Mais cette carapace dont tu parles, comment est-ce que tu l'as mise en place

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Vous êtes formée pour ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

On vous donne des outils, des techniques

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Chacun sa sauce au fil des ans

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment tu as fait

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Si, on a quand même des outils pour ne pas absorber toute l'émotion de tout le monde forcément et puis je pense que ça vient aussi naturellement avec l'expérience en fait on est obligé de trouver des tips un peu pour se mettre une carapace parce que sinon si on prenait toutes les émotions de tout le monde je crois que je finirais même pas ma nuit mais ouais ouais non non Après, pourtant, je suis quelqu'un de plutôt sensible dans la vie de tous les jours. Mais au travail, vraiment, je ne sais pas. J'arrive bien à... à faire la différence à pas que ça me touche moi quand ça me touche moi ou mes proches par contre là je suis hyper sensible mais par contre non quand c'est mon travail ouais ça se passe heureusement dans ce truc là

SPEAKER_01

mais du coup juste pour rester un tout petit peu sur ce point mentalement est-ce qu'il y a des schémas par lesquels tu passes c'est à dire quand t'attaques ta nuit est-ce que tu te dis bon bah voilà je prends du recul je gère des situations et pas des gens je veux dire consciemment qu'est-ce que tu fais pour mettre en place cette carapace ou en tout cas peut-être que maintenant tu le fais de manière complètement inconsciente mais au début comment est-ce que tu le faisais

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

en fait ça a toujours été un peu inconscient mine de rien quand on arrive on sait qu'on est dans les environnements etc mais des fois je me le redis consciemment vraiment quand je me sens vraiment débordée et que j'ai trop d'émotions de la colère de tout qui viennent je souffle un coup et je me dis non mais là c'est les uns après les autres je me remets un peu dans le droit chemin en me disant qu'est-ce que je peux faire et de toute façon je peux pas tout faire voilà donc faut essayer des fois de se dire attends là t'es débordé prends sur toi voilà mes collègues aussi ça aide pour ça parce qu'ils se disent attends là je vais prendre leur lait ou je vais faire ça ça ça aide

SPEAKER_01

aussi

SPEAKER_00

ok

SPEAKER_01

Super intéressant. Tu dirais que ce mécanisme, en tout cas ce réflexe que tu as mental dans ton boulot, comment est-ce qu'il impacte ta pratique sportive

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Bonne question. Je pense que ça impacte, par exemple, quand je fais du long. et que j'en ai marre, complètement, je me dis... Non, Anel, là, tu arrives encore à marcher, tu sais très bien que tu peux le faire. J'essaye de me redire des choses comme ça. Et aussi, je me dis que moi, je ne suis pas malade. Je suis en pleine forme. Donc, d'avoir mal aux jambes, ce n'est rien, en fait. D'avoir des coupatures, de sentir son cœur qui palpite parce qu'on va trop vite. Enfin, je veux dire... et on se dit voilà moi je peux le faire

SPEAKER_01

donc je le fais et je le fais à fond ouais ouais super intéressant ça me fait penser à j'ai écouté un podcast il n'y a pas très longtemps j'ai découvert cette discipline je ne sais pas si toi ça te parle mais j'ai appris qu'il y avait des sortes de championnats du monde de Zwift

SPEAKER_00

donc

SPEAKER_01

Zwift tu es utilisatrice de

SPEAKER_00

Zwift

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

non pas du tout mais j'en ai déjà

SPEAKER_01

essayé ouais

SPEAKER_00

mais je ne sais pas

SPEAKER_01

comment ok bah écoute en fait j'ai découvert qu'ils montent des teams et en fait un peu comme des joueurs de jeux vidéo ils se retrouvent sur des applis pour être tous en live en audio donc ils peuvent se parler dans l'équipe et ils prennent le départ ensemble contre d'autres équipes d'épreuves sur Swift donc Swift s'il y en a qui connaissent pas c'est une application comment on pourrait appeler ça c'est une application de cyclisme virtuel donc on a un avatar et en fait notre ordinateur est connecté à un home trainer, donc un support sur lequel il y a un vélo. Et donc, quand on pédale en vrai, ça fait avancer l'avatar en virtuel. Et même quand il y a une montagne, ça simule la montagne. Oui, exactement. C'est important parce

SPEAKER_00

que c'est

SPEAKER_01

quand même bien. C'est vrai. La résistance, selon le profit de la course virtuelle, il y a de la résistance en vrai quand vous pédalez. Et donc, voilà. Cette personne expliquait que... Je crois qu'elle a... plus ou moins championne du monde sur Zwift, en tout cas, sur une espèce de critérium, c'est lui qui a gagné. Et il expliquait un peu ce que tu viens de dire, en fait, qu'il a connu des décès dans sa famille, etc., et que donc, quand il est dans des moments difficiles, en fait, il pense à ça, il se dit, mais en vrai, ces 30 secondes d'effort, si j'y vais à fond, mais vraiment à 100% de mes capacités, en fait, je ne vais pas mourir. C'est très difficile, mon corps m'envoie un signal que c'est extrêmement désagréable, mais en fait, je ne ne risque pas grand-chose sur mon vélo, dans mon salon, à transpirer.

SPEAKER_00

Est-ce que c'est parce qu'on a envie de

SPEAKER_01

se sentir vivant

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est peut-être un peu maso. Clairement. Sans doute. Ça fait un lien vers ma question suivante. T'expliquais un petit peu ce qui te plaisait dans la pratique de la course, du trail, etc. Mais si on rentre un peu plus dans le détail, c'est quoi que tu vas chercher

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

notamment quand tu t'inscris sur du long où on sait tous d'avance qu'on va morfler tu vois à un moment donné mais pourtant on continue de s'inscrire

SPEAKER_00

ouais c'est clair en fait j'ai l'impression d'en apprendre sur moi à chaque à chaque épreuve comme ça et de on sait qu'on va passer par des moments durs on sait que de toute façon la course elle sera pas simple dans tous les cas et c'est ça que j'aime bien dans les courses longues entre guillemets c'est que il y a des passages où c'est vraiment très dur où on se dit mais qu'est-ce que je fous là mais j'en peux plus et peut-être une heure après on se dit oh putain c'est trop bien en fait je vais aller au bout oh je suis bien oh je vais voir un tel à tel ravitaillement oh puis ça c'est beau oh mais cette montagne qu'est-ce qu'elle est belle en fait ça permet de découvrir le long surtout par exemple à Madère en fait on a découvert des paysages de Madère qu'on avait pas vu en vacances C'est ça que j'aime bien. Dans le long, on voit vraiment beaucoup de paysages. Après, je n'ai jamais fait de nuit. Je n'ai pas passé une nuit dehors. Ce serait à découvrir.

SPEAKER_01

Parce que Madère, c'est 115 kilomètres, si je ne me trompe pas, c'est

SPEAKER_00

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, mais je m'étais inscrite au 85. Ah oui, au 85.

SPEAKER_01

Celui-là, on va en parler parce que si je ne me trompe pas… Ça ne s'est pas tout à fait passé comme tu le voulais. Tu parlais de nuit. Il me semblait que tu avais fait la Saint-Élion.

SPEAKER_00

Oui, c'est vrai. En fait, quand je disais nuit, c'est vrai. Il y a une sacrée course. Pas des moindres. Quand je disais nuit, je voulais dire par exemple, on passe toute la journée à courir et après, on enchaîne avec du loup. Je pense que dans la tête, ça doit être compliqué quoi à entendre plein de copains qui l'ont fait c'est un cap à franchir

SPEAKER_01

quoi ouais c'est vrai d'accord donc enchaîner avec ouais je comprends ouais effectivement parce que du coup là c'est pas juste la notion de j'évolue dans la nuit c'est la notion de je gère avec la fatigue ouais le manque de sommeil carrément ok ok ok cette Saint-Élion par curiosité je veux bien qu'on en parle parce que moi j'ai une expérience de la Saint-Élion apparemment qui est complètement anormale c'est à dire qu'il faisait doux il faisait genre 8 degrés il n'a pas plu, il n'y avait pas de boue, il n'y avait pas de neige donc chaque fois que je raconte

SPEAKER_00

c'était pas là-bas

SPEAKER_01

les gens me disent mais t'es sûre que c'était à Saint-Élion

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

je dis ah ouais non je suis sûre que c'était à Saint-Élion la tienne du coup c'était quelle année

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

ça ressemblait à quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

c'était l'année dernière en décembre 2022 et moi je faisais le 44 je faisais pas la totale et en fait pareil une semaine avant très mal alors c'était où

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

au Tandon

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

donc super je me suis dit bah merde là vraiment impossible de courir au final bref avec mon kiné ça s'est plutôt bien mis donc je décide d'y aller tranquillement parce que c'était juste remis de la veille quoi et en fait mais déjà il faisait hyper froid départ je sais plus c'était à 23h ou 23h30 après moi ça ça me dérange pas trop vu que je travaille de nuit

SPEAKER_01

entre

SPEAKER_00

guillemets je pense que mon corps il s'est à peu près s'adapter à la fatigue mais par contre donc il pleuvait il a plu toute la course pendant 3-4 heures il pleut après la boue j'en ai chez moi de la boue chez nous quand il pleut c'est très boueux mais alors la nuit quand il fait 0°qu'il pleut et moi j'ai dit qu'est-ce que je fais là je me suis vraiment dit qu'est-ce que je fais là pour le coup j'ai dit mais non mais quelle idée on voit 0 paysage on

SPEAKER_01

glisse

SPEAKER_00

il pleut on regarde ses pieds mais on écoute quand même hyper fière de l'avoir fait parce qu'on se dit c'était dur et je suis contente d'avoir fini donc bon à côté de ça j'ai mon copain qui l'a fait il est arrivé une heure avant moi et lui il a adoré j'ai dit mais c'est pas possible d'adorer c'est impossible moi je comprends pas je comprends pas mais bon c'était quand même très bien je suis contente de l'avoir faite quand même après de la refaire je pense pas parce que c'est pas le genre de course quand je cours c'est pour voir des paysages et là j'ai pris vraiment zéro plaisir je suis contente de l'avoir fait mais j'ai pas pris de plaisir

SPEAKER_01

ouais c'est vrai que côté paysage ouais on voit pas grand chose

SPEAKER_00

à part des frontales et de la boue pas grand

SPEAKER_01

chose ceci dit je crois que mes meilleurs souvenirs de course c'était au tout début je l'ai fait il y a un moment donc je me rappelle plus les noms juste après le départ il y a une espèce d'ascension et en fait à ce moment là on s'était retourné et t'avais une ligne une ligne de frontale qui redescendait jusque dans la vallée je dois dire que c'était quand même vraiment sympa ça c'est chouette chouette mais bon sous la pluie je sais pas ce que ça allait par zéro degré je sais pas si

SPEAKER_00

j'aurais kiffé au final la pluie on l'oublie au début on se dit mais au final on l'oublie c'est juste que ça mouille tout en fait on est trempé de partout donc en fait au ravitaillement faut pas s'arrêter parce que sinon moi j'ai le syndrome de réno je sais pas si tu vois c'est les doigts qui deviennent tout blanc donc en fait si je m'arrête c'est mort je perds mes doigts avec les gants tout mouillés j'étais tombée donc

SPEAKER_01

je

SPEAKER_00

suis tombée dans une

SPEAKER_01

flaque donc les gants trempés épique waouh j'imagine parce que la pluie alors c'est peut-être une question un peu bête mais comment t'as géré la partie pluie déjà est-ce que tu l'avais anticipée est-ce que tu suivais un peu les conditions météo et

SPEAKER_00

tout oui oui on savait

SPEAKER_01

que la pluie ça faisait

SPEAKER_00

partie un peu de la course

SPEAKER_01

ok et donc là t'avais quoi t'avais veste étanche pantalon enfin sur pantalon étanche t'étais prête pour essuyer ou pas

SPEAKER_00

forcément

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

pas forcément en fait au début je voulais même partir en short parce que je m'étais dit pour 80 efforts je vais partir en short alors il faisait entre 0 et Et 4 degrés, je me suis dit, en courant, ça devrait passer. Au final, à 23 heures, avec la fatigue, tout ça, dans le quart, j'ai dit, non, en fait, je ne vais pas partir en short. Je voyais tout le monde autour de moi. J'étais la seule en short. Je dis, non, je ne vais pas partir en short. Donc, j'ai mis un collant. Et puis, par contre, en haut, j'avais mon cahoué. Et de toute façon, il pleuvait tellement qu'au final, le cahoué, on était mouillés de partout. Mais bon, au final, quand tu es mouillé, tu es mouillé. 30 minutes de plus je pense que c'est parce qu'il changerait

SPEAKER_01

la donne ok excellent enfin excellent intéressant le retour de la Saint-Élian c'est vrai qu'entendre un récit même moi qui l'ai déjà fait ça me tente moyen de le refaire tu vois quand j'entends les récits de toutes les autres Saint-Élians je me dis

SPEAKER_00

bon après

SPEAKER_01

il y en a qui ont adoré donc bon après chacun voit comme voilà c'est vrai il y en a pour tout le monde oui c'est ça yes ok alors t'évoquais la blessure que t'as réussi à gérer juste avant la Saint-Élion est-ce que tu peux peut-être nous parler du coup de Madère l'objectif initial et puis la réalité, ce qui s'est passé

SPEAKER_00

en fait Madère c'est vraiment, en plus c'est une distance 85 que je voulais vraiment appréhender puisque j'avais fait quoi 65 max un terrain que je pense j'aimais bien parce que c'était assez caillouteux tout ça c'est ce que j'aime bien et puis voilà j'avais vraiment envie C'était vraiment un objectif de saison, on va dire. Je m'étais dit trois mois de prépa. J'avais commencé en janvier. Ça se passait bien en plus. Par contre, je chargeais un peu. J'étais bien à 100 bornes semaine facile. J'avais essayé d'inclure plus de dénivelé parce que je m'étais fait avoir avec une course dans le Verdon où je n'avais pas fait assez de dénivelé. J'avais fait un TFL après parce que j'avais trop chargé sur mes cuisses. Je m'étais dit là, renfois à fond, etc. J'étais bien préparée. J'ai fait une course, je ne sais pas si Tu connais le dernier homme debout

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui. C'est des boucles qu'on répète toutes les heures. Et ça s'était très bien passé. Je m'étais même, entre guillemets, forcée à arrêter au bout de neuf boucles pour ne pas trop charger. Sauf qu'en fait, je n'ai jamais fait de pause après ça. Ça, c'était le dernier week-end de février. Donc, presque deux mois avant ma dernière. Donc, je m'étais dit, j'ai quand même le temps de récupérer. Sauf que je n'avais pas fait de pause du tout. Après, c'était samedi. Et en fait, dimanche, lundi, mardi, tout ça, j'ai renchaîné des sorties, des sorties, des sorties, et à peu près deux semaines après, je me sentais hyper fatiguée dans ma prépa, et je continuais mes sorties, mais je sentais bien que c'était compliqué, quoi, tout était compliqué, même mes footings, donc je me suis dit, putain, ça c'est un contre-coup, et deux semaines après ça, donc en gros, un mois après le dernier round de boost, qui nous arrive à 20, c'était le 28 mars, je crois, je vais à l'entraînement le mardi soir, et puis Au fur et à mesure, j'avais mal en bas du dos, mal en bas du dos.

UNKNOWN

Et...

SPEAKER_00

et d'un coup en fait je sens que c'était de plus en plus compliqué de courir au fur et à mesure que je mettais de l'intensité dans les côtes, dans les descentes ça tenait hyper dur, ça me faisait vraiment très mal donc là j'ai arrêté l'entraînement je pouvais même plus poser mon pied en fait, mon pied droit j'arrivais plus à marcher donc tout le monde me disait t'es un labago t'es un labago, je me disais mais c'est bizarre j'arrive vraiment pas à poser mon pied le lendemain au travail c'était une horreur, franchement je pense que les patients ils avaient pitié de moi j'arrivais à peine à marché. Et bref, kiné, ostéo, médecin, j'ai vu, je crois, en tout, j'ai dû voir 4 ou 5 professionnels. Personne ne savait trop parce qu'au final, une semaine, deux semaines, ça ne passait pas. Sauf qu'on était à un mois de manère quand ça m'est arrivé. Et en fait, je devais faire mon week-end shock. J'avais plein de trucs de prévus. Donc, moralement, très compliqué parce que pour moi, c'était un gros objectif. Alors, en termes de place ou de quoi, je n'avais pas forcément d'objectif. Mais je voulais faire un bon temps. Alors, qu'est-ce que je voulais faire comme temps

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je ne sais pas trop. Mais je m'étais dit... entre 12 et 14 heures ce serait parfait et en fait là du coup moralement je me dis mais j'arriverais pas j'arrivais à peine à marcher vraiment je boitais donc ça pendant deux semaines ça a été hyper compliqué impossible de faire du sport même le vélo j'arrivais pas et deux semaines après c'était un peu mieux j'essayais de courir en fait j'ai fait plusieurs essais j'ai essayé de courir au bout de 100 mètres j'ai bien vu que c'était pas possible donc là à deux semaines de De la course, on se dit que ça ne va pas être possible. Sauf que j'y allais en famille. On a pris les billets. On a pris tout ça. Je ne peux pas ne pas y aller. Dans tous les cas, j'ai des copains qui courent. J'irai. J'essaie de faire un petit peu de vélo. Mais moralement, c'est hyper compliqué. Le mois avant Madère, c'était moitié une déprime parce qu'on passe de courir tous les jours à rien du tout. Je pense que... sur ça c'est une grosse addiction même le sport et puis on se dit surtout j'arriverai jamais à faire la course c'est vraiment une course que je voulais faire donc hyper déçue au final j'ai de moins en moins mal en marchant je me dis je sens un petit truc mais bon ça peut le faire donc jusqu'à deux jours avant je savais toujours pas si j'allais faire la course je prends mon dossard mais je me dis moi je verrai demain si ça va

SPEAKER_01

ah ouais donc vraiment jusqu'à la veille tu t'étais pas certaine jusqu'à la veille

SPEAKER_00

je me disais j'y vais j'y vais pas j'avais mon copain il me dit mais si tente quoi parce que au pire tu t'arrêtes si tu vois au bout de 10 bornes que ça le fait pas tu t'arrêtes et puis voilà tu forces pas quoi et puis de toute façon je m'étais dit il y en a plein qui me disaient bah sinon tu fais tout en marchant moi c'est pas trop ce que j'ai envie de faire non plus

SPEAKER_01

quoi

SPEAKER_00

donc bon je m'étais dit tant pis je marche beaucoup je cours là où je peux courir et puis on va voir que moi ça se passe donc je me dis allez on se lance et puis on verra bien et j'avais quelqu'un de mon club avec moi donc qu'on a à peu près le même niveau donc c'est cool et puis donc on s'est lancé puis dès les deux premières heures on a beaucoup monté en fait les deux premières heures donc forcément au niveau de mon dos ça allait nickel mais par contre mon cardio bah forcément ça fait un mois que je cours pas il montait il montait il montait j'ai dit bah là je vais pas faire la journée j'étais je crois à 180 190 plus les deux premières heures donc là j'ai dit à Naël là ça va pas heureusement après ça s'est régulé on est redescendu on a machin mais bon dès que je voyais que je forçais trop ça montait ça montait ça allait pas au bout de 30 bornes on avait déjà fait je sais plus combien d'années mais c'était énorme on avait déjà fait pas loin de 3000 je crois et ouais non mais ça montait beaucoup au début en fait la dernière partie elle est plus roulante même s'il y a quand même des bosses mais et Et en fait, au 30e, il y a un ravitaillement. Je sais que ma sœur, elle me suit beaucoup sur les courses et elle gère beaucoup le ravitaillement. Je savais qu'elle était là-bas, donc moralement, ça fait du bien. Et pour aller à ce ravitaillement, il faut monter. Je crois que c'était 200 ou 300 mètres de dénivelé, mais que de marche. Donc, des marches, des marches, des marches, des marches. Parce qu'à Madère, c'est très marche. Ils sont très marches. On monte, on monte, on monte. On arrive au ravitaillement. J'ai dit à ma sœur, non mais là, j'en peux plus. Je suis morte, je suis oxy. J'en peux plus. Vraiment, j'en peux plus. elle me dit ben mange et tout et elle avait raison parce que j'ai mangé un peu je pense que je faisais une grosse hippo en fait je m'étais pas alimentée vu que j'étais en sur-régime et rien qui passait donc là ce ravitaillement on est resté par contre bien une bonne demi-heure mais ça m'a fait du bien mais un truc de fou parce qu'après on renchaînait sur 11 kilomètres et 1450 je crois de dénivelé donc là on se disait bon on y va pour 3 heures c'est parti quoi et donc on cette bosse là finalement on arrive je crois que c'était au pico au pico ruivo qu'on était le survitaillement là ça allait nickel je mets du sel dans mes flasques voilà parce que je voulais pas cramper musculairement ça allait plutôt bien et puis la partie entre le pico ruivo et le pico arriero en fait déjà c'est en plein soleil carrément mais il faisait bien 25 degrés donc il faisait chaud surtout chez nous on était pas habitués là en avril à ces températures là bon ça à la limite moi ça va la chaleur je gère mais en fait entre les deux picots là il y a des montées courtes mais très sèches après ça redescend ça relance et après à la fin ça monte ça monte ça monte et là je me suis dit là je commence à être vraiment atteinte quoi on était à 45 km je crois à peu près et je dis mais non mais là je suis vraiment je sens que ça va pas trop quoi il m'a dit j'ai fait que la moitié ça va pas et après en fait ce qui était très frustrant c'est que c'était plutôt roulant on a été jusqu'au 50 52 53e là cette partie là les 10 km c'était plutôt roulant mais vraiment la moindre bosse je marchais je sentais que j'avais plus d'énergie donc à ce ravitaillon là au 52e je me dis allez je mange un peu ça se trouve c'est comme tout à l'heure au 30e je fais une époux mais je mange du riz tout ça puis je sens que pas d'énergie quoi on repart dans le brouillard je mets mon kiwi tout ça parce que bon forcément les doigts blancs dès que je m'arrête et bon j'avais mon pote avec moi et il me disait allez allez je dis non mais au prochain j'abandonne c'est mort je suis au bout là j'en ai marre là je voyais l'heure qui tournait je savais que j'allais passer une nuit dans la montagne j'ai dit mais je j'en peux plus donc c'est mort au prochain j'arrête dans ma tête c'était fait

SPEAKER_01

quoi

SPEAKER_00

et lui il essayait tant bien que mal de me motiver non non mais regarde tout ce que t'as fait t'es capable on essayait de relancer mais je dis non mais là je me marre j'en ai marre je pense que j'étais un peu chiante parce que j'en avais vraiment mais ras le bol et puis je lui dis vers le 60ème je lui dis non mais vas-y enfin va-t'en parce que je te ralentis puis moi moralement de te voir devant comme ça à vouloir me motivé, en fait, ça me démoralise.

SPEAKER_01

Donc, non, non, vas-y.

UNKNOWN

Donc, il part. Du coup, il part devant et tant mieux parce qu'il fallait qu'il fasse sa course.

SPEAKER_00

Il a fait 16h30, quelque chose comme ça. Donc, c'était bien pour lui. Et puis, moi, j'arrive au ravitaillement. C'est mort. De toute façon, c'était fait dans ma tête. Moi, quand je décide quelque chose, c'est sûr et certain. Donc, je vois mon copain, ma sœur. Je dis non.

UNKNOWN

Je...

SPEAKER_00

j'arrête tout le monde me dit t'es sûr t'es sûr puis ils savaient en plus qu'après il y avait une grosse bosse qui faisait assez mal qui de 500m2 dénivelé qui faisait apparemment assez mal à tout le monde donc quand ils m'ont vu ils m'ont dit ils n'ont pas trop cherché à me convaincre non plus parce qu'ils ont dit déjà t'as pas couru depuis un mois et que tu fais 65km c'est très bien donc oui quand on repense à ça on se dit oui au final c'est très bien mais non, j'avais plus d'énergie, j'avais plus rien, j'avais pas envie quoi, vraiment plus d'envie, et après je savais que j'allais commencer la nuit, et vraiment la nuit j'avais pas envie, je savais que ça allait me mettre un coup au moral, et que voilà, donc j'ai dit au mec, bon je veux arrêter, il me dit quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

J'ai dit oui oui, il me dit bah non, vous avez 5 heures sur la barrière, il me dit non non, Et je me suis dit, si, si, vraiment, j'en veux plus. Vraiment, lui, il voulait que je continue. Et je dis, non, non, vraiment. Il me fait, c'est bon. Alors, il y avait aussi, on partageait la course avec des gens du 115, parce que forcément, on se rejoint sur le parcours. Puis à force, il y avait des gens du 115 qui étaient avec moi, qui étaient avec nous. Puis ils me disaient, n'importe quoi, tu cours encore un peu, tu peux quand même continuer. Alors, c'est vrai que eux, j'avais l'impression d'être plus fraîche que certains. Mais moi, c'est pas... Enfin, de me pousser à bout, à bout, à bout, jusqu'à Merci. marcher comme je sais pas quoi. Non, c'est pas trop ma vision de la course, quoi. J'ai envie de... Je veux pas dire finir bien, mais de... Voilà, de pas être un zombie non plus, quoi. Parce que quand on voyait ça arriver, dans les états, des fois, des gens... Ouais, non, je pense que j'ai atteint ma limite et là, j'étais plus préparée, en fait, clairement. Enfin, j'ai bien senti que physiquement, c'était... J'avais plus d'énergie, quoi. Plus de jus. Donc, j'étais hyper déçue de... de ne pas être au bout, parce qu'au final, après, je savais que j'avais fait le plus dur, entre guillemets, en termes de parcours. Mais... Non. Enfin... pas d'envie et au final j'ai pas tant de regrets de ça d'avoir arrêté parce que quand je sais qu'au final ce que j'ai, ma pathologie etc je me dis que au final j'aurais même pas dû

SPEAKER_01

prendre

SPEAKER_00

le départ ah parce que depuis tu sais du coup maintenant ce que t'as

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

du coup par la suite alors après je me suis dit si c'est inflammatoire ma pathologie je vais bien le voir en fait parce que je vais avoir hyper mal demain et en fait le lendemain à part des courbatures j'avais pas plus mal que ça du dos, bizarre. Et en fait, du coup, je passe une IRM, c'était il y a une semaine, non, il y a deux semaines, qui révèle que c'est une fracture de fatigue au niveau du

SPEAKER_01

sacrum. Ah

SPEAKER_00

mais oui, mais tu l'as partagé, ah oui, ok, oh punaise. Ah ouais, donc t'as fait... Ah ouais, d'accord, ok, donc t'as fait les 60 bornes et quelques... Oh punaise, avec une fracture de... Ouais, c'est ça. Donc je me dis, c'est pas... peut-être pas bien au final, après, j'ai pas l'impression que ça a majoré mes douleurs, mais, bon, c'est, voilà, au final, je me dis, en fait, au moins j'ai une raison, un diagnostic du fait que j'avais mal, parce que je commençais à me dire, mais t'es une chochote, quoi, parce que t'arrives pas à courir, alors que, putain, je comprenais pas ce que j'avais, en fait, donc, au moins j'ai un diagnostic, et voilà, on peut avancer.

SPEAKER_01

ok, waouh punaise ouais effectivement, avec du recul du coup donc là, l'IRM une semaine c'était fin avril, c'est ça le 22 avril je crois le

SPEAKER_00

MADER ouais j'ai passé mon IRM et puis là je passe un scanner demain pour vraiment spécifier, je pense c'est pour savoir la gravité

SPEAKER_01

entre guillemets de la fracture ok, waouh ok, ouais j'avais oublié ce post que t'avais fait sur Instagram sur ta fracture de fatigue c'est clair que là on comprend mieux déjà parce que tu as dit plusieurs fois physiquement que tu n'avais pas couru pendant un mois mais que l'envie n'était pas là j'avais un peu l'impression quand tu partageais que c'était peut-être si tu devais arbitrer tu dirais que c'était plutôt le physique qui fait que tu as arrêté ou plutôt le mental enfin le mental pas dans le sens t'avais pas le mental tu vois mais plutôt mental dans le sens envie, motivation

SPEAKER_00

je sais pas je pense que c'est de toute façon les deux sont liés parce que quand t'as plus d'énergie t'as pas d'envie mais enfin avec du recul si c'était ma course parce que j'avais fait un peu un deuil entre guillemets dessus pendant un mois j'ai pas couru je me suis dit de toute façon je pourrais pas performer entre guillemets et donc en fait je pense que j'avais pas envie de me faire mal sachant que ça allait pas être une course qui allait me satisfaire, entre guillemets. Donc, je pense que c'était beaucoup mental, même si physiquement, en termes d'énergie, j'étais oxy,

SPEAKER_01

quoi. C'était... Je ne sais pas si tu as touché sur le site de l'UTMB, sur ta page athlète, je ne pense pas qu'il y ait tout, mais est-ce que c'était ton premier abandon sur une course comme

SPEAKER_00

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, jamais

SPEAKER_01

abandonné. Parce que première blessure aussi, ou en tout cas première blessure de cette envergure

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, première blessure de cette envergure, ça c'est clair. Je n'ai jamais arrêté de courir pendant un mois, ça ne m'était jamais arrivé. Même une semaine déjà, je pense que ça ne m'était pas arrivé. Donc, en fait, physiquement, c'est un peu complexe. Donc, oui, abandonner, non, pour moi, avant cette course, ça n'était pas possible d'abandonner. Vraiment. Mais en fait, maintenant, je vois les choses différemment. Je pense que l'abandon, c'est pas forcément... Je pense qu'il ne faut pas finir à tout prix. Après, c'est mon avis, mais des fois, on peut se mettre en danger. Donc, voilà. Même si, moi, je ne me serais pas mise en danger à faire 20 kilomètres de plus, mais... mais voilà après il faut s'écouter il faut s'écouter quoi aussi ça dépend de chacun

SPEAKER_01

ça me fait penser j'avais reçu Sylvaine Cusseau sur le podcast il y a un moment c'était juste après je crois la diagonale de l'année dernière ou celle d'avant je sais plus et je sais pas si tu la suis ou si tu la suivais à ce moment là mais elle avait fini la course je crois qu'elle s'était fracturée le tibia le tibia à mi-course quelque chose comme ça et elle avait fini et je me rappelle on en avait un petit peu parlé ça avait fait il y avait toute une espèce de polémique de la part de certaines personnes qui disaient c'est complètement inconscient ça aurait pu être grave elle aurait pu engager du coup des secouristes qui auraient risqué leur vie pour aller la chercher en gros ce qu'elle disait c'est que avec ses paramètres à elle, son expérience à aucun moment elle a eu le sentiment de prendre un risque et que évidemment s'il y avait eu un risque, elle avait déterminé qu'il y avait un risque, elle aurait sans doute

SPEAKER_00

arrêté mais bien sûr, je pense que après tout le monde n'est pas comme ça mais on se connaît assez pour savoir quand là c'est bon ou quand là on peut y aller après je pense que certains

SPEAKER_01

n'arrivent pas

SPEAKER_00

trop je pense que c'est pas

SPEAKER_01

donné à tout le monde d'être lucide sur

SPEAKER_00

ces

SPEAKER_01

choses là quoi ouais ce qui est pas évident c'est que ouais on est pas je m'en suis un peu rendu compte sur la pételle là c'est que t'es pas dans la tête des gens en fait et du coup c'est vachement dur, tu peux avoir des signes extérieurs qui te font dire ça craint, il ou elle est vraiment dans le dur tu vois alors qu'en fait peut-être pas tant que ça souvent j'y pense quand tu vois des finishs d'Ironman ou de course un peu longue où tu vois les gens qui n'arrivent plus à avancer, ils tombent à genoux à 10 mètres de la ligne là spontanément tu te dis wow abusez-la la personne est vraiment allée chercher loin mais alors qu'en fait peut-être que non tu vois physiquement

SPEAKER_00

oui oui oui carrément

SPEAKER_01

carrément

SPEAKER_00

par

SPEAKER_01

rapport à ce que tu disais le syndrome dont tu as parlé je ne connaissais pas je ne t'ai pas interrompu mais est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus j'en avais pas entendu parler

SPEAKER_00

de rhéno rhéno ouais en fait c'est c'est juste quand il fait froid ou quand il fait surtout du froid humide en fait toutes mes extrémités donc j'ai mes pieds aussi ça le fait qui deviennent toutes blanches en fait le sang il ne circule plus il y a tellement une vasoconstriction enfin tes vaisseaux ils se serrent tellement que ça ne passe plus du coup j'ai les doigts qui deviennent tout blanc alors c'est pas grave du tout c'est rien du tout mais c'est juste que c'est chiant en fait parce que du coup tu sens pas

SPEAKER_01

grand chose et tout s'engourdit du coup si tu t'arrêtes

SPEAKER_00

c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

ça peut faire mal aussi un petit peu des fois quand c'est vraiment tout froid mais bon après et dans le show à

SPEAKER_01

l'inverse

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

non rien du tout d'accord non non non

SPEAKER_01

Ok, donc premier abandon, première fois que tu interromps, que tu ne cours pas pendant ne serait-ce qu'une semaine, et première blessure sérieuse. Alors c'est encore un peu frais, on le disait, tout ça c'était 22 avril, on est au moment de l'enregistrement le 25 mai, donc assez récent, mais est-ce que tu as déjà suffisamment de recul pour... pour nous expliquer un petit peu finalement les différentes étapes par lesquelles t'es passée pour accepter ça est-ce que t'as le sentiment d'avoir déjà un peu tourné la page de te projeter dans le futur vers autre chose en tout cas comment est-ce que ça se gère une blessure comme ça dans la situation qui

SPEAKER_00

est la tienne tourner la page là je dirais pas que j'ai tourné la page mais comme j'ai dit tout à l'heure quand ça m'est arrivé vraiment je croyais que Les deux premières semaines de ma blessure, je pleurais tous les soirs. Mais clairement. Et heureusement que j'avais mon copain parce que j'avais l'impression d'être en grosse déprime. Alors que je me disais, mais t'es con parce que t'es en bonne santé, tes proches ils vont bien. Mais quand on passe de sport tous les jours à... que rien faire, arriver à peine à marcher, c'est hyper complexe. J'en pleure encore, mais c'était hyper compliqué en fait. Pardon. Et en fait on a l'impression que les gens ils comprennent pas trop en fait. me disent... En fait, je sais très bien ce que certaines personnes diraient, enfin, ont dit. De toute façon, elles en font trop. Et en fait, c'est que... Après, je me disais, mais je le sais, j'ai trop forcé. Et oui, j'en ai trop fait. De toute façon, j'en avais conscience. Je pense qu'au final, inconsciemment, je m'y attendais un petit peu parce que je me sentais très fatiguée, tout ça. Puis la récupération, quand on dort le matin, tout ça avec le rythme, c'est pas optimal. Mais donc, les deux premières semaines, vraiment, c'était hyper complexe. Et du coup, j'avais envie de plus rien faire j'avais zéro motivation et puis après au final quand j'arrivais un peu mieux à marcher tout ça j'avais Madère qui arrivait les vacances tout ça donc là ça allait beaucoup mieux et puis je suis quand même bien entourée de mes proches donc c'est ça c'est un point fort je pense d'être entourée quand il y a des moins bien c'est hyper important et donc du coup là depuis Madère ça va mieux quand même Enfin, je... j'essaye d'adapter en fonction donc je fais d'autres sports, je fais du vélo je fais le renfort que je peux faire sans que sa force s'attire trop dessus et puis là je commence à recourir un petit peu en fonction de ma douleur toujours si j'ai mal, j'arrête et puis voilà on essaye de faire autre chose de prendre du temps aussi pour soi j'ai recuisiné ce que je faisais beaucoup moins parce que j'avais moins de temps on fait d'autres choses, moi j'ai eu on a eu un petit chien là donc ça m'a bien occupé donc voilà on essaye de trouver d'autres occupations pour payer à ça et puis pour faire aussi autre chose voilà écoute

SPEAKER_01

en tout cas Naël merci beaucoup de partager tout ça aussi ouvertement je suis désolé si la question était à déclencher des émotions mais c'est super intéressant parce que je trouve que déjà ça fait un peu partie des sujets dont on parle peu on discute toujours des champions, des gens qui se dépassent voilà quand ça va bien mais la réalité en fait c'est que pour plein de gens alors j'ai plus les statistiques en tête mais en course à pied en particulier le pourcentage de pratiquants qui se blessent Je crois qu'il est trois fois plus élevé qu'en rugby. C'est énormissime. Je trouve que c'est très intéressant d'en parler et de voir que même quelqu'un qui pratique autant que toi, qui a des bons résultats, on n'est pas à l'abri. C'est difficile à gérer pour tout le monde. Merci beaucoup de le partager aussi

SPEAKER_00

ouvertement. En tout cas, c'est chouette de voir

SPEAKER_01

que j'ai l'impression que tu as quand même assez rapidement mis des choses en place on est une semaine après le diagnostic Bon, voilà, il y a eu Madère qui ne s'est pas terminé comme tu le souhaitais, mais j'ai quand même l'impression, dans tous les gens que je reçois qui passent par la blessure, j'ai un peu l'impression que le fil rouge, et qui sont tous des gens, tu vois, comme toi, des frappés, des gens qui font des choses incroyables dans leurs univers. Le point commun, c'est quand même à chaque fois, j'ai l'impression, cette capacité à rebondir. Tu vois, un de mes premiers épisodes, j'avais eu un membre de l'équipe de France de rugby, Jonathan, qui me m'expliquait qu'il s'était fait une énorme blessure en plein match et qu'en fait il était sur la civière même pas encore sorti du terrain qu'il était déjà en train de planifier la suite de quels exercices il allait pouvoir faire sans mobiliser sa jambe comment faire pour musculairement rester au bon niveau, pas perdre en cardio et je trouve ça quand même hallucinant et même si c'est des phases forcément franchement on s'en passerait bien je trouve ça assez admirable à chaque fois cette capacité des gens à rebondir rapidement

SPEAKER_00

après quand j'arrivais à peine à marcher j'essayais de faire du renfou j'essayais quand même de me bouger parce que on sait que déjà musculairement je voulais pas trop perdre mais bon après on fait comme on peut des fois je faisais des exercices j'en pleurais à la fin parce que j'avais trop mal sauf que après je me faisais anguler parce que du coup ça sert à rien de forcer mais sauf qu'on a envie de faire quelque chose quoi parce

SPEAKER_01

que le sacrum alors tu me dis si je sors des aberrations médicales moi j'ai eu une grosse blessure au bassin et c'est là où je me suis rendu compte que le bassin c'est je me suis fracturé le bassin c'est juste le point pivot donc tu peux absolument rien faire parce que ne serait-ce que des abdos tout mobilise

SPEAKER_00

le bassin le

SPEAKER_01

sacrum c'est à peu près

SPEAKER_00

pareil c'est au niveau du bassin carrément ça s'insère donc oui carrément Un exercice que j'arrivais à faire, c'était le gainage. Je faisais du gainage. Ça, ça ne me faisait rien. Après, quand j'avais un peu moins mal, j'essayais de faire des squats. La chaise, ça ne me faisait pas trop mal. En fait, tous les exercices sans trop d'impact. C'était vraiment l'impact qui me faisait très mal. C'était

SPEAKER_01

l'impact. Et le vélo, tu

SPEAKER_00

disais que c'était douloureux aussi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Au début, je crois que je pouvais faire n'importe quoi. ça me faisait mal donc au début ouais le vélo même monter sur un vélo je sentais que parce que j'ai fait une sortie à vélo on a fait 50 km peut-être quelques jours après là que ça m'est arrivé sauf qu'en fait je suis tombée comme par hasard dessus donc là j'arrivais plus à remonter j'arrivais plus à remonter sur le vélo j'arrivais pas à lever ma jambe en fait donc bon j'ai dit non mais là c'est bon là ça me saoule donc bon au début c'était compliqué maintenant le vélo vraiment une à deux semaines après que j'ai eu mal le vélo c'était bon quoi ça me faisait plus mal à part les petites secousses sur les routes mais sinon je pouvais en faire il y avait zéro

SPEAKER_01

problème

SPEAKER_00

ok Ok,

SPEAKER_01

et du coup, la suite de la convalescence, qu'est-ce que ça va donner

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Tu as déjà un peu de visibilité sur la durée, les étapes

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je ne sais pas trop trop, je pense que ça va dépendre de mon scanner, mais déjà là, j'ai vraiment zéro douleur en marchant. En courant, hier j'ai couru, j'ai presque pas eu mal, mais je pense que du coup, je m'écoute vachement. C'est un peu le risque après, quand on est blessé, c'est qu'on est attentif aux moindres petits signes oh putain là j'ai mal, oh non là j'ai pas mal et j'ai l'impression que ma foulée elle se modifie un petit peu je suis droite, on dirait que j'ai un j'ai un balai dans le cul mais je pense que ça ça va revenir mais non là ça va, après le médecin m'avait dit une fracture de fatigue là comme j'ai au sacrum c'était 2-3 mois, là je suis déjà 2 mois je pense que là ça se reconsolide petit à petit et puis je verrai avec le scanner si vraiment il dit quelque chose mais sinon là je prend petit à petit le principalement ça va être de pas de pab de reprendre vraiment doucement pour parce que là ça le temps d'arrêt a été très long donc c'est tout ça qu'il faut gérer quoi Et puis après, en termes de course, je ne sais pas trop. Je n'ai pas trop envie de me fixer des trucs. Je devais accompagner ma sœur sur son premier trail au Grand Raid des Pyrénées la fin août. Donc, j'aurais déjà ça. Moi, je dois faire le 60 aussi. Donc, il y a un 60 le jeudi et le 40 avec ma sœur le vendredi. Donc, si tout va bien, je ferai ça. Mais pour l'instant, c'est l'interrogation.

SPEAKER_01

Ok.

SPEAKER_00

Bon.

SPEAKER_01

Et peut-être pour finir sur cette parenthèse sur la blessure, le point d'interrogation, l'incertitude, comment est-ce que tu le gères

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Parce que tu expliquais que c'était la première fois que tu avais une interruption sportive imposée aussi longue, et tu l'évoquais un peu plus tôt aussi… une forme d'addiction tu vois quand t'as une pratique aussi régulière dans laquelle tu te sens finalement qui t'apporte autant et que d'un coup bah elle disparaît pas forcément évident à gérer donc surtout quand tu sais pas quand est-ce que tu vas pouvoir revenir est-ce que t'arrives déjà à mettre des mots sur la façon dont tu gères cette grosse zone floue par rapport à ta pratique de la

SPEAKER_00

course bah comme j'ai dit au début c'était j'arrivais pas je voyais tout noir enfin les premiers jours là c'était compliqué puis après au final on commence à se dire je pourrais peut-être en profiter pour faire plus de vélo je vais plus faire ça je vais mettre un objectif la semaine prochaine j'aimerais bien faire ça je pense qu'on pense à plus loin aussi ouais plus loin je m'étais dit que j'allais faire le marathon de Valence en décembre et au final je vais vendre mon dossard parce que je pense que je serais pas optimale entre guillemets dès décembre pour faire le temps que je voudrais donc je préfère repousser le marathon et faire ça peut-être l'année prochaine mais voilà on essaye de s'organiser des objectifs c'est des petits objectifs qu'on se met oh là j'aimerais bien faire là ce serait bien que demain j'ai pas trop mal, demain je fais 30 minutes puis on revient des 30 minutes, on est trop content parce qu'on a fait nos 30 minutes mais voilà on se met des petits objectifs et puis voilà Et puis, surtout, se faire entourer. Je pense que c'est hyper important. Là, d'encourager les copains, ça fait du bien. Ce week-end, j'étais à une course que je devais faire. Normalement, la pastourelle, c'est dans le Cantal. Et donc, tout le monde courait. On était 40. Tout le monde courait, sauf moi. Donc, c'est bien parce que d'encourager tout ça, c'est vrai que ce côté-là, je ne le vois pas assez. J'ai vraiment apprécié tout ce côté d'Edeo Ravito, de... de prendre plein de vidéos moi j'adore ça de partager ça avec mes proches c'était hyper cool mais par contre quand tout le monde arrive et tout le monde dit on a passé un super week-end tout le monde a fait la course qu'il voulait tout le monde a réussi sa course et moi tu vois je me dis mais non moi j'ai pas couru alors que je voulais courir mais bon après ça fait partie du truc et puis après on se bondit on verra Quand je serai rétablie, peut-être que je serai plus forte, je ne sais pas. on verra, ça sera une expérience en tout cas pour pas refaire les mêmes erreurs,

SPEAKER_01

surtout. C'est clair, c'est exactement ce que j'allais dire, c'est forcément jamais des moments cools, mais bon, c'est souvent des moments dans lesquels on apprend, tu vois, se lancer dans de nouvelles choses comme tu le fais, essayer d'analyser ce qui n'a pas fonctionné pour pas le dupliquer, le reproduire, donc ouais, on s'en passerait bien, mais bon, finalement c'est quand même des phases qui peuvent avoir leur valeur

SPEAKER_00

ajoutée

SPEAKER_01

oui carrément mais j'avoue que c'est dur de se le dire dans le

SPEAKER_00

moment surtout que moi je suis je sais en fait ce qu'il faut faire je suis très curieuse donc en fait je lis beaucoup des articles et tout ça sur l'alimentation sur les entraînements tout ça mais sauf que je l'applique pas moi j'arrive pas à l'appliquer à moi et donc en fait je suis pleine de conseils mais pas pour moi donc donc il faut que je réussisse à l'appliquer sur moi et puis

SPEAKER_01

ça

SPEAKER_00

marche quand même parce que là tu dirais que c'est quoi ça a été le volume tu penses ouais en fait je rajoutais des footings je rajoutais des petits trucs dans le programme donc forcément et puis faire peut-être plus de sport porté après j'étais aussi très fatiguée du travail donc je pense que ça aide pas non plus le travail de nuit c'est quand même pas anodin sur ça Et puis, voilà, j'ai aussi... Enfin, je ne sais pas si tu connais le syndrome Redess. On en entend un petit peu parler. C'est un peu la triade féminine de la sportive. C'est qu'en fait, on a des troubles du cycle hormonal. Et du coup, en fait, j'ai eu ça il y a peut-être maintenant un ou deux ans. Je n'avais plus du tout de règles. J'avais arrêté ma pilule parce que je ne voulais plus d'hormones, tout simplement. Et je... donc du coup j'avais pas de règles du tout donc pendant un an j'ai pas eu de règles sauf que c'est pas normal en fait de pas avoir de règles si t'es pas enceinte du moins et du coup en fait donc ma gynéco m'a dit bah non mais c'est trop de sport trop de sport moi je me dis bah en fait il y a deux filles quoi qui font du sport enfin moi je comprenais pas pour moi je suis pas non plus je suis pas élite à faire du sport deux fois par jour donc je comprenais pas en fait et donc elle me dit bah si avec votre rythme tout ça parce que la nuit aussi et le travail de nuit ça bouscule un peu les hormones et donc en fait voilà et puis elle me disait qu'il fallait que je mange plus même si je suis plutôt une grosse mangeuse mais non voilà donc en fait j'ai dû reprendre la pilule mais sauf que depuis en fait je sais pas si c'est réglé ce problème et en fait le risque c'est les fractures c'est de l'ostéoporose donc je pense que du coup ça a peut-être un lien aussi avec

SPEAKER_01

ça

SPEAKER_00

d'accord donc c'est un ensemble de choses c'est aussi le surentraînement mais Il faut peut-être que je règle un peu ce

SPEAKER_01

souci-là,

SPEAKER_00

quoi.

UNKNOWN

Bon.

SPEAKER_01

Ok. Écoute, quelque part, ça met en lumière des sujets, des problèmes potentiels qui seraient sortis à un moment donné. Là, maintenant, tu n'as plus le choix. Il faut que tu t'en occupes, mais une fois que ce sera fait, ce sera derrière toi. Pour finir sur une note peut-être plus positive, j'avais lu ta petite présentation sur le site de Meltonic, puisque tu es ambassadrice de Meltonic. Il y avait une question que je voulais te poser mais bon je vais te la poser quand même c'était sur la course de tes rêves donc ta réponse à ce moment là en tout cas dans l'article c'est qu'il n'y en avait pas forcément une en particulier mais maintenant je me dis que peut-être tu vois les choses un peu différemment avec ta blessure les expériences supplémentaires que tu as eu depuis est-ce que tu te projettes sur alors peut-être pas une course s'il n'y en a pas une que tu peux nommer mais en tout cas sur le type de sensation ou tu vois le type de finish que tu aimerais faire une fois que la blessure sera derrière toi

SPEAKER_00

en fait moi j'ai envie de me lancer sur de l'ultra et donc en fait l'année prochaine je vais passer le cap déjà des 100 km et après par contre j'ai pas envie de j'ai pas une course en particulier je pensais peut-être les temps pliés parce que je vais pas dire que c'est plus roulant mais par rapport à d'autres 100 km c'est un peu moins technique mais voilà je veux pas faire non plus des 100 km trop trop... trop plat

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

je sais pas trop pas déjà le 175 mais au moins passer le cap des 100 et puis après on verra parce que je me rends compte que c'est vraiment ça que j'aime le long et en fait je pense que la blessure on se dit vraiment j'ai vraiment envie de faire ça quand on est en manque de quelque chose c'est là qu'on se rend compte qu'on a vraiment envie de le faire donc j'ai pas une course en particulier je sais pas

SPEAKER_01

trop mais le long en tout

SPEAKER_00

cas

SPEAKER_01

mais le long en tout cas ouais ah bah là du coup tu vas faire l'expérience de la nuit après une journée d'effort

SPEAKER_00

voilà

SPEAKER_01

exactement yes trop bien ok bah écoute on arrive au bout un grand grand merci à Naël c'était génial d'en apprendre plus sur ton parcours que tu nous dises avec beaucoup d'honnêteté la façon dont tu vis cette cette malheureuse blessure mais bon avec l'état d'esprit que t'as ton passif ta vie de sportif je suis sûr que ce sera vite derrière toi et puis bah écoute peut-être qu'on fera un nouvel épisode de débrief de ton premier 100 km et plus

SPEAKER_00

alors ah ouais carrément ça va être épique je pense yes merci beaucoup Naël merci à toi c'était sympa

SPEAKER_01

très bonne convalescence à bientôt ouais merci à bientôt salut Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir, c'est de partager cet épisode à au moins 3 personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour me laisser une note 5 étoiles et un commentaire. Merci beaucoup pour votre fidélité. A la semaine prochaine pour un nouvel invité.