Le départ au Yukon, moins 38. Ça, je n'avais jamais vécu de ma vie. Jusqu'à moins 28, ça va. Quand on dépasse moins 28, là, par contre, on sent que toute erreur aura des conséquences. Donc, il ne faut pas trop se tromper. Il n'y a aucune cabane sur 200 kilomètres. Et c'est l'endroit le plus dangereux que j'ai connu au monde. Comme si on était sur un congélateur, à ciel ouvert et avec du vent.
SPEAKER_01Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire des des univers fascinants qui font rêver avec mes invités on ira naviguer sur toutes les mers du monde on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en himalaya on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales le deuxième c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ses invités exceptionnels on sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une fois petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur terre, alors autant les vivre à fond. Mon invité de la semaine Thierry Corbarieux est un homme des extrêmes. Je vous le dis clairement, j'ai été super impressionné par ce qu'il est capable de faire. Les courses auxquelles il participe et qu'il remporte régulièrement sont délirantes. La dernière en date s'appelle l'Edith Harrod, le départ se fait en Alaska en plein hiver et la distance à couvrir en autonomie totale est de 1000 miles. 1000 miles, ça fait plus de 1600 kilomètres par moins 40 degrés en tirant une luge chargée de tout son matériel sur 25 jours. Non mais vous imaginez un peu
UNKNOWN?
SPEAKER_01Dans cet échange, Thierry nous parle de ce qu'il trouve dans ses formats hors normes et nous livre quelques anecdotes de galères qu'il a rencontrées en course qui vous feront sans doute frémir. Bravo à Simalp, le sponsor de cet épisode, pour avoir réussi à recruter un athlète de ce calibre dans son équipe ambassadeur. Simalp, c'est une marque française créée en 1964 par des amoureux de montagne pour des amoureux de montagne. Ils conçoivent des équipements de trail, d'alpinisme et de ski ou encore de randonnées donc c'est assez varié mais ça reste toujours dans l'univers de la montagne et ils mettent l'accent sur la technicité la durabilité l'innovation et l'accessibilité de leurs produits ce qui est plutôt pas mal pour nos portefeuilles personnellement j'adore le matos outdoor je réalise des tests pour plein de marques différentes depuis plus de dix ans donc je reconnais un produit de qualité quand j'en ai un entre les mains et dans le cas de cimalp j'ai eu l'occasion de partir en montagne avec plusieurs de leurs pièces emblématiques première couche veste isolante veste étanche short pantalon et ça n'a été que de bonnes expériences les produits sont bien bien pensé, c'est robuste et en plus, c'est français. Un détail que j'adore, ce sont les pictogrammes qui présentent les caractéristiques techniques de chaque produit, isolant, étanche, anti-odeur, etc. Ce qui est super pratique si, comme moi, vous commencez à avoir pas mal de vêtements en dehors dans vos placards et que vous vous y perdez. Simalp commercialise en direct sur Internet, ce qui leur permet d'offrir des tarifs très compétitifs. Donc foncez faire un tour sur leur site, simalp.fr, C-I-M-A-L-P.fr. Excellente écoute à vous les frapper. Ma première question, Thierry, ce serait comment tu décris ta discipline
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que je ne te cache pas qu'en AUL, d'ailleurs, merci à AUL de nous avoir mis en relation, mais quand AUL m'a parlé de toi, j'ai un petit fichier dans lequel je mets les invités potentiels avant de les contacter et je mets un genre de tag à côté, donc aventure, militaire, ultra. Et j'ai mis ultra sur toi et je me suis dit, non mais attends, en fait, ultra, jusqu'à présent, j'ai eu des gens qui faisaient l'UTMB, tu vois, de 170 kilomètres. Et puis quand je suis allé regarder les distances que tu faisais, je me suis dit, mince, attends, lui c'est pas 170 c'est 1600 donc c'est quoi en fait c'est plus du ultra
SPEAKER_00là non
UNKNOWN?
SPEAKER_00pour que ça reste quelque chose de facile à expliquer moi je dis toujours ultra trailer mais de format XXL ça décrit un peu le format puisque effectivement les courses elles sont pareilles c'est des formats ultra mais ça va sur des distances un peu plus
SPEAKER_01longues ouais un petit peu plus longues effectivement bon on va en parler en tout cas c'est génial que tu sois là avec nous aujourd'hui merci beaucoup Peut-être qu'on peut commencer par la genèse. Comment est-ce qu'on tombe dans l'ultra XXL
UNKNOWN?
SPEAKER_01Puisque tu étais déjà pratiquant d'ultra avant, si j'ai bien compris. C'est pendant une épreuve d'ultra, en gros, que tu as eu une sorte de déclic, c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Le déclic, c'est en 2005. Je fais le marathon des sables alors que je ne connaissais rien du tout au désert. Je n'étais jamais allé. Je n'avais jamais fait des distances pareilles. Et puis, je me prépare pendant deux ans après avoir fait quelques marathons. Et là, c'est c'est la révélation, je me trouve dans le désert avec mon sac à dos, tous les repas, plus les vêtements que je vais mettre dans une semaine, je ne connais pas, et cette surprise de me trouver là, et de profiter un maximum, et d'avoir de super sensations même, pendant cette semaine-là, alors que je n'avais aucune idée de ce que ça pouvait représenter, et quand je rentre, je me dis vite, il faut que je revienne sur une épreuve pareille. Donc ça, ça a été un peu le déclic, la révélation, et puis je suis allé très vite sur le non-stop. Alors, bien sûr, sur des formats américains, les 100 miles, parce que c'est les courses qui sont les plus fréquentes. Mais, voilà, j'en fais quelques-unes. Je commençais par la Libyan Challenge, qui faisait 180 kilomètres. Là aussi, je fais un bon résultat, mais en même temps, je découvre quelque chose qui me plaît. Enfin, on nous laisse libre de faire des courses peu importe le temps qu'on va mettre. Il y a un départ, il y a une arrivée. Au milieu, c'est toi qui te gères. Et ça, j'ai beaucoup à Et de suite, je suis allé voir. Dès que je rentre, je vais revoir encore des distances pour essayer de voir si je suis capable de faire mieux. Et puis là, je tombe sur la 333. C'était le 10e anniversaire en 2009. Et là, c'est la surprise parce que justement, je ne savais même pas si j'étais capable de finir cette course-là. Et là, je me trouve devant dès la première journée. Et je termine avec 7 heures d'avance sur le second qui était... quelqu'un qui l'avait déjà gagné plusieurs fois. Et là, je me dis, c'est incroyable. Moi, je voulais juste finir et j'ai gagné cette course. J'établis le record qui est toujours d'actualité en 56 heures. Et là, j'ai dit, c'est bon, c'est ce que j'aime. Donc, ça va très vite. Puisque l'année après, j'ai un chêne sur la 555. Bien sûr, qui est la grande soeur de la 333. Et toujours pareil, on monte dans les distances. On est passé de 300 à 500, pratiquement même 600. et c'est toujours pareil alors là je dis quand même c'est un cap parce que 600 km ça commence à faire ça fait 5 jours et 23 heures et je me rappelle encore et 5 jours et 23 heures et là je dis bon ça fait quand même un peu long donc je reviens un peu sur des formats un peu plus classiques mais toujours dans l'idée et puis j'ai besoin de me challenger, j'ai besoin de vérifier si je suis capable toujours de faire des choses nouvelles donc je vais sur des courses qui change. Je passe du désert à la montagne après quelques années. Et là, effectivement, j'ai une course qui se fait pas loin de chez moi, dans les Pyrénées, la Transpyrénéa. Et là, je... je suis obligé de me préparer pendant deux ans, alors je suis super content, parce que là aussi, je travaille ça avec mon équipe, qui me suit un peu partout dans le monde, puisqu'on a toujours besoin quand même d'une équipe pour préparer tous les paramètres, bien sûr que c'est moi qui suis l'instigateur, à l'origine, mais ensuite, j'ai besoin de me préparer avec des gens qui connaissent, alors ça peut être sur plusieurs sujets, et là, on est dans les Pyrénées, et je vais pouvoir vivre ça au quotidien avec eux, ils vont me voir sur le parcours en 2016 et là par contre c'est malgré deux ans de préparation hyper pointu je suis très rapidement devant mais avec le joint steel le suédois et je suis obligé de me contraindre à l'abandon avec deux périostites donc je voilà je fais comme 140 km avec mais quand je suis en marche arrière sur des descentes je comprends que ça va pas le faire longtemps et je fais ça devenait ridicule quoi donc je suis obligé d'abandonner et voilà donc toujours pareil de se remettre en condition et de vérifier toujours si je suis capable donc deux ans après cette course elle se refait et je m'inscris bien sûr parce qu'on ne reste pas sur un échec et là un mois et demi à peu près du départ l'organisateur est contraint à arrêter cette course et là on était 260 coureurs et il y en a 80 qui disent, d'accord, on ne peut pas y participer parce que pour des raisons administratives, ce n'est pas possible. Nous, on va la faire en offre, comme si c'était... On le fait en offre. Oui, on s'était préparé depuis trop longtemps et moi, j'avais trop envie de la faire aussi. Et donc, on se prépare en offre et on met un dossard et tout. Et là, on part comme si on partait sur une course, sauf qu'il n'y a aucune organisation. Il n'y a rien
SPEAKER_01du tout.
SPEAKER_00Moi, ça ne m'énerve pas parce que là, je n'avais pas pris par contre une grosse équipe parce que j'avais trouvé que la première fois justement c'était difficile c'est difficile de pas discuter toujours avec les gens qui viennent te voir c'est difficile de pas communiquer avec eux c'est toujours de l'énergie dépensée et j'avais trouvé que ça avait été difficile justement de dépenser toute cette énergie alors cette fois-ci je change carrément de fonctionnement, je pars calmer mon épouse et là on s'organise, même quand j'arrive sur le point de rencontre, on se parle pas trop on avait tellement préparé avant qu'on a pas besoin de se dire grand-chose, c'est exactement ce qu'on doit faire. Et là, on n'en fait que le minimum. Mais là, je me trouve dans des super conditions pour finir. Et là, par la même occasion, j'établis le temps de référence sur la totalité, puisque la Transpyrénéenne ne démarre que de Pertus. Et là, comme on était en Woff, on a dit, on s'en fout, on va faire la totalité depuis Banyuls. Banyuls, Andail, la globalité, 880 kilomètres, 65 000 de dénivelé positif, que je boucle en 12 jours. Alors, moi, c'était juste la terminée et essayer de faire bon je finis devant mais ça c'était peut-être la cerise sur le gâteau mais je voulais absolument terminer puisque j'avais eu cet échec en 2016 et en même temps j'établis le temps de référence quelque part de cette traversée qui a été battue depuis par Eric Lavery et Pulverisé parce qu'il a mis un temps fantastique au moins des 10 jours et donc voilà ça c'était un autre paramètre que j'ai voulu vérifier sur des distances folles avec des nivelais incroyable voilà c'est là c'est ce qu'on a on a pu vérifier
SPEAKER_01excellent mais avant du coup tu expliquais que le déclic ça a été pendant ce marathon des sables avant ça tu baignais déjà dans le sport
SPEAKER_00tu exerces dans le milieu non non j'ai juste fait du sport étant jeune dans le rugby milieu rugby alors je joue à 15 et à 13 deux sports un peu différents même s'ils se ressemblent beaucoup le même ballon il est au val mais au-delà de ça c'est des sports différents jusqu'à l'âge de 20 ans et à l'âge de 20 ans je crée mon entreprise dans le domaine de l'électricité et de la climatisation donc là je me consacre exclusivement à ça et je laisse tomber pendant une quinzaine d'années le sport complètement je me consacre à l'entreprise donc l'énergie que j'ai mis après dans le sport je l'ai mis dans l'entreprise avant et voilà un peu boulimique et puis à un moment donné je trouve que c'est plus possible il me faut un éditoire rester focus sur l'entreprise on devient aigri, donc j'ai besoin d'aller faire du sport, et puis je pense que ça m'a démangé depuis un petit moment, et puis je me mets à faire un marathon, deux marathons, dix marathons, et puis le marathon des sables, mais voilà, je suis revenu au sport à l'âge de 35
SPEAKER_01ans. Ok, c'est incroyable. Tu dirais d'ailleurs que sur des distances, on n'a pas encore fini la liste de tes courses, puisque tu as laissé j'ai envie de dire peut-être les trois plus importantes, tu n'en as pas encore parlé, mais on va revenir là-dessus, mais tu dirais que sur des distances telles que tu cours maintenant l'âge est un paramètre important dans le sens où est-ce qu'en étant peut-être un peu plus âgé tu vois enfin je veux dire est-ce que ça se trouve de croiser des gens qui ont 20-25 ans et qui finissent 500 miles
SPEAKER_00alors pas trop non bien sûr mais on voit que bien sûr l'âge baisse un peu dans ces disciplines qui étaient exclusivement faits par des gens qui avaient de l'expérience et un peu au même titre que le marathon il allait Il faut qu'il ait été fait par des gens qui avaient de l'expérience. On voit que la discipline et les gens qui la pratiquent rajeunissent. Je pense que c'est un peu le phénomène qui est en train de se produire aussi dans l'ultra. Dans l'ultra, on le voit sur l'ultra classique. 100 miles, comme je disais, on le voit, c'est quand même des jeunes qui sont devant. Mais dans ma catégorie effectivement de course format un peu plus long, c'est vrai que ça reste quand même des courses où il faut avoir vraiment de l'expérience parce que au-delà de la course et du physique il y a tout l'aspect je dirais mental, c'est pas que les jeunes n'aiment pas du mental bien au contraire, ils en ont aussi mais tout ce qui est il faut avoir du temps aussi, il faut avoir une autre philosophie, il faut avoir fait plein d'autres choses, c'est l'expérience globale qui va faire qu'on est capable de faire ce genre de choses et souvent ça peut bloquer quand on est jeune mais effectivement quand on a appris un peu d'expérience et un peu de mature là où on aurait pu s'arrêter on continue parce qu'on sait qu'on est capable parce qu'on a vérifié ces paramètres et ça je crois que c'est ce qui fait un peu rester sur des qui fait que les pratiquants sont d'un âge un peu plus
SPEAKER_01vieux quoi ouais non mais c'est clair que je sais pas par laquelle de tes trois courses on va commencer mais j'arrête de faire du teasing mais j'imagine que quand tu pars courir 20 jours 25 jours le paramètre connaissance de soi capacité à lire certains signaux à rester dedans mentalement et c'est ça qui fait la différence peut-être bien plus que le physique non mais évidemment c'est important
SPEAKER_00mais ouais tu as absolument raison mais tu vois même sur la dernière on va y revenir mais même là j'ai appris quoi c'est tellement difficile j'avais fait que douze jours sur le temps maximum que j'avais fait sur toutes les courses sur que ce soit la france pédale J'avais fait 12 jours. La mille dans le désert à Mauritanie, j'avais fait 12 jours. Là, je suis passé sur la dernière à 25 jours. Et là, c'est une grosse différence. Et même là, j'ai énormément appris. Il y a plein de paramètres que je ne connaissais pas et je suis obligé de m'adapter. Et c'est vrai que ça fait toute la différence. Donc, le côté physique, il est important parce que sans physique, on ne fait rien, surtout sur des épreuves comme ça. Mais le paramètre mental et expérience de l'épreuve et de savoir comment gérer ces temps forts et ces temps faibles il est vraiment évident sur ce type de course c'est indéniable donc comme on en parlait après la Transpyrénéen j'ai voulu aller voir d'autres paramètres vérifier d'autres, et comme je suis un peu curieux, je suis allé me renseigner, c'est comme je le fais tout le temps, sur les réseaux, voir un peu la course qui me conviendrait pour me motiver en rentrant. Et là, je suis tombé sur la Spine Race, une course en Angleterre de 435 kilomètres. Alors là, c'est ni le désert, on est loin du désert, parce qu'au mois de janvier, ce n'est pas le désert dans le nord de l'Angleterre, c'est plutôt la grande humidité. Et là, bon, il n'y avait aucun Français qui allait vérifier un peu et n'avait participé à cette course. Donc, je n'avais aucune expérience dans ce domaine-là. Et puis là, je m'inscris, bien sûr, parce qu'il faudrait que j'aille vérifier. Ce n'est pas possible de ne pas connaître cette course. Quand je vois quelques vidéos avec le vent, les bourrasques, plus la neige et tout, j'ai dit, qu'est-ce que c'est cette course
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est fou. Il faut aller voir ces Anglais-là. Et ça, c'était quelle année, du coup, tu as dit
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ça, c'était en 2012, après la Transpianera et et après c'était quelques mois après le tour des géants donc là aussi Strasbourg est né à l'été l'été 2000 alors c'était l'été 2016 oui ou là j'ai l'échec 2016 oui non c'était plutôt 17 alors 2016 ensuite je fais le tour des géants en mois et demi malgré ma blessure je m'entraîne pas rien j'avais eu un dossard exceptionnellement Iron m'avait eu un dossard donc j'avais j'étais allé, il me dit, est-ce que t'es capable d'aller faire ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je dis, oui, bien sûr, alors que je me suis blessé, j'avais deux périodes stites, je dis, oui, un mois et demi après la Transpyrénée, où j'avais abandonné, parce que j'avais deux périodes stites, mais j'y vais quand même, j'ai dit, j'ai un dossard, il faut y aller, donc je la termine, celle-là aussi, et quand j'arrive dans la vallée d'Aoste, sur mon PC, je regarde, je vois cette Transpyrénée et cette Spine Race en Angleterre, et j'ai dit, je vais m'inscrire, et je me suis inscrit depuis le temps des G1, c'était quelques mois après, c'était janvier, donc le torse, je crois que c'est septembre, voilà, donc, et quelques mois après, je vais à la Spine Race, et donc là-bas, effectivement, pour avoir des informations, c'était compliqué, mais bon, peu importe, on sait qu'il y a un départ et il y a un arrivé, il faut arriver en Écosse, bon, peu importe, il faut s'adapter, et là, vraiment, j'ai vu un peu le format anglo-saxon, qui me plaît beaucoup, c'est, on nous met, on nous fait signer pendant mal de décharge, comme quoi on est responsable de ceci, de cela, pour se décharger, clairement. Mais après, on nous laisse vivre notre aventure. On nous laisse tranquille, on ne vient pas nous vérifier. D'ailleurs, dans les dix premiers kilomètres, il faut traverser des rivières, j'en ai jusqu'à la taille. En France, mettre des rivières avec du courant et tout, j'ai dit, mec, ils sont fous, là. En France, c'est impossible de faire ça. C'est pas possible. L'organisation nous fait faire 15 bornes pour attraper un pont. Là, non, tu traverses la rivière. Donc, ça, alors, j'adore. Je me dis, c'est génial. C'est bon j'ai un peu froid quand même sur le moment je sais pas si j'ai adoré mais ils sont fous ils nous laissent faire des trucs fabuleux là j'adore et donc je continue et par moment dans la nuit là j'entends une cascade même qui coule à côté de moi non loin mais j'arrive pas à voir le chemin ça glisse de partout je fais que tomber mais je dis mais nous laisser faire des choses comme ça mais je trouve ça fabuleux parce que bien sûr on fait attention bien sûr et d'ailleurs il n'y a pas tant d'acquisants que ça enfin j'en ai pas à ma connaissance mais c'est ça que j'aime beaucoup on fait confiance aux gens on leur met une condition bien avant on nous expliquait bien il y a des briefings très précis sur ce qu'on va vivre mais par contre on est tranquille on vit nos expériences on vit pleinement nos courses et ça vraiment j'ai adoré donc cette course au delà du résultat je crois que je fais 14ème c'était anecdotique mais c'était surtout que j'ai vécu quelque chose qui m'a marqué qui me marque au ravi, parce que je pense souvent à cette course, elle m'a vraiment marqué, et je me dis, mais c'était fabuleux, de vivre ça, j'ai eu des périodes tellement difficiles pendant cette semaine-là, que j'ai trouvé ça génial. Et puis sur le parcours, j'avais un photographe que j'avais déjà vu dans d'autres courses, qui parlait très très bien le français, et à l'arrivée, il me dit, Thierry, maintenant que tu as fait cette course, c'est bon, tu es prêt
UNKNOWN?
SPEAKER_00J'ai dit, tu es prêt de quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu es prêt à aller au Yukon Articule je connaissais bien sûr la course ça faisait un moment que je la regardais d'un oeil là mais que d'un oeil parce que je me suis dit que c'est quoi ce truc de dingue là en plus je connaissais un français qui avait participé à un plus petit format et puis là il m'en fallait pas plus pour égayer ma curiosité et quand je suis rentré je suis allé vérifier j'ai dit ben ouais je vais aller faire ça quoi le Yukon Arctic Ultra mais bien sûr à le faire ça tombe bien l'année où je veux la faire il parce qu'une année sur deux, il y a le 700, je vais faire le 700. Alors souvent, on me dit, pourquoi tu veux faire le 700 et tu veux faire toujours la distance la plus longue
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je me dis, écoute, je ne veux pas regretter à rentrer chez moi et me dire, est-ce que j'ai été capable de faire la grande distance
UNKNOWN?
SPEAKER_00Là,
SPEAKER_01au moins, je le sais. Cette course, c'est vraiment énorme. Moi, je l'ai découvert, je pense que c'est la première course ultra dont j'ai entendu parler, peut-être même avant le TMB, parce que j'étais en stage au Canada longtemps, longtemps, en 2011. Et il y avait un gars dans ma boîte qui était parti l'affaire. Et je me rappelle, il nous racontait ça, sa préparation et à son retour, il était déjà sec, il avait perdu, je ne sais pas, 8 kilos, un truc comme ça, alors qu'il n'avait déjà pas grand-chose à perdre. Et je me rappelle, tu vois, des récits où il nous expliquait qu'il avait des hallucinations, il avait vu un TGV passer dans la neige à côté de
SPEAKER_00lui. Je me disais, mais qu'est-ce que c'est que ce truc
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il n'y en a pas, il n'y a pas de
SPEAKER_01TGV, je ne sais quoi te dire. En gros, tu me dis si je ne me trompe pas, mais le Yukon Arctic Ultra, donc toi, nous tu l'as fait c'est un 700 c'est dans les territoires du nord du Canada donc le Canada c'est une série de provinces au niveau de la tout ce qui touche la frontière des Etats-Unis c'est des provinces et au nord vraiment le nord du Canada je crois que c'est trois territoires je crois qu'il
SPEAKER_00y en a trois qui sont
SPEAKER_01immenses et le Yukon en est un
SPEAKER_00qui
SPEAKER_01font plusieurs fois la taille de la France
SPEAKER_00à
SPEAKER_01chaque fois et voilà il n'y a rien en fait c'est absolument c'est le désert de glace total et c'est là-dedans que toi en 2019 tu as couru un 700 km
SPEAKER_00voilà c'est ça exactement et alors bien sûr quand je m'inscris c'est facile de s'inscrire mais après il faut se mettre en condition donc comme je suis assez précis j'aime bien me préparer comme il faut pour me donner les chances de réussir parce qu'il n'y a rien de pire enfin rien de pire si il y a toujours pire mais moi j'essaie de mettre toutes les chances parce que j'aime pas l'échec j'aime pas revenir en me disant ça y est j'aurais dû faire ceci j'essaie de me mettre en bonne condition et un an auparavant je m'en vais à Laponie pour vérifier donc je prends une tonne de matériel dans ma luge, je faisais 150 km, on n'était pas dans les mêmes conditions parce qu'on était à moins 20, je savais pertinemment qu'au Yukon il ferait beaucoup plus froid, mais quand même je vérifie mes aptitudes, je vérifie quel type de matériel est dans plein de domaines, notamment, un détail, j'avais mis trois paires de chaussettes en Laponie, quand j'ai fait 150 km, j'avais les pieds tout blancs, tout frétris, et en fait, quand je suis arrivé au Yukon, quand j'ai fait un stage polaire, là-bas, ils me dit, alors j'explique le problème que j'avais au pied, il m'a dit c'est normal, tu as mis trop de chaussettes, il ne faut pas être, alors j'avais mis des chaussettes bien sûr, j'ai l'habitude de mettre des chaussettes à doigt, peu importe, moi c'est un jean jean mais ça aurait pu être une autre marque, ensuite j'ai mis une chaussette étanche, mais j'avais mis aussi une chaussette thermique parce que je me suis dit il fait froid, alors que c'était une erreur quoi, et tout ça c'est des détails mais qui font la différence parce que ces courses là, au-delà là du physique, ce qu'on disait tout à l'heure, c'est fait d'une somme de détails qui font le fait que tu réussisses ou que tu loupes l'épreuve. Et ça, ça me faisait partie de tester en Laponie. C'était anodin peut-être au départ puisque les distances, le froid, tout n'était pas exactement pareil. Mais il y avait plein de petits paramètres qui faisaient que je commençais à me mettre en condition de réussite sur le Yukon. J'avais une luge certainement la plus lourde des concurrents, mais ce n'était pas très grave. C'était moi, c'était une course de test. Alors, je finis, je crois, quatrième, oui, quatrième sur cette course, ce qui est déjà bien, mais j'ai testé, j'ai vérifié et je sais que ce n'est pas forcément les conditions que j'aurais là-bas parce qu'au mois de janvier, il fait quand même très froid au Yukon. Ça dépend des périodes, bien sûr, mais on sait que c'est quand même l'année, enfin, janvier, c'est plutôt février, pardon. En février, il fait très froid et on sait qu'après, ça peut varier quand même au mois de mars, ça peut descendre Ça peut remonter plutôt. Et voilà. Donc, effectivement, ça n'a pas dérogé à la règle. Quand on est arrivé le premier jour, le départ au Yukon, moins 38, quoi. Donc, moins 38, ça, je n'avais jamais vécu de ma vie, quoi. C'était la première fois de ma vie que j'ai moins 38. J'ai tendance à dire, jusqu'à moins 28, ça va. Quand on dépasse moins 28, là, par contre, on sent que toute erreur aura des conséquences.
SPEAKER_01C'est ce que j'allais te dire. Pour qu'on se rende compte, moi, j'ai fait moins 24 au plus froid et je me rappellerai toute ma vie parce que j'étais en jean. Je suis resté une heure et demie dehors et c'était les pires sensations de ma vie. Quand je suis revenu à l'intérieur, j'avais la même chose. Quand tu as les doigts un peu... Les fourmis dans les doigts quand le sang se fait bien circuler, j'avais ça sur toutes les jambes pendant 45 minutes. Mais bref, du coup, moins 38, déjà la course, elle se fait comment
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu as une pulka avec des skis, c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, non. En fait, il y a trois disciplines. Il y a le ski, effectivement. Donc ça, c'est des gens qui sont avec des skis nordiques ou des skis un peu spéciaux, qui sont un peu hybrides. Ils ne sont pas forcément que nordiques. Et ensuite, il y en a qui le font en fat bike, donc en vélo, avec des grosses roues et puis la dernière catégorie c'est à pied donc avec des tennis classiques de trail, étanches donc c'est les tennis qu'on utilise pour aller en montagne, on a juste des tennis comme ça et puis quand on peut on court, quand on ne peut pas on marche mais on est toujours en mouvement à pied et on a juste des raquettes quand il y a vraiment beaucoup de neige quand il fait moins 38 ça c'est dur donc il n'y a pas de problème on ne s'enfonce pas mais en fin d'épreuve. D'ailleurs, j'ai fait une impasse sur les raquettes parce qu'on pouvait les récupérer. Je les avais eues tout le long et puis la dernière étape, j'avais mon sac sur les 160 derniers kilomètres. J'avais mon sac qui me suivait par moment et j'avais dit je les ai portés pour y aller, je vais les mettre dans le sac. Quelle erreur, il a neigé et là, c'était vraiment une grosse erreur. Ça n'est plus jamais arrivé. Encore une fois, on a un peu d'expérience mais là, j'ai fait une
SPEAKER_01bêtise. Mais du coup, tu aurais est-ce que tu as un masque pour éviter de respirer directement l'air à moins 38
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, on a un masque, tout à fait. Souvent, c'est des masques en néoprène. Mais moi, j'ai pris le parti. En plus, je ne connaissais pas du tout. J'avais pris plusieurs types de masques. J'en avais pris certains en polaire, de polaire de diverses épaisseurs. Certains que j'avais achetés sur place au Yukon parce qu'on ne trouvait pas ce modèle en France. Donc, celui-là, je l'avais acheté sur place. Mais ensuite, j'avais quand même m'acheter du néoprène en France, mais au global, maintenant avec l'expérience, il n'y a rien de mieux que le néoprène parce que il... En fait, il prend trop l'humidité trop rapidement, celui en polaire, et il devient très dur. Et en plus, on ne peut plus le remettre. En fait, c'est très difficile et on peut se blesser le visage avec la glace qui se met sur le polaire. Alors que sur le néoprène, même si ça gèle, ça ne gèle pas complètement. On arrive quand même à le bouger, le néoprène. Ça, c'est un peu ce qui fait la différence. Alors, c'est moins agréable, mais c'est pour ça qu'il faut mettre des protections sur le visage parce que le frottement justement je ne connaissais pas du tout au Yukon et j'ai frotté un peu sur le nez et ça commençait à peler et quand on sait l'organisateur comme il est rigoureux surtout parce qu'il y avait eu un très très grave accident l'année avant puisqu'il faut rappeler qu'en 2018 l'année avant il y avait eu quand même un italien qui avait perdu ses deux jambes et ses deux bras sur cette course donc lui déjà il était c'est un germanique donc il est quand très carré dans ses organisations mais là il avait été encore plus carré puisqu'il nous avait obligé de faire un stage en milieu polaire il nous avait obligé du matériel qu'il n'obligeait pas, il avait vérifié par Skype notre niveau d'anglais ça c'était pas mon point fort donc malgré 6 mois, parce que j'avais poussé quand même la préparation d'en faire 6 mois de cours tous les matins j'avais une demi-heure une irlandaise qui m'appelait« Hello Thierry, how are you
UNKNOWN?
SPEAKER_00» donc sur le moment ça allait mais j'ai vite perdu après mais au moins pour le Skype c'était beau c'était important pour que je passe au moins le règlement qui correspond à la langue donc voilà tout ça pour dire que ces courses là il ne faut pas se tromper c'est fait de détails comme souvent comme je dis mais là les détails ont toute leur importance parce que ça peut se passer très mal comme je disais le gravat accident qu'il y avait eu l'année avant, on l'avait tous en tête, moi je l'avais en tête, je pense que beaucoup de concurrents l'avaient en tête, et ça nous faisait redoubler de vigilance sur tout ce parcours, et voilà, donc on se prépare, le masque, comme tu le dis, il ne faut pas respirer l'air trop froid, mais malgré tout, même si on le protège, on se protège surtout le visage, l'air il rentre quand même froid malgré tout, et voilà, donc ça c'est aussi des facteurs que je ne connaissais pas, puisque je ne les avais jamais vécues. Les yeux, c'est pareil, non
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu ne peux pas avoir les yeux... Oui, mais les yeux... Tu peux mettre un masque
UNKNOWN?
SPEAKER_00Mais tu y vois quand même un peu moins bien. Même si j'avais un super masque, tu as quand même de temps en temps un peu de buvée. Ce n'est pas très agréable. Donc, tu ne le mets pas. Moi, je n'ai pas trop mis de masque. Autant que je l'ai mis à l'île d'Itarod cette année. Je l'ai mis énormément parce qu'il y avait beaucoup de vent. Mais sinon, sur le Yukon, il n'y avait pas trop de vent. Et je n'ai pas trop mis. Il faisait très, très froid. Mais je ne l'ai pas mis.
UNKNOWNOK, rapide.
SPEAKER_01donc ça c'était 2019 première grosse expérience du coup du très très très très froid sur ce format là
SPEAKER_00tu l'as gagné c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00après le marathon j'étais en 3ème ou 4ème position puis dans la soirée puisque c'était un départ à 10h dans la soirée je vois le premier devant je passe après le marathon de 3ème ou 4ème à 2ème et dans une montée le premier il commençait à se préparer pour manger donc il sortait chaud et tout j'ai dit moi je vais passer devant c'est un complexe je passe devant et puis je reste jusqu'à la fin j'y suis resté jusqu'à la fin avec 17h d'avance effectivement c'était une expérience incroyable parce que moi j'y allais juste pour finir vraiment avec vraiment modestie et beaucoup d'humilité parce que déjà finir c'était déjà énorme il y en a que 11 qui finissent sur 44 donc c'était énorme et là me trouver devant aux avant-postes, j'ai dit, c'est fou ça, c'est dingue, on va essayer d'aller le plus loin possible, et chaque fois, j'ai gagné un jour, j'ai gagné un jour, et puis je termine en 9 jours, c'est 700 kilomètres, avec bien sûr des difficultés, parce qu'on est passé de moins 38 par moment à moins 40, et il faut savoir que moi j'ai pris le parti aussi, comme dans toutes mes courses polaires, de ne pas prendre de tente, et quand on ne prend pas de tente, c'est juste pour gagner du ans, j'avais discuté avec pas mal de concurrents, je leur avais posé la question est-ce que vous utilisez une tente, est-ce que vous prenez carrément un bivy bag c'est à dire l'enveloppe étanche qui va protéger mon duvet, tous me disaient enfin tous, ceux qui m'intéressaient dans leur réponse utilisaient des bivy bags pour aller très vite dans leur duvet, parce qu'en 2 minutes il faut rentrer dans le duvet, puisque quand on est en mode j'avance, il n'y a pas de problème on se réchauffe, par contre quand on est en mode statique il faut aller très vite pour rentrer dans son duvet Donc, en deux minutes, il faut qu'on y soit dedans. Sinon, on est gelé. On ne peut plus se réchauffer. Après, c'est fini. Et surtout quand il fait moins 40. Mais du coup, comment tu manges au chaud si tu n'as pas
SPEAKER_01de
SPEAKER_00tente
UNKNOWN?
SPEAKER_00Moi, personnellement, quand je veux bivouaquer, je ne mange pas. Je ne mange pas parce qu'en deux minutes, je suis trop fatigué. Il faut savoir que je tire la luge à peu près 18 heures, voire 20 heures par jour. Donc, quand je m'arrête, c'est parce que je suis épuisé et effectivement, comme tu l'as dit tout à l'heure, j'ai quelques hallucinations qui commencent à m'épuiser le cerveau. Moi, je ne voyais pas des BGV, je voyais des animaux. Les courbes des branches qui étaient sur le chemin faisaient comme si on rentrait dans un tunnel. Mais alors là, l'imaginaire, après, il fait son chemin. Et moi, je voyais des animaux. Alors, je n'étais pas tout seul au moins. J'étais accompagné. Mais c'était épuisant de voir. On le sait que c'est des hallucinations. mais ça épuise ça épuise mentalement de voir ça toutes les nuits et surtout plus ça va les nuits sont longues parce qu'on est de plus en plus épuisé et comme moi je vais aller chercher quand même très loin je vais dormir une heure et demie voire deux heures par nuit maximum et donc à un moment donné dès qu'il fait sombre on a les hallucinations et ça c'est épuisant donc il fallait très vite je m'arrête je mange pas je mange quand je suis en mouvement ou dans la journée et même comme là c'est au Yukon il y a des postes tous les 70 km donc moi je me dis que je mangerai dans le poste de contrôle je m'arrête très peu je prends que des choses rapides c'est à dire tout ce qu'il peut y avoir des barres du chocolat des choses que j'ai pas besoin de faire d'eau ou de sortir mon riz chaud pour gagner du temps toujours. Et puis quand il fait très froid, s'arrêter, c'est toujours un danger. Donc, c'est un danger aussi de ne pas manger beaucoup. Ce qui est important, c'est vraiment de boire. Ça, c'est vraiment très important. Donc, on se charge beaucoup et comme l'organisateur, il voulait qu'on ait trois thermos d'un litre, deux pleins, au moins, ça nous obligeait à boire de l'eau et on n'avait pas besoin d'en faire en permanence. 70 kilomètres, moi, ça me suffisait. Alors, il y en a qui n'y arrivaient pas parce qu'ils mettaient plus de temps que moi. sur cette distance-là, mais moi, ça me suffisait. Je sais que je voyais au moins un poste de contrôle par jour. Ça, c'est ce que je faisais. Donc, il n'y a pas de problème. J'ai réussi à passer. Ok. Ok. Donc, ça, c'est
SPEAKER_01le... Ça, c'est le Yukon. Yukon Arctic. Donc, 2022...
SPEAKER_00Après, non, parce que c'était quand même mon 50e anniversaire, le 2019. Donc, pour mes 50 ans, j'avais besoin de me faire un super cadeau. Et je me suis dit, dans 6 mois... Après avoir fait le Yukon Arctic, 700 km, je vais aller faire la 1000 à Mauritanie, complètement à l'opposé, le grand écart facial. Je vais aller faire le désert mauritanien au mois de novembre. Je suis allé faire 1000 bornes, une course à l'époque qui n'avait jamais eu aussi long. Là aussi, je finis premier, mais ex aequo avec Dominique Caudry. On finit tous les deux. En six mois, je fait 80 degrés de différence entre ces deux courses c'est fabuleux c'était une bonne façon pour moi de fêter mon anniversaire et une année qui va rester gravée à vie puisque je crois que je ne ferai jamais pire c'est
SPEAKER_01dingue comment tu le gères l'écart même s'il y avait une certaine période entre les deux revenir de 9 jours à moins 40 j'imagine que c'est un peu des traces ton corps il doit avoir besoin d'un peu de temps
SPEAKER_00je pense bah oui parce que j'ai perdu 10 kilos tout à l'heure tu parlais de kilos mais là j'avais perdu 10 bon ça ça m'a pas fait de mal mais j'avais perdu 10 kilos donc bon malheureusement elle les reprend vite mais bon c'est sûr qu'on y laisse quand même des plumes et puis bon j'ai vécu quelque chose de tellement extraordinaire alors c'était même plus des choses nouvelles parce que je suis quand même sollicité alors en France elle était pas connue la course mais justement ça a réveillé un peu la curiosité des gens j'ai reçu pas mal de médias qui voulaient avoir des renseignements donc ça m'a pris quand même quelques mois pour répondre à tout le monde et puis même dans le monde il y avait quand même des gens qui m'envoyaient des messages d'un peu partout et j'étais surpris parce que je connaissais pas du tout ça et je m'attendais pas du tout à ces messages là et bon c'était une autre gestion c'était différent et quelque part c'est un peu la course qui m'a fait un peu connaître parce qu'on est quand même dans un milieu très fermé alors connaître attention avec toute raison gardée parce que on joue pour foutre on est dans des domaines qui sont quand même très loin de ce que les gens connaissent au quotidien mais malgré tout dans les spécialistes ou dans les gens qui pratiquent régulièrement ça commençait à faire son chemin et ça m'a fait un peu connaître donc c'est vrai que c'était une notori était un peu que je ne connaissais pas et qu'il a fallu un peu gérer. C'était sympa à vivre, mais un peu difficile. Donc, c'est vrai que je ne me suis pas trop préparé pour l'an 1000, mais un peu quand même parce qu'il faut quand même se préparer. Alors, le désert, je connaissais par cœur. Il n'y avait pas de matériel. Je n'avais pas d'inquiétude sur le matériel ou quoi que ce soit. Mais par contre, je savais qu'il fallait que je revienne vite à l'entraînement parce qu'autant quand on tire une luge, on marche beaucoup. Autant quand on fait dans le désert, il faut courir, donc c'est complètement différent. Donc tu cours vraiment sur le bord
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu ne cours pas mis le bord, ça serait une vue de l'esprit, mais par contre, il faut relancer de temps en temps, et c'est ce que tu ne fais pas au Yukon, au Yukon tu es dans un rythme point dans la ligne, mais là, il faut quand même relancer, il fait chaud, et en plus il a fait 40 degrés, au mois de novembre, il a fait super chaud pour la période, et c'était quand même très difficile malgré tout bon après l'envie d'arriver était tellement forte que voilà ça s'est bien passé mais voilà donc 2019 avant 2022 il y a quand même eu cette sacrée année fabuleuse c'est deux victoires mais au-delà de ça c'est distant c'est quoi deux courses 1700 bornes c'est incroyable
SPEAKER_01avec 80°d'écart c'est ça qui c'est ça c'est ça c'est hallucinant ok voilà et alors on apprend parler du gros gros monstre là il
SPEAKER_00y a 2000 on va y arriver mais juste pour cet anniversaire là mes enfants ils me font un autre cadeau moi je me suis fait le mien ils m'en font un ils me disent bon ben on sait que t'aimes Mike Horn on va te faire rencontrer donc je vais à Paris pour voir une de ses conférences et puis alors on était j'ai pu le rencontrer à la fin et puis je lui raconte que je fais le Yukon et il me dit maintenant Thierry que t'as fait le Yukon t'as plus qu'à aller faire Lady Tarod hein et donc j'en avais entendu parler quand même parce que quand on se renseigne on connait bien voilà alors là il fallait pas que Michael me dise ça quand je suis rentré j'ai dit c'est ce qui est où là c'est pas possible et bien sûr moi je vais m'inscrire sur la 1600 direct mais c'est pas possible il faut faire d'abord la plus petite qui fait 500 km pour se qualifier et d'ailleurs c'est pas plus mal parce qu'avec le recul heureusement que j'ai fait ça parce qu'il y a vraiment tellement de paramètres et là bon ben je Je m'inscris sur la petite, sauf qu'il y a toujours le Covid au milieu. On ne peut pas aller aux Etats-Unis. En 2021, ils le font la course, mais je ne peux pas y participer parce que les Français ne sont pas autorisés à y aller. Moi, comme je me suis entraîné quand même, je suis allé faire le Kingsleyden. Je suis allé faire le Kingsleyden tout seul. J'avais une trace GPS. Je vais la faire courte, mais j'avais une trace GPS sur mon GPS, bien sûr, de la trace, mais c'est l'été. J'avais passé l'hiver. Au lieu de à 460 kilomètres, j'ai fait 535. En 9 jours, tout seul, par contre en solo, avec mes tennis, pareil, et les gens, je me rappellerai toujours une anecdote, c'est quand j'ai repassé au refuge, et qu'ils me disaient, mais où vous avez mis vos skis
UNKNOWN?
SPEAKER_00Mais j'ai dit, mais j'ai pas de skis, parce que là-bas, c'est pas damé, parce que il y a des endroits où il n'y a pas de motoneige, donc là, j'ai galéré. Là, j'ai vraiment... Là, j'ai perdu 10 kilos, mais je sais pourquoi, parce que j'étais affreux. Et puis là, c'est la montagne. Donc le Kingsleyden, ça reste la montagne, et faire ça neuf jours en solo, mais ça m'a donné tellement d'expérience pour appréhender les dix tarots que ça valait vraiment le coup, au moins pour ça. Au-delà du fait que c'était quand même super comme expérience de faire le Kuk Jleden, là, c'était génial. Voilà. Et en 2022, je peux enfin revenir aux Etats-Unis et je fais les dix tarots, donc la petite, 500 kilomètres. En Alaska, donc toujours au milieu. Là, voilà, en Alaska, milieu polaire alors là c'est chouette parce que là c'est complètement différent du Yukon parce que là on te vérifie par le matériel t'es libre choix de ce que tu veux prendre tu fais ce que tu veux tu signes là aussi une décharge mais tu fais ce que tu veux là l'organisateur il s'en fiche complètement il te fait que tu passes par les points de contrôle et il vérifie pas si t'as pris une luge qui fait 40 kilos ou si elle fait 5 kilos il s'en fiche de ce que tu fais c'est à toi de prendre tes responsabilités c'est bien parce qu'au moins on est tellement aseptisé où on est toujours à se dire, est-ce que je vais répondre pile poil à la liste
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, non, là, c'est... Il faut avoir un peu d'expérience, il te le dit. Si tu n'as pas d'expérience, ne viens pas, c'est inutile parce que ce n'est pas la course pour toi. Il y a d'autres courses qui te conviendront, mais pas celle-ci. Donc ça, c'est chouette. C'est chouette de pouvoir faire ce genre de choses. Et là, moi, j'y participe. Moi aussi, je suis surpris parce que je savais que le niveau... Il y avait des coureurs qui m'avaient dit que le niveau est plus élevé à l'éditaro. Je ne m'attendais pas à être devant, du coup. Et là, j'ai été devant assez rapidement. et voilà et puis là je la gagne dans mon catégorie et je suis surtout qualifié c'est ça le plus important je suis qualifié pour la vraie la grande la grande course qui est un monstre et voilà donc une année de préparation parce que j'avais d'autres projets mais vraiment le focus c'est l'objectif c'est l'objectif Et c'est un peu, ça l'est réellement l'aboutissement un peu de tout ce que j'ai pu faire. Parce qu'au delà de ça, je pense que je pense qu'il n'y a plus rien pour moi. Parce que 1 600, bien sûr, il peut y avoir une course qui fait 2 000, mais quel est l'intérêt
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pour moi, j'ai touché quand même quelque chose d'unique. Faire 1 600 kilomètres en milieu polaire, faire la totalité de ce que font les chiens de traîneau. C'est-à-dire que c'est un attelage d'une dizaine de chiens, voire plus, qui font la totalité. Et moi, je suis tout seul avec mes tennis et je tire ma luge de 26 kilos. Et d'Anchorage, la capitale de Alaska, Jusqu'à Nome, presque le dernier village d'Alaska. Et au milieu, il n'y a que des petits villages, mais il n'y a pas grand-chose. C'est fabuleux. Se dire qu'on est capable d'avoir fait ça, je ne réalise que maintenant. Il y a que ces dernières semaines, mais jusqu'à là, je ne réalisais pas que j'avais pu faire ça. C'est ça qui est beau dans ces courses-là, c'est qu'on ne se rend pas compte forcément sur le moment, parce qu'on est tellement fatigué. Le poids de l'épreuve, c'est crever. Par contre, quand on y est, on y est. Quand on finit, ça y est, on a les souvenirs qui arrivent progressivement et c'est beau.
SPEAKER_01Alaska 2022 c'était le 560 km en 2023 c'était quoi c'était 23 mars l'arrivée c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00l'arrivée ouais c'est à peu près ça donc il y
SPEAKER_01a globalement 2 mois par rapport à la date à laquelle on enregistre cette fois-ci donc 2023 1000 miles donc 1000 miles la conversion c'est 1600 km
SPEAKER_00ouais c'est ça côté sud attention ça fait quand même la différence parce que J'ai pas choisi. On aurait pu dire, bon, t'es un peu maso, tu veux le côté le plus compliqué. Non, j'ai tombé comme ça. Sinon, j'aurais fait côté nord. Mais côté sud, c'est plus difficile parce qu'il y a plus de kilomètres. Alors, on me dirait 50 kilomètres, c'est rien, mais c'est quand même une journée de plus. Il y a plus de dénivelé et il y a surtout, et ça, c'est vraiment le point le plus noir, je dirais, c'est la rivière Yukon. La rivière Yukon, elle fait 200 km. Il n'y a aucune cabane sur 200 km. Et c'est l'endroit le plus dangereux que j'ai connu au monde. C'est du vent. C'est comme si on était sur un congélateur à ciel ouvert et avec du vent. Et là, je me suis brûlé même les deux paupières sur cette zone-là. Et alors que ce n'était pas une année difficile au Yukon, sur la rivière. Ce n'était pas une année où il y avait vraiment un grand vent. Et même avec le masque, je me suis brûlé les paupières. Donc, c'est dire la difficulté du côté sud et là, ça n'a pas dérogé. C'est hyper compliqué.
SPEAKER_01Alors attends, parce que ça, je n'étais pas au courant qu'il y avait des... Quand tu dis des côtés, c'est quoi en fait
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est
SPEAKER_00qu'il y a des... À partir du 560 km, on a une journée qui est à peu près 70 km. On arrive à Orphée. Et là, il y a une hibifération. On tourne à droite, on va sur le nord. C'est une année sur deux parce qu'en fait, on suit les mûcheurs. Une année sur deux, les mûcheurs viennent à... Même les mûcheurs, l'année du sud, il y en a beaucoup moins. Il y en a beaucoup moins parce que c'est trop dangereux. Et là, ces côtés... on tourne à gauche et on fait les côtes au sud et comme on passe plus près des côtes il y a plus de vent j'ai oublié ce paramètre et la distance entre les villages est beaucoup plus longue donc tous ces paramètres font que pour donner une idée celui qui a fini premier avec moi cette année on a mis 25 jours l'année avant il avait mis 22 jours donc ça fait une différence énorme
SPEAKER_01parce que historiquement J'avais déjà écouté un podcast d'une mûcheur qui l'avait fait. Donc moi, je croyais, en fait, quand j'ai vu Didi Tarod dans son palmarès, je me suis dit, tiens, il s'est mis au mûching. Je ne savais pas du tout qu'en fait, c'était une course ouverte. Ça a toujours été le cas
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu as toujours pu le faire soit avec les chiens traîneaux, soit à
SPEAKER_00pied
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors non, je ne sais pas depuis quelle année elle date, Didi Tarod pour les chiens, pour les mûcheurs. Pour nous, c'est 22 ans ou 23 ans qu'elle existe. Ah ouais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Donc, ça reste quand même la plus vieille des courses en milieu polaire, mais voilà, elle est arrivée après. Et d'ailleurs, c'est un paradoxe parce qu'il y a des courses, mais ce qui fait la différence par rapport au Yukon, c'est que là, par contre, on n'a personne qui nous attend. Donc, même les postes de contrôle des mûcheurs, puisque pour nous, c'est les mêmes, mais nous, il n'y a pas de contrôle. Pour nous, les mûcheurs, ils nous ignorent complètement. Les Et les gens qu'il y a sur les sites, c'est-à-dire sur les postes de contrôle, ils ne nous calculent pas. Même des fois, c'est même hostile. Moi, j'étais refusé dans un poste de contrôle parce que je toussais. Ils m'ont dit, tu as le Covid. Parce que les mûcheurs, ils sont prioritaires sur toi. Et on ne veut pas que tu les contamines. Et moi, j'avais besoin en plus de me reposer à ce moment-là. Et ça a été... Qu'est-ce qu'il me raconte
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait... C'est un aspect financier aussi parce que les mâchoires, ça coûte très cher de faire ces courses-là. Donc, ils sont prioritaires sur nous. Et puis, historiquement, ils sont mis en place pour... Et nous, on est juste invités à être sur le parcours. Il n'y a que 35 permis par an pour vélo, course à pied et ski. Et donc, on est juste invités. Donc, on nous tolère. C'est tout. Et on le fait bien comprendre. Pas partout, bien sûr. Il y a des gens qui sont admiratifs de ce qu'on fait, mais la majeure partie quand même, c'est l'état d'esprit. Il nous tolère. Il nous tolère sur le parcours et point à la ligne. Et puis après, débrouille-toi. Et on ne nous donne même pas d'eau. Même s'ils nous donnent de l'eau, ils ne nous en donnent pas. Il faut se la faire. On arrive, on est épuisé. On a fait 18 heures ou voire plus. Et l'eau, il faut se la faire en arrivant. C'est-à-dire sortir son réchaud, prendre de la neige, faire fondre. Eux, ils ne te donnent pas d'eau. Donc, tout ça, c'est que... C'est un
SPEAKER_01énorme paramètre en plus,
SPEAKER_00en fait. C'est ce que je n'avais pas réalisé vraiment. Je le savais, mais je ne l'avais pas pris en compte quand même ce facteur là qui était déterminant parce que ça veut dire que t'es vraiment une expé dans une course et donc tu dois te gérer vraiment de A à Z et t'as juste moi je me suis envoyé sur 12 points des boîtes avec mon alimentation mais moi même par la poste je suis venu une semaine avant je me suis envoyé l'organisateur nous donne des adresses et quand t'arrives dans un village qui a 100 maisons il faut trouver l'endroit et c'est pas évident alors moi j'ai eu la chance avec cet américain qui l'avait fait 7 fois donc de trouver rapidement parce que je l'attendais un quart d'heure mais il était derrière j'attendais qu'il me montre la maison j'allais pas chercher inutilement et m'épuiser pour rien et donc ça c'est un paramètre important sachant qu'en même temps il y a 4 boîtes qui sont jamais arrivées il y a dû avoir certainement un problème avec la poste là-bas et ils sont jamais arrivés donc quand t'arrives et que t'as l'air repas est prévu et que tu n'as plus rien, pour l'avoir vécu, c'est difficile. Heureusement, je dirais même, si c'est un peu... Je ne devrais pas dire heureusement, mais il y a quand même des abandons. Donc, les boîtes qui ont été envoyées par d'autres, tu peux les utiliser pour toi. Donc, ça, ça nous aide quand même. Mais ensuite, il faut juste... c'est embêtant plutôt quand il n'y en a pas alors dès que tu as la chance d'avoir dans un village une petite supérette il n'y en a pas beaucoup mais là tu remplis ta luge dès qu'il y a un espace j'ai vécu ce que c'est que la faim sur cette course j'avais jamais vécu ça de ma vie dès que j'ai trouvé à manger j'avais toujours plus à manger parce que sur ces courses là il y a tellement une débauche d'énergie pour voir qu'on dépense à peu près 10 000 calories par jour c'est ce que j'avais tellement Si tu as une idée de la dépense. 10 000 à peu près, c'est une moyenne. Et quand tu fais 18 heures, 20 heures d'effort même, une journée, 24 heures d'affilée, c'est dingue. Et surtout cette année, il a fait très très froid. Il a fait vraiment très très froid. Il y a eu quand même des accidents certains importants. C'est pour ça qu'on ne finit qu'à 3. Il n'y a que 3 personnes à pied. Sur les 35 qu'il y avait, sur la totalité, qu'ils soient en vélo ou en ski, en ski, il n'y a personne qui est arrivé. En vélo, il n'y en a que 10 qui sont arrivés et trois à pied. Donc, on n'est que 13 sur 35 à être arrivé. Parce qu'il a fait très froid. Dès la première nuit, il faisait moins de 35. Et il a fait moins de 35. À un moment donné, j'ai dit, mais ça ne va jamais. Souvent, il fait moins de 35, mais ça varie. Et là, à un moment donné, à mi-parcours, j'ai dit, mais... c'est dingue, il va faire frotte tout le long comme ça, heureusement ça s'est un peu amélioré sur la fin, mais c'est vrai que c'était difficile à gérer, parce que même si on le sait, on est en milieu polaire, on le sait, mais certainement aussi le fait que nous aussi on dépense de l'énergie, on a moins de calories, la perte de poids joue énormément, donc on est un peu plus vulnérable sur la fin, et là on a envie que ça se réchauffe. mentalement comment
SPEAKER_01comment t'arriverais enfin je sais même pas si t'arrives à le décrire parce que encore une fois c'était assez récent quand même cette aventure cette expédition mais mentalement comment tu la décrirais cette cette guitaro de 1000 miles pour toi
SPEAKER_00pour moi déjà c'est c'est ça comme une mesure avec d'autres d'autres courses que j'ai faites elle a vraiment rien à voir elle est complètement différente elle est tout ce que j'ai fait, c'était vraiment de l'apprentissage à côté. Il fallait vraiment avoir une sacrée expérience pour y arriver et encore une fois, l'aide d'avoir fini avec Béat, cet Américain, ensemble, ça m'a beaucoup aidé. C'est son expérience qui a fait qu'il y a certains moments, peut-être que je serais allé droit dans le mur et je ne l'ai pas fait parce que justement, il m'a freiné. Il était équipé d'un téléphone satellite, il a une relation en permanence avec son épouse. pour vérifier les stations météo du coin. Et des fois, à deux heures près, on ne passait pas. Et c'est lui qui avait les clés. Et à refaire, j'ai un téléphone satellite. J'avais beau être en relation avec Météo France, des copains qui me donnaient la météo, mais quand j'avais de la Wi-Fi pour pouvoir téléphoner. Mais moi, je n'avais pas pensé, alors que j'avais un téléphone satellite, je n'ai pas du tout imaginé que j'en aurais besoin. Et effectivement, c'est tellement dangereux que quand on passe sur la banquise, par exemple, il y a un endroit où on passe sur 50 kilomètres, Il y a tellement eu d'accidents là que c'est un peu l'angoisse d'y passer parce que quand on s'engage, on sait qu'on n'a plus aucune protection. Et donc, là, on se rapproche de plus en plus sur la dernière cabane qui est au bord de la banquise, qui est au milieu d'ailleurs de la banquise. C'est une petite île où c'est une cabane de protection. Et je me rappellerai toujours l'angoisse. On était deux là, mais on ne disait pas un mot parce qu'on savait qu'on allait traverser pendant 50 kilomètres alors qu'on avait de super conditions. Mais tu entendais le vent alors qu'on a une super condition on entendait le vent qui soufflait sur la cabane déjà ça faisait peur et c'était dingue parce que tu te dis mais là pendant 50 km j'ai aucune protection c'est à dire que là 6 miles un truc c'est impossible d'aller me chercher ou c'est impossible de me protéger pour voilà et l'année dernière en plus j'avais eu un skieur qui avait perdu deux doigts là que je connaissais donc tout ça on y pense quoi avant de démarrer donc c'est des courses hyper intéressantes C'est fait que d'une somme de détails, mais alors là, c'est même des détails qu'on ne maîtrise pas parce qu'on a beau... Et c'est vrai que lui, être en relation en permanence, avec son épouse qui lui donnait toute la météo du coin à l'instant T, ça jouait vraiment. Des fois, on dormait deux heures de plus parce qu'on se dit que ça ne sert à rien d'y aller. Ça n'a été qu'une fois, mais d'ailleurs, ça faisait du bien parce qu'on était morts. Mais c'était... Moi, je savais qu'il y avait une tempête parce que mes copains de Météo France me l'avaient dit. Mais lui, il a été plus loin. Il savait à quelle heure il allait s'arrêter. Il y avait des stations de météo qu'il connaissait et ça lui a permis d'être hyper précis sur ce traversé.
SPEAKER_01Oh là là
UNKNOWN!
SPEAKER_01Mais attends, parce que du coup, sur 25 jours, tu as fini avec... C'est Berthe, c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, c'est
SPEAKER_01ça, Berthe. Donc, tu as fini avec lui. C'est celui qui l'a fait déjà 7 fois. Oui, 7
SPEAKER_00fois. fois qu'il
SPEAKER_01a gagné trois fois. Mais sur ces 25 jours, combien de temps est-ce que vous avez été ensemble
SPEAKER_00versus
UNKNOWN?
SPEAKER_00Toute la première semaine, j'étais tout seul devant. J'ai eu une grosse douleur au dos. Elle est partie. J'ai fait avec. Je suis revenu en arrière sur 8 kilomètres. Ça a été un drame pour moi. Je suis un compétiteur. J'avais beaucoup d'énergie pour être aux avant-postes très rapidement. De revenir en arrière à parce que pourquoi je suis revenu en arrière c'est juste que dans la zone où j'étais s'il m'arrivait quelque chose il n'y avait aucune possibilité de venir me chercher et il y avait 3 jours sans possibilité de pouvoir aller me récupérer parce que s'il y a un problème qu'on déclenche une autre balise ou qu'on trouve un moyen de dire que l'organisateur nous envoie un avion sur zone il faut qu'il y ait une possibilité d'atterrir parce qu'il n'y a pas d'autre moyen il n'y a aucune motoneige qui viendra donc il faut qu'un avion puisse atterrir pour venir nous chercher et Et là, je savais que pendant trois jours, il n'y avait pas de possibilité. Parce qu'on vous donne
SPEAKER_01les zones où le secours est possible avant, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01On
SPEAKER_00n'en a rien, mais on est obligé de se renseigner. Moi, je me suis renseigné, donc je savais que dans cette zone-là, il n'y avait rien, impossible. Donc, je suis revenu en arrière rien que pour ça, parce que je ne connaissais pas mon degré de... Est-ce que ça aurait empiré
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que ça aurait amélioré
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je n'en savais rien. Donc, je suis revenu au poste de contrôle sur 8 kg j'ai fait 8 km, alors c'est un drame, j'ai bramé comme un gosse pendant ces 8 km, parce que je sais l'énergie que j'ai mis pour y arriver, mais je savais qu'il ne fallait pas faire n'importe quoi, il me restait 1100 km, et quand je suis arrivé à ce point-là, j'avais à peu près 12 heures d'avance sur eux, sur le japonais, sur l'américain, donc je n'ai pas attendu, mais ça s'est fait comme ça, quand j'étais prêt pour partir, eux ils étaient prêts pour partir aussi, eux ils avaient dormi, moi je n'avais pas dormi, parce qu'il faut savoir, ça va être un peu long, mais il faudrait deux heures pour t'en parler, mais à ce point-là, c'est là où ils m'étaient arrivés, qu'ils m'ont dit on ne peut pas vous accueillir parce que vous avez le Covid, c'est là qu'ils me le disent, et là j'ai dit mais ce n'est pas possible, donc ils me mettent à part, dans un clajibi en bois, il a fallu que je débarrasse pendant une demi-heure, le clajibi, juste à côté du groupe El Progen, alors pour récupérer c'était le top, impossible de dormir, donc c'est pour ça que je suis parti d'ailleurs, parce que j'ai dit je ne peux pas récupérer, c'est impossible, donc quand je me veille, eux ils se préparaient et on est partis ensemble, donc on a fait à peu près entre 1000 et 1600 kilomètres ensemble alors on a été parti avec Takao aussi le japonais et Leat et puis Takao a craqué sur la rivière Yukon et donc il perdait de plus en plus de terrain et donc on a fini à deux et sur la fin Sur la fin, on y a mis trois jours parce qu'il s'est fait bloquer par une tempête qui nous a beaucoup inquiétés d'ailleurs parce qu'on savait très bien qu'elle allait arriver. C'est pour ça qu'on forçait un peu d'arriver le plus vite possible avant cette tempête. Il y a eu 50 cm de neige qui sont tombées dans l'espace de 24 heures et des vents terribles. Heureusement, il a pu s'abriter dans un refuge. On savait très bien qu'il fallait qu'il y soit et on savait très bien qu'il y avait à manger parce que tout le monde s'était lesté des repas dans ce refuge donc il avait de quoi manger. Ça, on n'était pas inquiets. Par contre, on était inquiet pour lui parce qu'il n'avait pas de super raquettes et on s'est dit les 70 derniers kilomètres comment il va faire pour arriver alors je pense que la solidarité alaskienne a dû faire effet et ils ont dû aller ils ont dû envoyer une motoneige j'imagine je sais pas en fait parce que j'ai pas eu le temps d'en parler avec Takao mais je pense que ils ont dit c'est pas possible il avait des raquettes tellement pas adaptées et et que ça aurait été difficile sur les 70 derniers kilomètres. D'ailleurs, nous, sur 70 derniers kilomètres, on arrive un soir à 4h, je pensais qu'on allait dormir dans l'office, je me dis, non, il faut qu'on parte, on s'en va tout de suite, on s'arrête, on se repose 2h quand même, et puis on repart, on a fait 24h d'affilée sans dormir, sans rien, et puis à un moment donné, j'étais tellement épuisé, j'étais devant, impossible de rester éveillé, donc je chantais à haute voix, pour me réveiller à moi-même, et pour lui faire comprendre que là, il va falloir qu'on dorme bientôt, parce que Et lui ne voulait pas parce qu'on était en plein vent. Et on arrive sur la dernière cabane, mais qu'on ne peut pas accéder, qui s'appelle Safti. Safti, je ne suis pas bon à nommer, sécurité. Et elle ne porte pas bien son nom, cette cabane, parce qu'on ne peut pas y rentrer. Donc, comme sécurité, tu reverras le nom. Et là, notre cabane, moi, j'étais épuisé, il a bien vu. Donc, il fait le tour quand même, voir si cette année-là, elle ne serait pas ouverte. Elle n'était toujours pas ouverte. Elle était vraiment bloquée. Et là, on dort entre deux congères. On voit deux congères qui nous protègent un peu du vent. Et là, on se met tous les deux, on dort, on sait que c'est la dernière nuit, on sait qu'il faut qu'on arrive le lendemain. Et là, on décide de dormir. Mais là, par contre, comme on sait que le lendemain, on ne veut pas qu'il y en ait un qui s'endorme, on met tous les deux le réveil. Parce que, pas question qu'il y en ait un qui s'échappe. Donc, on dort à tous ces deux congères pendant deux heures. Et ça, bon, ça nous a clairement... permis de pouvoir terminer en bonnes conditions parce que là, j'étais vraiment épuisé. Et donc là, pas de tente, toujours
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, toujours pas de tente. Lui, c'était pareil. Il avait son bivy bag tous les deux. On rentre dedans. Là, je n'ai même pas compté jusqu'à trois que je dormais. J'étais épuisé 24 heures d'affilée. Dans des conditions pareilles, il y avait du vent. En plus, on mettait les raquettes en permanence, donc ça épuise. Il y avait tellement de neige que c'était difficile. Le lendemain, d'ailleurs, ça a été pareil. On a remis les raquettes et on finit donc on finit à Nômes voilà mettre dans la main génial voilà c'est super belle histoire
SPEAKER_01ça ouais super belle histoire tu dirais que c'est
SPEAKER_00bon alors
SPEAKER_01Peut-être les points positifs d'abord. Qu'est-ce qui t'a vraiment marqué
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que tu as vécu quelque chose sur cette course que tu n'avais pas vécu sur d'autres courses
UNKNOWN?
SPEAKER_01Que ce soit les paysages, cette solidarité. Je ne sais pas si tu avais déjà fait deux tiers d'une course avec la même personne et franchi la ligne d'arrivée avec lui. Est-ce qu'il y a vraiment des choses qui t'ont profondément marqué de positif avec le Ditarod 1600
SPEAKER_00km
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, bien sûr. Comme je l'ai dit tout à l'heure, faire 12 jours ou faire 25 déjà c'est complètement différent c'est vraiment ça ça m'a marqué le fait qu'on soit vraiment livré à nous même mais sans un poste de contrôle ou quelque part c'est un endroit chaleureux on nous attend donc on nous attend et quand on est attendu c'est toujours un réconfort là il n'y a rien il n'y a personne qui t'attend nulle part donc t'as zéro réconfort sur la distance à partir des 500 la première course les 560 après il n'y a personne qui t'attend donc ça c'était quand même complètement différent l'usure du temps c'est quand même long 25 jours c'est quand même pas rien de faire la distance j'avais jamais vécu aussi long aussi et ça fait quand même aussi alors bien sûr on s'y habitue puis on oublie vite maintenant j'avoue que au bout de deux mois heureusement on est constitué on se rappelle mais on oublie quand même tout ce qui nous intéresse on le met de côté tout ce qui nous intéresse pas on le met de côté donc ça on oublie vite après vivre l'arrivée avec quelqu'un je l'avais déjà vécu avec Dominique Audrey quand on a fait la ville donc ça c'est vrai que je l'ai vécu ça ne me dérange pas des fois c'est chouette aussi de partager des choses j'aime bien finir seul il ne faut pas se mentir j'aime bien finir seul parce que c'est des sports individuels malgré tout mais c'est tellement long que des fois c'est un réconfort notamment là c'était un réconfort et une sécurité d'être à deux voire trois par moment et ça ça a été quand même bénéfique je devais y revenir ce qui n'arrivera certainement pas mais si je devais y revenir j'aurais moins de choses à appréhender J'ai l'expérience maintenant pour le vivre seul et vraiment à 100% en étant en sécurité. Parce que le vivre seul, je peux le vivre seul. Mais en étant vraiment en sécurité, j'ai tous les paramètres à ma possession maintenant pour réussir. Et ça, c'est quand même important. Donc ça, ça m'a marqué. Et j'avoue que je ne l'ai vécu nulle part, ce que j'ai vécu là, dans aucune course. Aucune course par rapport à tout ce que je viens de dire. Ça, je ne l'ai vécu nulle part. Et c'est ce qui en fera certainement l'aboutissement de ma petite carrière sportive, mais aussi ce qui est Pour moi, le plus important, c'est surtout d'être arrivé au bout de mon objectif. C'était ça le plus important. Je me suis donné les moyens d'arriver jusqu'au bout de l'objectif. Bien sûr que sur le parcours, il y a eu des moments de doute. On a beau avoir souvent, je parlais tout à l'heure de temps fort et de temps faible, et c'est vrai que c'est difficile de gérer les temps forts et faibles, mais là, c'est encore plus dur parce qu'on sait que là, il y a des conséquences qui peuvent être très dangereuses donc il ne faut pas se tromper on n'a pas le droit à l'erreur et quand on en fait une bêtise et on a 10 minutes pour trouver une solution et quand on peut la trouver parce que j'ai vu quand même de sacrées enjolures cette année que j'avais jamais vu d'ailleurs parce que j'en ai entendu parler j'ai parlé de Matidan qui était arrivé tout ça on sait que ça n'a pas arrivé puisqu'on en a parlé mais le voir vraiment j'ai vu quand même un cycliste qui a perdu ses 10 doigts j'ai vu ses doigts noirs je ne suis pas spécialiste de l'enjolure mais j'ai j'avais compris que c'était grave, et on a appris qu'il les a perdu les 10, il est tombé dans l'eau, la première nuit, il est tombé dans l'eau, et à part moins de 35, ça ne pardonne pas, si tu ne trouves pas là, il n'a pas pu allumer son feu, je ne savais même pas s'il en avait, c'était un cycliste, comme je dis, et je l'avais croisé deux fois à contresens sur le parcours, et déjà je trouvais bizarre qu'il soit toujours en contresens, dans la première nuit, j'ai dit il aurait un problème de GPS, enfin je ne sais pas ce qui se passe, Et quand j'ai vu que c'était lui qui avait perdu ses dix doigts dans cette nuit, je me suis dit, il a vraiment dû se tromper parce que moi, je n'avais pas vu de zone de dos dans la première nuit. Et on ne fait pas ces courses pour arriver à des drames pareils. On fait ces courses parce que je ne suis pas maso. Moi, quand je pars et quand j'ai fait mes courses polaires, j'ai bien dit à mes enfants et à mon épouse, le but, c'est de revenir vous raconter des histoires. Ce n'est pas vous dire, excusez-moi, c'est dommage ce qui m'est arrivé. Non, je suis un compétite mais pas à n'importe quel prix je mets toutes les chances pour réussir mais s'il faut que je m'arrête parce qu'il y a un phénomène je le ferai parce que c'est le plus important c'est de revivre des aventures de les partager quand elles sont réussies ou même quand elles ne sont pas réussies parce que c'est intéressant de partager mais c'est pas à n'importe quel prix j'y tiens et ça sera toujours ma motivation sur ce type de course c'est un super point parce que c'est vrai que
SPEAKER_01je pense que c'est vraiment une question de référentiel pour 99,9% des mortels qui n'ont pas ton référentiel pour qui courir 1600 km c'est complètement inimaginable si on t'entend pas dire ce que tu viens de dire c'est à dire que t'es un compétiteur mais pas à n'importe quel prix je pense que ça peut être assez facile de se dire c'est quelqu'un qui aime se faire mal qui cherche le défi la difficulté etc mais comme tu l'as dit en fait c'est des années de préparation c'est un aboutissement ça fait 10 ans que tu fais ça et c'est juste que toi ton référentiel c'est pas du tout le même que la plupart des gens donc voilà tu joues pas avec les mêmes paramètres en fait mais comme tu le disais de la même manière que d'arriver de pas avoir fait le 10 tarot de 560 de ce que je comprends là aujourd'hui tu considères que ça aurait pu être une erreur de faire tout de suite
SPEAKER_00le 1600 totalement je le dis alors même sur ce moment comme je disais je pensais qu'avec mon expérience du Yukon ça suffirait et bien non ça suffit pas et tu parlais j'ai pas répondu à ta question tout à l'heure mais est-ce que les pays visages sont différents, qu'est-ce que tu penses
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et ça aussi, c'était complètement différent. Le Yukon, c'est assez monocorde, je veux dire, c'est toujours pareil, c'est ballonné, mais pas trop. Là, on est de la montagne, on est ballonné, on passe des rivières. L'année avant, j'avais carrément des waders pour passer des rivières, avec ma luge sur le dos qui fait un petit kilo en marchant sur des savonnettes. Bon, et si tu tombes, tu sais que là, il te fait geler, quoi. Donc, tout ça, c'est appréhender la course différemment. On est On est dans une course, mais quelque part une expé. Parce que dans tous les cas, quand j'avais fait le stage de polaire, mon instructeur m'avait dit, tu sais Thierry, si tu as un problème, tu peux déclencher ta valise. C'est inutile. Parce que tu la déclenches et le temps qu'ils arrivent, c'est gelé. Tu as toutes les solutions dans ta luge. Il faut que tu réfléchisses, c'est tout. Toutes les solutions sont dans ta luge. C'est-à-dire que tu tombes dans l'eau, tu as des affaires pour te changer, tu as ton réchauffe pour d'abord te réchauffer, tu peux allumer un feu. Tout ça, c'est... l'a pris, on l'apprend, mais on n'attend pas toujours, et ça reflète un peu ce que on recherche aussi, c'est-à-dire être un peu autonome, on est tellement, même si de l'utro, il y a des gens qui vont me sauter au plafond, on est tellement aseptisés, les courses maintenant, il faut toujours, dès qu'il y a un problème de balisage, on crie sur l'organisateur, oh scandale, parce que vous avez osé nous faire ça, mais les gars, vous faites des courses, mais renseignez-vous sur les règlements, renseignez-vous C'est nouveau sur le parcours. Arrêtez de pleurer. C'est dingue, ça. Moi, j'entends tellement de gens qui se plaignent. Ne faites pas ces courses si ça ne vous convient pas. Arrêtez de vous plaindre sur l'organisation. C'est déjà tellement compliqué d'organiser des choses que surtout dans notre pays, c'est encore pire parce qu'on a quand même des sécurités que même ça, ça ne vous va pas encore. Alors que nous, quand même, on est les champions de la sécurité. Il y a des gens qui cherchent la sécurité. Il y a des courses qui correspondent à ce qu'ils cherchent et ils ont raison parce qu'il ne faut pas aller au-delà de ce qu'on se sent capable de faire. Ça, c'est évident. Et puis, il faut y trouver son plaisir. Mais il y a aussi des courses pour des gens comme moi qui cherchent autre chose, qui cherchent des aventures quelque part. C'est une course, mais c'est ça. Certainement d'abord une aventure. Une aventure où il y a une compète. Parce que j'aime bien ton dos. C'est un peu dans mes gènes. J'aime ça. Mais au-delà de ça, il faut qu'il y en ait pour tous les goûts. Mais c'est surtout qu'on arrête de vouloir toujours assister partout il faut qu'on soit responsable de nous-mêmes arrêter de dire quand on s'engage sur une course il peut arriver des phénomènes météorologiques même en France c'est arrivé il y a eu des graves accidents il y a même des morts sur des courses parce que justement la météo elle a changé mais ça on le sait quand on va en départ on sait que ça peut arriver quand on va en montagne même ne serait-ce qu'on s'entraînait quand on part on n'a pas d'organisation mais on a tout notre équipement sur nous et pourquoi on ne l'aurait pas pourquoi on râle parce qu'il faut qu'on porte 200 grammes de plus parce que il faut une veste spéciale. C'est parce qu'il y a ce genre de choses. Parce qu'on est obligé de forcer les gens à être raisonnables. Et c'est ça qui est un peu dérangeant par moments. De toujours être obligé de dire, faites ceci, faites cela. Moi, j'aime les courses où on nous laisse libre parce qu'on est responsable. Mais ce n'est pas pour ça que... Après, j'assume. Moi, des fois, quand je suis dans le désert, je suis plutôt un minimaliste. Parce que j'emporte le moins possible. Même mon duvet, c'est le plus léger du monde. Ça, c'est clair. Mais... comme ça, je sais que je suis capable de tenir. Moi, en général, même dans le désert, je dors sans duvet. Donc, je sais comment je suis capable, mais j'ai un peu d'expérience maintenant. Mes premiers duvets, ils n'étaient pas comme ça. Mes premiers duvets, ils étaient épais. Voilà, mais fort à mesure, j'ai baissé un grand marge. Voilà, j'ai toujours un duvet, mais c'est le plus petit, le plus léger. Ça, c'est clair. Même si ce n'est pas mon gabarit, il
SPEAKER_01est XS. Une astuce qu'on m'avait donnée... prendre des matelas de sol gabarit femme XS. Moi, je fais un peu 91, tu vois. Mais au moins, tu gagnes du poids. Tu as les jambes par terre, mais tu vois, tu as au moins une moitié de confort.
SPEAKER_00Mais si tu as envie de le faire, fais-le. Il n'y a pas de problème. C'est toi qui va avoir mal pendant ta course. Quand tu vas dormir, tu vas dire, quel connerie, quel connerie. On a tellement fait les bêtises des gens, il faudra encore, mais la sécurité, quand même, c'est primordial. Et c'est pour ça que même les vestes étanches, tu parles d'un AU, mais on parle sur le Mont-Calme, les gens qui s'offusquent d'aller au Mont-Calme ou faire la pique-la-pica avec le matériel obligatoire. Non, mais attendez, vous allez en pleine montagne à des endroits où on ne peut peut-être pas aller vous chercher. Oh, les gars, réfléchissez. On ne fait pas ça parce que l'organisateur, certes, il se couvre aussi, mais c'est raisonnable que de prendre une veste qui va bien, une tenue de pluie si on est coincé. Tout ça, c'est la montagne.
SPEAKER_01Très bon point, Eric. Je suis assez d'accord avec toi, je pense qu'il faut rester vachement humble par rapport à ces environnements. Tu vois, j'ai le GR20 en tête où les deux fois où je l'ai fait, il y a eu des morts, des gens qui étaient pris dans des tempêtes de neige en plein mois de juillet-août en Corse. Quand tu ne connais pas, tu te dis, en fait, je vais en Corse, soleil, thong, tu vois, short. Non, en fait, en aptitude, tu te prends de la neige et ça peut faire de gros accidents si tu n'es pas préparé. Je suis assez d'accord avec toi. En parlant de ça, d'ailleurs, est-ce que tu as… Je voulais te poser une question. tu parlais des moments de haut, de bas, peut-être pour finir, je regarde l'heure, tu parlais des moments de haut, de bas, donc j'ai l'impression que cet épisode avec le refuge où tu n'as pas pu te réfugier, où tu t'es retrouvé avec le groupe électrogène, c'était un peu un moment de bas, mais là par rapport à ce que tu évoquais, finalement l'objectif c'est d'avoir toutes les solutions dans ta luge, est-ce qu'il t'est arrivé quelque chose à un moment donné pendant ces 25 jours où tu as dû ouvrir la luge et en gros réaliser un certain nombre d'actions pour te sauver la vie à toi-même
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pas sur la luge, mais dans ce phénomène, on parle de moments bas. Là, c'était vraiment des moments très bas. qui ont même frisé par l'abandon, mais pas loin. Parce que j'ai mal au dos, je reviens, ils me disent dans le Covid, je dis c'est pas possible, je ne peux pas me récupérer, je suis allé au groupe électrogène. Et là, je dis je vais manger. Et là, je veux manger et je mets ma veste à grand froid. Je prends mon réchaud et c'est un réchaud essence, mais j'avais mal fermé le bouchon. J'ai mal fermé le bouchon de l'essence où c'est que j'avais rempli 70 kilomètres avant. Et ça se déversait dans mes gants que j'utilise. que pour le réchaud. Et moi, je suis tellement fatigué, tellement énervé, tellement, enfin, plein de choses, une journée noire, que je mets ces deux gants, je mets ma veste dans le grand froid, et quand j'allume l'essence, puisque c'est de l'essence, sinon ça gèle, le gaz, c'est de l'essence, mes deux gants prennent feu, et ma veste, le devant, elle prend feu. Je saute dans la neige, je plonge pour mettre ma neige, c'est de la glace, alors tu ne plonges pas facilement, mais j'ai t'invite le feu j'ai aucun problème sur les mains rien mais là j'ai dit mais c'est bon j'arrête stop c'est fini j'arrête il y a trop de paramètres aujourd'hui c'est tout dans la même journée tout condensé c'est trop c'est fini pour moi j'arrête et puis il y avait un gars qui était à côté de moi il voit un peu le truc je me suis dit de me prendre vraiment un touriste de base vraiment incroyable et j'étais à me dire comment je vais faire pour arrêter maintenant il va falloir que je déclenche le j'étais dans une poste de contrôle donc je lui ai dit à l'organisateur s'il peut me trouver un avion pour rentrer en plus j'avais la piste pas très loin j'ai dit top j'arrive et puis là le gars qui m'a vu il m'a jeté un scotch il me jette un scotch bon au début j'ai dit qu'est-ce qu'il me fait et bien j'ai compris ta veste qui est brûlée sur le devant tu mets du scotch et là ça a été le déclic c'est même plus que le déclic c'est un peu ce qui va me servir pour toute la course le scotch ils me donnent un scotch et qui me permettent de réparer, ben ouais t'es en Alaska ici garçon, arrête de te plaindre t'es là pour, c'est quoi ton devant t'as 10 cm qu'il n'y a plus d'isolant ben tu monteras tes gants un peu plus haut, c'est pas grave là je m'en parle, là je suis allé chercher très loin pour m'en parler, je m'en parle et je me dis mais arrête de te plaindre, t'es en Alaska, ici t'es en milieu hostile on te donne, il faut trouver une solution c'est pas pour une veste, bien sûr elle ressemble à rien ta veste, elle n'est pas une filée de mode mais donc ben Ça, c'est un déclin de toute la course. Et toute ma course, j'ai pensé à ça. Toute ma course, j'ai dit, écoute, j'avais un problème. Pense au scotch. J'avais mon bâton, je l'ai coupé trois fois, mon bâton, parce que ma luge m'a fauché trois fois. Enfin, bref. J'ai pris un coup de scotch. Je fermais un coup de scotch. J'ai coupé mon bâton. À un moment donné, il fallait que je le répare. Je n'ai pas eu le temps. Donc, en attendant, j'ai pris les bâtons qui jalonnaient le parcours pour rouler mon chair, là. C'était à peu près la hauteur de mon truc, sauf qu'il finit en tournant, le bâton. Je prenais le bâton. Ce n'était plus un problème. Tout problème, il y avait Et c'est ça un peu. Tu vois, j'avais une autre philosophie, quoi. Là, c'est un putain de temps faible. C'était que des temps forts. C'est-à-dire que t'as un problème, c'est bon. Tu prends, tu trouves une solution. Il n'y a que des solutions si tu réfléchis, quoi. Encore une fois. Et voilà. Donc, j'ai pas eu de graveux trucs. Ça, ça a été un déclic. Et c'est un déclic, je pense, ça va être un déclic pour toute ma vie, cette histoire de scotch. Parce que je pense que j'ai des flashs encore de cette situation où je me dis c'est fini. C'est fini, là. C'est terminé, là. Tu vois, à la maison
SPEAKER_01et le type il me jette un scotch
SPEAKER_00donc
SPEAKER_01c'est une super histoire comme quoi des fois il y a chacun à trouver son scotch ouais c'est ça et puis finalement tu vois moi ce que je retiens aussi de ce genre d'histoire c'est faut pas sous-estimer l'impact qu'on peut avoir sur les gens peut-être que pour ce gars il se disait peut-être qu'il s'en rappelle même pas tu vois qu'il t'a balancé
SPEAKER_00un gros scotch c'est
SPEAKER_01clair mais en réalité il t'a sauvé ta course et il t'a fait apprendre un truc qui va te
SPEAKER_00rester en terminant c'est toute ta vie clairement tu te dis mais le pire moment de ta vie c'est peut-être quelque chose qui va t'aider dans toute ta vie parce que c'est anodin mais pour moi ça a été un déclic et je m'en suis servi ça a été un levier dans des moments difficiles et bien sûr on ne peut pas raconter sinon ça ferait 4 heures ton podcast mais sinon des moments difficiles sur 1600 t'en as beaucoup et il faut t'accrocher Oui, je peux t'en raconter. J'en ai eu plein d'une histoire dans un refuge. Je n'avais plus rien à manger. J'étais 18h avec une tablette de chocolat. Le matin, j'ai honte, mais j'ai volé la barre de survie. Mais moi, je suis en mode survie. Donc, je n'ai pas eu honte trop longtemps. Mais j'ai pris la barre qu'il y avait à l'intérieur du refuge parce que je savais que j'avais 18h à faire. J'avais que ça. Je n'avais plus rien à manger. Donc, tu vois, j'avais beaucoup d'histoires. Parce
SPEAKER_01que l'alimentation, tu parlais de la tablette de chocolat. t'as tout sur toi dans la veste pour pas
SPEAKER_00que ça gèle comment tu fais en fait ouais en fait tu l'as dans ta luge mais tu peux pas avoir tout sur toi mais dès que t'as besoin de manger tu le mets sur toi donc pour qu'elle se mette à température et que tu puisses même une tablette de chocolat il sera moins dur si tu le mets sur toi mais même pour tout et l'eau c'est pareil l'eau c'est tu le mets moi je le mettais à l'intérieur je mettais une bouteille mais il y en a qui mettent des camel bags moi je suis hors de boire dans le camel bag donc je mets une bouteille alors c'est pas très pratique la bouteille je t'avoue que je sais pas si je recommencerai pas avec un camel au moins essayer parce que c'est plus pratique mais voilà tu essayes de prendre au fur et à mesure et après bien sûr la ration de base c'est le lyophilisé donc là tu le fais que quand tu t'arrêtes vraiment alors des fois t'es tellement épuisé dans la journée que tu le fais même si je te disais que je le faisais pas mais j'essaye quand même des fois de m'arrêter si vraiment j'ai vraiment besoin je m'arrête je perds une demi-heure pour le réchaud parce que c'est toute une mise en route le réchaud c'est C'est quand même pas une action facile. Il faut mettre en pression l'essence. Il faut vite fermer pour que ça rentre dans une coupole. Mais ça aussi, j'ai tellement appris à allumer un réchaud. Je savais allumer un réchaud, mais maintenant, je sais parfaitement allumer un réchaud. Mais grâce à Bert qui m'a appris, il m'a tellement allumé parce que je ne le faisais pas bien. Je ne le faisais pas bien, je me punissais à moi parce que j'allumais le réchaud dehors, alors que lui, il l'allumait dans le refuge en bois. Parce que lui, il savait faire des petites flammes de 20 cm, moi, il faisait un mètre d'eau. Donc, je n'allais pas mettre le feu au refus. Et tout ça, ça fait une telle différence. Quand tu manges, parce qu'il y a des poêles à l'intérieur, là aussi, ça peut être long, mais quand tu fais 18 heures, tu t'arrêtes. Première chose que tu fais, tu coupes du bois. Tu ne vas pas te reposer. Tu vas couper du bois parce que si tu veux te réchauffer et sécher tes affaires, et dans la cabane qu'il y a, il y a tout le temps un poêle, mais il faut couper le bois parce que personne ne l'a fait à ta place. Et tout ça... c'est une heure pour couper du bois rentrer du bois pour en avoir suffisamment et la nuit on s'arrête pas longtemps on s'arrête 4 heures des fois et 4 heures il faut alimenter le feu c'est personne qui va te l'alimenter donc il faut te réveiller à tour de rôle et tout ça ça fait que voilà c'est plein de petits détails encore qui font que ces courses là elles restent des courses exceptionnelles Chineuse
SPEAKER_01j'allais te dire ça fait rêver je sais pas vraiment en fait tu vois mais en tout cas la spine on en a parlé il y a un petit moment déjà dans l'échange mais la spine je l'avais en tête depuis un moment et j'ai croisé des gens qui l'avaient je crois un gars qui l'avait gagné même pendant la PTL d'été dernier et on en avait pas mal parlé et j'ai l'impression que ça pourrait être une bonne première étape pour se frotter à ce genre
SPEAKER_00d'environnement ah ouais franchement je recommande je la recommande parce que là aussi je te dis encore une fois cette course elle m'a vraiment
SPEAKER_01marqué vraiment
SPEAKER_00vraiment dernière question
SPEAKER_01Thierry, après je te laisse tranquille. Lydie Tarot, donc 25 jours, vous franchissez l'aide d'arrivée à deux. Aujourd'hui, avec deux mois de recul, ce que tu dis, c'est que c'est clairement l'aboutissement, la course, je vais utiliser le terme, je ne sais pas si tu le reconnais, mais la course de ta vie. Comment tu le sens quand tu arrives du coup à la fin de ce périple
UNKNOWN?
SPEAKER_01Qu'est-ce qui te passe par la tête quand tu
SPEAKER_00franchis l'aide
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu ne sens rien. En fait, tu es juste content d'une chose, c'est que le soir même que tu ne vas pas dormir dehors. Tu te dis, bon, enfin, je vais dormir à l'intérieur. Ça, c'est les premiers ressentis. Et puis, tu es tellement fatigué que tu n'as aucun ressenti. Et ça m'a fait partir un peu au Yukon. Tu n'as rien. Tu es un peu livide. Tu es tellement épuisé. Je voulais rentrer. Il faut savoir que la petite anecdote, je voulais rentrer de suite, moi. Moi, je suis rentré. J'ai fini. Il faut que je rentre parce que ça faisait longtemps que j'étais parti. Je voulais voir ma famille et tout ça. Et je voulais rentrer. Mais moi, épouse qui me connaît parfaitement, et puis qui m'avait vu quand même en photo, et on faisait beaucoup de Skype, et elle a vu la tête que j'avais, et puis j'avais quand même des brûlures, tout ça, elle m'a dit, je pense que Thierry, ce serait quand même mieux, j'étais réservé à un hôtel en Courrèges, j'ai dit, tu rentres, mais je pense que ce serait quand même mieux que tu restes quelques jours encore, et elle avait raison, parce que j'ai passé trois jours, je ne dormais pas bien, parce que tu ne dors pas bien, tu es complètement décalé, tu récupères un peu, tu récupères, tu cicatrises un peu aussi donc tout ça ça fait que quand tu arrives aussi à la maison tu fais pas peur à tout le monde c'était une arrivée tellement difficile les jours tu dors pas t'es complètement perturbé ça ça m'a fait pareil au Yukon l'alimentation c'est difficile tout ça voilà et puis t'es quand même sorti du contexte de ta vie de tous les jours et faut retomber un peu Et ces trois jours m'ont permis de retomber. Ils m'ont permis, même si je ne faisais pas grand-chose, même si je sortais de temps en temps, j'allais marcher un peu, parce que je ne peux pas rester enfermé dans une chambre, c'est difficile. Mais ça m'a permis de récupérer mentalement. Ça m'a permis d'appréhender un peu ce que j'allais vivre après différemment. De prendre le temps de me préparer à cette réacclimatation, quelque part, à la vie quotidienne. Et j'avais besoin de ces trois jours. Et oui, et puis en rentrant j'avais besoin encore de récupérer pendant quelques semaines et puis de partager aussi il y a eu le moment de la récup maintenant on est dans le moment du partage donc j'interviens pas mal sur plein de sujets et donc c'est intéressant parce que maintenant j'ai le recul nécessaire pour pouvoir le faire j'ai encore toutes ces belles images et puis à un moment donné c'est chouette aussi parce que c'est un peu ça c'est bien de les vivre mais c'est tellement mieux de les partager même si c'est pour individuels forcément des choses à dire et c'est chouette de pouvoir en parler Un livre, ça pourrait se faire un jour. Oui, bien sûr. C'est dans les tuyaux. Génial. Voilà, c'est dans les tuyaux. Et puis, un livre sur ce que j'ai pu faire dans ces 20 dernières années, puisque ça fait presque 20 ans que je... Pas tout à fait, 18, mais que je fais ce genre de course. Et puis, avant de me préparer pour mon... Voilà, maintenant que je l'ai passé, comme je disais, c'est un aboutissement. Maintenant, j'ai envie de vivre d'autres choses un peu différentes. Et voilà, la prochaine belle, belle aventure elle va arriver en 2025 avec ton fils c'est ça avec mon fils tout à fait ce tour du monde un peu particulier qui va être en grosse partie en vélo alors en vélo de route sur une première partie puis après le gros de l'esprit du tour du monde c'est la traversée de l'Atlantique des Canaries jusqu'en Guadeloupe avec un bateau à rame et ça ça va être quelque chose de tout nouveau je ne connais rien j'ai le bateau il est juste à 10 mètres derrière moi mais je l'ai le bateau mais pour l'instant il n'a pas touché le temps mais mais je me donnais les connais je me donnais tout le moyen pour réussir quoi et puis en plus cette fois ci j'ai suivi mon fils ça c'était pas prévu c'était une belle surprise au début c'était pas une belle surprise parce que il ya quand même plein d'interrogations quand on a un projet comme ça et on sait que s'il ya des risques donc bon il faut les mesurer pour soi ça va mais mesurer pour quelqu'un d'autre c'est différent mais bon il a mis de la vie la la motivation je lui ai fait voir quelques films il m'a dit ok d'accord au début pourquoi tu m'as fait voir ces films et je lui ai dit ben oui je sais pourquoi je te les ai fait voir parce que je voulais que tu te rendes compte de ce que tu vas vivre notamment la traversée de Gérard d'Aboville quand il a traversé le Pacifique donc j'ai forcé le trait bien sûr parce que la traversée du Pacifique on va pas la comparer à l'Atlantique mais on sait pas maintenant les conditions météo font qu'on peut attraper une tempête n'importe où sur le globe donc il aura quel âge ton fils en 2022 il a 18 ans donc il aura 20 ans il aura 20 ans voilà donc ça va être génial on est complètement différents même en gabarit lui c'est plutôt en seconde ligne moi je suis demi de mêlée donc on est complètement différents mais voilà on va certainement vivre des moments durs certes mais aussi des beaux moments et c'est ça l'essentiel ça va certainement le construire aussi dans sa vie d'adulte c'était pas l'objectif mais je pense ça va le devenir et il va se rendre compte aussi un peu en relation à ce que je disais tout à l'heure sur le fait de croire toujours qu'on est mal lotis c'est quand tu vas traverser les steppes de de Mongolie ou comme arriver au Kazakhstan ou au Turkménistan on va avoir vraiment de la difficulté quand les gens au quotidien et que nous on est pas trop mal et voilà c'est bien c'est pas pour faire toujours du dire oui mais ça va on se plaint toujours mais non c'est pas ça les histoires c'est juste se rendre compte que on est dans un super pays on est assez privilégié malgré tout et que on a la chance de pouvoir vivre des choses fabuleuses même on n'a pas besoin de faire le tour du monde comme je fais moi il y a des choses très près qui sont magnifiques il faut juste avoir envie de le faire c'est tout et se donner les moyens d'y arriver c'est tout et je veux qu'au moins ça l'aide là-dessus et qu'ils se rendent compte de ce que d'autres ont plus de difficultés à avoir ouais super message
SPEAKER_01punaise et bah écoute merci beaucoup Thierry je me demandais si en Corée du coup sur ces 3 jours tu t'étais un peu comme pendant le tort tu t'étais connecté à un truc à se créer une nouvelle course mais
SPEAKER_00bon visiblement non j'ai pas eu besoin parce que même si quelque part je l'ai fait aussi mais j'ai tellement ce projet qui est arrivé derrière donc j'ai dit au moins Tu sais quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est que d'avoir réussi aussi, je me suis dit, et j'ai dit à ma femme quand j'étais sur le parcours, j'ai dit, tu sais, j'ai envie de finir aussi ce parcours pour une autre raison. C'est que je veux surtout le finir pour pas que je me dise en rentrant, si je la termine pas, comment je vais faire pour y revenir, quoi. Donc, tu vois, parce que là, ça allait être un problème de timing, même si je pouvais aller encore l'année prochaine, mais je me suis dit, bon, moi, je me sors ça de la tête, j'ai fini, ça y est, je suis allé au bout et je peux me consacrer à ce tour du monde à 100% même si l'année prochaine je pense faire une petite course une course en Laponie suédoise cette fois-ci je pense sur la Laplande c'est l'organisateur du Yukon qui fait une course depuis 2 ans en Laponie suédoise qui fait 500 km et voilà j'irai certainement faire ça parce que ça me plaît et que j'ai envie de me faire plaisir voilà mais à part ça
SPEAKER_01pas grand chose excellent bah écoute Thierry merci beaucoup c'était génial curieux de voir s'il y a un livre en préparation dans les tuyaux écoute je pense que je serais un des premiers à te l'acheter et ouais vraiment merci c'était absolument génial bon préparatif pour 2025 et puis et puis peut-être qu'on se fera un épisode de débrief une fois que vous serez rentré avec grand
SPEAKER_02plaisir
SPEAKER_01merci Loïc merci Thierry Merci d'avoir écouté cette conversation avec Thierry jusqu'au bout. Je serais curieux de savoir combien de fois vous vous êtes dit au cours de l'épisode qu'il est effectivement complètement frappé. Quoi qu'il en soit, j'espère que son interview vous aura donné envie de vous lancer vous aussi dans les défis qui vous impressionnent. Envoyez-moi vos feedbacks sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com Je vous propose chaque semaine du contenu entièrement gratuit que je m'efforce de rendre le plus qualitatif possible. Je fais absolument tout seul, ce qui demande énormément de temps et d'énergie. Pour valoriser mon travail et remercier tous ces frappés inspirants que je reçois, prenez quelques secondes maintenant pour laisser une note et un commentaire sur votre plateforme d'écoute. Pensez également à partager cet épisode autour de vous à toutes les personnes qui sont intéressées par les sujets d'aventure et de dépassement. Merci pour votre fidélité. Je vous dis à la semaine prochaine pour un épisode avec la vainqueur féminine de l'édition 2023 du Marathon des Sables.