SPEAKER_02

J'ai vite, vite, vite fait comme avant. De toute façon, dans ma tête, j'étais obnubilé par re-essayer tous les sports, voir ce qui allait marcher, voir ce qui n'allait plus marcher. Et du coup, comme je disais tout à l'heure, je pense que mes premiers pas, c'était le 3 juin et je suis sorti du centre de rééduc début juillet. Et le 3-4 juillet, je crois, je donnais des cours de planche à vol.

SPEAKER_01

Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants Sous-titrage ST' 501 Bienvenue Manuel sur le podcast, je suis ravi de t'accueillir au micro des Frappés, quelques jours seulement après qu'on ait échangé sur les réseaux. Merci d'ailleurs à Florent et Laure, mon cousin et sa compagne, qui m'ont suggéré de t'inviter et je pense qu'ils avaient bien raison, ils avaient repéré un bon

SPEAKER_02

Frappé. Merci

SPEAKER_01

à toi, merci pour l'invitation. Avec grand plaisir. Première question Manuel, qui es-tu, que fais-tu

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors moi je suis un kérasin, le kéra c'est les Alpes du Sud. Je suis né sur mes skis, haut dans la montagne et dans la neige depuis toujours et je suis moniteur de ski l'hiver. J'ai fait de la compétition enfant de 8 à 18 ans, un peu comme tous les enfants de l'école. Et puis depuis mes 20 ans disons, je suis moniteur de voile aussi, j'apprends aux gens à faire du voile maintenant j'étais sur

SPEAKER_01

le

SPEAKER_02

voilier d'un ami et aujourd'hui

SPEAKER_01

j'ai mon voilier à moi la classe un bateau qui a marré dans le port du Kera bien sûr j'imagine voilà super donc une enfance tu disais très marquée très orientée ski forcément j'imagine que l'environnement dans lequel tu as grandi a eu sa petite influence sur le fait que tu pratiques ce sport mais qu'est-ce que tu y as trouvé en termes d'émotion en termes de sensations qu'est-ce qui fait que que tu as accroché avec le ski et que c'est une histoire qui perdure aujourd'hui encore

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ça, c'est une question qui revient souvent, mais en fait, moi, je ne me rappelle pas de quand la flamme s'est allumée. Pour moi, c'est juste comme ça dans moi depuis toujours. Je n'ai pas d'explication. Quand ça

SPEAKER_01

glisse, je suis heureux. Aujourd'hui, c'est quoi les sensations que tu retrouves

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Peut-être le parallèle d'ailleurs que tu verrais entre ski et mer. Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, tu es allé te mettre dans une de notre discipline, c'était pour chercher des trucs complémentaires que tu n'avais pas dans le ski ou moins

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ou c'est parce que finalement, dans les deux, tu retrouves une intensité, tu vois, des sensations

SPEAKER_02

cool

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

À la base, c'est familial en fait parce que moi, je suis né à la montagne mais mes parents sont de la mer. Ma maman est bretonne et mon papa est né à Dax dans le

SPEAKER_00

sud-ouest.

SPEAKER_02

Du coup, ça m'a assez vite emmené à la mer et après, le parallèle qu'on peut faire entre montagne et mer plutôt qu'entre ski et mer, c'est la… Il y a plein de choses qui se recroisent. L'aspect loin de tout, l'aspect on se retrouve face à nous-mêmes quand on est en montagne ou en pleine mer, c'est un peu la même chose. Il y a plein d'ambiances qui se retrouvent. C'est pour ça que les marins et les skieurs, ça se recroise souvent.

SPEAKER_01

Oui. L'approche peut-être solitaire aussi. C'est vrai que j'ai eu quelques épisodes avec des gens qui faisaient à la fois mer-montagne, une guide de haute montagne qui fait aussi de la course au large. Ce que tu viens de dire, c'est ce qu'elle disait aussi finalement. Cette connexion avec la nature aussi, les grands espaces. la solitude

SPEAKER_02

ouais ouais il y a ça et puis au final à chaque fois on glisse sur de l'eau qu'elle soit gelée ou pas c'est vrai un peu la même

SPEAKER_01

j'avais jamais vu ça comme

SPEAKER_02

ça c'est

SPEAKER_01

vrai et par curiosité dans le Keras t'étais

SPEAKER_02

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

moi je travaille à Abriès je suis moniteur à Abriès Abriès ok à frontière

SPEAKER_01

italienne ok ok ah ouais Abriès ok ok après Aiguille ok ah bah j'y étais l'été dernier j'ai fait un petit sommet dont je me rappelle plus du nom il y a deux il y a un lac le lac le grand l'os, c'est possible ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

ouais, la grande l'os magnifique, très beau coin quoi qu'il en soit un grand merci pour ce contexte c'est clair je pense les gens ont l'image un enfant de la montagne né avec des skis au pied et attiré par la mer c'est un super combo, en tout cas ça fait rêver je veux bien maintenant que tu nous parles de ce qui t'est arrivé à tes 30 ans de cet incident et de la manière dont ça a changé ta vie depuis

SPEAKER_02

en fait moi je vivais au Canada j'enseignais le ski au Canada suite à un mauvais passage dans mon ancienne école de ski donc j'en ai profité pour voyager et de là le billet d'avion pour Hawaï est pas cher du tout donc je me suis dit que j'allais surfer à Hawaï en amoureux le voyage de rêve quoi

SPEAKER_01

Est-ce que tu étais mono de ski du côté de Vancouver, sur la côte

SPEAKER_02

ouest

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non, j'étais vers Revelstoke. Donc, c'est les Rocheuses. C'est plus à l'intérieur des terres. Mais sur le trip, on passait par Vancouver. Après, on avait acheté un camping-car. Et du coup, de là, petit saut à Hawaii pour un mois qui était prévu à la base. On a fait 15 jours à Maui avec un vélo et les planches de surf accrochées derrière le vélo avec une tente, c'était incroyable Et suite à ça, on a décollé pour Kauaï. Et Kauaï, même pas 24 heures là-bas. Et attaque de requin, je me suis fait croquer un pied, le pied droit. J'attendais les vagues. J'étais assis sur ma board, j'attendais les vagues. Et puis d'un coup, une pression de ouf sur ma jambe. Je me rends compte qu'il y a vraiment quelque chose qui ne va pas. Puis en baissant les yeux, un requin tique de 4 mètres, accroché au bout du pied. Et là, au début, ce n'est même pas de la panique, c'est de la surprise totale, presque de l'énervement. C'est bizarre, la colère monte doucement et je me mets à taper dessus. Et puis, grâce à moi ou pas grâce à moi, il me lâche. Et de là, il y a une série de vagues qui rentrent, comme dans Vajana, le miracle. Au moment où il me lâche, il y a une série de vagues qui rentrent. J'ai deux coups de pagaie à donner et ça éclate. Je suis au bord, il me reste 15 mètres à ramer pour être à la plage. Et là, les mecs, ils sont venus m'aider. Ils m'ont mis sur ma planche comme une civière. Et vu que j'avais déjà prévenu, ils étaient déjà rentrés au bord avant que moi, je me dépatouille avec mon requin. Et du coup, les pompiers sont arrivés super vite. Je pense qu'en 10 minutes, ils étaient là. Et puis après, morphine, hôpital, amputation. un réveil bien difficile

SPEAKER_01

parce que du coup le pied a été sélectionné c'est ça la morsure c'était l'heure de la

SPEAKER_02

construction et lui l'a juste ou fracasse il était à la limite presque même pas si abîmé que ça c'était vraiment le mollet qu'a pris cher et par contre c'était tout déconnecté quoi je pouvais plus bouger un orteil il y avait plus de sang mon pied il était tout blanc et a plus rien qui bougeait donc c'était la seule solution quoi

SPEAKER_01

et là derrière quand coma artificiel

SPEAKER_02

non j'ai fait oui pour l'opération quoi pour l'amputation ça a duré 6-7 heures

SPEAKER_00

ah ouais quand

SPEAKER_02

même mais voilà j'étais endormi comme

SPEAKER_01

si on se fait opérer d'autres choses ouais et tu dis réveil un peu brutal du coup il se passe quoi dans la tête quand tu reprends connaissance et que tu te dis c'était pas un mauvais rêve ça y est j'ai un pied en moins

SPEAKER_02

Justement, il y a quelques secondes où j'espérais encore que c'était juste un mauvais rêve. Et puis, j'ai essayé de soulever ma jambe. Et puis là, c'était super léger, vu qu'il n'y avait plus le pied au bout. Je me suis vite rendu compte. Je n'ai pas eu besoin de vérifier avec les yeux. Je me suis vite rendu compte qu'il manquait quelque chose. Là, tu tombes de haut. Tu tombes de haut. Je ne savais pas vraiment comment réagir parce que je n'y connaissais rien en handicap. Je n'avais pas du tout de personnes handicapées autour de moi, dans mon entourage, tout ça. et puis réveil déjà quand tout va bien c'est pas incroyable les réveils d'opération donc c'était un peu dur la première demi-heure et il y a le chirurgien qui est venu me voir Et là, tout de suite, je lui ai demandé si j'allais pouvoir refaire du ski avec mes deux jambes et qu'est-ce qui allait m'arriver. On était à Hawaï, alors le ski, ce n'était pas très précis comme information, ce qu'il m'a donné. Mais il m'a quand même rassuré sur plein de choses. Il m'a montré des photos de ses patients qui skiaient, qui faisaient du surf, que… Il m'a fait comprendre qu'être amputé à mon âge, ce n'était pas si grave que ça. Tant qu'il reste le genou, ce n'est quand même pas si compliqué que ça.

SPEAKER_01

Oui, j'imagine que ça fait du bien d'entendre ça venant de la part de quelqu'un qui a vécu ce que toi, tu es en train de vivre à ce moment-là. Donc, franchement, chapeau à ces personnes qui sont venues te voir. Ça doit être génial d'avoir ce type de soutien aussi rapidement. Alors, on en avait parlé en off, toi et moi. On ne va pas trop s'attarder sur la cause de l'amputation c'est à dire sur le fait que c'était une attaque de requins on va pas alimenter la machine qui considère que les requins c'est dangereux etc les requins c'est pas dangereux les attaques de requins qui sont mortelles ou comme celles que t'as subi elles sont méga anecdotiques on va parler de l'accident et de la manière dont tu as rebondi mais pas du requin

SPEAKER_02

Oui, clairement. Même pour parler de mort, parce que ça existe. Les noix de coco font plus de morts que les requins. À un moment, on ne va peut-être pas partir en courant quand on croise une coco à Intermarché. C'est clair. Oui, clairement. Il y a plein d'exemples comme ça. Il y en a des milliards. Et encore plus spécifiquement pour ma part, parce que sur la plage où je me suis fait attaquer, d'une part, il n'y a jamais eu d'attaque. Et le pompier qui m'a vraiment pris en charge humainement, disons, celui qui est vraiment resté auprès de moi, qui a parlé avec moi et tout, il m'a dit que lui, il habitait là depuis 30 ans. juste en face et que non seulement il avait

SPEAKER_01

jamais vu d'attaque mais il avait pas vu de requin non plus quoi ouais je suis en train de regarder là un site qui compare le nombre de morts suite à des attaques de requins versus gens qui se sont pris la foudre entre 1959 et 2010 donc c'est pas les infos les plus à jour mais quand même donc sur la période il y a eu quasiment 2000 personnes mortes foudroyées et aux US et euh et 26% qui sont mortes suite à des attaques de requins. Donc voilà, pour mettre les choses là aussi en perspective.

SPEAKER_02

Oui, il y a plein de données comme ça, plus ou moins justes, plus ou moins absurdes, qui vont dans un sens, qui vont dans l'autre. Voilà, ce qui est sûr, c'est que moi, sur l'île dans laquelle j'étais, en 20 ans, on est

SPEAKER_00

4. Ah

SPEAKER_02

oui, ok, d'accord. En 20 ans, on est 4. Il y a Bethany Hamilton, qui est bien connue du grand public, qui a perdu son bras à 12 ans et qui a quand même fait des coupes du monde de surf avec les valides, avec un seul bras. et un photographe assez connu aussi qui fait des super photos d'ailleurs de requins et qui continue de les étudier etc qui s'appelle Mike Kutz et le quatrième c'est un hawaïen qui m'a laissé une petite lettre mais que j'ai pas eu la chance de rencontrer les deux autres sont venus me voir à l'hôpital et ça a été une des parties qui m'a vraiment aidé à rebondir c'est que me retrouver avec eux dans ma chambre qui me montrent des photos de quand ils sont allés surfer hier et Mike lui il a exactement la même amputation que moi, en plus, sur la même jambe, avec le même pied devant en surf. J'avais toutes les infos. À part pour la neige et le ski, mais ça... Ça, c'est l'épisode d'après. Je ne vais pas commencer

SPEAKER_01

à pleurer tout de suite. Du coup, comment ça se passe une fois que tu es réveillé

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

J'imagine, retour en France assez rapide. Tu es repris en charge par une autre équipe médicale à ton arrivée

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Comment ça s'est

SPEAKER_02

organisé

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ça, c'est un peu impressionnant. Les États-Unis, six jours dehors. Presque, ils m'ont déchargé sur le passage piéton avec mon fauteuil roulant. Mon avion, il était deux jours après. Je j'avais une voiture sur le parking mais plus de jambes pour la conduire et démerde toi du coup justement c'est Mike qui est venu me chercher avec un collègue à lui qui a ramené ma voiture à la loc et qui m'a invité chez lui pendant deux jours et c'est ma copine du moment du coup Katia avec qui je ne suis plus aujourd'hui mais qui me faisait les pansements et tout, même pour l'avion, j'ai pris un avion normal pour rentrer. Et là, je me suis retrouvé livré à moi-même chez maman dans le Kera et avec pas de chirurgien français qui voulait me prendre en charge parce que c'était un chirurgien étranger qui m'avait opéré. Et du coup

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Du coup, avec les connaissances, les coups de fil au tout-bib, on a fait pendant presque un mois à la maison les infirmières. Heureusement, les infirmières locales qui ont quand même relayé.

SPEAKER_01

Mais qu'est-ce qui fait qu'il n'y avait pas de chirurgien en France qui voulait te prendre en charge

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Parce que vu que ce n'est pas eux qui avaient opéré et que ce n'est pas les mêmes techniques d'opération, disons, aux États-Unis et ici, il n'y a personne qui voulait se porter garant de ce qu'avait fait un autre, en

SPEAKER_01

fait. Ah ouais, d'accord, ok. Et ça, ça a changé au bout d'un moment ou tu n'as jamais pu avoir le…

SPEAKER_02

Ouais, après, de coup de fil en coup de fil, en fait, de copain médecin en copain médecin, on a réussi à me trouver une place dans un super centre de rééduc pour le coup à Aubagne à côté de Marseille le centre de rééduc des amputés en

SPEAKER_01

France ah ouais ok je savais

SPEAKER_02

pas du tout à la Bourbonne d'accord mettez 130 amputés dans une

SPEAKER_01

boîte Parce que suite à l'opération initiale, donc l'amputation, tu dois repasser sur le billard après

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Tu as à nouveau des opérations qui ont été menées

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non, moi j'ai eu la chance que ce soit tout

SPEAKER_00

réglé.

SPEAKER_02

Ok, d'accord. Après les ajustements, c'est les prothèses. Après dans le centre de rééduc, j'ai fait encore 15 jours jusqu'à ce que mon moignon soit assez guéri. pour pouvoir accepter les tests et les essais de prothèses sans que ça gêne la cicatrisation. Et du coup, j'ai eu mon accident mi-avril. Mi-mai, j'étais en centre. Et début juin, j'ai essayé les premières prothèses. Le 3 juin, mes premiers pas, je crois. Un truc comme

SPEAKER_01

ça. Ça, c'est quelque chose que l'invité dont je te parlais en off, Jérôme Bernard, qui est double l'amputé tibial depuis un moment m'expliquer comme il a une asso qui accompagne justement des néo-amputés comme il dit on parlait un petit peu de ça en fait de la difficulté et je suis curieux de savoir comment ça s'est passé pour toi, en fait il expliquait que c'est super dur quand t'es amputé d'avoir accès à une banque de lames en l'occurrence en tout cas de prothèses type lames pour pouvoir les tester, pour voir si ça te convient bref pour te remettre à marcher à peu près normalement sans que ça te coûte les yeux de la tête et donc lui c'est ce qu'il fait avec son assaut mais on parlait de ça du coup du fait qu'en fait après l'amputation tu peux pas tout de suite il y a un temps de cicatrisation et tu peux pas tout de suite essayer les prothèses parce que le moignon est pas juste pas guéri et pas prêt à recevoir à recevoir une

SPEAKER_02

prothèse ouais c'est ça c'est presque moi ce qu'on m'a dit et ce que j'ai ce que j'ai ce que j'ai validé avec mon moignon à moi c'est hyper différent de d'un cas à l'autre, mais c'est trois ans. Trois ans pour avoir un moignon qui est un peu endurci et que maintenant, je peux garder ma prothèse. Je pense que même si je la gardais la nuit, plusieurs

SPEAKER_01

jours, ça irait.

SPEAKER_02

C'est un peu comme marcher pieds nus, faire de la corne. Finalement, ça ressemble vachement à un pied. Un moignon tibial, c'est les mêmes problèmes. On a des enfants poules, on a les

SPEAKER_01

mêmes galères que sur un talon. Sachant que c'est quand même un moignon, ce n'est pas une zone qui est prévue physiologiquement pour supporter du poids, des chocs, de la pression. C'est sûr que le temps que ça se forme, je suppose que c'est ça aussi qui fait que ça demande vachement de temps. Trois ans pour une cicatrisation classique, ça paraît énorme, mais le sujet, c'est qu'il y a énormément de de contraintes physiques qui sont mises sur le moignon quand c'est une amputation

SPEAKER_02

c'est plus de la cicatrisation c'est vraiment comme on dit faire le cuir

SPEAKER_00

quoi

SPEAKER_02

c'est comme faire 200 bornes de vélo sans avoir mal au cul c'est au moins 3 ans je pense ouais la bonne image tu vois c'est pas de la cicatrisation c'est pas de la guérison c'est juste qu'au début tu peux garder une demi-heure après une heure après 3 heures et puis Pour que tu ne te dises pas il faut que je mette ma

SPEAKER_01

prothèse, il faut quelques années. Assez rapidement, tu te retrouves en centre. Bonne prise en charge. Tu disais que c'est peut-être le meilleur centre de France pour les amputés. Tu es au bon endroit, bien entouré. Sportivement, on l'a bien compris, tu es né dans un environnement plutôt montagnard avec une influence aussi mère du fait de tes parents. La mère, la voile. C'était ton taf, t'accompagner des gens en plein air dans leur pratique. Comment est-ce que du coup, une fois que l'amputation était là, que t'étais rentré en France, comment est-ce que t'as rebondi sur l'aspect justement pro, physique, sportif et combien de temps il t'a fallu

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Eh bien, j'ai vite, vite, vite fait comme avant. De toute façon, dans ma tête, j'étais obnubilé par re-essayer tous les sports, voir ce qui allait marcher, voir ce qui n'allait plus marcher. Et du coup, comme je disais tout à l'heure, je pense que mes premiers pas, c'était le 3 juin et je suis sorti du centre de rééduc début juillet. Et le 3-4 juillet, je crois, je donnais des cours de planche à voile.

UNKNOWN

Oh, putain!

SPEAKER_02

Mais c'était indispensable, quoi. Le gars, il m'a dit... Le patron... Je connaissais très bien un des employés qui était un employé de longue date, donc qui a pu expliquer au patron qu'il avait un pote amputé qui voulait venir bosser et que ça allait le faire. Et le gars, quand je l'ai eu de mon lit d'hôpital, il m'a juste dit« Moi, j'ai besoin d'un mec qui est motivé et qui a le sourire tout l'été.» Je lui ai dit« Là, je pense que tu ne trouveras pas un mec qui sera plus content que moi d'être sur l'eau cette nuit. Tu ne trouveras pas un plus grand sourire que le mien. J'arrive.» ça s'est passé comme ça et du coup très vite je faisais du paddle de la planche du trampoline et j'ai tout réessayé direct le vélo je me suis mis au parapente j'en avais jamais fait j'ai fait de la plongée que j'avais jamais fait non

SPEAKER_01

plus un peu comme quand on parle d'une espèce de boulimie d'expérience pour vivre encore plus

SPEAKER_02

intensément j'étais bugué complet j'étais tout seul dans ma tête je m'en rappelle pas d'ailleurs j'ai oublié les 8 mois qu'on suivit toute cette période du moment où je suis rentré dans le Kera au mois de janvier je m'en rappelle pas comme une énorme cuite je m'en rappelle de 2-3 trucs je pense que c'est justement ce genre d'interview qui fait que je m'en rappelle un peu parce que j'ai eu des interviews pendant cette période là donc je me suis re-entendu écouter mon histoire mais moi je m'en rappelle de

SPEAKER_01

vraiment pas grand chose c'est incroyable le cerveau hacheux je te parlais de Jérôme juste avant lui c'est il a aucun souvenir de son accident et d'ailleurs de toute sa vie avant l'accident il a pas le souvenir de sa vie d'avant c'est à dire quand il avait ses deux jambes et son bras et ça lui est arrivé à 9 ans il a aucun souvenir

SPEAKER_02

d'avant ouais bah ça m'étonne pas mais c'est ça qui est bon en fait je pense c'est que

SPEAKER_01

c'est le moment où t'y vas quoi

SPEAKER_02

ouais t'y vas pas reculons quoi ça veut dire que t'y vas quoi et moi les 2b avec qui j'ai parlé ils disent tous que c'est dans le 3 semaines 1 mois qui suit le carton que tu prends ta direction après c'est hyper dur si tu pars à l'envers c'est hyper dur de revenir à l'endroit C'est pour ça qu'il ne faut pas juger. Il faut faire attention à ça, à se dire que croiser des handicapés qui n'ont pas le moral, des fois, quand tu n'étais pas dans un bon moment, c'est la vie comme ça. Tu ne peux pas t'en remettre. On n'est pas tous... J'ai eu une bonne étoile ce jour-là, mais je suis certain que ça m'arrive un autre jour où je ne suis pas bien dans ma peau, autant je plonge.

SPEAKER_01

En tout cas, super impressionnant de voir. Il y a peut-être un peu, tu dis de bonne étoile, un peu de chance. C'était C'était un moment où tu étais en capacité de te relancer. Mais c'est quand même super impressionnant à entendre. Tu as remonté la pente, entre guillemets. En tout cas, tu étais à nouveau dans l'action super rapidement.

SPEAKER_02

Mais en fait, sur la plage. Moi, quand je suis arrivé à la plage, j'étais le plus heureux du monde. J'étais vivant, j'étais là. Moi, j'espérais que le requin croque ma jambe et qu'il se barre avec pour que j'ai une chance de rentrer. Donc, j'avais déjà tout abandonné. C'est ça qui a facilité tout. C'est la faute de personne, c'est ça aussi. Ce n'est pas en faisant une connerie. Je m'étais renseigné, il y avait plein de monde dans l'eau. Je n'y suis pour rien. Et ce n'est pas un soulard qui m'a grillé un stop. Donc, c'est quand même plus facile à digérer.

SPEAKER_01

je ne suis pas un spécialiste sur le sujet mais je pense qu'aussi un facteur qui a vachement joué c'est justement que tu as été en action tout de suite et que tu n'es pas resté en posture de victime et je te dis ça parce que j'ai eu une invitée il y a quelques temps maintenant dont c'était justement le sujet de l'épisode les troubles de stress post-traumatique donc PTSD en anglais et suite à ça du coup je me suis formé j'ai passé une certification en en gros, un protocole de déchoc psychologique. Donc, c'est les premiers soins, mais du cerveau, on va dire. Et en fait, un des... aspects centraux de ce protocole de cette approche qui est massivement utilisé dans plein de pays ou par les forces de police tu vois en France par certaines unités de la police la SNCF etc c'est l'action c'est en fait de dire ce qui maximise la probabilité qu'un PTSD s'installe c'est le manque de contrôle c'est évidemment d'être confronté à une situation de mort imminente soit la tienne soit celle de quelqu'un que tu observes et ensuite c'est de c'est l'inaction c'est et c'est là que le cerveau dans une fenêtre en plus très très courte genre 6-12 heures peut si tu restes dans l'inaction si tu restes en mode passif en mode je suis une victime aidez moi c'est là que le cerveau peut stocker en fait une information dans la mémoire à très très long terme et que cette information en fait elle devient en fait ça crée un PTSD quoi un

SPEAKER_02

trauma après moi mon analyse à moi qui est absolument pas scientifique qui est vraiment juste personnel sans aucune aucune preuve à la pluie. C'est que... Moi qui ai vécu le truc, j'ai zéro souci pour retourner dans l'eau. À peu près tous les mecs... avec qui j'ai pu discuter des surfeurs attaqués par des requins ou des plongeurs, aucun problème pour retourner dans l'eau. Je n'ai pas rencontré un mec qui a un problème pour rencontrer dans l'eau. Par contre, le frangin qui a sorti son frère de l'eau ou Katia qui m'a fait un garrot ou papa qui a vu son gamin et la flaque rouge autour depuis la plage, c'est eux qui sont traumatisés. C'est eux qui sont traumatisés. C'est ça en plus des gens qu'on oublie moi j'étais en train de dormir Katia elle a passé 6-7 heures à attendre toute seule avec que des mecs qui parlaient anglais autour d'elle et à pas savoir si j'allais mourir si j'allais pas mourir si elle devait appeler ma mère si elle devait pas appeler ma mère tu vois elle a passé un vrai sale moment moi j'étais endormi donc aujourd'hui elle a plus ramassé que moi

SPEAKER_00

clairement

SPEAKER_02

elle s'en remet ça va mais Mais ça a été plus difficile pour elle que pour moi en… en termes

SPEAKER_01

de psychologie ouais bah écoute ton ressenti il est bon je suis pas du tout un spécialiste là-dessus mais bon comme j'ai fait cette formation c'est un peu ce que j'en ai retenu aussi c'est que t'as carrément raison et en fait ces personnes qui sont les PTSD on pense souvent là aussi justement tu vois que c'est les victimes d'accidents qui sont concernées mais en fait non pas forcément c'est quand t'es témoin d'une situation de mort imminente et toi bah clairement Katia tu vois ton papa ou quoi bah forcément attaque de requin tu dis bah mince est-ce que est-ce qu'il va y passer et ben en fait c'est là où le truc peut s'installer aussi donc ton impression elle est d'après en tout cas ce protocole elle est carrément carrément prouvée scientifiquement donc voilà

SPEAKER_02

ça y est j'ai des preuves du coup voilà yes non mais il y a plein de trucs comme ça de toute façon qui sont flous et qui sont c'est tellement personnel ça dépend même sur la même personne en fait suivant l'accident suivant le mot dans lequel tu es, tout peut basculer d'un côté ou de l'autre, je pense, sans qu'on puisse rien y

SPEAKER_01

faire. 2017, tu avais quel âge

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

30 ans. 30 ans pile,

SPEAKER_02

ok. L'anniversaire est oublié du coup, pas mal. J'avais pas la trentaine de mois, je suis resté dans le temps.

SPEAKER_01

Peut-être pour finir sur ce chapitre de cet événement, mais socialement, est-ce que ça a été un sujet pour toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ça a été quelque chose que tu as dû gérer

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Le regard des

SPEAKER_02

autres

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non, franchement, aujourd'hui, le regard des autres, il est... C'est fini pour moi, ça. Je le ressens pas, en tout cas, je le vis pas du tout. Peut-être que quand c'est vraiment écrit sur toi, tu vois, les handicaps où il y a vraiment des malformations, des déformations, où pour les gens, c'est un petit peu plus difficile, mais... Mais non, quand tout va bien et que tu cours plus vite qu'eux, de toute façon, il y a peu de... J'ai même peut-être plus souffert pendant une petite période au début de l'inverse. De tout le monde qui s'est dit, ça a l'air d'aller. Et du coup, les petites attentions et les petits, c'est super ce que tu fais, ça m'a un peu manqué

SPEAKER_01

à un moment. Et ça, tu penses que c'est pour

SPEAKER_02

moi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Mon cerveau, de toute façon, était un peu à la rue.

SPEAKER_01

et tu penses que ça c'est dû à quoi c'est parce que justement tu renvoyais tellement l'image de quelqu'un qui est reparti tout de suite qui était tout de suite dans l'action etc que les gens avaient du mal à lire autre chose que finalement ça va

SPEAKER_02

bien c'est ça je me suis retrouvé dans une situation où en fait tous mes proches les gens que j'aime et grâce à qui j'en suis ici tout à l'heure je voulais dire aussi c'est aussi pour ça que je me suis remis aussi bien c'est que j'étais entouré C'est incroyable. J'ai une énergie autour de moi, dans mes potes, dans ma famille, etc. qui, de toute façon, en avant. On s'arrête là et tout le monde était là. Mais très vite, ils se sont rendus compte que ça allait et ils avaient bien raison. Ils m'ont traité comme ils m'ont toujours fait. Mais moi, ça m'a fait bizarre parce que d'un autre côté, sur les réseaux sociaux, par exemple, j'avais des reconnaissances de gens, des messages de deux pages, de gens qui... qui me louaient incroyablement parce que j'avais fait deux virages en ski, alors que moi, j'en voulais bien plus. Mais je me suis retrouvé à un moment qui sait qui même. Je ne savais plus faire la part des

SPEAKER_01

choses. Aujourd'hui, ça va mieux, j'imagine

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Aujourd'hui, je me suis aussi prouvé à moi-même que... que ça va en fait j'avais besoin aussi de ces messages et de ces retours pour me dire ça va aujourd'hui j'ai plus besoin de ça j'ai des preuves tout seul chronométriques etc que je skie plus vite que quand j'avais deux jambes que j'ai plus la caisse que j'ai il y a des choses qui ont changé mais ça fait ça a seulement augmenté mes performances c'est juste que dans ma tête je suis plus fort c'est tout physiquement j'ai pas

SPEAKER_01

de frein alors t'évoquais le ski donc voilà l'été dès le même été t'as été sur les plages t'as essayé à plein d'activités certaines que t'avais jamais faites avant mais le retour en ski du coup il s'est passé quand et puis si on fait une espèce d'accéléré quelle place est-ce que ça prend aujourd'hui dans ta vie puisque c'est en termes de résilience et de capacité à se relancer. Ce que tu as fait avec le ski, ce que tu es en train de faire avec le ski, c'est quand même un truc de fou, donc je serais assez partant pour que tu nous en parles.

SPEAKER_02

Comme je vous disais, c'est ancré dans moi depuis la naissance. Je suis né avec mes skis, j'ai vraiment cette sensation que ça a toujours été là. Et du coup, c'était ma peur en fait, c'était vraiment mon angoisse, c'était de ne plus pouvoir skier assez bien pour que ça ne plaisent toujours et donc l'hiver est arrivé le 16 décembre il me semble j'ai eu ma première prothèse donc le lendemain j'étais sur les pistes évidemment Et là, franchement, j'ai failli pas chausser. J'avais le bip plié en deux. J'étais vraiment pas bien. J'étais vraiment, vraiment dans le dur parce que j'avais peur que ça me plaise pas, quoi. Et là, je me mets à parler un peu doucement pour pas pleurer, mais parce que c'est quelque chose qui est viscéral chez moi. C'est le ski ou les psys, et je les répète, c'est depuis que je suis gamin que c'est comme ça. Les hivers où je me suis blessé à 14-15 ans, j'ai fini chez les psys parce que j'étais beaucoup trop chiant, quoi. Et du coup, je pars avec les potes. Je les ai rejoints tout seuls. J'avais cinq virages à faire pour rejoindre le bas du télésiège. Là, je me suis rendu compte que ça fonctionnait quand même vraiment bien.

SPEAKER_01

Donc là, tu avais une prothèse adaptée au ski

SPEAKER_02

déjà

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

J'avais déjà ma première prothèse adaptée au ski qui n'était pas très bonne. Qui n'était pas une très bonne prothèse, mais qui m'a suffi pour commencer, pour aller faire de la poudreuse et déjà deux, trois petits sauts dès le premier jour.

SPEAKER_01

Ah

SPEAKER_02

ouais, carrément, des petits sauts. Ça a fonctionné vraiment bien, très vite. Et puis voilà, moi quand même, déjà sur un seul ski, je pourrais m'en sortir pour descendre d'en haut à en bas de la station, donc je pouvais compenser quand même pas mal un peu tout.

SPEAKER_01

Et du coup, en arrivant en bas de cette première descente, quand tu t'es rendu compte que ça passait, t'as ressenti quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'était vraiment cool, j'étais pas encore au... T'inquiète, ma... mon assurance parce que je me doutais que la prothèse n'était pas incroyable et par contre je ne savais pas ni comment ni où pour avoir à ce moment là en fait dans ma tête c'était ok maintenant ça fonctionne le ski ça va me plaire et d'ailleurs c'est à partir de cette période là que je commence à me rappeler correctement des choses donc c'est pas anodin et je me suis dit bon bah voilà maintenant il me faut juste la meilleure prothèse de ski qui existe sur cette planète et puis et puis j'aurais tout fait pour pour que ça roule et donc je me suis inscrit à une compétition parce que je savais qu'il y avait une compétition à Varse à côté du Kera du coup qui où le champion de France de slalom en titre venait à cette compète donc je le savais j'avais plus envie de le rencontrer lui que de faire la compète à la base mais au final je fais deuxième et du coup j'ai discuté avec lui et de fil en aiguille il m'a dit bah viens à la prochaine compète ça se passe là-bas et puis va à l'autre compète et puis retourne à l'autre compète et j'ai fait très vite des résultats du coup ça aussi ça m'a bien aidé les prothésistes ils se sont vite intéressés à mon cas ils ont vite vu qu'il y avait quand même des trucs intéressants je pense que j'ai déjà dû casser au moins deux ou trois prothèses de ski le premier hiver et du coup ils se sont dit qu'il allait falloir faire quelque chose de moi et donc ils ont été super super attentionnés et maintenant j'ai une prothèse qui déchire, qui ne se casse plus et dans laquelle

SPEAKER_01

je peux

SPEAKER_02

rentrer j'ai fréquemment des vidéos d'entraînement où c'est le pied de ma prothèse qui

SPEAKER_01

marche mieux que l'autre énorme et du coup le ski a fini par prendre quelle place dans ta vie au fur et à mesure que tu reprenais et quelle place est-ce qu'il a aujourd'hui et peut-être ce qui se prépare pour la

SPEAKER_02

suite pour toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Du coup, suite à ça, j'ai fait quatre ans en équipe de France. Je suis parti aux Jeux à Pékin en 2022, aux Jeux paralympiques de Pékin, où je fais deux beaux résultats en vitesse, en superjet en descente. Je suis septième. et de là j'ai tout arrêté c'était mes dernières courses je suis même pas sûr d'avoir refait un petit peu même ne serait-ce qu'un petit peu de slalom depuis mais moi ce qui me plaît vraiment c'est le ski plus plus liberté le freeride la poudreuse tout ça donc même si je refais encore un peu des compètes de freeride avec les valides maintenant c'est bien plus libre comme pratique et puis je passe vachement plus de temps à enseigner aussi à bosser comme moniteur aujourd'hui en plus de ça le Comment dire ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

La strictitude de la fédération, ça ne me convenait pas vraiment. Donc, je me lance dans des projets bien plus libres, plutôt vidéo. Comme je disais, le projet s'appelle Black Curl. L'idée, c'est d'emmener en bateau des mecs handicapés faire de la montagne. pour raccourcir et du coup les mecs en question c'est des des handis sportifs que j'ai rencontrés ces dernières années notamment sur le circuit coupe du monde je vais pas vous cacher que la plupart des mecs qui viennent du circuit donc il y a Victor Pirel qui est vice-champion du monde de slalom qui est en fauteuil lui il est paraplégique et on l'a déjà emmené faire un bon gros couloir en ski de rando on l'a tiré un peu comme des chiens de traîneau et là le projet c'est de l'emmener au Mont Blanc faire la face nord du Mont Blanc et il redescend en fauteuil ski ça ce sera fin mai et le projet qui suit du coup le bateau il devrait être prêt on a acheté un bateau avec ma chérie au mois de mai au mois d'avril qu'on a tout rénové il devrait être prêt pour début juillet et le projet c'est de partir en Norvège et du coup ce sera avec Jasper Pedersen qui est je ne sais combien de fois champion du monde et champion olympique en fauteuil pareil qui est paraplégique donc partir un peu sur le même projet mais dans les fjords norvégiens et de rejoindre tous les spots en bateau pour un projet anti-sportif qui ne pollue pas

SPEAKER_01

trop génial c'est quoi les lieux de spots en Norvège j'ai été en août pour une expo en bateau sur un bateau viking mais il n'y avait pas de neige les spots c'est un peu partout sur la côte norvégienne ou c'est le coin des Lofoten les coins comme ça bien au

SPEAKER_02

nord alors dans l'idée du coup pour financer le projet on va aussi offrir ça à des gens, des clients qui pourront venir prendre des cours de ski des cours de voile sur le bateau et en même temps aller faire de la rando puisqu'on est tous les deux moniteurs de ski avec Lulu et notamment les familles le projet là c'est que ces grandes aventures je trouve que c'est accessible un peu à une élite et l'idée là ce serait que ce soit accessible aux personnes handies et aux familles que les gens puissent venir avec les enfants puisque nous on est deux on peut faire un peu cours de ski et puis exploration avec les parents ou inversement ou voile et ski c'est multi activités pour tous le projet est loin loin de tout et du bruit

SPEAKER_01

Le bateau, il s'appelle

SPEAKER_02

comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Le Black Curl, d'où

SPEAKER_01

le nom. Ah, le Black Curl, ok. Génial.

SPEAKER_02

Le Black Curl, parce que les Curls, c'est les moutons qui emmènent le troupeau faire n'importe quoi en patois

SPEAKER_01

carassin. Ok. Génial. Ok. Tu écris ça comment, Curl

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C-U-R-L-E. C-U-R-L-E, ok. Ok, donc c'est un mix d'anglais et de carassiens.

SPEAKER_02

Super. Pour l'instant, on n'a pas encore beaucoup communiqué parce que tout n'est pas en place, mais les... les nouvelles qui arrivent arrivent à travers Instagram sur la page de Black

SPEAKER_01

Cure génial bah écoute le lien sera en description quel parcours super super inspirant de t'entendre expliquer la manière dont tu t'es remobilisé dont t'as repris en main ta vie très très très rapidement quel quand tu regardes un peu dans le rétro là depuis cet événement en particulier qui s'est passé il y a donc 2017 il y a 6-7 ans maintenant quel message est-ce que tu auras envie de faire passer à potentiellement des gens qui sont dans des phases un peu difficiles de certains projets de leur vie et qui nous écoutent sur le podcast

SPEAKER_02

moi mon leitmotiv c'est que si je fais tout ce que je peux ça finira par marcher et des fois c'est long mais ça marche voilà c'est pas plus compliqué que ça je crois j'adore je me note ça merci faire tout ce qu'on peut pour obtenir ce qu'on veut, c'est... Des fois, ça peut peut-être tourner malsain, mais moi, dans mes actes, c'est plutôt pour mon bien-être.

SPEAKER_01

Trop bien. Écoute, un grand, grand, grand merci, Manuel. C'était fascinant. Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter, du coup

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Une bonne fin de prépa du bateau

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Une bonne expé à venir

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Du kiff sur la neige cet

SPEAKER_02

hiver

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, une bonne fin de prépa du bateau. Tu fais bien d'en parler. On est un peu coincé sur le financement d'aménagement en Donc, s'il y a des pistes, on a un aménagement handi à faire pour le projet. C'est que les mecs, au moins paraplégiques, un peu sportifs, c'est vrai que si les gens ne peuvent pas bouger, ça va être compliqué de viser l'autonomie, même si le bateau sera quand même prêt pour accueillir même des tétraplégiques. L'idée, c'est qu'au moins quelqu'un de para puisse vivre à peu près autonome à bord sur plusieurs jours et nuits en mer. et du coup c'est un joli budget et ça fait partie des choses que je peux pas faire moi parce que je ne sais pas souder donc à la limite même si c'est pas des financements un mec qui est chaud de souder ça marche aussi

SPEAKER_01

parce que c'est quoi c'est vrai que j'ai pas creusé ce sujet là mais c'est quoi comme aménagement du coup que tu fais sur le bateau et il fait quelle dimension déjà peut-être pour commencer par

SPEAKER_02

ça le bateau il fait 13 mètres c'est un sun magic 44 ok Il y a trois cabines doubles et une cabine simple. Ah oui, quand même. Ça permet d'accueillir entre quatre et six personnes en plus de nous. C'est pas mal. Et du coup, la question, c'était sur l'aménagement. On dit, moi, ce que j'ai pu faire, c'est aménager en bas, avoir un toilette, une cabine à peu près accessible avec des poignées et des rambardes. Et ce qui manque et qui coûte vraiment cher, c'est le... l'espèce de grue si tu veux qui permet de monter les personnes à mobilité réduite du ponton sur le bateau et moi je tiens aussi à ce que cette grue elle puisse aller du bateau à la mer pour que les gens puissent se baigner donc ça c'est un beau budget parce que il faut que ce soit solide et un peu le même principe là ce sera plutôt un anneau mais du coup c'est les arceaux pour que ce soit solide qui font que c'est pas donné un espèce d'anneau si tu veux à l'entrée de la descente des escaliers qui descendent dans le bateau avec, pareil, un système de treuil pour pouvoir descendre les gens à l'intérieur du bateau. Et là, ils arrivent entre la salle de bain et leur cabine.

SPEAKER_01

Si il y en a qui nous écoutent, qui peuvent souder, allez-y, contactez Manuel. Qui peuvent souder ou qui sont en capacité de soutenir financièrement Black Curl, allez-y, foncez. Tous les liens sont en description pour contacter Manuel. Un grand merci une fois de plus et C'était super intéressant d'échanger avec toi. Franchement, bravo au parcours. Enfin, bravo. Chaque parcours est vraiment unique, mais c'est vrai que moi, je suis toujours très friand de rencontrer tous mes invités et des frappés, mais les parcours comme le tien, je trouve que ça résonne particulièrement parce que c'est une super leçon de vie sur comment se relancer. Donc, bravo et surtout, merci d'être venu partager tout ça au micro des

SPEAKER_02

frappés. Merci à toi. C'était vrai cool je pense que j'espère que ça va bien rendre mais pour moi c'était un de mes plus agréables interviews en tout cas c'était vraiment cool et j'étais relâché et tout bien

SPEAKER_01

comme

SPEAKER_02

il faut c'était vraiment top merci à toi et puis pareil je sais pas si je peux envoyer un message aux gens je le fais je te demande pas non du coup c'est juste n'hésitez pas à me contacter sur Instagram ou sur Facebook je sais qu'il y a des parents qui ont besoin de moi, je sais qu'il y a des gens qui sont dans ma situation et qui se demandent comment je fais pour aller dans l'eau. Par exemple, et qui ont besoin de solutions, j'en ai plein des solutions et je suis

SPEAKER_01

ouvert à tout le monde, pas de soucis. Génial, merci beaucoup Manuel, merci. Quelle belle leçon de vie. J'espère que vous avez apprécié cet échange. Si c'est le cas, pensez à partager l'épisode autour de vous. Si vous appréciez les frappés et que vous souhaitez soutenir le podcast, il y a plusieurs manières de le faire. Vous pouvez vous abonner, laisser une note ainsi qu'un commentaire sur votre plateforme d'écoute, Apple Podcast et Spotify principalement. Vous pouvez également rejoindre le groupe des Tippers. Ce sont des auditrices et auditeurs qui soutiennent financièrement le podcast à partir de 1€par mois. Le lien est en description. Et vous pouvez enfin tout simplement parler du podcast à fond autour de vous pour qu'encore plus de gens osent se lancer merci pour votre soutien je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode