SPEAKER_02

Et puis après, on commence à te parler de Jeux Olympiques. Le rêve de petite fille devient un objectif. Et puis petit à petit, il y a des étapes que tu arrives à franchir. Et même s'il y a beaucoup de petites déceptions en cours, au final, d'accéder aux Jeux, c'était vraiment réaliser un rêve de petite fille. Et puis j'y allais avec d'autres objectifs en plus, parce que tu veux toujours aller plus loin.

SPEAKER_00

Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Mathilde Andraud est une ancienne lanceuse de javelot qui a représenté la France au JO de Rio en 2016. Elle détient 5 titres de championne de France ainsi que le record actuel avec un lancé à 63,54 mètres réalisé en 2016. Dans cet épisode, on parle d'un pays qui ne se donne pas les moyens financiers de ses ambitions sportives, de jets d'engin, de pluie brésilienne et de l'importance d'apprendre la résilience excellente écoute à vous

SPEAKER_02

Moi, je suis née à

SPEAKER_00

Montpellier. Ah, t'es née à Montpellier, ok. Oui. Oui, parce que j'ai vu que dans ta carrière, à un moment donné, tu y es revenue, il me semble, dans ta carrière sportive.

SPEAKER_02

Oui, c'est-à-dire qu'il y avait un pôle d'entraînement assez spécialisé dans le Mont-Saint-Giavelo, à Bouloris, à côté de Saint-Raphaël. Enfin, c'est un lieu dit de Saint-Raphaël, là. Et du coup, je m'entraînais avec une coach là-bas, sur place, pendant 4 ans. J'ai quitté Montpellier en 2013,

SPEAKER_00

ouais. Ok. Le crêpes de Bouloris.

SPEAKER_02

Exactement, le

SPEAKER_00

crêpes de Bouloris. quelques stages mémorables là-bas dans le dojo c'est ça en plein été je me rappelle bien il y a une série de marches quelque part je sais plus exactement

SPEAKER_02

où c'est il y a des marches partout c'est construit complètement en pente donc les logements pour aller dormir c'est tout en haut et le réfectoire et les trucs d'entraînement sont tout en bas

SPEAKER_00

donc c'est oui je me rappelle plus de la disposition mais je me rappelle de ces marches horribles qui ont généré quelques vomis tu vois le matin très tôt quand on se faisait et les séries de marchands en courant enfin bon bref les bons souvenirs du sport de la torture de l'après-midi c'est ça Mathilde je suis super content de te recevoir sur le podcast merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation c'est

SPEAKER_02

génial merci à toi c'est un honneur franchement de pouvoir participer à un tel podcast moi

SPEAKER_00

je suis assez impressionnée donc ravie je suis impatient je pense qu'il y a plein de sujets enfin c'est même sûr plein de sujets très très intéressants on va pouvoir parler d'autant plus que ben voilà t'as une histoire moi qui me parle beaucoup sport de haut niveau transition aujourd'hui tu fais autre chose mais tu restes quand même extrêmement active sportive je

SPEAKER_02

pense pas qu'on

SPEAKER_00

puisse s'arrêter complètement ben ouais ça fait on va en parler mais ouais je pense que quand c'est ancré ça devient un mode de vie un mindset plus qu'une occupation mais on va parler de tout ça et puis aussi il y a un aspect aussi qui m'intéresse énormément c'est ta gestion de la blé sûr, et puis tout l'aspect résilience mentale dans un sport que je connais assez peu, mais en préparant l'épisode, finalement, je me suis rendu compte qu'il était, il semblait être méga exigeant mentalement. Donc, hâte que tu nous parles de tout ça. Mathilde, du coup, la première question, c'est tout simplement qui est Mathilde

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment est-ce que tu te présentes aujourd'hui

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je m'appelle Mathilde Andraud, je suis originaire de Montpellier, j'ai été lanceuse de javelot à un niveau national et international pendant une bonne dizaine d'années je suis aujourd'hui encore recordman de France de la discipline et j'ai participé entre autres aux Jeux Olympiques de Rio en 2016 ça c'est pour la partie ex-sportive et aujourd'hui je suis kinésithérapeute et Et depuis deux ans maintenant, parce qu'avant j'ai fait un peu de libéral, plutôt au kiné du sport, etc. Depuis deux ans maintenant, je travaille dans un centre de rééducation qui est spécialisé sur la prise en charge des personnes amputées.

SPEAKER_00

Ok, d'accord. Qui est à

SPEAKER_02

Montpellier

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Qui est juste à côté de Montpellier, au Gros-du-Roi, au bord de la mer. Au Gros-du-Roi, ok. Ok. Ah non, mais alors, attends, ça c'est fou, parce que j'avais vu que tu étais en CHU, mais je n'avais pas compris que c'était un centre spécialisé pour les amputés. Il y a de fortes chances que tu aies croisé certains de mes invités, et un en particulier qui s'appelle... Alors attends, parce que lui, son asso est basé à Albi, qui s'appelle Jérôme Bernard, et qui a une asso qui s'appelle Osmove. Je ne sais pas si ça te

SPEAKER_02

parle. Ah, on en a parlé, mais alors non, pas encore. Non. moi ça fait que deux ans que je suis dans ce milieu là on va dire mais ça me passionne donc je pense que c'est resté un bon moment donc je vais être amenée certainement

SPEAKER_00

je pense qu'il y a des chances parce qu'il est pas mal actif dans la région et justement son asso l'objectif de l'asso c'est de faciliter l'accès aux lames aux prothèses etc et à la reconstruction par le sport de personnes que lui appelle néo-amputées je sais pas si c'est un terme médical ou autre mais lui il dit néo-amputées

SPEAKER_02

oui après c'est un terme qu'on utilise de temps en temps après c'est vrai qu'il y a quand même une grosse majorité des personnes amputées qui sont en tout cas nous dans le centre on les prend en charge qui sont des personnes avec des pathologies vasculaires des pathologies enfin beaucoup de pathologies annexes qui ont entraîné en amputation c'est pas les cas d'amputation traumatique sont quand même vraiment pas les plus fréquents on va dire c'est pas ce qu'on a en plus

SPEAKER_00

ça

SPEAKER_02

représente à l'échelle nationale ça représente 30% des amputations les amputations traumatiques c'est des personnes plus jeunes c'est souvent des personnes plus sportives aussi parce qu'il y a une grosse majorité où c'est des accidents de moto et après les 70% restants c'est des séquelles du diabète notamment et c'est terrible et donc c'est des personnes plutôt plus âgées avec des pathologies plus importantes autour comme le diabète, du surpoids une artériopathie, des choses comme ça mais le sport est tout aussi important donc voilà activité

SPEAKER_00

physique en tout cas est tout aussi importante ouais d'accord bah écoute intéressant mais peut-être que vous croiserez un jour avec Jérôme et Osmove ouais ok donc tu disais grosse carrière sportive t'as été sportive de niveau pendant une dizaine d'années aujourd'hui un peu plus comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

un peu plus

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

un peu plus ouais bah justement ça comment est-ce que tu t'es comment est-ce que t'as découvert le javelot et à quel moment est-ce que c'est devenu en

SPEAKER_02

activité principale alors moi j'ai été très très sportive dès petite il a fallu me canaliser un peu alors mon hyperactif tout ça on ne disait pas tellement de ma génération j'ai 34 ans en fait et du coup j'ai fait sport et tube gymnastique quand j'étais au collège j'ai commencé à l'école déjà je faisais une dizaine d'heures d'entraînement par semaine ensuite au collège je faisais une vingtaine d'heures d'entraînement par semaine gymnastique artistique les agréés par Poutre Solso et puis mes parents étaient un peu grands donc quand j'avais fait des tests pour entrer dans des centres d'entraînement où vraiment on parlait de grosses quantités d'entraînement parce que 20h par semaine en fait en gymnastique c'est pas beaucoup c'est plus 40h en général dans les grands centres comme dans notre région à nous Marseille enfin dans notre région c'est pas ma région enfin voilà dans le sud quoi et mon père fait presque 1m90 ma mère 1m70 donc on m'avait dit vous êtes mignonne mais changez de sport et du coup au lycée au collège j'étais pas très grande, je faisais 1m55 en 3ème mais j'étais déjà un peu grande par rapport aux autres et j'ai commencé l'athlétisme par le saut à la perche parce que j'avais un de mes entraîneurs de gym qui m'a fait découvrir le saut à la perche avec un groupe d'entraînement génial à Montpellier et là j'ai découvert le soleil s'entraîner dehors respirer l'air pur j'ai J'ai joué ma première compétition d'athlétisme. Alors, à la gym, il fallait se ranger par ordre de taille. On changeait d'agré sur la musique. C'était quelque chose de très, très strict. Les heures d'échauffement, le nombre de minutes d'échauffement étaient comptées. Enfin, c'était... Voilà. Je suis arrivée sur ma première compétition d'athlète parce qu'évidemment, avec un passif de gym, j'avais un peu des facilités, on va dire, pour le sol à perdre. J'avais des bons repères dans l'espace, tout ça. Donc, on m'a proposé tout de suite de faire des petites compétitions en benjamin, même à l'époque, au minimum. Je ne sais plus. J'avais un an d'avance. Alors, je devais 13-14 ans peut-être et j'ai adoré ça la liberté d'arriver quand on veut sur le stade d'aller s'échauffer quand on veut on arrive on nous dit à 9h30 t'as les haies à 13h30 t'as la perche à 15h t'as le lancer de javelot et entre temps tu fais ce que tu veux t'es au soleil dehors c'est trop bien donc voilà j'ai découvert l'athlète comme ça et il se trouve que j'ai été aussi assez douée pour le lancer de javelot au départ ce qui n'était pas du tout une vocation moi j'ai plutôt enfin j'ai une famille de sportifs mais mon père a fait plutôt du rugby mon frère du rugby mon grand-père du côté de ma maman a fait beaucoup de chasse sous-marine mais je connaissais pas du tout le lancer de javelot pas du tout ça m'attirait pas honnêtement au départ j'avais un peu une image de truc de bourrin voilà non mais pour être honnête et puis en fait quand t'as des facilités tu lances un peu loin donc tu rencontres des coachs passionnés j'ai fait à après petit à petit des stages nationaux, là j'ai rencontré vraiment des coachs mordus de ça, qui ont commencé à me parler un peu biomécanique, et ça m'a plu parce que c'est un geste, comme tu l'as dit, qui est assez technique, assez exigeant, c'est de la puissance et de l'explosivité, donc c'est un mix entre la force et la vitesse, et selon les techniques choisies, selon les capacités physiques aussi, enfin les qualités physiques aussi des lanceurs, on va plus opter sur la force ou plus opter sur la vitesse, donc une lanceuse cubaine qui faisait trois pas d'élan une mine ça me plaisait pas par contre le côté élastique et explosif de notamment alors qu'on mène du monde qui est tchèque ou il y avait une russe à l'époque que j'aimais bien voir lancer mais elle était choupée pour dopage donc je l'aime beaucoup moins du coup mais voilà c'est vrai que ça a commencé à me plaire parce que c'est quelque chose d'élastique c'est assez impressionnant et c'est très joli en fait gestuellement le lancer enfin joli ça a quelque chose d'esthétique quoi comme le saut à la perche moi ça me plaisait bien ça me rappelait la gym enfin t'as envie de mettre les pointes de pied quand t'es en l'air et ben javelot c'est quelque chose de très élégant tu remarqueras que souvent sur les photos des affiches d'athlétisme même quand c'est des épreuves combinées qu'on présente etc c'est souvent une photo pendant le lancer de javelot qui est mise parce que c'est assez élégant comme chasse donc voilà et puis après de rencontre en rencontre t'as des coachs qui te disent quand même il y a des compétitions intéressantes à faire alors tu fais les championnats d'Europe junior les mondes junior et puis les championnats d'Europe espoir et puis après on commence à te parler de jeux olympiques et donc ça devient le rêve de petite fille devient un objectif et puis petit à petit il y a des étapes que t'arrives à franchir et même s'il y a beaucoup de petites déceptions en cours au final d'accéder aux jeux c'était vraiment réaliser un rêve de petite fille et puis j'y allais avec d'autres objectifs en plus parce que tu veux toujours aller plus loin que juste participer et Donc ouais, c'est une super expérience et c'est vraiment une discipline que j'ai appris à aimer et que j'aime beaucoup et j'adore changer un peu les préjugés des gens à ce sujet-là parce que c'est énormément d'explosivité, énormément d'élasticité, donc c'est très complet en termes de préparation physique et c'est un peu de répétition où on lance des trucs contre un mur, mais c'est sympa.

SPEAKER_00

du coup les spécificités du sport est-ce que tu peux peut-être nous en parler sans trop rentrer dans les détails les javelots, parce que j'ai découvert qu'à une époque

SPEAKER_02

le déplacement du

SPEAKER_00

centre de gravité exactement on arrivait à lancer des javelots à plus de 100 mètres et ça devenait trop compliqué pour l'organisation des compétitions parce qu'il n'y avait pas de longueur

SPEAKER_02

suffisante le record du monde historique c'est 104 mètres quelque chose c'est une performance et je me rappelle plus le nom du gars c'est nul je me rappelle plus bon c'est un mec de l'Est et du coup c'était dangereux parce qu'en fait sur un stade la configuration très souvent le lancer de javelot il est à l'autre bout du stade par rapport soit au saut en hauteur soit au saut à la perche donc si le javelot il commence à venir se planter dans le tapis de hauteur ça craint du coup c'était des javelots qu'on appelle enfin aujourd'hui on les appelle des javelots planeurs le centre de gravité était vraiment en plein milieu, c'est des engins il faut savoir pour un homme c'est 800 grammes pour une femme c'est 600 grammes on dit engins, j'ai encore dit engins tout le monde rigole

SPEAKER_01

autour c'est le terme

SPEAKER_02

voilà c'est le terme et du coup ça fait 2m60 de long pour un javelot masculin et 2m40 de long pour un javelot féminin enfin c'est environ ce que je te donne et du coup c'est vrai que quand ça prend bien le vent, ça plane un peu et comme le centre de gravité est en plein milieu ça avait tendance à dès qu'il y avait une petite rafale vraiment planer beaucoup et donc on a déplacé le centre de gravité un peu vers l'avant pour que les javelots soient devenus piqueurs mais bon le record du monde actuel encore aujourd'hui qui est détenu aussi par un tchèque c'est 98-48 donc on est quand même pas loin des 100 mètres de l'autre bout du

SPEAKER_00

stade wow ok et donc à partir du moment où c'est à dire les 800 grammes pour les hommes 600 grammes pour les femmes c'est ce que le javelot doit faire absolument ou c'est le minimum Il y a une petite

SPEAKER_02

fourchette. Il y a une toute petite fourchette, mais qui est de... C'est souvent entre 605 et 615, je crois, ou 620. Vraiment, la fourchette est petite. La disposition aussi du centre de gravité sur la longueur, elle est à quelques millimètres près. Donc les jablots, avant d'être officiellement acceptés dans un concours, ils sont pesés, mesurés, et on évalue la position du centre de gravité. Et ensuite, ils sont acceptés dans le concours par par les juges donc ouais il y a quand même des c'est très strict quoi tu peux pas choisir ce que tu veux comme matière tu peux pas choisir ce que tu veux même pour la poignée c'est à dire l'endroit où tu tiens il faut pas que ce soit mouillé il faut pas que ce soit

SPEAKER_00

il y a plein de voilà d'accord et le matériau c'est quoi c'est du carbone c'est un

SPEAKER_02

alliage ouais c'est carbone et aluminium ça dépend la dureté varie en fonction aussi des choix on va dire des athlètes par rapport aux conditions de vent, par rapport à leur manière de lancer aussi. Il y a des gens qui lancent très à plat, donc qui adorent lancer avec un petit vent de face ou même un fort vent de face. Quand on arrive à lancer très à plat avec un fort vent de face, c'est comme quand un avion décolle. Il décolle plutôt face au vent, un avion, pour avoir la portance. Moi, j'avais plutôt un défaut. J'avais tendance à lancer un peu trop haut, donc j'aimais bien plutôt le vent de dos parce que le vent de face ne me faisait pas trop de cadeaux. Après, il y a des gens aussi qui arrivent à s'adapter à chaque vent pour gérer l'angulation de leur lancer ça parle du très très haut niveau mais en général plus le javelot est rigide moins il est déformable donc plus il peut subir des conditions de vent un peu difficiles donc en général c'est beaucoup de carbone et après plus il est souple et plus le centre de gravité est on va dire proche du milieu plus on arrive à lancer à plat et à profiter d'un vent de face mais ces javelots là, du coup, aussi, qui sont hyper intéressants à lancer, c'est difficile de le lancer techniquement, parce que si, pour le coup, ton angle d'envol n'est pas bon, le javelot ne va pas se planter sur la pointe, il va se planter sur la queue, on dit, donc plutôt à l'envers, et ça abîme un javelot très vite, et donc, notamment dans les petites compétitions, c'est un peu rageant quand les filles veulent lancer

SPEAKER_00

les javelots et les massacrent. Voilà. Parce que, du coup, au niveau auquel tu étais, c'est-à-dire au plus haut niveau, on équipe de France, une lanceuse a combien de... T'as tes javelots à toi ou tu partages avec tout le monde

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors t'as forcément un fourreau de javelots d'entraînement on va dire parce que à l'entraînement tu fais des séances entre on va dire une centaine de jets alors ça peut aller à beaucoup plus de sang pour certaines phases de préparation, à beaucoup moins de sang pour d'autres, ça dépend vraiment des profits des lanceurs mais donc il faut avoir 5 à 10 javelots de qualité mais de de qualité d'entraînement comme je te disais il y a tellement de modèles différents que si tu veux t'entraîner à lancer des javelots où il faut vraiment être précis dans l'angle d'envol évidemment qu'il faut des javelots de qualité à l'entraînement et ça coûte assez cher c'est entre 800 et 1200 euros le javelot et il y a des javelots d'entraînement bien moins cher que ça mais qui du coup ne te permettent pas forcément de travailler avec des javelots de cette qualité là et ensuite quand tu arrives en compétition à partir du moment où le juge a pesé mesuré validé ton javelot il est accessible à toutes les filles de la compétition c'est pas personnel ah oui ce qui est à la fois normal mais ce qui est à la fois frustrant parce que c'est vrai que notamment dans les compétitions en France le niveau est pas tellement homogène et dans des championnats départementaux, régionaux, interrégionaux ça arrivait que que les filles abîment un peu les javelins mais bon elles y sont pour rien personne ne le fait exprès tu vois mais à 1000 euros le

SPEAKER_00

javelin c'est frustrant mais attends mais c'est énorme ça donc t'arrives avec tes javelins moi je pensais que t'allais me dire que finalement ils étaient sur mesure tu vois à toi tu les connais au Grand Prix et en fait une fois que tu l'as pesé une concurrente peut te le prendre

SPEAKER_02

voilà et même dans les compétitions internationales c'est-à-dire par exemple les championnats d'Europe les Jeux Olympiques il n'y a pas une liste exhaustive de javelots il y en a une vingtaine qui sont présents dans les concours sur les listes internationales c'est grand max il y a deux grosses marques qui se concurrencent sur la fabrication c'est Nordic et Nemeth et Il y a Polanyk aussi, mais qui fait un peu moins de cette qualité-là, même s'ils sont en train de se développer là-dessus. Il y a certainement aussi des Polanyk. Mais il y a une liste, et si ton javelot que tu amènes pour être pesé fait déjà partie des javelots engagés sur cette liste, ils ne te le prennent même pas. Si la compétition fournit un émette 75, je ne vais même pas amener le mien pour le faire peser parce qu'ils ne vont pas me le prendre. D'accord. C'est vrai qu'en France, il y a très peu de compétitions qui fournissent des javelots, donc c'était toujours à nous d'amener nos bons javelots.

SPEAKER_00

ok alors là du coup tu réponds c'était pas vraiment une question que j'avais parce que j'avais pas vraiment percuté mais sur wikipédia en fait tu tapes lancé de javeau sur wikipédia il y a une photo d'une lanceuse danoise et elle a un javelot aux couleurs, alors c'est Allemagne ou Belgique et j'étais passé dessus en me disant ok, chelou, bizarre qu'elle ait d'autres couleurs mais j'imagine que c'est la raison

SPEAKER_02

du coup les couleurs des javelots elles sont standards les némètes ça fait 3 ans que j'ai arrêté la compétition alors si ça se trouve il y a vraiment des choses qui évoluent là-dessus que j'ai pas forcément entendu parler mais les némètes sont violets et la pointe la queue du coup l'extrémité pas celle qui se plante dans la terre elle est souvent bicolore mais c'est vraiment des modèles standards, c'est-à-dire que les millimètres 75 sont tous violets, jaunes, rouges.

SPEAKER_00

D'accord, ok. Ah oui, ça doit être du violet, alors la partie principale, jaune et rouge. Ok, d'accord. C'est moi qui... Ok, ok. C'est plus subtil que ce que je savais.

SPEAKER_02

Ça évite quand même pas mal de risques de tricherie.

SPEAKER_01

Tu vois

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Parce

SPEAKER_02

que quand t'arrives au jeu, souvent, le CNO, il a fourni à peu près tous les... Je sais pas si c'est le CNO tous les modèles de javelot les plus utilisés donc personne n'arrive avec son javelot perso et lance son javelot

SPEAKER_01

perso

SPEAKER_02

donc c'est plutôt bien ça équilibre les champs le règlement est plus strict c'est juste dans des petites compétitions où c'est assez frustrant parce que c'est pas évident de s'acheter un javelot c'est pas évident d'avoir les moyens de le faire c'est pas évident d'avoir des aides pour le faire si on peut avoir des aides et ça s'abîme très vite ouais

SPEAKER_00

La durée de vie d'un javelot, pour finir sur l'aspect technique, c'est combien de lancers à peu

SPEAKER_02

près

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est assez difficile à dire. Ça dépend évidemment de s'il prend des chocs. Je te disais à l'entraînement, on peut avoir des fourreaux d'une dizaine de javelots. Tu vas lancer plutôt en premier ceux que tu aimes le moins et en dernier ceux que tu aimes le plus parce que ça peut arriver qu'ils se tombent l'un sur l'autre et à ce moment-là, il y a des petites encoches qui se font sur le métal et ces petites encoches à terme avec les vibrations en l'air, un javelot en l'air ça tourne sur soi-même qu'est-ce que j'ai comme... souvent en fait il y a des modèles de javelots qui sont torsadés le dessin est torsadé et quand tu les lances tu vois que ça tourne, c'est super joli mais du coup ça crée aussi des vibrations des vibrations et des rotations qui font que la moindre petite encorche à terme elle abîme et puis le javelot il perd un peu de gramme et s'il perd un peu de gramme il est plus accepté en compète et ainsi de suite mais une durée de vie exacte je saurais pas dire il y en a qui repeignent les javes qui remettent un petit coup de spray sur la pointe pour recolorer de la même couleur pour récupérer quelques grammes c'est pas considéré comme la triche à partir du moment où le centre de gravité et le poids est toujours bon il y a aucun souci mais quand t'aimes un jave t'as envie de continuer à le lancer c'est certainement psychologique après parce que c'est parce qu'après tu le prends pas avec toi au jeu mais il y a des attaches comme ça où ça arrive de garder le javelot plusieurs années mais d'y faire très attention tu peux pas les lancer tous les jours à l'entraînement et espérer les garder

SPEAKER_00

plusieurs

SPEAKER_02

années t'as gardé tes javelots des jeux

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

alors au jeu du coup je te disais j'ai pas lancé mon java moi et puis j'ai très mal lancé au jeu donc j'avais surtout pas envie de garder mon java j'ai j'ai Le javelot avec lequel j'ai battu le record de France, c'était un javelot qui était à moi. Je m'entraînais à Bouloris à l'époque et il faisait partie de mon four à Bouloris. Et quand j'ai quitté Bouloris, il est resté là-bas. Donc, ça a été un peu difficile à accepter. Non, voilà. Mais c'est un 1m75. Enfin, moi, mon javelot préféré, du coup, c'est celui-là. Mais ce qui ne veut pas dire que ce soit le meilleur javelot. C'est mon javelot

SPEAKER_00

préféré à moi. Écoute, merci pour ces précisions techniques. C'est quand même beaucoup plus clair du coup maintenant et comme plein de choses en fait quand tu connais pas un sujet tu te dis ouais c'est juste lancer un jableau quoi tu vois mais en fait non il y a plein de subtilités des histoires

SPEAKER_02

de de de conditions

SPEAKER_00

de vent de sens de gravité etc tu vois enfin techniquement c'est évidemment bien plus pointu que ce que ça en a l'air quand tu connais pas le

SPEAKER_02

sujet donc il faut s'imaginer il faut s'imaginer vraiment

SPEAKER_00

que

SPEAKER_02

On fait beaucoup de préparation physique, on fait beaucoup de musculation notamment, mais parce qu'il faut réussir à transférer ta vitesse horizontale quand tu cours à ton bras quand tu lances. Et pour ça, il faut que ton dernier appui, le moment où tu vas transférer cette vitesse de course à ton bras, tu vas y agiter aussi ta vitesse de bras, il faut être le moins déformable possible. Et il faut s'arrêter avant la ligne. Pour être indéformable, déformable et s'arrêter avant la ligne et avoir une transmission de force maximale avec le moins de pertes possibles, il faut que ton corps soit le moins déformable possible. Et pour ça, forcément, en termes de force musculaire dans le bas du corps et de gainage et d'élasticité dans le haut du corps pour permettre un chemin d'accélération maximal à ton engin, tout ça, ça fait beaucoup de paramètres à

SPEAKER_01

travailler.

SPEAKER_02

Mais au bout de ta main, après, tu as un engin qui fait 2,40 m à 2,60 m et 600 et 800 grammes. Donc, en fait, c'est comme si tu construis, tu es dans dans ton stade de rugby tu construis ton avion en papier parfait et tu te dis je vais le lancer sur la ligne médiale et tu mets un gros coup de bras et là le truc il te tombe à deux mètres devant toi parce que t'as pris la rafale devant au mauvais moment ou t'as pris le mauvais angle d'envol en gros c'est un peu ça quoi il y a des moments où tu fais des lancers tu te dis punaise si j'avais eu une balle de 600 grammes elle serait partie à cuse mais l'espèce de truc il a fait un geste pourri en l'air et il s'est planté

SPEAKER_00

qu'à l'arrache voilà parce que la météo comment est-ce que la météo est prise en compte par... Elle

SPEAKER_02

ne

SPEAKER_00

l'est pas. Elle ne l'est pas du tout, jamais.

SPEAKER_02

Il y a les deux seules disciplines en athlétisme où le vent a une très grosse influence sur les performances et n'est pas mesuré, c'est le lancer de javelot et le lancer de disque.

SPEAKER_01

Bon,

SPEAKER_02

parce que pour le poids qui fait 7 kg pour les mecs et 4 pour les filles, et pour le marteau qui fait pareil 7 et 4, le vent n'a pas une grande influence. Mais voilà, pour toutes les disciplines de course et de saut, l'anémomètre mesure et valide ou non les conditions de vent pour un record. Mais pour le javelot, non. Et la perche, il n'y a pas d'anémomètre parce qu'en fait, le vent n'aide pas à la perche. Quand je dis, vraiment, le vent a une influence positive sur la perche. Parce qu'à la perche, quand tu cours avec ta perche qui fait 4 mètres de long et que tu as du vent... c'est très galère de courir. Là non plus, le vent n'est pas mesuré officiellement dans les records, mais par contre, il n'a pas une influence très positive. Alors qu'au jave et au disque, il peut avoir une influence très positive et très

SPEAKER_00

négative. Fascinant tout ça. Tu nous disais avec beaucoup d'humilité, très modestement, que tu as eu des débuts. La façon dont tu l'expliquais, j'ai l'impression que les choses se sont mises en place. Il n'y avait pas vraiment de... plan initialement, tu as touché à plein de sports différents, puis le javelot a pris de plus en plus de place puis on t'a encouragé à monter les échelons des compétitions jusqu'à ce qu'à un moment donné on commence à te parler des jeux est-ce que dans un coin de ta tête finalement tu vois la jeune femme ou encore adolescente peut-être même qui se met à faire 20-30 heures d'entraînement par semaine, est-ce que tu l'as dans un coin de ta tête est-ce que tu te disais un jour aller au jeu en javelot ça serait incroyable ou est-ce que quand on a parlé la première fois ça a été un peu t'as pas bien compris ce qu'on me disait tu vois tu disais

SPEAKER_02

non mais pourquoi il me parle de ça à moi ça s'est passé comment c'est je peux pas dire que

SPEAKER_00

j'ai pensé au jeu en javelot

SPEAKER_02

Très tôt. Évidemment, je suivais les Jeux Olympiques à la télé. J'ai des souvenirs d'avoir vu des performances, notamment à Sydney, où je me disais que les Jeux Olympiques, quand tu fais du sport, c'est un événement qui met des étoiles dans les yeux. Tout de suite, tu te dis... Ça fait rêver, quoi. Mais même en 2000, même à Athènes, je me disais pas, ouais, moi aussi, je veux y aller, parce que... Ça me paraissait très loin, 60 mètres, ça me paraissait... Il y a eu très peu de Françaises qualifiées en grand championnat. La dernière Française qualifiée en grand championnat, donc grand championnat, c'est-à-dire championnat d'Europe, du monde, aux Jeux Olympiques, c'était en 2003, avant moi. Donc, si tu veux, entre 2003 et 2016, je me suis identifiée à personne à la télé en me disant« Ah si, elle a réussi, pourquoi pas moi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

» C'était plus... Bon, apparemment, en France, on n'est pas très bons. et donc après c'est devenu un objectif C'est vrai que j'ai rencontré notamment un entraîneur allemand et qui entraînait une lanceuse allemande qui est devenue aussi aujourd'hui une amie, Christina Obergefell, qui a un record à plus de 70 mètres au jablot. En discutant avec lui, en ayant son regard à lui sur ma manière de lancer et mes qualités physiques, me dire bien sûr que tu peux faire plus de 60 mètres, donc c'était des catégories un peu plus jeunes, en ayant justement des coachs comme ça, passionnés, donc à un moment entraîneur de Saint-Raphaël s'appelait Magali Brissot son mari David a fait les Jeux Olympiques d'Athènes en 2004 donc c'est palpable quand ça devient comme ça palpable ça devient des objectifs mais c'est devenu pour moi un objectif palpable en 2012

SPEAKER_01

Voilà.

SPEAKER_02

En 2012, il y avait les Jeux de Londres. Ils avaient fait pour Londres des minima espoir, c'est-à-dire qu'en athlétisme, les catégories, c'est un peu comme dans tous les sports. Benjamin, minime, cadet, junior, espoir. Espoir, c'est entre 19 et 22 ans, donc c'est moins de 23 ans. c'est une catégorie qui dure 3 ans et c'est vrai que le lancé donc les disciplines de lancé en général font un peu partie des disciplines qu'on appelle la maturité tardive, le marathon les disciplines de long notamment aussi et du coup on espère les minimas internationaux seniors ils te paraissent un peu durs quoi et donc ils avaient fait des minimas à espoir, bref c'était 59 mètres et j'ai pas du tout fait 50 mètres j'ai fait 57 et quelques mais j'étais pas loin c'était 2012 vraiment je m'étais dit ah ouais punaise se faire une expérience à Londres ce serait pas si inaccessible que ça quoi et donc après j'ai eu mon diplôme de kiné à l'école de Nice je suis allée m'installer sur Saint Raphaël pour m'entraîner j'ai et là vraiment l'objectif c'était les Jeux de 2016 quoi

SPEAKER_00

Donc à partir de 2012, on va dire. Voilà, à partir

SPEAKER_02

de 2012, ouais.

SPEAKER_00

La première fois que tu es devenue championne de

SPEAKER_02

France

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, après j'avais... Oui, en senior, ouais. Enfin, en élite, non, enfin, comment dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, j'étais pas senior, mais c'était en catégorie élite. Oui, c'est vrai que 2012,

SPEAKER_00

c'est ma première année championne de France. D'ailleurs, titre que tu as remporté tous les ans jusqu'au Jeu de Rio. C'est ça, sans interruption

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

2012, 13, 14, 15, 16.

SPEAKER_02

Boum. Ouais. Ben ouais, mais tu vois... 2012 Londres Londres minima 59 j'étais assez loin c'était une frustration mais ça a été aussi une carotte quoi vraiment de me dire c'était pas si loin ça devient impalpable 2013 2013 c'était les mondiaux de Moscou bon là là les minima étaient un peu loin c'était compliqué c'était l'année où je devais avoir mon diplôme de kiné il y avait aussi les championnats d'Europe espoir donc mon objectif de la saison c'était plutôt les championnats d'Europe espoir mais je gagne les championnats championnat de France, je fais les championnats d'Europe Espoir. Après, 2014, championnat d'Europe à Zurich. Là, je me dis, en début de saison, avec ma coach, on construisait les objectifs ensemble, évidemment. Là, c'était vraiment l'objectif, de dire, OK, un premier pas en grand championnat senior, puisque j'avais fait des championnats seniors, enfin, des championnats avec l'équipe de France A, je veux dire, c'est les championnats d'Europe par équipe, les Coupes d'Europe hivernales, où on s'en sortait plutôt bien on avait une équipe de France plutôt homogène et c'était assez génial de faire des concours comme ça internationaux où tu te compares à vraiment des filles de niveau podium international donc mon premier championnat d'Europe c'était en 2010 et donc en 2014 je gagne le championnat de France je fais 59m80 pour jurer que les minimas c'était 60m enfin les minimas français et j'ai pas eu ma chance 2015, les championnats du monde, les minimas, c'est 61 mètres. Je gagne le championnat de France, je fais 60 mètres 60, 60 mètres 40. Et je n'ai pas eu ma chance. Et du coup... oui j'ai été championne de France 5 fois de suite mais moi non plus pour toutes les filles derrière ou toutes les jeunes filles qui commencent le jave moi non plus j'ai pas à représenter quoi que ce soit dans le fait que ce soit possible ça reste quand même très frustrant oui t'as été championne de France mais t'as aucune visibilité donc c'est très difficile de trouver des partenaires c'est très difficile de trouver des sponsors c'est très difficile d'avoir les moyens de te consacrer à ton sport pendant encore 2 ans pour essayer de faire les Jeux voilà beaucoup

SPEAKER_00

de frustration là dessus ok j'avais vu donc les championnats du monde de Pékin c'était quelle année tu

SPEAKER_02

disais

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

les mondiaux de Pékin est-ce que c'est parce que les JO de Pékin c'était 2008 je suis pas sûre que les mondiaux de Pékin ce soit pas 2013 il me semble c'était Moscou c'est 2015 tu crois Pékin c'est peut-être 2015 Pékin

SPEAKER_00

d'accord parce que j'avais vu que t'avais pas été qualifié pour 40 cm et en fait là avec les chiffres que t'as donné à chaque fois ça se jouait à ça, en fait, 20 centimètres, 40

SPEAKER_02

centimètres

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ce qui est frustrant, c'est que, voilà, c'est des choix fédéraux, c'est-à-dire que les minimas français, ils sont toujours un peu plus hauts que les minimas internationaux, donc c'est pas parce que t'es invité par la fédération internationale que ta fédération, elle te qualifie. Et je trouve, personnellement, et puis aujourd'hui, je fais plus partie de la fédé, j'ai plus besoin de dire que je... Je suis pas d'accord avec ça. Je trouve que c'est très dommage de pas donner la chance à un athlète, une athlète, de représenter son pays et de se faire une expérience, parce qu'une carrière, ça se construit, une expérience internationale ça se construit et ça veut pas dire envoyer des touristes, ça veut pas dire ça veut pas dire baisser le niveau d'exigence, ça veut dire quand t'as des disciplines notamment comme la nôtre où c'est vrai que depuis 2003 y'a pas de sélectionnés international et que t'as quelqu'un qui est pas loin punaise donne-lui sa chance quoi et je suis très contente de voir que, enfin très contente et très et je sais pas si que contente mais très contente, pour les Jeux de Paris cette année ils ont rajouté une clause dans les modes de sélection et cette clause c'est que seront prioritaires à la sélection les athlètes qui sont champions de France de leur discipline et qui sont avec leur performance dans les 32 meilleurs mondiaux

SPEAKER_00

D'accord.

SPEAKER_02

Et pour te donner une idée, être dans les 32 meilleurs mondiaux, c'est parce que la fédération internationale, systématiquement, pour les Jeux, invite 32 personnes. Il y a deux concours de qualifs à 16 personnes, quels que soient les concours. Donc, les concours, c'est les sauts et les lancers. Les cours, c'est encore un peu différent. Il y aura encore plus de monde invité. Mais dans les 32, l'année dernière, pour faire dans les 32, il fallait faire un peu moins de 61 mètres au javelot. Donc, c'est accessible, quoi. Ça veut dire que la française championne de France cette année, très... potentiellement, elle va aller représenter son pays aux Jeux Olympiques. Et je trouve que ça devrait être une clause qui reste pour tous les grands championnats, parce qu'il faut qu'on ait des représentants, il faut qu'on ait, du coup, des têtes d'affiches. Pas des têtes d'affiches, mais évidemment que si elle y va et si elle ne fait pas une grosse performance, elle ne sera pas tête d'affiche, mais elle sera soutenue dans sa ville, dans sa région, dans son département, pour se préparer aux Jeux de Los Angeles en 2028. Et tout ça, ça construit une carrière et et c'est important voilà

SPEAKER_00

Bien d'accord avec toi. On se forge à travers les expériences et donc c'est sûr que plus t'as la possibilité de vivre des épreuves, des compétitions, etc. où t'as de la gestion d'enjeux, la gestion de la préparation, la confrontation avec les adversaires, j'imagine que c'est là où t'engranges le plus. Ouais,

SPEAKER_02

voilà, c'est ça. C'est vraiment, je pense que il y a des détracteurs qui vont dire« Oui, mais on en voit des touristes, on en voit des gens qui ne sont pas médaillés.» Ben ouais, mais en fait, un grand championnat, moi je suis arrivée aux Jeux Olympiques à Rio, déjà le stade de compétition était à presque 2 heures de bus du village olympique donc quand tu pars pour ta compète tu restes pas mal assis ton cul dans le bus ensuite t'arrives sur le stade le terrain d'entraînement est à une demi-heure de navette tu sais que tu vas t'échauffer ensuite tu vas faire une demi-heure de navette ensuite t'as 45 minutes de chambre d'appel sous les gradins donc 45 minutes plus 30 minutes Ça veut dire que tu t'échauffes un peu plus de deux heures avant ton épreuve. Et toute la difficulté, c'est de trouver le protocole d'échauffement qui te convient à toi pour conserver un maximum d'influx nerveux tout en restant échauffé, tout en gérant le stress, le bruit. le fait qu'en plus il a plu donc le concours d'avant nous a été interrompu pendant 30 minutes donc à ces 45 minutes de chambre d'appel tu rajoutes 30 minutes d'attente et enfin tout ça c'est des choses où je voyais des filles qui restaient assises je voyais des filles qui faisaient de la visualisation je voyais des filles qui faisaient du lancer de balles contre un mur je voyais des filles avec un élastique et moi et ben j'avoue je savais pas trop quoi faire quoi je savais pas ce qui me correspondait et je pense que ça se construit ça se construit de savoir ce qui te correspond pour rester c'était chaud pour garder ton influx nerveux, pour tout ça. Donc ouais, je suis arrivée sur le stade, j'avais 3G, et j'ai fait 56m80, et c'était mon record en espoir. C'était pas bien. J'avais plus d'influx nerveux. Moi, mon problème au jeu, ça a été vraiment la gestion de ce temps d'attente énorme, et ce manque d'expérience pour me connaître dans ce temps d'attente énorme.

UNKNOWN

Voilà.

SPEAKER_00

super intéressant j'avais vu donc tu le disais en intro alors je sais plus en quelle année t'as établi ce record 63m54 2016 ah ouais donc l'année des jeux en plus t'as fait

SPEAKER_02

ça et ouais j'arrive alors ça faisait 2014 minima 60m 59.80 championne de France tu restes à la maison 2015 minima 61m 60m60 championne de France tu restes à la maison et j'arrive en 2016 et c'était au mois d'août je crois en plus au mois d'août 2015 qui sort les minimas pour les Jeux et là ils disent minima international 62 mètres donc déjà un mètre de plus que pour les championnats du monde l'année d'avant et minima français 62 mètres 50 record de France de l'époque 62 mètres 50 donc là je me dis là je me dis ah ok bon bah écoute c'est pas grave là j'ai dit à ma coach écoute voilà ça fait deux ans que j'ai mon diplôme de kiné deux ans que financièrement sans l'aide de mes parents sans les petits coups de main de mon frère quand je l'appelais en SOS sans enfin je m'en sortais pas quoi enfin Franchement, c'était galère. Et heureusement que j'ai eu des parents qui croyaient en moi et qui ont pu m'aider aussi. Et puis une coach comme Magali, qui était passionnée, qui était mordue et qui travaillait pour la FEDE, donc que je ne payais pas. Ça a été énormément de petites choses qui ont fait que j'ai eu de la chance et que j'ai pu continuer à m'entraîner encore en 2016. Mais quand je bats le record de France, c'est vrai que ça a été aussi un espèce de... de bout du tunnel et je pense que c'est pareil nerveusement même si je mourrais d'envie d'aller au jeu à la fin de la saison j'ai fait l'inima la troisième compète le 21 mai les jeux c'était je sais plus mi-août j'ai dû lancer le 16 et le 18 août c'était loin et nerveusement je pense que j'étais épuisée moi je l'interprète comme ça aujourd'hui après la vérité j'ai pas mais ça a été le bout d'une quête J'ai enfin fait les minima. Alors que ça devrait être une passerelle, ça devrait être une étape facile. Maintenant que j'ai fait les championnats d'Europe, maintenant que j'ai fait les championnats du monde, maintenant que les partenaires locaux me suivent, me croient en moi pour les Jeux, c'est plus facile. Tu t'enlèves une charge mentale de comment je vais payer mon loyer, payer mes courses. Voilà. ça

SPEAKER_00

déclenche plein de questions ça fait quand même plusieurs fois que tu l'évoques et je pense que c'est de plus en plus clair en tout cas s'il y en a qui écoutent le podcast depuis un moment j'ai régulièrement des sportifs de haut niveau mais aussi des gens qui sont pas nécessairement sur des listes ministérielles puisque c'est ça être sportif de haut niveau c'est avoir un numéro de sportif de haut niveau mais des gens qui sont sportifs professionnels on va dire en tout cas qui essaient de l'être et le sujet de l'accès au fond du... tout simplement de l'argent en fait en France dans le sport ça revient quand même régulièrement tu vois moi j'ai des invités qui ont complètement arrêté qui étaient parmi les meilleurs dans leur discipline en triathlon notamment et qui ont arrêté alors que c'était des espoirs français parce que en fait juste ils pouvaient plus quoi il y

SPEAKER_02

avait plus d'argent je trouve ça je trouve ça dur parce que parce qu'on a on a une passion pour le sport on accueille les Jeux Olympiques les gens qui regardent l'année dernière c'était les mondiaux d'athlètes mais moi les gens autour de moi qui me disaient qu'est-ce que c'est ces résultats de merde, j'avais envie de leur dire mais les gars ils ont pas les moyens même les mecs qu'on voit à la télé participer au championnat du monde il y en a quelques-uns évidemment qui sont médaillés, qui sont recordman du monde qui gagnent leur vie très correctement et heureusement mais en athlétisme en France notamment, je parle que de ce que je connais et puis c'est pas pour juger pour dire qu'on fait pas bien et qu'il faudrait faire autrement mais je pense qu'il y a des choses à faire en catégorie jeune on est bon dans les bilans au championnat du monde junior cadet au championnat même d'Europe espoir franchement on est bon mais par contre il se passe un truc entre la catégorie junior et la catégorie senior parce que en espoir oui toutes les disciplines à maturité précoce alors à l'inverse de maturité tardive quoi toutes ces disciplines là on est pas mauvais et les mecs du coup quand tu fais des perfs en champion On a d'Europe Espoir. Ça ouvre tout de suite des portes pour un peu de visibilité, un peu de sponsor. C'est toujours pareil. Pour pouvoir te libérer du temps pour t'entraîner, comme tu dis, le nerf de la guerre, c'est d'avoir les moyens de le faire. Mais pour les autres disciplines, on perd énormément d'athlètes parce que tu arrives à 20 ans. C'est le moment où il faut choisir ce que tu fais comme études. Tu n'as plus le lycée, la cantine, le machin. Il faut savoir comment tu mens. ou tu dors tu veux t'entraîner mais l'INSEP peut-être que si t'as pas fait de performance en espoir ça devient très compliqué d'y rester il y a plein de choses qui font que ces athlètes là qui sont passionnés et qui croient en eux pour réussir à le faire il faut qu'il soit aidé et pour ça il faut qu'on mette les moyens moi je pense qu'il y a des choses à faire politiquement la réponse je l'ai pas mais quand on me dit qu'est-ce que tu proposes moi ce que je propose c'est que chaque fédération de chaque sport amateur alors évidemment sport amateur parce qu'à côté de ça j'ai des potes qui sont en centre de formation de rugby qui gagnent leur vie depuis qu'ils ont 16 piges et qui ont jamais rien payé pour s'entraîner nous nous chaque année on paye notre licence on paye nos fringues on paye nos engins et encore moi j'étais licenciée au club de Nice j'avais droit à des aides du club annuel mais ça représente 5000 euros sur l'année c'est le grand maximum tu vois 5000 euros sur l'année tu le dis pas et puis tu payes pas ton loyer avec c'est pas du tout des aides avec lesquelles tu payes ton loyer et ta bouffe parce que c'est des aides sur facture c'est sur remboursement frais etc c'est comme les aides de la fédé, si tu n'es pas en ligue pro, et la ligue pro ça concerne des athlètes qui sont soit médaillés en championnat d'Europe, soit dans les 8 meilleurs au classement des championnats du monde ou des Jeux Olympiques et là encore pour accéder à un tel niveau il faut du temps, surtout en plus dans une discipline comme le lancé ou le niveau européen c'est le même niveau que le niveau mondial clairement mais tout ça c'est des petites choses donc si chaque fédération chaque discipline donne une liste de potentiels olympique en me disant, ok, dans 4 ans, il y a les Jeux de Paris. Enfin, je trouve qu'il aurait fallu le faire avant, mais voilà. Dans 4 ans, il y a les Jeux de Paris. Il y a cette liste-là. Il faut qu'on donne à ces jeunes-là, je sais pas moi, 500 balles par mois d'aide pour le loyer et la bouffe. Parce que les APL, elles te répondent que t'as ton diplôme de kiné, que c'est pas parce que t'es sportif de haut niveau que tu peux pas travailler et que du coup, il y a pas de raison que t'aies droit aux APL. Non mais, voilà, t'as ni le droit au RSA, ni aux

SPEAKER_00

APL ni droit parce que madame vous avez votre diplôme de kiné pourquoi vous travaillez pas quoi je travaille en fait

SPEAKER_02

mais je travaille pas assez pour enfin voilà oh

SPEAKER_00

là là ce sujet ça me ça me tend ça me tend et à côté

SPEAKER_02

de ça on a des exigences énormes sur les performances après on les regarde

SPEAKER_00

à la télé on dit mais quelle merde celui-là ça m'énerve même d'un point de vue politique tu vois on te dit que globalement alors je sais plus à quelle occasion c'était tu vois Macron qui annonce que les résultats de la France à Tokyo sont très insuffisants suffisante. En fait, il faut juste se donner les moyens de ses ambitions. Quand tu entends des trucs... Moi, j'ai reçu des athlètes d'équipe de France d'escrime qui m'expliquent que si elles ne sont pas... Je crois que c'est les deux meilleures françaises qui sont prises en charge pour leur déplacement. Autrement, si tu veux participer... Donc, tu es en équipe de France, tu es sélectionné pour aller, je ne sais pas, faire un championnat au Canada, tu payes ton billet

SPEAKER_02

d'avion.

SPEAKER_00

Non, mais sans déconner, quoi. C'est hallucinant.

SPEAKER_02

Oui, tu vois, c'est encore... tu

SPEAKER_00

vois je me plains mais c'est encore pire tu te rends compte c'est fou c'est aberrant tu te dis mais et à côté de ça t'as des pays on se dit ah ouais mais comment ça se fait qu'ils ont autant de médailles parce qu'en fait ils ont bien compris que pour pouvoir être sportif de haut niveau il faut avoir du temps, il faut dégager de la charge mentale et que un des plus gros points de charge mentale pour le commun des mortels c'est l'argent donc c'est tout mais le stress de se projeter t'arrives à un âge quand t'es entre 20 et

UNKNOWN

25 ans, c'est le moment où se construit ton avenir.

SPEAKER_02

Enfin, t'as l'impression, c'est aussi la pression sociale, c'est aussi tout ça, mais moi, tous mes collègues qui ont été diplômés en kiné en 2014 avec moi, c'est... Ils ont acheté un cabinet, ils ont acheté un appartement, ils ont... Par contre, j'étais là à calculer mes années à zéro, quoi. Genre, alors, il y aura ça de revenus, alors il faut que j'arrive à faire ça de dépenses pour que ça fasse zéro à la fin de l'année et que je dois avoir de l'argent à personne. Mais épargner, acheter un appart, investir dans un cabinet, c'était des trucs inenvisageables et donc après quand t'arrêtes et que tu fais le point sur sur le temps que ça t'a pris et les moyens et tout tu te dis Je ne peux pas dire que j'ai des regrets, mais c'est frustrant, ouais. Ça reste une frustration. Et j'espère que pour les jeunes suivants, il y a vraiment une partie de moi qui espère vraiment que les choses vont évoluer dans le bon sens, et qu'on va faire un pot commun, tu vois, parce que tu me parles de l'escrime, le judo, il y a des sports comme ça où on entend parler, l'année des Jeux, pour le judo peut-être un peu plus, parce qu'il y a des mecs comme Teddy Riner qui donnent une clarté sur ce sport, et c'est génial. Mais on entend parler très peu finalement en dehors des grands échéances et il y a d'autres sports comme le handball le basketball le football et tout ça on pourrait faire un pot commun j'en sais rien on fait un pot de moyens communs et on redistribue pour que toutes les disciplines soient aidées parce que des mecs qui jouent au hand en équipe de France qui sont multiples médailles mondiaux j'espère vraiment qu'ils gagnent très correctement leur vie c'est parce que veux dire mais ils gagnent aussi leur vie en club à l'année et eux ils ont peut-être pas besoin d'être aidés par le CNOSF au même titre que les extrimeuses qui vont faire un podium au jeu aussi mais qui après pendant 4 ans elles doivent se débrouiller enfin voilà je trouve qu'il y a peut-être moyen de faire des trucs mais les réponses je les ai pas

SPEAKER_00

non mais c'est sûr j'allais faire une réponse évidemment tout est plus complexe que ce que j'allais dire mais tu vois si on réallouait ne serait-ce que je sais pas 50% du budget jet privé de la fédé de foot pour aider les autres fédé à juste se déplacer ou acheter du matos, peut-être que ça ferait déjà une grosse différence. Oui, mais les revenus

SPEAKER_02

de la fédé de foot, ils ne sont pas démérités non plus. Non, bien sûr. Mais par contre, c'est vrai que les Jeux Olympiques, c'est un état d'esprit, c'est un... C'est du sport amateur. Moi, je n'ai rien contre un Kylian Mbappé qui gagne des millions et qui rapporte des millions et qui paye ses impôts en France. Je trouve ça génial et je ne pense pas qu'il faille lui prendre de l'argent à lui pour le mettre ailleurs. Mais par exemple, le football, c'est du football masculin et du football féminin. Est-ce que la Fédé... nationale de football, quand elle rémunère ses joueurs, pourquoi elle rémunérerait plus ses joueurs hommes que ses joueurs femmes

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Après, en club, que les clubs attirent plus de spectateurs, etc., c'est une chose, mais la FED qui est une structure publique, je me sens associative au moins un peu, elle devrait équilibrer justement entre les besoins, plus entre les besoins qu'entre finalement exactement ce que rapportent et ce que remplissent comme stade les mecs par rapport à ce que rapportent et ce que remplissent comme stade les filles. Parce que tu as envie de... T'as envie de rayonner au niveau international, que ce soit en masculin ou en féminin. Et les hommes, en général, ils gagnent des revenus suffisants dans leur club. T'as pas besoin de leur mettre des primes dix fois supérieures à celles que tu mets à tes sportives. Et tous les sports olympiques, faire un pot commun, un pot commun comité national olympique et que, quelles que soient les disciplines, tout le monde puisse en sortir. Pas rémunérer tout le monde à la même échelle, mais que tout tout le monde puisse s'en sortir correctement.

SPEAKER_00

Les gens ne soient pas en mode survie. Tu vois, dernier exemple, et après, closons ce chapitre qui est vraiment le temps. Mais j'ai eu un invité qui s'appelle Yannick Matégisset, qui est triathlète. Tu connais un peu les disciplines dans

SPEAKER_02

le triathlon

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Le sprint ou le... L'aéronman, enfin, tout ce qui est

SPEAKER_00

l'aéronman. Oui, voilà, je connais un peu le long, le sprint, ouais. En gros, en étant amateur, il avait le niveau... Enfin, il a fini dans les premiers... à Hawaï au championnat du monde licence Ironman et le gars en fait il est policier la nuit donc le mec s'entraîne la journée mais littéralement il se réveille à 8-9h il s'entraîne il dort un petit peu en fin d'après-midi et puis il attaque son service à 20h donc

SPEAKER_01

voilà

SPEAKER_00

et il fait ça depuis plusieurs années et le mec est parmi les meilleurs au monde en triathlon longue distance tu vois chaud mais bon bref en tout cas ce qui est sûr on n'a pas de piste de solution évidemment tout est plus compliqué que juste une conversation sur un podcast mais en tout cas ce qui est sûr c'est que le constat le constat est là il y a quand même un gros souci de moyens dans le sport de haut

SPEAKER_02

niveau il y a des choses à faire il y a des choses à faire je ne dis pas qu'il faut qu'on gagne notre vie et encore attends il y a un truc génial qui s'est passé et c'est quand même c'est à dire qu'à partir de 2012 je crois ça a été en tout cas c'était rétroactif mais tu peux déclarer les années où tu as été sportive de haut niveau sur liste comme des trimestres travaillés donc moi comme ça j'ai gagné quand même quelques années retraite quelques trimestres retraite grâce à mon mec qui est très fort en administratif et qui m'a fait tout mon dossier mais déjà c'est un point qui s'enlève un peu parce que quand tu fais le point, quand tu te remets à travailler à plein temps et que tu fais le point sur... sur les années que t'as pas travaillé à temps plein ça fait mal

SPEAKER_00

quoi en tout cas t'as pas travaillé en mode salariat emploi parce que tu travaillais en tant que sportif de haut niveau c'était une occupation à temps plein je veux dire

SPEAKER_02

voilà moi j'ai toujours travaillé comme kiné à côté de toute façon j'aurais toujours été obligée de travailler à côté mais pas à temps plein ce qui fait que tu comptes pas des années complètes ouais

SPEAKER_00

Bon, ce sujet étant clos, je te propose de passer sur quelque chose de bien plus positif et riche en émotions et je pense en grosse dose d'inspiration. J'aimerais bien qu'on revienne sur Rio, parce qu'on en a parlé un peu rapidement du format de l'épreuve, de l'attente, etc. Mais c'était quand même un rêve qui est devenu assez clair en 2012. Donc, quatre ans plus tard, tu t'y retrouves en Rio. en faisant les minimas quelques mois avant seulement, c'est quoi le moment de ces Jeux qui t'a vraiment le plus marqué positivement

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que ça a été la cérémonie

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que c'était l'avion pour y aller

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il y en a un en particulier qui t'a vraiment

SPEAKER_02

chamboulé

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ah là là, tu vas pas aimer ma réponse. Aïe

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

Bon, alors comme tu dis que quelques mois avant, pour le lancer de Javelot, pour Rio, les minimas, c'était à partir de la saison estivale. Donc de toute façon, les performances que j'avais fait l'hiver j'avais fait 61m72 l'hiver cet hiver là en 2016 ça me sélectionnait pas même si j'avais été dans les quotas et tout donc c'était à partir du mois d'avril il me semble donc je les ai fait en mai je les ai fait plutôt très tôt moi les minima cette année là mais il faut savoir que quand c'est à l'étranger donc peut-être parce que c'était loin mais je pense que c'est tous les Jeux Olympiques pareil tu n'es invité sur le village olympique que 3 jours avant ton épreuve Donc l'athlétisme étant la deuxième semaine, il n'y avait aucun athlète dans le défilé de cérémonie d'ouverture. Il y avait beaucoup d'autres sports, mais nous n'étions pas invités à la cérémonie d'ouverture. Et ça, c'est vrai que moi, comme tout le monde, quand je regarde les Jeux, ça me faisait un peu rêver de rentrer derrière en porte-drapeau dans le stade. Mais non, c'est pour ceux qui sont présents la première semaine. Donc je pense qu'à Paris, ce sera différent, parce que c'est Paris, et tant mieux

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

Mais moi, je n'ai pas fait la cérémonie d'ouverture. Et la cérémonie de clôture, il pleuvait des seaux d'eau. Et du coup, on s'est perdu. C'est-à-dire qu'on a été séparés en plusieurs petits groupes. Donc on n'est pas tous rentrés derrière Teddy. Mais c'était très sympa parce que j'étais avec Ronald Adlini et d'autres persistes et on a passé un très bon moment à la cérémonie de clôture. Mais il pleuvait des sauts d'eau et on devait s'asseoir dans le stade sous la pluie et il y a un paquet d'athlètes qui sont partis parce que c'était pas tenable. Donc j'ai pas un super souvenir de cérémonie. Mais c'est plutôt très drôle.

UNKNOWN

Après...

SPEAKER_02

Du coup, mon compagnon de l'époque, moi, faisait du lancé de poids. Et il voulait aussi... Enfin, on avait le même projet de se sélectionner ensemble au jeu. Et puis, il ne s'était pas qualifié. Donc, c'était un peu compliqué dans notre relation. Ça a été un moment un peu compliqué que je me qualifie de moi et pas lui. Mais il est venu quand même à Rio avec mon entraîneur, donc Magali, son mari et ses enfants. Ils avaient loin d'appartement à Copacabana. Donc, je suis allée passer quelques jours avec eux à Copacabana. Et il y avait aussi mes parents... Donc, ça fait partie de mes meilleurs souvenirs des Jeux, ces moments partagés avec eux. Et ensuite, j'ai quand même été voir la finale du handball masculin. Bon, qu'ils ont perdu, mais c'était un très beau moment. J'ai été voir la finale du javelot masculin avec le jeune Allemand avec qui, du coup, après, je me suis entraînée pendant quatre ans, qui a fait quatrième à ces Jeux olympiques-là et C'est Johannes Wetter qui l'a dernièrement... va quand même un peu mieux mais surtout c'est le deuxième meilleur performeur mondial de tous les temps avec 97m77 donc c'est un très très très grand lanceur aujourd'hui donc c'était des premiers souvenirs d'amitié aussi avec Christina Obergefell, son mari qui est devenu après du coup mon coach pendant 4 ans donc ça a été mes souvenirs des Jeux c'est un peu mitigé surtout que je me suis fait larguer en rentrant donc voilà c'est j'ai pas beaucoup de très bons souvenirs de Rio je garde de cette expérience olympique surtout le fait de m'y être qualifiée et cette journée où j'ai battu le record de France qui a été un super souvenir mais après c'est les premiers Jeux Olympiques dans un pays en voie de développement donc la qualité des installations notamment au village olympique était quand même c'était un peu difficile mais après quand tu vois les favelas autour forcément tu te dis c'est déjà ça C'est déjà une énorme chance et ça fait quand même très bizarre de faire ce trajet en bus et de voir ce qu'il y a autour. C'était moins le rêve ultime qu'on m'avait décrit de toutes mes copines qui étaient allées à Pékin et à Londres. Et du coup, tous les grands athlètes, j'ai croisé Usain Bolt, j'ai croisé quelques basketteurs, mais finalement très peu parce que comme le village n'était pas tellement terminé, il y a beaucoup d'athlètes qui sont allés loger à

SPEAKER_00

l'hôtel. Ah oui, carrément.

SPEAKER_02

donc ouais ça fait pas partie des trucs dont on a beaucoup parlé parce que tu vas pas dire que le village il est pas à la hauteur de ce que t'attends c'est très égoïste c'est vraiment un truc moi je te donne juste la vision très égoïste d'une athlète qui se dit je règle des jeux je vais faire un truc ouf et là t'arrives au village c'est vrai que les gens te disent au bout d'une semaine un tel il est parti parce que c'est vrai que les chambres c'était compliqué c'était pas fini vraiment la cantine c'était pas terrible alors qu'on m'avait vendu le truc comme tu verras le restaurant des jeux c'est comme si tu mangeais au meilleur italien au meilleur japonais au meilleur machin et en fait ouais c'était mais bon j'ai partagé plein de moments géniaux avec les filles de ma chambre on a quand même beaucoup échangé de chacune nos disciplines nos expériences et tout ça restera des moments inoubliables quoi mais il restera toujours cette frustration parce que parce que moi je suis partie de Rio du coup avec cet entraîneur allemand bon enfin je suis partie de Rio je me suis fait larguer du coup j'ai quitté Boulouris parce que mon entraîneur et son mari ont plutôt pris parti pour mon ex donc je me suis retrouvée à Montpellier je me suis dit j'arrête et là les allemands avec qui vraiment j'avais créé une relation amicale hyper cool m'ont dit mais nous tu viens t'entraîner quand tu veux donc j'ai commencé à aller m'entraîner en Allemagne enfin j'ai continué à aller m'entraîner en Allemagne là-bas j'étais un peu kiné, un peu sparring partner donc ça me permettait financièrement de m'en sortir et là le coach m'a dit Mathilde le potentiel pour faire plus de 65 tu l'as, par contre je te parlais de puissance, toi t'as tendance à jouer plus sur l'élasticité et la vitesse moi je pense qu'il faut que tu te crées une base de force supplémentaire parce que ta régularité justement en grand championnat et dans ces temps d'attente là, elle va venir d'une base de force supplémentaire qui va faire que même si tu perds un peu d'influx nerveux tu seras régulière au-delà de 60 mètres et tu feras des jets à plus de 65. Le deal, ça a été d'augmenter énormément ma recharge de travail en muscu, alors que je détestais la muscu, et d'augmenter suffisamment ma force. Sauf que, je pense qu'émotionnellement aussi, ça a été compliqué pour moi de quitter Bouloris, de quitter tous ces projets-là qui n'ont pas abouti. Et du coup, pendant deux ans, j'ai eu pas mal de pépins physiques, notamment des douleurs importantes, autant dans donc j'arrivais pas à me dépêtrer donc pendant deux ans j'ai pas fait trop de perf, j'arrivais pas à courir, c'était hyper frustrant parce que en même temps j'apprenais plein de trucs en Allemagne et je progressais énormément sur le travail de l'épaule, le haut du corps et tout mais du coup quand tu peux pas courir et que tu t'entraînes beaucoup tu fais aussi une grosse charge d'entraînement en muscu sur du travail qui est peut-être moins explosif que tu devrais et quand j'ai commencé à pouvoir recourir je me suis pété l'épaule donc en 2018 je me suis pété la coiffe donc le projet c'était faire plus de 65 et viser un podium à Tokyo et franchement c'était vraiment le projet enfin voilà moi J'ai vraiment la chance de m'être entraînée avec un mec que je considère vraiment comme le meilleur entraîneur du monde. Pour moi, Boris Obergefell, c'est Boris Henry qui a lancé plus de 90 mètres au javelot. C'est vraiment un des meilleurs entraîneurs du monde, que ce soit humainement, techniquement, tactiquement. Il est tout le temps en train de bouquiner pour se mettre à la page sur la préparation physique. C'est vraiment quelqu'un d'hyper enrichissant. Et qu'un mec comme ça me dise« Tu vaux plus de 65 au javel, on va construire ça», il a entraîné le seul gaucher qui a été championne du monde. Il a entraîné sa femme. C'est avec lui qu'elle a fait son titre de championne du monde. Il entraîne encore Johannes Vetter. Et c'est avec Boris qu'il est devenu champion du monde et qu'il a fait ses perfs incroyables. Vraiment, c'est quelqu'un... J'y croyais en ce qu'il me disait et il y croyait aussi. Et donc, ça reste beaucoup de travail effectué pour une frustration de ne pas avoir exposé mon record de France parce que je ne pensais jamais que le 63m50, ça reste mon record. Donc, voilà. Je ne considère pas que ce soit une très bonne perche. Je pense que ça va être vite battu parce que plus de 65, c'est accessible, en fait. Voilà.

SPEAKER_00

Donc décision d'arrêter, c'était en 2020, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ouais. Ça s'est passé comment du coup

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Quel rapport avec cette blessure de 2018 s'il y en a

SPEAKER_02

un

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je me suis pété la coiffe. Ah pardon,

SPEAKER_00

vas-y. J'allais juste te dire comment est-ce que t'en es arrivé du coup alors que l'objectif pour Tokyo était là, bien installé. Comment est-ce que t'en arrives à prendre cette décision

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je me pète la coiffe. La ta coiffe, t'as en gros 4 ou 5 si tu comptes le long bicep muscle qui rattachent ton bras à ton corps et qui constituent du coup un espèce de manchon de 4 muscles qui viennent fixer ton épaule et j'en ai pété 3 sur 4 donc c'était un peu une grosse chirurgie et d'espérer derrière relancer le jableau avec les amplitudes articulaires que ça te demande et tout, c'était déjà un gros challenge. Mon chirurgien qui m'a opéré à Montpellier, Yannick Roussan, a été juste génial, parce que même pendant l'opération, on discutait dans quelle position de rotation exactement il me réinsérait les muscles pour essayer de ne pas perdre en rotation externe, enfin c'était, voilà. Donc après, pendant deux ans, j'ai vraiment beaucoup, beaucoup travaillé pour essayer de récupérer mon physique à 100%, mais j'ai jamais retrouvé cette même élasticité d'épaule. Et je pense que ça s'explique un peu physiquement, enfin quand tu coupes un ton nom et que tu le rattaches, il est forcément plus court. Donc, aller retrouver ce même chemin d'accélération, c'est peut-être compliqué. Le lancer diablo, c'est le seul sport de lancer, avec le baseball, mais eux, ils n'ont pas de course d'élan, où quand tu fais ton geste, tu as un appui au sol, au hand, au volet... Quand tu smatches, quand tu serres ou quand tu lances ta balle, il n'y a pas d'appui au sol. Donc, ton étirement, il n'est pas dépendant de ce dernier appui au sol au javelot ou en plus, tu as la course d'élan qui fait que la mise en tension, elle est énorme sur ton épaule. Et donc, je n'ai jamais réussi à retrouver ces sensations-là. Donc, en 2020, il devait y avoir les championnats d'Europe à Paris. Les minima pour les championnats d'Europe à Paris, c'était 58 mètres 50. Je me disais« Ok, bon, ce n'est pas grave, je ne retrouverai pas mes 65». mais 58m50 et finir à Paris ce serait trop cool c'est une belle histoire qui s'arrête ce serait un beau point final et en fait il y a eu le Covid donc ils ont annulé Paris ils ont reporté Tokyo et du coup j'ai arrêté voilà

SPEAKER_00

Et tu te rappelles du moment où tu as pris cette décision

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Clairement, ça a été...

SPEAKER_02

C'était pendant le Covid. J'étais chez moi à Montpellier avec ma meilleure amie. On était confinés ensemble. Ils ont annoncé que les Jeux de Tokyo étaient reportés d'un an. Et les championnats d'Europe de Paris complètement annulés. Et du coup, ça voulait dire qu'en 2020, il y allait y avoir des championnats du monde

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

des Jeux Olympiques. Et en 2021... Parce que du coup, c'est un an sur deux, en fait, championnat d'Europe. Donc, ça voulait dire qu'en 2021, ça allait être championnat du monde et Jeux Olympiques. Donc, les minima allaient être inaccessibles. Clairement, moi, j'avais bien compris que je ne relancerais pas à plus de 60. Enfin, ça aurait été vraiment très compliqué. Alors, peut-être, je m'étais dit dans ma tête, peut-être, je fais 58 mètres 50 pour me qualifier pour Paris. Et puis, j'arrive. Et puis, c'est Paris. Et puis, avec l'euphorie du moment et le truc, là, ouais, je ne sais pas, mon épaule, il se passe un truc. Et je m'étais fait des films mais après ça voulait dire en 2021 refaire une année à fond pour essayer de se qualifier pour des championnats du monde ou des jeux donc il fallait faire plus de 65 mètres c'était devenu inaccessible donc là j'ai arrêté je pense que c'était pendant un peu à la sortie peut-être du confinement mais je crois que c'était pendant le

SPEAKER_00

confinement

SPEAKER_02

ok

SPEAKER_00

Pas la fin que tu avais imaginée, mais aujourd'hui, avec un peu plus de recul, ça te semble avoir été la meilleure décision que tu puisses prendre à ce moment-là avec les infos que tu avais, la situation dans laquelle

SPEAKER_02

tu étais, etc. Oui, je n'avais pas tellement le choix. Franchement, financièrement, je commençais à plus trop avoir le choix. Tu le sens, je pense

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

physiquement, tu le sens quand ça ne marche plus. J'étais revenue à mon meilleur niveau dans tous les... Le coach allemand, il m'avait présenté les choses comme une pyramide. Tu as les bases, les fondations de la pyramide, c'est ta force. Il faut que tu sois un minimum forte en bas du corps. Je schématise, mais squat, soulevé de terre, il faut que tu sois hyper solide. Encore une fois, parce que tu dois être indéformable quand tu arrives sur ton dernier appui avec ton élan. En gainage, en coordination et dissociation haut du corps, bas du corps, il faut que tu sois indéformable et explosif. Et en haltéro, c'est surtout le snatch ou le hang snatch, c'est des mouvements, j'étais vraiment revenue à mon meilleur niveau. Après, il y avait la force pure des épaules, c'est-à-dire que avant de pouvoir lancer et créer de la vitesse, il faut que tu aies une force de base suffisante si tu ne peux pas juste jouer sur ton élasticité, sinon clairement, ta coiffe, tu l'exploses. Moi, comme elle était déjà explosée en plus, voilà. Donc, avant, on les développait nus, et tout ça, il y a beaucoup de choses sur les fixateurs d'homoplate, les abaisseurs, machin, mais c'est pas des perfs qui sont chiffrés, c'est beaucoup, beaucoup de répétitions, de placements, de postures, etc. Et, ben, chiffrés, développés nus, jetés nus, machin. Ensuite, il y a les jets à la balle, parce qu'ils mesuraient la vitesse d'éjection, tout ça, et tout ça avait été revenu, franchement, bien. On construisait la pyramide étape par étape. Et après, ben, il y a la course d'élan, les Et le travail de bondissement, le travail de coordination du bas du corps, parce que c'est une course d'élan où on court de face puis après de côté, donc c'est des impulsions successives, mais la course d'élan est hyper cool en général. Et pareil, bas du corps, super sensation, nickel. Mais par contre, retrouver ce moment où quand tu poses ton appui avec de la vitesse, ça crée un étirement supplémentaire par rapport à l'étirement volontaire que toi t'as quand tu vas lancer, ça, ça me faisait mal à l'épaule. Et ça, j'ai pas réussi à... j'ai vraiment essayé mais ça j'ai pas réussi à l'éliminer quoi ça me faisait toujours mal et du coup tu fais peut-être un ou deux jets dans la séance où tu te dis ah c'est pas mal c'est élastique et puis après il y a un coup tu te fais mal et ton cerveau il est pas con cette sensation là il va chercher à l'éviter donc voilà donc là j'ai compris c'est vraiment un ressenti enfin moi je pense qu'on se connait suffisamment pour se dire ça marchera plus quoi

SPEAKER_00

parce que d'un point de vue et là je m'adresse à la kiné du coup le javelot au niveau auquel tu l'as pratiqué à l'intensité à laquelle tu l'as pratiqué c'est évident que ça laisse des traces

SPEAKER_02

physiologiquement c'est à dire que j'ai arrêté donc je te dis 2020 2022 je me suis pété le tendon d'Achille à gauche donc mon tendon d'Achille il m'a fait mal pendant 2 ans ça m'a pourri franchement ça m'a pourri 2 ans entre 2016 et 2018 c'était infernal Et là, je me suis pétée bêtement. Je me disais que c'était sûr que ça devait arriver. Après, j'ai été opérée du coude, de l'épaule droite, du tendon d'Achille gauche. Je m'étais fait les croiser au genou droit. Ça n'avait rien à voir avec le javelot. J'ai des soucis au niveau du dos parce que dès que je me démuscle un peu, je sens bien que... que ça va pas au niveau de mes lombaires et quand j'ai fait une IRM on m'a dit ah oui en effet vous démusclez pas donc oui évidemment ça laisse comme tout sport que tu fais à outrance il n'y a pas un trailer qui n'a pas des problèmes de genoux, de chevilles, de dos voilà il n'y a pas un triathlète je pense qu'il n'y a pas des problèmes pareils de tendon à fil parce que quand je dis je parle de tendon à fil il y a plein de choses mais c'est vrai que le tendon à fil par rapport à la course à pied et que tu cours sur le béton après avoir fait du vélo c'est la pliométrie, après avoir fait un effort très long, c'est forcément des choses qui sont traumatisantes. Tous les sports à... De toute façon, tous les sports pratiqués en excès, ça laisse forcément des traces. On ne fera pas des beaux

SPEAKER_00

vieux, ce n'est pas grave. C'est clair. Moi, j'ai les deux menisques fissurés depuis que j'ai 11-12 ans, je pense. Tous les doigts des deux mains pétées, sauf le pouce. C'est bien le judo. C'est ce que tu dis, c'est comme tout. Je pense passer à un certain une certaine

SPEAKER_02

intensité il y a des gens qui font aucune activité physique et qui vieilliront plus mal que des gens qui ont fait énormément de sport parce que on a aussi cette densité musculaire qui, et moi je l'explique à mes patients la seule chose aujourd'hui qui peut soulager une articulation douloureuse parce qu'elle est soit arthrosique soit parce qu'il y a carrément plus de cartilage soit parce que il y a le usure naturelle même si elle est pas traumatique ou etc la seule chose qui stabilise une articulation et qui protège vos cartilages c'est les muscles donc c'est il y a que en vous musclant que vous allez prévenir l'arthrose ou en tout cas soulager un peu les symptômes de l'arthrose mais on guérit pas on guérit pas d'une arthrose on guérit pas un cartilage mais par contre bah en stabilisant musculairement une articulation on évite de solliciter le cartilage trop donc donc c'est c'est très bien là C'est

SPEAKER_00

du sport et de rester musclé. D'ailleurs, c'est une question que je me pose, que je me suis souvent posée. Est-ce que tu as... Et là encore, je m'adresse à la spécialiste, à la kiné, mais est-ce qu'on a une sorte de... de mémoire de la force, de mémoire musculaire est-ce que finalement t'as un capital musculaire c'est plutôt le terme, un capital musculaire que tu conserves c'est à dire aujourd'hui typiquement tu fais plus tu fais plus 20-30 heures d'activité physique pour le javelot en tout cas comme tu le faisais avant mais est-ce que le capital que t'as développé à l'époque même si t'en as perdu une grosse partie t'en gardes quand même un petit peu tu vois ce que

SPEAKER_02

je veux dire ou pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

je pense que oui parce qu'aujourd'hui je m'entraîne 2 ou 3 fois par semaine franchement 2 fois 2 fois je vais à la salle de crossfit avec mon copain mais avec des amis parce que j'aime bien cette discipline dans laquelle il y a beaucoup d'anciens sportifs de haut niveau qui se retrouvent parce que tu passes une heure tu poses ton cerveau il y a un côté dépassement de soi même si il n'y a pas d'objectif autre, ça fait du bien de retrouver ce type de sensation où tu vas au bout de toi-même pendant une heure. mais en faisant deux fois par semaine, j'ai toujours mes plaquettes de chocolat, j'ai toujours, quand je me retrouve en débardeur quelque part, tout le monde me dit« Oh, vous avez des épaules

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

» Oui, pourtant, ça fait vraiment un moment que je n'ai plus envie d'avoir d'épaules et que du coup, je ne fais plus grand-chose sur mes bras. Mais oui, en tout cas, moi, personnellement, oui, je garde une certaine densité musculaire. Je pense qu'aussi, c'est génétique, parce que j'ai toujours fait du muscle facilement. J'avais mon grand-père qui avait toujours en physique à plus de 80 ans où tu te disais je vais faire des squats il avait 85 ans c'est bien on a une bonne génétique il y a mon frère qui est naturellement musclé, alors bon il fait du rugby il s'entraîne deux fois par semaine il est gaulé comme s'il était à la salle de muscu tous les jours il y a une part de génétique mais je pense en effet que quel que soit le sport que tu as fait ça existe la mémoire musculaire je ne suis pas une bête de physio et je ne sais pas comment ça s'est explique, mais oui, bien sûr, et puis ton métabolisme de base, et puis le fait que du coup, ouais, l'appétit, et puis la qualité de ce que t'as appris à manger, enfin, tous ces mecs qui font, voilà, tu me parles de Skriathlon, d'Ironman et tout, je trouve ça top, parce que c'est des mecs qui ont une hygiène de vie à côté, ils peuvent pas se permettre trop d'écart, et forcément, bah, tu vieillis bien, tu vieillis mieux

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Le sport, le sport,

SPEAKER_01

important.

SPEAKER_00

Ben ouais. J'avais échangé, j'en parle régulièrement, de cet échange que j'ai eu avec Steven Lejaric, c'est un ultra-cycliste français qui part faire des défis du genre, il traverse les Etats-Unis à vélo, tu vois, mais vélo en mode gravel, donc pas sur de la route, juste sur des sentiers. Et... lui il était cycliste alors pas professionnel mais juste avant je ne me rappelle plus du terme je crois que c'est élite je ne sais plus mais c'est vraiment aux portes du professionnel et il m'avait dit qu'il avait eu beaucoup de mal à faire ça à transitionner en fait et qu'apparemment il m'avait sorti un chiffre qui m'est resté qu'on considère quand tu as été dans le sport de haut niveau pour tourner la page il faut compter 5 à 6 ans tu vois d'un point de vue émotionnel etc retrouver les mêmes sensations ailleurs c'est quoi ton point point de vue là-dessus et comment est-ce que, toi, cette transition, elle s'est passée

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Là, vraiment, tu vois, vraiment plutôt d'un point de vue émotion.

SPEAKER_02

Je pense que l'intensité des émotions que tu vis, c'est difficile de les retrouver où que ce soit. Alors bon, je n'ai pas encore d'enfant, je n'ai pas du coup cette... ce repère-là de ce que ça change dans ce que tu ressens et tout. Mais... Moi, je sais que j'adore mon métier et que depuis que j'ai arrêté ma pratique... Mon métier, il a pris une toute autre place dans ma vie et dans mon épanouissement personnel. Et je donne beaucoup dans mon travail et ça me fait beaucoup de bien parce que oui, j'imagine que quand tu fais une reconversion comme ça, quand tu arrêtes comme ça le sport et que tu ne trouves pas forcément quelque chose dans lequel tu t'épanouis, c'est d'autant plus difficile. Je pense que je suis très chanceuse d'avoir choisi ce métier-là et déjà de l'avoir pratiqué encore pendant que je m'entraînais et je pense que mon expérience de sportive m'a apporté beaucoup même par rapport à mes connaissances en kinéthérapie et le fait d'avoir travaillé un peu en Allemagne un peu en Afrique du Sud d'avoir côtoyé des kinéales internationales et d'avoir échangé c'est hyper enrichissant donc j'aime beaucoup ce que je fais mais je pense pas avoir complètement guéri de... Il y a encore beaucoup de frustration dans ce que je te raconte. Tu me dis que ça m'énerve. Moi aussi, il y a plein de choses qui m'énervent encore. Et je voudrais avoir suffisamment de recul sur les choses pour garder uniquement le positif et uniquement la chance. J'ai eu énormément de chance. J'ai rencontré plein de gens qui m'ont consacré du temps, de l'énergie. Mon premier entraîneur d'athlète, quand je suis venue sur le stade faire du saut à la perche, j'arrivais de la gym. Mon entraîneur de gym, même, qui m'amenait à l'athlète avec lui... Ensuite, un mec que j'ai rencontré sur le stade qui était mordu de javelot, qui a commencé à m'entraîner au javelot. Ensuite, des entraîneurs nationaux qui m'ont donné envie de continuer. Ensuite, le groupe de décathloniens à Montpellier, avec notamment Romain Barras, Nadir El Fassi, qui m'ont accueillie dans leur groupe comme une petite sœur, alors que c'était un groupe de mecs qui ne prenaient pas de filles. Jean-Yves Cochon qui m'entraînait, du coup, Tiziane Correa. J'ai plein de noms comme ça à donner de succession de moments où j'ai eu tellement de chance de tomber sur ces gens là et c'est ça qui m'a amenée à participer aux Jeux Olympiques sinon j'aurais pas du tout vécu ce que j'ai vécu donc après il y a aussi beaucoup de frustration et beaucoup de moments où je me dis je n'ai quand même pas eu de chance mais j'aimerais garder que le positif et pour ça je pense qu'il va me falloir encore un peu de temps donc ouais si il dit 5-6 ans je veux bien croire

SPEAKER_00

Mais je pose la question à chaque fois parce que je trouve que c'est aussi intéressant d'en parler. Souvent, on a l'image, tu vois, ma question, elle était très certainement biaisée par rapport à ça. On a l'image des jeux, tu vois, les paillettes, c'est magnifique, les grands sourires partout, le sport de haut niveau, tu vois, un esprit sain dans un corps sain et on parle moins de tout ce qui est à côté et la partie qu'on ne voit pas de l'iceberg et les entrées les galères, la charge mentale financière, les choix des fédés sur lesquels tu n'as absolument pas la main et qui impactent ta vie, parce que ta vie, c'est le sport, et puis la transition, les gestions de blessures, etc. Donc, toujours intéressant de voir comment tout ça est

SPEAKER_02

géré. Par chacun. Par chacun, exactement. Je pense que chacun... le vident différemment, mais il y a forcément une trame commune, il y a forcément... J'aime bien, moi, écouter des témoignages où des mecs, justement, en parlent et partagent leur expérience et partagent leurs difficultés, parce que je trouve que c'est plein d'humilité et souvent, en plus, ceux qui le font, c'est vraiment des très grands sportifs qui ont eu une très, très grosse carrière. Enfin, là, dernièrement, c'est Camille Lacour qui a partagé un peu ses déboires et cet état de petite dépression. C'est dur de mettre des mots comme ça, parce que les gens s'imaginent que... Forcément, les mecs qui ont vécu ça, ils ne peuvent pas se plaindre, ils ne peuvent pas être tristes. Mais quand ça s'arrête, c'est une petite mort. Après, moi, je n'ai pas du tout vécu... Enfin, j'ai pas du tout de notoriété, j'ai pas du tout... J'ai pas l'impression d'avoir eu, tu vois, une petite mort ou quoi que ce soit. C'est plus... Je faisais de la gym et mon entraîneur était polonaise et elle nous disait toujours« tel travail, tel résultat». Et j'estime que pendant les 4 ans, entre 2016 et 2020, j'ai énormément travaillé. Et c'est les résultats qui me manquent, quoi.

UNKNOWN

Pour...

SPEAKER_02

pour mettre un point final à cette histoire, pour être sereine, pour tout ça. C'est vraiment le côté de ne pas avoir concrétisé tout ce que j'ai appris, tout ce que j'ai compris, tout ce que j'ai fait comme effort et la chance qu'on m'a donnée d'aller m'entraîner avec Boris. C'est cette frustration-là. Mais moi, jamais personne ne m'a regardée à la télé. C'est incomparable avec ce que vivent certaines personnes, mais quoi qu'il arrive, cette sensation d'aller au bout de toi-même comme tu peux avoir certainement quand tu book ton premier Ironman comme quand tu fais ton record à l'Ironman comme quand tu fais ta diagonale des fous il y a des challenges comme ça envers toi-même qui sont tellement épanouissants que retrouver ça après quand t'arrêtes c'est pas facile mais c'est une autre dimension encore de ces sportifs qui parlent de petites morts parce que derrière ils avaient mais aussi la notoriété, le financier, le machin, le truc.

UNKNOWN

Voilà.

SPEAKER_00

Le sport, c'est une bonne école de la vie. C'est ce qu'on nous répétait souvent en judo. Alors, c'est souvent, j'ai l'impression que tous les sports se considèrent comme les plus, tu vois, les plus difficiles, les plus ingrats, etc. Le judo, on nous disait souvent, c'est ingrat, en fait, parce que finalement, comme tous les sports, tu peux battre quelqu'un dix fois dans l'année, et puis la onzième fois, ce jour-là, tu conformes, quelque chose ne va pas. Et c'était la seule fois de l'année où il ne fallait pas perdre et tu perds mais j'ai l'impression que le sport c'est finalement c'est un peu ça c'est apprendre c'est une école de résilience en fait et

SPEAKER_02

c'est en ça que c'est une école de la vie aujourd'hui quand je me retrouve face à des patients alors je te disais pathologie vasculaire j'ai aussi eu un des premiers patients que j'ai eu dans ce centre c'est un jeune qui avait un accident de moto et qui a perdu ses deux jambes c'est un traumatisme énorme et il s'est battu de ouf au Aujourd'hui, il prépare les Jeux paralympiques de kayak. C'est un mec qui a un parcours exceptionnel et qui a une famille exceptionnelle. Sa femme, ses trois enfants, ils ont été... elle a été exceptionnelle avec lui, d'accompagnement, et puis bon, c'est quelqu'un qui est très croyant aussi, ça l'a aidé, il y a plein de choses comme ça qui te font te dire, toi, ma fille, et ton petit problème de ne pas avoir concrétisé tes efforts, tu vas bien faire mettre les gueules. Voilà. Et là, quand je discute avec mes papys qui, voilà, ils perdent une jambe, puis on leur dit que le sang ne circule pas bien dans l'autre, et qu'ils risquent de perdre l'autre, et puis qu'ils se disent qu'ils n'ont plus jamais se mettre debout, et de réussir à trouver les mots, trouver l'énergie pour leur redonner confiance, et le jour où ils se mettent debout, et le jour où ils descendent les escaliers pour la première fois avec leur prothèse, tout ça, c'est des moments, franchement... c'est génial je pense que oui mon expérience dans le sport m'a aidé à vivre mon métier aujourd'hui avec ce rôle là et cette impression dans ces moments de servir à quelque chose et de trouver les bons mots au bon moment je pense que ça vient de ce que j'ai appris et je trouve ça trop cool

SPEAKER_00

Pour finir sur une note positive, même si tu l'as déjà bien évoquée, j'ai l'impression que là, tu as réussi, tu t'es trouvé un peu un métier passion. Je pense, comme tu le disais très bien, c'est compliqué d'arriver à vivre les mêmes émotions que ce qu'on a pu vivre quand on a fait un sport au niveau auquel tu l'as fait. Mais aujourd'hui, qu'est-ce qui te comble dans ton métier de kiné

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Si on considère que la flamme du javelot, tu l'as éteinte, qu'est-ce qui fait brûler la flamme de ce qui prend le plus de place dans ta vie aujourd'hui

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors toujours pas mon salaire parce que je suis kiné à l'hôpital mais j'ai une demi-heure par patient c'est un luxe par rapport à être kiné en libéral aujourd'hui et et aux tarifs sécu qui ne te permettent pas d'avoir du temps avec tes patients. Pas mon salaire, mais les gens. Moi, j'aime les gens. Je me suis rendue compte que oui, la kiné du sport, ça me passionnait. Oui, quand j'ai bossé sur des épaules de lanceurs de javelot internationaux, en Allemagne surtout, mais du coup, évidemment que tu as l'impression de bosser avec une Ferrari, que c'est juste génial de te dire que là, tu as fait du bien, il y a eu des super sensations. Derrière, il fait une compète, il te dit... c'était trop bien mais aujourd'hui moi j'ai mâché madame tout le monde et dans le regard des gens dans du coup cette cette reconnaissance qui n'est pas du tout de la notoriété, mais qui est des gens qui te remercient d'avoir vraiment égayé, ne serait-ce que leur journée, d'avoir l'impression de vraiment servir à quelque chose, ça me fait beaucoup de bien. Voilà, ma petite

SPEAKER_00

flamme. Trop bien. Génial. Eh bien, écoute, Mathilde, un immense merci. C'était passionnant de découvrir l'univers du lancé de Javelot, ton parcours à toi en particulier, tous ces échanges sur la place du sport de haut niveau en France et en tout cas, la place qu'on espère que ça prendra un jour. Et puis, cette transition que tu as opérée. Si toi, il y avait un message peut-être que tu voudrais faire passer en conclusion, on a échangé sur plein de sujets différents mais un message qui toi te tient à coeur, que tu voudrais passer à cette audience des frappés que je te disais en off et qui est en plein entraînement et qui nous écoute très certainement pendant

SPEAKER_02

l'entraînement Déjà merci beaucoup à toi Loïc parce que je trouve ça cool de pouvoir partager mon histoire, mon expérience ce que j'en pense avec un peu plus de gens que juste mes proches, et c'est une chance de pouvoir le partager, et je suis ravie, et j'espère que ça apportera quelque chose à quelqu'un quelque part. Mais après, je pense que j'ai dit beaucoup de choses avec un peu de frustration, un peu de négativité, un peu de tout sur le système, et je pense que chaque expérience est différente, et que... Et que ce n'est pas pour l'argent qu'on le fait. Le dépassement de soi et atteindre ses objectifs, c'est ce qui rend la vie intéressante. Donc, quelles que soient les galères, on n'a pas de regrets. Donc, je pense qu'il faut vraiment essayer d'aller chercher ce qui nous fait vibrer et d'aller... d'aller au bout de ses rêves même si on n'arrive jamais au bout parce qu'après il y a d'autres rêves voilà c'est ça qui laisse une frustration à un moment mais ouais juste du positif et le fait que le sport ça fait du bien et même si c'est sans objectif même si c'est sans grand challenge etc juste comprendre que s'occuper de soi et se faire du bien c'est capital pour

SPEAKER_00

après pouvoir s'occuper des autres exactement s'occuper de soi pour mieux s'occuper des autres j'adore parfait et bah écoute un grand grand grand merci Mathilde une fois de plus très bonne on est vendredi donc très bon week-end le bonjour à Hugo puisqu'on l'a pas encore précisé mais ton copain c'est Hugo que j'avais reçu sur le podcast Hugo de Innuts We Trust allez regarder je mettrai les liens Hugo qui est je sais pas faut aller écouter l'épisode il est crossfitter violoniste gestionnaire de forêt apiculteur à 16h perdu enfin bon c'est on s'y perd passionné par la nature

SPEAKER_02

passionné en tout cas passionnant passionné par la nutrition et très sensible à l'éthique et la planète et très opposé à la désinformation et au marketing de la nutrition sportive aujourd'hui et avec son associé Benjamin Boirin ils sont vraiment hyper intéressants et ils font ça complètement bénévolement et ça lui prend beaucoup de temps et du coup il ne faut pas hésiter

SPEAKER_00

à aller voir ouais allez Regardez, le lien sera en description de cet épisode. Merci une fois de plus, Mathilde. Merci

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à toi, Loïc.

UNKNOWN

Et bon week-end. Et à toi aussi. Merci. Salut.

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Merci d'avoir écouté cet échange avec Mathilde jusqu'au bout. J'espère que vous aurez appris autant que moi sur l'univers du lancé de Javelot et que ça vous aura ouvert les yeux sur la dure réalité du sport de haut niveau en France. Si vous avez apprécié l'épisode, il y a de fortes chances que d'autres personnes dans votre entourage le trouvent intéressant également, donc n'hésitez pas à leur partager. Pour soutenir le podcast, c'est très simple, vous pouvez vous abonner et laisser une note ainsi qu'un commentaire sur votre plateforme d'écoute. Vous pouvez également rejoindre le groupe des Tipeurs, les auditrices et auditeurs qui soutiennent financièrement le podcast à part Le lien est en description, c'est sur tipeee.com, vous cherchez les frappés. Et enfin, vous pouvez tout simplement parler du podcast à fond autour de vous pour qu'encore plus de personnes osent se lancer. Merci pour votre fidélité, je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode dans lequel on embarque à bord d'un IMOCA, ces mythiques bateaux qui prennent le départ du Vendée Globe.

UNKNOWN

C'est parti!