Il y a quelqu'un qui m'a dit un jour que les moments les plus difficiles, ce n'est pas tellement quand tu es dans des échecs, il n'y a personne pour te consoler, mais c'est quand tu ne trouves personne pour fêter les victoires. Il n'y a personne qui comprend tes victoires. Et ça, c'est vrai que c'est un sentiment qui est compliqué. Mais c'est vrai que du coup, c'est spécial de ne pas pouvoir fêter la fin d'une expédition qui a été tant difficile à préparer, à réaliser, niveau peur, il ne faut pas croire. Moi, je suis effrayé avant de partir.
SPEAKER_01Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irrévocables dans vos vies. Cette semaine, j'échange avec Léo Joly qui est un explorateur artiste. Il parcourt le monde et il a fait de l'art une manière de rencontrer les populations des régions dans lesquelles il se rend. Pour sa dernière aventure, c'était par exemple au Salar de Uyuni en Bolivie. Il est allé demander aux gens qui vivent dans cet environnement très difficile ce dont ils rêvent. Parce qu'il serait sans doute bon qu'on s'autorise plus souvent à laisser s'exprimer notre créativité Juste avant ça, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui ont décidé de soutenir financièrement Les Frappés via la plateforme Tipeee. Chaque euro contribue à couvrir une partie des frais de fonctionnement du podcast et nous permet de nous rapprocher un peu plus de l'indépendance totale des frappés. Si vous souhaitez vous aussi soutenir le podcast, rendez-vous sur Tipeee, T-I-P-E-E-E slash les-frappés. Le lien est en description.
UNKNOWNCiao!
SPEAKER_01Eh bien écoute, bienvenue Léo sur le podcast, je suis super content de te recevoir aujourd'hui. Écoute, de même, merci beaucoup Loïc pour l'invitation. Avec grand plaisir, on va parler de plein de choses, je pense que tu vas me faire retourner quelques années en arrière quand tu vas nous parler de l'Amérique du Sud, j'imagine qu'il y a plein d'endroits où tu es allé, où je suis passé aussi, donc ça va être génial, et puis surtout je suis très curieux de ce dont tu vas nous parler, puisque tu as une approche de l'avant du voyage de la découverte qui est qui est particulière enfin particulière qui est différente de ce que je en tout cas de celle des gens que je reçois habituellement sur le podcast donc ça va être génial Léo ce que je te propose c'est tout simplement de commencer par nous expliquer qui tu es et ce que tu fais dans la
SPEAKER_00vie il y a toujours une question
SPEAKER_01ouais c'est toujours la question il faudrait que j'en trouve une autre parce qu'avec des frappés c'est toujours compliqué généralement c'est multi casquettes c'est des parcours atypiques mais voilà en tout cas qu'est-ce que tu fais en quelques mots
SPEAKER_00comment est-ce que tu créerais ce que tu fais du coup moi je m'appelle Léo je suis explorateur artiste en gros ça consiste à créer des expéditions à travers le monde pour reconnecter les gens à leur créativité et donc là je suis en train de réaliser un film qui porte sur une expédition que j'ai faite en Bolivie où je suis allé demander du coup le rêve des gens qui habitent dans le désert. C'est un des Une des expéditions que je fais, par exemple, c'est vraiment créer des expériences insolites qui reconnectent à la créativité de chacun, mais aussi au monde extérieur.
SPEAKER_01Génial. Donc, quand tu dis reconnexion à la créativité, tu fais ça... Qu'est-ce qui bénéficie de ça, en fait
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que c'est les gens que tu rencontres sur place ou est-ce qu'à travers les histoires des gens que tu rencontres sur place, tu essaies de reconnecter, par exemple, les gens en France à leur créativité
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je pense qu'il y a un peu des deux. D'abord, soyons honnêtes, c'est d'abord me reconnecter à ma créativité, à
SPEAKER_02moi,
SPEAKER_00qui moi, en enfance, je l'avais un peu perdu par le fait du jugement de moi-même et le jugement des autres. Et je l'avais un peu laissé de côté. Et là, quand je l'ai retrouvé, je me suis dit, waouh, il faut que j'en fasse quelque chose. Et quand je voyageais, quand j'étais ado, je voyageais et je trouvais ça fou. À chaque fois, j'organisais des événements pour apprendre aux gens à dessiner. et les gens ressortaient de là avec des grands yeux émerveillés en disant waouh c'était fou quoi et pour moi j'avais juste donné pas grand chose j'avais juste donné quelques règles de dessin et du coup pour moi la créativité c'est vraiment d'abord se reconnecter à ma créativité à moi et en me reconnectant à la mienne je peux le reconnecter les autres en gros donc en fait dans mes voyages c'est souvent l'envie d'expérimenter la créativité à plusieurs ensemble de voir en fait que ça peut donner et donc par exemple j'étais au Groenland avec les Inuits et là l'objectif c'était de se dire ok est-ce qu'on peut créer ensemble sans parler le même langage et donc c'était une question que je me posais depuis tellement longtemps et je me disais vas-y je veux tester et du coup on a fait une oeuvre d'art ensemble sans pouvoir vraiment communiquer par le langage mais du coup on communiquait autrement par la gestuelle, par les rires par le fait de se moquer de soi-même. Il y a un côté un peu comme
SPEAKER_01ça. Ce serait quoi ta définition de la créativité
UNKNOWN?
SPEAKER_01De quoi on parle quand on utilise ce terme pour toi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pour moi, il y a un terme que j'aime bien dire. Je pense qu'on est créateur, on est créatif. par opposition du coup aux spectateurs, pour moi il y a un peu deux mondes deux personnes dans ce monde t'as d'une partie les spectateurs qui regardent un peu le monde secret autour d'eux et je trouve que ça peut générer des malaises, je trouve que c'est difficile d'être juste observateur et du coup il y a une autre partie qui est plus les créateurs où en fait eux ils s'inventent leur propre réalité alors il y a, moi je pense que c'est rien de, je pense dans les deux quand c'est chouette, si jamais on se sent bien. Mais moi, du coup, je me sens bien dans le côté plus créatif où, vraiment, pour moi, c'est vraiment s'inventer son propre monde. Ce que j'aime bien dire, en fait, c'est que chaque personne est un monde en soi. On peut creuser indéfiniment dans ce qu'est une personne. On peut voyager à travers une personne. Et ce qui est intéressant, c'est comment, en fait, cette personne va pouvoir influencer le monde dans lequel on vit et donc voilà moi sans le savoir en fait peut-être que j'influence les autres autour de moi en les inspirant ou en passant des bons moments mais en fait j'ai aucune idée tu vois de savoir le niveau d'influence que j'ai et en fait ça m'importe peu parce que c'est juste l'expérience que je vis avec eux qui m'importe et en fait ce que je recherche juste pour moi être créatif c'est juste s'amuser c'est de dire tiens ça ça serait marrant de faire ça et ça m'arrive souvent d'être avec une bande de potes en disant« Eh les gars, ça vous dit de faire ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00» Genre, on invente un jeu de cartes, par exemple, tu vois. Ou alors, on va poser des questions dans la rue à des inconnus. Et pour moi, c'est ça être créatif, c'est de dire on crée un monde dans le monde.
SPEAKER_01Fascinant. est-ce que pour toi il y a forcément une dimension artistique du coup où on peut être créatif sans que ce soit nécessairement dans les arts dans le dessin, la peinture, la musique la danse est-ce que un sportif un aventurier classique un explorateur classique qui réalise une première par exemple ou qui a une approche un peu différente mais pas nécessairement artistique est-ce que pour toi il serait créatif du
SPEAKER_00coup
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ah oui je pense qu'il y a plein de types de créativité différentes même je pense que la cuisine c'est la créativité toutes les tâches qu'on réalise que la plupart des gens me réalisent sans trop le savoir c'est la créativité moi ce qui m'impressionne un peu à chaque fois c'est que quand je demande aux gens quand je parle du dessin par exemple et que je leur demande de faire une peinture collective ou de faire un dessin collectif la première chose qu'on me dit c'est je sais pas dessiner je peux pas le faire et du coup je lui ai dit mais je t'ai pas demandé de faire un beau dessin je t'ai juste demandé de t'amuser en le dessinant en fait et Et moi, en fait, je cherche pas... J'ai vachement enlevé cette image mentale de faire un joli dessin. Qui est une image mentale, en fait, qui me rassure moi parce qu'en fait, tu me projettes une image avant de dessiner dans ma tête en me disant« Ah, je voudrais avoir ça à la fin.» Sauf que bon, comme dans la vie, comme dans chaque projet, on n'arrive jamais à ce qu'on imagine. Et donc, c'est vachement frustrant. Et pareil, l'autre, quand tu dis« Je vais dessiner un chien», il s'attend à avoir un chien. Et donc, ça fait un double miroir entre moi ce que je projette de ce que je voudrais dessiner et que j'arrive pas et que l'autre projette sur moi ce qu'il voudrait voir et donc ça crée un malaise et du coup je pense que c'est pour ça que la plupart des personnes ne sont pas créatives parce que il y a beaucoup de jugement en fait, jugement de soi et jugement des autres mais pour moi en fait tout le monde est créatif à son échelle, après il y a un niveau d'équilibre où je pense que tu as plusieurs, enfin tu à certaines personnes qui se sentent incroyables en étant à ce niveau d'équilibre créatif. Et il y en a d'autres qui ont besoin de plus parce qu'ils doivent être à un autre
SPEAKER_01niveau. C'est super intéressant comme notion, comme approche, comme vision. Et tu vois, je te posais la question parce que je ne sais plus exactement dans quel... Peut-être dans des contextes pro, tu vois, où des fois, on te fait faire des sortes de tests, de profiling pour déterminer quel type de personne t'es, etc., ces outils de classement de profil en fait souvent on va dire dans les grands extrêmes t'as genre le fonceur le créatif le rêveur machin et en fait je sais pas si c'est lié à ça mais moi pendant longtemps j'ai eu cette espèce de de croyance que créativité égale art tu vois et en fait je saurais pas te dire exactement à quel moment de de ma réflexion. Ces dernières années, je réfléchis quand même beaucoup sur ce que je veux faire, qui je suis, etc. Et à un moment donné, en fait, ça m'a un peu percuté. Une de ces réflexions, je pense que ça devait être un ou deux ans après avoir créé le podcast. Je me suis dit, mais en fait, je suis un créatif, quoi. Je crée des trucs. Et je n'ai pas souvent posé la question à mes invités, mais tu vois, si je réfléchis à ces quasiment 200 personnes que j'ai rencontrées, en fait, comme tu dis, à partir du moment où on est tous créatifs je pense simplement je sais pas si c'est en France ou si c'est juste un truc moi perso Loïc mais moi j'ai quand même l'impression que art enfin créativité égale art tu vois dans la croyance un peu peut-être populaire enfin pas populaire mais ouais que c'est un terme qui est quand même vachement associé à l'art peut-être parce qu'on est un pays très cartésien tu vois de mathématiques je sais pas ce que t'en penses de
SPEAKER_00ça bah je je pense qu'on l'a beaucoup associé à l'art après moi tu vois quelqu'un qui monte une boîte par exemple c'est quelqu'un qui est ultra créatif en fait parce qu'il invente en fait il crée ses propres règles il invente un concept qui n'existait pas et il va recruter une équipe qui n'existait pas il crée du lien il crée plein de choses en fait
SPEAKER_01mais en fait ta définition elle est logique elle fait carrément sens la créativité c'est le fait de créer mais tu vois typiquement c'est l'exemple que tu prends un entrepreneur et une entrepreneuse pour définir J'en ai reçu quelques-uns sur le podcast. Je n'aurais jamais utilisé le terme de créatif, je pense, en premier. Peut-être plus, j'aurais utilisé des termes comme des profils de résilients ou innovants ou rêveurs, mais pas créatifs. Alors qu'en réalité, tu as raison. C'est un processus créatif.
SPEAKER_00Ouais, clairement, clairement, clairement. Après, je pense que ce qui est intéressant, par exemple, dans tout ce qui est art plastique en général, c'est la notion plus moi d'émotion. C'est qui est plus perceptible. Tu le vois, par exemple, dans tout ce qui est chanson, dans tout ce qui est dessin, peinture. Ça va émaner d'une émotion spéciale. Moi, j'écris différemment quand je suis triste que quand je suis heureux. Et pareil, je vais peindre différemment, je vais faire des dessins différents. Je trouve que dans, par exemple, créer une entreprise, c'est une émotion qui fluctue, mais à la fin, tu ne sais plus trop ce qui était de la tristesse, quelque chose qui était heureux, tu vois. Moi, j'ai des toiles chez moi où ça, c'est tristesse, tu vois. Où ça, c'est joie. C'est... Parce que j'étais dans un état un peu second et aussi parce que ça dure moins longtemps, tu vois. Moi, quand je peins, c'est peut-être deux, trois heures. Après, j'arrête et donc j'étais dans une seule émotion. Franchement, je peux passer dans plusieurs émotions. mais c'est vrai que du coup c'est un état émotionnel si je la laisse comme ça cette toile me rappelle un état émotionnel précis qui est plus difficile à voir peut-être si c'est pour créer une boîte ou autre chose ce que
SPEAKER_01j'imagine ok bah écoute en tout cas super intro moi je trouve que ce message est absolument génial on est tous des créatifs en puissance donc l'enjeu c'est peut-être d'arriver à l'exprimer euh Toi, tu disais un peu plus tôt, si j'ai bien compris, que tu as eu une espèce de moment, une sorte de moment eureka où tu t'es dit, mais en fait, j'ai cette créativité en moi, il faut que je l'exprime. Est-ce que tu peux peut-être nous expliquer comment ça s'est
SPEAKER_00passé
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais, clairement. C'est que moi, en fait, dans mon enfance, j'avais mon frère, j'ai une frère et un sœur, une sœur et un frère, dans l'autre sens. Et en fait, mon frère prenait des cours de dessin, il est plus âgé que moi, et il il dessinait vachement bien et moi à côté de lui je me disais mais pfff J'ai pris des cours, mais j'ai 3-4 ans de différence. Et moi, je me disais à côté, ce que je fais, ce n'est pas bien. Par rapport à lui, ça ne sert à rien. Je ne suis pas créatif. Ça ne sert à rien que je continue. Et pendant pas mal d'années, j'ai arrêté. J'ai totalement arrêté tout ce qui était art. Et c'est juste quand j'ai fait une école de paysage pour devenir architecte-paysagiste à Versailles. Et pour le concours, il y avait une épreuve d'art plastique. où il fallait imaginer une ville vue à vol d'oiseaux. Et donc tu devais vraiment changer de vision en imaginant qu'un oiseau vole sur la ville où tu étais. et t'imaginer les bâtiments, comment ils étaient positionnés, tout ça. Donc, c'était vraiment un changement de vision. Et donc, là, je me suis dit, OK, je n'ai pas trop le choix, quoi. Je dois reprendre. Et en fait, j'ai repris des cours de dessin pour me réhabituer à ça. Et ce qui était très, très marrant dans le cours de dessin, c'est qu'en fait, je ne demandais jamais rien au prof. Le prof passait, tu vois. Et moi, je disais, non, mais vraiment, je suis très bien là. Je suis dans mon monde, je crée. Et j'arrivais à faire des créations. J'étais genre... J'étais bluffé par moi-même en me disant, mais en fait, il me sert juste d'assurance, le prof qui est là, mais à aucun moment il me donne un conseil ou quelque chose, en fait. C'est juste un moment que je m'accorde pour moi-même, une heure, toutes les semaines, et pendant cette heure, il arrive plein de surprises que je ne pensais pas imaginer, quoi. J'étais avec des groupes, des gens qui étaient passionnés par le dessin, qui étaient là aussi pour ça, et donc je faisais juste mon petit truc, je revenais chez moi avec mon petit dessin, et puis voilà, quoi. Et à fur et à mesure de ça, je me suis dit, peut-être que j'ai quelque chose. Déjà, j'adore ce moment-là où je me sens à l'intérieur d'un monde que je ne connaissais pas de moi-même. Et quand je suis parti en Erasmus à Copenhague, c'est là vraiment qu'il y a eu un énorme changement. C'est que là, j'ai commencé à dessiner dans la rue parce que je trouvais ça marrant. Je me suis dit, vas-y, ça fait pas mal de temps que je dessine. J'avais créé un peu mon propre style. En tout cas, j'avais un style qui se dessinait. Et Je me suis dit, vas-y, j'ai envie de confronter ce que je fais au regard des autres. C'était un peu un défi que je me lançais. Je me suis dit, tiens, vas-y, je n'ai jamais été dans la rue. Et donc, le premier jour, je me rappelle, j'étais terrifié. Parce que je suis comme timide. J'étais terrifié. Et je me suis mis en face d'un restaurant, dans la rue, où tout le monde me regardait. Et je n'avais même pas apporté de tapis ou de draps, rien. Je me suis vraiment mis assis sur le sol. Et donc, j'avais mis une toile par et j'ai dessiné sur la toile, tu vois. Basique. Et je m'apercevais, bizarrement, que les gens s'arrêtaient, ils regardaient quelques instants, et ils repartaient, tu vois. Et de temps en temps, les gens venaient me voir en me disant« Ah, vous êtes artiste, qu'est-ce que vous faites là, machin, pourquoi vous êtes dans la rue assis comme ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00» Et ça créait vachement de connexions humaines que pour moi, c'était inimaginable, en fait, dans la rue. Pour moi, c'était tout le monde allait passer, même pas me regarder, et voilà. Et en fait, j'ai eu des connexions avec des artistes en France, que j'ai revues après. Et je me suis dit, en fait, c'est fou. C'est fou, je me suis fait un monde de l'art. Et donc après, j'en ai fait un business dans la... Donc après, j'imprimais des dessins, je les vendais dans la rue, je faisais des cercles pour attirer les gens. Et du coup, j'ai fait plein de rencontres comme ça. Et je me suis dit vraiment que là, il y avait un pouvoir de la créativité qui était fou, qui était totalement inexploré chez moi, et que je voulais vachement creuser. Voilà. C'est un peu comme ça que c'est né.
UNKNOWNOk.
SPEAKER_01Et le mariage avec
SPEAKER_00l'exploration, du coup
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ça s'est fait progressivement. Alors, le mariage avec l'exploration, en fait, il est né des voyages que je faisais. De temps en temps, je faisais des voyages... En fait, l'été, je travaillais un mois et je repartais un mois voyager. Et pendant ces voyages-là, vu que j'avais pris des cours en architecture du paysage de dessin, pour passer le concours, je me suis dit, en fait, ce que j'ai appris... je vais le repartager. Parce que je n'aimais pas trop l'idée de se dire, je vais dans un pays et je repars. J'aimerais bien apporter quelque chose, organiser un événement. Et donc, les gens venaient à mon événement et je leur enseignais ce que j'avais appris en autodidacte, quasiment, sur le dessin, sur la peinture, sur qu'est-ce qu'un dessin. Et les gens repartaient avec des grandes étoiles dans les yeux. Je me disais, peut-être qu'il y a quelque chose à faire. Et donc, à chaque fois que je voyais je faisais un événement comme ça. C'est vrai que j'en ai organisé beaucoup, parce que du coup après je n'en faisais plus un seul par voyage, mais je refaisais quasiment chaque semaine, donc ça commençait à devenir assez important. Et après du coup je commençais un peu à m'ennuyer parce que c'était toujours le même type d'événement que j'organisais, et après je me suis dit je vais faire la même chose mais dans des lieux un peu insolites. Donc on a fait des cours de dessin dans un supermarché, dans un bar, dans un parking souterrain, Rires Et du coup, ce qui m'a intéressé vachement, c'est d'apporter la surprise aussi aux gens. Et donc voilà, c'est un peu né comme ça. Le côté aventure, c'était vraiment lié au voyage. Où je commençais, petit à petit, à amener l'art comme un moyen de communiquer, comme un moyen de rassembler dans mon voyage. Et quand j'ai commencé à faire des plus gros treks, par exemple, je suis parti dans les Balkans faire 1300 km à pied pour... voir ce que c'était d'être dans la nature sauvage avec les ours et les loups. Et sur le chemin, en fait, il y avait plein de personnes que je croisais qui ne parlaient pas... Enfin, parfois, elles ne parlaient pas du tout anglais. Donc, en fait, on dessinait ensemble. J'avais apporté toujours... J'avais toujours une boîte à querelles dans ma valise, dans mon sac à dos, avec des pinceaux, avec plein de choses. Et du coup, à chaque fois, je leur disais, voilà, si vous voulez, on peut peindre. Et les gens étaient tellement contents de redécouvrir la couleur.
SPEAKER_01Mais du coup, tu faisais quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu sortais tu sortais le papier et un pinceau tu leur donnais et c'était parti
SPEAKER_00ouais c'est ça on dessinait ensemble je faisais la moitié de la feuille l'autre dessinait la moitié et à la fin on avait un souvenir commun sur une même feuille d'un moment passé d'une émotion passée et moi je trouve ça fantastique moi j'en gardais des souvenirs incroyables et les gens me remerciaient à la fin pour moi je comprenais pas en disant c'est juste un dessin oui mais n'en faites pas trop c'est juste un dessin c'est bon. Mais je crois que je comprenais pas, en fait, ce que ça créait chez les gens. Tu sais, quand tu... Pour moi, en fait, quand tu vois des couleurs, l'aquarelle, ça te ramène à l'enfance, à l'émerveillement, à la nouveauté, à plein de choses. Et en fait, les gens, même si j'avais pas de pinceau, des fois, j'en avais plus, ou il était un peu cassé, ils prenaient la peinture avec leurs mains et ils dessinaient directement sur le papier, quoi. Et c'était vraiment... Et tu voyais leur... Le teint selle dans leurs yeux et le grand sourire d'enfant, tu vois. Et c'était très marrant à voir, quoi. Il y avait toute la famille et même les... Une fois, j'étais avec des familles, tu vois, j'avais dans les Balkans, par exemple, un moment, je marchais, j'arrivais dans une forêt un peu sombre. C'était la nuit qui commençait à arriver. Et sauf que la forêt était remplie de... Il y avait plein de bois partout. Donc c'était vraiment très très dur de pouvoir mettre la tente. Et un moment, je vois une petite ferme au loin, un peu comme dans les films, tu vois, avec la petite fumée qui sort juste avant qu'il fasse nuit-nuit. Donc, je vais toquer à la porte et eux, ils m'ouvrent et ils me disent, viens chez nous, on va te trouver une chambre. Trop sympa, tu vois. Et là, en fait, c'était une famille qui était là. Et quand je sors la boîte d'aquarelle, genre, il y a toute la famille qui se ramène en disant, regarde ce qu'elle a ramené
UNKNOWN!
SPEAKER_00Comme si c'était un trésor, tu vois. Moi, j'étais genre, what
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ils parlent de mon sac à dos, ils parlent de quoi de ma nourriture que
SPEAKER_01j'ai
SPEAKER_00dans
SPEAKER_01mon
SPEAKER_00sac
SPEAKER_01mais non il parlait bien de la boîte d'aquarelle et ouais du coup ça crée des souvenirs incroyables est-ce qu'il y a une de ces rencontres un de ces moments de créativité partagée qui t'a vraiment marqué qui a une saveur un peu particulière par rapport à tous les autres
SPEAKER_00il y en a plein mais en fait il y a un moment très particulier justement dans l'expédition là où je reviens, que j'ai fait l'année dernière en Bolivie, dans le Salar de Uni, il y a un moment qui m'a beaucoup marqué. Le but, c'était de faire 900 km dans le désert à pied et d'aller de village en village pour demander aux gens quel était leur rêve pour le futur. Enfin, quel est leur rêve pour le futur. Et quand j'arrivais sur place, ça, je ne l'avais pas du tout prévu, mais j'ai vraiment trouvé des... une deuxième famille, quoi. Les gens m'accueillaient, mais genre, avec grands bras ouverts, c'était assez fou. Et en fait, des fois, je leur dis, enfin, on passait tellement du temps ensemble et que j'avais l'impression que c'était une famille, que je voulais leur faire vivre une expérience un peu folle, enfin, en tout cas, moi, que je voulais transmettre. Et par exemple, moi, j'arrive dans un village, donc c'est dans une maison, tu vois, les personnes, c'est une sorte de mini-auberge, et donc les gens m'accueillent, et je passe une journée, deux journées, trois journées pour me reposer, et là, ça crée vraiment une union assez forte, donc on m'invite à manger avec eux, on m'invite à me promener avec eux, à aller chercher le quinoa avec eux, enfin bref, plein de choses, et un moment, avant de partir, je leur dis, est-ce que ça vous dit qu'on fasse une peinture collective, qu'on peigne tous ensemble
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et ils me disent, mais non, moi je ne sais pas dessiner, je ne sais pas peindre, oui, non, mais ce n'est pas le problème, est-ce que vous avez envie de le faire
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et ils me disent, oui, Et du coup, je leur dis, écoutez, vous avez un petit jardin. J'ai vu qu'il y avait plein de vases. Ils avaient plein de jars. C'est un peu comme dans les jardins grecs. Plein de jars en terre cuite qui étaient là. J'étais là, tiens, c'est étonnant. Est-ce que ça vous dirait d'avoir un dessin sur cette jarre
UNKNOWN?
SPEAKER_00Enfin, sur une des jars que vous voulez
UNKNOWN?
SPEAKER_00je sais pas ça peut être un dessin du volcan sacré que vous avez juste en face de votre habitation ça peut être le dessin de votre maison ça peut être ce que vous voulez et ils me disent ouais ça serait trop cool et donc je passe la matinée à faire un peu l'esquisse sur le vase qu'ils choisissent d'ailleurs le vase qui était assez important parce qu'il appartenait à leur arrière arrière grand mère et donc il avait vraiment une valeur super importante et quand je dessine dessus j'espère qu'il va pas casser faut pas que je fasse un fou mouvement qu'ils le renversent j'étais super attentif et donc j'ai esquissé au crayon papier le dessin ils avaient choisi leur volcan sacré le volcan Tunupa et après du coup je les ai invités tous à venir dessiner au fur et à mesure donc t'avais toutes les générations t'avais la grand-mère t'avais la fille t'avais la petite-fille et tout le monde s'est retrouvé autour de ce vase et à Disney sur le volcan. Du coup, à chaque fois, je leur apprenais à peindre avec l'aquarelle sur où est-ce qu'il fallait dessiner, comment utiliser les couleurs. Et en fait, c'était assez fou parce que les... Du coup, en même temps, je leur posais des questions sur qu'est-ce que ça leur faisait, en fait, de peindre. Ils avaient tous des regards, pareil, étincelants, émerveillés. Il y avait un côté... Il y avait une phrase... de la grand-mère, justement, en Guadeloupe, qui m'a dit, tu sais, Léo, j'ai jamais peint, mais là, je retrouve l'émerveillement de mon enfance, que j'avais un peu perdu.
UNKNOWNEt le...
SPEAKER_00Et je me suis dit à ce moment-là, waouh, en fait, ce que je fais sert à quelque chose. Il y a un côté... Parce qu'en fait, souvent, on me dit... On me dit, en fait, à quoi ça sert l'émerveillement
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que c'est pas tangible
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que ça sert vraiment
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce qu'on a vraiment besoin
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que, par exemple, des routes, on en a besoin. Une lampe, on en a besoin. Un ordinateur, on en a besoin. Mais est-ce que l'émerveillement, vu que c'est impalpable, est-ce qu'on en a vraiment besoin
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et je me dis, à chaque fois que je pense à un souvenir que j'ai, ou que je garde avec quelqu'un ou dans une expérience c'est toujours un moment où j'ai été émerveillé j'ai été étonné, j'ai été surpris j'ai retrouvé une pulsion un peu d'enfance à l'intérieur et pour moi c'est le plus beau des cadeaux de s'émerveiller et d'émerveiller les
SPEAKER_02autres
SPEAKER_00pour moi en effet on est des êtres de souvenirs et on se fabrique une vie sans les souvenirs passés et actuels Et le fait d'être dans l'émerveillement, sans le savoir, va créer une réalité différente, parce que sa vie sera différente ensuite. En tout cas, moi, c'est ce que j'imagine, tu vois. Le côté positif.
SPEAKER_01Ça a été quoi, au-delà de ce que tu viens de partager, tes découvertes par rapport à la question que tu posais à tous les gens que tu as rencontrés
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'était uniquement le salar de Uyuni en Bolivie ou tu as bougé ailleurs aussi, dans d'autres
SPEAKER_00déserts
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, c'était le
SPEAKER_01seul salar. Ça a été quoi les découvertes, les apprentissages que tu as pu avoir par rapport à cette question que tu as posée à ces gens-là
UNKNOWN?
SPEAKER_00découvertes moi je dirais qu'il y en a peut-être trois tu vois bah je m'étais toujours posé comme si les gens en fait pouvait rêver dans un désert ou plutôt s'autoriser à rêver dans un désert Il y avait un côté où je me disais, moi, au petit, on m'a souvent dit arrête de rêver trop grand parce que toi, tu as tout le confort que tu as besoin, mais il y en a d'autres qui n'ont pas ce confort-là, qui ne peuvent pas rêver. Et je m'étais toujours demandé, est-ce que c'était vraiment vrai
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que vraiment les gens qui ont un peu moins de confort, qui vivent dans des zones isolées, est-ce qu'ils ont moins de rêves pour le futur
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ou est-ce qu'ils se restreignent parce que du coup ils ont un quotidien difficile, ils doivent chercher de l'eau, ils doivent trouver de l'argent, ils sont un peu dans la survie. C'était une grosse question que je me posais. Et donc en fait moi ce voyage m'a confirmé dans l'idée que les rêves Et l'émerveillement, la créativité sont vraiment universelles. Et tant mieux. Vraiment, tant mieux. Parce qu'en fait, moi, j'ai découvert là-bas, ils m'ont mis une grosse claque, vraiment. Parce que j'ai... ils m'ont fait encore plus rêver que ce que je rêvais avant, tu vois. C'est vrai
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais, vraiment, ils m'ont retourné les préconçus que j'avais, en fait. Qui étaient
SPEAKER_01quoi, d'ailleurs
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, quand je suis parti dans le désert, donc c'était un... L'expédition, j'ai mis à peu près un an à le réaliser, à la préparer, à trouver des sponsors, à trouver des médias partenaires, à faire l'itinéraire, à tout ça, donc c'était un an préparation. Et pendant cette année de préparation, je me suis dit, ok... j'ai aucune certitude en fait que ce que je suis en train de chercher je vais le trouver parce que je me suis dit peut-être que quand je vais arriver sur place chaque personne va me dire non j'ai aucun rêve je sais pas peut-être je sais pas parce que en France quand je demande est-ce que t'as un rêve est-ce que tu voudrais réaliser quelque chose est-ce que t'as un projet la plupart des gens en fait me disent je sais pas et donc je m'étais dit par miroir que ça serait Pareil dans le lézard. ils me disent récemment je sais pas et tant mieux ils m'ont donné vachement faux et ils m'ont changé la conception du monde et je les remercie pour ça et en fait ils m'ont prouvé que eux avaient des rêves incroyables et surtout qu'ils étaient en train de les réaliser par exemple j'ai croisé Jimena qui est dans un petit village où il y avait une petite maison 2-3 maisons et elle son rêve c'était d'avoir sa propre maison, parce que là, elle était dans sa maison de son grand-père, de pouvoir bâtir une petite maison un peu plus loin, avec une grange, et pouvoir avoir des vaches, et pouvoir changer le... La fabrication du fromage qu'il y a actuellement en Bolivie. Pour apporter une autre diversité. Parce que les vaches, du coup, dans le désert, c'est compliqué. Il faut avoir une oasis. Enfin, il faut avoir de la végétation. Et là où j'étais, du coup, elle était juste à côté de l'oasis. Donc c'était vraiment un entre-deux entre désert et oasis. Et elle m'a expliqué droit dans les yeux. Ouais. Et puis après, peut-être que j'aurais des chevaux. Et je serais comme une cowgirl. Et j'irais attraper les vaches avec mon lasso.
UNKNOWNAh ouais? Je suis...
SPEAKER_00Je ne m'attendais pas à ça. C'était la première interview. Et je me suis dit, waouh
UNKNOWN!
SPEAKER_00Je ne m'attendais pas. Et du coup, elle m'a expliqué comment on allait faire pour faire du fromage. Et je trouvais ça bluffant, tu vois. Il y avait une autre... Je suis allé dans un autre village où, quand je suis arrivé, il y avait... Je voyais quelques personnes qui étaient à côté d'une habitation. J'y vais. Et après, je m'aperçois que c'est une école. Et du coup, l'enseignante était rentrée. Et donc, va dans l'école on demande si on peut discuter avec tout le monde et du coup ils nous reçoivent vraiment avec de grands sourires et donc on parle un peu du projet et on propose une interview à la professeure qui elle nous dit que son rêve c'est de pouvoir Jouer de l'accordéon. Parce qu'elle est passionnée par l'accordéon. Mais surtout parce que ça peut aider les enfants à apprendre. Ça peut les... Parce que pour elle, le pouvoir de la musique est assez transcendant. Et que si jamais elle mélange l'apprentissage à la musique, ça va réveiller la créativité chez les enfants. Et donc, ils vont pouvoir apprendre bien mieux. Et j'étais bluffé aussi. Tu vois, ça c'est deux rencontres, tu vois. mais il y en a eu 28 ou 30, on avait fait pas mal d'interviews, et on a récolté 120 rêves au total, parce qu'après on leur demandait de les peindre sur l'aquarelle, et là c'est trop beau en fait de pouvoir, tu les voyais vraiment imaginer leurs rêves, et de se dire ok, mon rêve, maintenant, comment je peux le matérialiser en peinture
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et ça demande vraiment un exercice d'imagination. Et tu le voyais vraiment dans le regard qu'ils étaient en train de chercher, de chercher la couleur, chercher le matériau qu'ils voudraient, d'une partie, en fait, de concrétiser un peu ce qu'ils imaginaient. Et c'était trop beau. C'était trop beau, parce qu'après, on leur reposait une autre interview sur s'ils pouvaient réexpliquer leur rêve, mais en montrant leur dessin. Et là, c'était rayonnant, tu vois. C'était une autre interview. Ils parlaient avec l'émotion
SPEAKER_01avec le... Ça va être fascinant de voir les différentes étapes par lesquelles les gens passent au fur et à mesure qui débloquent cette créativité dont on parlait. D'ailleurs, je ne sais pas, est-ce que tu as eu le sentiment dans ces coins-là où peut-être la vie est plus difficile que ce à quoi on est habitué nous en France
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que tu as eu le sentiment que leur créativité de manière générale est bridée autant que chez nous, chez les adultes
UNKNOWN?
SPEAKER_01ou pas forcément ah oui c'est pareil c'est pareil
SPEAKER_00le problème c'est que je sais pas trop pourquoi dès qu'on devient adulte il y a le côté sérieux qui revient je pense que c'est vachement lié à l'extérieur ma grand-mère me répétait tout le temps il faut que tu sois sérieux Léo tout ce qui n'était pas sérieux pour moi je le faisais pas donc essayer de créer pour moi d'un côté c'est pas être sérieux c'est s'amuser pour moi tu peux même créer une boîte c'est pas être sérieux, c'est de se dire, ça peut être cool de le faire, tu vois, ça peut être marrant de le faire. Et je pense, voilà, qu'on est vachement influencés sur le regard de l'autre, sans le savoir. Même si on pense qu'on ne l'est pas. Mais après, le truc, c'est que je me rends compte que même les adultes, tu vois, dans un petit village, à l'autre bout du monde, dans un désert, ou partout dans le monde, dès que tu les rassures et dès que tu leur dis si tu peux le faire, tu fais juste un tout petit point coloré sur la feuille, et après c'est fini. Et là, c'est parti, quoi. il y a un côté où ils font un petit point et d'un seul coup le petit point se transforme en carré puis après en montagne après
SPEAKER_01en soleil la première
SPEAKER_00impulsion ah ouais c'est l'impulsion et après ils sont
SPEAKER_01partis c'est marrant c'est assez fascinant et même ce que tu expliques sur le fait que quand on devient adulte il y a un truc qui se passe le sérieux s'installe même dans des coins encore plus isolés peut-être que le Salado Uni comme le Groenland là c'est pareil exactement toi on a la même chose, le constat que tu fais quand t'arrives par rapport à l'art enfin à la créativité pardon tu
SPEAKER_00vois le lapsus pour moi il est pareil il est pareil, chez les enfants c'est vraiment inné en fait c'est inné l'art la créativité aussi et c'est vraiment direct ils dessinent, ils ne posent pas de questions ils y vont les adultes c'est plus compliqué, il faut vraiment les rassurer et donc je leur disais mais si tu peux vas-y, c'est très bien continue c'est génial ce que t'es en train de faire et souvent en plus ce qui est difficile c'est que la plupart des adultes se dévalorisent dès qu'ils dessinent ils se disent regarde ce que je fais c'est nul voilà désolé j'ai pas un super bon niveau et tu vois il y a un côté où vraiment je trouve qu'on se juge beaucoup ouais en fait on est notre propre ennemi et en fait on s'en fout
SPEAKER_01est-ce qu'on se juge vraiment soi-même ou est-ce qu'on se juge en s'imaginant que... Enfin, par rapport au regard de l'autre, tu vois. Moi, typiquement, je pense que si je me projette, là, en même temps que tu m'expliques ça, j'essaie de me projeter dans la scène, tu me demandes, tu me tends une feuille de papier avec un pinceau, je pense que si je suis tout seul dans mon coin, je me dirais, bon, de toute façon, je le sais, je ne suis pas un artiste, ce n'est pas ouf, mais bon, voilà, tu vois, j'ai fait un truc. Mais je pense que si j'ai quelqu'un qui a le regard vissé sur ce que je fais, là, je me sentirais... Je pense que typiquement, je pourrais m'excuser, tu vois, dire, bah, désolé, franchement, voilà, c'est nul mais bon j'ai fait le max tu vois ce que je veux dire est-ce qu'on se juge vis-à-vis de soi-même tu penses avec tous les gens que t'as pu observer ou est-ce qu'on le fait parce qu'on prend en compte le regard de l'autre et qu'on présuppose que du coup il y a un
SPEAKER_00jugement
SPEAKER_01ah mais
SPEAKER_00c'est intéressant clairement clairement clairement moi j'ai pas de réponse je sais pas vraiment moi je dirais que c'est un peu des deux moi je pense que le regard de l'autre influence notre propre jugement et du coup on cherche à se rassurer en se diminuant, en disant on regarde, c'est nul ce que j'ai fait, mais ça va. Mais je pense qu'on a peur de l'attente que met l'autre en nous. Sauf qu'en fait, cette attente, c'est nous qui la créons. L'autre en a, mais en fait, on s'en fout. Pour moi, c'est quelqu'un qui vient me dire« Fais ça dans la rue et je ne vais pas m'excuser si c'est nul.» Je dis« Oui, j'ai fait ça et c'est cool.» Moi, je suis content. Je ne sais pas, il y a un côté... Je trouve qu'on est vachement... On se critique beaucoup, en fait. Et je pense que ça nous aiderait vachement à être notre propre ami, d'abord. De dire, ah ouais, c'est cool. J'ai vachement kiffé le moment. Pas tellement, en fait, je pense qu'on se concentre plus sur le résultat que sur vraiment le moment. Moi, j'essaie de... J'ai pas mal de workshops, de workshops collectifs, dans les entreprises, associations, écoles, tout ça. Et la première chose que je dis, c'est, on s'en fout du résultat. ce qui importe, c'est le moment, c'est que vous vous amusez. Et que vous peignez un triangle ou un super beau personnage, on s'en fout.
SPEAKER_01C'est le process plus que le résultat qui compte.
SPEAKER_00Ouais, c'est ça. Et à la fin, c'est... sans le savoir, sans le vouloir, ça crée des tableaux incroyables. Mais parce qu'il y a un lâcher-prise total. C'est de se dire, j'y vais, quoi. On s'en fout. Et non seulement, toi, le travail est esthétique, mais en plus, derrière, il y a un souvenir qui est ancré d'une émotion forte, quoi, de s'amuser. Toi, des fois, j'en fais à 30, 40, 50 personnes, tu vois. Et donc, t'as un moment de créativité ensemble où la toile appartient à tout le monde.
UNKNOWNC'est assez fou.
SPEAKER_01Trop bien. Dans toutes tes explorations, on a pas mal parlé de la partie créative, du coup. Est-ce que tu y associes aussi... Donc, on l'a bien compris, tu rencontres des gens et tu leur fais finalement explorer, enfin, découvrir ou redécouvrir leur côté créatif. Mais tu vas quand même dans des environnements qui sont pas mal isolés, voire bien... Enfin, j'allais dire hostiles. j'aime pas trop ce terme parce que ça laisse supposer que c'est une espèce de combat avec la nature mais bref des environnements quand même bien isolés Groenland, désert de l'Uni est-ce que tu as des est-ce que tu te prépares à cet aspect là aussi de tes expéditions l'aspect peut-être un peu plus physique, logistique organisation tracé
SPEAKER_00etc alors ouais franchement au niveau logistique je suis assez mauvais mais je suis obligé de y passer par là mais c'est clairement pas mon point fort en tout cas fois j'ai une envie c'est des fois je fais un les voyages pour moi il se prépare souvent deux semaines à l'avancé dans les balcans je préparais l'expédition de deux semaines à l'avancé acheter le matériel et
SPEAKER_01le
SPEAKER_00groenland j'imagine que non quand même non ben le groenland ça s'est fait ça s'est fait un peu ça fait un mois à l'avancé ah ouais quand même c'est quand même super court après le parent de la bolivie tu vois là l'expédition dans le désert là c'est un peu spécial parce que c'est moi qui l'a créé créé de A à Z. Ce qui était différent, en fait, c'est que les Balkans, par exemple, c'était un GR déjà existant, une randonnée déjà existante, mais qui est en projet, donc elle n'est pas trop fléchée. C'est un peu compliqué de se retrouver. Comment s'appelle
SPEAKER_01celle-ci
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est la Via Dinarica.
SPEAKER_01Ah oui, j'ai quelqu'un qui m'a contacté pour qu'il l'a fait.
SPEAKER_00D'ailleurs, si les gens veulent se lancer dans une... dans une aventure, une première aventure, c'est une aventure incroyable, parce que du coup, c'est un bon équilibre entre la surprise, parce que du coup, c'est des GR qui sont pas trop traversées, c'est pas encore très connu, c'est des... une zone dans les Balkans, finalement, qui est peu connue aussi, et qui a une culture incroyable, les gens sont super accueillants, les paysages sont incroyables, c'est trop trop beau. Et surtout, en fait, moi ce que j'adore, c'est que t'as une partie sauvage qui est bien présente avec des ours et des loups et il y a un côté aussi en fait où tu es dirigé donc tu as des balises mais par contre les balises sont mal faites et donc tu te perds très souvent et du coup tu as vraiment un équilibre entre pas trop balisé mais balisé quand même tu vois et pour une première expérience c'est parfait
SPEAKER_01Ok. Il y a des ressources quelque part pour trouver des infos
SPEAKER_00là-dessus
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, il y en a plein. Si, si. Je ne serai plus de gars de nom, mais j'ai trouvé pas mal de ressources. Tu as plein de tracés différents dans la Viennareca. Tu l'as en VTT, tu l'as à marche à pied, tu as un itinéraire qui passe sur les sommets des montagnes, tu as un autre itinéraire qui passe, qui longe la côte de l'Albanie à la Slovénie. Donc non, c'est cool. Ok. vraiment, c'est une belle liberté.
SPEAKER_01Donc, tu as une préparation quand même minimaliste, un peu last minute.
SPEAKER_00Moi, je suis très mauvais en
SPEAKER_01organisation.
SPEAKER_00Je suis très, très mauvais. Mais c'est pour ça que c'était un gros défi le projet dans le désert en Bolivie parce que du coup, ça m'a forcé. Au début, j'étais tout seul. Je me suis dit, je vais partir tout seul, j'aurai ma GoPro, mon petit drone et c'est bon. Et donc, je ne vais pas risquer la vie de quelqu'un d'autre. Mais après, le projet a un peu grossi sans que sans le vouloir, ça s'est fait comme ça en fin de mesure et on s'est retrouvé avec 5 personnes dans l'équipe du coup il y a 3 vidéastes et une scénariste donc il y a 3 vidéastes qui sont venus avec moi dans le désert en Bolivie et là ça a totalement changé ma vision parce que du coup je ne pouvais plus risquer la vie d'autres personnes et donc la nécessité de s'organiser, d'avoir une logistique optimale, c'est imposé et donc c'est pour ça que ça m'a pris autant de temps aussi à l'organiser. Je ne sais plus exactement, ça a peut-être pris 7-8 mois. Parce que je n'avais jamais pris autant de temps. Pour moi, c'était un énorme défi parce que je suis un peu du genre de dire du jour au lendemain, je peux partir dans une aventure. Et là, de faire 6-7 mois juste à programmer, à appeler des gens, à avoir... J'avais une équipe logistique quand même. J'avais un sponsor logistique Terra Bolivia qui était en Bolivie du coup et qui m'expliquait sur... Si l'itinéraire que j'avais choisi était safe, s'il fallait changer, s'il fallait voir un autre itinéraire. Donc là, j'ai été aiguillé vachement sur ça. Donc c'était bien. Mais c'est vrai que la partie logistique, moi, j'avoue que je ne m'embête pas trop. Et en fait, je pense que c'est vachement un danger aussi la logistique. C'est que souvent, on veut avoir le meilleur matériel, le meilleur itinéraire. Et comme Mike Horn le dit, on a juste besoin d'avoir 5% des réponses à ce qu'on se pose et 95% vont arriver... fil de l'aventure. Et moi, je ne me pose pas trop de questions. J'y vais, je prends le matériel, j'imagine les scènes qui peuvent passer. Par contre, du coup, je travaille beaucoup avec l'imagination. Dès que je vais marcher, par exemple, chaque jour, je fais une marche matinale, et je passe beaucoup de temps à imaginer. Et pour moi, l'imagination, c'est le pouvoir le plus sous-estimé du monde, parce que c'est un pouvoir gratuit, que chacun en soit, mais qui décuple des capacités qui sont assez foues. Et je pense que dans les les athlètes que tu reçois, ça doit être ça aussi, le pouvoir de mentaliser, d'imaginer tout ce que tu es capable de faire, toutes les situations qui vont arriver, et pouvoir les éviter ou les contourner. Moi, ça me sert vachement. Par exemple, avant chaque expédition, ce que je fais, c'est que je fais une grande liste de tout ce qui pourrait arriver, de mal, dans l'expédition. Par exemple, ça, en Bolivie, je l'avais fait. Et donc, je mets tout ce qui pourrait arriver, tout ce qui est mort, blessure, le fait de rencontrer des mauvaises personnes, d'être agressé, bref, plein de choses. Et après, j'ai deux colonnes en disant« Ok, j'ai cette situation qui arrive, comment je peux l'éviter
UNKNOWN?
SPEAKER_00» Et donc, en fait, je passe un temps à visualiser la scène qui arrive et j'imagine dans ma tête comment je peux l'éviter. Et si si jamais je n'arrive pas à l'imaginer, c'est là que je vais demander à des experts de savoir, en fait, dans ce cas-là, qu'est-ce qu'il faut faire, tu vois. Donc, je vais peut-être demander sur les forums, je vais regarder des vidéos sur comment les gens feraient dans ce cas. Et du coup, après, une fois que j'ai l'information, je me remets sur mon lit et je réapprends à visualiser la scène avec cette nouvelle information. Donc, je fais ça. Donc, ça, c'est pour prévenir pour éviter que ça arrive. Et je fais une autre colonne, c'est que Si jamais ça arrive, par exemple, toi, de me blesser, qu'est-ce que je fais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Donc là, j'imagine, je suis dans le désert, je tombe et je me casse le bras. Qu'est-ce que je fais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et donc, pareil, là, je visualise. Je me vois dans le désert, je sors le GPS de secours, mais il est dans ma poche. Mais du coup, la poche gauche, où est-ce que c'est
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ah, mais d'une merde, il est dans mon sac. Donc là, il faut que je mette le GPS dans mes poches tout le temps, accroché à un crochet pour qu'il soit toujours accessible, pour que je puisse appeler les secours. Et donc, je visualise tout ce qui pourrait bloquer ce que je pourrais faire.
SPEAKER_01Super intéressant.
SPEAKER_00Et donc, je fais ça sur plein de choses. Sur tous les points que j'ai, je fais ça. donc ça prend beaucoup de temps d'imagination donc à chaque fois que j'ai un temps de repos je m'imagine je vais me faire les yeux donc je ne suis pas trop préparatif en tant que tel mais je me prépare dans ma tête
SPEAKER_01gros travail de visualisation
SPEAKER_00c'est ça exactement
SPEAKER_01super intéressant j'ai reçu plusieurs fois sur le podcast Rémi Camille grand grand aventurier français qui je le mentionne souvent parce que Enfin, je sais que c'est quelque chose que moi, je ne faisais pas dans des projets qui n'ont pas eu toute l'envergure de ceux de Rémi ou des tiens. Mais bref, il parle souvent de l'après-projet qui a un peu trois grandes phases. Tu vois la phase de préparation, la phase d'exécution et puis la phase d'après-projet qui est super importante pour digérer, pour faire ses apprentissages. Du coup, est-ce que ça, toi, tu l'intègres
UNKNOWN?
SPEAKER_01Donc, on a bien compris la phase préparation, ce n'est pas forcément là où tu passes le plus de temps, en tout cas quand tu pars solo. Mais est-ce que sur la phase de réflexion, le fait qu'il y ait ce volet, tu vois, créatif dans tout ce que tu fais, qu'est-ce que ça implique une fois que tu es de retour en termes de traitement, tu vois, de communication, de partage, etc.
SPEAKER_00Bah, écoute, c'est une super bonne question. C'est vrai qu'à chaque fois que je reviens, je me dis putain, j'ai très mal géré mon retour. C'est vrai. À part en Bolivie, là, quand je suis revenu, j'ai un peu mieux parce que du coup, j'avais d'autres bagages. Ça fait la quatrième expédition à la Bolivie, c'était la cinquième, donc c'est vrai que je commençais à avoir des retours, mais c'est vrai que pour les gens qui écoutent, c'est que dans une expédition, c'est des émotions super fortes, des souvenirs incroyables, et en fait, c'est vraiment l'extrême, l'extrême du ressenti, et en fait, le retour, c'est l'extrême dans l'inverse, l'extrême de ne rien sentir. Parce qu'en fait, tous les trucs de la vie quotidienne paraissent banals, paraissent ennuyants, paraissent chiants Du coup, il y a vraiment une retombée directe, très rapide. Et en fait, moi, ce que j'imagine maintenant, parce que du coup, même si la Bolivie, quand je suis revenu en Bolivie, ça allait un peu mieux. Après, peut-être pour imager, en fait, ce que j'ai vécu, c'est que toi, en Bolivie, c'était trois mois de traversée dans le désert sur 900 kilomètres. Il y a eu un accident, enfin, on va dire qu'il y a eu deux accidents de vidéastes. Un accident d'un premier vidéaste qui s'est foulé la cheville et du coup, qui a dû abandonner le projet. Il y a un deuxième accident d'un vidéaste qui, lui, tombait sur le désert, la tête la première et donc qui a fait un malaise, on a dû appeler les secours, donc ils sont venus dans le désert, donc c'était assez complexe, tu vois, une émotion. Il y a eu, en fait, il faut savoir aussi que toi et que j'allais, je marchais dans le désert, j'allais dans un village, je ne savais pas où j'allais dormir, ce que j'allais manger, ce que j'allais boire, si j'allais trouver de l'eau, qui j'allais rencontrer, si j'allais faire des interviews ou pas, enfin bref, c'était vraiment l'inconnu le plus total, quoi. Et faire ça pendant trois mois, c'était incroyable, mais c'était épuisant. épuisant, même niveau nourriture, parce que souvent, la plupart des aventuriers-explorateurs, en fait, dans les expéditions, ils sont autosuffisants, et ils mangent des rations oléophilisées, mais qui sont souvent très bonnes. Il y a un côté où c'est cuisiné, au niveau gustatif, c'est bon, et ils savent ce qu'ils vont manger, au niveau du goût, quand ils marchent. Moi, en fait, quand je marchais, j'avais aucune idée de ce que j'allais trouver dans le village. Donc des fois, je me retrouvais avec des chips, avec des biscuits dégueulasses, avec du quinoa pas cuit, avec... Du coup, niveau mental, c'était complexe et du coup, j'ai vachement maigri. Et donc, en fait, quand je suis revenu, quand j'ai arrêté le projet, j'étais dans un émerveillement total parce que chaque jour, j'étais heureux et épanoui et émerveillé. Mais en même temps, j'avais mon corps qui était affaibli au plus possible. Et je le ressentais vachement. Et ça, c'est marrant parce que le jour où j'ai arrêté l'expédition, je suis tombé malade. Grosse fièvre. Ça,
SPEAKER_01c'est
SPEAKER_00le classique. Ah oui, direct. Et quand je suis revenu chez mes parents pour me reposer, ça me faisait rigoler, mais je marchais... 20 mètres dans la maison, j'étais fatigué et j'allais me coucher. Et je faisais ça, je passais mon temps à dormir et je marchais jusqu'à quelques mètres et j'étais épuisé et je revenais me coucher. Et ça, ça a fait ça pendant un, deux, trois mois. Enfin, un mois, c'était vraiment ça. C'était vraiment un repos total. Et je sais qu'en fait, le repos, ça équivaut à la longueur de l'expédition. Donc, le repos est à peu près de trois
SPEAKER_01mois. Ok. Ah, c'est ça, toi, le ratio que tu as en tête
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pour moi, c'est à peu près
SPEAKER_00ça. Mais maintenant, tu vois je me dis ce qu'il faudrait que je fasse c'est que maintenant j'aurais mieux acheté une petite maison dans la montagne et dès que je reviens d'expédition je vais pas chez mes parents je vais pas chez des amis je vais pas voir d'autres personnes c'est que je me réfugie dans ma petite cabane dans la montagne un peu comme dans un sas je je digère ce que j'ai ressenti ce que j'ai accumulé et après je me réouvre au monde parce qu'en fait raconter l'expédition euh direct à la famille et aux amis. C'est...
SPEAKER_01Ouais, ouais, ouais. On était encore à moitié là-bas et puis... t'as pas encore processé t'as pas d'énergie puis surtout je trouve que ce qui est difficile encore une fois j'ai pas du tout fait autant de choses que toi en tout cas dans des coins aussi reculés mais c'est que en fait quel que soit le format je pense quand tu sors de ton quotidien d'une zone tu vois un peu de confort de ta routine etc bref quand tu fais quelque chose qui est pas forcément ce que font la plupart des gens autour de toi en fait c'est très compliqué je trouve de leur dire expliqué à chaud ce que t'as vécu ou ce qui s'est passé tu vois toi t'es encore dans l'émotion t'es encore dans tu vois t'as tous les chakras ouverts les sens en éveil bref t'en as pris plein les yeux et là ton retour bah en fait le monde a continué d'avancer normalement et quand t'essaies d'expliquer aux gens que tu t'es retrouvé dans le salard de Youni avec le soleil qui se couche une mer de sel etc bah en fait les gens ils captent pas tu vois ils sont en train de penser à leur rendez-vous au beurre qu'ils ont oublié d'acheter enfin et je trouve que cette phase elle est toujours très compliquée parce que tu retrouves revient en disant il y a cette envie de partage et puis en fait en face il n'y a pas toujours nécessairement le même niveau d'engouement tu vois d'enthousiasme de fou que toi tu peux ressentir pour ton
SPEAKER_00projet ouais clairement mais tu vois justement il y avait un il y a quelqu'un qui m'a dit un jour que les moments les plus difficiles c'est pas tellement quand t'es dans des échecs il y a personne pour te consoler mais c'est quand tu trouves personne pour fêter les victoires il y a personne qui comprend tes victoire. Et ça, c'est vrai que c'est un sentiment qui est compliqué. Parce qu'en fait, mes parents, quand je pars dans le désert et que je fais un film, tout ça, ils ne sont pas genre« Waouh
UNKNOWN!
SPEAKER_00Ok, je comprends pourquoi c'est une victoire.
SPEAKER_02» Parce
SPEAKER_00qu'en fait, ils n'ont pas vécu ce que j'ai vécu. Et c'est normal. Mais c'est vrai que du coup, c'est spécial de ne pas pouvoir fêter la fin d'une expédition qui a été tant difficile à préparer à réaliser, niveau peur, il ne faut pas croire, moi je suis effrayé avant de partir.
SPEAKER_01Par
SPEAKER_00quoi généralement
UNKNOWN?
SPEAKER_00Par l'inconnu, je pense qu'en plupart des gens. J'ai un tempérament timide aussi, je suis super timide, donc c'est vrai que quand je me dis je vais aller parler des inconnus dans un désert, le truc aussi c'est que toi je parlais pas espagnol, je parlais pas aymara, et je me suis dit que j'ai pas envie de prendre l'interprète, j'ai pas envie de couper la communication entre deux personnes. Et donc j'ai fait les interviews moi-même, sauf que... je comprenais pas ce qu'il disait. Donc on filmait, tu vois. J'avais appris des questions que je voulais donner, qu'on m'avait appris, et j'annonce que je l'avais répétées, répétées avec l'accent. Bon, ça, je le savais bien. Mais les réponses qu'il m'a apportées, des fois, je les comprenais pas. Mais j'ai dit, c'est pas grave, c'est marrant. C'est marrant, et c'est pas grave, on communique d'une autre façon, tu vois. On communique par la gestuelle, par la peinture, je comprends ce qu'il voulait dire par la peinture, ensuite, tu vois. Ou alors, il va me montrer directement en montrant du doigt si jamais je comprends pas enfin bref il y a plein de façons de comprendre et je me suis dit ok c'est pas un frein en fait la langue de pas connaître la langue et moi c'était vachement libérateur et toi j'espère que ceux qui écoutent j'espère qu'il y a un côté plus libérateur de dire qu'il n'y a pas forcément besoin de parler la langue pour voyager pour faire des documentaires pour faire en fait ce qu'ils veulent il y a juste besoin d'avoir envie de le faire
SPEAKER_01ça clairement le coup de la langue c'est génial ton témoignage parce que ça typiquement c'est un truc je pense qui m'aurait peut-être un peu bloqué pas nécessairement pour le voyage l'aventure mais un projet qui implique de rencontrer les gens et d'initier un processus créatif c'est juste génial de voir que c'est carrément faisable et que tu t'éclates à travers ça et qu'il n'y a pas besoin de maîtriser la langue mais ouais je pense que ça fait partie des freins que pas mal de gens pourront avoir le coup de la langue ouais clairement clairement clairement Excellent. Qu'est-ce qui arrive du coup
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est quoi les prochains projets
UNKNOWN?
SPEAKER_01Même si, encore une fois, la préparation, on a bien compris que c'est plutôt à court terme à chaque fois, mais est-ce qu'il y a des formats d'expédition, d'aventure, sans forcément que tu aies déjà les destinations en tête
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce qu'il y a des formats que tu as envie de
SPEAKER_00réaliser
UNKNOWN?
SPEAKER_00Écoute, là, j'ai pas mal d'envie. Là, du coup, je suis en train de réaliser mon premier film. Génial. Qui est une énorme épreuve, après. Parce qu'en fait, autant j'avais... J'avais créé plein d'expéditions avant. Cette expédition en Bolivie, c'était une surprise, parce que du coup, c'était de créer un film, de faire tout de A à Z, mais j'avais déjà quand même des prérequis, j'avais déjà des petites connaissances. Et surtout, c'était le fait de pouvoir m'émerveiller, de rencontrer plein de personnes, d'émerveiller les autres, donc c'était vraiment dans le concret, dans le réel. Autant le film, c'est un gros défi, parce qu'en fait, moi j'ai toujours eu du mal de partager les choses. Alors quand je dis partager, Partager, c'est vraiment sur les réseaux, en blog, en newsletter, tout ça. En partage face à face, j'adore. Mais j'ai toujours eu plus de mal à partager sur les réseaux. D'ailleurs, c'est pour ça qu'on ne trouve pas trop de mes autres expés parce que déjà, je pense que je le faisais d'abord pour moi, pour me rassurer de plein de choses avant, pour découvrir le monde aussi. Je n'avais pas trop l'envie au tout début de partager. Là, du coup, je ressens vachement l'envie parce que je me rends compte que le monde pourrait être un meilleur endroit si tout le monde pouvait être créatif, imaginer son monde, dépasser ses peurs. recréer du lien avec les gens et donc le film que je suis en train de faire c'est avec Nikita qui est une scénariste donc là on en fait à deux pour l'instant donc il y a un trailer qui est sorti qui s'appelle Les Rêves du Désert et le film sort fin mai début juin Et le but, c'est vraiment qu'après que je fasse vivre le film, pour moi, le film, c'était pas tellement le souhait de faire un film, mais c'était plus de créer un élément qui permet de créer du lien, tu vois, de faire plein d'événements après, pour rencontrer des gens, de pouvoir aller au festival pour rencontrer des gens, de revenir en Bolivie pour revoir ceux qui sont dans le film, pour leur montrer aussi. Donc c'était vraiment, pour moi, un catalyseur, en fait, de lien social, le film. Et donc, en fait, c'est un peu ce que j'ai envie de faire, tu vois, c'est un... Là, je commence un peu à re-réveiller de pouvoir faire un tour de France et de pouvoir aller dans le plus d'écoles possibles pour pouvoir montrer ce film-là, qui est un film qui nous réveille sur le pouvoir de notre créativité, le pouvoir de notre imagination, et que s'émerveiller, c'est un besoin qu'on a et qu'on devrait tous essayer de remplir. Moi, je pense que, voilà, c'est... Il y a une phrase que j'aime beaucoup, qui dit, quand on cesse de s'émerveiller, on cesse de croire dans la vie. Et je le vois beaucoup autour de moi, de gens, justement, qui ne sont pas émerveillés, qui sont en burn-out, parce qu'en fait, il n'y a plus de nouveauté, il n'y a plus de surprise. Et donc, moi, il y a un peu, tu vois, trois points que j'essaie de travailler dans le film. C'est la créativité, le renouer avec le lien humain et les surprises nouveautés. De s'offrir des surprises et de la nouveauté au quotidien. Et donc voilà, je fais ça, ce film-là. Et à côté, j'anime des ateliers pour reconnecter les gens à leur imagination. Et mon but, en fait, c'est de se dire l'imagination, c'est le pouvoir qu'on a le plus sous-estimé. Et quand tu sais imaginer, tu peux tout faire. Et donc mon but, en fait, c'est que j'utilise une méthode qui permet de d'imaginer ce que tu as comme vie actuellement. Donc en fait, tu fais un peu le constat à l'image en dessinant sur comment est ta vie. L'avantage, c'est que tu mélanges des images avec de l'écrit, ce qui permet de faire travailler les deux parties de ton cerveau. Donc en fait, dès que tu vois ta vie actuelle résumée sur une feuille A4, avec des images et des mots, mais en fait, ton cerveau directe l'analyse et crée une émotion. Donc tu vois direct en fait ce que c'est, ta vie actuellement. Donc ça peut être comment va ton boulot, comment va ta vie sociale, tu vois. Donc tout ça, tu le dessines, et en le dessinant, tu fais le chemin entre ce que tu imagines, les pensées un peu volatiles qui, à chaque fois, partent et reviennent, tu vois, et les concrétiser dans la réalité, dans la matière. Donc à la fois, tu peux les partager aux autres, ce que tu ressens de ta vie actuelle, mais à la fois tu les partages à toi-même chaque jour, tu peux regarder ta feuille. Et donc on fait ce même exercice pour ta vie future ensuite, en disant, ben voilà, qu'est-ce que ça pourrait être
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et du coup, pareil, le fait de te projeter dans ton imaginaire de ce que tu pourrais être, et de l'ancrer dans la réalité en le dessinant, et en écrivant des mots, fait qu'en fait, tu visualises vachement mieux ce que tu... dans la direction que tu voudrais avoir. Donc le but c'est pas d'atteindre ce but, le but c'est juste de donner une direction vers ce que tu voudrais être ou avoir. Donc voilà, je fais ça. J'ai un peu le film et ses ateliers à côté pour essayer de faire de mon mieux pour faire un meilleur monde.
SPEAKER_01Excellent. T'as déjà une idée du nom du film, par curiosité
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ouais, le nom
SPEAKER_00du film, c'est Les rêves du désert.
SPEAKER_01Les rêves du désert.
UNKNOWNOk. Génial.
SPEAKER_01Génial. Eh bien, écoute, c'était absolument fascinant, Léo. S'il y a des gens qui sont intéressés justement par tes ateliers ou qui veulent être au courant de la sortie du film dès que ça arrive, c'est quoi le plus approprié pour rentrer en contact avec toi, pour suivre ce que tu
SPEAKER_00fais
UNKNOWN?
SPEAKER_00S'il y en a des gens, en fait, vous pouvez aller directement sur mon site internet. Ça s'appelle leojolly.com. Donc là, il y a différents ateliers. Et sinon, pour le film, c'est lerevesdudesert.com. Là, vous aurez toutes les
SPEAKER_02infos sur
SPEAKER_00le film. Si vous voulez, par exemple, vous inscrire à la newsletter qui donne toutes les infos sur comment je réalise le film. Donc, j'essaie de donner vraiment toutes les étapes de A à Z sur comment j'ai créé l'expédition, comment je fais la bande-annonce, comment je fais le film. Et donc là, ça devrait sortir bientôt. Et donc, j'essaie de donner vraiment des méthodes pour que chacun puisse se dire, en fait, ah, ok c'est facile, je peux le faire donc voilà c'est un peu ces deux éléments
SPEAKER_01les liens sont en description de l'épisode qu'est-ce que c'est, attends je suis sur le site c'est quoi cette photo, c'est une patte d'ours là avec les énormes griffes
SPEAKER_00ouais c'est une patte d'ours c'était dans les Balkans et moi mon rêve, il faut savoir mon rêve c'était de voir un ours en vrai et quand j'étais en fait, j'ai fait un petit voyage aux Etats-Unis, dans les Vermonts Vraiment, c'est rempli d'ours. Et je passais mon temps, j'étais hébergé dans une famille des amis, et je passais mon temps à chercher les ours le week-end parce que je m'ennuyais. Et ma famille me disait, mais non, mais ne va pas où il y a des baies, tu vois, c'est dangereux. Et justement, j'allais au bord des rivières parce que justement, ils s'abreuvent. J'allais justement là où il y avait plein de buissons avec des baies parce que je voulais en voir, tu vois. Et moi, je suis fasciné par la vie sauvage aussi tu vois de rencontrer face à face un ours c'était un rêve et du coup la patte d'ours en fait c'est un chasseur qui m'avait hébergé dans les Balkans et un jour je m'assois sur une chaise par hasard et en fait c'était une peau d'ours donc avec les griffes et il m'a dit tu vois ces griffes là ça fait vraiment des griffes de World War In elles sont énormes et Et il m'a dit, tu vois là, si jamais t'en rencontres, il faut vraiment que tu fasses des feux chaque soir. Parce que ça, si t'as quelque chose autour de toi, cette bête-là autour de toi, mon gars, fais gaffe, quoi. Et à partir de ce moment-là, je faisais des feux chaque soir. Mais par contre, dans les Balkans, j'ai vu un loup. J'ai vu un loup à 50 mètres de
SPEAKER_02moi.
SPEAKER_00Et c'était une des plus belles rencontres que j'ai faites.
SPEAKER_01Incroyable. Les voyages. Fascinant. Eh bien, écoute, Léo, merci beaucoup pour tout ce que tu as bien voulu partager. C'était super intéressant de découvrir la manière dont tu explores le monde et l'impact que tu as envie de laisser. C'était juste génial. Est-ce que toi, il y a un message que tu voudrais faire passer en conclusion d'épisode
UNKNOWN?
SPEAKER_01On a parlé de pas mal de choses, mais est-ce qu'il y a quelque chose en particulier qui te semble important de repréciser ou de préciser si on n'en a pas encore parlé
UNKNOWN?
SPEAKER_00la première déjà merci Loïc pour l'animation pour les questions et la deuxième je pense que moi en fait c'est très simple c'est le fait de se dire une fois que tu considères que t'es créateur et que t'as pas besoin de le devenir que tu l'es déjà en toi je trouve que ça ouvre tellement de portes c'est de se dire au lieu de dire il faut que j'apprenne le dessin je sais déjà dessiner alors peut-être que je dessine pas comme je voudrais le dessiner ça c'est différent mais de se dire je sais déjà dessiner c'est un changement de mentalité qui est fou c'est vraiment le message c'est vraiment pour moi un message simple mais qui change pour moi la créativité être artiste ou extra-explorateur ou ce qu'on veut parce qu'en fait tu vois l'explorateur artiste c'est un mot que j'ai inventé et du coup c'est marrant parce que les gens me disent toi tu inventes des mots comme ça oui c'est ma réalité j'invente ce que je...
SPEAKER_01t'es créatif
SPEAKER_00ouais je veux devenir ou ce que je suis et c'est ok tu vois Et je pense que quand tu changes ta propre réalité, comment tu vois les choses, la réalité des autres change aussi. Enfin, comment ils te voient. Parce qu'en fait, je le rappelle, tu vois, la première fois où j'avais vachement de mal à porter explorateur artiste, j'ai imprimé un t-shirt, je suis allé dans un festival, j'avais mon petit logo, explorateur artiste, et j'étais terrifié. Je me suis dit, putain, mais qu'est-ce qu'ils vont dire
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ils vont tous venir me voir. Mais qu'est-ce que tu fous avec explorateur artiste
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est quoi ce mec
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et en En fait, les gens sont venus me voir en me disant« Ah, explorateur artiste, ça veut dire quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00» Et du coup, j'ai expliqué. Et en fait, je me suis rendu compte que la chose dont on a le plus peur, c'est qu'en fait, les gens posent plein de questions et qu'on ne sache pas y répondre. Mais en fait, c'est juste ça. Pour moi, c'est le message que je voudrais faire passer. Vous êtes tous des créateurs.
SPEAKER_01Génial. J'adore. Écoute, une fois de plus, merci beaucoup Léo. Excellente conversation. continuation à toi, bonne prépa pour tout ce qui arrive, hâte de voir notamment le film et puis tu me tiens au courant
SPEAKER_00de tout ça Merci beaucoup Loïc pour l'animation comme je l'ai dit tout à l'heure je trouve que c'est chouette d'avoir une conversation qui était plus dirigée vers mon expérience mais on fera la conversation par Whatsapp ensuite sur ta
SPEAKER_01vision des choses Merci beaucoup Léo, à bientôt A plus Merci d'avoir écouté cette conversation avec Léo jusqu'au bout. J'espère qu'elle vous aura intéressé. Si c'est le cas, n'hésitez pas à la partager autour de vous. Si vous appréciez le podcast, vous pouvez soutenir Les Frappés de différentes manières. La première, c'est tout simplement en vous abonnant, en laissant une note ainsi qu'un commentaire sur votre plateforme d'écoute. Ensuite, vous pouvez également rejoindre le groupe des Tippers. Ce sont les auditrices et auditeurs qui soutiennent financièrement le podcast. Et c'est à partir de 1€par mois. Le lien est en description. Enfin, vous pouvez tout simplement partager Parlez du podcast à fond autour de vous pour qu'encore plus de gens osent se lancer. Je vous dis merci pour votre fidélité. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode où on va partir en mer avec un binôme de skippers.