Tu vas t'allonger, tout va bien, l'horizon est clair, et puis ta sieste dure un peu plus longtemps que prévu. Je me réveille clairement dans le cosmos, en panique, et puis réveillé par le bruit du diesel, limite l'odeur de l'échappement du gars que je viens de raser.
SPEAKER_01On alterne comme ça, il y en a toujours un qui recharge ses batteries pendant que l'autre les utilise.
UNKNOWNMerci à tous.
SPEAKER_02Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irrévocables dans vos vies. Loïs et Charlotte ont grandi bercés par le bruit des vagues de leur Bretagne natale. La mer, ils en ont d'abord fait, enfants, un terrain de jeu, de découverte et d'exploration. Aujourd'hui, c'est leur métier. Skippers professionnels, ils prennent le départ de courses au large emblématiques depuis plusieurs années. La gestion du sommeil, la phase de préparation, la communication au sein de l'équipage, autant de sujets sur lesquels ils engrangent de l'expérience pour un jour comme tant de marins français qui ont marqué leur époque avant eux, espérer se confronter à des épreuves de légende comme le Vendée Globe. Je vous souhaite une excellente écoute, mais juste avant ça, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui ont décidé de soutenir financièrement les frappés via la plateforme Tipeee. Chaque euro contribue à couvrir une partie des frais de fonctionnement du podcast et nous permet de nous rapprocher un peu plus de l'indépendance totale des frappés. Si vous souhaitez vous aussi soutenir le podcast, rendez-vous sur tipeee.com C'est tipeee.com les-frapper, le lien est en description. Merci à vous
UNKNOWN!
SPEAKER_02Vous êtes sortie en mer ce matin ou non
UNKNOWN?
SPEAKER_02Aujourd'hui, c'est journée
SPEAKER_01média. Oui, c'est journée média
SPEAKER_02plutôt, oui. Yes. Parce que vous organisez, par curiosité, vous organisez vos semaines combien de temps à l'avance
UNKNOWN?
SPEAKER_02Là, typiquement, ça s'est fait assez rapidement. Enfin, pour moi, avec mes standards, ça s'est fait assez vite, le calage de l'interview. Mais vous les construisez combien de temps à l'avance, vos
SPEAKER_01semaines, vous
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ça dépend. On a un planning de course, déjà, de compète qui est calé à assez tôt dans l'année. Et puis après, on utilise ce planning-là de course qui est fixe pour intercaler deux ans, des semaines d'entraînement ou des semaines de repos ou des journées plus médias.
SPEAKER_02Ouais. Voilà.
UNKNOWNOK.
SPEAKER_02Ok, ok, fabuleux. En tout cas, je suis absolument ravi de vous recevoir sur le podcast Charlotte et Loïs. Bienvenue sur Les Frappés. Géographiquement, vous êtes au même endroit, si j'ai bien compris. Enfin, vous n'êtes pas dans la même pièce, mais vous êtes dans le même bâtiment, c'est ça
UNKNOWN? Non, du coup, finalement, non.
SPEAKER_02Ah, finalement, non. Ok. Mais en
SPEAKER_01Bretagne. Tous les deux en
SPEAKER_02Bretagne, oui. Excellent, fabuleux. Alors, on va parler de plein de choses, mais principalement de course au large, puisque c'est ce que vous faites de cet univers que je connais assez peu, mais qui est assez fascinant j'ai eu plusieurs invités d'ailleurs depuis le début de l'année j'ai l'impression que je suis en train de prendre un virage course au large sur le podcast j'ai eu Sacha Lagnès qui est venu nous parler alors c'était la deuxième fois que je la recevais je vous donne les noms parce que je découvre aussi que le milieu de la voile c'est un petit milieu donc très certainement vous les avez croisés Sacha qui est venu nous parler de sa mini transat et j'ai eu Sam Goodchild qui est venu nous parler de tout son parcours et puis du Vendée Globe à venir donc je suis très content de vous recevoir pour continuer sur cette lignée de skippers et skipeuses en course au large peut-être qu'on peut commencer par ça comment est-ce que vous vous en êtes retrouvé à prendre le départ de grosses courses, de courses mythiques telles que celles auxquelles vous participez c'est quoi un peu votre histoire votre rapport à la mer et en particulier avec la course au
SPEAKER_01large
SPEAKER_00tu commences
SPEAKER_01Loïs
SPEAKER_02ou quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Grosse
SPEAKER_02question, grosse question tout de
SPEAKER_00suite. Grosse question tout de suite. Non, en ce qui me concerne, ça s'est fait assez naturellement, si on peut dire, mais en fait, moi, j'ai eu la chance de grandir en Bretagne Sud, en Bête-Quibron, et C'est vrai que c'est un terrain de jeu qui est assez connu pour la voile de manière générale. Et... et puis il y a quelques années c'était un peu la Trinité sur mer c'était un petit peu la mecque de la course au large maintenant les projets ont plutôt migré vers l'Orient mais quand j'étais petit que je me promenais sur le port de la Trinité avec mon petit carlet pour pêcher les je ne sais quel poisson du port de la Trinité en fait on les voyait se préparer à l'époque c'était beaucoup des multicocs des grands multicocs de course au large et on les voyait se préparer ou partir régater, ça nous faisait quand même bien rêver. En plus, j'ai eu la chance d'avoir mon père qui naviguait beaucoup. Du coup, je naviguais en croisière plutôt, mais je naviguais déjà tout petit. J'ai tiré mes premiers bords à la Trinité-sur-Mer, dans le chenal de la Trinité. Et puis, j'ai commencé la compétition petit à petit. Je suis toujours licencié au Yacht Club de Carnac, juste là où j'ai grandi. Et puis, au fur et à mesure, j'ai fait des régates, des régates. Et puis, au début, c'était plutôt dans le Morbihan. Puis après, c'était Régional en Bretagne. Après, c'était les championnats de France, les championnats d'Europe, les championnats du monde. Donc ça, c'était plutôt en voile légère, ces petits bateaux. En ce qui me concerne, c'était les petits catamarans de sport. Et puis, ça n'a pas trop mal marché. Et j'ai commencé à faire un peu de course au large plutôt en étant... en étant mousse, en étant équipier. J'étais assez jeune sur les bateaux. J'ai fait plusieurs trucs. Après, course du Fastnet, des convoyages, et toutes sortes de choses. Et puis, je me suis lancé en Figaro, donc la classe dans laquelle on évolue tous les deux avec Charlotte cette année, il y a six ans. Et voilà, j'y suis toujours. Et puis, petit à petit... J'essaye de progresser chaque année et de gagner des courses.
SPEAKER_02Figaro, juste pour préciser, c'est quoi les caractéristiques de cette
SPEAKER_00classe
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, la particularité de cette classe, c'est que c'est une classe monotype, one design. Tout le monde a le même bateau. Déjà, c'est assez rare. Donc en fait, il y a des paramètres sur lesquels on peut jouer, notamment la forme des voiles ou des petites choses comme ça. Mais grosso modo, les bateaux sont vraiment tous identiques. Et donc du coup, c'est à armes égales. Et l'idée, c'est vraiment que ce soit le marin qui... qui fassent la différence et voilà après la différence elle se fait sur le nombre d'heures qu'on peut travailler à se préparer, à naviguer à s'entraîner et puis l'expérience qu'on accumule au sein de cette classe donc voilà, grosse particularité génial,
SPEAKER_02trop bien merci Loïs, Charlotte du coup ton histoire à
SPEAKER_01toi et ben moi ça Ça a commencé assez jeune aussi parce que j'ai une famille quand même assez proche de la mer. Mes parents basaient à côté de Morlaix. Donc, j'ai démarré mes premiers pas sur l'eau dans la baie de Morlaix. sur le petit bateau familial, en croisière, les week-ends ou pendant les vacances. C'était vraiment une ambiance plus croisière. Mon père suivait à fond les courses au large et tout ça, mais lui, il ne faisait pas tellement de courses ou des petites courses locales. Mais par contre, passionné de la mer, des petits tours sur l'eau, la pêche à pied, dès qu'il y avait la marée, les balades au bord de la mer. C'est un environnement... hyper familier
SPEAKER_03quoi
SPEAKER_01hum et moi j'ai bien accroché j'ai demandé assez vite de m'inscrire à l'école de voile pour pouvoir être plus souvent sur l'eau commencer les régates et puis après ça s'est enchaîné un peu comme Loïs niveau départemental niveau bassin d'abord les petites courses entre clubs dans la baie de Morlaix puis départemental, régional je suis rentrée en sport et études au lycée à Brest au Pôle Espoir de Brest en même temps en parallèle et là je faisais moi du dériveur double du 420 et puis voilà et puis ça a continué à grimper un peu en niveau national international les championnats d'Europe championnats du monde et tout ça et puis en 470 donc un mâtoir un tout petit peu plus grand qui est représenté aux Jeux Olympiques donc là je suis passée au Pôle France donc les compétitions étaient de plus en plus Et c'était de plus en plus intense. Et en parallèle de ça, dès que j'avais du temps libre, j'essayais d'aller naviguer sur d'autres bateaux parce que plus j'étais sur l'eau et plus j'étais contente, en gros. Et voilà, donc je faisais un peu de match racing, un peu de navigation en équipage. Et puis au fur et à mesure, des convoyages aussi, des navigations de nuit. J'avais envie d'aller toujours un peu plus loin. Et puis à un moment donné, je me suis posé la question de est-ce que je continue dans la voile légère dans l'olympisme ou est-ce que j'essaye de me lancer vraiment dans la course au large
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et ce qui est un peu... Un gras en olympisme, c'est qu'en voile, en tout cas, il n'y a qu'un seul équipage par série qui est sélectionné au jeu. Donc tu peux... En fait, c'est super intense, donc tu progresses énormément en tout ce qui est stratégie, tactique, technique et tout ça. Mais il n'y a qu'un seul équipage sélectionné pour aller aux olympiques à la fin. Et du coup, devant moi, le... c'était un peu bouché. Il y avait des équipages super forts français qui étaient là déjà depuis quelques années et qui avaient encore quelques années devant eux pour les Jeux. Le niveau était un peu élevé. À ce moment-là, je me suis dit que c'est le bon moment pour essayer de tester autre chose et de me lancer un peu dans l'inconnu, dans la course au large. On verra bien où ça me mène. Je suis partie pour me présenter à toutes les sélections possibles pour des projets de course au large jusqu'à Jusqu'à ce que ça fonctionne, quoi. Et ça fait, du coup, maintenant, ma quatrième année sur le circuit Figaro.
SPEAKER_02Génial. Alors Loïs, il me semble que toi aussi, tu as une histoire avec les jeux, non
UNKNOWN?
SPEAKER_02Tu étais aussi dans un cursus préparation des jeux, et puis finalement, la catégorie, si je ne dis pas de bêtises, dans laquelle tu concourais, était plus présente aux
SPEAKER_00jeux
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, alors oui, j'ai synthétisé rapidement, parce que sinon, ça peut prendre du temps, mais en fait, moi, j'étais passionné de multicoque, parce que je le suis toujours d'ailleurs, mais j'étais très...
UNKNOWNChut.
SPEAKER_00Je rêvais vachement de ces grands multicoques océaniques de course au large. Il y avait une vraie dynamique en Bretagne Sud à ce moment-là. Il y avait beaucoup de katas de sport. Il y a le bien connu Obi-416, le SL155. Il y avait le Tornado, qui était un grand kata de sport, qui était le support des Jeux Olympiques. On s'entraînait à l'école nationale de voile à Quiberon et on voyait les équipes de France sortir avec les Tornado. Et donc là, c'était les grands noms de l'époque. Alors, il y avait François Morvan, Xavier Reville, Yann Dichard. Enfin, il y en avait plusieurs. Et nous, forcément, on était dans la catégorie jeune et on voyait ça. On voulait... notre rêve, c'était de participer au jeu et d'être sur ces bateaux-là. Et en fait, l'ISAF, je ne sais plus à quel instant, a décidé de supprimer le kata des JO. Il y a eu une édition sans kata. Et donc, ça m'a poussé à la réflexion de plus retourner vers la course au large. En fait, j'ai voyagé aussi avec mes parents en bateau, parce que quand j'étais petit, il y a 10 ans, j'ai fait ma première recette en Atlantique. On a voyagé un sur un kata avec mes parents et ma soeur autour de l'Atlantique et du coup j'avais vraiment pris le goût encore plus pris le goût du large à ce moment là et donc j'avais toujours ça dans un coin de ma tête et je me suis dit après le kata est revenu mais j'étais déjà parti j'avais déjà switché je voulais déjà faire de la course au large donc du coup c'est comme ça que j'ai assez naturellement basculé je
SPEAKER_02dirais super intéressant et vous diriez pour continuer du coup sur le parcours je suis curieux de savoir qu'est-ce qui vous a amené finalement là où vous en êtes aujourd'hui donc j'ai bien compris que vous avez tous les deux grandi dans un environnement familial et puis aussi géographique où la mer a une place très importante mais pour autant qu'est-ce qui fait que vous avez accroché au point d'avoir des carrières enfin Charlotte tu ne l'as pas précisé mais tu as été championne de France, il me semble bien, plusieurs fois vice-championne de France, vice-championne du monde, des podiums aux championnats d'Europe. Loïs, quand on regarde ton palmarès, c'est hallucinant aussi. Clairement, vous n'êtes plus des navigateurs du dimanche. Qu'est-ce que vous avez trouvé dans votre pratique respective qui fait que vous avez accroché et qu'aujourd'hui, votre projet pro et même votre projet de vie, c'est d'aller encore plus loin. Encore une deuxième grande question. J'attaque avec deux grosses
SPEAKER_00questions. Après, c'est hyper large, mais le premier truc, c'est déjà la course au large. En bateau, de manière générale, il y a une espèce de sentiment de liberté puisque le terrain de jeu, quand on se représente le truc, c'est juste immense. Le rêve de naviguer poussé par le vent, à l'échelle de la planète, il y a quand même beaucoup d'océans qui recouvrent la terre. Donc déjà, ça... ça donne un peu un sentiment de liberté de partir naviguer au large et puis après il y a la dimension compétition qui nous anime énormément et du coup le large moi je trouve que c'est une discipline qui permet vraiment d'allier compétition et aventure et assouvir cette sensation de liberté quelque part donc je pense que c'est le principal motif qui me poussent à me
SPEAKER_02dépasser là-dedans. Aventure et
SPEAKER_01compétition. Oui, c'est clair que c'est incroyable et pas facile à décrire. En même temps, il faudrait qu'on t'embarque une journée avec nous. Oui, carrément. C'est quand même trop chouette d'être sur son bateau, sur la mer, avec juste l'eau autour et ton bateau et tes voiles pour te diriger avec... tu vas où tu veux, tu fais un peu ce que tu veux. Mais en même temps, tu ne maîtrises pas tout parce que tu es dépendant des éléments autour de toi. S'il n'y a pas de vent, tu n'avances pas. S'il y a du courant, tu ne vas pas forcément comme tu veux. Et c'est de composer avec tous ces trucs-là que tu ne maîtrises pas vraiment aussi qui est quand même hyper satisfaisant quand tu y
SPEAKER_02arrives. Oui. Donc, vous diriez qu'il y a aussi une dimension un peu stimulation intellectuelle, le fait de devoir trouver des solutions très, très rapidement avec les moyens du bord
UNKNOWN?
SPEAKER_01et d'autant plus en compétition parce que tu dois trouver des meilleures solutions que les autres pour essayer d'arriver devant à la fin tu dois analyser la météo faire marcher ton bateau plus vite tous ces petits paramètres là et puis en plus sur nos courses on est en double et en solitaire mais en solitaire t'es vraiment du coup le seul maître de ton
SPEAKER_02destin un peu ouais fascinant c'est intéressant ce que tu disais Charlotte qu'il faudrait que c'est difficile d'expliquer je fais souvent le parallèle avec des invités que je reçois qui viennent de l'univers de la haute montagne et quand ils parlent tu vois des émotions qu'ils vivent de ce qu'ils ressentent quand ils sont là-haut c'est pareil souvent il y a un peu tu vois enfin ce qu'ils évoquent c'est finalement il faut le vivre c'est compliqué à expliquer et parce que c'est tellement riche tellement intense tellement le sentiment tu vois ce sentiment de liberté d'évasion d'aventure ça revient souvent aussi mais bon la haute montagne ça me parle un peu plus la voile je vous avoue qu'à part quelques tours d'optimisme dans la baie de Nouméa quand on vivait en Valkédonie voilà j'ai pas dégueu j'ai appris du mal ouais pas dégueu mais bon optimiste
SPEAKER_01quoi donc on va voir de la
SPEAKER_02course au large
SPEAKER_01bah ouais ouais moi c'est la haute montagne c'est un lieu que je connais pas du tout pour le coup Loïs pourra sûrement mieux en parler que moi mais je peux imaginer que ça doit ressembler un peu à ce qu'on peut vivre en mer ouais
SPEAKER_02Tu fais de la
SPEAKER_00haute montagne, Aloïs
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, je n'aurais pas la prétention de dire que je fais de la haute montagne, mais j'aime bien ça. J'aime bien le ski, de manière générale. Et ouais, j'aime bien... déjà je trouve qu'il y a quand même pas mal de similitudes entre la montagne et la mer déjà ne serait-ce que dans la manière de préparer ta journée ou ton expédition ou que ce soit de préparer ta météo en montagne la météo est très complexe mais elle est très prépondérante dans les choix de ce que tu vas faire la météo décide vachement de ce que tu vas faire et de ce que tu vas pouvoir faire ou pouvoir pas faire un peu comme mon bateau quand tu prends la mer et puis après il y a aussi le côté glisse que moi j'adore la glisse de manière générale sur l'eau et donc forcément sur la neige ça me plaît aussi et c'est sympa de faire le parallèle entre les deux d'ailleurs j'ai participé cet hiver à un événement qui est organisé par Eric Loiseau que tu dois connaître de nom peut-être qui a fait plein de choses en bateau et qui a décidé d'orienter plus sa carrière vers la montagne. Bref, il a organisé un événement qui s'appelle Mer et Montagne, qui invite des marins et des professionnels de la montagne, que ce soit des alpinistes, des skieurs, il y a des gens de plusieurs horizons. Et puis du coup, on a fait ça cet hiver, une semaine, et c'était vachement bien de rencontrer des nouvelles personnes qui ont des objectifs aussi, qui sont vachement engagés aussi dans d'autres milieux, mais c'était passionnant. J'ai trouvé qu'il y avait un vrai parallèle et des belles inspirations. Moi, j'ai trouvé pas mal d'inspiration chez certaines personnes et c'était bien chouette. Il y a vraiment une connexion entre les deux, alors que pourtant, c'est deux environnements complètement différents. Il y a des valeurs et des façons de fonctionner qui sont très proches.
SPEAKER_02Je suis assez d'accord. Je pense que c'est de l'engagement aussi. Tu vois, la notion d'engagement total, en fait. Vous, quand vous partez en course au large, là, je pense à la mini-transat où Sacha m'expliquait qu'il n'y a pas vraiment de moyens de communication. Enfin, c'est vraiment, il faut compter sur soi. C'est un peu comme en haute montagne. Selon les situations, les endroits où t'es, il n'y a pas de secours possible. Il faut se débrouiller. Donc, c'est peut-être ça, cette notion d'engagement, le fait d'accepter, de se mettre dans potentiellement des situations ou on est seul maître à bord ou dangereuse mais potentiellement dangereuse qui fait que la haute montagne parle aux marins et j'ai l'impression que la mer parle aux
SPEAKER_00montagnards après je trouve que la montagne est encore plus dure à appréhender on est moins maître j'ai l'impression de beaucoup plus maîtriser sur l'eau qu'en montagne mais après c'est par rapport à quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00à la météo
UNKNOWN?
SPEAKER_00ouais La météo, l'incertitude, les gros risques. Quand je discute avec des guides de haute montagne, il y a quand même souvent des accidents. C'est un métier vraiment à risque. Et donc, leur... leur humilité face aux risques et comparé à l'engagement qu'ils mettent je trouve ça hyper fort et je respecte énormément et je suis assez admiratif de ces gens qui risquent quand même leur vie tous les ans pour montrer rendre la montagne plus accessible mais ouais c'est assez je respecte
SPEAKER_02alors j'ai justement tu parlais de situations potentiellement dangereuses de risques c'est quoi les anecdotes que vous pourriez partager sur des situations en mer alors que soit en solitaire ou je sais pas si vous avez fait vous avez fait beaucoup de choses tous les deux ensemble ou pas encore on l'a pas précisé mais la raison pour laquelle vous êtes deux c'est que vous faites partie d'un c'est quoi c'est une sorte de programme d'accompagnement pour des skippers prometteurs en gros si je présente pas mal allez vas-y
SPEAKER_01c'est la Massif qui a mis en place depuis 15 ans une filière de détection et de recrutement de skippers qui ont déjà un peu d'expérience et un potentiel de résultat on va dire et qui sélectionnent tous les deux ans un nouveau skipper pour l'accompagner pendant un, deux ou trois ans à faire des performances en Figaro et du coup Loïs a été le skipper sélectionné en 2015 et moi ou en 2021 pour la saison 2022 et moi la skipper sélectionnée en 2022 pour la saison 2023 la classe et du coup on a chacun notre bateau on fait les courses en solitaire chacun sur notre bateau mais on a aussi fait des courses en double ensemble sur
SPEAKER_02le même bateau pas plus tard qu'il
SPEAKER_01y a deux semaines pas plus tard qu'il y a deux semaines et c'était laquelle
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est une course qui s'appelle le Trophée Laura Verne à la Trinité-sur-Mer.
SPEAKER_02Ok, excellent.
SPEAKER_01On a surtout fait une traversée de l'Atlantique ensemble l'année dernière
SPEAKER_02aussi. Ah, énorme
UNKNOWN!
SPEAKER_02Que tous les deux
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tous les deux sur le même bateau, avec une douzaine de concurrents, pareil, en double sur leur bateau.
SPEAKER_02Génial
UNKNOWN!
SPEAKER_02génial du coup est-ce que vous avez pour en revenir à ma question initiale est-ce que vous avez des anecdotes de situations vécues alors que ce soit en solitaire ou tous les deux sur le même bateau de situations où vous vous êtes dit ok là là c'est potentiellement très très
SPEAKER_01chaud
SPEAKER_02mais ensemble je sais pas si on a déjà été
SPEAKER_00dans des situations vraiment très très chaudes
SPEAKER_02non je pense qu'on s'est
SPEAKER_00plutôt bien comporté non non bah en fait nous avec Charlotte le plus finalement le plus intense qu'on ait vécu c'est c'est plus au niveau enfin je trouve enfin tu m'arrêtes si t'as si t'es pas d'accord mais j'ai l'impression que c'est plus sur le l'intensité au niveau du sportif et de la compétition parce que en fait cette transat à laquelle on a participé donc qui partait de Concarneau en avril l'année dernière et qui arrivait à Saint-Barth et donc sur nos monotypes là sur nos Figaro donc c'était très proche et très serré à l'échelle de l'Atlantique on a mis 18 jours à traverser et donc c'est quand même enfin ça commence à être assez long et c'est comme des petits bateaux ils font 10 mètres les bateaux donc euh c'est un espace de vie assez restreint et c'est pas très confortable et du coup rien que pour ça c'est une grosse aventure mais on était tellement happé par le sportif, en fait on jouait la gagne et c'était très serré jusqu'à l'arrivée et en fait on était je pense que ce qu'on a le plus vécu c'est pas le stress mais l'adrénaline de se battre jusqu'aux derniers instants les dernières options les derniers petits jeux qu'on a pu mettre en place pour essayer de gagner c'était ça le plus intense c'est l'engagement on fait presque on s'arrête pas pendant 18 jours on fait presque corps avec le bateau on fait des siestes on se relaie mais on perd jamais de vue l'objectif il y a très peu de moments de relâchement on y pense beaucoup H24 et ouais on vit le truc à... à plus de 100% presque. Et puis du coup, ça s'est bien terminé pour nous parce qu'on a gagné cette Transat là. Donc c'était une sensation énorme. Et à la fois, c'était vraiment proche puisqu'on n'arrive que 17 minutes avant le deuxième. Sur 18 jours, c'est un écart mais infime. Donc on était sous pression tout du long et jusqu'à la dernière nuit avant d'arriver. et moi c'est ce que je retiendrais de plus fort parce que quelque part il y a eu des moments difficiles avec beaucoup de vent où on aurait pu être impressionné où on aurait peut-être dû être impressionné et puis finalement on était tellement dans notre truc on était tellement dans le sportif que on passe enfin ça nous fait ça nous rend imperturbable et donc l'entrée Et l'expérience contribue beaucoup à ça. C'était la première Transat de Charlotte, mais moi, c'était ma huitième, je crois, ou ma neuvième. Donc forcément, peut-être que Charlotte a plus été impressionnée de certaines situations, mais on n'a pas eu des conditions trop extrêmes sur cette course-là, en tout cas. Parce que moi, j'avais participé à la même Transat deux ans auparavant, donc en 2021. Et là, on s'était fait des belles frayeurs parce qu'on avait eu des conditions conditions de vent très fortes, notamment proches des îles des Canaries, il y a une accélération naturelle du vent qui est bien connue, où le vent frotte sur la montagne, les îles des Canaries, c'est des îles qui sont très élevées en altitude, c'est très montagneux, et ça peut, avec les différences de température entre la nuit et la journée, et l'effet de frottement, il peut y avoir des vents très très violents qui s'accélèrent, et on Donc, on n'a pas forcément anticipé autant, qui ne sont pas forcément bien modélisés sur les modèles météo. Et là, on peut se faire surprendre. Et on s'est fait surprendre, d'ailleurs, en 2021. Et ça peut faire des roulés-boulés un peu engagés.
SPEAKER_02C'est les fameux vents catabatiques ou
SPEAKER_00rien à voir
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, catabatique, je ne sais pas. Mais en tout cas, c'est des phénomènes locaux qui sont bien connus, d'ailleurs, mais qui sont toujours... ils sont toujours assez surprenants. Et qu'on étudie tout le temps, mais au final, il n'y a qu'en allant sur le terrain et en les... en les rencontrant, qu'on se rende compte du truc. Ouais.
SPEAKER_02Et Charlotte, du coup, à l'arrivée de cette course de 18 jours où, comme disait Loïs, vous êtes dedans H24 non-stop avec, j'imagine, plein de concessions sur le sommeil, le temps de récup, etc. Donc, vous êtes cramé assez rapidement. Il se passe quoi dans ta tête quand vous arrivez et qu'en plus vous gagnez, sachant que c'est ta première Transat
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est clair que c'était incroyable. C'était dingue. Comme l'a bien dit Loïs, on on était focus pendant 18 jours. Le fait qu'il ait l'expérience de transat d'avant et de moments un peu plus chauds dans du vent et tout ça, ça a fait qu'il a su bien gérer ces moments-là. Et moi, au final, je les ai... Il y a eu du vent, c'était un peu impressionnant, mais je m'étais préparée à des trucs pires. Ils m'avaient bien briefé pour que je sache à quoi m'attendre. Donc, c'était top. Et la compète, elle était incroyable. On était quasiment à vue tout le temps pendant 18 jours avec les concurrents. Et donc, c'était hyper intense. Et donc, l'arrivée, c'était dingue. D'arriver aux Antilles par la mer pour la première fois, déjà, c'est... C'est un truc assez fou. En plus, en tête d'une course comme celle-là, c'est assez mythique. C'est clair que l'arrivée, dès que tu vois l'île, tu as envie de fêter le truc. C'est dingue. Il faut faire le tour de l'île pour passer la ligne d'arrivée et là, tu sais que tu as gagné. Il faut rester encore concentré un petit moment quand tu commences à voir les bateaux arriver vers toi avec les projecteurs et tout et qu'il te reste des manœuvres à faire c'est pas facile t'es entre eux il faut rester super concentré et en même temps t'as envie d'exploser de joie déjà alors que c'est pas vraiment tout Et puis quand tu passes la ligne d'arrivée, là, c'est dingue. Il y a plein de bateaux autour. Tu es vraiment juste devant le port. Il y a les lumières, il y a la musique, il y a les odeurs et tout. C'est assez fou. Et quand tu poses le pied sur le ponton et que tu réalises vraiment ce qui vient de se passer, c'est incroyable. Excellent. Un souvenir de
SPEAKER_02dingue. C'est quoi les grandes différences entre les courses en double comme celle-ci et les courses en solitaire
UNKNOWN?
SPEAKER_02est-ce que c'est forcément on pourrait se dire c'est plus facile vous êtes deux ça pourrait être la réponse évidente de quelqu'un qui connait pas comme moi mais est-ce que c'est vraiment le cas ou est-ce qu'il y a des enjeux complètement différents
SPEAKER_01et ben t'as la partie humaine en plus qui rentre en jeu donc c'est trop cool quand tu te retrouves avec une personne avec qui ça match bien et avec qui le fonctionnement est fluide ou en tout cas devient fluide et facile rapidement que ça se complète bien nous ça a été le cas donc c'était trop cool en tout cas pour ma part je trouve ça trop cool de naviguer avec Loïs parce que ça match bien après je pense que c'est pas forcément toujours simple ça dépend un peu des personnalités des gens si t'arrives à bien te mettre d'accord sur les trucs et à te compléter c'est un peu ça l'enjeu du double ouais
SPEAKER_00Pour ajouter un... La grosse différence quand même, elle se fait sur le sommeil, je pense quand même. Parce qu'en fait, quand tu es en solitaire, alors ça dépend du schéma de la course, il peut y avoir des moments compliqués où ce n'est pas toujours facile de dormir parce qu'il faut gérer le bateau, notamment quand on est proche des côtes. Parce que quand on est proche des côtes, il y a beaucoup de danger. Il y a des courants, des cailles ou des vents qui sont perturbés par la terre et la différence de température entre le jour et la nuit la terre ça influe énormément les vents pour les montagnards ils savent bien et pour nous aussi en fait on a des vents plus stables en moyenne au large que à terre et donc souvent en solitaire nous nos courses elles sont quand même pas mal proches des côtes et donc le double ça permet de quand on va dormir et que l'autre mène le bateau on peut« dormir sur nos deux oreilles». On sait que l'autre est là et a un œil sur la stratégie, a un œil sur la marge du bateau. Un œil et deux mains, d'ailleurs, souvent. Et du coup, c'est beaucoup plus facile à gérer en termes de fatigue, je dirais, dans le déroulé de la course et surtout quand la course commence à durer longtemps, plusieurs jours. Parce qu'on peut faire une étape de 24 heures en solitaire sans quasiment dormir, sans gérer son sommeil, ça passe. Deux jours, ça commence à être un peu compliqué, mais plus de 3-4 jours, ça peut être très compliqué si on ne gère pas bien sa course en solitaire, parce que les moments pour dormir sont rares et il faut les prendre au bon moment, etc. Donc je pense que c'est vraiment ça la grosse différence. Après, le fait d'être à deux, je trouve aussi que tu es en interaction quasiment tout le temps. Du coup, ça discute, ça progresse aussi des expériences de l'un et de l'autre. Chacun apporte sa façon de voir les choses et ça, c'est hyper intéressant et enrichissant. Ça prend énormément. Et puis, il y a un côté aussi de cohésion. Souvent, les équipages performances, c'est des équipages qui s'entendent bien, où il n'y a pas trop de filtre où tu peux parler assez librement et c'est assez agréable quand tu tombes face à une personne avec qui ça marche bien et en plus de ça du coup il y a je dirais l'interaction humaine c'est quand même une grosse
SPEAKER_02différence quand on
SPEAKER_01est
SPEAKER_00tout seul ouais c'est clair tu peux te parler à toi même mais bon c'est pas
SPEAKER_02le même non mais je posais la question parce qu'on pourrait se dire spontanément bah à deux c'est plus facile mais tous les points que vous avez évoqués, la communication, la complémentarité, les tempéraments de chacun, ça joue également. En fait, c'est un paramètre de plus dans une équation qui est déjà quand même bien complexe à la base. c'est pour ça que je vous posais la question. Et d'ailleurs, je ne me rends pas trop compte s'il y a vraiment beaucoup de choix stratégiques à faire une fois que vous êtes au large, si c'est vraiment des ajustements de tout de chaque minute ou si une fois que vous avez un cap vous le gardez pour une heure deux heures trois heures mais sur les choix stratégiques que vous devez faire comment ça se passe quand vous êtes deux est-ce que au moment où il y en a un qui barre c'est lui le mettre à bord et point barre ou est-ce que vous décidez est-ce que c'est collégial
SPEAKER_01on est quand même sur le même bateau et on va aller au même endroit et comme on est en course on a un peu tous les deux le même objectif donc on échange on échange beaucoup et c'est pas en tout cas on s'est pas vraiment réparti les rôles en disant qu'il y en a un qui fait les choix et prend les décisions et l'autre qui fait marcher le bateau plus vite par exemple on partage un peu tous les rôles quoi on discute beaucoup et on partage pas mal les rôles à bord après bah Louis ça a plus d'expérience donc il a plus de recul sur certaines situations aussi et qui facilite parfois les les choix à faire, mais en tout cas, on échange quand même vachement.
SPEAKER_02je voudrais revenir sur un point que vous avez évoqué qui est le sommeil qui est un aspect qui me fascine la gestion du sommeil sur du long alors forcément sur les courses au large systématiquement je pose la question c'est quoi la stratégie comment vous gérez ça moi j'en ai fait une fois l'expérience sur un ultra trail qui a duré 148 heures et en fait c'est là où je m'étais dit mais en fait concrètement comment font les gens donc j'avais posé des questions à des anciens invités qui sont devenus des copains qui étaient dans les forces parce que eux c'est pareil quand ils partent en mission ils peuvent pas se poser et dormir en fait selon l'émission il faut être réveillé 24 48 heures 36 heures et je pose maintenant systématiquement la question aux marins parce que pour en avoir fait l'expérience c'est quand même un vrai sujet la récupération rapidement donc comment est-ce que vous vous organisez surtout quand c'est sur 18 jours est-ce que vous essayez de vous en tenir à une routine est-ce que c'est dès qu'il y a une opportunité vous vous relayez pour engranger un maximum de sommeil. Comment vous gérez
SPEAKER_01ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01Sur 18 jours et en double, en fait, on se relaie pas mal. Il y en a toujours un qui est dehors, qui gère le bateau et tout ça, et un autre qui... qui a du temps pour se reposer. Et puis après, cette alternance-là, ça dépend. Il y en a qui l'affichent vraiment à des horaires pour respecter, une heure et demie, une heure et demie, ou trois heures, trois heures. Ou d'autres qui le rendent plus flexible en fonction des conditions, en fonction de plein de paramètres. Mais globalement, on alterne comme ça. Il y en a toujours un qui recharge ses batteries pendant que l'autre les utilise, en gros.
SPEAKER_02donc vous arrivez est-ce que vous arrivez dans des états de fatigue équivalent à ce que vous pouvez connaître sur des courses en solitaire ou l'objectif c'est justement de jamais vous mettre dans le rouge du genre avoir des hallucinations ou ce genre de choses
SPEAKER_00normalement en double on n'est pas obligé d'en arriver jusque là normalement qu'on aurait mal géré non c'est pas la même fatigue je dirais déjà l'effort est quand même beaucoup plus long parce que nous nos étapes qu'on fait en solitaire elles durent 4 jours jour à les 5 maximales. En tout cas sur ce bateau-là, sur ce circuit-là. Évidemment, quand on s'engage sur des courses comme le Vendée Globe, c'est complètement différent. Mais du coup, nous, il y a quand même une grosse différence de gestion de la course entre une Transatlantique qui dure 18 jours en double et une étape du Figaro qui dure 4 jours en solitaire. Parce que... Et ce n'est pas la même fatigue en fait. On dort beaucoup plus sur une transat par le fait qu'on est deux et que ça dure 18 jours. Donc si on se met sur le même rythme de sommeil qu'on a pour une étape de quatre jours, on ne tiendrait pas 18 jours dans tous les cas. Donc tu es obligé de cumuler. Au final, on arrive à presque dormir quand on est dans une situation à peu près stable. En moyenne, je pense qu'on n'est pas loin de faire nos six heures par jour et par personne de sommeil. Alors, elles sont alternées, bien sûr, puisque ça va être des siestes de deux heures tous les deux heures et demie ou trois heures. Mais on prend évidemment une dette de sommeil, mais qui n'est pas aussi énorme que quand on a dormi. 5 heures en 4 jours là c'est pas pareil et puis comme je te le disais tout à l'heure en fait en double tu te reposes sur tes deux oreilles en fait la grosse différence entre un mec qui fait un ultra trail enfin j'ai jamais fait d'ultra trail mais j'imagine c'est que quand il s'arrête son temps pour faire une sieste par exemple son temps est stoppé parce que nous c'est pas tout à fait pareil on a le bateau qui nous porte enfin je veux dire on dirige le bateau le bateau mais on a un pilote automatique et si la situation est stable on peut faire des siestes et le but c'est de perdre le moins de temps possible alors évidemment on est moins performant à dormir à l'intérieur qu'à régler le bateau sur le pont mais c'est pas un temps mort c'est juste qu'il faut apprendre à le faire au bon moment pour que ça nous fasse perdre le moins possible c'est ça en fait tout le jeu du truc et c'est ça qui est passionnant aussi c'est pas parce qu'on va dormir qu'on va être moins bon au contraire si t'es pas lucide sur une situation complexe parce que t'as pas assez dormi tu peux louper le train louper une option qui sera crucial alors que bon ben j'imagine qu'en trail quand tu vas dormir bon ben le temps s'arrête tes jambes elles courent pas toutes seules donc donc du coup du coup c'est un c'est un vrai jeu il y a un vrai plan stratégique sur le sommeil aussi
SPEAKER_01ça c'est clair et
SPEAKER_02net ça vous est arrivé de vous faire des frayeurs justement parce que vous aviez pas géré le sommeil de la manière la plus optimale pas nécessairement sur cette transat mais même en solo
SPEAKER_01moi ça m'est déjà arrivé de m'endormir un peu plus longtemps que prévu et de me retrouver à du coup pas faire la trajectoire que j'aurais aimé faire parce que le réveil a sonné mais j'étais tellement fatiguée que je l'ai pas entendu et c'est l'inconvénient aussi c'est que quand le bateau est dirigé par le pilote automatique si tu te réveilles pas le pilote automatique il va tout droit et il n'y a personne pour le
SPEAKER_02reprogrammer quoi
SPEAKER_00et toi Loïs même chose ça t'est arrivé aussi
UNKNOWN?
SPEAKER_00ça m'arrive moins maintenant avec l'expérience mais ça m'arrive quand même de temps en temps des moments un peu chaud en fait des moments on se fait vraiment ce que je disais tout à on se fait vraiment prendre par le jeu de la régate et des fois c'est compliqué de relâcher de se dire non là j'investis un quart d'heure de sommeil ou 10 minutes même ou j'investis du temps à aller dormir et on peut vite surtout quand tu commences et que t'as jamais trop fait tu peux vite te faire prendre par le jeu de la régate et arriver dans des états de fatigue assez important et moi ça m'est déjà arrivé par exemple tu vois il y a les cailloux tout ça les tempêtes mais il y a aussi On n'est pas les seuls en mer. Il y a des cargos, il y a des pêcheurs, il y a d'autres concurrents, il y a d'autres voiliers. Ça m'est déjà arrivé de me retrouver limite de me faire réveiller par le bruit du moteur du bateau de pêche. Vraiment être très proche d'une collision. Et ça, c'est dangereux. Tu te dis que tu vas t'allonger, tout va bien, l'horizon est clair et ta sieste dure un peu plus longtemps que prévu. Le pêchou lui il bosse, il t'a pas forcément vu t'arrives selon la météo assez vite sur lui, ça peut être chaud, c'est un exemple mais le genre de truc qui m'est arrivé où je me réveille clairement dans le cosmos en panique et puis réveillé par le bruit du diesel, limite l'odeur de l'échappement du gars que je viens de raser. Et des situations comme ça, malheureusement, ça peut arriver quand tu es hors d'aide de sommeil assez fréquemment. Il y a tellement de paramètres et tellement de situations qui peuvent être compliquées si tu n'es pas lucide ou que tu n'es pas bien organisé que ça peut vite déraper quand même. Et c'est ça qui est plutôt dangereux.
SPEAKER_01ça peut se jouer à pas grand chose t'as de la chance t'es endormi et tu passes juste au cul du bateau de pêche mais t'as un peu moins de chance et les roues se croisent c'est déjà arrivé à des
SPEAKER_02gens
SPEAKER_00et là ça doit faire vraiment drôle ouais effectivement
SPEAKER_02t'es réveillé au
SPEAKER_01cul du chalutier un petit exemple sympa comme ça ouais
SPEAKER_02euh... c'est possible d'être du coup pareil c'est une question que je pose régulièrement parce que plus je rencontre des skippers comme vous plus j'ai l'impression que c'est compliqué aujourd'hui avec la technicité des bateaux la performance qui ne cesse d'augmenter c'est compliqué de faire ce que vous faites sans être très cartésien organisé ingénieur un peu matheux est-ce que je me trompe complètement ou est-ce que dans les profils que vous voyez autour de vous c'est quand même globalement des gens qui sont câblés comme
SPEAKER_00ça. Non, tu as bien raison. D'ailleurs, au final, la voile, c'est beaucoup de chiffres. C'est beaucoup de chiffres. Au final, on est confronté à des chiffres tout le temps, en permanence même. Et ça devient presque... Si tu n'es pas matheux, tu le deviens quand même finalement un peu parce que, que ce soit dans la stratégie ou dans les options de route, c'est beaucoup de calculs. Alors, on a des outils qui, maintenant, sont quand même hyper pointus pour mesurer le vent, mesurer la vitesse. Et après, on a des logiciels qui… qu'on grange toutes ces informations avec des algorithmes qui nous permettent de calculer au mieux la route. Tout ça, ça se prépare en amont. Ça ne tombe pas tout cuit comme ça. Mais dans la réflexion et dans la préparation, il faut être un petit peu geek quand même. Sinon, ça devient compliqué aujourd'hui avec les moyens qu'on a.
SPEAKER_02Alors justement, cette phase de préparation, à quoi est-ce que ça ressemble
UNKNOWN?
SPEAKER_02Si on prend... Charlotte, tu nous disais en intro que vous aviez votre saison, globalement, toutes les courses qui étaient connues bien en avance. Alors, je n'ai pas les dates. On m'avait envoyé, les équipes skippers massifs, ils m'avaient envoyé un calendrier de 2023. Donc, je n'ai pas celle de 2024, mais j'ai cru comprendre qu'il y a une course là très bientôt qui arrive, si je ne me trompe pas, pour tous les
SPEAKER_01deux. Oui, carrément, c'est la solo Maître Coq qui se court au départ des Sables d'Olonne dans trois semaines, deux... fin avril toute fin
SPEAKER_02avril donc typiquement si on prend cette course comment la phase de préparation classique on va dire même si j'imagine que selon les paramètres de la course si vous êtes en solitaire en double etc ça varie mais globalement c'est quoi les grandes étapes comment est-ce qu'on se prépare à votre niveau à une course comme celle-ci
SPEAKER_01et bien ce qu'on peut faire déjà maintenant c'est préparer techniquement le bateau le matériel c'est le truc qu'on peut faire le plus en avance parce que quasiment tout le reste après ça va dépendre beaucoup de la
SPEAKER_02météo
SPEAKER_01donc c'est du dernier moment et du coup bah ouais c'est un peu du dernier moment parce que la météo à trois semaines là elle est pas du tout elle est pas du tout calée même une semaine à l'avance c'est pas c'est pas super super fiable donc ça on prépare ouais les quelques jours avant le jour du départ
SPEAKER_02quoi donc vous avez question sans doute très bête pour les gens qui font de la voile mais c'est pas grave je la pose donc vous avez pas de scénario type par exemple je sais pas il y a du vent qui souffle dans telle direction globalement on applique ce scénario là puisque vous connaissez déjà les points de passage obligés pour la course il me semble ou
SPEAKER_01pas ouais si si après il
SPEAKER_02y a
SPEAKER_01des il y a des endroits qu'on commence à connaître ou si on connaît pas il y a des endroits quand même qui sont assez réputés par exemple si on doit passer le Le rat de sein, par exemple, il y a des gros effets de courant et il y a des cas de figure où on sait que si on a le courant de face, on va passer plutôt par là. Si on a le courant dans le bon sens, on va passer dans l'autre sens, etc. Et pareil avec le vent, il y a des effets de site qui sont assez classiques et qu'on peut déjà un peu anticiper.
SPEAKER_02mais c'est à grosse maille et vraiment l'affinage ce que tu disais se fait une fois que la météo est vraiment fiable à quelques jours du départ ouais c'est ça et sur la préparation technique du coup ça correspond à quoi parce que même chose est-ce que t'adaptes pas le matériel en fonction des conditions notamment est-ce que tu peux prendre certains types de voiles plutôt que d'autres ou là pour le coup c'est non il faut juste que le bateau il y a un équipement standard et puis il faut que tout soit prêt
SPEAKER_01ouais bah en fait comme on disait on a des c'est de la monotipie donc on a une jauge assez stricte Et tous le même matériel. Après, c'est vrai qu'on peut jouer un peu sur les voiles. Si c'est une course super importante, on va sortir les voiles les plus neuves. S'il y a beaucoup de vent prévu et qu'on ne veut pas abîmer nos voiles neuves, on va mettre peut-être pas forcément les voiles neuves sur la course. Ça dépend un peu, mais c'est un peu le seul paramètre sur lequel on peut vraiment
SPEAKER_02jouer.
SPEAKER_01Donc après, ça va être plus vérifier notre bateau, qu'il est en bon état, que tout le
SPEAKER_02matériel est bien
SPEAKER_01qu'il n'y a rien qui peut casser voilà qu'on va pouvoir prendre
SPEAKER_02des bons réglages tout ça ok et sur le est-ce que vous avez une préparation physique mentale spécifique pour les courses ou finalement vous entraînez tellement que ça vient de là
UNKNOWN?
SPEAKER_01non c'est un peu propre à chacun mais ouais ouais on a de la préparation physique de la préparation mentale c'est des petits bateaux mais qui sont quand même déjà assez physiques pour pas se blesser pour avoir la force de manœuvrer rapidement et tout ça c'est sûr qu'en naviguant on s'entraîne et puis à terre on peut compléter cet entraînement là et voilà on peut se préparer aussi un peu
SPEAKER_02à terre. Donc là, vous avez cette course qui arrive. C'est quoi les autres grands enjeux pour vous sur cette saison
UNKNOWN?
SPEAKER_02On va commencer par ça. J'arrête les questions à double question.
SPEAKER_00Alors du coup, c'était quoi la
SPEAKER_02question
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est les autres grandes échéances qui arrivent pour vous sur 2024
UNKNOWN?
SPEAKER_00Eh ben, ouais, c'est... En fait, on a pas mal de courses qui sont... Ce ne sont pas des courses de préparation, c'est un championnat, en fait. C'est un championnat qui est... On va dire qu'il y a différents coefficients selon la taille des courses et la durée des courses. La course la plus connue et qui compte le plus pour le circuit et que, en tout cas, moi, perso, je vise le plus, c'est la solitaire du et donc celle là elle commence fin août et donc sur une grosse partie du mois de septembre donc c'est une course hyper hyper connu en tout cas dans le milieu et après on a des courses avant pour se préparer mais aussi pour marquer des points pour le championnat et on en a fait une en mois de mars on aura une dans deux semaines et on enchaîne avec une course en double donc ça c'est en solitaire et on enchaîne avec une course en double du coup tous les deux avec Charlotte mi-mai je dis pas de bêtises c'est ça et après fin mai on a une dernière course en solitaire qui compte au championnat avant la solitaire du Figaro qui voilà c'est tout un circuit donc notre préparation, nos entraînements sont articulés autour de ce calendrier et le but c'est d'arriver avec le mieux préparé possible avec le plus d'énergie possible aux échéances et de scorer un maximum de points pour bien figurer au
SPEAKER_02championnat et voilà ça fait un agenda
SPEAKER_00dense ouais quand même
SPEAKER_02Pour conclure, quand j'ai échangé avec Sam Gutscheid, il m'expliquait que tous ses choix qu'il avait fait de parcours, d'épreuves, de changement de type de bateau sur lequel il navigue, tout ça avait été fait dans l'objectif un jour de prendre le départ du Vendée Globe. C'était vraiment la course qui voulait tout dire pour lui. Est-ce que vous, il y a une course comme ça qui vous fait rêver que vous avez en ligne de mire et dont vous espérez un jour prendre le départ
UNKNOWN?
SPEAKER_00bah ouais carrément carrément je pense que moi en ce qui me concerne il y en a deux enfin il y en a plus que deux mais bon il y en a quand même deux qui m'ont qui m'ont quand même fait rêver depuis que je suis tout gamin donc ça fait quand même un moment mais qui sont des courses en solitaire donc il y a le Vendée Globe évidemment parce que quand on se lance en solitaire à faire ce qu'on fait en Figaro on passe notre temps tout seul à régater sur notre bateau et forcément on pense au Vendée Globe c'est un peu la course en solitaire ultime parce que c'est le tour de la planète en solitaire en En course, c'est presque l'épreuve la plus connue et la plus ultime en solitaire. Après, il y a des courses comme la Route du Rhum, qui sont des courses bien connues aussi en France. Là, pour le coup, c'est une Transat, donc c'est plus court, mais c'est une course géniale avec beaucoup d'histoires aussi, notamment en multicoque. C'est souvent des multicoques qui arrivent en premier en phase, parce que c'est des bateaux plus rapides, contrairement au Vendée Globe qui se court en monocoque. Et celle-là, Elle fait rêver. Je me rappelle des victoires de Laurent Bourgnon qui arrivent sur un flotteur, sur une libellule. Les bateaux, on dirait des gros engins de plage. Non, non, ils traversent à fond les ballons à l'Atlantique là-dessus et ils arrivent… C'est dingo. Ça me fait rêver parce que les bateaux sont incroyables et le parcours, mener un bateau comme ça à l'échelle de l'Atlantique en solitaire, c'est un exploit.
SPEAKER_02Ça fait rêver. Grave. Vendée Globe et Route du
SPEAKER_01Rhum pour toi. Charlotte
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est sûr que le Vendée Globe dans une carrière de marin, c'est un peu un graal. Après, j'aime bien voir un peu toutes les petites étapes intermédiaires qu'il peut y avoir aussi il y a une autre course qui me fait un peu rêver ou en tout cas qui me donne envie de participer peut-être avant de penser à viser le Vendée Globe c'est The Ocean Race en équipage qui est un tour du monde aussi mais par étapes et en équipage et ça je pense que déjà c'est aussi
SPEAKER_02un tour du monde
SPEAKER_01et en plus il y a la dimension équipage, partage et
SPEAKER_02tout
SPEAKER_01ça qui m'attire aussi
SPEAKER_02pas mal J'avais reçu Martin Chérusauré qui est médiaman embarqué, alors je sais pas s'il le fait toujours mais qui avait fait plusieurs étapes sur la Ocean Race et quand j'avais regardé les vidéos avant l'entretien je sais pas exactement où c'était, quelle manche c'était mais en termes d'engagement ça a l'air d'être un truc de ma boule complet l'Ocean Race d'ailleurs peut-être que vous l'avez vu je crois qu'elle s'appelait Another Day at the Office et elle présentait un peu de manière humoristique un gars un équipier il se prend la baume dans la tête il perd une dent enfin c'est des trucs des
SPEAKER_00conditions de fou ouais ouais ouais
SPEAKER_02non non mais ouais
SPEAKER_00carrément pour rejoindre moi c'est pareil je parle des trucs des courses un peu ultimes mais les courses en équipage, c'est... Nous qui faisons beaucoup de solitaire, quand même, en tout cas, moi, depuis ces six dernières années, c'est hyper... Alors, parfois, au début, il faut se réadapter un peu au fonctionnement en équipage parce que d'un coup, il y a plein de monde qui s'active sur le bateau et il faut interagir avec plein de monde. Mais c'est passionnant aussi parce qu'on redécouvre des façons de naviguer, on découvre d'autres cultures, d'autres gens. La navigation en équipage, c'est hyper enrichissant et puis c'est une aventure aussi. Il y a une autre dimension, c'est qu'il y a un collectif, une équipe Et tout le monde se tire vers le haut pour un objectif et c'est trop bien. Que ce soit un Grand Prix en bed Kibron ou un Tour du Monde en équipage, c'est encore d'autres... C'est carrément une autre discipline et c'est... Moi, ça me passionne aussi. Je pense qu'après avoir passé autant de temps en solitaire, je serais content d'aller faire un peu d'équipage pour voir un
SPEAKER_01peu autre chose. Ce qui est génial en équipage aussi, qu'on retrouve déjà un petit peu en double, c'est que comme tu n'es pas tout seul à devoir gérer tout, y compris ton sommeil, tu as récupéré tout, tu peux te relayer, tu peux pousser les bateaux quasiment au max de leur capacité. Il y a vraiment pas de temps mort et du coup tu vas chercher encore plus loin dans la perf et dans plein de trucs quoi hum
SPEAKER_02excellent on se voit pas mais j'imagine je vous imagine bien avec l'énergie qu'il y avait dans vos voix qu'on m'avait répondu qu'il y a des étoiles dans les yeux aussi après ces courses écoutez Loïs et Charlotte c'était un immense plaisir de vous recevoir sur le podcast tout ce que je vous souhaite pour la suite c'est de prendre le départ de ces courses là on se fera des épisodes débrief une fois que vous aurez franchi les lignes d'arrivée pour raconter des anecdotes épiques plus épiques les unes que les autres et puis d'ici là excellente donc vous m'avez dit c'est la solo Maître Coq c'est quand
UNKNOWN?
SPEAKER_02c'est là dans quelques moments tout début mai ok fabuleux merci encore pour tout ce que vous avez bien voulu partager et puis je vous dis bon vent et à une prochaine sur le
SPEAKER_00podcast sans doute merci à toi merci beaucoup et puis à bientôt
SPEAKER_02bon courage Merci d'avoir écouté cet épisode avec Loïs et Charlotte jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé. Si c'est le cas, pensez à le partager autour de vous, à vous abonner et à laisser une note ainsi qu'un commentaire au podcast sur votre plateforme d'écoute. Vous pouvez également rejoindre le groupe des Tipeurs, les auditrices et auditeurs qui soutiennent financièrement le podcast à partir de 1€par mois. Le lien est en description. Et enfin, pensez tout simplement à parler du podcast à fond autour de vous pour qu'encore plus de gens osent se lancer. Je vous dis merci pour votre fidélité. A la semaine prochaine pour un épisode dans lequel on va parler des officiers de réserve de l'armée de terre.