Là, je suis éjecté de la moto. La moto part sur l'avant. Et là, je réceptionne sur les fesses et je sens un grand crack dans la moelle épinière. Je sens que c'est fatal. Je comprends tout de suite que c'est très grave et que la moelle épinière est touchée. On se dit que la vie ne sera plus jamais la même. Dans ma tête, je me dis que si je pouvais juste retrouver une vie normale, ça sera une énorme victoire. Je ne pense même pas à la moto. Je ne pense même plus à ma carrière.
SPEAKER_02Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Le 27 juin 2010, Axel Alétru est devenu paraplégique. Champion international de BMX, il intègre une équipe professionnelle de motocross en 2009. Un an plus tard, lors des championnats du monde en Lettonie, il chute et retombe violemment sur les fesses. Sa colonne vertébrale se brise, il perd instantanément l'usage de ses jambes. S'en suit un véritable parcours du combattant pendant lequel il va tout faire pour retrouver une vie la plus normale possible. Cette quête, ce besoin de revanche sur la vie, va le faire tenir et va l'amener à faire mentir tous les diagnostics médicaux de l'époque. Un an après son accident, Axel participe à ses premiers championnats de France de natation handisport où il termine 3e. En quelques années dans la discipline, il décroche 10 médailles d'or aux championnats de France et 6 titres de champion d'Europe. Mais c'est en 2020 qu'il va réaliser son plus grand projet, participer au mythique rallye Dakar aux côtés des valides. Et il va même faire plus que ça, puisqu'il gagne l'épreuve dans sa catégorie, celle des buggies. Comme il le dit très bien lui-même, derrière l'impossible se cache toujours le possible. Voici l'histoire d'un homme qui est tombé, mais qui s'est relevé. Excellente écoute à vous. Et juste avant ça, je tiens à remercier chaleureusement toutes celles et ceux qui soutiennent financièrement le podcast sur Tipeee. Si vous souhaitez les rejoindre, c'est sur tipeee.com slash les-frappés. C'est à partir de 1 euro par mois, chaque euro compte et permet au podcast de maintenir son indépendance. Merci à vous, excellente écoute. Eh bien écoute, bienvenue Axel sur le podcast, je suis absolument ravi de te recevoir en direct, j'en sais rien d'ailleurs, en direct de où
UNKNOWN?
SPEAKER_02En direct de où
UNKNOWN?
SPEAKER_02Aujourd'hui écoute je suis à Lille. À Lille, ok, donc un peu plus au nord que là où je me trouve. Mais en tout cas, j'imagine, et plus humide. Mais en tout cas, bienvenue Axel sur le podcast, je suis super content de te recevoir, je pense qu'on va parler de plein de choses, de parcours sportif, d'accident, de comment est-ce qu'on se relève de tout ça, de ce que tu fais aujourd'hui, donc ça va être extrêmement riche. Merci encore de t'être libéré pour
SPEAKER_00ça. Écoute, ravi d'être... aujourd'hui avec toi et de pouvoir partager au plus grand nombre tout mon parcours de vie toute cette résilience qui j'espère pourra résonner au mieux en tout cas yes
SPEAKER_02j'en suis absolument convaincu écoute Axel ce que je te propose c'est tout simplement en une phrase de nous expliquer quel a été ton parcours dans les grandes lignes et ensuite on rentrera dans le détail
SPEAKER_00alors en une grande phrase c'est vrai que je me décris souvent comme l'homme aux plusieurs vies parce que j'ai pratiqué beaucoup de sport de haut niveau depuis mon plus
SPEAKER_02jeune âge
SPEAKER_00Il faut savoir qu'à la base, moi j'ai commencé par le BMX. J'ai été plusieurs fois champion de France, champion d'Europe et champion du monde. Donc ça a été un super départ. J'ai ensuite troqué mon vélo pour une moto afin de réaliser mon rêve de l'époque qui était de devenir pilote professionnel de motocross. Et donc j'ai eu l'occasion de très vite progresser avec mes aptitudes de BMXeur et ensuite faire le championnat de France, championnat d'Europe, championnat du monde et intégrer une équipe professionnelle en 2010 donc l'équipe KTM pour participer au championnat du monde de motocross 15 épreuves dans le monde entier donc tout se passait bien des bons résultats pour moi et l'équipe malheureusement l'avis fait que il y a des bonnes et des mauvaises surprises et là accident le 27 juin 2010 où je perds l'usage de mes jambes et en une fraction de seconde je passe de pilote qui était professionnel avec une longue carrière devant moi à tout de suite personne handicapés. Voilà un choc qui est assez brutal et les médecins de là me prédisent un fauteuil à vie, on me dit que je ne remarcherai probablement jamais. Derrière s'ensuit toute une rééducation avec beaucoup de travail pour après pouvoir faire un rebond dans le sport de nouveau, la natation anti-sport et performer et devenir 12 fois champion de France de natation et d'e-sport, vainqueur des Européennes Master Games. Et le Graal a été de pouvoir renouer avec les sports mécaniques en 2020 et réaliser un de mes rêves qui était de participer au rallye Dakar avec les valides, donc en buggy. Donc j'ai monté une structure et ma propre équipe et avec mon copilote François, non seulement on a terminé ce Dakar, ce qui est fou, parce que c'est le rallye le plus dur au monde, mais en plus de ça, je deviens un première personne au monde
SPEAKER_02handicapée
SPEAKER_00avoir gagné une catégorie devant les valides donc c'est une première historique ça s'est jamais fait excellent
SPEAKER_02effectivement plusieurs casquettes si on commence par la première que tu t'es vissé sur la tête celle du BMX et ensuite de la moto c'est quoi qui fait que t'as accroché enfin déjà comment est-ce que tu t'es retrouvé dans cet univers du BMX c'est quelque chose que toi t'as voulu faire ou c'est c'est pas l'environnement familial, des amis qui t'ont amené à te lancer
SPEAKER_00là-dedans
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, mon père faisait pratiquer le motocross, mais en réalité, j'étais toujours sur un petit vélo chez moi, qu'il pleut, qu'il vente, qu'il neige, et bon, mes parents se sont dit, bon, il a l'air d'aimer la moto, le sport, ça a commencé comme ça, mais vraiment, je pédalais tout le temps, tout le temps, tout le temps, j'étais tout le temps sur mon vélo, le midi, entre midi et deux, après les quand je revenais chez moi entre l'école le soir après l'école c'était vraiment le truc que j'adorais donc du coup évidemment je suis tombé dedans assez vite et après mes parents m'ont dit le vélo c'est bien, il adore le vélo on va l'inscrire à un club de BMX quoi
SPEAKER_02Et tu te rappelles ce qui fait que t'as accroché avec le vélo, que t'étais en permanence dessus, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, est-ce que tu te rappelles des sensations de ce qui a fait que t'y revenais constamment
UNKNOWN?
SPEAKER_00Cette sensation peut-être d'équilibre, c'est vrai que c'est quelque chose de particulier, un peu comme un surfeur qui adore surfer une vague, moi j'adore épouser une bosse, la sauter, c'est tous ces choses-là qui sont faire corps avec le vélo, c'est c'est ça qui c'était mon truc j'aimais pas courir j'aimais bien la moto mais j'étais encore trop jeune donc voilà j'ai fait un peu de judo aussi mais c'est vrai que le vélo c'était mon truc quoi j'aimais ça et puis ça s'est révélé que c'était le cas parce que voilà tout de suite j'ai performé et je suis devenu champion du monde et champion d'Europe donc ça a été effectivement le bon choix
SPEAKER_02excellent donc peut-être plus des ce qui fait que ça a accroché j'ai l'impression c'est que ce Ce que je comprends, c'est que c'est plus des notions peut-être de pilotage, on va dire, que nécessairement de vitesse. Ce n'était pas forcément la vitesse qui le faisait vibrer.
UNKNOWNOui, parce qu'en pilotage,
SPEAKER_00ouais c'est ça ça en fait partie mais au final le vélo tu vas quand t'es petit du moins tu vas pas très très vite surtout bon moi je roulais dans mon jardin c'était pas un grand jardin donc c'est assez petit après je roulais autour de chez moi dans la rue ou ce genre de choses mais c'est pas une énorme descente en fait des descentes où tu prends de la vitesse à fond la caisse là non c'était vraiment cette sensation finalement ouais c'est ça d'équilibre de faire corps avec le vélo et ouais ça ça me plaisait, ça me plaît toujours d'ailleurs, encore 33 ans après.
SPEAKER_02et qu'est-ce qui fait qu'il y a eu cette transition vers le motocross parce que t'as eu des résultats quand même de fou en BMX enfin clairement résultats au niveau mondial donc c'était pas les courses du quartier donc on pourrait se dire tu vois bah en fait t'avais clairement trouvé le succès dans cette discipline là qu'est-ce qui t'a amené à transitionner vers autre chose
SPEAKER_00alors il y a eu plusieurs paramètres moi j'ai
SPEAKER_02toujours voulu faire de la
SPEAKER_00moto déjà à la base ensuite je Merci. le vélo quand j'ai commencé à tout gagner le problème c'est que à l'époque c'était pas encore au JO et moi je voulais vraiment devenir professionnel et c'est vrai que bon il y avait pas vraiment de débouchés dans le vélo tu vois ça restait encore le début ça s'est énormément professionnalisé mais si tu reviens dans les années 2000 il y avait rien de tout ça il y avait aux Etats-Unis un petit peu voilà Ah
UNKNOWN!
SPEAKER_00mais il n'y avait pas il y avait peut-être 2-3 il y avait quelques pros quand même mais tu vois il n'y avait pas de JO il n'y avait pas de gros sponsors maintenant Red Bull sont là et tout donc du coup comme je voulais vraiment devenir professionnel c'est vrai que je savais qu'il n'y avait pas de suite là-dedans et je voyais surtout à la télé des stades aux Etats-Unis remplis en voyant des motos roulées en supercross et c'est vrai que ça m'a donné envie tu vois c'est pour ça que j'ai vite après j'ai basculé parce que la moto, c'était un peu la suite logique pour devenir un jour potentiellement pro et pour... pour faire ce que j'aime et puis après j'ai commencé un peu la moto et tu vois je sentais que je mettais un peu de côté le vélo parce que je me concentrais plus sur la moto donc du coup au final à un moment donné j'ai fait un choix je pouvais plus concilier les deux et j'avais moins de goût à rouler à vélo donc du coup j'ai décidé de tourner la page j'ai fait mon dernier championnat championnat d'Europe je crois que c'était en 2001 à Beaulieu-Mandeur à côté de Bonne et je faisais vélo et moto et même alors que je ne m'entraînais plus en BMX je me souviens que je fais vice-champion d'Europe encore donc tu vois j'avais vraiment ce truc en vélo le gabarit la technique Mais finalement, tout ça m'a aidé pour après le motocross, derrière. C'est quoi un bon gabarit
SPEAKER_02d'un pilote de motocross
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, pour le coup, en vélo, j'avais le bon gabarit parce que j'étais grand, assez grand pour mon âge et costaud et tout. Pour la moto, le bon gabarit, je dirais que c'est à peu près 1m75, tu vois. Et moi, j'étais trop grand pour la moto, pour le coup. Quand j'ai atteint les 20 ans, tu vois, je faisais 1m90. Ah ouais. Mais ouais, les motos ne sont pas forcément faites pour les grands. et ça je comprends pas que ça a pas évolué parce que la jeune génération est de plus en plus grande et c'est vrai que les motos ont encore des cadres des années 70 les mêmes mesures ça s'est pas agrandi et ça je comprends pas parce que aujourd'hui si tu compares tes parents les jeunes sont de plus en plus grands maintenant c'est clair ouais
SPEAKER_02Ok, intéressant. Donc un paramètre à gérer, j'imagine, quand tu fais 1m90 et que la moto est conçue pour du 1m75. C'est compliqué
SPEAKER_00d'utiliser. Ben oui, tu utilises plus d'énergie, on peut comparer ça à un nageur, je sais pas, tu prends un nageur qui fait 2 mètres ou un peu plus de 2 mètres, comme Amaury Leveau par exemple, et un autre nageur qui fait 1 mètre 70, ben t'imagines, le bras de levier n'est pas du tout le même dans l'eau, donc il a un désavantage direct. Et moi, sur la moto, c'est un peu pareil. Tu vois, le petit, il peut être très actif sur la moto pour se lever, se baisser, alors que moi, j'utilise beaucoup plus d'énergie à me lever, à me baisser, à me mettre sur l'arrière. Je ne sais pas quoi faire de mes jambes parce qu'elles sont trop grandes dans les virages quand tu sors la jambe,
SPEAKER_02tu vois. Enfin, toutes ces choses-là. Ok. J'allais te poser une question avant que tu t'évoques le gabarit et que je rebondisse dessus. Du coup, j'allais te demander qu'est-ce qui t'a surpris pris en arrivant dans le motocross avec toute l'expérience que tu avais du BMX est-ce qu'il y a des aspects du sport que tu n'avais pas forcément tu disais que ton père en faisait j'imagine que tu as regardé beaucoup etc mais est-ce qu'il y avait eu des surprises bon là visiblement le dimensionnement des motos ça en a été une mais est-ce qu'il y a eu autre chose auquel tu as dû t'adapter en dépit de ton passif déjà en BMX et dans le
SPEAKER_00sport je dirais que quelque chose dont je n'avais pas connaissance c'est les blessures tu vois en BMX il y a très peu de blessures alors qu'en motocross j'ai commencé à me casser les poignets puis les genoux, puis les épaules les blessures ça fait partie du sport malheureusement dans la moto et de la progression et ça c'est quelque chose qu'il n'y avait pas forcément à l'époque de mon père d'ailleurs il y avait très peu de blessures mais c'est vrai que sur ma génération les motos ont énormément évolué en termes de performance les terrains ont évolué et donc ça va de plus en plus vite et comme je te l'ai dit je suis assez grand du coup j'ai un bras de levier plus grand et plus t'es grand plus tu casses ça a l'air assez basique comme ça mais c'est un peu le cas tu vois donc c'est des choses auxquelles bah si avec le recul tu avec le recul tu te dis bon bah finalement je pense tu vois j'aurais continué même si j'ai adoré ma caramoto tu te dis en BMX il y aurait quand même beaucoup moins de blessures parce que bon euh La moto, ça fait partie du truc. Tu te blesses
SPEAKER_02et tu repars à zéro. C'est fatigant. On va en parler. Tu as connu clairement. C'est plus qu'une blessure, mais ça reste des blessures. Ce que tu dis, se casser les poignets, se casser l'épaule, c'est quand même des grosses blessures. Ce n'est pas un truc à un muscle ou quelque chose qui est relativement un hématome. Là, c'est des trucs, des os cassés, des articulations
SPEAKER_00pétées. Non, non. c'est ça clairement et après la blessure fatale le 27 juin 2010 c'est clair mais tu vois même si tu te blesses tu reprends et t'as envie de rouler c'est comme une drogue finalement t'as envie de te remettre dedans et repartir et enfin ça c'est malheureusement c'est le motocross j'ai envie de dire t'as beau eu de faire mal et ben derrière tu repars quoi
SPEAKER_02Excellent. 27 juin 2010 du coup, si tu peux nous en parler. Donc le contexte, tu l'as évoqué rapidement tout à l'heure, c'était une manche du championnat du monde, c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Exactement, on est sur le championnat du monde de motocross en Lettonie. C'est un circuit que je connais parce que j'ai déjà fait le mondial là-bas dans la catégorie junior. Et malheureusement, mauvaise qualif la veille, le samedi. Bon, j'avais une habitude de faire à peu près entre 10 et 15. Là, je me retrouve 25. Donc, c'est une mauvaise place pour moi. Et là, première manche, je... J'ai une mauvaise place sur la grille, mais malgré tout, je fais un super départ. Donc c'est top. Je pars dans les 5, tu vois. Donc c'est un bon rythme, je passe devant les panneauteurs, j'enchaîne, et j'arrive sur une vague, et là je suis éjecté de la moto, la moto part sur l'avant, et là je réceptionne sur les fesses, et je sens un grand crack dans la moelle épinière. Donc là, je sens que c'est fatal, je comprends tout de suite que c'est très grave, et que la moelle épinière est touchée. Clairement, on se dit toujours que ça n'arrive qu'aux autres, et là on se dit ça y est c'est mon tour tu sais il y a pas mal d'accidents dans le motocross et on connait des gens de près ou de loin qui ont subi un accident comme le mien qui se sont retrouvés en fauteuil et c'est vrai qu'on y pense toujours dans le coin de notre tête donc là quand ça nous arrive bah tu vois ça te fait putain merde pourquoi moi tu vois qu'est-ce que j'ai fait et en plus je tombe pas forcément dans le meilleur des pays à l'époque parce que bon c'était en Lettonie du coup les moyens médicaux sont pas du tout les mêmes que chez nous, c'est compliqué quand même c'est compliqué j'ai pas eu de chance sur ce côté là on pense qu'on est sur un championnat du monde qui est professionnel mais je me rends compte que les médecins sont pas forcément professionnels, les moyens médicaux sont pas comme chez nous ils ne sont pas habitués à ce genre d'accident donc c'est difficile à gérer parce que t'es pas dans dans ton pays. Ils ne parlent pas forcément anglais. Donc, on transfère sur un brancard qui est peut-être même plus homologué chez nous en France, tu vois. Une ambulance des années 90, voire 80. Enfin, c'est des choses... des choses qui n'arrangent pas la gravité qui peuvent aggraver la blessure donc je pense pas que c'est aggravé en tout cas je le saurais jamais et je veux pas le savoir mais ça a pas été les meilleures conditions évacuer par hélicoptère avec un super brancard
SPEAKER_02etc ouais mais du coup donc tu chutes si j'ai bien compris plutôt en début d'épreuve ça sert au 3ème tour Ah ouais, ok. Et donc là, en tombant, tu as littéralement entendu le krach, c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ça, je tombe et... Alors, je ne sais plus si on entend vraiment un krach, mais en tout cas, je sens que je perds l'usage de mes jambes tout de suite. Ah ouais, immédiatement. Immédiatement, oui. En fait, la colonne vertébrale, c'est des centaines de nerfs qui passent dans la moelle épinière. Et clairement, c'est un peu comme si tu débranches une prise électrique de courant. Quand tu coupes les nerfs, tu coupes le courant, ce n'est plus alimenté. Là, c'est pareil. Donc là, directement, tu perds l'usage des jambes et tu es vraiment... C'est
SPEAKER_02un choc total. J'avais vu une photo, je ne sais pas si c'est un scanner, une IRM, je ne sais pas trop, que tu as sur ton profil Insta.
SPEAKER_00Clairement, les gens peuvent aller voir sur mon Instagram Instagram. c'est vrai j'ai la photo qui est assez elle est hallucinante cette photo voilà t'as dû être choqué je pense en voyant ça mais c'est pas un montage c'est pas un photoshop c'est vraiment ma colonne vertébrale juste après l'accident c'est un scanner 3D et c'est quelque chose qui secoue je le fais souvent voir en conférence et les gens sont surpris parce que je fais voir tout j'arrive en fauteuil roulant au fur et à mesure je me mets sur un coin de table et je termine debout mes interventions en entreprise et en fait j'aime bien une fois que je suis debout faire voir aux gens de là où je pars Et c'est vrai que quand on voit cette photo, les gens se disent, attends, c'est ta conne
SPEAKER_02vertébrale, là
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et c'est vrai que c'est assez... C'est troublant, quoi. Donc, accident, on est le 27 juin 2010, t'es au fin fond de la Lettonie, tu perds l'usage de tes jambes, le scanner, sans appel, allez voir, ceux qui ont Instagram... c'est post-épinglé sur le profil d'Axel t'as la colonne non seulement on voit bien que la colonne est pétée mais en plus j'ai l'impression qu'il y a deux vertèbres qui se sont enfoncées l'une dans l'autre on voit bien que c'est un carnage de ce
SPEAKER_00côté là c'est
SPEAKER_02le carnage ouais t'es rapatrié immédiatement en France ou tu restes en Lettonie
UNKNOWN?
SPEAKER_00je dois rester 3 jours en Lettonie et ensuite je suis rapatrié
SPEAKER_02en France à Lille au CHR ok et donc là j'imagine que panel d'examen tu vois des spécialistes le diagnostic qui tombe tu l'évoquais un peu plus tôt c'est quoi c'est fauteuil fauteuil jusqu'à la fin de tes
SPEAKER_00jours ouais c'est ça les médecins me prédisent un fauteuil pour rester en mes jours une paraplégie pour ceux qui ne savent pas qui connaissent pas la paraplégie paraplégie ça veut dire perdre l'usage de ses jambes parce que les gens tu sais peuvent parfois confondre paraplégie tétraplégique etc donc tétraplégie c'est les 4 membres 4 membres Et paraplégique, ça veut dire les membres inférieurs. Donc là, je me retrouve avec les membres inférieurs qui ne fonctionnent plus. Et voilà. Je dis toujours, il y a toujours pire à entendre à 20 ans. Il y a toujours pire que soi. Mais en tout cas, c'est l'une des choses les plus dures qu'on peut entendre à 20 ans. Parce qu'on ne pense même plus à la moto, etc. Mais on se dit que voilà... la vie ne sera plus jamais la même. C'est indéniable. La vie sera complètement différente. Et là, dans ma tête, je me dis, si je pouvais juste retrouver une vie normale, ça sera une énorme victoire. Je ne pense même pas à la moto. Je ne pense même plus à ma carrière.
SPEAKER_02Et donc là, à ce moment-là, quand tu dis vie normale, c'est-à-dire, est-ce que tu acceptes quand t'entends ce mot paraplégie est-ce que enfin comment tu réagis est-ce que tu comprends déjà est-ce que tu comprends le sens enfin toutes les implications avec un peu de recul maintenant aujourd'hui est-ce que tu penses qu'à l'époque t'as compris ce que ça pouvait vouloir dire paraplégique dans ta vie au quotidien et est-ce que t'acceptes ce qu'on te dit le diagnostic ou tout de suite tu te dis bon bah j'aimerais bien retrouver une vie normale mais je serai en fauteuil toute ma vie ou immédiatement en fait mentalement intellectuellement t'es déjà tu te dis déjà c'est hors de question je serai jamais assis dans un fauteuil toute ma vie je me relèverai
SPEAKER_00alors c'est je suis partagé parce que j'ai aucune visibilité alors le problème en 2010 et encore en 2024 c'est que t'as aucune visibilité pour l'avenir tu sais la science n'a pas encore on va sur la lune mais sur mars bientôt apparemment mais on ne sait pas guérir réparer la colonne vertébrale ça c'est un truc que je ne comprendrai jamais et le truc c'est que aucun médecin quand tu te retrouves à l'hôpital pourra te dire vous marcherez dans un an dans deux ans ou peut-être jamais et c'est ça qui est mentalement difficile parce que tu ne sais pas comment te projeter Tu ne sais pas si tu vas devoir te battre, combien de temps tu vas devoir te battre. et l'interrogation complète on l'a vu pour nous être humain c'est ce qu'il y a de plus dur tu l'as expérimenté comme tout le monde avec le Covid quand on avait aucune visibilité sur les confinements être dans le flou bah c'est horrible donc moi c'est la situation dans laquelle j'étais donc c'est vrai que je me suis pas dit jamais je resterai en fauteuil roulant parce que à un moment donné tu as le diagnostic qui est là quand même mais je me suis dit je vais devoir me battre Merci à vous. faire le maximum pour essayer de récupérer et je ferai un bilan dans quelques années mais en tout cas pour l'instant je sais que le pire c'est que je sois paraplégique je vais partir en rééducation et en rééducation je vais faire le max pour essayer de récupérer et je ferai un bilan je me donne à peu près 2 ans je me donne 2 ans en me disant que c'est pas trop long enfin 2 ans c'est quand même énorme mais sur une vie c'est rien et je me dis que au bout de ces 2 ans je ferai un bilan et je verrai si je me dis soit je continue à travailler ou soit j'accepte mon handicap et ça ça a été important de mettre une visibilité comme ça parce que parce que voilà c'est un peu comme en entreprise quand t'as pas de visibilité bah tu te fais une roadmap avec des échéances à atteindre avec voilà des des milestones à faire et là moi c'est pareil j'ai pris ça un peu avec une stratégie plutôt que de me dire bah en partant YOLO en disant bon on verra ce que ça donne Inch'Allah je pense que c'est important d'être clair dans ta tête et de dire bon ok je fais ça pourquoi pendant combien de temps et quand t'es en train de stagner au moins tu as tu as ce truc de te dire bah de toute façon je me suis donné cette échéance donc je vais jusqu'à cette échéance
SPEAKER_02ok Quand tu parles de rééducation, j'ai deux questions. La première, à ce moment-là, tu as 20 ans, 20-21 ans. Je ne sais pas trop quand est ton anniversaire, mais on est en 2010, donc à peu près
SPEAKER_0020-21 ans. J'ai 20 ans, oui. Je suis né en
SPEAKER_02février, donc j'ai 20 ans. Ok. Côté études, t'en es où à ce moment-là dans ta vie
UNKNOWN?
SPEAKER_02T'avais déjà arrêté pour te consacrer à fond à la motocross ou il y avait aussi un cursus que tu menais en parallèle
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, moi j'ai arrêté assez jeune, à 16 ans. J'étais en... J'ai arrêté et... tu sais la moto c'est pas comme tu peux pas faire trop de sport études parce que c'est un peu compliqué on voyage beaucoup il faudrait avoir un sport études au soleil parce que tu peux pas rouler l'hiver sinon il pleut du coup nous on migre un peu on est un peu les gens du voyage parce que l'hiver on est en Espagne l'été un coup on va plus dans le sable parce qu'il faut s'entraîner dans le sable après on arrive sur les terrains de terre du coup on va plus s'entraîner en Italie enfin tu vois c'est vraiment on bouge tout le temps finalement donc c'est impossible de construire des études et des sports à la fois donc je me retrouve sans études enfin sans études j'ai quand même fait le CNED et passé mon BEP donc voilà c'est j'ai un minimum quoi mais de toute façon à cette époque je pense même pas aux études là je pense vraiment rien que tout simplement à me reconstruire quoi tu vois ouais On est vraiment... C'est un peu comme une question de vieux de mort. Là, tu joues... tes premières années, tu veux te battre pour récupérer. C'est maintenant ou jamais. Tu es passé par
SPEAKER_02Cap-Breton pour la rééducation ou pas du
SPEAKER_00tout
UNKNOWN?
SPEAKER_00J'avais le choix d'aller à Cap-Breton, en effet. Les points positifs, c'est que c'est bien, c'est pour les sportifs de haut niveau. Tu es à Cap-Breton, tu es au bord de la plage, le cadre est magnifique. Les points négatifs, c'est que j'allais être loin de mes amis, ma famille. Donc, j'ai fait le choix, on a fait le choix tous ensemble de se dire que j'allais rester en rééducation sur l'île. OK. Il y avait un centre, bon, qui était... Enfin, qui existe toujours, d'ailleurs, qui était à l'espoir, qui est... qui était quand même assez qualifié, avec pas mal de sportifs, des footers et tout ça qui venaient. Donc, ce n'était pas le centre qui était en pleine campagne, avec peu de machines, tout ça. C'était un centre qui était vraiment de qualité, etc. Donc, on s'est dit... Pour être à côté de chez moi, ma famille et tout, on reste là. Surtout, encore quand tu fais les guerres non croisées, il n'y a rien de grave. Mais là, c'est des moments psychologiquement durs aussi. Donc, c'est difficile de partir en plus loin de chez toi.
SPEAKER_02Oui, sans soutien familial.
UNKNOWNVoilà. Des amis, oui.
SPEAKER_02j'allais dire j'imagine, enfin non j'imagine pas je dis souvent ça avec des invités qui ont des parcours de vie comme toi c'est une chose d'entendre quelqu'un parler d'un accident en gros où tu deviens paraplégique à 20 ans, c'est une chose de comprendre ce que la personne dit mais c'est autre chose de s'imaginer d'être capable de vraiment comprendre les implications j'entends intellectuellement ce que tu dis maintenant je suis pas vraiment sûr de pouvoir imaginer ce que ça a été pour toi de passer à travers cette épreuve
SPEAKER_00je pense que c'est impossible d'imaginer tant qu'on ne l'a pas vécu c'est normal et dans les grandes phases du coup pardon vas-y chacun réagit différemment aussi donc tu vois un autre réagit différemment donc finalement tu ne peux pas comparer et te mettre à ma place parce que chaque personnalité a sa propre réaction tu vois
SPEAKER_02ouais toi maintenant encore une fois avec du recul tu dirais que ça a été quoi les grandes phases intellectuellement on va dire enfin psychologiquement les grandes phases de ta convalescence est-ce que t'as eu une phase vraiment initiale tu vois un peu état de choc je sais pas si tu vois morale dans les chaussettes etc puis t'es remonté petit à petit ou alors pas du tout dès le début t'avais l'énergie pour essayer de te reconstruire t'es passé par quoi comme phase
SPEAKER_00différente
UNKNOWN?
SPEAKER_00déjà j'ai eu un tu vois quand j'étais en Lettonie c'était vraiment dur mentalement parce que Parce que... Tu étais seul là ou il y avait ton père avec toi d'ailleurs
UNKNOWN?
SPEAKER_00Là, il y avait ma famille qui était là. D'accord. Mais le truc, c'est qu'en Lettonie, comme je t'ai dit, c'est très compliqué. Donc, tu vois, mentalement, j'avais qu'une envie, c'était rentrer en France à l'hôpital. Donc, quand je suis rentré en France à l'hôpital, ça a été déjà mentalement un« step». Parce que je me suis senti rassuré d'être dans des bonnes mains. Des gens qui parlent français près de mes proches. Donc ça, ça a été quelque chose d'important. C'était un premier step. Après, il y a eu ce deuxième step où j'ai pu commencer à être en rééducation et pouvoir un petit peu bouger en fauteuil. Donc ça, ça a été une nouvelle étape. Et après, par contre, j'ai pris un coup moralement où... Je me souviens que ma première séance de kiné, on me demande de me transférer du fauteuil roulant sur la table de kiné. Donc... Ça paraît, tu vois, quand je te dis ça, les gens qui nous écoutent après vont se dire, c'est simple, tu vois. Mais rien que ça, pour moi, ça a été... Me transférer sur la table de kiné, ça a été un truc de malade. Et j'ai perdu l'équilibre. Et je me suis rendu compte que je ne savais même pas tenir assis en équilibre sur une table de kiné, tu vois. Et là, je me suis pris un coup de massuda à la tête. Et je me suis dit, putain, le parcours va être hyper long, quoi. Je me suis dit que tu as envie d'en découdre, tu es motivé. Et là, tu commences juste par le premier exercice. Vas-y, transfère-toi sur cette table de kiné.
SPEAKER_02Et
SPEAKER_00là, tu n'y
SPEAKER_02arrives pas. Là, je pars de vraiment loin. Je vois bien. Ça, pour le coup, je vois bien parce que j'ai eu par rapport à toi, évidemment, un petit accident. Il y a une voiture qui m'a frappé en 2018. J'étais sur un entraînement à vélo et qui m'a fracturé le bassin. Donc, j'ai fait ces jours à l'hôpital et en fait le bassin enfin voilà si y'en a qui ont jamais eu de soucis au bassin le bassin c'est vraiment une zone centrale en fait on a besoin pour tout et je me rappelle ça devait être je pense que j'avais fait une semaine à l'IT donc c'était pas non plus énorme parce qu'ils étaient pas sûrs de s'il fallait opérer ou pas bref au bout d'une semaine ils me filent des béquilles et ils me disent allez vas-y faut bouger va faire quelque part dans le couloir tu vois et enfin encore une fois par rapport à ce que toi t'as eu c'est rien tu vois à aucun moment j'ai perdu l'usage de de quoi que ce soit. Écoute-moi, me lever du lit et faire, je ne sais pas... j'allais dire 20 pas 20 avancées de béquilles dans le couloir je transpirais comme jamais et j'étais au bout de ma vie en une semaine seulement hallucinant à quel point on perd tout c'est
SPEAKER_00dingue moi en 3 semaines d'hospitalisation
SPEAKER_02j'ai perdu 30 kilos oh la vache ah ouais
SPEAKER_00Donc, tu vois, c'est... En fait, tous mes muscles, déjà, qui ne fonctionnent plus dans les jambes, tu sais, les muscles, dès qu'ils ne sont plus... Déjà, même de base, si tu es alité sans faire fonctionner tes muscles, tu perds en fonte musculaire. Mais en plus de ça, imagine si tu es allongé et que tes muscles ne fonctionnent plus, donc non plus sont énervés, ils fondent, mais à une vitesse, c'est hallucinant. donc déjà je perds en poids parce que je mange pas beaucoup tout ça et je fond musculairement sur le haut du corps et je perds totalement mes muscles sur le bas du corps il faut savoir qu'une jambe tu vois je sais pas ça fait avec les muscles je sais pas ça doit faire 6-7 kilos peut-être déjà donc des jambes t'es déjà à 14 kilos tu vois puis après le haut du corps puis après les fesses c'est pareil les fesses moi j'ai plus rien donc c'est 3 kilos à gauche 3 kilos à droite enfin tu vois c'est tout on se rend pas compte mais en fait ça faisait peur on aurait dit un mec d'Auschwitz quoi tu vois j'étais bah la peau sur les os d'ailleurs encore sur les maintenant les muscles que je n'ai pas récupéré donc en dessous des genoux c'est il y a juste l'os le tibia et le périnée en gros il n'y a rien C'est
SPEAKER_02surprenant. J'ai vu une vidéo où tu présentes ton vélo électrique et les attelles que tu utilises, etc. On va en parler, puisque clairement, aujourd'hui, tu n'es plus du tout en mode« je suis dans un fauteuil». Comment
SPEAKER_00est-ce que tu as géré ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00J'ai récupéré 20% des muscles des jambes. D'accord. Pour faire simple. Parce qu'après, tu vois, il y a des… terme technique pour chaque muscle, etc. Mais je pense que tout le monde ne connaît pas l'anatomie du corps. Pour faire simple, j'ai récupéré 20% des muscles des jambes, c'est-à-dire les muscles des cuisses.
UNKNOWNEt...
SPEAKER_00à 60% parce que dans le muscle des cuisses on pense que c'est qu'un muscle mais finalement t'as un quadriceps t'as l'intérieur du quadriceps le TFL à l'extérieur donc j'ai récupéré le muscle des cuisses le fléchisseur de hanche et un petit peu d'abdos et tout le reste ne fonctionne plus c'est à dire j'ai pas des chiots, j'ai pas de abducteur tout ce qui est en dessous des genoux c'est mort Je n'ai pas de fessiers. Je n'ai pas de moyens fessiers. Enfin, voilà. Donc, je suis vraiment avec très peu de muscles. Mais... J'ai développé avec un orthoprothésiste des attelles qui me permettent de tenir mes chevilles à 80 degrés. D'ailleurs, tu pourras peut-être mettre une photo pour que les gens visualisent ou même si vous voulez voir sur mon Instagram, il y a pas mal de vidéos ou photos qui illustrent mes releveurs parce que c'est un peu technique. Mais c'est des releveurs qui viennent tenir mes chevilles à 80 degrés en carbone et elles viennent en dessous des genoux et elles prennent mon mollet Et ça descend jusque la cheville et la cheville est bloquée. Et en gros, avec ça et les muscles des cuisses, j'ai réussi à me remettre debout et développer un équilibre pour que je puisse aujourd'hui marcher avec deux béquilles et des attelles à peu près une... 300-400 mètres par mes propres moyens, même voire plus. Je peux monter jusqu'à un kilomètre. Alors, je vais être plus en souffrance, mais je peux le faire. Et donc, ça a été une énorme victoire sur la vie. Ça a été deux ans de travail en rééducation. C'est difficile de rentrer dans les détails parce que c'est à chaque fois des mini-victoires. C'est une récupération qui est au niveau des nerfs, donc on récupère au fur et à mesure. Puis après, j'ai commencé à les exploiter, donc ça a été beaucoup de travail en kiné, beaucoup de balnéothérapie dans l'eau aussi. Mais en tout cas, la finalité, c'est que comme je ne récupérais plus, on a décidé de pallier à ces muscles qui ne fonctionnaient plus avec un orthoprothésiste et avec ces attelles j'ai pu me remettre debout sur la terre ferme et réaliser un exploit parce que clairement en sortant du centre de rééducation les médecins m'ont dit par rapport au diagnostic pessimiste de base et la colonne vertébrale que vous avez vu sur Insta avant jamais on n'aurait imaginé que Axel puisse te remettre debout donc ça a été fabuleux c'était
SPEAKER_02inespéré tu te rappelles est-ce qu'il y a eu des sensations particulières à la première La première fois que tu as pu te remettre debout avec ces attelles
UNKNOWN?
SPEAKER_00La première fois que je me suis mis debout, c'est assez bizarre parce que j'ai l'impression que le monde qui m'entourait était d'un seul coup plus petit. C'est comme quand tu es gamin, tu as l'impression qu'un jardin peut être énorme parce que tu es petit, mais quand tu as une vue en hauteur, d'un seul coup, tout te paraît beaucoup plus petit. Là, c'est un peu pareil. Ça, ça m'avait surpris.
UNKNOWNJoue!
SPEAKER_02Excellent. Parce que du coup, les premières attelles, j'imagine qu'elles étaient plutôt destinées à la vie de tous les jours, mais j'ai l'impression que sur les photos, il y en a qui sont plus orientées sport, en carbone, etc. Aujourd'hui, tu as quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_02Tu as vraiment une collection d'attelles que tu utilises selon l'activité de la
SPEAKER_00journée
UNKNOWN?
SPEAKER_00Exactement. Mes attelles, ce sont mes jambes. Donc, toi, par exemple, quand tu vas courir ou faire du vélo ou autre, tu mets des chaussures de sport pour la course à pied ou pour le vélo et pour aller à un dîner, tu vas mettre des autres chaussures, moi, c'est un peu la même chose. Par exemple, pour aller faire du vélo, je vais mettre des attelles plus rigides. Pour aller marcher, je vais peut-être mettre des attelles plus souples. Pour, par exemple, si je veux rouler en... en voiture ou en rallye ou ce genre de choses, je vais mettre des attelles qui sont plus courtes. Tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_00Enfin, voilà. Chaque attelle a sa fonctionnalité. Et j'en ai plein. J'ai une collection, un tiroir complet d'attelles selon l'activité que je vais faire. Effectivement. Excellent. Tu vois, par exemple, quand je pars en voyage ou ce genre de choses, j'ai toujours avec moi... une deuxième paire d'attelles alors pas quand je pars deux jours mais si je pars en vacances une semaine ou j'en sais rien, aucun jour je vais prendre une deuxième paire d'attelles avec moi parce que imagine mon attelle pète ce qui est déjà arrivé, ça m'est déjà arrivé et que j'ai pas de fauteuil roulant bah moi je peux plus rien
SPEAKER_01faire
SPEAKER_00donc je me retrouve en difficulté donc il y a toutes ces choses là un peu anticipées à chaque fois pour être à l'aise, pas avoir de problème
SPEAKER_02tu disais que tu as une attelle ou des attelles pour quand tu fais du rallye du coup c'est une transition parfaite à quel moment est-ce que tu t'es remis au sport mécanique et qu'est-ce que c'est que cette histoire avec le rallye Dakar qui m'a tout l'air d'être absolument hallucinante tu connais le rallye
SPEAKER_00Dakar
SPEAKER_02je connais le rallye Dakar tu sais
SPEAKER_00que
SPEAKER_02le rallye Dakar c'est le rallye le plus dur au monde alors je Je sais, en termes de réputation, il est méga connu, mais comme je n'ai pas souvent des gens qui sont dans l'univers des sports mécaniques, sport auto ou moto, qu'est-ce qui fait qu'il est difficile
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est la distance
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est le terrain
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est quoi les particularités du rallye Dakar
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, les particularités du rallye Dakar, il a eu lieu d'abord en Afrique, puis ensuite il a eu lieu en Amérique du Sud, et maintenant c'est au Moyen-Orient, Dubaï, Amharabie Saoudite, Oman, Abu Dhabi, etc. Et la particularité d'Australie, c'est que c'est 15 jours. Donc, c'est 15 jours de course non-stop. Et en tout, tu as 10 000 kilomètres à parcourir sur ces 15 jours. Mais on est à 10 000 kilomètres, pas d'autoroute. On est à 10 000 kilomètres de dunes, de sable, de cailloux, de poussière, de montagne. Tout ce que tu peux imaginer de plus dur sur la planète, hormis la neige, et l'eau tu l'as et donc c'est intense c'est une vraie aventure On pense qu'en 2024, tu es vraiment seul. Même si tu as le GPS qui te traque au cas où, etc. Tu es vraiment seul et tu te retrouves face à toi-même quand tu as un souci. Et c'est très risqué. Et terminer ce rallye, même dernier, je peux te dire que c'est une énorme victoire. Et les pilotes qui terminent ce rallye, on les appelle le héros. Parce que c'est... Ouais, c'est un truc de malade. T'es fatigué. En gros, c'est à peu près entre 8 et 12 heures de conduite par jour.
UNKNOWNOuais.
SPEAKER_00Donc, c'est comme si tu faisais l'île Marseille tous les jours. Pas avec un autoroute, par contre. Ouais. Donc, tous les jours, tu fais l'île Marseille. Marseille, l'île. T'imagines
UNKNOWN?
SPEAKER_00Donc, quand t'es arrivé à Marseille le soir, tu te dis, bon, demain, on repart à l'île. T'imagines
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et t'es rentré, il est 20h. Tu repars à 7-8h du matin. Donc, ça fait des très grosses journées et c'est ça qui est éprouvant parce que, mentalement, tu dois toujours être concentré parce que tu manges moins bien ou pas t'es fatigué parce qu'il y a dans le bivouac du bruit toute la nuit donc c'est quand même assez intense et ça te tape sur le système et c'est ça qui est très éprouvant au Dakar Donc, rester concentré pendant 15 jours, ça joue énormément parce que tu peux faire une erreur toute bête, non pas parce que tu es mauvais pilote, mais parce que tu es fatigué et ton cerveau marche moins bien et tu peux perdre ton rallye sur un truc bête. Donc, il faut savoir se préserver, il faut savoir anticiper, mettre le moins d'énergie possible dans tout. s'économiser et ça c'est l'une des clés les plus importantes et moi avec mon handicap ça allait être un défi parce que il faut savoir que rien qu'au quotidien dans une vie traditionnelle avec mon fauteuil ou mes béquilles je dépense 300% de plus d'énergie qu'une personne valide. Ok. Tu comprends
UNKNOWN?
SPEAKER_00Rien qu'une vie au quotidien. 300% de plus d'énergie. C'est comme ça. Pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que je pousse mon propre poids avec le poids du fauteuil, donc imagine. Je dois toujours me tirer avec les mains. Je suis toujours, moi, sur le haut du corps. C'est un effort de... me mettre debout donc voilà tout ça fait que déjà rien que ça je suis beaucoup plus fatigué que quelqu'un
SPEAKER_02de lambda ok ouais donc ajouter à ça le contexte rallye Dakar j'imagine que ça doit être effectivement un challenge de fou et ça tu le savais avant d'y aller parce qu'en venant du sport automobile enfin du sport mécanique tu connaissais le rallye Dakar qu'est-ce qui fait que tu as quand même voulu enfin qu'est-ce qui fait que tu es allé là-dedans c'était justement le côté challenge pour dire regardez je me relève et en plus je vais me qualifier et participer au rallye Dakar ça a été une opportunité ça s'est passé
SPEAKER_00comment
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais, c'est ça. C'est un peu ça. C'était déjà envoyer un message fort, démontrer que derrière l'impossible se cache toujours l'impossible, démontrer que malgré l'handicap, on peut aller challenger des valides. Et pour moi, renouer avec les sports mécaniques et aller potentiellement performer face à des valides malgré l'handicap, c'est une super revanche sur la vie. Kiki... qui parierait là-dessus
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, il y a déjà des personnes handicapées avant moi qui avaient terminé le Dakar, un Espagnol, mais il n'avait pas performé comme je l'ai fait. Personne n'a performé jusqu'à présent, hormis moi. Donc, moi, c'était vraiment mon but, performer face aux valides. Et je savais que j'en étais capable. Et donc, j'ai décidé de rouler en SSV, en buggy, et monter le projet. J'ai voulu monter ma propre équipe à l'époque. C'était plus simple Je voulais des gens que je connais. Je voulais des gens qui croient en moi. Et j'ai monté mon équipe qui s'appelait Hashtag Je Peux 2020. Et donc, 25 personnes dans l'aventure. Donc, ça a été un gros, gros, gros challenge. Parce que d'abord, avant tout, pour aller au Dakar, il faut lever des fonds. Parce qu'on n'est pas en natation ou en moto. Là, ça coûte cher le Dakar. Il faut développer une voiture pour que je puisse rouler malgré mon handicap. Donc, je dois trouver à peu près un demi-million d'euros avec des partenaires. Ah ouais
UNKNOWN!
SPEAKER_00ça c'était déjà un challenge c'était déjà un gros challenge de lever les fonds avant de partir et donc on a eu du mal jusqu'au dernier moment on a trouvé des fonds genre 15 jours avant et et ça a été ça a été ça a été fou donc en arrivant à Dakar déjà je me suis dit bon rien que si on va au bout ça va être fou il faut je veux pas griller les un demi million d'euros de sponsors dès la première étape parce que ça fait deux ans qu'on travaille d'arrache-pied sur ce projet donc tu sais quand t'arrives là-bas avant de partir je me souviens je me disais bon je veux performer après avoir galéré à lever les fonds je me suis dit bon déjà aller au bout ça sera bien ah ah ah ah ah et après finalement j'ai commencé à comment dire prendre mes aises j'étais avec mon copilote François j'avais des commandes adaptées au niveau des mains et une première étape où on commence à faire un premier top 10 puis ensuite un deuxième puis on sent après qu'il y a quand même du potentiel et donc là tout doucement on prend confiance et là on commence à accélérer et puis je commence à gagner une première étape puis une deuxième puis une troisième puis au bout de 15 jours de course on réalise l'impossible de pouvoir terminer déjà ce Dakar mais en plus remporter la catégorie T4 devant les valides, donc une première historique, ça a été... ça a été fou on se rend pas compte mais c'est tellement intense à l'arrivée c'est le dénouement de pouvoir et tu vois le truc c'est que tout peut se passer jusqu'au par exemple je sais pas on est un kilomètre avant l'arrivée si tu casses le moteur bah c'est terminé pour toi quoi t'as pas le droit que quelqu'un te pousse ou tu tires ou change de moteur ou je ne sais quoi donc tu te dis que t'as fait 10 000 bornes et à la 9 9999ème tu pètes le moteur et tu termines pas
SPEAKER_02ton Dakar ou tu perds la victoire ou
SPEAKER_00le
SPEAKER_02podium ou j'en sais rien ça ça a déjà arrivé
SPEAKER_03c'est
SPEAKER_02des boules totales mais c'est des choses qui arrivent ouais j'imagine je pense c'est un peu comme en voile tu vois où t'as quand même un gros facteur environnement qui joue et le matos c'est juste indispensable donc ouais j'imagine ça va faire partie des paramètres j'ai une question qui me vient tout de suite en fait j'avais j'avais eu une invitée Eugénie Decret qui est suisse et qui avait fait je crois qu'elle a fait 9 Paris-Dakar entre autres elle a fait la Silkway Rally aussi enfin bon 23 ans de course automobile et elle m'avait expliqué elle avait fait elle avait craché sur un Paris-Dakar corset intégral etc enfin voilà grosse gros gros accident et je me rappelle qu'on avait parlé en fait de la de l'impact du fait de rouler sur des distances aussi importantes 10 000 bornes sur des terrains défoncés qu'en fait t'as plein de micro vibrations en permanence et que en fait ça te défonce un peu le cervical le cou etc toi ça a pas été un problème avec la colonne que t'as du coup les chocs parce que même en buggy j'imagine qu'à un moment donné vous deviez décoller un peu taper les pierres c'est pas non plus je suppose que c'était quand même un parcours accidenté non
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, alors c'est pour ça, en fait, il y avait énormément de préparation. Il fallait absolument que tout soit au top. Et pour ça, j'avais par exemple thermoformé un siège baqué à mon handicap. tu vois c'est des choses auxquelles un valide ne doit pas forcément faire alors que moi c'était crucial pour éviter, moi j'ai encore mes plaques dans le dos et donc pour éviter des problèmes à mes plaques, les chocs etc effectivement j'avais dû adapter tout ça donc ouais ça a été ça a été Ça a été une grosse préparation et c'est vrai que t'es complètement déglingué. Moi, je faisais une heure et demie de kiné tous les soirs. Ah ouais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pour que je puisse récupérer. Étirements, massages, etc. Comme tu dis, les cervicales, ça tape. T'es dans les dunes, t'as des cailloux, t'as des trous. C'est du terrain qui est accidenté. Parfois même, il y a des trous que tu ne vois pas forcément et que tu prends au dernier moment. Et là, tu as un choc frontal. On peut te dire que tu t'en souviens. Donc du coup, on avait besoin de régler une super voiture, des gros amortisseurs, enfin, toutes ces choses-là qui étaient très importantes. Mais j'ai eu de la chance sur ce Dakar. Je suis ressorti pas déglingué comme certains. J'ai préparé ça aussi avec beaucoup de musculation donc je pense que mon corps était vraiment renforcé tu vois j'avais préparé tout ça pour être pour arriver là je suis pas arrivé en dilatante j'étais en sport de haut niveau donc mon âge assez jeune ma musculature la voiture bien préparée tout ça fait que j'ai pu sortir du Dakar sans être broyé comme certains peuvent l'être mais c'est vrai que ça tabasse beaucoup dans les trous etc c'est C'est du tout terrain. Donc, ouais, c'est ultra fatigant. Puis, t'es constamment dans la poussière, au-delà des chocs, tout ça. Tu vois, la poussière, t'en as plein les yeux. Même si t'as un pare-brise, tout passe à travers. Enfin, tu vois, tu bouffes du sable. C'est... Faut pas... Faut pas avoir peur de se salir ou vivre dans... Tu vois, pendant 15 jours, là, t'es vraiment dans la merde totale, quoi. T'avais le soir. ah bah ouais tu te lèves le soir c'est pas les douches que tu prends à l'hôtel je te garantis que parfois si t'arrives trop tard y'a même plus d'obivouac
SPEAKER_01donc
SPEAKER_00t'as intérêt de te dépêcher de
SPEAKER_01rentrer
SPEAKER_00donc tu vois c'est toutes ces choses là qu'il faut anticiper et qui sont fatigantes quand t'as eu 12h de bagnole dans les pattes à avoir des problèmes mécaniques que tu rentres à minuit j'en sais rien parce que la bagnole t'es resté en lisé ou t'as eu un turbo qui a claqué et que t'es tracté par le par le camion pendant 200 bornes et t'en as pris plein la gueule parce que le camion il te tire avec la cendre mais du coup derrière un camion t'imagines dans le désert la merde qu'on prend les caillasses dans le pare-brise et tout et que t'arrives le soir au bivouac bon y'a plus trop d'eau chaude ou y'a plus d'eau et et que t'as eu tout ça je peux te dire que t'en as plein les bottes et que tu repars dans 6 heures tu vois faut être accroché tu vois donc c'est le mental aussi c'est le
SPEAKER_02mental faut être frappé comme on dit ah bah ouais ouais là ouais ouais j'ai bien l'impression euh Je suis en train de regarder des petites vidéos que tu as mises du buggy du Dakar. Franchement, qui est ouf. Ça donne envie de le piloter. Allez regarder, encore une fois, s'il y en a qui ont Insta. Il y a vraiment plein de trucs sur le profil d'Axel. Tu parlais des problèmes mécaniques, mais à l'arrière du buggy, je vois qu'il y a des roues de secours. Si jamais vous aviez des grosses galères qui nécessitaient de lever le buggy, de changer de roue ou quoi, comment c'était réparti entre France François et toi, tu pilotais et lui faisait orientation, copilote et tous les problèmes mécaniques,
SPEAKER_00c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Lui était axé navigation et méca. Alors évidemment, quand on a un gros pépin mécanique, moi, je sors aussi pour l'aider. Mais par exemple, une roue crevée, ça, il a la possibilité de le changer lui-même sans avoir besoin d'aide. Donc du coup, moi, je reste dans la voiture. Mais après, s'il y a un gros pépin mécanique, je n'en sais rien, on arrache un triangle ou ce genre de choses, tu en as pour une heure à le changer. Donc du coup, là, je sors de la bagnole et voilà. Par contre, une roue, comme ça va assez vite, moi, je mets plus de temps à me tâcher et me rattacher donc je restais dans la voiture le temps qui change tout ça donc ça c'était un peu la répartition mais on a fait un super duo et ça a été ça a été dingue de pouvoir remporter Dakar franchement qui aurait qui aurait cru qu'on puisse remporter notre catégorie T4 donc ça ça a été ça a été fou ça a été un super souvenir beaucoup d'émotions malheureusement il y a eu le Covid derrière du coup ça a cassé beaucoup de choses médiatiquement et tout l'engouement mais mais voilà c'était un grand moment
SPEAKER_02j'allais te demander justement ça a été quoi les réactions sur le village Dakar à l'arrivée déjà les étapes quand vous avez commencé à enchaîner les victoires et à l'arrivée
SPEAKER_00finale ça a été fou beaucoup de comment dirais-je les valides
SPEAKER_02qui nous
SPEAKER_00beaucoup de respect voilà je cherchais le mot de la part des valides qui bah évidemment eux déjà souffrent à chaque fois j'entendais ça tu vois le mec venait me voir à la fin il me dit putain moi je suis déjà mort mais toi je sais même pas comment tu fais tu vois donc c'est surtout tu vois beaucoup de respect ça a été ouais ça a été ça a été il y avait quand même pas mal de focus médiatique là-dessus et ouais c'était un engouement et jusqu'au bout parce que voilà comme je dis c'est 15 jours de course donc c'est intense et les gens nous suivent jusqu'au bout mais ouais ça a été je m'en souviendrai toute ma vie ça a été beaucoup d'émotions à l'arrivée en plus il y avait comme je t'ai dit on est une équipe on est 25 dans l'aventure donc c'est ensemble qu'on gagne c'est un esprit collectif et pouvoir avoir toute cette équipe à l'arrivée avec la vie c'était juste la meilleure des récompenses donc ça a été ça restera gravé à jamais
SPEAKER_02excellent il me semble qu'il y a un film qui a été fait sur ça un reportage
UNKNOWN?
SPEAKER_02Alors, c'est-à-dire
UNKNOWN?
SPEAKER_02Sur le Dakar, ou en tout cas sur ton parcours, j'ai vu passer les infos quelque part, je n'ai pas regardé.
SPEAKER_00Ah ouais, alors, parce qu'effectivement, sur YouTube, j'ai pas mal d'insides sur la série Dakar, mais je suis en train actuellement de… de faire un film documentaire avec Canal+, donc tu as
SPEAKER_02raison. J'ai fait du teasing sans le savoir, en fait.
SPEAKER_00Mais on peut le dire, c'est bien, on peut en parler. C'est vrai qu'avec tout ce parcours, toute cette histoire, les gens... Moi, je fais beaucoup d'interventions d'entreprise à l'étranger, pas mal, parce que je parle anglais, sur les thèmes de la résilience, motivation, déplacement de soi, performance, positivité. Tout en restant humble, je pense que mon histoire est très enrichissante pour tous et c'est vrai que à un moment donné je suis tombé sur un producteur qui a vu ça et qui a dit mais attends ça il faut le partager au plus grand nombre au grand public
SPEAKER_01tu vois
SPEAKER_00et du coup on a monté cette série enfin ce film documentaire qui sera diffusé avec Canal Plus sur les plateformes aussi en Belgique au Canada et ça va être c'est une heure et demie de film c'est pas un reportage c'est vraiment un film documentaire d'une heure et demie et Il y a beaucoup de... Oui, on revient sur l'accident, le centre de rééducation, la reconstruction. On revient sur mon défi de l'enduropale du Touquet. Vraiment, ça a été... C'est un gros, gros... gros projet de vie parce que aujourd'hui garder tout ça pour moi ça serait ça dommage donc aujourd'hui j'ai envie de le partager au plus grand nombre et toucher le grand public avec ce film ça sera une belle victoire aussi une belle mission de vie réussie en tout cas.
SPEAKER_02Excellent alors il y a encore plein de choses dont on n'a pas pu parler notamment la natation puisque ça a fait partie si j'ai bien compris J'ai bien suivi. Tu avais commencé la natation pendant ta phase de rééducation et avec des résultats de fou.
SPEAKER_00Effectivement, ça a été une partie de ma vie après l'accident. J'ai voulu d'abord me reconstruire dans la natation en e-sport. Ça a été... parce que je suis devenu 12 fois champion de France, vainqueur des Jeux européens. Ça a été quelque chose qui m'a énormément... Énormément plus. Alors, j'ai commencé la natation un peu en rééducation, où j'étais dans l'eau, en bainothérapie. Et c'est vrai que cette sensation de flottaison, d'être dans l'eau, m'a donné envie de faire du sport. Et après le centre de rééducation, je me suis dit, ça serait pas mal de nouveau avoir une carrière. Et donc, je me suis lancé dans la natation handisport. Alors, ça a été un gros projet, évidemment, mais moins que le Dakar, parce que le Dakar, c'était... en termes de dangerosité, en termes de d'organisation en termes de challenge c'est quand même un truc qui est dingue même si la natation ça a été dingue aussi mais je veux dire j'ai fait les choses par étapes tu vois j'ai recommencé d'abord dans le handisport j'ai performé en natation et après je me suis dit bon maintenant que j'ai fait ce que je voulais faire dans la natation bah maintenant bam je rebascule avec les valides donc ça a été la chronologie et Et voilà, ça a été fou.
SPEAKER_02C'est quoi la suite, du coup, avec un parcours comme le tien, déjà autant de réussite, autant de revanche sur la vie
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est quoi qui arrive
UNKNOWN?
SPEAKER_00Écoute, la suite, c'est de réaliser un challenge en 2025. Un challenge que tout le monde peut rejoindre, d'ailleurs. C'est important qu'on puisse en parler, parce que si les gens veulent rejoindre, qui nous écoutent veulent rejoindre, ou si tu veux rejoindre le challenge, tu es le bienvenu. En gros, je vais participer... Je me lance au défi de faire le Paris Roubaix à vélo. Ok. Donc, le Paris Roubaix amateur. Euh... et j'ai décidé de monter un peloton hashtag je peux 2025 où chacun peut rejoindre ce peloton et vivre cette aventure avec moi se dépasser avec moi donc aujourd'hui je suis en pleine préparation de ce défi je suis en train de monter des partenariats et ceux qui veulent rejoindre ce peloton vous êtes le bienvenu envoyez moi un mail ou un message sur insta parce que voilà le but c'est qu'on puisse partager ce message fort moi je vais me dépasser venez vous dépasser avec moi donc le Paris-Roubaix c'est quand même la course mythique dans le nord même en France parce que c'est des pavés c'est des secousses tu as bien compris je ne choisis jamais des épreuves les plus faciles mais en tout cas c'est quelque chose qui me tient à coeur et pouvoir essayer de faire ce Paris-Roubaix à vélo alors que j'ai perdu 80% des muscles des jambes ça va être un défi mais j'ai envie de le tenter et donc aujourd'hui je suis en train de monter ce défi qui va être colossal et pour une fois contrairement à tous les défis que j'ai pu faire je peux le faire avec des gens et on peut se dépasser ensemble et c'est ça qui est trop cool génial venez rejoignez-nous ça va être un si tu veux venir Loïc n'hésite pas c'est un projet de malade c'est quand dans l'année le Paris
SPEAKER_02Roubaix
UNKNOWN?
SPEAKER_00en général
SPEAKER_02c'est fin mars tout début avril ok Comme ça, tu es sûr qu'il pleut bien, que c'est dégueulasse et qu'en plus des pavés, tu dois gérer la flotte.
SPEAKER_00Figure-toi que cette année, il faisait super beau. C'est vrai. Mais si on revient en 2022, au Paris-Roubaix 2022, il neigeait.
SPEAKER_02Donc, tu vois, tu peux avoir rien. Et là, l'idée du peloton, c'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est que les gens prennent le départ avec toi et vont jusqu'à l'arrivée ou il peut aussi y avoir des relais ou des sections
UNKNOWN?
SPEAKER_00En gros, chacun prend le départ, enfin, on prend tous le départ ensemble. Il y a une voiture balai qui est derrière. Ceux qui souhaitent faire, par exemple, tu vois, 20 kilomètres, ils font 20 kilomètres. Ceux qui veulent faire 50 kilomètres, ils font 50 kilomètres, etc. Mais il y a toujours des camions balais derrière qui permettent de te récupérer si tu n'en peux plus et te ramener à l'arrivée pour faire l'arrivée ensemble, en gros. C'est pour ça qu'on a prévu un stand où les gens pourront se reposer. Enfin, une grosse orga. Donc, gros projet et j'ai hâte de le partager. Trop bien.
SPEAKER_02Et le peloton, tu cherches combien de personnes à peu près
UNKNOWN?
SPEAKER_02Enfin, il y a une limite ou d'un point de vue logistique, il faut que tu captes
UNKNOWN?
SPEAKER_00ah non tu vois on est parti sur une cinquantaine de personnes tu vois un plateau de 50 tu vois ça peut être pas mal il y a à la fois des entreprises qui vont nous rejoindre avec des collaborateurs des particuliers chacun rejoint le challenge à sa manière mais voilà en tout cas on propose aussi des packages où tu peux venir un truc clé en main par exemple t'as un vélo le but c'est qu'on ait tous la même tenue on doit tous s'habiller pareil et celui qui n'a pas de vélo mais qui veut venir se dépasser avec nous, on lui propose un vélo pour faire le Paris-Roubaix avec nous. On ne veut pas qu'il y ait de frein à ça en se disant, merde, je n'ai pas de vélo de route, comment je fais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je n'ai pas de VTT. Monter à Lille avec un vélo, ça va être galère. Là, on propose un truc vraiment clé en
SPEAKER_02main. Excellent. Écoute, j'espère qu'il y en a qui s'adonneront envie. Paris-Roubaix, du coup, tu le feras, toi
UNKNOWN?
SPEAKER_02Je ne sais pas si l'amateur, c'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est à la même période que la vraie course ou ça peut être fait n'importe quand dans
SPEAKER_00l'année
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, le Paris-Roubaix amateur c'est généralement la veille juste avant les filles ou le dimanche matin avant les mecs chaque année l'année dernière c'était le dimanche matin avant les hommes et cette année c'était le samedi matin avant les filles ok ok en fait tu fais une partie du vrai parcours que vont faire les pros donc c'est ça qui
SPEAKER_02est
SPEAKER_00top trop
SPEAKER_02bien donc au moment de la diffusion de l'épisode il vous reste moins d'un an pour vous entraîner et revivre rejoindre le peloton d'Axel. Exactement. Écoute, Axel, on s'était dit 10h30, on y est presque dans 3 minutes. Est-ce que tu as un dernier message que tu voudrais faire passer pour souligner peut-être quelque chose qu'on a déjà évoqué ou pour parler d'un sujet dont on n'a pas encore
SPEAKER_00parlé
UNKNOWN?
SPEAKER_00Écoute, moi, je dirais que... Rejoignez-nous
UNKNOWN!
SPEAKER_00Rejoignez-nous sur Spare et Roubaix. Il y a eu hashtag Je peux 2020. Il va y avoir Je peux 2025. Rejoignez ce slogan. Venez vous dépasser avec nous. Venez vous battre pour la bonne cause. Aujourd'hui, on a un gros défi et j'ai envie d'embarquer le plus de monde avec moi pour démontrer que derrière l'impossible, se cache toujours impossible. Et ensemble, on peut le faire. Plus on est, mieux c'est. donc voilà j'ai hâte de pouvoir partager et que ce message résonne énormément donc voilà n'hésitez pas à nous rejoindre dans cette aventure qui va être dingue en 2025 et vous avez
SPEAKER_02moins d'un an pour vous préparer c'est ça le challenge excellent bah écoute Axel un grand grand merci c'était génial d'en apprendre plus sur ton parcours et de pouvoir t'avoir au micro pour que tu nous partages ton histoire de résilience et de dépassement donc vraiment un grand grand merci pour ça tous les liens sont en description du épisode comme d'habitude pour si vous voulez suivre Axel entrer en contact rejoindre le peloton de 2025 et puis moi je te souhaite une excellente préparation pour ce nouveau
SPEAKER_00challenge carrément plaisir partagé en tout cas et puis j'espère que
SPEAKER_02les gens prendront du plaisir sur ce podcast merci Axel allez à bientôt Merci d'avoir écouté cet échange avec Axel jusqu'au bout. J'espère que vous l'aurez apprécié et surtout que vous en aurez retiré une énorme dose d'énergie et d'inspiration. Quoi qu'il en soit, n'hésitez pas à le partager autour de vous et de manière générale, si vous souhaitez soutenir les frappés, abonnez-vous sur votre plateforme d'écoute et parlez du podcast autour de vous à un maximum de personnes. C'est comme ça qu'on arrivera à avoir encore plus de gens qui osent se lancer dans leur propre projet. Si vous souhaitez soutenir financièrement le podcast, ça se passe sur Tipeee la plateforme française de financement participative, c'est tipeee.com slash les-frappés. Autrement, le lien est en description. C'est à partir de 1€par mois. Vous pouvez également donner un montant libre, comme bon vous semble. Et chaque euro permet au podcast de maintenir son indépendance en contribuant à couvrir les frais de fonctionnement. Je vous remercie pour votre fidélité. Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.
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