On avait très peur parce que c'était accroché en dessous du bateau, donc sûrement au safran ou bien à la quille, on ne sait pas. Mais avec les efforts que ça faisait, à tout moment, ça pouvait créer une voie d'eau, de casser, d'arracher quelque chose et de créer une voie d'eau comme ça en pleine nuit au milieu de la mer. En plus, une eau qui est entre 2 et 4 degrés, donc on peut dire qu'on n'a pas envie de rester longtemps dedans.
SPEAKER_02Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action attention une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocable dans vos vies ils sont quatre amis d'école d'ingénieurs ils ont 22 ans et pendant leur année de césure ils décident de monter une expédition et pour une première on peut dire qu'ils n'ont clairement pas eu froid aux yeux ils décident de partir pour cinq mois à bord d'un voilier direction le svalbard à 1000 km du pôle nord ils emmènent du matériel de ski leur quotidien devient simple naviguer pour être bon endroit au bon moment afin de profiter de la la neige vierge du littoral montagneux. Un quotidien simple, oui, mais bien évidemment riche en rebondissements, vous vous en doutez. Dans cet épisode, on parle d'une plongée de nuit dans une eau à 2 degrés, d'un secours en hélicoptère, de capture de drone à l'épuisette, mais aussi et surtout de souvenirs inoubliables entre amis. Excellente écoute à vous. Et juste avant ça, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui soutiennent financièrement le podcast sur Tipeee. Si vous souhaitez les rejoindre, c'est à partir de 1€par mois et ça se passe sur Tipeee. IPEEE slash les-frappés. Autrement, le lien est en description. Excellente écoute à vous. Allez, c'est parti. Bienvenue à une partie de la team Kauna sur le podcast. Robin et Baptiste, je suis super content de vous recevoir pour parler de plein de choses, d'aventures, d'exploration, de projets entre potes. Je pense que ça va être très, très sympa. Merci beaucoup à vous d'avoir pris le temps pour venir témoigner de vos parcours au micro. Salut Loïc. Salut. Hello, hello. Bien, je pense que l'introduction parfaite, c'est tout simplement Simplement, que vous nous expliquiez ce qu'est Kauna avant qu'on passe à vos parcours perso plus en détail.
SPEAKER_01Ouais, alors je peux me lancer. Kauna, c'était le nom principalement du voilier sur lequel on a fait notre première expédition il y a un peu plus de deux ans. Et ça a été du coup aussi le nom de l'expédition. C'était une expédition dans l'Arctique où on est parti pendant cinq mois faire du voilier, du ski de rando et de l'alpinisme en Norvège et aux Valbardes. Et après, on a gardé le nom pour l'équipe qui a refait une autre expédition plus récemment ensemble, donc Robin, moi et deux autres gars, en Patagonie.
SPEAKER_02Excellent. Et donc Kauna, il y a un sens particulier ou pas
SPEAKER_00vraiment
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il y a un sens quand même. Donc, le nom du bateau, en fait, c'est aussi une île hawaïenne qui vient d'un mot qui signifie la personne en qui on peut avoir confiance. Donc, ça allait bien pour le bateau, en fait, parce que partir sur un voilier électrique en plastique dans les terres arctiques, eh bien, ça fait peur un peu, mais donc, voilà, on était sur notre voilier en qui on pouvait avoir confiance. Donc, ça nous allait bien de garder ce nom comme le nom de l'équipe.
SPEAKER_02Excellent. Excellent. Donc, une équipe, vous l'avez dit, vous êtes, enfin, je ne sais pas si c'est toujours le cas, mais vous étiez quatre sur la première expédition, c'est
SPEAKER_01ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, tout à fait. Donc, on était quatre. Il y avait Robin et moi et deux autres donc aussi étudiantes centrales comme nous qui étaient Yvan et Quentin et voilà sur la deuxième expédition on était quatre aussi mais on a échangé deux membres contre deux membres des Arctic Fools dont on pourra parler
SPEAKER_02après yes les Arctic Fools il y a les Arctic Fools que j'avais reçu sur le podcast il y a quelques temps donc le lien est en description sacré bande de frappés eux aussi donc allez écouter si vous ne l'avez pas déjà fait leur épisode Et donc vous, Robin, Baptiste, c'est quoi votre histoire
UNKNOWN?
SPEAKER_02Comment votre rencontre à tous les deux en particulier s'est faite
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et comment est-ce que la Team Kaona a fini par se former, si j'ai bien compris, sur les bandes centrales, c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, exactement. En fait, on est tous de la même école d'ingénieurs. On est partis en Arctique ensemble pendant notre césure. Et donc, c'est pendant les années d'études avant qu'on s'est rencontrés. On faisait tous de l'escalade. On était tous au même club d'escalade. Et c'est comme ça qu'on s'est d'abord rencontrés. On a été en coloc pour trois d'entre nous les années avant de partir. Donc, voilà. On a eu le temps d'élaborer un peu les schémas dans la tête. Baptiste était également toujours présent dans les sorties de montagne, de club d'escalade, etc. Et donc, le... Le projet de Kauna, c'est surtout Yvan et Baptiste qui commencent à l'imaginer pour leur deuxième partie de césure en voulant allier voile et montagne. Et le projet va prendre forme au fur et à mesure, puisque Quentin et ensuite moi, on va rejoindre le groupe. Et puis, avec ce trajet qui... Le fait qu'on trouve d'abord un voilier nous permet de se dire, OK, on peut être mobile, on peut partir de France et on va regarder où est-ce qu'on peut aller faire du ski d'un moment donné. Excellent.
SPEAKER_02Excellent. Et donc, initialement, Baptiste, quand vous avez commencé à travailler sur le projet avec Yvan, l'idée, c'était, dès le début, de partir avec un équipage de 4 personnes idéalement issus de Centrale ou pas forcément
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ça s'est conçu comment
SPEAKER_01tout ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01Initialement, on est parti un peu en tâtonnant. Le cœur du projet, ça a toujours été voile et ski de randonnée et alpinisme. À la base, on pensait partir au Groenland et puis finalement, il se trouve que vu qu'on a trouvé un bateau qui était en une coque plastique, donc pas une coque en acier, on s'est redirigé vers le Svalbard parce que c'était plus apte au niveau conditions. Et après, pour les personnes qui nous rejoignaient, on était très ou ouvert mais il se trouve que surtout sur notre campus où on était en fait on pratiquait quand même majoritairement le sport ensemble avec nos potes de centrale donc c'est naturellement que l'équipe s'est constituée autour de ça et surtout ce qui était important pour nous quand on savait qu'on allait partir sur un voilier pendant de longs mois c'était pas forcément d'avoir des gars qui seraient des grandes pointures de la voile du ski ou quoi que ce soit mais des gens avec qui on savait qu'on s'entendrait bien et donc c'est comme ça que naturellement c'est de s'orienter vers les colocs et les potes pour monter le
SPEAKER_00projet et oui voilà je pour pour clarifier à nous on était on était vraiment coloc donc on partageait les soirées ensemble et par exemple pour moi qui connaissait pas forcément le monde de la voile de la montagne pas encore le milieu outdoor et ouais comme dit baptistin c'est vraiment le fait d'être pote qui nous a rassemblés autour de ce projet quoi
SPEAKER_02Excellent. J'imagine que c'est peut-être un peu un prérequis indispensable. Vous avez m'en parlé, mais je suppose que pour avoir vu le film, il y a eu des moments un peu plus tendus que d'autres, on va dire. Donc, j'imagine que le fait d'être déjà pote en amont, qu'il y ait peut-être cette relation de confiance établie, ça aide à surmonter certains challenges quand on part avec un bateau électrique dans des mers très, très au nord.
SPEAKER_00C'est sûr que même avant de partir, au final, l'aspect humain est un grand enjeu nous on part 5 mois sur un voilier en plus dans les régions froides c'est à dire que l'extérieur du voilier n'est pas forcément très accueillant donc on reste tous les 4 dans une boîte à sardines pendant très longtemps et il faut pouvoir bien s'entendre même avant de partir beaucoup de gens nous prévenaient sur cet aspect là il y a pas mal d'expéditions qui s'arrêtent avant la fin pour des questions juste d'interrelationnel entre l'équipe et
SPEAKER_02Et ça, vous l'aviez préparé d'ailleurs en amont ou vous aviez déjà fait des expériences un peu engagées tous les quatre
UNKNOWN?
SPEAKER_01On n'a pas vraiment fait des expériences similaires parce qu'il n'y avait rien qui pouvait remplacer l'expédition. Mais pendant tout le mois de janvier, pour donner un peu la temporalité, le projet se crée pendant plus d'un an en amont, mais il commence réellement en mars, début mars 2022, quand on quitte le port de l'Orient et on part pour cinq mois de navigation. Avant ça, on a passé tout le mois de en montagne ensemble donc on était dans un chalet dans les alpes où on sortait en fait tous les jours pour aller travailler des techniques de corps de faire de la cascade de glace du ski etc et justement créer cet esprit de cordée et voir comment on fonctionnait en milieu donc difficile en altitude dans les alpes et bien centre à la fois de l'entraînement physique donc mais surtout avec créer un esprit de
SPEAKER_02cordée ça a été quoi du coup les grands apprentissages de ce
SPEAKER_00de ce mois en montagne avant l'exp moi je pourrais répondre honnêtement. Avant de dire oui au projet, je n'avais jamais fait de splitboard, de ski de randonnée avec un snowboard. Et c'est avec ça que je suis parti en XP. Tout simplement. Et en fait, le fait d'être avec les copains, ils m'ont donné confiance en me disant que ça serait possible d'apprendre assez rapidement pour se mettre au niveau et qu'on puisse partir tous ensemble. Donc, il y avait ce développement d'esprit de cordée et même pour moi de découverte de rider des couloirs dans les Alpes chose que jamais j'aurais imaginé faire, et puis d'un coup, je me mets dans le bain, et hop, Baptistein, il commence à descendre, et puis là, il me laisse en haut, donc j'ai qu'un seul choix, c'est de le suivre et
SPEAKER_01de redescendre aussi. Excellent. Ça m'était bien dans l'ambiance, parce que de toute façon, dès la première sortie, Robin est parti sans ses pots de phoque et sans ses bâtons, donc on a vu qu'effectivement, il y avait à apprendre, mais très vite, on s'est mis à bien fonctionner, et puis voir qui naturellement évaluait mieux les risques, ou qui était plus plus
SPEAKER_02téméraires et ainsi de suite ok et le fait d'être 4 potes justement tous alors peut-être avec des niveaux différents mais tous globalement un peu attirés par l'outdoor est-ce qu'à un moment donné vous avez eu l'impression pendant ce mois de janvier là que ça a créé un peu une espèce de peut-être une sur-émulation c'est-à-dire que c'était un peu à celui qui qui montait le plus vite ou qui descendait le plus raide ou est-ce que vous avez su garder un focus sur on est là pour apprendre et puis il y a des règles de sécurité qu'il va falloir qu'on mette en place pour pour l'expert en
SPEAKER_01tant que tel c'est vrai qu'on était un peu à se tirer la bourre et à la montée on essayait d'avancer fort parce que c'était aussi un peu une logique d'entraînement c'est à dire que même les jours où il faisait pas forcément assez beau pour aller faire des vraies sorties on partait remonter le long des pistes de ski à côté du chalet pour juste faire des petits kilomètres verticaux donc c'était assez dans l'émulation mais en même temps on avait quand même en tête le départ en voilier et le fait qu'en ski ça arrive vite de se blesser donc pas non plus essayer de trop forcer pour pas bêtement se péter un genou à un mois du départ et devoir dire adieu à l'expédition.
SPEAKER_00Je peux rajouter quand même qu'il y a ce mois de janvier un peu qu'on a détaillé sur la préparation en montagne, mais c'est vraiment six mois de préparation assez intense pour l'expédition où on va gérer beaucoup de choses administratives, beaucoup d'apprentissages complémentaires, typiquement pour passer son permis voilier, pour passer son permis de chasse, car on on y reviendra, mais il était nécessaire pour aller au Svalbard, pour apprendre un peu les premiers secours, pour trouver des sponsors. Toutes ces choses-là, on les faisait en parallèle de la préparation physique. Et donc, ça nous mettait complètement dans le cœur du projet qui n'était pas seulement sportif, mais vraiment
SPEAKER_02complet. C'est vrai que ça, pour avoir vu du coup le film Kauna, et puis pour être un peu allé regarder sur le site, ce qui est impressionnant c'est justement l'aspect très complet de ce que vous avez fait c'était pas que de la voile c'était voile ski c'était pas en Méditerranée proche des côtes dans un endroit sécurisant vous êtes parti quand même vachement loin il n'y avait pas que du sport non plus si j'ai bien compris il y avait un volet un peu scientifique avec des expérimentations des études menées à bord en plus il y a eu de la recherche de sponsors donc ce qui est assez ouf c'est de voir que vous avez ça a vraiment été un projet mené de A à Z et pas juste une petite virée sympa entre potes.
SPEAKER_01Oui, en fait, c'est aussi quelque chose qui était important pour nous, c'est de montrer, de faire en fait, de tout faire par nous-mêmes. On n'avait aucune compétence, on n'avait aucune expérience dedans avant, même si on avait déjà fait du ski, on avait déjà un background d'études d'ingénieurs sur les parties scientifiques. Mais justement, d'aller découvrir qu'est-ce que c'était de chercher des sponsors, qu'est-ce que c'était de monter un protocole scientifique, un peu en partenariat avec les labos de l'école, mais aussi par nous, même en fonction de comment fonctionnait le bateau et c'était vraiment le coeur du projet au delà de la performance sportive ou de l'engagement de risque c'était de construire par nous même tout ce qu'on a pu faire après au cours du
SPEAKER_02projet sur la partie financement pour être honnête c'est vraiment le premier aspect qui moi m'a interpellé quand j'ai vu le film je me suis dit mais comment ils ont fait ne serait-ce que le bateau les assurances tout le matos est-ce que vous pouvez peut-être un peu rentrer dans les détails du budget que ça représentait le budget global et comment vous vous êtes débrouillé bon vous étiez 4 mais quand même pour boucler un tel budget
SPEAKER_00carrément en plus c'est très intéressant et nous plus généralement on a eu envie de partager beaucoup sur comment préparer l'expé. On a mis sur notre site plein de rapports, même sur des bilans carbone, tous les impacts qu'on a pu faire, parce qu'on a envie un peu de montrer ce que ça implique de préparer une telle expé. Sur l'aspect financier, c'est vrai que c'est un vrai sujet. Nous, on était tous étudiants, on n'avait jamais trop eu de salaire, etc., donc on n'avait pas de ressources à mettre dans un projet comme ça. Mais on avait plein de motivations et plein promesse d'une belle aventure à raconter du coup au début c'était quand même assez difficile le principal point c'est quand même de trouver un voilier pour faire une expédition de 5 mois, nous on a eu la chance d'avoir un proche d'Yvan qui est le skipper qui avait un voilier justement et qui était prêt à le louer Et c'est comme ça qu'on a pu partir, c'est en louant un voilier. Là, effectivement, ça a pris presque la moitié du budget total de louer le voilier, d'avoir les assurances, etc. Et puis ensuite, les autres postes de dépense étaient sur l'achat de matériel qui nous manquait, donc de voile et de montagne, du matériel vidéo aussi. parce qu'on a acheté du coup des caméras, GoPro, drone. Et puis, on peut compléter par le poste de la nourriture, qui, 5 mois à 4, etc. En plus, en Norvège, ça coûte un peu cher. Donc, ça a monté jusqu'à 11 000 euros. Donc, si on refait un budget total, l'expert, c'est environ 60 000 euros pour nous, avec 25 000 sur le voilier. et ensuite on va faire entre 10 et 15 cas de matériel 10-11 de nourriture et puis ensuite un peu de tout de provision pour risque de réparer une baume qui se casse en pleine mer du nord et pour équilibrer ce budget il faut trouver des ressources des entrées d'argent on peut dire qu'on a 3 différents grands postes de financement. D'abord, on a... eu des gens qui sont venus sur le voilier pendant l'expédition. Si on regarde le film, on verra que parfois on est un peu plus que quatre, parce qu'on a invité du monde à nous rejoindre de temps en temps, pour une semaine, deux semaines, partager les moments, que ce soit en voile ou sur certaines sorties de ski. Et ça, c'était super de partager l'expédition comme ça avec des amis ou même des gens de la famille. Et le fait d'être sur le bateau, ça permettait de diviser les coûts, puisqu'ils participaient comme un sixième de gens qui étaient sur le bateau. On a essayé aussi de faire des... pardon, d'attraper des subventions publiques et de faire du crowdfunding avec nos connaissances, tout ça, donc en montant un peu un projet sur une plateforme de crowdfunding. Ça, ça a fonctionné ou mitigé
UNKNOWN?
SPEAKER_00Le crowdfunding, on a permis de financer, par exemple, à 5 000 euros, donc c'était super pour nous. Donc, c'est plutôt le réseau personnel, on va dire, de nous quatre. Et le dernier gros poste de financement, c'est les sponsors entreprises Là, il a fallu donner confiance dans la bonne réalisation d'un tel projet et c'est difficile au début. Même si on fait son dossier, on essaye de montrer tout ce qu'on peut produire, etc. Eux, à la base, ils voient quand même quatre étudiants qui veulent partir en vacances. Et donc, il faut essayer de changer l'image qu'ils peuvent avoir de nous par défaut. On avait 22 ans quand on montait le projet. Je compte on prend très bien que ça donne pas confiance. Mais bon, au final, à force de vraiment beaucoup travailler dessus, de même créer une vidéo de présentation et puis on avait déjà commencé à faire quelques rushs justement avec les sorties en montagne on avait monté un petit peu ce qu'on pouvait faire et ça a réussi à deux semaines du départ à débloquer la plus grande partie du financement on était tout content on ne savait pas comment on allait faire sinon faire un pré-étudiant d'autres trucs comme ça nous de toute façon on voulait partir et c'est ça aussi qui leur a donné confiance en disant c'est bon si on dit oui alors l'expédition se fera
SPEAKER_02ça me fait repenser à quelques projets que j'avais fait aussi en école alors moi je n'ai pas fait un AG mais commerce et c'est pour ça que je rigolais cette image du jeune étudiant qui arrive avec son beau dossier et puis en fait la première lecture du dossier c'est je t'ai payé tes vacances en fait en tout cas bien joué bien joué d'avoir réussi à convaincre et en même temps je ne suis pas trop surpris parce que quand on voit je ne sais pas dans quel état était le site et votre com enfin à quel niveau était votre com avant l'expé mais là post expé c'est vraiment très très clean et on voit que c'est hyper qualitatif donc pas trop surpris a posteriori excellent donc si je résume vous trouvez le bateau via le réseau de Ivan vous arrivez à boucler votre budget juste à temps de 60 000 euros pour l'expé à 4 pour 5 mois ce qui au final est pas non plus au nombre de personnes et au nombre de jours c'est pas non plus délirant et on est en mars 2022 c'est ça quand vous partez de l'Orient ou juillet 6 ou juillet en mars on part en mars et vous revenez en juillet exactement 6 mars 2022 excellent et vous revenez en juillet ça se passe comment le enfin déjà est-ce qu'il y a eu des gros rebondissements au-delà du budget qui a été difficilement enfin qui a été bouclé au dernier moment est-ce qu'il y a eu des gros challenges que vous avez eu à gérer pré-expé pré-départ
SPEAKER_01alors c'était pas spécialement un rebondissement parce qu'on s'y attendait mais le bateau en fait il était neuf quand on l'a récupéré et en fait il sortait littéralement du chantier naval ce qui fait qu'on avait prévu de prendre le mois de février pour en gros on avait dit janvier c'est la préparation montagne février c'est la préparation voile et à partir de mars on part en gros et en fait le bateau début février il vient d'être mis à l'eau il n'y a toujours pas le mât il n'y a toujours pas les voiles etc et après finalement avec un sponsor on s'est dit ah mais ce serait bien de faire floquer les voiles parce que ça donne plus de visibilité puis c'est quelque chose qui donne un beau cachet à l'expédition d'avoir des voiles floquées et donc ça nous rajoute encore quelques semaines de temps que l'entreprise travaille dessus ce qui fait que finalement on a pu faire notre première navigation à bord du bateau que 3 jours 3 ou 4 jours avant le départ et où justement comme on le dit dans le film en fait on fait un aller-retour jusqu'à l'île de Croix c'est-à-dire qu'on sort de l'Orient à la base le port on fait une dizaine de milles pour aller en face on dort dans le port et puis on revient et c'était notre seule navigation d'entraînement sinon tout le reste du temps du coup on était occupé à aller à droite à gauche récupérer les collines matérielles bricoler un peu sur le bateau du coup pour aider à finaliser les dernières retouches donc c'était un peu la surprise de est-ce qu'on sera prêt à partir et tout s'est fait vraiment au dernier
SPEAKER_00moment et on ne peut que imaginer le stress de Yvan qui est le skipper et le seul qui connaissant
SPEAKER_01en voile qui avait vraiment conscience de ce qui se passait en fait bah ouais ah ah ah
SPEAKER_02j'imagine qu'il a dû avoir des nuits peut-être moins reposées moins reposantes que les vôtres juste avant le départ même si je pense que tout le monde j'imagine que pré-XP les quelques jours avant tout le monde devait être à fond juste pour qu'on se rende compte côté matos partir à 4 sur 5 mois avec un projet mixte voile ski ça représentait quoi comme vous avez des chiffres un peu à nous donner sur le poids de la bouffe le volume du
SPEAKER_01matos niveau je je peux répondre sur le matos mais effectivement on avait pas forcément de poids ou de volume sur cette expédition là parce que justement en fait il y a quand même beaucoup de place dans un bateau avec toutes les cales et tout ça on se rend pas forcément compte de l'extérieur mais on peut mettre énormément de choses ce qui fait qu'on a juste entassé tout ce qu'on s'est dit qui pourrait nous servir et après on a utilisé ce dont il y avait besoin mais typiquement on a eu un jeu complet de freins et de cordes d'alpi qui sont quasiment pas sortis du bateau parce que justement les occasions se sont pas présentées et alors même moi j'avais pris deux paires de skis pour moi les autres ils m'ont dit ça prend trop de place c'est n'importe quoi laisse les au port bon finalement pour l'anecdote moi j'ai cassé un ski sur la première descente de l'expédition donc à peine parti donc ça valait quand même le coup de prendre un peu de backup et c'est l'avantage justement du voilier c'est que le voilier il porte pour nous et on peut mettre énormément de choses dedans et après niveau nourriture en fait on a pareil on a rempli les cales autant que possible à la fois de conserve et aussi de nourriture fraîche et de un peu de un peu de boisson beaucoup de fromage et tout ça et au fur et à mesure en fait on n'a pas tant compté c'est juste que quand on arrivait on se rendait compte que c'était un peu vide on faisait un arrêt au port en Norvège pour remplir avant il n'y a que Osvalbard justement on a fait un bon stock pour passer un mois là-bas en quasi autonomie
SPEAKER_02ok les courses en Norvège on a dû les faire avec une XP en août l'année dernière vous avez
SPEAKER_01dû les sentir passer ça c'est aussi ça il y a eu un petit dépassement de budget
SPEAKER_02sur la chose je ne sais pas On nous revoit encore si Beaulieu et Arnold écoutent ce podcast à la caisse d'une supérette en Norvège. Je ne sais plus où est-ce qu'on était. On était dans le... où est-ce qu'on était
UNKNOWN?
SPEAKER_02Minsund. Arrivé à la caisse, 900 balles. Ah, oups. Budget légèrement dépassé, là, ouais. Mais bon, on était 10. Donc, ouais. Mais quand même. OK. Donc, finalement, avec le bateau, pas tant d'enjeux que ça sur... Enfin, je veux dire, il n'y a pas vraiment eu de sacrifice de fait sur le matériel pour partir un peu plus léger ou avec moins de volume. C'est peut-être même mieux, non, d'ailleurs, par grosse mer, que le bateau soit chargé
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ou pas
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, je dirais que ça ne change pas grand-chose. Parce que le bateau fait 14 tonnes. Donc, à part si on veut faire de la régate, donc de la course, on n'est vraiment pas à jouer sur 50 kilos, 100 kilos de
SPEAKER_02différence. D'accord. Ok. Donc, pré-expert, vous découvrez le bateau le 3 mars, vous partez le 6. Donc, j'imagine que vous faites la main dessus... pendant la traversée de la mer du Nord. Les émotions au moment du départ, alors là, vous n'êtes là que tous les deux, mais est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu, c'est quoi vos souvenirs, c'est quoi les scènes qui vous ont marqué vraiment au moment où vous quittez le port et que ça y est, l'expédition démarre pour de
SPEAKER_00vrai
UNKNOWN?
SPEAKER_00Le moment où on part, c'est quand même un sentiment vraiment déjà de fierté, de se dire on a réussi à se préparer pour pouvoir partir, à pouvoir boucler tout ce qu'on voulait faire. Et en tant que tel, c'était déjà une réussite. C'était hyper joyeux, on était entourés par nos proches, par les gens qui avaient suivi un petit peu le début du projet, quand on partait à l'Orient. Donc c'était hyper festif de partir comme ça, à l'aventure, à 22 ans, se dire ça y est, on va dans le Grand Nord, on ne connaît pas, et puis là on va vivre 5 mois sur ce voilier qu'on n'a pas encore apprivoiser donc ouais vraiment il faut avoir une grande excitation au moment du départ
SPEAKER_01Pour toi, Baptiste
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, tout à fait. Il y a beaucoup d'excitation. Et il y a aussi, finalement, tout va très vite. Parce qu'en voilier, il y a tout le temps des choses à faire sur le voilier, surtout quand on quitte le port et qu'on vient de partir. Et donc, finalement, même si on pense un peu en arrière-plan que quelque chose de spécial est en train de se passer, moi, j'étais aussi énormément focalisé sur ce qui se passait dans l'instant présent parce qu'en n'étant pas expérimenté en voilier, ça prend plus d'attention d'essayer de faire les choses bien. Ce qui fait que c'est qu'après quelques milles de navigation qu'on se dit... Ah oui, là c'est bon, on est parti pour de bon, on ne voit plus le port, ça y est, on attaque. Et avec le tour de lave, on a commencé par contourner toute la Bretagne, c'était la belle navigation.
SPEAKER_02Excellent. Vous l'avez fait dans quel sens du coup le circuit
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est qu'en gros, on est parti de l'Orient, l'Orient qui est au sud de la Bretagne, on a contourné jusqu'à Dunkerque, on a suivi la côte à peu près jusqu'à Dunkerque, et de Dunkerque, on a traversé la mer du Nord, plein Nord, jusqu'en
SPEAKER_02Norvège,
SPEAKER_01et après on a remonté la côte norvégienne, et c'est au retour en En fait, effectivement, on est passé par l'Écosse et on est redescendu par la mer d'Irlande, donc entre l'Irlande et l'Angleterre, pour revenir à nouveau à l'Orient, cette fois-ci en
SPEAKER_02juillet. Ok, ok, ok. Fabuleux. Et donc l'Écosse, si j'en crois la carte sur le site, il y a eu plusieurs stops. L'objectif là, c'était quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'était déjà de skier, il y avait encore de la neige à ce moment-là, mi-mars, fin mars
UNKNOWN?
SPEAKER_02En Norvège. En Norvège, pardon. Qu'est-ce que j'ai dit
UNKNOWN? J'ai dit Écosse? Oui. Pardon. Norvège!
SPEAKER_00Donc oui, quand on part en mars, on arrive fin mars, début avril au nord de la Norvège. Et là, on va trouver les Lofoten, puis les Alpes de Lingen, tout au nord de la Norvège, qui sont déjà deux très très beaux terrains de jeu. qu'on va découvrir pendant presque deux mois on va remonter au fur et à mesure et avec de la très très bonne neige c'est le printemps là-bas aussi le jour s'allonge de plus en plus et puis dès avril on peut voir même à une heure du matin il n'y a plus vraiment de nuit on transitionne sur le jour polaire et donc là on va se faire le plus de descentes de ski possible en un temps à chaque fois qu'il faisait beau on sortait dehors c'était simple c'était la règle c'était de faire tout ce qui était possible au niveau de la navigation pour que quand le créneau météo soit bon et arrive on soit en haut de la face pour pouvoir
SPEAKER_02descendre excellent du coup la gestion de la météo parce que ça aussi ça s'apprend vous étiez tous les 4 dessus ou c'était Yvan qui s'y
SPEAKER_01collait
UNKNOWN?
SPEAKER_01sur la météo la météo marine en tout cas pour la navigation c'était surtout Yvan qui regardait en tout cas lui qui avait le dernier mot même si on regardait aussi et après en montagne par le contre on était tous à regarder après l'avantage c'est que sur toute la Norvège il y a quand même une très bonne couverture réseau donc on avait tout le temps météo blue ce genre de choses il fallait avoir des prévisions assez précises mais il fallait justement bien s'entraîner et bien apprendre à voir comment était la neige comment étaient les conditions en fjord et en littoral parce que Osvalbard pour le coup on était complètement hors réseau et là c'était alors il me semble que c'était le frère d'Yvan le grand frère d'Yvan qui nous a fait routeur et donc lui il lisait les cartes des glaces et les prévisions depuis la France et nous les envoyait par message satellite sachant que nous on arrivait juste à charger les fichiers Windy donc on avait les prévisions de vent mais pas forcément les précipitations et tout
SPEAKER_02ça ok ok ok oh là là je repense du coup aux images du film là quand vous parlez de la Norvège des Lofoten du ski et quelles images c'est toi d'ailleurs non
UNKNOWN?
SPEAKER_02Robin, qui t'es formé en pilotage de drone avant le départ
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est ça, exactement. Je te le
SPEAKER_02dis, bravo. Parce que franchement, les prises de vue, vraiment
SPEAKER_00hallucinantes. Merci bien. C'était un défi. Le drone en XP comme ça... C'est très beau ce qui se passe en montagne, mais en fait, c'est encore plus dur de faire du drone en voile. Là, on devait être carrément à 4 km. pour pouvoir faire en sorte que la prise de vue se passe bien. Parce qu'un voilier, c'est vraiment trop mobile. Ça avance, ça tangue, il y a les vagues de partout. Et quand on veut atterrir ou bien décoller, le drone, lui, il a envie juste d'être immobile, de monter en l'air simplement, vertical. Donc, ce qu'on faisait, c'était qu'il y avait une personne qui était à la barre, une autre qui réglait les voiles. Baptistein était le lanceur de drone attitré qu'il arrivait beaucoup à le lancer à le rattraper et puis j'étais aux manettes pour qu'ensemble on puisse synchroniser les trajectoires il se mettait en rappel en se tenant d'une main et puis en dépassant du bateau pour l'attraper au vol alors que le bateau avançait toujours était en train de prendre son bord pour l'attraper en vol et ensuite le ramener à l'intérieur du bateau c'était vraiment hyper impressionnant à voir à chaque fois et puis très stressant à chaque fois qu'il revient on est content on récupère ses rushs on les sauve
SPEAKER_01bien et on
SPEAKER_02espère
SPEAKER_01que ça se passera aussi bien la prochaine fois ouais pour ça de toute façon je prends des gros gants parce que Yvan il a essayé une fois sans gants il s'est retrouvé avec les doigts découpés alors ça coupe bien donc moi j'avais une espèce de gant de fauconnier c'était un gant de chantier pour l'attraper et on avait quand même prévu dans le pire des cas une grosse épuisette et on s'est entraîné au port en Bretagne à l'attraper à l'épuisette en vol mais heureusement on n'en est jamais arrivé là pour pouvoir le récupérer
SPEAKER_02excellent j'avais fait un épisode avec un médiaman donc c'est les un médiaman c'est en gros photographe slash vidéaste caméraman embarqué sur les les grosses courses au large genre Volvo Ocean Race et il m'avait envoyé des il s'appelle Martin qui résorait s'il y en a qui veulent écouter l'épisode et s'il y en a et je mettrais j'essaierai de retrouver le lien vers la vidéo qu'il m'avait envoyé mais je sais pas comment il se débrouillait le gars pour faire décoller ses drones sur ces courses là parce que enfin merde absolument défoncé au large et clairement il ne demandait pas à l'équipage de se mettre face au vent pour que le bateau ralentisse et faire décoller le drone donc ça a toujours été un grand mystère de comment il arrivait à faire des vidéos pareilles en pleine mer avec des embruns de ouf qui montent à genre 4 mètres et son drone qui vole au milieu de tout ça quoi qu'il en soit en tant que spectateur du film c'était une très bonne décision que vous preniez un drone c'était juste magnifique ok donc la Norvège en gros le premier premier touché terre en Norvège c'est mi-mars c'est ça Trondheim
UNKNOWN?
SPEAKER_01c'est un peu avant parce que du coup ce qui nous arrive quand on est la première fois qu'on voit les côtes de Norvège c'est aussi le moment où arrive une des plus grosses péripéties de l'expédition ah c'est là la baume exactement sur un empannage qu'on pensait contrôler alors bon moi j'étais pas de car à ce moment là et Romain non plus donc on peut pas vous raconter en détail ce qui s'est passé mais n'empêche qu'on a entendu un grand bruit et que quand on sort on voit la baume pliée en deux donc la baume pour je sais pas si Et pour ceux qui ne font pas de voile, c'est la partie horizontale qui supporte la grand voile derrière le mât. Donc c'est une grande pièce de métal qui fait 6 mètres de long. Et là, sous le choc, elle se plie en deux avec un angle de 30 degrés. Complètement inutilisable, donc impossible de continuer à naviguer, du moins dans ces conditions. Et après, on l'a enlevé, on naviguait sans grand voile. Donc ça a fait un premier touché terre un peu anticipé. C'est-à-dire que dès qu'on a vu la côte norvégienne, on a dû se rabattre sur un port pour un tout petit port de pêcheurs pour pouvoir s'y arrêter et faire nos réparations avant de arriver à Trondheim quelques jours plus tard, une petite semaine après, une semaine à naviguer dans les fjords du long de la côte.
SPEAKER_02Du coup, comment ça s'est passé le remplacement de la bombe
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est via le contact d'Ivan que l'envoi de la nouvelle
SPEAKER_01s'est fait
UNKNOWN?
SPEAKER_01Vas-y, vas-y. En fait, le truc, c'est que vu que le bateau était neuf et que c'était quand même un gros projet et tout ça, on avait un très bon contact avec JPK, les fabricants du bateau, qui sont en plus une entreprise, c'est pas non plus de l'industriel à grande échelle donc on pouvait discuter directement avec eux et ils nous ont suivi en fait tout le long de l'expédition ils étaient super réactifs dès qu'on avait des galères avec les moteurs qui étaient un peu expérimentaux ou avec quoi que ce soit ils étaient super réactifs pour nous aider et donc là justement sur la bombe la bombe qui pète on les appelle tout de suite et là où on a eu beaucoup de chance c'est qu'il y en avait une qui était prête en fait à être finalisée donc on a tout de suite pu avoir une nouvelle bombe qui était disponible pour nous à Lorient le truc c'est que nous on était plus à Lorient il fallait faire à revenir la BOM jusqu'en Norvège. Et ça, ça a été une histoire un peu plus compliquée parce que du coup, avec des transporteurs et tout ça, elle a mis finalement presque un mois à nous rejoindre. Elle ne nous a rejoints qu'à Tromsø. Nous, on était obligés de continuer à aller au nord parce qu'à la fois, il n'y avait plus tant de neige au sud et puis il y avait des gens qui nous attendaient là-bas pour venir sur le bateau. Et donc, au fur et à mesure, la BOM nous suivait laborieusement en camion jusqu'à ce qu'elle finisse par nous rejoindre à Tromsø et que là, on puisse faire la réparation qui au final, en une demi-journée,
SPEAKER_02s'était réglée. Ah ouais, donc vous avez fait toute la côte norvégienne sans baume ouais ok les moteurs tu disais qu'ils étaient un peu expérimentaux si je me souviens bien le bateau était 100% électrique
SPEAKER_00non
UNKNOWN?
SPEAKER_00alors le voilier effectivement il a des moteurs électriques hum hum Et ces moteurs électriques, on les a effectivement utilisés un peu dans les fjords, notamment quand on naviguait qu'avec le génois, la voile d'avant, puisque ça aidait parfois quand il n'y avait pas assez de vent, ou bien on restait simplement au génois et on allait moins vite. Et ces moteurs, du coup, ils ont besoin d'énergie, il y a des batteries sur le bateau, et les batteries, elles peuvent se recharger de quatre manières différentes. la première c'est de les recharger au port quand on passait dans des ports etc pour faire du ravitaillement etc on pouvait recharger nos batteries dans tous les ports de Norvège beaucoup de ports en France on peut se brancher comme ça la deuxième c'était avec les panneaux solaires on avait des panneaux solaires à l'arrière du bateau ça doit être à peu près 10% de l'apport d'énergie au final au total de l'expédition même ordre de grandeur pour l'hydrogénération en fait nos hélices des moteurs elles pouvaient tourner en mode génératrice quand on avançait à la voile Et donc, recharger les batteries comme ça. Ça se faisait une fois qu'on dépassait à peu près les 8 nœuds, donc les 15 km heure, on arrivait à avoir un bon rendement de rechargement. Et puis, on avait quand même la quatrième manière, la solution de secours, qui était le groupe électrogène. Donc, on avait une réserve un peu de carburant sur le bateau aussi, parce que si jamais les batteries étaient vraiment à plat, dans ce milieu arctique où on était très engagé, et puis même pour la communication, pour plein de raisons, il fallait qu'on garde de l'énergie, on n'était plus du tout manœuvrant sinon, et bien on avait ce groupe
SPEAKER_02électrogène qu'on faisait tourner
SPEAKER_00pour
SPEAKER_02recharger un petit
SPEAKER_01cycle de batterie. D'accord, ok. Et pour préciser aussi, c'est qu'une des parties aussi nouvelles pour JVK, c'est de monter justement cette hydrogénération, donc le fait de ces moteurs qui se rechargent quand on navigue à la voile, et c'est quelque chose que finalement nous on a peu utilisé, mais c'était surtout dû aux conditions dans les côtes, c'est-à-dire que vu qu'on suit la côte, on est souvent dans des fjords on passe beaucoup de temps à virer de bord on fait pas des longues distances à vitesse constante et c'est pour ça que finalement ça représente aussi peu de recharge globale sur l'expédition alors qu'avec le même système si tu pars en transat que tu fais plusieurs jours sous bon vent à tirer un grand bord dans l'Atlantique là ça rechargera beaucoup
SPEAKER_02plus très bien on arrive enfin au Svalbard donc vous avez votre nouvelle baume tout va bien la phase d'ailleurs je sais plus lequel des 4 mais vous disiez que vous avez eu des conditions très dures avant même d'arriver en Norvège où vous avez pété la baume moi je me rappelle d'une phase dans le film où il y a une petite régurgitation d'un dîner dans la nuit c'était au même moment ou vous avez eu encore d'autres conditions plus dures après
SPEAKER_00après Norvège bah En fait, de toute façon, 5 mois comme ça en voilier, on a le temps d'en avoir des tempêtes, ça c'est sûr. Effectivement, dans le film, on montre aussi un épisode très tendu quand on est en train de remonter justement Les côtes norvégiennes, un peu plus tard que la Baume, on avait déjà commencé à skier, etc. On faisait une traversée, donc on était assez loin des côtes. Et en fait, on se prend une sorte de bouée, de filet. On ne sait pas trop, c'est la nuit encore, nuit noire vraiment. Un gros temps quand même, il y avait entre 30 et 40 nœuds en fonction du moment. donc une mer déjà bien agitée, et on se retrouve bloqué au milieu de la mer, parce qu'on est ancré par ce filet, cette bouée. Ah, il
SPEAKER_02n'était pas dérivant, il était fixé
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il était fixé, en tout cas nous on était fixés, ça c'est sûr, on n'avançait plus au GPS, on était vraiment bloqué, et on avait très peur, parce que c'était accroché en dessous du bateau, donc sûrement au safran, ou bien à la quille, on ne sait pas, mais avec les efforts que ça faisait faisait, à tout moment, ça pouvait créer une voie d'eau, quoi, de casser, d'arracher quelque chose, et de créer une voie d'eau, comme ça, en pleine nuit, au milieu de la mer, en plus, une eau qui est entre 2 et 4 degrés, donc, autant dire qu'on n'a pas envie de rester longtemps dedans, et ça a été, voilà, on s'est tous réveillés, on a dû, du coup, alors, c'est Baptiste 1 qui est parti en rappel, on lui a donné un baudrier, on l'a assuré, un peu comme s'il descendait une falaise, et puis, il il allait dans l'eau mettre sa tête avec son couteau à la main pour couper les attaches qu'on avait avec ce filet C'était vraiment une vraie mission. Il y avait les portes-conteneurs qui commençaient à se dérouter puisqu'en même temps, on était quand même en lien avec la Marine nationale pour leur dire que c'était un peu une situation compliquée. Et nous, on n'avait pas du tout envie que les portes-conteneurs arrivent. Ils allaient remorquer le bateau, mais en fait, tout arrachait dessous. Donc, nous, ça voulait dire fin de l'expédition. Et on n'avait que ce choix-là. Et effectivement, ça a marché. On a réussi... à repartir. Donc, on ne pouvait plus utiliser trop les hélices. On ne pouvait utiliser que notre voile d'avant. Et on est arrivé à se mettre au petit matin sur un port. Et là, ensuite, on a plongé pour réparer le bateau. Mais effectivement, au milieu de la nuit, de se battre comme ça contre les éléments dans la nuit noire sans repère, ça a fait qu'on était tous très malades. Et quand il fallait aller chercher un couteau, des pinces, etc., c'était à chaque fois l'un l'autre qui se... qui y allait, il allait à l'intérieur du bateau et quand il ressortait, il donnait l'outil et puis hop, il passait par-dessus bord ce qu'il avait à rendre à la mer.
SPEAKER_02Il a tout retourné comme ça, voilà. Excellent. Et donc, c'est lequel des quatre qui a été malheureusement capturé par la vidéo
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'était moi qui étais dans la
SPEAKER_01vidéo. Mais voilà, je n'étais pas seul. Ok. Ok, ok. D'ailleurs, si on regarde bien, on peut voir que Yvan, avant, il en a un peu... un peu sur sa salopette de car quand il fait
SPEAKER_02ses appels à la radio et donc in fine il y a eu effectivement de la casse ou pas tant
SPEAKER_01que ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01sur cet épisode là ça va parce que finalement c'était le moteur qui était coincé par tous les cordages et tout ce qui s'était enroulé autour durant l'événement mais une fois qu'on est descendu en dessous et que du coup c'est Robin qui a plongé dans le port pour aller couper les cordages enroulés autour effectivement il n'y avait ni le safran ni l'hélice qui était tordue donc on a pu repartir
SPEAKER_02après sans problème et là vous aviez des combinaisons étanches ou en tout cas bien
SPEAKER_01épaisses
UNKNOWN?
SPEAKER_01ouais pour ça on avait acheté une combinaison justement pour ce genre de situation une combinaison de plongée épaisse 5 ou 6 mm qui a resservi d'ailleurs à nouveau au Svalbard quand on avait recoincé un bout de corde dans le moteur mais qu'on n'a pas pu utiliser quand on était au milieu de la mer parce que Vu le bazar que c'était à bord, ce n'était pas envisageable de s'habiller comme
SPEAKER_02ça. Même de plonger complètement, parce que tu étais attaché.
SPEAKER_01En fait, j'étais attaché. En gros, à la base, j'étais à genoux sur l'arrière du bateau, sur le plat bord arrière, à essayer d'attraper la corde qui nous retenait. Et puis, au fur et à mesure, plus j'essayais de tirer dessus, plus je descendais dedans. J'avais toujours, je pense, les pieds dans le bateau, mais j'avais tout le corps, tout le torse, la tête dans l'eau pour essayer de… de couper le truc
SPEAKER_02les bons souvenirs d'expédition alors le Svalbard on y arrive enfin ça y est donc date d'arrivée c'est quoi c'est 26 mai c'est
SPEAKER_01ça
SPEAKER_02ouais là l'objectif il y avait un objectif précis vous saviez où est-ce que vous vouliez vous poser vous aviez identifié des ports naturels où passer quelques temps c'était quoi le plan en arrivant là-bas
SPEAKER_00et bien Osvaldbar donc archipel arctique à 1000 km du pôle nord il y a une ville qui s'appelle Longerbyen qui est habitée par un peu de commerçants pour le tourisme puis des enseignants ou bien des étudiants qui viennent faire un semestre de recherche pour la marine biologiques etc mais il ya une ville de maximum de 1000 personnes et ensuite c'est une terre très grande avec une superficie où je pense au moins rhône-alpes et peut-être rhône-alpes auvergne qui c'est la pompe à quoi et donc nous notre but c'était d'aller rejoindre cette ville se déclarer aller chercher les autorisations nécessaires c'était que quand même assez difficile de les avoir. On a aussi dû, par exemple, louer des carabines, des carabines qui étaient là depuis la Seconde Guerre mondiale, que les Allemands avaient laissées après être partis. Donc nous, on se retrouvait avec comme ça, des carabines de 7 kilos, parce que comme il y a une faune, il y a des ours polaires, et il était obligatoire d'en avoir sur nous. Bon, bien sûr, on n'a pas eu besoin de les utiliser, et puis Il y a plein de protocoles. et deux choses à savoir pour éviter les situations de détresse comme ça, mais c'était obligatoire d'avoir une carabine sur soi. Donc, quand on skiait, par exemple, quand on montait et même quand on descendait, on avait une carabine dans le dos. C'était fou. Et donc, c'était notre but de prendre tout ce qu'il fallait à Longerbyen et ensuite, dès qu'on avait tout le nécessaire, on partait explorer le Svalbard en allant dans les fjords, en regardant les cartes et en se disant à chaque fois« Tiens, cette face, on en envie de la descendre
SPEAKER_01et bah c'est parti demain on y va voilà c'est à dire qu'on fonctionnait pas énormément avec une prévision en disant on veut aller faire tel sommet tel nom cocher tel endroit sur la carte et c'était beaucoup plus explorer un fjord regarder à la jumelle ce qui nous inspirait aussi ça dépendait beaucoup des conditions de glace qui ont pas mal évolué en un mois donc il y a à la fois les conditions de neige mais aussi la glace dans les fjords qui permettent plus ou moins de naviguer c'est pour ça que globalement on savait juste qu'on voulait remonter la côte la côte ouest et voir le long ce qui était faisable
SPEAKER_02Vous avez croisé des gens une fois que vous avez quitté
SPEAKER_01Longerbyen
UNKNOWN?
SPEAKER_01On a croisé quelques bateaux, parce qu'il y a quelques bateaux de touristes. Alors déjà, il y a des voiliers, qui étaient un peu plus gros que le nôtre, mais qui prennent des touristes et qui leur font fort faire un peu le tour pendant quelques jours de la côte, mais sans quasiment jamais toucher terre, juste pour prendre en photo la faune et voir un peu les paysages. Et après, oui, on a eu une sacrée surprise. C'est-à-dire que quand on est à un des points les plus au nord du Svalbard, on est descend pour aller à un bar, en fait, c'est un endroit très spécial qui s'appelle Texas Bar, qui est une petite cahute au milieu de nulle part, où il y a la tradition que tous les gens qui y viennent, tous les étrangers, ramènent un alcool de leur pays et déposent de la bouteille, et puis ils peuvent boire aussi, du coup, c'est en accès libre, il n'y a personne dans le bar, et peuvent goûter un peu ce qu'il y a sur place, donc vu que c'était un endroit un peu folklorique, on s'est dit qu'on y passait, et à peine on y arrive, on prend un peu de temps sur place, et là on voit débarquer dans le fjord un énorme paquebot un truc des croisières du ponant en fait il y a des centaines de personnes dessus et qui font justement tout le tour de l'île pour ramener leurs touristes et les gars ultra efficaces d'un coup ils envoient une annexe sur le bord t'as 4 types qui sortent armés pour sécuriser la zone au cas où il y a des ours ils ramènent des tables des tentes des tentes de mariage pour faire boire un petit coup de champagne sur la côte à leurs touristes ça faisait une drôle d'ambiance ambiance alors que ça faisait des jours qu'on avait croisé personne c'était assez spécial
SPEAKER_02ok ouais j'imagine le contraste ouais ok ok ok et du coup enfin globalement vos impressions là c'était enfin moi l'image que j'en ai j'ai jamais eu la chance d'aller au Svalbard encore mais pour avoir discuté avec les Arctic Fools avec Vincent Colliard avec 2-3 autres personnes qui sont allées moi l'impression que je enfin ce que j'en retiens globalement c'est que c'est vraiment enfin c'est ce que tu disais c'est que c'est une immensité complètement vierge où il y a globalement absolument personne ça c'est globalement le sentiment que vous avez tout le long du de votre expé sur place là-bas Est-ce qu'il y a d'autres choses
UNKNOWN?
SPEAKER_02Globalement, comment est-ce que vous décririez cette phase de l'expé où vous êtes dans ce territoire loin de tout, complètement isolé et quasiment seul
UNKNOWN?
SPEAKER_00Disons que c'est un peu le bout du chemin. On a fait trois mois de voilier déjà, trois mois d'aventure, et là on arrive… au maximum de l'inconnu, de l'exploration des terres, des faces de montagne qu'on a envie de rider. Et même si, effectivement, on croise un petit peu des bateaux sur les routes navigables, dès qu'on est sur Terre. Alors là, par contre, on est complètement seul. Le silence, c'est des silences magiques. On a le temps de créer vraiment. On se sent ultra libre. En plus, une météo qui est superbe dans cette période-là, la plupart du temps. Mais le fait d'avoir 24 heures de soleil, ça permet vraiment de débloquer des moments où le paysage s'ouvre complètement. On voit en même temps les reliefs les crêtes les montagnes blanches avec les fleurs de bleu comme ça et puis qui sont remplies d'iceberg donc ouais c'est vraiment magique et on s'amuse comme ça dans ce terrain de jeu pendant un mois excellent
SPEAKER_02à ce moment là je fais une espèce de méga accéléré vous étiez dans l'instant présent ou vous étiez déjà en train de parler de la prochaine expé qui a eu lieu il y a pas très
SPEAKER_01longtemps pas du tout non en fait moi j'y pensais pas du tout Et c'est vrai que quand on vit nos expéditions, c'est tellement intense, il y a tellement de choses à penser, dont il faut s'occuper en permanence, qu'on ne peut pas du tout se projeter sur la suite. C'est-à-dire qu'à ce moment-là, on vit tout à fond. Même une fois rentré, vu qu'il faut préparer le film, faire un peu ce qu'on pourrait appeler le SAV de l'expédition, c'est-à-dire que l'expédition, elle commence avant le départ part, mais elle s'arrête bien après le retour, ce qui nous laisse beaucoup de temps pour penser que à l'expédition et pas encore à ce qui va se passer ensuite. C'est que plus d'un an après qu'on se dit qu'on a envie de repartir et qu'on commence à réfléchir où est-ce qu'on pourrait
SPEAKER_00repartir. Même pour aller plus loin encore, pendant le Svalbard, ma réalité était d'être un équipier de ce voilier qui... qui parcourait les montagnes pour faire des images et faire du ski. C'était ce que je faisais. Je n'étais plus étudiant ou étudiant ingénieur ou quoi que ce soit, ou français ou quoi que ce soit. J'étais équipier de ce voilier. C'était la nouvelle réalité.
SPEAKER_02excellent c'est beau ça quand t'arrives à déconnecter à ce point et finalement c'est d'où ma question moi ce que j'entends c'est que t'étais 100% dans l'instant présent et focus sur ce que vous étiez en train de vivre et pas nécessairement sur le tracas du quotidien trouver un stage, trouver un premier job ou
SPEAKER_01autre Tout à fait, parce qu'en plus, en Norvège, on était encore un peu plus dedans, on avait déjà le réseau tout le temps, donc mine de rien, tu passes quand même du temps sur ton téléphone, et ça restait civilisé, il y avait des villes, on croisait des gens quand on n'était pas dans des fjords trop éloignés, et même les paysages rappelés, en fait, les montagnes des Lingen, ont des profils assez alpins, donc tout nous ramenait un petit peu à la maison, même si on était quand même en expédition et qu'on vivait des choses extraordinaires. Osvalbard, c'est tellement différent, c'est-à-dire qu'il n'y a plus de réseau, on n'est plus qu'entre nous-mêmes, le paysage ressemble à nulle part ailleurs parce que c'est complètement désolé, beaucoup plus érodé, avec des glaciers qui sont immenses par rapport à ce qu'on a pu voir avant. Donc tout, en fait, tout tranché avec ce qu'on avait pu faire avant, c'est pour ça qu'on était à ce point séparés du reste du monde à ce
SPEAKER_02moment-là. Comment ça se passe, du coup, la reconnexion
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce que, bon, je ne sais pas si elle a été progressive pour vous, parce que vous êtes revenus finalement ça a été une très longue navigation entre le Svalbard et l'Ecosse c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Exactement et ça on a adoré ce retour parce qu'une fois qu'on finit le ski au Svalbard on a un mois pour rentrer Et ça change tellement des autres voyages qui peuvent être possibles où on va revenir en avion. On va revenir en 24 heures, 48 heures. Et là, en fait, on se rend compte que l'avion, ça donne une sorte de téléportation où ça te change vraiment de milieu d'un instant à un autre. Et le fait de rentrer comme ça en un mois, ça a vraiment permis de nous reprojeter dans le retour... À la France, oui, à la chaleur, même aux odeurs en fait, à plein de choses comme ça, à la nourriture choisie, à la douche bien chaude, et puis aussi à la société, à revenir avec, voilà, à revoir plein d'amis, la famille, etc. Le fait de revenir comme ça lentement, c'était super
UNKNOWN!
SPEAKER_01Oui, parce qu'en plus, on a pu avoir une approche un peu plus touristique sur la fin, où du coup, on était en juillet, c'était l'été. Les gros enjeux de risque de l'expédition étaient quand même globalement derrière nous. Et donc, quand on arrive justement en Écosse, on visite un peu des petits châteaux, des châteaux médiévaux, on va faire des petites courses en ville. Donc, on transforme l'expédition en voyage sur la fin, en vacances, ce dont on parlait au tout début, les étudiants en vacances. Et justement, ce dernier mois, ça permet vraiment une transition fluide pour le retour après
SPEAKER_02chez nous. Ça, on en avait beaucoup parlé. Je me rappelle surtout du témoignage de Vincent Lavrov des Arctic Fools qui disait que pour lui, à chaque fois, c'était très compliqué, ce changement brutal d'expédition A3 au fin fond d'un milieu polaire arctique à retour à la civilisation à Nice ou ailleurs. Et c'est globalement un thème qui revient souvent donc c'est pour ça que je vous posais cette question parce que c'est la première fois que j'ai des invités qui ont fait une transition on va dire plus douce en tout cas plus étalée dans le temps via le bateau mais ouais c'est clair que les retours d'expé ça a globalement globalement cette challenge aussi est-ce que du coup il n'y en a pas du tout eu une fois que vous êtes revenu à l'Orient ou du fait de cette phase on va dire de retour lent à la civilisation ou est-ce que voilà le moment du débarquement et le passage dans la phase post-expé le film et compagnie, est-ce qu'il y a eu là aussi quand même des, est-ce qu'il y a eu malgré tout des
SPEAKER_00challenges
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je pense que c'est des questions très personnelles, je peux commencer à répondre, mais moi ce qui m'a beaucoup changé, c'est la quantité de stimuli qu'on a par jour, et en expédition, on en a tellement, on est toujours occupé, on n'a pas le temps vraiment de s'ennuyer, même en En voilier, si on fait son quart, et globalement, il ne va rien se passer, on est quand même éveillé parce qu'on est responsable de la bonne conduite du bateau. Et quand on revient à la vie en France ou en société, finalement, on a eu un changement de rythme de ce point de vue-là qui est très... qui est aussi difficile à gérer, en fait, où il faut, du coup, se retrouver plein d'occupations parce qu'on est limite un petit peu accro à ce stimuli constant. En tout cas, pour moi, ça a été comme ça les premiers mois.
SPEAKER_01Moi, je pense que le choc, il est venu un peu plus tard, en fait. Sur le coup, quand on revient en France, en plus, après, en fait, on passe direct dans la poste expé, mais vu que, déjà, sur le chemin du retour, on avait déjà commencé à dérusher, à trier les images, tout ça, ça avait été... une transition plus normale et c'est en fait à partir de vers novembre décembre ou quand il commence à y avoir de la neige en montagne et puis on se dit ah mais là je suis pas en train de skier là je suis en France en train de taffer en école d'ingé et je suis pas reparti sur une XP et c'est vraiment le moment où on voit que il se passe des choses en montagne et que nous on y est pas que là moi je me suis rendu compte que l'XP était vraiment fini et
SPEAKER_02du coup on a bien échangé sur cette première RxP on va faire plus court sur la deuxième comme ça en plus ça incitera les gens à aller regarder le film dès qu'il sera sorti donc Robin dis à Thomas qu'il s'active on monte ensemble on fait tout ensemble donc pour la petite histoire parce que je pense qu'on se l'a dit en off vous êtes en train de vous occuper du montage d'un film sur votre deuxième expédition dont vous êtes revenu il y a assez peu de temps et vous êtes en ce moment en train de faire le montage donc quelle a été cette deuxième expédition dans les grandes lignes
SPEAKER_00alors cette fois-ci on est reparti en cette année en 2024 de janvier à mars pour faire de l'autonomie on est parti en patagonie pour faire une traversée nord-sud de la patagonie à travers les rivières et les champs de glace en autonomie totale on est parti avec baptistin au début on a fait d'abord 20 jours de rivière ensemble Et ensuite, au moment de monter sur le campo des îlots sourds, le champ de glace sud de Patagonie, on a retrouvé Thomas et Vincent pour le traverser ensemble à quatre. en gardant toujours nous notre autonomie et eux en arrivant avec leur matériel nécessaire. Donc au final, ça fait 650 kilomètres parcourus en autonomie totale, c'est-à-dire en portant tout avec nous. Dans les rivières, nous étions en packraft, donc c'est des kayaks gonflables, et on mettait notre matériel dessus. On avait 100 kilos de matériel au départ. Et puis ensuite, quand on monte sur les champs de glace, On transitionne en ski et pulka, c'est-à-dire les pulkas, c'est les luches, les traîneaux qu'on va avoir avec nous. Mais ce matériel, on l'a aussi porté sur le kayak, aussi bien que la nourriture de 50 jours qu'on avait prévue.
SPEAKER_02Ouais, donc grosse expé, là pour le coup, j'imagine que le poids et le volume avaient son importance par rapport à la
SPEAKER_01première
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ah ouais, l'approche était totalement différente, et vraiment, avant le départ, on s'est retrouvé à peser en fait tout ce qu'on prenait, et peser, comparer le poids des mousquetons, voir est-ce qu'il valait mieux prendre deux maillons rapides, mais est-ce qu'avec un ça suffisait pas, et en fait, par tranches successives, le but c'était de réussir à partir avec moins de 100 kilos quand même, et finalement, on s'est rendu compte que on se répartit avec beaucoup plus si on avait été en illimité mais qu'en réduisant la voilure on arrivait à partir en sécurité et quand même avec un matériel suffisant mais ouais là c'était beaucoup plus axé justement beaucoup plus le coeur de la préparation qui était moins de l'entraînement ou ce genre de choses parce qu'on avait déjà du coup l'expérience précédente mais plus du rodage technique pour être sûr d'avoir le bon matériel pour faire les bonnes choses
SPEAKER_02et c'était quoi l'objectif qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné les articles foules se sont retrouvées mêlées à votre
SPEAKER_00expé
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il y avait beaucoup d'objectifs dans cette expédition, on en avait un déjà sportif, d'arriver à faire cette trace, on avait envie d'être plus que deux pour traverser le champ de glace, qui était vraiment une mission assez engagée, notamment avec les crevasses qui peuvent s'y trouver, et de traverser à plus que deux, donc trois ou quatre, ça donne beaucoup plus de sécurité sur la cordée, ce qui est Jamais il n'y en a un qui tombe. Donc c'était un des éléments majeurs. Les Arctic Fools ont aussi amené pas mal de matériel vidéo pour que justement on puisse raconter cette expédition également. Et puis un des objectifs majeurs de l'expédition, c'était d'y aller sur ce champ de glace pour récupérer des échantillons de neige et en collaboration avec des laboratoires chiliens, de mener une... une étude sur la présence de microplastiques au sein de ce champ
SPEAKER_02de glace. D'accord. Ok. Je crois savoir que tout ne s'est pas tout à fait déroulé comme prévu initialement, comme bien souvent en XP. Est-ce que vous pouvez nous raconter ce à quoi vous avez dû faire face, il me semble, une fois que vous êtes arrivé sur le champ de
SPEAKER_01glace
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, c'est qu'effectivement, les plus grosses imprévues, on va dire, les plus grosses difficultés, elles ont eu lieu quand on est arrivé sur le champ de glace, même si c'était déjà pas facile dans la partie packraft mais il y a eu moins de moins d'imprévus les choses sont passées plus ou moins comme on s'y attendait et quand on arrive sur le champ de glace en fait faut se dire que pour donner du contexte nous on part sur le mois de mi-janvier enfin on arrive mi-janvier au Chili mais finalement on part plutôt fin janvier dans l'expédition et on comptait faire 7 ou 8 semaines d'autonomie 50 jours on avait 50 jours de marge et ça c'était des contraintes personnelles qui faisaient qu'en fait on pouvait pas partir sur un autre créneau dans l'expédition édition. Et on savait, on nous avait dit, et puis on le savait, que le glacier en été risquait d'être ouvert, assez crevassé, enfin le champ de glace, et que c'était une période du coup qui n'était pas forcément idéale, mais normalement il devait y avoir un passage, en tout cas les cartes des scientifiques et globalement les relevés des précédents repérages, pas par nous, mais montraient que le cœur du glacier, du moins, n'était pas trop crevassé, et que les zones de crevasse se concentraient sur sur les zones de dénivelé ou de changement de pente. Et en fait, quand on est arrivé dessus et qu'on a commencé à avancer, déjà, on a eu beaucoup de brouillard, une météo assez chaude, donc avec beaucoup de brouillard et d'humidité, pas tant de froid comme on s'y attendait. Et le brouillard, ça rendait l'avancée dans les zones de crevasses très dangereuses. Et surtout, on s'est rendu compte qu'il y avait beaucoup plus de crevasses qu'attendues, notamment dans des zones qui étaient supposées sûres, qui étaient avec des trous de 40 mètres, des crevasses de 40 mètres de large. Donc, c'était assez terrifiant. Et Et au fur et à mesure qu'on avance, on se rend compte finalement que toute la partie entre le volcan Lotharo et la zone du glacier Huygens, il y a une barrière de crevasses. Il y a toute une zone de crevasses extrêmement large qui barre tout le champ de glace, qui empêche la traversée nord-sud de comment on voulait la faire. Ce qui nous a obligés à nous dérouter et essayer par contournement successif d'éviter ces crevasses pour finalement ne pas réussir à les éviter et se retrouver bloqué un peu dans une zone au milieu du champ de
SPEAKER_02glace. Du coup, l'issue
SPEAKER_01qu'est-ce que ça a été
UNKNOWN?
SPEAKER_01Donc là, à ce moment-là, on avait la possibilité, on avait encore quelques jours de nourriture, mais on avait du mauvais temps qui arrivait devant nous, donc ça nous aurait été obligé de passer 4 ou 5 jours dans la tente, à laisser passer la tempête, pour après avancer avec les 5 jours de nourriture qui nous restaient, et dans une zone qu'on voyait très crevassée, et aussi cette fois, en fait, il faut se dire qu'il y a, je donne le contexte avant de raconter l'issue, mais il y a un peu deux types de crevasses, il y a les crevasses des zones glaciaires, donc donc où c'est sur de la glace bleue, et ça va être des petites crevasses qui vont faire 1 mètre à 2 mètres de large, qui sont dangereuses, mais qu'on voit, et qui vont surtout ralentir la progression, parce qu'il faut faire quelque chose de très sinueux pour les éviter, c'est sur de la glace, donc en fait il faut souvent y aller en crampons plutôt qu'à skis, etc. Et après, dans les zones en neige, le cœur de la calotte, il y a les grandes crevasses, et là qui sont en fait des fractures qui font 20-40 mètres de large, qui s'étendent sur des kilomètres, et qu'on ne voit pas toujours, parce qu'il y a justement des ponts de neige au-dessus et ce qui fait que les ponts de neige en hiver ils sont assez épais on peut passer partout n'importe où et nous qui étions en été donc en été l'hémisphère sud ces ponts de neige étaient extrêmement fins voire effondrés par endroits et c'était un peu de la roulette russe de passer par dessus et à ce moment là du coup on voit que autour de nous il n'y a que soit des kilomètres et des kilomètres de zones de glace bleue qui vont nous prendre en fait des dizaines de jours à traverser et on n'a pas la nourriture pour soit des parties en neige blanche mais dont on sait qu'elles sont crevassées ou en fait c'est joué à la roulette russe pendant toute la journée en espérant sortir sortir pas du tout envisageable vu qu'il restait un jour debout avant la tempête on a appelé un hélicoptère pour nous sortir de là donc un gars philippe avec qui on avait discuté avant et qui était justement prêt à nous faire un secours si nécessaire et on l'a appelé pour faire donc une évacuation pour se faire évacuer du champ de glace justement avant d'avoir besoin d'un secours c'est à dire avant de que la situation dégénère et qu'on se retrouve au fond d'une crevasse ou pris dans
SPEAKER_02la tempête je suis naze j'imagine que comme toujours dans ce genre d'aventure c'est pas évident d'y mettre un terme de manière anticipée. Mais d'un autre côté, là, de ce que j'entends, c'est que vous aviez... Enfin, clairement, vous n'avez pas le choix. Enfin, vous n'avez pas le choix. C'était complètement irraisonné d'essayer de poursuivre à tout prix.
SPEAKER_00C'est sûr. Et même, en fait, on a tout essayé, quoi. C'est-à-dire que cette ligne de crevasse qui nous barrait la route pour le sud, on l'a explorée. On a essayé vraiment à plein d'endroits de passer. Et puis, même... au dernier moment où on se disait bon ça passera pas, on a cherché à aller jusqu'à la dernière langue de neige qui nous faisait aller le plus au sud parce que nous on était tellement motivés pour continuer notre race et en fait cette décision de s'arrêter, alors carrément elle est difficile à prendre mais dans ce contexte là et avec tout ce qu'on avait parcouru déjà il n'y avait pas de doute il n'y avait aucun doute à se faire, c'était la seule solution
SPEAKER_02c'est quoi peut-être du coup pour conclure sur cette deuxième XP et se rapprocher doucement mais sûrement de la fin de l'échange c'est quoi les grands apprentissages que vous retirez de cette deuxième XP en tout cas tous les deux puisque je crois qu'Yvan était impliqué mais à distance c'est ça si j'ai bien compris
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui c'est ça Yvan il nous faisait le routage météo c'est à dire que là du coup pendant toute l'expédition on était hors réseau et donc on avait juste une balise satellite qui nous a servi notamment à appeler les secours et c'est Yvan qui nous faisait l'interface à la fois pour envoyer les nouvelles de ce qui se passait à nos familles et puis surtout pour nous nous envoyer les prévisions météo au jour le jour après du coup pour les apprentissages ça a été en fait c'était une expédition qui est beaucoup plus compliquée que la précédente parce que la précédente en fait on est venu vraiment avec beaucoup elle s'est passée avec beaucoup d'insouciance et globalement tout s'est bien passé celle-là elle nous a fait beaucoup grandir on a je pense beaucoup plus pris en maturité avec cette deuxième expédition qu'avec la première et ça nous amène aussi à il y a plein d'aspects et c'est encore très récent parce qu'on est rentré depuis un mois et demi donc c'est encore frais dans nos têtes mais il y a un aspect qui montre aussi que les projets c'est tout l'intérêt des projets qui ne sont pas monodimensionnels c'est à dire que notre projet on aurait pu le résumer à dire on voulait faire une traversée du champ de glace et cet aspect là ça aurait été finir sur une note négative en disant on n'a pas fait la traversée mais vu qu'il y avait tellement de foisonnement autour qu'il y avait l'idée d'enchaîner en autonomie le packraft et le ski et surtout qu'il y avait la recherche scientifique dans la zone de ramener des échantillons de neige. Vu que tout ça, ça a été des succès, ça fait que l'expédition reste quand même très positive et on attend avec impatience d'ailleurs les retours des scientifiques à qui on a remis des échantillons et qui sont en train de les analyser en ce moment même. Je ne sais pas si Robin, tu avais d'autres apprentissages sur
SPEAKER_00l'expédition
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ah non, mais globalement, je suis d'accord avec toi. C'était une expédition exceptionnelle avec un degré d'engagement encore plus fort que la précédente et on revient aussi avec des paysages magnifiques en tête, des moments hyper forts, des moments très difficiles, même physiquement aussi, d'efforts, de marcher, de... de transporter nos 100 kilos de matériel au fur et à mesure des kilomètres ça fait des souvenirs vraiment hyper forts et qui vont rester pendant longtemps outre la fin qui a été qui est arrivée un peu prématurément l'expédition ouais c'est des souvenirs c'est une réussite que vraiment je pense on pourrait en rester fier encore assez longtemps excellent
SPEAKER_02du coup la projection de tout ça, ça va être... C'est pour 2024, tu penses,
SPEAKER_00Robin
UNKNOWN?
SPEAKER_00On vise de... Voilà. Pour ce film-là, on vise de le finir d'ici la fin de l'année 2024. Par contre, pour le film de l'expédition en Arctique, la première expédition, on le postera sur YouTube dès le 2 juin. Il sera disponible pour tout le monde.
SPEAKER_02Ah, trop bien. Excellent. Celui-là, pour l'avoir vu, je vous le dis, allez le visionner dès qu'il existe on reste en contact je mettrai le lien en description de l'épisode dès que ce sera fait vous me préviendrez mais ouais clairement à aller visionner pour en prendre plein les yeux et bah écoutez un grand merci les gars c'était génial de vous avoir sur le podcast de découvrir de l'intérieur du coup comment se sont montés ces deux expés surtout la première de comprendre un peu toutes les phases qu'il y a eu avant avant qu'il y ait finalement ce départ pour l'Orient et puis surtout de d'en apprendre plus sur ce que vous y avez vécu ce que vous en retenez est-ce qu'il y a pour faire un peu de teasing au delà du film est-ce qu'il y a quelque chose qui se prépare avec Kauna dans les années à venir ou pas encore
UNKNOWN?
SPEAKER_01alors là on va avoir du mal à annoncer en avant-première de nouveaux projets on a plein d'idées en tête mais c'est vrai qu'on réfléchit pas mal les projets les uns après les autres donc pour l'instant le principal teasing c'est peut-être que quand le podcast sortira le film sera déjà en ligne et donc la sortie en festival du film de Patagonie et on verra aussi en fonction de l'accueil et de comment ça se passe les nouveaux projets qui se créent derrière et donc suivez-nous sur Instagram vous aurez tout dès qu'on aura les idées
SPEAKER_02parfait donc les liens en description comme d'habitude pour Insta merci une fois de plus à tous les deux et je vous dis Robin bon courage je sais pas Baptiste c'était impliqué mais Robin bon courage pour le film et puis à une prochaine très certainement
SPEAKER_01merci
SPEAKER_02beaucoup pour l'accueil merci Loïc Merci d'avoir écouté cet échange avec Robin et Baptiste jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura plu et qu'il vous aura, pourquoi pas, peut-être inspiré à vous lancer dans vos propres projets. Quoi qu'il en soit, n'hésitez pas à partager cet épisode à un maximum de personnes autour de vous. Et de manière générale, si vous souhaitez soutenir le podcast, parlez-en. Là aussi, parlez-en. Le bouche-à-oreille est un moyen extrêmement simple et efficace de faire connaître le podcast. Pour rejoindre le podcast, le groupe des tipeurs, les auditrices et auditeurs qui soutiennent financièrement le podcast, c'est à partir de 1€par mois, et bien ça se passe sur le site tipeee.com slash les-frappés, autrement le lien est en description. Merci pour votre fidélité, je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode dans lequel on va parler de sport à haut niveau et de handicap. A bientôt.