Ce qui était assez dur, c'est qu'en fait, on demande une exigence comme ça déjà très jeune. Faire attention à ce que je mange, voire faire un régime. Et donc, en fait, ça nous fait grandir très, très vite. Voilà, tout est extrêmement strict, mesuré, il n'y a pas d'écart. Moi, j'avais deux semaines de vacances par an. Donc voilà, entre mes 12 et 17 ans, je m'entraînais environ 30 heures par semaine.
SPEAKER_00Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action attention une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocable dans vos vies madeleine baillon est une plongeuse de l'extrême cette ancienne gymnaste de l'équipe de france qui est né et a grandi au portugal est la seule française de l'histoire à participer aux compétitions red bull plongeant de l'extrême ça veut dire qu'elle saute de 20 mètres de haut elle a trois secondes pour réaliser des enchaînements techniques tous plus impressionnant les uns que les autres avant de percuter l'eau à 80 km heure son parcours c'est celui de la piste détermination et du travail acharné. Vous entendrez Madeleine me dire qu'elle n'a pas de talent particulier, par contre qu'elle est capable de mobiliser une quantité d'énergie phénoménale dans tout ce qu'elle entreprend. Dans cet épisode, on parle de sport à haut niveau, de petites actions qui permettent de réaliser de grands rêves et de préparation mentale. Et juste avant de se lancer, je tiens à souhaiter la bienvenue à toutes celles et ceux qui nous ont rejoint récemment sur Tipeee, la plateforme de financement participatif via laquelle vous pouvez soutenir financièrement le podcast Alors si vous souhaitez vous aussi contribuer à partir de 1€par mois à l'indépendance des frappés, rendez-vous sur tipeee.com. Autrement, le lien est en description. Excellente écoute
UNKNOWN!
SPEAKER_00L'enregistrement, top. Attends, hop, pardon, je me mets en mode avion là.
UNKNOWNTac, tac, tac, tac, tac. Hop.
SPEAKER_00Excellent. Du coup, Charles, par curiosité, comment tu l'as connu, monsieur Vidone
UNKNOWN?
SPEAKER_00Vous travaillez ensemble ou vous vous êtes croisés sur des events
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non, en effet. En fait, on a travaillé ensemble. Donc, moi, ça va faire bientôt 4 ans que je travaille chez Amazon Web Services. On parle de ma carte de haut niveau. Et du coup, j'ai travaillé avec Charles, surtout au début
SPEAKER_00de ma carte chez Amazon. OK. Excellent. Écoute, Charles, que je salue. Merci encore, Charles. pour cette suggestion c'est toujours cool quand les potes m'écrivent pour me dire je pense que j'ai quelqu'un à te recommander qui est plutôt haut sur l'échelle des frappés j'ai l'impression qu'il ne s'était pas trompé mais on va parler de tout ça en tout cas bienvenue sur le podcast Madeleine je suis super content de te recevoir en direct de Madrid pour parler de plein de choses on va parler évidemment de sport de haut niveau et de sport de haut niveau au pluriel tu vas nous expliquer un petit peu tout ce que tu as déjà fait et tout ce que tu fais aujourd'hui Et puis, j'imagine, pour parler d'expatriation, peut-être de double nationalité. Enfin, on va voir, mais je suis sûr que ça va être super intéressant. En tout cas, bienvenue à toi une nouvelle
SPEAKER_01fois.
UNKNOWNMerci beaucoup.
SPEAKER_00Merci de me recevoir, Loïc. Hâte de partager tout ça avec toi. Trop bien. Écoute, habituellement, je fais une sorte de topo chronologique. Mais là, il y a tellement de choses dans ton parcours, en tout cas, que j'ai pu voir sur Internet. Ce que je te propose, c'est peut-être de nous faire un point déjà. de ce que tu fais aujourd'hui et on fera un rétro pédalage sur comment t'en es arrivé là donc Madeleine en 2024 au moment où on enregistre qu'est-ce qu'elle fait exactement qui est cette femme
SPEAKER_01bien sûr donc Madeleine en 2024 je suis donc une athlète de deux niveaux je suis en équipe de France je fais du plongeon extrême il y a plusieurs appellations on peut aussi appeler ça du cliff diving ou du high diving c'est donc du plongeon à 20 mètres et je représente la France dans les compétitions internationales style championnat du monde, etc. et le circuit mondial de Red Bull. Et en parallèle, je travaille à plein temps chez Amazon Web Services en tant que commerciale.
SPEAKER_00ok wow donc taf à temps plein et sportif de niveau en parallèle à plein temps mais du coup comment t'organises tes entraînements etc si t'es géographiquement pas en France est-ce que vous avez parfois des stages ensemble ou vous vous retrouvez que sur les compétitions internationales
SPEAKER_01alors donc il faut savoir que moi j'ai commencé le plongeon ici en Espagne donc mon coach a tout toujours été le coach de l'équipe nationale espagnole. Et vraiment, toute ma formation, etc., a été faite ici. Et donc, parfois, je croise l'équipe de France, en effet, soit en compétition, soit quand je vais à Paris, je vais m'entraîner avec eux à l'INSEP. Après, en plongeon extrême, on est très peu parce qu'il y a un homme et moi. Donc, en fait, quand je dis que je les croise, ça va être les athlètes du plongeon classique donc
SPEAKER_001, 3 et 10 mètres qu'on voit au géo donc voilà d'accord ok la question forcément qui me vient tout de suite c'est comment on en arrive à faire du plongeon extrême du cliff diving
UNKNOWN?
SPEAKER_01c'est une très bonne question donc moi je suis une ancienne gymnaste de l'équipe de France je faisais ce qu'on appelle de la gymnastique acrobatique qui est un type de gymnastique qui est malheureusement pas au JO je suis un peu abonnée aux disciplines pas au JO apparemment et donc j'ai commencé au Portugal parce que moi je suis née au Portugal et j'ai grandi là-bas d'une famille 100% française et en fait à 12 ans c'est vrai que j'avais du mal à gérer déjà mes études et la gymnastique parce qu'en fait la carrière de gymnastique c'est très intense très tôt donc j'avais déjà presque plus le temps de fermer de voir et donc voilà on s'est un peu posé la question avec mes parents qui ont toujours priorisé les études qu'est-ce que je peux faire et en fait c'est vrai que j'étais française et que la France avait quand même des bonnes structures pour accompagner les sportifs de niveau qui faisaient des études en tout cas au collège lycée donc du coup j'ai déménagé en France toute seule en sport-études, en internat. Et donc, j'ai fait 5 ans d'équipe de France, de championnat du monde, championnat d'Europe, donc vraiment le plus haut niveau possible dans ma discipline. Et ensuite, j'ai complètement arrêté le sport de niveau parce qu'il n'y a pas vraiment de notion de pro en gym parce que mon pic de carrière, c'était vraiment 15, 16, 17 ans. Et moi, je ne voulais pas forcément être coach de gym. Donc voilà, j'ai arrêté. Et puis, J'ai repris ou commencé une vie, entre guillemets, normale d'une jeune fille. J'ai fait des études en Angleterre. Et ensuite, j'ai commencé à travailler à Madrid, dans mon travail actuel. Et en fait, j'étais en 100% télétravail. Et il faut savoir que moi, j'ai beaucoup, beaucoup d'énergie, beaucoup trop d'énergie. Et donc, de passer 10 heures sur une chaise dans ma chambre, ça me rendait folle, honnêtement. Donc, je me suis dit, là, il faut que je fasse un sport à côté. éventuellement un peu fun et donc je me suis mis au plongeon parce que j'ai toujours aimé les saltos ça manquait un petit peu quand même de la gymnastique dans des cours adultes et en fait j'ai progressé assez rapidement il se trouve qu'un peu par hasard le coach des cours adultes c'était aussi le coach de l'équipe nationale d'Espagne donc voilà il voyait que je progressais rapidement donc il me poussait un petit peu et puis au bout de quelques mois on a eu une conversation moi je lui ai dit voilà j'ai envie de reprendre le haut niveau faire du plongeon classique ça m'attire un petit peu peu moins parce que j'ai l'impression que ça serait un peu le même type d'enjeu qu'en gymnastique, s'entraîner vraiment beaucoup d'heures, avoir la pointe de pied parfaite, etc. Et donc, en fait, j'aimerais bien tester le plongeon extrême parce que je vois vraiment un challenge mental qui m'attire beaucoup plus en tant qu'adulte, entre guillemets, c'est vraiment un nouveau challenge pour moi. Et donc, il m'a dit, ouais, il y a beaucoup, beaucoup de boulot techniquement, mais vu que tu connais le sport de haut niveau, tu sais ce qui entre guillemets ce que ça signifie comme style de vie et donc on s'est lancé et donc je me suis entraîné pendant deux ans et demi comme une folle tous les jours avant de faire mes premiers plongements à 20 mètres et de faire des compétitions internationales donc voilà c'est un peu long mais c'est un peu
SPEAKER_00l'histoire du club donc attends à 12 ans t'as quitté le Portugal et ta famille pour t'installer seule en sport études en France
SPEAKER_01exactement Exactement. Alors, c'est vrai que peut-être ça peut aider un petit peu à la compréhension, mais mes parents sont dans le monde de la musique classique. Donc, ma mère était violoncelliste, mon père est luthier, donc fabrique des violons et des violoncelles, mon beau-père est violoniste. Et en fait, dans ce monde-là, c'est aussi un monde très exigeant. Donc, pour être au haut niveau, il faut faire beaucoup de sacrifices et il y a beaucoup de jeunes qui partent très tôt de chez eux. Donc, c'est vrai que mes parents, alors ce n'est pas du tout eux qui qui ont décidé pour moi, ils m'ont toujours vraiment responsabilisé et laissé le choix. Mais c'est vrai qu'ils comprenaient que si je voulais être au plus haut niveau, il fallait faire des sacrifices. Et en fait, c'était aussi un peu la seule façon de continuer à faire des études d'une façon assez poussée, c'est-à-dire sérieuse, tout en faisant de la gymnastique, parce qu'en fait, en France, j'avais des horaires aménagés, on pouvait avoir des cours pendant les vacances si on en ratait avec les compétitions etc et c'est vrai qu'au Portugal c'était impossible d'avoir des aménagements mes parents avaient demandé au lycée si je pouvais rater EPS parce que je faisais 5 heures de gym par jour et c'était même pas possible donc voilà c'est pour ça que c'était plutôt une bonne solution d'aller en France et puis bon finalement j'étais quand même française donc en théorie c'était pas censé être un gros dépaysement non
SPEAKER_00plus et Et dans les faits, ça s'est passé comment, l'éloignement
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que tu connaissais, enfin je veux dire, tu es française, mais est-ce que tu étais familière de la culture
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que tu avais déjà séjourné en France métropolitaine avant significativement ou pas
SPEAKER_01vraiment
UNKNOWN?
SPEAKER_01J'allais quand même tous les ans voir mes grands-parents, au moins une fois par an. J'ai une éducation quand même assez française parce que mes deux parents sont français et j'étais au lycée français. Après, c'est vrai que c'était un lycée français où il y avait plus de la moitié des élèves qui était portugais en fait dans les pays dans les plus petits pays les lycées français il y a beaucoup beaucoup de locaux parce que ça fait partie des très bonnes écoles du pays donc voilà il y avait des portugais dont les parents ne parlaient même pas français qui étaient là mais j'ai eu un petit choc un petit choc quand même parce que je me disais au Portugal j'étais toujours la française et je me disais enfin je vais être dans mon pays et en fait j'arrive et puis j'étais la portugaise et on me disait ouais mais tu parles super bien français et en fait je comprenais pas parce que j'étais française, je parlais français avec mes parents c'était ma langue native et voilà après je pense que quand on est petit, à 12 ans c'est compliqué je pense pour les enfants de comprendre un petit peu la double nationalité etc et je pense qu'à l'époque le Portugal était beaucoup moins visité et connu qu'aujourd'hui, aujourd'hui c'est un pays très trendy à l'époque pas forcément et Et voilà, on me disait« Ah, mais tu connais Zara
UNKNOWN?
SPEAKER_01» Et voilà, je ne comprenais pas trop. Je me disais« Mais il pense que c'est Thiermonde ou quoi, le Portugal
UNKNOWN?
SPEAKER_01» Donc, c'est vrai qu'en France, j'ai toujours été un peu la portugaise. Mais bon, après, au fil des années, je me suis très bien intégrée et il n'y a jamais eu des problèmes d'intégration. C'est juste qu'au début, j'ai eu un petit
SPEAKER_00choc de ce côté-là. Oui. Donc tu disais 5 ans au plus haut niveau en gym, où tu as atteint ton pic à 15, 16, 17. C'est un âge, une maturité sportive qui est classique en gym ou ça arrive de performer plus vieux encore
UNKNOWN?
SPEAKER_01alors je pense que ça dépend un petit peu des types de gymnastique et les temps changent entre guillemets je pense qu'au JO on voit de plus en plus de gymnastes un peu plus âgés surtout des américaines etc je pense que la mentalité autour de la gymnastique change beaucoup après c'est vrai que dans la gymnastique acrobatique donc moi en fait on me portait c'est à dire qu'on me lançait dans l'air pour que je fasse des saltos donc il y avait quand même une notion de poids finalement qui est compliqué à maintenir sur le long terme et puis voilà c'est des sports tellement exigeants physiquement on s'entraînait énormément les carrières sont courtes donc en fait même quand on se blesse on peut pas vraiment prendre de temps pour récupérer etc et puis voilà cette notion du poids quand on est petit, quand on est enfant en fait on prend pas encore trop de poids donc le ras force-poids est extrêmement intéressant et permet de faire des choses incroyables. Les personnes qui nous écoutent, si vous pouvez aller voir des vidéos de moi quand j'étais petite, je faisais des pompes en planche, c'est-à-dire sans les jambes. C'est quelque chose qu'aujourd'hui, je ne suis pas capable de faire ça. C'est vrai que le pic de carrière, c'est dans ces eaux-là. Après, il y avait aussi l'option d'être porteuse, de passer entre guillemets en dessous. moi j'ai toujours aimé les acrobaties être dans les airs etc donc c'est vrai que c'est pas forcément une option que j'aurais
SPEAKER_00pu considérer mais c'est vrai que les porteuses dans mon sport peuvent continuer un petit peu plus longtemps ok est-ce que tu peux peut-être nous parler pour terminer sur cette première phase très intense de ta vie quand tu parles d'intensité élevée des entraînements d'exigence etc j'interview souvent des sportifs et des sportifs de haut niveau sur le podcast mais jamais encore en gym attends je réfléchis pour pas dire de bêtises mais non jamais encore en gym donc t'es la première moi j'ai fait quelques années de haut niveau aussi en judo donc voilà avec une certaine intensité mais c'est vrai que je connais peu le milieu de la gym mais du peu qu'on en voit sans être dans le milieu on comprend vite que oui comme tu dis ça a l'air extrêmement exigeant très très difficile aussi bien sur les corps que les esprits donc est-ce que tu peux peut-être nous expliquer à quoi ressembler sembler ta semaine type et toi les souvenirs que tu en gardes de ce qui a été vraiment le plus difficile à gérer pour
SPEAKER_01toi déjà je pense que c'est un sport assez complexe parce qu'en fait il demande beaucoup d'aptitudes qui parfois s'opposent par exemple il faut être très souple et à la fois très dynamique et avoir beaucoup de force donc en fait il faut vraiment travailler tout à la fois il faut aussi on a une chorégraphie donc il faut aussi savoir un petit peu danser enfin Il y a vraiment… Les côtés de l'entraînement sont infinis. Je pense que ce qui était assez dur, c'est qu'en fait, on demande une exigence comme ça déjà très jeune. C'est-à-dire que moi, déjà à 11 ans, je m'entraînais entre 4 et 5 heures par jour. Je devais déjà faire attention à ce que je mange, voire faire un régime. Et donc, en fait, ça nous fait grandir très, très vite. Et je pense que beaucoup de gymnastes n'ont pas eu un petit peu peut-être cette enfance un peu… où on joue dans la récré, on va manger des bonbons avec les amis. Voilà, tout est extrêmement strict, mesuré, il n'y a pas d'écart. On ne peut pas trop rigoler à l'entraînement parce que ça veut dire qu'on n'est pas concentré. Voilà, c'est un niveau d'exigence extrêmement élevé. Moi, j'avais deux semaines de vacances par an. Donc voilà, entre mes 12 et 17 ans, je m'entraînais environ 30 heures par semaine. le dimanche de repos au début je voyais mes parents environ une fois par mois et puis au fur et à mesure de moins en moins parce que dès que je les voyais ça voulait dire que je ne m'entraînais pas le samedi donc c'était un petit peu compliqué et donc à la fin quand j'avais 16-17 ans je les voyais tous les 4 mois donc voilà c'est quand même des sacrifices donc c'est beaucoup de sacrifices et je pense que ce qui est aussi difficile c'est que comme je disais au début c'est pas vraiment le type de carrière qu'on peut faire jusqu'à ses 40 ans bon il y a je crois que c'est une ukrainienne qui continue à faire les JO alors qu'elle est dans les 40 ans etc mais en théorie c'est un sport où il y a très peu d'argent etc donc c'est aussi dur de se dire qu'on donne tout et peut-être on sacrifie notre jeunesse pour finalement que derrière il n'y ait pas forcément une carrière en tant qu'adulte après je pense que moi ça m'a fourni tous les outils en tout cas beaucoup d'outils pour aujourd'hui avoir pu faire une deuxième carte de niveau. Je pense que ma personnalité aussi aujourd'hui est définie par toutes ces épreuves que j'ai vécues en gymnastique qui en fait demandent un peu de devenir un adulte à 12 ans. Et ça, ça a des côtés très, très durs, mais ça amène aussi une maturité, je pense, un recul sur la vie et une façon d'aborder les choses peut-être un petit peu différente qu'une personne qui a une jeunesse un peu plus normal.
SPEAKER_00Chinez. Qu'est-ce qui t'a fait tenir du coup
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'était quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Qu'est-ce qui a alimenté la flamme pour que tu tiennes avec deux semaines de vacances par an, le fait de voir tes parents de moins en moins souvent et toute l'exigence que tu as évoquée
UNKNOWN?
SPEAKER_00Qu'est-ce que tu
SPEAKER_01trouvais
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je pense qu'il y a deux choses. Déjà, moi, j'adore. J'adorais le sport. Ça paraît con, mais je pense que c'est hyper important. J'adorais faire de la gymnastique et c'est pas pour rien que 7 ans après je suis revenue à un sport acrobatique vraiment c'est un style de sport je pense que je préfère tu vois j'ai eu du mal quand j'ai arrêté la gymnastique à trouver d'autres sports qui me passionnaient autant donc je pense que la passion c'est déjà la première chose et le plus important et deuxièmement moi j'ai toujours je pense cherché à être entre guillemets la meilleure meilleure version de moi-même et donc en gymnastique et dans la vie je suis pas forcément très compétitive avec les autres gens je me dis pas je veux absolument battre telle personne mais je veux me battre moi en fait je veux juste être la meilleure gymnaste la meilleure plongeuse la meilleure personne que je peux être et en fait voilà de progresser Ça, ça m'anime énormément d'être meilleure que ce que j'étais hier. Et je pense que ça, je le tiens aussi. Beaucoup de mes parents, ils ne m'ont jamais poussé à faire de la gymnastique à haut niveau, etc. Ils m'ont toujours soutenu, mais jamais poussé. Par contre, ils m'ont toujours, je pense, dit que c'était important, que si je fais quelque chose, il faut le faire à fond. Sinon, je ne sais comment un sport, il y a plein de choses à faire dans la vie. Il ne faut pas mettre son énergie à à faire quelque chose qu'on n'aime pas. Et donc voilà, ce concept de faire les choses à fond, je pense que je le tiens vraiment de mes parents. En gymnastique aussi, j'étais tout de suite en équipe de France à un très haut niveau. Et ça veut aussi dire beaucoup de compétitions, beaucoup de compétitions à l'étranger, donc beaucoup de voyages. C'est vrai que quand on a des compétitions, on n'est pas là pour visiter. Mais je pense qu'aussi, ce style de vie où on n'arrête jamais, etc., c'est très fatigant. Et parfois, je dis à mes amis, je suis fatiguée, etc. Mais je pense que c'est quelque chose qu'au fond, j'adore. Je te disais au début que j'ai un peu une énergie qui déborde et donc voilà moi je pense que ce genre de vie où on s'entraîne comme une folle on n'arrête pas de voyager etc c'est quelque chose
SPEAKER_00que j'adore ça t'allait bien j'allais te poser une question mais en fait je pense que tu y as je pense que tu connais la réponse j'allais te demander par rapport à cette cette enfance pas sacrifiée mais le fait que tu aies dû devenir très jeune une adulte Je me demandais s'il y a eu une phase où tu as eu des regrets de ne pas avoir pu faire peut-être ce que d'autres filles de ton âge faisaient, se balader entre copines, manger des bonbons, fêter les anniversaires, partir en vacances. Et je te le demande parce que... Moi, je sais que je l'ai eu un petit peu. Alors, je n'étais pas à un niveau d'intensité aussi élevé que toi, clairement pas. Je n'ai jamais fait 30 heures de judo par semaine. Mais je sais qu'il y a eu une phase où, avant que je... tu vois je gagne en maturité ou je me disais punaise tu vois j'ai pas fait je sais pas des journées plages avec les potes j'allais pas aux soirées d'anniversaire tu vois la dernière année j'étais en régime permanent j'ai pas fêté Noël ni mon anniversaire est-ce que tu vois est-ce que j'aurais est-ce que j'aurais pas aimé avoir une enfance différente aujourd'hui clairement non tu vois je suis très content de ce que le judo m'a apporté mais je me demandais toi c'était quoi ton point de vue parce que ça a duré vachement plus longtemps et c'était quand même beaucoup plus exigeant que ce que j'ai vécu
SPEAKER_01Écoute, non. Moi, c'est vrai que j'essaie vraiment de vivre une vie sans regrets. Il y a des moments où j'étais très consciente de ce qui m'arrivait et parfois, ça me rendait un petit peu triste parce que je savais que je partais de chez mes parents et que je n'allais jamais revenir parce qu'après, il y a les études, etc. Et donc, parfois, ça me rendait un peu triste d'avoir coupé aussi court la cohabitation avec les parents. Alors ça, je pense que personne, aucun enfant de dire à ça parce qu'en général les enfants veulent justement partir et avoir leur indépendance mais voilà moi j'ai toujours une super relation avec mes parents donc voilà j'étais un peu parfois nostalgique en avance du fait que voilà mon enfance était terminée, après des regrets non parce que je savais aussi que j'aurais d'autres moments dans la vie pour aller à la plage avec mes amis etc et mon père m'a toujours dit il y a un moment pour tout dans la vie, il faut plus travailler, moins s'amuser, vice-versa. Pour le coup, je me suis toujours dit, on avait une liste d'ailleurs, quand on faisait avec mes amis en gymnastique, des trucs qu'on ferait ou qu'on mangerait quand on arrêterait la gymnastique. Surtout, je pense qu'aujourd'hui, avec du recul, c'est beaucoup plus facile à dire, je pense, aujourd'hui, j'arrive à voir tout ce que ça m'a apporté et en fait, je n'échangerai pas. Alors, c'était très dur et je pense que c'était même l'expérience, une des expériences les plus dures que j'aurais eu à avoir dans ma vie entre l'exigence des entraînements mais aussi en fait un mental d'enfant et en fait j'avais pas, c'était très dur aussi de traverser ça quand on est enfant et aujourd'hui je trouve que je suis beaucoup plus équipée mentalement et puis j'ai l'impression que j'aurais jamais quelque chose d'aussi exigeant donc je vois tout le positif que ça a apporté dans ma vie ça m'a mis longtemps la reconversion l'arrêt de la gymnastique a été extrêmement dur ça a été deux ans voilà il y a des gens qui disent que c'est quasiment comme un décès c'est une partie de soi même qui meurt mais voilà j'ai réussi à me relever de par mon entourage de par mes projets etc et donc aujourd'hui aucun aucun regret aucun regret voilà de cette enfance un petit peu écourtée
SPEAKER_00c'est clair que quand t'as un pilier qui s'installe dans ta vie aussi jeune un pilier pour la pour ta confiance en soi que tu te bâtis aussi jeune c'est juste fabuleux le sport de haut niveau pour le coup voilà les blessures etc enfin les sacrifices tous les côtés négatifs je comprends tout à fait ce que tu dis sur le fait que c'est contrebalancé par finalement tout ce que ça apporte en termes de
SPEAKER_01développement personnel je pense que si tu m'avais demandé ça l'année après mon arrêt peut-être pas j'ai vraiment mis beaucoup de temps parce qu'en fait surtout comme tu dis quand on on a pilé comme ça. Moi, je me suis construite avec la gymnastique. Donc, en fait, moi, j'étais Madeleine la gymnaste et même Madeleine la bonne élève. Et en fait, quand j'ai arrêté la gym, je n'étais plus la gymnaste et en plus, j'ai changé de lycée, etc. J'ai eu une année terminale assez difficile. Et donc, je n'étais plus non plus une bonne élève. Donc, j'étais Madeleine rien. Et donc, j'ai dû me reconstruire une personnalité. Et ça, c'est aussi un processus assez intéressant. Je pense que peu de gens ont affaire aussi jeune
SPEAKER_00entre guillemets et donc voilà excellent excellent donc deux ans de transition où finalement tu reviens dans un univers où tout ce que tu as appris j'imagine d'un point de vue technique mais aussi mental en gym doit certainement te servir donc comment les débuts tu l'évoquais les débuts en saut extrême que tu fais du coup en Espagne à quel moment moment est-ce que tu te dis là ça y est je crois que j'ai trouvé j'ai trouvé tu vois ce que j'ai vécu en gymnastique les émotions que j'ai ressenties en gymnastique j'ai trouvé le sport qui peut me procurer plutôt moins la même chose en tout cas dans lequel je me sens aussi épanoui qu'à l'époque
SPEAKER_01ouais en fait assez rapidement c'est vrai que moi j'ai toujours eu un point en tête que je voulais faire du plongeon parce que déjà c'est un sport assez commun pour les anciennes gymnastes c'est un sport il y a beaucoup de même de personnes en équipe de France qui sont des anciens gymnastes. Et puis aussi, c'est un sport qui est quand même moins violent pour le corps. Il y a des personnes qui ont 70 ans qui font du plongeon. Alors bien sûr, le plongeon extrême, c'est très violent pour le corps, mais le plongeon classique, ça peut être pratiqué un peu à tous les âges. Et donc, je me suis dit que... Je m'étais toujours dit que ce serait un sport que j'aimerais bien essayer. C'est vrai qu'en faisant mes études à Londres, je n'avais pas vraiment l'occasion. C'était très compliqué. Et Et donc, en arrivant à Madrid, je me suis dit, allez, cherche une piscine, let's go. Et en fait, très vite, déjà, j'ai retrouvé la sensation de faire des saltos parce qu'en fait, c'est bizarre à dire, mais en fait, dans la vie de tous les jours, il n'y a pas non plus plein d'occasions de faire des saltos. Voilà, donc déjà, ça, je me suis dit, ah ouais, j'avais oublié cette sensation d'être dans l'air, c'est incroyable. Et ensuite, comme je disais, la sensation de progresser de chaque plongeon, mon coach qui me dit, plus ton bras, plus tes jambes et de me dire le prochain plongeon j'essaie de faire mieux et de me voir progresser c'est vrai que c'est toujours plus agréable de progresser dans un sport où on est bon et clairement en plongeon j'avais vraiment un énorme avantage avec ma carrière de gymnaste mais donc d'abord c'était vraiment retrouver ces sensations de plaisir du sport et comme je te disais au début de la passion et au bout d'un moment je me disais mais moi j'ai besoin de plus j'ai envie de m'entraîner mais mais j'ai envie de m'entraîner pour un objectif et encore une fois moi c'est pas tant que je suis compétitrice en mode je veux battre les autres mais je me disais mais où est-ce que je peux arriver tu vois et en fait au début j'avais un petit peu en tête d'éventuellement faire les JO pour le Portugal parce qu'en fait à l'époque je pensais que au JO t'avais une place par pays alors c'est pas du tout le cas il faut faire des minimums de points qui sont hyper élevés enfin bon j'aurais jamais eu le niveau en plongeon classique parce que c'est assez différent et il y a beaucoup plus de compétition et donc en fait c'est vrai qu'il y avait aussi deux plongeurs Red Bull qui s'entraînaient dans ma piscine donc je regardais souvent, ils s'entraînaient etc et il faut savoir que dans le plongeon extrême on atterrit debout donc les pieds d'abord et pas par la tête et c'est vrai que moi en gymnastique j'avais l'habitude d'atterrir sur les pieds et pas sur la tête heureusement et donc j'avais beaucoup plus de facilité de ce côté là et donc parfois les plongeurs Red Bull me disaient pour rigoler ah mais tu devrais te mettre au cliff diving etc et puis on rigolait parce que c'était complètement luminaire de penser que j'en étais capable. Et au fur et à mesure, ça a un petit peu fait son chemin dans ma tête, etc. Et je pense que pour me mettre au niveau, j'avais vraiment besoin d'une personne qui me dise, tu peux le faire et qui avait aussi les connaissances parce qu'on peut avoir des grands rêves. Mais si demain, je me dis, je m'entraîne tous les jours en tennis pour faire Roland-Garros, je pense que ce n'est quand même pas possible. Donc voilà, mon coach qui avait un peu cette expertise m'a dit oui oui je pense que t'en es capable comme je te disais au début et j'avais juste besoin de ça et là Madeleine était partie et moi je suis quelqu'un d'hyper résilient j'ai aucun mal à travailler comme une folle c'est toujours été un petit peu ma qualité en gymnastique j'ai jamais eu de grand talent entre guillemets physique par contre mon talent c'est que je suis une acharnée
SPEAKER_00et donc voilà le travail bat le talent
SPEAKER_01généralement exactement
SPEAKER_00ce qu'on a pas encore évoqué mais concrètement donc tu plonges tu plonges à 20 mètres c'est quoi qui est évalué et quel type, alors tu fais des figures j'imagine c'est pas juste un plongeon j'imagine pas parce que j'ai vu des vidéos mais pour celles et ceux qui nous écoutent qui peut-être voient pas trop ce que c'est qu'est-ce qui se passe quand tu sautes à 20 mètres qu'est-ce que tu dois faire et comment t'es
SPEAKER_01jugé exactement ouais donc l'objectif c'est en effet de faire des figures plusieurs salto, débris etc c'est pas de faire un saut droit et d'ailleurs fun fact faire un saut droit moi ça me ferait même assez peur à 20 mètres je pense que je le ferais jamais parce qu'en fait on contrôle beaucoup moins et donc en fait les compétitions c'est ça donc en fait on fait une figure qui a un certain niveau de difficulté selon combien de rotation on va faire etc et en fait ce score de difficulté va être mieux multiplié par le score des juges qui vont nous juger sur l'exécution de notre saut. Donc, ils vont regarder le départ du plongeon, la position en l'air, qu'on a bien les jambes tendues, que c'est, entre guillemets, bien propre. Et le plus important, c'est l'entrée dans l'eau, de faire le moins de splash possible. Donc, si tu n'es pas parfaitement vertical, bien gainé, etc., à 20 mètres, tu peux te faire une énorme bombe s'il y a un petit doigt qui dépasse. Parce qu'il faut savoir qu'on rentre... dans
SPEAKER_00l'eau à 80 km heure donc c'est très violent et voilà donc c'est un petit peu comme ça que ça se passe ok 80 km heure dans l'eau ok parce que du coup comment tu t'entraînes à ça j'imagine que tu sautes pas tous les jours à 20 mètres mais pour autant il faut que tu aies la hauteur pour exécuter les figures donc ça se passe comment un entraînement pour du saut
SPEAKER_01extrême ouais c'est un très bon point Alors déjà, on ne peut pas s'entraîner tous les jours à 20 mètres, tout simplement parce qu'il y a très peu d'infrastructures dans le monde. Il y a trois piscines avec une plateforme à 20 mètres. Il y en a une au Canada, une aux États-Unis et une en Chine. Donc déjà, par souci d'infrastructures, ce n'est pas possible. Et aussi parce que c'est très violent pour le corps, donc ce n'est pas du tout recommandé de faire ça tous les jours. Donc en fait, on s'entraîne, la plupart d'entre nous, on s'entraîne dans une piscine normale. Donc une piscine normale va avoir un plongeoir jusqu'à 10 mètres. Et on va diviser la figure en deux. Donc, la première partie, on va faire un plongeon rentré par la tête, qui va être la première partie de notre plongeon. Et ensuite, il y a la partie où on se redresse, qui est aussi une espèce de salto. Et donc, on va faire ces deux plongeons séparés. Et ensuite, il faut le mettre ensemble à 20 mètres. Donc, c'est pour ça que ce sport est très, très mental, parce que déjà, 20 mètres, c'est très, très haut, ça fait peur, etc. Mais le deuxième aspect, c'est qu'en fait, ce qu'on réalise en compétition, on le réalise entre... très peu au long de l'année et donc il faut une vision enfin une sensation de son corps dans l'espace très très bonne en plus parfois c'est 20 mètres parfois c'est 22 mètres etc donc il faut s'adapter voilà donc c'est pour ça qu'en fait pour faire ce sport il faut avoir fait un sport acrobatique dans sa jeunesse la plupart des gens viennent du plongeon quasiment tout le monde parce qu'en fait c'est quand on est très très jeune et que notre cerveau se développe et qu'on fait un sport acrobatique qu'on va développer ce sens là de notion de corps dans l'espace donc voilà moi je me suis entraînée longtemps dans une piscine jusqu'à 10 mètres et maintenant depuis un an on a la chance à Madrid d'avoir un 15 mètres qui est une petite plateforme qui est mise littéralement sous le plafond Et donc ça, c'est un plus parce que déjà, on peut plus entraîner son corps aux impacts, même si ce n'est pas exactement les mêmes plongeons qu'on va faire à 20 mètres. C'est important, surtout avant la saison, de préparer son corps à l'impact. Et deuxièmement, il y a quand même certaines figures qu'on peut faire à 15 mètres. Et c'est le seul plongeoir en Europe à 15 mètres. Donc voilà, j'ai de la chance d'être basée à Madrid pour
SPEAKER_00ça aussi. Et du coup, tu découpes les enchaînements la série de figures en deux est-ce que tu travailles est-ce que parfois ça t'arrive de quand tu sautes à 10 ou 15 mètres de travailler uniquement la section raccord on va dire entre tu vois le moment où tu sautes et le moment enfin la phase où tu as sauté et la phase où tu rentres dans l'eau je ne sais pas si c'est très clair mais je ne sais pas si ma question est
SPEAKER_01claire alors
SPEAKER_00si on
SPEAKER_01travaille la deuxième partie travailler les deux en ensemble, ça dépend un petit peu de quel plongeon. Il y a des plongeons simples. On va dire un double salto, c'est un des plongeons les plus simples qu'on peut faire à 20 mètres. On peut le faire à 10 mètres. Après, la vitesse n'est pas du tout la même parce que du coup, à 10 mètres, la connexion entre le plongeon par la tête et le redressement va être hyper rapide. Et à 20 mètres, il faut justement bien prendre son temps. Donc, il faut faire attention de ne pas non plus prendre l'habitude du timing du 10 mètres parce que c'est vraiment pas le même donc voilà on essaie en effet de trouver des façons de simuler au plus possible on a aussi des longes des espèces de cordes qu'on peut mettre soit aux trampolines soit au plongeoir de 3 mètres et un petit peu simuler ça avec le coach qui nous donne un peu plus de hauteur et donc après il y a une énorme partie de l'entraînement qui est en fait la visualisation mentale la visualisation de la figure en entier ça c'est une technique que j'avais déjà appris en gymnastique soit visualiser une figure soit visualiser une figure réussie par exemple en gymnastique il y avait une figure sur laquelle je tombais tout le temps et donc je m'entraînais vraiment à visualiser la réalisation de la figure réussie entre guillemets son succès et ça c'est une technique qui dans les sports acrobatiques et surtout dans les sports où on peut où la figure finale a des reproductions limitées, il faut vraiment faire le travail dans la tête le plus possible.
SPEAKER_00Et du coup, quand tu dis que tu visualises, tu visualises quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu te vois, toi, en train d'exécuter la figure ou tu fais de la visualisation en imaginant ce que tu verrais de tes propres yeux pendant que tu fais la
SPEAKER_01figure
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est un beau point. Chaque athlète le fait un petit peu différemment. Je pense que c'est important de faire les deux. Moi, j'aime bien me voir un peu de l'extérieur comme si j'étais mon coach. J'aime bien ce type de visualisation. Mais après, c'est aussi important, comme tu dis, de se visualiser aident dans la figure, vraiment. C'était nous qui la faisions. Donc, les deux sont importants pour, entre guillemets, donner le plus d'angle possible au cerveau.
SPEAKER_00Ok. Super intéressant. Et physiquement, tu disais, voilà, impossible de sauter tous les jours à 20 mètres, déjà parce qu'infrastructure, il n'y en a pas, et puis après parce que c'est quand même violent pour le corps. Quel entraînement spécifique est-ce que tu as du fait de la hauteur par rapport à des gens qui plongent de hauteur classique, notamment pour éviter les blessures
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce qu'il y a des trucs que tu travailles en
SPEAKER_01particulier
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, il y a une énorme partie d'entraînement physique. Donc, je vais à la salle de sport au moins quatre fois par semaine faire des exercices à avec des poids. C'est très important de travailler notre forme physique et pour être en mesure de réaliser les figures, en fait. Donc, il faut être très dynamique, mais aussi, il faut être très gainé de tout le corps pour, au moment où on rentre dans l'eau, pour que l'eau nous... Comment dire
UNKNOWN?
SPEAKER_01En fait, si tu rentres dans l'eau et que tu es tout mou, tu vas te faire super mal. Et donc, en fait, il faut vraiment que ce soit plutôt toi qui casses l'eau plutôt que l'eau qui te casse Pour ça, il faut être très gainé et avoir des muscles qui répondent très vite et qui sont très entraînés. Il y a une énorme partie à la selle de sport pour être dynamique, mais aussi pour éviter les blessures. Ensuite, il y a des exercices très spécifiques. Par exemple, le cou, on va se muscler le cou parce qu'il prend assez cher à l'entrée dans l'eau. Une des blessures les plus communes, ça va être les jambes qui se séparent quand tu rentres dans l'eau. Là, ça va être les adducteurs. Après, pour le coup, tous les muscles sont importants. Et puis après, en fait, plus tu fais d'impact là-haut, plus ton corps est habitué aussi. Donc, c'est vrai que souvent, les athlètes qui commencent en début de carrière, on va essayer de faire beaucoup de répétitions. Moi, j'ai fait beaucoup, beaucoup de 10 mètres, de 15 mètres depuis qu'on est à la plateforme et beaucoup de 20 mètres. Et au fur et à mesure de la carrière, le corps s'habitue plus au choc et à l'impact. on va essayer de faire moins de répétitions pour le préserver un petit peu. Donc, c'est un mix de, il faut faire assez d'impact, assez haut pour un peu entraîner la mémoire corporelle. Je ne sais pas si c'est un terme qui existe, mais voilà, pour que le corps s'habitue à, une seconde avant qu'il rentre dans l'eau, il soit extrêmement, tout soit gainé, tout soit bien dur. Mais sur le long terme, il faut faire un petit peu attention pour quand même se préserver. Et puis après, moi, je vais voir pendant ma saison beaucoup le kiné, etc. Parce qu'après des compétitions, des semaines d'entraînement, parfois, je vais aux États-Unis pour m'entraîner pendant une semaine. Et du coup, je mets les bouchées doubles et je vais faire peut-être entre 20 et 30 plongeons à 20 mètres. Et après cette semaine-là, je vais sentir que mon corps est un peu fatigué. Donc, ça va être important de récupérer avec un kiné, etc.
SPEAKER_00est-ce que ça t'est arrivé de complètement rater un saut à 20
SPEAKER_01mètres
UNKNOWN?
SPEAKER_01alors j'ai de la chance parce que j'ai pas encore fait vraiment un ratage en mode énorme plat etc c'est vrai que l'objectif de carrière c'est de pas en faire parce que tu te rates vraiment c'est à dire si tu fais vraiment un plat en mode horizontal ça peut être assez grave tu peux t'évanouir et en fait ce qui est très dur après c'est le retour côté mental en fait tu commences à avoir très peur etc parce que en fait ce qui arrive c'est que souvent les gros plats ou les gros fails c'est qu'il y a eu un bug dans notre tête en fait parce qu'on s'entraîne tellement que physiquement en général tu sais exactement comment plonger mais il suffit que ton cerveau se déconnecte une demi seconde ou doute dans l'air et là si tu t'arrêtes on dit qu'on peut se perdre dans l'air dans tous les sports acrobatiques c'est la plus grosse peur de l'athlète de se perdre en pleine figure donc ça idéalement il y a beaucoup malheureusement d'athlètes qui en ont eu une ou deux fois dans leur carrière mais l'idéal c'est de jamais avoir de perte de figure après j'ai déjà fait des semi-plats on va dire où sur le moment j'étais complètement sonnée mais qui n'ont pas eu de conséquences physiques notamment à la finale de mon premier championnat du monde l'année dernière sur un de mes plongeons préférés sur lequel j'étais le plus à l'aise et sans doute un petit peu trop à l'aise. J'avais beaucoup d'adrénaline, etc. Et en fait, je faisais un double salto et en fait, il y a beaucoup de place à 20 mètres pour faire un double salto. Donc voilà, il ne faut pas y aller non plus trop vite. Et en fait, j'ai donné trop d'impulsion et j'ai arrêté ma rotation beaucoup trop tard. Donc je suis arrivée sur les fesses slash dos et donc j'ai eu mal au coccyx pendant 6
SPEAKER_02mois
SPEAKER_01au moins et sur le moment j'étais complètement sonnée on m'a sorti de l'eau etc j'ai eu un peu peur mais après j'ai réussi à me ressaisir on m'a fait tout un check médical et j'ai fait la compète la finale et j'ai plongé super bien et j'ai fini 12ème à mon premier championnat du monde après ça donc c'était quand même une petite victoire de m'être relevé de m'être relevé après ça voilà et récemment il y a deux mois j'ai fait un gros plat sur un nouveau plongeon à 15 mètres alors 15 mètres ça fait moins mal mais ça fait très très mal et pareil j'ai rien eu physiquement et je pense que ça c'est aussi lié au fait que je suis très bien préparée physiquement j'ai rien eu physiquement par contre mentalement ça a été très dur j'ai une grosse grosse perte de confiance en moi pendant un ou deux mois à me dire que peut-être que j'étais pas capable de faire des nouveaux plombs plus difficile, que peut-être que ça pourrait me réarriver, etc. Donc, ça m'a beaucoup impactée, même au-delà du plongeon, un peu dans ma vie de tous les jours. Parce qu'un vrai gros plat, ça te sonne vraiment et c'est assez dur mentalement. Et voilà, j'ai réussi à remonter la pente et ça fait partie de ce sport, de se relever après des échecs aussi. Donc voilà, pour l'instant, rien de très grave physiquement.
SPEAKER_00Mais écoute, je touche du bois, on croise les doigts, donc ça n'arrive pas. Mais intéressant ce que tu disais sur le fait que tu as réussi à remonter la pente, à te remobiliser, ça me fait un peu penser, des fois tu vois des vidéos sur le Tour de France ou des cours cyclistes, tu as d'énormes chutes dans le peloton, des gars qui sont complètement bien, bien, bien amochés. Et à chaque fois, je me demande, mais comment est-ce qu'ils arrivent à remonter sur le vélo et à repartir à 50, 60 km heure en descente à bloc
UNKNOWN?
SPEAKER_00sans appréhension du coup je te pose la question comment toi t'as fait pour gérer ce mauvais saut qui t'a enfin ces deux mauvais sauts qui t'ont bien amoché notamment le dernier
SPEAKER_01là ouais c'est un bon point alors je pense qu'il y a une différence entre devoir remonter la pente dans l'immédiat où tu vois moi je te dis voilà j'ai mis entre guillemets quasiment deux mois dans mon cas j'ai vraiment essayé de me dire que c'est pas parce que tu rates un plongeon sur des milliers de plongeons que tu as faits que tu dois remettre en cause toute ta capacité c'est pas juste c'est pas représentatif voilà après je me suis aussi dit que en fait je devais un petit peu retravailler ma technique que c'était aussi partie du sport comme je te disais au début idéalement on essaie de faire une carrière sans crash ou sans énorme plat mais ça fait malheureusement partie du jeu donc voilà j'ai essayé de pas trop m'attacher à cet échec pour faire des conclusions que voilà je suis plus capable de plonger je suis pas capable de faire des plongeons difficiles etc je me suis aussi quand même donné du temps je pense que j'avais besoin de temps pour récupérer un petit peu l'énergie mentale parce que mine de rien en fait un plat de cette hauteur là c'est un petit traumatisme parce que qu'il y a quand même une demi-seconde pendant mon plongeon où je me suis dit« je vais mourir». Et en fait, ça, c'est un peu comme les accidents de voiture un petit peu violents où finalement, les gens s'en sortent sans blessure. Il y a quand même un moment, un petit traumatisme. Donc, il faut aussi laisser son corps et son esprit du temps pour récupérer. Et dernièrement, en fait, j'ai aussi changé de stratégie. Je me suis dit« bon, ce plongeon-là, je ne suis peut-être pas encore prête, ce n'est peut-être pas encore le moment». Donc, j'ai travaillé d'autres plongeons. Il y a des gens qui disent non, mais il faut tout de suite le refaire, etc. Dans mon cas, je n'ai pas opté pour cette stratégie. J'ai travaillé d'autres plongeons un peu différents, un peu plus simples qui m'ont permis de regagner confiance en moi et de me prouver que je pouvais faire des nouveaux plongeons difficiles sans me cracher à chaque fois. Et d'ailleurs, ces plongeons-là, je les ai faits à 20 mètres il y a trois semaines et j'étais vraiment super contente. Je me disais voilà là, tu vois, tu en es capable, etc. Et ce plongeon-là, je l'ai quand même en tête. Mais voilà, je pense que je peux me laisser plus de temps. Il faut que aussi j'ai un peu plus d'expérience. Et voilà, encore une fois, ce n'est pas grave. Je me suis vraiment dit qu'il ne fallait pas prendre cet échec qui définisse toute ma carrière, toute ma personnalité et ma capacité à faire des plongeons plus
SPEAKER_00difficiles.
UNKNOWNHum.
SPEAKER_00Tu as mentionné Red Bull à plusieurs reprises, c'est quoi leur rôle, leur influence sur la scène internationale du plongeon extrême
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors déjà, c'est vraiment eux qui ont porté le sport dès le début. En fait, je ne vais pas dire n'importe quoi, mais c'est un sport quand même assez récent. Il me semble que les premières compétitions, c'était peut-être il y a 20 ans. Bon, à vérifier, mais c'est très récent pour un sport. Et en fait, c'est vraiment Red Bull qui a organisé les premières compétitions dans ce sport. Au début, il n'y avait que les hommes. Et il me semble qu'en 2013, mais encore une fois, je ne veux pas dire n'importe quoi, à checker, Ils ont inclus les femmes également dans ces compétitions. Et c'est vrai que Red Bull est excellent sur tout ce qui est marketing, etc. Donc, c'est grâce à Red Bull que ce sport est devenu connu. Et en fait, le principe du circuit mondial Red Bull, c'est d'organiser des compétitions un peu à travers le monde dans des conditions qui changent. Donc, on peut avoir une compétition en ville où là, il y aura beaucoup de public, etc. Une compétition plutôt au bord de la mer où on va sauter d'une falaise et donc là il y aura des vagues donc il faut aussi gérer les vagues ça peut être le vent etc donc je pense que le but de Red Bull c'est un peu d'organiser des compétitions dans des environnements différents et où les plongeurs doivent s'adapter et Et donc, c'est eux qui vont sélectionner vraiment les meilleurs plongeurs au monde et les plongeurs qui peuvent plonger de façon« safe», entre guillemets, pas dangereuse. Et récemment, je pense que dans les dix dernières années, le sport a été intégré dans la fédération officielle qui aujourd'hui s'appelle World Aquatics, qui regroupe la natation, le water polo, etc. Donc, on a commencé à avoir des Coupes du Monde et des championnats du monde. Il y a eu un championnat d'Europe. Et donc voilà, petit à petit, c'est inclus dans la fédération. Mais c'est vrai que Red Bull est très, très, très fort sur le côté marketing et finalement à faire connaître ce sport de par les images, les vidéos. Il y a toute une série avec des épisodes sur chaque compétition. Et si on veut qu'il y ait plus de gens qui pratiquent ce sport pour qu'un jour ça soit au JO, on a besoin de visibilité. Et c'est pareil si on veut vivre de ce sport pour qu'il y ait plus d'argent de sponsors etc il faut aussi donner de la visibilité donc voilà je pense que Red Bull a une énorme part dans la visibilité de ce sport et même dans sa création et aujourd'hui c'est vrai que ce circuit mondial c'est quand même le plus prestigieux des compétitions dans notre
SPEAKER_00sport ok t'en es loin aujourd'hui de pouvoir en
SPEAKER_01vivre
UNKNOWN?
SPEAKER_01alors j'en suis loin la question j'en suis loin mais en fait, c'est un petit peu particulier dans le sens où moi, je suis passée de rien à tout, pas de tout à rien, parce qu'en fait, je me suis entraînée pendant trois ans, j'étais rien ni personne. Et d'un jour à l'autre, donc l'été dernier, j'ai fait des compétitions mondiales directes. Donc en fait, il n'y a pas eu de phase de transition ou de faire des compétitions nationales, régionales, etc. Donc déjà, pour chercher des sponsors, avant que je commence à faire des compétitions, bah, c'était très compliqué parce que c'était juste oui je m'entraîne j'aimerais bien faire des compétitions voilà il n'y avait rien de concret donc déjà là c'était très compliqué en parallèle moi en fait j'ai un travail à plein temps donc déjà de concilier le travail à plein temps et mes entraînements et mes compétitions c'est très intense donc en plus d'aller chercher des partenaires etc c'est quasiment un troisième travail donc aujourd'hui la façon dont on peut gagner de l'argent dans ce sport c'est en compétition avec les prize money. Donc, selon ton classement, tu as X montants d'argent. Et donc, pareil, vu que moi, je viens de commencer, évidemment, je ne suis pas première, deuxième, troisième mondiale. Donc, voilà, les primes que je récolte ne sont pas assez élevées aujourd'hui pour vivre de ça. Et après… beaucoup de ces plongeurs-là vivent de sponsors. Et honnêtement, moi, je n'ai pas beaucoup le temps aujourd'hui. C'est quelque chose que j'ai commencé justement cette année à aller chercher. Mais encore une fois, c'est une troisième activité à caler dans mon agenda. Mais voilà, c'est mon objectif aujourd'hui de monétiser de plus en plus. Aujourd'hui, j'offre aussi des conférences en externe. J'en ai fait beaucoup chez Amazon. Mais maintenant, je fais ça plutôt en externe pour monétiser. Je commence à faire des collaborations avec des marques, etc. Donc voilà, c'est une direction que j'ai envie de prendre pour plus valoriser mon sport enfin je veux dire que tout le temps mis là-dedans soit aussi reconnu et aussi parce qu'honnêtement mon rythme actuel ça fait 4 ans que je l'ai je voilà je manage entre guillemets mais c'est pas viable sur le long terme donc voilà j'ai besoin j'ai besoin de de revenus via le plomb pour éventuellement réduire un petit peu mon rythme de travail à plein temps ouais
SPEAKER_00qu'est-ce qu'ils disent d'ailleurs tes collègues chez Amazon quand tu leur expliques ton parcours et ce que tu fais
SPEAKER_01aujourd'hui alors c'est vrai que tous mes collègues sont très supportifs tout le monde est très admiratif j'ai en permanence des commentaires super positifs je poste beaucoup aussi sur LinkedIn donc je donne pas mal de visibilité sur toutes mes compétitions etc donc mes collègues me soutiennent beaucoup après l'entreprise Amazon telle qu'elle malheureusement ne me soutient pas dans le sens horaire aménagé sponsoring etc donc c'est vrai que c'est génial d'avoir un soutien de ses collègues mais malheureusement sur le long terme ça suffit pas pour pour maintenir ce rythme là voilà c'est pas du soutien financé ni d'aménagement donc voilà mais je suis très très reconnaissante à tous mes collègues qui m'encouragent continuellement
SPEAKER_00chez Amazon. Excellent. Excellent. comment est-ce que tu vois du coup l'évolution de la discipline tu disais que c'est un sport relativement récent ça fait donc 5 ans que tu t'y es mis c'est ça 3 ans d'entraînement et en gros 2 ans de
SPEAKER_01compète alors non un peu moins ça va faire 4 ans j'ai fait 2 ans et demi 3 ans d'entraînement et là c'est ma deuxième saison
SPEAKER_00ma première compète c'était il y a 1 an incroyable Est-ce que sur ce laps de temps, tu as déjà vu une évolution sur le nombre de pratiquants, sur les moyens, la médiatisation ou on en a encore au début, tu
SPEAKER_01penses
UNKNOWN?
SPEAKER_01Il y a clairement de plus en plus de participants, de plus en plus de participants jeunes aussi. Je pense que c'est une traîne qu'on voit dans tous les sports où il y a de plus en plus de gens très bons, très jeunes. En fait, étant donné que c'est un sport très, très, très mental qui requiert aussi une maturité et d'être d'être assez posée. En fait, je pense que les gens pensent que les sports extrêmes, c'est un peu des gens foufous, des casse-cou, etc. Alors que c'est un peu le contraire. Il faut vraiment savoir justement bien gérer ses émotions, être assez posée et mature. Et donc ça, en général, ça va un petit peu avec l'âge. Donc jusqu'à maintenant, on avait des athlètes, la moyenne, c'était plutôt dans les 30 ans. Et maintenant, on a des athlètes de plus en plus jeunes, surtout chez les hommes et chez les femmes d'ailleurs, plutôt qui ont la vingtaine. et en effet on a de plus en plus de pratiquants il y a aussi de plus en plus de visibilité grâce aux réseaux sociaux en fait c'est un sport qui est très impressionnant et donc on a des super vidéos il y a une canadienne qui s'appelle Molly Carlson qui est une star des réseaux qui a des millions d'abonnés sur TikTok et des milliers d'abonnés sur Instagram voilà elle fait des vidéos un peu autour de l'anxiété etc via son sport et donc des personnes comme ça vont donner vraiment beaucoup de visibilité à notre sport après ça reste un sport extrême donc c'est très difficile d'avoir des amateurs qui pratiquent ce sport parce que c'est très dangereux donc il y a toute une communauté de freestylers c'est des jeunes qui vont sauter des falaises sans entraînement académique il y en a qui s'entraînent beaucoup mais je veux dire c'est un autre monde c'est pas le même monde que le Red Bull cliff diving et en fait pour que ce sport soit au JO un jour, alors 2028 c'est pas possible parce que les sports ont déjà été annoncés 2032 éventuellement mais pour que ça soit au JO il faut qu'il y ait plus de pays et de personnes qui le pratiquent c'est un sport, enfin même le plongeon classique c'est très très développé dans les pays anglo-saxons, aux Etats-Unis au Canada, en Australie c'est très connu mais c'est vrai qu'en Europe on est encore un petit peu en retard mais même pour le plongeon classique. Donc voilà, je pense que ça ne cesse d'augmenter. Red Bull, par exemple, l'année dernière, nous avait partagé les chiffres sur tout ce qui est visionnage des compétitions, du live, sur les réseaux sociaux, etc. Et c'est énorme. Donc je pense qu'on progresse et ce sport devient de plus en plus connu. Mais voilà, on verra quand est-ce que ça sera au JO et où est-ce que ça nous mène.
SPEAKER_00Tu parlais pour les débutants du fait que c'est impressionnant. Franchement, je vous invite à la regarder. Il y aura le lien en description vers ton Insta. Les vidéos, c'est hallucinant. J'ai regardé plusieurs fois celle où c'est un plongeon estampillé Red Bull World Series où tu fais un… un handstand ouais hallucinant ça là parce que tu montes assez doucement en position est-ce que c'est voilà pour un peu marquer le coup tu le fais comme ça ou est-ce que c'est parce que vraiment t'as zéro droit à l'erreur et donc il faut que tu fasses gaffe en
SPEAKER_01montant alors complètement option 2 c'est vrai que ce cette capacité de contrôler l'équilibre etc ça ça vient vraiment de la gymnastique alors il n'y a pas du tout le droit à l'erreur parce que si je tombe côté haut enfin je veux dire sans contrôler c'est catastrophique et si je retombe côté plateforme je perds déjà deux points sans même avoir commencé donc moi je monte très très lentement pour bien contrôler mon équilibre ça c'est pour la petite anecdote même si je contrôle très bien mes équilibres grâce à la gymnastique je me suis toujours dit bon peut-être qu'un jour je sauterai à 20 mètres mais alors faire un équilibre à 20 mètres mais jamais de la vie c'est beaucoup trop quoi et finalement cette année voilà il y a un mois j'ai fait mon premier plongeon en équilibre et puis j'étais super contente parce que déjà je m'étais dit que je n'en serais pas capable et en fait je me suis prouvé le contraire et deuxièmement c'est vrai que parmi même tous les plongeurs pros qui plongent à cette hauteur là il y en a très peu qui sont capables ou en tout cas qui ose parce que capable en fait c'est jamais une question de capacité parce que physiquement tous les gens sur terre qui savent faire un équilibre peuvent le faire à 20 mètres en théorie physiquement c'est la même chose par contre mentalement c'est hyper dur en plus moi le sens dans lequel je le fais je vois vraiment les 20 mètres comme si je je plongeais dans le vide donc voilà ça c'est le plongeon le plus difficile que j'ai fait à date et voilà j'étais super content. Ça impressionne beaucoup le public avant même d'avoir commencé le
SPEAKER_00plongeon. Il y a des plongeons que tu n'oses pas encore faire
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui. Oui, il y a un plongeon. Déjà, il faut donner du temps au temps. Finalement, moi, ça va faire quatre ans que j'ai commencé ce sport. C'est rien. En fait, j'ai une large progression qui est absolument énorme. Il faut savoir que les personnes qui faisaient du plongeon classique avant ont déjà réalisé quasiment toutes les figures qu'elles réalisent aujourd'hui à 20 mètres. Le challenge pour un plongeur classique qui passe au plongeon extrême, c'est la hauteur adapter la figure etc moi mon challenge c'est d'apprendre la figure il y a beaucoup de figures que moi j'apprends maintenant qu'un plongeur normal apprend à 11 ans et demi tu vois donc voilà moi mon évolution prend beaucoup plus de temps qu'un plongeur classique parce que je dois apprendre des nouvelles figures et en plus quand on est adulte c'est beaucoup plus difficile d'apprendre c'est un peu comme les langues des nouvelles figures et il y a une figure que j'ai en tête qui en fait n'a jamais été réalisée parce que c'est une figure qui n'a pas vraiment de sens pour le plongeon qui vient plutôt d'une figure de la gymnastique et j'aimerais vraiment la réaliser parce que déjà je serais la première personne qui réalise cette figure en compète et ensuite ça casserait un peu les codes du plongeon parce que c'est une figure un peu bizarre qu'un plongeur classique ne penserait jamais à réaliser donc voilà après encore une fois je me donne du temps parce qu'en fait Dans ce sport, c'est hyper important de monter sa figure à 20 mètres quand on est prêt. Parce que si on l'a fait alors qu'on n'est pas prêt, comme ça m'est arrivé, on peut se prendre un gros crash. Et alors là, ça peut être très difficile et ça peut prendre beaucoup de temps de revenir. Donc voilà, ce qui est important aussi dans ce sport, c'est d'être patient et de ne pas aller trop vite. Moi, j'ai mis trois ans pour monter à 20 mètres. Il y a des gens qui me disent que c'est très rapide, d'autres gens qui me disent que c'est très long. Mais voilà, c'est important d'aller petit à petit. Ça surprend toujours les gens quand je dis, moi, dans mon entraînement, je fais des plongeons à zéro mètre du bord de la piscine. Ça fait partie de mon entraînement. Donc, je fais zéro mètre, un mètre, trois mètres, dix mètres. C'est vraiment important d'y aller petit à petit et de travailler toutes les hauteurs, les bases pour ensuite être très, très solide à 20 mètres.
SPEAKER_00Ce teasing sur le plongeon que tu as sur ta liste mais pas encore réalisé. Excellent. Au moment où tu… Ça me fait penser, tu vois, quand tu disais que le fait d'être en handstand, donc en équilibre sur les mains à 20 mètres, c'est vachement impressionnant. Là, pour le coup, j'imagine que mentalement, il faut vraiment être préparé. Est-ce que tu as une routine ou en tout cas des habitudes, des choses que tu mets en place systématiquement
UNKNOWN?
SPEAKER_00quand tu sais que tu t'apprêtes à plonger
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et si c'est le cas, est-ce que tu peux peut-être nous... Admettons que là, tu t'apprêtes à plonger, qu'est-ce qui se passe dans ta tête
UNKNOWN?
SPEAKER_00Comment tu te
SPEAKER_01prépares
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui. Alors déjà, je pense que cette routine évolue constamment parce que je me reconnais de mieux en mieux. Je me dis, ça, ça avait marché, ça, non. Ça dépend aussi un petit peu du mindset dans lequel je suis. Mais je reviens toujours à la visualisation. D'abord, je vais vraiment me visualiser en faisant mon plongeon. Parfois aussi... simuler les gestes que je vais faire pendant le plongeon on voit souvent les plongeurs avant de plonger qui simulent un peu leur plongeon en faisant des gestes bizarres mais voilà pour nous c'est très clair dans notre tête de ce qu'on est en train de faire et ensuite au moment où je vais plonger je vais penser à 2-3 actions clés de la technique donc je sais pas les bras, les jambes etc serre tes abdos etc 2-3, il faut toujours trouver un un équilibre entre pas penser à trop de choses mais quand même penser à 2-3 points clés parce que voilà on peut pas plonger en pensant à rien alors il y en a peut-être qui le font mais je pense que c'est des gens qui ont énormément d'expérience mais voilà il faut quand même penser à 2-3 mots clés cette année j'ai commencé à compter avant de plonger donc dans ma tête 1 enfin 3 2 1 et ensuite j'y vais ça m'aide aussi mais c'est quelque chose d'assez nouveau donc voilà je dirais 3 choses visualisation aussi un gros gros coup de respiration. Ça, c'est plus je suis stressée, plus je prends mon temps à, voilà, inspirer et expirer très doucement. Mais voilà, c'est vrai que l'année dernière, j'avais beaucoup plus de mal à gérer mon stress, surtout avec le public. Moi, déjà, quand j'étais en gymnastique, j'avais un peu, ça me stressait beaucoup. Il y avait beaucoup de gens qui regardent. Et alors là, on est quand même à ma première compète à Paris. Il y avait, je crois, 45 000 personnes. C'était ma deuxième compète. Donc, Donc, ça fait beaucoup de pression, etc. Et cette année-là, j'ai eu une compétition à Boston il y a deux, trois semaines et pareil, il y avait 50 000 personnes dans le public. Et pour la première fois, je sentais que j'étais vraiment assez calme en voyant cette foule. Je pense que je prends de plus en plus confiance en moi, j'acquiers de l'expérience, etc. Et voilà, c'est important de se concentrer sur sa respiration et un petit peu sur ses sens, voilà, le toucher etc pour se sentir bien dans son
SPEAKER_00corps ok et le déclic du saut c'est à dire le moment où tu sautes est-ce que tu as un déclencheur il y a quelque chose qui fait que tu y vas ou
SPEAKER_01comme tu disais avant j'avais rien donc je réfléchissais aux actions etc et quand j'étais prête j'y allais je dirais que il y a des plongeurs qui partent très vite d'autres qui mettent 50 secondes debout sur la plateforme avant de se lancer et donc voilà cette année je fais mon décompte là le 3, 2, 1 pour mon plongeon de l'équilibre je dois tenir 2 secondes en équilibre c'est un des critères pour montrer qu'il est bien contrôlé donc voilà là je monte en équilibre je compte 2 secondes et j'y vais et c'est vrai qu'une fois qu'on est lancé là c'est les automatismes qui priment c'est vraiment le corps parce que ça dure 3 secondes donc c'est super rapide et donc là l'acrobatie elle est vraiment automatique et à la fin juste la seconde avant de rentrer dans l'eau il faut vraiment penser à serrer le plus possible et à être le plus possible gainé pour rentrer bien dans l'eau et faire le minimum de splash et ensuite quand on a fini notre plongeon il faut nager 4-5 mètres vers l'eau pour remonter à la surface et là c'est un peu la délivrance surtout si on a bien poursuivi plongée, on est super content et il y a l'adrénaline qui fait effet.
SPEAKER_00je t'ai posé la question parce que j'ai vu pas mal de films récemment sur des expéditions, des aventures ou juste des défis de base jumper et en fait le décompte alors j'imagine qu'on peut pas généraliser mais tous les films que j'ai vu de gars qui s'apprêtent à sauter le décompte ils le font tous le 3, le 2, le 1 et boum et en fait je me demandais c'est un peu la même configuration tu t'apprêtes à te jeter dans le vide simplement tu tombes dans l'eau sans avoir ouvrir un parachute mais ça m'avait marqué tu vois je me disais mais à quel moment est-ce que les gars ou les nanas tu vois ils osent ils se disent allez là maintenant j'y vais et je pense que c'est des comptes en fait mentalement ils doivent vachement aider parce que ça acte la chose tu vois tu réfléchis
SPEAKER_01plus quoi exactement et c'est vrai qu'il y a des il y a encore des plongeurs qui à l'échauffement par exemple s'ils font un plongeant très difficile vont demander à quelqu'un d'autre de compter pour eux pour qu'ils s'élancent ou Ça arrive beaucoup chez les jeunes ou chez les enfants qui font même du plongeon classique où c'est le coach ou le coéquipier qui compte pour eux. Je trouve ça assez mignon quand on n'avait jamais vu ça jusqu'à
SPEAKER_00récemment.
UNKNOWNEt voilà. Ok. Très bien.
SPEAKER_00qu'est-ce que bah écoute madame on arrive au bout c'était absolument passionnant qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite est-ce qu'il y a des grosses échéances que tu prépares là sur cette saison sur la prochaine alors les jeux on a bien compris ce ne sera pas pour tout de suite mais sur quoi est-ce que tu te concentres là dans les les mois les semaines les mois à venir
SPEAKER_01alors mon objectif mais plutôt long long terme c'est d'être dans le top 8 mondial parce que qui dit top 8 mondial veut dire que je ferai toutes les compétitions du circuit mondial de Red Bull donc aujourd'hui Red Bull a entre 6 et 8 compétitions par an à chaque étape il y a 12 athlètes et sur ces 12 athlètes il y en a 8 qui font toutes les compétitions et 4 qu'on appelle des wild cards qu'on invite ponctuellement puis plus on fait des meilleurs résultats plus on nous réinvite donc moi pour l'instant je suis encore une wild card et donc pour augmenter mon classement il faut que je fasse des plongeons plus difficiles parce qu'aujourd'hui c'est ce qui me plafonne un petit peu, c'est que je ne fais pas encore des plongeons assez difficiles, même si celui en équilibre est difficile. Mais voilà, par rapport à mes compétitrices, il faut encore que j'augmente mon niveau. Donc l'objectif, ça va être de faire des plongeons de plus en plus difficiles. Et ensuite, côté un petit peu professionnel, c'est de trouver des sponsors, des partenaires pour m'accompagner et pour que j'ai un petit peu plus de temps pour me reposer, pour m'entraîner, etc. Pour à atteindre cet objectif donc voilà je pense qu'on peut me souhaiter que je fasse mes nouveaux plongeons sans me blesser parce que mine de rien c'est quand même un sport où on peut se blesser assez facilement donc voilà et puis voilà si dans les personnes qui écoutent ces podcasts il y a des partenaires etc qui veulent m'accompagner je suis ouverte à l'échange
SPEAKER_00également Excellent, bah voilà le message est passé n'hésitez pas à contacter Madeline Toutes les liens vers les réseaux sont en description. Est-ce que tu aurais peut-être un message à faire passer en guise de conclusion ou quelque chose que tu voudrais souligner dont on a déjà parlé
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, avec plaisir. Moi, aujourd'hui, honnêtement, je vis mon rêve. Quand j'ai commencé le plongeon, je me suis dit, allez, tu te fixes cet objectif mais complètement lunaire de devenir une plongeuse dans les compétitions de Red Bull Cliff Diving. ce qui était très probable que ça n'arrive pas, sachant qu'il y a 30 femmes dans le monde. Pourquoi moi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et en fait, je me suis lancée dans cet objectif en ne pas portant trop d'attention aux résultats, mais plutôt aux moyens. Je me suis dit, tu donnes tout ce que tu as, tu essaies de faire le meilleur que tu peux. Et si ça marche, tant mieux. Et si ça ne marche pas, au moins, tu auras tout essayé. Entre guillemets, ce ne sera pas de ta faute. Et donc, je pense que j'essaie peut-être... message, c'est d'encourager les jeunes ou tout le monde à viser haut, à se donner les moyens de réaliser ses rêves et de ne pas avoir peur de l'échec. Moi, je me suis toujours dit, si ça ne marche pas, au moins, tu auras tout donné. Et grâce à cet état d'esprit, aujourd'hui, je réalise mon rêve et je vis ma vie de rêve alors que j'étais juste une jeune femme qui n'avait jamais plongé et aujourd'hui, je suis dans les meilleurs au monde. Donc voilà, rien est impossible et pour réaliser des grands rêves, il faut commencer par des petites actions, s'entraîner tous les jours, aller à la salle de sport, voilà. Et puis, petit à petit, ça arrivera si on est constant. La constance, c'est moi ce qui est le plus important, je pense, dans mon parcours et qui m'a permis d'arriver
SPEAKER_00à ce niveau-là aujourd'hui. Fabuleux. J'adore le message. Un immense merci, Madeleine. C'était génial de te recevoir au micro des Frappés. Je te souhaite du coup... une excellente continuation. Hâte de voir la vidéo où tu vas exécuter ce plongeon teasing. Et puis, écoute, je te dis peut-être à une prochaine où je serai dans le public sur un des événements
SPEAKER_01Red Bull. Oui, avec plaisir.
UNKNOWNMerci beaucoup, Loïc, pour l'accueil.
SPEAKER_00Merci d'avoir écouté cet échange avec Madeleine jusqu'au bout. J'espère que vous aurez apprécié la découverte de cet univers du plongeon de l'extrême. N'hésitez pas à partager cet épisode autour de vous. Et de manière générale, si vous souhaitez soutenir le podcast, vous pouvez le faire en laissant une note ainsi qu'un commentaire sur votre plateforme d'écoute. Pensez également à une action extrêmement simple qui consiste à parler des frappés autour de vous. Tout simplement, le bouche à oreille, c'est extrêmement efficace. Et enfin, si vous souhaitez soutenir... financièrement le podcast, rendez-vous sur tipeee.com slash les-frappés. Le lien est en description. C'est à partir de 1€par mois et chaque euro compte. Un grand merci. Je vous dis à la semaine prochaine pour un épisode de l'extrême, mais cette fois-ci sur la glace.