J'apprends à chaque expédition. À chaque expédition, j'ai appris quelque chose sur moi, sur des petites choses. Il ne faut pas se reposer sur ses acquis. Se reposer sur ses acquis, c'est très, très dangereux parce que tout évolue constamment. Et il faut avoir l'humilité de pouvoir accepter qu'il y a toujours de la place pour s'améliorer. Et c'est ça qui me fait me sentir si bien là-haut, dans ces endroits. C'est un antidépresseur, ces voyages.
SPEAKER_00Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires. des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Contrôleur aérien en Belgique pendant 10 ans, Arnaud vivait une vie confortable. Mais peu à peu, une évidence s'imposait, il ne trouvait plus de sens dans ce qu'il faisait. Il décide alors d'entreprendre un grand voyage. Après des années de questionnement, en quelques jours seulement, il réserve un billet d'avion sans retour. C'est le début d'un terrible qui durera finalement 3 ans et pendant lequel il a parcouru à vélo les routes du continent américain tout en réalisant l'ascension des plus hauts sommets de chacun des pays traversés. Un voyage comme celui-ci, c'est un véritable rite de passage. On en revient profondément changé. Aujourd'hui, Arnaud est l'un des rares guides polaires capables d'emmener ses clients parcourir de vastes étendues de glace désertiques comme c'est le cas lorsqu'il se lance pour 30 jours de traversée du Groenland. Excellente écoute à vous
UNKNOWN!
SPEAKER_00Bon, et bien après cette petite introduction technique, ce que je te propose Arnaud, c'est de se lancer.
SPEAKER_02Merci.
SPEAKER_00Écoute, merci beaucoup en tout cas de t'être libéré aussitôt après ton retour d'Islande. On va parler de tout ça et de plein d'autres choses, très certainement. Moi, je suis très, très content de t'accueillir en direct de Québec. Et puis, ce que je te propose, c'est tout simplement de commencer par dans les grandes lignes, parce que sinon, vu ton parcours, ça va être très, très long. Et puis, on va en parler plus tard. Mais dans les grandes lignes, qui est Arnaud et qu'est-ce que tu fais aujourd'hui
UNKNOWN?
SPEAKER_01Bonjour Loïc, d'abord je te renvoie la balle, à moi de te remercier de me consacrer ce temps de parole, c'est un plaisir d'être ici et de pouvoir enfin échanger avec toi. Donc voilà, qui est Arnaud
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est une très bonne question, il faudrait que je demande ça à d'autres personnes. Je suis né, j'ai grandi à Bruxelles en Belgique, j'ai commencé une carrière de contrôleur aérien avant de prendre en fait un tout autre chemin alors évidemment ça a mis du temps j'ai fait un long voyage à vélo À cette époque, je pense avoir été le premier à grimper le plus haut sommet de tous les pays du continent américain, donc nord, central et sud, en utilisant le vélo comme seul moyen de transport. Ça m'a gardé occupé quelques années, trois ans. Et puis, en rentrant, j'ai décidé de faire un tout autre choix de carrière et de consacrer... mon existence à la montagne et donc je suis devenu guide guide d'abord de montagne et de haute montagne avant de tout doucement dévier ces dernières années vers guide polaire dans les régions polaires essentiellement au nord du cercle arctique Et donc voilà, et là j'échange avec toi depuis la Nouvelle-Écosse au Canada où on s'est installé avec mon épouse et nos deux petites filles qui ont deux ans et quatre ans et demi. On a bien choisi la journée, elles sont à l'école aujourd'hui. C'est pour ça que c'est aussi calme à la maison, parce qu'elles ont de l'énergie. Et donc voilà, on est ici, c'est provisoire, c'est pas notre endroit... Mais voilà, pour des raisons pratiques, on a décidé de s'y installer pour quelques années.
UNKNOWNExcellent.
SPEAKER_00Et donc voilà. Excellent. Écoute, ça fait un paquet de sujets dont on va pouvoir parler. Désolé d'ailleurs, je pensais que tu étais au Québec, mais non, Nouvelle-Écosse, ce n'est pas tout à fait la même chose. Pas très loin. C'est pas très loin. pas très loin c'est ça côte est on est toujours sur la côte est mais encore plus à l'est que le Québec plus à l'est c'est le Groenland c'est ça on peut pas plus à l'est excellent punaise donc sacré parcours déjà question vraiment une question de détail mais ça se passe comment en Belgique pour devenir contrôleur aérien on parle de quoi comme type d'études comme
SPEAKER_01sélection
UNKNOWN?
SPEAKER_01Très bonne question alors c'était à l'époque où donc on parle des années 2000 c'était un écolage privé c'est toujours le cas je pense donc c'était un écolage privé organisé par l'entreprise Et donc, il y a un examen d'entrée qui est très, très sélectif, évidemment. Encore plus sélectif parce qu'en Belgique, on a deux langues nationales et donc, ils essayent de garder la parité. Donc, on prend, je me souviens, quand j'ai fait les examens, on était à peu près 700 et ils n'en prenaient que 24, 12 francophones, 12 néerlandophones.
UNKNOWNDonc…
SPEAKER_01Je pense que ça, c'est la partie la plus difficile, arriver à mettre un pied dans l'engrenage. Une fois qu'on est dedans, en général, on doit être quand même assez passionné ou très investi. Ce n'est pas évident parce que c'est un condensé de matière dans un temps très court puisqu'on est rémunéré, puisqu'on commence… à travailler pour l'entreprise. Donc, ils nous payent pour étudier. C'est génial. Mais du coup, on essaye de faire ça, voilà, de faire ça le plus court possible. Et donc, il y a énormément de matière en un laps de temps très court. Et une matière qui, il n'y a pas beaucoup de... compréhension, on étudie un espace aérien, on étudie une régulation, donc voilà, c'est blanc ou c'est noir, il n'y a pas vraiment de... donc c'est pas évident. Ça met à peu près, dans mon cas, ça a mis à peu près six mois de cours théoriques et puis on commence vraiment ce qu'ils appellent le on-job training, donc on travaille sous la supervision de quelqu'un, et donc il y a différents, j'ai travaillé, j'ai commencé d'abord comme assistant, ça c'est la manière dont c'était organisé en Belgique à l'époque, Donc, on commençait comme assistant, donc pas de contact avec les pilotes. On est un peu le secrétaire du radariste, de la personne qui, elle, est en contact avec les pilotes. Donc, on s'occupe des coups de téléphone, de tout ce qui doit se faire en amont. Et puis, voilà, après un an ou deux, en fonction de... de l'entreprise et des disponibilités on passe ce qu'on appelle le court tour à l'époque donc ça c'est pour travailler dans une tour de contrôle Bruxelles étant l'aéroport principal mais il y a d'autres aéroports en Belgique plus petits et puis après ce court tour on devient radariste donc ça met plusieurs années avant d'arriver au stade ultime de la formation en tout cas pour le système belge je pense que ce n'est plus comme ça je pense que maintenant alors j'espère ne pas dire de bêtises Puisqu'en 2-3 ans, on devient radariste. Mais non, c'est un écolage. Mais oui, c'est compliqué. Et encore une fois, je pense que le plus compliqué, c'est d'y rentrer. Après, on fait de son biais. Mais comme souvent, les gens... qui rentrent sont forcément passionnés ou ont envie de... Donc, je pense que voilà.
SPEAKER_00Ça allait être ma question, du coup. Qu'est-ce qui t'a amené vers ce chemin
UNKNOWN?
SPEAKER_00T'avais une passion pour l'habitation
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ben, quand je compare avec mes anciens collègues, non. Moi, j'ai toujours... Non, parce que là, il y a de réels passionnés. Moi, j'ai toujours voulu... Je rêvais, quand j'étais plus jeune, d'être pilote d'essai. Ah
UNKNOWN!
SPEAKER_01Et donc, j'aimais bien le côté, encore une fois, aventure dans l'aviation, parce que maintenant, l'aviation civile, il n'y a plus beaucoup de place pour l'aventure. Et donc, moi, je rêvais de tester des nouveaux appareils, d'avoir ce côté un peu... l'inconnue. Et en Belgique, à ce moment-là, pour être pilote d'essai, il fallait passer par une carrière militaire, être pilote de chasse, et puis à la fin d'une carrière militaire, après avoir fait 16 heures de vol, éventuellement, certains heureux élus pouvaient devenir pilote d'essai. Malheureusement, il fallait 10-10, à chaque oeil il fallait une vue parfaite la Belgique étant pas une nation militaire de haut plan ils peuvent se permettre d'être très très sélectifs puisqu'il y a une très forte demande de pilotes, en tout cas. Et donc, moi, je ne remplissais pas toutes les cases. Même après opération, ça ne suffisait pas. Certains pays acceptent après correction. En Belgique, ce n'est pas le cas. Ils n'ont pas besoin. Ils ont assez de candidats. Et donc, j'ai dû revoir mes ambitions à la baise. Et l'aviation civile ne m'intéressait pas. Je ne voulais pas du tout être pilote commercial. Encore une fois, je trouvais que tout était... régulé et donc il fallait trouver à 18 ans il faut 18-19 ans il faut trouver ce qu'on veut faire et donc le contrôle aérien était un peu une manière pour moi dans une période où je ne savais pas trop de garder un pied dans quelque chose qui me plaisait où j'étais sûr que ça me plaisait en tout cas et donc voilà comment j'ai atterri là-dedans à 18-19 ans ce qui est très jeune j'étais à ce moment-là un des plus jeunes appliquant en anglais postulant excellent surtout avec le système actuel si effectivement si je ne me trompe pas et qu'il faut 2-3 ans t'imagines tu rentres à
SPEAKER_0018
SPEAKER_01ans et à 21 ans t'as quand même de très lourdes
SPEAKER_00responsabilités donc voilà oui parce que pour terminer sur cette partie de ta vie où t'as été dans le contrôle aérien tu parlais de responsabilité à quel point est-ce que c'est automatisé tout ça aujourd'hui enfin je veux dire si on enlève les contrôleurs est-ce que vraiment les aéroports s'arrêtent de fonctionner
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ou est-ce qu'ils sont plutôt là en garde-fou pour prévenir d'éventuels... En plus, je veux dire, de systèmes
SPEAKER_01automatisés
UNKNOWN?
SPEAKER_01Techniquement, on pourrait tout automatiser et on n'a plus besoin de l'apport humain. Voilà, ça c'est quelque chose du domaine du possible. Ça ne se fera pas ou en tout cas quand... Quand je travaillais, c'était quelque chose qui était mis de côté. Il était hors de question de décharger l'humain de cette tâche. Pour le simple fait que si l'informatique plante, si tout plante, eh bien, il n'y a vraiment plus de backup. Et donc, maintenant, ils gardent des systèmes où on garde quand même l'input de l'humain assez important parce qu'on imagine bien que si l'humain s'assied devant un écran qui gère tout, c'est difficile de garder son attention. Et le jour où l'écran s'éteint parce qu'il y a un bug, eh bien, on n'a plus du tout d'image du trafic. Donc, il faut essayer de garder justement... le contrôleur assez actif, assez intéressé, impliqué par son trafic, pour que si justement tout plante, il ait une image globale de ses avions dans son espace aérien. Donc oui, techniquement, on pourrait. Ça ne se fait pas pour ces raisons-là. Après, on a de nombreux backups. On n'est jamais seul. On est toujours à deux devant une console. Donc, on a déjà nos collègues comme backup. Et puis, il y a plein de systèmes informatiques et de filtres informatiques qui sont là pour nous aider aussi.
UNKNOWNVoilà.
SPEAKER_01c'est rassurant oui oui je pense voilà je pense il faut pas c'est très rassurant d'ailleurs les les crashs ou en tout cas les très peu incidents qui ont été imputés au contrôle aérien c'est malheureusement parce qu'on a on a étudié ça c'est malheureusement la la conjonction de plusieurs petites choses qui ont mal tourné euh et donc qui ont amené à une éventuelle catastrophe. Mais ce n'est jamais la responsabilité d'un contrôleur tout seul. Il y a tellement de backups que ça ne peut pas arriver. Même s'il s'endort devant sa contrôle. Il y a des backups aussi dans les avions. Les avions communiquent entre eux maintenant. Donc même si le contrôleur s'endort, les avions vont communiquer entre eux et vont éventuellement éviter... éventuelle
SPEAKER_00catastrophe donc c'est relativement safe et donc toi tu te retrouves dans cet univers ça devient ton quotidien pendant combien de temps et à quel moment est-ce qu'il y a une sorte de déclic qui se fait et la transition qui s'amorce vers ta nouvelle
SPEAKER_01vie
SPEAKER_00j'ai
SPEAKER_01Oui, j'ai travaillé certainement pendant une dizaine d'années. J'aurais aimé que le déclic se fasse plus vite. Ça a été très, très lent à se mettre en place. Comme beaucoup de... comme beaucoup de gens, nés à Bruxelles, dans une grande ville, j'ai un peu été formaté, j'ai grandi dans ce moule, et comme je disais un peu plus tôt, à 18 ans, il faut prendre un peu une décision de ce qu'on va faire de sa vie et de son avenir, et puis finalement, c'était un très bon compromis, j'ai apprécié ces 10 années, parce que j'avais surtout beaucoup de temps libre, c'est toujours amusant de dire ça, mais c'était un travail en shift, donc on travaillait le matin, l'après-midi ou la nuit, donc ça laissait pas mal de temps libre. À ce moment-là, je me suis consacré au triathlon, je faisais beaucoup de sport et donc j'avais le temps de m'entraîner, j'avais le temps de faire pas mal de choses quand j'étais en Belgique et j'avais surtout la chance de pouvoir prendre jusqu'à 3-4 mois de congé payé sur une année. Et donc probablement ce qui m'a gardé aussi longtemps, en travaillant de manière assez… de manière conséquente les autres huit mois, mais comme je disais, quand on fait un matin, on a l'après-midi libre. Le lendemain, on fait l'après-midi, on a le matin libre, donc on n'a pas l'impression d'être tous les jours au boulot, même si on travaille 28 jours par mois. Mais voilà, j'étais tout doucement arrivé en grandissant, j'étais arrivé à un point où ça n'avait plus de sens de... profiter d'un tiers de mon existence voilà que je profite d'un tiers de mon existence et que les deux autres tiers soient un peu plus pesants je trouvais que ça devait être le rapport inverse je pouvais mettre ma vie entre parenthèses pendant un tiers du temps pour en profiter les deux autres tiers ça me semblait pour moi quelque chose de plus qui me correspondait beaucoup mieux alors tout ça s'est mis en place très lentement sur ces dix ans de boulot il y a une année sabbatique où j'ai fait un voyage un long voyage en Amérique du Sud et puis il y a eu ce long voyage à vélo de 3 ans où je savais que au retour rien ne serait
SPEAKER_00tu le savais avant de partir
SPEAKER_01ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, oui, je le savais. Je l'avais partagé avec mes proches. D'ailleurs, je ne savais pas si je partais pour un an, deux ans, trois ans, quatre ans. Je n'avais pas de date de retour. Et ça, c'est le plus grand luxe, je pense, qu'on peut avoir dans le voyage. C'est justement de ne pas avoir de date de retour. Parce que très vite, on pense à ce retour. Et finalement, on planifie le voyage en fonction de cette date de retour. Moi, j'avais cette liberté de un an, deux ans, trois ans, quatre ans. Finalement, ça m'aura pris trois ans. Et puis, avait prévenu, j'avais dit il
SPEAKER_00est très probable que je ne rentre pas en Belgique Oh pinaise, mais alors attends parce que ce voyage tu parlais de ton voyage en Amérique du Sud l'année sabbatique où là pour le coup il y avait je suppose dans le cadre pro il y avait forcément une date de fin, mais là j'ai l'impression que la vraie transition elle s'est faite ou la vraie révélation je ne sais pas trop quel terme utiliser tu le sauras mieux que moi mais j'ai l'impression que ça a été ce voyage qui in fine a duré 3 ans à vélo donc comment, à quel moment est-ce que tu t'es dit que c'était le type de voyage que tu voulais vivre le moyen de transport vélo et sans date limite et pourquoi est-ce qu'à ce moment là alors t'expliquer un peu il y avait un long cheminement jusqu'à ce que tu te rendes compte que le un tiers deux tiers il était pas équilibré comme tu voulais mais à quel moment est-ce que tu t'es dit je passe à l'action tu vois parce que bien souvent on est dans des situations qu'on apprécie pas mais il y a un monde entre faire le constat qu'on n'est pas 100% équilibré et et passer à l'action et oser tout quitter pour partir sans date de retour donc comment ça s'est mis en place tout ça avant qu'on parle du voyage en lui-même
SPEAKER_01ouais c'est c'est une question très intéressante et j'aimerais pouvoir y apporter une réponse précise ça a été lent ça a été très lent Il y a eu une période où j'étais simplement pas bien, où on se pose pas mal de questions. En Belgique, on n'a pas encore toutes ces réponses. J'ai pris ce voyage d'un an. Je pense qu'on voyage toujours pour une raison. On voyage ou bien on sait pourquoi on voyage, on va chercher ses réponses, ou bien justement on ne sait pas trop pourquoi on voyage et les réponses tombent d'elles-mêmes. On comprend vite pourquoi on est là où on est. Et donc, j'ai fait ce premier voyage d'un an, une année sabbatique, ça paraissait déjà beaucoup à ce moment là au retour je me suis rendu compte que c'était pas assez et puis il y a une énorme frustration qui est née de ce voyage et que j'étais parti pour grimper tous les sommets de nombreux sommets d'Amérique du Sud et puis très vite j'ai dû déchanter et passer au plan B mais j'avais pas de plan B à cause d'une blessure assez importante au genou euh Et donc voilà, ça ne m'a pas aidé. Je pense que je dis ça maintenant avec le recul, mais je pense qu'il y a une raison pour tout ça. Je pense que je n'étais pas très serein, j'étais parti pour me tester. Je pense que j'allais me mettre dans des situations peut-être très compliquées, voire dangereuses, parce que je me connais. Et je pense que ça a rassuré tous ceux qui me connaissent, notamment la famille, de savoir que finalement, cette blessure J'allais d'une certaine manière m'empêcher de prendre les risques que j'étais prêt à prendre. J'ai failli rentrer plus tôt et puis je me suis dit« mais c'est stupide, j'ai la chance d'être ici, il n'y a pas que la montagne non plus». Et donc voilà, j'ai improvisé un plan B, j'ai voyagé, finalement j'ai fait du stop pour redescendre sur la Patagonie depuis l'Amérique centrale. Voilà, à mon aise, en stop. Et puis au retour, le malaise était toujours un peu présent. Je pense que j'ai fait une petite dépression, une longue dépression. Ça aussi, ça met du temps à mettre des mots. Il faut accepter de mettre ces mots-là sur... Et donc voilà, je suis reparti. J'avais, de ce premier voyage, de cette première frustration de voir tous ces sommets d'en bas, je savais que j'allais revenir. Je voulais revenir et les regrimper. Seulement, je voulais faire quelque chose qui soit... Je ne voulais pas juste venir pour les grimper et être une sorte de consommateur. Voilà, j'avais envie de faire quelque chose qui colle plus à la personne que j'étais. Et du coup, le vélo s'est très vite imposé comme moyen de transport. Je voulais... un voyage écologique limiter mon empreinte carbone et puis je trouve surtout qu'avec le vélo hum À pied, c'est un peu trop lent. Je trouve qu'on avance parfois pas assez vite, surtout sur des longs projets comme ça. En voiture, en bus, ça va trop vite. On passe à côté de tout. Et je trouve vraiment que le vélo donne cette vitesse de déplacement parfaite où on a le temps de s'imprégner de tout ce qui nous entoure autour de nous sans que ce soit trop rapide, sans que ce soit trop lent au quotidien. On avance, on a le sentiment d'avancer. Donc je trouve que c'est la vitesse de déplacement en tout cas pour moi qui était idéale il se trouve qu'en plus que sur mes 3 ans de voyage il y a des saisons aussi à respecter sur certains sommets et le vélo me permettait d'arriver juste à temps, à chaque fois pour la bonne saison sans que je doive pousser sur mes pédales comme un dératé pendant des jours ou des semaines pour arriver à temps. Donc, c'est vraiment amusant de se dire que le vélo, finalement, était la vitesse de déplacement idéale dans le voyage que j'avais imaginé. Et puis, il a fallu le préparer et j'en parlais beaucoup, mais je faisais pas mal.
UNKNOWNJ'ai bien fait.
SPEAKER_01Il y a même des amis qui se moquaient de moi de manière très gentille en me disant« toi, tu ne vas jamais partir». Et puis, un jour, sans explication, je me suis levé un matin et j'étais prêt. En un week-end, j'ai écrit le dossier sponsoring pour essayer de trouver quelques fonds. et puis à partir de là tout s'est mis en place et quelques semaines plus tard je partais là aussi le billet d'avion ça s'est fait encore une fois j'étais pas très bien c'était pas une période où j'étais très bien donc effectivement on se pose beaucoup de questions c'est partir pour 3 ans même si c'est quelque chose qu'on a envie de faire on laisse derrière soi des choses qu'on connait et puis je prenais un chemin qui était diamétralement opposé de tous mes amis comment
SPEAKER_00ils ont réagi d'ailleurs quand tu leur as dit que tu partais à vélo pour une durée indéterminée autour du monde
UNKNOWN?
SPEAKER_01je pense que il y a eu beaucoup de pas d'incompréhension mais j'ai ressenti beaucoup parfois une certaine admiration que j'ai que j'avais du mal à accepter parce que finalement, moi, je faisais quelque chose que j'avais envie de faire. Pour moi, c'était plus difficile à ce moment-là de rester dans ce quotidien qui me rendait plus heureux. Donc, pour moi, c'était plus facile de partir. Et puis, je me suis rendu compte que cette admiration, en fait, c'est que finalement, les gens n'avaient pas vraiment envie de le faire parce qu'il y avait chaque fois quelque chose qui les... qui les empêchait de faire le pas. J'ai entendu à de nombreuses reprises« Oh, j'aimerais tellement pouvoir faire ça, mais on vient d'acheter une nouvelle voiture.»« J'aimerais tellement faire ça, mais on a l'appartement.» Et en fait, j'avais une voiture, j'avais un appartement. Et tout ça, je m'en suis libéré. Donc, je me suis rendu compte que pour beaucoup de gens, en fait, ils sont... on aime bien, on vit un peu par procuration c'est bien ce que je fais, c'est sympa sur papier c'est sympa après c'est vrai que être sur le vélo pendant 3 ans c'est pas toujours de l'amour il y a des moments un peu plus compliqués aussi mais moi c'était ces moments là plus compliqués à gérer sur le vélo étaient beaucoup plus faciles que gérer un quotidien qui était beaucoup trop pesant et donc voilà l'incompréhension des proches surtout l'incompréhension au retour du voyage et à la volonté de ne pas revenir en Belgique parce qu'à ce moment-là j'ai fait des choses de manière très simple j'ai fait un choix de vie où j'allais gagner moins de ma vie dans un pays où tout était deux, trois fois plus cher. Et donc, pour beaucoup de gens, maintenant, tu es confortable ici. Tu as un métier, un appart, une voiture. Voilà, j'étais dans le moule. J'étais bien dans le moule. Et je quittais ce moule. Et là, oui, même ma famille, parfois, ne comprenait pas. Donc ça, ça a été un peu difficile de devoir même, parfois, devoir se justifier devant les gens qui... qui devrait nous connaître le mieux. Voilà. Parce que finalement, on a vraiment l'impression d'être un vieux petit canard. Puisqu'on prend un chemin un peu seul. Et autour de moi, je n'étais pas entouré de... Voilà. de ces gens-là donc c'est probablement pour ça aussi pour répondre à ta question que ça a mis longtemps à se mettre en place parce que j'ai dû trouver toutes ces réponses un peu seul et pendant longtemps je pensais que c'était moi le problème et que Parce qu'avec mes amis, avec la famille, j'avais parfois du mal à trouver ma place. Et donc, j'ai dit, le problème, ce n'est pas spécialement eux, c'est probablement moi aussi. Et donc, il faut arriver à trouver ces réponses. Oui, ça n'a pas été une période... Finalement, maintenant, je regarde en arrière et c'est bien, j'ai vécu un voyage extraordinaire et je n'ai plus envie de repartir. Mais voilà, les raisons du départ, comme je disais, il y a souvent un voyage pour une raison et et moi je connaissais ces raisons c'était une sorte de fuite en avant j'avais besoin de fuir cette vie qui me convenait plus mais voilà je savais que j'allais me poser les bonnes questions et je partais pour me poser les bonnes questions et pour retrouver ces réponses là donc finalement c'est ce que j'appelle une fuite en avant toutes les fuites sont pas négatives à condition de savoir pourquoi on fuit et donc voilà donc ça a mis plusieurs années à se mettre en place mais le départ et l'achat du billet d'avion ça s'est fait il y a eu je pense qu'on était un jeudi je me souviens bien, un jeudi matin, et je partais le lundi. C'est le moment où j'ai décidé, ok, maintenant, je suis prêt, j'ai fait ce que je devais faire ici, je m'en vais. Et ça a été
SPEAKER_00très vite. Comme quoi, des fois, on peut être prêt logistiquement, physiquement, financièrement, et il peut y avoir simplement une petite latence du côté du cerveau, et une fois que ça s'est fait, une fois que c'est digéré, finalement, il n'y a plus aucun problème. Fascinant. Tu viens de le dire, ce grand départ, en tout cas ce départ pour un grand voyage, c'était de ton point de vue aujourd'hui sans doute plutôt une fuite en avant, en tout cas la tentative de laisser derrière toi une situation qui ne te convenait plus. Qu'est-ce qui te faisait rêver dans ce tour du monde qui approchait
UNKNOWN?
SPEAKER_00En tout cas dans ce grand voyage, je ne sais pas si tu avais prévu vraiment un véritable tour du monde, mais est-ce qu'il y avait des pays en particulier que tu attendais avec impatience
UNKNOWN?
SPEAKER_00le fait de se déplacer à vélo ou la rencontre de certaines cultures. Qu'est-ce qui te mettait des étoiles dans les yeux au moment de monter dans
SPEAKER_01l'avion
UNKNOWN?
SPEAKER_01Moi, c'est d'abord cette notion de temps. Tout d'un coup, j'avais du temps. je m'étais rendu compte et c'est pour ça que ça m'a amené à cette décision là j'en parlais un peu plus tôt je passais deux tiers de mon temps à finalement profiter du dernier tiers et ce dernier tiers était consacré à la montagne, à la nature au milieu, outdoor j'allais grimper, j'allais faire du vélo c'était pas un tiers du temps passé en Belgique à regarder Netflix et donc en changeant de rapport il fallait j'ai Tout ça, encore une fois, s'est mis en place doucement. Il y a eu des mois de voyage, et puis le mois s'est transformé en deux mois, et puis ces deux mois se sont transformés en un an, cette année sabbatique. Et puis même cette année, ce n'était pas assez. Je n'avais pas envie de rentrer après un an. Et donc, cette idée de voyage, il n'y avait pas de date de retour. Il fallait que je me mette un défi, il fallait que je me mette un challenge, parce que c'est ça qui me rend heureux, c'est comme ça que je fonctionne aussi. J'ai besoin de me... en quelque sorte tester mes limites pas toujours de manière extrême il ne faut pas à chaque fois virer dans l'extrême mais en tout cas faire de l'inconfort mon confort au quotidien et donc j'avais besoin d'avoir cette ligne de mire ce challenge sportif qui était de grimper et c'est pour ça que j'avais décidé de grimper le plus haut sommet de chaque pays en utilisant le vélo comme seul moyen de transport alors ça peut paraître évidemment pour quelqu'un de sédentaire ça peut paraître quelque chose de complètement fou le vélo a de ça que la machine impose la technique donc on se blesse pas vraiment sur le vélo et puis on est libre de faire le kilomètre qu'on a envie on commence avec 30 km par jour pendant une semaine puis on fait 40 chacun le vit à son rythme tout en avançant en ayant cette impression d'avancer moi j'avais besoin de mettre la montagne Enfin, la montagne, parce que c'est un terrain de jeu qui, depuis très jeune, me rend heureux, dans lequel je m'épanouis. J'ai besoin de la montagne. C'est pour ça que j'ai fait ces choix de vie plus tard. Il fallait que je m'en rapproche. Ce sont des terrains de vie extraordinaires où on peut se tester, où j'ai appris beaucoup de choses, pas seulement au niveau technique, mais aussi humainement parce qu'on partage des moments en montagne avec beaucoup de gens et là tout d'un coup je retrouvais my people comment dire souvent en anglais des gens avec qui je me retrouvais connecté qui partageaient les mêmes les mêmes envies parfois les mêmes rêves ou en tout cas le même état d'esprit tout d'un coup j'étais pas un étranger j'étais pas un alien et Et puis pourquoi l'Amérique du Sud
UNKNOWN?
SPEAKER_01J'ai toujours été attiré par le nord chilien, le Chili, l'Argentine, la Colombie. De mon premier voyage en 2005, je suis resté avec beaucoup d'endroits où j'avais envie de revenir. Et donc, oui, j'ai grimpé. Le voyage que j'ai fait, j'aurais pu le faire en un an et demi seulement. Parce que, voilà, c'était ma ligne de conduite, c'était ces sommets-là. Mais j'avais aussi envie de passer du temps. C'était ma vie, c'était pas qu'un voyage, c'était aussi devenu ma vie. Et donc, j'avais, je prenais plaisir à partager du temps avec... J'ai appris l'espagnol pendant ce voyage, donc j'étais capable de communiquer avec les gens que je rencontrais sur la route. J'ai passé... Pendant un voyage, j'ai J'ai payé à peu près 45 de mes nuits. Donc, sur trois ans de voyage, ça veut dire que je suis à peu près 45 nuits dans des petits hôtels. En trois
SPEAKER_02ans
UNKNOWN?
SPEAKER_01en trois ans. Donc le reste, c'était sous la tente, camping sauvage, ou bien chez l'habitant, parce que j'y étais invité. Et donc voilà, les gens m'ont souvent demandé, mais tu as fait ça seul
UNKNOWN?
SPEAKER_01Comment est-ce qu'on peut faire ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01Comment est-ce qu'on peut voyager seul
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et ma réponse était souvent la même. D'abord, qui a envie de passer
UNKNOWN?
SPEAKER_01trois ans de son existence en montagne et quand je n'étais pas en montagne, j'étais sur le vélo. Parce que finalement, j'ai passé 80% du temps sur le vélo. Donc, c'est une vie quand même relativement inconfortable. Tout ce que je possédais était sur le vélo. J'avais vendu tout ce que j'avais. Et puis, je n'étais pas seul. Parce que l'avantage de voyager seul, c'est que quand on ne veut pas être seul, c'est très facile. Parce que justement, on est seul. Donc, on se tourne vers les gens qui nous entourent, les gens qu'on croise et quand on veut être seul, c'est très facile là où dès qu'on voyage avec quelqu'un D'abord, on veut être seul, c'est très difficile parce qu'on a cette personne avec nous et je l'ai vécu, cette expérience qu'on a beau essayer d'expliquer qu'on veut passer un moment seul, c'est souvent perçu de l'autre côté par, on le prend de manière très personnelle, c'est au lieu d'entendre« je veux être seul», on entend« il ne veut pas être avec moi». Et du coup, ça crée une sorte de tension. On se pose des questions. Mais qu'est-ce que j'ai fait
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pourquoi il ne veut pas être avec moi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pourquoi il est tout seul
UNKNOWN? Et donc...
SPEAKER_01moi au moins j'évitais ce genre de conversation je voulais être seul c'était très facile et puis je voulais être avec quelqu'un par le simple fait d'être seul quand on est à deux c'est plus difficile d'accepter une troisième personne dans cette petite communauté de deux parce qu'on a nos habitudes on se connait et c'est très difficile pour une troisième personne d'y rentrer là où par contre quand on est tout seul les portes sont grandes ouvertes donc voilà le voyage seul ce serait à refaire je le referai très seul pour ces raisons là et puis je pense que c'est important on vit surtout dans une société où beaucoup de gens ont peur pas envie d'être seul parce que bien souvent on est peur, on est bombardé d'informations ça arrive dans tous les sens les réseaux sociaux et en fait on ne prend pas le temps d'être seul et on ne sait plus être seul Et on a peur. Et donc, voilà, moi, j'aime bien être seul. Et mon épouse, c'est ça aussi. Et donc, j'ai besoin de ces moments avec moi-même. Voilà. Et ce voyage, du coup, ça a été une réussite.
UNKNOWNEt...
SPEAKER_01Et j'en garde un très, très, très bon souvenir. Parce que finalement, rien ne s'est mal passé. Une des premières questions, c'était passer le cap de« Ah, mais t'es tout seul, et la famille, et les amis.» La deuxième question, c'était l'accent sur la sécurité.« Ah, mais t'es rien arrivé, trois ans, sur la route, tout seul, avec ta tête de gringo, en Amérique du Sud.» Mais oui, parce qu'on est une cible, évidemment, un Européen, un blond, forcément, on est une cible. Moi, je visais, je n'étais pas sur les routes principales. C'est aussi pour ça que ça m'a pris autant de temps. Je visais les routes secondaires et pas seulement les routes secondaires, mais les routes secondaires des routes secondaires. Avec parfois comme seule carte, c'était un dessin fait par... la personne du village chez qui j'avais passé la nuit. Donc là, je savais que j'allais me perdre. C'était illusoire de penser que son dessin allait m'amener à destination. C'est d'ailleurs amusant parce qu'il y a beaucoup d'énervement et de frustration au début du voyage parce qu'on part avec son compteur sur le vélo, on part avec cette mentalité un peu européenne ou nord-américaine où tout est chiffré, calculé. Et puis, quand on n'arrive pas à une destination, on s'énerve. Je n'ai pas fait mes 100 kilos. aujourd'hui je voulais faire ça et puis c'est amusant de très vite on se rend compte mais en fait c'est moi qui m'impose ces barrières-là, ces restrictions-là, qu'est-ce qu'ils ont fait de faire 100 kilomètres ou 60, donc à ce moment-là j'ai jeté mon compteur, j'avais plus besoin de compteur, non pardon, j'ai gardé le compteur, j'ai jeté ma montre, je voulais plus de montre, je vivais avec le soleil, puisque finalement ça n'avait aucune importance de l'heure qu'il était, mais donc c'est amusant de très vite, et puis on a, l'Amérique du Sud c'est une autre culture, on ne se parle pas de de la même manière. Nous, on parle de distance en kilomètres. Eux, ils parlent de distance en temps en bus. quand on leur demande combien de kilomètres pour le prochain village et que la réponse c'est à peu près 3 heures de bus après avec l'expérience je savais que 3 heures de bus c'était pas très loin de 3 heures à vélo parce que les bus là-bas ils s'arrêtent un peu partout mais voilà tout ça pour dire que j'étais sur des routes qui me faisaient avancer parfois très lentement des pistes 80% du temps j'étais sur des pistes pas sur de l'asphalte Et donc voilà, ce facteur temps, je pense, le fait d'avoir cette liberté, ça a mis quelques semaines à se mettre en place, mais d'avoir plus de montres, plus de dates de retour. La seule chose qui me faisait avancer, c'est qu'il y a une saison de grimpe, le prochain sommet, il faudrait que j'y arrive avant mars. par exemple, et donc voilà, je faisais en sorte de quand même avancer, mais j'étais libre, je voulais m'arrêter une semaine quelque part, je pouvais m'arrêter une semaine quelque part, j'étais vraiment, et c'est pour ça aussi que j'avais très peu de sponsors, parce que je voulais garder cette liberté de faire un voyage qui me convenait à moi d'abord, et donc ça c'est malheureusement pas toujours compatible avec des partenaires et des sponsors qui veulent surtout un produit qui investissent dans un produit fini et moi j'étais pas sûr de le terminer d'ailleurs je l'ai pas terminé théoriquement il me faut encore grimper le plus haut sommet du Paraguay, Uruguay Brésil et toutes les îles des Caraïbes mais voilà en arrivant à Santiago au Chili, j'avais plus envie de pédaler en Patagonie que d'aller... Enfin, grimper des sommets qui ne sont pas vraiment des sommets. C'est des grosses collines au Paraguay. Les Caraïbes, c'est des dunes. Donc, ça ne correspondait plus non plus à... Voilà, ça aurait été très compliqué, trouver des bateaux, mettre le vélo dans le bateau, enfin voilà. Et je me dis, est-ce que c'est ce que j'ai envie de faire maintenant, après trois ans de voyage
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que ce n'est pas la montagne telle que je l'aime
UNKNOWN?
SPEAKER_01Là, on est plus dans la... terminer un produit, un voyage. Mais est-ce que c'est ça que je veux faire maintenant
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non, je préfère aller faire du vélo et descendre jusqu'à au fin fond de la Patagonie, chilienne et argentine. Et donc voilà, je n'aurais pas pu prendre cette décision si j'avais des partenaires. Il aurait fallu que je termine ce voyage. Donc voilà, j'étais vraiment très très libre et cette liberté, ça a été un bonheur. Un bonheur total. L'essentiel, c'est vraiment ce retour à l'essentiel. L'essentiel, c'est se nourrir et se reposer. Et donc à partir, dès que le soleil commençait à descendre assez bas, il fallait être sûr que j'ai assez d'eau. parce que c'est de l'eau. L'eau, c'était mon or au quotidien. Il fallait de l'eau. Il fallait de l'eau pour cuisiner, pour boire, pour pouvoir pédaler. Et donc, c'était ma seule... préoccupation, c'est de trouver de l'eau. C'est génial quand même. C'est clair, quel luxe. Le luxe de se dire, il faut que j'ai de l'eau, et j'ai de l'eau, tout va bien. Et donc, voilà. Et là, ouais, ça m'a, voilà, pour en revenir au début de la question, voilà, c'est des endroits, la montagne, c'est des endroits, voilà, ce retour à l'essentiel, ce besoin de retourner, qui nous fait aussi apprécier les choses simples.
SPEAKER_00Une douche,
SPEAKER_01une
SPEAKER_00douche chaude, L'ampoule qui s'allume quand tu appuies sur
SPEAKER_01l'interrupteur. Le chauffage, l'ampoule, la lumière, le chauffage, il fait chaud. Pouvoir se tenir debout dans une pièce, puisque dans la tente, on est toujours un peu accroupi. Pouvoir se tenir debout dans une pièce éclairée, je me souviens. Du beurre, du beurre, puisque sur le vélo, évidemment, je ne voyageais pas avec du beurre. C'est impossible de garder ça au frais. Donc le beurre était devenu, par exemple... un aliment qui... Enfin, je n'aurais jamais cru avant mon voyage. En tout cas, je n'aurais jamais pensé que le beurre serait devenu un peu... Les gens pensent à des aliments beaucoup plus sophistiqués. Non, c'est le beurre. Parce que je ne savais pas voyager avec du beurre. Et que j'aime bien le beurre. Et donc, le beurre était devenu une denrée de luxe pour moi. Et donc, non, mais voilà. Ce retour à des choses simples. Vraiment à l'essentiel dans un... nature en tout cas là où moi je voulais être et voilà c'est vraiment ça qui m'a fait choisir ce type de voyage j'avais besoin de m'éloigner de mes semblables encore une fois j'avais besoin d'être seul et donc j'avais besoin l'avantage aussi de ces régions là c'est que j'ai parfois choisi des options de route ou pendant une semaine je faisais ça là C'est arrivé quelquefois, oui. Mais par volonté, parce que j'avais aussi envie de me déconnecter et de me réconcilier plutôt peut-être avec la race humaine. c'est des mots un peu forts mais c'est un sentiment à ce moment là qui prédominait aussi beaucoup de colère aussi en moi et donc ce voyage m'a réconcilié avec beaucoup de choses en tout cas m'a
SPEAKER_00fait
SPEAKER_01beaucoup
SPEAKER_00de bien est-ce que tu dirais qu'il y a des phases du voyage ou des expériences en particulier qui ont aidé peut-être à cette réconciliation
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, certainement. D'abord de voir que la cible que j'étais, en fait je n'ai jamais été une cible, je n'ai aucune mauvaise expérience à raconter. Et les deux expériences qui sont minimes, où on m'a volé quelque chose, je suis pratiquement certain. que ça a été fait par des voyageurs, donc des nord-américains ou européens, même pas des locaux. La Colombie, par exemple, qui est un pays qui fait peur à beaucoup de gens, qui a malheureusement une très mauvaise réputation. Pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que chaque fois qu'on entend parler de la Colombie, c'est parce qu'il s'est passé quelque chose avec les narcotrafiquants, les FARC, des enlèvements. Et en fait, le Colombien est de loin et de loin, de mon voyage en Amérique du Sud, la personne la plus gentille. Et je prends toujours cet exemple-là. Alors, dans tous les pays... je vais demander de l'aide je vais demander un endroit où je peux dormir si la personne avec laquelle je m'adresse est capable de m'aider, elle va m'aider si elle n'est pas capable de m'aider elle va me dire écoutez je ne peux rien faire, je suis désolé bonne chance, c'est super ce que tu fais bonne chance, allez, ciao Et bon, j'essaye quelqu'un d'autre. Eh bien, en Colombie, non. Si la personne à qui je demande un service n'est pas capable de m'aider, elle va tout faire pour trouver quelqu'un qui est capable de m'aider, parce que c'est sa manière qu'elle a de m'aider. Je ne sais pas si c'est clair, mais... Donc, j'étais arrivé à un moment, et je ne l'ai vécu qu'en Colombie, où je m'asseyais sur cette petite place de village avec mon vélo, et la première personne qui venait ou qui était intéressée, elle je lui faisais part de mon histoire, je lui expliquais, voilà, j'ai besoin d'un endroit pour dormir ce soir. Eh bien, cette personne partait et revenait dix minutes plus tard avec un endroit où je pouvais dormir, chez le cousin de leur sœur, du frère, du... Mais c'était... Chez lui, ça n'allait pas, mais il allait trouver sa manière de m'aider, c'est de trouver quelqu'un qui pouvait, par exemple, m'héberger dans ce cas-là. Et ça, c'était partout en Colombie. des enfants qui m'offrent un petit bracelet, un dessin, quelque chose qu'ils ont avant de partir. Je ne l'ai vécu qu'en Colombie. Et là, je ne peux pas croire que ce sont les parents qui ont conscience que la mauvaise réputation du pays. Je ne peux pas croire qu'un enfant de 6 ans ait conscience de la mauvaise réputation de son pays. Et j'ai vu les enfants les plus heureux d'aller au Sud, en Colombie. Donc, c'est un pays qui est... Ce sont des gens qui sont foncièrement heureux. dans un pays où le quotidien n'est pas toujours facile. Et donc là, on apprend beaucoup. On est forcé de se remettre en question et de mettre de côté ces petites frustrations d'Européens sur son vélo parce que il y a beaucoup de choses à apprendre de ces gens-là. Et donc, je me suis toujours senti en sécurité. J'ai jamais... Alors, c'est parfois très naïf de dire ça et c'est quelque chose de très important pour moi. Je comprends que beaucoup de gens ne le comprennent pas, mais à partir du moment, je pense, où on ne voit pas le danger, où on ne conçoit pas le danger, on n'imagine pas que ça peut être dangereux, on ne crée pas ce
SPEAKER_00danger-là. Complètement d'accord. Le danger
SPEAKER_01ne vient pas. Et j'y crois profondément parce que c'est ce que j'ai vécu. Et quand je dis, c'est pas de se dire ça peut être dangereux, mais je vais refouler ces pensées-là et me convaincre que c'est safe. Non, moi je ne pensais même pas. La pensée de se dire que ça peut être dangereux n'émergeait pas. Voilà, il n'y avait à aucun moment, j'ai planté la tente et consciemment je me disais ça peut être dangereux, mais j'espère que tout va bien se passer. ça va aller, il n'y a pas de raison que ça se passe mal. Jamais, jamais. Alors, c'est facile de dire ça en tant qu'homme. On n'est pas égaux face aux dangers, évidemment. J'en ai beaucoup discuté avec mon épouse qui, elle, évidemment, puisque c'est une femme, font face à d'autres dangers. Mais voilà, moi, dans mon cas, je n'ai jamais pensé que ça pouvait être dangereux, et donc je n'ai jamais donné la place à un danger potentiel. Et pourtant, j'ai dormi dans des endroits et rien. On m'apportait le café parfois le matin. On m'apportait le café sous la tente. Alors, voilà, quelqu'un vient frapper à la tente le matin, en Colombie d'ailleurs, avec le café.
UNKNOWNC'est génial, ça.
SPEAKER_01Et donc, je pense que c'est quelque chose de... L'Amérique du Sud, elle souffre d'une très mauvaise réputation, certains pays plus que d'autres, parce que quand on en parle, c'est pour souligner les choses qui se passent mal, et malheureusement, bien souvent, 90% de la population sont des gentillesses, ils sont des gens qui... dont on a beaucoup à apprendre une relation au temps beaucoup plus relaxe auquel moi aussi j'ai dû m'habituer donc voilà je ne sais pas du coup je pense que je me suis un
SPEAKER_00peu éloigné de ta question initiale je pense que c'était très intéressant mais je rebondis juste sur ce rapport autant j'ai fait un échange universitaire au Pérou à Lima et j'étais dans je pense que c'était une des meilleures facs du pays enfin école de commerce du pays il y avait des fils de ministres, des filles d'anciens présidents, enfin bon, bref. Et... et je me rappelle ma première semaine sur place on avait des travaux de groupe à faire et donc on était généralement un étranger par groupe de périviens et donc on avait défini une heure pour se retrouver sur le campus qui était à côté de l'ambassade américaine de l'autre côté de la ville donc il fallait traverser tout Lima enfin c'était un peu la galère pour moi en tout cas et donc je me pointe les premières fois tu vois je sais plus on avait dit 10h du mat 11h du mat et en fait les premiers se pointaient mais littéralement j'exagère pas 45 minutes une heure une écart plus tard tu vois donc la première fois je me disais attends mais c'est pas possible j'ai mal compris les échanges enfin j'ai pas compris l'heure c'est pas possible tu vois qu'il y ait autant de retard de tout le groupe sauf moi et en fait je finis par poser la question et ça les a fait beaucoup rire en disant qu'en gros ils me disaient que bon c'était voilà généralement quand on donnait une heure c'était pour avoir un peu une idée de tu vois approximativement de quel moment il fallait se mettre en route et pour potentiellement se retrouver sur le campus quoi et j'étais là Ah, d'accord. Ok, bon, très bien. Le rapport
SPEAKER_01au temps était différent. C'est tout à fait ça. Au Chili, par exemple, les interviews, les demandes d'embauche, les gens se pointent. Là, ce que nous, on appelle en retard, ce qui, dans la culture chilienne... c'est pas du tout en retard et ça va pas leur porter préjudice dans le... C'est... Ouais, c'est très intéressant cette relation en temps. Ça me fait sourire de te la raconter parce que c'est... Ouais, c'est exactement ça. Il faut vraiment avoir... C'est aussi pour ça que j'ai mis ma montre de côté, parce que quand ils me disent« Ouais, je reviens dans 10 minutes», alors ça peut mettre deux heures. Ça peut mettre deux heures. Et accepter qu'il va revenir, parce que s'il a dit qu'il revenait, il allait revenir. Ça, par contre, il faut le relaisser. Et donc, voilà, simplement, voilà. on
SPEAKER_00apprend il y a beaucoup j'ai beaucoup appris surtout que tu le retrouves à tous les niveaux en fait comme tu dis quand on te dit qu'il y a un bus qui va arriver à 10h bon bah en fait oui peut-être qu'il arrive à 11h15 et ça choque personne donc il faut s'habituer dans la manière dont tu voyages je pense que c'est le genre de pays où tu peux pas prévoir à l'avance te dire je prends le bus de Cousco à Lima à Lima j'ai une demi-heure pour aller à l'aéroport à l'aéroport je vais tu vois ça marche pas
SPEAKER_01en fait merci vraiment pas non puis le bus s'arrête il n'y a pas d'arrêt de bus il s'arrête ou toi tu veux descendre donc si il s'arrête les gens s'arrêtent là où ils veulent descendre si le bus s'arrête 100 mètres avant pour quelqu'un d'autre ils ne vont pas y descendre non plus ils vont demander qu'ils s'arrêtent 100 mètres plus loin là où eux veulent s'arrêter les départs aussi le bus ahorita si tu parles un petit peu espagnol moi ça m'a fait sourire aussi ahorita ahorita donc ahora ça veut dire maintenant Aorita, ça veut dire vraiment maintenant, ça veut dire un petit maintenant, vraiment très proche. Non, Aorita, c'est entre 5 minutes et 15 heures. Et ça, voilà, une fois qu'on le comprend, au début, encore une fois, c'est une frustration qui naît d'autant plus que moi, je venais d'un métier. Par contre, ça, c'était l'inverse. Tout allait à la seconde près. Le temps était quelque chose qu'on devait maîtriser. Donc, c'était très important. Donc là, voilà, c'était le jour et la nuit. Donc, il m'a fallu quand même un petit temps d'adaptation. Mais voilà, c'est important aussi, encore une fois, de ce que je disais un peu plus haut, c'est, voilà, d'être capable, justement, de... d'évoluer, de se fondre, de grandir dans ce nouvel environnement sans rester bloqué et aveuglé par ses amis qui ne sont pas spécialement mieux. Là, je n'ai même pas envie d'ouvrir le débat du c'est mieux, c'est moins bien. C'est différent. Il y a des choses à apprendre. Moi, j'ai beaucoup appris. Au point que maintenant, j'ai du mal avec le temps. Oui, j'ai du mal quand nos journées sont trop remplies au quotidien et qu'on est vraiment... Il faut déposer les enfants, il faut faire ça. J'ai vraiment du mal. Voilà. Parce que justement, je me sens pressé et j'en oublie la notion de... de profiter du moment j'ai souvent eu mais qui malheureusement dans nos sociétés c'est difficile d'éviter de regarder sa montre à plusieurs reprises tous les jours c'est toute la difficulté aussi des expéditions polaires aussi où on essaye d'instaurer une discipline parce que quand on est seul ou quand on guide des expéditions avec des gens qui ont d'autres projets en solo qui sont là pour apprendre, c'est difficile parfois de leur inculquer cette discipline qu'il faut avoir avec le temps justement, parce que c'est tellement facile quand on est seul de se lever 5 heures plus tard, d'avoir des breaks un peu plus longs, mais à la fin de la journée, tu perds une demi-heure de ski
UNKNOWN?
SPEAKER_01et sur un voyage d'un mois ou de deux mois ce sont des journées de ski que tu perds des journées de nourriture en plus que tu dois porter ça peut avoir d'autres conséquences aussi donc c'est pas évident le temps est omniprésent et là pendant ce voyage ça a été le plus beau relâchement pouvoir mettre ma montre dans ma poche et vivre en fonction du soleil
SPEAKER_00Pour terminer sur l'Amérique du Sud, j'ai une question assez précise sur la Patagonie. Tu disais un peu plus tôt que finalement, tu n'as pas fini ton projet initial parce qu'arrivé en Patagonie, tu as préféré continuer à rouler dans cette région. C'est comment de rouler en Patagonie
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que c'est vraiment une sensation de bout du monde
UNKNOWN?
SPEAKER_00Les paysages, est-ce que c'est complètement différent de ce que tu as vu ailleurs
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je te demande parce que c'est un de mes grands regrets de ne pas avoir pu, j'irai un jour, mais de ne pas avoir pu quand j'étais en Amérique du Sud, aller en Patagonie parce qu'il y avait des contraintes avec les cours etc pas avoir trouvé le temps pour le faire mais c'est un coin qui m'attire énormément donc je suis un peu curieux de savoir qu'est-ce que ça fait de rouler en Patagonie
SPEAKER_01ah ben tes prochaines vacances je pense que tu sais où tirer c'est magnifique après niveau paysage bon moi c'est des paysages qui me parlent alors la Patagonie c'est d'abord c'est le Chili et l'Argentine donc c'est plutôt une zone qui en général ils s'accordent à dire que c'est tout ce qui est au sud de Bariloche, qui est un peu une ville plus ou moins importante côté argentin. Donc, c'est Bariloche et tout ce qu'il y a au sud. Alors, il y a la Patagonie chilienne qui, elle, ça ressemble un peu au fjord norvégien. C'est très vert, très escarpé. Il pleut énormément beaucoup puisque toute l'humidité qui vient de... du Pacifique ce sont les premiers contreforts que les nuages rencontrent donc tous déversent côté ouest côté chilien donc c'est une végétation luxuriante très dense il fait souvent mauvais il pleut beaucoup aussi et puis côté argentin quand les Les nuages ont traversé les Andes et arrivent côté argentin, mais il ne reste plus grand-chose dans les nuages. Donc, c'est très sec, par contre, ce qu'on appelle la Pampa. Souvent, on parle de la Pampa dans ces régions-là. C'est des régions désertiques, où il fait balayer par les vents, où il fait souvent très chaud. Donc, moi, c'est des paysages qui me parlent aussi. C'est grands horizons. J'ai eu la chance de traverser côté chilien et argentin. Et ça m'a souvent frappé côté argentin. Tu t'arrêtes au bord de la route, tu fais un petit break, là. Si tu tournes trois fois sur toi-même, t'es incapable de dire où est-ce que tu viens et où est-ce que tu dois aller. Puisque c'est la même chose.
UNKNOWNC'est...
SPEAKER_01Voilà, après, au plus on s'enfonce côté chilien, au plus c'est sauvage. D'ailleurs, la route s'arrête à un moment où... Alors, l'armée chilienne est en train de travailler depuis des années à essayer de rejoindre Puerto Natales... Pas Puerto Natales, Puerto Williams, qui est la ville, le village chilien le plus au sud. C'est au sud d'Ushuaïa, c'est sur une île qui s'appelle Isla Navarino. Parce que maintenant, pour aller par là, tu dois passer par l'Argentine. Bon, Chiliens et Argentins ne sont pas les meilleurs amis du monde. Donc il y a cette volonté des Chiliens de pouvoir rejoindre toute leur ville ou leur village du sud en restant au Chili. Donc voilà, l'armée travaille depuis de nombreuses années, je ne sais pas où en est le projet. Toujours est-il qu'actuellement, la route s'arrête encore à un fjord. Et là, on est obligé de prendre un bateau, passer par une quinzaine de kilomètres de marche, pour rentrer en Argentine continuer via l'Argentine pour éventuellement re-rentrer au Chili plus tard ce qu'ils appellent la Carretera Austral c'est très sauvage c'est de plus en plus visité de plus en plus de cyclistes d'ailleurs chaque fois que j'y retourne je suis frappé par le nombre croissant de cyclistes, de vélos d'autostoppeurs parce qu'il y a un service de bus qui est très limité voire inexistant beaucoup d'autostoppeurs mais c'est une magnifique des paysages magnifiques ça reste encore très peu développé et puis voilà ton prochain voyage si tu ne sais pas quoi faire et tu remontes côté argentin et tu vas te régaler mais rappelle-toi donne-toi le temps le temps je crois que c'est le luxe moi c'est le plus grand luxe que j'ai Je me suis rendu compte que j'avais dans mon voyage de ne pas avoir une date de retour. de pouvoir vivre vraiment le moment et l'instant pleinement parce qu'il n'y avait jamais cette petite voix qui dit« Oui, mais il faut que tu avances parce que dans trois mois, tu as ton avion. Dans un an, tu as ton avion là-bas. Dans trois semaines, tu as ton avion.» Mais je suis conscient aussi que c'est malheureusement la chose la plus difficile à acquérir. En tout cas, avec laquelle on peut
SPEAKER_00voyager.
UNKNOWND'accord.
SPEAKER_00qu'est-ce qui a changé du coup pour toi à ton retour on y arrive tu l'évoquais un peu en introduction que c'était une sorte de un peu de voyage initiatique quand même en tout cas de voyage transition comment comment est-ce que t'as décidé de en tout cas quelle vie est-ce que t'as décidé d'adopter une fois une fois rentrée du voyage et d'ailleurs qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné tu t'es dit que t'allais rentrer pourquoi est-ce que ça a duré 3 ans et pas 2 ou
SPEAKER_0110 ouais ça aurait pu voilà voilà C'est une question très intéressante. À un moment, je me suis rendu compte que peut-être je profitais. Je n'avais plus le même regard sur les choses qui m'entouraient. J'avais surtout envie d'éviter l'overdose.« Oh, mais c'est une chute d'eau, ce n'est pas grave.
UNKNOWN»
SPEAKER_01J'en ai vu, ce n'est pas grave si je ne vois pas celle-là. J'avais envie de garder l'émerveillement comme des petits-enfants, de garder l'émerveillement intact. Et j'avais l'impression, arrivé à la fin de ces trois ans, que j'étais peut-être un peu fatigué aussi de vivre sur un vélo, finalement, sous tente. J'avais aussi envie de voir d'autres choses, de faire d'autres choses. C'est pendant ce voyage… J'ai été bloqué par l'hiver au Chili. Alors, bloqué par l'hiver, non. Les routes que je voulais prendre étaient fermées. C'était évidemment l'école entre l'Argentine et le Chili qui me faisait passer par la cordillère des Andes. Donc là, l'école était fermée parce qu'ils étaient enneigés. Et moi, je n'étais pas intéressé de faire du vélo sur la côte. Ce n'est pas ça qui me faisait vibrer. Et donc, au lieu d'attendre, à ce moment-là, j'avais toujours rêvé d'aller en Islande. Alors, il faut remettre dans son contexte. À ce moment-là, l'Islande, personne ne connaissait. Quand je parlais d'Islande, les gens me disent« Quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01En Irlande
UNKNOWN?
SPEAKER_01» Non, non, non, non, c'est pas l'Irlande. Il y a un pays qui s'appelle l'Islande. On parle de 2011, là. Là où maintenant, à l'heure actuelle, on connaît tous quelqu'un, on a tous quelqu'un de la famille ou un ami qui a été en Islande. En 2011, ce n'était pas du tout le cas. Et donc, voilà, j'avais toujours envie d'aller en Islande. Donc, je dis, c'est parfait quand c'est l'hiver au Chili, c'est l'été en Islande. Donc, j'ai mis le vélo dans l'avion et j'ai passé deux mois et demi à pédaler un peu partout en Islande. Je suis tombé amoureux du pays. Et donc, je savais à ce moment-là que j'allais y revenir. et donc je suis retourné à Santiago j'ai terminé mon voyage j'avais déjà pris des contacts en Islande pendant ces deux mois et demi parce qu'à un moment aussi il fallait bon j'avais un budget je vivais avec 8 euros par jour 10 dollars US par jour avec un petit peu d'argent de de côté pour les dépenses les billets d'avion éventuellement ou un appareil photo parce que j'ai dû remplacer 2-3 fois mon appareil photo j'avais pas de smartphone à cette époque on utilisait encore les bons petits appareils photo donc voilà j'avais un petit peu d'argent de côté mais sinon je vivais avec 8 euros par jour donc il y a le besoin à un moment il va falloir que je retravaille en tout cas si je veux pouvoir continuer à voyager il va falloir que je refasse le plein entre guillemets et donc voilà l'Islande il n'y avait personne en Islande à ce moment là et donc moi j'aimais bien ce côté île perdu un peu au bout du monde ça a bien changé maintenant évidemment J'ai pu voir tout ce développement et tout ce changement. C'est assez intéressant. Pardon, je m'éloigne de ta question. La question,
SPEAKER_00c'était pourquoi trois ans et pas deux ou dix
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et surtout, qu'est-ce qui a changé
UNKNOWN?
SPEAKER_00à ton retour quelle vie est-ce que tu as décidé d'adopter après tous ces apprentissages réalisés en
SPEAKER_01voyage justement au retour il était clair que je n'allais pas retrouver ce qui ne me rendait pas heureux et donc là j'étais vraiment dans ma logique je suis la plupart de mon temps et de mon existence doit être consacré à quelque chose que je veux faire je pense que trop de gens je pense intimement que trop de gens passent leur existence à apprendre à aimer ce qu'ils font ou à accepter ce qu'ils font parce qu'on est amené à faire des choix très jeunes à 18, 19 ans qui conditionnent tout le reste de notre existence et puis ces choix nous amènent dans une situation relativement confortable qu'on n'a pas envie de lâcher pour plein de raisons et donc on essaye de se convaincre que finalement ce qu'on fait c'est ce qu'on a envie de faire et c'est ce qui nous rend heureux et moi j'avais pas envie de ça j'avais pas envie de passer mon existence à me convaincre non c'est bien ce que je fais c'est bien c'est le moule c'est ce que tout le monde fait donc c'est forcément ce que je dois faire et donc non j'avais envie de passer mon existence à faire ce que je voulais faire et Et donc, ce que je voulais faire, c'est être en montagne, vivre le plus simplement possible, être en nature, profiter de ces moments-là, profiter du silence. C'est quelque chose que je value en anglais. Que
SPEAKER_00tu chéris,
SPEAKER_01j'imagine. Que tu apprécies. Voilà, le silence. Et donc, l'Islande, Probablement pour ça, c'est imposé à ce moment-là comme un choix. Petite île, perdue, tranquille, 350 000 habitants, il ne se passe rien. Une nature aussi belle qu'exigeante, parce que l'Islande, il faut... C'est pas facile, les hivers en Islande, il n'y a rien de glamour. C'est une météo très, très capricieuse, parfois très difficile, souvent très difficile. Donc, il faut vraiment trouver sa connexion avec le pays pour s'y installer, parce que sinon, je pense qu'on ne fait pas long feu. Et donc voilà, c'est ce que j'avais besoin et donc maintenant, à partir de ce moment-là, toutes mes décisions ont été prises en tenant compte de ce que je viens d'expliquer est-ce que c'est quelque chose que j'aime bien faire parce que c'est compliqué ça veut dire aussi quitter un appartement un métier où je gagnais très très bien ma vie les contrôleurs aériens gagnent très très bien leur vie j'allais au restaurant 2-3 fois par semaine ma petite voiture, mon petit appartement sur papier c'était extraordinaire c'était très bien seulement c'était pas ce qui me faisait vibrer et à passer 30 ans je me retrouve en Islande à dormir à l'arrière d'une voiture, à vivre dans mon snack à dos, à travailler un petit peu, mais sans avoir l'impression de travailler. Et ça, c'était pour moi quelque chose de très important. C'était que tout d'un coup, je travaillais, c'est-à-dire que je répondais à des horaires, il y avait des choses que je devais faire, mais ces choses-là n'ont jamais été pesantes, elles se passaient de manière très naturelle. Et c'est là où je me suis dit, voilà, c'était évident pour moi que là, c'était quelque chose que je voulais faire, je n'avais pas l'impression de travailler. même si je travaillais. Et donc, c'était cette vie-là que je voulais. Et à partir de là, a commencé un peu une autre carrière qui est celle de guide, arriver à faire un métier de ce qu'on aime. Nancy, voilà, c'est moins confortable, c'est financièrement ou même physiquement, c'est loin aussi de la famille et des amis. donc voilà, c'est pas toujours facile mais je ne regrette
SPEAKER_00pas du tout ce choix vraiment pas comment ça se passe le cursus du coup pour devenir guide puis guide spécialisé je ne sais pas si c'est une spécialisation ou si c'est quelque chose d'encore différent mais pour devenir guide polaire on passe par quoi comme cursus comme
SPEAKER_01formation pour y arriver alors guide en général chaque pays organise sa formation un peu à la manière des contrôleurs aériens chaque pays a son club alpin qui organise un peu ses formations alors évidemment en Belgique pays assez plat la montagne n'est pas omniprésente donc le mieux c'est de s'exiler donc il y a l'ENSA en France qui est quand même qui a une réputation mondiale voilà moi j'ai fait j'ai beaucoup appris seul enfin seul ou avec des amis mais de manière autodidacte pendant toute cette période je partais voyager grimper et faire des choses qui me plaisent j'ai pas mal j'ai pris une partie de la formation en Alaska j'ai passé quelques temps en Alaska parce que j'avais à coeur de découvrir une autre école il y a l'école un peu européenne et l'école nord-américaine il y a des petites différences et et puis j'avais à coeur aussi de grimper et de guider le dénerve donc voilà et puis et puis après en Islande il a fallu passer par le club alpin islandais pour des raisons évidentes. Quand on travaille en Islande, il faut montrer les qualifications qu'on a acquises dans le pays. Ça, ça s'est fait très vite et très rapidement. J'ai très vite passé tous les échelons en Islande. Après, ça reste une reconnaissance nationale. Il y a des reconnaissances internationales qui sont des processus beaucoup plus longs, beaucoup plus complets, beaucoup plus onéreux aussi. mais c'est des qualifications qui sont reconnues de manière internationale et là les guides sont vraiment du top parce qu'ils sont aussi bons grimpeurs sur les glaces que grimpeurs sur le rocher que skieurs que voilà là au niveau national on met l'accent plutôt sur ce que le pays a à offrir donc voilà et puis pour être guide polaire c'est assez récent je pense qu'il y a une dizaine d'années j'espère qu'ils n'ont pas à me reprendre, je ne me trompe pas, mais ça a été créé sous l'instigation de deux passionnés qui se sont rendus compte que les pôles sont de plus en plus, on ne va pas dire fréquentés, mais de plus en plus de demandes, et on y voit de plus en plus de gens, alors ça reste des membres. insignifiant mais et donc il s'était dit ça serait bien d'essayer de réglementer ça et donc ils ont créé l'association des guides polaires internationaux et là donc c'est il n'y a pas vraiment de formation on est accepté sur ses actes donc il y a une liste d'actes qu'il faut avoir et donc dès qu'on pense les avoir on peut postuler et on est accepté ou pas et si on ne l'est pas évidemment ils vont nous dire ce sur quoi on doit travailler ce qui nous manque ce qu'ils considèrent les points sur lesquels on doit travailler ou gagner un peu en expérience et donc voilà donc ils n'appartiennent à aucune c'est un organisme tout à fait indépendant qui n'appartient
SPEAKER_00à aucune c'est une évaluation par ses
SPEAKER_01pairs en fait voilà Du coup, qui est libre de toutes... Les compagnies ou les gens dans l'industrie du tourisme, dans les pôles, sont libres ou pas de faire appel à un guide IPJ, puisqu'il n'y a rien qui... Voilà, c'est juste... Il y a cette volonté d'essayer de réguler. Au moins, on sait que le guide polaire international a ces qualifications-là, parce que c'est le minimum qu'il a dû remplir pour pouvoir... avoir ces qualifications-là. Et donc, on n'est pas nombreux, on est une trentaine, on est une quarantaine, mais une trentaine d'actifs qui guident encore. Et donc voilà, parce que je pense que c'est surtout, il y a d'autres personnes qui sont capables, il y a bien sûr beaucoup d'autres personnes capables, mais il leur manque une ou deux choses dans cette liste de prérequis qui les empêchent d'avoir... la qualification complète mais il n'y a pas que 30 guides il y a beaucoup d'autres guides parce qu'il y a de plus en plus de gens j'ai l'impression parfois que le pôle sud devient un peu le nouvel Everest et donc voilà donc c'est pas évident mais c'est pas évident je pense surtout parce qu'il faut un certain nombre de kilomètres de voyage sur glace donc il y a un kilométrage minimum de voyage sur glace et je pense si je n'ai pas de BTI c'est à peu près 1000 km c'est quand même conséquent ce qui est tout à fait normal c'est pour bâtir une expérience personnelle il faut voilà c'est pas en un voyage de 10 jours
SPEAKER_02ouais
SPEAKER_01et donc voilà ils sont assez souples on peut être assistant guide on peut être guide ils acceptent qu'un pourcentage de ces 1000 kilomètres soit en tant que client parce qu'ils considèrent que c'est peut-être comme ça qu'on a le virus et que c'est comme ça on commence avec une expédition qui est guidée et puis petit à petit on organise sa propre expédition et puis éventuellement mais voilà et je pense que l'aspect financier encore une fois c'est souvent les expéditions en milieu polaire c'est très très onéreux ça coûte très cher la logistique les permis l'assurance et donc ça freine beaucoup de gens avoir 1000 km de voyage c'est minimum de traversée du Greenland par exemple alors si on doit les faire à ses frais c'est pas donné
SPEAKER_00on parle de grosses fourchettes de quelle somme à peu près pour qu'on se fasse une idée
SPEAKER_01alors en individuel j'avoue que j'ai Je ne suis pas sûr des chiffres. Je sais que les entreprises qui vendent le voyage, alors il faut compter à peu près, je pense, un bon 20 000 euros. Ah oui, quand même, oui. Les vols, logements, logistique, c'est un mois, c'est une expédition, une traversée d'un mois. Donc, oui, 20 000 euros, je pense que je travaille pour… Je pense que c'est la référence en Norvège. J'ai mis du temps à pouvoir y mettre un pied. C'est une fierté de pouvoir travailler pour eux maintenant. Je pense que ce sont les leaders, Ausland, pour ne pas les citer, mais Ausland Explorer. Et eux, je pense, à peu près 12 000 euros. Mais voilà, tous les vols avant, après, logement avant, après, l'hélicoptère qui vient nous chercher. Donc, tout ça n'est pas compris. Donc, je pense que quand on additionne tout, on a plus le matériel. Si on ne l'a pas, il y a un matériel spécifique.
UNKNOWNDonc, on est à plus de 20 000 euros. OK.
SPEAKER_01Sachant que pour le Groenland, si... Ça reste cher. Loïc, parce que si tu veux aller au Pôle Sud, alors là, tu peux mettre... Oh, pinaise
UNKNOWN!
SPEAKER_01Le Pôle Sud, c'est... C'est encore réservé à une... Parce
SPEAKER_00que si j'ai bonne mémoire, le Groenland, et tu me dis si je me trompe, mais il y a une période pour les traverser, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00De avril à peut-être la fin de l'été
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non. Exactement. En fait, le gouvernement groenlandais ne veut pas d'expédition hivernale. Les premiers permis sont délivrés en début mi-avril.
SPEAKER_00Tu penses qu'elle serait possible, techniquement, physiquement, une expédition hivernale
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ça serait possible
UNKNOWN?
SPEAKER_01je pense que tout est possible c'est amusant parce que il y a beaucoup d'expéditions qui se font et j'ai jamais été impressionné par un bon nombre d'expéditions c'est toujours quelque chose en lisant les récits c'est quelque chose que je pourrais faire donnez-moi ces milliers d'euros là et je serais ravi de le faire c'est quelque chose que j'aime bien faire j'ai rarement été impressionné, alors il y en a une qui m'a impressionné pour répondre à ta question des hivernales c'est Borghe je ne sais pas si c'est un mot qui était familier c'est probablement la version vivante de Nansen ou de Amundsen maintenant pour les régions arctiques c'est un explorateur extraordinaire qui a fait des choses extraordinaires il a plus de 30 expéditions à son actif Pôle Nord, Pôle Sud et il s'est couplé avec Mike Horn Mike Horn qui est un peu plus ces deux personnalités quand même très différentes Mike Horn est un peu plus m'as-tu vu m'as-tu entendu mais bon voilà c'est comme ça qu'il arrive aussi à financer ses expéditions ensemble ils se sont lancés dans quelque chose quand même d'assez extraordinaire la première traversée complète du pôle nord en autonomie complète et en hiver
SPEAKER_00de nuit du coup
SPEAKER_01Je pense qu'on peut difficilement faire plus difficile. Ça leur a mis trois mois. Alors, c'est la nuit polaire. Donc, on a des moyennes de moins 40 degrés. Sur ces trois mois, il y a eu six, sept semaines de noir, de nuit complète. les premières semaines et les dernières semaines ils ont eu un peu le twilight la lumière du soleil qui reste sous l'horizon mais qui diffuse une petite lumière mais sinon c'est presque deux mois dans un froid glacial et dans la pénombre dans l'obscurité totale sur une banquise ils ne sont pas sur un continent, ils sont sur une banquise qui bouge, qui casse, qui dérive, et donc voilà. Là par contre, je ne pense pas être capable de faire ça, mais tout ça pour dire que le Groenland en hiver, c'est tout à fait possible, seulement l'ouvrir, c'est s'exposer à des gens qui ont parfois pas ou peu d'expérience. Et dans la course du toujours des premières, dans la course à l'heure des réseaux sociaux où on veut être le premier qui a fait ça, le premier qui a fait ci, le premier qui a fait ou qui a fait ça le plus vite, ou qui a fait ça, je pense qu'ils veulent, voilà, ils ont une volonté d'éviter parce que les secours sont difficiles du coup en hiver, forcément. Les conditions sont parfois très rudes. Il y a des vents très très violents, surtout à la fin de l'hiver quand OTS de la calotte glaciaire, ce qu'on appelle des pithéraques. Donc voilà, il faut vraiment... Je ne suis pas sûr que si... Je pense que si Borgé-Hausland demande un permis pour une traversée hivernale, je pense qu'on va lui donner. Je pense. Mais on veut éviter, parce que oui, c'est la nuit, il fait noir, il n'y a pas de lumière, c'est l'obscurité complète. Et donc, voilà, ils veulent limiter... Même
SPEAKER_00en été, c'est
SPEAKER_01suffisamment compliqué de la traverser en été.
SPEAKER_00C'est bien comme ça. On n'aura pas tout de suite d'influenceurs qui tentent la traversée hivernale du Groenland. Bref. Ça va venir. Ils arrivent. Je rebondis sur ce que tu disais par rapport à ce Est-ce que tu penses être les motivations du gouvernement à ne pas ouvrir les permis d'hiver
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que toi, dans ta pratique de guide, est-ce que tu le vois, cette sorte de recherche de toujours plus, être le plus jeune, le plus rapide, enchaîner les 14 sommets les plus hauts du monde en trois semaines ou des trucs comme ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que dans le type de client que tu reçois, ça se retrouve
UNKNOWN?
SPEAKER_01même dans le type de client même dans le milieu polaire c'est compliqué je pense à ces explorateurs polaires eux aussi doivent venir avec des nouvelles choses ceux qui vivent voilà, moi je ne suis pas du tout explorateur, je suis guide, mais ceux qui se veulent, j'aimerais bien être explorateur, je n'ai ni la patience, ni l'envie, parce que c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps à travailler justement avec des partenaires, à travailler sur des logistiques de voyage, ce sont des voyages très, très généreux, donc, ou bien on a les fonds personnels, ceux que je n'ai pas, ou bien on est prêt à passer du temps à essayer de les récolter, ceux que je ne veux pas, tu vois, envie de continuer à faire d'autres choses. Donc, j'ai la chance de pouvoir quand même aller passer du temps dans ces milieux qui dans lequel je m'épanouis, et d'en faire mon métier. Mais même ces explorateurs-là, c'est la course à traverser la plus rapide, nouvelles traversées, les derniers exploits de vitesse, par exemple, qui ont été récemment par un ami, Vincent, qui a explosé le... Le record de vitesse au
SPEAKER_00pôle sud. Ce qui est assez drôle d'ailleurs, parce que Vincent Colliard, c'est Vincent Colliard dont tu parles, sachant que le record féminin est détenu par sa femme, par
SPEAKER_01Caroline. Oui, Caro. On a guidé ensemble, Caro, il y a deux ans. On avait deux groupes séparés, mais on bossait pour la même boîte.
UNKNOWNExcellent. Oui, on a guidé ensemble.
SPEAKER_01c'est une petite communauté c'est une petite famille on se connait très vite tous on est pas nombreux et Mais voilà, Caro explose et Caro n'est pas comme ça. Je ne vais pas parler pour eux, mais c'est des gens que j'aime beaucoup, Vince aussi, mais ils sont obligés. À partir du moment où on se targue d'explorateurs, le Covid en plus ayant mis un frein à pas mal de projets, on est obligé de venir avec des nouvelles choses. Et maintenant, l'aspect, encore une fois, vitesse et temps, il est omniprésent dans notre société, dans tout ce qu'on fait. La vitesse, le temps, l'heure... présente et donc ils sont obligés de venir avec des nouvelles choses et donc des nouveaux records des nouveaux défis et souvent ces nouveaux défis sont en relation avec le temps après chapeau ce que Vincent a fait il a explosé le record de deux jours qui était détenu aussi par un très chouette gars un Norvégien un Christian aussi un gars qui est pas voilà qui est pas trop hum à la chasse au record. Mais voilà,
SPEAKER_00quand on
SPEAKER_01est un peu obligé, on commence
SPEAKER_00à avoir exploré beaucoup de choses. Oui,
SPEAKER_01c'est ce que j'allais dire. Il y a quand même beaucoup de choses qui ont été faites. Et donc, il reste la pomme, on commence à la grignoter dans tous les sens. Il ne reste plus grand-chose de la pomme de notre monde à découvrir. Alors, on est obligé de... L'aspect exploration passe dans des défis temps ou des... Ce n'est pas dommage, c'est très bien parce que ce qu'il a fait, je n'en connais pas beaucoup qui sont capables de le faire. Ce que Caro a fait avant aussi, c'est chapeau. Mais moi, c'est quelque chose dans lequel je n'ai pas envie de m'aventurer, ça ne me correspond pas. Je ne vis pas ces voyages-là pour en faire des courses contre la montre. après c'est un choix personnel aussi je vis de mon métier de guide je vis pas de mon métier d'explorateur je suis pas sur les réseaux sociaux par choix personnel j'ai pas Instagram j'ai pas Facebook je dis pas donc c'est un choix je suis pas l'ambassadeur d'aucune marque parce que je n'ai pas la visibilité qu'une marque demande d'un ambassadeur. C'est un choix. Du coup, ça me coûte un peu plus d'argent de m'équiper, par exemple. Mais parce que je n'ai pas envie de mettre un doigt dans cet engrenage-là qui ne me correspond pas. Mais donc, il faut accepter aussi les inconvénients de telles décisions. Sans visibilité, forcément, on n'intéresse pas les marques dans une société dans laquelle justement, on veut être vu et et si je décide de faire ce pas je dois accepter de jouer le jeu de post régulier sur Instagram et non j'ai pas envie je comprends l'anonymat c'est un choix personnel et voilà j'accepte les inconvénients qui vont avec ça aussi voilà
SPEAKER_00mais pour finir sur la parenthèse il y en a qui sont intéressés j'avais eu la chance et le plaisir de recevoir et Caro et Vincent sur le podcast donc les liens sont en description allez-y allez écouter c'est de super échanges Caro on avait parlé je crois de on avait parlé de tout ce qui est de plusieurs expéditions qu'elle avait faites de son travail de vidéaste photographe d'expert et Vincent on avait parlé de leur traversée en couple du
SPEAKER_01Svalbard. Oui. Là aussi, ils sont venus avec quelque chose de nouveau. Il ne fallait pas qu'on apporte... C'est une traversée complètement autonome. Là où beaucoup de traversées, on dépose en motoneige la nourriture au départ, on se fait déposer au départ et on commence... Non, eux, ils sont... pris, ils ont fait leur dépôt eux-mêmes, tu as certainement très bien expliqué tout ça, et donc voilà, il a fallu trouver, ils ont cherché, trouver quelque chose, et ils sont finalement les premiers à avoir fait, qui est pour moi quelque chose de très difficile simplement par la mixité du terrain. L'île de Svalbard, Groenland, c'est un gros glacier, donc finalement c'est techniquement assez facile. La traversée du Svalbard en hiver, vous avez des sections presque de haute montagne, des cols à passer, du glacier, de la banquise, il y a des pentes. C'est une île qui est aussi balayée par... les vents et par une météo plus que capricieuses donc ce qu'ils ont fait à deux c'est chapeau c'est pas prêt d'être
SPEAKER_00fait tout de suite c'est quoi toi les je change complètement de sujet mais c'est quoi les premières choses que tu dis à tes clients quand tu les retrouves pour un départ d'une grosse expé
SPEAKER_01polaire facile l'ego l'ego Mettez votre ego... C'est vrai, c'est ça que tu... C'est vrai
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ah ouais, c'est vraiment... Travailler sur... Oui, je trouve que c'est le plus grand ennemi des expéditions en général, haute montagne, expédition polaire. C'est... Voilà, c'est arriver à gérer... les égaux, je pense que c'est important d'avoir un égo, il faut trouver le bon dosage, c'est souvent ces égaux les égaux très forts sont souvent des gens qui ont une volonté, une envie ceux qui ont un certain charisme une personnalité souvent c'est une force dans ce genre d'expédition en tout cas face à l'adversité mais voilà c'est très difficile surtout que quand on a des gens qui ne se connaissent pas et qui tout d'un coup sont amenés à passer du temps ensemble dans un environnement restreint et dans des conditions difficiles de mon expérience ce sont l'aspect humain et la partie la plus compliquée parce que moi non plus je ne les connais pas et on apprend tous à se connaître pendant l'expédition et c'est souvent la cause d'éventuelles tensions d'erreurs, de mauvaises décisions de blessures c'est l'ego en toile de fond c'est toujours l'ego parce qu'on n'a pas envie d'être le maillon faible, on n'a pas envie d'être le plus faible, ou ce qu'on pense être le plus faible, on n'a pas envie d'être celui qui éventuellement ralentit le groupe, on n'a pas envie d'être celui qui a le traîneau le moins lourd. Et curieusement, dans le métier de guide, en général, on n'est pas formé à ça. On n'est pas très bien formés sur l'aspect technique, dans tous les pays du monde, haute montagne, polaire, l'aspect technique, matériel, l'aspect sécuritaire, on va dire, mais il n'y a aucun cours, en tout cas, moi, de toutes mes formations, il n'y a aucune formation qui était dirigée sur les facteurs humains et l'aspect humain et la gestion de groupe, dans justement ce genre d'environnement clos des gens qui ne se connaissent pas qui sont forcés à passer du temps ensemble alors ça peut très bien se passer comme ça peut ne pas bien se passer et donc c'est toute la difficulté c'est d'arriver à faire de son groupe une équipe. Pour moi, il y a une très grosse différence entre voyager avec un groupe et voyager avec une équipe. Et donc, toute la difficulté, je trouve, du guide, c'est d'arriver à faire cette transition et de transformer son groupe en équipe où chaque individu travaille au bien-être de... de l'équipe du team et pas seulement son unique bien-être et ça c'est voilà c'est pas évident parce qu'on est tous là pour différentes raisons et on en parlait précédemment beaucoup de gens sont là dans l'optique de plus en plus de gens sont là dans l'optique de préparer un voyage au pôle sud souvent en solitaire et en autonomie complète donc le Groenland est le terrain d'entraînement idéal c'est une petite version du pôle sud euh Et donc voilà, il y a des égaux là-derrière, les gens sont là parfois pour juste tiquer la boxe. Le Groenland c'est fait, je dois faire le Groenland pour pouvoir être accepté au Pôle Sud, donc il y a un peu la motivation n'est pas foncièrement bonne, elle est on n'est pas au Grand Land parce qu'on a envie d'être au Grand Land, on est au Grand Land parce qu'on doit y être pour un autre projet. Et donc, ça fait une différence dans la motivation et dans la gestion des problèmes, de la fatigue, voilà, de rencontrer dans une expédition. Oui, l'ego, en général, c'est Tout le reste, on peut y travailler. Problèmes de matériel, soyons inventifs. Les problèmes sont là pour qu'on les résout. Et il y aura toujours des problèmes. Il y aura toujours de la casse. Il y aura toujours... Mais l'ego, c'est quelque chose sur lequel... Moi, j'ai... Le guide, en général, on a peu d'emprise. On a beau dire les choses, finalement, le travail doit être fait par... par le client et souvent mon discours qui précède l'expédition je dois très souvent le répéter ou le rappeler parce que voilà parce que c'est comme ça mais ouais en général c'est facile pour
SPEAKER_00répondre à ta question ok je ne m'attendais pas à ça ok mais en même temps j'imagine bien enfin je comprends tout à fait l'impact que ça peut avoir et je ne suis pas trop surpris par ce paradoxe du fait que tu vois les guides sont extrêmement bien formés sur tous les aspects techniques mais au final le facteur le plus compliqué à gérer qui est peut-être l'humain actuellement les formations manquent peut-être d'outils
SPEAKER_01là-dessus exactement surtout pour ce jeu quand on prend en guide pour l'ascension du Mont Blanc ces deux jours on peut bien s'en tirer après deux jours mais voilà quand on est forcé de partager une tente avec quelqu'un qu'on ne connait pas pendant 30
SPEAKER_00jours et tu te rends compte le troisième jour qu'il t'a mangé tes tablettes de chocolat ah ben moi je
SPEAKER_01peux t'en raconter des histoires des gars qui s'y l'appellent ils sont assis, ils vont voler la nourriture leur propre nourriture parce qu'ils ont encore faim enfin bon bref j'en ai vu en expédition mais ça c'est le pire je pense que le pire c'est d'avoir un groupe de mâles donc d'hommes dans la trentaine entre 30 et 40 ans qui ne se connaissent pas et donc là c'est très difficile parce qu'il n'y en a aucun qui voudra admettre une faiblesse face aux autres et donc là Dans ce cas-là, avoir des groupes privés ou des gens qui se connaissent déjà, des amis qui voyagent ensemble, c'est beaucoup plus facile. L'ego est beaucoup plus facile à gérer parce qu'on est beaucoup plus enclin à dire à un ami qu'on est fatigué, qu'on a mal là, que ça ne va pas. Là où, en général, quand on ne connaît pas les autres personnes, surtout quand ce sont tous des hommes dans la trentaine, quarantaine, on n'a pas envie d'être celui qui... éventuellement ferait ralentir l'expérience. Et donc ça, c'est très compliqué parce qu'en général, quand on en parle ou quand on décèle le problème,
SPEAKER_00il est trop tard. C'est quoi la situation la plus compliquée que tu as eu à gérer en tant que
SPEAKER_01guide
UNKNOWN?
SPEAKER_01Compliquée que j'ai eu à gérer
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, d'un point de vue personnel, c'est une situation qui n'est pas du tout la météo, pas du tout les conditions. Parce que là, finalement, on est formé pour ça. Même si c'est compliqué, on on est guide, on aime bien ça, on a une expérience et un bagage qui fait qu'on arrive à gérer les problèmes et que... moi j'ai eu une fois un groupe très compliqué avec très peu de respect alors c'était une traversée du Grand Land et voilà très peu de respect mais curieusement ils s'entendaient tous à ne pas avoir de respect donc en général quand il y en a un qui en général les autres le corrigent un peu ou en général on a peur justement on se connait pas on a pas envie d'être celui qui est en retard ou qui fait ci comme ça ou qui n'écoute pas là il se trouve que j'en avais plusieurs du même calibre c'est pas de chance très très égoïste donc ils étaient là d'abord pour eux-mêmes donc j'ai jamais réussi à les avoir comme une équipe on a passé un mois, un groupe où chacun finalement faisait les choses qui lui faisaient qu'il leur servait à eux d'abord et puis éventuellement au reste de l'équipe et donc ça a été d'un point de vue personnel ça a été très difficile quand j'ai très vite compris parce que après un certain temps j'ai compris qu'il fallait que je garde mon énergie et ma patience à d'autres choses que je n'allais pas pouvoir changer cette dynamique là et donc voilà il faut accepter de guider d'une autre manière peut-être d'être un peu plus dans la un peu plus de type... Professeur, parce que moi, j'aime bien expliquer les choses et puis laisser les gens apprendre. L'idée, c'est qu'ils prennent un voyage guidé et le deuxième voyage, ils savent le faire tout seuls. Ils ne doivent pas reprendre un guide. Ils ont acquis assez d'expérience, donc je n'aime pas dire c'est comme ça. J'aime bien les aiguiller, leur offrir des options, tester leurs options, tant que c'est safe, évidemment, tant que c'est... Et puis, ils décident de ce qu'ils... Parce qu'il n'y a pas toujours une seule manière de faire. On a chacun... Il y a différentes manières de faire. Et j'aime bien qu'ils trouvent leur façon de fonctionner qui leur convient à eux, surtout s'ils ont d'autres projets. Là, j'ai très vite compris qu'il fallait plutôt être un peu comme le professeur à l'école. Là, on va faire ça. C'est un rôle que je n'aime pas beaucoup avoir.
SPEAKER_00Surtout quand tu dois le faire pendant 30 jours, du coup.
SPEAKER_01pendant 30 jours tu dois jouer t'es un agent de police ah oui tu vois et je suis pas un agent de police je suis comme eux Et c'est moi qui peux avoir des moments plus durs. Ça fait partie aussi de mon briefing pré-expédition. On est tous des humains. Moi, comme les clients, moi je vais avoir des moments plus durs. La légende du guide qui n'a jamais faim, qui n'a jamais froid, qui n'a jamais fatigué, ça il faut mettre de côté, ça n'existe pas. Je vais avoir froid, je vais être fatigué, je vais avoir faim. Je vais parfois ne pas avoir de patience, parfois j'aurai envie de ne pas vous parler, parce que j'ai besoin de ce moment-là, et je vais vous le dire. Aujourd'hui,« J'ai besoin d'un moment pour moi.
UNKNOWN»
SPEAKER_01c'est important justement de partager ces moments-là. Sinon, tout le monde se pose des questions. Qu'est-ce qui se passe
UNKNOWN?
SPEAKER_01Qu'est-ce qui se passe
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pourquoi il est comme ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01Qu'est-ce que je lui ai fait
UNKNOWN?
SPEAKER_01Imaginez, vous partagez votre temps avec quelqu'un et cette personne, pendant la journée, est un peu en recul. Quelques raisons que ce soit. Envie de profiter seule, besoin d'être un peu plus seule. Et voilà, on s'interroge, on se pose des questions. Qu'est-ce que je lui ai fait
UNKNOWN?
SPEAKER_01Qu'est-ce qui se passe
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est ce que je t'expliquais pendant le voyage à vélo, c'est la même chose. On ramène tout à soi. Et donc, on prend tout de manière très personnelle. Et ça, il faut éviter dans un voyage comme ça. Il faut crever l'abcès, ou en tout cas, il faut éviter qu'on arrive à un problème. Le meilleur moyen, c'est d'en parler très, très vite. Très, très vite. Aujourd'hui, je trouve que je n'ai pas aimé ça, je n'ai pas aimé ci, je n'ai pas aimé qu'il, que ce soit, peu importe ce que c'est. Mais il ne faut pas sous-estimer... Il ne faut pas penser que notre problème, finalement, ce n'est pas grave et qu'on va pouvoir y remédier parce que ça ne va pas aller mieux. Deux semaines, trois semaines, quatre semaines dans ces environnements, ça ne va pas aller mieux. Et donc, moi, curieusement, c'est l'aspect humain qui m'a rendu une expédition, probablement celle où j'ai le plus mauvais souvenir ou qui a été la plus compliquée d'un point de vue personnel.
SPEAKER_00Aujourd'hui, est-ce qu'il y a des expéditions en particulier, des lieux, des destinations qui toi t'attirent en tant que guide ou d'ailleurs à titre purement perso, sans encadrer personne
UNKNOWN? Alors, intéressant ça!
SPEAKER_01merci de me poser cette question une fois qu'on a une famille on met un peu tout ce qu'on a envie les endroits où on a envie on les met un peu de côté puisque du coup c'est la famille un peu d'abord et donc laisse moi oui j'ai toujours rêvé d'aller en Éthiopie la Mongolie m'interpelle la Tasmanie
SPEAKER_00on n'est pas vraiment
SPEAKER_01dans du polaire là non on n'est pas dans du polaire on est dans des voyages vraiment plus dans le polaire alors moi le polaire est venu un peu alors assez tardivement j'ai plutôt un background comme on dit de guide de haute montagne donc Denali j'ai été guidé sur Denali sur le Mont Blanc alors sur le Mont Blanc je n'étais pas censé c'est compliqué toute la législation qui est mise en place très protectionniste par tous ces pays pour éviter justement d'éventuels débordements mais Denali aussi j'étais pas censé, j'étais pas autorisé à y guider d'ailleurs officiellement j'étais pas le guide parce que chaque pays dénalise 6 compagnies qui sont autorisées à y guider enfin bref tout ça pour dire que j'ai doucement drifté il n'y a rien qui s'est imposé par exemple on parlait de Vincent lui très petit tout petit ça s'est imposé à lui il voulait faire ce qu'il fait maintenant à 16-17 ans il savait ce qu'il voulait faire c'est ça qui qu'il a amené là où il est maintenant. Moi, c'est quelque chose qui s'est mis en place doucement. Pendant mon voyage à vélo, j'ai rencontré une dame d'un certain âge. Enfin, tout ça pour dire qu'elle avait une expérience que je n'avais pas. Et on a passé plusieurs jours ensemble, et puis au coin du feu, elle m'a dit« Mais tu sais, toi tu seras…» Elle avait appris un peu à me connaître pendant plusieurs jours. Elle m'a dit« Mais tu sais, toi tu seras en fait… Tu ne seras jamais bon en rien, mais tu seras riche de tout.
UNKNOWN»
SPEAKER_01et ça m'a interpellé alors elle m'a dit ça en anglais je ne sais plus exactement comment elle m'a dit ça en anglais mais c'était très positif c'était en fait je lui faisais part de plein de rêves et d'envie je voulais faire du parapente et du mountain bike et je voulais aussi faire de l'ultra trail et en même temps faire de la montagne et en fait elle me dit mais tu touches à tout donc oublie tes projets de devenir bon dans un domaine parce que tu as besoin du temps à consacrer dans les autres domaines mais par contre ça va te rendre très riche toutes ces expériences vont te rendre très riche et donc j'ai toujours gardé ça en tête parce que j'ai dû accepter de jamais bon toi tu fais de l'ultra train tu sais le temps que ça demande mes expériences moi ne sont jamais terminées de manière très positive j'ai voulu faire la diagonale des fous plusieurs fois à chaque fois une blessure à chaque projet que je me lançais c'est une blessure pour différentes raisons, parce que j'avais un style de vie, c'était difficile de m'entraîner de manière, comment dire, avec le métier de guide, tu ne vas pas t'entraîner pendant deux mois, et puis tu vas essayer de rattraper le temps perdu, donc tu vas trop en faire, et puis tu connais peut-être Nicolas Lebrun, qui est un bon ami, qui lui m'a toujours dit, mais toi tu es un super moteur, mais ton châssis, il est pourri, quoi. Donc, j'ai un cœur qui me permet de faire des choses extraordinaires. Mais il dit, tu seras toujours blessé tant que tu ne sois pas mieux encadré et que tu ne fasses pas toi, que tu ne sois pas plus discipliné dans ta pratique. Il faut arrêter de vouloir essayer de rattraper le temps perdu. Il faut... j'essaie de rester constant enfin bref tout ça pour dire que j'ai doucement drifté vers le monde polaire il y a 7-8 ans en venant du monde de la haute montagne peut-être aussi parce qu'en haute montagne maintenant ça devient de plus en plus difficile de trouver des endroits vierges il y a aussi cette course à l'Everest cette course aux 8000 cet aspect commercial cet argent qu'il faut mettre pour pouvoir grimper une montagne tout récemment maintenant avec on a brièvement fait allusion avec c'est Instagrammeurs et Youtubers qui grimpent l'Everest. Je suis forcément très critique vis-à-vis de ça, mais du coup, les pôles, on retrouvait, j'ai l'impression que le pôle sud drift, que maintenant l'Everest est d'ailleurs, probablement pour ces raisons-là aussi, devient un peu le nouvel, le pôle sud devient un peu le nouvel Everest. On a un peu tout fait maintenant sur
SPEAKER_00l'Everest. À part le grand P en crocs, on
SPEAKER_01a un peu tout fait. Ne donne pas d'idées. Mais on y arrive, on y arrive, tu vois, trop des gars qui vont mais et donc maintenant le pôle sud on retrouve cette terre vierge ce no man's land ces territoires hostiles où l'homme n'a pas sa place n'est pas censé être et moi c'est ce qui me fait vibrer d'être là-bas c'est d'arriver à s'épanouir dans un environnement où mais qu'est-ce qu'on fait là-bas l'homme n'est pas fait pour vivre sur les pôles et finalement on arrive à y passer du temps et à même en profiter et à se régaler et donc voilà c'est ce que j'aime beaucoup du coup j'aime bien pour répondre à ta question il y a le pôle nord le pôle nord m'attire j'y ai pas encore été et je sais pas si j'y irai c'est très difficile maintenant l'accès au pôle nord est très très difficile d'un point de vue logistique et puis avec le réchauffement climatique maintenant il y a beaucoup d'interrogations cette année la base n'a pas ouverte parce que la banquise s'est ouverte, s'est déchirée juste à l'endroit où se trouvait la piste d'atterrissage, le décollage, temporaire, puisqu'il y a une base qui est mise là-bas, qui est ouverte, par les Russes d'ailleurs, Barneo ça s'appelle, et donc ils créent une piste d'atterrissage, puisque pour tous ceux qui arrivent au pôle Nord, c'est le seul moyen d'en repartir, et cette année la base a fermé parce que ce sont des images assez impressionnantes et donc voilà il y a beaucoup d'interrogations sur le futur et l'avenir du pôle nord mais là c'est vraiment on touche à la mecque de l'exploration polaire on est sur une banquise le pôle sud, l'Antarctique c'est un continent c'est un continent de fait de roches, de rochers recouverts d'un énorme glacier recouvert de glace. Là où le pot nord, c'est de la mer gelée. Donc ça bouge, ça craque. Et en dessous, c'est de l'eau. Donc c'est, voilà, avec énormément d'humidité. Là où l'Antarctique, c'est quand même très sec. Donc c'est des froids qui sont beaucoup plus faciles à gérer. Là où l'Arctique, c'est beaucoup plus humide puisqu'on est sur une mer gelée. Donc là, c'est encore... Le froid et la gestion de l'humidité, c'est encore un autre
SPEAKER_00problème. Fascinant comme univers. En tout cas, je me rappelle à chaque fois que j'échange avec des gens qui, comme toi, partent évoluer dans ce milieu-là, il y a des anecdotes, des partages sur des choses à faire, à ne pas faire, auxquelles on ne penserait absolument pas. Vincent me disait, par exemple, que le meilleur outil qu'il ait jamais emmené sur ses premières expéditions, c'était une brosse à dents. Ou une brosse. Pourquoi une brosse
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et donc, il expliquait, tu le sais bien que moi, que les zips sont pleins de glace, en fait, et que sans brosse, au bout de quelques jours, peut-être, tu ne peux plus ouvrir ta tente, ouvrir ton duvet ou tes
SPEAKER_01vestes. Les zips, le couchage, dès qu'il y a de la condensation. C'est fascinant. Les petites choses auxquelles, effectivement, quand on a... Parce que ça paraît simple, moi, j'ai souvent eu des clients qui viennent du monde de la montagne. et donc ils ont grimpé des 8000 et donc voilà, nouvel objectif après avoir grimpé quelques 8000 le Pôle Sud c'est bien et donc pour ça, ils doivent traverser par exemple le Grand Lac, donc ça fait partie aussi de mon briefing, c'est d'essayer de leur expliquer que c'est deux mondes complètement différents parce qu'ils arrivent avec la mentalité on a grimpé l'Everest, on a grimpé un 8000 on a fait ce qu'il y a de plus dur le reste, ça peut ne être que plus facile, parce qu'on glorifie un peu l'Everest, parce que oui il y a des morts sur l'Everest Alors, pourquoi il y a des morts sur l'Everest
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est parce qu'il y a beaucoup de gens qui n'ont pas leur place là-bas. Et puis, au plus tu as des grimpeurs, le pourcentage d'accidents est forcément plus élevé au plus de gens le grimpent. Enfin, tout ça pour dire qu'ils pensent qu'en ayant fait l'Everest, on est un peu immunisés et on a fait le plus dur. Et en fait, une expédition polaire, c'est plus dur. Et pour faire court, c'est que les vrais, sur six semaines en montagne, ils vont peut-être bouger pendant deux semaines. Le reste, c'est tout l'attente, c'est on se repose. Sur ces deux semaines où on bouge, où on se déplace de camp à camp, tout est fixé, les cordes sont fixées, il n'y a pas de recherche, il n'y a pas de navigation, on arrive au camp, l'attente est mise. Parfois, les repas nous sont apportés en fonction de la compagnie avec laquelle on grimpe. On viens nous apporter à manger. Et puis, il y a une journée. Il y a une journée qui est difficile. La journée sommitale. Et là, on est préparé. On est mentalement préparé. On est prêt. On sait que ça va être une journée difficile. Il y en a une, on s'y est préparé. Là où l'expédition polaire, c'est tous les jours, au quotidien, huit, neuf, 10 heures de ski, ça dépend du groupe, ça dépend des conditions, ça dépend de beaucoup de choses, mais c'est toute la journée où on est en mouvement à tirer un traîneau qui a un certain poids. On arrive au camp, les temps ne sont pas mis, c'est nous qui devons les mettre. Le camp est mis, il n'y a personne pour nous apporter à manger. C'est à nous d'aller chercher de la neige pour en faire de l'eau, pour pouvoir manger. Et puis après, seulement, on peut se reposer. Et puis, il faut se lever plus tôt parce qu'il faut ranger la tente. Il n'y a personne pour la ranger pour nous. Et ça, fois deux semaines, trois semaines, quatre semaines, ça dépend. Et donc, après, très souvent, ils ont quand même la maturité et l'humilité de... me trouver souvent, ou de trouver le guide, pas seulement moi, et de dire, ouais, finalement, vous aviez raison, les gars, c'est plus dur, je suis fatigué, je suis fatigué au quotidien, parce que c'est une approche complètement différente mais de leur expliquer ça on voit dans leur regard c'est gentil je ne vois pas où est le problème il faut en général moins d'une semaine pour qu'ils viennent ils admettent très souvent finalement tu avais raison c'est plus dur que ce que je pensais parce qu'on est en mouvement tous les jours parce que si on n'avance pas c'est l'hélico qui va venir nous chercher parce qu'on porte un certain nombre de jours de nourriture et donc il faut avancer il faut avancer c'est là où la notion d'équipe aussi joue parce qu'on peut s'il y en a un qui est un peu plus lent parce qu'il est plus fatigué on prend un peu de poids de son traîneau on va le mettre dans le traîneau de ceux qui sont plus en forme et donc il y a ce jeu de chaise musicale, entre guillemets, pour essayer de trouver la vitesse de déplacement la plus adaptée, la plus efficace par rapport aux forces en présence. Et ces forces en présence varient tous les jours. Un jour, ça peut être moins, le plus fait, parce que pour des raisons X, Y, Z, je n'ai pas bien dormi, je suis fatigué, mon traîneau m'a l'air super lourd aujourd'hui. Voilà, ça ne dure jamais, en général, ça ne dure jamais, ça dure une journée, deux journées, et puis tout d'un coup, on se sent de nouveau mieux. Mais sur un mois, Ça
SPEAKER_00arrive à tout le monde.
UNKNOWNC'est inévitable.
SPEAKER_00C'est une grande différence. L'expédition polaire et l'expédition alpine
SPEAKER_01de
SPEAKER_02haute montagne,
SPEAKER_00c'est deux mondes complètement différents. Fascinant. Fascinant. Écoute Arnaud, un très grand merci pour tout ce que tu as partagé avec nous. Je vais le redire, mais c'était vraiment fascinant, très intéressant d'en apprendre plus sur ton parcours sur ce qui t'avait amené à réaliser ce long voyage initiatique et l'impact que ça a eu sur ta vie aujourd'hui en tout cas moi ça soulève plein de questions interrogations tu vois sur cette notion d'équilibre de est-ce qu'on est vraiment à sa place et puis si on se rend compte qu'on n'y est pas forcément qu'est-ce qui se passe en fait toi t'es passé à l'action et c'est incroyable de voir tous les changements en fait que ça a déclenché après derrière dans ta vie. Donc, bravo.
SPEAKER_01Je crois que c'est... Ouais, s'il y a un message à faire passer, enfin, je pense que c'est quelque chose... Il ne faut pas avoir peur. On vit dans une société qui glorifie le succès, la vitesse, l'argent et la célébrité. Les réseaux sociaux sont là pour... malheureusement pour en témoigner et du coup on a peur d'échouer on a peur de tenter des choses et je pense que c'est quelque chose de très important de ne pas avoir peur de se planter, de ne pas avoir peur de l'échec parce que c'est quand on rate quelque chose que finalement, on apprend. Quand tout se passe bien, ou c'était trop facile, ou on n'a rien appris, puisqu'on ne s'est pas trouvé challengé, on n'a pas été testé, on n'a pas été forcé de réfléchir, d'apprendre, d'évoluer. Et donc, c'est important de se planter. Je pense que c'est important simplement de se planter. Il ne faut pas partir en expédition en short et en tong exprès. Il ne faut pas avoir peur. Le regard des autres, ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave si on doit mettre sur ses réseaux sociaux, sur Instagram, j'ai tenté ça, je n'ai pas réussi. Non, parce que la prochaine fois, ce sera beaucoup mieux.
UNKNOWNEt donc...
SPEAKER_01et moi ça m'a mis du temps à faire ça parce que voilà j'ai grandi dans un mouv j'étais conditionné aussi par ça le chemin que je prends c'est pas le chemin que tous mes amis prennent est-ce que c'est le bon chemin est-ce que c'est je me suis longtemps senti comme le seul mouton noir un peu de la bande d'un petit canard et en fait je me suis planté j'ai fait des mauvais choix mais j'ai beaucoup appris de tout ça donc je pense c'est quelque chose et j'ai J'essaie d'apprendre ça à mes filles aussi. Essayez, essayez. Ça ne marche pas, ça ne marche pas. Je compare souvent l'existence à une ascension en montagne où en fait il suffit de... Il y a des choses qu'on ne contrôle pas, c'est la météo. Donc il faut parfois accepter qu'il y a des choses qui sont plus fortes que nous. Et voilà, il faut faire demi-tour. Et c'est Messner qui disait que sa plus belle victoire, c'est d'être toujours en vie. Je pense qu'il a tellement raison. C'est cette humilité par rapport à la montagne qu'on peut avoir au quotidien, accepter qu'il y a des choses sur lesquelles on ne peut pas agir. Par contre, il y a beaucoup de choses sur lesquelles on peut agir. Et ces choses-là, il suffit de se relever une fois de plus que ce qu'on est tombé pour atteindre son sommet. Et ce qui est interpellant, et c'est dans le monde de la montagne, c'est la même chose. Vous arrivez à un sommet, vous pensez déjà au prochain. Et c'est ce qui se passe dans notre vie. On pense que ce qui nous rendra heureux, c'est ce sommet-là. quel qu'il soit. Et puis, on arrive à ce sommet-là où on pense que c'est cette position-là dans notre métier, où on pense que c'est cette maison-là, dans ce quartier-là, dans ce pays-là. Et finalement, on y arrive et finalement, on veut autre chose. Dès qu'on obtient ce qu'on a envie, très vite, parce qu'on a besoin de ces challenges. L'homme est fait comme ça pour avancer, pour être, je pense, pour s'épanouir. On a besoin tous... d'une manière plus ou moins prononcée, mais on a besoin de ces challenges, on a besoin d'évoluer, c'est-à-dire d'aller explorer des choses qu'on ne connaît pas, d'aller tester ses limites de manière positive. Moi, je n'aime pas dire tester ses limites, j'aime bien dire les repousser. Pas trop les tester, mais les repousser. Donc voilà, simplement, je pense que, voilà, ne pas refuser et ne pas avoir peur de l'échec, parce que c'est dans l'échec qu'on... Les échecs sont souvent riches d'enseignements. Et je pense que c'est important. Il faut passer par des échecs. Et ces échecs nous rendent plus forts. Moi, maintenant, je me sens... Alors, ça peut être prétentieux, ce que je dis, mais je me sens fort. Alors, ce n'est pas physiquement... mais c'est surtout mentalement j'ai cet état d'esprit c'est plutôt un état d'esprit où voilà on n'a pas peur de rien je sais que si j'ai un problème si je suis face à un problème voilà j'ai les armes et l'état d'esprit pour y faire face il n'y a aucun problème qui est insurmontable il faut juste trouver sa manière et c'est pour ça que ces environnements et ces expéditions sont toujours c'est un régal parce que on est testé moi j'apprends à chaque expédition à chaque expédition j'ai appris quelque chose sur moi sur des petites choses il ne faut pas se reposer sur ses acquis se reposer sur ses acquis c'est très très dangereux parce que tout évolue constamment et il faut avoir l'humilité de pouvoir accepter qu'il y a toujours de la place pour s'améliorer et et c'est ça qui me fait me sentir si bien là-haut dans ces endroits c'est un antidépresseur ces voyages quand je reviens à la maison je suis une meilleure personne je le sais je le sens ma femme le voit et voilà et donc j'en ai besoin moi parce que j'ai parfois même encore maintenant du mal à trouver ma place dans un monde qui n'est pas le mien enfin que j'ai pas vraiment choisi dans lequel je suis forcé de vivre qui correspond pas toujours à ce qui me plaît et donc ouais finalement tous ces voyages c'est une bonne dose d'antidépresseur on a trouvé l'essentiel il n'y a plus de réseau on est avec soi-même et avec nos clients on a le temps d'échanger d'apprendre de vivre le moment présent et c'est des bouffées d'air ouais c'est très personnel
SPEAKER_00ça c'est pour ça que j'ai besoin de ça c'est pour ça que je vais continuer à guider dans ces environnements là parce que je pense que j'en ai besoin excellent et bien écoute en tout cas c'est une vraie invitation un minimum au voyage et dans tous les cas à l'introspection à la réflexion sur ce qui est important pour soi merci énormément une fois de plus Arnaud et puis écoute qu'est-ce qu'on peut te souhaiter une bonne prochaine saison d'Expé Oui,
SPEAKER_01une bonne... Toujours, voilà. Je dis toujours, je pense que ce serait le meilleur métier du monde si on pouvait choisir nos clients. Et je dis ça souvent à la blague, mais ça fait une telle différence de finalement se retrouver avec des amis, puisque si on a des personnes qui fonctionnent bien ensemble, finalement, on est un groupe d'amis qui voyagent ensemble, plutôt que justement d'avoir des gens qui ont du mal à être ensemble et où ça c'est un combat au quotidien, juste pour gérer justement ces facteurs humains. ouais, juste des bonnes expé, mais voilà, pour ça, des bons groupes, des gens avec des bonnes mentalités, parce qu'avec la bonne mentalité, tout le monde peut faire, voilà, Tout le monde peut faire une traversée. Il ne faut pas aller aussi loin que l'île, que le Groenland. Il y a l'Islande, il y a des glaciers en Norvège, il y a des glaciers dans les Alpes, en Alaska, où on peut faire des beaucoup plus petites traversées. Il ne faut pas faire du glacier pour, voilà, pour se... pour... pour retrouver l'essentiel, non
UNKNOWN? Mais...
SPEAKER_01du
SPEAKER_00coup c'est ce que je te souhaite c'est ça que j'aime bien aussi voilà un grand merci Arnaud une fois de plus et puis écoute peut-être à une prochaine au micro d'un podcast ou sur un glacier qui sait ce
SPEAKER_01sera avec plaisir ou en Patagonie sur le
SPEAKER_00vélo tu as besoin
SPEAKER_01d'un ligne mon vélo tu fais signe et j'arrive excellent merci beaucoup Arnaud Un grand merci à toi.
UNKNOWNAu revoir.
SPEAKER_00un immense merci d'ailleurs à tous les tipeurs et les tipeuses qui soutiennent déjà les frapper depuis de nombreux mois et à toutes et ceux qui viennent de nous rejoindre un grand merci à vous toutes et à tous pour votre fidélité je vous dis à la semaine prochaine pour un échange avec une ultra cycliste de renom qui revient pour la deuxième fois sur le podcast à bientôt