On en demande tellement à notre corps, en fait, que c'est compliqué de lui donner autant que ce qu'on lui demande. Aujourd'hui, l'être humain, il n'a pas été fait pour, je pense, faire des pratiques aussi... Voilà, pousser aussi loin. Alors du coup, pour moi, il y aura toujours une petite forme de déséquilibrage, je pense. Dans la vie, il faut oser. Il ne faut pas rester sur ses peurs. Il faut vibrer de l'intérieur et puis vivre, quoi.
SPEAKER_01Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires. des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Flavie aime le trail format longue distance, parce que c'est là qu'elle peut se retrouver face à elle-même et se questionner sur sa vie, sur ses motivations, sur ses choix. Son entrée dans l'univers de l'ultra-trail s'est faite en fanfare en 2019 avec, pour sa première participation, une place de première féminine sur la mythique course de l'échappée belle. Depuis, elle a engrangé énormément d'expériences, que ce soit sur la TDS, la CCC, la 6000D, le Mute, la Saint-Élion et bien d'autres encore. Au moment où on enregistre, elle s'apprête même à prendre le départ de la Diagonale des Fous. Dans cet épisode, on parle d'équilibre de vie, de carquois pour bâton de trail, d'émotion et du pouvoir régénérateur du soleil qui se lève. Excellente écoute à vous
UNKNOWN!
SPEAKER_01Eh bien, écoute, bienvenue Flavie au micro du podcast. Absolument ravi de te recevoir en direct. D'ailleurs, en direct de où
UNKNOWN?
SPEAKER_01J'ai vu que tu avais un peu bougé, mais tu es où
SPEAKER_00en ce moment
UNKNOWN?
SPEAKER_00En ce moment, je n'ai pas trop de maison fixe. C'est un peu ma vie, un peu border. Mais là, je suis à Briançon, chez des
SPEAKER_01amis. Ah, excellent, Briançon. Briançon, Briançon. Briançon même ou les alentours
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non, Briançon même. Trop bien, trop bien, trop bien. J'y étais l'été dernier. Ma famille vient de là-bas il y a assez longtemps. Tu verras D'ailleurs, il y a des places Blanchard un peu partout, des rues Blanchard. Apparemment, le nom est bien resté dans le coin là-bas. Ah ouais, ok. Je te prête très attention. Écoute, bienvenue encore une fois Flavie. Super content de te recevoir. Je pense qu'on va parler pas mal de sport, de trail, d'ultra trail, de performance, mais sans doute pas que. Donc, ce que je te propose pour introduire cet échange, c'est tout simplement de nous expliquer dans les grandes lignes quel a été ton parcours jusqu'à aujourd'hui.
SPEAKER_00Oui, Parcours tout confondu
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parcours tout confondu, ta vie, qui est Flavie en
SPEAKER_00fait
UNKNOWN?
SPEAKER_00Vaste question, dure question. Non, mais qui suis-je
UNKNOWN?
SPEAKER_00Aujourd'hui, je vais avoir 35 ans bientôt. Je suis née en Normandie, mes parents sont toujours là-bas, ma sœur aussi. J'ai fait mes études là-bas. J'ai eu pas mal besoin de bouger. J'ai fait beaucoup d'études à l'étranger, au Mexique, en Malaisie. J'ai fini à Paris. Je suis allée en Bretagne. Et l'appel de la montagne, sans raison particulière, m'a fait arriver à Chambéry. C'est là un peu où j'ai commencé à mettre un pied dans le trail. Et sinon, j'étais... dans des études un peu diverses et variées, langue étrangère, commerce. Et puis aujourd'hui, je ne suis pas du tout là-dedans. J'avais une grosse sensibilité environnementale aussi. Et aujourd'hui, je suis intermittente du spectacle. Je travaille pour une compagnie de théâtre. Voilà, donc c'est un petit bonheur. On passe par des hauts et des bas, mais c'est
SPEAKER_01plutôt cool. Trop bien. Génial. Donc effectivement, tu as déjà bien rouler ta bosse. Le sport d'ailleurs, parce que ça fait partie quand même, c'est une grosse partie de ta vie aujourd'hui, enfin depuis quelques temps même j'ai l'impression. C'était une histoire de famille ou pas nécessairement
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et dans tous les cas, comment est-ce que tu en es arrivé à découvrir le
SPEAKER_00trail
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors du coup, mes parents m'ont quand même bien baigné dans le sport. Mais plutôt dans le sport collectif. Moi, j'ai fait 12 ans de basket. J'ai fait pas mal d'années de tennis aussi quand même. Et mon père, c'était un footeux. Et ma mère, elle était du basket aussi. Et en fait, j'étais très liée à mon club en Normandie. Voilà, on était beaucoup dans le sport. Et... C'est du fait de ma vie étudiante où j'avais du mal à rester à un même endroit et j'ai beaucoup bougé. Ça a été compliqué pour moi de retrouver des clubs dans lesquels j'avais autant de liens, d'affinités avec les personnes étudiantes. dans lesquelles je m'étais construit quand j'étais à Rouen et donc du coup le fait de partir toujours à l'étranger je pense que l'envie de continuer le sport mais de manière différente m'a commencé à découvrir un peu on met des baskets et on va juste courir en fait ça a commencé
SPEAKER_01comme ça ok et qu'est-ce qui fait tu penses que t'as accroché aussi fort parce que bon on va en parler mais quand on voit les courses auxquelles tu participes et tes performances c'est une histoire d'amour j'ai l'impression avec le trail et l'ultra tu as trouvé quelque chose de particulier que tu n'avais pas nécessairement dans le basket par exemple ou au contraire c'était des émotions assez similaires et du coup il y a tout de suite eu
SPEAKER_00un fit alors pour moi c'est le jour et la nuit en termes de ressenti et d'émotion parce que déjà moi pourquoi le trail je pense que en fait avant le trail j'avais fait 3 ans de triathlon j'étais dans une phase où je n'avais pas de boulot, où je me cherchais encore vachement sur ce que j'avais envie de faire et j'ai quand même un tempérament où je ne suis pas hyper active mais j'ai besoin qu'il se passe des choses dans ma journée et le triathlon est venu à moi parce que je m'étais mis à courir, j'avais commencé à nager et je me suis dit pourquoi pas rajouter une troisième discipline et ce moment où je ne travaillais pas du coup j'ai commencé à un peu à m'inscrire à un club et puis à à commencer les entraînements et à voir que je m'en sortais pas trop mal pour un début et en fait au fur et à mesure des triathlons là où je m'éclatais le plus c'était quand même la course à pied puis c'était là où je voyais que les résultats étaient meilleurs et par contre rien à voir avec le sport collectif le sport collectif c'est vrai que c'est fort avec ce que tu peux partager avec les autres je trouve quand même le côté collectif et le côté trail j'ai plus retrouvé une forte addiction quand même parce que je pense qu'on doit libérer des hormones il y a un truc très addictif et le côté sport outdoor où moi je suis tombée amoureuse de la montagne et donc du coup j'aspire hors trail à surtout aller retrouver la puissance qu'on peut retrouver quand on part crapahuter en montagne pendant des heures les vues qu'on a, la sérénité qu'on peut ressentir et puis après au travers des courses quand on porte un dossard tout là c'est l'introspection qu'on a avec nous-mêmes les émotions les ups les downs tout ce qu'on vient rechercher que j'adore et que ça fait toujours peur mais qu'on a toujours
SPEAKER_01envie d'y retourner ouais on en parlera des courses qui se passent pas comme on veut et pourtant la suite desquelles on repart on reprend des lignes de départ mais du coup ce côté intros tu penses que c'est ça qui t'a amené sur du long
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que j'imagine que tu l'as peut-être moins, ça, sur des formats très courts.
SPEAKER_00Je ne l'ai pas, justement. Sur le format court, j'apprécie moins le moment. C'est sûr qu'on est toujours content après l'avoir fait, dans le sens où l'effort est fini et on est content de ce qu'on a fourni. C'est un peu ce que je ressens dans le court, alors que dans le long, j'ai beaucoup plus conscience de ce que j'ai fait. de l'instant présent et de l'état dans lequel je peux être. Alors que le cours, c'est juste, il faut courir, il faut foncer. Il n'y a pas de place à l'erreur. Tout est calculé. Moi, j'ai du mal avec l'aspect calcul, vitesse, manger tant, toutes les heures, parce qu'on n'a pas le droit à l'erreur. En tout cas, quand on est à un niveau, à un haut niveau, après, on peut toujours prendre le départ pour le plaisir. Il y en a beaucoup qui le font. Ils ont bien raison de le faire. Mais dans le long, il se passe d'autres choses. Il se passe beaucoup de choses dans la tête. C'est beaucoup plus dans la tête que sur l'aspect physique, même si ça demande une énorme préparation. Et c'est ça que je vais rechercher. C'est moins l'aspect physique, c'est plus l'aspect mental que j'aime sur le long, qu'on a moins sur le court quand
SPEAKER_01même, je trouve. Excellent. Alors, question très précise, mais matérielle. Je suis sur ta page, Athlète Simalp, et je vois que tu as un carquois. Il y a une des photos où tu as un carquois. pour les bâtons c'est une vraie question intéressée c'est vraiment un plus pour toi ça ou pas il y a un vrai intérêt ou pas tellement de l'utilisation des bâtons ouais exactement de l'utilisation pas des bâtons mais du carquois pour les bâtons voilà c'est une question que je me pose parce que j'avais une ceinture pour tout se dire élastique et je trouve que c'est pas méga confort avec le sac qui vient taper dessus et tout donc je me demandais si un carquois ça serait bien ou pas et voilà comme je vois que t'en utilises je me permets de te demander
SPEAKER_00Tu me demandes. J'ai tout essayé. J'ai aussi mené mon enquête sur un peu qui fait quoi ou comment porter les bâtons. Moi, la ceinture, ça n'a jamais marché parce que les hanches ne doivent pas aller avec la manière dont ils montent les bâtons. Enfin, la ceinture, la ceinture remonte tout le temps. Ça balote. Apparemment, maintenant, il y a des petits élastiques sur les sacs. Ça m'intéresse aussi vers le bas. Et donc, du coup, j'aimerais bien tester cette façon de faire mais j'ai pas le sac encore pour et donc du coup je sais plus moi je crois que j'avais vu ça via François Daen et j'avais dit ah ça peut être pas mal le côté le côté carquois où on met les bâtons dans le dos et il y a un côté praticité on les sent pas et j'ai essayé une fois et ça m'a ça m'a plu parce qu'au tout début moi je portais les bâtons à la main et je m'étais fait une quand je cours j'ai tendance à être un peu un peu rigide du haut du dos donc en plus si tu me rajoutes le fait de porter des bâtons pendant 8-10 heures il fallait vite que je trouve une solution et puis en menant mon enquête j'ai vu ça
SPEAKER_01j'ai essayé et puis j'ai dit oui tout de suite ok et donc satisfaite t'arrives à retirer
SPEAKER_00tes bâtons en courant sans enlever le sac ouais ouais ouais j'y arrive c'est comme tout c'est un entraînement en fait il faut s'amuser à le faire en off à essayer alors des fois on s'arrête vraiment 5 secondes histoire de bien se doter mais maintenant j'arrive plutôt bien à le faire il y a des automatismes qui se créent c'est comme tout en fait il faut juste le faire les enlever les remettre même si des fois on n'en a pas forcément besoin mais faire l'exercice pour que ça devienne naturel et qu'on n'ait pas besoin d'enlever le sac je vois rarement les gens enlever le sac
SPEAKER_01d'ailleurs ok ok bah écoute je pense que j'essaierai du coup merci pour ce retour sans transition du coup est-ce que tu peux nous parler de ton premier trail longue distance si j'ai bien lu t'as commencé avec quelque chose de de très très très costaud en la matière et je serais curieux du coup d'avoir ton
SPEAKER_00ton récap ton récit
SPEAKER_01j'espère qu'on pense à la même chose vas-y dis-moi je te dirai si c'est
SPEAKER_00ça ah bah pour moi c'est c'est l'échafével
SPEAKER_01yes ouais c'est ce que j'avais
SPEAKER_00vu ah cool ça va on se trompe pas alors c'était en 2019 ouais et je me souviens beaucoup alors je pense je sais plus trop me dire pourquoi je l'ai choisi elle mais je me souviens beaucoup d'un ami Bruno Poirier que j'apprécie je lui fais un petit clin d'oeil s'il écoute ce podcast avec qui je suis partie faire un trail au Népal qui m'avait dit pour du long t'as quand même pas choisi la facilité c'est clair ça se reconnait sur la suite de mes chouettes parcours je pense qu'on avait dû me parler de cette course on me l'avait on l'avait sûrement bien vendu et donc du coup je me suis lancée sans vraiment trop savoir qu'est-ce qui m'attendait j'avais quand même fait une reco sur deux jours et je m'étais dit non mais quel chantier c'est juste pas possible pourquoi je m'embarque là-dedans et au final je
SPEAKER_01me suis dit qu'est-ce qui t'avait surpris sur la reco c'était la technicité du terrain dans Beldone notamment ou c'était
SPEAKER_00quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais le début est très technique les cailloux je suis même pas sûre que ça a un intérêt justement d'avoir les bâtons parce que c'est un coup à ce que le bâton il s'enfonce dans les énormes caillasses sur lesquelles on marche et puis c'était la première fois où je faisais beaucoup de dénivelé sur un kilométrage quand même relativement limite avec des descentes techniques où en fait t'avances pas en fait tu peux pas courir et gagner du temps du temps là-dessus et je me souviens que j'avais fini la reco, j'avais été vraiment très très fatiguée physiquement, mentalement et je me disais mais comment on va réussir à faire ça en une fois et comme quoi je me souviens pour la préparer j'avais fait la 6000D la même année et ça m'avait beaucoup été utile pour les longues descentes pour casser des
SPEAKER_02fibres
SPEAKER_00et au final le jour J c'est pareil je pense que c'était un jour où ça devait bien se passer c'était un jour où j'avais les ailes et globalement à part vers la fin qui a été très dure les 20 derniers kilomètres avec le début de la nuit j'avais passé une incroyable journée avec une météo super j'avais eu des paysages magnifiques c'était incroyable cette course
SPEAKER_01et du coup en terme de sensation puisque tu avais fait la 6 000 dés donc c'est un 65 kilomètres l'échappée belle c'est 85 avec 6 000 mètres de dénivelé Juste ça. En termes de sensations, par rapport à ce que tu évoquais un peu plus tôt, cette introspection, le fait de se retrouver face à soi-même, la partie mentale, tu l'as ressenti sur cette échappée belle déjà
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est quelque chose dont tu as fait l'expérience
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ça me paraît tellement loin maintenant que tu vois, c'est bizarre comment le corps, des fois je pense que quand on vit des choses difficiles, c'est là que c'est bien, c'est qu'on a tendance à oublier, à mettre de côté, à garder quelque chose de positif. non mais c'est hyper flou pour moi en fait les souvenirs de l'échappée belle j'ai juste des flashs en fait je pense qu'il y a plein de moments que je retiens pas dans les courses comme ça où pendant 17-20 heures tu cours dans la montagne et moi j'ai vraiment des brièves des images qui me viennent et notamment celle à l'arrivée où je vois la pancarte Eggbell et je me dis ça y est c'est fini et je me mets à pleurer alors qu'il me restait encore encore un petit kilomètre à faire et donc du coup cette introspection là j'ai du mal à, je pourrais la revivre sur les récentes courses les deux dernières années que j'ai fait mais là c'était un peu le début, c'est un peu la découverte tu sais pas et donc donc tout est il y a beaucoup de choses qui se bousculent et j'arrive pas à me dire si vraiment j'ai fait une grosse introspection sur cette course là tu vois j'étais tellement dans la découverte de l'effort intense que là pour le coup je pense que j'ai moins fait une introspection que j'ai pu faire récemment sur les dernières
SPEAKER_01courses je sais pas si c'est clair ce que tu dis si si ouais très clair non mais de toute façon c'est un thème qu'on qu'on évoque régulièrement avec mes invités qui font de l'ultra que ce soit en cyclisme trail course à pied enfin c'est cette capacité du cerveau à oublier les moments difficiles qui est juste hallucinante donc ouais non je vois bien je vois bien du coup si on pour rester sur la même question parce que ça m'intéresse cette partie tu vois introspection mentale se retrouver dans ses pensées sur du long tu dirais que récemment quelle course t'as permis vraiment de faire ça et qu'est-ce que t'en as retiré in
SPEAKER_00fine
UNKNOWN?
SPEAKER_00Les deux dernières courses que j'ai fait qui moi c'est ma course de coeur ça représente beaucoup pour moi c'est la TDS que j'ai fait en 2021 qui là pour le coup m'a puisé dans mes retranchements, je m'étais vraiment, j'avais mis beaucoup d'énergie, peut-être un peu trop dans ma préparation, c'est-à-dire que je vivais ça en fait, c'était dans mon quotidien, je pense que j'avais misé beaucoup et puis parce que c'était la première fois que je m'embarquais dans un 150 kilomètres et j'avais été blessée avant et donc j'avais contacté un ancien ami et je lui avais Et blessé, je lui avais dit« Ah, je…» J'aimerais bien faire cette TDS. Mais quand je lui avais dit, je n'étais pas sur une chaise roulante, mais presque. Je ne pouvais pas courir, je pouvais difficilement marcher. Et j'avais mis fin à ma première relation avec mon premier coach. Et il m'avait dit... Alors lui, c'est plutôt un coach côté triathlon, justement. Je l'avais rencontré à mon club à Nantes. Et il m'avait dit, ça m'a fait rire que tu me dises... en étant incapable de marcher, que tu avais envie de te lancer en huit mois de préparation dans un 150 kilomètres, vas-y, je veux bien relever le défi. Parce que c'est quand même assez folclore de t'entendre dire ça et d'avoir cette capacité à, ok, je ne peux pas marcher, mais je veux faire 150 kilomètres dans huit mois. Et donc, du coup, il m'a beaucoup préparée, aidée, on a énormément échangé. Et donc, du coup, c'est devenu vite quelque chose de très important pour moi et j'ai je suis partie très fort, trop fort comme beaucoup font en termes de d'intensité parce qu'il y a l'adrénaline parce qu'on est au départ d'une course qu'on prépare depuis super longtemps suite à une grosse blessure et au bout du 70ème kilomètre ça a été la descente aux enfers et là en fait introspection sur pourquoi je le fais, qui suis-je pourquoi arriver dans ces états là Et de me dire... Et en même temps, j'ai tout fait pour. J'ai fait toute cette prépa. Je ne peux pas lâcher maintenant. Donc, du coup, tu ressasses ta vie, ton passé, ton enfance, tes proches qui sont là pour toi. Tu penses à énormément de choses. Et c'est... C'est beaucoup moi, cette TDS 2021, c'est beaucoup mes proches qui m'ont fait continuer et aller au bout de l'aventure. Déjà les proches qui étaient loin, mais les proches qui étaient là aussi pour moi le jour de l'événement.
SPEAKER_01Waouh. Parce que ta blessure, en l'occurrence, c'était
SPEAKER_00quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je m'étais fait la tendinite du tibio pastoral, le tendon sur le côté cheville interne. Et le kiné, à l'époque, m'avait dit, bon, pour que tu te fasses ce tendon-là, c'est que vraiment, t'es... Tu es allé fort dans les entraînements. Tu ne t'es pas écouté. J'ai mis 4 mois avant de recourir.
SPEAKER_01Après la TDS
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, ça c'était avant. Cette blessure s'est faite avant. C'est au moment où j'étais blessée que je me disais que j'aimerais bien cette année faire le départ de la TDS.
SPEAKER_01Une fois que tu as eu pris le départ, tu avais cette blessure avant, mais tu as fini comment
UNKNOWN?
SPEAKER_01Si c'était compliqué
UNKNOWN?
SPEAKER_01enfin pas relativement tôt dans la course mais si la blessure elle s'est bien réveillée et manifestée pendant
SPEAKER_00la course non non non aucun ma blessure était alors j'ai eu peur parce que j'avais peur qu'elle revienne mais j'ai c'était plus un un down mental que j'ai connu avec une difficulté de m'alimenter mais par contre au zéro bobo à la fin la TDS après voilà on n'arrive
SPEAKER_01pas
SPEAKER_00à marcher le
SPEAKER_01lendemain mais normal ok alors je pensais que tout s'était réveillé en fait pendant la
SPEAKER_00course et c'est pour ça que c'était devenu très difficile c'était vraiment mental physiquement bien après je pense que je manquais encore d'entraînement, de connaissance de mon corps pour moi j'estimais qu'en 2021 j'étais encore dans beaucoup la découverte du long et de ce que ça pouvait amener et je me suis fait surprendre sur cette TDMS 2021 pensant que j'étais capable alors qu'en fait je pense qu'il y a des étapes à pas gré riez si on veut pouvoir être en capacité de prendre un max de plaisir quand même, même si on sait qu'on va avoir des moments difficiles. Là, ça avait été trop long. Le moment difficile a duré beaucoup trop de temps pour moi du 70ème au 150 c'est long et j'ai vraiment ça a été dur ouais c'est long ouais heureusement c'est là que le soutien des proches est quand même pour moi a été primordial pour repartir
SPEAKER_01ouais
SPEAKER_00ouais
SPEAKER_01Soutien des proches qui t'ont très certainement apporté plein de choses, mais aussi le mental, in fine.
SPEAKER_00Et le
SPEAKER_01mental, oui. Oui, clairement.
SPEAKER_00Après, le mental, je pense que j'ai tendance à avoir du mal avec l'échec pour moi. Mais comme je pense beaucoup, c'est difficile pour moi, après tout l'engagement que j'avais mis, de me dire... cet effort-là, il va durer ce qu'il va durer si c'est 25, 30 heures, 35 heures, mais tu peux pas, toute l'énergie et tout, comment tu l'as pensé, tu peux pas arrêter maintenant. Surtout que j'avais pas de bobo physique. Et donc, du coup, c'est de là où j'ai réussi à aller puiser au fond pour avancer, en fait. Même si c'était un pas après l'autre. Et après, il y a des moments où t'arrives à relancer, d'autres moments où tu... Bon, Voilà, introspection. Tu passes par plein d'émotions, à la fois dans la tristesse, dans l'euphorie. J'ai jamais connu ça, Puissance 1000, ailleurs que par le
SPEAKER_01trail. Et donc, chrono final de ta TDS en 2021
UNKNOWN?
SPEAKER_0026h30, un truc comme ça, 26h quelque
SPEAKER_01chose.
UNKNOWNOk.
SPEAKER_01Et par rapport à ce que tu évoquais, les ascenseurs émotionnels, les hauts, les bas, est-ce que tu as l'impression que selon le moment de la journée, ça a un impact
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et je te dis pourquoi je te pose cette question, parce que j'ai fait mon premier ultra en juillet. J'avais fait la PTL, mais qui n'est pas vraiment un trail. Ah, quand même, oui. Oui, tu cours 500 mètres. Oui, c'est une grosse rando. 500 mètres sur les 300, c'est une très grosse rando. Un vrai ultra entre guillemets en juillet et j'ai eu un gros une grosse période de down aussi vers 3 4 5 heures du mat et quand le soleil s'est levé c'était lequel
UNKNOWN?
SPEAKER_01comment
UNKNOWN?
SPEAKER_01c'était lequel trail
UNKNOWN?
SPEAKER_01c'était le GTC
SPEAKER_02100
SPEAKER_01ok c'est au départ de Courmayeur c'est une boucle c'est l'organisation du Tour des Géants et c'est une boucle Courmayeur Courmayeur et j'étais il y a ça faisait 108 et 7002 je crois 7002 7003 je sais plus trop et j'étais Et grosse période de down en fin de nuit. Tu vois le moment vraiment où il fait le plus froid, 4-5 heures du mat, toute la nuit. Et ça allait vachement mieux dès que le soleil a commencé à se lever. Et je n'ai pas du tout… Enfin, c'était la première fois que je faisais un ultra comme ça. Mais du coup, toi qui as de l'expérience du très long où tu passes au moins une nuit dehors, est-ce que tu as l'impression qu'il y a un lien aussi avec le rythme du soleil, de la nuit, etc. ou pas
SPEAKER_00du tout
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je ne le ressens pas. Complètement. Complètement, c'est bon que tu me dises ça parce que moi, je me vois… Je me vois dire, en tout cas, en 2021, je crois, à la TDS, je me vois croiser mon père et lui dire« Ah, il est temps que le jour se lève. Je sais que je vais repartir sur une autre journée.» C'était dans le beau fortin. Je suis perdue avec toutes les courses, c'est hallucinant. Après, il y en a qui aiment courir de nuit, il y en a qui aiment moins. On passe sur une autre phase quand on est encore plus en introspect je pense c'est comme la TDS en 2023 où on n'avait pas de visibilité on a eu une météo catastrophique le fait qu'on voit pas ou qu'on est dans le noir avec la lampe frontale je pense qu'on après au delà de l'introspection il y a aussi beaucoup un comme un reset de ta vie en fait c'est un moment de pause et là t'es dans ta respiration tu suis la petite lampe frontale qui va aller moi je ziote les limaces qui passent les petits animaux tu vois t'es vachement dans il y a Il y a des fois des grosses phases d'introspection de toi, de ta vie, de ce que tu veux faire de cette vie. Moi, ça, en tout cas, c'est assez fort en trail. Et il y a aussi ces phases où, OK, pause. Là, je suis juste dans l'observation. Je mets un pas devant l'autre. Je vois la brume. Je vois une petite étoile. Et juste, tu constates, tu es dans le constat de ça. Et ça, c'est assez fort. Et je trouve que tu l'as plus dans la nuit que dans la journée, par exemple. Enfin, en tout cas, pour moi.
SPEAKER_01Super intéressant.
UNKNOWNOk.
SPEAKER_01Du coup, par rapport à tous ces moments d'introspection, toute cette expérience que tu as engrangée sur du long, tu dirais que ça a été quoi les plus grands apprentissages que tu as fait ces dernières années depuis que tu as commencé en 2019, que ce soit sportivement d'ailleurs ou personnellement
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que je ne sais pas, tu évoquais en intro que tu as eu pas mal de changements, tu as exploré plein de chemins différents. Je ne sais pas si ces explorations se sont faites encore, si tu continues à les faire au moment où tu as démarré le trade, et où peut-être que justement, ça t'a apporté de la clarté sur certains choix de vie, ou si tout était déjà figé en place quand tu t'es lancé en 2019. Mais voilà, en gros, les apprentissages, la Flavie d'aujourd'hui versus la Flavie de l'époque, sur le plan sportif et
SPEAKER_00perso. Oh là là là là
UNKNOWN!
SPEAKER_00Vaste question
UNKNOWN!
SPEAKER_00Ah ouais, voilà, en plus, il s'est passé... Comment dire
UNKNOWN?
SPEAKER_00Le trail a fini par m'avaler un peu trop. C'est devenu une addiction, mais peut-être plutôt négative que positive. Il y a eu la Flavie avant le trail, très fêtarde, très sociale. très joyeuse ça va être dur à dire et quand j'ai rencontré le trail je suis un peu j'ai un peu pris l'autre verre de me couper un peu de mon réseau social de mes amis de vouloir être beaucoup dans la performance parce que j'ai eu des résultats très tôt très vite sans attendre ces résultats là donc on se prend vite au jeu on fait vite des erreurs aussi là dessus et c'est devenu un peu pas ma seule raison de vivre mais presque dans ma manière de fonctionner, de penser, de vivre. Et je me suis coupée un peu de beaucoup de choses jusqu'à il y a 3-4 ans. même je dirais 2-3 ans un peu moins et il y a les aléas de la vie qui m'ont mis des petits cailloux dans la chaussure pour m'alerter donc au début j'étais là aïe ça fait mal mais ok je continue à marcher et puis après le caillou était un peu plus gros puis à un moment on m'a mis une météorite sur la tête pour me faire dire stop Comme ça, là, je n'avais pas le choix. Et en fait, suite à cette météorite-là, je me suis un peu posée. Je me suis dit, bon, OK, qu'est-ce que tu veux faire et comment
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et donc, je continue à être dans cette pratique sportive. Je vis des choses incroyables. J'ai mon coach Christophe qui aussi a été très présent et qui voit aussi la Flavie évoluer et ne plus mettre autant d'énergie que j'en mettais avant. et je pense que du coup c'est une libération et donc du coup ça m'a aussi fait des belles aventures de trail en étant moins stressée en y mettant moins d'enjeux et donc du coup découle aussi des résultats et des aventures assez incroyables et donc à titre à titre Je dirais, quand tu me poses la question à titre sportif et perso, je pense que c'est beaucoup perso qu'en fait, bizarrement, j'ai beaucoup évolué. Et donc, du coup, même mes amis, ma famille, maintenant, j'arrive à avoir un équilibre. Certes, je passe beaucoup de temps en montagne encore, mais c'est ce qui me fait vibrer. En tout cas, aujourd'hui, ça évoluera sûrement dans le temps. Mais c'est plus réussir à trouver un équilibre de vie où... Il n'y a pas que le trail, il y a plein d'autres choses chouettes que je découvre encore aujourd'hui, que je me réouvre, et que cet équilibre-là... perso, sportif, pro, j'arrive à trouver aujourd'hui. Et ça m'a fait énormément grandir. Et je continue de grandir au quotidien avec tous ces apprentissages dans la vie de tous les jours, de par les rencontres que j'ai faites, les thérapeutes que j'ai suivis. Parce que dans l'ultra-trail, c'est tellement exigeant, ça demande tellement de temps, l'hygiène de vie, que... qu'on peut vite partir dans des travers qui ne sont pas forcément bons pour nous. Donc, c'est retrouver un équilibre serein et retrouver une vie sociale que j'avais complètement perdue, vraiment. Et me dire qu'en fait, tout est possible tant que le plaisir et le bien-être, il est là, on peut faire de grandes choses.
SPEAKER_01Excellent. Donc, cette météorite, elle était plutôt sociale perso, ce n'était pas une grosse blessure ou il y a un surentraînement ou
SPEAKER_00ce genre de choses
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'était du social perso. C'était ma vie… ma vie ma vie perso mais pas du tout physique pour le coup à part cette blessure que je t'ai évoqué après j'ai pas eu de grand bobo en particulier c'était là encore une fois on revient sur je pense l'aspect plus comment on est nous et mentalement je pense que mentalement j'étais plus très bien en fait je continuais à aller courir en montagne mais tous les à côté, il y avait plein de
SPEAKER_01choses qui n'allaient
SPEAKER_00pas.
SPEAKER_01Ok. Intéressant. J'ai l'impression que ce déplacement de curseur, ou peut-être que le curseur trail était un peu trop sur un extrême. Complètement. Et cet événement est venu peut-être te faire réaliser ça et le replacer au bon
SPEAKER_00endroit. Hyper
SPEAKER_01intéressant. Exactement. Tu l'as magnifiquement bien résumé, Luc. Hum... Ok, ça me fait penser à cette notion de rééquilibrage. C'est un peu différent, mais quand même assez proche, j'ai l'impression. J'ai reçu un Ultra Trailer deux fois, Nauel Passera, je ne sais pas si tu connais, qui est l'organisateur de la Pika Pika, si ça te
SPEAKER_02parle.
SPEAKER_01Ah ok, oui. Voilà. Donc, il y a une grosse expérience aussi dans l'Ultra qui a fait, je ne sais pas s'il a fait l'UTMB. Quand on s'était parlé, il voulait faire l'UTMB, mais à vélo. Et je crois qu'il a fait le Thor, ça c'est sûr. Enfin, Il aime bien les ultras, mais il aime bien les ultras très montagne. 100 kilomètres, 10 000 mètres de dénivelé ou 150, 15 000. C'est son délire un pour un. On évoquait le sujet de l'alimentation et des dérives qu'il peut y avoir dans le sport de haut niveau en général. Lui, c'était un gardien de but en centre de formation. Jusqu'à ses 18 ans, il était footeux, mais haut niveau. Quand il a arrêté, il a pris... Je ne me rappelle plus, mais... clairement devenu obèse et en fait ouais c'est il s'est mis au trail parce que son père l'a inscrit à une course de village du coin il a terminé avant dernier ou avant avant dernier je sais plus et l'arrivée était au sommet d'une montagne en arrivant au sommet il s'est dit paysage incroyable mais là c'est pas possible je suis en surpoids et donc il s'est mis à courir et voilà ça a été le début d'une longue histoire d'amour avec le trail mais ouais mais on parlait quand même de en fait tout ça pour te dire je te donne le contexte parce qu'il m'expliquait qu'il a en fait il voit beaucoup autour de lui il du coup ça va être ma question pour toi, est-ce que tu le vois aussi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Il voit beaucoup autour de lui dans l'univers de l'ultra-trail, l'ultra-cyclisme, des dérives notamment alimentaires où en fait on a l'impression que c'est un monde merveilleux, un esprit sain dans un corps sain, tout le monde a une hygiène de vie absolument superbe, un équilibre incroyable, etc. Il dit non, non, mais en fait moi ce que je vois et en tout cas moi ce que je vis aussi, c'est que c'est très compliqué, c'est très exigeant et peut-être parfois trop, donc pour les périodes de course, je perds 10 kilos, dès que la période de course est fini je me remets à manger n'importe quoi parce que il y a peut-être un appel tu vois d'endorphine ou j'en sais rien et donc il parlait de ce yo-yo du poids il avait l'air de dire qu'il envoyait quand même beaucoup autour de lui dans l'univers du ultra qui avait ce petit challenge aussi et donc tu vois pareil cette notion de curseur de est-ce que t'as vraiment besoin de périodes de diète extrêmes pour être performant sachant que derrière tu peux plus les tenir ça m'a fait penser à ça ce que tu disais du coup ce long contexte pour te poser une question c'est est-ce que toi tu vois ce ce genre de challenge dans l'univers de l'ultra haut niveau, que ce soit sur l'alimentation, sur le sommeil, le fait d'enchaîner les courses parce que dans la saison, les sponsors demandent d'être visibles, etc. Si on rentre un peu plus dans le détail du curseur au-delà de l'aspect social que tu évoquais, est-ce que tu vois d'autres choses qui, à ton sens, pourraient être un peu rééquilibrées
UNKNOWN?
SPEAKER_01Voilà,
SPEAKER_00longue question. Ah, elles ne sont pas faciles tes questions. Non, mais sur l'alimentation, je ne faisais pas le yo-yo, mais j'étais rentrée dans un contrôle de l'extrême. C'était un contrôle au point que j'en étais arrivée à peser mon pain le matin.
SPEAKER_01Ah oui,
SPEAKER_00je vois. Et ça, moi, j'en suis sortie. Après, je fais quand même vraiment attention à ce que je mange. Ce n'est pas un mal, mais j'ai lâché énormément de prise sur beaucoup à ce niveau-là. D'ailleurs, mes proches me le disent assez régulièrement. Mais par contre, j'ai questionné énormément autour de moi et c'est vrai que c'est un sujet qui est quand même le point en tout cas et on dit toujours chez les femmes, en fait, beaucoup aussi chez les hommes, c'est un énorme sujet très touchy et en fait, on n'en parle pas Pas assez parce que c'est tabou, parce qu'il y a aussi le côté chez les femmes avec le côté hormonal. Les cycles menstruels, on en parle de plus en plus. Mais moi, je suis aménorée précoce. Mes règles, quand je les ai, c'est... Voilà, ça reste anecdotique. C'est plein de sujets comme ça où on sent bien que l'équilibrage peut-être n'est pas encore totalement là. Mais parce que cette pratique-là, est-ce que c'est vraiment... C'est difficile de trouver un équilibre sur un... Des pratiques aussi... poussé aussi loin alors du coup pour moi il y aura toujours une petite forme de déséquilibrage je pense et donc du coup on essaye de combler oui avec le sommeil avec quand même une hygiène de vie alors il y en a qui sont vraiment dans le calcul de tout sur l'aspect grammage, protéines, glucides, lipides sur le quota de sommeil quand dormir, les micro-siestes mais moi en tout cas j'aspire à ne plus être dans ce schéma-là, pour moi, c'est beaucoup de plaisir et j'essaye de faire confiance en mon corps, en fait, et à essayer de l'écouter le plus possible.
SPEAKER_01Ça me paraît tellement... Enfin, ça me paraît inconcevable, en fait, de tenir dans la durée avec autant de contraintes, tu vois, sur l'alimentation. Enfin, pour l'avoir fait quelques années, parce que je faisais du sport au niveau... J'étais en équipe de France de judo pendant un moment. Et tu vois, quand tu parles de peser la bouffe, ça m'a rappelé des mauvais souvenirs de mois entiers passés à peser mes pattes, etc. L'horreur. Et je me dis, mais ça me paraît impossible de tenir ça sur des années, tu vois, et de continuer à prendre du plaisir. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais c'est
SPEAKER_00tellement extrait. Après, je pense qu'il y en a qui ont la capacité d'eux. Et peut-être qu'il y en a qui sont suivis, plus suivis, en tout cas, par des professionnels, pareil, sur coach mental, sur une nutritionniste. Ils ont un entourage, en fait. Nous, on Nous, on est là, on veut faire beaucoup, mais on n'a peut-être pas l'entourage, on n'a pas les connaissances. Du coup, on fait forcément des erreurs. On a aussi nos faiblesses, nos fragilités, notre histoire de vie qui fait que c'est compliqué. C'est comme ça qu'on arrive à se découvrir et qu'après, avec le temps, on sait ce qu'on veut, on sait ce qu'on ne veut plus, on sait vers où on veut aller, mais ça prend du temps et on est forcément obligé de se casser la gueule quelques fois pour se rendre compte de ce qu'on veut, de ce qu'on ne veut plus. Et l'équilibrage qui nous va à nous et qui ira pas à une autre personne en fait c'est propre à chacun je pense et ça ça prend du temps on aura beau questionner toutes les personnes sur comment tu fais c'est quoi ta manière de fonctionner tu dors quand tu fais quoi tu manges quoi en fait c'est à soi en fait de savoir ce qui est bon pour et moi je suis très matinale il y en a ils vont être beaucoup du soir par exemple et c'est pareil pour mes versus pratiques et liens avec le trail ouais
SPEAKER_01Oui. Effectivement.
SPEAKER_00Je te coupe, mais c'est comme un échange que j'avais eu avec Muriel Hurtis, qui était venue lors d'un rassemblement Simalp, parce que du coup, elle est ambassadrice de la marque, et qu'elle, elle avait fait la remarque de trouver qu'on était assez mince pour des personnes qui allaient faire des heures en montagne, et que du coup, elle se demandait où étaient nos réserves à nous, parce qu'il en faut pour pour aller 20h, 25h, 30h en montagne. Et elle voyait déjà un peu le côté, le côté un peu, ouais, calcul du poids, parce qu'elle se demandait pourquoi on était aussi fines, et qu'elle, elle nous expliquait que quand elle était sur ses 100 mètres, si elle prenait, enfin c'était la balance matin et soir, si elle prenait 10 grammes, elle perdait une seconde.
UNKNOWNAh ouais!
SPEAKER_00ouais et donc du coup on avait des échanges comme ça sur le poids où en fait c'est un paramètre qu'on ne peut pas négliger et qui est très sensible et qu'il faut faire vraiment attention avec ça parce que c'est notre essence en fait moi j'aime pas dire carburant parce que ça me fait penser au carburant d'une voiture et pour moi on lui donne pas forcément des bonnes choses à la voiture mais l'essence même l'âme qu'on donne c'est à travers quand même beaucoup la nourriture et c'est hyper important c'est
SPEAKER_01un sujet très intéressant du coup je rentre dans le détail ton poids-forme c'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01tu le surveilles
SPEAKER_00toi
UNKNOWN?
SPEAKER_00j'ai arrêté j'ai arrêté de le surveiller l'appareil j'essaye de me faire confiance je vois que je suis bien je bouge pas beaucoup mais je dois être à 58 je pense 58
SPEAKER_01quelque chose comme ça ok d'accord super intéressant effectivement j'imagine que plus tu te connais plus tu te confrontes à des situations où t'explores un peu tes limites ce qui te va ce qui te va pas et mieux t'es capable de caler tout ça. En termes de course, c'est quoi le rythme qui te va
UNKNOWN?
SPEAKER_01En volume de course à l'année, tu te fixes un peu une limite ou tu sais ce qui te convient
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ou c'est selon
SPEAKER_00les opportunités
UNKNOWN?
SPEAKER_00Là, c'est un échange assez en fin de saison. On fait le bilan avec le coach, avec Christophe. Du coup, on évoque un peu les envies de l'année. Une fois que c'est terminé, il faut forcément reprendre C'est tout de suite après l'après. Non, concrètement, moi, je ne suis pas à la course d'en faire beaucoup. Et de moins en moins, d'ailleurs, je trouve. Peut-être qu'au début, quand tu démarres, tu as envie de cocher plein de courses et de mettre le dossard assez régulièrement. Moi, étant donné que c'est des... c'est des choix très particuliers que je fais et c'est des courses qui c'est pareil c'est à dire que rien que je prononce le nom de la course il se passe quelque chose dans mon corps et donc du coup je ne veux plus faire des courses seulement pour faire des courses au cocher alors il y a forcément des courses préparatoires que du coup je vais aller caler avant de faire ma course de coeur je dis mais du coup c'est assez limité je suis de plus en plus à vouloir faire aussi des aventures off là j'ai fait le tour des écrins avec une coach pins pendant 4 jours c'était incroyable et donc du coup je suis plus à 3-4 dossards, c'est déjà pas mal sur une année surtout quand on est sur de l'ultra ça met du temps à récupérer on a besoin aussi de faire autre chose, 3-4 je trouve ça pas mal, moi j'admire pas forcément de l'admiration mais je suis assez bluffée de ceux qui arrivent à faire 3-4 ultra trails dans l'année, comment ils récupèrent et comment ils arrivent à garder l'envie, ouais chapeau
SPEAKER_01ouais c'est clair ultra ou même moins ultra j'avais discuté l'année dernière avec Alexia Coudray de la team Simalp qui m'expliquait qu'elle était partie en 2024 pour prendre 60 dossards sur l'année je me disais mais c'est incroyable c'était d'ailleurs le titre de l'épisode c'est comment continuer à prendre du plaisir en courant 60 courses dans l'année ce qui est quand même dingo mais ok donc toi 3-4 oui c'est sûr que vu les distances pour que le corps puisse récupérer c'est ouais c'est sûr que c'est pas tout à fait la même durée tu parlais t'évoquais les courses de coeur et ben du coup ça m'amène à la question suivante quelles sont tes courses de coeur à venir est-ce qu'il y en a déjà que t'as en ligne de
SPEAKER_00mire
SPEAKER_01ah il y en a une belle qui arrive non c'est la diagonale des fous ouais excellent excellent tu la fais là attends mais c'est maintenant là au moment d'enregistrer je la fais c'est très
SPEAKER_00bientôt
SPEAKER_01ouais je la fais dans là on est dans moins de 3 semaines ah tu la fais oh punaise ok ok ok wow excellent ok
SPEAKER_00ouais donc ça c'est un projet immédiat j'ai le grand
SPEAKER_01smile donc c'est que ça trop bien excellent du coup le départ la date du départ exact c'est
SPEAKER_00c'est le 17 octobre
SPEAKER_01à 22h excellent donc bah écoute ton épisode sort le 22 donc au moment où il sort t'auras t'auras fini t'auras fini ah là là là fabuleux bah attends
SPEAKER_02mais du
SPEAKER_01coup dis nous en plus bah ouais ouais bah attends carrément on touche du bois et y'a pas de raison mais est-ce que bah Dis-nous en plus, qu'est-ce qui t'attire
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pourquoi cette course
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pourquoi est-ce qu'elle
SPEAKER_00te fait sourire quand tu les bloques
UNKNOWN?
SPEAKER_00Elle me fait sourire pour plein de raisons. J'étais déjà allée à La Réunion en 2019, il me semble. Quand je te vois, je commençais un peu le trail. Et j'avais crapahuté là-bas, pas mal de petites sorties en deux semaines. Et j'avais dit, mais jamais, jamais je ferai la diag. Ils sont complètement tarés, les gens. C'est déjà l'humidité, la chaleur, le terrain, la technicité. En plus, sans bâton. Non, mais ce n'est pas pour moi. C'est impossible. Donc déjà, pour cette raison-là, ça me fait rire de me dire que je prends le départ dans moins de trois semaines alors que je n'avais dit jamais. Donc ne jamais dire jamais, ça tient vraiment. Et encore une fois, quand je passe des steps, je monte crescendo en distance, j'ai remarqué que je prenais toujours un peu les courses les plus dures. Mon premier ultra, l'échappée belle, mon premier au-delà de 100 kilos, je fais la TDS. On a quand même dit la TDS c'était quand même pas la plus facile et là pour mon premier 100 miles ça me tenait à coeur d'aller encore une fois chercher de la difficulté et je me suis dit bah en termes de difficultés, je pense que la Diag, ça peut être chouette. Et donc, voilà, je suis sur la Diag pour toutes ces raisons-là. Et en fait, j'avais fait Madère aussi l'année dernière, et le fait de traverser une île, Madère, j'avais, je ne sais pas, je m'étais dit, ah, c'est bizarre, c'est comme une introduction d'une mini-aventure sur une île que j'ai envie de réitérer. Et donc, du coup, la suite logique, pour moi, elle a été de la continuer et de faire l'année prochaine la réunion et ça s'est fait j'ai été prise au tirage au sort et donc du coup le destin voulait que j'aille là-bas
SPEAKER_01trop bien c'est mon chemin qui
SPEAKER_00continue vers cette direction
SPEAKER_01je trouve ça cool c'est une belle histoire du coup de quoi est-ce que t'as enfin est-ce qu'il y a des aspects de la course que t'attends vraiment avec impatience tu vois moi j'ai jamais fait j'ai jamais eu la chance d'aller à la réunion pour le moment mais tout le monde me parle du cirque de Mafate j'ai vraiment l'impression qu'il y a des endroits un peu mythiques par lesquels par lesquels on passe, est-ce que toi t'as des parties de la course que t'attends vraiment avec
SPEAKER_00impatience
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pas forcément moi j'attends avec impatience le départ je visualise beaucoup le départ depuis que je sais que je vais prendre cette course je visualise aussi pas mal l'arrivée mais plus le départ on m'a vraiment dit qu'il fallait kiffer le départ en termes d'ambiance de ressenti je pense que ça ça va être très fort comme moment et Et après, moi, j'avais fait le choix de ne pas faire de... J'aurais pu aller faire la reco et passer peut-être un mois et demi à la Réunion parce que mon boulot, je peux le faire d'où je veux. Mais j'avais à cœur de faire ma prépa à Brianson en mode local parce que je veux me garder en fait tout cet aspect surprise. Je sais, quand je suis allée à la Réunion en 2019, je suis allée dans Mafade, Sillaos, Salazie, j'ai fait les trois cirques. Donc du coup, j'ai envie de garder tu vois c'est encore on revient on boucle la boucle sur l'aspect surprise où c'est flou on a des on a des petites images mais ça reste le cerveau il en a effacé pas mal et ben en fait j'ai envie de jouer avec ça j'ai j'ai j'ai envie de garder les petites images que j'ai eues et de me voir encore dire non mais jamais de la vie je le ferai cette diag et partir avec ces petites images très brèves ces petits souvenirs là et de me construire cette histoire le jour J donc je suis pas trop dans la projection de absolument qu'est-ce que je veux voir ou qu'est-ce que je veux attendre ou dans ma fat c'est après c'est moi avec l'île et on verra ce que ça
SPEAKER_01donnera excellent excellent bon donc moi j'ai jamais fait mais pour avoir discuté avec pas mal de gens qui l'ont fait apparemment c'est vrai que le départ est complètement dingue mais il y a le piège de partir trop fort parce que je crois qu'il y a une ambiance enfin moi de ce qu'on m'expliquait il y a une ambiance tellement folle sur quasiment 10 kilomètres je crois que c'est c'est possible que tu te laisses entraîner et que tu partes un peu trop fort.
SPEAKER_00Je pense que je vais partir trop fort. Mais j'ai appris aussi à le faire de manière raisonnée. J'essaierai de garder ça en tête.
SPEAKER_01Je le garderai en tête. Trop bien. En tout cas, je te souhaite de te régaler. On se fera un épisode débrief une fois la diag finie. Tu nous raconteras comment c'était. Mais en tout cas, je de prendre énormément de plaisir. On arrive au bouffe, la vie. Est-ce que toi, tu aurais un message que tu voudrais faire passer par rapport à justement cette pratique du sport, ce que tu as découvert le long, l'équilibre que tu as réussi à instaurer dans ta vie au moment où tu t'es rendu compte qu'il manquait peut-être un peu
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ou est-ce qu'il y a autre chose que tu voudrais
SPEAKER_00partager
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je dirais que la vie, elle est quand même... Elle est quand même courte avec ses hauts et ses bas. Et j'ai eu des petites mauvaises nouvelles de... de personnes qui ont perdu des proches qui m'ont qui m'ont touché récemment et c'est surtout de me dire que dans la vie il faut oser il faut pas en fait rester sur ses peurs et et foncer sur les aventures les plus folles qu'on aimerait faire et qu'on qu'on n'ose peut-être pas parce que parce que faut que faut vibrer de l'intérieur et puis et voilà vivre
SPEAKER_01quoi j'adore génial et bah écoute un immense merci Flavie c'était un plaisir d'échanger avec toi d'en apprendre plus sur ton parcours sur ce qui te fait vibrer dans le trail dans l'ultra et puis bah écoute encore une fois kiffe à fond la Diag et je te dis à très
SPEAKER_00bientôt et bah merci à toi Loïc et puis au plaisir de ce petit échange et je penserai je penserai à ne pas partir trop fort excellent merci Flavie
SPEAKER_01merci Loïc bonne journée ciao Merci d'avoir écouté cet échange avec Flavie. Jusqu'au bout, pensez à partager l'épisode autour de vous à un maximum de personnes. Parlez également des frappés. En bref, faites du bruit pour le podcast. C'est la meilleure manière de remercier toutes ces personnes qui viennent témoigner au micro des frappés. Si vous souhaitez soutenir financièrement le podcast, je vous rappelle que vous pouvez le faire sur Tipeee. T-I-P-E-E-E.com slash les-frappés. C'est à partir de 1€par mois. Chaque euro coûte 1€. contribuent au fonctionnement du podcast et jetez un oeil, il y a également des produits qui viennent d'arriver, casquettes, t-shirts de sport, estampillés du logo du podcast. Merci d'ailleurs à toutes celles et ceux qui ont déjà franchi le pas et qui ont décidé de contribuer financièrement à l'aventure des Frappés. Merci à toutes et à tous pour votre fidélité, je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode dans lequel on va partir pour du secourisme en montagne avec le mythique PGHM.