SPEAKER_00

Et donc j'ai eu du gros vent. Ça m'a obligé les nuits à creuser, à mettre ma tente à l'abri derrière un mur de neige ou essayer de trouver un endroit plus à l'abri. Ça m'a bloqué aussi deux matinées, je crois, et une journée. Je suis resté à l'abri pour essayer de me protéger un peu du vent. J'étais bien derrière mon mur de neige, mais je n'avais pas envie de sortir par ce vent. Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires. des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Joseph est un passionné d'aventure. Les grands espaces, c'est clairement ce qui le fait vibrer. Et après avoir descendu le Danube en kayak en 25 jours, il décide de se lancer dans une traversée, ou plutôt une triple traversée. Il va s'attaquer aux îles Ferroé, à l'Islande, puis au Groenland. Ce que je retiens de cet échange c'est qu'il ne faut pas attendre d'être fin prêt pour se lancer dans les projets qui nous font rêver. Joseph en est l'exemple. Excellent écoute à vous. Du coup, tu es où là, physiquement, géographiquement

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Géographiquement, je suis à Nice. Et plus précisément, je suis dans le bureau de la fac où je travaille. Donc la fac STAPS, les sciences du sport, à Nice. Excellent. Ok, ok, ok. Bon, on n'est pas si loin que ça. Pas si loin que ça. Écoute Joseph, en tout cas, moi je suis très content de te recevoir au micro du podcast. Bienvenue sur Les Frappés. Merci pour l'accueil.

UNKNOWN

Merci à toi.

SPEAKER_00

Eh bien, écoute, ravi. J'ai vraiment hâte d'échanger. Je pense qu'on va parler d'aventure, de traverser d'îles et peut-être de recherche. Je ne sais pas, on verra. Mais en tout cas, le sujet est dans le coin de ma tête et j'ai quelques questions déjà bien claires là-dessus. Donc, une fois de plus, bienvenue. Et puis, écoute, ce que je te propose, c'est peut-être tout simplement de commencer par nous expliquer vraiment dans les grandes lignes. Tu vois quelle a été ton parcours avant qu'on entre plus en détail sur le dernier projet complètement dingue que t'as réalisé récemment ok très bien et ben t'as parlé de deux points qui me définissent un petit peu c'était t'as parlé de recherche on parlera peut-être après mais d'aventure et donc les deux sont allés ensemble pour moi puisque ça fait quelque temps que je profite des vacances scolaires ou même avant des vacances étudiante pour partir à l'aventure un petit peu différemment des gens qu'il y a autour de moi et donc je suis lancé dans la thèse depuis enfin j'ai terminé maintenant mais ça faisait 4 ans je travaillais sur une thèse qui me prenait pas mal de temps et qui avait pris un peu le devant sur mon autre passion on va dire les petites aventures et donc je m'étais fixé la date limite de fin de thèse donc décembre dernier pour me dire bah C'est le moment, il faut se lancer dans une grande, un peu plus grande aventure. Et donc décembre dernier, je finis ma thèse et je me lance dans l'aventure qui s'est appelée ensuite les trois îles. Donc les trois îles, c'était les îles Féroé, l'Islande puis le Groenlande. Voilà, trois îles. Quand on parle souvent des trois îles, on pense aux chaux, aux plages, aux côtiers. Je trouvais ça marrant de l'appeler les trois îles. Et voilà, donc février dernier, je pars de Strasbourg à vélo pour rejoindre le nord du Danemark, pour ensuite passer au Féroé. en hiver et donc après passer en Islande et donc là ça sera la fin de la partie 1 et après une petite pause récup et une pause famille la troisième île c'est l'île du Groenland les grandes lignes des derniers mois de février à août 2024 Fabuleux. Ok. Et donc, l'idée, le fil rouge entre ces trois îles, c'était quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'était à chaque fois des traversées à ski, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, le projet s'est basé, on va dire, sur une première île, c'était le Groenland. Le Groenland, je l'ai en tête depuis de nombreuses années. Depuis, avec un pote, on était étudiants durant les pauses, midi ou même entre deux cours. Nous, on avait un petit jeu, c'était d'aller sur Google Maps et de trouver un peu les territoires les plus sauvages possibles, où il y avait le moins de monde, et là où il y avait la faune et la folore... la plus intacte, et on était un jour tombé sur le Groenland, et depuis ce jour-là, je l'avais en tête. Et donc le projet, après la thèse, c'était de me dire, je prends du temps, je prends du temps, c'est un projet, je ne veux pas que ce soit un entre-deux, entre deux, entre des petites vacances où je profite des vacances pour y aller, mais je voulais que ce soit un projet à part entière, et j'avais en tête le Groenland. Et quand tu regardes le Groenland sur une carte, déjà c'est immense, trop bien, mais entre la France celle de Greenland si tu traces un grand trait on va dire il y a l'Islande Et je me suis dit, en fait, je veux aller en Groenland, mais pourquoi pas m'arrêter sur l'Islande et mener un petit projet sur l'Islande

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Donc là, allez, je rajoute l'Islande au projet. Et entre la France et l'Islande, il y a une autre petite île, les Féroé, tout petit, à peine visible sur la carte si tu dézoomes bien. Et je me suis dit, je veux aller en Islande, alors pourquoi pas rajouter les Féroé

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et donc voilà, comment est né le projet des Féroé

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'était toujours sur un pourquoi pas rajouter un petit défi supplémentaire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

et donc tu parlais de ski donc je suis parti avec mes skis mais les skis ont été utilisés uniquement en Islande en plein hiver. Les ferroées, il y a peu de neige, donc ça s'est fait à pied. Et ensuite, le Groenland, c'était... J'ai laissé les skis et j'ai laissé la pulka et ça s'est plutôt passé à pied, en sac à dos et avec un petit kayak sur le dos. Donc, c'était trois environnements vraiment différents. La partie sud, c'était vraiment l'Islande. D'accord. Donc, alors, attends. Les ferroées, tu y étais du coup... En février, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Février-mars

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je suis arrivé en février-mars, ouais, c'est ça. Ok, ensuite Islande du coup, mars-avril j'imagine, le temps de faire tout ce que tu voulais faire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Islande-mars. Ok, et Groenland en avril, t'as pu faire ce que tu voulais sans les skis

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, non, Groenland c'est la partie numéro 2 après la petite phase de récup, donc je suis arrivé au Groenland, on va dire juin-juillet-août. D'accord, ok. Et là, la neige avait suffisamment... Enfin, tout avait suffisamment fondu pour que tu puisses te déplacer sans ski. C'est ça, c'est ça. Le Loin-en-Lande, c'est un gros, gros territoire où il est recouvert par 80% de glace. Mais en été, les côtes sont dégagées. En tout cas, dans la grande partie sud, sont dégagées. À part en montagne et quand tu te rapproches trop du centre. Mais on va dire sur 100 km, 100, 200 km là où j'étais la côte est dégagée de neige d'accord ok punaise c'est ok projet d'envergure quand même voilà t'avais déjà fait dis-moi dis-moi vas-y J'allais te demander si tu avais déjà fait ce genre de projet sur plusieurs mois, plusieurs pays, et surtout j'ai l'impression avec des environnements quand même assez reculés, j'allais dire hostiles, peut-être pas hostiles, mais en tout cas reculés. Ouais, c'est un peu ce qui me fait... Ce qui me fait vibrer, là, j'ai mis vraiment des mots dessus durant ce voyage. C'est vraiment ça qui me fait partir. Donc, j'avais des petites expériences où je m'isolais un petit peu. Pour m'entraîner, j'avais passé 10 jours en Norvège où je n'avais rencontré personne en plein hiver. Ma plus grande aventure, c'est celle-ci, celle des Trois-Îles. Celle d'avant, c'était... J'avais descendu le Danube en kayak. Donc, ça m'avait pris 25 jours. Mais je n'avais jamais fait un projet... un projet si grand, on va dire, en termes de temps et de distance. OK. Une première. Quelle première

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Quelle première

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ok, donc tu avais quand même déjà fait 25 jours de kayak pour descendre le Danube. Ouais, c'était... Ouais. En solo

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'était déjà en solo, là

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'était en solo, ouais. En fait, je l'ai divisé en deux. Un jour, je suis parti dans une enseigne où tu peux acheter du matériel de sport. Je ne sais pas si on peut dire les marques ici. Et sur avec un kayak gonflable et je me suis dit j'ai envie d'essayer un truc donc je suis parti en Allemagne sur le Danube et j'avais deux semaines et je me suis dit je descends le Danube deux semaines j'ai fini finalement à Budapest c'était pour tester un peu la rando kayak j'étais parti un peu à l'arrache sur deux semaines et après en fait le Danube il va jusqu'en mer Noire et donc ça m'a un peu frustré de m'arrêter à Budapest Budapest donc l'année d'après en fait j'ai envie de faire un vrai projet donc je suis retourné à Budapest exactement là où j'étais sorti et j'ai continué mais cette fois-ci direction la mer noire donc direction 25 jours plus loin et 1700 kilomètres si je dis plus de bêtises et donc voilà c'est pour ça

SPEAKER_01

un petit

SPEAKER_00

peu que ces projets d'aventure m'ont marqué j'avais vraiment envie de reprendre ce temps-là ça faisait un certain temps que je n'avais pas pris et c'est une partie de moi je pense que j'avais oublié qui est importante pour mon équilibre on va dire Juste avant qu'on rentre dans le vif du sujet avec ce projet des trois îles, sur le format par rapport au fait que tu pars en solitaire, qu'est-ce que tu trouves

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que c'est un choix ou est-ce que tu n'avais juste trouvé personne d'aussi frappé que toi pour partir

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est la grande question. Je pense que sur des expériences passées, ça s'est un peu imposé à moi. De temps en temps, je trouvais des potes qui voulaient partir un peu et une fois il y avait personne qui voulait partir ou qui pouvait partir donc j'ai pris le vélo et je suis parti solo c'était une première et au fur et à mesure en fait j'ai apprécié un peu de voyager seul parce que le premier point positif que je trouvais c'était que quand on est en groupe je ne suis pas la personne qui va prendre les devants qui va décider s'il faut aller à droite ou s'il faut aller à gauche qui va porter la carte toute la journée qui va prendre les décisions qui va même parler aux quelques personnes qu'on va rencontrer. Et quand je me retrouvais tout seul, j'étais obligé de le faire. Et j'aimais bien avoir cette responsabilité de se dire si tu fais un choix, tu vas assumer des conséquences. Et tu peux en vouloir qu'à toi-même si tu te retrouves enneigé jusqu'au genou et que tu n'arrives plus à avancer. Et donc, j'ai bien aimé ce point un petit peu des décisions. et donc à la fin ça devient un choix de partir seul parce que je me retrouve bien en fait dans ce genre d'aventure Excellent. Excellent. Donc, tu disais, du coup, tu es parti de Nice à vélo

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, non. Moi, je suis d'origine de Strasbourg. Et donc, ma famille est à Strasbourg. Et donc, durant cette pause, je me suis dit, je vais partir de Strasbourg. Comme ça, ça permet aussi de retrouver la famille. Et le départ de Strasbourg, il était un petit peu marqué dans mon esprit parce que c'est le départ de ma toute Première aventure à vélo, donc sur la pisciclable qui part de chez moi et qui monte en Allemagne. Et donc, je me suis dit, cette aventure, je vais la commencer là où à peu près tout a commencé. Et donc, départ de Strasbourg à vélo avec la pulka que j'ai réussi, on va dire, avec les moyens du bord à greffer sur roue pour pouvoir la monter au nord du Danemark. et donc départ de Strasbourg pour environ deux semaines vers le nord pour atteindre le nord du Danemark où il y a un port qui me permet de passer au Féroé en ferry je me suis dit je vais aller au Féroé je vais aller en Islande t'as du temps donc assume vas-y à vélo t'emmènes toutes tes affaires t'as envie d'avoir un projet il y a des enjeux aussi climatiques qui me tenaient à coeur et je voulais un petit peu réduire l'impact de cette aventure Et je me suis dit, tu veux faire un projet, assume-le jusqu'au bout. Prends ton vélo, essaie de le remettre en état, essaie de mettre la pulka sur roue avec les moyens du bord et fonce. Donc voilà, je me suis retrouvé deux semaines à pédaler en hiver sous une météo assez dégueulasse quand même parce que l'Allemagne, le Danemark février, ce n'est pas les paysages les plus romantiques du jour ok et le choix du Danemark j'ai une carte sous les yeux alors je dis peut-être n'importe quoi parce que la carte elle est à plat mais pourquoi le choix du Danemark et pas du Royaume-Uni par exemple ça faisait trop de distance alors le choix du Danemark c'est parce que les ferries qui partent en Islande et en Ferroé en fait ils partent du haut du Danemark vraiment sur la pointe nord du Danemark ok t'en as pas t'as pas d'option depuis le Royaume-Uni en fait Non, pas à ma connaissance, sauf en avion. Et l'objectif là, c'était de pouvoir réussir à monter en réduisant les avions. Ok, d'accord. Alors, je comprends mieux parce que j'avais eu... J'ai fait un épisode avec Annika Horn et elle nous avait parlé d'un... d'un trip à vélo qu'elle avait fait justement jusqu'au Danemark et ensuite elle avait pris un ferry pour rejoindre son père Mike Horn en Islande et j'avais pas trop tilté à ce moment là tu vois pourquoi le Danemark et pas le Royaume-Uni ouais ouais c'est parce qu'il y a une ligne c'est certainement pour ça ouais il y a la ligne ouais une ligne qui fait Islande Danemark et Ferroé ok ok ok et du coup sur cette partie vélo jusqu'au Danemark ça a été quoi un peu alors là tu viens des la météo mais est-ce qu'il y a des ajustements que tu as fait en cours de route sur je sais pas tu vois le nombre de kilomètres que tu faisais par jour le matériel que tu avais emmené parce que c'était trop lourd ou qu'il te manquait absolument je sais pas une deuxième veste étanche est-ce que tu as déjà eu des apprentissages intéressants pour de prochaines aventures en tout cas la suite de celle-ci sur ce 300 à vélo ouais cette partie là je l'ai vraiment vécu on va dire comme une comme une aventure un peu transport où je me suis dit ben voilà il faut que je rejoigne un point donc c'était pas l'avant en tant que tel au début au départ je me suis dit c'est un trajet je veux atteindre un point B je veux atteindre le port pour pouvoir recommencer l'aventure donc je suis parti un petit peu dans cette optique là et avec les moyens du bord donc j'ai dû faire quelques ajustements en termes de garde-boue de porte-bagages qui a fini scotché parce que j'avais pété mes vis au bout de 3 km voilà il y a eu des petits ajustements techniques et matériels qui si je devais recommencer je prendrais un tout petit peu plus de temps pour préparer un petit peu ce trajet qui dans ma tête j'avais vraiment minimisé parce que je me suis dit c'est juste un trajet et donc il y avait des choses qui étaient ajustables pour essayer de gagner en efficacité tu vois j'avais la pulka donc la pulka c'est la grosse luge que je voulais traîner en Islande qui était posée sur deux roues de diable pour déménager donc j'avais la veille du départ j'avais une scie pour pour essayer de découper ce diable et essayer de trouver un moyen pour faire en sorte que la pulka tienne derrière mon vélo donc elle s'est retrouvée sanglée sur ces deux roues de diable et avec une grosse tige de bambou en dessous qui reliait mon vélo à la pulka pour éviter qu'elle tombe en avant en fait parce que sur la neige elle est à plat mais si tu la mets sur deux roues et bien elle va tomber d'avant en arrière donc j'avais trouvé ce Cette astuce de glisser un gros bout de bambou pour éviter qu'elle tombe vers l'avant. Donc, matériel et acoustique. Comme quoi, on n'a pas forcément besoin d'avoir le matos au top, fibre carbone ou je ne sais pas quoi pour partir à l'aventure. Tu vas un peu moins vite, il faut l'avouer. Tu vas un peu moins vite. Ok, donc un premier trajet à vélo, deux semaines jusqu'au Danemark, trajet que tu avais a priori un peu minimisé et qui s'est révélé être quand même une partie... une section à part entière de l'aventure ouais c'est ça quand t'arrives au Danemark du coup la traversée en ferry jusqu'au Sile ferroé ça prend combien de temps parce que sur la carte ça paraît vachement loin donc c'est un ferry c'est un énorme ferry qui est d'ailleurs bondé en été mais là entre entre février et mars donc moi j'ai pris le deuxième il me semble que ça débute mi-février ou fin février le début le premier ferry et moi j'ai pris le deuxième de la saison on devait être 15 dans le ferry alors que et je pense qu'il y a assez de place pour 300 personnes, mais c'est vraiment un gros ferry, avec un certain luxe d'ailleurs dedans, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre, et tu te retrouves avec des restos, enfin je n'avais jamais fait ce genre de traversée, donc j'étais un peu étonné, et ça prend deux nuits et trois jours je crois à peu près, pour un certain temps et là par contre dans l'aventure on a parlé d'être seul ou pas et là il y a ma copine qui m'a rejoint en train donc elle m'a laissé me démerder à vélo et elle m'a rejoint en train justement en Danemark pour pouvoir traverser et faire la première île avec moi Fabuleux

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

En tout cas, sur la première île, on était deux. Ok. Et donc, les îles Ferroé, tu peux peut-être nous donner un peu, parce que sur la carte, ça a l'air... C'est clairement la plus petite détroit que tu as fait, mais ça représentait quelle distance

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et surtout, qu'est-ce que vous vouliez faire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'était une traversée sud-nord

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'était le tour de quelque chose

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'était quoi le programme

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, le programme, sur les Ferroé comme l'Islande, j'avais un objectif en tête, c'était de rejoindre le point le plus au sud et de taper direction le nord j'avais vraiment envie d'être dans ces traversées en me disant j'ai un point de départ c'est le sud et j'ai un point d'arrivée c'est le nord et entre les deux je me débrouille pour réussir à passer et les îles Fairway c'est un je sais pas si on peut appeler ça un archipel en tout cas il y a plusieurs petites îles et l'objectif c'était de prendre l'île principale la plus grande qui est la plus grande mais qui est assez petite quand même puisqu'elle fait 100 120 kilomètres si tu tape une ligne droite de haut en bas, du nord au sud donc c'est assez petit et l'objectif de relier le point sud au point nord ça prend 8 jours à peu près 8 jours à marcher à travers des chemins de moutons, à suivre parfois des kernes qui sont là pour les randonneurs l'été, à marcher dans des paysages qui t'emmènent du niveau de la mer, donc zéro, jusqu'à des montagnes qui peuvent aller jusqu'à 500, je dirais. Donc, tu fais des montées, des descentes un peu toute la journée avec un paysage à la fois de montagnes et des grandes falaises qui se jettent dans la mer. Donc, il y a des rayons de soleil, ce qui est rare. C'est super beau. Moi, j'ai vraiment apprécié en plus t'as pas mal de moutons un peu qui se baladent de manière on va dire sauvage ils appartiennent à quelqu'un mais ils sont là un peu chez eux donc c'est marrant de traverser un petit peu ces pays à travers les moutons où tu vois plus de moutons que de personnes d'ailleurs donc moi j'ai vraiment apprécié ce on va dire que c'est des grands paysages mais dans un tout petit pays j'ai jamais loin voilà d'un d'une route qui est très peu empruntée, mais tu as quand même cette sensation d'être un peu perdu. C'est assez particulier, c'est des grands paysages dans un tout petit pays. et donc tu marches on a rejoint le point sud et direction après le point nord donc on a mis 8 jours tu marches dans de l'herbe trempée en hiver c'est un vrai marécage donc là j'avais pas la pulka parce que les températures sont on varie énormément donc si ça se trouve t'as de la neige un jour puis tu l'as pas le lendemain parce que c'est tout petit donc ça se fait balayer rapidement par le vent donc c'est de l'herbe trempée tu t'enfonces jusqu'au tibia bien régulièrement Et de temps en temps, tu marches sur de la neige. D'ailleurs, la neige qui est bien souvent plus sèche que l'herbe. Donc, voilà. Donc là, vous étiez en tente

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

On était en tente, ouais. C'était vraiment... En fait, j'ai laissé la grosse pulka au port, là où je suis arrivé. J'ai pris les affaires. Ma copine avait un gros sac à dos aussi. On a chaussé les sacs à dos. Et on est partis direction le sud pour remonter vers le nord. Donc, en sac à dos, en tente. On a dû traverser deux villages, deux petits villages. Et après, t'es vraiment dans des... dans des grandes plaines vallonnées entre 0 et 500 sans vraiment chemin donc 8 jours ça paraît petit mais je pense que ça m'a quand même un petit peu impacté physiquement parce que voilà tu montes tu descends t'as jamais les appuis stables t'es vraiment sur du hors-sentier ou alors du sentier de mouquet ce qui n'est pas un GR un GR à la française ou des sentiers sentiers des Vosges bien tracés donc tu te retrouves un petit peu perdu quand même malgré le fait que ça soit tout petit et ça j'ai bien apprécié du coup vous faisiez comment pour la trace, pour vous repérer t'avais des cartes à chaque fois des trois îles ou un GPS t'étais organisé comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

sur l'itinéraire moi j'avais il y a un pote qui m'avait prêté son GPS Garmin qui donne la trace et qui donne la carte un petit peu du lieu mais par contre c'est très très peu précis donc t'as les courbes de niveau vraiment serrées, tu vois pas grand chose mais de temps en temps sur la carte t'avais des sentiers qui apparaissaient sur la carte qui apparaissaient pas pour de vrai sur le terrain mais c'était un petit peu notre objectif d'essayer de suivre un petit peu les sentiers qui étaient sur GPS dans l'objectif de monter vers le nord de temps en temps il y avait des kerns qui permettaient de passer un col ou essayer de trouver le meilleur endroit pour passer Mais là, sur cette île, on n'avait pas de carte vraiment précise. On avait une direction et on avait après nos yeux pour essayer de trouver le meilleur endroit pour passer. Je viens d'aller regarder les îles Ferroé, c'est 50 000 habitants. Ça ne fait pas beaucoup. On a rencontré très peu de personnes. Enfin, zéro quand tu sors des villages. Mais par contre, on était, si je ne dis pas de bêtises, la population elle triple ou elle quadruple même avec le tourisme donc c'est vraiment une destination qui est très prisée en été mais en hiver et quand tu vois un peu la météo qu'on s'est tapé tu comprends un peu pourquoi mais en hiver il n'y a pas grand monde c'est pas trop la saison pour aller randonner dans les ferrois ok excellent donc 8 jours pour faire la traversée sud nord de la plus grande des île c'est alors j'ai la carte je sais pas si tu te rappelles des noms c'est Esturoy ou c'est celle qui est à côté tu te souviens du nom de la plus grande île

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

c'est l'île où il y a Torshavn qui est la capitale et c'est là où le bateau arrive ah oui ok c'est ça donc c'est l'île de il y a le nom là Stremoy J'imagine que ça doit se prononcer un truc genre Stremoy ou quelque chose comme ça. À mon avis, c'est comme ça. Excellent. On arrive à Torshavn, qui n'est pas tout au sud, donc l'objectif, c'était de redescendre pour remonter ensuite. OK. OK, OK. Et donc là, au bout des huit jours, vous retournez à Torshavn pour récupérer le matériel. Ta copine, elle rentre en France, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Voilà, c'est ça. Il fallait huit jours pour relier le point sud au point nord. Après, on a, si je ne dis pas de bêtises, on a encore randonné de 2 jours finalement on a marché 10 jours après retour à Torshavn où là c'était la suite de l'aventure pour moi et le retour pour ma copine donc là elle me laissait seul pour l'Islande et là à ce moment là tu te sens comment toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

maintenant que tu viens de faire t'as fait la partie vélo t'as fait les îles Ferroé mais dans les deux cas t'étais soit accompagné soit le vélo j'imagine quand même pas mal dans des coins où il y a du monde

SPEAKER_01

ouais

SPEAKER_00

Et là, il y a l'Islande qui arrive. en hiver, qui est quand même un énorme morceau. Enfin, hiver, tout début printemps. C'est pas le même game que les îles Ferroé, j'imagine. En tout cas, rien qu'en dimensionnement. Tu l'attaques comment, cette phase-là

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

J'avais vraiment, vraiment envie d'y aller. C'était... Je pense que j'étais fatigué à la fin du vélo et pour la reprise des Ferroé. Mais... même dans les ferroés, je pense que j'avais cet objectif vraiment de vouloir aller en Islande. J'avais tiré la pulka pendant 1000 bornes à vélo. Elle m'avait bien fait chier quand elle se bloquait ou quand elle se retournait sur des sentiers escarpés que je prenais parce que mon GPS pétait un plomb. Elle m'avait embêté pour la mettre dans le ferry, pour la sortir du ferry, pour ensuite ne pas l'utiliser du tout au ferroé. Et donc, j'avais qu'une hâte, c'était de mettre cette foutue pulka sur la neige islandaise et d'être un petit peu moins embêté par la gestion de cette pulka qui sera plus sur roue, qui sera plus à tirer à la main, c'est ce que je pensais et qui glissera tout simplement sur la neige moi sur des skis et à traverser dans des paysages blancs, donc j'avais qu'une hâte c'était de passer en Islande et je pense que pour la première fois j'avais pas cette appréhension, je l'avais au départ du vélo, je l'avais au départ des ferroés où j'ai J'allais un peu vers l'inconnu. Mais là, j'avais tellement envie d'être en Islande qu'à mes souvenirs, je n'ai pas eu cette appréhension de début de voyage. OK. Et donc là, le point de départ, la liaison, elle t'amène où

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

À Reykjavik

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ou encore plus au sud

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, l'objectif, c'était d'aller à Reykjavik. Par contre, là, j'ai vécu un petit échec. C'est que durant cette saison, ils ne font pas la liaison entre les ferroviaux et l'Islande. donc j'étais trop tôt dans la saison et donc j'ai dû prendre un petit avion donc l'objectif c'était de rejoindre de base l'Islande en bateau mais j'ai voilà c'était un petit échec du coup j'ai dû prendre l'avion qui m'a emmené à Reykjavik où j'avais encore quelques achats à faire notamment 1,5 kg de fromage que je voulais absolument prendre dans la coupe là et donc arrivé à Reykjavik, j'avais des petites courses à faire, et très rapidement, je voulais partir de cette ville, même si c'est une très belle ville, il y avait beaucoup de bus pour des excursions la journée, ou des excursions en transport motorisé, donc j'avais qu'une hâte, c'était de partir et de rejoindre le sud-ouest, donc le début de l'expé du sud-ouest, me faire déposer ici et partir direction le nord-est, donc de partir dans la grande diagonale de l'Islande. La diagonale du vide, si j'ai bonne mémoire, il n'y a absolument rien au milieu. En gros, l'Islande, tu me corriges si je dis n'importe quoi, mais ce que j'ai retenu de tous les échanges que j'ai fait avec celles et ceux qui sont allés, c'est qu'il y a globalement une grosse route qui fait tout le tour de l'île, au niveau de la côte, et au milieu, il n'y a rien en fait. Il y a éventuellement des pistes l'été pour des 4x4, mais c'est à peu près tout. Il y a quelques refuges à droite à gauche, mais sinon rien du tout. voilà donc j'ai pas d'expérience de l'Islande en été mais c'est à peu près ça t'as une grande route qui fait le tour et au milieu t'as des pistes t'as des pistes qui traversent ce qu'on appelle les hauts plateaux c'est une région volcanique où il y a normalement a priori plein de roches et plein de pierres et en hiver ça s'est transformé en véritable champ blanc voilà avec quelques reliefs que tu vois au loin ou tu te rapproches de temps en temps de montagne mais moi c'était bien bien blanc et j'ai rien vu à part du blanc et de la glace et de la neige donc je pourrais pas te dire ce qu'il y a en dessous si c'est beau si en été moi j'ai vu de la neige c'était absolument magnifique mais j'ai pas vu d'autre chose que de la neige donc je pourrais pas te dire ni ce qu'il y a et là côté pardon vas-y non non vas-y j'allais te demander et là du coup côté météo qu'est-ce que ça a donné parce que les quelques enfin je te dis les récits les récits de traversée hivernale de l'Islande que j'ai entendu c'est c'est quand même assez dantesque enfin ça a l'air vraiment compliqué des vents très très forts du froid potentiellement selon la saison des torrents glacés à traverser c'est clairement pas une promenade de santé donc je suis comme visiblement Zé le ferroé t'as pas été méga gâté je suis curieux de savoir ce que ça a donné en Islande ouais et ben en Islande j'avais une crainte c'était le vent depuis une petite expérience que j'avais eu d'ailleurs sur le Danube on en a parlé avant où je me suis fait arracher la tente dans une petite tempête en pleine nuit qui est sortie de nulle part j'avais une petite appréhension quand même c'était le vent dès que j'entends parler d'Islande on parle du vent de la météo qui peut changer vraiment très rapidement donc j'avais cette appréhension du vent et effectivement il y a du vent il y a du vent ça monte très vite ça peut changer dans la journée ou d'un jour à l'autre vraiment tu peux tu peux être bloqué par le vent et donc j'ai eu du gros vent ça m'a obligé les nuits à à creuser, à mettre ma tente à l'abri derrière un mur de neige ou essayer de trouver un endroit plus à l'abri. Ça m'a bloqué aussi deux matinées, je crois, et une journée où je suis resté à l'abri pour essayer de me protéger un peu du vent, où j'étais bien derrière mon mur de neige, mais je n'avais pas envie de sortir par ce vent. T'as une idée de la vitesse du vent, des rafales, etc. Oui, ça aurait pu être pire. sur le GPS sur l'appli météo j'avais entre 70 et 80 régulièrement donc ça soufflait bien avec des annonces plus corsées qui elles m'obligeaient à prendre une journée de pause ok Tu évoques tout naturellement avec beaucoup de simplicité les murs de neige, le fait que tu restes dans ta tente, mais tu avais quoi comme expérience de ces milieux enneigés, hivernaux, clairement extrêmes quand même

UNKNOWN

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SPEAKER_00

En termes de neige, c'est la plus grande expérience que j'ai eue, c'est en Islande, ça s'est forgé au fur et à mesure. Les murs de neige, je vois que j'avais jamais fait à part le jour J en Islande quand je me suis rendu compte qu'il fallait protéger sa tente donc les espérances de neige que j'avais et de froid c'était en Norvège où j'avais passé 10 jours solo pour m'entraîner un petit peu et tirer la première pulka de ma vie mais j'étais en raquette donc la première fois où j'ai fait de la pulka avec des skis dans un milieu un petit peu plus rude c'était en Islande et je partais du principe que physiquement j'étais prêt je me suis bien préparé à cette aventure mais que j'allais apprendre le reste sur le terrain donc j'avais des petites espérances mais j'ai pas attendu d'être expert du milieu du milieu sauvage pour me lancer je me suis dit ben c'est en forgeant qu'on devient forgeron et donc me lancer et quand il faudra construire un mur ben je pense trouver un mur ah la vache c'est quand même vachement impressionnant parce que il y a quand même une différence tu vois entre les sphères je sais pas une traversée du Vercors en hiver sans expérience et oser partir en Islande ouais tirer Sapulka pour quasiment la première fois c'est fou encore une fois la preuve que c'est possible ouais ouais après j'avais des petites espérances je suis pas parti les mains dans les poches tu vois l'Islande j'ai vraiment vraiment vraiment bien pensé, notamment en termes de nourriture, où je savais que je partais pour une traversée, donc j'avais un nombre de jours de lyophilisé ou de flocons d'avoine, donc c'était quand même un petit peu préparé, mais voilà, il faut une première à tout, et je me suis dit, ben... je me disais j'avais suffisamment d'expérience pour pouvoir tenter ce genre d'aventure génial ok donc initialement l'Islande tu visais combien de jours pour faire cette traversée

UNKNOWN

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SPEAKER_00

je m'étais dit que j'avais envie de rester 25 jours sur l'Islande je voulais traverser je me suis dit 25 jours et si je vais trop vite et bien je fais un petit détour je m'étais parti dans cet objectif de de vivre longtemps en fait dans cet environnement et donc j'ai mis finalement 25 jours pile poil le début c'est pas passé comme prévu où je voulais mettre très rapidement la pulka et mes skis comme je te l'avais dit où j'en avais marre de la tirer dans des conditions d'inconfort mais finalement je me suis retrouvé à marcher 3 jours à la tirer à bout de bras donc les 3 premiers jours sans neige le temps d'atteindre c'est au plateau et après Au bout de 18 jours, j'avais traversé les... on va dire cette grande partie recouverte de neige. Et donc, l'aventure pouvait terminer ici. Généralement, quand tu rejoins la route qui fait le tour de l'île, tu peux considérer que tu as traversé l'Islande. Mais il me restait un peu de temps. J'avais envie de rester 25 jours. Et quand tu regardes la carte, arrivé sur cette route, il reste quand même une petite péninsule dans le nord-est. Et je me suis dit, en fait, j'ai envie de continuer. Je n'ai pas envie de s'arrêter. ici donc j'ai laissé la pulka dans une ferme et j'ai continué en sac à dos avec mes skis parce que les conditions neigeuses n'étaient pas top, ça variait vraiment énormément les derniers jours et donc la pulka devenait encore une fois j'ai envie de dire un problème plus qu'une solution et donc je l'ai abandonné dans une ferme et j'ai continué en sac à dos et en ski direction vraiment la pointe nord-est et Et dix jours plus tard, un petit peu moins, j'atteignais le phare que j'avais vu encore une fois sur Google Maps quand je scrutais un petit peu les différents territoires que j'avais envie de visiter donc après 25 jours j'arrive à ce phare et là c'est la fin du ouest nord-est j'arrivais à cet objectif là et là c'était un bon moment je suis pas très expressif mais là quand je l'ai aperçu de loin après 24 jours quand j'ai aperçu ce phare que j'avais en tête depuis que je suis parti je me suis dit ça y est ça s'approche la fin je l'aurais fait il reste encore un petit peu de kilomètres mais là j'avais vraiment cette sensation d'accompli tu vois au ferroé si ça s'arrêtait là les ferroés c'était très bien mais il manquait un petit truc et je me suis dit si ça s'arrête au ferroé malgré le vélo et malgré la traversée des ferroés il manquait un petit truc et là à la fin de l'Islande vélo ferroé et Eastland là vraiment en voyant ce phare je me suis dit ben ça y est l'aventure elle peut s'arrêter ici pour la partie 1 excellent Encore une fois, tu viens de nous expliquer 10 jours de randonnée de plus, ski, sac à dos. Moi, tout de suite, ça m'interpelle. Comment tu faisais pour l'eau s'il y avait des conditions de neige moyennes

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Est-ce qu'il y en avait quand même suffisamment pour que tu puisses t'approvisionner

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Et comment tu faisais pour la nourriture

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Est-ce que tu as pu te réapprovisionner à un village où tu as porté 10 jours de nourriture

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Tu devais avoir quoi

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Plus la tente, etc. Tu étais à 20 kilos sur le Ouais, alors pour l'eau, il restait quand même suffisamment de neige, donc ça, c'est vraiment pas un souci. Même il y a des rivières, ça commence à fondre, il y a beaucoup de débit. C'est une des eaux les plus pures du monde, donc il n'y a vraiment pas de problème. Je faisais fondre de l'eau, de la neige, pardon, et tous les matins, je les mettais dans mes bouteilles isothermes et j'avais de l'eau chaude pour la journée. Donc ça, c'est vraiment pas un souci. Et après, ouais, la poule casse est vraiment très utile pour pouvoir porter beaucoup de nourriture et avoir un faible poids sur le dos. La pulka pesait 60-70 kg au début. Au fur et à mesure, elle s'allège. Quand je l'ai laissée, il m'est resté un peu moins de 200 km pour atteindre le phare. Quand je l'ai laissée, j'ai fait un... un petit check au niveau de la nourriture qui me restait. Je me suis un petit peu réapprovisionné et je suis tout parti avec le sac à dos. Donc, il y avait tout pour que je sois autonome sur ces 10 jours. Je n'avais pas envie de devoir faire des détours pour m'acheter à manger ou pour passer dans les villes. Mon objectif, c'était d'être autonome et de pouvoir monter et atteindre ce phare sans passer par la civilisation. Et donc, oui, en totale autonomie, donc tente sur le dos et... ça pèse, je pense que j'étais plus proche des 30 kilos que des 20 kilos ok et là sur cette partie là t'arrivais quand même à prendre du plaisir en dépit de ça

UNKNOWN

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SPEAKER_00

les paysages étaient moins beaux on était moins dans des grands paysages vierges recouverts de neige donc t'avais dépassé la route donc souvent il y avait des routes donc tu te retrouvais à marcher sur la route bien régulièrement mais j'avais vraiment cet objectif de vouloir traverser cette cette île et donc j'ai quand même pris du plaisir mon corps commençait vraiment à fatiguer j'avais des pieds en compote à la fin vraiment où ça devenait hardcore l'état de mes pieds, des pieds bien mouillés avec des cloques des pieds qui ressemblaient plus à rien mais il y avait ce plaisir un peu d'être dans l'effort d'être toujours dans l'effort et de vouloir atteindre ce phare donc le corps commençait à tendre vers ses limites mais franchement la tête y était vraiment à 100% je kiffais j'étais là t'avances tu campes t'es en Islande y'a personne et tu vas traverser l'Islande et ça dans ma tête c'était vraiment vraiment une motivation très très forte excellent donc tu y arrives enfin t'arrives à ce fameux phare comment il s'appelle d'ailleurs

UNKNOWN

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SPEAKER_00

t'as le nom en tête

UNKNOWN

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SPEAKER_00

aucune idée je pourrais te retrouver ça mais j'en ai aucune idée là j'ai quelques quelques pointes d'Islande sous les yeux avec leur nom je suis pas bien sûr que j'aurais réussi à les reprononcer de toute façon mais ok mais c'était tu dis le point le plus au nord le plus au nord-est Au nord-est, ouais. Qui est la zone la plus au nord de l'Islande. Ah non, il y a une... Il y a la péninsule de l'ouest, du nord-ouest, si je ne dis pas de bêtises, qui est plus haute, qui monte plus au nord. Qui est un peu plus, ouais. Ok, donc tu fais cette traversée incroyable. À l'arrivée, tu disais pas mal d'émotions, visiblement. Ouais, pas mal d'émotions et une prise de conscience aussi de la traversée. Là, tu regardes ta trace GPS et tu te dis en fait j'ai traversé l'Islande et personnellement quand tu y penses tu ressens quand même une petite fierté et c'est pas souvent mais ces petites sensations là elles sont très fortes je trouve à ce moment là j'imagine le corps bien marqué sans doute l'esprit aussi du coup tu avais déjà prévu initialement de te faire une pause avant d'attaquer la dernière phase énorme qui est le Groenland ou ça a été un changement de stratégie

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Non c'était prévu alors dans mon projet vraiment initial c'était pas prévu comme l'Islande et les Ferroé n'étaient pas prévus mais là depuis que je m'étais lancé c'était prévu d'avoir une partie une on va dire plutôt hivernale d'avoir une pause qui me permettait de vivre d'autres choses notamment des moments de famille des moments plus chauds notamment des aventures plus chaudes dans des climats plus propices et ensuite de me tourner vers le Groenland ok donc là retour en France donc je prends le ferry de l'Islande direction le Danemark pour récupérer mon vélo que j'avais laissé au port au port danois d'ailleurs qui était complètement rouillé avec l'air marin je venais de faire plein de réparations il était tout neuf quasiment et là je le retrouve dans un état pitoyable la chaîne tellement rouillée qu'elle tient debout je pense et donc voilà je récupère cette épave de vélo qui m'a quand même amené jusqu'au nord du Danemark et après j'ai pris le train pour rentrer direction Strasbourg pour redéposer un petit peu toutes ses affaires et débuter la partie entre deux donc une petite pause famille et récup ok Du coup, tu dirais que ça a été quoi les apprentissages des îles Ferroé, de l'Islande, qui t'ont aidé à appréhender différemment le Groenland

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Alors, en revenant, il y a des éléments... on va dire, j'ai progressé au niveau de la gestion d'une traversée autonome, la gestion de la nourriture, savoir programmer des choses, au niveau de la gestion de l'effort aussi. Mais ce qui m'a le plus, je pense, préparé pour le Greenland, c'est au niveau de l'envie. Tu vois, en Islande, j'ai vécu mes premières aurores boréales. Tu poses la tente, tu cuisines un peu et quand tu sors pour aller voir dehors, tu vois tes premières aurores. Donc, Il y a des moments forts comme ça qui m'ont vraiment donné l'eau à la bouche pour le Droit& Land. Plus qu'une préparation physique ou une préparation de la gestion du matériel, cette première partie m'a vraiment donné l'eau à la bouche pour pouvoir partir au Droit& Land. Fin de la première partie de cet échange avec Joseph. On se retrouve dans le prochain épisode pour la suite de l'aventure.