C'est une grande question chez nous, c'est de dire jusqu'où on est prêt à aller, sachant que notre vie, elle vaut autant que celle de la personne que je vais chercher. Et ça, c'est très, très compliqué, c'est l'humain. C'est une décision qui est prise à l'instant T, avec les conditions qu'il y a à l'instant T, l'état d'esprit des gens à l'instant T. Et ce qui a été dur pour moi, c'est de prendre, on va dire, en pleine figure, un peu la détresse des gens, tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_00Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires. militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Dans le monde du secourisme, le PGHM occupe une place de prestige. Les membres qui composent cette unité d'élite sont un peu les anges gardiens de tous les amoureux de la montagne. Ils interviennent pour porter secours dans des conditions d'engagement total, le plus souvent à bord de leurs célèbres hélicoptères bleus et blancs, les Choukas. Frédéric fait partie du peloton de gendarmerie de Haute-Montagne de Chamonix. Dans le milieu, c'est la crème de la crème. De sa rencontre sur un glacier avec un équipage du PGHM qui lui a fait prendre conscience que c'était la voie qu'il voulait suivre, jusqu'aux interventions les plus marquantes qu'il a menées, il nous livre un superbe témoignage sur la vie intense mais exigeante du secours en montagne. Excellente écoute à vous
UNKNOWN!
SPEAKER_00super et bien écoute bienvenue Fred sur le podcast ravi de te recevoir au micro des frappés et et puis impatient qu'on échange sur ton parcours sur ce que tu fais aujourd'hui c'est la première fois que j'ai quelqu'un du PGHM donc je suis vraiment vraiment vraiment ravi merci encore
SPEAKER_02salut Loïc merci merci
SPEAKER_00d'avoir invité Fred du coup ce que je te propose c'est tout simplement de commencer dans les grandes lignes par ton parcours comment comment est-ce qu'on en arrive à devenir membre d'un équipage du PGHM
UNKNOWN?
SPEAKER_02Écoute, c'est une longue histoire pour moi. Pour entrer au PGHM, il faut déjà être gendarme, parce que le PGHM, c'est le peloton de gendarmerie de haute montagne. Donc, c'est les unités de secours en montagne de la gendarmerie. Donc, pour entrer en PGHM, il faut déjà passer par le cursus de la gendarmerie. Donc, un test d'entrée en école, un examen, un concours. Et ensuite, suivant les années, on part sur une formation d'entre 8 et 12 mois. pour être gendarme. À l'issue de cette formation, on a un classement et on peut passer au cours de l'année des tests pour tester nos capacités, on va dire, techniques en montagne, en escalade, en ski de rando, en alpinisme. Et à l'issue de ces tests, on va intégrer ou pas une unité de secours en
SPEAKER_00montagne. Ok. Et donc, ces tests, je n'ai jamais eu l'occasion vraiment d'échanger sur le niveau d'exigence de ces tests avec quelqu'un par rapport au je vais y arriver au guide est-ce que c'est à peu près équivalent en termes de liste de course de technicité des courses etc est-ce que tu dois préparer pour devenir guide des hautes
SPEAKER_02montagnes alors tout à fait le test
SPEAKER_00d'entrée en PGHM
SPEAKER_02se rapproche des tests d'entrée de l'aspirant guide la nuance près c'est sur la liste de course qui est moins exigeante en PGHM il y a une liste de courses qui est demandée elle est moins exhaustive que celle de l'aspirant guide en tout cas les tests d'entrée une fois que tu présentes ces tests ils sont quasi similaires aux tests d'entrée
SPEAKER_00du cursus aspirant guide d'accord oui donc c'est pas le fait de rentrer en gendarmerie puis de se présenter pour la sélection PGHM c'est pas généralement j'imagine que c'est des gens qui savent exactement enfin qui ont 7 objectifs en tête c'est pas quelque chose qu'on te comme ça pour voir si ça nous plaît du fait de l'exigence de la sélection. Je suppose que les gens qui y vont, ils savent pourquoi ils y vont.
SPEAKER_02Oui, tout à fait. Déjà, tu mets plus de chance de ton côté quand tu arrives avec cette idée-là. C'est-à-dire que tu arrives en disant, moi, ce que je vais faire, c'est rentrer en PGHM. Alors, à nuancer que toutefois, tu peux profiter des stages, on va dire, de montagne en gendarmerie. Alors, je parle des stages de montagne, pas de secours, mais de montagne, c'est-à-dire d'évoluer à ski, en escalade, de se déplacer en montagne. Et ça, tu peux le faire si sans avoir forcément à la sortie une affectation en PGHM. C'est-à-dire qu'il y a des personnels de gendarmerie qui sont spécialisés dans certaines unités de brigades de montagne, on va dire, dont Chamonix fait partie. On a une brigade de gendarmerie à Chamonix. Dans toutes ces régions, Savoie, Savoie-en-Isère, des régions montagneuses dans la France, on a besoin de gendarmes qui ont la technicité de se déplacer en montagne, que ce soit en escalade, en ski-random. Et c'est des unités sur lesquelles on va s'appuyer, nous, PGHM, après, pour... pour employer ces personnes-là en cas de recherche ou de demande de personnel en plus. D'accord. Du coup, tu peux quand même avoir cette approche de la montagne et dire je stoppe là, je ne vais pas croire, je ne vais pas présenter les entrées en PGHM.
SPEAKER_00C'est possible quand même. D'accord. Mais donc vous, ça veut dire qu'au PGHM, vous avez une sorte de réserve au sein de la gendarmerie que vous pouvez mobiliser, qui n'a pas vos compétences exactement, mais qui est capable de vous assister en montagne sur certains secours.
SPEAKER_02Tout à fait. Nous, on a des brigades sur lesquelles s'appuyer pour les secours qui demandent de beaucoup
SPEAKER_00de personnel. D'accord. Un petit peu recherche
SPEAKER_02avalanche
UNKNOWN?
SPEAKER_02Recherche en avalanche, on va dire, d'ampleur, qui manque beaucoup de personnes. Donc, on va travailler en inter-service, mais on a, nous, cette ressource en gendarmerie de personnel qui peut nous accompagner dans ces recherches, que ce soit sur des avalanches, comme on disait, ou, par exemple, sur des recherches, on va dire, en forêt, sur des personnes égarées, ce qu'on entend régulièrement, le terme de
SPEAKER_00battue, voilà. D'accord. OK. Sachant que, Petite précision, et tu me dis si je me trompe, mais tout le monde connaît le PGHM. J'imagine que les gens qui ont entendu parler du PGHM l'associent à Chamonix. Parce que si je ne me trompe pas, à Chamonix, il n'y a que le PGHM qui intervient sur le secours en montagne. En revanche, il n'y a pas que le PGHM de Chamonix. Il y a des PGHM dans d'autres massifs où, par contre, vous n'avez pas forcément l'exclusivité de l'intervention. Il y a aussi des unités de CRS, voire de pompiers.
SPEAKER_02C'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui, tu as tout à fait raison de le souligner. À Chamonix, effectivement, dans le massif du Mont-Blanc, le secours est exclusivement réservé, on va dire, exercé par les secouristes du PGHM, de la gendarmerie. Ce qui n'est pas le cas dans tous les départements. On a plusieurs systèmes qui fonctionnent, c'est-à-dire des systèmes où on a des gendarmes et des pompiers dans l'hélico. On aura un gendarme et un pompier, donc ça s'appelle de l'alternance. C'est ce qui se passe par exemple pour nos camarades au PGHM à Annecy, sur les départements de Savoie, mais on a ce modèle-là dans dans d'autres départements ensuite on a des CRS qui fonctionnent alors eux plutôt en alternance on s'en prend nos collègues de Bruyenson pour les cités qui vont travailler une semaine on aura la permanence qui sera faite par les CRS de Bruyenson et une semaine par les gendarmes du PGHM il y a environ trois systèmes trois gros systèmes de fonctionnement en France et après tout ce qui est système on va dire tous les dispositifs un peu amateurs avec des bénévoiles voilà
SPEAKER_00ok d'accord d'ailleurs pour celles et ceux qui voudraient creuser le sujet je vous invite à aller écouter l'épisode le lien est en description que j'ai fait avec Pascal Sancho qui lui était donc CRS et dans les équipes de secours en montagne des Pyrénées et qui a passé 30 ans donc c'était un épisode absolument passionnant donc allez l'écouter comme ça vous aurez la version aussi police fabuleux bah écoute merci merci Fred pour ces explications sur le ce qu'est le PGHM. Toi, à titre personnel, à quel moment est-ce que tu as découvert son existence et comment est-ce que tu en es arrivé à te dire c'est ça que je veux
SPEAKER_02faire
UNKNOWN?
SPEAKER_02Eh bien, j'ai découvert, je pense, comme pas mal de monde, en montagne, à la vue d'un hélico, tout simplement sur un glacier. Je pratiquais déjà l'escalade et l'alpinisme. Et au cours d'une sortie en haute montagne, c'était un sommet qui s'appelle Les Courtes, au massif du Mont Blanc. Un sommet à presque 4000 mètres de sud. Donc, en montant sur ce sommet, on a été approchés par l'hélicoptère du PGHM qui s'est posé à nos côtés, on va dire, sur le glacier. Et ce n'était pas directement pour nous, pour un secours, mais ils avaient besoin d'informations, de savoir ce qui était devenu une cordée qui avait été censée emprunter le même itinéraire que nous sur ce glacier. Donc, c'était vraiment une recherche de témoignages. Donc, ils se sont posés à côté de nous. Ça a fait un peu de qui ont déjà vu débarquer avec je me souviens toujours de la tête du secouriste qui est débarqué en tenue bleue et qui est venu nous voir nous dire alors est-ce que vous avez vu quelqu'un de cette description là qui serait passé avec vous avant ou voilà est-ce que vous l'auriez croisé donc nous ben non on n'a pas croisé cette personne mais du coup ça a été très bref le secouriste s'est remonté dans l'hélico hop il sort de partie et puis voilà t'évolues dans un milieu on va dire glaciaire où il y a pas ton compagnon de cordée puis sinon le silence et c'était l'écho qui était venu comme ça sortir de nulle part se poser à côté de nous avec un secouriste qui avait sauté au milieu du glacier on avait trouvé ça complètement fou je me suis dit je vais faire ça c'est sûr c'est le sujet voilà et donc là t'avais quel âge à ce moment là
UNKNOWN?
SPEAKER_02je devais
SPEAKER_00avoir 19 ans ok donc là t'étais pas encore dans un cursus école de gendarmerie
SPEAKER_02etc et non pas tout à fait ça J'allais très vite derrière parce que, si tu veux, j'ai embrayé directement. Je faisais partie des dernières années qui ont eu la chance de faire le service militaire. Et je m'étais dit, écoute, c'est l'occasion rêvée. Je vais faire le service militaire. Je sais qu'il y a une possibilité de le faire en gendarmerie. Et donc, je suis parti dans la gendarmerie et j'ai sauté à pieds joints à l'occasion du service militaire. Et puis ensuite, j'ai embrayé, comme on l'a évoqué tout à l'heure, sur les thèses d'entrée, le concours gendarmerie, l'école gendarmerie, les thèses d'entrée en PGHM. et
SPEAKER_00je me suis retrouvé en 2005 au PGHM de Chamonix waouh incroyable sachant que PGHM de Chamonix je suppose du fait du d'ailleurs j'aurais quelques questions par rapport à cette notion de prestige mais j'allais dire du fait du prestige de l'antenne de Chamonix je suppose qu'elle est très demandée donc c'est un peu comme tout concours c'est selon ton classement tu peux demander être affecté à
SPEAKER_02Chamonix et c'est Exactement ça. En fait, il y a un certain nombre de places qu'on ne connaît pas au départ. C'est plutôt actuellement, les gens qui passent les tests d'entrée en PGHM, ils postulent pour entrer en PGHM, ils ne savent pas où ils vont aller au moment où ils effectuent
SPEAKER_01leurs
SPEAKER_02tests. C'est quelque chose qu'ils apprennent plutôt à la fin avec une personne qu'on appelle un gestionnaire qui gère les personnels et qui va dire, OK, donc là, on a les résultats du test, vous êtes placé premier, deuxième, troisième, et on a tel poste de 10 Et effectivement, comme tout concours, c'est plutôt le premier qui choisit, puis le dernier pense qu'il reste, comme on
SPEAKER_01dit.
SPEAKER_02C'est plutôt comme ça. Mais je t'avoue que quand tu passes ces tests, on va dire, que tu sois premier ou dernier, en fait, c'est tellement haut de rentrer en PG que tu m'aurais dit, même si j'avais été dernier lors de mes tests, j'aurais été content, je pense. Le tout, c'était de rentrer, parce qu'après, il y a toujours des systèmes pour évoluer, pour se déplacer. C'est comme les footballeurs, il y a des transferts on va dire tu peux changer d'affectation en cours de route donc c'est pas impossible que tu commences dans
SPEAKER_00une unité puis que par la force des
SPEAKER_02choses
SPEAKER_00tu
SPEAKER_02viennes à Chamonix
SPEAKER_00par la suite
SPEAKER_02d'accord ok c'est pas exclu
SPEAKER_00alors avant qu'on rentre dans le du coup le vif du sujet avec la vie au sein du PGHM de Chamonix moi je serais curieux de savoir par rapport à ton parcours si on remonte encore un peu plus en arrière est-ce que tu venais d'une famille toi de montagnards ou de militaires de gendarmes ou c'est un univers que t'as vraiment découvert
SPEAKER_02pour la partie familiale moi je suis originaire du massif central donc on a des montagnes elles sont un petit peu plus plates elles sont un peu plus vieilles aussi c'est des massifs assez anciens c'est là-bas que j'ai fait mes premières armes que j'ai appris à skier ne serait-ce qu'à randonner parce qu'on ne le dit pas mais au début il faut en prendre un peu à randonner monter sur des petits sommets même qu'ils ne soient pas très hauts en dessous de 1500 mètres on va dire il a fallu s'exercer, s'entraîner Et tout ça, j'ai eu la chance de le faire en Auvergne, de faire mes armes en escalade, en falaise, en ski. C'est là-bas que j'ai tout commencé. C'est un endroit où j'ai beaucoup de plaisir à revenir maintenant. C'est ce qui m'a permis aussi, après, de me rendre dans ces grands massifs alpins, on va
SPEAKER_00dire.
UNKNOWNExcellent.
SPEAKER_02Disons que j'ai déjà une base, je n'ai pas des parents qui sont guides comme certains ou qui ont habité directement dans des grandes stations ou des grandes zones montagneuses comme ici, mais j'ai cette culture montagne de par mes parents qui, dès ma plus jeune enfance, nous a amenés l'été à la montagne et les vacances familiales, c'était à la montagne l'été et à la montagne
SPEAKER_00l'hiver aussi, j'ai eu ce
SPEAKER_02chance-là.
UNKNOWNOk. Excellent.
SPEAKER_00l'avis au PGHM du coup à quoi est-ce que alors déjà avant qu'on parle de l'avis au PGHM quand est-ce que tu peux peut-être nous parler des résultats du concours quand t'apprends que ta candidature pour le PGHM de Chamonix est acceptée comment est-ce que enfin qu'est-ce qui se passe dans ta tête et tes premiers jours quand ça y est t'arrives tu vois cette image du secouriste qui se pose à côté de toi alors que tu connaissais pas du tout enfin t'étais très loin de cet univers et finalement là c'est toi qui vas endosser cette uniforme et ce casque qu'est-ce que tu découvres une fois sur
SPEAKER_02place
UNKNOWN?
SPEAKER_02c'est vrai que passé l'émotion des résultats j'ai eu la chance d'avoir ce poste à Chamonix ça dépend des années il y a un peu de chance aussi là-dedans et les années il y a des postes qui sont ouverts et d'autres qui ne le sont pas comme un peu partout dans l'administration dans ces grands services donc il faut aussi un petit peu de chance mais en tout cas pour ma part j'ai eu la chance de choisir ce poste à Chamonix Et oui, déjà, tu mets un peu de temps à t'en remettre. Sachant qu'à l'époque, quand j'ai passé les tests d'entrée, on avait les résultats tout de suite à l'issue des tests d'entrée. C'est-à-dire que tu sortais d'une semaine de 5 jours de tests, avec du ski dans l'eau, des tests physiques où tu fais des journées interminables à marcher avec un sac de 10 kilos sur le dos, des épreuves d'escalade avec des grosses chaussures, à courir. dans tous les sens. C'est des semaines qui sont hyper intenses, à pleuver la nuit, à faire de la concentration. Je ne crois pas que c'est des meilleures. Et c'est vrai que tu es encore vraiment là-dedans. Tu te prépares depuis plusieurs années à cette semaine, cette fameuse grosse semaine. Et à l'issue, tu sors de cette semaine-là. Et puis, nous, on avait la chance d'avoir l'affectation directe. Donc là, on m'a dit, il y a tel poste, tel poste, lequel tu choisis. Évidemment, j'ai choisi celui que j'avais toujours rêvé, celui de Chamonix. Et là, c'est un grand moment de joie. Au début, tu as un peu du mal à à y croire parce que c'est quand même... Alors oui, il y a ce côté-là où tu... penses, tu rêves de venir dans cette unité, mais il y a vraiment tout le travail qui est en amont et je veux dire, t'es autant heureux d'avoir réussi finalement à passer ces tests pour lesquels tu t'entraînes depuis de nombreuses années que le résultat en lui-même. C'est vraiment un mélange de... Je garde encore en tête ce moment-là où on t'annonce que oui, tu vas t'affecter là où j'ai toujours rêvé être. Donc, grandes émotions. J'ai mis plusieurs semaines à m'en remettre un petit peu. Je n'y croyais pas trop, je vais dire. et puis d'autant plus que comme tu le soulignais moi je partais un petit peu aussi loin d'une région je n'étais pas issu d'une génération d'une famille avec une génération de guides je n'ai pas vécu ici dans le milieu de la haute montagne comme certains peuvent être actuellement donc c'est vrai que pour moi c'était encore plus fort de me dire que je partais de mes petites montagnes d'Auvergne et petit à petit j'ai pu grimper des échelons jusqu'à arriver ici à Chamonix pour moi c'était vraiment très très chouette Après, quand tu parles d'arrivée, c'est de pousser la porte. Vraiment, le premier jour où j'ai poussé la porte du PGHM à Chamonix, c'était vraiment waouh. Je crois que là, j'étais vraiment… C'était vraiment une drôle d'impression parce qu'on rentre avec tout ce que ça représente derrière. Parce que comme ces choses-là, en fait, qu'on a tendance un petit peu à mettre sur des piédestals, au début, on rentre, on se sent vraiment tout petit. On rencontre des gens, des anciens… Et là, on se dit, wow. Et tu le dis, finalement, une fois que tu rentres là, c'est encore que le début, au vu de tout ce qui te restera après. Et je pense qu'on l'évoquera. Mais beaucoup d'humilité, beaucoup de très impressionné quand je suis
SPEAKER_00rentré. C'est des mots. Du coup, je suppose que la sélection, le concours ne suffit pas. J'imagine qu'après, il y a des formations ou en tout cas que tu ne pars pas tout de suite sur des missions. Non. donc comment ça se passe on va dire cette arrivée tu vois dans le groupe et cette prise en main des techniques du matériel etc ça dure combien de temps à peu près
SPEAKER_02ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02ça dure on va dire environ 5 ans si on veut alors c'est vrai que toi quand t'arrives tu te dis bah ça y est mais non en fait on met vraiment le pied à l'étrier et on peut dire qu'un secouriste qui arrive à l'unité en règle générale actuellement je parle pas des profils où les gens ont déjà été formés dans nos unités et qui viennent, comme je te le disais tout à l'heure, en seconde affectation, troisième affectation. Là, je te parle vraiment des jeunes qui vont sortir des tests d'entrée en PGHM et bien souvent, il va leur falloir du temps parce qu'il y a plusieurs cases à cocher. La première, ça va être effectivement de se perfectionner sur tout ce qui est technique de secourisme. Alors là, tu vas avoir vraiment des formations au centre de formation qui est dédié à ça. Donc, le centre de formation du des secouristes en montagne, en gendarmerie, ils se situent à Chamonix. Donc, ça tombe bien. Pour une fois, ce n'est pas trop loin. Quand tu habites à Chamonix, c'est bien agréable par rapport à une camarade qui habitait dans les Pyrénées, qui se tapait de l'eau. En tout cas, j'avais ce chance-là déjà d'être à côté. Donc là, tu enchaînes un cursus de, on va dire, de presque deux années où tu vas alterner des formations en secourisme. Secourisme, alors après, c'est du secourisme général, du secourisme adapté, alors en parois, sur le glacier, dans le milieu à En PGHM, on doit être capable d'intervenir dans tous les milieux, que ce soit la verticale, l'horizontale, du glacier ou de l'aquatique. Ça demande une somme de connaissances assez importante. Cette formation va se dérouler pendant plusieurs années au centre de formation, comme je le disais à Chamonix. Elle va te permettre de t'aguerrir aux techniques. Là, on parle vraiment de techniques de secours. C'est les maniques de cordes, c'est les maniques hélicoptères, de treuillage des choses comme ça et des manutes de secourisme comment on prend en charge une victime qui est traumatisée qui a tapé la tête qui a un problème à la colonne c'est vraiment de la technique donc là tu as une somme de choses à apprendre pendant ces 2-3 années et en parallèle tu as une formation on va dire de police judiciaire adaptée à la montagne je m'excuse on est tous gendarmes la différence c'est que nous on est secouristes mais après le secours on a aussi cette phase on peut avoir cette phase d'enquête donc elle nécessite d'avoir des connaissances on va dire juridiques et judiciaires donc tous les secouristes seront menés à être officiers de police judiciaire comme les collègues qui sont en fait en brigade de gendarmerie traditionnelle donc il va falloir ingurgiter un petit peu tout ça donc ça ça prend un à deux ans aussi ce volet on va dire judiciaire où là tu apprends vraiment tout ce qui est textes de loi, le code pénal, le code de l'environnement, on peut aussi intervenir sur des choses comme ça, des infractions liées à l'environnement. Donc voilà, tu as vraiment ce volet judiciaire qui est assez conséquent, qui est aussi important en fait que le reste, parce que notre métier, comme je le disais, c'est secourir, mais aussi, on est là pour constater s'il y a eu des manquements à la réglementation, si un professionnel est mis en cause. Voilà, donc l'enquêteur, nous, on se retrouvent en fait les gendarmes enquêteurs et nous sommes les yeux, on va dire, du procureur, donc c'est celui qui chapeaute tout ça au niveau de l'institution, c'est le procureur de la République qui, lui, n'a pas la spécialité et la compétence en montagne, donc il compte sur nous et sur notre regard de gendarmes et de secouristes en montagne pour définir si parfois il y a eu des manquements, des fautes, des responsabilités à engager sur les pratiquants ou les professionnels. Donc ce volet juridique, j'ai eu judiciaire, elle est très importante. Les jeunes qui rentrent chez nous, ils doivent aussi bien réussir, que ce soit de la technique, comme je te disais, mettre ses crampons, se retrouver pendu à un hélico ou en paroi, le fond d'une crevasse, mais à la fois aussi être capable de bien comprendre un peu toute la réglementation et puis pouvoir ouvrir les yeux sur un secours. Ça, c'est la deuxième partie. Puis enfin, il y a une troisième partie, c'est les diplômes civils. Alors les diplômes civils, qu'est-ce que c'est
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est par exemple le diplôme de guide de haute montagne, le diplôme de moniteur de ski, par exemple le diplôme de pisteur secouriste. Ça, c'est des diplômes qu'on nous demande d'acquérir au cours de notre carrière. D'accord. C'est des diplômes civils. Si on parle du cursus de guide de haute montagne, on va dire qu'il faut environ 4 ans. Alors moi, c'était plutôt 5, mais maintenant, on va dire environ 4 ans. Et en réussissant tous ces sièges du premier coup, il il faut 4 ans. Donc, si tu veux, le jeune qui va rentrer chez nous, il a quand même pas mal de choses à faire, on va dire. Alors, c'est des périodes de stage qui sont pas en continu, donc le secouriste va revenir à l'unité, va pouvoir mettre, appliquer un peu ce qu'il a appris. Voilà, nous, il sera employé en tant que... pas un stagiaire, on va dire, je sais trouver un peu des mots, mais c'est un secouriste qui pourrait être employé en tant que secouriste, mais il sera forcément chapeauté par un autre qui sera là pour l'épauler, l'aiguiller, l'assister. C'est comme ça que ça va se passer sur les premières années. Et en fait, on aime bien dire qu'en gros, on va dire qu'un secouriste, pour qu'il soit employé avec toutes ses compétences, il nous faut bien 4-5 années pour sortir un secouriste prêt à l'emploi,
SPEAKER_00comme on dit. C'est beaucoup plus intense que ce que je pensais, je n'avais pas du tout en tête le volet, l'aspect légal, judiciaire, juridique. Et pour les diplômes civiques, du coup, c'est une obligation, c'est-à-dire que tous les gendarmes des PGHM sont aussi guides de haute montagne.
SPEAKER_02Alors, ce n'est pas une obligation, c'est fortement conseillé, en tout cas à Chamonix, tout le personnel est qualifié de cette sorte. C'est aussi ce qui te donne le crédit sur le terrain quand tu vas intervenir auprès des professions des moniteurs ou des guides tu es à même de les comprendre quelque part c'est à dire que toi tu arrives avec ton regard effectivement nous on est là pour le secours la première chose c'est le secours c'est toujours comme ça que ça se passe on est là pour aider ou sauver les gens mais après cette partie connaissance du métier de l'autre elle est importante parce que nous on est confronté à des gens qui vont travailler par exemple avec des clients des moniteurs en ski avec aussi des clients en ski des exploitants de montée mécanique qui vont avoir des employés qui vont se déplacer sur des câbles peut-être qu'ils vont avoir un incident un souci tu vois c'est tout ce microcosme de la montagne la moyenne montagne et la haute montagne les gardiens de refuge voilà tous ces métiers qui gravitent autour de la montagne nous on doit être à même de les connaître au mieux et c'est vrai que pour les connaître au mieux quoi de mieux que d'avoir leur formation quelque part
SPEAKER_01je
SPEAKER_02veux dire donc quand les gens ils peuvent c'est vrai qu'ils sont l'institution nous on demande aux gens ce qui présente ces formations alors tu peux les réussir ou pas mais en tout cas c'est le premier objectif des jeunes qui arrivent chez nous à Chamonix c'est d'aller
SPEAKER_00au diplôme d'accord sachant que la durée typique des contrats en gendarmerie c'est combien d'années
UNKNOWN?
SPEAKER_02alors nous il n'y a pas de contrat on va dire comme tu l'entends c'est à dire que quand tu passes les tests d'entrée tu es pris tu rentres en gendarmerie et comme tout gendarme en fait tant que tu passes des aptitudes médicales et que tu fais ton travail, tu restes, on va dire, on
SPEAKER_00est tentu. D'accord, ok. Parce que j'ai eu régulièrement des militaires, pour la majorité, des anciens des forces spéciales, où il y a cette notion de contrat, je crois que
SPEAKER_02c'est 5 ans, il me semble. 5 ans, oui. Nous, il n'y a pas ce format de contrat. Les gens sont de carrière, ils sont gendarmes, après, ils sont militaires de carrière, gendarmes de carrière, et à ce titre-là, il y a toute leur carrière qui peut se dérouler. moment
SPEAKER_00que tu remplisses les conditions. D'accord, ok. Je pensais à ça par rapport à la durée de la formation qui est quand même 5 ans pour former quelqu'un pour qu'il soit 100% opérationnel au max de son potentiel, c'est quand même super long et
SPEAKER_02j'imagine
SPEAKER_00très
SPEAKER_02très onéreux. Oui, c'est pour ça que c'est aussi très spécifique. Comme je te disais, le jeune qui va rentrer va commencer par l'école de gendarmerie, après il va commencer à se va aller présenter ses tests un peu d'entrée. Et s'il les réussit, effectivement, c'est quelqu'un qui, après, dans sa carrière, à secourir sur Haute-Montagne, il va secourir sur Haute-Montagne, tu vois ce
SPEAKER_01que je veux dire
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est quelqu'un
SPEAKER_02qui est hyper spécialisé. Comme dans tous les noms, il y a beaucoup de métiers de la gendarmerie qui demandent des compétences un peu particulières. Et dès qu'on spécialise, on est parti sur sa carrière à faire ça, en fait.
UNKNOWND'accord. OK.
SPEAKER_00Très bien. Une entrée en matière qui est quand même un peu plus longue que ce que j'avais imaginé. 4-5 ans de formation, ça doit être... En réalité, j'imagine que les formations, c'est du non-stop. Une fois que tu as passé les 5 ans, que tu es 100% opérationnel, en réalité, il y a tout le temps, je suppose, des recyclages, des mises à jour, des procédures,
SPEAKER_02etc. Oui, tout à fait. En fait, on ne dit pas un jour que tu as un diplôme et puis après, c'est trop facile de dire que pendant 20 ans, il n'y a plus rien. C'est un métier, on l'évoquera après, tu tu ne peux pas te permettre d'être à la traîne ou d'être en retard, que ce soit au niveau technique. C'est-à-dire que c'est comme partout, il y a des techniques qui évoluent, qui changent. C'est comme dans le numérique, j'ai envie de dire, il y a des choses qui changent, qui évoluent, des nouvelles choses. Et ça, il faut se tenir au goût du jour. Et pour ce faire, soit toi déjà, tu as le caractère à les fouiner et puis à te renseigner auprès des jeunes recrues, parce que c'est assez agréable aussi pour ça, c'est que tous ces jeunes qui rentrent en PGHM, une fois formés, on sait qu'ils ont le dernier discours, la dernière, on va dire, la dernière update, que ce soit en Alpi, sur les techniques ou en secourisme. Donc, on peut se renseigner auprès d'eux. Puis après, oui, comme tu le dis, on a des stages de recyclage, que ce soit sur le secourisme, sur le guide d'Haute-Montagne. Alors, on a régulièrement des items de formation qui sont quand même moins conséquents qu'au début quand t'arrives. T'arrives, t'as un peu l'impression de prendre la foudre. Tu te dis« Waouh, il y a quand même tout ça à faire encore.
UNKNOWN»
SPEAKER_02Tu sais que tu es, mais bon, voilà. Un peu en alternance, on va dire, au début. mais c'est chouette c'est vraiment des chouettes années où tu as des on va dire que bien souvent les gens qui rentrent en PGHM c'est des petites promotions cette année par exemple ils sont 12 ou 13 c'est des petites promotions qui se suivent et qui vont faire toute leur cursus ensemble et ça c'est humainement c'est vraiment chouette parce que tu te suis avec des gens et tu te revois à certaines échéances et puis tu peux échanger et dire allez toi ça se passe comment dans ton unité parce que forcément au milieu t'en auras qui sont dans les Pyrénées d'autres qui sont dans les Alpes d'autres qui vont être peut-être en Corse et tu vas pouvoir échanger un petit peu avec ces gens qui seront un peu tes références au final parce que tu as commencé avec eux et tu évolueras dans ta carrière avec eux
SPEAKER_00quand tu dis un peu plus d'une dizaine de personnes c'est pour toutes les antennes PGHM
SPEAKER_02oui ah ouais d'accord c'est pas beaucoup sachant que nous on est vraiment une petite partie du volume national du personnel en gendarmerie on est environ 300 personnes en
SPEAKER_00PGHM
SPEAKER_02c'est pas énorme c'est une petite goutte d'eau dans le volume de la masse de la
SPEAKER_00gendarmerie ok tu vois j'avais pas du tout cet ordre d'échelle en tête je pensais que c'était beaucoup plus c'était beaucoup plus nombreux
SPEAKER_02non on est pas très nombreux il y a on va dire une vingtaine d'unités et la plus grosse unité c'est à Chamonix où on est quasiment on va dire 40 personnels mais très vite tu vas te retrouver sur des unités où on va tomber sur 20 à 25 personnes et puis la plupart des unités, c'est 12 personnes. Donc, tout ça pour dire qu'on n'est pas très nombreux et que par le jeu des mutations, c'est-à-dire que si tu veux, tu as l'opportunité de pouvoir te déplacer, d'aller d'une unité à l'autre, de dire là, je vais faire 4 ans là. Donc, pour ta carrière, tu peux être amené à bouger. Déjà, si tu as envie d'aller voir comment ça se passe, rien ne t'empêche. Tous les ans, il y a des places qui sont disponibles. On dit, est-ce que tu veux bouger
UNKNOWN?
SPEAKER_02OK, il y a une place disponible dans les Pyrénées, à Pierrefitte, par exemple. Vas-y, tu peux y aller, tu postules avec d'autres et peut-être que tu vas être retenu pour aller là-bas. Ça te permet d'échanger, d'aller voir comment ça se passe dans d'autres massifs
UNKNOWN?
SPEAKER_02Excellent. Chose que je n'ai pas faite. Je ne suis pas le bon exemple. Tu es bien un chamonix. Tout à fait. Mais en tout cas, c'est un petit microcosme, le secours en montagne. Et je dirais même plus, avec nos camarades qui sont à Pompiers ou au CRS, c'est pareil, on se connaît un petit peu comme ça. Au niveau national, en secours en montagne, en PGHM, on arrive à peu près à
SPEAKER_00voir qui est qui. OK. Bien. Les missions
UNKNOWN?
SPEAKER_00puisque je pense que tout le monde voit à peu près ce que fait le PGHM, tout le monde a déjà vu des images du PGHM, l'hélico, ce fameux hélico bleu, tout le monde a renaché en mode tenue, presque tenue de combat, c'est quand même un univers militaire, donc avec de l'équipement aussi exigeant, je pense, que ce qu'on peut retrouver dans d'autres unités de l'armée. Est-ce que tu pourrais peut-être nous raconter ta première mission, vraiment la plus marquante
UNKNOWN?
SPEAKER_00parce que je suppose que vous sortez énormément donc il y a peut-être des missions qui sont avec des enjeux peut-être un peu moins importants ou qui laissent moins de traces donc c'est pour ça que je te demande je ne te pose pas une question par rapport à ta première mission mais plus par rapport à celle qui t'a vraiment marqué en
SPEAKER_02premier tu as raison de le souligner en fait il
SPEAKER_00y a ce qu'on voit de l'extérieur ce que
SPEAKER_02toi tu vois ce que les gens voient ce côté un petit peu extraordinaire et bien souvent ce n'est pas forcément les secours les plus impressionnants, on va dire, du vu de l'extérieur, qui sont les plus marquants pour les secouristes, pour nous. C'est ça qu'il y a des choses qui, de l'extérieur, elles semblent vraiment impressionnantes. Quand tu arrives en pleine paroi avec un hélico, tu es pendu au bout de ton petit câble à 90 mètres de hauteur, c'est le maximum, en parenthèse, du câble, c'est pour ça que je dis 90 mètres, mais souvent, ça peut être 10, 15 mètres. On va dire que 90 mètres, quand tu es pendu au bout de cet hélico et que tu arrives dans une paroi, au début, c'est vraiment impressionnant. Euh... Le système, il est fait qu'en fait, au début, quand tu es jeune secouriste, comme je te le disais, on va dire qu'une fois que tu es à peu près tout équipé, bardé de tous tes diplômes, divers et variés, comme on l'a évoqué, tu ne te retrouves quand même pas tout seul dans cet hélico. Au début, tu te retrouves avec quelqu'un qui est un peu comme un parrain, un grand frère qui est là pour t'aiguiller. Et puis, de toute façon, qui endosse le rôle de chef. On appelle ça un chef de caravane. C'est un peu bizarre comme terme. Le chef de caravane, c'est celui qui va conduire l'opération secours. que ce soit deux personnes, comme bien souvent, on évoquera. Mais nous, dans l'hélicoptère à Chamonix, ici, on travaille avec toujours deux secouristes et un médecin dans l'hélico. Et du coup, on a des opérations pour le quotidien, pour quelqu'un qui sera, par exemple, pris une entorse sur un sentier, qui sera perdu en montagne, qui peut-être sera malade, je veux dire, tu peux être malade en bas dans les vallées, mais ça peut t'arriver en montagne avec du mal de tête, on appelle le mal des montagnes. Voilà, toutes ces opérations-là, on va dire qu'elles consomment peu de personnel et qu'avec un hélico, avec deux secouristes et un médecin, on fait à peu près le quotidien des interventions. Mais certaines interventions, on va être beaucoup plus nombreux, on va On évoquait tout à l'heure des crevasses, des avalanches qui vont vite nécessiter du monde pour rechercher et peut-être même d'autres services et peut-être même des pisteurs, plein de gens autour. Donc là, il va falloir avoir une compétence de chef d'opération et de chapeauter tout ça. C'est pour ça que je te disais, il y a toujours un chef d'opération dans ce binôme qui lui est en même capable de chapeauter des opérations d'ampleur. Parce que le matin, il va aller à des aides au pied de l'hélico, tu ne sais pas ce qui va t'arriver. C'est un peu aussi un des des trucs qui sont vraiment chouettes dans ce métier, c'est qu'il n'y a pas de routine. C'est-à-dire, tu arrives le matin, autant tu ne vas rien faire. C'est assez rare, mais ça peut arriver. Et autant, il y a des fois, tu vas te faire 10, 15 secours, ça peut arriver. Donc, en fait, ne sachant pas sur quoi tu vas partir, nous, derrière, il faut qu'on soit, entre guillemets, on dit armé, il faut qu'on soit prêt à intervenir, surtout que ça soit, comme on le disait, de la petite enfance jusqu'à la grosse avalanche d'ampleur, comme on l'entend, par exemple, dans les médias, c'est souvent celle qui marque un peu les gens. Et ces opérations-là, il faut qu'elles soient chapeautées par des gens qui ont la compétence. Donc, dans ces équipes, tu n'es jamais tout seul, pour en revenir à notre sujet, c'est que toi, jeune secouriste, tu n'es jamais seul. Et bien souvent, les secours que tu vas faire un peu, ton collègue va te laisser faire, c'est des secours où il pense que tu es capable de faire, mais c'est rarement des trucs trop compliqués au début de ta carrière. Donc au début, j'ai des souvenirs de secours, c'était pas forcément les plus impressionnants comme on disait pendus au bout d'un câble en pleine paroi mais des gens qui avaient des personnes qui avaient vraiment besoin de secours et qui pleuraient et qui étaient dans un état de panique absolu sur un sentier pour tituer la scène en montant vers le refuge qui s'appelle le refuge Albert Cormier c'est un petit refuge en haute montagne et là je suis tombé sur une famille qui était en panique totale et moi j'étais préparé on va dire techniquement c'était pas ce qui me posait le problème sur ce cours là mais ce qui a été dur pour moi, c'est de prendre, on va dire, en pleine figure, un peu la détresse des gens, tu vois. La détresse des gens, et là, en l'occurrence, c'était des gens qui pensaient qu'ils allaient mourir là, alors qu'en fait, non, ils n'allaient pas mourir là parce qu'on allait les aider, que ça allait bien se passer. Et bien ça, c'est un secours qui m'a marqué, alors qu'il n'y avait pas une consonance technique extrême ou tout ce qu'on peut imaginer dans le plus extravagant. Mais d'avoir à gérer, ne serait-ce que cette partie émotionnelle, ce stress chez les gens qui, au au final, leur disait faire n'importe quoi, c'était un souvenir assez fort.
SPEAKER_00Comment tu gères ça, du coup, quand en face de toi, tu as de l'humain qui ne répond plus de manière rationnelle, qui est complètement paniqué, qui est en perte de moyens
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est souvent quelque chose où, quand on peut, on va se poser à côté des gens, on va essayer déjà de les ramener au calme, bien souvent avec des choses concrètes, en leur disant« voyez, je suis debout, on ne va pas tomber plus bas». Souvent, les gens sont paniqués parce qu'ils ont des passages techniques, ils ont peur de tomber, ou ils sont accrochés par les mains pour citer cet exemple de la randonnée on peut le retrouver en escalade ou partout c'est des gens qu'on peut déjà ramener à calmer et bien souvent le calmer c'est que déjà nous il faudra déjà qu'on soit calme donc quand t'arrives que t'es projeté dans ces terrains là c'est pas toujours évident d'être calme parce que comme je te disais ça peut être quelqu'un sur un sentier mais quelqu'un qui a pu se perdre et qui est plus sur un sentier ou qui est coincé on appelle ça des embarrés qui sont coincés dans des barrages c'est ce qui me vient à l'esprit tout de suite et donc toi t'évolues déjà dans un milieu où il faut que tu sois à l'aise parce que sinon si t'es pas à l'aise tu peux pas aller passer la bonne parole aux gens donc il y a déjà un petit peu tout ça qui compte et nous qu'on soit un peu calme zen ça va déjà beaucoup dégonfler la situation parce que ces personnes là qu'on va chercher dans ce cas là ils sont souvent auto-alimentés par eux-mêmes ou par leurs accompagnants en fait qui vont donc bien souvent ça se traite en calmant les gens en discutant en disant voilà on est là il n'y a plus de problème maintenant on va trouver une solution et ça se passe souvent comme ça et ça passe plutôt bien on va dire ok Il y a rarement des cas où le médecin doit intervenir. Ça peut arriver que la personne, c'est plus que psychologique, c'est physique. Il faut peut-être une sédation du médecin, que le médecin intervienne pour lui mettre quelque chose qui va la calmer, la tranquilliser. Sinon, on ne va pas pouvoir la mobiliser, la faire monter dans l'hélico ou la déplacer. Ça peut arriver aussi, mais c'est plutôt rare.
SPEAKER_00Et à l'inverse, ça t'est arrivé de te retrouver dans des situations de secours où les personnes étaient pour le coup complètement tétanisées, c'est-à-dire incapables, à l'inverse, c'est-à-dire qu'il n'y a plus personne qui répond, les gens sont conscients, mais incapables de suivre tes instructions, ils attendent la
SPEAKER_02mort. Oui, ça arrive, c'est des gens qui sont en stress dépassé, ils se retrouvent en état de choc, c'est un état de choc psychologique, tout simplement, parce qu'ils ont vu un accident, parce qu'ils sont retrouvés dans une situation où ils ont vu que ça allait passer, quelque part. Et c'est vrai que ça, c'est des situations où les gens sont complètement prostrés, figés sur eux-mêmes. Et là, c'est peut-être ces cas-là, justement, où on va se faire assister avec le médecin pour trouver une solution médicale au problème. Parce que, quelque part, nous, le problème, c'est qu'on se situe dans un milieu hostile, on intervient dans un milieu hostile et qu'il bouge en permanence On n'est pas sur un fond de vallée où tu peux prendre le temps. Nous, des fois, déjà, du fait qu'il y a peut-être d'autres interventions derrière, on ne peut pas avoir toujours le temps de passer une heure sur chaque secours. S'il faut, on le fera, mais ce que je veux dire, c'est un milieu où, des fois, il faut savoir aller vite pour sortir des dangers qu'il y a autour de toi, c'est-à-dire des chutes de glace, qu'on appelle des seracs. Tu peux avoir une victime qui est coincée à un endroit où, finalement, elle n'est pas blessée, mais elle se retrouve de par sa peau en position où elle peut le devenir parce qu'on est sous un couloir avec des chutes de pierre, on est sous des risques de chute de glace ou des risques d'avalanche ou des choses comme ça. il faut prendre en compte tout ça, c'est
SPEAKER_00qu'on intervient dans
SPEAKER_02un milieu qui est quand même assez
SPEAKER_00hostile. Oui, et puis ne serait-ce que par exemple le carburant pour l'hélicoptère, c'est une notion que je n'avais pas du tout en tête et il y a deux choses qui m'avaient vraiment marqué dans un des deux livres de Pascal Sancho, le CRS dans le livre que j'évoquais tout à l'heure c'est les conditions l'aérologie en montagne et les contraintes type carburant c'est un truc tout bête mais ça revenait régulièrement en fait le fait que c'est dans les missions qu'il racontait l'autonomie d'hélicoptère c'était quand même souvent un facteur un peu limitant ça et l'aérologie où il expliquait l'exemple qui m'avait vraiment marqué c'est qu'il expliquait qu'il y avait des pilotes d'hélicoptère vraiment aguerris mais on va dire des pilotes de plaine des gens qui avaient des centaines ou plus de mille heures de vol au compteur donc qui étaient vraiment maîtrisant sur les engins et quand il débarquait en montagne où l'aérologie apparemment est complètement différente en fait c'était presque un redémarrage à zéro il expliquait qu'il avait vu des pilotes encore une fois 20 ans de carrière dans le civil derrière les mallettes d'un hélico en transpiration absolue à un mètre d'une paroi à presque plus réussir à contrôler l'hélico alors qu'à côté il y avait un gars l'instructeur qui lui faisait ça en lui parlant en regardant gardant sur le côté, enfin, complètement détendu, quoi. Donc, ouais, il y a un certain nombre de facteurs à
SPEAKER_02prendre en compte. Je t'ai même évoqué, ça, c'est des pilotes,
SPEAKER_00c'est un autre, encore un autre domaine, c'est des gens, ils sont incroyables. C'est des pilotes du PGHM, du coup
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pardon, je te
SPEAKER_02coupe, mais... En fait, on vit souvent les pilotes du PGHM, mais les hélicos en gendarmerie, si tu veux, c'est vraiment une unité à part, carrément. Et on va dire qu'ils ont une unité à Chamonix. Donc, nous, avec les hélicos effectivement on dit les hélicos du PGHM parce que quand eux ils sortent les hélicos c'est pour aller en secours en montagne donc pas mal de gamme souvent fait mais en tout cas eux c'est vraiment une unité à part n'empêche qu'on est avec eux tous les jours comme tu dis on travaille avec eux tous les jours et oui ça c'est un des maillons clés on va dire on parle des secouristes mais sans hélicos tu vois on fait plus grand chose ou alors beaucoup plus lentement et plus difficilement et ça c'est un volet qu'on n'aborde pas souvent mais on parle beaucoup du secours pour hélicos, mais c'est vrai que ici, notamment à Chamonix, c'est un peu vrai de partout, mais ici, dans un massif avec de la haute altitude à plus de 4000 mètres d'altitude, on a quand même pas mal de cas chaque année, voire même chaque semaine, ça se passe l'été, où l'hélico ne peut pas intervenir. Ou alors qu'à moitié, c'est-à-dire que l'hélicoptère, comme tu l'as dit, on a des pilotes qui sont assez incroyables. Et si eux nous disent qu'ils ne peuvent pas faire, c'est que vraiment, ils ne peuvent pas faire. Donc, ils vont nous proposer des solutions intermédiaires parfois, c'est-à-dire... va monter peut-être jusqu'à 2000 mètres d'altitude et on vous posera tout ça avec votre matériel, et bien nous on aura toujours gagné les 1000 mètres de différence entre Chamonix et cet endroit-là. Donc on va combiner des techniques comme ça, on va prendre des remontées mécaniques, on va essayer de trouver tous les systèmes pour gagner du temps, mais beaucoup de fois, comme je te disais, peut-être une fois par semaine pour l'été qu'on vient de passer, il va falloir y aller à pied ou l'hiver à ski, et là les secours, on se rend compte que du coup c'est plus pareil. En plus de minutes, on parle d'heures, de journées, même des fois plus que de nuits. Mais bon, il va falloir quand même faire le secours quand on aura décidé d'y aller et par tous les moyens, on essaiera d'y aller. Donc, ce sera plus ou moins long. L'hélico, c'est 98% des secours actuellement réalisés. Tout se fait en hélico. Le reste, c'est à pied ou en véhicule, mais c'est à la marge quand même. Mais bon, bien souvent, c'est les secours qui marquent le plus, c'est ces secours où on n'a pas l'hélico. C'est très engageant, c'est très exposant pour nous et c'est des secours qui laissent des traces parce que et où physiquement et où c'est des aventures où comme tu le devines si l'hélico il monte pas c'est qu'il fait mauvais bien souvent et c'est des secours à fort dose émotionnelle
SPEAKER_00on va dire peut-être ça ouais je suppose ouais et donc là quand vous partez à pied c'est ça qu'on appelle les fameuses caravanes d'où le chef de caravane
SPEAKER_02c'est ça ça vient un peu de l'histoire du secours en montagne avec les caravanes Vincent d'Henry c'est ce secours là pour marquer l'histoire de l'alpinisme un peu et euh Du coup, le terme caravane vient de là. Effectivement, ces secours, si c'était 50% des secours il y a 30 ans, maintenant, on a quand même inversé la tendance parce que les hélicos sont devenus de plus en plus performants. Les équipages aussi, on parle du pilote et du mécanicien. En sachant qu'un hélico, il y a toujours deux personnes dedans. Il y a un pilote et un mécanicien de bord. Le mécanicien, c'est celui qui va gérer tous les paramètres avec le pilote, regarder l'environnement, les approches. et c'est surtout celui qui va gérer le treuillage des personnels c'est-à-dire la descente au câble parce que le pilote il pilote l'hélico il est devant et il ne peut pas on va dire treuiller des secouristes donc ça c'est vraiment le métier du mécanicien au bord qui est d'ailleurs mécanicien treuilliste lui il va treuiller les secouristes donc en fait c'est un binôme qui est indissociable et quand on part en hélico en mission de secours on se retrouve donc avec ce pilote ce mécanicien les deux secours et le médecin ça c'est le set on va dire classique quand on part donc c'est incroyable parce que ça t'impose d'avoir nous on a vraiment la chance d'avoir des pilotes qui sont vraiment incroyables Le truc, même, c'est qu'à la fin, on arrive à se dire... On banalise un peu ce qu'il faut, mais on commence à dire que c'est deux trucs différents, en fait. Il y a être pilote d'hélicoptère et être pilote d'hélicoptère en haute montagne. Et là, tu rentres dans un truc où, déjà, il se compte sur le... Il n'y a plus beaucoup de personnel qui sont capables de faire ça, des pilotes d'hélico en haute montagne. Et après, on rajoute une petite briquette dans le mauvais temps, dans des conditions dégradées, avec du vent, des choses comme ça. Le mauvais temps, il n'est pas dans ce qu'on voit. Il peut faire un grand ciel bleu, mais avoir 90 km de vent et là, il faut que tu aies des pilotes hors normes pour arriver à placer les hélicos au bon endroit. Nous, on ne s'en rend plus compte, mais c'est vraiment des gens qui sont vraiment ultra performants dans leur domaine. Donc, tout dans l'hélicoptère, il va falloir, c'est vraiment un sport d'équipe, c'est comme dans un match, c'est comme dans une équipe de football un peu, parce qu'il y a des secouristes, mais toi, tu ne peux pas dire, moi, je vais faire ci, je vais faire ça, ça ne se passe pas comme ça, c'est-à-dire qu'il va falloir composer avec ton équipage, le médecin, et comme ça tu te retrouves dans l'hélico à discuter c'est un échange permanent au cours de la mission que ça soit de la petite mamie qui se sera fait une entorse de cheville sur un chemin à quelqu'un coincé en haut des grandes jorasses qui n'arrive pas à sortir ou qui est blessé dans une paroi de plus d'une mètre le système pour nous c'est la même chose on va monter dans l'hélico on va tous échanger c'est à dire les contraintes alors c'est quoi tes contraintes à toi ok donc toi d'accord le vent et tout tu penses qu'on va pouvoir faire 6 ça, ok, tu vas pouvoir me troller, oui, non, ok, toi le médecin, t'en penses quoi, pour toi ça va être jouable, écoute, ça me semble un peu raide peut-être là, écoute, de ce que j'entends à la radio ou au téléphone, il m'a l'air quand même bien blessé, il va peut-être falloir faire une sédation, voilà. Donc si vous voulez, c'est un discours, ça c'est ce qu'on voit pas, mais tout le temps de transport sur l'intervention, c'est pas un temps où on va regarder le paysage, mais c'est vraiment un temps qui est mis à profit pour discuter de la stratégie du secours et du coup de comprendre en les contraintes de chacun. C'est-à-dire que moi, je ne suis pas pilote et je ne suis pas médecin. Le médecin, il n'est pas pilote. Donc, si tu veux, c'est ça. Le grand enjeu, c'est de faire travailler toute cette petite équipe et d'en sortir le meilleur.
UNKNOWNVoilà.
SPEAKER_00à t'entendre là ce que ça me fait dire c'est que comme beaucoup de choses j'ai l'impression quand ça a l'air facile vu de l'extérieur et que tu es non maîtrisant sur le sujet c'est généralement qu'il y a énormément de travail en amont tu vois typiquement on avait des JO cet été quand tu regardes des épreuves sportives à ce niveau là tu te dis le geste a l'air facile de la même manière quand tu vois un hélico qui arrive temps un peu brumeux le pilote qui pose un patin sur un bout de neige le secouriste qui descend tout est plié en moins de 3 minutes c'est qu'il y a énormément de travail en amont et une complexité impressionnante qui est gérée par tout le monde donc super intéressant
SPEAKER_02c'est un petit peu tout ça souvent on nous dit on n'aime pas trop d'ailleurs cette histoire de cap de super héros de choses comme ça parce que c'est pas qu'on n'est pas meilleur que les autres en fait je pense que surtout on est paré à des situations, on s'entraîne pour ça toute l'année, c'est-à-dire que t'es bon parce que tu répètes le geste X fois, tu vois ce que je veux dire
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'était l'exemple du fait du drift, on appelle ça du bac à sable, c'est que, voilà, ça c'est une partie aussi de notre travail, c'est les entraînements, il y a beaucoup d'entraînements, alors ça peut être des entraînements, on va dire, très succincts, c'est-à-dire sur des nœuds, des techniques, des choses comme ça qui se consomment, ça peut être des entraînements en hélico, ça peut être des entraînements avec des médecins, on va se faire des simulations d'arrêt cardiaque, des simulations, des scénarios, c'est du matériel maintenant qui le permet, c'est assez incroyable, de te mettre vraiment dans des situations où le médecin, par exemple, je suis en tête, où il va te dire, ok, on va avoir une fausse victime et puis on va dérouler le scénario avec la victime qui va empirer, empirer, empirer partout et créer des scénarios où on se met vraiment dans le dur. Et ça, c'est vraiment ce qui nous fait avancer déjà nous en tant que personnes et c'est ce qui nous fait avancer en termes d'équipe parce que je pense que tu l'auras bien compris c'est que c'est vraiment un sport d'équipe ce secours en montagne et que moi tout seul en tant que secouriste je ne ferais pas grand chose le pilote s'il n'y a pas de secouriste il ne va pas descendre de l'hélicoptère et pareil pour le médecin c'est à dire s'il n'y a pas de secouriste pour aussi l'aider l'assister c'est difficile et c'est vraiment cet équipage cet ensemble de personnes qui fait qu'on va réussir le secours et qu'on va y arriver et comme tu le dis c'est beaucoup beaucoup d'entraînement de répétition et je pense qu'on est très bon à répéter les choses en fait c'est sur tout ça et à se faire des schémas d'intervention des schémas de secours des schémas voilà on a beaucoup de protocoles et c'est un peu ce qui nous sert à la fois de pas trop tomber dans l'humain dans l'affect quand tu interviens ça c'est une partie importante par rapport à tout ce que tu vois parce que ça peut être des choses agréables pour les yeux mais des fois c'est pas tout le temps le cas et ça il faut arriver à s'en sortir et pas être complètement fusillé ou bloqué par rapport à tout ce que tu vois donc C'est en ayant
SPEAKER_00ces canevas, en répétant ces scénarios qu'on arrive à être performant, je pense.
SPEAKER_02Le drill, le bon vieux drill. Le bon vieux
SPEAKER_00drill, oui. Puisque tu viens de l'évoquer, ça allait être une de mes questions à un moment donné, le rapport à la mort, en tout cas aux situations humainement dramatiques. Comment tu apprends à le gérer
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce qu'on peut vraiment se blinder complètement face
SPEAKER_02à
SPEAKER_00ça
UNKNOWN? Alors...
SPEAKER_02Non, on ne se blinde pas face à ça, c'est sûr, c'est une certitude. On ne peut pas se blinder parce qu'on est des hommes et qu'avant tout, on est des hommes, on transpose aussi sur notre propre vie, sur notre propre famille, sur tout ça. Donc non, on ne peut pas être blindé face à ça. Et quand tu dis est-ce que ça s'apprend, c'est le bon mot parce que J'ai envie de dire qu'il n'y a pas encore un nombre d'années, mais quand je suis rentré en PGHM, une vingtaine d'années, ce n'est pas quelque chose qu'on apprenait, c'est à appréhender ces situations. Et on va dire que les choses ont bien évolué dans le bon sens et que c'est quelque chose qui, actuellement, est vraiment pris en compte. On essaie vraiment de progresser. C'est vraiment un des axes importants actuels, on va dire, en secours en montagne. d'apprendre à appréhender ces situations, je trouve, à des choses qu'on ne devrait pas voir. Et ça, c'est quelque chose qui s'apprend maintenant. Et quand je suis arrivé, ils se débrouillaient un peu comme ça. C'était un peu de la petite cuisine. Tu faisais tes petites recettes. Tu disais, bon, qu'est-ce qui marche bien pour moi
UNKNOWN?
SPEAKER_02Comme ci, comme ça. Maintenant, c'est quelque chose, on a des professionnels qui interviennent, des psychologues, des gens comme ça, qui viennent nous aider à appréhender toutes ces questions que tu évoques sur la main. sur la perte d'un proche des choses comme ça et ça maintenant c'est un peu plus dans l'air du temps et c'est pris en compte en tout cas depuis un petit moment déjà et on se retrouve avec des secouristes qui arrivent un peu mieux armés face à tout ça actuellement la parole aussi la liberté on va dire d'expression au sein de l'unité au sein des institutions c'est super important que ça soit dans toutes les institutions il y a des choses qui étaient plus ou moins un tabou avant. Et ça, ça en faisait partie, le sujet de la mort des personnes qu'elle allait chercher. Et c'était quelque chose où tu restais un peu avec tout ça. Et actuellement, la tendance, elle a quand même bien évolué, changé. C'est que les jeunes secouristes, tout ça, ont tendance à plus facilement en parler. On en parle déjà plus entre nous. On peut être aidé par des psychologues, par tous ces professionnels, on va dire, du soin, la santé mentale, qui sont là aussi pour nous aider. Toutes les missions elles sont débriefées ces missions on va dire qui sont à haut risque on va dire à haut risque c'est un peu des bombes à retardement on pourrait dire tout ça c'est mieux appréhendé déjà c'est débriefé à la fin de chaque secours on sent qu'il y a une grosse charge émotionnelle de part à la situation un peu grave Du coup, c'est des choses qui sont déjà débriefées avec un médecin, donc c'est pareil, on a un médecin qui est avec nous et on va en parler entre les secouristes et les équipages s'il le faut. Toutes ces missions sont bien souvent débriefées maintenant, c'est devenu un automatisme, on va dire, ou au moins évoqué entre les secouristes. Et ça, ça permet déjà un peu d'avancer et de cheminer un petit peu. Et puis après, si besoin, il y a toute la partie soins qui peut intervenir derrière.
SPEAKER_00C'est génial ça, parce que j'imagine que sur la longévité au sein du groupe, ça doit avoir forcément un gros impact. Super
SPEAKER_02important, parce que comme tu le dis, c'est des choses, en fait, c'est un peu la loterie. Comme je te disais tout à l'heure, quand tu rentres, tu arrives dans ta journée où tu es là dédié au secours en antenne, à côté de l'hélico avec tes collègues médecins et pilotes, tu ne sais pas ce qui va se passer dans la journée. C'est un peu ce côté excitant, parce que tu ne sais pas, en fait, il va falloir t'adapter. Ça, c'est un peu C'est super intéressant. On va donner une situation et il va falloir trouver des solutions humaines, techniques. Et ça, c'est super intéressant. Mais aussi, ça t'expose à ce genre de situation où tu peux te retrouver dans la même journée exposée une fois, voire deux fois. Parce que si l'élément, si la situation est traumatisante pour la victime, qui va peut-être vivre ça qu'une fois et on le souhaite qu'une fois dans sa vie, pour elle, c'est une situation dramatique. Mais toi, autant, tu vas la vivre deux fois dans la
SPEAKER_01journée.
SPEAKER_02C'est ça que tu ne sais pas. Ou autant, tu ne vas pas la vivre pendant six mois. Et ça, on ne sait pas trop. Ce n'est pas écrit d'avant. Effectivement, en tant que secouriste, en tant qu'homme, tu peux te retrouver un peu trop mêlé à ces situations-là une année. Ça peut arriver. Il y a des années comme ça, on le sait, où tu es surexposé à tout ça. Et puis d'autres, pas du tout. Tu passes un temps entre les mailles du filet et tu vas avoir des secours qui vont bien se passer la plupart du temps. Parce qu'il ne faut pas se mentir. Si le si le métier c'était ça, se retrouver toujours dans cette situation, je pense qu'on serait secouriste pendant trois ans, mais on n'arriverait pas à faire plus longtemps. Je pense que psychologiquement, on serait détruits très rapidement. Ce qui nous aide à nous en sortir, on va dire, c'est comme je le disais, de savoir qu'il y a des gens qui peuvent nous aider. L'échange, le débriefing, il y a aussi le fait qu'on fait beaucoup de choses bien. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de secours qui se passent bien, voire très très bien même. Et quand tu vas chercher quelqu'un qui, si tu sais que ton action, tu n'avais pas été là, elle ne s'en serait peut-être pas sortie, mais grâce à ton action ou à ton action avec tes collègues, elle s'en est sortie, ça, ça te reboost, tu remplis ta jauge de vie, entre guillemets, tu es reparti pour... Tu vois ce que je veux dire
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est-à-dire que c'est ces opérations-là qui font, pour moi, me semble, te permettre d'accepter un peu plus
SPEAKER_01les autres.
SPEAKER_02Tu vois ce que je veux dire
UNKNOWN?
SPEAKER_02Je vois, oui. Hyper intéressant. C'est un peu comme ça que je vois. En fait, on a cette espèce de jauge, là, et... On a besoin de choses positives, on en a besoin. Et heureusement, c'est souvent des choses où on intervient et la victime, si elle s'est sentie en stress ou... pas bien, ou, tu vois, nous, on va les chercher, on se dit, bouf, on les a sortis d'un mauvais pas, ça ne nous a pas toujours exposés, on n'est pas toujours pendus dans des parois ou sous les risques d'avalanche d'un gosse. Pareil, ça, on ne pourrait pas le vivre au quotidien si c'était tous les jours comme ça. Donc, il y a des fois où tu te vois avec ton hélico et tu arrives sur un sentier, tu arrives sur une colline, tu arrives dans un fond de vallée et ça se passe tout bien et il fait beau et les oiseaux chantent. Enfin, je veux dire, tu vois, on est juste allé donner un coup de main aidé ou quelqu'un qui était en détresse à ce moment là mais ça s'est bien fini et toute la situation était bien ce qui fait que nous ça nous a reboussé recharger les batteries comme on dit ouais
SPEAKER_00il y a des interventions où toi tu t'es fait peur c'est à dire que depuis quand tu expliques un petit peu la manière dont fonctionnait on comprend bien que l'objectif c'est d'être fin prêt pour le jour J donc vous répétez plein de scénarios différents il y a des techniquement vous faites tout ce qu'il faut pour être en permanence au fait des dernières techniques etc mais il y a quand même un élément qui est difficile à maîtriser c'est l'élément météo on parlait un peu aussi de l'élément humain plus tôt c'est à quelqu'un qui déveille rouille qui pète un câble pendant un secours, c'est quelque chose de complexe. Mais est-ce qu'il y a des situations où toi, du fait d'éléments que vous ne contrôliez pas trop, tu t'es un peu fait
SPEAKER_02peur
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui. Tout ce que tu cites, dans notre jargon, on appelle ça les dangers objectifs, notamment les dangers objectifs liés à la montagne. C'est-à-dire qu'à tout moment, tu peux avoir une avalanche, tu peux avoir une chute de serac, de glace, là où tu passes. C'est pareil, c'est la loterie. Et ça, c'est des choses, malgré la technique ou Comme tu dis, l'entraînement, on n'a pas de prise là-dessus. Tu vas passer à ce moment-là, aux mauvais endroits, au mauvais moment. On le sait très bien, en montagne, on n'est pas plus fort que l'aimant. Des chutes de pierres ou des avalanches, des choses comme ça, on sait que ça peut arriver. Malgré tout ce qu'on aura mis en place dans les stratégies, ça peut arriver. Ce sont des choses qu'on repousse au maximum, qu'on essaie de diminuer au niveau du risque, mais on sait qu'il y a toujours un risque objectif. J'ai envie de dire, Il y a déjà, ne serait-ce que le risque de l'hélico, parce que quand on parle de l'hélico, on sait que l'hélico, c'est quand même quelque chose, un moyen fabuleux, mais qui est aussi dangereux. Et comme tu l'as évoqué tout à l'heure, quand tu te déplaces dans un milieu en haute montagne, il y a toujours du risque. Quand tu trahis des touristes et que tes pales ne passent pas très loin du bord, tu sais que ça se joue à 2 mm d'action de la main du pilote. Oui, à un moment, on a très confiance les uns en les autres, mais on sait très bien que tout peut basculer assez vite. C'est quelque chose qui est je veux dire qui est intégré quand tu fais ce métier tu sais que personne chez nous je connais personne qui arrive et qui se dit bon c'est bon c'est un métier tranquille il n'y a pas trop de risques on connait on a les solutions pour non on sait que sur ta carrière à un moment ou l'autre il va falloir prendre des risques et que que oui tu vas vivre des situations réussies oui moi j'en ai vécu bien sûr et c'est notamment plus des situations liées à l'hélico qui me sont arrivées ou des frayeurs en hélico des accidents en hélico, il y en a déjà eu plusieurs. Moi, j'ai perdu des copains et des collègues en hélico du PGHL. Donc, oui, on sait que c'est quelque chose, c'est dans un coin de la tête, on le sait, ça peut arriver à une panne moteur, à un toucher de pales, quelque chose comme ça, on sait que ça peut arriver. il y a de l'humain et derrière l'humain, il y a de l'accident potentiel. un moment ou l'autre, on l'a dans la tête. Après, on l'a toute la journée, sinon, on ne pourrait plus faire ce boulot, comme je te dis. Dès que le patin d'hélico sortirait à décoderait, on serait en situation de stress, ce n'est pas possible. Mais on l'a dans un coin de tête, et oui, j'ai eu des situations où je me suis fait en hélico, et aussi sur le terrain, dans des crevasses, avec des dangers énormes de chute de serraques au tumour, où il a fallu prendre des décisions et de se dire... jusqu'où on est prêt à aller tu vois c'est des grandes questions c'est des grandes questions chez nous c'est de dire jusqu'où on est prêt à aller sachant que notre vie elle vaut autant que celle de la personne que je vais chercher tu vois et ça c'est très très compliqué c'est du loin c'est une décision qui est prise à l'instant T avec les conditions qu'il y a à l'instant T l'état d'esprit des gens à l'instant T donc super important de connaître l'état de santé on va dire mental entre guillemets de tes camarades c'est à dire que comme tous les jours t'as vos boulots un jour si c'est mal passé parce que chez toi t'as des soucis ou quoi c'est bien de connaître l'état de chacun et ça là-dessus je trouve que c'est on essaie de le faire plutôt bien sur ces missions à fort potentiel ou à haut risque il y a des discussions qui sont prises en amont il y a toujours cette discussion de dire bon ok la personne qu'on va chercher elle a vraiment besoin qu'on aille la chercher que si nous on n'y va pas ses chances de survie sont vraiment faibles ou nulles donc Ça, c'est des grandes discussions qu'on a. Il va falloir discuter ensemble dans cette petite équipe de secours et dire où est-ce qu'on est prêt à aller avec l'équipe du jour, avec les conditions du moment. Tout ça, c'est une espèce de petite salade qu'il va falloir composer un petit peu avec tout le monde et dire est-ce que je suis prêt à risquer plus ou moins au vu de ce que j'ai, de la situation qui se présente en face de moi. Ça, c'est assez... c'est unique c'est des décisions que tu prends tu peux pas dire que le lendemain tu prendras la même donc ouais il faut oui c'est des situations où si tu acceptes et ben c'est qu'il y a eu un consensus on va dire qui dit ok on y va on y va après on essaie de mettre un peu des pare-feux en disant ok on y va mais on va peut-être pas essayer de plus de 20 minutes plus de 30 minutes on essaie quand même de mettre des curseurs dans le on y va effectivement ça peut tomber d'un coup et là du coup on a tout chaud ouais Mais on sait que si on n'y va pas, de toute façon, la personne aussi va y rester. Après, c'est des questions difficiles. Qu'est-ce que je suis prêt à mettre en face
UNKNOWN?
SPEAKER_02Est-ce qu'il y en a trois qui restent sur le carreau pour sauver une personne
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est des grandes questions. C'est difficile de répondre à ça comme ça. C'est vraiment des choix qui sont faits sur le terrain, avec les personnes présentes, au vu des conditions du moment. C'est forcément des cas auxquels tu es exposé un jour ou l'autre dans ta carrière de secours.
SPEAKER_00C'est très difficile pour quelqu'un comme moi dans le civil qui n'a jamais eu à gérer une situation où il y avait des vies humaines en jeu, d'évaluer... tu vois ce processus le fait de prendre une décision où potentiellement ce que tu viens de dire tu vois du fait d'éléments etc tu décides de renoncer sachant qu'il y a une vie humaine dans la balance ouais c'est difficile enfin quand je t'écoute je comprends que ça doit être enfin que c'est extrêmement compliqué que de toute façon c'est un consensus à trouver etc mais je pense que tant qu'on l'a pas vécu c'est impossible d'imaginer la charge que ça de représenter et de se dire là on rentre il y a quelqu'un sur la montagne et on rentre en fait
SPEAKER_02c'est ça et puis tu vois c'est des décisions c'est pour ça que la haute montagne on va parler de la haute montagne pour le coup mais la pratique j'ai cette image des gens de cet été on a eu des cas de personnes qui sont restées là-haut nous on n'a rien pu faire on a fait tout ce qu'on a pu mais si tu veux on n'a pas réussi à les sauver ces gens-là et effectivement C'est un milieu qui est magnifique, qui est beau, mais quand même qui reste hostile à l'homme. Et quand tout se passe bien, quand la météo est bonne, il n'y a pas de problème. On va dire que quand les éléments se déchaînent là-haut, ce n'est pas une assurance vie de nous appeler. Tu
SPEAKER_01vois ce que je
SPEAKER_02veux dire
UNKNOWN?
SPEAKER_02Nous, on va toujours faire notre maximum. Ça, c'est sûr. Ce courrier sans montagne, je n'en connais pas un qui va dire« C'est bon, je rentre chez moi. Merci.» Non, ce n'est pas comme ça que ça se passe. Les mecs, on va y aller. Après, jusqu'où
UNKNOWN?
SPEAKER_02Il va falloir mesurer. Mais en tout cas, pour l'exemple de ces exemples qu'on a de personnes qu'il faut aller chercher qui pensent que parce qu'on est là ça permet un petit peu tout nous on a envie de leur dire attention dites vous bien que c'est vous les premiers c'est entre vous vous allez vous en sortir donc mettez bien toutes les chances de votre côté sur la météo sur le matériel toutes ces choses là c'est super important parce que nous on aura beau avoir un super hélico des mecs gardés de diplômes de technicité de volonté mais on ne pourra pas tout toujours sauvé tous ces gens-là. Et ça, c'est un message quand même important parce qu'on se retrouve avec des populations de personnes qui pensent qu'au vu de l'équipement, de tout ça, ça leur permettrait de tout faire en tout lieu, en tout temps, en toute heure. Mais non, pas du tout. À un moment, la haute montagne, il y a raison de tout le monde. C'est les éléments, c'est comme la mer. Quand elle est déchaînée, nous, on va essayer d'aller au maximum. Mais à un moment, on ne pourra peut-être pas aller au-delà. Et ça, c'est important que les gens sachent.
SPEAKER_00ça me fait une transition on arrive bientôt au bout j'ai encore deux questions pour toi Frédéric du coup la première c'est tu viens de l'évoquer les comportements en montagne là encore quand on n'est pas dans le milieu j'ai l'impression que depuis plusieurs années on entend de plus en plus en tout cas on met de plus en plus les médias mettent de plus en plus en avant des comportements qui peuvent être un peu irresponsables et qui du coup nécessitent l'intervention d'équipes comme celle du PGHM est-ce que toi de ta fenêtre c'est quelque chose que tu vois c'est-à-dire est-ce qu'il y a de plus en plus de gens qui font n'importe quoi qui montent en sandales au sommet du Mont Blanc, sans eau, sans nourriture, sans regarder la météo
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ou est-ce que c'est vraiment anecdotique et ce n'est pas la réalité de ce que
SPEAKER_02tu
SPEAKER_00vois
UNKNOWN?
SPEAKER_02Alors, oui, ce qu'on nous sert sur l'inconscience, alors, sans rentrer dans une discussion philosophique, mais qu'est-ce que l'inconscience, en fait
UNKNOWN?
SPEAKER_02Moi, je me retrouve face à des personnes qui sont mal équipées, qui sont mal informées, mal entraînées, tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce que c'est ça, l'inconscience. Alors, l'image que On nous sert évidemment de quelqu'un qui se retrouverait en basket sur un glacier à quatre pattes. Je crois que j'en ai peut-être fait un ou deux dans ma carrière. Ce n'est pas beaucoup. Sur plusieurs centaines ou milliers de secours, ce n'est quand même pas énorme. Par contre, je vois des gens qui ne savent pas renoncer ou qui pensent qu'au bout de leur équipement ou de leur connaissance, ils vont pouvoir continuer. Sachant qu'il y a le téléphone portable… tu vois on a créé des éléments un petit peu de sécurité mais qui c'est pas parce que t'as un ARVA l'ARVA c'est un détecteur de victimes en avalanche c'est un appareil électronique qu'on a sur nous c'est comme un petit sonar et quand on est pris dans une avalanche la personne qui est avec nous va pouvoir nous retrouver avec le sien c'est à dire que tout le monde a ce dispositif quand il va en haute montagne ou en ski et en piste et du coup c'est des petites balises qui émettent un signal et du coup c'est avec ça qu'on va retrouver les gens. On s'appelle les Arva. C'est vrai qu'il y en a qui sont de plus en plus performants. C'est toujours qu'un moyen, je veux dire ça, un sac qui se gonfle dans son dos, ça s'appelle un sac Airbag. Pareil, c'est, on va dire, des moyens qu'on a pour plus de sécurité, mais ce n'est pas parce qu'on a tous ces moyens avec le téléphone portable, les applis et j'en passe et des meilleurs, qu'on doit se dire je vais repousser au plus loin mes limites. Tu vois ce
SPEAKER_01que
SPEAKER_02je veux dire
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est des outils qui sont là pour notre sécurité, mais ils ne sont pas faits pour aller au-delà du niveau que j'ai et me pousser dans des situations où je vais mettre forcément dans des impasses ou des situations avec possiblement sans retour j'ai envie de dire moi je vois des gens qui sont quand même globalement bien équipés qui sont plutôt informés mais qui peut-être n'arrivent pas à évaluer ou à imaginer leur objectif par rapport à leur niveau ils évaluent mal d'accord C'est plutôt sur ces profils-là qu'on a des soucis dans ces scénarios qui peuvent vite dégénérer, d'ailleurs, que c'est des personnes qui ont mis la barre trop haute, qui n'ont pas su évaluer la difficulté et qui disent de toute façon, moi, je suis équipé de tout ça, j'ai tout ça avec moi, plus les secours et j'y vais. Mais non, en fait, il y a un moment, malgré tous ces systèmes, ces dispositifs, quand il fait mauvais et qu'il y a 150 km à devant là-haut, personne ne peut monter. Donc ça, ça n'empêchera pas de savoir faire demi-tour au bon moment
SPEAKER_00c'est un peu l'ironie tu l'as évoqué rapidement tout à l'heure l'affaire Vincent Don et Henri j'ai l'impression qu'en fait c'est quel que soit le potentiel technologique humain du secours en fait le pratiquant il a toujours une longueur d'avance sur ce qu'il est capable de faire et qui du coup pourrait amener à des situations compliquées parce que c'était un peu ça en fait si je me rappelle bien Vincent Don et Henri c'était deux jeunes étudiants qui voulaient se faire une ascension hivernale avec finalement des moyens des années 50. Oui,
SPEAKER_02après, la nuance, c'est qu'ils n'avaient pas de prévision météo.
SPEAKER_00Oui, voilà. Mais je veux dire, maintenant qu'on les a, ça n'empêche pas ce que tu
SPEAKER_02expliques. C'est ça. On n'a jamais eu autant de moyens de s'informer. On va dire actuellement, il y a des sites internet, on en a de partout, des sites météo, les gens, on a des précisions quand même. C'est vrai que la météo, ces derniers temps, c'est un peu compliqué, mais dans l'ensemble, on a des pré... Quand tu l'évoques, Vincent Donnery, ils n'avaient pas Après la montagne, c'est un peu la roulette russe. Il fallait voir si les oignons avaient trois épaisseurs ou pas. Si c'était sur des dictons ou des choses comme ça, on disait, ça fait deux jours qu'il fait beau, peut-être que ça va continuer. Maintenant, c'est un peu plus compliqué la météo, mais en tout cas, on a plus de moyens de la prévoir à court terme. Pour la montagne, ce n'est pas pour autant qu'on ne va pas chercher plus de gens dans le mauvais temps. J'ai l'impression que les moyens techniques, finalement, ils n'ont pas tant aidé que ça le pratiquant qui veut à tout prix aller faire le sommet du monde.
UNKNOWNAïe, aïe, aïe.
SPEAKER_00Ok, ça m'amène à ma toute dernière question. Quel conseil, en tant que secouriste expérimenté du PGHM, est-ce que tu donnerais à quelqu'un qui serait en détresse, plutôt en moyenne montagne,
SPEAKER_02haute montagne
UNKNOWN?
SPEAKER_02Comme on dit, c'est déjà une des premières choses, c'est quand on part, que ce soit pour aller randonner, faire du trail ou du ski de randon, c'est d'informer quelqu'un, de dire où est-ce qu'on se situe, quel est le projet de la journée. J'ai prévu d'aller vers ce sommet, j'ai prévu de faire ce sentier. Ça, c'est vraiment la base. C'est-à-dire que si il vous arrive quelque chose, qu'il y ait au moins quelqu'un qui soit prévenu, c'est la base. Mais en fait, on se rend compte, c'est encore pas tout le temps fait dans la pratique en 2024. Et ça, c'est super important que vous ayez toujours quelqu'un qui sache ce que vous faites. Ça peut être aussi le principe de dire, je t'envoie un message quand j'arrive, quand j'ai fini. Ça peut être aussi d'expliquer que là où on va aller, il n'y a peut-être pas... C'est un peu moins le cas maintenant, mais en haute montagne, on a des zones où il il n'y a pas de couverture téléphonique. Souvent, des familles qui sont inquiètes nous rappellent que c'est tout simplement quelqu'un qui n'a pas pu téléphoner ou envoyer un message, ce qui est un peu moins valable dans les zones de moyenne mentale. De bien prévenir quand on a fini, c'est quelque chose qui est important aussi. On a pu faire sa course, sa rando, son sommet, mais au retour, d'informer la personne, ça semble évident, mais c'est aussi ce qui n'est pas tout le temps fait, d'informer celui qu'on a informé de notre départ, de lui dire que c'est bon, c'est bien fini, je suis rentré à ma voiture, je suis chez moi, tout va bien. Ça, c'est la première chose de d'informer quelqu'un c'est d'avoir des moyens de communication avec soi ça semble évident à notre époque et de se dire que la météo elle peut changer vite et peut-être pas partir trop trop souvent trop léger comme on peut le voir et ça plus on monte en attitude et j'ai envie de dire plus la réflexion doit être poussée à dire effectivement le mauvais temps il est annoncé ce soir c'est possible qu'il arrive finalement amedi donc je dois être équipé en fonction c'est-à-dire que j'ai des vêtements adaptés et que si je suis bloqué pendant plusieurs heures sous la cuve de la neige, je suis capable de tenir et je ne suis pas en t-shirt. Alors, du matériel adapté, ça veut dire, par exemple, sur un glacier, d'avoir des chaussures adaptées avec des crampons et pas forcément se retrouver en basket sans équipement comme on peut le voir parfois. Donc ça, sur des pratiques, on va dire, de travail en montagne, ces choses-là, c'est du bon sens et c'est surtout d'insigner où on est, où on va et quand on a fini.
SPEAKER_00Excellent. Eh bien, écoute, c'est noté pour les conseils. Un grand, grand merci, Frédéric, pour ce partage. C'était passionnant d'en apprendre plus sur l'univers du PGHM, ton parcours également, évidemment. Et puis, en tout cas, moi, je repars avec plein d'apprentissages, d'enseignements intéressants en tête. Donc, merci beaucoup une fois de
SPEAKER_02plus. Merci à toi, Loïc. À bientôt.
UNKNOWNSalut.
SPEAKER_00Merci d'avoir écouté cet échange avec Frédéric jusqu'au bout j'espère que vous l'aurez trouvé aussi intéressant que moi c'était vraiment un plaisir d'en apprendre plus sur l'envers du décor du PGHM la vie de secouriste dans cette unité d'élite partagez cet épisode à fond autour de vous pensez à tout simplement parler des frappés c'est une excellente manière de remercier tous ces invités qui prennent le temps de venir témoigner au micro du podcast pour celles et ceux qui souhaiteraient soutenir financièrement cette fois-ci les frappés je vous rappelle que c'est possible sur Tipeee le site internet dont l'adresse est la suivante tipeee.com slash les-frappés c'est à partir de 1€par mois vous pouvez également faire une donation unique chaque euro compte et j'en profite pour remercier du fond du coeur toutes celles et ceux qui sont déjà passés à l'acte et qui contribuent au bon fonctionnement des frappés merci à toutes et à tous pour votre fidélité je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode ciao les frappés