Et ça, c'est quelque chose qui me plaît beaucoup. On met ses baskets, on sort une heure et je veux dire, ça peut être rentable. On peut se mettre la misère en une heure, on peut juste être bien en fait. Et je rentre et je suis tout le temps bien d'une séance de course à pied. Et finalement, quand je regarde le chemin effectué, je me rends compte que de petit pas en petit pas, là, j'ai fait vraiment des pas de géant par rapport à ma vie d'avant. Et c'est vrai que pour le coup, j'en retire une certaine fierté.
UNKNOWNMusique
SPEAKER_02Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires. des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Marie Dorin-Haber est une ancienne sportive de haut niveau en biathlon. Au cours de sa carrière sportive de 2003 à 2018, elle a décroché pas moins de 50 médailles internationales. Le 20 février 2018, elle devient championne olympique du rallye mixte aux côtés de Simon Détieux, Anaïs Bescon et Martin Fourquet. Sous-titrage ST' 501 Eh bien, écoute, bienvenue Marie sur le podcast. Je suis absolument ravi de te recevoir au micro des Frappés. Tu es d'ailleurs, pour information, la deuxième biathlète ou ex-biathlète que je reçois. Est-ce que tu peux deviner le nom de la précédente
UNKNOWN?
SPEAKER_02Tu la connais très, très
SPEAKER_00bien, je crois. Je ne sais pas. Anaïs Bescon, par exemple
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'était
SPEAKER_02Marie-Laure. Marie-Laure.
SPEAKER_00OK, très bien. Oui, je la connais très bien
SPEAKER_02aussi. Yes
UNKNOWN!
SPEAKER_02En tout cas, Marie, vraiment ravi de te recevoir sur le podcast. On va parler, je pense, j'imagine, de biathlon, de sport de haut niveau, de trail également, d'ultra-trail, d'euroconversion. Bref, ça va être absolument passionnant. Ce que je te propose, c'est peut-être pour celles et ceux qui ne te connaîtraient pas, s'il y a des gens qui nous écoutent qui ne sont pas familiers de l'univers du biathlon ou des sports olympiques en général, je te propose de nous expliquer dans les grandes lignes qui tu es, ce que tu as fait et ce que tu fais
SPEAKER_00aujourd'hui
UNKNOWN?
SPEAKER_00Très bien. Alors, je suis Marie-Dorin Haber. Dorin, c'était mon jeune fille et je me suis mariée durant ma carrière et depuis. Voilà. J'ai 38 ans à présent. J'ai fait du biathlon jusqu'à mes 32 ans. Et puis, j'ai eu la chance de faire cette belle première tranche de vie avec des résultats dont je n'avais pas pris pressenti que j'aurais pu monter si haut. Et c'était une très belle expérience. Et puis après, maintenant, c'est la reconversion. Donc, c'est de nouveau une très belle expérience aussi, très différente, avec des nouvelles rencontres, des nouvelles perspectives, des nouveaux challenges. Donc, c'est chouette aussi. C'était un peu court, peut-être.
SPEAKER_02Non, mais de toute façon, moi, j'ai le palmarès sous les yeux. Donc, tu l'as dit avec beaucoup d'humilité que tu as eu une chouette carrière, en tout cas une belle expérience dans le biathlon pour information pour celles et ceux qui ne te connaîtraient pas tu es championne olympique 5 fois championne du monde 4 autres médailles olympiques et je crois plus d'une dizaine de médailles en coupe du monde enfin bon bref tu as été très clairement au plus haut niveau du biathlon pendant un bon moment la question que j'ai pour toi je te disais que j'avais reçu Marie-Laure on en avait un petit peu parlé je suis curieux d'avoir ton avis à toi qu'est-ce qui t'a permis d'arriver à ce niveau-là
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et avec du recul, qu'est-ce qui, pour toi
UNKNOWN?
SPEAKER_02Quelles sont pour toi les qualités indispensables d'une biathlète de niveau olympique
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, je pense que ce qui m'a permis d'arriver à ce niveau-là, ça remonte peut-être… Alors moi, j'ai attaqué le biathlon assez tard finalement. J'ai attaqué à 15 ans. C'est vrai que normalement, je ne suis pas la seule à avoir attaqué tard, mais je veux dire, la plupart des biathlètes attaquent quand même plus tôt le ski de et le biathlon moi j'ai attaqué le ski de fond assez tard aussi vers 13 ans et le biathlon tout de suite derrière en fait c'était un petit peu les deux ensemble comment je suis venue au ski de fond c'est parce que tout simplement des copines faisaient du ski de fond et j'ai eu la chance d'avoir un premier moniteur qui s'appelait Gérard Manceau et qui avait une approche très nature en fait parce que pour moi finalement le biathlon et le parcours du biathlon c'est pas seulement le parcours sportif et la compétition ça a été aussi pour moi le coup de foudre avec le milieu naturel et la découverte de la nature et de l'environnement et c'est très important parce que finalement maintenant l'héritage que m'a laissé le biathlon c'est la protection de l'environnement en fait et ça paraît très paradoxal quand on parle de haut niveau et qu'on en vient là mais j'ai vraiment eu cette première approche très nature avec cette idée un peu comme le grand nord d'aller faire sa trace de parcourir la notion de l'effort aussi mais l'effort dans la neige cette sensation que tout est vierge et que du coup on est le premier y a passé, que du coup tout est fragile. J'ai vraiment découvert ça avec Gérard, qui m'a laissé cet héritage et qui n'était pas du tout compétition. Et puis après, je pense que je devais avoir la compétition en moi, mais ce côté, j'étais curieuse de savoir jusqu'où je pouvais aller. J'ai toujours été comme ça. C'est-à-dire que petite, je me fixais des défis dans les bois, à traverser des ruisseaux sur des rondins debout, à monter en haut d'un arbre. J'étais tout le temps à essayer de me fixer des petits objectifs que j'étais seule à atteindre ou ne pas atteindre mais voilà il n'y avait pas de notion de rivalité envers quelqu'un et j'ai conservé ça et je pense que ça a été mon moteur durant toute ma carrière c'est-à-dire jusqu'où je suis capable d'aller et l'entraîneur du comité Thierry Dussert qui était le même que Marie-Laure est venu faire des je ne sais pas si on peut appeler ça des repérages mais en tout cas est venu faire essayer le tir à la carabine au club de ski de fond dans lequel j'étais et c'est vraiment comme ça que je suis rentrer dans le biathlon. En essayant le tir et tout de suite, le jeu, ce côté très binaire de tu as une cible, tu ne l'as pas, c'est hyper ludique le tir. J'ai tout de suite rentré dedans et j'ai mis le pied dans le biathlon à ce moment-là. Après, l'instinct de compétition, c'est-à-dire cette curiosité de savoir jusqu'où je pouvais aller, m'a poussé jusqu'à intégrer l'équipe de France, jusqu'à faire des résultats. Ça a été le fil conducteur de toute ma carrière, c'était jusqu'où je peux aller dans ce sport, jusqu'où je peux pousser tous les curseurs de la performance envers moi-même. Et voilà. Donc, je n'ai jamais été poussée par mes parents ou par un entourage. La pression, je me la suis mise après quand forcément, après, on a de la médiatisation ou autre chose. Mais c'est vraiment ce sentiment de se dépasser tout le temps et qui reste mon moteur actuel aujourd'hui, de
SPEAKER_02progresser. Excellent. Et alors, cette Cette curiosité, cette quête de ton potentiel, elle t'a amené où
UNKNOWN?
SPEAKER_02Est-ce que tu as le sentiment, dans le biathlon, puis on va parler du trail après, est-ce que tu as le sentiment d'avoir touché du doigt le max de ton potentiel
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, complètement. En fait, j'ai eu la chance finalement d'arrêter ma carrière complètement sur le déclin en sortant par la grande porte. Ce qui est plutôt pas mal. Je m'explique, c'est qu'en fait, je pense que moi, durant ma carrière, on va dire que je me suis révélée à moi-même et peut-être au grand public en 2010 avec une première médaille olympique à Vancouver donc j'ai eu la chance de participer à trois Olympiades différentes et à partir de 2010 on peut dire que ma carrière au niveau international a débuté c'est-à-dire que je faisais régulièrement partie des dix premières biathlètes mondiales avec des podiums de temps en temps j'avais pas un niveau de ski qui me permettait d'y monter souvent c'est-à-dire que je devais compter sur des défaillances de mes adversaires au tir pour pouvoir être sur le podium en faisant la course parfaite de mon côté donc j'étais pas encore au top au top mais voilà Je pense que j'ai eu une progression linéaire à partir de 2010 qui, petit à petit, s'est concrétisée au fur et à mesure des années. 2014, Olympia, c'était les Jeux olympiques de Sochi. Un peu plus compliqué, c'est-à-dire que je me suis blessée au début de l'année. Après, ce n'était pas prévu, mais je suis tombée enceinte. J'ai eu la chance aussi de connaître la maternité durant ma carrière. Je crois que ça a été un autre élément déclencheur, c'est-à-dire que ça m'a enlevé énormément de pression parce que je pense qu'être mère ou être parent d'un coup on n'est plus le nombril du monde que l'on est quand on est athlète que du coup on sait qu'il y a autre chose enfin voilà il y a beaucoup de modifications qui se font de façon inconsciente en fait sur l'approche de la performance et moi ça m'a enfin voilà moi je pense que j'ai fait mes meilleures années c'est ce facteur là combiné au fait que du coup en étant enceinte j'ai pas fait une saison de compétition complète je me suis entraîné plus doucement et je pense que j'ai vraiment capitalisé sur la les années suivantes en fait j'étais au meilleur de ma forme et j'ai eu mon pic de forme en 2016 voilà et puis après comme tout athlète c'est toujours difficile de décider de s'arrêter quand on est au top on se dit toujours mais si ça se trouve ça peut durer un petit moment et du coup je me suis dit bon allez tu continues jusqu'aux prochaines Olympiades en 2018 et c'est vrai qu'à partir de 2016 j'ai décliné quand même donc j'étais de moins en moins en forme 2017 a déjà été une saison en danse et 2018 en fait j'étais complètement sur le déclin c'est-à-dire que j'étais nulle je n'avançais plus rien j'avais beau bien tirer, je ne faisais plus du tout partie des meilleures et j'ai quand même réussi à me sélectionner aux Jeux Olympiques de 2018 voilà, c'est une autre histoire mais avec beaucoup de repos et en acceptant de repartir d'en bas et vraiment de me reposer en acceptant que l'entraînement ça serait de ne rien faire, j'ai réussi à retrouver un semblant de niveau sur la durée des Jeux qui m'a permis finalement de faire une quatrième place, qui m'a permis de me sélectionner sur le relais et qui nous... Après, j'ai eu la chance de participer à ce relais avec notamment Martin Fourcade qui nous sacre. On a ce titre en relais mix au jeu et là, en fait, c'était la certitude absolue de me dire de toute façon, tu ne peux plus descendre maintenant. C'est-à-dire que tu as mangé toute ta feuille et il n'y a plus rien, je n'ai plus rien dans le sac. Et donc, tu arrêtes ta carrière maintenant et la chance de sortir par la grande porte parce que médaillé, parce parce que finalement, l'histoire ne retient que ça. Mais moi, je sais pertinemment que je n'aurais pas pu aller plus loin. Donc ça, je trouve que c'est une sacrée chance dans une
SPEAKER_02carrière. Oui, c'est sûr qu'entre ça et la sortie forcée sur blessure ou contre-performance durable, c'est quand même une belle histoire que tu peux
SPEAKER_00raconter.
UNKNOWNExactement. Oui.
SPEAKER_02Comment ça se passe, la sortie d'un sport de niveau, même si tu expliquais que tu étais arrivé peut-être au bout de l'aventure, en tout cas d'un point de vue performance, j'imagine peut-être aussi un peu plaisir, c'est jamais très agréable de voir qu'on régresse dans un sport, quand on l'a pratiqué à un certain niveau, de voir qu'on n'a plus forcément tout ce qu'il faut pour continuer à performer à ce niveau-là. Mais comment tu la gères, cette phase d'arrêt et de reconversion
UNKNOWN?
SPEAKER_02Combien de
SPEAKER_00temps elle dure
UNKNOWN?
SPEAKER_00À quoi est-ce que ça a ressemblé pour toi
UNKNOWN?
SPEAKER_00J'étais très sereine par rapport à ça pour deux raisons, même trois raisons. D'une part, le fait d'être moins bien sur cette dernière saison, j'avais quand même fait le tri dans toutes les émotions qui pouvaient me submerger à vivre ces contre-performances successives qui ont failli me coûter les Jeux. C'est-à-dire qu'en fait, je ne sais pas, ça devait être décembre, non, c'était en décembre. En décembre, donc nous, la saison de compétition, elle attaque en décembre, elle termine en avril et les Jeux olympiques sont souvent, ou les championnats du monde sont souvent sur la période de février. Donc, quelque part, les courses de décembre et les courses de janvier servent de sélection parce que nous, on a des entraîneurs sélectionneurs, on n'a pas de minima à faire, mais ils prennent les meilleurs du moment. Et en fait, moi, du coup, comme j'avais vraiment des contre-performances successives qui ne me permettaient pas de prétendre à me sélectionner pour participer à ces Jeux Olympiques, en décembre et janvier, je m'étais préparée à arrêter ma carrière comme ça. C'est-à-dire que je m'étais dit, de toute façon, le sport de haut niveau, c'est ça. C'est-à-dire que si tu as des résultats, tu continues. Si tu n'as pas de résultats, forcément tu n'as pas de partenaire, tu n'as pas de revenu financier, et du coup, tu arrêtes. C'est la différence entre le sport de compétition et le sport plaisir, et ça fait partie des règles du jeu qui de toute façon doivent être assimilés pour pouvoir bien le vivre en tout cas moi j'avais vraiment cet état d'esprit là c'était vraiment de me dire voilà de toute façon les règles sont claires là tu n'es pas suffisamment performante si ça se trouve tu vas arrêter ta carrière là et c'est pas grave parce que t'es déjà allé sur un niveau où tu t'y attendais même pas et puis il y a autre chose derrière j'ai la chance d'avoir un contexte familial qui est stable j'ai autre chose à la maison une petite fille j'ai continué mes études tout le long de ma Donc, moi, j'ai un master en écologie et biodiversité. Et du coup, tous ces paramètres-là, j'avais fait un état zéro. C'est-à-dire, de toute façon, si tu arrêtes là ta carrière, tant pis, ça s'arrête. Il y a autre chose qui va redémarrer derrière et ça sera bien aussi. Et puis bon, après, je me suis reposée et j'ai pu participer finalement au jeu et sortir par la grande porte, comme je viens de l'expliquer. Mais finalement, en fait, je m'étais préparée à arrêter. C'est-à-dire que j'avais dit, de toute façon, 2018, ça serait ma dernière année. conjointement à ça on avait un projet c'est surtout mon mari qui a des projets il a beaucoup de projets il a besoin de s'occuper sinon il est infernal donc du coup il y avait un projet de créer une structure d'hébergement pour accueillir des sportifs donc dans le Vercors à Corrençon en Vercors en fait là où on habite et il avait commencé à créer c'est à dire qu'il avait monté le business plan on avait eu les accords etc et il avait commencé à créer cette structure là avec pour objectif de se dire en fait finalement les structures qui accueillent les sportifs en fait les sportifs ils ont besoin de bien manger enfin disons des vacanciers comme nous comme moi on cherche des endroits où ils peuvent bien manger se reposer et surtout aller faire du sport de pleine nature et donc nous la structure elle est vraiment donc ça s'appelle The Camp et elle est située à un endroit où on a accès à beaucoup d'activités sportives de pleine nature et voilà et rester à trouver le comment le construire le bâtiment et puis trouver le concept. Et donc, il était dans cette réflexion-là en 2018. Donc, finalement, en fait, moi, la transition, elle a été hyper rapide, c'est-à-dire qu'en 2018, on était dans la construction de ce complexe-là, dans le montage du business, etc. Et puis, en plus, j'ai trouvé un travail, moi, j'avais trouvé un travail au département de l'ISER sur des missions sport-environnement qui correspondaient aux études que je venais de terminer. Donc, en fait, j'ai fait ma deuxième.
UNKNOWNVoilà.
SPEAKER_00comme ça je me suis bien occupée j'ai eu une année 2018 très mouvementée mais j'ai pas enfin voilà j'ai pas eu de coup de mou par rapport à l'arrêt de carrière au contraire c'était vraiment une curiosité et presque un soulagement d'arrêter parce que parce qu'à un moment donné j'en avais aussi marre du côté hygiène de vie c'est-à-dire que ça devenait pesant pour la sphère familiale j'en avais marre de partir enfin voilà j'avais l'impression d'avoir fait le tour en fait de toute façon de moi-même sur le côté sport de haut niveau et aussi du côté que ça ne m'alimentait plus dans tous les sens du terme, sportivement, intellectuellement. J'avais fait le
SPEAKER_02tour.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_02Fabuleux. Je suis toujours très impressionné par les récits, les contres-rendus de course en biathlon, les quelques interviews que j'ai vues de Martin Fourcade, parce que c'est peut-être le plus médiatique dans la discipline, sur l'intensité de ce sport. On en avait un peu parlé avec Marie-Laure, et je terminerai là-dessus avec toi, comme ça après on passe au trail, mais tu dirais que pour performer au niveau auquel tu étais, est-ce qu'il y a un peu de génétique aussi
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce que là, évoquer l'hygiène, les entraînements, comme toute discipline de haut niveau, je suppose que tu avais des semaines très chargées. Mais est-ce que d'un point de vue cardio, notamment, je pense à ça, parce que de mémoire, Martin Fourcade au repos doit être à, je ne sais plus, quelque chose comme 30 battements minutes, ou peut-être un peu moins que ça, je n'ai plus le truc en tête. J'ai 28 ou 32, je ne sais plus trop. Ce qui est complètement lunaire, et je ne sais même pas si ça, on peut vraiment le travailler pour que ce soit aussi bas. Donc, est-ce Est-ce que toi, avec un peu de recul, tu dirais que pour performer à ce niveau-là, d'un point de vue cardio, il y a certes beaucoup d'entraînement, mais il y a aussi un petit peu peut-être de génétique, de prédisposition
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors oui, carrément. C'est-à-dire que Martin, qu'on connaît très bien, il a des capacités qui sont carrément hors normes et ça aide. Dans tous les sports, les grands noms de chaque discipline, c'est sûr qu'à un moment donné, ils ont une génétique qui les a énormément aidés. Je veux dire, à Kilian Jornet, on a beau s'entraîner, on ne deviendra jamais... Enfin, il n'y en a qu'un. Et Martin, c'était pareil parce qu'il a su monter à plus haut niveau son 100%. Pour moi, l'essentiel d'un sportif, en fait, la quête du sportif, ça doit être... C'est un petit peu, moi, ce que j'expliquais et le prisme par lequel, moi, finalement, j'ai réussi à élever mon niveau, c'est d'atteindre le 100% de ce qu'on est capable de montrer, de montrer le 100% de nos capacités. Et finalement, en fait, on se rend compte, en tout cas en biathlon, et encore plus peut-être en biathlon parce qu'il y a le facteur neige, parce qu'il y a deux disciplines aussi. Donc, il y a plusieurs paramètres à monter. Et c'est assez intéressant de voir qu'il y a beaucoup de paramètres. Et bien sûr que si on est un énorme mutant, c'est-à-dire en capacité sportive pure, que ce soit cardiaque ou musculaire, il y a plein de choses à prendre en compte. Mais ne serait-ce que ce domaine-là, bien sûr que ça aide. Mais le fait qu'il y ait le tir aussi, ça devient intéressant parce qu'on joue sur un autre registre qui n'est plus… les capacités physiques, mais peut-être plus la gestion du stress et la gestion de toute la partie mentale qui va être liée à mettre une balle, qui va être très liée à ce côté« je gagne, je vais gagner si je mets mes balles ou je perds». Et ça, c'est hyper intéressant. Après, là, on ne parle que des deux gros paramètres de notre discipline, mais il y en aurait énormément. Il y a le côté récupération qui, à mon avis, quand on est sportif, il est hyper important, c'est-à-dire que des gens qui ont une très bonne récupération en peu de temps, sont capables de s'entraîner plus et du coup de fournir un effort physique qui est plus important. Après, il y a tout le côté mental aussi par rapport à gagner, accepter de gagner, accepter de perdre, accepter de se rebêter en question, arriver à s'entourer, arriver à déléguer. En fait, il y a plein de paramètres. Arriver à être strict envers soi-même sur l'alimentation ou sur autre chose. En fait, chacun a finalement à ses poux. En fait, En tout cas, c'est bête noire à essayer de petit à petit d'éliminer pour faire le tri et puis pour aller vers, à épurer en fait, à épurer vraiment ce qui lui permet d'être le plus performant possible. Et je trouve que c'est assez intéressant. Je dirais que forcément, il y a une part de génétique. Moi, pour le coup, me concernant, je n'étais pas du tout une mutante du cardio, c'est-à-dire que j'ai une VO2 qui est normale, j'ai des battements cardiaques qui sont normaux. J'ai réussi à faire monter des valeurs, mais ça, c'est c'est plus l'entraînement qui permet de monter ces valeurs-là. Mais à la base, je n'étais pas un poulpe, mais je veux dire, je n'étais pas non plus prédestinée à des capacités sportives hors normes en fait. Après, j'ai toujours assez, j'ai une très bonne qualité musculaire et c'est pour ça que je pense que l'effort du skating me convient bien parce que c'est un effort qui est très tonique. Voilà, c'est le seul petit truc que je peux me dire qui a pu m'aider en fait en termes de génétique. Ce n'est pas grand-chose j'aimerais pouvoir dire ah bah non mais j'ai trois poumons enfin voilà mais non même pas et après par contre au niveau mental alors là ce qui est assez curieux c'est que j'ai toujours et j'ai jamais vraiment compris ce mécanisme là mais je suis quelqu'un qui réagit mieux au stress c'est à dire que sur les grands événements j'ai toujours réussi à dominer ma propre anxiété ou la propre pression que je pouvais me mettre à comparer et par exemple j'ai jamais eu le maillot jaune j'ai jamais été capable d'être forte à toutes les courses mais par contre sur des grands événements j'étais tout le temps au rendez-vous j'ai très peu raté de grands événements et du coup c'est assez marrant et j'ai jamais compris pourquoi et du coup je me disais mais vas-y alors mets-toi une pression de dingue et bah des fois ça marchait pas du tout et après voilà je saurais jamais expliquer et encore maintenant je suis plutôt quelqu'un qui arrive à être plus performante en cas de stress en fait Voilà, ça doit être un instinct sur lui.
SPEAKER_02Ton arrivée dans l'univers du trail, du coup, je suppose que tu courais un peu, enfin un peu, j'imagine que tu courais dans le cadre de ta prépa en biathlon, mais ta vraie arrivée, on va dire, dans l'univers du trail, le moment où le trail a pris de plus en plus de place, c'était quand
UNKNOWN?
SPEAKER_02Combien de temps après l'arrêt du biathlon
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et quel format en particulier dans le trail, avec quel format est-ce que tu as accroché en particulier
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors après, en trail, j'ai eu la chance de faire partie de l'équipe CIMALP qui m'a accueillie et c'est au-delà de l'aspect sportif je trouve que c'est des très belles valeurs humaines en fait qu'on partage et moi c'est pour ça à ce titre là que je reste dans le trail mais alors pour le coup je ne suis pas en train de préparer une deuxième carrière c'est-à-dire que ça a toujours été clair même avec l'équipe c'est-à-dire que moi moi en fait le trail c'est un hobby c'est pour l'instant enfin je veux dire ce n'est absolument pas je ne prépare pas les courses je n'ai pas de volonté en fait quand on met un dossard on est enfin Moi, je reste une bête de course, c'est-à-dire à partir du moment où ma main d'eau sort sur le dos, il y a quelque chose qui vrille dans mon cerveau et qui fait que j'ai envie d'aller à fond, j'ai envie d'aller au bout de moi-même. Mais pour autant, je n'ai pas envie de refaire une seconde carrière de haut niveau. Et ça, ça a toujours été clair, c'est-à-dire que je n'ai aucune obligation de participer à des compétitions ou quoi. Et je le fais juste par plaisir parce que j'aime bien le challenge, parce que j'aime bien sortir de ma zone de confort et découvrir autre chose. Et c'est avec cette approche-là, en fait, que j'envisage le trade. c'est-à-dire j'ai toujours aimé courir je pense que c'est peut-être le sport que j'aime le plus enfin il y a le ski mais dans le sport de tous les jours c'est peut-être celui qui me fait le plus de bien c'est-à-dire je me retrouve énormément dans la simplicité et le côté paysage découverte être seule avec soi être seule en montagne et ça c'est quelque chose qui me plaît beaucoup on met ses baskets on sort une heure et je veux dire ça peut être rentable on peut se mettre la misère en une heure on peut juste être bien en fait et je rentre et je suis tout le temps bien d'une séance de course à pied donc il n'y a pas besoin de préparation et c'est ça que j'aime en fait dans la simplicité du trail après moi je ne suis que une coureuse de montagne j'ai des gros muscles j'aime bien quand ça monte j'aime pas trop quand c'est plat et puis voilà mais du coup oui je fais toujours des intervalles des fois je me dis mais t'es complètement neuneu en fait je me fais mes intervalles mais sans en fait j'ai pas vraiment d'objectif de préparation j'ai pour objectif de me maintenir en forme à un certain niveau parce que je trouve que c'est super agréable en fait de sentir que que son corps y répond. Moi, j'ai le goût de l'effort. Ça me plaît énormément de sentir que j'atteins des limites, que je peux les repousser. C'est vraiment ça qui me motive encore aujourd'hui, finalement. C'est pour ça que je dis que j'ai conservé ce mécanisme de haut niveau. Mais après, pour répondre à ta question, je suis venue dans le trail comme ça, en fait. Après, je fais des petits trails du coin. Je n'ai encore pas pris beaucoup la voiture pour aller faire des trails connus ou quoi. Pour l'instant, c'est plus une manière de me challenger, de me dire, tiens, là, tu tu t'es inscrite sur ta petite course à Saucisson du Vercors. Et puis du coup, juste pour te faire plaisir, va faire deux, trois intervalles. Mais je ne me suis jamais inscrite à un ultra. Ça t'a bien marré, tu penses
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ça pourrait me plaire, mais j'ai conservé quand même du ski des petits pépins physiques. Ce n'est pas grand-chose, mais c'est de l'usure articulaire et j'ai les hanches qui sont à la limite du conflit de hanches. Et dès que je dépasse 20, 30 kilomètres, je le sens quoi je me fais mal et j'ai pas du tout envie pour le coup de risquer de ne plus pouvoir faire de sport juste pour préparer une course donc moi je viens quand même d'un sport enfin c'est pas vraiment un sport porté mais c'est un sport glissé avec très peu d'impact et la course à pied pour le coup c'est assez violent en termes de traumatisme je trouve et du coup pour ces raisons j'aimerais vraiment bien mais la seule fois où j'ai fait un 40 km c'était juste après un un vin mais j'ai pas pu marcher pendant deux mois et ça honnêtement je suis pas prête à ça parce que voilà en fait il y a un moment donné j'ai envie de pouvoir faire du sport longtemps dans un corps qui fonctionne bien et d'être une petite grand-mère à 40 ans ça m'intéresse pas bon
SPEAKER_02Donc,
SPEAKER_00je suis sur du vin, quoi. Je suis sur du vin.
SPEAKER_02Du vin, oui. OK. Du vin, mais tu fais quand même... Attends que je retrouve tout ça. J'ai vu un article. Ah non, oui, avec ton mari, Loïs, c'était la Pyramenta que vous avez faite, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, mais alors, ce n'est pas la Pyramenta d'été.
SPEAKER_02D'accord.
SPEAKER_00C'est la Pyramenta hivernale. Hivernale, OK. Alors, moi, le ski de randonnée, ça reste mon sport favori. Quand on a... une impression de liberté comme ça dans un milieu et puis pour moi je suis un peu la reine des neiges enfin je veux dire je suis en espèce en voie de disparition d'ailleurs mais j'adore l'hiver j'adore la neige j'adore le ski sous toutes ses formes et le ski de randonnée je trouve que ça combine parfaitement le côté ludique de la descente la sensation de liberté l'évaluation du risque et puis le cardio donc du coup ça coche vraiment toutes les cases et puis j'ai découvert l'année dernière en compétition justement j'ai participé à deux compétitions compétition de ski de randonnée avec mon mari. Donc ça, c'était chouette aussi de faire ça en couple. C'était la Belle Étoile en Belle Donne et puis la Pyramenta. Et c'était génial. Franchement, c'était vraiment très chouette. Alors, je suis vraiment nulle en descente. Je suis vraiment une luge à foin. Mais pour le coup, c'était très sympa. Et si je peux me réinscrire cette année, je le referai. Mais voilà, en fait, pour moi, l'après-carrière ressemble à ça. C'est-à-dire me challenger sur des disciplines qui me plaisent énormément, le VTT, le ski de randonnée, le trail. Voilà, là, je me suis mise récemment à l'escalade dans l'objectif de faire plus d'alpinisme et de faire du coup plus de montagne. Mais j'ai plus d'ambition de refaire une carrière en quoi que ce soit. Et je m'inscris à des compétitions par goût de l'effort, par goût du challenge. Je trouve que sur des compétitions, c'est toujours des belles ambiances comme ça aussi. Et voilà, j'ai l'impression de re-être un peu une athlète quand je remets un dossard. Mais bon, je sais que c'est qu'une illusion.
SPEAKER_02Tu parlais de l'impact qu'a eu le biathlon assez tôt dans ta vie, notamment en rapport à la nature, cette sensation de liberté, de connexion aux éléments. Il me semble que la Pyramenta, justement, cet engagement, en tout cas ces convictions environnementales, vous les avez mises en pratique avec ton mari et vous les êtes rendues au départ de la course à vélo, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02Avec tout votre matos accroché sur les vélos
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, alors c'est vrai que du coup... comme je le disais, moi, ça a été un éveil, ça a été une porte d'entrée vers la nature, en fait, le sport de haut niveau. Et très paradoxalement, parce que le sport de haut niveau, si je résume aussi sur le bilan écologique du sport de haut niveau, c'est des avions, du matériel, c'est l'optimisation de la performance sur tous les points que l'on peut optimiser, y compris dans le côté matériel, y compris dans l'argent de la pub. C'est ça, en fait, le sport de haut niveau. Et pourtant, moi, c'est grâce au sport, et même au sport de haut niveau, que j'ai acquis cette conscience de l'environnement de la fragilité des milieux naturels que j'ai pu parcourir partout ce côté très paradoxal aussi avec la neige artificielle enfin nous les sports d'hiver en fait je veux dire c'est une grande question maintenant et d'autant plus maintenant quand on est en station de moyenne montagne c'est même très conflictuel en fait dans les stations le côté transition enfin voilà en fait c'est très compliqué et quand j'ai arrêté ma carrière en fait j'ai jamais eu le courage d'arrêter ma carrière pour ces convictions là c'est à dire que j'ai vécu toute ma carrière avec ce côté mal-être de me dire tu prends l'avion tu participes à quelque chose que tu as envie de protéger enfin voilà et pour autant voilà je vais pas me cacher derrière ça je fais mon propre procès mais j'ai jamais eu le courage de dire bah en fait justement pour ne plus faire partie de ce monde là pour ne plus polluer pour avoir un bilan carbone qui soit acceptable pour tes enfants et ben tu arrêtes le ski non j'ai pas pris cette décision j'ai arrêté pour d'autres raisons parce que j'étais nulle tout simplement et donc j'ai finalement arrêté ma carrière pour d'autres raisons ce qui était totalement personnel et plus égoïste qui est le déclin sportif et la vie de famille pour autant quand j'ai arrêté en fait le sport de haut niveau en fait je me suis dit bah maintenant tu vas pouvoir mettre en place des choses qui vont te permettre d'être en paix avec toi même parce que pour moi l'écologie c'est pas quelque chose qui doit se comparer parce qu'en fait quand on se compare finalement c'est toujours pour le pire c'est à dire oui mais l'autre il fait pire donc j'ai bien le droit de faire ça. Et en fait, ça ne marche pas. C'est pareil de faire culpabiliser les autres. Alors, il faut toujours qu'il y ait des gens qui permettent d'éveiller les esprits. Ça, c'est différent. Mais après, voilà, la culpabilité, de toute façon, ça n'a jamais fait avancer les choses. Et du coup, c'est encore une fois ce même mécanisme de dire, en fait, qu'est-ce que je peux changer moi par rapport à moi-même et juste par rapport à moi-même pour être en adéquation avec les valeurs qui m'animent, que je souhaite défendre, que je trouve belles, parce que voilà, pour toutes les raisons qui font que tous les matins, je me lève. Et finalement, moi, maintenant, l'écologie, c'est devenu, entre guillemets, mon sport de haut niveau. C'est-à-dire que j'essaie de pousser tous les paramètres par rapport à moi-même et de tout ce qui m'entoure pour être en adéquation avec ce côté ne plus avoir d'impact sur l'environnement, ne plus avoir de consommation qui soit excessive, essayer d'être... En fait, j'ai juste essayé de me sentir bien quoi et en vrai c'est hyper enrichissant même si ça veut dire faire plus d'efforts mais bon moi à la limite j'aime bien tout ce qui me permet de dépenser de l'énergie j'aime quand même assez bien donc là ça rentre dans ce cadre là c'est à dire je parle quand je parle de ça je parle déplacement comment faire du sport dans sa vie de tous les jours avec le boulot les enfants les machins bah en fait finalement d'aller au boulot à vélo ou d'y aller en courant ça permet d'optimiser les heures passées les fesses dans une voiture de toute façon je déteste la voiture je vais toujours détester ça Donc, du coup, voilà, par exemple, le transport, c'est ça. Après, c'est dans l'alimentation aussi. En fait, c'est tous les petits gestes. Et finalement, on nous fait croire que les petits gestes ne servent à rien. Bien sûr, si on met sur le même pied d'égalité les grandes politiques, les lobbies, etc., et puis les petits gestes du quotidien, oui, on ne parle pas la même langue, mais en même temps, en fait, il ne faut pas les faire pour ça. Et c'est en ça que je dis de les faire par rapport à soi, par rapport à juste son envie de... je ne sais pas, de se plaire à soi-même ou d'être bien dans ses baskets, je ne sais pas comment on peut appeler ça. En tout cas, moi, c'est vraiment ça. Et finalement, quand je regarde le chemin effectué, je me rends compte que de petit pas en petit pas, là, j'ai fait vraiment des pas de géant par rapport à ma vie d'avant. Et c'est vrai que, pour le coup, j'en retire une certaine fierté de réapprendre à faire énormément de choses seule, de ne pas forcément acheter tout de suite le produit fini, mais de fabriquer par soi-même. Et c'est dans cette démarche-là qu'on en vient à participer à des compétitions sportives en se déplaçant à vélo. Et je trouve que c'est passionnant parce qu'en fait, ce n'est pas du tout un voyage qui est... je ne sais pas comment on peut dire, si le mot stérile est bien adapté, mais je veux dire, on a forcément des moments où ça merde. On a forcément des moments où on crève, où le train n'est pas prévu pour le vélo, où, enfin, je n'en sais rien, où finalement, on se prend la flotte et en fait, je trouve que moi, en fait, de la Pyramanta, je retiens le retour à vélo, par exemple, parce que j'étais morte, je n'en pouvais plus, qu'on devait aller chercher les enfants à la garde en oisan, qu'on avait 50 kilomètres à faire et ça avait beau être des vélos électriques j'en pouvais plus d'appuyer sur les pédales et je me disais mais c'est pas possible mais quelle idée pourrie et finalement mais on est arrivé et je me souviens encore de la vallée de Loisan d'être sur cette voie cyclable qui est reliée à Rochetaillé enfin voilà à Bourdoisan et d'être seule et en fait d'être vraiment on était seule au monde on avait l'impression qu'on était les premiers à emprunter cette voie cyclable avec au fond il y avait les montagnes enneigées l'air était doux parce qu'on était au mois de mars enfin voilà c'était sympa la fin de l'hiver et ça a été un moment où je me suis dit ça y est c'est terminé la pierre c'était tellement bien et le fait vraiment d'y être allé à vélo parce qu'on avait fait aussi la belle étoile à vélo et ben ça enfin voilà moi ça a embelli en fait l'événement ça l'a rendu plus fort j'ai l'impression de m'avoir vécu mais de façon beaucoup plus intense en fait hum
SPEAKER_02Comment tu transmets toutes ces valeurs à ces deux filles que vous avez
UNKNOWN?
SPEAKER_00Comment est-ce que
SPEAKER_02tu leur transmets ces valeurs ou en tout cas, comment est-ce que tu les accompagnes dans leur éveil écologique, on va dire
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et qu'est-ce que tu leur transmets par rapport à tout ton héritage sportif, surtout celui du biathlon à haut niveau
UNKNOWN?
SPEAKER_00Moi, si je souhaitais vraiment leur transmettre quelque chose, ce serait le goût de l'effort. Parce que Parce que finalement, même l'écologie, en fait, si on est en forme, c'est facile. Quand on n'est pas en forme, physiquement, je veux dire, on est finalement très vulnérable à tous les événements de la vie. Et c'est pareil, une fin de carrière, un changement de parcours professionnel ou autre chose, si on a de l'énergie et si on est en forme, en fait, on… Tant que la santé n'est pas en jeu, on arrive à le contourner et à trouver un autre chemin qui est aussi enrichissant. On arrive à rebondir. Cette capacité de rebond est hyper importante. Du coup, elles font des activités sportives. On est souvent dehors. Je leur raconte beaucoup d'histoires pour qu'elles marchent parce que ça fait passer le temps. Je pense que d'avoir des enfants normaux qui trouvent pas passionnant d'aller faire une balade juste pour faire une balade donc je leur raconte des histoires, je leur raconte aussi le nom des plantes, on les cueille, on les mange on les sent je leur raconte à quoi elles peuvent nous servir en termes de propriété médicinale parce que ça j'aime bien j'essaye de leur apprendre aussi à reconnaître les bruits des oiseaux toutes les petites choses qui font qu'en fait on se sent bien dehors de la même façon on y va par tous les temps, même quand il pleut. Et on se rend compte que finalement, c'est plus les adultes que ça gêne que les enfants. Les enfants, en fait, quand il pleut, ils sont tout contents parce qu'il y a des flaques, ils peuvent faire de la patouille, ils sont tout sales. Et pour une fois, on ne leur dit pas« Ah
UNKNOWN!
SPEAKER_00» Voilà. Donc, du coup, c'est vraiment ce côté« On va dehors, on est bien dehors.» Et puis, en fait, dehors, il y a tout un imaginaire aussi qui entoure et qu'on a ancré en nous, qu'on le veuille ou non. Mais quand on est enfant, je ne sais pas si c'est les lectures qu'on peut avoir sur les forêts, ce côté mystérieux. Mais en fait, ce n'est pas difficile du tout de le faire ressurgir chez l'enfant, même chez l'adulte. Et c'est en ça que je trouve que les histoires d'aventure ou de fantaisie, tout le monde là qui est afférent à l'idée de nature, l'idée qu'on peut s'en faire avec un grand N, il revient et il permet d'avoir envie du coup, d'être dehors, de faire du sport, de pratiquer une activité sportive. C'est tout ce micmac-là qu'on essaye avec mon mari, de leur inculquer et de leur apprendre qu'en fait, dehors, on est bien. Et après, c'est au quotidien, c'est tous les gestes. Mais finalement, ce côté plantes comestibles permet de toucher du doigt l'alimentation, qu'est-ce que c'est l'alimentation, etc. Le côté oiseau, le côté faune, parce que c'est pareil, quand on fait des rencontres avec la faune sauvage je trouve qu'à chaque fois ça a un côté magique en fait d'un coup on se tait d'un coup on dit quand on écoute le brame du cerf on a une sensation de vulnérabilité de se sentir tout petit face à tous ces grands cycles naturels etc c'est en fait c'est fabuleux et les enfants il leur faut pas beaucoup ils s'émerveillent tout autant ils ont même encore plus d'imagination
SPEAKER_02que
SPEAKER_00nous
SPEAKER_02donc ce sera là c'est une vraie question curieuse parce qu'on en parlait avec ma femme il y a pas très longtemps ce Ce sera sport obligatoire pour tes filles ou pas
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ah
SPEAKER_00ouais. Jusqu'à ce que je puisse continuer à décider de leur vie. En tout cas, ce n'est pas forcément compétition obligatoire. C'est-à-dire que moi, je n'ai jamais été poussée par ma famille. Et ça, je les en remercie parce que ça a été mon propre choix. Et je pense que ça a participé au fait que je l'ai bien vécu. Après, dans la compétition, on retrouve énormément de diversité. Et ce n'est pas parce qu'un athlète peut avoir été très poussé et avoir fait une énorme carrière aussi donc il y a vraiment plein de choses mais moi la façon la manière dont j'ai vécu ma carrière ça a été de le choisir et du coup la compétition c'est si elles ont envie par contre se donner les moyens d'atteindre un objectif qui n'est pas forcément de la compétition mais qui peut être je ne sais pas moi savoir faire un geste savoir j'en sais rien il y a plein d'objectifs que l'on peut se fixer quand on fait du sport et bien ça je trouve que c'est important c'est vraiment ce goût de l'effort le goût de sortir et d'avoir un corps en forme et pourquoi on a un corps en forme forme, d'avoir cette notion de se dire« je prends soin de moi». Et pour ça, le sport, il est vraiment primordial. Je trouve que c'est une école de la vie, et je ne peux qu'en faire l'apologie. Donc oui, tant que je peux décider pour elles, elles seront loin des écrans et plutôt dehors à faire du sport, même si après, elles pourraient choisir. Nous, on habite en montagne, donc forcément, on est plutôt tournés vers les sports d'extérieur, mais elles habitent en ville, elles feraient peut-être du sport co, des sports en salle et voilà une façon de se dépenser et d'arriver à mieux se connaître aussi parce que le sport c'est aussi arriver à comment je ne sais pas si on peut dire sculpter son corps parce qu'il peut être mal interprété mais c'est apprendre à se sentir bien dans son corps enfin voilà à apprivoiser en fait ce corps là et à en prendre soin
SPEAKER_02Clairement, je te rejoins complètement sur cette notion de sport comme école de la vie. On apprend tout dans le sport, que la rigueur porte ses fruits à un moment donné, qu'on peut être fin prêt à J-1 et le jour J, quelqu'un est plus fort que soi ou ce n'est pas le bon jour. Bref, c'est une excellente école de la vie.
SPEAKER_00Oui, je trouve que ça apprend énormément de même le rapport aux autres c'est-à-dire que de toute façon le sport même un sport individuel c'est en équipe ça se fait en équipe et il y a une équipe qui est à côté qui est derrière qui est autour et donc du coup il y a tout ce côté faire rejaillir aussi un résultat sur l'ensemble de l'équipe il y a ce côté humilité à avoir forcément parce qu'on peut être le meilleur un jour et le moins bon le lendemain ce côté rebond ce côté introspection aussi qui est nécessaire pour pouvoir progresser on est obligé de faire son procès de façon très régulière à se dire j'en suis où où est-ce que je veux aller qu'est-ce que je peux mettre en place qu'est-ce qui me manque enfin je trouve que c'est vraiment hyper enrichissant en fait et que c'est des notions qu'après on peut qu'on le veuille ou non qu'on retrouve dans la vie de tous les jours et qui nous servent donc oui oui moi je trouve que en fait il n'y a rien à perdre à faire du sport en
SPEAKER_02fait
SPEAKER_00c'est pas du temps perdu
SPEAKER_02clairement et bien Marie un très très grand merci c'était passionnant d'en apprendre plus sur ton parcours, ta vision du sport, tes convictions autour de l'environnement, la manière dont tu as géré cette sortie du très haut niveau. Merci beaucoup pour tout ce que tu as bien voulu partager. Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite
UNKNOWN?
SPEAKER_02Il y a des épreuves que tu prépares, des gros milestones pour The Camp. Qu'est-ce qui arrive pour vous bientôt
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pour nous, c'est une bonne question. Je suis un peu en reconversion. C'est une autre après-carrière. Donc là, je suis aussi un tournant, c'est-à-dire je change un peu de métier. Je prépare mon accompagnateur en moyenne montagne.
SPEAKER_01Ah,
SPEAKER_00excellent
UNKNOWN!
SPEAKER_00Voilà, justement pour réglementairement pouvoir emmener plus de personnes à la découverte de la nature sur le côté de la découverte des plantes, la découverte des animaux, la découverte des paysages. Donc voilà, les prérogatives, c'est le diplôme d'accompagnateur qui permet en fait réglementairement d'accompagner des gens en nature. Du coup,
SPEAKER_02On est où là
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu as fait le QCM, le PROBA
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, j'en suis au tout début à terminer ma liste de courses. C'est tout nouveau comme décision. Voilà, conjointement à ça, je continue les études. Je vais faire des études sur des plantes médicinales pour en connaître un peu plus, être un peu plus sûre de moi dans mes préparations. Pour l'instant, je teste sur mes enfants. Ils ne sont encore pas devenus tout verts, donc ça va. Mais je teste mes préparations sur l'aspect familial. Et après, niveau The Camp, oui, c'est de continuer à positionner encore plus notre établissement avec les valeurs qui nous animent nous du côté de l'écologie et de la pratique sportive donc on essaye petit à petit d'être de plus en plus vertueux là-dedans donc c'est pareil c'est des très beaux challenges en fait et puis après c'est je ne sais pas de continuer à faire de belles rencontres de continuer à vivre des choses qui sont incroyables aussi des belles promenades en montagne des belles randonnées enfin je ne sais pas qu'on peut me souhaiter plein de trucs
SPEAKER_02en fait excellent bah écoute je vais commencer par te souhaiter une bonne prépa pour l'accompagnateur Moyenne-Montagne le QCM c'est ardu moi j'ai échoué là en juillet je pense pour une question liée au chacal doré donc voilà c'est pas dans les livres qu'on recommande etc le chacal doré mais moi il y a eu des questions là-dessus donc petit tips pour toi renseigne-toi sur la présence du chacal doré en France
SPEAKER_00ah d'accord
SPEAKER_02Très
SPEAKER_00bien. Moi, le truc qui me fait peur sur l'AMM, c'est vraiment la course d'orientation. Je suis très nulle. C'est-à-dire que moi, je cours tout droit. Je cours tout droit et c'est
SPEAKER_02tout. Avec ton cardio, avec ton background de sportive, je trouve que c'est quand même plus simple de progresser sur la partie orientation. Alors que la partie QCM, il faut savoir un peu sur... énormément de choses. Et je pense que j'avais un peu sous-estimé vraiment l'éventail de connaissances qu'il fallait avoir. Ce ne sont jamais des trucs très poussés, mais entre la période de l'ère glaciaire en Europe, le poids de la marmotte à la sortie de l'hibernation, ou les étages montagnards. C'est vraiment la formation des nuages. C'est tellement varié que tu peux vite passer à côté d'un sujet sans avoir fait... sans t'en rendre compte. Mais bon. J'en prends
SPEAKER_01note. Voilà. Le chacal
SPEAKER_02doré. N'oublie pas le chacal doré.
SPEAKER_00Chacal doré. Très bien. Merci beaucoup, Marie. Une fois
SPEAKER_02de plus. Et je te dis bonne
SPEAKER_00continuation.
UNKNOWNMerci beaucoup. Bonne journée. Au revoir. Au revoir.
SPEAKER_02Merci d'avoir écouté cet échange avec Marie jusqu'au bout. Si l'épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager autour de vous. Pensez également à parler des frappés à un maximum de personnes. C'est une excellente manière de remercier toutes ces personnes exceptionnelles qui viennent témoigner au micro du podcast. Je vous rappelle que si vous souhaitez soutenir financièrement cette fois-ci le podcast, c'est possible via tipeee.com un immense merci à toutes celles et ceux qui ont déjà franchi le pas et qui, pour quelques euros par mois, m'aident à couvrir les frais de fonctionnement du podcast. Merci à toutes et à tous pour votre fidélité. Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.
UNKNOWNCiao les frappés!