On arrive à l'hôpital, aux urgences, ils prennent sa tension, 21 de tension. J'avais d'un côté ma compagne qui était en soins intensifs entre la vie et la mort, clairement. Et puis de l'autre, je suis papa d'un petit bébé qui fait 1,350 kg, qui se trouve dans une petite boîte en plexi. Donc voilà, je suis dans un couloir de l'hôpital. Et là, je fais quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je vais voir qui en premier
UNKNOWN?
SPEAKER_00Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires. Sous-titrage ST' 501 C'est ton premier podcast, d'ailleurs, Julien, je me
SPEAKER_01demandais. C'est mon
SPEAKER_00premier podcast de toute ma vie. C'est mon baptême. Exactement. Et donc, la genèse de tout ça, de cet échange, c'est un autre frappé nommé Martin. Exactement. Martin Kérouzouré, que j'avais reçu... Martin, ça commence à dater. Martin, c'était... Je pense qu'il était dans les peut-être dans les 20 premiers épisodes. Ouais. Martin... Attends, je scrolle rapidement pendant que je te dis ça. Martin Kérouzoré, il était... c'était l'épisode 23 sorti en
SPEAKER_01mars
SPEAKER_002021 je l'ai pas écouté tiens j'irai fouiner ouais s'il y en a qui l'ont pas écouté foncez il y aura le lien il y a le lien en description de l'épisode Martin il est médiaman embarqué donc c'est un passionné de voile et de de vidéos photos et c'est un gars qui embarque sur des des bateaux sur des courses extrêmement réputées et c'est le c'est lui qui fait j'en ai parlé plusieurs fois dans plusieurs épisodes mais j'ai toujours trouvé ça assez hallucinant c'est le gars qui est capable de faire voler un drone en pleine tempête pour faire des plans complètement incroyables sur des bateaux en train de s'exploser dans des vagues monstrueuses et puis t'as le drone de Martin qui est là qui
SPEAKER_01vole au milieu exactement ouais en fait il est médiaman sur les gros trimarans les ult team et notamment il a été mediaman sur Sodebo et il faisait voler pour la petite anecdote le drone en pleine mer en pleine navigation sous trampoline entre l'eau et le trampoline assez ouf donc ça c'est Martin et du coup j'ai eu la chance moi je l'ai connu parce qu'en fait il m'a formé il m'a fait une formation photo vidéo à bord d'un Volvo Ocean
SPEAKER_00excellent et toi t'étais à bord pourquoi juste pour apprendre le métier de médiaman ou rien à
SPEAKER_01voir
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pour apprendre à faire des
SPEAKER_00images embarquées
SPEAKER_01sur un
SPEAKER_00bateau. Ok. Incroyable. Donc foncez écouter cet épisode. Et du coup, aujourd'hui, c'est quoi votre relation avec Martin
UNKNOWN?
SPEAKER_00Vous vous voyez toujours
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu fais de la photo, de la vidéo embarquée aussi maintenant
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, alors moi, à mon humble niveau, on se voit de temps en temps avec Martin. Mais cette première rencontre, ça a donné suite à la... à un projet que moi j'ai mis en place, que j'ai imaginé et que j'ai monté, qui s'appelle la cordée de la diversité, c'était de gravir le Mont-Blanc avec une équipe complètement improbable, handi-valide, hommes-femmes, pour démontrer que la diversité est une force, que chaque singularité fait la force du collectif. Et du coup, pour ça, pour faire passer le message, il fallait naturellement avoir des images et un film. Et c'est Martin, notamment, et un autre médiaman qui a accepté d'embarquer dans l'aventure et de nous faire un chouette film.
SPEAKER_00Excellent
UNKNOWN!
SPEAKER_00La cordée de la diversité. Et donc, pour boucler la boucle sur la genèse de cet épisode, c'est à ce moment-là que Martin t'a suggéré de venir partager tout ça sur les frappés
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pas du tout. Martin, il m'a donné ton contact, je ne sais pas, c'était en fin d'année 2024, il n'y a pas si longtemps, en me disant... Alors moi, j'avais déjà entendu parler de toi parce que je travaille à la Massif et je travaille notamment sur le la partie communication pour Skipper Massif donc tu as fait un super chouette podcast sur Charlotte Yvain et Loïs Béréard qui étaient les deux Skipper Massif le duo Massif et du coup j'avais déjà entendu parler de toi et lui par un autre biais me parle de toi et me dit tu devrais contacter Loïc ça peut l'intéresser ce que tu fais donc voilà comment on est venu à être mis en relation
SPEAKER_00excellent
SPEAKER_01comme quoi ouais
SPEAKER_00Génial. Super. Écoute, c'est fait pour le contexte de l'épisode. Merci, Julien. Ce que je te propose, alors là, tu as déjà envoyé quelques petits teasings bien alléchants, notamment sur ce dernier projet que tu as réalisé, la cordée de la diversité. Ce que je te propose, c'est qu'on fasse un petit rétro-pédalage que tu nous expliques dans les grandes lignes, peut-être ton parcours, d'où tu viens et comment tu en es arrivé à en l'occurrence avec ce dernier projet à organiser ce type d'aventure avec cet angle de la diversité
SPEAKER_01alors moi je m'appelle Julien Viroulot j'ai 45 ans je suis passionné de sport de sport outdoor depuis tout petit et au fil de l'eau alors j'ai toujours été marqué par le cloisonnement de notre société le cloisonnement Donc, ça a commencé dans la cour de récré, de voir que la cour de récré était consacrée uniquement aux garçons, uniquement aux garçons qui font du foot. Et du coup, à partir de là, je me suis dit, il y a quand même quelque chose qui va moyennement, alors qu'on devrait tous tout faire ensemble et qu'on pourrait en tirer la quintessence de tout ça. Du coup, on préfère se cloisonner et se rassurer. en restant avec les gens qui nous ressemblent et du coup je pense que ça a commencé très jeune ce goût pour la diversité et après ce goût au fil des années c'est devenu une conviction et donc j'ai eu la chance d'embarquer dans un projet qui s'appelle Team Jolokia qui est un projet voile un équipage issu de la diversité on était 12 à bord donc sur un bateau de course autour du monde en équipage Volvo Ocean Race c'est une aventure qui aurait dû durer une année moi ça s'est très bien passé pour moi en tout cas ils m'ont gardé pendant 4 ans et au terme de ces 4 années je me suis dit la voile c'est vraiment chouette mais ça reste malgré tout quelque part un peu élitiste et le message de la diversité je voulais le faire passer autrement et changer de support et là est né dans ma tête le projet de créer une cordée de la diversité avec que des gens qui ne se ressemblent pas de tous âges, de tous horizons toutes origines sociales toute couleur de peau toute religion etc de faire un petit peu de mettre tous ces ingrédients là de constituer un vrai cocktail Molotov aux yeux de tout le monde un truc qui aux yeux de tout le monde était voué à l'échec moi j'étais convaincu que ça allait marcher qu'en capitalisant sur les singularités de chacun on était capable d'atteindre le sommet et en fait on a réalisé ce projet en 2019 et on est arrivé au sommet le 13 septembre 2019 avec une cordée complètement improbable avec une personne avec une jambe en moins avec une personne qui avait 68 ans avec une personne sans papier et de faire le pari que ça marche en tout cas moi c'était même pas un pari j'étais convaincu que ça allait marcher mais En tout cas, de démontrer la preuve par A plus B que chaque singularité fait la force du collectif. Donc moi, c'est un peu le... le premier gros projet que j'ai eu l'occasion de mettre en place. Et ensuite, il en est venu plein, plein d'autres. J'ai participé à un raid handi-valide en vélo, canoë, entre Annecy et Nice. Enfin voilà, il y a plein, plein, plein de choses. Et le dernier en date, c'était pareil, sur le Mont-Blanc, une cordée de huit femmes en rémission d'un cancer. Et voilà, donc on a relevé le défi en juillet 2024.
SPEAKER_00je suis en train de me rendre compte que du coup j'ai confondu les deux j'avais en tête ce dernier projet avec cette cordée de femmes en rémission je crois bien que c'est celui dont tu m'avais parlé
SPEAKER_01ouais c'est le dernier en date en
SPEAKER_00tout cas la cordée de l'après du coup j'ai confondu avec l'autre on va parler de tout ça c'est très intéressant ce que tu dis sur cette sensibilité que tu as eu finalement très jeune au cours de l'école j'imagine la période que t'évoques, c'est plutôt la
SPEAKER_01primaire.
SPEAKER_00Oui, c'est ça. Qu'est-ce qui fait, tu penses, qu'à un âge où peut-être qu'on se soucie plus des cartes Pokémon dans sa collection ou de ne pas être sélectionné en dernier pour les équipes de foot, qu'est-ce qui fait que toi, à cet âge-là, ce qui t'a marqué, c'est ce que tu as décrit un peu plus tôt, le fait que les cours d'école sont je ne sais plus exactement les termes mais plutôt peut-être on voit une chose c'est des garçons qui jouent au foot et pas forcément
SPEAKER_01autre chose c'est clair moi ce qui j'ai toujours eu cette sensibilité cette sensibilité là déjà parce que par mon parcours de vie des parents séparés un divorce qui ne se passe pas spécialement bien donc là il y avait déjà une petite fracture ou en tout cas un manque de cohésion un manque de il y a un morcellement je pense, alors après c'est de la psychologie de bas étage, mais je pense que c'est parti de là et j'ai toujours eu besoin des autres. Je n'ai jamais aimé faire les choses seul, j'ai toujours eu besoin d'un collectif, j'ai toujours eu besoin de rassembler des gens autour de moi pour un objectif commun, que ce soit dans un atelier de travail à l'école primaire ou dans mes projets aujourd'hui de plus grande ampleur dans donc en sport ou sport extrême, mais du coup, je pense que le goût des autres l'intérêt des autres et la conviction qu'on a besoin de l'autre pour avancer il y a le vieil adage tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin je trouve ça vraiment naze parce que ça veut dire qu'on s'arrête à des petites phrases parce que je pense qu'on va même pas plus vite tout seul donc je pense qu'on a vraiment la nécessité de ça, on a l'obligation mais on a la nécessité de faire confiance à l'autre et de construire un collectif et en fait les choses se sont accentués et ce ressenti-là, ce besoin-là s'est accentué au fil des années et il continue parce que justement, en opposition à ça, ce qui se passe dans la société aujourd'hui, c'est vraiment du cloisonnement. En fait, les gens commencent à partir du moment où on a un sentiment de peur, de crainte, on se rapproche des gens qui nous ressemblent parce que c'est humain, c'est comme ça, on est construit sur des stéréotypes et des préjugés parce que ça nous rassure mais À partir du moment où on n'a pas cette petite lumière rouge dans le cerveau qui s'allume en se disant« Oh là, attention, ça, c'est un préjugé et ce n'est pas quelque chose de constructif et ça peut m'éloigner des autres et ça peut m'éloigner d'un collectif nécessaire», là, je pense que ça devient dangereux. Et du coup, aujourd'hui, les gens ont peur globalement, de ce qui se passe, de l'inconnu, de l'avenir, etc. Et du coup, il se rapproche de gens qui leur ressemblent et il se fascine de gens qui ont d'apparence peur de rien et qui ont droit à tout. C'est un peu moche ce que je dis, mais en tout cas, tout ce qui se passe dans la société aujourd'hui, aux États-Unis pour parler des États-Unis, ça me pousse à aller encore plus loin dans la nécessité de montrer qu'on a besoin du collectif plutôt que de se diviser et de montrer du doigt ou de pointer du doigt les uns ou les autres. Parce que voilà, on n'est tous ni tout blanc, ni tout noir. On a tous des qualités, tous des défauts. En tout cas, on a tous besoin de vivre ensemble. En tout cas, on est tous là. Donc, autant que ça se passe bien, quoi.
SPEAKER_00je sais plus où est-ce que j'avais lu ça mais ça me fait penser à un article que j'avais lu il y a quelques mois qui expliquait qu'en fait c'est un peu le paradoxe de notre société c'est qu'on a jamais été on a jamais eu autant d'outils à notre disposition pour se connecter les uns aux autres et pour autant le sentiment de solitude il a jamais été aussi fort dans nos sociétés en tout cas les sociétés occidentales où il y a tous les moyens de communication qu'on a etc C'est un peu la situation paradoxale. Hyper connecté et pourtant hyper isolé.
SPEAKER_01Oui, c'est ça. L'hyper connexion, ça permet aussi de se rapprocher des gens qui nous ressemblent et qui ont les mêmes goûts. Et ça vient... quasiment nécessairement en opposition à tous ceux qui n'ont pas les mêmes goûts et qui ne pensent pas comme moi. Sauf qu'aujourd'hui, quand on reste dans l'entre-soi qu'avec des gens qui nous ressemblent, dans le groupe, il n'y a personne qui est là pour nous rappeler qu'on se trompe de direction ou que potentiellement, on pourrait faire autrement. Et du coup, l'innovation, elle naît toujours d'un groupe de personnes qui ne se ressemblent pas, qui n'ont pas les mêmes idées et qui tapent sur l'épaule du copain en disant non je pense que là tu te trompes on devrait aller dans cette direction là et l'autre de faire confiance et de dire ok on va tenter dans cette direction là et l'année d'innovation c'est ça et avancer en collectif c'est ça voilà c'est ça mes convictions d'origine je pense
SPEAKER_00Tu disais que tu as toujours fait beaucoup de sport, ça a commencé par quoi et qu'est-ce que tu pratiques aujourd'hui
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors j'ai joué dans la cour de récréation au foot avec les copains et ça c'était des bons moments, ensuite j'ai fait 18 ans de rugby pareil, alors j'ai jamais été un très grand rugbyman j'aimais le contact, les sports de contact etc mais ce qui m'attire avant tout c'était le collectif dans ces 18 années de rugby ce qui était Et mon moteur à moi, c'était clairement de faire partie d'une équipe dans laquelle il y avait des gens qui n'étaient pas du tout comme moi, qui étaient plus gros, plus grands, plus petits, plus maigres, plus âgés, plus jeunes. Et dans cette équipe, il n'y avait que des gens différents. Et pour autant, on avait le même objectif, c'était de faire un bon match et de remporter la victoire à la fin. Et je trouve que le rugby, c'est une belle image de la promotion de la diversité. Alors bon, maintenant, on n'a que des Golgothes et des gens qui sont grands, mais en tout cas, il y a besoin de la rapidité d'un numéro 9, du French Flair du numéro 10 et des facultés de percussion et de résistance au choc de la première ligne. Donc voilà, il y a cette diversité-là qui m'attirait. Donc là, 18 ans de rugby. Et puis voilà, après l'âge évoluant, je me suis tourné vers la voile. J'ai intégré un petit équipage de course à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en Vendée. On faisait des petites régates du dimanche, ça m'a beaucoup plu. J'ai ensuite fait une formation à la Massif, l'école de la Massif, Massif Centre de Voile. Et puis un jour, sur les réseaux sociaux, je vois une photo, la photo d'un gros Volvo Océan, c'est un bateau de 60 pieds, une Formule 1 des mers... qu'on fait avancer en équipage. Donc, il y avait ce double aspect. Il y avait le gros bateau de course large autour du monde et il y avait la notion d'équipage. Donc, je tombe sur cette photo de bateau sur Facebook. Je clique dessus et là, je lis le texte dans lequel est écrit Tim Jolokia recrute son futur équipage. Et là, je me dis, non mais banco, j'y vais. J'écris. Alors, je crois que j'écris une candidature bourrée de fautes tellement je suis pressé de l'écrire, tellement je suis pressé de candidater. J'ai la chance de recevoir la réponse le 24 décembre 2015 au soir. La réponse favorable, et là, c'est parti pour quatre années de voile, mais quatre années surtout de collectif à bord avec des moments vraiment de galère, des moments où on a vraiment le... la nécessité et le besoin de l'autre. C'est-à-dire que tout seul, là, clairement, sur un bateau comme celui-ci, c'est l'échec. Et là, on a le besoin de se tourner vers l'autre, le besoin d'apporter son aide à l'autre. Et c'est du donnant-donnant. Mais l'autre, c'est qui
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que c'est quelqu'un qui me ressemble
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non. C'est quelqu'un à qui il manque une jambe. C'est quelqu'un qui ne parle pas comme moi. C'est quelqu'un qui n'a pas la même couleur de peau. C'est quelqu'un qui n'a pas du tout les mêmes convictions politiques. C'est quelqu'un qui n'a pas du tout la même religion, etc. Sauf qu'on est C'est très imagé. En plus, c'est chouette. On est dans le même bateau. On a le même objectif. Et du coup, on est contraints et forcés de faire avec l'autre et de capitaliser sur l'autre. Je pense que ces quatre années à Team Jolokia, ça a été un gros déclic pour moi parce que ça a mis en lumière tout ce que j'avais, moi, construit sans même m'en apercevoir en moi, la nécessité du collectif, la nécessité de l'autre, la nécessité d'apprendre de quelqu'un qui ne pense pas comme moi. Team Jolokia, ça a mis clairement en lumière tout ce que j'avais déjà en moi, Et c'est pour ça que ça a duré 4 ans au lieu d'un an. Et ensuite, ça a fait naître l'envie de faire construire mes propres projets et de faire naître mes propres projets.
SPEAKER_00Excellent. Pour les non-initiés, pour qu'on se rende bien compte de ce dont on parle avec ce type de bateau, 60 pieds, ça fait combien en mètres
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ça fait 19 mètres. Ça fait 19 mètres de long et le mât fait 29
SPEAKER_00mètres, 30 mètres. C'est un
SPEAKER_01très
SPEAKER_00gros bateau. Ces équipages, pendant 4 ans, qu'est-ce que vous prépariez
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'était quoi l'objectif
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors l'objectif c'était de s'aligner sur des courses au large comme l'Armen Race, la Rolex Fastnet, c'est des courses qui sont réputées dans le milieu de la voile, de s'aligner face à des équipages professionnels ou des coureurs au large solo, les coureurs du Vendée Globe notamment, passent par ces courses-là pour se préparer pour l'objectif du Vendée Globe. Du coup l'objectif c'était c'était de s'aligner contre ces skippers-là et ces équipages-là et de démontrer que la diversité est une force et qu'on est capable de jouer les premiers rôles. Et c'est ce qu'on a fait. D'ailleurs, on a très souvent trusté les podiums et terminé deuxième des courses auxquelles on a participé. Alors moi, pour ma part, je crois que je n'ai jamais gagné, mais sur des flottes de 5 ans 60, 70 bateaux. C'est arrivé très régulièrement qu'on termine deuxième sur ce gros bateau sur lequel rien n'était automatique, pas de pilote automatique, tout était manuel et donc il y avait nécessité de se mettre dans le rouge de jour comme de nuit et surtout nécessité de s'appuyer sur les compétences de l'autre.
SPEAKER_00Je suppose que ça varie de course à course mais c'est généralement des épreuves qui durent Combien
SPEAKER_01de temps
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, le grand, plus grand maximum qu'on ait fait, c'était 5 jours. C'était le tour d'Irlande et pareil, on a terminé de deuxième derrière un skipper du Vendée Globe. Mais voilà, donc c'était 5 jours. Donc là, 5 jours, comme ça, quand on est à terre, qu'on a accès à son canapé, aux informations, à son micro-ondes, et bien, Et à la vie à terre, on ne se rend pas bien compte, mais 5 jours coupés du monde à dormir par tranche de 1h30, 2h, de devoir se relayer à la colonne de Winch. La colonne de Winch, c'est un peu le moulin à café sur lequel on s'active pour régler les voiles et faire tourner le bateau à 12, 24h sur 24 pendant 5 jours, ça nécessite déjà d'accepter d'être fatigué ça nécessite d'accepter de se mettre dans l'eau rouge, de se mettre dans l'eau rouge pas seulement pour soi mais pour le collectif et je vous assure que ça met les nerfs à rude épreuve et c'est vraiment une belle belle expérience alors ça en dit long sur ce que font les coureurs au large sur le Vendée Globe parce qu'eux sont tout seuls, alors après il y a beaucoup plus de choses automatiques et qui se font de façon automatique avec le pilote automatique mais Ça en dit long en tout cas sur la manière de vivre les choses isolées de la terre ferme.
SPEAKER_00j'ai vu ce matin le chrono final de Sam Gutschall que j'avais reçu avant qu'il prenne le départ du Vendée Globe il me semble si je dis pas de bêtises c'est 78 jours ouais 78 jours solo sur son bateau à faire le tour du monde c'est ouais c'est phénoménal ouais phénoménal ouais effectivement ok donc ça cette expérience 4 années qu'est-ce qui fait que t'as décidé de de tourner la page à un
SPEAKER_01moment donné
UNKNOWN?
SPEAKER_01Déjà, ça aurait dû durer un an et ça a duré quatre ans. Et ce qui a fait que je pense que le projet est né dans ma tête, parce que ce que je vivais à bord de ce bateau-là, c'était exceptionnel. C'était des gens que j'étais destiné à jamais croiser, vers qui je ne me serais jamais tourné dans la vie de tous les jours. Là, on me les a imposés.
SPEAKER_00Tu as des exemples de ces parcours que tu penses que tu n'aurais jamais croisé autrement
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, on avait un coéquipier qui venait d'Italie, qui ne parlait pas très bien français. Je n'étais pas du tout amené à naviguer avec un Italien. Une personne à qui manquait une jambe amputée tibiale. Jamais je n'aurais été amené à naviguer avec une personne à qui il manque une jambe. Des hommes, des femmes, aujourd'hui, tout est cloisonné. Il y a du sport féminin, du sport masculin. Voilà, c'est tous ces exemples-là. Il y avait une personne avec qui je suis resté en contact, qui est devenue un très bon ami, qui fait plus de 2 mètres. Lui, il était destiné plutôt à faire du volley ou du basket, mais il s'est retrouvé sur ce bateau-là, avec moi, L'idée, c'était clairement des gens qui m'étaient imposés par le projet.
SPEAKER_02de
SPEAKER_01qui j'ai énormément appris à qui j'espère que j'ai apporté et je me disais bon c'est chouette on est sur un bateau le milieu du nautisme c'est un milieu qui reste quand même assez coûteux et élitiste le message de la diversité c'est la diversité au sens large la diversité universelle c'est celle qui s'adresse à tout le monde donc je me suis dit bon ce serait chouette de faire de dupliquer ce projet là euh mais ailleurs que sur un bateau, et je me suis dit, naturellement, je me suis tourné vers la montagne, parce que j'avais aussi beaucoup d'attirances, et déjà des petites attirances sur la montagne, et puis des capacités sur l'Alpi, et je me suis dit, le projet est tout trouvé, je vais dupliquer ce projet-là, sur le milieu montagnard, en haute altitude au maximum et je me suis dit bon ben voilà on va pas faire de la simple randonnée on va se confronter à un milieu hostile exactement comme le milieu océanique un milieu hostile c'est à dire la haute montagne qui nécessite de marcher en cordée donc toujours cette notion de collectif de marcher au rythme des uns et des autres et pas au rythme du plus rapide ni au rythme du plus lent c'est de marcher au rythme du collectif de nécessiter de créer une cordée qui nécessite d'avoir besoin de celui qui est devant d'avoir besoin de celui qui est derrière de se porter assistance de faire une pause quand il y a besoin de faire une pause enfin voilà donc c'était tout trouver il fallait que je me tourne vers le milieu de l'alpinisme pour dupliquer ce que j'avais vécu sur le bateau parce que le milieu de la montagne est un peu plus ouvert en tout cas moins élitiste que le milieu du nautique Donc voilà, c'est comme ça qu'est né le projet de la Cordée de la Diversité en 2018. Il a vu le jour en 2019 et on a relevé le défi fin 2019. Mais il est né comme ça, parce que par nécessité de dupliquer ce que je vivais sur le bateau, de le dupliquer dans le milieu de la montagne.
SPEAKER_00Excellent. Cordier de la diversité donc tu le disais un peu plus tôt finalement ça a été le premier d'une longue série de défis si tu devais retenir un moment de ce premier projet puisque j'imagine qu'il y a eu plein de challenges etc mais si ensuite tu as renouvelé l'exercice de trouver de nouveaux projets orientés alpinisme ou pas mais où il y avait à chaque fois cet enjeu de montrer que la diversité apporte une forme de richesse je suppose que c'est que ce premier projet il a été concluant pour toi et donc je serais curieux de savoir s'il y a un moment en particulier qui toi t'a vraiment marqué dans la cordée de la diversité
SPEAKER_01ouais il y a un moment qui m'a énormément marqué d'ailleurs c'est le moment le plus émouvant du film que Martin a réalisé c'est le moment où Ludo un des membres de la cordée, on était 8 où Ludo atteint le refuge de Tétrousse Ce n'est pas le sommet, ce n'est pas le départ du chalet, c'est réellement ce moment-là où Ludo arrive au refuge de Tétrousse, qui est à 3200 mètres d'altitude, ce n'est pas foufou, mais à partir du moment où on prend conscience que Ludo, c'est une personne qui est multi-handicapée, qui partait d'un niveau physique proche de zéro, qui a un bras plus court que l'autre qui manque des doigts qui marche de façon très déstabilisée du coup de voir le chemin parcouru avec Ludo de son canapé jusqu'à ses 3200 mètres, ce refuge de Tétrousse, ce premier checkpoint de l'ascension, de le voir arriver, lever les bras au ciel et fondre en larmes, je vous assure que là, je me suis dit, le projet, il est déjà réussi, qu'on atteigne le sommet ou pas, il est déjà réussi, le message, il est là, il est clairement de montrer que Ludo, cette personne sur qui dans la société personne ne compte limite on la laisse bien de côté parce que moi j'ai besoin de performance j'ai besoin de faire du chiffre j'ai besoin d'aller vite j'ai besoin, ben Ludo cette personne là sur laquelle on ne compte pas dans la société elle a compté énormément du premier jusqu'à ce jour là dans la vie du collectif par son humour par son mauvais caractère parce qu'en plus ce Ludo là avait un petit caractère bien trempé il a apporté sa personnalité il a apporté son regard il a apporté son handicap visible au collectif et je vous assure de montrer le Le chemin que lui a parcouru, ça n'en ferait pas lire plus d'un qui aujourd'hui gonfle un peu les pectoraux et les muscles en disant« Regardez-moi, regardez ce que je sais faire, regardez ce que je
SPEAKER_02fais.
SPEAKER_01» Mais c'est rien comparé à ce que Ludo a fait sur ce projet-là. Pour moi, le défi était déjà relevé. C'est l'image que je vois. J'invite toutes les personnes d'ailleurs à aller voir le film parce que cette image de Ludo qui lève les bras au ciel avec son casque de travers, avec ses huit mois de préparation, en boitant, en pleurant, en ayant envie de renoncer par moments, et avec un collectif autour qui est là pour le booster, qui est là pour se nourrir de son expérience à lui et de ses avis à lui. Je vous assure que là, même en en reparlant, j'ai encore des frissons. Donc ça, c'est vraiment l'image que j'ai de ce projet-là.
SPEAKER_00C'est... Attends, plusieurs choses sur lesquelles j'aimerais rebondir. Déjà, le film, comme ça, on en parle tout de suite. Est-ce que tu peux... Où est-ce qu'on peut le trouver
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est quoi le
SPEAKER_01titre
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, le titre, c'est« Accorder de la diversité, oser ensemble», et ça se trouve sur YouTube, tout simplement, sur un accès libre. Ouais, tout à
SPEAKER_00fait.« Oser ensemble, accorder de la diversité». Ok, très bien. Et l'autre point, dans ce que tu viens de dire, il Il y a un terme que je pense que je n'avais jamais entendu et que je trouve assez émouvant. C'est ce que tu as dit sur la contribution de Ludo, le fait qu'il a apporté son handicap au groupe. C'est quand même énorme de dire
SPEAKER_01ça. Oui, parce qu'en fait, dans la vie, et on le fait tous, toutes les embûches, On est amené à franchir tous les bâtons dans les roues qu'on peut nous mettre, toutes les désillusions. On arrive à se nouer de ça et à passer outre, tous dans la vie. à partir du moment où on arrive sur cette terre, on est confronté à des choses qui ne nous font pas plaisir, on est confronté à des galères, et on arrive tous, plus ou moins bien, dans la difficulté, plus facilement que d'autres, mais on arrive tous à les franchir, et on se nourrit de ça. Du coup, on a un gros problème, on a un très très gros problème avec le handicap, en tout cas en France, beaucoup moins ailleurs, notamment en Espagne, mais en France, on a un gros problème avec le handicap, on essaye de le mettre de côté, on cloisonne par C'est le même principe que de cloisonner les hommes, les femmes, les gens de telle religion. On cloisonne. Et du coup, dans ce cloisonnement du monde du handicap, on a aussi le handicap visible et le handicap invisible. Donc la chance qu'on avait avec Ludo, c'est que c'était un handicap visible. Donc les gens se sont attachés à Ludo. Le public s'est attaché à Ludo, à le suivre dans sa préparation du Mont-Blanc. Mais il y a aussi cette partie de handicap invisible. Et moi, je suis un convaincu que... tous autant qu'on est, des milliards sur cette planète Terre, on a tous un handicap, on s'évertue à le cacher au maximum pour ne pas le montrer aux autres, parce qu'on a toujours peur de montrer ses faiblesses. Et du coup, je pense qu'à partir du moment où on capitalise sur ses faiblesses, on se dit, ok, j'ai ce handicap-là. Moi, j'ai un handicap, c'est que... Alors déjà, il y a le handicap un peu du parcours perso qu'on a tous, des parcours sinueux qu'on a tous connus. Donc ça, c'est un handicap sur lequel on capitalise. Il dos, c'est un handicap physique. Moi, j'ai un autre handicap, c'est que je ne sais pas compter. Je suis nul en maths et je déteste les maths. Moi, ce truc-là, je vais le chercher chez les autres. C'est vraiment ce principe-là de ne pas se cacher derrière son petit doigt, de ne pas cacher son handicap, de ne pas cacher ses difficultés, son parcours de vie. Parce qu'à partir du moment où on le cache à tout prix, on ne capitalise
SPEAKER_02pas dessus.
SPEAKER_01Et donc je pense que Ludo, il nous a amené son handicap. Il nous a donné son handicap comme une force en disant, vous voyez les gars, moi avec mon pied qui marche de travers, avec mes deux bras qui ne sont pas de la même longueur, avec mes difficultés à m'exprimer, vous voyez les gars, je suis là, je fais le même parcours que vous. Alors je fournis beaucoup plus d'efforts que vous parce que moi j'ai conscience d'avoir ça. mais regardez quoi et c'est lui en fait qui alimente cette nécessité de se nourrir de la différence de l'autre c'est pas quelqu'un qui est en pleine santé d'apparence physique, psycho parce que voilà aujourd'hui la société elle nous montre que des gens comme
SPEAKER_02ça
SPEAKER_01on est fasciné par des gens qui sont ultra rapides ultra forts ok et c'est très bien et c'est chouette et moi aussi ça me nourrit et ça me montre certains aspects de la performance mais pour moi la vraie performance elle est dans le fait de s'alimenter des gens qui qui sont différents et je pense qu'à partir de là on arrive à construire des collectifs alors moi humblement des petits collectifs de 8 12 24 personnes mais mais si on pouvait le dupliquer à l'échelle d'un plus grand collectif, d'une entreprise, d'une nation, et pourquoi pas du monde, alors là, je serais le plus heureux des hommes. Mais moi, je le fais humblement à mon petit niveau de démontrer qu'on a tous besoin de la différence de l'autre pour avancer.
SPEAKER_00et besoin de la différence de l'autre et que c'est crucial d'embrasser sa propre différence moi c'est un peu ça le message que j'entends quand tu disais tu vois que toi t'as des difficultés avec les maths par exemple et donc tu vas le chercher ailleurs enfin tu vois de pas essayer de le cacher bon là c'est un exemple oui c'est parlant voilà trivial qu'un handicap visible mais je trouve que le message est très fort aussi tu vois finalement pour refaire de la philosophie de bas étage je te disais un peu plus tôt cet article tu vois que j'avais lu où le paradoxe notre temps c'est qu'on n'a jamais été aussi connecté à la fois aussi isolé il y a peut-être ça aussi c'est qu'on n'a jamais eu autant accès aux différences les uns des autres justement parce qu'il y a cette hyper connexion donc ça pourrait être une super opportunité de se dire de s'enrichir à travers des parcours différents d'une autre et pourtant il n'y a peut-être jamais eu autant ce souhait de conformité absolue tu vois d'où l'essor incroyable des influenceurs etc enfin toutes ces dérives qu'on On peut
SPEAKER_01voir... Enfin, en tout cas... Oui, oui, oui. Non,
SPEAKER_00mais tu as raison. On peut employer le terme de dérive, tu vois. Oui, c'est clair. Et là aussi, c'est un paradoxe, tu vois. C'est que finalement, non, soyons... Embrassons nos différences. Soyons fiers de qui on est. Chacun des parcours différents. Oui, effectivement, on a tendance à mettre sur un piédestal les gens qui font du TMB en moins de 20 heures. Et c'est fabuleux parce que... C'est génial. C'est génial. C'est incroyable. Mais il y a peut-être d'autres manières pour soi, je veux dire, de vivre de belles aventures. Tu vois, de... Pas forcément que... pour prendre l'exemple dans le trail, peut-être pas forcément que les courses à dossards type UTMB.
SPEAKER_01Oui, qui sont des courses géniales.
SPEAKER_00Oui,
SPEAKER_01exactement. Et puis ça demande une abnégation, une préparation du sacrifice individuel incroyable. Et du coup, je ne montre pas ça du doigt du tout et j'adore. Je suis fan. D'ailleurs, je pratique le trail dès que je peux. Alors, je mets des causes derrière tout ça, mais je pratique le trail et je suis fasciné par les temps records, par des Kylian Jornet, des Mathieu Blanchard. C'est des mecs hors normes et ça, c'est génial parce que c'est des mecs qui montrent aussi la voie. Moi, c'est ce besoin que j'ai de façon innée du collectif qui m'amène à construire des collègues à travers les singularités de chacun mais je reste aussi un grand passionné de course solo Charlie Dalin sur le dernier Vendée Globe les Killian Jornet tous les sommets à plus de 4000 mètres de la chaîne Alpine c'est complètement incroyable c'est génial et ça faut pas se détacher de
SPEAKER_00ça non non bien sûr évidemment non non mais ce que je voulais dire c'est je suis complètement d'accord avec toi c'est fabuleux de voir finalement, c'est des gens qui font progresser le sport. Là où je pense que les dérives potentielles, c'est de croire que c'est le but. Si tu te mets au trail, tu dois être capable, à un moment donné, dans deux ans, alors que tu viens de commencer, de faire l'UTMB en moins de 20
SPEAKER_02heures.
SPEAKER_00Alors que non, pas du tout. Il y a peut-être plein de manières de le faire différemment. Et je pense à ça parce que j'ai récemment vu un post d'un autre ancien invité du podcast qui s'appelle Benoît et qui qui est un ancien triathlète professionnel qui s'est reconverti dans l'ultracyclisme. C'est un malade. C'est-à-dire que le gars, il fait des épreuves type Race Across France en pignon fixe. Et il gagne. la première fois il a fait la Race Across France 300 km ça finit par une ascension du Mont Ventoux il était en pignon fixe et il a gagné pour te dire un peu le phénomène et là il n'y a pas longtemps il expliquait qu'il revenait de deux ans de pause vélo, il avait pris énormément de recul sur sa pratique ce qu'il allait chercher dans ce type d'épreuve et là il a repris la compétition avec un Gravelman donc Gravelman c'est organisé par Steven Le Yari qui est aussi un autre invité du podcast décidément je fais plein de de promotions d'anciens épisodes ah ouais mais c'est bien et il me sent comment
UNKNOWN?
SPEAKER_01je dis
SPEAKER_00c'est bien c'est bien ouais et ce gravelman au Maroc il l'a fait alors si j'ai bien compris il l'a fait en vélo cargo donc tu sais c'est les vélos avec des
SPEAKER_01plateformes
SPEAKER_00ça pèse un an de mort c'est pas avec ça que tu vas chercher un chrono mais il expliquait que du coup voilà maintenant ce qu'il voulait après des années passées à foncer sans regarder ce qu'il y avait autour de lui aller chercher des chronos il a fait qui voulait prendre le temps et finalement apprécier les épreuves, tu vois. Et voilà, du coup, ça rejoint un peu ce que je disais. Finalement, même avec quelqu'un qui a largement le potentiel de faire un excellent chrono, voire de gagner ce type d'épreuve, il a changé son approche et aujourd'hui, ce qu'il va chercher, c'est autre chose, c'est vivre l'instant, c'est partir à fond. Et je
SPEAKER_01trouve ça hyper inspirant comme message aussi. Ah oui, c'est clair. Non mais... le collectif s'est fait de plusieurs individualités et moi ce que je trouve perso alors qu'il suit un amoureux du collectif j'ai besoin du collectif comme je te le disais dans le trail je vais chercher je sais pas une version améliorée de moi même je sais pas comment dire parce que je sais que sur tous les trails auxquels je participe je sais que je vais pas gagner donc voilà je sais pourquoi j'y vais j'y vais pour pas gagner mais ce que je retrouve dans le trail et que tu je suis convaincu de toi aussi retrouvent, c'est le fait d'aller puiser au fond Le fait d'aller utiliser des capacités que tu ne soupçonnais pas ou que tu n'avais jamais eu envie d'aller titiller. C'est le dépassement de sa propre machine. On est une machine. Le dépassement de cette propre machine, non pas pour se faire plaisir et pour faire une belle publication à la fin, mais pour se dire la machine que j'ai depuis que je suis né, elle est comme celle-ci. Je vais essayer d'aller grappiller et d'aller me montrer à moi-même que je suis capable d'aller développer ces petites parties-là de moi-même, d'aller réfléchir sur comment passer outre ce moment de galère qui, il y a dix ans, m'aurait fait abandonner. Là, je ne vais pas lâcher, j'y vais le couteau entre les dents parce que j'ai besoin de voir cette ligne d'arrivée et de démontrer que c'est ma machine à moi je l'utilise à 40% depuis le début et que je peux aller encore plus loin et je parle d'individualité parce que en fait d'apporter une amélioration psycho et physique à sa propre machine ça permet aussi de se situer dans le collectif Et ça permet aussi d'ensuite apporter ce qu'on pense pouvoir apporter au collectif. Et du coup, à partir du moment où on fait ça, ça veut dire qu'on accepte aussi que l'autre nous apporte. À partir de deux, c'est un collectif. À partir de quatre, six, voilà. Et du coup, je pense que l'individu, la personne, en tout cas moi, j'ai besoin d'être bien. Pour être bien, il faut que je sois dans un collectif. Et pour pouvoir être dans un collectif et être bien dans ce collectif, il faut aussi que moi, je sois bien et que je puisse apporter ce que j'ai à apporter au collectif. Sinon, ça ne marche
SPEAKER_02pas.
SPEAKER_01Et du coup, le trail, c'est ça qui est génial, je trouve. C'est de pousser ses limites, celles qu'on n'imaginait même pas possibles de dépasser, de franchir ses limites, d'avoir cette satisfaction perso, et de se dire, ok, la machine que j'ai entre les mains, je suis parti de là, j'arrive à ça, j'arrive à la pousser un peu plus, j'arrive à faire ça, et bien voilà le message que je veux faire passer à mon petit collectif, voilà ce que je veux apporter à ce petit collectif. Je ne sais pas comment l'exprimer mieux. Parce que ce n'est pas du... C'est de la vraie humilité, je trouve, le trail. Parce qu'on y va, on sait qu'on ne va pas gagner. Oui. C'est de la vraie humilité. Et puis, on sait qu'on va galérer. On sait qu'on ne ressemble à rien quand on arrive d'un trail. Mais on n'est plus le même homme. Et on n'est plus la même femme. Et c'est cette nouvelle version après la ligne d'arrivée qui fait qu'on peut se mettre au service encore mieux, au service du collectif, je trouve.
SPEAKER_00c'est vrai que cette notion de prendre le départ en sachant que tu vas galérer comme tu dis c'est dans le trade je pense que c'est d'autant plus palpable dans tous les sports peut-être où c'est long quand je faisais du judo avant les compétitions tu sais que tu vas galérer mais tu sais qu'à la fin de la journée c'est fini entre guillemets mais c'est vrai que l'ultra par exemple je me retrouve inscrit sur le tord des géants je sais que ça va être infernal tu vois et que ça va durer pendant 6 jours donc ouais je sais pas si c'est possible en tout cas en tant qu'amateur de se lancer sur ce genre de choses forcément ça te rend humble je pense parce que tu sais que tu vas prendre la foudre c'est une évidence donc ouais c'est intéressant ce que tu
SPEAKER_01dis je sais pas comment l'analyser il faudrait il faudrait aller voir un psychologue spécialement pour ça. Pourquoi est-ce qu'on fait ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01Il y a plein de gens qui
SPEAKER_00nous posent
SPEAKER_01la question. Pourquoi est-ce qu'on fait ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je ne sais pas. Pour utiliser la machine au maximum de ce qu'on peut l'utiliser, pour la développer et pour pouvoir être mieux, s'inscrire un peu mieux dans sa personnalité individuelle et donc dans le collectif ensuite. C'est comme ça que je l'analyse moi avec... on revient toujours à la psychologie de bas étage mais ça rend humble ça rend humble le trail et le sport solo de l'extrême ça rend humble et c'est aussi pour ça que moi quand je m'inscris sur un trail ou sur un défi tu vois par exemple d'enchaîner un maximum de sommets j'ai fait ça en Norvège il y a deux ans maintenant j'avais décidé d'enchaîner un maximum de sommets en ski-rando en Norvège au profit des SOS Préma parce que mon parcours de vie fait que j'ai eu un enfant né prématurément dans des conditions un peu galères donc voilà c'est un peu ma contrepartie après coup de mettre du sens derrière ce défi là Qu'est-ce que j'allais chercher à enchaîner le maximum de sommets en un minimum de temps
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'était, je ne sais pas, de... Oui, d'aller chercher... Parce que jamais je ne détiendrai le record du nombre de sommets en Norvège. D'ailleurs, il y en a un qui le fait très bien. Mais qu'est-ce que je vais chercher
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je pense que ce que je vais chercher, c'est d'avoir un but, de faire passer un message à des gens qui en ont besoin, de leur dire, regardez, c'est possible, relevez la tête. Après le combat, il y a une vie qui est possible. Et ça permet... après d'enchaîner assez facilement sur l'accordé de l'après pour le Mont-Blanc 2024 avec les huit femmes en rémission d'un cancer, c'est de montrer que de toute façon, le combat, il faut le livrer. Que ce soit la maladie, que ce soit une embûche, que ce soit une galère, le combat, il faut le livrer. On est là pour le livrer. Et il n'y a pas d'autre objectif que de gagner, de passer au-delà l'embûche, de gagner le combat, de gagner contre la maladie. Voilà, ce combat-là, il faut le livrer. On n'a pas d'autre choix. Et une fois qu'il est livré, regardez ce qu'on peut faire, quoi. Regardez ce qu'on peut faire
SPEAKER_00ensemble.
UNKNOWNHum...
SPEAKER_00j'ai un très bon copain qui écoute régulièrement le podcast mais je pense que je lui enverrai en particulier cet épisode en lui disant celui-là faut vraiment que tu l'écoutes parce que ce message de finalement on n'a pas le choix que de gagner nos propres combats je le trouve extrêmement fort et je pense que en plus du fait de ton parcours je savais pas du tout que t'avais une enfant prématurée ce copain en particulier ça a aussi été décidément je te jure j'ai pas une liste avec tous les anciens épisodes qu'il faut que je place mais je l'ai reçu on a fait un épisode en deux parties parce que c'est le papa de deux très grands prématurés si je dis pas de bêtises qui sont nés à 5 mois et ça a été extrêmement compliqué et c'était finalement aussi ce qui disait que finalement il n'y a pas le choix quoi qu'est-ce que tu veux faire d'autre que de te
SPEAKER_01battre
SPEAKER_00en fait c'est
SPEAKER_01pour ça qu'on est là
SPEAKER_00depuis
SPEAKER_01le début depuis la
SPEAKER_00nuit des temps. On est là, il faut... Toi, dans ton cas, si t'es ok pour en parler, parce que... Bien sûr, oui, oui, bien sûr. Je ne savais pas, donc ce n'était pas prévu.
UNKNOWNNon, mais avec plaisir. Le...
SPEAKER_00ça a été assez difficile elle était prématurée de combien
UNKNOWN?
SPEAKER_01elle était prématurée de 2 mois simplement elle est née à 7 mois en fait elle s'appelle Margot elle a 17 ans aujourd'hui elle va très bien mais les débuts ont été compliqués quand on est prématurément c'est la première fois que j'étais papa aujourd'hui je suis papa de 2 jeunes filles mais c'est la première fois que je devenais papa la veille, je faisais encore du rugby, je m'étais cassé les deux clavicules, et c'est rigolo, je m'étais cassé les deux clavicules parce que moi je suis un petit modèle, je jouais à la mêlée, le pack, les huit de devant me sont tombés dessus, j'étais sur le côté, ça m'a cassé les deux clavicules, et donc le lendemain j'étais alité, voilà, et ma compagne qui était enceinte de 7 mois, venait me voir régulièrement pour prendre soin de moi, pour prendre des nouvelles, etc. Et c'est des anecdotes hyper fortes, je trouve. Et en fait, au bout d'un moment, la deuxième fois, elle vient me voir, elle dit« Oh, j'ai un peu mal à la tête, j'ai mal dans les reins.» Moi, je dis« Il faudrait peut-être appeler le médecin.» petite vie dans la journée elle remonte une troisième fois bon ben là ça va quand même pas trop je dis non mais là moi mes clavicules ou pas clavicules faut qu'on aille à l'hôpital donc tu conduis on va à l'hôpital mais on y va quoi donc on va à l'hôpital c'est elle qui conduit ben oui forcément avec deux clavicules en moins on se dit avec mes propres limites, que du coup, je ne vais pas prendre le volant, c'est n'importe quoi, on arrive à l'hôpital, aux urgences, ils prennent sa tension, 21 de tension, donc là, en fait, on nous explique qu'elle est en train de faire une préeclampsie, donc si le seul moyen d'enrayer cette préeclampsie, c'est de faire naître le bébé, donc là, tu comptes sur tes doigts, tu te dis, bon, alors là, il en manque, il manque deux mois, ça ne va pas, j'ai beau recompter, il manque deux mois, donc
SPEAKER_00Une préeclampsie, Julien, c'est
SPEAKER_01quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, en grosso modo, une préeclampsie, c'est une intoxication du sang qui va forcément passer toutes les couches de... de l'utérus et de la poche dans laquelle se trouve le bébé et donc du coup faire mourir le bébé et empoisonner le bébé en plus d'empoisonner la maman donc là c'est du méga sérieux c'est ça une préeclampsie c'est une toxémie gravidique ça s'appelle en d'autres termes c'est une intoxication qui va toucher tous les organes de la maman et bien sûr le fœtus donc là le seul moyen rien d'enrayer tout ça et de tenter de sauver la maman c'est de faire naître le bébé et de faire en sorte que le bébé vive donc le bébé donc Margot est née de façon prématurée en urgence donc ce soir du 29 octobre moi j'avais mes deux clavicules alors les douleurs étaient très très très lointaines là on a plus mal C'est là qu'aussi on apprend sur la manière de gérer la douleur et de se mettre ses propres limites. Là, je n'avais plus du tout mal, il fallait prendre le taureau par les cornes et voilà. J'avais d'un côté ma compagne qui était en soins intensifs entre la vie et la mort, clairement, avec de l'eau dans les poumons, avec des reins qui ne fonctionnent plus, avec des analyses de sang et un sang qui… qu'il faut absolument assainir sinon ça va continuer d'alimenter le cœur avec un myocarde qui commence à être touché c'est vraiment un tableau dont j'ai pris conscience au fur et à mesure au fil des semaines parce que sur le moment on a la tête dans le guidon on vit ça sous adrénaline et puis de l'autre je suis papa d'un petit bébé qui fait 1,350 kg qui se trouve dans une petite boîte en plexi. Donc voilà. Donc là, je suis dans un couloir de l'hôpital. Et là, je fais quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je vais voir qui en premier
UNKNOWN?
SPEAKER_01Donc moi, ma raison à moi, c'était d'aller voir la maman. parce qu'elle l'avait portée parce qu'elle était entre la vie et la mort donc je suis allé voir la maman j'ai réussi à lui à échanger avec elle en soins intensifs l'espace d'une minute et elle m'a dit va voir Margot donc là j'avais son faux verre je suis allé voir Margot en néonatalogie de New York donc là j'arrive dans cette pièce avec des gens avec des masques à l'époque il n'y avait pas le Covid donc quand il y avait un masque c'est que c'était pas bon donc je rentre dans cette pièce on m'amène devant cette boîte en plexi et là je pourrais encore en pleurer mais le... La personne qui était là, l'infirmière qui était là, me dit« Félicitations, vous êtes papa, je vous présente Margot.» Et là, je fonds en larmes, je m'écroule, alors que j'ai un tempérament de feu, j'ai un moral d'acier d'apparence. Là, je m'écroule et l'infirmière me prend dans ses bras et me dit« Mais regardez, c'est un beau jour pour vous. Vous êtes papa.
UNKNOWN»
SPEAKER_01Je lui dis, mais ce n'est pas du tout un beau jour. Enfin, regardez le tableau. D'un côté, j'ai ma compagne qui est en train de potentiellement nous quitter. On m'annonce que je suis papa. J'ai cette petite crevette que j'aime déjà et que j'aimais déjà dans l'ombre de sa maman. Mais regardez le chaos que c'est. Ça veut dire que là, du jour au lendemain, on passe dans un mode combat. exactement comme le combat que Margot était en train de livrer, alors qu'elle avait conscience de rien, elle était juste née, elle avait 7 mois, elle était dans une petite boîte branchée de partout, avec des sonneries, je me rappellerai, mais jusqu'à la fin de mes jours, cette sonnerie de désaturation des poumons, et on te dit« c'est un beau jour». Et là, tu te dis« ok, c'est vrai que c'est un beau jour, Margot est déjà dans le combat».« Enchanté Margot, je suis ton papa et ce combat, on va le livrer.» Et tu vois, cette notion de ce combat, on doit le livrer. Du coup, Margot et les prématurés en particulier, en fait, ils n'ont même pas conscience que ce combat, il faut le livrer. C'est le combat de la vie, quoi. En fait, voilà, nous, on s'arrête aujourd'hui parce qu'on vit dans notre petit confort, notre portail électrique qui ne marche plus. Et on se dit, putain, qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu pour que ce portail ne marche plus
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et du coup, il faut se rappeler à chaque fois ces moments-là des embûches qu'on a traversées et qu'on a réussi à passer outre les problèmes, les galères, les maladies. Eh bien, voilà, le combat, il est... nécessaire on ne peut pas faire autrement il faut le livrer autant bien le livrer autant gagner parce que quand on le livre bien on a plus de chance de le vaincre facilement et plus rapidement Et du coup, je pense que c'est ça qui m'a aussi alimenté dans la nécessité de donner du sens à tous les projets que je mets sur pied, même dans mes courses individuelles en trail ou en course alpi, en ski alpinisme. C'est de donner du sens derrière tout ça et de remercier les personnes qui étaient là au moment où moi, j'en ai eu besoin. Là, je revois un peu l'appareil.
SPEAKER_00Tu lui as déjà partagé ça à Margot, tout ce que tu viens de me dire
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pas trop. J'espère qu'elle écoutera. Pas trop, pas trop. En tout cas, ça s'est bien fini. Elle a livré un très beau combat.
SPEAKER_00Et pour ta femme, du coup
UNKNOWN?
SPEAKER_01Elle s'en est sortie aussi. Aujourd'hui, on ne vit plus ensemble, mais elle s'en est sortie. Elle est sortie de... de soins intensifs au bout de trois semaines, si je ne dis pas de bêtises.
SPEAKER_00Ah, quand
SPEAKER_01même, oui. Parce que ça fait 17 ans désormais, donc elle est sortie de soins intensifs au bout de trois semaines. Elle a eu la chance de pouvoir voir Margot au bout d'une semaine. Enfin voilà, tout ça, c'est des choses, c'est des traumatismes en vrai, sur lesquels une maman se construit, un papa se construit, et sur lesquels on pourrait, tu vois, s'attarder. Et se dire, oh là là, mais qu'est-ce que je suis malheureux, mais qu'est-ce que c'est dur, mais qu'est-ce que... Ouais, c'est dur. Mais putain, mais qu'est-ce que c'est cool de franchir ces étapes, quoi. Qu'est-ce que c'est cool de pouvoir capitaliser dessus et de se rappeler que la vie vaut la peine d'être vécue, que les combats valent la peine d'être livrés, et qu'une fois qu'ils sont livrés, il faut partager ça à tout prix, quoi.
UNKNOWNDonc, voilà.
SPEAKER_00section émotions de
SPEAKER_01l'épisode ouais mais c'est des émotions mais en fait ces émotions là il faut les transformer en énergie pour les autres parce qu'il y en a qui galèrent aujourd'hui il y en a qui sont en néonate aujourd'hui et qui savent pas si leur bébé va vivre et là les mecs là ils sont en mode combat ils ont besoin quand on les alimente de leur dire hé les gars moi je connais pas l'issue de votre combat à vous. En tout cas, livrez-le. Parce que si vous vous battez à 100% corps et âme, vous n'aurez rien à regretter derrière. Et c'est l'histoire qui aura été comme ça. En tout cas, livrez ce combat. Parce que la vie d'après, elle est trop belle. Et il y aura d'autres combats à livrer après. Allez-y.
SPEAKER_00Je te propose, en parlant de combat, qu'on revienne, qu'on attaque du coup le... le dernier gros en date que tu as livré avec une équipe qui est le cette ascension alors du coup je suis désolé j'ai peur de me retromper c'est l'accordé le dernier le nom c'était
SPEAKER_01c'est l'accordé de l'après
SPEAKER_00de l'après voilà ok c'est ça avec une équipe donc 100% féminine que des femmes en rémission
SPEAKER_01c'est ça exactement exactement
SPEAKER_00exactement et donc ça comment comment comment est-ce que l'idée cette approche avec post-cancer, etc. Comment est-ce que ça est né et comment est-ce que tu as constitué l'équipe
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est pareil, c'est du parcours de vie exactement comme on le vit chacun individuellement. En 2019, il y a eu la cordée de l'après. Ça a été une réussite et surtout, ça m'a m'a convaincu dans la nécessité de continuer mes projets solidaires et inclusifs avec un message de collectif. Ensuite, les choses de la vie ont continué. Et puis, en 2022, j'ai traversé un épisode perso dans ma vie d'homme, un épisode perso douloureux qui a été psychologiquement... hyper dur, assez violent, etc. Mais je ne vais pas m'attarder là-dessus, parce que ce n'est pas le lieu. Et pareil, je me suis raccroché à tous les combats que j'avais pu livrer aujourd'hui, à la résilience que j'ai en moi et au message que je voulais à tout prix faire passer. C'est un message que j'ai en moi, ce message de donner aux autres, de capitaliser sur les autres, sur la diversité pour envoyer un message. Et du coup, moi, je me suis réfugié un peu à ce moment-là dans la course à pied. C'est à ce moment-là que je me suis mis un peu plus à fond dans la course à pied. Et je croise une femme qui s'appelle Isabelle Deschamps, qui est présidente d'une association qui s'appelle Les Princesse, qui accompagne les femmes atteintes d'un cancer du sein, qu'elles soient en rémission ou non. Donc je croise cette femme à la fin d'une course à pied. Et Isabelle vient me voir, elle me dit« Bonjour, enchanté, Julien, c'est toi, j'ai entendu parler de toi, j'ai vu ce que tu faisais. il faut absolument qu'on mange ensemble bon voilà je dis ok on va manger ensemble elle avait l'air chouette je savais qui elle était aussi je trouvais son association super chouette le fait d'accompagner des personnes qui en ont besoin c'est nécessairement cool et on retrouve avec nos plannings de ministre on trouve c'était en janvier 2022 on trouve 2023 pardon on trouve un moment pour pour manger ensemble je crois que c'était en avril ou On est en mars, la première fois, donc trois mois après. Donc moi, je suis toujours dans ma période un peu galère, psychologiquement, où je vais de l'avant, mais le combat est quand même dur à livrer. Et donc, on se pose à table. autour d'un petit plat de pâtes, et là, alors moi je me présente, elle se présente à son tour, elle me dit, moi c'est Isa, Isabelle Deschamps, j'ai 45 ans, donc on a le même âge, donc j'ai 3 cancers à mon actif, voilà, moi mon combat, ce qui m'a aidé à m'en sortir, c'était que je voulais absolument voir les 10 ans de ma fille, bon, Ok, donc là, tes petits combats à toi, tes petits... Tu te dis, ok, bon... Tu mets ça de côté, ça t'aide aussi, toi, à aller de l'avant. Elle te parle ensuite des femmes de son association qui sont des femmes qui sont meurtries, blessées, qui sont en train de livrer combat ou qui sont dans l'après-combat où ça laisse vraiment un grand vide et commencent à se reconstruire après la maladie. Elle te parle de ça, donc tu dis« Ok, deuxième claque». donc là clairement elle est en train de remettre le clocher au milieu du village bon là Juju alors c'est pas des petits problèmes mais tu les relègues quand même à des problématiques psychologiques et tu remets les choses à leur place quoi et elle te dit à la fin du déj bon je sais ce que tu fais je vois ce que tu fais moi je vais te demander un truc c'est de nous organiser une randonnée dans les Pyrénées pour les filles de mon âge parce que voilà je pense que ça pourrait leur faire du bien et on a un message à faire passer donc est ce que tu es ok Bien sûr, je lui dis, on y va, let's go. Et puis, je rentre chez moi avec tout ça dans mes valises. Et puis, je commence à faire le tri jour après jour. Et je lui dis, non, mais ce n'est pas possible. On ne peut pas, avec le message qu'elle a, le message que ces filles ont, on ne peut pas aller faire une randonnée dans les Pyrénées, ramasser des fleurs, envoyer des photos sur les réseaux sociaux, puis dire, regardez, c'est cool, il y a la vie après la mort. Non. Enfin, c'est pas possible. Donc moi, avec toute ma sensibilité, tout mon attrait du collectif, toutes mes convictions de la diversité, je lui dis, Isa, voilà ce que je te propose, on ne va pas faire une simple entre guillemets, parce que c'est cool, la rando, j'adore, une simple rando dans et dans les Pyrénées, on va construire un collectif, comme j'ai déjà construit par le passé, un collectif qui nécessite de marcher en cordée, puisque ta destination, c'est la montagne. Et pour ça, il faut aller viser des sommets à plus de 4000, parce que c'est à partir de cette altitude-là que ça nécessite de marcher de façon sécurisée, donc en cordée. Et à partir du moment où on marche en cordée, on crée un collectif qui est où chaque individu, tout le monde est assez interdépendant, avec tout ce qu'il y a sur les... sur les à-côtés, faire avec le caractère de l'autre, avec le parcours de l'autre, etc. Donc elle me dit, ok, je lui propose plusieurs sommets à plus de 4000. Donc moi, j'avais déjà fait le Mont Blanc, j'avais déjà eu l'occasion de gravir le Mont Rose pour l'association Ruban Rose. Je lui propose ensuite le Grand Paradis, je lui propose plusieurs sommets à 4000. Et elle me dit, non, moi, ce que je veux faire, c'est le Mont Blanc. Bon, en moi, je me dis, bon, dommage. J'aurais bien fait autre chose, mais c'est son message, c'est son collectif, c'est son assaut. On y go pour le Mont-Blanc. Ensuite, elle constitue l'équipe. elle part avec l'intention de construire une cordée de 12 personnes ce qui est absolument faramineux donc je lui dis non ce sera 6 donc on arrive à la négo de construire une cordée de 8 femmes de 8 femmes que je ne connaissais pas du tout et là vient le juin 2023 Donc pour le rappel, on se croise le 8 janvier 2023. Juin 2023, je rencontre ces huit femmes et là, waouh
UNKNOWN!
SPEAKER_01Je réalise à quel point c'est... incroyable le projet que je viens de faire naître et j'en connaissais pas ni les tenants ni les aboutissants et encore aujourd'hui une fois que le projet est terminé je réalise encore aujourd'hui ce qu'il y avait derrière donc je rencontre ces femmes et je me dis ok bon bah alors là là ça dépasse exactement tout ce que je pouvais m'imaginer sur les ingrédients nécessaires du collectif et elles sont toutes arrivées avec des caractères différents avec des profils différents avec des cancers différents avec des opérations différentes et il a fallu dupliquer et reproduire ce que moi je sais faire le mieux c'est de construire un collectif en se capitalisant sur les différences de chacune, en l'occurrence. Donc là, on n'avait pas de diversité de genre, mais on avait tout le reste, avec diversité de caractère, de parcours de vie, d'origine sociale, de façon de penser. Donc ça, j'avais vraiment toute matière pour construire un collectif solide et solidaire. Et on a réussi à construire cette cordée à travers un collectif... solide qui s'est éprouvée au fil des entraînements physiques, de la préparation physique. Je leur ai fait faire de la spéléo. On a commencé à s'entraîner en montagne dans les Pyrénées. On a commencé à se confronter à la pente, etc. Et voilà comment c'est né et comment on a commencé à préparer ce Mont Blanc.
SPEAKER_00Excellent
UNKNOWN!
SPEAKER_00c'était quoi du coup par rapport aux spécificités de chacune même si tout était en rémission j'imagine que dans certains cas ça peut laisser des traces des cicatrices plus ou moins fortes ça a été quoi les enjeux de cette phase de préparation
SPEAKER_01les enjeux ça a été de faire avec le dossier médical de chacune en plus de la diversité individuelle qui composait le groupe quoi Et aujourd'hui, les capacités physiques de quelqu'un qui ne fait pas de sport sont proches de zéro. Les capacités physiques de quelqu'un qui a subi une, deux, douze opérations on est dans le négatif. C'est-à-dire que tu as de la psycho, tu as du physique, et là, ça part dans le négatif. Tu pars d'un état des lieux où, attention, elles ont beaucoup de courage, beaucoup de force, elles l'ont prouvé en battant la maladie. Mais waouh
UNKNOWN!
SPEAKER_01Qu'est-ce qui reste derrière
UNKNOWN?
SPEAKER_01Le champ de ruines, les cicatrices sur le corps. Aujourd'hui, il faut bien s'imaginer que ces huit femmes, à elles seules, à elles huit, comptabilisent 51 opérations anesthésiées. Mais on ne se rend pas compte parce qu'on parle tellement de cancer partout. On connaît tous quelqu'un qui a le cancer. Mais ça veut dire quoi, avoir le cancer
UNKNOWN?
SPEAKER_01Moi, j'ai découvert ça à travers ce projet-là. Je me suis enrichi de ces huit femmes et de leurs huit compagnons parce que j'ai capté et pourtant on a tous des moi j'ai des proches qui ont le cancer ça implique quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01ça implique une sexualité anéantie ça explose une vie de famille ça touche les enfants ça touche les maris ça touche la vie professionnelle ça touche la vie sentimentale ça touche la confiance en soi ça explose absolument tout et ça on n'en parle jamais par pudeur par peur de l'attraper juste en en parlant mais et du coup on a moi j'ai découvert ça dès les premiers pas de l'accordé de l'après dès que j'ai commencé à à découvrir ces huit femmes. Et en fait, ça a alimenté la machine. Ça a alimenté, ça a alimenté. On va se nourrir de ça. Ok, toi, tu as eu ce cancer-là, tu as galéré, ça a fait exploser ça. Aujourd'hui, c'est quoi tes forces
UNKNOWN?
SPEAKER_01On est allé chercher les forces de chacune et ça a alimenté la roue et ça a alimenté le collectif. Et aujourd'hui... au tout début du projet, on a eu des discussions parfois musclées sur tel ou tel profil, qu'est-ce que fait cette personne-là dans le collectif, est-ce que tu es sûr que... Moi, j'étais convaincu que le choix d'Isa Le choix d'Isabelle, de ces huit femmes, c'était le choix qu'il fallait respecter et sur lequel il fallait capitaliser. Là, je n'ai pas choisi ma diversité. Et pour autant, on a réussi collectivement à construire un collectif solide. Et aujourd'hui, elles sont liées, mais à vie, parce qu'elles ont vécu de A à Z dans le projet. Alors qu'à l'origine, elles auraient pu... dans la vie de tous les joueurs,
SPEAKER_00quasiment se taper dessus. C'est ouf. C'est entre le racontant que je réalise. C'est énorme. Ok. Est-ce que sur l'ascension elle-même, il y a des choses que vous avez dû adapter du fait, comme tu disais, du... du dossier médical de chacune, où ça a été une ascension
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, je ne sais pas s'il y a une voie classique, j'imagine, pour le Mont-Blanc, je n'ai jamais fait, mais ça a été quoi votre choix de ce côté-là
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu n'as pas fait encore le Mont-Blanc. Alors, le choix, il a été simple, c'était la voie classique, qui néanmoins reste une voie très technique par endroit. Du coup, le Mont-Blanc, il est pris d'assaut… voilà, on ne va pas revenir sur ce fait-là, et du coup, on y a contribué aussi, du coup, on y est allé, mais bon, c'était le choix de faire le Mont-Blanc, mais on est passé par la voie normale, qui reste une voie très exigeante, mais avant même de parler de l'ascension en elle-même, on a eu une ascension qui était beaucoup plus vertigineuse, c'était l'année de préparation avec les filles parce que cette année de préparation avec les filles il y a eu la construction du projet mais il y avait le suivi médical et moi je me suis embarqué à 100% dans le projet humain et du coup je vivais moi perso au rythme des analyses médicales des unes et des autres, en disant, voilà, ça, ça va, ce voyant-là est plutôt orange, là, c'est vert, là, c'est vert, là, c'est vert, là, c'est vert, on déclenche, on peut passer à autre chose. Et chacune, individuellement, avait et ont encore aujourd'hui des examens médicaux, de l'hormonothérapie, avec des effets secondaires parfois invivables, avec des maux de tête avec des vertiges donc voilà il y avait tout ce suivi là et on s'est entouré d'un médecin sur place ici pour les accompagner et d'un médecin supplémentaire au moment de l'ascension pour bien cerner un peu tout ça tous les aspects médicaux que moi j'ignore et chacun son boulot donc du coup on s'est entouré de médecins Mais ce que je veux dire par là, c'est que l'ascension en elle-même, elle s'est faite du premier jour de la construction du projet jusqu'à l'arrivée au chalet. Et je m'explique, c'est qu'on a vécu au rythme des analyses et des visites de contrôle de chacune d'entre elles. Et pour en revenir à Isabelle, Isabelle Deschamps, celle par qui et pour qui j'ai imaginé ce projet. Dès l'été 2023, on lui découvre un quatrième cancer au poumon Donc là, pareil, on repart sur du traitement de cheval, qui bouscule l'organisme. Nouvelle opération, balafré dans le dos, avec des cicatrices qui font 80 cm. C'est des choses qu'on ne peut pas imaginer. C'est des accidentés. Donc, quatrième cancer pour Isa. Donc ça, c'est une partie de l'ascension de la préparation. rémission, elle arrive à battre et à décrocher cette quatrième étoile pour faire l'analogie avec le milieu de la montagne et du ski qui met cher, donc quatrième étoile décrochée pour Isa en été 2023 donc le programme et la préparation se poursuit avec toujours le collectif qui se resserre et qui se ressoude au gré des aléas et des embûches. Très bien. on commence la préparation montagne, on commence la préparation marche encordée, comment mettre des crampons, on commence la préparation ici en pleine escalade, appréhender le vide, la descente en rappel, comment faire un nœud de huit, toutes ces petites choses-là qui sont des choses techniques mais qui servent aussi à alimenter le collectif et à souder le collectif en plus du suivi et d'être suspendus aux analyses et aux visites de contrôle des unes et des autres. Tout se passe très bien, on est prêt. Alors il y en a une, c'est pareil, l'hormonothérapie, ça affaiblit aussi pas mal le corps humain. Donc on a eu pas mal de fractures, fractures du poignet pour l'une d'entre elles. Et pour autant, il fallait continuer la préparation physique. Donc voilà, ça, ça fait partie des choses qui ont été, qui ont ponctué la préparation physique à aucun moment on a baissé les bras on arrive l'ascension est prévue pour le 3 juillet l'ascension en tant que telle on arrive normalement au compte à mine on part au compte à mine donc au chalet donc pour le l'ascension finale du Mont Blanc début juillet 1er juillet je
SPEAKER_02crois
SPEAKER_01ok donc je rétropédale Dernière semaine avant de partir, analyse médicale d'Isabelle. Cinquième
SPEAKER_00cancer. Oh punaise, mais sérieux
UNKNOWN?
SPEAKER_01Impossibilité de participer à l'ascension avec un nouveau cancer qui se déclare un cinquième qui l'empêche de monter. Donc là, cataclysme. Ouf
UNKNOWN!
SPEAKER_01Qu'est-ce qu'on fait
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et à partir du moment où on a cette nouvelle, il y a deux possibilités. Soit le projet vole en éclats, soit c'est tout l'inverse qui se passe et le collectif se met en marche, mais puissance 1000. Et c'est la deuxième hypothèse qui se produit, parce qu'on avait réussi à construire un collectif solide. Le collectif s'est dit, OK, Isa ne peut pas y aller. On va y aller pour nous, on va y aller pour le message. Mais là, maintenant, on part en mission. On y va pour elle. OK. On y va pour elle. Elle décroche son ticket pour avoir le droit de nous accompagner jusque dans les Alpes, donc dans le chalet qui nous hébergeait pour l'ascension finale. Déjà, de savoir qu'elle pouvait nous accompagner, ça nous a donné de la force. Elles étaient toutes les huit, de A jusqu'à Y, pour ainsi dire. et voilà et donc ça a donné le supplément d'âme à l'ensemble des 7 autres et du groupe et du collectif parce qu'on était 15 autour de ces 8 filles c'était un collectif de 15 donc ce cinquième cancer pour lequel Isabelle est encore en train de livrer bataille toujours tête haute toujours les yeux rivés sur l'horizon en se disant allez hop c'est une nouvelle embûche mais on y va quoi on avait tout ça en tête au moment de l'ascension et ça c'est une force supplémentaire c'est clairement un cataclysme mais là il y a les deux possibilités dans la vie soit on baisse les bras et on se dit bon ben voilà c'est peine perdue c'est un nouveau c'est une nouvelle embûche bon ben ça veut dire qu'il ne faut pas y aller et puis c'est tout ou on décide d'y aller et de se nourrir de ce de ce malheur là de se nourrir de ce malheur là et d'en faire un truc qui décuple les forces de tout le monde et en tout cas qui sublime le message de la vie de l'après pour l'ascension. Et c'est ce qui s'est passé. Alors après, l'ascension s'est faite et certaines ont pu aller à 3002, certaines à 4003. On a porté le message jusqu'à 4008 et le message est en fait, il n'était pas l'atteinte du sommet. Que le message aille au sommet ou non, il était dans la vie de l'après et dans la nécessité de livrer le combat parce que le combat vaut toujours la peine d'être livré, parce que la vie d'après vaut la peine d'être
SPEAKER_00vécue.
UNKNOWNVoilà. Waouh!
SPEAKER_00Et donc, cette ascension, j'ai énormément de questions qui me viennent, mais je trouve le récit absolument fascinant. Cette ascension, cette fois, vous n'aviez personne qui filmait, qui a capturé ces moments comme sur la cordée de la diversité
UNKNOWN?
SPEAKER_01Si, bien sûr. On avait deux caméramans qui nous ont accompagnés et Et donc, le film est en construction avec une sortie prévue, j'espère, au mois de
SPEAKER_00mars.
SPEAKER_01Au mois de mars, ok. Donc là, on a tous
SPEAKER_00les...
SPEAKER_01on a les coulisses alors même pas encore j'aurais voulu qu'il y ait encore plus de coulisses mais on a toutes les coulisses c'est filmé par des professionnels avec des belles images mais surtout des images authentiques des visites chez le médecin des images du Mont Blanc des images de la préparation physique des visages des filles qui galèrent des visages des filles qui rigolent aux éclats qui pleurent avec tous les hauts et tous les bas que comporte un tel projet.
SPEAKER_00Excellent. Là, on enregistre fin janvier. Il faudrait bien que tu me donnes le lien parce que je pense que l'épisode sortira à peu près, si c'est vers mars, à peu près en même
SPEAKER_01temps.
SPEAKER_00Au moment où vous écoutez cet épisode, n'hésitez pas à regarder dans la description. Il y aura certainement le lien. Incroyable. Que de projets émouvants avec des messages très forts, plus forts les uns que les autres. Comment est-ce que tu vois suite du coup Julien alors je sais que tu viens finalement à peine 2019 c'était il y a longtemps mais bon si le film il y a longtemps et pas tant que ça le film va bientôt arriver comment est-ce que tu travailles déjà sur d'autres projets est-ce qu'il y a une suite à tout ça nouvelle aventure qui va mettre le collectif dans toute sa diversité en avant qu'est-ce qui arrive pour toi
SPEAKER_01finalement alors moi j'ai un gros gros problème c'est que j'ai mille idées j'ai mille idées à la minute mille envies à la minute et voilà donc oui il y a des projets Il y en a deux, trois. Par exemple, là, j'ai initié un projet pour accompagner une jeune adolescente qui est née prématurément, d'ailleurs, qui est actuellement en fauteuil depuis sa naissance et qui doit remplacer son fauteuil roulant, mais qui n'en a pas les moyens parce que, pour diverses raisons, on ne va pas rentrer dans les détails. Donc, il y a ce projet-là, ce micro-projet-là, de l'aider et de lui faire vivre des moments de course à pied en joaillette tout en récoltant des fonds pour pouvoir remplacer son fauteuil, donc ça c'est un projet que j'ai déjà initié et qui a commencé en fin d'année 2024 et puis j'ai un plus gros projet, alors j'ai une envie c'est l'ascension du Kilimanjaro mais je le ferai certainement dans un profil plutôt personnel mais j'ai un plus gros projet qui sera de toute façon collectif et avec du sens qui sera un projet au Groenland donc après il est encore en construction donc je peux pouvoir en dire davantage mais surtout moi j'ai mon corps aussi perso qui me rappelle un peu à l'ordre donc je suis dans une phase un peu de récup avec des petites analyses avec des petits problèmes musculo-squelettiques à régler surtout dormir quand je peux dormir tout ce que je fais moi à titre de projet solidaire inclusif ou de sport extrême je le fais sur mon temps perso et avec mon argent perso parce qu'en dehors de ça j'ai un travail donc voilà je suis dans une phase où il va falloir que je savoure le projet de la corde et de l'après que je digère le projet de la cordée de l'après, que je prenne un peu soin de la machine pour pouvoir repartir de plus belle en 2026. Mais en gros, 2025, ça va être d'accompagner Leïla dans le remplacement de son fauteuil roulant, de lui faire vivre des courses à pied quand ça sera possible. Et ça va être de partager le film, de savourer le projet qui vient de se passer parce que c'est un projet qui mine de rien je m'en rends compte aujourd'hui m'a énormément brassé et bouleversé parce qu'elles sont bouleversantes et je pense que le film va retracer un peu ces aspects là et puis voilà prendre un peu du temps pour moi pour ma famille pour ma compagne et puis voilà
SPEAKER_00parce qu'il y a déjà un très très beau programme. Fabuleux. Eh bien, écoute, Julien, un immense merci d'avoir accepté de venir témoigner au micro du podcast. C'était fascinant de t'entendre partager tous ces projets, des bouts de ton propre parcours de vie. Vraiment, merci beaucoup et merci à Martin de t'avoir suggéré à l'époque de prendre contact. C'était C'était une excellente idée. Donc, n'hésite pas toi-même si tu croises d'autres personnes au parcours fascinant comme le tien de faire ce que Martin a fait. Tu parlais d'enrichissement à travers le collectif, la diversité. Finalement, le podcast, c'est un peu ça aussi. C'est faire découvrir des gens qui ont des parcours très différents des nôtres mais dont on peut s'enrichir. Donc, voilà. Merci énormément une fois
SPEAKER_01de plus, Julien. Merci à toi et merci pour pour ce que tu fais parce que c'est hyper inspirant aussi de se nourrir de tous les podcasts et de toutes les personnes qui défilent derrière ton micro. C'est vraiment chouette. Merci et bravo
SPEAKER_00à toi surtout. Merci beaucoup Julien.
UNKNOWNÀ bientôt. Ciao.
SPEAKER_00Merci d'avoir écouté cet échange avec Julien jusqu'au bout. Si vous avez apprécié cet épisode autant que moi, n'hésitez pas à le partager à un maximum de personnes autour de vous et de manière générale. Vous le savez, je vous le dis à chaque fois à la fin de chaque épisode, n'hésitez pas tout simplement à parler des Frappés, à parler du podcast de manière générale. C'est une excellente manière de remercier toutes celles et ceux qui viennent témoigner au micro des Frappés. Un immense merci également à toutes celles et ceux qui soutiennent financièrement le podcast sur Tipeee. Si vous souhaitez rejoindre, ça se passe sur tipeee.com slash les-frappés et c'est à partir de 1€par mois ou tout simplement donation libre. Merci énormément une fois de plus à toutes celles et ceux qui se sont déjà engagés financièrement pour soutenir le projet. Merci à toutes et à tous enfin pour votre fidélité le podcast attaque sa cinquième année décidément officiellement plus de 200 épisodes déjà diffusés tout ça c'est possible grâce à votre fidélité, à votre loyauté. Vous êtes de plus en plus nombreux à écouter le podcast. Ça fait super plaisir. Pour une fois, je tenais à le dire clairement dans un épisode. Merci énormément à toutes et à tous. Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao les frappés
UNKNOWN!