Sur 16 heures d'effort, on a forcément des coups de mou, mais l'autre prenait le relais, et puis après, ça s'inversait. Pour le coup, c'est vraiment une cordée qui marche bien, un copain avec qui j'ai l'habitude de sortir. Je pense que ça, ça m'a vraiment aidée dans le truc de... Je suis capable de faire ce genre de choses. Il suffit de se faire confiance, au final.
SPEAKER_00Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires. Sous-titrage ST' 501 Eh bien, écoute, bienvenue Ilona sur le podcast. Je suis absolument ravi de te recevoir au micro des Frappés. Merci beaucoup à Victoria de chez Simal d'avoir coordonné tout ça. Moi, j'adore travailler avec eux, avec Simal en général, avec Victoria et Marie en particulier parce que c'est systématiquement des profils effectivement bien frappés qu'elles m'envoient. Donc, j'ai hâte qu'on puisse échanger sur ton
SPEAKER_01parcours à toi. Eh bien, salut. Merci, oui, comme tu dis déjà à Vic de nous avoir mis en contact. Et puis, merci à toi aussi, pour l'invitation je suis super content d'être
SPEAKER_00là on va se régaler ce que je te propose Ilona c'est de nous expliquer dans les grandes lignes ce que tu fais aujourd'hui en quoi ça consiste et qu'est-ce que tu y trouves qu'est-ce que tu y
SPEAKER_01trouves ouais et bah avec plaisir alors du coup en parallèle je fais quand même des études mais en parallèle de ça je fais de l'escalade sur glace en compétition donc du coup pour ceux qui connaissent pas c'est un dérivé de l'escalade comme on a pu voir par exemple au JO, mais avec du matériel d'alpinisme, donc des piolets dans les mains et des crampons aux
SPEAKER_00pieds. Excellent. Et donc, si je ne me trompe pas, il y a plusieurs types d'escalade sur glace, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu as l'escalade effectivement sur glace-glace, mais tu fais aussi, toi, une variante qui est le dry tooling, si je ne dis pas de bêtises. Exactement. Donc, tu as le même équipement, mais pas
SPEAKER_01sur la glace. En fait, à l'origine... Donc, ce sport, il se pratiquait uniquement sur la glace. Et puis, en fait, au fil des années, le niveau a augmenté et la glace a plus suffi à départager les grimpeurs entre eux. Donc, du coup, maintenant, on grimpe aussi sur des prises en métal ou en bois ou alors en résine. Ça permet de faire des voies qui sont plus techniques, plus variées et aussi plus physiques que la glace. Du coup, souvent, nos voies sont coupées en deux parties. Par exemple, on part sur la glace et puis après on passe en dry tooling et on peut même refinir sur la glace enfin ça dépend les murs mais voilà du coup c'est un peu c'est deux disciplines en une
SPEAKER_00Excellent. Et donc, comment est-ce que vous vous départagez
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que c'est uniquement le chrono final
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce qu'il y a des passages obligatoires, des sortes de, un peu comme en patinage, des figures imposées
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, en fait, dans ce sport, ce qu'il faut savoir déjà, c'est qu'il y a deux disciplines. Il y a la vitesse qui s'apparente à la même chose que la vitesse en escalade où tu as un mur de glace et il faut monter le plus vite possible en haut. Celui qui est le plus rapide gagne. Moi, je ne pratique pas du tout cette activité là et ensuite il y a la difficulté donc bah t'as une voie un temps imparti et tu dois monter le plus haut possible dans cette voie qui a été ouverte exprès pour la compétition donc personne n'y a grimpé auparavant ok
SPEAKER_00sachant que quand tu dis personne n'y a grimpé auparavant tout le monde le découvre le jour de la compétition ou vous avez quand même le droit d'aller repérer en
SPEAKER_01avance alors c'est une bonne question en fait tout le monde ça dépend les formats de compétition mais par exemple en coupe d'Europe on reçoit une vidéo la veille des voix de qualification et donc c'est un grimpeur en général c'est le grimpeur qui a ouvert la voix qui réalise cette voix Donc comme ça, on repère tous les mouvements, toutes les prises en avance. Et du coup, le travail à faire la veille, c'est vraiment d'apprendre tout au millimètre près. Comment tu vas te placer, quand est-ce que tu vas clipper les dégaines, etc. Et puis ensuite, le lendemain, on part dans la voie. Soit on a... on part dans les premiers et du coup, on n'a vu personne grimper dedans. Soit on part plutôt dans les derniers et du coup, on peut regarder tous les grimpeurs avant nous. Ça, c'est aussi chouette. Et par contre, après, quand tu passes en finale, là, tu es complètement ce qu'on appelle à vue. Donc du coup, tu as juste un moment où tu repères au pied de la voie les prises, les mouvements, etc. Et ensuite, tout le monde part s'isoler et tu vois personne grimper dedans. Donc, c'est un peu différent.
SPEAKER_00Ah génial
UNKNOWN!
SPEAKER_00Et du coup, ces voies, toi tu disais que tu as choisi l'option de la difficulté plutôt que de la vitesse. Est-ce que ces voies, elles sont conçues pour être terminées
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est l'idée
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ou même si c'est extrêmement dur
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ou est-ce que ça arrive que des fois, même le grimpeur qui a créé la voie, il sait que potentiellement
SPEAKER_01personne n'arrivera
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, l'objectif des ouvreurs, c'est qu'il y ait en général au minimum un top, donc un Un top, c'est... quand un grimpeur réussit la voie on dit qu'il a topé la voie donc du coup l'objectif de l'ouvreur c'est qu'il y ait un top et après que ça se départage progressivement donc qu'il y ait des grimpeurs qui tombent un peu à chaque niveau faut éviter en général qu'il y ait un gros pas dur qui fasse tomber tout le monde parce que bah même pour les spectateurs c'est pas intéressant et puis pour les grimpeurs c'est aussi hyper frustrant donc en général les voies elles sont assez progressives et les mouvements un peu aléatoires ils sont plutôt vers le haut
UNKNOWN?
SPEAKER_01après des fois il y a des ratés personne ne réussit les voix ou tout le monde réussit c'est aussi hyper frustrant d'être départagé parce que du coup quand tout le monde réussit une voix t'es départagé au chrono et ça quand tu t'entraînes toute l'année pour être le plus fort et que au final bon j'ai pas ce problème mais que au final tu finis que tu peux pas être départagé vraiment à ton juste niveau c'est aussi
SPEAKER_00frustrant ok sur la difficulté peut-être pour que ça parle alors moi je suis complètement un novice dans ta discipline dans l'escalade en général j'ai eu quelques invités qui pratiquaient de l'escalade j'avais eu le plaisir notamment de recevoir Liv qui est double championne du monde d'escalade entre autres et si je ne dis pas de bêtises qui était la deuxième femme au monde à avoir réussi une 8C+, J'espère que je dis pas de bêtises, je crois bien que c'est ça. En termes de difficultés, est-ce que ça se situe, toi, les compétitions, quand tu parles, les murs qui sont considérés comme étant difficiles versus les murs de vitesse, c'est quel niveau de difficulté que vous
SPEAKER_01avez
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, en fait, on peut pas du tout parler en cotation d'escalade, parce que ça a rien à voir, en fait. C'est pas les mêmes cotations. En dry tooling, il y a des cotations pour la falaise, pour l'extérieur. Par contre, pour la compétition, pour le moment en fait c'est quand même un sport qui est encore en train de s'institutionnaliser et du coup il n'y a pas enfin les ouvreurs font un peu au feeling pour le coup ils connaissent les athlètes et ils connaissent à peu près le niveau qui a besoin pour faire tomber les grimpeurs mais voilà c'est encore en cours de développement donc difficile à dire
SPEAKER_00en tout cas visuellement pour ceux qui n'y comprennent rien comme moi j'imagine que ça t'arrive de te retrouver sur des murs complètement avec des passages en dévers ou ce genre de passage un peu technique hyper impressionnant
SPEAKER_01ah oui c'est un peu le propre du sport en tout cas moi c'est ce que j'aime bien mais je comprends que ça paraisse impressionnant pour quelqu'un qui pratique pas du tout après dès que tu mets un peu un pied dedans ça démystifie quand même vite
SPEAKER_00la chose en parlant de mettre un pied dedans comment t'es arrivé dans cet univers toi et qu'est-ce qui fait que t'as
SPEAKER_01accroché
UNKNOWN?
SPEAKER_01alors à la base en fait je connaissais pas du tout je savais pas du tout que c'était possible de faire de la compétition en escalade sur glace je viens des Pyrénées et je voulais me professionnaliser dans le milieu de la montagne donc je suis venue dans les Alpes au lycée à Moutier en Savoie qui était un lycée sexuel sur montagne et en fait à Champagny-le-Haut donc à une heure au-dessus de Moutier en parenthèse il y avait une équipe jeune d'escalade sur glace et du coup c'est par le biais de cette équipe que j'ai découvert ce sport donc à la base, c'était vraiment pas... Enfin, l'idée de faire la compétition, c'était vraiment pas mon truc ou c'était pas quelque chose qui me faisait envie. Mais par contre, je me suis vite dit que c'était un super bon entraînement pour la montagne, pour l'alpinisme qui... à la base est quelque chose qui me plaît vraiment voilà et puis au final quelques années plus tard je me suis rendu compte que ça pouvait être une activité à part entière et même si j'aime bien toujours ramener ça aussi à la montagne ça me donne plus de sens enfin ça donne plus de sens à ce que je fais on va dire mais maintenant il y a plein d'athlètes qui font de l'escalade sur glace en compétition et pas de montagne à côté c'est vraiment deux choses qui peuvent être indépendantes
SPEAKER_00Et c'est quels aspects de la discipline que tu apprécies le plus
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est le fait d'imaginer la manière dont tu vas pouvoir passer sur un mur
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est les sensations que tu trouves quand ça devient vraiment difficile
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, je pense que c'est difficile à dire. C'est sûrement un mélange de plein de choses. Ce que j'aime le plus, je pense, c'est vraiment me battre dans l'effort. C'est quand même des efforts qui sont assez courts et intenses. par rapport à, par exemple, l'endurance. Et ouais, c'est vrai que j'aime bien vraiment sentir que tu penses que tu vas tomber. En fait, non, tu peux faire un mouvement de plus, encore un mouvement et tu te bats vraiment contre la gravité. Ça, j'aime bien. Et je pense aussi se sentir un peu... Quand tout va bien et que tu te sens un peu volé dans les voies, tu te sens en forme, c'est trop satisfaisant.
SPEAKER_00J'ai plein de questions qui me viennent. La première, en règle générale, c'est quoi le chrono que tu fais pour arriver en haut d'un mur
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pour qu'on se rende un peu compte de la durée de l'effort. C'est un temps qui est imposé par l'équipe des ouvraires et qui dépend de la taille du mur et de la longueur de la voie. Entre les championnats de France, les Coupes d'Europe et les Coupes du Monde, les murs, ce n'est pas du tout les mêmes. Ça peut aller de... 3 minutes 50 pour les garçons, en général, c'est assez rapide. À 6, 7, 8 minutes pour des longs
SPEAKER_00murs. OK.
SPEAKER_01Mais bon, ça commence à faire long. Ça
SPEAKER_00commence à faire
SPEAKER_01long. Ça dépasse rarement 8 minutes. Ouais. Mais c'est vrai qu'entre des efforts de qualif, parce que souvent, du coup, les qualifications, elles sont plus rapides. Entre des efforts de qualif et des efforts de finale, c'est quand même pas vraiment les mêmes
SPEAKER_00efforts. Hum hum. physiquement t'es dans quel état à quel niveau est-ce que c'est exigeant du coup quand t'arrives tu vois au bout des 4, 5, 6, 8
SPEAKER_01minutes bah Difficile de répondre parce que ça dépend des personnes. Il y en a qui vont être limitées, surtout chez les filles, je dirais, en force plutôt max, tu vois, force biceps, et du coup qui vont tomber plus tôt parce que les mouvements sont durs, isolés. Et il y a d'autres profils de grimpeurs qui vont plutôt être limités sur la durée et du coup qui vont tomber parce que c'est... En escalade, on dit qu'on monte en résille et puis du coup, après tu lâches, tu as les mains qui s'ouvrent, tu n'as plus assez de force parce que tu as consommé toute ton énergie sur la durée. Moi, je pense que je suis plutôt dans ce deuxième type de cas où j'ai un assez bon physique de base pour passer des mouvements qui sont blocs, qui sont intenses, mais par contre, sur la durée, je peux vite m'effondrer. Et étonnamment, chez les filles, on a plutôt l'autre profil qui est celui de très résistant sur la durée et un peu moins physique.
UNKNOWNHum.
SPEAKER_00voilà. Du coup tu surveilles ton poids ou pas
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est un sujet ça dans l'escalade sur glace, le dry
SPEAKER_01tooling
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je pense dans l'escalade et l'escalade sur glace c'est encore un gros sujet parce que forcément t'es toujours confronté à ton poids en fait, ramené à ton poids tu peux pas l'ignorer et faire comme si tu sentais pas que t'as 2 kilos en trop après moi j'essaye de pas trop jouer dessus, enfin je fais attention à ce que mon poids soit stabilisé, je sais à peu près à combien est mon poids de forme. Mais par contre, j'évite vraiment de jouer dessus. Je sais qu'il y a des athlètes qui font des sèches avant les compètes, etc. Moi, je pense que ça impacte rapidement mon moral. Et du coup, après, au final, je peux vite faire des contre-performances parce que je ne suis pas bien dans ma tête. Voilà, pour l'instant, peut-être que... Au final, là, je suis encore hyper jeune et assez nouvelle dans la discipline. Peut-être que ça sera un facteur sur lequel je jouerai plus tard. Mais là, je pense que j'ai déjà plein de choses sur lesquelles travailler qui sont beaucoup plus importantes. Bien sûr, je fais attention à bien manger, mais perdre du poids, ce n'est pas trop un
SPEAKER_00sujet.
UNKNOWNHum.
SPEAKER_00Ok. Tu viens de dire, du coup, que tu es encore jeune et récente dans la discipline. Donc, tu as 21 ans. 20 ans même. 20 ans
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui. Avec Victoria, on t'avait donné un an de plus. Non. 20 ans. C'est quoi la moyenne d'âge
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que tu es effectivement, relativement aux autres, est-ce que tu es effectivement jeune aussi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui. Ou pas forcément
UNKNOWN?
SPEAKER_01Là, en fait, c'était ma première année en seigneur. Donc, c'est ça qui est assez fou. C'était à la fois ma première année... à l'international enfin sur les coupes d'Europe et aussi ma première année en senior donc c'était vraiment plongeant dans l'inconnu donc ouais c'est un sport je pense je dirais que c'est quand même un sport à expérience dans le sens où par exemple en escalade on voit émerger quand même pour comparer avec l'escalade sportive on voit émerger des grimpeurs très forts très vite, très jeunes comme Majdi ou Oriane Burton par exemple et c'est vrai que pour l'instant en dry il y a moins ça et les athlètes qui percent en tout cas chez les femmes je dirais que c'est elles ont plus vers 20, 25, même 30. Et il y a même des athlètes encore plus âgés. Donc... Donc... Oui, je pense que c'est sûr que l'expérience joue quand même un gros rôle dans cette activité-là.
SPEAKER_00Et toi, c'est quoi ton ressenti, ton expérience de la compétition et de la discipline pour le moment en étant... Est-ce que tu es la plus jeune, une des plus jeunes du
SPEAKER_01circuit
UNKNOWN?
SPEAKER_01En senior, du coup, là, je fais partie des premières années. Oui, quand tu as 20, 21 ans, tu fais partie des plus jeunes seniors, mais on est quand même plusieurs à être nés entre 2004 et 2000, on va dire. Oh là là, 2004, oh punaise. Je prends un coup de vieux, là. Mais mon ressenti par rapport à ça, c'est sûr qu'il a pas mal évolué cette année. Je savais pas du tout à quoi m'attendre avant de partir en compétition. Et j'étais hyper excitée à l'idée de grimper avec des filles Super forte, super expérimentée. En fait, en France, on n'a quand même pas beaucoup de repères. Il n'y a pas beaucoup de femmes. En sachant qu'en plus, cette année, Marion, qui est la numéro une française, elle était enceinte. Donc, en fait, j'étais un peu au milieu des gars. Et c'était hyper cool pour s'entraîner. Par contre, pour avoir des repères, c'était plus
SPEAKER_02compliqué.
SPEAKER_01Et... Et au final, j'ai été hyper surprise de voir que c'était, alors pas les meilleurs, mais que c'était accrochable, c'était faisable. Et du coup, je finis un peu la saison hyper motivée pour la suite et en ayant pris pas mal d'expériences cette année.
SPEAKER_00C'est quoi pour le
SPEAKER_01moment ton palmarès, si on rentre un peu dans le détail
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, justement, je suis arrivée sur les premières compétitions. Comme je te disais, je ne savais pas à quoi m'attendre. C'était difficile de fixer des objectifs en début d'année avec mon entraîneur. Ce que je savais que j'avais envie de faire, c'était podium au championnat de France. Au final, ça c'était en novembre, donc je fais vice-champion de France. C'était hyper cool, mais mentalement, c'était quand même... je suis une cracotte mentale je peux très vite m'effondrer et les championnats de France c'était j'étais mitigée j'étais contente du résultat mais pas très contente de ma grimpe et ensuite je suis partie dans la foulée en coupe d'Europe avec toute l'équipe et donc là première coupe d'Europe énorme surprise je passe en finale donc il faut être dans les 8 premiers pour passer en finale je fais 8ème donc c'était fou pour une première coupe d'Europe et au final en finale je crois qu'après je fais sixième quelque chose comme ça donc pas si pire enfin assez étonné et en fait toutes les coupes d'Europe se sont un peu déroulées comme ça où à chaque fois je terminais en finale j'ai fait les finales de toutes les coupes d'Europe et j'avais toujours l'impression un peu syndrome de l'imposteur d'être là au milieu de filles qui étaient tellement fortes et bon bah en fait c'était trop bien j'ai essayé de profiter juste de prendre ce qu'il y avait à prendre en étant un peu sans trop réaliser ce qui s'est passé et la cerise sur le gâteau ça a été la dernière parce qu'il y a eu donc je crois 5 étapes de coupe d'Europe donc où je rentre en finale à chaque fois je fais entre 6 et 8 il me semble et cerise sur le gâteau dernière coupe d'Europe alors c'était la plus dure à gérer mentalement parce qu'au final bah les premières j'avais aucune attente et au fur et à mesure forcément tu rentres en finale à chaque fois bah à la fin t'as envie de rester en finale et je savais aussi qu'il y avait le podium du classement général qui se jouait. Du coup, beaucoup plus de pression, un peu des attentes que je ne m'avouais pas vraiment, mais elles étaient là. Je fais des qualifs... horrible je me sentais trop mal dans ma grimpe il y avait des demi-finales je rentre dernière qualifiée en demi je fais les demi ça se passe trop mal je passe dernière qualifiée en finale et donc là en finale mes coéquipiers ils me disaient mais là faut tout donner maintenant t'as plus rien à perdre et tout et en fait du coup je suis partie en finale j'étais dans un super bon état d'esprit en me disant c'est trop bien ce qui s'est passé j'ai eu de la chance j'ai eu une bonne étoile continue dans cette lancée, de toute façon j'étais 8ème qualifiée donc je pouvais pas faire moins bien au pire j'étais 8ème et puis au mieux ça marchait et au final je fais 2ème de cette étape et c'était une énorme surprise dans ma tête je me sentais tellement pas capable de monter sur un podium de coupe d'Europe que c'était une trop bonne leçon de voir qu'en fait tout est possible et ça sert à rien de partir en se mettant des
SPEAKER_00barrières c'est clair
SPEAKER_01donc voilà ma saison ah bah là j'ai l'impression d'avoir plus
SPEAKER_00évolué en une année qu'en 10 ans de vie et c'était où cette coupe d'Europe où t'as fini
SPEAKER_01deuxième
UNKNOWN?
SPEAKER_01c'était en Angleterre
SPEAKER_00ouais c'était pas très loin ok ok fabuleux et du coup tu disais un peu plus tôt que toute la discipline est en train de se structurer et que finalement c'est encore assez récent mais est-ce qu'il y a déjà des des gros rendez-vous internationaux que tu as en ligne de mire comme je ne sais pas dans l'univers du trail que je connais un peu plus l'UTMB qui est devenu vraiment de manière non officielle un peu la finale des championnats du monde d'ultra trail est-ce que tu as des grandes dates comme ça que tu vises pour d'ici un an deux ans trois
SPEAKER_01ans déjà à plus court terme l'objectif ça va quand même être de participer aux coupes du monde cette année j'ai fait que la France et la Suisse et là pour le coup mentalement je me suis effondrée il y avait trop de j'avais trop de pression tout était trop en plus en France t'es à la maison il y a tout le monde pour moi c'est plus difficile que quand t'es à l'autre bout de l'Europe et que tu connais pas grand monde du coup ça va être vraiment de participer de faire mon expérience vraiment en coupe du monde sur les murs de coupe du monde donc l'année prochaine il devrait y avoir la France la Suisse encore il y a aussi la Corée les Etats-Unis et le Canada voilà je sais pas si je vais faire tout enfin si je vais prendre le départ de toutes les coupes du monde mais en tout cas je vais en faire plus que cette année hum hum hum
SPEAKER_00Ça fait plusieurs fois que tu évoques l'aspect mental. Encore une fois, avec mon œil de novice, de tout ce que tu me racontes pour le moment, l'image que j'ai en tête, surtout quand tu parles de la... Ah,
SPEAKER_02je
SPEAKER_00t'ai perdue
UNKNOWN!
SPEAKER_00des murs que vous découvrez au dernier moment et pour lesquels vous ne pouvez pas regarder ce que font les autres concurrents. J'imagine que là, l'aspect visualisation est méga important. Ça me fait un peu penser à des pilotes de Formule 1 ou des pilotes d'avion de chasse qui, les yeux fermés, se refont leurs manœuvres, etc. Tu dirais que ça, avant qu'on rentre dans le détail sur toi, où est-ce que tu te vois sur cet aspect force mentale, tu dirais qu'elle a quelle part la visualisation dans ta vie
UNKNOWN?
SPEAKER_00discipline
UNKNOWN?
SPEAKER_01Elle a vraiment un impact énorme. En fait, il y a non seulement la visualisation, donc te voir faire les mouvements, comprendre les mouvements, les intégrer, mais il y a aussi tout l'aspect mémorisation. Comme je te disais, quand on reçoit les vidéos la veille, on a entre une et trois, quatre voix de calife. En général, c'est deux, mais on peut en avoir quatre sur les Coupes d'Europe. Deux voix à mémoriser. Donc, c'est des vidéos qui qui font environ 5-6 minutes. Ça fait beaucoup d'informations à traiter. C'est sûr que quelqu'un qui arrive rapidement à enregistrer les mouvements et puis qui peut après les reproduire sur le mur... En fait, il y a des grimpeurs qui arrivent à... Ils apprennent la vidéo, ils se voient la faire et une fois qu'ils sont vraiment dans la voie, ils ont l'impression d'avoir déjà grimpé les mouvements. Ça, c'est un peu le Graal, quoi. Autant dire que j'y suis pas du tout
UNKNOWN!
SPEAKER_01Mais c'est l'objectif. Ok. Non, c'est hyper important, ouais. Et en fait, même plus largement, l'aspect mental dans ce sport, je trouve... Tu vois, quand même, l'hiver, se motiver pour aller s'entraîner dans le froid par moins 10... Tu prends l'onglet, ça fait peur. Enfin, c'est pas hyper naturel de tomber, de grimper avec des piolets, tu vois, des objets quand même tranchants. Tout ça, je trouve, pour faire aussi à côté de l'escalade en salle, parce qu'on s'entraîne beaucoup en escalade, en fait, c'est un engagement qui est vraiment différent. Et... Gérer cet aspect-là, la peur, c'est vraiment quelque chose qu'il faut réussir à passer au-dessus si tu veux progresser dans cette discipline.
SPEAKER_00Et comment t'arrives à le
SPEAKER_01faire, ça, toi
UNKNOWN?
SPEAKER_01En fait, déjà, je pense que c'est un peu des tempéraments. Il y en a, ils vont juste pas comprendre qu'on se fasse du mal. Non, je dis ça, mais... En fait, j'en sais rien. Moi, j'ai l'impression que c'est un effort sans vraiment l'être, alors que je prends du plaisir aussi dans cet effort-là. Aussi, peut-être le fait de faire de la montagne à côté. De toute façon, en alpinisme, t'es forcément confronté à des conditions... t'es rarement dans des conditions de confort tu vois t'as froid c'est quand même rare que tout aille super bien sauf quand t'es en train de grimper au soleil sur du bon rocher mais sinon t'as souvent froid t'as aussi peur t'as des doutes au final là après quand nous on est sur nos structures d'entraînement ça reste plus facile enfin je trouve que quand t'es au milieu de ta voie en montagne un peu au milieu de nulle part après si tu viens de l'escalade sportive et que tu t'entraînes en salle je comprends complètement que ça soit hyper déroutant de venir t'entraîner dehors Ça, voilà.
SPEAKER_00et qu'est-ce qui te fait dire toi que t'es pour reprendre ton terme une cracotte c'est par rapport à quoi des feedbacks que t'as eu est-ce que t'as l'impression que les les autres athlètes enfin qu'est-ce qui te fait dire ça par curiosité
SPEAKER_01alors déjà ça va te paraître assez étonnant mais je pense pas être hyper compétitive à la base comme personne et du coup non mais c'est vrai je pense qu'il y a des personnes qui sont vraiment animées par la compétition Et en fait, moi, non. Moi, là, ce qui me plaît dans ce sport, déjà, c'est l'activité en elle-même, vraiment au plus profond de moi. Et je sais que la compétition, c'est un levier pour que je devienne meilleure, pour me tirer vers le haut. Mais ce n'est pas du tout instinctif et naturel. Donc, du coup, on fait un gros travail sur ça en ce moment. Donc, j'ai commencé la prep mentale en fin de saison là parce que le bilan de mon prep physique, de mon entraîneur à la fin de l'année avec lui, on a fait le bilan et c'était bon, prends une prep mentale. Tout va bien physiquement, tu progresses et tout. Mais en fait, j'ai du mal à grimper à mon niveau en compétition. Donc, en fait, je grimpe toujours moins bien en compétition qu'à l'entraînement. et ça c'est hyper frustrant et en même temps je sais que c'est un levier vraiment qu'il faut que j'actionne pour progresser à tout prix voilà aussi le stress en tout cas là en escalade en dry tooling dès que t'es stressé tu sers beaucoup plus les piolets t'es beaucoup plus tendu dans les mouvements beaucoup moins relâché donc en fait ça a un vrai impact sur ta performance parce que tu te fatigues beaucoup plus vite
SPEAKER_00et tu tombes et oui
SPEAKER_01et ouais
SPEAKER_00Parce qu'en termes d'effort, pour qu'on se rende compte, tu dirais que c'est un effort qui est extrêmement… Tu en as un petit peu parlé tout à l'heure, mais c'est plutôt des mouvements qui demandent de l'explosivité plutôt que d'être… Je veux dire, est-ce que tu dois parfois rester sur des prises pendant une, deux minutes, t'as le muscle complètement tétanisé ou c'est finalement des sauts de chat d'une prise à une autre qui te demandent d'avoir un peu de puissance, mais surtout de l'explosivité
UNKNOWN?
SPEAKER_01Bon, tu restes rarement une minute sur une prise, ou alors c'est mauvais signe parce que tu n'arrives pas à faire le mouvement suivant. Et ça arrive, il y en a qui n'arrivent pas à faire le mouvement suivant, qui pendant une minute vont bloquer, bloquer, pas trouver la solution, et puis au final finir par faire le mouvement. Mais bon, c'est quand même des situations assez rares. En général, tu montes quand même relativement vite dans la voie, et par contre il y a des mouvements ou des prises qui demandent de s'y attarder un peu plus parce que c'est plus technique plus fuyant c'est des pressions qu'il faut que t'exerces dans certains sens du coup ça prend du temps et après avec l'expérience encore une fois t'arrives à réduire ou à accélérer dans les voix Moi, c'est quelque chose que je travaille encore là, de avoir un bon rythme dans les voix et de ne pas être trop lent. mais du coup ça dépend vraiment c'est variable en fonction de ton niveau en fonction des voix des profils
SPEAKER_00etc ok t'expliquais un peu plus tôt que ce qui t'a amené dans la discipline c'est ce souhait de te professionnaliser dans l'univers de la montagne est-ce que c'est toujours quelque chose que t'as en tête et avant ça d'ailleurs par curiosité c'était quoi que tu visais c'était guide des hautes montagnes autre
SPEAKER_01chose ouais bah depuis que je suis toute petite en fait je veux être guide. Et voilà. Dans les Pyrénées, c'est vrai qu'il y a moins de structures. Enfin, il n'y a pas de structures, en fait. Il y a des sections en montagne, mais qui ne sont pas aussi poussées, structurées que ce qu'il peut y avoir dans les Alpes. Là, à Moutier, tu vois, pour t'expliquer un peu, c'était un bac en 4 ans au lieu de 3. Et du coup, on avait des horaires aménagés où on passait beaucoup de temps en montagne tout l'hiver. Et puis après, on était en cours pas beaucoup mais le reste du temps et là en ce moment du coup je suis à la fac à Chambéry et c'est un peu pareil je suis en STAPS mais en études aménagées aussi donc c'est super ça me laisse beaucoup de temps à la fois pour m'entraîner pour le dry tooling et aussi pour avancer ce projet de passer beaucoup de temps en montagne et progresser dans les deux aspects
SPEAKER_00et c'est
SPEAKER_01aussi ce qui me permet d'avoir un équilibre pour le coup je serais incapable de faire que de l'escalade sur glace et là le fait d'avoir la montagne à côté alors en pleine saison c'est sûr quand il y a les compétitions c'est difficile de faire les deux mais par contre tu vois là la saison elle se termine et de pouvoir aller dehors faire un peu il y a plein de voies qui me font rêver etc c'est sûr que c'est hyper motivant aussi et ça fait un peu soupape de
SPEAKER_00décompression ouais ouais bah c'est génial en tout cas que guide ce soit
SPEAKER_01toujours toujours l'objectif affiché pour toi ouais carrément ça va prendre du temps je pense pas du tout y aller bientôt j'ai envie d'avoir une bonne expérience un bon vécu en montagne avant d'y aller mais c'est sûr que c'est un peu le truc qui a drivé ma vie jusqu'à maintenant t'as
SPEAKER_00déjà réalisé des voies du coup parce qu'il y a une liste il y a combien il y a 30 courses à faire c'est
SPEAKER_01ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01la Là, maintenant, ils l'ont changé depuis deux ans et il y en a 55. Ah ouais, ok. Après, je pense qu'il faut aussi démystifier la chose. Si tu fais de la montagne depuis un petit moment, la liste, elle se fait quand même assez vite. et souvent on a l'impression que c'est quelque chose d'énorme parce qu'il y a beaucoup de gens qui prennent un an ou deux ans tu vois pour faire toute leur
SPEAKER_02liste
SPEAKER_01et du coup c'est sûr que là c'est un peu la mission bah moi j'ai la chance d'avoir mis le pied dedans depuis que je suis toute petite d'avoir rencontré aussi les bonnes personnes et du coup au final la liste elle s'est faite un peu au fur et à mesure sans même y faire trop attention voilà et donc là il me reste je sais pas je crois 3-4 000 parce qu'il y a des là maintenant il faut faire des 4000 des sommets de 4000 mètres imposés et c'est vrai qu'en venant des Pyrénées c'est pas c'est un peu compliqué mais mais non la liste du coup globalement elle est quand même bien avancée c'est plus tout ce qu'il y a autour aussi se sentir prêt dans la tête
SPEAKER_00ouais Excellent. Sachant que tu grimpes aussi pas mal, enfin en tout cas pas mal, je ne sais pas, mais je suis allé faire un tour sur ton blog qui est en description d'ailleurs de l'épisode, donc allez voir si vous voulez lire et surtout voir des photos de ce que Ilona grimpe. L'article que j'ai lu, c'est le dernier, c'est celui où tu es partie en Grèce dans un coin que je ne connaissais pas, les météores. Ah oui, exactement. Il y a une photo en particulier Alors, je crois que c'est ton... Je ne sais pas si c'est un pote ou ton compagnon, mais
SPEAKER_01quelqu'un qui grimpe... Ah
SPEAKER_00oui, c'est mon copain, oui. Ton copain qui grimpe avec toi et tu prends la photo d'au-dessus. Et quand je vois cette photo, je me dis mais c'est mort, pas possible, jamais de la vie. Je pourrais faire un truc comme ça. Pour ceux qui n'auront pas le temps d'aller voir ou qui sont en déplacement, en gros, c'est un mur complètement vertical. Voilà. Absolument complètement vertical. Alors, je ne sais pas combien il fait de hauteur.
SPEAKER_01Celui qu'on a grimpé, 200 mètres. c'est
SPEAKER_00assez court pour une grande voie donc voilà ça typiquement c'est le genre de parois que t'aimes bien ou c'est finalement pas assez technique parce que tout vertical et basta
SPEAKER_01et ben là c'était les vacances donc je venais de finir ma saison de dry enfin ma saison de compète et le but de partir en Grèce c'était vraiment de partir sans objectif juste Voyager, mettre un peu le nez dehors et voyager sans se prendre la tête. Les meteurs, c'était incroyable pour ça. On a grimpé, mais sans se faire peur. Je comprends que pour des gens qui ne pratiquent pas l'escalade, ça paraisse fou. Mais après, encore une fois, dès que tu mets un peu le pied dedans... Pour une grande voie de 200 mètres, c'est pas énorme. Enfin, c'est... voilà rien d'extraordinaire et et voilà après des fois c'est sûr que quand je pars en montagne c'est pas la même c'est pas les vacances comme ça et c'est un peu plus éprouvant physiquement et éprouvant mentalement là pour le coup la Grèce c'était juste vraiment trop chouette on a rencontré des personnes incroyables vécu des trucs vraiment cool et on a été bien dépaysés donc c'était plus l'objectif du
SPEAKER_00voyage pour le coup ok j'ai une question par rapport un O2T Trip en Écosse, celui-ci,
SPEAKER_01sur Ben Nevis. Là, ce n'est pas
SPEAKER_00la même ambiance, par exemple. Exactement. Alors, moi, je n'ai jamais eu la chance d'aller en Écosse. Par contre, j'ai échangé avec pas mal de gens. Il y a un challenge, je ne sais plus comment il s'appelle, où il y a trois piques à rejoindre en moins de 24 heures. C'est un invité qui s'appelle Nahuel Passrat qui l'a fait en 23 heures. Je ne sais plus comment il s'appelle, mais je crois, je suis quasi sûr que dans la liste, il y a le Ben Nevis. Et c'est vrai qu'il y a assez souvent quand je dis à des gens que j'aimerais bien aller faire un tour en Ecosse, que les conditions sont difficiles, je leur parle de la Spine Race.
SPEAKER_01Je ne sais pas
SPEAKER_00si ça te parle.
UNKNOWNPas du tout.
SPEAKER_00C'est un ultra... Je ne sais même pas si on peut appeler ça un ultra trail. Un ultra qui a lieu en janvier au départ de... de Fort Williams ah ouais et donc c'est en plein hiver c'est vraiment c'est abominable tu dors il faut s'orienter
SPEAKER_02la carte GPS
SPEAKER_00c'est pas vraiment infernal tu vois et les gens me disent ah mais c'est l'Ecosse c'est plat donc systématiquement je leur dis mais je crois que c'est pas très il n'y a pas des aptitudes de fou mais je crois qu'en termes de météo c'est complètement dingo donc toi qui es allé c'est quoi les conditions que tu as trouvé là-bas parce que sur les photos c'est pas que c'est en Ecosse ça pourrait tout à fait être au coeur des Alpes
SPEAKER_01en fait ce que je vois là ouais bon les photos ont parté en fait donc c'est si mal plus pour la petite histoire c'est un de mes sponsors maintenant depuis 6 ans je crois et du coup on leur a quand on a eu ce projet pour le Ben Nevis on leur en a parlé et tout de suite ils se sont hyper motivés et du coup ils nous ont aidé à financer le voyage en échange de photos donc toutes les photos que tu vois sur le blog c'est des photos C'est une photo qui avait vocation à vendre les produits Simalp. C'est pour ça qu'on n'a pas mis les photos où il y a de la neige partout, où il y a du vent, où il pleut parce que c'est pas très vendeur, tu vois. Mais sinon, les conditions là-bas, c'est quand même vraiment difficile. Ça n'a rien à voir avec le climat des Alpes. Juste pour te raconter une petite anecdote, le premier jour, on part de Fort William et on arrive au parking du Ben Nevis. On était à fond. En fait, on est allé là-bas en voiture. Du coup, on s'est quand même tapé, je crois, à 26 heures de voiture ou un truc comme ça. Et c'était incroyable parce qu'avec des super copains, c'était trop chouette. Mais on est arrivé là-bas, on était vraiment gonflé à bloc. On avait envie de prendre l'air. Et donc, on voyait la météo catastrophique, la pluie et on... On se disait un peu, bon, on y va, on n'y va pas. Au moins, on va faire un tour, même si c'est pour ne pas grimper au final. Mais tu vois, on va voir la face, on va voir un peu repérer les voies. Et en fait, on arrive là-bas au parking et on se dit, avant d'arriver au parking, on se dit, de toute façon, il n'y aura personne. Il fait trop mauvais, quoi. Et on arrive là-bas et le parking était plein. Et là, on se dit, hyper étonnant, on va peut-être croiser des gens avec cette météo. Il pleuvait des cornes. On sort de la voiture et en fait on fait toute l'approche donc je crois qu'il y a deux heures et demie de marche on arrive au refuge il y a une petite cabane on se met à l'abri et puis là pareil la cabane pleine les écossais qui partent grimper comme si de rien n'était et nous on était là mais C'est qui ces gens bizarres qui grimpent sous la pluie et sous la neige
UNKNOWN?
SPEAKER_01En fait, on les a imités. On est partis grimper comme si de rien n'était. Et c'était hyper déroutant parce que c'est vrai qu'en France, c'est pas du tout notre mentalité. Dès qu'il y a un millimètre de pluie sur la météo, on sort pas pour pas être mouillé. Et là, vraiment, ça se comptait plus en millimètres. Il pleuvait tellement. Et au final, première journée, on fait le sommet du Ben Nevis, et c'était assez fou de se dire que, enfin, un peu tout, tu vois, on était venus en voiture, tout était je pense un peu décuplé. On était hyper contents, on a fait une toute petite voie le premier jour, mais le fait d'arriver au sommet, après tout ce trajet, avec cette météo quand même, c'était hyper drôle et c'était une bonne leçon. Et au final, les jours suivants, on s'est rendu compte que c'était vraiment la météo normale de l'Ecosse. On n'a pas grimpé un seul jour sans pluie, mais On a eu du soleil aussi. Franchement, on a eu quelques hold-up, des moments dans la journée où une fois on est arrivé au sommet plein, couché de soleil, c'était incroyable. Mais bon, pour vivre ces moments-là, il faut accepter après de passer tout le reste de la journée dans le froid, le vent, la pluie. Et non, franchement, c'était trop trop chouette comme voyage.
SPEAKER_00Tu recommandes
SPEAKER_01l'Ecosse
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, je recommande pour ceux qui sont prêts à être... Enfin, il faut être assez au clair avec les conditions que tu vas trouver par contre c'est hyper formateur même en termes d'alpinisme avant c'était assez à la mode parce que c'est pas du tout équipé c'est assez difficile de se protéger en fait c'est une montagne qui est toute petite et qui a pas trop d'allure et au final ces lignes c'est assez fou les voies que tu y trouves c'est hyper chouette quand tu reviens après dans le massif du Mont Blanc qui est très équipé très fréquenté etc c'est sûr que c'est pas vraiment la même
SPEAKER_00chose ouais et du coup ça t'a donné envie de repartir sur ce genre de destination tu vois un peu plus sauvage ou finalement le côté bien équipé de nos Alpes
SPEAKER_01à nous te va bien
UNKNOWN?
SPEAKER_01non bah moi quand même j'aime bien tu vois en venant des Pyrénées en plus j'aime bien qu'il n'y ait pas trop de monde qu'il n'y ait pas trop de matériel en place enfin voilà après bah le Mont Blanc c'est sûr que ça a aussi plein d'autres plein d'autres aspects positifs l'accessibilité etc c'est sûr que là-bas tu peux faire des 4000 enfin t'es hyper vite haut en altitude tu là où ailleurs il faut faire deux jours d'approche pour grimper j'aime bien les deux mais je passerai pas tout mon temps dans le Mont Blanc alors que je pense que je pourrais passer toute ma vie dans les écrins ou dans les Pyrénées dans des massifs un peu plus sauvages bon bah a priori le jour où tu seras guide ce sera plutôt par là-bas que tu iras guider
SPEAKER_00ouais bon c'est pas encore fait c'est
SPEAKER_01pas encore fait mais bah j'espère trop
SPEAKER_00bien excellent on a parlé de plein de choses positives là tu viens de nous raconter une expérience qui a été bien formatrice entre autres parce que c'était difficile et pas vraiment les conditions que tu avais habituellement est-ce qu'il y a une course ou même une expérience en général en dehors de l'escalade sur glace ou du dry tooling que tu as vécu en montagne particulièrement difficile dangereuse potentiellement mais qui a été finalement hyper formatrice
SPEAKER_01euh Je pense qu'il y a eu plein de... Forcément, à chaque sortie, quand même, t'apprends des choses. Je pense, pour l'instant, la course qui m'a le plus marquée, c'est un projet qu'on a eu l'année dernière. En fait, c'est le projet d'un copain, à la base, qui était de faire... Coste Rouge qui est une voie à l'aile froide à l'aile froide centrale dans les écrins je sais pas si tu
SPEAKER_00connais alors je connais l'aile froide vers le Pré de Madame Carle mais je sais pas
SPEAKER_01si c'est là et ben ouais l'aile froide c'est un sommet qui est au dessus à côté du Pellevoux et de la barre des écrins quoi pour situer un peu et donc un jour il m'a appelé et tout et c'est une course qui me faisait rêver quand même cette voie là qui est pas spécial très technique et très difficile. C'est juste assez long. Et bon, engagé quand même. Parce que le caillou n'est pas bon. L'itinéraire est assez complexe. Et aussi, tu es un peu loin de tout. Tu n'as pas de réseau. Donc, tu es quand même... bien vite isolé et donc ça en deux jours c'est le genre de course je savais très bien que j'en étais capable et par contre lui son projet c'était de faire ça à la journée donc en fait ça faisait quand même sur les topos alors je me rappelle plus exactement mais je crois que t'as 4h d'approche 4 ou 5h d'approche quelque chose comme 10h de grimpe et encore 5 heures voire un peu plus de descente donc ça fait une bonne journée avec je crois 2005 ou 2006 de dénive et c'est vrai et en plus moi du coup je pense que tu l'auras compris j'ai plutôt un profil technique qu'endurant et donc j'avais plus l'habitude dans ma pratique j'avais plus l'habitude de faire plutôt des voies verticales en grimpe ou en glace ou en mixte pas trop longues et du coup quand il m'a parlé de ça au début je lui ai dit franchement je crois que c'est pas possible je suis pas capable c'est trop dur pour moi je suis pas la bonne personne et puis il me dit quand même il me dit mais si si en fait enfin Je suis sûre que t'en es capable. Réfléchis-y. Et puis, en fait, les jours suivants, j'arrivais limite pas à dormir parce que je me disais, mais en vrai, le projet est tellement fou. Et si je m'entraîne, c'est sûr que je peux y arriver, quoi. Tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_01Donc, tout le printemps dernier, quand même, j'ai pas mal axé sur, justement, l'endurance, faire plus du plus facile, mais plus long, des trucs à la journée, pas trop durs, etc. Et puis, on a fini par faire Coste Rouge à la journée. qui s'est trop trop bien passé et je m'étais tellement mise la pression en fait en me disant que j'allais pas y arriver j'allais trop en chier et tout que je suis arrivée là-haut au sommet franchement je pouvais encore continuer il me restait des forces je lui disais à Hubert il s'appelle je lui disais mais en fait ça va c'est ok je crois tout va bien on était tous les deux hyper étonnés que ça se soit passé aussi bien on s'était tous les deux tu sais tu t'attends quand même à ce que ça soit dur à des moments et tout ça et en fait forcément sur 16 heures d'effort on a forcément des coups de mou mais l'autre prenait le relais et puis après ça s'inversait enfin en fait c'était hyper pour le coup c'est vraiment une cordée qui marche bien un copain avec qui j'ai l'habitude de sortir donc je pense ça ça m'a vraiment aidé tu vois dans le truc de bon bah voilà je suis capable de faire ce genre de choses il suffit de se faire
SPEAKER_00confiance au final et d'accepter de partir pour un effort de
SPEAKER_0122h sur une journée de 24 ouais exactement de se lever à minuit et demi alors que tu t'es couché à 23h30 mais oui clairement donc je pense pour finir sur ça je pense juste que tu vois c'est le genre de course il y en a eu d'autres mais qui m'a permis d'ouvrir un peu mon champ des possibles tu vois je me mettais des barrières et là clairement de faire ça c'est rien d'extraordinaire mais en tout cas pour moi ça a eu l'impact de faire tomber quelques barrières et de me dire bah ok en fait bah là du coup j'avais 19 ans bah j'ai 19 ans mais là je suis complètement enfin je suis à ma place dans ce genre de De voix, quoi.
SPEAKER_00ça c'est fabuleux des expériences comme ça parce que comme tu dis c'est ce qui permet de repousser d'amener cette espèce de plafond de verre qu'on s'imagine tous avoir un petit peu plus haut un petit peu plus loin c'est une super anecdote excellent et bien écoute un immense merci Ilona c'était un plaisir de déjà un d'en apprendre plus sur ta discipline et puis bien sûr de comprendre un peu mieux ton parcours tes motivations ce qui te plaît dans ce que tu prends pratiques aujourd'hui et tes aspirations pour la suite. Une nouvelle fois, un grand merci et je te souhaite tout le meilleur pour la suite et je te propose qu'on se retrouve quand tu seras guide, quand tu auras gagné encore un peu plus d'expérience, que tu viennes nous raconter un petit peu comment tout
SPEAKER_01ça
SPEAKER_00se passe.
UNKNOWNJ'espère, avec grand plaisir revenir. Merci beaucoup Ilona, à très bientôt. Merci, à bientôt.
SPEAKER_00Merci d'avoir écouté cet échange avec Ilona jusqu'au bout. J'espère que vous l'aurez trouvé aussi intéressant que moi si vous ne connaissiez pas l'univers de l'escalade sur glace, du dry tooling et tout ce qu'on a pu évoquer ensemble. N'hésitez pas à partager cet épisode autour de vous. Vous le savez, je vous le répète à chaque épisode, c'est une excellente manière de remercier ces invités qui prennent un peu de leur temps pour venir nous parler de leur parcours. J'en profite également pour remercier du fond du cœur toutes celles et ceux qui soutiennent financièrement le podcast sur Tipeee. Si vous souhaitez les rejoindre, ça se passe sur le site internet tipeee.com slash les-frappés. C'est à partir de 1€par mois et je vous garantis que chaque euro aide énormément. Merci à toutes et à tous pour votre fidélité. Je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode. Ciao les frappés
UNKNOWN!