Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires. Sous-titrage Société Radio-Canada Merveilleux, merveilleux. Eh bien écoute Benoît, bienvenue au micro des Frappés. Je suis absolument ravi de te recevoir et merci avant toute chose, merci beaucoup à Victoria de chez Cimalp d'avoir coordonné tout ça et surtout de m'avoir suggéré qu'on se rencontre. Donc bienvenue Benoît une fois de
SPEAKER_00plus. Bonjour Loïc,
SPEAKER_01merci. Benoît, j'ai un paquet de questions pour toi, principalement motivées par le le fait que je connais assez peu ta discipline. Deux, motivé par le fait que tu es quand même clairement un des meilleurs Français, tu évolues à très haut niveau à l'international. Je ne sais pas s'il n'y a que la compétition, tu nous diras, en tout cas, principalement la compétition qui te motive ou s'il y a aussi une démarche artistique qu'on retrouve souvent quand même dans ce que tu fais. Mais voilà, énormément de questions pour toi je pense la toute première ce serait tout simplement est-ce que tu peux nous expliquer ou expliquer à ceux qui ne connaissent pas du tout ce que c'est que la highline de quoi il s'agit
SPEAKER_00la highline en fait c'est assez simple vous avez tous déjà vu je pense la slackline c'est le fait de marcher sur un fil généralement ceux-là on les retrouve dans les parcs entre deux arbres la highline c'est exactement la même chose sauf que ça se fait entre deux montagnes ou en hauteur, entre deux points en hauteur, qui implique de devoir
SPEAKER_01s'attacher pour ne pas s'écraser au sol en cas de chute. Excellent. Alors, j'en profite, j'étale le peu de connaissances que j'ai, un peu comme la confiture, sur une tartine. J'avais reçu, je ne sais pas si tu la connais, je ne sais pas à quel point ton univers est grand ou pas, mais Johan Imblé, je ne sais pas si ça te parle, qui est funambule et qui m'avait expliqué la différence à l'époque entre les fils de féeristes et les funambules qui est pas tout à fait la même chose donc s'il y en a qui avaient écouté l'épisode peut-être qu'ils s'en rappelleront pour les autres la petite nuance et tu me dis Benoît si je raconte n'importe quoi je te dis ça de tête mais c'est que les fils de féeristes il y a une notion de hauteur qui est finalement relativement faible quelques mètres maximum alors que les funambules finalement c'est un peu nos limites et je pense que tu vas nous confirmer tout ça dans le récit de ce que tu as déjà pu réaliser
SPEAKER_00alors effectivement les funambules c'est nos ancêtres c'est les anciens comme on les appelle c'est une discipline qui a ses cousines les funambules effectivement ils évoluent sur un câble en métal donc il y a aussi une notion de matériel par rapport à la slackline alors que nous en slackline on va évoluer sur une sangle textile plate alors que les funambules vont évoluer enfin les funambules en fait c'est le fait de marcher sur un fil et après effectivement les anciens funambules eux évoluent sur un câble en métal et avec l'aide d'un balancier.
SPEAKER_01Exactement. C'est vrai qu'elle avait un balancier qui faisait plusieurs mètres.
SPEAKER_00Oui, c'est plusieurs mètres et entre 10 à 20 kilos en fonction des personnes. Du coup, c'est vraiment de descendre le centre de gravité et de leur conférer une grande stabilité. Ensuite, je n'ai pas envie de dire que c'est plus facile, je n'ai jamais essayé. J'aimerais bien d'ailleurs un jour. La différence aussi qui est quand même non négligeable, c'est qu'au niveau de la tension, ils vont se retrouver sur des câbles qui vont être très très très tendus grâce à l'aide de cavalettis donc qui vont en gros c'est des câbles qui rattachent le fil au sol tous les 50 mètres et ça permet que le câble ne bouge pas du tout tandis que la slackline et la highline nous on est attaché uniquement du point A au point B et on est soumis aux éléments au vent on va beaucoup plus bouger le fil il est beaucoup plus détendu donc on a des tensions qui sont moins importantes et ça nous permet de plus flotter et par contre la grande différence aussi pour la souligner quand même c'est que nous on est attaché et les fils de ferristes pas forcément voire pas du
SPEAKER_01tout exactement et Joanne en l'occurrence c'était avant tout une pratique artistique qu'elle avait et elle m'avait expliqué qu'elle avait déjà fait des spectacles des performances à 55 mètres et que même à cette hauteur elle était effectivement pas sécurisée ce qui est assez hallucinant mais ok donc voilà pour la petite introduction sur la discipline en question. C'est bien la highline. Comment tu tombes là-dedans
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est quoi un peu ton histoire avec ce sport
UNKNOWN?
SPEAKER_00Moi, la slackline, j'ai commencé ça au sol, comme la plupart des gens. J'ai commencé ça à l'UNSS d'escalade. C'est le professeur d'escalade qui avait posé une ligne dans la salle un jour. Là, j'ai fait, c'est rigolo, j'ai jeté les cheveux au sol et j'ai dit, aujourd'hui, pas d'escalade, je me mets là-dessus. Et puis, du coup, j'en ai essayé comme ça et en fait la slackline ça a ce côté très ludique où tu commences sur 10 mètres de long à 1 mètre du sol ou même pas un demi-mètre du sol à 50 cm et puis ensuite t'as envie d'aller plus long donc 20 mètres, 30 mètres ainsi de suite sauf que la highline en fait moi j'ai découvert ça dans le sens où si tu veux faire de la slackline plus longue au sol t'es obligé de la mettre plus haute parce qu'il y a forcément un moment où tu vas toucher le sol au milieu donc t'es obligé de la lever au niveau des ancrages et puis je m'étais cassé le pied en escalade d'ailleurs et puis j'avais vraiment pas du tout envie de retomber sur mon pied et au delà de 20-30 mètres la ligne se retrouve déjà à quasiment de 1m50 aux ancrages et je me demande c'est trop haut et j'ai vu en fait que la highline ça existait donc tu vois c'est super bien et tout mais c'est la solution parfaite en fait pour pouvoir faire plus long sans risquer de se faire mal parce que si je tombe je suis attaché j'aurai aucun contact en fait pour moi la highline m'est apparue dès le début comme une évidence d'un sport plus sécurisant que la slackline au sol, en quelque
SPEAKER_01sorte. Ce qui, pour les gens qui n'en pratiquent pas, pourrait paraître un peu contre-intuitif,
SPEAKER_00tu vois, vu la hauteur. C'est effectivement contre-intuitif, parce qu'il y a cette notion de hauteur qui, du coup, nous classe dans la catégorie sport extrême. Mais en réalité, j'aime bien le dire, la highline, c'est le sport extrême le plus safe du marché. Parce qu'effectivement, on ne fait que marcher sur un fil, et puis si on tombe, on tombe dans des nuages et il ne se passe rien. Et puis du coup, j'ai tanné un peu, j'avais trouvé des gens qui en faisaient sur Strasbourg c'est là où j'habitais à l'époque quand j'étais enfant et puis je les ai tannés je leur ai dit vous m'emmenez vous m'emmenez ils ont dit oui d'accord allez on y va ce week-end et puis du coup j'ai essayé alors la première fois que je me suis retrouvé sur un fil à 20-30 mètres de haut théoriquement je savais que c'était sécurisé mais une fois dessus mon cerveau il a pas
SPEAKER_01compris d'ailleurs ça annonce je sais pas exactement comment le qualifier cette sorte d'illusion de jeu du cerveau je ne sais pas si tu as déjà fait ce type d'activité mais j'avais fait avec mon boulot on avait fait une sortie un peu team building machin etc en Suisse et c'était un parcours en réalité virtuelle donc tu arrives dans un immense hangar on te met un casque sur la tête donc tu ne vois plus rien d'autre que ce qui s'affiche sur tes lunettes et il y avait un moment donné en fait on devait traverser un truc virtuel un énorme précipice avec une toute une planche de bois extrêmement fine enfin pas large du tout et donc il fallait mettre un pied devant l'autre et en sachant pertinemment tu vois qu'on était dans un hangar et que la planche en bois qui pour le coup était réelle était posée à même le sol en fait ton cerveau il vrille complètement tu vois tu n'as plus aucun équilibre tu te dis non mais là je risque de tomber alors qu'encore une fois rationnellement tu sais que tu ne risques absolument rien je ne sais pas s'il y a un terme tu
SPEAKER_00vois je dirais l'instinct de
SPEAKER_01survie sûrement ou la... non
SPEAKER_00je pense que le cerveau est suffisamment bien fait et nous a conditionné pendant des années pour nous dire que hauteur égale chute égale mort du coup cette peur en quelque sorte elle est naturelle et c'est ce qui maintient beaucoup de personnes en vie
SPEAKER_01j'imagine d'ailleurs il y a une enfin qu'est-ce qui définit la highline à partir de quelle hauteur au sol est-ce qu'il y a une sorte de consensus là-dessus à partir de quelle hauteur au sol
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce qu'on est plus sur la slackline, mais bien sur la
SPEAKER_00highline
UNKNOWN?
SPEAKER_00À partir du moment où il faut s'attacher. D'accord. Généralement, on considère que c'est une dizaine de mètres, parce qu'en fait, en dessous de 10 mètres, tu ne seras pas assez haut pour pouvoir t'attacher et que la sécurité ait un rôle, parce qu'en fait, avec la flèche, le rebond de la ligne, etc., ou potentiellement la rupture de ligne principale et la mise en action du système de sécurité, tu fais un retour au sol quand même. Donc, en gros, faire une highline de 5 mètres, ça ne sert à rien, parce que tu vas quand même te faire le mobo donc voilà on dit qu'à partir de 10 mètres c'est de la highline et ensuite ça peut monter autant que tu peux trouver de hauteur sachant qu'après il y a plein de sous-disciplines la slackline en fait c'est le sport général après tu vas voir du coup la highline tu vas voir la midline si elle est si t'as besoin de t'attacher mais qu'elle est pas vraiment très très haute donc là c'est entre tout ce qui est 10 et 40 mètres on va dire tu vas voir la waterline quand on fait au-dessus de l'eau la rodeo quand elle est très détendue. Enfin bref, de la jump line aussi, ça c'est quand c'est très très tendu, tu fais du rebond dessus, c'est des figures, etc. Highline freestyle, enfin bref, c'est un peu comme le vélo, le BMX, le vélo de descente.
UNKNOWNOuais, ça se décline.
SPEAKER_01Ouais. J'ai vu de la highline entre
SPEAKER_00deux monts golfières. Voilà, par exemple. Là, c'est très haut, ça peut monter jusqu'à 3000 mètres de
SPEAKER_01haut. Les monts golfières, c'est assez sympa. Question très précise de quelqu'un qui n'est pas du tout au qui ne connaît pas du tout ton milieu. Comment, et je me la pose systématiquement quand je vois des lignes tendues dans des endroits improbables, comment tu te débrouilles pour tendre la ligne initialement
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que j'ai déjà vu des lignes tendues entre des endroits et je me dis, mais ils n'ont pas pu passer par la terre parce qu'il y a des arbres, des rochers, des précipices. Comment ils se sont débrouillés pour tendre ce machin
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, il y a deux solutions. Généralement, on appelle, la première solution, c'est de faire la connexion en manuel. Donc, généralement, tu as une équipe de chaque côté enfin même toujours et puis tu vas jeter une ficelle si tu es d'une part et d'autre d'un précipice ou d'une falaise ou d'une montagne tu jettes une ficelle en bas de la falaise ou en bas de la montagne et puis ensuite on a un troisième au milieu qui va récupérer la ficelle et qui va connecter les deux ficelles ensemble ensuite tu lèves la ficelle qu'on appelle un ficellou et ensuite seulement tu fais passer la ligne avec un diamètre de ficelle de plus en plus important pour résister au poids de la ligne ça c'est quand ton terrain terrain au milieu, il est praticable. Après, des fois, tu vas voir des ravins, des rivières, des forêts. Donc là, c'est plus compliqué. Et en fait, on triche.
UNKNOWNC'est
SPEAKER_00Raconte,
SPEAKER_01vas-y. On prend tout simplement un drone. Je me posais la question si
SPEAKER_00ça se faisait avec des drones. Un drone avec un fil de pêche. On essaie d'avoir le diamètre le plus petit possible, mais quand même le plus résistant possible. On fait voler le fil de pêche, on récupère la ficelle, et ensuite on fait passer petite ficelle, moyenne ficelle, grosse ficelle, la sangle, et ainsi de suite. Je dois s'imaginer que pour tirer un kilomètre de ligne au final, on a dû tirer sur 4000 mètres de ficelle au total. et ça c'est génial parce que les drones c'est une technologie qui est arrivée récemment en quelque sorte ça fait moins d'une dizaine d'années qu'on les utilise moi quand j'ai commencé la highline les drones ça n'existait pas ou c'était pas forcément imaginable d'utiliser ça comme outil et du coup avant
SPEAKER_01avant on galérait ouais j'imagine
SPEAKER_00on le faisait à l'ancienne si il y a une forêt tu prends ta ficelle tu tâches tâches un caillou tu la jettes 30 mètres plus loin 30 mètres c'est déjà un beau lancer pour une ficelle et ça vient se tanker dans un arbre du coup tu descends tu vas dans l'arbre tu escalades l'arbre tu démêles tout tu refais une bobine tu relances 30 mètres plus loin tu désescalades ton arbre tu remontes dans l'arbre 30 mètres plus loin tu recommences et comme ça sur 500
SPEAKER_01mètres ouais donc la journée pour installer le truc et quelques minutes
SPEAKER_00ou secondes pour traverser les connexions pouvaient prendre plusieurs jours parfois pour les installs les plus compliqués et maintenant avec un drone ça fait 10 minutes ça c'est incroyable et par contre effectivement après une fois que le pont est tendu euh des fois ça c'est rigolo quand t'as ta ligne qui passe à travers d'un canyon qu'il faut à peu près deux heures de voiture pour atteindre un point à l'autre en faisant tout le tour redescendre dans la vallée et remonter avec ta ligne t'as un pont en fait qui est construit 10 minutes plus tard t'es en face
SPEAKER_01incroyable incroyable bon bah voilà maintenant je saurais ça répond à une question que j'ai dans la tête depuis je pense une bonne dizaine d'années merci merci Benoît tu mentionnais tu mentionnais mentionné un peu plus tôt que ce qui t'a amené sur la slackline à la highline c'est cette notion de sécurité à un moment donné où tu t'étais tu t'étais blessé mais qu'est-ce qui fait que t'as accroché par la suite
SPEAKER_00et ben du coup je j'avais tanné comme dit mes amis là pour monter sur cette ligne pour qu'on installe ensemble etc je me retrouve sur ma ligne à 30 mètres de haut en train de me demander mais qu'est-ce que je fais là parce que quand même c'est pas du tout comme dans les simulations là ça fait vraiment peur et la ligne elle bouge vraiment beaucoup plus que les petits essais que j'avais essayé dans le parc en essayant de me lever sans le sol. Parce que quand tu démarres une slackline au sol, tu démarres du sol et tu montes une marche et d'un coup, tu te retrouves sur le fil. Quand tu es sur une highline, en fait, il n'y a pas de sol. Du coup, il faut que tu fasses ce qu'on appelle un départ assis. Donc, tu sois capable de te lever uniquement à partir de la ligne sans aucun autre élément. Et du coup, j'essaye de me lever, je pousse sur mes jambes, miraculeusement, elles répondent, j'arrive à me lever. Et là, en fait... je chute parce que forcément c'est généralement ce qui se passe quand tu commences tu chutes la tête la première et puis j'ai déjà fait de l'escalade donc moi la confiance matos en soi je l'avais je sais que ça tient j'ai vu l'installation je sais qu'il y a de sécurité c'est pas ça qui me faisait peur mais j'ai déjà fait des plombs aussi en escalade mais quand tu chutes d'une highline en fait tu chutes tête première tu perds tous tes repères enfin le monde s'inverse et tu plonges vers le vide et là tu dis ah
UNKNOWN!
SPEAKER_00La première fois, j'ai crié. Je pense que toute la vallée m'a entendu. Et après, par contre, j'étais suspendu dans mon leash, là, pantelant. c'est bon ça fonctionne comme prévu je suis toujours vivant il n'y a
SPEAKER_01plus qu'à aller on recommence oh punaise ok parce que t'as comment t'appelles ça t'appelles ça une longe ce qui te maintient
SPEAKER_00en sécurité on appelle ça un leash un leash c'est la longe de sécurité l'anglicisme tout ce qui est plus classique beaucoup du vocabulaire est anglais et le leash il fait quelle longueur à peu près il fait la longueur de tes jambes plus 30-40 cm pour avoir un peu de mou quoi
SPEAKER_01Ah punaise
UNKNOWN!
SPEAKER_01En même temps que tu me racontes tout ça, je suis sur le site de Cimalp et j'ai une photo sous les yeux. Je ne sais pas où c'était, mais tu as l'air d'être quand même très très haut. Pour le coup, il y a des oiseaux qui volent autour de toi. Et tu es globalement à la hauteur des nuages dans les montagnes en face.
SPEAKER_00Avec une falaise sur la gauche. Oui, exactement. C'est ça. C'est où ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00À côté de Grenoble, sur le secteur MHP, donc Marmottaline Project. C'est un festival qui existe depuis 10 ans.
SPEAKER_01et
SPEAKER_00puis cette ligne là elle s'appelle vive la violence ouais ok génial elle est très caractéristique parce que t'es ancré sur une falaise et en fait t'es ancré sur un éperon rocheux qui fait une avancée et du coup ton ancrage il est accroché au plafond en quelque sorte ce qui fait que sous les pieds t'as rien du tout t'avances vraiment vers le
SPEAKER_01vide complet ouais du coup c'est exactement ce que j'allais te demander comment tu sors d'une highline comme ça ou à l'arrivée le point d'ancrage comme tu dis est complètement au dessus du vide
SPEAKER_00bah là tu fais demi-tour et tu vas de l'autre côté tu pourrais sortir en faisant une remontée sur corde parce que là il y a 20 mètres de remontée sur corde pour l'équiper mais généralement tu viens pas avec ta grigri et ton poignet quand tu vas sur la ligne donc tu fais demi-tour et tu rentres à l'ancrage maison qui lui est beaucoup plus utile ok
SPEAKER_01euh c'est quoi le rôle de est-ce que quand t'es tu vois sur une highline comme celle-ci qui enfin je sais pas d'ailleurs si techniquement c'est les plus compliqués ou si c'est juste qu'elle est impressionnante tu vois souvent quand tu connais pas un sport t'as l'impression que quelque chose comme tu connais pas t'as des repères qui sont très différents tu te dis oh punaise ça a l'air hyper dur alors qu'en fait pas forcément et c'est plutôt tu vois des passages qui ont quand tu vois quelqu'un le réaliser et qu'il le fait de manière très smooth tu te dis ah bah ça doit pas être très dur mais en fait c'est là que c'est le plus tendu des lignes comme ça c'est juste impressionnant ou il n'y a pas vraiment de différence finalement quels que soient les points d'ancrage etc ça reste l'highline ça reste à peu près le même effort à fournir que ce soit mental physique
SPEAKER_00la hauteur n'a aucune influence technique le fait que ta ligne elle fasse qu'elle soit attachée à 10 mètres de haut ou bien à 500 mètres de haut ça reste la même ligne donc en fait techniquement ça ne va rien changer. Elle sera toujours aussi facile ou difficile. Ce qui va changer, en fait, ça va plus être au niveau du mental et du visuel. Ça, on ne va pas se le cacher. Ça va jouer. Quand tu es à 10 mètres, tu as des points de repère. La seule chose qui ne va peut-être pas changer, c'est au niveau du visuel. Quand tu es à 10 mètres de haut, tu as un visuel qui t'entoure, qui est vraiment très proche. Donc, ton sol va plus facilement s'adapter à ça. Quand tu es à 500 mètres, ta falaise, elle est tellement loin que de toute façon, ton sol, tu ne le prends plus en considération. Donc, tu évolues vraiment uniquement sur ta ligne. Mais globalement, ça ne va rien changer d'être à 10 mètres ou à 500 mètres. C'est vraiment une question de peur, de vertige et d'appréhension du vide. Après, ce qui va faire la difficulté d'une ligne, c'est la longueur, le poids de la ligne, la tension, le vent, le matériel et ce genre de choses.
SPEAKER_01Parce que la longueur, plus il y a de longueur, je suppose plus t'as ce phénomène de balancier quand tu te retrouves plus au milieu de la ligne,
SPEAKER_00j'imagine
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, les lignes, on va dire, augmentent en difficulté avec la longueur jusqu'à 100-150 mètres. C'est-à-dire qu'une ligne de 20 mètres sera plus facile qu'une ligne de 40 et ainsi de suite, jusqu'à à peu près 100-150 mètres. Et à partir de 150 mètres, il y a quelque chose de magique qui se crée. Tout ce qui est ligne de 200 mètres et plus deviennent, je n'ai pas envie de dire faciles, mais n'augmentent plus en difficulté. D'accord. C'est-à-dire qu'en fait, une ligne qui fait 600 mètres, c'est tout aussi simple qu'une ligne qui en fait 200 ou même 1 km. En fait, techniquement parlant, marcher une portion de 20 mètres sur ces trois lignes, ça va être strictement la même chose, à peu de choses près. Ce qui va changer, en fait, c'est l'engagement physique et mental de la traversée. Parce qu'il faut que tu saches que tu sois capable de la traversée, d'en revenir, et dans un temps, on va dire, relativement court, parce que les conditions météorologiques peuvent changer. Et plus tu es à la lignée grande, plus elle est exposée aux conditions et au vent.
SPEAKER_01ah j'avais pas pensé à ça ok ok parce que typiquement c'est quoi alors je pose pas la question à la bonne personne parce que je sais que t'as des records de vitesse et des premières places en compétition qui sont aussi basées sur le chrono donc je sais pas si tes temps à toi sont représentatifs mais 100 mètres un eyeliner classique il met combien de temps
SPEAKER_00pour faire 100 mètres un eyeliner classique quand il débute il va mettre une heure et puis maintenant Les records du monde, c'est aux alentours des... 55
SPEAKER_01secondes. What
UNKNOWN?
SPEAKER_01Attends, quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Attends, une heure pour faire 100 mètres pour un Highliner qui débute ou on va dire qu'il y a un niveau amateur, mais à peu
SPEAKER_00près…
SPEAKER_01Non, la première fois que tu arrives à traverser une ligne de 100 mètres, tu mets ton heure. Ok. Et des champions du monde de vitesse, comme toi, moins d'une minute
UNKNOWN?
SPEAKER_00ouais
SPEAKER_01donc bah attends mais tu cours en fait du coup quasiment
SPEAKER_00ouais ouais c'est le principe de la speedline de
SPEAKER_01la vitesse oh mais sérieux ok d'accord et donc on en a pas encore parlé mais tu as le record du monde de distance alors plus maintenant plus maintenant aïe aïe aïe il a été battu aïe de combien
UNKNOWN?
SPEAKER_00mais du coup j'ai passé le record du monde de distance en 2022 sur 2,7 kilomètres
SPEAKER_01Sachant qu'avant, c'était 2,1, c'est ça, si j'ai bien
SPEAKER_00noté
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est ça, exactement, oui. Et il a été battu l'été dernier par une équipe américaine et ils sont montés à 3 km. 3,1 km. Ok.
SPEAKER_01Donc, ex-détenteur d'un record du monde qui a duré quand même deux ans,
SPEAKER_00du coup. Il a tenu deux ans. On était huit à l'avoir validé. C'était vraiment un projet collectif où on était toute une équipe à avoir... monter ce projet et on est 8 de l'équipe à avoir validé le
SPEAKER_01record. Ok. Et donc là, typiquement, combien de temps t'as fallu pour faire ces 2,7 km sans chuter
UNKNOWN? 1h16. Waouh!
SPEAKER_01Ok, mais alors attends, là, il faut que tu m'expliques, t'évoquer. Donc, je pense que pour pas mal de gens, on peut à peu près imaginer, enfin imaginer, j'en sais rien, mais on peut concevoir un peu l'effort physique, tu vois, avec le mouvement de la ligne, tout est instable. Donc, j'imagine que tu dois travailler aussi bien les bras qui te servent de balancier que les jambes, les abdos, le dos. Enfin, tout doit être à peu près mobilisé. Par contre, mentalement, comment tu te prépares à un truc comme ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00comment je me prépare à un truc comme ça pour s'entraîner au record on avait fait des longueurs des piscines on s'installait des petites lignes entre guillemets de 400-500 mètres ce qui à l'époque enfin à une certaine époque était un record du monde et puis nous maintenant on se posait ça pour le week-end et on faisait du volume donc on allait dessus et puis on marchait on faisait des retours jusqu'à être capable de marcher minimum 3 km de savoir que ton corps en tout cas moi c'est comme ça que je l'ai fait j'avais besoin de savoir que mon corps tiendrait l'effort qu'il en était capable et en fait à force d'être dedans, ton mental il suit, il va avec puisque tu te concentres sur tes pas et après en fait c'est à la fois une grosse concentration et à la fois moi j'aime bien dire que justement le secret de la highline c'est pas d'être capable de se concentrer à fond pendant une heure puisque c'est épuisant c'est d'être capable de se déconcentrer au contraire en fait c'est un peu comme quand t'étais à l'école, en classe et que tu rêves assez, et puis que la maîtresse te surprenait et te pose une question, et bah parf, t'es quand même capable d'y répondre. Et bah là, c'est la même chose, t'es sur ta ligne, t'es dans un état un peu de flot, t'enchaînes les pas, tu penses à d'autres choses, tu regardes le paysage, ce que t'as mangé hier, à tes proches, enfin vraiment à plein de choses, tu laisses un peu libre cours à ta pensée, et au moment où la ligne va vibrer, t'envoyer à une... Ouais... un peu une contrebalance ou un mouvement paf il faut qu'en un quart de seconde ou même moins tu sois capable de l'absorber d'y répondre et être présent et pas te laisser surprendre ok parce que si tu me les plies à côté bah tu tombes et puis du coup tu continues à traverser ça restera un beau voyage mais t'auras pas validé d'être à traverser et après bah du coup c'est ce qu'on appelle faire un send marcher du début à la fin sans tomber y'en a pour qui c'est un objectif y'en a pour qui c'est pas important en fonction de l'objectif de chacun sur ce record du monde là où j'ai dit on est 8 à l'avoir validé on est une équipe de 25 et il y en a une vingtaine qui ont traversé la ligne sans la valider donc avec plusieurs chutes mais pour qui ça reste un exploit incroyable et qui leur
SPEAKER_01fait beaucoup de plaisir
SPEAKER_00ok
SPEAKER_01ouais je en fait c'est toujours passionnant d'échanger avec des gens comme toi qui ont poussé leur pratique à un niveau extrêmement élevé et en même temps il y a toujours un peu de frustration parce que je me dis mais je suis sûr qu'en fait j'arrive à concevoir peut-être un dixième, un vingtième de ce qu'ils vivent vraiment, de ce que ça demande de ce que ça implique parce que je ne l'ai jamais pratiqué moi-même mais là par exemple physiquement tu vois je suis passé hyper rapidement dessus mais t'es dans quel état quand tu sors alors peut-être que là 2700 mètres c'était vraiment extrême mais quand tu sors d'une ligne qui est particulièrement longue tu mobilises quoi comme groupe musculaire et physiquement t'as quel niveau d'énergie une fois que t'as fini de
SPEAKER_00traverser
UNKNOWN?
SPEAKER_00Physiquement nous on va utiliser c'est un sport de gainage donc on est vraiment on est très tanké gainage on n'est pas on n'est pas comme les grimpeurs avec des gros biceps etc... On est plutôt des sticks, au contraire. Ça va mobiliser beaucoup le gainage abdos, bas du dos. J'avais un dos extrêmement musclé à l'époque, c'était incroyable. Et puis les épaules, les bras, parce que du coup, tu es toujours avec les bras levés. Mais le but, c'est aussi de ne pas se bouteiller. Tu vas te reposer, tu vas descendre un bras délayé. Moi, la première traversée, sûrement sur la 2,7, j'étais resté bras tendus, levés du début à la fin. Et en sortant, j'étais rincé. J'arrivais plus à lever mon bras à un moment, quelqu'un qui me donne un verre d'eau, une gourde, je lève le bras pour la prendre et je fais« Oh, ça fait mal
UNKNOWN!
SPEAKER_00» Et du coup, je suis la deuxième traversée, je n'ai pas fait la même erreur, j'ai bien pensé à, tous les 50 mètres, descendre un bras, faire quelques petits moulinets et remonter tout de suite. après physiquement oui c'est un effort évidemment c'est un effort physique parce qu'on est concentré pendant une durée assez intense quand je regarde des ultra trailers qui courent pendant quasiment
SPEAKER_0124 heures d'affilée des fois je me dis que ça va à côté on n'est pas les pires après je ne sais pas comme tu dis mentalement c'est super intéressant ce que tu expliques finalement ce qui est crucial c'est d'arriver à rester en état d'alerte mais détendu mais je pense quand même que dis moi si je me trompe j'imagine que tu dois quand même être aussi rincé nerveusement et mentalement à la fin de l'uni ce qui est peut-être moins le cas enfin remarque j'en sais rien sur un ultra trail où tu vois t'es peut-être moins dans cette vigilance permanente nerveusement
SPEAKER_00c'est vraiment cet état de flow en fait qui est un espèce d'état où tu rentres t'as plus trop besoin de réfléchir ça découle naturellement ça existe il y a des recherches qui ont été faites là-dessus et en fait justement c'est un peu le but du jeu sur ce genre de longue traversée c'est de rentrer là-dedans où tu vas plus être en train de te concentrer, te battre à chaque pas, essayer de contrôler tout ce que tu fais. Ça coule un peu plus naturellement. C'est ça qui est agréable. Et je pense, en discutant avec pas mal de sportifs, justement, les trailers ont beaucoup ça. Parce qu'ils ont ce côté avec le chemin qui défile sous les pieds. C'est un geste finalement assez simple de faire un pas. C'est tout le temps très répétitif, assez monotone, même le même. Et en fait, ils ont pareil, le chemin, le nez dans le guidon, les cyclistes aussi. où ils sont malgré tout censés être concentrés regarder où ils mettent les pieds mais c'est pas non plus c'est pas de les maths astrophysiciennes c'est pas de la concentration très très dure en quelque sorte et en fait c'est ça qui fait rentrer dans l'état de flow cet aspect assez monotone et régulier de ton effort qui va te faire rentrer dans cet état et ça c'est ça qui est agréable en fait les moments où tu réalises que t'es dedans et t'es là oui justement même presque des fois quand tu réalises que t'es dedans c'est un peu comme quand tu fais ah mais j'ai en train de rêver paf bah t'en
SPEAKER_01sors ouais c'est fini
SPEAKER_00de rester
SPEAKER_01dedans
SPEAKER_00tu vois
SPEAKER_01ouais t'as une routine toi d'ailleurs que tu mets en place avant ou pendant tes traversées qui te facilite tu vois l'accès à cet état de flow
SPEAKER_00je vais essayer après pour les grandes traversées ouais je sais pas comment expliquer ça va être tu vas te préparer tu vas te mettre en condition à faire un peu de visualisation écouter une musique ou deux que t'aimes bien voir le vent etc faire un échauffement et puis après bah C'est plutôt une fois dessus, en fait, pour rentrer dedans. Si tu commences à rentrer dedans, à marcher, et puis que la ligne, elle vibre beaucoup, et puis elle te renvoie des ondulations, et en fait, tu te dis, mais Benoît, en fait, là, il ne faut pas se battre. Tu n'es pas là pour... C'est toi qui slack la ligne, et ce n'est pas la ligne qui te slack. Et en fait, il faut... Moi, j'ai un petit mantra, c'est je sais le faire. Je sais que je suis capable, justement, parce que je me suis entraîné pour ça, et je sais que j'aime ça, et c'est ça qui me plaît. Et après, tu tu te concentres sur ta respiration, tu respires avec le ventre, tu essayes de ralentir et pas d'hyperventiler. Et en fait, à partir du moment où tu te calmes, tu arrêtes de faire des pas saccadés, tu essaies de ralentir un peu ton rythme, d'avoir un rythme de pas plus smooth. Et une fois que tu as de nouveau capté ce rythme plus régulier, là, éventuellement, tu peux te mettre à accélérer si tu as envie de faire de la vitesse ou simplement d'avoir un rythme très régulier et donc y aller kilomètre.
SPEAKER_01donc c'est une fois que tu es en état de flow que tu te mets à trottiner sur tes lignes et que tu fais 100 mètres en 55
SPEAKER_00secondes ouais si moi j'ai du mal à rentrer sur la ligne et puis faire un départ arrêté me
SPEAKER_01mettre à ma vitesse mat c'est pas facile ça incroyable il faudrait que j'aille regarder des vidéos de speedline du coup incroyable Benoît j'imagine que comme dans beaucoup de disciplines moi j'ai fait du judo au niveau pendant longtemps et donc c'est venu je pense que quand tu pratiques quelque chose de manière un peu intense il y a toujours un peu un revers de la médaille une usure physique, psychologique je me suis cassé tous les doigts des deux mains sauf les pouces au moins une fois ça laisse un peu des traces la headline tu disais en intro que c'était sans doute le sport extrême le plus safe, là tu viens de nous expliquer que physiquement c'est exigeant, engageant mais tu prenais l'exemple du trail il n'y a peut-être pas cette notion d'impact qui peut être préjudiciable à long terme c'est quoi les les pas les inconvénients mais les traces que pour le moment cette pratique a pu laisser
SPEAKER_00chez toi les gros sacs lourds qu'il faut porter pour monter en montagne c'est vrai c'est que les grimpeurs ils font de la grande voie ils ont un sac ils peuvent tout faire avec nous plus la ligne elle est longue plus il faut porter des sacs c'est abominable
SPEAKER_01parce qu'une ligne de je sais pas 500 600 mètres ou 400 mètres pour reprendre la longueur tu disais que tu t'étais entraîné sur des lignes de 400 mètres pour votre record du monde en termes de matos ça représente quoi il te faut combien de highline relié entre elles etc et le poids puisque tu évoquais le poids là pour qu'on se rende un peu compte tu vois la line elle pèse combien sur 400
SPEAKER_00mètres on va dire qu'on compte toujours en setup parce qu'en fait une ligne de highline c'est une ligne principale sur laquelle on marche et une ligne de backup avec la ligne de backup donc si la ligne principale casse on se retrouve dans la ligne de sécurité d'accord on compte toujours en setup et généralement un setup ça va peser les plus légers ça va descendre jusqu'à 50 grammes au mètre et sinon généralement on est plutôt autour des 70 80 sur des setups un peu plus classiques après tout ce qui est longueur généralement on essaye d'avoir justement des choses légères pour parce que le poids de la ligne sur plusieurs centaines de mètres voire kilomètres ça a une influence sur la tension la sécurité aussi et oui que le plus léger c'est le mieux et voilà donc ça fait que sur des lignes la ligne de 2,7 km elle faisait à vide sans tension juste posée au sol il y en avait pour 120 kg de matos sachant que là c'était que la ligne après il faut monter les ancrages les élingues les pieux les matos de sécurité la bouffe le bivouac voilà ouais
SPEAKER_01et toi quand tu pars sur les lignes les plus longues avec toi t'as quoi t'emportes du matériel t'as je sais pas des chiffons pour t'essuyer la transpi de l'eau des
SPEAKER_00glucides un chapeau un grand chapeau parce qu'en fait la seule onde que tu trouveras c'est sous la ligne et c'est pas un endroit où t'as envie d'aller donc pour moi c'est bien s'hydrater avant moyen boire mais un litre voire deux litres de flotte dans la matinée avant d'y aller Et puis ensuite, par contre, il y en a qui vont avec des sacs d'eau, des gourdes à tuyaux, des... pour aussi hydrater pendant la traversée ou des petites gourdes moi généralement j'avais essayé une fois c'est pas quelque chose qui me va parce que comme j'arrive à faire des traversées assez rapides finalement la rapidité en quelque sorte c'est une manière de réduire ton effort physique aussi parce que du coup je reste concentré et sur la ligne que pendant une heure tandis que certains vont rester dessus pendant 3-4 heures dessus quoi et ça là par contre t'as besoin de clôture parce que souvent s'il reste aussi longtemps c'est qu'il tombe et se relever c'est aussi fatigant ouais ok donc moi je vais juste prendre ouais chemise ouais chemise en fait je vais me protéger du soleil et de la chaleur et m'hydrater bien en avance et savoir que je suis capable d'en sortir rapidement et ensuite ouais pour en revenir un peu aux blessures en fait je disais ça en rigolant sur le sac lourd mais globalement tu fais des allers-retours et puis ça ira non moi j'ai des trous dans les pieds
SPEAKER_01t'as des trous dans les pieds d'accord
SPEAKER_00alors explique tu poses ton pied de manière assez précise toujours au même endroit sur la ligne pendant des kilomètres et puis moi en fait pour gagner un peu en vitesse j'ai une technique où on fait glisser mon pied en fait c'est à dire que sur chaque pas je vais le faire glisser un peu en avant d'une dizaine quinzaine de centimètres parce qu'en fait 10 centimètres ça paraît pas beaucoup mais fois 10 000 pas ça fait vite gagner beaucoup de temps et du coup la friction en fait du textile contre la peau au bout d'un moment ça fait des ampoules ça fait des trous des blessures au niveau des doigts de pied par particulièrement en speedline, où tu essaies d'aller vraiment le plus vite possible. Et en fait, du coup, à chaque fois, j'arrive avec mon pied, je le cale entre le gros doigt de pied et le... le majeur du pied en quelque sorte, l'index pardon et du coup là je la cale je la fais frotter pendant que je fais le transfert de poids et du coup ça découpe donc je mets des tapes, j'ai des petites chaussures pour pallier à ça et puis sinon après ce qui revient souvent c'est les genoux aussi, les blessures de genoux parce qu'on force dans les départs assis beaucoup d'efforts le genou qui est plié à 180 degrés et puis du coup tu forces en charge là dessus donc ça c'est Ce genre de
SPEAKER_01choses
SPEAKER_00qui va impacter pas mal aussi à
SPEAKER_01la longue. Ok. J'avais pas du tout en tête le fait que ça se faisait pieds nus, mais du coup, j'imagine que la friction, ça doit être terrible. t'as pas de la corne t'as de la corne quand même au bout d'un moment je suppose non
UNKNOWN?
SPEAKER_01je sais pas
SPEAKER_00mon colloque justement à chaque fois il se fout de ma gueule il dit je comprends pas moi j'ai jamais trouvé mon pied j'ai de la corne et tout c'est pas le problème moi je corne pas aussi bien que lui on a pas le même génétique du coup j'ai des petits pieds de bébé sensibles t'as pas des pieds de hobbit qui peuvent marcher pieds nus sur tout le terrain et ouais non malheureusement pas ou en tout cas quand je le fais j'essaye à chaque fois début d'été aller cet été j'essaye de me j'ai
SPEAKER_01pieds nus tout l'été j'ai mal aux pieds je me dis je vais mettre des chaussures c'est pour de quoi vos histoires je suis toujours sur le site de Simalp et je serais curieux de savoir ce qui t'est arrivé en 2024 c'est rapidement évoqué t'as eu un terrible accident pour reprendre le terme du site et qu'aujourd'hui tu aspires à revenir à la compétition tu disais un peu plus tôt aussi que t'avais avant un dos hyper musclé donc si tu l'as perdu j'imagine qu'il y a eu des risques raison à ça. Est-ce que tu es chaud pour nous expliquer un petit peu ce par quoi tu es
SPEAKER_00passé
UNKNOWN?
SPEAKER_00L'année dernière, j'ai utilisé un joker, on va dire ça. J'étais en randonnée et puis j'ai eu la mauvaise idée de tomber d'une falaise, faire une chute de 20-30 mètres. Et du coup, ça ne fait pas du bien. J'ai cassé fémur, rotule, bassin, vertèbre, ligament quadricipital, donc pas mal de choses. Et puis ouais, je me suis retrouvé vivant en bas de la falaise déjà, c'est pas mal. Vu le point de départ, c'était pas forcément une évidence. Et puis du coup ouais, j'ai fait l'année dernière globalement à l'hôpital et en convalescence. J'étais... Ouais, vas-y.
SPEAKER_01Non, j'allais dire, forcément, j'avais en tête que c'était un accident sur une highline. Mais
SPEAKER_00non, malheureusement. Non, parce que sur une highline, je fais attention, je m'attache. Tu n'avais pas ton leash
SPEAKER_01en randonnée.
SPEAKER_00Je n'avais pas mon leash en randonnée. Je n'avais pas mon casque non plus. Heureusement, je n'ai pas tapé la tête. Donc, ça ne servait de toute façon à rien. Non, c'était une rando au Néron, qui est un peu une montagne entre la limite, entre la rando engagée et le début de l'alpinisme. certains le font avec des cordes moi je l'avais fait sans cordes j'avais lu le topo un peu le matin je connaissais pas le site je suis parti tout seul donc il y a certaines erreurs qui ont été faites de mon côté et puis à un moment je me suis engagé dans la lecture de cartes et c'était assez compliqué il n'y avait pas forcément de bon balisage donc je suis parti dans une vire en me disant au pire je retrouverai le chemin juste derrière qui fait un S et puis ça le fera et en fait il y a un caillou qui est parti au niveau des mains et puis ça m'a déséquilibré je me suis repoussé sauf que j'ai commencé à glisser j'étais pas à un bon endroit pour glisser et puis à un moment j'ai vu le vide je me suis senti partir je me suis dit là Benoît soit tu te réveilles et ça m'en réveille soit tu restes et après la gravité a fait son travail et puis je me suis retrouvé 20 mètres plus bas mais je me suis pas réveillé parce que je suis resté conscient et je ne suis pas mort du coup ça c'est le côté positif de la chose
SPEAKER_01waouh et du coup comment ça s'est fini
UNKNOWN?
SPEAKER_01Dans le moment, il y a des gens qui t'ont vu, tu as réussi à appeler les secours toi-même
UNKNOWN?
SPEAKER_00Dans le moment, mon téléphone s'est fracassé dans la chute, j'étais tout seul. Il y a des gens qui m'ont entendu tomber, qui étaient sur le chemin 30 secondes un peu plus haut que là où je les ai rejoints, je pense 5 minutes après si je n'étais pas tombé. Et puis ils ont dit« Allo, ça va
UNKNOWN?
SPEAKER_00Qu'est-ce qui se passe
UNKNOWN?
SPEAKER_00» Et puis ils ont dit« Non, ça ne va pas, il faut appeler les secours.» Et puis du coup, ils ont appelé les secours. Pour moi, c'est super sympa. Tu coup, encore un ange gardien supplémentaire et beaucoup de chance de ce côté-là. Et puis après, l'hélico est arrivé, ils m'ont sorti de là et puis après, une demi-heure plus tard, une heure plus tard, ça s'est passé assez rapidement le secours pour le coup, vraiment très efficace et beaucoup de chance de vivre dans un pays où un secours d'hélicoptère est quelque chose qui est envisageable, possible et aussi rapidement. C'est clair, et gratuit. Et gratuit. Non, ça c'est incroyable. Et du coup, je me C'était le PGHM qui est venu te chercher
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'était la CRS. Centre de... parce que l'autre jour c'est le PGHM l'autre jour c'est la CRS donc j'ai pas eu l'hélico rouge et bleu enfin
SPEAKER_01j'ai eu le jaune ok les dragons les jaunes et rouges ouais voilà excellent ok enfin excellent ok tu donc tu disais bilan quand même très sérieux comment
SPEAKER_00comment bilan à l'été pendant 45 jours sans avoir le droit de m'asseoir même allongé 45 degré maximum ça c'était long à partir du moment où j'ai pu commencer à m'asseoir ça allait mieux et puis après ouais bah reprise de marche parce qu'on m'a dit que je pourrais remarcher du coup j'ai dit super j'ai accroché une photo de Alain dans ma chambre d'hôpital elle était en face de mon lit et puis tous les jours non non les docteurs mais vous allez pas recommencer et tout les infirmiers mais vous allez vous calmer maintenant je suis pas non vous m'avez dit que je pourrais remarcher donc j'ai remonté dessus
SPEAKER_01Excellent. Et 45 jours, c'est pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que dans toute la liste que tu as énumérée, il y avait le bassin aussi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Voilà,
SPEAKER_00c'est ça. Le bassin était cassé. Donc, en fait, la position assise appuie sur le bassin. Et comme on n'a pas mis de vis dans le bassin ou quoi que ce soit, c'était vraiment un traitement orthopédique. Donc, juste tu attends que ça se ressoude tout seul. Donc là, finalement, on n'a pas le droit de mettre du poids dessus. Pendant 45 jours, tu es alité
SPEAKER_01et tu es allongé. Le bassin, c'est abominable ça mais moi je me suis fait taper par une voiture sur un entraînement à vélo et j'ai eu un bassin fracturé aussi et franchement en fait c'est là que tu te rends compte en tout cas moi c'est là que je m'étais rendu compte dans l'île d'hôpital j'avais pas fait 45 jours mais j'avais fait une bonne dizaine de jours c'est là que tu te rends compte à quel point le bassin est absolument enfin est mobilisé pour absolument tout tu vois et ce qui m'a fait prendre conscience de ça c'est que je pense peut-être le deuxième jour après mon arrivée à l'hôpital c'était au printemps un temps donc il y avait un peu du pollen etc j'ai éternué mais j'ai pas pensé une seule seconde tu vois j'étais allongé dans le lit à aucun moment je me suis dit faut que je me retienne ça va me faire mal la douleur abominable d'un éternuement quand t'as le bassin fracturé c'était mais incroyable je pense qu'en moins de 10 secondes j'étais intégralement trempé de sueur je voyais des étoiles et tout juste parce que j'avais lâché un éternuement sans me
SPEAKER_00retenir tu vois
SPEAKER_01c'est terrible terrible terrible donc 45 jours punaise et ça a été 45 jours c'était le diagnostic initial ils t'avaient recommandé de faire ça ou parce que t'as été rapidement actif avec cette optique de je vais y retourner je vais y retourner c'était finalement plus rapide que ce qu'on t'avait
SPEAKER_00dit non non en 45 jours on les a fait allonger et puis après ça c'était juste pour rester allongé à partir de ce moment là j'ai eu le droit de m'asseoir derrière j'avais toujours le fémur et le genou pété et puis la vertèbre aussi donc j'étais assis dans mon fauteuil roulant du coup au moins je pouvais me déplacer j'étais toujours pas j'avais le droit de manger à une table avec les copains à l'hôpital puis uniquement allongé dans mon lit mais derrière je suis resté 3 mois à l'hôpital au complet et après en sortant je suis rentré chez mes parents et j'ai encore fait 3 mois d'hôpital de jour avec 4 séances semaine et même encore aujourd'hui j'ai bien récupéré je retourne sur une ligne je marche, je refais un peu de ski de rando de la rando et je commencer le parapente donc je faisais déjà énormément de choses et plus de choses que certaines personnes n'en font certainement jamais de leur vie et ça je réalise que j'ai une chance incroyable de m'en tirer aussi bien et d'avoir une récupération aussi rapide par contre comme je disais mon dos j'ai toujours 8 vis dedans au niveau de l'endurance dès que je fais plus de 10 km de rando je suis mort sur une highline j'arrive à marcher maximum 1 km alors qu'avant une bonne journée d'entraînement ça en était 4 Euh... Il faut que je me ménage encore et je suis loin d'avoir récupéré
SPEAKER_01à 100%. En même temps, vu ce que tu décris, vu ce par quoi tu es passé, on peut clairement dire que tu reviens de loin.
SPEAKER_00Oui, j'ai cramé pas mal de jokers comme dit là. J'ai eu beaucoup de chance et plusieurs bonnes étoiles qui sont alignées au bon moment.
SPEAKER_01Je pose toujours la question quand il y a des... J'ai eu beaucoup d'invités dans des sports de haut niveau l'aventure, etc. Malheureusement, la probabilité qu'il t'arrive une galère comme ce que tu décris quand tu es actif, très actif, elle est peut-être un peu plus élevée que pour le français lambda qui ne bouge pas trop. Est-ce que tu dirais, est-ce que tu as suffisamment de recul aujourd'hui pour mettre le doigt sur ce que cet accident t'a apporté
UNKNOWN?
SPEAKER_01Là, tu viens de l'évoquer rapidement. Peut-être que tu réalises plus aujourd'hui que tu as énormément de chance de pouvoir faire ce que tu fais. Finalement, on est un peu... c'est peut-être une question un peu cliché, mais est-ce que tu arrives à mettre le doigt sur des choses positives, que ce soit en termes de prise de conscience, de relations que ça a pu créer avec des gens que tu n'aurais jamais rencontrés autrement,
SPEAKER_00que cet horrible accident t'a amené
UNKNOWN?
SPEAKER_00Elle est quoi, t'as dit
UNKNOWN?
SPEAKER_00Cette question, elle revient tout le temps. C'est compliqué parce qu'évidemment, il y a un avant, il y a un après. Clairement, j'étais déjà bien content d'être en vie avant et j'en avais conscience aussi. On je dirais je suis moins pressé en fait si les choses se font pas maintenant bah elles se feront plus tard et ouais j'ai en quelque sorte un peu arrêté d'être pressé j'ai pris mon mal à patience et j'ai réalisé aussi enfin je le savais un peu en quelque sorte mais on aura toujours besoin des gens j'ai vraiment été dépendant pour survivre à 100% en fait si Il n'y avait pas eu d'autres gens pour m'aider. Je ne serais pas là aujourd'hui. Et j'ai toujours essayé un peu, voulu, on a toujours un peu cette idée, enfin toujours, je ne parle pas à tout le monde, mais d'indépendance, de force, d'être capable de faire les choses soi-même, qu'on a envie de faire les choses tout seul, de se prouver, etc., de ne pas avoir besoin d'aide. C'est faux, en fait. On aura toujours besoin de quelqu'un. Et ça, je pense que c'est important. Et puis après, juste quand je tire la gueule, que j'ai mal au dos ou au genou et tout, je me dis bon, allez, souris, regarde, il fait beau, t'es dehors, t'es toujours vivant et tu peux marcher, tu peux faire plein de choses. Et ça aurait pu être bien pire. J'ai des connaissances, des gens qui n'ont pas eu la même chance que moi, qui sont tombés d'une falaise et qui sont restés. J'ai des connaissances de gens qui sont tombés d'une falaise et qui sont maintenant en fauteuil roulant.
UNKNOWNDonc...
SPEAKER_00ça
SPEAKER_01fait relativiser c'est sûr je raconte souvent cette anecdote il y a un auditeur du podcast Nico si tu nous écoutes qui me racontait qu'il écoutait justement un épisode avec un invité qui s'appelle Cyril Chaboun qui est un ancien militaire des forces spéciales qui a sauté sur un drone piégé de Daesh et qui a perdu ses deux jambes et il m'expliquait qu'il était en train d'écouter cet épisode où vraiment hallucinant tu vois Cyril t'explique qu'il a fait plusieurs mois de coma il se réveille il découvre qu'il a été amputé de la deuxième jambe alors que quand il s'est endormi il l'avait toujours histoire vraiment abominable aujourd'hui il va au JO paralympique il fait plein de choses incroyables donc vraiment quelqu'un qui a fait preuve d'une résilience folle et cet auditeur m'explique qu'il est en train d'écouter l'épisode et au moment où il écoute l'épisode il court en forêt et il s'éclate le pied à quelques kilomètres de chez lui et il se rend compte immédiatement qu'il s'est cassé des doigts de pied en fait et il m'écrit il me dit bon bah en fait je suis rentré à la maison le sourire relève en me disant il y a pire quoi clairement c'est rien du tout donc je suis assez d'accord avec toi que c'est souvent le genre d'histoire qu'il faut un peu relativiser en tout cas prendre conscience que malgré tout on a quand même beaucoup de chance d'être un en vie et deux pouvoir faire globalement à peu près ce qu'on
SPEAKER_00veut ouais c'est
SPEAKER_01sûr il y a pire après à l'hôpital c'est assez
SPEAKER_00rigolo on est tout le monde est là pour une raison il y a des gens qui se cassent les jambes en tombant dans leur cuisine, il y a des gens qui se font rouler dessus par des camions caristes, il y en a qui tombent parce qu'un ascenseur a cassé il y a des parapentistes, des skieurs il y a tout et en fait c'est ça aussi qui est assez important, tu disais tout à l'heure par rapport au France et l'Anda, on prend plus de risques en quelque sorte pas forcément, je pense que la vie en fait c'est dangereux et je vois il y avait un vieux il est tombé dans sa cuisine il a chuté contre sa table de cuisine et puis il s'est retrouvé à l'hôpital au centre de rééducation il y en a un qui avait 94 ans lui c'est mon modèle 94 ans il passait le motoculteur dans son jardin il s'est fait broyer la jambe mais moi si je peux voir sa forme et être capable de passer le motoculteur à 94 ans je suis prêt à y laisser ma jambe après je pense qu'aussi le fait d'être actif dans la vie de tous les jours de faire autant de sport derrière ça nous épargne pas mal de blessures que des français lambda qui font pas de sport auront plus facilement en quelque sorte parce qu'on est plus alerte aussi plus meilleure proprioception et meilleure capacité à retomber sur nos pattes en quelque sorte donc ouais non je vais pas arrêter de faire de la montagne je vais continuer à me balader et d'ailleurs c'est assez rigolo je crois que j'ai jamais autant fait de rando en solo que depuis que j'ai eu ça c'est vrai Je fais plus attention et je ne me mets pas dans les falaises. J'ai envie de continuer à faire ce que
SPEAKER_01j'aime. Ce que j'allais te demander en guise de transition et de conclusion, c'est quoi tes objectifs
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pas forcément compétition sportive, mais sur quoi est-ce que tu te concentres pour les mois et l'année à venir
UNKNOWN?
SPEAKER_00Eh bien, quand j'étais à l'hôpital, c'était assez rigolo. C'était une évidence que j'allais refaire de la slackline et qu'en quelque sorte, j'allais tout refaire comme avant. Et en fait, en sortant, je réalisais que ce ne serait pas forcément possible de refaire tout comme avant, qu'il y aura forcément des ajustements à faire, que ça allait prendre plus de temps que prévu. Et en fait, maintenant, oui, je refais de la slack et ça, c'est génial juste de pouvoir y refaire, remonter sur mon fil. Par contre, effectivement, la compétition, c'est plus compliqué. Je refais commencé à faire des compétitions, je me suis qualifié pour la coupe du monde mais alors qu'avant j'avais l'habitude d'être plutôt sur les podiums là je suis 13ème sur 15 donc c'est plutôt un peu pour le principe de dire je me suis qualifié quand même et je vais y participer mais j'ai peu d'objectifs de résultats parce que le niveau, les autres ils m'ont pas attendu, clairement le niveau il a explosé et là j'ai plus du tout la capacité en tout cas cette année à compéter contre le top niveau mais juste de pouvoir y retourner et de dire en fait je refais de la compète malgré mes blessures etc c'est encourageant et après ouais me concentrer sur je sais pas prendre des vacances en quelque sorte prendre un peu plus de temps et être moins pressé de d'enquiller les projets etc quoi hum hum Pareil, professionnellement, en fait, moi, je suis professionnel de Highline maintenant, donc j'ai décidé de faire ma passion, mon travail. Tu m'en parlais un peu de la dimension artistique. Je fais des spectacles, des shows, des représentations, des démonstrations sportives pour du public. Et ça, c'est quelque chose qui me plaît énormément. Et en fait, avant mon accident, je m'étais lancé là-dedans, ça a commencé à fonctionner, c'était génial. Quand je me suis blessé, je n'ai pas pu le J'avais ma saison qui commençait, mais j'ai envoyé tout le monde, des remplaçants, des amis, des collègues qui se voient aller me remplacer sur mes spectacles. Donc ça, c'était super de voir que je pouvais compter sur eux et de voir aussi que j'avais une capacité en quelque sorte managériale pour, en fait, même en étant blessé au fond de l'hôpital, de continuer à vivre de ma passion, mais d'une manière différente. Et après, maintenant que je peux remonter dessus, il faut que je réfléchisse si j'ai toujours envie de le faire, sachant que ce n'est pas forcément moi qui vais assurer le spectacle et le faire pour les copains. c'est des questions qui se posent donc voilà là en quelque sorte je réétalonne un peu mes valeurs et savoir ce que j'ai envie de faire dans la
SPEAKER_01vie c'est génial c'est des phases c'est fabuleux comme phase
SPEAKER_00c'est instructif je t'avoue je m'en serais passé la leçon j'apprends des trucs ça c'est sûr c'est cher payé la leçon quand même mais de toute façon j'ai pas le choix donc c'est comme ça
SPEAKER_01Excellent. Écoute, plein de belles choses à venir en tout cas. Merci énormément Benoît pour cet échange. C'était passionnant d'en apprendre plus sur ton parcours, l'highline en général. Et puis forcément, on s'était mis d'accord qu'on n'en ferait pas le cœur du sujet, mais des anecdotes comme celles que tu viens de partager, c'est toujours très intéressant de comprendre comment les gens se relèvent quand ils font face à des vraies grosses galères. Donc vraiment, merci beaucoup Benoît pour ton temps. C'était super et puis écoute peut-être à une prochaine pour j'en sais rien une initiation à la Highline ou pour que tu viennes m'expliquer finalement sur quel projet t'es
SPEAKER_00parti ok bah écoute avec
SPEAKER_01grand plaisir merci beaucoup Benoît ça suffit parfait merci Benoît à bientôt merci à toi