Hello les frappés , j'espère que vous allez bien . Épisode spécial , débrief du Tor des Géants 2025 , à chaud , puisque je suis tout juste rentré de Courmayeur , en Italie . J'ai structuré cet épisode en cinq parties . La première , tout simplement un rappel sur ce qu'est le Thor des géants , les caractéristiques de la course et ce qui en fait une épreuve particulière . En deuxième partie , pourquoi est-ce que j'ai voulu prendre le départ de cette course et quelle a été ma préparation . Troisième partie et je pense que c'est là que ça pourrait être intéressant , ou en tout cas utile pour certains d'entre vous les choix stratégiques que j'ai faits , que ce soit sur le matériel ou l'alimentation . Quatrième partie , mon ressenti sur la course , en tout cas le peu que j'en ai vu . Et en dernière partie , enfin , l'abandon et les apprentissages que j'en tire . Voilà , installez-vous confortablement . C'est parti pour cet épisode . Débrief du Thor des géants 2025 . Bien , commençons par le commencement . Qu'est-ce que le Thor des géants ? Eh bien , le Thor des géants , c'est une course , un ultra-trail , qui a été créé en 2010 par une organisation du même nom . C'est un petit peu comme l'UTMB . D'ailleurs , quand les gens disent je participe à l'UTMB ou entendent le terme d'UTMB , on pense immédiatement à la course du nom , mais en réalité , il y en a d'autres qui sont organisées par l'UTMB , le Thor , c'est pareil . Quand on dit le Thor , en réalité , il y a le Thor 330 , donc le 330 km . Mais ils organisent également d'autres courses , donc le Thor , le tord des géants , puisque c'est de cette course-là dont on parle , créée en 2010, . Je vous le disais , c'est sur le papier 330 km , 24 000 m de dénivelé positif . Dans la réalité , la trace change relativement peu d'année en année et c'est plutôt , en réalité , 350 km pour un peu plus de 25 000 m de dénivelé . C'est une course en semi-autonomie . Donc , ça veut dire qu'il y a des bases-vie . Il y en a 6 au total , à peu près tous les 50 kilomètres , dans lesquels on peut trouver des ravitaillements , une assistance médicale , des podologues , il y a des gens qui sont là pour prendre soin des coureurs et entre ces six bases-vies , on a de multiples ravitaillements qui sont généralement soit des refuges par lesquels on passe , soit des tentes qui sont installées directement sur le parcours .
Loïc350 km , 25 000 m de dénivelé dans les faits , pour lesquels il faut compléter en moins de 150 heures , sachant que le départ est donné le dimanche matin . Actuellement , il y a deux vagues dont la répartition des coureurs sur ces vagues se fait sur la base des points ITRA , des classements des trailers . La première vague , pour ceux qui ont le plus grand nombre de points , part à 10h du matin , la deuxième vague 2h plus tard tard , à 12h10 , qui permet d'étaler un petit peu la course puisqu'il y a un petit peu moins de 1500 coureurs . Donc , ça fait du monde . Sur l'itinéraire total , on a plus de 25 cols à 2000 mètres , avec une altitude maximum de 3300 mètres qu'on atteint , pour la plupart des gens , le deuxième jour .
LoïcEt cette année , pour vous donner un peu un ordre d'idée , le record de l'épreuve qui a été battu par Vincent Richard était établi en 66 heures et 8 minutes , ce qui veut dire que Vincent , en étant parti le dimanche matin à 10 heures , est arrivé le mercredi à 4 ou 5 heures du matin . Donc , une performance assez hallucinante . Ce qui fait la difficulté et l'attrait du Thor des géants . Donc l'épreuve 330 km , c'est déjà la distance , évidemment , le dénivelé qui est assez important , le fait qu'on a quand même un certain nombre de passages en altitude , que c'est relativement tard dans la saison . Alors , cette année , ça avait même été décalé d'une semaine , une semaine plus tard que d'habitude , donc le départ était le 14 septembre , le dimanche 14 septembre 2025 . Ce qui fait qu'on peut être du coup impacté par une météo changeante de fin d'été , orageuse , neige . D'ailleurs , il y a eu de la neige sur certaines des épreuves de la semaine .
LoïcÉvidemment , vu la distance et la durée , quand même une grosse exigence mentale puisqu'il faut gérer le sommeil , en tout cas plutôt le manque de sommeil même , la fatigue , l'alimentation , les douleurs et , comme je vous le disais , des conditions météo changeantes . L'attrait de la course , c'est évidemment la beauté du cadre , des paysages alpins grandioses . C'est donc une course dont le départ et l'arrivée se font à Courmayeur , qui est l'équivalent italien de Chamonix . En fait , d'ailleurs , depuis Courmayeur , vous pouvez rejoindre Chamonix en téléphérique en passant par l'Aiguille du Midi , si les conditions le permettent . Donc , c'est vraiment géographiquement de l'autre côté du Mont Blanc , mais en Italie .
LoïcLe nom d'ailleurs vient de là . Pourquoi le Thor des géants ? Le Thor , je pense que vous en doutez , ça signifie tour ou parcours , parcours en boucle . En patois franco-provençal , patois valdotin , j'ai découvert le terme en préparant l'épisode . Le tracé , c'est une grande boucle autour de toute la vallée d'Aost . Et les géants le terme de géant dans le nom fait référence aux géants alpins qui dominent la région . Il y en a quatre Il y a le Mont Blanc , à plus de 4800 mètres , le Servin , ou Matterhorn , à 4004 mètres , le Mont Rose à 4006 mètres et le Grand Paradis , qui est un tout petit peu au-dessus de 4000 mètres .
LoïcL' 4000 mètres . Et donc l'idée , c'est que les coureurs fassent le tour de ces géants en contournant ou en frôlant ces sommets mythiques tout au long du parcours . Voilà pour la première partie sur qu'est-ce que le Thor des géants
. Deuxième partie pourquoi cette course ? Quelle préparation ? Alors , la raison pour laquelle je voulais participer au Thor , c'était principalement pour revivre l'aventure que j'avais vécue sur la PTL . Donc , s'il y en a qui sont arrivés récemment sur le podcast , j'avais participé . Je suis devenu finisher de la PTL en 2022 .
LoïcLa PTL , c'est une autre course , en tout cas , qui se rapproche du Thor en termes de distance , un peu différente en termes d'organisation , qui était organisée celle-ci par l'UTMB , qui était , pour mon année , un 320 km , 24 , 25 000 m de dénivelé , avec seulement deux bases vives . Une course qui est , en termes de distance dénivelée , équivalente , mais qui , en termes d'organisation , est beaucoup plus spartiate , avec , à l'époque , une forte partie de hors-sentier de l'orientation , pas de balise , très peu de bénévoles , et donc c'est une course qui se fait en équipe de deux ou trois . Tous les coureurs , toute l'équipe prend le départ et doit aller jusqu'à l'arrivée ensemble . Et pendant cette course , on a fait de super rencontres avec mon coéquipier , xavier , et on a fini à trois équipes . Enfin , on a fait l'essentiel de la course à trois équipes .
LoïcOn a décidé de se réunir pour rendre les choses un peu plus simples , en tout cas moins compliquées , pour être plus nombreux à faire de l'orientation , pour être plus nombreux pour discuter entre nous , en réalité , pour bénéficier de l'effet de groupe , ce qui a été vraiment une expérience incroyable et c'était finalement la principale motivation pour moi . C'est ce que je voulais essayer de revivre sur le Thor , puisqu'on était plusieurs copains de la PTL à prendre le départ du Thor cette année . Il faut savoir que le Thor , il y a tellement de demandes . La demande est largement supérieure au nombre de dossards disponibles . Donc , il y a un système de tirage au sort Et donc , c'est assez courant sur cette course que des personnes tentent le tirage au sort plusieurs années d'affilée sans jamais avoir la chance de pouvoir décrocher leur dossard .
LoïcCe qui veut dire que quand on essaie d'y participer à plusieurs , ça peut rendre les choses compliquées . Et donc , ce qu'on avait décidé de faire avec trois copains de la PTL Tom , nico et Clément c'était de participer l'année dernière à une course du même organisateur , donc du TOR , une course qui , si on la finissait en deçà de la barrière horaire , enfin , d'une barrière horaire je ne me souviens plus exactement si c'était la barrière horaire de la course ou s'il y avait une barrière spécifique pour avoir des dossards pour le TOR des géants . Donc , c'était un 108 km au départ de Courmayeur . Là aussi , 108 km et 6 ou 7 mm de dénivelé qu'on a terminé tous les 4 . Et donc , c'est en ayant terminé cette course qu'on a pu avoir accès de manière automatique au Dossard pour le Thor des Géants . Donc , voilà les motivations , c'était principalement celle-ci . C'est pas une course qui me faisait rêver en tant que telle . Par contre , ce qui m'attirait fortement , c'était la possibilité de revivre une expérience humaine incroyable , comme ce que j'avais pu vivre sur la PTL , même si le tord des géants ne se fait pas en équipe et même si j'étais assez conscient du fait qu'on se retrouve forcément seul à certains moments sur ce type de course , peut-être au début , en tout cas , avant de trouver les partenaires de course qui vont bien , qui sont au bon rythme , etc .
LoïcEn termes de préparation , j'ai travaillé avec Romain Castiglia , qui est un ancien invité du podcast , qui nous avait raconté sa Diagonale des Fous sur deux épisodes . Romain on habite pas très loin l'un de l'autre . Il avait participé au premier week-end des Frappés . On a fait la même formation en préparation mentale et donc , il y a eu un super fit et j'ai voulu travailler avec lui .
LoïcDonc , romain m'a fait une prépa vraiment aux petits oignons , sachant que j'avais quelques impératifs . Je voulais , par exemple , éviter au maximum d'avoir des séances le week-end pour que ça impacte le moins possible ma vie de famille . Et puis , bon , j'ai eu des déplacements pro , etc . Donc , évidemment , comme tout le monde , des impératifs qui ont fait que la prépa a pas été idéale , mais en tout cas , sur le papier , j'ai vraiment pu m'appuyer sur tout ce que Romain m'avait préparé et même si , encore une fois , la prépa n'a pas été idéale pour de multiples raisons , j'ai fait vraiment le max que je pouvais avec les différentes contraintes qu'il fallait que je gère . Voilà , dans les grandes lignes , donc , cette prépa . Je ne vais pas non plus trop rentrer dans les détails , mais c'était une prépa avec différentes montées en charge , différents focus . J'ai goûté aux fameuses navettes dont Romain nous parlait dans son épisode , des allers-retours sur du gros dénivelé en montagne à la Sainte-Victoire . Ça a craché mes poumons .
LoïcAu final , ça a été vraiment utile puisque , je vous le dirai un peu plus tard , mais on en parlera dans la partie sur l'abandon mais j'ai eu aucune , après 65 km de course , 5000 m de dénivelé , 20 heures d'épreuve , une nuit blanche , aucune courbature , aucune douleur physique , absolument rien . Donc , même si c'était le tout début de la course . Voilà , visiblement , j'étais bien préparé , en tout cas , pour absorber une première charge sur la première phase de la course . Voilà , sur la prépa , sur les choix stratégiques . Alors là , je vais rentrer un peu plus dans le détail . Donc , je n'ai pas une grande expérience de l'ultra .
LoïcEn réalité , je n'avais pas d'expérience en ultra trail , puisque la PTL , on ne peut pas vraiment considérer ça comme
un ultra trail . Vu l'organisation de la course , le poids des sacs , on ne court pas sur une PTL . En tout cas , nous , on n'avait pas couru et on était loin d'être arrivés les derniers , on était même plutôt top 30 sur plus de 100 équipes . Donc , même s'il n'y a pas de classement , c'est un bon indicateur pour nous dire que on était quand même au niveau Et malgré ça , on n'a pas pu courir .
LoïcDonc , première vraie expérience de l'Ultra Trail en tant que telle , sur le Thor des Géants . Pour autant , j'adore aller en montagne . Ça fait des années , même maintenant , malheureusementusement , je peux dire plus d'une décennie , même deux décennies , que je vais en montagne régulièrement . Donc , il y avait un certain nombre de choses stratégiques . Alors , il y en a qui seront peut-être évidentes pour la plupart d'entre vous , mais bon , je vous les partage quand même .
LoïcC'est comme ça qu'on fait grandir sa caisse à outils pour ses activités outdoor . D'un point de vue stratégique , alors déjà , côté matériel , pour ses activités outdoor . D'un point de vue stratégique , déjà , côté matériel , le premier choix qu'il fallait faire , c'était est-ce que je partais sur du matériel trail ou du matériel montagne . Je m'explique La veste , par exemple , les vestes , veste étanche , veste chaude . Est-ce que je partais sur des modèles plutôt légers , fins , etc . Pour gagner du poids , ou est-ce que je partais sur du matériel vraiment en montagne , une grosse veste Gore-Tex Pro , par exemple , en tout cas triple membrane , une grosse veste deuxième couche , bien épaisse , capuche , etc .
LoïcÇa , c'était le premier choix à faire , qui avait un impact , puisque , au-delà du poids , il y a aussi le volume . Moi , je suis grand , je fais 1m91 , donc si je prenais deux vestes montagne versus deux vestes trail , c'est soit je remplissais l'intégralité de mon sac , qui faisait 24 litres , ou pas , vu les conditions qu'il y a eu en 2025 sur l'UTMB et sachant que je ne me sens pas particulièrement à l'aise en montagne quand les conditions se dégradent . Je ne suis pas habitué à être en montagne sous la neige , le blizzard , les averses torrentielles Et , pour être tout à fait honnête , c'est des conditions qui ne me rassurent pas , qui me font peur , surtout quand on est haut . Et là , vu les conditions , encore une fois qu'il y avait eu sur l'UTMB en 2022 , quand j'avais fini la PTL , quand j'avais fini la PTL , on passe par certaines sections du Thor des géants Et quand le Thor , les coureurs du Thor des géants étaient passés quelques semaines après nous , seulement deux ou trois semaines , aux mêmes endroits que nous , ils étaient bloqués dans les refuges à cause de la neige .
LoïcPersonnellement , j'avais fait le choix de matériel montagne . Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que , principalement , les vestes . J'avais une grosse veste d'une marque qui s'appelle Clatermucen , que j'ai eu l'occasion de tester il n'y a pas très longtemps , qui commence à arriver en France , une marque suédoise qui fait du matériel . Alors , eux , clairement , leur focus , ce n'est mais par contre bien pensées , très bien aérées un peu partout , mais une membrane très épaisse . Donc , j'avais ça en veste étanche .
LoïcJ'avais une deuxième couche Simalp , là aussi , un modèle pas vraiment trail , plutôt très épais , un duvet synthétique . Pourquoi duvet synthétique ? parce que le duvet naturel , au delà des considérations éthiques , c'est extrêmement compliqué à faire sécher une fois que c'est humide . Et donc , comme là on partait pour une semaine avec des conditions météo , au moment où on faisait le choix de matériel incertain , j'ai préféré partir sur un rembourrage synthétique . Et ensuite alors détail qui peut ne pas en être un les chaussettes .
LoïcJ'avais des chaussettes Simal , là aussi , mais les modèles de randonnée , plus épais que les modèles de trail , et ça m'allait bien parce que , comme les pieds sont mis à mal avec les chocs , etc . Pour moi , il n'y avait aucun intérêt à partir avec des chaussettes synthétiques ultra fines que j'utilise habituellement pour mes sorties trail . Voilà pour le choix stratégique , le premier choix qu'il y avait à faire , en tout cas sur le matériel . Donc , pour moi , ça a été montagne . Ensuite , il y avait un certain nombre d'équipements que je tenais absolument à emmener avec moi , donc bonnet synthétique moulant , pas de bonnet en laine , etc . Pourquoi ? Tout simplement , parce que moi , j'ai très vite , très chaud , et les oreilles sont des zones thermorégulatrices importantes . Donc , un bonnet synthétique moulant , ça me permet tout simplement de le relever . Alors , le côté style , il faudra repasser , mais ça me permet de le relever au-dessus des oreilles , par exemple , en côte , la nuit , et d'avoir les oreilles bien dégagées à l'air libre et , du coup , de me réguler comme ça d'un point de vue thermique .
LoïcMême objectif que le bonnet . J'avais des manchons en mérino . Donc , vous savez , on enfile ça soit au niveau des mollets , soit au niveau des avant-bras , coudes , biceps , et puis on peut les retirer assez facilement . Donc , j'avais ça .
LoïcL'objectif , c'était d'éviter de perdre du temps à me changer , à enlever mon t-shirt manche courte , mettre un t-shirt manche longue , etc . J'étais en t-shirt manche courte , j'avais mes manchons retroussés au niveau des poignets et hop , dès qu'il faisait un peu frais , qu'il y avait du vent , parce que , dès le premier soir , on a eu vraiment beaucoup col de nuit , et donc , les manchons en mérino , super pratique . La plupart des gens que je voyais en avaient en synthétique . Moi , je préfère le mérino parce que quand on a besoin que ça tienne chaud , ça tient vraiment chaud . C'est une matière qui est très respirante , qui n'est pas vraiment sensible à la transpiration , en termes d'odeur . Donc , ça m'allait très bien . C'est les manchons que j'utilise en vélo , donc utilisation croisée de l'équipement . Autre choix au niveau de l'hydratation . Alors là , c'est très spécifique à moi . J'aime bien , quand je bois , pouvoir aspirer des grosses quantités d'eau .
LoïcJ'ai vraiment du mal avec la suction des gourdes filtrantes ou des flasques de trail et j'ai , pour le moment , jamais réussi à trouver de flasques , en plus de ça , qui ne donnent pas vraiment de goût à l'eau . J'ai dû essayer 4 ou 5 marques différentes . Le goût plus la suction , ça ne m'allait pas trop . Donc , ce que j'ai dû essayer , 4 ou 5 marques différentes , et bon voilà , le goût plus la sucion , ça m'allait pas trop . Donc , ce que j'ai fait , c'est que , là aussi , utilisation croisée du matériel , j'ai pris mes gourdes , mes bidons de vélo en fait , qui rentraient dans les portes bidons de mon sac , et j'en avais 3 , 2 de 500ml , 1 de 75 , et c'était parfait , très facile à remplir , hyper facile à nettoyer pour mettre la poudre , les électrolytes en format poudre , super simple , là aussi , et quand on a soif , très facile de boire rapidement de grandes quantités d'eau .
LoïcCôté matériel , je pense que c'est tout . J'avais des bâtons , évidemment carbone . Enfin , je dis évidemment , j'ai croisé des gens qui n'en avaient pas . Je pense que c'est tout . J'avais des bâtons , évidemment carbone . Enfin , je dis évidemment , j'ai croisé des gens qui n'en avaient pas , mais moi , j'avais des bâtons lecky , donc rétractables . J'avais pas de carquois ou de ceinture carquois , je l'avais envisagé , mais bon , ça me gêne pas plus que ça d'avoir les bâtons à la main et donc , une fois qu'on les fixe , on est accroché au bâton et je pense qu'on a fait le tour .
LoïcCôté équipement , j'avais aussi dans le sac en permanence , un pantalon Salomon étanche , pantalon de pluie . Donc , c'est très léger . Je ne l'ai pas utilisé , même quand il pleuvait le premier jour . Je pense que ça aurait pu servir dans des cols , en plein vent , sur des ascensions très longues , plus donc en mode coupe-vent qu'autre chose . Mais voilà , ça , je l'avais avec moi en permanence dans le sac . J'avais aussi en permanence des gants fins de la marque Odlo . Le bonnet , c'est mal ça , j'en ai parlé . Et en termes de , pour le reste de l'équipement , là aussi , j'avais fait le choix . J'aurais pu vous le dire d'ailleurs , dans la première partie sur le matériel mental versus trail .
LoïcJ'étais pas en short de trail , j'avais un short de randonnée simalpe et sous-vêtements simalpe , l'idée étant que ça facilitait le fait d'avoir des sous-vêtements et pas forcément les shorts de trail avec sous-vêtements intégrés , etc . Ça aurait rendu les changements de tenue plus faciles , plus simples . Et puis , surtout , j'ai que deux shorts de trail . Par contre , j'avais la dose de sous-vêtements , donc je pouvais me changer plus régulièrement dans les bases vie . C'était l'objectif et , en termes de poids , c'était exactement la même chose .
LoïcDonc , j'étais pas plus lourd avec un short de montagne et un sous-vêtement qu'un short de trail avec tout intégré , en termes de confort , à peu près équivalent . J'ai une petite préférence pour les shorts de trail no-transcript du matériel de trail et bon , ça allait . Mais il y avait plusieurs raisons le confort , l'hygiène , qui faisait que ça m'allait bien de partir en équipement en montagne , et pour le haut t-shirt Merino , là aussi , un mélange Merino synthétique , toujours de chez Simalp , manche courte , et que je complétais par ces fameux manchons . Voilà , en tout cas , ce que j'avais dans le sac au moment du départ en termes de matos , les couvertures de survie obligatoires , etc . Bien entendu . Et du coup , on passe à la nourriture . Qu'est-ce que j'avais avec moi au moment du départ ? J'avais plusieurs barres Cliff c'est des barres que j'ai l'habitude de Il n'y a que ces barres-là que j'arrive à manger globalement Et un mélange de cacahuètes pour le salé .
LoïcDonc pas de gel . Je n'utilise plus de gel depuis 10 ans , je pense . Personnellement , ça ne me convient pas . Donc , nourriture pleine à mâcher , voilà . Et donc , je vous le disais , un peu plus d'un litre et demi d'eau .
LoïcSachant que je bois beaucoup , je sais que je suis à 800 millilitres à l'heure en gros efforts s'il fait chaud . Même là , s'il y avait des ravitaux régulièrement tous les à peu près 10 kilomètres , il y avait des grosses ascensions pour démarrer . Il était midi quand je suis parti , avec ce qu'il fallait en eau . Je pense que je vous ai tout dit sur le matériel . Au poignet , j'avais ma Coros Vertix 2 .
LoïcC'est une montre que j'avais achetée pour la PTL , justement pour sa durée de vie , la durée de vie de la batterie , qui est très importante et qui m'avait permis , sur la PTL , d'avoir une trace GPS complète . Je n'ai jamais arrêté la montre , du lundi matin à 8h30 jusqu'au dimanche midi et demi , j'ai la trace complète en une fois . Alors , je sais qu'on peut le faire aussi en découpant plusieurs traces et en les rafistolant dans Strava , par exemple . J'aimais bien cette idée de ne pas avoir à gérer ma montre , de l'allumer et de l'arrêter à la fin de la course . Côté alimentation , donc , je vous l'ai dit , j'étais parti sur plutôt du salé . Non , mais en fait , je vous l'ai dit , l'alimentation , on a fait le tour , toujours dans cette partie 3 , sur les choix stratégiques .
LoïcÇa va faire une transition sur la partie 4 , sur la course en elle-même . Ce qui était très clair pour moi avant le départ ,
c'est que je voulais absolument maintenir une limite de vitesse ascensionnelle de 700 mètres à l'heure . Alors , pourquoi m'en tenir une limite de vitesse ascensionnelle de 700 mètres à l'heure ? Alors , pourquoi ça ? C'est quelque chose que j'ai découvert justement en préparant la PTL . J'avais interviewé des gens qui avaient participé à la PTL et qui m'avaient dit que le rythme qu'il fallait tenir , le rythme qu'eux avaient tenu et qui leur semblait pertinent , c'était 400-500 mètres à l'heure de vitesse ascensionnelle . Avant , je faisais plutôt des courses routes , ou vraiment pas très longues , ou du triathlon , donc je regardais plutôt ma progression en termes de kilomètres heure . Donc , j'ai découvert cette notion de vitesse ascensionnelle à ce moment là et , en fait , je trouve que c'est hyper pertinent .
LoïcSur la PTL , on visait les les 400-500 de mémoire . Faites le test si votre montre vous le permet la prochaine fois , vous verrez 400-500 mètres à l'heure . C'est vraiment pas énorme , mais pour tenir 150 heures , c'est la vitesse qu'il faut . Donc , là , sur le Thor , j'avais une limite absolue de 700 mètres à l'heure . Alors , pourquoi plus élevé que la PTL ? Tout simplement parce que je savais qu'a priori , ce serait quand même moins raide , toutes les ascensions seraient déjà 1 sur sentier , alors que sur la PTL , on est souvent hors sentier , ce qui a un énorme impact sur la progression . Et puis , 2 , il y a quand même beaucoup plus de ravitaillement sur le tord des géants . Donc , je pensais pouvoir , en termes de fraîcheur , maintenir un rythme un peu plus élevé que sur la PTL .
LoïcDonc , ça , c'était le premier critère que j'avais en tête 700 mètres à l'heure en vitesse ascensionnelle . C'est le seul d'ailleurs que j'avais en termes de progression , etc . Et puis , sur la gestion de la course , j'envisageais de trois douches dans la semaine , sur la durée de la course , la première à Cogne . Donc , cogne , c'est la deuxième base vie , qui est au kilomètre 100 . Et donc , mon plan , en partant à midi , c'était d'arriver à la première base vie autour de 2-3 heures du matin , changer mes chaussettes , nettoyer les pieds bien manger , refaire le plein d'eau , etc . Et de repartir immédiatementà Cogne , 50 km plus loin .
LoïcDonc , ça , c'était le plan , on va dire . Et ensuite , pour les deux douches suivantes , je n'avais pas vraiment prévu le plus loin , parce qu'il pouvait se passer tellement de choses . Mais voilà , en tout cas , j'avais dans mon sac d'allègement , puisque , avant de prendre le départ , l'organisation nous donne un sac qui faisait 48 litres , précisément pour nous , et dans ce sac , on peut mettre un certain nombre de choses , d'objets , de ce qu'on veut . En réalité , du moment que ça rentre dans les 48 litres Et ce sac , on le récupère à chacune des six bases-vie .
LoïcDonc , moi , j'avais dans ce sac d'allègement une deuxième paire de chaussures , par exemple , de la nourriture , et j'avais trois sacs étanches , chacun correspondant à tout ce dont j'avais besoin pour une douche . Donc , j'avais pris un savon solide que j'avais découpé en trois . Il y avait tout un kit , en fait . J'avais des serviettes microfibres une par base vie pour que tout se sèche , pour que je n'ai pas besoin de la faire sécher entre temps Des paquets de mouchoirs , j'avais des lingettes . Tout était organisé dans trois sacs différents . Et enfin , dernier point , d'un point de vue stratégie de course , c'est que j'ai pris le départ .
LoïcJ'avais le plan . J'étais quand même au clair sur le fait que le plan pouvait être modifié , que c'était important que je sois capable de modifier ce plan à la volée , pour deux raisons La première , c'est que j'avais s'il y en a qui ne le savent pas , j'ai fait du judo à haut niveau il y a longtemps , quand j'étais adolescent . C'était une expérience fabuleuse , mais ça m'a laissé quelques traces . J'ai les deux ménisques fissurés au genou depuis , qui est régulièrement douloureux , sans que je sache exactement pourquoi . Donc , je passe des IRM quand la douleur devient vraiment trop pénible .
LoïcÀ peu près tous les 6-7 ans , j'ai des phases où ça redevient douloureux . Donc , voilà là , j'en ai passé un en début d'année parce que ça redevenait douloureux . J'ai fait une injection d'acide en mai pour essayer de fluidifier un peu le mouvement Et ça allait même dans la phase un peu importante de la prépa . En revanche , début août , j'ai fait une erreur stupide , c'est que j'ai changé mes cales de vélo . Dans mon entraînement , je faisais du vélo , j'ai un gravel que j'utilise soit en gravel , soit en vélo de route Et en changeant mes cales de vélo , j'ai réduit fortement l'intensité de la prépa , spécifique trail , pour essayer de faire en sorte que cette douleur parte . La douleur est partie , mais il y a une gêne qui est restée .
LoïcEn début de course , j'avais décidé de faire straper le genou gauche par les équipes de l'organisation Il y avait des physios au village de départ , des kinés , des podologues , etc . Tout ce qu'il fallait Et donc , moi , j'ai fait straper le genou gauche , un pour me rassurer et deux en anticipation . Voilà pour les choix stratégiques . Je n'avais pas prévu d'en parler , mais je pense que ça peut être intéressant . Le sac d'allègement , je vous le disais , 48 litres . Ce que j'avais là-dedans , c'était une deuxième paire de chaussures . Je suis parti avec un modèle que je connais , que j'ai utilisé sur tout mon entraînement , un modèle de la marque Altra . Donc , j'avais acheté une fois que j'avais à peine cassées , c'est-à-dire que j'avais fait peut-être 10 km avec chacune des deux paires neuves Et pour Je ne sais pas si c'est suffisant , mais je n'ai jamais eu de problème avec ces chaussures-là . Donc , en réalité , j'avais quand même porté quelques heures chacune .
LoïcJ'avais une deuxième paire de chaussures , tout le kit rechange dont je vous avais parlé , de la nourriture , évidemment , du strap . J'avais tout ce qu'il fallait en termes de batterie de rechange pour ma lampe frontale . Je partais avec une Stoolz qui a une durée de vie incroyable . C'est une marque française , mais j'avais les batteries qu'il fallait dans le sac d'allègement . Pas de deuxième paire de bâtons , tout simplement parce que j'en ai pas , que ça coûte super cher et que je ne me sentais pas de réinvestir dans ce matériel . Et j'avais après , principalement le reste du sac des rechanges , un poncho si jamais la météo se dégradait vraiment fortement , que je puisse couvrir intégralement mon sac et moi , leggings d'hiver , des chapeaux pour les journées très ensoleillées .
LoïcLa casquette défrapée est incroyable , mais c'est une casquette trucker , donc en mode filet . Il y a le panneau avant qui est plein , sur lequel il y a le logo défrappé qui est brodé , mais le panneau arrière , c'est un panneau en mode filet , donc , quand on n'a plus de cheveux , comme moi , qui fait , il y a énormément de soleil et qu'on est en montagne , c'est insuff . Insolation sur la fin de la course qui avait détraqué à peu près tout le reste de mon organisme . Donc , là , j'avais un chapeau Simal P1 de chez Buff à bord , assez large pour les journées ensoleillées . Deuxième paire de lunettes de soleil , gants étanches , que je n'avais pas avec moi . Avec moi , j'avais simplement des gants chauds , on va dire , mais assez fins . Et voilà pour le sac d'allège que je n'avais pas avec moi . Avec moi , j'avais simplement des gants chauds , on va dire , mais assez fins . Et voilà pour le sac d'allègement .
LoïcDes claquettes , très important pour les douches des basses-vies . Très souvent , malheureusement , du fait du nombre de participants et peut-être du manque de lucidité de certains , après quelques heures de course , les douches sont infâmes . C'est hyper sale et donc , marcher sur des surfaces complètement trempées , pleines de mélanges , de boue de crasse , c'est pas terrible , surtout quand , au bout d'un moment , on a des ampoules ou des petites plaies , etc . Donc , des claquettes dans le sac d'allègement . Voilà , vous savez tout .
LoïcPartie un peu plus longue que ce que j'avais prévu sur les choix stratégiques , mais au moins on est rentré dans le détail et j'espère que ça servira pour certains d'entre
vous . La course maintenant , quatrième partie . Je vais essayer de synthétiser tout ça . Super organisation . Le Thor , c'est quand même un gros , gros organisateur de grosses épreuves . Clairement , je ne sais pas à quel point il concurrence l'UTMB en termes de participation , etc .
LoïcMais pour avoir été sur les villages UTMB au moment de la PTL , le Thor , rien ne manquait . Il y a une présence médiatique importante , beaucoup de spectateurs . Un village qui est moins , qui donne moins l'impression je vais faire attention à ce que je vais dire pour pas sonner trop critique mais un village départ qui a finalement tout ce qu'il faut , mais qui est assez simple . Il y avait quelques vendeurs . On a pas l'impression qu'on rentre , qu'on est au paradis de l'outdoor marketing avec des centaines de marques présentes , quelques marques présentes , principalement les sponsors de l'outdoor marketing . Avec des centaines de marques présentes , quelques marques présentes , principalement les sponsors de l'épreuve , et pas plus . Un village .
LoïcDépart très sympa . La manière dont ça se passe , c'est qu'on est arrivé la veille , le samedi , on a récupéré nos sacs d'allègements , nos dossards , préparé tout ça . Le lendemain matin , le jour du départ , on est venu poser les sacs d'allègements , nos dossards , préparer tout ça . Et le lendemain matin , le jour du départ , on est venu poser les sacs d'allègements là où il fallait , pour que les organisateurs puissent ensuite nous les délivrer à chacune des bases-vie .
LoïcLe départ se fait dans Courmayeur . Donc , là aussi , un peu comme sur l'UTMB ou les autres courses de l'UTMB à Chamonix , et donc sur l'UTMB ou les autres courses de l'UTMB à Chamonix , et donc en deux vagues , comme je vous l'expliquais un peu plus tôt . Et bon , je dois dire que voilà très émouvant . Moi , j'avais fait le départ du GTC , l'an dernier , comme je vous le disais , la course qualificative , en tout cas la course qui permet d'obtenir des dossards pour le Tour des Géants , ça se passait au même . Là , c'est la même chose . Beaucoup d'émotions . Au départ , j'avais , je me suis surpris , j'étais assez ému , prendre le départ à traverser les rues de cette petite ville de montagne , avec plein , plein , plein de gens qui étaient là à hurler des encouragements , à faire sonner des cloches . Vraiment , une ambiance assez folle Et on sort assez rapidement de la ville . On court du coup sur la route jusqu'à arriver au pied de la première ascension , et là , on passe tout de suite , immédiatement , d'une route carrossable à un single .
LoïcDonc , gros effet de bouchon , et ça monte assez vite , assez raide , en forêt . Et c'est là , en fait , qu'on se rend compte que , même si tout le monde se le dit à chaque fois , la réalité change assez peu . On part trop fort . Donc , là , il y avait des gens . C'est un single , on ne peut pas vraiment se doubler . C'est très raide à droite , la falaise à gauche , il y a quand même des gens qui essaient de passer d'une manière ou d'une autre , de couper les épingles pour déployer une énergie folle pour gagner un mètre , sachant qu'on part pour une course qui va a priori être très , très longue .
LoïcDonc , le début de la course , le challenge , en fait , c'est d'arriver à rester dans son rythme , ce qui n'est pas évident , parce que , d'un côté , on se dit non , mais c'est bon , je fais ma course , je vais pas me laisser influencer par les autres , mais en même temps , on a 400 personnes derrière , on sait pas si est-ce que je vais , est-ce que je saoule tout le monde , en gros , à me mettre dans mon rythme à ce moment là . Donc , voilà , pas évident , mais c'est vraiment important , je pense , dans ces moments là , de rester sur son plan et de s'écouter . En fait . Donc , là , typiquement , on montait à , en fait , ça allait à cet endroit là , on montait à peut-être 600 , 600-650 mètres à l'heure . Donc , on était en dessous de ma limite , mais bon , je voyais que c'était , on était quand même sur le fil de rasoir .
LoïcPersonnellement , ces phases de lancement sur la PTL , ça avait été la même chose sur le GTC aussi , même si la course était beaucoup plus courte , puisque je l'avais fait en 27h , le GTC 100km , j'ai toujours une phase de décharge hydrique monstrueuse , qui est pas très agréable parce que , du coup , je dégouline de partout . Donc , on était là-dedans , enfin , en tout cas , j'étais dans cette phase complètement dégoulinante , puis le temps de prendre son rythme , etc . C'est pas des phases , en tout cas , moi que j'apprécie énormément , je suis bien dans mon rythme après plusieurs heures . Donc , voilà , la course se fait , on arrive à la première avito , kilomètre 19 , j'ai déroulé ce que je voulais , tout s'est bien passé . Mais avant d'arriver au kilomètre 19, .
LoïcJe reprends le plan . Je pense que ça doit être au kilomètre 10 à peine , après la toute première ascension , on fait , on part , on ne fait que on descend un petit peu sur le goudron . Je vous le disais , on arrive sur le single , ça montre aide . Puis , on arrive à un premier col et on descend . Là , je n'exagère pas , je fais 5 mètres , donc 3-4 pas . Je vous rappelle .
LoïcJ'ai le genou gauche qui est strapé , 3-4 pas , douleur type essuie-glace à droite . Bon , sur le coup , je me dis bon , bizarre , parfois , on peut avoir des douleurs temporaires , le temps que le corps s'échauffe , etc . Qui partent . Mais là , c'était quand même très localisé et ça ressemblait vraiment à un essuie-glace . J'en ai eu un seul dans ma vie , c'était à l'autre jambe , à la jambe gauche , il y a 15 ans .
LoïcÇa finit par s'atténuer un peu , mais je sens qu'il y a toujours une gêne . Je n'y prête pas plus attention que ça , mais en arrivant au premier ravito , je m'assois quelques . Enfin , au premier ravito , un peu sérieux , je m'assois , et quand je me relève , boum , douleur à nouveau à droite . Pas bon ça . Mais là , encore une fois , je laisse tout ça de côté et on repart . Le reste de la course se fait donc , je suis parti à midi .
LoïcL'après-midi se passe , début de soirée , tout va bien . Je suis dans mon rythme . En étant dans mon rythme . J'apprendrai plus tard , d'ailleurs , que je suis passé de 1000 classements . Je regardais pas du tout le classement , mais c'est un bon indicateur , je pense , d'un certain nombre de choses .
LoïcJe suis passé d'à peu près 1000ème à 800ème en fin d'après-midi . Donc , ça allait . Encore une fois , je m'alimentais , je faisais attention à m'alimenter , même si c'était un tout petit peu toutes les demi-heures , trois quarts d'heure à peu près . Voilà , la nuit arrive , bruine .
LoïcDonc , on commence à être un peu mouillé , il y a du vent , etc . Il fait assez froid . Donc , je me couvre , et je savais que ça allait être difficile la première nuit , parce que j'ai pris le départ avec une grosse carence de sommeil , je vous le disais , pour plusieurs raisons personnelles . Enfin , rien de grave , c , j'avais plusieurs projets à gérer en simultané , dont certains qui ont fait que j'ai eu des nuits très courtes pendant plusieurs mois . Avant la course . Je savais que je prenais le départ avec une grosse carence de sommeil . Déjà , la nuit arrive , un peu compliquée . Je sens que je suis déjà fatigué , alors que je ne devrais pas être fatigué à ce moment-là . Mais bon , on arrive au kilomètre 30 .
LoïcGrosse descente , très technique , dans des grosses dalles de pierre , des gros blocs de pierre , en fait , moi , j'adore ce genre de terrain , je trouve ça hyper ludique Et je préfère , voilà , j'adore dérouler là-dedans . C'est moins douloureux musculairement que d'essayer de retenir . Donc , je ne suis pas à essouffler , rien , je suis dans la maîtrise . Je check mon rythme cardiaque , ce que je fais assez peu . Normalement , je suis entre 90 et 110, .
LoïcDonc , pour une descente technique , franchement , nickel . Il s'avère qu'au final , je gagne 400 places . Donc , tout se passe bien . Et puis , là , on est aux alentours de 22h , 23h . Donc , on a déjà fait plusieurs ascensions , plusieurs courses descentes , et je suis super content parce que je trouve que la course est agréable .
LoïcEn fait , il y a du dénivelé , mais en réalité , ça ressemble pas du tout à ce que j'avais vécu sur la PTL , qui était franchement très difficile , très désagréable , parce que du hors-sentier dans un pierrier , on fait 4 pas en recul de 1 , on sait pas par où passer , etc . On est en permanence en train de chercher son chemin . C'est vraiment une autre approche . Là , on suit le sentier , il y a des balises , partout , l'organisation plante des petits drapeaux réfléchissants , même la nuit . C'est extrêmement facile à suivre . Il y a des phases où je me retrouve tout seul . Une fois que la nuit est tombée , j'ai en face de moi C'était laquelle ? C'était Bivouacos , zappelli , alors je ne me rappelle plus de cette montagne , mais une ascension qu'on devait faire . Et en fait , je vois devant moi un serpent lumineux de frontal qui est déjà en train de monter . C'est magnifique . Je me dis que j'ai vraiment de la chance , vraiment un début de course agréable , qui se passe super bien .
LoïcEt puis , on arrive à la première base vie , donc au kilomètre , sur le papier 48 , dans l'effet 51 , donc déjà , on avait pris un peu de kilomètres par rapport à la théorie de la trace , il est à peine un tout petit peu moins d'une heure du matin . Donc , je suis très content parce que j'avais prévu , en écoutant mon pote Clément , qui avait fait toute l'analyse de la course , le rythme à avoir , etc . Lui prévoyait 12h pour cette première base vie , 12h après le départ , sachant qu'il est bien plus rapide que moi , en tout cas bien plus en forme Et la barrière horaire pour arriver . Donc la base vie de Valgris-Sanche , il fallait y arriver avant lundi matin , 7h . Donc , moi , j'étais parti à midi le dimanche , il fallait que je sois rentré dans cette base vie lundi matin à 7 heures au plus tard , et là , j'y arrive avant 1 heure du mat . Donc , j'ai globalement 6 heures d'avance sur la barrière horaire , donc déjà 1, . Je ne savais pas à quoi m'attendre en termes de barrière horaire . Est-ce que j'allais être limite , pas limite , etc . Donc un hyper rassurant , parce que je n'ai vraiment pas appuyé plus que ça et j'ai 6 heures d'avance dès la première base-vie sur la barrière horaire . Donc , méga confortable .
LoïcDonc , je suis très rassuré , je suis content , je n'ai pas très faim , mais je fais en sorte de bien m'alimenter . La base une immense tente d'événements sous laquelle ils ont mis des bancs , des tables , etc . Il y a des toilettes , il y a un coin lit avec , je ne sais pas , il doit y avoir plus d'une cinquantaine de lits de camp , des podologues , des kinés , enfin , voilà Vraiment une belle basse vie . Donc , je m'arrête en tout , je crois , une heure , un peu plus d'une heure peut-être , et puis je ne dors pas , je m'allonge dix minutes , et puis je repars . Et là , en fait , je me rends compte assez rapidement que je ne sais pas si c'est la pause qui . Donc , là , on est en train doucement de basculer sur la dernière partie , l'abandon , les apprentissages . Je ne sais pas si c'est la pause ou Je ne sais pas exactement , mais je sens que les genoux à gauche donc , j'avais une gêne même avant le départ , qui est en train de se transformer en douleur rotulienne .
LoïcEt à droite , j'ai cette espèce de sensation de TFL essuie-glace , couplée maintenant aussi à une douleur rotulienne . Donc , je me dis bon , on verra bien , je suis froid . Enfin , je me suis un peu refroidi , on verra . Je fais mon business , je fais mes petites ascensions Et , en fait , force est de constater que là où , jusqu'à la première base vie , j'avais des douleurs uniquement en descente , dès les premiers mètres de la première descente , qui s'estompaient petit à petit dans la descente mais qui revenaient à la suivante , c'était un peu bizarre en termes d'évolution de l'intensité .
LoïcEt là , la douleur gêne plus , pas douleur , mais une gêne , plus plus sur le plat , légère douleur en montée , quand ça devient un peu raide , et , en fait , la moindre descente , douleur très forte , je dirais à droite , peut-être 7 sur 10 . Donc , ça commençait quand même à m'inquiéter , sachant qu'avant la course , je fais ça là , encore une fois , depuis la PTL , j'ai une liste de conditions , on va dire , que je suis prêt à accepter et d'autres que je n'accepte pas , pour continuer dans une épreuve . La douleur musculaire , la fatigue extrême , les pieds hyper douloureux parce qu'on a des ampoules sur des ampoules , des lésions , etc . Ça , c'est une chose que je suis prêt à accepter . En revanche , je vous le disais un peu plus tôt , je ne suis pas du tout à l'aise en montagne , quand les conditions deviennent apocalyptiques .
LoïcDonc , je savais que si je me retrouvais dans des conditions que j'estimais dangereuses , ou en tout cas dans lesquelles je n'étais plus du tout en maîtrise , c'était un critère pour arrêter . Et je savais également que , pour moi , encore une fois , endurer de la douleur , voire même de la souffrance musculaire , c'est une chose , de la fatigue extrême , etc . C'est une chose . À partir du moment où j'avais un doute sur les signaux que m'envoyait mon corps et l'impact qu'allait avoir le fait de les ignorer , là , c'était red flag .
LoïcEt donc là , en partant de la deuxième base vie , j'étais dans cette phase , en fait , j'étais en auto-évaluation de Il se passe quoi , qu'est-ce que c'est comme douleur , en fait ? Parce que c'est clairement pas du musculaire , c'est de l'articulaire , sur les deux genoux . Je sais que j'ai les deux genoux abîmés , endommagés , depuis plus d'une décennie , et donc , il se passe quoi Est-ce que ça ? donc , pas très rassurant . Et puis , on a , un peu avant le kilomètre 65 , on a une immense descente , très technique pour le coup , impossible à courir avec des cordes fixes , très , très raide , assez longue et même chose , les premiers mètres dans cette descente . Donc , on y arrive après une ascension bien , bien raide .
LoïcDouleur très importante , les deux genoux , et très localisé à droite , au point que et je me considère plutôt comme un duro mal au point que je descends en crabe , en fait sur le côté , parce que c'est tellement raide que en avançant droit , suivant le sentier , normalement chaque fois que je mets du poids , à chaque pas , j'ai une douleur très forte des deux côtés , rotulienne à gauche , à droite , plus TFL à droite . Et donc j'arrive en bas et malgré ça , j'ai un bon rythme . En fait , ça me fait moins mal si je déroule que si j'essaie de ralentir . Donc , je déroule , mais c'est quand même très douloureux . Et en bas , on arrive à . C'est impossible à retenir le nom de ce ravitaillement .
LoïcJe prends ma fiche à Rheim-Notre-Dame , kilomètre 63 , sur le papier , moi , j'étais à 65 . Il est 6h du matin À ce moment là , pareil , je la prendrai après . Je suis 600 et quelques . Donc , super progression . Et au delà des genoux , tout va bien . Je suis fatigué , mais ça , je m'y attendais .
LoïcJe savais que j'avais démarré la course avec une grosse carence en sommeil . Mais tout va bien , je peux m'alimenter . Rien de particulier , pas de matériel cassé . Je ne suis pas du tout surpris par la difficulté de la course , par la technicité du terrain , au contraire même . Je trouve que , par rapport à la PTL , c'est moins difficile . Tout va bien .
LoïcEn revanche , ces genoux , c'est compliqué . Là , je décide de me poser une heure uniquement pour les genoux , parce qu'en soi , c'est un ravitaillement . Il n'y a pas grand monde qui reste très longtemps Pour faire le point . Je suis sûr à 90% que c'est fini à ce moment-là , vu les douleurs que j'ai . C'est pas l'intensité de la douleur , c'est vraiment , encore une fois , le type de douleur où je sens vraiment que c'est articulaire . C'est pas les muscles au niveau musculaire , j'ai rien , j'ai pas les jambes particulièrement dures , c'est articulaire . Et puis , au bout d'une heure , je sais plus pourquoi je me lève , si je prévois d'aller remplir une gourde , je me lève et là , en fait , en me levant , je sens tout de suite c'est bon , les 10% qui me manquaient pour prendre ma décision sont pris , le fait de me lever , la douleur que ça déclenche dans les deux genoux . Je sais que là c'est fini . Donc voilà , on est au kilomètre 65 sur une course qui en fait 350 .
LoïcJ'ai des douleurs inattendues qui se sont déclenchées . J'ai plusieurs théories aujourd'hui sur ce qui fait que c'est arrivé , notamment à droite , où je n'avais absolument rien avant le départ . Mais je prends la décision d'arrêter . Avant ça , quand même , je regarde . On va dire que je pense que je me mentais un peu à moi-même , mais je me dis que je vais quand même regarder , refaire le point . Je savais très bien ce qui arrivait .
LoïcMais refaire le point sur les sections qui arrivent , en termes de dénivelé , voilà peut-être qu'en m'accrochant un peu plus les sections qui arrivaient , il y avait globalement 8000 mètres de dénivelé négatif en 48 heures , et c'était la deuxième section , certains la considèrent comme étant Donc là , quand je dis section , c'est entre deux bases-vie , puisque c'est là qu'on passe à 3300 mètres . Il y a trois ascensions , je crois que c'est 800 mètres . On redescend 1000 mètres , on redescend 1300 mètres , c'est ça le programme de la
journée , dans des sections techniques qui ne sont pas courables du tout , etc . Et donc , si je m'engageais là-ded-vie suivante , donc 50 km plus loin , et donc , à ce moment-là , la décision a été prise , c'est fini . J'ai un des critères sur mon radar qui n'est plus rempli , à savoir risque de blessure durable post-course .
LoïcDonc , j'arrête Au moment où j'arrête , évidemment pas une décision très agréable . Alors , attention , on relativise tout ça . On parle d'une course à pied , d'un trail que j'ai fait de mon propre gré , la vie de personne née en jeu , voilà , tout va bien , mais ça reste une décision qui n'est quand même pas très agréable , parce qu'il y a eu les six mois de préparation , il y a eu la course qualificative l'année d'avant , c'est une semaine de congé , c'est un gros investissement financier puisque le dossard , uniquement pour rappel , coûte 1000 euros . L'hôtel à l'arrivée , l'hôtel au retour , le péage , le matériel , et puis , quand même , un peu , forcément pour moi , très déçu . Pas de regrets , mais très déçu . Et puis , beaucoup de gens par rapport au podcast , à ma famille , etc . Beaucoup de gens qui suivaient tout ça , déçu , mais encore une fois , assez rapidement , pas de regrets .
LoïcMême dans les jours qui ont suivi , je suis resté à Courmayeur , sur place , pour pouvoir accueillir les copains à l'arrivée et leur faire l'assistance . Pas de regrets , tout simplement parce que la douleur est toujours là au moment où je registre et donc , je vois pas bien comment est-ce que j'aurais pu éviter un impact négatif durable sur mes genoux en essayant de forcer à travers la douleur sur quasiment 300 km supplémentaires et presque 20 000 mètres de dénivelé . Voilà , donc , voilà pour la conclusion en termes de . Enfin , pour la conclusion , en tout cas , de cette partie abandon , apprentissage . Moi , les apprentissages , c'est que je pense que ce que j'aurais pu faire différemment Alors avant ça , sur , puisque , c'est un impact direct avec les apprentissages , enfin , les apprentissages découlent de ces réflexions .
LoïcPourquoi j'ai eu ces douleurs ? je pense , quand on sort de Courmayeur , je vous le disais , quand on prend le départ de la course , il y a peut-être un peu moins de 2 km , où on court sur du goudron , en descente , et c'est surtout de la descente , je pense . Je ne cours jamais avec mes chaussures de trail sur du goudron , et encore moins avec un sac . Mon sac était chargé , peut-être 4 kilos . Je pense que j'ai eu là une mauvaise foulée , que je n'ai pas fait attention à ma foulée et que j'ai attaqué avec les talons , ce que je ne fais jamais puisque je cours habituellement plutôt , soit sur la pointe des pieds , voire en tout cas à moitié avant du pied .
LoïcDonc , je me dis que peut-être que ça , ça va créer un échauffement au niveau du genou droit , accentué par une grosse ascension très raide tout de suite , et que ça m'aurait peut-être déclenché le TFL . Voilà , j'imagine Ça , c'est pour le TFL Sur les douleurs rotuliennes . J'en sais rien , je ne , je ne sais pas du tout . Ce n'est pas quelque chose qui est sorti à l'entraînement jusqu'à ce que je me fasse mal à cause de mes cales de vélo , mais bon , ça c'était uniquement à gauche . Donc , pourquoi c'est sorti à droite , je ne sais pas en termes d'apprentissage . En revanche , ce que je me dis , c'est que je sais que les genoux sont une zone sensible pour moi depuis très longtemps et ça n'avait pas été un problème jusqu'à présent .
LoïcEn tout cas , sur la PTL , j'avais des douleurs musculaires , mais rien de plus aux genoux . Je pense que si je repars et je pense que je repartirai sur le Thor 330 pour ne pas rester là-dessus , je ferai une préparation spécifique sur les genoux pour vraiment les muscler , les renforcer , etc . Parce que , même si là , ce n'était pas de la douleur musculaire , on sait que en ayant une articulation qui est solidement ancrée , entourée de muscles forts , ça aide . Voilà , et et puis , pour le moment , au delà de ça , il faut encore que je me pose , que je vois si je fais des examens un peu plus poussés , etc . Sur tout le reste , l'alimentation , le matériel , etc . Alors , oui , certes , j'ai fait que 65 km de course , 5000 m de dénivelé et 20 heures , mais je ne changerai rien en termes de matériel , d'équipement , etc . J'avais un sac de 24 litres ça , je vous l'avais dit modèle Instinct que j'avais aussi utilisé sur la PTL , qui est génial .
LoïcDonc , côté matériel , côté approche de la course , côté , par exemple , vitesse ascensionnelle , etc . Je pense que je réduirais même , je me mettrais même une limite à 600 mètres à l'heure en vitesse ascensionnelle dès le début de la course , quitte à me faire doubler , etc . Globalement , je m'en fiche un peu , mais je pense que même 700 , c'est encore un peu trop rapide pour tenir dans la durée . Sachant que je suis plus rapide , ma vraie force sur ce genre d'épreuve , c'est les descentes , où je suis à la fois plus rapide et , je pense , en capacité de récupérer de l'énergie plus que d'autres personnes sur les descentes . Donc , il y a vraiment peu d'enjeux pour moi à essayer d'aller plus vite en ascensionnel . Voilà pour les apprentissages sur cette tentative de tord des géants 330 en 2025 .
LoïcLa leçon , c'est que , bien évidemment , comme vous l'entendez très souvent sur le podcast , la difficulté , c'est de s'adapter à l'imprévu et puis d'arriver à gérer ces imprévus . Donc , voilà , bon , là l'adaptation . La solution que j'ai choisi pour m'adapter à cet imprévu , ça a été l'arrêt . D'autres imprévus , ça aurait pu être autre chose , mais voilà , il se trouve que , dans ce cas de figure , j'ai préféré reporter le challenge que d'essayer de passer , quitte à ce que ça casse à travers l'épreuve .
LoïcVoilà pour ce débrief un peu plus long que prévu . J'espère que pour certains d'entre vous , ça aura été intéressant , que vous aurez peut-être appris certaines choses qui pourront vous aider sur la prépa d'autres épreuves que vous envisagez de votre côté . Et puis , ben , merci pour votre écoute . Merci une fois de plus pour votre fidélité . D'ailleurs , c'était absolument génial .
LoïcJ'ai croisé plusieurs d'entre vous à Courmayeur , certains qui faisaient le tort , d'autres qui étaient là pour d'autres activités montagnes qui n'avaient rien à voir , mais voilà , c'était un plaisir . J'étais bien content d'avoir mon suite déf identifié , puisque je ne me baladais pas dans les rues en parlant . Donc , la reconnaissance vocale , ça aurait été difficile , mais voilà , un vrai plaisir de vous avoir croisé . Bravo à toutes celles et ceux qui ont terminé le Thor . Bonne préparation pour la prochaine édition à celles et ceux qui , comme moi , auraient décidé de mettre un terme de manière anticipée à cette course , course . Et puis , d'ici là , je vous souhaite bon repos pour tous les finishers et à très vite pour tous les autres . Ciao les frappés . 1 . Dévissez les boulons de la roue . 2 . Dévissez les boulons de la roue . 3 . Dévissez les boulons de la roue . 4 . Dévissez les boulons de la roue . 5 . Dévissez les boulons de la roue . 6 . Dévissez les boulons de la roue . 7 . Dévissez les boulons de la roue . 8 . Dévissez les b Sous-titrage ST' 501 .