Et les équipes de tournage venaient sur la descente du rôde, mais des fois retournaient voir le laboratoire pour voir où ça avançait, faire des images en parallèle. C'était vraiment un sacré chantier. On s'appelait au toki, au portable. « Vous êtes où ? » « Là, on est là. » « Où ? » « Là. » « On prend le chemin, mais putain, il n'y a aucun accès pour arriver au rôde. » « Je m'en branle, vous démerdez. » « Il faut sortir maintenant. » « Il faut que les échantillons soient dans la glacière, mais pas dans 20 ans. »
Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants Sous-titrage ST' 501
Rémigénial. Ok,
Loïcc'est trop bien. Bah ouais, du coup, toi, je te demande pas comment ça va, parce qu'on va le faire dans l'épisode, mais je suis un peu, j'ai l'impression que ça ne s'arrête pas, ça ne s'arrête plus, on continue, on n'arrête plus le Rémi Camus.
RémiOn essaye en tout cas, on essaye de donner du sens à des choses, tu vois, que ça soit pas juste comme ça, on essaye que ça soit intéressant.
LoïcOuais, bon, t'as toujours eu ce truc, toi, de, pas l'aventure pour les records, mais l'aventure pour d'autres choses en fait pour le message à faire
Rémipasser ouais et puis l'aventure pour les records à un moment donné on se sent ouais ouais la course à l'ego je sais même pas si comme on l'écrit l'ego si c'est pour celui avec lequel on joue
ou si c'est celui qui te marie mais la course à l'ego franchement des fois ça me dépasse tu vois de vouloir battre le record de machin alors qu'on en a strictement rien à faire
Loïcou de faire des premières premier homme à avoir traversé la rue en cloche-pied en sens inverse
Rémiexactement moi je serais le premier à faire un truc tout nu, tu vois, je sais pas, une ascension tout nu. Je suis sûr que je vais avoir du monde. Je vais changer de registre, je vais passer sur OnlyFans, à mon avis. À mon avis, je vais faire de l'aventure à poil, je vais faire de la vue. Vous voulez du buzz ? Vous allez en avoir. Ah mon Dieu. Mais non, on essaye d'apporter du concret, et tu vois, depuis le Calvi Monaco, où On avait poussé quand même sur la partie scientifique, mais ce n'était pas assez concret parce qu'on n'était pas assez staffé. C'était vraiment les prémices de quelque chose. Mais c'était très agréable de se dire qu'on arrive à travers une expédition à faire parler des choses, à faire parler ce qu'on ne voit pas à l'œil nu. Et ça, c'est super important que les gens puissent le comprendre. Et c'est ce qui nous a donné ce projet de vouloir faire la descente du Rhône. Et on est plutôt très content des résultats. On est content du projet, quand je dis le résultat. Après, les résultats qu'on a trouvés, je ne peux pas les dévoiler. Je ne peux pas les dévoiler pour le moment, tout simplement parce que les résultats ont été analysés. Ensuite, ils ont été interprétés. Et là, on attend la validation auprès d'un comité scientifique pour une publication à l'international. Une fois que la publication internationale est faite on va nous se poser autour d'une table pour vulgariser ces résultats les rendre accessibles à monsieur et madame tout le monde et derrière on va pouvoir communiquer dessus et restituer cette phase là mais il faut d'abord qu'on attende que ça soit publié pour que ça soit validé directement par un comité scientifique et que on puisse attester du sérieux de l'aventure de la partie protocole qui a été strictement rigoureuse etc où on a bien respecté le protocole pour qu'ensuite on puisse communiquer
dessus ok donc voilà très intéressant bon écoute on va rentrer dans le détail en tout cas Rémi je suis méga content que tu reviennes au micro défrappé bien trop longtemps après le dernier épisode qui était août 2023 où tu nous avais parlé de ta traversée à la nage en autonomie et presque sans assistance entre Calvi et Monaco si on n'avait pas écouté l'épisode foncez il est en lire dans la description, comme le tout premier d'ailleurs, puisque c'est aujourd'hui ton troisième épisode. Je ne m'arrête plus. Tu ne t'arrêtes plus, VIP il est frappé. Quel vie Monaco, vraiment allez foncez l'écouter, c'était ultra intéressant, beau message de résilience aussi, je ne vais pas trop rentrer dans les détails, mais en gros ça avait été toute l'aventure, toute l'expé avait été reportée d'un an au tout dernier moment, on avait un peu parlé de ça, comment tu te réorganises, comment tu gères les sponsors, et puis comme tu aimes souvent le rappeler
Rémiet c'est quelque chose tu vois qui n'est on parle souvent d'échec de ces trucs là de toute cette phase de résilience mais tant qu'on ne l'a pas vécu une fois on a du mal à s'en rendre compte et franchement pas simple de se retrouver à une petite dizaine de jours du départ de l'aventure où tout est calé où il faut tout reporter je m'en rappellerai de ma compagne Laura qui me dit franchement C'est les vacances les plus pourries que j'ai passées. T'es vraiment un connard. Ah bah sympa. Mais écoute, prends tes baskets et casse-toi à courir. Va courir une heure ou deux heures là. Et quand tu reviens, tu prendras ta décision. Et peu importe ce que tu décideras de faire, je t'aimerai toujours. Donc, c'est pas grave. Il n'y a pas mort d'homme. Il faut juste accepter le fait que ce n'est pas un échec, c'est un report. Et ça va repartir. Mais c'est très dur. Ton égo en prend un grand coup. C'est un gros coup de pelle dans la tronche quand même.
LoïcOuais. et
Rémiil a fallu accepter tout ça pour rebondir prendre son courage et prendre son téléphone et d'appeler tous tes partenaires pour leur dire salut les copains bon bah on repart mais c'est dans un an et tu sais pas la réaction des gens tu sais pas s'ils vont te dire va t'abuses et tout et en fait les gens sont juste bienveillants les gens te disent mais bien sûr Rémi la sécurité avant tout ta vie avant tout donc pas de problème on attendra un an et ça fait du
Loïcbien ouais oui et puis sans doute du coup la confirmation que tu avais choisi les bons partenaires
Rémicomplètement et puis on le dit toujours pour moi tout est écrit d'avance et si ça devait pas se faire là c'est qu'il y avait une raison et la raison est qu'on a pu rencontrer ensuite le laboratoire on a travaillé ensemble on a mis des choses en place bien plus poussées sur la partie scientifique qui aurait peut-être pas eu lieu si on avait tenté la première fois donc je me dis il n'y a pas de regrets on apprend. C'est que de l'apprentissage, c'est agréable. Des fois, c'est ce que je dis, des gros ascenseurs émotionnels où tu te prends des claques dans la tronche un peu trop souvent, mais ça fait partie du
Loïcjob. Absolument. En tout cas, foncez écouter cet épisode si vous n'avez pas eu l'occasion de le faire. 13 jours passés dans l'eau, c'était assez épique avec beaucoup de belles anecdotes, comme d'habitude. Et puis, on avait parlé, comme tu aimes à le rappeler souvent, les projets, il y a un avant et un et un après on avait un petit peu parlé de l'après également et je pense que là sur ton expé sur l'épiphase ça va être encore plus important oui donc ce que je te propose Rémi c'est de nous expliquer peut-être faire une sorte d'accéléré qu'est-ce qu'il y a eu entre qu'est-ce qui s'est passé entre Calvi Monaco et cet expé sur le Rhône comment t'en es arrivé à te dire allez bingo on va partir pour c'était vachement long dans 30
jours je crois c'est
Rémiça ? ouais 28 jours 28 jours 28 jours ouais je vais pas te dire que c'était une aventure physique, il n'y avait rien de bien compliqué. 812 kilomètres sur l'euro, on a fait du packraft en prenant le courant. C'était des vacances, si tu veux. Mais le but n'était pas là, il était vraiment axé sur la partie scientifique. On voulait faire un vrai suivi, une vraie cartographie des polluants éternels. Et donc, en fait, quand on a travaillé dessus en juin 2023, des fois je me perds sur les dates, je te jure, c'est dingue, je deviens trop vieux. On a commencé à travailler sur les polluants internels. Le scandale avait éclaté dans le sud de Lyon, mais je ne savais pas forcément qu'est-ce que signifiaient ces quatre petites lettres, les PFAS. Et donc, avec le laboratoire, on a travaillé sur cette partie-là. Petite historique, parce que je pense que c'est important que les gens qui vont écouter le podcast puissent avoir cette information. Les PFAS ont été créés en 1938. C'est Jamil, attention, on est dans une émission, ce n'est pas sorcier. Donc, Créé en 1938 par un jeune chimiste à la suite d'une erreur qui essaye de créer un nouveau gaz réfrigérant et il met dans une cartouche sous pression du carbone et du fluor en espérant sortir un gaz. Et le lendemain matin, quand il ouvre la bonbonne de gaz, il espère entendre un « pfff » sauf qu'il n'y a rien du tout. Donc il découpe la bonbonne en deux et à l'intérieur, il y a une poudre blanche très douce, très délicate. Et c'est les prémices des premiers PFAS Et c'était le PTFE, le téflon, entre autres. Et ça a été utilisé ensuite dans énormément d'applications. Forcément au début, comme de nombreuses techno dans la partie militaire. Et forcément, c'est arrivé après dans le quotidien, dans ce qu'on peut avoir régulièrement. Donc on en a dans le textile, on en a dans la cosmétique, on en a dans la peinture, on en a dans le nautique, dans l'aéronautique. C'est la molécule miracle, mais qui cache forcément son lot de côtés très négatifs et très noirs. Et en décembre 2023, on a classé certaines de ces molécules comme étant cancérigènes. Donc, c'est là où on se rend compte que vu que c'est une molécule qui a été créée par l'homme, qui n'existe pas dans la nature, la nature ne sait pas le créer, elle n'arrive pas à la détruire complètement. Et donc, c'est pour ça qu'on appelle ça des polluants éternels. Ceux qui ont été créés en 1938 sont toujours et encore malheureusement en pleine nature. Donc, pour nous, c'était vraiment un vrai tournant parce que lorsque, et si je remonte le fil de ce que j'ai vécu en 2018 lorsque j'ai fait le tour de la France à la nage quand on a fini en mer Méditerranée en fait on se rend compte que c'est vraiment le paradoxe de notre société c'est qu'à la surface tout est beau tout est bleu, tout est nickel, on prend des cocktails et voilà, et quand on met la tête sous l'eau on se rend compte que c'est une véritable poubelle sauf que c'est une poubelle qui reste encore à certains endroits très visible avec des déchets de consistance assez importante, on les voit Mais qu'en est-il de ce qu'on ne voit pas à l'œil nu ? Et en fait, ce n'est pas parce que c'est clair et limpide que ce n'est pas pollué. Et là-dessus, c'est super important de se faire accompagner par des laboratoires parce que Tabo, j'ai fait la conférence à Change Now, il n'y a pas longtemps à Paris, sur le plus gros événement de solution planétaire sur le dérèglement climatique, sur le climat, etc. Et en conférence, j'ai pris le verre qui était devant moi avec le pichet d'eau que j'ai rempli. Je me suis dit, vous voyez, cette eau-là est claire et limpide et elle peut être chargée en polluants éternels. Je reprends un autre verre, je remplis le verre à côté et je fais, et vous voyez, cette eau-là est claire et limpide et elle pourrait être complètement sans polluant éternel. Sauf qu'au final, si je pose les deux verres devant vous avec vos yeux d'humain, on ne peut pas le voir. On ne peut pas voir qu'un des verres peut être extrêmement pollué par rapport à l'autre. Et ça, c'était vraiment le message et forcément, tu dois être accompagné par le laboratoire. Donc, quand on a fait la traversée entre Kelvy et Monaco, on a travaillé avec eux. Les résultats n'étaient pas assez poussés. pour qu'on puisse déterminer certaines choses mais ça a été les prémices de cette descente du Rhône, donc on a sorti l'un des PFAS qui est le PFHXA qui est un PFAS produit par une société qui s'appelle Arkema dans le sud de Lyon dans la vallée
de la Chimie c'est pas un scoop que je suis en train de balancer c'est des choses qui sont connues mais du coup c'est un PFAS signature c'est à dire qu'on sait que ce PFAS là est produit par la société Arkema donc en en discutant avec le laboratoire et bien ils m'ont dit mais pourquoi pas resserrer serrer la zone de travail sur quelque chose de beaucoup plus simple à identifier. Vallée du Rhône, ça passe forcément à côté du fleuve le Rhône, donc on pourrait imaginer quelque chose là-dessus. Et c'est comme ça qu'on a mis en place cette aventure de vouloir descendre le Rhône du glacier à la mer Méditerranée, en réalisant une cartographie de l'eau du Rhône, de l'eau du fleuve, en prenant en considération son débit, ses affluents, ses zones de friction, ses ralentissements avec les barrages hydroélectriques, etc. Et ce n'était pas une aventure à charge pour pointer du doigt ? telle ou telle société de dire, regardez, eux, ils produisent des polluants, ils produisent des déchets qu'ils rejettent dans l'eau, on va faire des prélèvements pile poil à cet endroit-là. Si j'avais voulu faire ça, je ne me serais pas fait chier de faire toute la descente du Rhône. Je serais resté devant les entreprises et j'aurais fait des prélèvements à cet endroit-là. Il ne faut pas être con non plus. Donc, on a vraiment fait toute la descente. On a fait 55 points de prélèvements, de sites de prélèvements. On a fait 3 prélèvements par site. Donc, ça fait plus de 150 analyses qui ont été envoyées dans deux laboratoires. On est accompagné avec le laboratoire Westling ALS, qui s'est fait racheter par ALS il n'y a pas très longtemps. Donc eux, ils ont étudié les polluants internels, les PFAS, sur une règle des 20 PFAS les plus à même à être trouvés en pleine nature. Donc c'est vraiment une liste qui a été détaillée de ces polluants internels. Et eux, ils ont rajouté d'autres polluants, parce qu'à force de travailler avec de nombreuses entreprises, ils ont fait plein d'analyses, et donc ils ont augmenté et donc on a étudié plus de 60 molécules à chaque fois, sur chaque prélèvement. Et l'autre laboratoire, le laboratoire Tibio qui est basé à Lausanne, qui est un laboratoire attaché au laboratoire d'Axtachem qui est monégasque et suisse, on a travaillé sur une autre molécule qui est un antioxydant que l'on retrouve dans la gomme du pneu de la voiture pour le rendre plus résistant à l'abrasion, à la chaleur, etc., lui faire une durée de vie plus longue. Sauf que cette molécule, lorsqu'elle est relâchée en pleine nature, elle se transforme, elle devient une autre molécule qui est très dangereuse et très toxique. Et donc, on a pu également faire une cartographie de cette molécule du début jusqu'à la fin. Donc voilà un petit peu le parcours. Ce n'était pas une aventure non plus, j'allais dire, pour foutre la trouille aux gens. Ce n'était pas l'objectif. Le but, c'était vraiment de les sensibiliser, de leur montrer montrer qu'il y a cette problématique d'épiphase sur le fleuve, et que pour pouvoir continuer de vivre avec ce fleuve et de le protéger, alors on prend le Rhône parce que c'est ce qu'on a fait sur le Rhône, on aurait pu prendre la Seine, en fait on peut décliner cette aventure sur tous les fleuves du monde, et du coup tout le monde peut s'accaparer l'aventure du Rhône sur n'importe quel cours d'eau qui coule juste à côté de chez lui, et de se dire, si vous voulez continuer de profiter de ce fleuve, de ces rivières à proximité de chez vous, préservez-les. Et pour les préserver, il faut montrer les choses aux gens, les choses qui ne sont pas belles, comme ce qu'on a découvert avec les polluants internels, mais également toutes les choses magnifiques qui sont à proximité du fleuve, les écosystèmes, les forêts, les villes, les agglomérations, les villages, toutes ces personnes qui gravitent autour et qui font que toutes ces rivières et tous ces fleuves à travers le monde sont magnifiques. Et pour ça, il faut en avoir conscience, il faut pouvoir ramener des images pour montrer la beauté des choses et de se dire putain mais préservez tout ça les gars c'est à côté de chez vous c'est pas je vous parle pas d'un fleuve qui coule en Chine perdu au milieu de la Pampa là je vous parle d'un fleuve qui est juste derrière la
Loïcmaison Sur les PFAS, globalement, l'utilisation, c'est quoi
Rémi?
LoïcTu disais que c'était ultra varié et que ça fait des décennies qu'on s'en sert, mais de manière générale, c'est quoi l'intérêt d'avoir des PFAS dans ton
Rémiproduit ? Ça va rendre les choses par exemple déperlantes sur la partie technique, sur du textile. Lorsque tu vas par exemple utiliser des vêtements en Gore-Tex, les Gore-Tex sont chargés en PFAS pour que la petite goutte d'eau ne rentrent pas dans le textile, mais glissent directement dessus. Tu vas avoir le plus connu, parce que ce sont des ustensiles qu'on utilise au quotidien, ce sont toutes les poêles qu'on a pour cuisiner à la maison. Les revêtements qui sont à l'intérieur, pour aller rendre anti-adhésif, sont utilisés avec des polluants, avec des pifaces. Après, il y a ce côté négatif de se dire effectivement, c'est un polluant, etc. Maintenant, je peux comprendre également si tu reviens toi je me fais l'avocat du diable mais tu reviens dans les années 70-80 quand les hommes étaient en train de travailler et les femmes restaient au foyer, elles étaient quand même et je comprends que c'était une révolution très contente d'avoir des poêles anti-adhésives et pas de sortir un marteau et un burin pour défoncer les casseroles qu'une fois que t'as fini la cuisine quoi donc il y a forcément eu plein de belles choses, ça a permis plein de choses ces pyphases, c'est pour ça que j'appelle ça une molécule miracle, mais qui a toutes ses dérives à côté. Si on prend sur un autre schéma, tu prends l'amiante qui a été créée en début en 1900, donc ça remonte, tu vois, ça fait plusieurs longues décennies que ça a été créé, et on l'a utilisé dans tous les sens, et je suis, je le sais, parce que, tu vois, la maison de mon papa, le cabanon qui était à l'arrière de la maison, le Le dessus, c'était fabriqué avec des... Tu sais, c'est les tôles ondulées qui sont fabriquées en fibre. Mais il y en a plein. Des gens qui ont des cabanons perdus chez eux qui sont fabriqués avec de l'amiante. Il y en a plein, plein, plein. Donc, ça a été un matériau miracle utilisé partout, partout, partout jusqu'à ce qu'on découvre qu'on pouvait avoir un cancer qui était directement lié à cette exposition à l'amiante et de dire en fait, si tu t'exposes à ce matériau, lorsque cela dégage de la particule dans l'air, vous pouvez déclarer un cancer dans 15, 20, 30 ans. Et donc forcément, on a directement mis un holà là-dessus et donc on a complètement modifié nos procédés et ça prend beaucoup de temps. Quand tu as des vieux bâtiments qui ont 60, 70, 80 ans et ils sont bourrés d'amiantes, bourrés de plomb, etc., tu as toute une phase de désamiantage pour rendre vendre le produit, quand je dis éco-responsable, ce n'est pas tout à fait le juste, mais le rendre dans les normes actuelles, il y a un gros travail, très gros travail.
LoïcOui, ça soulève plein de questions, tu vois, sur... C'est très intéressant, en vrai, parce que tu te dis, mais... Tu vois, moi, ce à quoi ça me fait penser, ce que tu évoquais un peu plus tôt, la pollution visible versus invisible, j'y pense, je ne vais pas dire souvent, mais assez régulièrement, tu vois, quand je vais en montagne ou quoi, je passe souvent, enfin, je vais souvent à la Sainte-Victoire à côté d'Aix, et il y a un sentier, globalement, un seul sentier qui monte au sommet, où tu as une énorme croix et un prioré, et je ramasse quasiment chaque fois que j'y vais. C'est un peu technique, tu vois, donc ça accroche un peu les cailloux. Et je ramasse tout le temps des bouts de semelle ou des trucs, tu vois, des gens qui montent, qui défoncent leurs chaussures. Évidemment, quand tu cours, tu ne checkes pas derrière toi pour voir si tu as un bout de semelle qui s'est barré, tu vois. Mais bon, voilà, je ramasse des trucs comme ça, tu vois. Et systématiquement, je me dis, mais en fait, tous ces gens qui pratiquent l'outdoor, ta semelle, elle s'use. Donc, en fait, on ne le voit pas, mais le sentier, il doit être complètement chargé, j'imagine, tu vois, en micro-particules de plastique, un peu comme les larmes de sirène en mer, c'est parce que là, tu ne les vois pas. Donc, je trouve que ça pose plein de questions sur, tu l'évoquais un peu plus tôt, les revêtements déperlants pour les vestes outdoor, etc.
RémiTu as la même chose sur les skis, tu vois, le revêtement pour pouvoir rendre un ski extrêmement résistant et qui puisse glisser sur ces flocons qui se sont agglutinés, il faut bien le rendre déperlant. Et donc, on utilise des pifasses à l'intérieur pour que le fart du ski soit parfait. Mais en fait, le fait de descendre une piste, tu viens frictionner ton ski avec la surface de la piste et donc ça vient arracher des molécules de polluants directement et qui se déposent sur les pistes. Et t'imagines quand tu vois des stations, tu prends les Trois-Vallées, tu vois, Valtox, ce que tu veux, tu te rends compte que c'est des des lieux où on a des milliers de personnes qui débarquent chaque semaine pour pouvoir pratiquer et kiffer sur la semaine. Donc, on a forcément un impact qui est non négligeable. C'est extrêmement impressionnant. Et c'est pas... Si c'était une personne, mais en fait, c'est le fait que tout ça soit multiplié par une multitude de personnes. On utilise, en fait, énormément de choses au quotidien qui sont chargées en polon éternel.
LoïcEt avant qu'on rentre dans le détail du coup de l'expédition globalement on pourrait s'en passer
Rémi?
Loïcparce que tu vois si t'expliquais qu'on en trouve aussi dans les pneus dans la composition des caoutchoucs des pneus non c'est pas la même chose ce
Rémiqu'on trouve dans la composition des caoutchoucs du pneu c'est une molécule qui s'appelle le 6-PPD qui n'est pas un pifas c'est un antioxydant c'est encore différent c'est une autre étude qu'on a faite en parallèle des pifas mais on la retrouve partout tu la retrouves énormément dans la cosmétique là actuellement c'est très compliqué il y a des décrets qui sont passés qui ont été repoussés notamment sur la partie cosmétique pour savoir s'ils pouvaient continuer d'utiliser certaines molécules pour être directement dans les matériaux de fabrication de toutes ces cosmétiques tu vois à titre d'information si tu prends un truc très neutre sur deux personnes qui utilisent on va dire la même chose une femme pourrait être plus exposée que les hommes au pifas si par exemple elle utilise très régulièrement du rouge à lèvres parce que le rouge à lèvres pour que les pigments puissent rester correctement et que ça soit entre guillemets déperlant et que ça résiste plus longtemps on rajoute certaines molécules à l'intérieur et donc lorsqu'on vient les femmes viennent se lécher les lèvres etc elles ingèrent une petite partie de polluants éternels mais c'est à chaque fois c'est sur l'instant T, ça fait rien du tout, tu vois.
C'est pas grave, mais c'est une exposition à très long terme. À 15, 20, 30 ans, tu peux boire de l'eau chargée en polluants éternels. Sur l'instant T, tu vas pas mourir. Tu vas pas te choper une gastro dix minutes après ou aller vomir dans les toilettes. C'est pas du tout le truc. Ce qui va se passer, c'est que tu vas accumuler, et vu que ces molécules sont bio-cumulables, c'est-à-dire qu'une fois qu'elles rentrent dans leur organismes y restent, donc elles viennent se stocker, généralement elles se stockent dans les graisses, et on ne peut plus s'en débarrasser, donc c'est de l'accumulation, c'est que tu as une exposition qui est de plus en plus... lorsqu'elle est de plus en plus forte, forcément, tu auras une concentration plus importante. Et c'est parce que c'est invisible que ça soulève énormément de questions, mais comme énormément de molécules qui peuvent être problématiques, cancérigènes, on parle du cambium en ce moment... c'est la même chose on ne le voit pas et donc forcément derrière ça vient directement perturber et quand on a fait notre descente du Rhône à la fin on a rencontré Philippe Chamaret de l'institut éco-citoyen de Fosse-sur-Mer et c'était très intéressant cette fin de conversation parce qu'il me disait tu sais Rémi en fait on vient bousculer des idéaux avec ces polluants qui sont invisibles à l'œil nu un exemple les gens qui vivaient en plein centre-ville de Lyon en avaient marre d'une pollution et toi c'est pour ça que je dis que c'est très important parce que dès que tu quand tu peux capter les choses ça vient forcément ça te marque quand tu ne le captes pas ça te touche moins et donc les gens qui vivaient à Lyon voulaient se défaire de cette pollution lumineuse de cette pollution sonore d'une pollution au gaz d'échappement parce que même si ça ne se voit pas de tes yeux ça se sent tu vois tu sens toutes les odeurs que ça émane, le diesel, etc. Donc les gens voulaient quitter ces grandes villes, ce stress pour aller se mettre un peu plus au vert, descendre dans le sud de Lyon, vont se poser à proximité du Rhône et s'achètent une petite maison où tu as un bout de jardin, l'herbe est verte, les arbres poussent, ça bourgeonne, il y a des petits oiseaux, il y a des pollinisateurs qui sont là. Et puis après quelques années, on vient faire des tests dans ton jardin et on te dit hop, hop, hop, hop, hop. On a fait un test Donc, vous ne mangez plus les fruits et légumes que vous produisez. Vous ne mangez plus, si vous avez de la volaille, les œufs, des poules. Si vous avez des poules, des coques, des lapins, tout ça, vous ne touchez plus. Parce qu'en fait, ce que vous avez, c'est que vous avez un sol, vous avez une eau qui est extrêmement polluée. Et donc, en fait, ce que vous êtes en train de faire, c'est que vous êtes en train de vous... De vous intoxiquer, quoi. Vous vous intoxiquez, vous êtes en train de vous tuer en consommant ce que vous produisez chez vous. Et là, en fait, ça te bouscule complètement. Tu te dis « Mais en fait, pourquoi est-ce que je me suis fait chier à quitter la grande ville pour me mettre au vert si dans le vert, en fait, c'est pollué ? » Et c'est limite « Reste en ville, bouffe du fast-food et tu seras en meilleure santé. » Et c'est là où ça vient bousculer complètement tout ce qu'on avait imaginé de partir se mettre à la campagne pour pouvoir respirer l'air pur. Alors alors que tu te retrouves à avoir des champs où on utilise des produits phytosanitaires qui volent dans tous les sens. Vas-y, respire mon copain, respire à plein poumon, vas-y. T'inquiète pas, l'autre il vide un bidon, la quantité, t'inquiète pas, je connais. Allez, santé ! Comme disait Dieu donné, t'as pas l'ombrelle, t'as pas la tranche d'ananas, mais tu vas visiter du pays, le cocktail est bien
Loïcservi. Ce qui est flippant, c'est de voir que finalement, l'histoire se répète et qu'on a des usages, des habitudes, de la technologie, j'imagine, qui avance largement trop rapidement que d'un autre côté, la recherche et l'évaluation de l'impact. Moi, ça me fait penser à un truc, j'espère que je ne vais pas dire de bêtises, je ne sais pas pourquoi ce pan de l'histoire de France m'a marqué, mais les perruques qu'il était bien vu de mettre à la cour les rois de France, etc. Oui, je t'avais vu l'autre fois, tu étais déguisé comme ça pour des soirées. Mais en fait, ces perruques, j'avais découvert. Je ne sais plus où j'avais lu ça, c'est pour ça que j'espère que c'est pertinent. C'est juste en tout cas, mais dans mes souvenirs, tu avais différentes poudres qui servaient à éviter les frottements, à ce que les perruques tiennent bien, et puis même à les poudrer de manière générale. Et dans les traitements antiparasitaires qu'ils utilisaient, notamment pour les... comment on appelle ça
Rémi?
LoïcLes poux, ils mettaient du mercure, en fait. Tu vois
Rémi?
LoïcDonc, génial. Pas de poux, mais ils se foutaient du mercure sur la tête, tu vois
Rémi?
LoïcDirectement, enfin, même la peau, c'est juste un métal lourd abominable. Bien sûr. Et là, finalement, j'ai l'impression que c'est la même chose, tu vois, par notre ignorance ou voulu ou pas, d'ailleurs. Peut-être que tu me le diras, t'as peut-être fait des merdes, mais on se fout, tu vois
Rémi?
LoïcOn est là à se dire, on va aller faire une belle sortie à ski de rando, au beau milieu de la nature, c'est merveilleux. Puis en fait, juste derrière toi, tu laisses une traînée de saloperies infectes qui littéralement resteront là quand toi, tu seras réduit à poussière depuis un bon
Rémimoment. Non, non. La problématique de ces polluants internels, c'est que beaucoup de sociétés savaient que la production de ces polluants pouvait avoir un impact sur les écosystèmes, sur la santé humaine, etc. Ils
Loïcle savaient. Donc... Ils avaient vraiment mesuré l'aspect... Quand on dit éternel, si on le rapporte à une échelle de temps, c'est véritablement éternel ou ils se dégradent au bout de 500 ans
Rémi? Non, ils se dégradent, mais ils restent dans la nature. Ils se dégradent, si tu veux, la famille des Pifas, c'est une très grande famille, avec des cousins, des cousines, etc., mais ils sont un peu trop nombreux. Il y a entre 15 et 20 000 molécules qui ont été créées. Il y a du monde à la maison. Quand tu fais le banquet, il faut savoir à qui servir. Et là-dedans, il y a une des molécules qui est la plus petite qui s'appelle le TFA. Donc c'est la plus petite molécule d'épiphase qui est souvent issue de la dégradation d'épiphase qui se retrouve en pleine nature. Donc c'est une chaîne très très courte avec ce carbone fluor et qui est malheureusement en plus de ça très volatile. Pour pas rentrer trop dans le vif du sujet des résultats, mais celui-ci on peut le dire parce qu'on avait fait cette de phases d'analyse, etc.
Et on a voulu planter le décor. Quand on a commencé notre projet, on a commencé sur le glacier. On voulait avoir un point zéro de se dire, on va commencer sur le glacier du Rhône, parce que c'est le point de départ. On va parler des règlements climatiques. Autant être sur un glacier, autant parler de ce qu'on voit aussi, vu qu'on ne fait que parler de ce qu'on ne voit pas. Mais là, on peut en parler. On va parler de cette fonte de glace accélérée, etc. D'ailleurs, je ne sais pas si tu as déjà fait aller sur un glacier. Je ne sais pas si les auditeurs qui écouteront, il y en a qui ont déjà eu la chance d'aller sur un glacier, mais franchement, c'est une claque dans ta gueule. Par rapport à quoi ? À la fonte, etc. ? Oui, ce dérèglement très avancé, très, très rapide.
LoïcTu vois la mer de glace à Cham, tu vois les photos d'il y a 30, 40 ans et où c'est aujourd'hui, c'est plus que flippant.
RémiLà, nous, on l'a vécu directement. C'est que quand on est monté sur le glacier, notre glaciologue qui nous a convaincu pour, en tant que guide, mais également nous raconter toutes les histoires qu'il pouvait y avoir sur ce glacier, a entubé des barres d'aluminium, a dressé tout ça devant nous. Donc, ça montait à 8 mètres au-dessus de notre tête. Et il fait, tu vois, Rémi, tout ça, on l'avait planté dans la glace au mois de juin et il y avait juste un petit bout qui dépassait de la surface du glacier. Donc, il me dit, en une saison, nous avons perdu 8 mètres sur l'ensemble semble du glacier. Et franchement, quand tu vois, quand tu lèves la tête en l'air et tu regardes à peu près ce que ça représente, tu y mettes. Et ensuite, tu regardes le glacier et tu fais un 360 sur toi-même et tu vois la taille du glacier. Et en fait, le glacier du Rhône, c'est pas le glacier le plus gros au monde. C'est juste un très beau glacier. Et tu regardes, tu te dis « Oh putain ! » Mais ça va très vite. En une saison ? pouvoir recharger cette glace, donc on perd énormément. Et il nous expliquait que le lac glaciaire qui se trouve au pied du glacier, il me dit « ce lac n'existait pas en 2009, il est arrivé en 2010 ». Et tout doucement, il n'a fait que grandir. Pour te dire, j'ai fait du packraft sur le lac glaciaire au pied du glacier. Il me dit, avant, tu n'aurais jamais pu faire ça. Et d'ailleurs, j'en ai fait une petite vidéo pour parler du glacier du Rhône. Et j'ai repris un passage de James Bond 1964. Et il est en train de rouler et il passe le belvédère du Rhône. Et à ce moment-là, et derrière, tu vois le glacier. Et tu vois où se trouve le glacier en 1964. Et juste après, je mets nos images de ce qu'on a vu, nous. Le glacier, il a reculé de plusieurs centaines de mètres et il a perdu, je ne sais plus combien, de dizaines de mètres d'épaisseur. C'est un truc de dingue. Et il y a même des images qui ont été d'archives en 1904 où le glacier du Rhône se trouve à Gletsch, Donc, Gletsch, c'est le petit village qui est tout en bas, en bas, en bas. Et quand tu vois le glacier où il est situé et la grosse, entre guillemets, langue de chat qui pouvait y avoir, qui allait jusqu'à Gletsch, tu fais, ah oui, d'accord. Et si tu remontes encore plus loin, eh bien, il faut savoir que le glacier du Rhône, le glacier à Cham, les deux glaciers se rejoignaient. Ah bon ? Bien sûr, continuaient dans le Valais. allait se jeter dans le léman qui est le plus grand lac glaciaire d'Europe. Donc, le léman était le glacier. Et si tu remontes toute cette partie-là, le glacier, il y a 20 000 ans, était à Lyon. Et donc, tu te rends compte qu'on n'a fait que perdre suite, on va dire, à la planète, à son évolution. Parce qu'il y a 20 000 ans, on ne pouvait pas parler des règlements climatiques. On s'en foutait. L'homme n'était pas du tout ce qu'il est maintenant. C'est que depuis l'ère de l'industrialisation on a vraiment accentué avec notre mode de vie ce dérèglement climatique. Mais là, on se rend compte qu'il n'y a presque plus rien. Il y a des glaciers... Tous les ans, on a des glaciers qui disparaissent et qui ne reviendront plus jamais. Donc, ça va être un vrai chamboulement sur les écosystèmes. Ça va être un vrai chamboulement sur notre capacité à utiliser l'eau. C'est ce que je disais aux gens. Je vais vous rendre compte. Là, on parle du contrôlée par deux pays, la Suisse et la France. Et jusque-là, ça va à peu près, les ententes sont cool, tu vois. J'ai fait, on n'est pas comme sur le Mekong où on traverse six pays avec la Chine en haut, qu'on n'a strictement rien à foutre de ce qui se passe en bas. On construit des barrages hydroélectriques qui sont démesurés. En France, nous, c'est des barrages pour des bisounours. Tu ouvres le robinet, tu fais attention, il y a un peu d'eau, tu vois. Là-bas, attention les gars. On ouvre l'eau, sort la planche de surf et sois bon c'est pas la même chose et c'est là où tu te rends compte de la démesure des choses mais de cette réalité de vouloir être capable de contrôler l'eau et ça va être un enjeu dans les avenirs dans un avenir très proche de comment on va devoir gérer cette eau avec une fonte des glaciers qui va être très accentuée où on aura de l'eau très importante sur des mois comme avril mai parce qu'on aura là une fonte des une fonte des neiges accumulées pendant l'hiver qui seront très importantes, et quitte de ce qui va se passer en septembre, août-septembre, quand tout ça aura disparu, il n'y aura plus cette fonte, on aura des rivières qui seront alimentées par les pluies, mais pas par une fonte régulière. Donc il va falloir repenser toute cette phase-là. Donc c'était très intéressant de commencer par le glacier pour parler de dérèglement climatique. On a fait nos prélèvements, et tu vois, sur les prélèvements, eh bien... on n'a trouvé aucune trace de PFAS à chaîne longue et à chaîne courte sur les prélèvements du glacier, sur le glacier. Donc, pour nous, il y a même des journalistes qui nous ont dit « Ah, le glacier est propre. » Je fais « Non, non. » Moi, je suis explorateur, donc on fait du storytelling. Je fais « Mais si je me réfère à ce que disent les scientifiques et les laboratoires, il faut rester très cartésien et ne pas dire des choses qui sont complètement stupides. » Non, on ne peut pas dire que le glacier est sans PFAS. il faut dire que les deux prélèvements que nous avons faits étaient sans PFAS. Peut-être que 30 cm à côté du prélèvement, peut-être que c'était plein de PFAS, j'en sais
Loïcrien. Mais attendez, comment il pourrait se retrouver là le PFAS
Rémi?
LoïcSur le glacier, je veux dire, il n'y a pas
Rémid'activité ? Justement, il n'y a pas d'activité, mais tu vois, sur le lac glaciaire, on a fait deux prélèvements et on a trouvé 150 nanogrammes par litre de TFA. Donc, ce n'est pas grand-chose, c'est vraiment insignifiant. Mais il n'y en avait pas sur le glacier. On a fait du carottage, donc on pense que le fait d'avoir été plus en profondeur, on n'en a peut-être pas trouvé à ce moment-là. Peut-être qu'à la surface, on en aurait trouvé. En en discutant avec le directeur du laboratoire, je lui dis, est-ce que ça peut provenir du fart des skis ? Parce que le glacier du Rhône était skiable avant. On pouvait s'amuser à skier dessus. Maintenant, c'est totalement impossible. Tu finirais au fond d'une crevasse. Et il me dit, c'est pas possible parce que les farts des qui sont des PFAS à chaîne longue. Donc, ça ne serait pas du TFA. Il me dit, mais le TFA est une molécule que l'on retrouve énormément dans les gaz réfrigérants, donc principalement les climatisations. Et donc, c'est un PFAS qui est très volatile et qui se trouve directement dans l'air. Donc, par exemple, si on pouvait avoir, tu vois, chez nous, en France, quelque chose de très structuré, de dire interdiction au PFAS, etc., vraiment avoir des normes, des règles, des décrets, des lois qui bloquent tout, tu pourrais avoir ton voisin, le pays voisin qui n'en aurait strictement rien à faire, c'est vraiment un exemple pour te schématiser le truc, en utilisant des climatiseurs, etc., on pourrait avoir directement des particules de TFA qui seraient directement dans l'air et qui viendraient quand même chez nous.
LoïcC'est le cas du paysan bio qui, à côté de lui, a le gros industriel dégueu qui balance tout dans ses champs et qui se retrouve avec des parcelles polluées. C'est
Rémiun peu la même chose, effectivement. Le le vent, tout ce qui est molécules, et vu que c'est extrêmement fin et petit, ça rentre dans le cycle de l'eau, ça rentre dans les cycles de vent, etc. Forcément, tu auras cette pollution qui sera constante et qui viendra alimenter des endroits où normalement l'activité humaine n'existe pas. C'est-à-dire que ce n'est pas pour les quelques personnes en voiture qui viennent sur le belvédère du Rhône ou qui viennent marcher sur le glacier, on va avoir une concentration de PFAS. Et pour Pourtant, on en a trouvé dans la glacière. Donc là-dessus, tu vois, quand tu me posais la question, est-ce que les industriels savent ou ne savent pas
? Est-ce qu'on utilise l'épiphase en connaissance de cause ? Oui, on utilise l'épiphase en connaissance de cause. C'était des choses qui étaient bien ancrées. Ils savaient très bien ce qu'ils faisaient. Il y a la société M3 aux États-Unis qui a été condamnée justement par rapport à ça. Arkema, il y a eu un procès contre Arkema également pour utilisation de ces polluants et puis avec des rejets où c'était un peu flou sur comment est-ce que les eaux souillées étaient traitées, etc. Avec des rejets directement dans le Rhône. Donc forcément, tout ça a eu un impact. Mais vu qu'on parle de choses qui sont invisibles à l'œil nu, si tu n'as pas les laboratoires qui sont là pour t'aider et valider les choses,
Loïcça ne marche pas. Mais, alors attends, petite question Rémi, sur le sujet du traitement, etc. C'est-à-dire que la solution idéale, si tout était possible, c'est quoi
Rémi?
LoïcOn ne fait plus du tout de PFAS, ou il y a une manière de, tu vois par exemple dans l'eau, de traiter l'eau, de les récupérer, et puis une fois qu'on les a, on fait quoi
Rémi?
LoïcOn fait des blocs qu'on enterre
Rémi?
LoïcC'est quoi les alternatives
Rémipossibles ? C'est ça la vraie difficulté sur les polluants internels, c'est que c'est une molécule qui a été créée par l'homme. pas par la nature. Donc la nature ne sait pas le détruire. À l'heure actuelle, on a beaucoup de procédés en développement R&D pour essayer de... détruire l'épiphas, les stopper, etc. Enfin, il existe plein, plein de choses. On arrive à trouver la filtration. Moi, je travaille avec plein de sociétés là-dessus où j'essaye de sourcer toutes les sociétés qui font du traitement de l'eau pour apporter une autre genre de meilleure qualité à la population pour qu'ils puissent avoir un truc convenable à boire au robinet. Mais ça reste toujours la même chose. C'est qu'on utilise souvent du charbon actif pour venir capter toutes ces choses-là. Mais après, c'est quid une fois que le charbon actif il est chargé en polluant, il faut pouvoir s'en débarrasser. Donc là, où est-ce que ça va ? Dans quel circuit ? Incinérer des ordures ménagères, on monte des fours à 750-800 degrés à peu près. Pour pouvoir détruire l'épiphase, il faut monter à 1500-1600 degrés. Donc on est à des températures beaucoup plus hautes. Donc la question c'est, ok, on a un four, on l'allume quittent de l'énergie déployée pour faire monter un four à cette température-là. Et si c'est pour mettre un dé à coudre de PFAS dans je ne sais pas combien de milliers de mètres cubes de flotte, l'opération est complètement ridicule et en fait, tu as plus de pertes énergétiques à allumer un four qu'à détruire des PFAS. Donc, il y a quelques sociétés. Il y a Innovaya qui est basée dans le sud de Lyon qui est en train de travailler sur un procédé justement pour essayer de faire que les molécules soient compactes. Donc au lieu d'avoir quelques nanogrammes de PFAS par litre, ça doit en avoir beaucoup plus. Donc quitte à allumer un four pour exterminer ces polluants internels, autant mettre de la matière à l'intérieur et que ça soit en quantité suffisante. Donc à l'heure actuelle, on en a un peu là-dessus. On est vraiment aux prémices de toutes ces données, de toutes ces recherches. On manque encore d'informations cruellement sur ces polluants internels Il faut encore plus de données. On se rend compte qu'ils sont présents partout. Un exemple très simple, il y a le port Édouard-Hériault. juste vraiment dans le sud de Lyon, qui a brûlé suite à un incendie d'une station service Shell. Il y a plusieurs décennies, les pompiers sont intervenus pour éteindre tout ça. Ils ont utilisé des mousses incendie. Les mousses incendie, un exemple encore, sont chargées en pifas. On utilise des mousses incendie très chargées en polluants internels parce que c'est très pratique et puis ils ont un pouvoir pour stopper le feu qui est assez intéressant. Donc là, C'est pareil chez les pompiers maintenant, sur tout ce qui est exercice, on leur donne des mousses incendies qui sont sans pifasse et on garde quand même ces mousses incendies qui sont beaucoup plus efficientes pour éteindre les feux. Néanmoins, c'est ce qui s'est passé. Il y a plusieurs décennies, le port Édouard-Rio a brûlé, on a tout éteint. Dans la sédimentation au pied du port Édouard-Rio, on retrouve des pifasses, alors certains très actuels qui sont maintenant, et on retrouve des pifasses historiques du PFOA, PFOS, on retrouve des pifasses qui ont été utilisées pendant l'incendie. Alors, on n'a pas une traçabilité directe de dire ce pifasse-là a été utilisé, mais on sait que ces pifasses-là ont été utilisées à cette époque. Donc, on voit qu'ils sont très persistants et ils sont là. Donc, la sédimentation les garde parce que c'est aggloméré dans de la boue, etc. Mais ça en relâche continuellement. Et nous, tu vois, pour ne pas spoiler les résultats et parce qu'on attend vraiment d'avoir cette interprétation forcément on a une augmentation des polluants du début jusqu'à la fin ça ne cesse d'augmenter et
Loïcmalgré sans nous spoiler pardon Rémi mais quand tu dis ça ne cesse d'augmenter c'est ultra visible enfin je veux dire c'est exponentiel ou oui
Rémioui c'est exponentiel par rapport en plus avec les villages les villes les agglomérations que tu traverses ça ne fait qu'augmenter
Loïcdonc en concentration et en type de ce que tu disais qu'il y a environ 20 000 molécules dans en
Rémiconcentration et en type de polluants après point positif on se rend compte qu'à certains endroits là où il y a moins de villes de personnes et que c'est plus où il y a plus des écosystèmes naturels et bien on se rend compte que ça baisse un peu juste comme petite information on a trouvé ça intéressant de voir qu'il y avait quand même une baisse des polluants mais ce qu'on a voulu montrer c'est que on a fait nos prélèvements nous uniquement dans l'eau du Rhône On a fait nos prélèvements. sur la veine d'eau principale, là où ça coule. On a fait nos prélèvements à chaque fois qu'il y avait un changement notoire sur le fleuve, c'est-à-dire lorsqu'il y avait un influent qui venait nourrir le Rhône. Donc à cette confluence, on faisait un prélèvement en amont de la confluence entre la rivière et le fleuve pour avoir le dernier point sur le Rhône. Et ensuite, on attendait que l'information soit dilue, donc que les informations de la rivière et les informations du Rhône soient mélangées et on refaisait un prélèvement un, deux kilomètres plus bas, où on avait vraiment un brassage de l'information pour refaire un prélèvement à cet endroit-là. Donc, le but, c'est vraiment de prendre des endroits où il y a forcément des changements sur le fleuve. Et malgré ça, on a trouvé quand même des informations très intéressantes. Et donc, ce n'est pas des pics extraordinaires. On retrouve des pifasses, mais c'est ce que je dis aux gens, je fais, n'oubliez pas, nous avons fait uniquement du prélèvement de l'eau du Rhône. Et le soir, quand le Rhône, quand nous, on sortait de l'eau après avoir fini notre journée, on faisait notre bivouac, le fleuve, lui, ne se figeait pas. Le fleuve continuait de couler. Donc, on a fait des prélèvements uniquement dans de l'eau qui était en mouvement du début jusqu'à la fin. Et malgré ça, on a trouvé une continuité et une pollution qui ne cessait d'augmenter du début jusqu'à la fin. Donc, c'est là où c'est très intéressant de se rendre compte que quand on parle de l'histoire de l'eau... la mémoire de l'eau, l'eau de la mémoire, quand on dit vulgairement on boit l'eau des dinosaures, mais c'est vrai, l'eau, on n'en crée pas d'autres sur Terre, elle est là, elle a toujours été là, et elle transporte toutes les informations, toutes les dérives, tous nos excès, et ça se retrouve directement.
LoïcPetite parenthèse sur ce sujet de l'eau, je trouve ça assez ultra intéressant et particulièrement inspirant le fait que t'en es fait un peu ton cheval de bataille on en avait parlé sur un des tout premiers épisodes je sais plus si c'est dans ton livre que t'en parles mais en tout cas je me souviens qu'un truc qui m'avait marqué et que j'ai gardé en tête dès tes premières expéditions le Mekong notamment et puis l'Australie cette expérience du manque d'eau t'avais expliqué que pour toi l'eau c'est clairement un sujet central stratégique c'est l'avenir absolu, et je trouve ça ultra intéressant de voir qu'au fil de tes expés, ça reste, c'est pas juste le fil rouge, c'est l'élément central.
RémiC'est exactement ça, et puis j'en étais conscient quand j'ai fait l'Australie, à me retrouver à boire mon urine pour pas mourir, je savais que l'eau était indispensable, etc., et je pensais pas que ça allait me mener jusqu'à de l'analyse scientifique, mais c'est vrai que c'est assez bluffant de tout ce qu'on arrive à découvrir autour de cette molécule. Quand je dis molécule, je ne parle pas d'épiphasme, je parle de cette molécule de l'eau. C'est extraordinaire. Ça apporte la vie, mais ça peut également la retirer. L'eau peut être douce et délicate, mais elle peut être aussi un torrent extrêmement dangereux qui détruit tout sur son passage. Tu peux avoir des tsunamis, tu peux avoir des rivières déchaînées. Ça apporte aussi des conflits. Ça peut réconcilier les hommes entre eux lorsque tu as un point d'eau au milieu de nulle part et c'est l'endroit où on vient se poser pour trouver de l'eau, etc. Et ça réunit les hommes. Et puis dans d'autres contrées à travers le monde, c'est des vraies sources de conflits conflit où on vient se casser la gueule à coup de machette pour pouvoir défendre un puits. Et tu vois, si je reprends ce qui s'est passé sur le Mekong de ce que j'ai vu, c'est une source de conflit géopolitique. On utilise la puissance de l'eau à des fins géopolitiques. On construit des barrages hydroélectriques pour produire de l'énergie au détriment de ce qui peut se passer en aval. On peut fermer des robinets, on peut ouvrir des robinets, on se rend compte qu'on maîtrise complètement les peuples. On peut construire des aquaducs à travers l'Afrique pour aller alimenter des champs de tulipes, alors que des champs de roses, on n'en a strictement rien à branler. On va assécher des régions entières. On va devoir faire migrer des peuples entiers parce qu'ils n'ont plus d'eau, ils n'ont plus rien du tout. Et là, je ne parle que des humains. Je ne parle même pas des animaux, des écosystèmes. Notre cher ami qui a une perruque orange sur la tête et qui préside un très grand pays en ce moment, construit une barrière entre le Mexique et les Etats-Unis il y avait un très joli reportage il n'y a pas très longtemps où il parlait de la problématique de l'eau rien qu'en construisant une barrière qui n'est pas du tout naturelle où les animaux vont devoir trouver d'autres solutions sauf que entre l'endroit où est-ce qu'ils vivent et l'endroit où ils vont trouver de l'eau, là tu as une barrière et merde, on fait comment pour passer et là du coup on ne peut plus passer sauf que moi mon point d'eau il est juste derrière et c'est là où on se rend compte que l'eau est très centrale et ça paraît quelque chose de juste extraordinaire de dire il y a de l'eau quand tu ouvres ton robinet il y a de l'eau tu en es bien content je fais mais quid de le jour où 1 ça coulera marron et voire pire ça coulera plus ouais et c'est là où on se rend compte de la vraie la grandeur de toute cette complexité de cette petite molécule qui est extrêmement importante enfin de ces deux molécules H2O complètement
Loïcd'accord franchement c'est passionnant Rémi sur le alors pour faire un petit zoom on va dire technique opérationnel comment t'as mis en place parce que j'imagine que tu parlais de publication d'analyse de rapport donc voilà je pense que c'est clair pour tout le monde que c'était pas juste une petite aventure comme ça où tu t'amusais pendant 28 jours il y a un vrai impact scientifique derrière en tout cas il va y en avoir un comment tu mets en place un protocole sur ce type d'expédition slash recherche il faut un nombre de dates tu as un spécifique qui est analysé, il faut une durée, ça se passe comment
? C'est le protocole scientifique qui a été calé avec le laboratoire, le but c'était de vraiment faire une cartographie, on a imaginé les points ensemble, de vraiment structurer les choses, il faut qu'il y ait un protocole sur comment est-ce qu'on prélève l'eau, comment est-ce qu'on la garde, tout était tracé, il fallait tout noter, donc on avait des carnets entiers où on devait tout noter, les températures de l'eau, comment est-ce qu'on la récupère, quand, la température, enfin vraiment assez poussé.
LoïcEt tout ça doit être rendu public après, c'est ça
Rémi?
LoïcOui, exactement. Donc tu as par exemple, j'imagine, les points GPS des prélèvements que tu as
Rémifaits ? Exactement, j'ai tous les points GPS, j'ai même les photos des lieux, c'est-à-dire qu'à un moment donné, il faut s'y donner du concret, de dire, le prélèvement a été fait là, mais on plante le décor, qu'est-ce qu'il y a autour de ce prélèvement pour essayer d'illustrer ? Tu ne peux pas juste dire, il y avait un peu d'herbe, il y avait 2-3 maisons donc moi j'ai carrément fait des photos des endroits où je prenais directement mes prélèvements donc on a toute une photothèque comme ça qu'on va pouvoir distribuer pour montrer où on a fait nos prélèvements pour que ça soit vraiment très concret donc ça c'était la partie scientifique ça coûte un sacré paquet de pognon les gens quand...
LoïcAh bah c'est pas donné un explorateur de ta carrure
RémiAh
Loïcbah attends je
Rémiprends cher mon pote tu crois que la Bentley elle roule comment ? on va pas s'emmerder non les vacances à Bora Bora faire du jet ski à manger de la tortue c'est pas donné à tout le monde donc à un moment donné il faut aussi
Loïcil faudrait payer les vestes Gore-Tex chargées en pifas
Rémiexactement bien sûr on est là ou on est pas là mon vieux mais ça coûte du pognon de faire des analyses scientifiques des prélèvements ça coûte cher et puis je l'ai toujours dit faire des projets s'il n'y a pas d'impact impact en l'occurrence la scientifique pour nous pour moi c'est très important mais s'il n'y a pas d'impact après médiatique tout ça il faut pouvoir le médiatiser aussi la partie médiatique a un coût c'est un coût non négligeable entre le documentaire tout ce qui est RP l'agence de com etc donc ça vient apporter son petit lot également de quelques euros que tu rajoutes à la facture et tu te retrouves à la fin à faire une expédition scientifique sur l'euro n'en pas craft. Donc, tu te dis, 28 jours à descendre le fleuve, combien ? 160 000 balles ? Tu ne te foutrais pas de notre gueule. Je dis, ben, ouais, c'est pas... Et là-dessus, on n'a pas... Enfin, moi, je n'ai pas gagné d'argent. Ça a juste payé toutes les personnes qui ont travaillé, les laboratoires, les analyses, l'interprétation. Enfin, c'est un truc de malade.
LoïcIl faut envoyer la facture à Arkema et compagnie,
Rémidu coup. Ouais, le problème, c'est que Je trouve que c'est un sujet qui est très intéressant de comment embarquer des entreprises ultra... entre guillemets polluantes parce qu'elles produisent ce genre de trucs dans des projets à impact environnemental et scientifique parce que tu viens toujours demander aux personnes qui pensent comme toi tu vas toujours voir des sociétés qui se démènent et qui essayent de faire des choses pour avoir un impact etc et donc elles ont des budgets mais qui sont pas non plus extensibles et tu peux tu vas voir Arkema enfin je veux dire poser 160 000 balles sur la table c'est pas grand chose je crois qu'en 2020 en 2024, je ne sais plus combien de millions d'euros ils font en bénéfice. C'est monstrueux. Donc, tu te dis, ce n'est pas un sujet pour cette problématique d'argent. Mais comment est-ce que tu viens après argumenter auprès de ta communauté, auprès de ton public, de dire on fait une expédition scientifique environnementale et 100% sponsorisée par Arkema. Tu ne te foutrais pas de notre gueule. Donc, Donc, tu vois, c'est là-dessus où c'est pas simple de trouver les choses. Mais pour revenir à ta question, il y a tout ce protocole scientifique qui a été très meticuleusement préparé pour que ça puisse par la suite sortir un vrai rapport qui va être envoyé à un comité scientifique. J'en ai déjà vu quelques brives. Enfin, quand je dis quelques brives, il y a je ne sais pas combien de pages dans leur dossier. Donc, c'est tu vois que c'est vraiment bien travaillé. Et après, au-delà de ça, il y a toute cette partie de logistique, terrain, qu'il faut mettre en place parce que faire des prélèvements dans l'eau, c'est une chose.
Mais ensuite, quand on a fait le protocole et qu'ils m'ont expliqué comment ça allait se passer, tout d'un coup, ils m'ont dit « Il faut que la température des échantillons reste à 5 degrés. » Et en fait, j'avais tout retenu, sauf que j'ai fait « Moi, j'ai juste une question. Température à 5 degrés ? On fait comment, là ? C'est clair.
LoïcParce qu'il est à combien, le Rhône, en température
Rémi? Ah non, mais la température de l'eau du Rhône, tu fais ton prélèvement, mais c'est une fois que le prélèvement est fait, il faut maintenir ses prélèvements
Loïcdans... Non, mais c'est pour ça, je veux dire, tu ne pouvais pas laisser les échantillons dans une boîte qui dérive derrière ou un truc comme
Rémiça ? Non, pas du tout. C'était pas possible. Donc, je leur dis, on fait comment, là ? Et du coup, il a fallu mettre des cellules réfrigérantes, des petits réfrigérateurs avec des pains de glace. C'était un bordel d'organisation on était là avec nos thermomètres fait putain 6 degrés il fallait que ça soit 5 degrés plus ou moins 3 degrés alors je leur dis au début quand je leur ai dit plus ou moins 3 degrés je leur dis je fais ouais vous inquiétez pas le moins 3 degrés ça sera très rare j'ai fait concentrons nous sur le plus 3 degrés parce que ça va être chaud bouillant et heureusement le laboratoire venait relever les échantillons tous les 3 jours parce qu'en fait pendant que nous on descendait le laboratoire lui, commençait déjà à analyser les échantillons pour ne pas perdre de temps. Et les équipes de tournage, notamment Benoît, le réalisateur, venaient sur la descente du Rhône, mais des fois retournaient voir le laboratoire pour voir où ça avançait, faire des images en parallèle. C'était vraiment un sacré chantier. Et donc, il a fallu maintenir cette température à 5 degrés, plus ou moins 3 degrés, pour que les échantillons soient validés. Donc, il y avait un vrai enjeu derrière. Tu te dis, il ne faut pas traîner, les gars. Quand on faisait les prélèvements, C'était, on s'appelait au toki, au portable. Vous êtes où ? Ben là, on est là. Je fais, mais où là ? Il fait, ben là, on prend le chemin. Mais putain, s'il n'y a aucun accès pour arriver au road, je m'en branle. Vous vous démerdez. Il faut sortir maintenant. Il faut que les échantillons soient dans la glacière, mais pas dans 20 ans. Donc, c'était assez rock'n'roll. Et c'est là où, tu vois, quand on parle de défis sportifs, c'est très compliqué de pallier les deux, de faire les deux. Tu ne peux pas et faire un défi sportif en un défi sportif engagé et une mission scientifique. À un moment donné, il faut qu'il y en ait un qui soit plus en retrait. Et là, c'était clairement le cas. C'est-à-dire que quand les gens m'ont dit « Ah non, vous descendez le Rhône en packraft, quelle aventure ! » Non, ça doit être éreintant. Éreintant. 812 kilomètres en 28 jours. Je fais « C'est des vacances, les copains ! » Je fais « Il ne se passe rien ! » Je mets deux coups de pagaie. Je fais « Le fleuve, il coule à 5-6 kilomètres heure à partir de Lyon. Sur la partie haute, des fois, on avance et on est à 15 kilomètres heure. » des fois j'étais juste allongé sur le packraft comme ça et t'avais les gars ça va Rémi c'est pas trop dur et moi je leur envoyais des photos et je fais non non ça va mais c'est là où tu te rends compte je leur dis si on voulait vraiment faire un défi sportif en packraft sur le Rhône je faisais la descente du Rhône aller en 4 jours je faisais les 812 km en 4 jours je dormais 2-3 heures par nuit et je fais là ça aurait été un vrai défi sportif je fais mais après quid des analyses ça ressemblait à rien du tout derrière aucun intérêt donc c'est là où il y a cette dérive actuelle où on parle souvent d'aventure où tout le monde essaye de mettre de l'aspect environnemental dedans et tu te rends compte que c'est plus je dis pas que ce qu'on fait c'est mieux que d'autres mais j'essaye maintenant d'intégrer la partie scientifique pour vraiment apporter des réponses à ce qu'on essaie de montrer en parlant de choses
Loïcinvisibles. Comment t'organises
Rémi?
LoïcDans ce que tu racontes, on comprend bien que même si l'aspect sportif, pour le coup, sur cette aventure, il a été mis en retrait, mais il y a quand même beaucoup de choses à coordonner. C'est toi le cerveau de toutes les opérations ou tu as des gens qui prennent la main et qui te déchargent de certains aspects de l'aventure
?
LoïcBien sûr, je
Rémisuis le cerveau du groupe, bien sûr. Non, non, non, je suis la personne qui a imaginé le projet. On l'a fait avec une association, avec une ONG. Derrière, il y a toute une équipe. C'est impossible de faire ça tout seul. J'avais mon pote Francisco qui était le responsable de la logistique terrain. On avait Marie-Pierre qui était la logistique en règle générale avec les rencontres, avec les villes, tout ça, où il fallait tout organiser en amont. On avait... qui gérait la partie relations presse en contact avec Thomas qui s'occupait de la communication qui était sur toute la descente parce que le but c'était aussi de raconter ce qu'on vivait au quotidien donc on a fait une on faisait de la vidéo tous les jours avec un petit réel de ce qu'on vivait etc pour raconter aux gens où on en était ensuite on avait les logistiques sur la partie du laboratoire on avait notre référence scientifique on avait les deux laboratoires avec qui on échangeait pour aller récupérer tous les échantillons et ça c'était vraiment l'équipe qu'on avait presque au quotidien pendant la descente et après on avait toute la partie préparation en amont la recherche des partenaires etc c'est une petite équipe d'une quinzaine de personnes quand même pour essayer de mettre tout ça en place et chacun avec son rôle pour réussir à mettre une aventure au service de l'environnement et au service de la science en rapportant des chiffres donc c'était une très très belle aventure humaine, on a rencontré on a rencontré toutes sortes de gens, on a rencontré tout aussi bien des scientifiques sur le bord de l'eau qui travaillaient avec des gammas qui sont des toutes petites crevettes qu'ils élèvent en laboratoire qui viennent intégrer dans des capsules à différents endroits sur le Rhône pour voir comment viennent réagir avec l'environnement parce qu'elles viennent se charger avec des polluants. C'est extrêmement intéressant. Tu rencontres plein de gens comme ça. On a rencontré Jean-Pierre Faure, le président de la Fédération de pêche, pour parler, effectivement, on parle de polluants éternels de pifasse parce que ça concerne l'homme, entre guillemets, mais en fait, ça concerne les écosystèmes. Et nous, étant en haut de la chaîne alimentaire, en fait, on a cette même problématique. On a travaillé avec des... avec le CBN, le Conservatoire Botanique National, sur des forêts alluviales avec des plantes endémiques qui poussent au bord du Rhône. On a fait exceptionnellement, attention, je redis exceptionnellement, avec une autorisation spécifique du Conservatoire Botanique National, on a fait un prélèvement d'une orchidée sauvage pour l'analyser et voir si cette orchidée pouvait capter des polluants. Le but, c'était vraiment de montrer la beauté du Rhône, de montrer sa fragilité, mais également ce joyau de se dire regardez ce fleuve, regardez ces fleuves, ils nourrissent des millions de personnes, ils nourrissent de l'industrie, ils nourrissent de l'économie ils nourrissent des écosystèmes ils nourrissent toute une faune et une flore qui sont extrêmement variées et très riches et très importantes et préservez-le bordel si vous voulez vraiment pouvoir continuer d'en profiter dans les années à venir, préservez tout ça donc c'était vraiment très riche de rencontres et d'échanges et je dirais presque que je suis parti avec presque aucune connaissance sur le Rhône et je termine en connaissant encore moins de choses sur le Rhône tellement que j'ai appris de choses et tellement qu'il reste de choses à apprendre sur ce fleuve tellement que c'est complexe sur ce qui se passe à l'heure actuelle et sur ce qui va se passer dans les années à venir sur la gestion du fleuve en lui-même. Et encore, je le redis, on est sur un fleuve contrôlé que par deux pays. On n'est pas sur un fleuve où il y a 6-7 pays comme comme sur le Mekong qui traverse, où chacun essaye de s'accaparer les choses. Là, on est encore sur de la très bonne entente, on partage, on essaye d'avoir des données. On voit qu'il y a de la bonne entente entre la Suisse et la France. Et heureusement, il ne faut pas l'oublier, en Suisse, il n'y a pas de centrale nucléaire à proximité du Rhône. Chez nous, ce n'est pas le cas. On en a. Et on a besoin de l'eau du Rhône pour refroidir tout ça. donc on a besoin d'avoir un débit on a besoin et tout le monde tu vois tu te rends compte que c'est une artère qui coule et tout le monde prend un petit peu on a les agriculteurs qui prennent on a les centrales nucléaires qui prennent on a les barrages qui retiennent on a les gens qui consomment on a des industriels qui prennent également pour pouvoir produire etc chacun essaie de s'accaparer prendre un petit peu de l'eau à chaque tas pour la restituer par la suite mais tout le monde essaie de prendre un petit peu de cette eau en suisse on fait de la retenue d'eau avec le léman, avec le barrage du CEG parce qu'il y a un intérêt économique, transport enfin peu importe, donc tout le monde essaie de s'accaparer un petit peu ce fleuve en rejetant directement l'eau après l'avoir utilisé
Loïcce que j'allais dire c'est plus que s'accaparer en fait tout le monde a son petit impact parce que l'eau elle est prise mais elle est rejetée ouais c'est en fait c'est ça qui est intéressant aussi c'est de voir qu'on ne fait pas qu'utiliser l'eau en fait, à un moment donné elle revient mais elle ne revient pas vraiment dans la forme dans laquelle
Rémielle a été prélevée. Il y en a beaucoup qui la restituent en tant que telle. Je ne sais pas, je pense au barrage hydroélectrique, c'est de la retenue d'eau. On vient retenir l'eau et après, elle est restituée derrière pour faire une production électrique. Effectivement, il y a d'autres structures, d'autres usages. Je pense notamment, par exemple, à l'agriculture où on a, à certains endroits, de l'intranchimique plus ou moins important, effectivement, l'eau utilisée, elle ne va pas être restituée de la même qualité. Et donc, c'est là où on se rend compte que c'est extrêmement intéressant et complexe, cette gestion de l'eau dans sa globalité.
LoïcOui. Et même, tu vois, moi, je n'habite pas directement à côté du Rhône, mais le plus proche de moi, ce serait plutôt la Camargue. Oui. Avec tout ce que tu viens d'expliquer, le fait que finalement, la concentration, la variété des pifas augmente de manière exponentielle. Je me dis, mais attends, mais du coup, au bout, quand je fais mon petit mec du Sud qui s'achète son bac de sel de Guérande, tu vois, son truc de Camargue, etc., où je me dis, ah, c'est cool, c'est local, machin, en fait, pas forcément, tu vois. Si, c'est local. Oui, c'est local. Il y a des trucs qui ne le sont pas
Rémitrop dedans. Mais le local ne veut pas dire que c'est de bonne qualité. Exactement. Ce n'est que du local. Oui. mais après tu vois on se pose toujours la même question tu pourrais acheter des noix de coco produites en Asie très bio et elles auront un impact alors sur la noix de coco en elle-même elle sera bio et de bonne qualité tu pourras la consommer ça sera bon pour toi mais sur l'ensemble de la planète c'est d'un ridicule d'acheter de la noix de coco à l'autre bout de la planète pour pouvoir la consommer chez nous parce que c'est pas un produit que l'on fabrique ici et donc forcément il y aura un impact à l'échelle globale parce qu'on va utiliser des moyens de transport qui sont démesurés pour ramener des noix de coco. Donc c'est là où le local est très intéressant et nécessaire mais effectivement ça ne veut pas dire que c'est forcément de qualité. Et la Camargue je peux te dire que quand on est arrivé nous dans le sud sans parler de polluants parce qu'on n'avait pas les résultats en On n'a fait que des analyses. Nous, au début, on ne pouvait pas savoir ce qu'on allait trouver. Mais visuellement... Ah oui, tu le vois. Non, mais sans parler de cette pollution PFAS, mais juste de la pollution.
LoïcOui, plastique et compagnie. Oui, la
RémiCamargue, c'est un tas de merde. C'est dégueulasse. Mais oui, sur les bords du Rhône, entre les machines à laver, des voitures, des scooters, des motos, c'est une poubelle. Franchement, c'est dégueulasse. Mais oui, les gens balancent toute leur merde. C'est un truc de dingue. Et puis, on on a la fin du déversoir. On est juste... Donc, ça accumule tout ce qu'il y a eu un peu en amont, mais tu te rends compte que c'est un vrai dépotoir. On avait rencontré un monsieur, c'était très drôle, qui nous disait... Mon beau-frère était un plongeur, gendarme, et sur les barrages... Donc, tu as pas mal de barrages sur le Rhône pour rendre la navigation fluviale très fluide. Il y a le vieux Rhône, qui est, on va dire, le... le parcours original du Rhône, là où il était là, historiquement, il coulait là. Et après, on a fait un canal exprès pour que les péniches puissent passer. Et elles ont des tirs en dos qui sont suffisamment importants lorsqu'elles sont chargées de sable, de denrées, de ce que tu veux. Donc, il faut qu'il y ait de la flotte en dessous. Et il y avait des péniches qui rouspétaient parce que quand elles sortaient d'une des écluses pour continuer de remonter, elles disaient, on touche le fond. On ne comprend pas pourquoi. Et du coup, ils avaient remonté l'information. Ils ont fait, mais ce n'est pas possible, vous ne pouvez pas toucher le fond. Ce n'est pas à cet endroit-là. Il y a plusieurs dizaines de mètres, ce n'est pas possible de toucher le fond. Ils ont fait, je vous assure, quand on passe, on entend, boum, ça tape dans les coques. Du coup, ils ont envoyé des plongeurs et en fait, ils se sont aperçus qu'il y avait des dizaines et des dizaines de carcasses de voitures que les gens balançaient, des voitures volées, de la... Comment ils appelaient ça ? De la... de la triche aux assurances de l'arnaque aux assurances c'est un truc de ouf tu te rends compte que c'est un truc de ouf le fleuve quand je dis que le fleuve récupère nos excès c'est vraiment juste on veut faire disparaître des choses etc balance dans le fleuve donc c'était une très très belle aventure très riche d'enseignements et tu vois quand tu l'as dit au tout début une aventure je l'ai toujours dit elle se prépare elle se réalise Pendant l'aventure, il y a ce qu'on appelle des phases de turbulence, c'est-à-dire que ton joli dossier de préparation que tu as mis en place au début, que tu essaies d'appliquer à la lettre parce que c'est comme ça que tu as fait pour ça, tu en fais une boule, tu la balances à la poubelle et après, tu as la merde qui arrive le jour J, tu fais putain ça, je n'y avais pas pensé, alors comment on fait pour réfléchir à la problématique et passer
le truc ? Donc là, tu trouves les solutions à l'instant T et c'est plus sur la résilience et là, il faut te sortir un peu les doigts et on y va. Ensuite, tu as cette phase de retour à la maison, le retour à la base qui est une étape que peu de personnes ne mettent en avant, ne parlent, etc., mais qui est très, très compliquée, tout aussi bien pour toi dans l'aventure, et je parle de ça, mais ça peut être un entrepreneur dans un projet où il a la tête dans le guidon, un militaire qui part en OPEX, etc., il rentre à la maison, ta moitié, les gens qui vivent avec toi ont vécu certains temps sans toi, et il faut que ces deux mondes se retrouvent, ce qui n'est pas toujours simple, et ça peut prendre quelques jours en fonction de l'intensité quelques semaines voire quelques mois avant qu'on arrive à chacun à reprendre ses petites marques et une fois que cette phase là tu reprends ton rythme un peu plus classique d'homme ou de papa à la maison tu vois ce que je veux dire Loïc un petit rappel c'est important et après il faut travailler sur la restitution il y a cette phase là qui est super importante, restituer les choses et donc là on est en plein dedans donc tu vois on est en train de monter un projet de financement participatif sur Ulule parce que il nous manque de l'argent pour finir le documentaire donc on va faire cette phase on va finir le documentaire et puis on s'est dit il faut restituer et il faut restituer avec les analyses, avec les résultats et donc ce qu'on va faire c'est que on va se recaler une descente du Rhône on ne sait pas exactement peut-être en octobre, on va voir, le faire en vélo, en gravel. On part du glacier jusqu'à la mer Méditerranée. Donc, si tu ne sais pas quoi foutre à un moment donné, viens faire un peu de vélo, tu vois. Et le but, c'est de pouvoir aller rencontrer les citoyens, les citoyennes, toutes les villes et proposer directement aux villes d'organiser des ciné-débats sur lesquels on va pouvoir montrer le documentaire, partager les résultats, accompagner avec un scientifique pour parler d'épiphase et surtout, surtout, qu'il y a des solutions. En fait, à l'heure actuelle, si c'est juste pour foutre les gens dans un tunnel noir et qu'au bout du tunnel, il y a juste un mur... Exactement. En fait, on en a plein le cul de tout ça. À un moment donné, les gens, ils n'en peuvent plus. Ils veulent autre chose. Il faut qu'on puisse voir un peu d'espoir dans tout ça. C'est ce qu'on veut faire. On veut montrer que le fil rouge, c'était l'épiphas, c'était les polluants internels, mais que derrière, il y a du concret. On vous partage des solutions à mettre en place au quotidien, de la filtre peu importe, pour avoir une eau de qualité à boire. Parce que les gens, ça ne les dérange pas de claquer 2000 balles pour acheter le dernier iPhone, mais de mettre 2000 balles dans une filtration pour avoir une eau de qualité au robinet. Et encore une fois, je ne les critique pas. C'est juste, encore une fois, parce qu'on parle de choses qui sont invisibles à l'œil nu, incolores et inodores. Et donc forcément, ça ne marque pas. On aurait la capacité physique, physiologique de voir les molécules de polluants qu'on pourrait trouver, mais on ne toucherait plus à rien.
LoïcJ'avais vu une vidéo, une expérience qu'ils ont fait, je crois que c'était au Japon, dans un restaurant pour sensibiliser à la propagation des germes, etc. Quand les gens arrivaient dans le resto, les gens savaient, ils venaient là pour un test, ils leur foutaient du tu imagines le truc dégueulasse alors on va vous injecter ah d'accord et en fait il leur foutait du spray c'était pour sensibiliser au fait de se laver les mains etc et à quel point on peut propager des trucs par le contact physique par les mains donc il leur foutait du spray une sorte de spray qui réagissait aux lampes UV et il les laissait avoir leur expérience au resto etc et en fait dans le spray il y avait des germes enfin Et une fois que le repas était fini, ils éclairaient la salle en mode lampe UV. Et là, mais l'alu total. En fait, tu voyais tout ce que les gens ont touché, etc. Ils en ont autour de la bouche, sur les couverts, sur les serviettes. Il y en a sur les tables, sur les manches. Ils ont toussé, donc il y en a par terre. Et là, tu te rends compte. C'est exactement ce que tu dis, en fait. Quand c'est invisible, on te dit, tu vois, les gestes à l'époque. Moi, ça me fait penser un peu au Covid. Le Covid, oui, bien sûr. Mais c'est comme, tu vois... maintenant que tu as des enfants, enfin, tes papas, toi aussi, la crèche, etc., on te dit les trucs contagieux, il faut se laver les mains. Bon, tu ne captes pas, en fait. Mais c'est vrai que quand on te le montre, là, tu dis, ah ouais, ok, c'est chaud. En fait, si je ne me lave pas les mains, j'en fous absolument partout.
RémiExactement. Et là, encore une fois, tu parles de choses qui ne se voient pas. Et rendre l'expérience visible, forcément, à un moment donné, interpelle. On n'aurait pas eu la puissance des laboratoires pour nous accompagner. Impossible de mettre ça en avant, c'est pas possible personne, je dis je prends un échantillon sur le glacier je mets ça dans un verre, je prends un échantillon, alors je vais pas dire à l'embouchure complètement parce que c'est de la saumure et elle peut être un peu mélangée avec du sel donc c'est un peu plus compliqué, mais tu remontes un tout petit peu plus haut au niveau de, je sais pas de Arles par exemple tu prends un verre d'eau, tu le poses les deux sur la table, t'attends légère que avec la décantation que les quelques particules en suspension dans l'eau viennent se poser au fond du verre tu as deux verres qui sont clairs et limpides l'eau est parfaitement claire et limpide et pourtant il y en a un sur le glacier du Rhône on va dire qui est chargé à 150 nanogrammes de TFA c'est à dire presque rien on va dire qu'il est propre et en bas je n'ai pas les résultats encore et en bas on a tout ce que le fleuve a accumulé du glacier jusqu'en bas et c'est là où les gens ont vraiment il faut qu'on continue on manque cruellement d'informations en fait on est tellement noyé dans de la sur-information et des fois de l'information de merde avec des médias qui tournent en boucle qui te racontent des trucs à gerber qui sont pas forcément très intéressants mais qui permettent de capter l'intention des gens et ça va pas plus loin que ça et on manque cruellement d'informations on a pas assez d'informations par exemple dans le textile comment sont fabriquées les choses il faut donner un maximum d'informations je l'ai dit plein de fois en conférence et je le redis il ne faut pas qu'on soit des consommateurs mais il faut être de bons consommacteurs et on a le choix de pouvoir acheter ce qui nous fait envie et pour ça il faut avoir de l'information pour se dire si j'achète ça je l'achète en connaissance de cause et je sais que c'est bon et je sais que c'est bon pour moi pour ça nourrit mes valeurs enfin peu importe après chacun ses choix mais il faut qu'on ait plus de transparence plus d'informations sur ce qu'on achète on manque cruellement
Loïcbah écoute c'est là où des aventures expériences comme celle que tu viens de réaliser sont particulièrement utiles parce que bah voilà tu vulgarises à mort et merci beaucoup de venir le faire au micro du podcast franchement j'ai appris je me régale depuis le début on sort un peu des thématiques qu'on avait évoquées les fois d'avant où c'était plutôt pour le coup l'aventure, le physique, le mental, etc.
RémiEffectivement, là, c'est très différent de ce qu'on peut avoir habituellement dans de l'aventure. Ça reste de l'aventure. C'est le médium, en fait, l'aventure. C'est un petit défi sportif. Franchement, on a passé des super moments. On s'est tapé des barres de rire. Il aurait pu y avoir une problématique parce que le le petit jeune Thomas qui nous accompagnait, un autre Thomas qui nous accompagnait sur la logistique pour conduire le véhicule. On était à Caderousse, donc c'est l'un des barrages sur le Rhône. Et juste avant, tu as une très, très, très, très grande ligne droite. Et en fait, c'est là où tu as le vent le plus fort dans la vallée du Rhône. Quand ça se met à souffler, ça y va. Et j'étais avec l'autre Thomas en en train de faire du packraft, où franchement, on faisait du... Avec le vent dans le dos, on faisait du 25-30 km heure. Pour te dire, attention les gars, sortez des voiles, on ne va pas s'emmerder, on arrive en bas demain
matin. Et franchement, c'était chaud. On avait des vagues qui faisaient un mètre sur le road. Les mecs qui venaient avec des planches à voile, tu verrais les bons qu'ils faisaient. C'était un truc de ouf. et on s'arrête on avait un échantillon donc on s'arrête pour pouvoir ranger tout ça pour pouvoir le noter donc l'autre Thomas était là, prend le calepin on commence à tout noter, les coordonnées GPS les machins, la température et Thomas me dit Rémi est-ce que je peux venir avec toi faire du packraft et tout et j'ai dit c'est chaud Thomas c'est pas que je veux pas mais franchement là ça déboîte il y a un putain de vent et c'est chaud à tenir il me fait ah mais t'inquiète t'inquiète je fais ouais mais t'inquiète ça va pas sauver des vies t'inquiète donc et t'as l'autre Thomas qui me dit t'es sûr et tout et juste avant de partir je dis à Thomas j'ai fait oh et puis si il dit ton ballot j'irai le chercher ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah t'inquiète, il commence à me chauffer celui-là, et on avance, on avance, et à un moment donné, Thomas, je ne sais pas ce qu'il fait, il veut surfer une vague, je ne sais pas ce qu'il fait, et il tourne délicatement, là, tu as une bourrasque devant qui vient, qui tape sous le packraft, qui le décolle, et forcément, le vent, en plus, la vague, qui retourne le packraft, et je vois Thomas dans l'eau. Donc là, je fais, ok, super, branle-bas de combat, heureusement, j'ai eu l'autisme, c'est nagé, et il avait un gilet de sauvetage sur lui, ça, je fais, merci déjà mon dieu donc là je bombarde je récupère le packraft je lui demande si tout ça va il me dit ok oui ok je récupère le packraft comme je peux là j'essaie de de pagailler pour ramener le packraft au bord de l'eau le truc gonflé sauf qu'avec le vent c'était impossible de le tenir donc je suis en train je dégonfle le packraft j'y mets des coups de poing pour le foutre sur moi je rame à fond la caisse je bourre le packraft dans des roseaux en poussant avec la rame je fais une mi-tour à contre-vent et tout ça je bombarde je bombarde pour aller le récupérer parce qu'en fait on était à 300 300-400 mètres du barrage Caderousse qui était ouvert et je peux te dire ah ouais ah ouais et le truc il déboîtait et j'étais là oh enculé non non non non donc là je vais le chercher hop il s'accroche derrière je pagaie je pagaie hop tac j'appelle le Thomas on arrive tout va bien il sort de l'eau ça va et tout ouais ouais ça va je lui dis ok on fait le point de ta l'heure allez-y je finis, m'emmerder pas. J'ai fini, c'était chaud, je sors de l'eau et tout ça, hop, on va garer le véhicule, je fais, bon Thomas, mais si, il faut que je te parle. Je fais, écoute, je fais, là, c'était de la merde. Je fais, comprends que si moi je me mets en danger, c'est mon choix et je sais ce que je fais et je veux pas mettre d'autres personnes en danger. Je fais, là, ce que t'as fait, c'est que tu t'es mis en danger toi, t'as mis en danger le projet et Et en plus de ça, tu aurais pu y passer parce que le barrage, il est ouvert et franchement, un truc de malade. Et je dis, tu passais là-dedans, tu étais collé au fond et personne ne pouvait venir te chercher, ce n'était pas possible. Donc, ça aurait été très quand même compliqué d'expliquer à ta maman pourquoi est-ce que son fils de 21 ans, il est au fond d'un barrage, tu vois. Et il me dit en rigolant, il me fait, mais ne t'inquiète pas, de manière, ma mère, elle n'aurait rien su, elle ne regarde pas les réseaux sociaux, elle n'aurait rien su, etc. Et je lui dis, mais vraiment, tu crois vraiment qu'à 21 non tu crois encore ça toi tu crois que ta mère elle suit pas et tout il fait non non non on a fait une expédition je l'ai ramené chez lui je crois je rencontre ses parents on discute on boit un verre tout ça et sa mère qui regarde son fils qui lui dit mais franchement c'était cool j'ai tout suivi j'ai créé un compte Instagram exprès pour pouvoir suivre toute l'aventure et je le regarde moi dans les yeux et je lui dis nous sachons et il me regarde il fait ah merde je fais ah ouais qu'est-ce que je t'avais dit toi tu crois vraiment que c'est une maman je lui fais la maman va se débrouiller pour tout savoir elle va pas laisser partir son fils comme ça alors voilà c'était très très drôle à la fin c'est ce que je dis dans les aventures et c'est un truc que j'aime raconter souvent c'est que on sourit des bons moments et on rigole des mauvais moments parce que les mauvais moments en soi qu'est-ce qu'un mauvais moment ? j'allais dire si ça finit par la mort de quelqu'un c'est un mauvais moment entre guillemets mais on trouve toujours des solutions on arrive toujours à sortir de la merde et à la fin tu rigoles de tout ça tu te souviens quand on a fait ça on était vraiment con et je trouve que ça donne un peu de piment et puis ça a permis à Thomas de comprendre plein de choses et de se rendre compte qu'effectivement il faut rester humble faire attention etc que ça pouvait nuire au projet et c'était très enrichissant franchement malgré qu'il y ait eu cette erreur ça restait quelque chose d'assez bénéfique pour lui en tout cas d'avoir pris conscience chance de tout ça tu vois donc ça restait une aventure scientifique même si on a mis de côté le côté sportif on a eu quand même quelques coups de chaud quelques
Loïcpetits déboires bah tu m'étonnes
Rémivoilà et puis et puis fallait tenir le rythme parce que même si on faisait que très peu de kilomètres par jour entre une trentaine à peu près on faisait une trentaine de kilomètres par jour ce qui est pas grand chose mais couplé au fait qu'il fallait faire tous les interviews avec des gens qu'on allait rencontrer tous les prélèvements et des fois il y avait je pouvais mettre 20-25 minutes pour faire un prélèvement. Il faut s'arrêter, il faut stabiliser le bateau. Puis, si on a déterminé un point GPS à un endroit, le fleuve, lui, continue de couler. Donc, tu commences à tout préparer, à rincer tes échantillons. Il faut tout reranger. Il faut reramer, remonter le courant pour se repositionner à l'endroit où on avait déterminé le point GPS. Donc, c'était assez rock'n'roll. Et après, il a fallu gérer toute la presse qu'on pouvait avoir. On a eu... pas mal de passages de presse, et à partir de Lyon, on avait entre deux et trois interviews par jour. Et les mecs, ils viennent pour filmer pendant une heure et demie, deux heures, pour regarder que deux minutes, et j'ai dit, mais les copains, là, il faut qu'on se dépêche, parce que moi, j'ai encore de la route, et puis j'ai des échantillons, et après, on a tout annoté, enfin, il y a encore beaucoup de travail. Donc, c'est là où tu te rends compte que tu ne peux pas tout faire. Tu ne peux pas faire un projet sportif très intense, couplé à un projet scientifique intense, où tu ramènes de la donner et que ça soit parfait. Il faut à un moment donné faire le choix de mettre de côté quelque chose au détriment de l'autre parce que c'est le plus
Loïcimportant. Je trouve ça ultra intéressant et assez rafraîchissant cette approche que tu as de ne pas être, encore une fois, en disant rigolant avant de commencer, dans la recherche du record de « j'ai descendu le Rhône avec un oeil fermé, je suis le premier au monde à avoir fait ça » en marche arrière ou je ne sais pas quoi. Les premières... C'est intéressant de voir que c'est la position que tu as prise
Rémiet je trouve que c'est ultra inspirant. Mais pour toi, je ferai
Loïcla descente du
RémiRhône
Loïcà poil la prochaine fois. Voilà, très bien. Et je peux te dire que ça va buzzer sec. On va t'en faire des prélèvements. Écoute, c'est une très bonne transition. J'allais te demander du coup la suite. Est-ce que tu es déjà... Alors là, même si tu l'as expliqué, tu n'as pas tout à fait fini la phase de restitution, mais est-ce que tu as d'autres projets, d'autres choses à venir
Rémi?
Loïcsur lesquels
tu travailles déjà ? Oui, on aimerait beaucoup poursuivre sur la thématique des polluants éternels, des pifaces, sur des endroits un peu plus reculés encore. Je suis en train d'échanger avec les deux laboratoires, plus l'Institut Océanographique de Monaco, pour voir ce qui est possible de faire, et surtout ne pas faire de doublons. Ça ne sert à rien de repartir à un endroit pour dire, je vais partir au fin fond de tel désert aires ou de tels glaciers ou de machins pour faire des prélèvements si ça a déjà été fait aucun intérêt, mais si on peut compléter certaines données et que ça puisse vraiment nourrir la science et qu'on puisse derrière mettre en place des vraies solutions ou déposer des lois, des décrets bah en fait j'arrive mine de rien à faire mon petit bonhomme de chemin et puis d'avoir mon petit impact à mon échelle quoi, donc on est très content, là on est très axé sur la restitution parce que on veut que ça soit bien fait et puis surtout on veut que on veut délivrer le message et leur ramener les résultats je pense que il y a plein de gens qui nous ont suivi sur sur la descente du Rhône je crois qu'on a fait on a fait plus de 10 millions de vues en tout sur en termes de com ce qui est plutôt pas mal énorme et je pense que les gens attendent ça je reçois régulièrement des messages alors les résultats ils en sont où tout ça et c'est dur tu vois de leur dire il faut être patient Parce qu'en fait, ils pensent que demain, on a les résultats. Mais ce n'est pas parce qu'on a les résultats qu'on peut communiquer dessus. Les résultats, ce ne sont que des analyses. C'est la donnée brute, en fait. Exactement. Et derrière, s'il n'y a pas une interprétation de tout ça, vous allez tout de suite imaginer des choses qui ne sont pas forcément vraies. Donc, il faut pour ça prendre le temps. Et tu vois, on a fait l'aventure en septembre 2025 on est fin avril et on va sortir la publication à l'international donc tu te rends compte qu'on aura presque 9 mois d'attente pour avoir un truc qui soit bien fait donc ça prend du temps et ce temps est nécessaire et puis derrière ça va nous permettre de pouvoir travailler sur la phase de restitution avec les populations leur montrer le documentaire les résultats et puis leur apporter des réponses, parce que c'est vraiment important. Et puis de pouvoir repartir sur les bords du Rhône, parce que même si on est sur une aventure très ancrée sur le territoire, à proximité de la maison, j'allais dire, ça reste un très beau truc à faire, c'est très sympa. Tu vois, s'il y a des personnes qui, quand ils écouteront le podcast, ne connaissent pas la Via Rona, je vous conseille. Des fois, il n'y a pas besoin de partir à l'autre bout de la planète pour faire un truc fun. La Via Rona est un très, très beau truc à faire si vous voulez vous la coller vous partez directement en vélo jusqu'à je sais pas moi jusqu'à Lausanne ou jusqu'à Genève et puis vous remontez jusqu'en haut du Rhône en vélo je pense que vous allez avoir le cul en compote quand vous arriverez au belvédère du Rhône parce que je peux vous dire que ça monte sec faites un petit tour sur le glacier juste de vous rendre compte si vous pouvez y aller même avec des enfants avec vos enfants emmenez les sur le glacier prenez des photos d'eux juste pour leur dire voilà t'as 8 ans mon chéri, regarde je te présente le glacier du Rhône et j'espère qu'ils auront la possibilité d'y retourner quand ils auront ces enfants-là une trentaine, une quarantaine d'années, de se dire ah ouais, putain j'étais là quand j'avais 8 ans quand j'étais gamin, j'ai une photo, il n'y a plus rien. Et franchement c'est toujours assez impressionnant et après, kiffer cette descente du Rhône en vélo, c'est vraiment tout est aménagé, très sympa et on prend pas mal de plaisir donc c'est très joli, il y a des de chouettes trucs à faire.
LoïcExcellent. Je confirme, je n'ai pas fait toute la Vierrona, mais j'ai fait des petits bouts. J'étais monté à Annecy à vélo depuis Aix en deux jours et j'étais passé par des petits bouts de la Vierrona. Très, très sympa. Oui, complètement. Merveilleux. Écoute, Rémi, un grand merci. Juste dernier point, tu parlais de Campagne Ulule. Il y a déjà un lien actif, etc.
Rémiou pas encore ? Non, pas encore, mais ils veulent l'être très prochainement. Je ne sais pas quand est-ce que tu comptes sortir ce
Loïcpodcast. Écoute, très prochain. de moi aussi donc il faut que tu me tiennes au courant et je ferai en sorte que le lien soit au moment où les gens écouteront je suis à peu près sûr que le lien sera
Rémien description oui je pense aussi et bah ça marche pas de soucis c'est très gentil
Loïcen tout cas un grand merci Rémi c'était un plaisir une fois de plus et puis bah écoute je te dis à une prochaine pour un prochain débrief d'aventure ouais et puis
Rémisinon il faut que tu viennes
Loïcpédaler un petit peu bah écoute on va en parler voilà merci Rémi ciao
Rémi– Sous-titrage FR–