Le plus gros conseil que je pourrais donner, le plus gros hack pour réussir à enchaîner les journées, à courir longtemps, c'est alterner marche-course. Je programmais ma montre pour faire 5 km de course, 3 minutes de marche. Dans la tête, c'est hyper intéressant parce que ça te met des gros objectifs et tu te dis, 5 km, je l'ai fait 1000 fois dans ma vie, je vais y arriver. Bravo, tu viens de faire 5 km, tu fais ton ravito, ton check, hop, tu repars. Et ça, je l'ai fait pendant 1000 km. Et ça, ça a été vraiment un game changer.
LoïcVous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants Hello Olivier, bienvenue une nouvelle fois au micro des Frappés. Je suis archi content que tu reviennes sur le podcast quasiment trois ans après ton premier épisode. C'est beaucoup trop long, mais au moins on va avoir un paquet de choses à se raconter. Je pense qu'on va en particulier évoquer ta dernière folie furieuse que tu viens de terminer il y a quelques jours. Tu as traversé de la France en courant, mais on va sans doute parler de pas mal d'autres sujets. En tout cas, Olivier, ça me fait super plaisir. On était restés un petit peu en contact après ce premier épisode. Je trouve que ça avait bien fité. Et puis, je trouve que ce que tu fais, c'est archi inspirant, ultra intéressant. Donc, ravi que tu reviennes sur le podcast.
OlivierSalut Loïc. Ça fait grave plaisir de t'avoir à nouveau sur Les Frappés. C'est un podcast que j'adore. J'adore ta philosophie, ta bonne humeur, ton rire communicatif. Donc, c'est vraiment un grand plaisir de te retrouver aujourd'hui.
Eh bien, écoute, plaisir partagé. Vraiment, je suis ravi. Olivier, à l'époque, 2023, on avait parlé de beaucoup de choses, de sport, bien évidemment, c'était quand même le cœur du sujet, mais de sport pratiqué un petit peu différemment. On avait parlé de minimalisme, de régime cétogène à l'époque. S'il y en a qui n'avaient pas écouté ce premier épisode, foncez, le lien est en description. C'était ultra intéressant. Cétogène, aujourd'hui,
Oliviert'en es où? Ouais, en fait, le En fait, le régime cytogène, j'ai découvert ça il y a longtemps, il y a presque dix ans. J'ai beaucoup parlé sur mes réseaux, j'ai créé mes réseaux à la base pour ça, mais tu vois, j'en suis un peu revenu. Ok. Un peu... Déjà un peu parce que d'un point de vue sportif, ça fait longtemps que j'expérimente un peu les régimes locaux, mais que je me suis rendu compte que sur les très gros efforts sportifs de 5-10 jours, en fait, j'étais plus à l'aise à manger plus de glucides, plus de sucre parce que tu manges ce que tu peux, ce que tu trouves. Il faut s'alimenter. Tu ne peux pas rester 10 jours sans rien bouffer parce que sinon, déjà là, tu vois, j'ai perdu pas mal de poids sur ma traversée de la France. Du coup, j'étais assez... Je trouvais ça assez intéressant depuis plutôt être un peu dans ma vie de tous les jours, un peu plus low carb et pendant le sport, pendant les compètes, à remanger du sucre. L'UTMB, je l'ai fait comme ça et tout, tu vois, mais... Et aussi, en ce moment, j'en parle plus sur mes réseaux parce que En fait, j'ai gagné beaucoup d'abonnés ces derniers mois, ces dernières années. Et je me suis aussi beaucoup posé la question sur ma légitimité à parler de nutrition, sur le fait que, tu vois, ces dernières années, avec pas mal de comptes que je voyais passer, qui parlaient de science, qui parlaient de... tu vois, avec le Covid, etc., ou pas mal de trucs qui font qu'il y a pas mal de gens qui ont pris la parole sur des sujets qu'ils ne maîtrisaient pas. Et en fait, ça peut être assez dangereux, je trouve. Tu vois, les gens qui parlaient du Covid, du vaccin, etc. Donc moi, je me suis un peu senti mal à l'aise ces derniers temps à me dire, tu vois, là, j'ai 100 000 abonnés qui me suivent sur mes différents réseaux. Je ne suis pas nutritionniste et je n'ai pas forcément envie de parler de sujets sur lesquels je ne suis pas Je ne suis pas légitime. Et aussi, c'est un sujet assez clivant, tu vois. Et moi, ça me saoulait un peu de devoir défendre un truc... Alors que j'avais envie de passer aussi d'autres messages sur les réseaux. Et tu vois, j'étais vite catalogué de « Ah oui, mais le mec parle de cétogène, je le cancelle direct. » Alors que tu vois, j'avais d'autres sujets sur la course à pied et longue distance, etc. qui me tenaient plus à cœur. Et je prends plus de plaisir aujourd'hui à parler de ça. Et voilà, je n'avais pas envie de brouiller les messages. Et pour des raisons d'éthique personnelle, je n'en parle plus trop. Je ne parle pas d'alimentation parce que ce n'est pas mon métier. Et voilà. Donc voilà, pour le régime cétogène, j'ai un peu clos cette période de ma vie qui a été assez importante. j'ai pas forcément repartagé ce que je suis en train de te dire là publiquement sur mes réseaux je le ferai parce que je pense que c'est important d'être transparent envers sa communauté mais voilà en ce moment je parle plus de longue distance vélo, course à pied et je me sens plus légitime et plus serein à parler de ça
Loïcouais d'accord ultra intéressant au final que tu fais ton propre chemin alors c'est vrai que toi tu as cette particularité d'être quand même très suivi donc je comprends tout à fait ce que tu dis sur le fait d'être vigilant aux messages qu'on peut envoyer etc mais malgré tout vraiment allez écouter cet épisode sans comme tu viens de le dire sans être des scientifiques ni toi ni moi toi tu as mis en pratique beaucoup beaucoup beaucoup de choses mais moi ça m'avait vraiment ouvert les yeux sur finalement une approche de la nutrition différentes. Je pense qu'il ne faut pas être un ayatollah absolu sur certains sujets. Peut-être que dans le cytogène, il y a du bon à prendre. Visiblement, c'est ce que toi, tu as fait. Tu as retenu le bon et tu es passé à autre
Olivierchose. En fait, carrément, je suis assez curieux pour tester un peu les choses à droite, à gauche. Maintenant, j'ai beaucoup pris de recul là-dessus, comme je te disais. Par rapport au... à la nutrition sportive actuelle, tu vois, je suis à 100% OK avec tout ce que les nutritionnistes du sport disent parce que c'est leur métier, etc. Mais j'ai toujours un petit regret de me dire que, tu vois, moi, j'ai testé le cétogène sur moi, j'ai fait des marathons à jeun, avec beaucoup de plaisir, j'ai lu beaucoup d'études parce qu'il y a quand même des études qui sortent sur le sujet. Et je trouve que la nutrition du sport, c'est vraiment aujourd'hui un truc où... où le cétogène et le carb, ça aurait pu être considéré comme une alternative possible dans un certain contexte, etc. Mais dire que c'est une alternative possible, ça ne veut pas du tout dire que la nutrition du sport basée sur beaucoup de glucides et tout, ça ne marche pas. Et je trouve que c'est dommage que les nutritionnistes du sport ne connaissent pas beaucoup le sujet. C'est vrai. Et... Mais voilà, comme je disais, moi, je n'en parle plus parce que je n'ai pas envie de prendre le risque de gens qui me disent « Ah, à cause ou grâce à toi, j'ai fait ça et puis du coup, j'ai eu tel problème de santé. Moi, je ne veux pas du tout être dans ça.
» Je vois, je vois. Bon, page tournée, mais intéressant en tout cas que tu traces ta route par rapport à ce sujet de la nutrition. Sur la partie minimaliste qui était clairement le deuxième gros pilier de ta pratique sur lequel on avait beaucoup échangé. Là, par contre, tu me dis si je me trompe, mais pas de changement. Donc, toi, tu cours en sandales, voire pieds nus, si je ne me trompe pas. C'est un peu comme ça que tu avais buzzé la première fois sur un marathon.
OlivierOuais, j'ai fait un semi-pieds nus. J'ai fait un semi-pieds nus il y a un mois ou deux. Ouais, très cool aussi. Bon, j'ai fini avec pas mal de cloques parce qu'en fait, il faut vraiment se tanner les pieds en courant pieds nus à l'entraînement, ce que je n'ai pas vraiment fait, mais très cool.
LoïcSachant que ce n'est pas une nouvelle pratique pour toi, ça fait un moment
Olivierque... Ouais, en fait, moi, je cours depuis 2015, donc il y a... c'était à 11 ans j'ai vite switché en minimaliste en découvrant la clinique du coureur qui disait qu'en gros il valait mieux prendre des bonnes habitudes dès le début et et commencer la course à pied avec des chaussures très légères pour vraiment adopter une bonne foulée, prendre les bonnes habitudes, parce qu'après 10 ans, c'est un peu trop tard. Et du coup, en 2016, 2017 à peu près, j'achète des chaussures très très fines, des genres de chaussons de danse, fermées. Et en fait, direct, je me rends compte que j'adore ça, parce que direct, tu as une sensation de légèreté, de ne pas avoir de poids aux pieds, d'avoir le contact au sol direct, même si c'est beaucoup d'impact, parce que tu n'as pas d'amorti, et ben en fait tu t'aperçois que ton corps il réagit il s'adapte tes muscles ils se renforcent tu vois au début quand tu te mets à courir pieds nus alors que t'as jamais fait les mollets ils prennent cher mais après tes mollets ils sont plus forts tu sens tes tendons tes os tout se renforce et en fait du coup ça c'était en 2017 donc il y a quand même très longtemps genre 9 ans tu vois et après je suis passé aux sandales je suis passé aux sandales en en 2020 2021 je pense que ça fait à peu près 4-5 ans que je suis quasiment full sandales 3-4 ans sûr que je suis full sandales et en fait en fait le truc c'est que quand t'es habitué moi je suis vraiment ouvert et tu vois comme tout comme l'alimentation je me dis bah si un jour je m'aperçois que c'est pas une bonne idée que j'ai envie de me remettre des grosses chaussures et tout bah j'ai aucun souci avec ça sauf que sauf qu'en fait quand t'es habitué à courir très léger, avec des chaussures très légères, une foulée adaptée pour ça, une foulée qui ne fait pas de bruit, très légère et tout. En fait, tu vois, maintenant, c'est les grosses chaussures ou les chaussures classiques que les gens disent, ah, elles sont hyper confortables et tout. En fait, moi, je ne peux plus en mettre. Dès que je mets des chaussures normales, j'ai l'impression d'avoir des sabots. Et tu vois, pour la petite anecdote, je fais l'UTMB en 2020, je ne sais même plus, 2021. Je termine l'UTMB en 2024 et juste avant la course, il y a une agence qui m'offre des Oka. C'était les Oka Speedgoat 6. Je ne sais pas si elles sont connues pour être légères, pas légères et tout. Et en fait, tu vois, moi, je reçois ça, c'est gentil de me les envoyer, donc je les teste. Et en fait, je mets ces chaussures chez moi. Et là, direct, je me dis, mais en fait, c'est pas possible... Vraiment, tu vois, si je m'étais aperçu que j'étais hyper confort et tout, j'aurais pu repasser en chaussures. Mais juste, tu vois, je mets ces grosses chaussures aux pieds. Et là, je m'aperçois que c'est des chaussures ultra rigides que tu ne peux pas du tout plier à la main. Mes pieds, ils étaient coincés dedans. Ils ne pouvaient plus faire aucun mouvement. J'étais coincé dans une espèce d'armure, tu vois. Et... et tout ça pour te dire qu'en fait maintenant que je suis adapté aux sandales en fait je peux je pense que je peux plus je pourrais plus repasser à des chaussures normales parce que j'ai une sensation d'inconfort qui est pas possible et je me dis c'est assez fou parce que si j'avais mis ces chaussures il y a 10 ans quand j'étais habitué aux chaussures et tout peut-être que je les aurais retrouvées confortables j'aurais pas eu je me serais pas posé la question parce que mon corps il aurait été adapté et le fait de courir depuis presque 10 ans minimaliste et de remettre des chaussures classiques j'ai l'impression d'avoir des sabots aux pieds et c'est plus possible donc c'est pour ça que maintenant je fais tout en sandales je me pose même plus la question tu vois et c'est pour ça que j'ai traversé la France en sandales parce que c'était même pas un sujet pour moi en fait je suis habitué et je l'ai fait comme ça
Loïcquoi ouais bien sûr alors j'ai grâce à toi grâce à Nicolas Cassier et quelques autres invités j'ai découvert aussi le plaisir de je dirais pas de courir parce que je fais pas de grande distance en sandales mais en tout cas régulièrement sur tout l'été de de me déplacer en outdoor, en sandales. Et j'avoue que c'est ultra agréable. Et je comprends le fait que, j'imagine quand tu es habitué, je ne sais pas combien elle pèse les sandales, 90 grammes
Olivier?
Oui, 80 grammes, je crois. Repasser à des chaussures intégrales, complètes, ça ne doit pas être évident. Donc, l'approche minimaliste, clairement toujours au cœur de ta pratique. Tu t'y es fait et c'est comme ça que tu cours toi. Tu l'as mentionné en tu viens de le mentionner à l'instant, il n'y a pas très longtemps, tu t'es lancé sur un énorme défi. Alors, il y en a eu un paquet quand même. Depuis 2023, tu es ultra actif et c'est cool parce que tu communiques sur tout ce que tu fais. Mais là, récemment, tu t'es dit, allez go, on va se faire un petit Dunkerque-Marseille tranquillou, en courant, une traversée de la France nord-sud. Ça t'est venu comment
Olivierl'idée? En fait, moi, après avoir fait quelques années de course à pied assez classique, on va dire du 10 km au marathon quand j'ai commencé à courir après j'ai découvert l'ultracyclisme en 2020 2020-2021 à peu près donc tu vois venant de la course à pied je découvre l'ultracyclisme je découvre il y a des courses qui traversent la France à vélo et tu vois moi quand je regarde la carte de France qui fait une diagonale 2500 km je me dis mais en fait c'est complètement irrationnel c'est impossible mais à la fois vu que c'est impossible mais qu'il y a des courses organisées ça a l'air d'être Et de là, j'ai commencé l'ultracyclisme. Donc, je termine deux fois la Race Across France en 2021-2022. En 2023, je refais une autre course de 2500 kilomètres qui va jusqu'au Monténégro. En 2024, un mois avant l'UTMB, je fais la C2 Peak. C'est la traversée de la France à VTT cette fois-ci. 2500 kilomètres aussi. Et tu vois, de faire ces courses... à vélo ça a été vraiment une passion incroyable parce qu'il y a un truc de de t'avances 24h sur 24 quasiment tu dors peu à vélo tu fais énormément de kilomètres tu vois des paysages tu traverses des régions entières en un claquement de doigts et à la fin tu vois je termine sur l'heure de course et comme je te dis la première fois que je terminais la race au Cross France je me suis vraiment dit mais là je viens de faire un truc qui était impossible mais c'était dans mes plus grands rêves c'était impossible tu vois tu traverses la France en 7 jours 2500 km et donc tu vois j'ai ma période ultra cyclisme où je laisse un peu la course à pied de côté et après progressivement je me remets à courir mais tu vois je faisais moins de kilomètres j'avais un peu moins la forme c'était quand même assez dur mais petit à petit je me remets à courir je retrouve un petit niveau moi j'ai étudié à Grenoble j'ai découvert le trail à Grenoble mais sauf que 6 mois plus tard je déménageais à Lille pour mon premier travail donc j'avais arrêté le trail en 2022-2023 quand je me remets à courir un peu sérieusement je me dis bah vas-y y'a pas de raison de pas faire de trail même si t'habites à Lille donc là je me remets un peu à faire du trail je m'entraîne en fait j'ai de la famille en Savoie donc je redescends m'entraîner un peu en Savoie je refais quelques courses de trail je fais une course by UTMB à 100 km je suis direct qualifié à l'UTMB donc ça c'était tu vois en 2023-2024 donc je me dis écoute je suis qualifié j'ai l'impression qu'il ne faut pas que je passe à côté de ce sésame tu vois parce que tu vois j'étais pas trop dans ce délire de circuit UTMB et tout mais je me dis bah écoute j'ai le sésame vas-y go je le fais donc c'est pour ça que je termine l'UTMB en 2024 cool très content de l'avoir fait d'avoir vécu un peu le truc d'avoir vu ce mythe de l'intérieur ce truc qui fait rêver tout le monde en sandales en sandales ouais exactement parce qu'en fait comme je te disais moi je me pose même pas la question je suis habitué aux sandales et après coup je me rends compte que en fait l'ultra trail il y a énormément de gens qui ont des problèmes de pieds parce que tes pieds ils macèrent à la fois à cause de la pluie ou à cause du fait que tu marches dans des flaques mais aussi par l'humidité par la transpiration des pieds et en fait tu sais il y a des photos qui te sur les réseaux de pieds dégueulasses et tout. Tu as des crevasses, beaucoup de cloques et tout. Et en fait, d'après coup, je m'aperçois qu'être en sandales, en fait, je ne dis pas que c'est la solution idéale, que j'aurais zéro cloque. Oui, tu peux avoir une ou deux cloques quand tu cours 40 heures en sandales. Mais sauf qu'en fait, tu as les pieds qui respirent et qui massèrent moins dans leur humidité. Ce qui fait que moi, tu vois, je termine l'UTMB, j'ai vraiment les pieds dans un bon état. Tu vois, j'ai la peau qui est dans un bon état. Je lave mes pieds et je n'ai pas ces crevures ses crevasses pardon et tout et donc ouais je terminais en sandales l'UTMB j'ai un peu de chance parce qu'en fait l'UTMB tu peux le courir en chaussures minimalistes ou en sandales s'il n'y a pas le kit grand froid activé tu vois moi l'année où je le fais on a un temps idéal pas de pluie Je mets ma veste de pluie à la fin de la nuit, mais vraiment par confort. J'aurais pu faire tout l'UTMB en t-shirt, tellement il faisait beau. Condition idéale, alors que l'année suivante, je crois en 2025, c'était qui de grand froid, neige en haut d'école. Donc là, je n'aurais pas imaginé ce qui se serait passé. D'autant que je t'ai parlé des Oka Speedgoat qu'on m'avait envoyé. Et en fait, moi, je les avais mis dans mon sac de délestage en me disant, en fait, deux jours avant la course... il peut y avoir le kit grand froid activé et si le kit grand froid activé je dois courir avec ces Oka mais j'ai jamais couru avec j'ose même pas imaginer donc tu vois je croisais les doigts je me disais non mais pitié pas de kit grand froid et tu vois genre le jour de la course quand à midi tu reçois l'SMS qui te dit pas de kit grand froid activé let's go tu peux courir comme tu veux je me suis dit oh punaise heureusement parce que je sais pas comment j'aurais fait tu vois c'était une angoisse donc on parlait de quoi ouais UT En fait, la Traverse de la France en courant, ça me vient un peu de là, au moment où je me remets à courir, à reprendre du plaisir en course à pied. Et avec ce côté minimaliste qui me tenait vachement à cœur. Et tu vois, comme je te parlais rapidement des courses de vélo, j'avais vraiment compris un truc avec ces courses de vélo qui était que le corps humain, c'est une machine incroyable. Et en fait, je m'étais dit en terminant ces courses de vélo que Il y a un truc qui est fou de se dire... tu as fait 2500 kilomètres avec uniquement ta force physique, tu vois. Il n'y a pas d'extérieur, il n'y a pas de moteur dans le vélo, il n'y a pas de train, de je ne sais pas quoi. C'est uniquement tes jambes qui ont fait ça, tu vois. Et donc, tu vois, je fais ça, je me dis, je pensais que c'était impossible, je réussis. Je fais d'autres courses un peu sur le même format, mais tu vois, malgré tout, la deuxième, troisième, la quatrième course que tu fais, il y avait un peu moins le truc de de me dire « Finesse, j'ai fait un truc qui était impossible. » Je prenais le départ de ces 2500 kilomètres en me disant « Bon, je l'ai fait une fois.» S'il n'y a pas de blessure, s'il n'y a pas de chute ou quoi, je sais comment on fait. Normalement, ça devrait bien se passer. Et au final, je passe la ligne d'arrivée, très content de l'avoir fait. J'ai vécu une semaine incroyable sur le vélo, mais il y avait moins le truc de me dire, je ne savais pas comment ça allait se finir, je ne savais pas si j'allais arriver au bout. Et aussi le côté minimaliste, peu de matériel, qui me tenait beaucoup à cœur en course à pied avec les sandales, que j'avais découvert à vélo. Tu vois, tout ça dans la tête, ça fait un peu son chemin. Et je me dis, mais en fait, c'était un peu minimaliste à vélo parce que je n'avais pas beaucoup d'affaires, je n'avais pas de rechange, je dormais dehors et tout. Mais malgré tout, tu as quand même une aide mécanique. Un vélo, ça te fait doubler ou tripler ta vitesse par rapport à ce que t'es capable ou ce que ton corps est capable et de là à un moment donné dans la tête je me dis mais le côté le plus enfin le... le plus minimaliste, avec le moins de matériel possible pour traverser la France, en fait, ce n'est pas le vélo, c'est la course à pied. Et donc là, rapidement, je me suis dit, vas-y, il faut que je traverse la France en courant parce que ça a l'air... C'est pareil. Et tu vois, il y a ce truc, c'est impossible. Mais en même temps, je vais étudier, je vais chercher s'il y a des gens qui l'ont déjà fait. Je vais essayer de m'entraîner. Je ne savais pas trop comment m'entraîner à l'époque. Je ne savais pas trop combien je pouvais faire de kilomètres. etc mais tu vois une fois que je me suis dit vas-y go on va tenter de traverser la France au courant j'ai commencé à faire mes recherches à m'entraîner pour et ça c'était il y a presque deux ans c'était en 2024 que j'ai commencé à penser
à ça incroyable incroyable waouh ok et du coup quand t'as commencé tes recherches etc c'est quoi qui est ressorti assez rapidement sur la logistique physiquement ce qui était possible
Olivierouais en fait en fait déjà tu vois je tape sur Google traverser la France en courant. Moi, mon idée, c'était à la base de traverser la France en courant. En termes d'itinéraire, je ne savais pas trop quoi faire. Mais rapidement, je tombe sur des gens qui parlent de l'île Nice en courant. Et en fait, je me dis que ça, c'est impec parce que quand j'ai commencé l'ultracyclisme, pour me préparer pour la Race Cross France, j'avais fait exactement l'île Nice à vélo parce que j'habite à l'île et j'ai grandi à Nice et symboliquement il y avait un truc qui était assez intéressant d'aller rejoindre ma famille à Nice donc je me dis bah trop bien il y a des gens qui ont fait l'Ignis à vélo enfin il y a des gens qui ont fait l'Ignis en courant symboliquement il y avait un truc que je l'avais fait à vélo du coup je vais le faire en courant je me dis vas-y let's go je fais ça et après en fait c'est des gens qui avaient fait ça il y a assez longtemps il y a une dizaine d'années donc je les contacte mais ils n'avaient pas trop d'itinéraire et tout donc je commence à tracer et puis je m'aperçois vite que bah en fait une fois que t'arrives autour de Lyon Grenoble bah en fait tu dois traverser les Alpes en courant Mais moi, mon projet, ce n'était pas vraiment de faire un truc en trail, c'était plutôt de faire de la route plate. Et là, tu vois, dans mon itinéraire, je commence à voir qu'il y a des 20 000 mètres de dénivelé positif, il y a des cols, tu vois, il y a le col de Luce-la-Croix-Haute à passer en courant, si tu n'as pas envie de faire du trail en montagne. Et là, je me dis non, mais laisse tomber, moi, ce n'est pas du tout ce que je veux faire, je n'ai pas envie de me taper des cols de 1500 mètres de dénivelé en courant, ce n'est pas du tout le projet, tu vois. Donc là, je m'aperçois que ce n'est pas forcément l'idéal de... d'arriver à Nice? Et donc, en fait, je me dis, j'ai envie d'arriver à une ville, une grosse ville que les gens connaissent, qui est un peu impactante d'un point de vue symbolique, tu vois. Et je me dis, il faut arriver à Marseille parce que Marseille, c'est au milieu de la Méditerranée, c'est la deuxième plus grosse ville de France. C'est un peu un mythe, tu vois, d'arriver à Marseille sur le Vieux-Port, la Cannebière et tout. Donc, je me dis, vas-y, let's go, je fais l'île Marseille. Donc, l'île Marseille, ça fait traverser la France. Puis rapidement, tu vois, je Je commence à tracer, je vois 1000 kilomètres à peu près. Je me dis, c'est cool. Mais je me dis, non, mais tu arrives à la mer, tu ne peux pas partir de l'île. Il faut que tu partes de la mer, tu es obligé. Donc là, tu vois, j'ajoute une étape. Et pareil, je me dis, il faut partir d'une grande ville. Donc là, je me dis Dunkerque parce que Dunkerque, c'est la plus grande ville, la plus au nord-est de France, la plus proche de la frontière belge. Et donc de là, je me dis, ça ajoute presque 100 kilomètres. Il va falloir les faire et tout. C'est pour ça que rapidement, je m'arrête sur ça, Dunkerque-Marseille. Parce que l'idée, c'est du coup, comme je te disais, il y a un truc un peu symbolique d'aller d'une mer à l'autre qui a c'est stylé rejoindre deux grandes villes que les gens connaissent et donc là je me dis vas-y let's go Dunkerque Marseille donc je commence à tracer l'itinéraire comme ça et après en termes de comment on s'entraîne Est-ce qu'il y a déjà des gens qui ont fait ça? Etc. En fait, ça, c'est assez compliqué parce que je cherche beaucoup, mais je trouve assez peu de ressources. Et je tombe sur des gens qui ont déjà fait des traversées de la France, qui ont déjà fait des grandes traversées, France, autres pays, des continents et tout. Euh... Mais en fait, c'est souvent des gens qui communiquaient assez peu sur leur projet parce que c'est des choses qui sont assez à l'ancienne quand même. Il y a un Français qui est assez connu, qui a fait des choses assez folles, qui a traversé tous les continents au courant, qui s'appelle Serge Girard. Donc, tu vois, j'essaye de le contacter. Il n'a pas beaucoup de temps et tout, mais je lis un peu ses exploits. Et d'un côté, il y a donc des gens qui ont fait vraiment des exploits, qui ont fait des records sur traverser des Etats-Unis, d'Est en Ouest, ou des trucs complètement fous comme ça. Eux, ils sont plutôt sur un mode de... Ils courent des années entières sur des 80 km par jour à peu près. Ah ouais! Donc des choses assez folles. Tu vois, Serge Girard, il a... Je veux pas te dire de bêtises, mais dans mes souvenirs, il traverse les Etats-Unis d'Est en Ouest parce que c'est son projet, d'une côte à l'autre. Et une fois arrivé à à son point d'arrivée il se dit là j'ai fait l'aller il faut que je fasse le retour et je crois que c'était pas trop prévu à la base mais au final il se met à faire le retour tu vois donc il fait genre je sais pas 8000 kilomètres en tout donc des choses assez folles donc ouais ouais il y a des gens comme ça qui font des trucs donc tu vois je tombe sur ça et je me dis il y a des gens qui le font c'est à dire que humainement potentiellement c'est faisable et en fait Et en fait, c'est assez marrant parce que moi, quand je lance mon projet en 2024, j'ai cette envie d'en parler sur les réseaux, de parler d'un projet assez fou et tout. Sauf qu'entre le moment où j'en parle en octobre, novembre 2024, j'en parle en octobre 2024 pour partir en octobre 2025, en fait. Donc, je me dis, j'ai un an pour me préparer, pour communiquer dessus, faire monter la sauce un petit peu, parler de ma prépa, etc. Et en fait, c'est marrant parce que moi, je me dis, sur les réseaux, il n'y a personne qui a communiqué sur ce genre de projet. Et entre temps, il y a plein de gens qui se sont mis à faire des grandes traversées, tu vois. Et à la fois, je me dis, c'est trop cool. À la fois, je me dis, mon projet, ça ne va pas être un projet un peu unique. Mais je me dis, c'est trop cool parce qu'il y a plein de gens qui font ce genre de choses, qui en parlent, ça fait beaucoup de bruit. Il y a Joe Guz qui a fait Paris-Milan. Il y a Courir pour toi qui a fait un tour de France en courant. Avant ça, il y avait Nicolas Vandenelsken, exactement, avant ça, qui est un pote parce que moi, je l'ai contacté en me disant je lui ai posé toutes les questions comment on fait 110 marathons en 110 jours comment on traverse la France en courant donc il m'a donné énormément de conseils ce qui m'a énormément aidé on a aussi beaucoup échangé sur son asso Universe Sport donc moi je suis rentré dans l'asso Universe Sport parce qu'à travers ce projet il y avait aussi des messages un peu sur le minimalisme la sobriété mais pas uniquement que sur les sandales aussi sur le fait que traverser un pays son propre pays et vivre une aventure sportive incroyable en partant quasiment de chez soi plutôt que en prenant l'avion pour aller à l'autre bout du monde tu vois moi ça me tenait assez à coeur d'avoir ce côté j'ai fait une aventure sportive folle d'un point de vue sportif mais aussi limitée en termes d'émissions de CO2 donc il y avait tout ça qui rentrait en jeu etc et donc ouais par rapport aux gens comme je te dis moi j'ai pas beaucoup de je trouve assez peu de choses sur internet finalement mais en gros je vois qu'il y a plusieurs façons de faire il y a les ultra coureurs un peu à l'ancienne certes Girard, etc., qui font beaucoup de kilomètres, mais qui sont suivis par un camping-car d'assistance. Et à la fois sur les réseaux, il commence à y avoir beaucoup de gens qui font des longues choses et traverser la France non courant, mais eux qui sont plutôt sur un mode de « ils font à peu près un marathon par jour ». Et en gros, moi, tu vois, je regarde, quand je commence à tracer, je me dis, concrètement, est-ce que je suis capable de faire un marathon par jour? Est-ce que je suis capable de faire plus? Et en fait, moi, il y avait quand même beaucoup ce truc de le faire le plus rapidement possible, mais pas forcément d'être dans un truc de performance absolue, ultime, de record à la base et tout, mais plutôt de me dire... En fait, moi, j'avais adoré, quand je faisais des courses d'ultracyclisme, le truc de... Tu pars au lever du jour ou tu pars, il fait nuit, tu roules toute la journée et t'arrives à, je sais pas, 22h, minuit. Mais vraiment, tu roules du... du lever au coucher du soleil. Et moi, ce truc en ultracyclisme, c'est vraiment un truc qui m'a marqué vraiment très profondément, que j'ai adoré. Et c'est pour ça que quand je commence à réfléchir à mon projet Traverser la France en courant, je me dis, faire un marathon par jour, c'est un exploit sportif qui est démentiel. Mais moi, j'aime bien ça, mais ça ne m'intéresse pas trop d'être en mouvement que... On va dire, tu vois, un marathon, en gros, ça dure 4 heures. Là, vu que je vais être plus lent parce que ça va être plus... Il faut enchaîner les journées. Ok, tu vois, je vais être 5-6 heures dehors. Ça veut dire que je vais partir à 8 heures du matin. Mais en fait, à 13 heures, je suis à la maison,
Loïctu
vois. Donc, tu vois, rapidement, je me dis, peut-être que c'est ma limite physique, mais en même temps, tu vois, je vais faire quoi? Je vais courir de 8 heures à 13-14 heures. À 14 heures, je vais être à l'eau bah je fais quoi tu vois j'attends je mange je sais pas ce que je vais faire et tu vois il y avait ce truc de me dire bah bah c'est je comprends qu'il va falloir que je me ménage physiquement mais ça ne m'intéresse pas trop d'être en mouvement que 5-6 heures dans la journée j'ai envie d'être en mouvement je ne sais pas 10-12-15 heures donc tu vois rapidement j'essaie de faire un mélange des deux entre les gens qui ont de l'expérience et qui font autant de kilomètres moi qui n'ai pas trop d'expérience mais qui ai envie d'être longtemps en mouvement et il y a ça qui fait que Dès que j'annonce le projet, je me dis... En fait, je comprends que physiquement, il va falloir que je m'entraîne, donc que j'augmente mon kilométrage à l'entraînement hebdo mensuel pour vraiment habituer le corps à ses chocs. Parce que contrairement au vélo, qui est un sport porté ou globalement... Tu as des risques de blessures, mais qui sont finalement assez limités, qui sont beaucoup sur les genoux, sur les tendinites, les bandes d'Achille, etc. Parce que c'est un sport très répétitif. Donc, si tu as une mauvaise position, tu peux te blesser, mais tu as quand même moins d'impact. Là, je m'aperçois direct, en fait, si tu veux être capable de courir beaucoup de kilomètres chaque jour, il faut que j'augmente mon kilométrage à l'entraînement. Donc, progressivement, j'augmente et tout. Et après, en augmentant mon kilométrage à l'entraînement, j'atteins un plateau autour de... 100-130 kilomètres par semaine en me disant, il faut que je fasse le plus de kilomètres possible, mais il ne faut pas que je me blesse. Donc, j'étais toujours dans un truc de faire beaucoup de volume et dès que j'avais une petite gêne, j'essayais de réduire. Donc, j'étais un peu dans la jugeote, un peu au feeling. Et après, dans mon entraînement, je commence à faire des longues sorties, mais tu vois, on va dire, je commence à faire des marathons à l'entraînement, donc des 40-50 kilomètres. Je me dis, ok, ça passe bien, mais est-ce que je peux repartir le lendemain et tu vois là je commence à faire mes premières longues sorties de même plus que marathon tu vois je commence à faire des 60, 70, 80 kilomètres sauf que je me réveille le lendemain et là je suis dans mon lit et je me dis bah là je peux plus bouger je peux plus courir tu vois tu vois j'ai un dans mon début d'entraînement il y a un un entraînement qui a été assez marquant pour moi qui a vraiment marqué le début du projet c'était l'île Dunkerque donc Ce qui est marrant, c'est que c'est l'étape inverse de ma première étape au final. Je fais l'île Dunkerque, je fais à peu près 80-90 kilomètres. En one shot. En one shot, tu vois, donc trop bien. En plus, je fais une vidéo et là, la vidéo, elle buzz pas mal. Je fais des centaines de milliers de vues. Je ne sais pas, 300 ou 500 000 vues. C'est aussi le début où je m'aperçois que je fais des vidéos sur les réseaux et que d'un coup, ça pop un peu, donc c'est assez marrant. Donc, l'île Dunkerque, incroyable. J'arrive à Dunkerque, j'arrive à la gare, je ne peux plus marcher. je prends le train, j'arrive à l'île, je me réveille le lendemain et je me dis, vas-y, le lendemain, je vais me faire mon petit footing de 5 kilomètres juste pour voir. Sauf qu'en fait, je suis dans mon lit et mes tendons, mes muscles, mes jambes, je ne peux plus bouger, tu vois. Et là, ça a été un bon électrochoc parce que je me dis, ok, tu as fait peut-être une étape de ce que tu as envie de faire en termes de nombre de kilomètres à peu près, sauf que tu ne peux plus bouger et tes tendons, ils sont en feu. J'étais chez moi dans mon appart, mais tu vois, je sortais de mon lit pour aller acheter... cherchais à boire et à manger mais je ne pouvais plus me fermer je ne pouvais pas faire 10 mètres en marchant et je me remettais dans mon lit je dormais tu vois donc là je comprends très rapidement que l'enjeu ça ne va pas être de courir 80 ou 100 kilomètres parce que ça ça c'est dur ça te tue les jambes etc mais si tu cours doucement que tu gères que tu marches que tu manges que tu bois bien que tu prends vraiment ton temps, que tu as une vitesse vraiment très faible par rapport à ta vitesse d'endurance fondamentale de tes 10 km classiques, je me rends compte assez rapidement que courir une centaine de kilomètres par jour, c'est faisable. Tu t'entraînes, tu le fais. En vrai, n'importe qui qui est motivé, qui s'entraîne un peu, qui a envie de faire un 100 km sur le plat, il va le faire, même s'il va le faire en 18 heures, tu vois. Même s'il va marcher 80% du temps, qu'il va courir très, très doucement. Tu pars à 4 heures du mat, je suis sûr que à minuit t'avais fait tes 100 km donc ça je me dis ça ok c'est faisable par contre comment tu fais pour repartir le lendemain parce que moi l'idée c'est pas d'avoir des jours de pause c'est pas tu vois c'est de tu t'endors tu t'endors à l'hôtel tu travailles le lendemain à 6h du matin t'es reparti quoi et là je me et ouais ouais là là tu vois on est à On est à peu près un an avant de partir, parce que j'annonce direct, ça va être en octobre-novembre. Et je me dis, OK, là, l'objectif, c'est de réussir à enchaîner les journées. Donc là, dans l'entraînement, je continue à faire de temps en temps des sorties longues, des 40 kilomètres qui deviennent des 60, 70, 80, 90. Donc quasiment toutes les semaines, je me tape des 80, 90 kilomètres. Mais progressivement... Tu veux
Loïcdire au moins une sortie de 80, 90 kilomètres, c'est ça
Olivier? ouais ouais ouais chaque semaine en fait au début là je te parle si il y a longtemps mais dans mes souvenirs au début je faisais courir tous les jours et un marathon le vendredi un marathon le dimanche avec au milieu un 10 km le samedi pour quand même essayer d'enchaîner les journées et progressivement l'idée c'était de temps en temps de faire des sorties plus longues qu'un marathon qui progressivement se sont approchées des 100 km et progressivement de faire aussi des sorties un peu moins longues genre entre 40 et 70 km avec enchaîner le lendemain un 10 km, un 20 km Et ouais, au début... Au début, tes premières foulées, quand tu as fait un marathon ou un 150 kilomètres, le lendemain, tes premières foulées, c'est dur, tu vois. C'est horrible. Mais malgré tout, tu vois, je m'aperçois que progressivement, ça se passe de mieux en mieux et j'arrive à recourir le lendemain.
LoïcEt tu arrives à esquiver les blessures dans cette première phase
Olivier? En fait, c'est comme je te disais tout à l'heure, c'est vraiment... Je n'ai aucun plan d'entraînement. Je n'ai aucune idée préconçue de... Dans un mois, je dois faire... tant de kilomètres par semaine, j'en avais aucune idée. Donc, tu vois, j'étais sur un plateau à 130 à peu près kilomètres par semaine. Ça se passait très bien. Et après, avec les longues sorties et tout, j'arrivais à mettre des pics à quasiment entre 160 et 200 kilomètres par semaine de temps en temps. Oh, putain! En me disant... Et tu vois, je me dis, mais le corps, il tient, quoi. Et en fait, en fait, aussi, pour tenir, j'avais complètement réduit les sorties plus intenses. Enfin, les fractionner à vitesse et tout donc je faisais quasiment plus de vitesse et donc ouais l'entraînement il se passe comme ça de mois en mois je m'aperçois que j'arrive à enchaîner et progressivement j'arrive à faire deux sorties longues par enchaîner tu vois euh Et là, je me dis, cool, trop bien. En parallèle, je bossais beaucoup sur mon itinéraire. Et là, quand je trace mon itinéraire, je m'aperçois qu'en fait, le nombre de villes en France qui sont assez grandes pour avoir des hôtels ou des hébergements, tu passes dans des régions où il y a peu de choses. Dans le nord de la France, on va dire, entre Lille et... l'île la Picardie t'arrives en Champagne bah punaise je m'aperçois qu'il y a pas beaucoup de villes pour dormir et donc en fait je m'aperçois que c'est soit tu fais une ville tous les 50 kilomètres soit tu fais une ville tous les 100-110 kilomètres mais t'as pas une ville tous les 80-90 kilomètres donc direct je trace en me disant bah écoute ok là là en gros il y a une étape qui allait de Reims à Troyes mais il y avait pas de il y avait pas moins long tu vois c'est
Loïcultra intéressant j'aurais jamais pensé à cet aspect logistique
ultra intéressant ça a été un gros casse tête parce qu'en gros quand je fais mon premier itinéraire pour partir en octobre on en reparlera mais du coup la première tentative c'était en octobre où là autour des jours 3 et 4 j'avais des étapes qui étaient à presque 120 km aussi parce que j'avais des contraintes parce qu'on m'avait proposé l'hébergement et donc j'étais un peu là ok on me propose l'hébergement ça me fait des longues étapes mais en même temps j'ai pas trop le choix mais avec le recul j'aurais pu avoir le choix en refusant les hébergements qu'on m'avait offert mais tu vois c'est un peu dans des trucs de dans des arbitrages qui sont assez compliqués et et ouais la première la première fois j'avais je crois j'enchaînais 110 120 115 tu vois mais en fait c'était beaucoup tu vois la deuxième la deuxième partie la deuxième fois que j'ai la deuxième tentative j'ai tout retracé en rendant compte que je vais être sur des étapes un peu extrêmes ou à ce moment-là du parcours, mes plus longues étapes, c'est 112, je crois. Mais sinon, c'était 104, 105, 108. Déjà là, j'étais vraiment à la limite de ce qui était faisable, ce qui était enchaînable.
LoïcDonc... Et donc typiquement, pardon Olivier, mais par rapport à ce que tu disais un peu plus tôt sur le fait que toi, ce qui t'intéressait, c'était d'être en mouvement plutôt que de finir ta journée à midi, 13, 14 heures. In fine, pour faire ces grosses étapes, ou en moyenne peut-être
Olivier?
LoïcTu passais combien de temps à courir ou trottiner
Olivier? En fait, le Dunkerque-Marseille, sur la vitesse moyenne du début à la fin, quand j'ai additionné toutes mes étapes, j'étais à 7,01 d'allure moyenne. Donc ça, c'est pour donner un peu un ordre d'idée. Moi, mon idée... Ma vitesse moyenne était un peu plus élevée sur les premières étapes. Il n'y avait pas trop de fatigue. Je crois que mes deux dernières étapes, j'étais à 7,25 et j'ai fini la dernière étape. J'ai fait 123 kilomètres la dernière étape Orange-Marseille. Je savais que ça allait être très dur, mais vu que c'était la dernière, j'allais serrer les dents et ce n'était pas assez. La dernière étape, on n'en parlera pas parce que c'est la fin, mais j'étais cuit. Mon allure, c'était 7,50, je crois, sur la dernière étape. J'ai fait comme j'ai pu. Mais en gros, pour te répondre sur le nombre d'heures dehors, En gros... en fonction du nombre d'étapes, du kilométrage qui était la plus courte étape, c'était la première, 85. Après, j'ai eu des 100, 110, beaucoup de 100, 110. Et entre-temps, j'ai eu deux étapes à 93, donc à une allure à peu près de 7 au kilo. Sachant que moi, ma stratégie que j'ai mise en place, ça fait... Je me suis entraîné un an et demi, deux ans à... En fait, j'ai compris ça assez tard dans mon entraînement qu'il allait falloir que je mette une stratégie en place de marche-course. Parce qu'en fait, mes premiers 100 kilomètres, je m'écroulais complètement en termes de vitesse. J'essayais de courir tout le long parce que je ne me suis pas posé la question, il fallait que je marche. Sauf que je courais 50-60 kilomètres assez doucement, mais ça se passait plutôt bien. Mais après, au bout de 60-70 kilomètres, je m'écroulais complètement. Et là, je commençais à marcher, mais sauf que je finissais les 30 kilomètres en courant un peu, mais surtout en marchant. Et je cours et 500 mètres je marchais je sais pas combien de temps donc vraiment mon allure elle s'écroulait complètement sur les fins d'étape.
LoïcEt tu le ressentais en termes d'énergie aussi
Olivier?
LoïcTu étais vraiment vide sur
Olivierle... Ouais, ouais, ouais, en termes d'énergie, en termes de capacité à courir. Donc, ça, c'est ce que j'ai mis en place. Après des blogs de plusieurs jours, je te raconterai si tu veux. Ça, ça a été la fin de prépa, mais du coup, le Dunkerque-Marseille, je le fais avec une stratégie course-marche. Et en fait, j'ai testé énormément de choses, mais ça, ça ça a été le plus gros... Le plus gros conseil que je pourrais donner, le plus gros hack pour réussir à enchaîner les journées, à courir longtemps, c'est d'alterner les marches-courses. Et ça, ce n'est pas du tout une honte. Les gens qui font des traversées des Etats-Unis en courant, ils font tout ça. Ça, ça te permet vraiment de durer, de ne pas t'écrouler à la fin de l'étape. Et tu vois, en termes de marches-courses, c'est quoi ce que tu peux faire? Moi, j'ai testé pas mal de choses et ce que j'ai fait à la fin, c'est que je je programmais ma montre pour faire 5 km de course 3 minutes de marche et en fait au bout de 5 km ma montre elle sonne je marche mais je marche sans couper mon chrono tu vois je laisse vraiment même si mon allure elle chute et tout il n'y a aucun souci avec ça donc mon allure moyenne que je te disais c'était vraiment en incluant ces périodes de marche et donc ça ça ça a été vraiment le plus gros hack que j'ai trouvé parce que déjà d'un point de vue physique bah ça te fait un peu relâcher tu vois pendant 3 minutes tu relâches tu fais un peu les yeux, tu souffles bien t'en profites pour faire tes ravitos ça se rapproche un peu des ravitos tous les 5 km pendant tes marathons donc c'est des trucs qui sont un peu le corps il connait ces 5 km donc toi tous les 5 km ça sonne je mange, je bois, je fais mon ravito je fais un check en me disant est-ce que tout va bien, est-ce que j'ai mal quelque part j'en profite pour peut-être regarder un peu mon téléphone si je dois vérifier l'itinéraire et aussi mentalement ça me permettait de me dire trop cool, tu viens de faire 5 km, 5 km, c'est rien du tout. Tu vois, 5 km, c'est une demi-sortie des sorties quotidiennes que je fais à l'entraînement, tu vois. Tu vois, quand tu vas courir 5 km pour aller faire un footing, dans la tête, c'est hyper intéressant parce que ça te met des micro-objectifs et tu te dis 5 km, je l'ai fait 1000 fois dans la vie, je vais y arriver, bravo, tu viens de faire 5 km, tu fais ton ravito, ton check hop tu repars et ça je l'ai fait pendant 1000 kilomètres tu vois et ça ça a été vraiment un game changer c'est ultra
Loïcintéressant parce que t'as fait je sais pas si t'avais travaillé avec un prépa mental ou si tu t'étais intéressé au sujet mais en fait c'est typiquement tu vois un exercice de prépa mental de découper la grosse étape en plus petites étapes et te concentrer sur le positif etc ultra intéressant et t'avais testé quoi d'autre par curiosité sur ce format marche course et je te pose la question parce que je l'ai testé je le teste occasionnellement tu vois depuis quelques temps. Et là, sur ma tentative de tour des géants en début d'année où je me suis blessé, je l'ai mis en place dès que j'ai senti les douleurs, donc kilomètre 4. Ça ne m'a pas trop aidé, mais moi, j'étais sur un format je crois que j'avais fait 30 secondes, 30 secondes, et après, je comptais. Je faisais 50 pas en courant, 50 pas en marchant, des timings, des fréquences beaucoup plus rapide et courte que ce que t'as
Olivierfait ouais ouais ouais bah en fait en fait déjà en trail c'est un peu différent que sur le plat parce que moi j'étais vraiment à part un peu dénivelé de temps en temps mais vraiment sur une optique de c'est tout plat donc tu peux gérer ton allure alors qu'en trail en trail je pense qu'il est plus difficile à mettre en place parce que tu marches forcément en montée donc tu te laisses un peu plus porter par ce que le terrain t'impose mais euh En fait, le 5 kilomètres 3 minutes, ça te fait un truc en gros d'à peu près 10% de marche. peut-être un peu moins, parce qu'en gros, si ton 5 km, tu vas le faire en 30 minutes si tu es à 10 km heure. Bon, moi, j'étais plus long que 10 km heure, donc ça prenait un peu plus de 30 minutes. Mais tu vois, en gros, ça te fait 10 % de marge pour... Enfin, 10 % de marge, 90 % de course. Mais ce 5 km, 3 minutes, tu peux très bien faire aussi des intervalles plus courtes, genre 3 km, 2 minutes, ou 2 km, 2 minutes, 2 km, 1 minute, 30, tu vois. Et en fait, moi, je n'ai pas trop dérogé sur le 5,33 km qui était facile à tenir, surtout sur le début, jusqu'à peut-être 70% des étapes. Et en fait, quand ça devenait très dur, ou c'est vrai qu'à la fin des étapes, quand j'étais quand même bien avancé dans la traversée, que ça devenait trop dur, j'ai essayé de switcher sur du... sur des intervalles plus courtes, plutôt 2 km, 2,5 km, 1 minute, 1 minute 30. Là, il ne faut pas hésiter à switcher sur des intervalles plus courtes. Mais il y a vraiment un truc que j'ai compris sur tous les tests que j'ai fait à l'entraînement, c'est qu'en termes de vitesse moyenne, ça ne te fait pas du tout chuter ta vitesse moyenne. Voir si tu es plutôt en forme et tout, ta vitesse moyenne va être la même que si tu cours tout le temps. voire un peu meilleur. Parce qu'en fait, le fait de marcher, forcément, tu marches, t'es lent, t'es plus lent quand tu marches. Mais le fait que ça te économise, tu vas courir un peu plus vite quand tu cours. Et... Et en fait, même si tu es plus lent, je me suis aperçu que ça me faisait marcher à 9 ou 10 au kilo, mais vu que je cours à 7 au kilo, tu vois, en fait, le delta entre ma vitesse de marche et ma vitesse de course, elle n'est pas si grande que ça. Je ne marche pas beaucoup plus lentement que je cours. Et vu que les intervalles sont assez limités en temps, en fait, ça me faisait faisais perdre quasiment pas de temps ou ça me faisait perdre genre 20 secondes tu vois donc c'est hyper intéressant c'est un entraînement donc ouais ouais faut pas hésiter à marcher et courir si les gens se lancent dans genre j'ai envie de faire un marathon alors que j'ai jamais fait de marathon de ma vie à l'entraînement ou j'ai envie de faire un 100 kilomètres pour le défi je pense que c'est un passage obligé de marcher un
peu ouais ralentir pour aller plus vite au final c'est ce dicton mais ouais festina lente tu vois tatoua lentement Mais du coup, tu parlais tout à l'heure, un peu plus tôt, tu évoquais rapidement un dernier gros bloc d'entraînement sur lequel tu as eu cette prise de conscience. C'était quoi exactement
Olivier?
LoïcComment s'est présentée la fin de cette
Olivierphase-là? En fait, je me suis aperçu dans mon entraînement, comme je te disais, j'arrivais un peu à enchaîner les sorties longues, que le passage obligé, ça allait être de simuler ce que j'allais vivre en 10-11 jours, mais en... en 2-3 jours. Et en fait... Et en fait, c'est pour ça que mes derniers, mes entraînements un peu clés, c'était de me mettre en simulation ce que j'allais vivre, mais sur moins de jours, mais sur 2-3 jours. Tu vois, quand tu fais un marathon ou un trail, si tu as un trail de 20 heures, tu vas faire dans ton entraînement une sortie de 10-15 heures pour simuler un peu moins long, mais dans les mêmes conditions. Là, l'idée, c'était de faire des 3 jours, même kilométrage journalier, même contexte de matériel pour tester le matériel dormir à l'hôtel etc pour voir comment ça se passe comment j'allais réagir sur bah tu vois c'était 3 jours donc en gros j'ai fait à peu près des 100 km par jour ou un peu moins donc des donc ouais ouais tu vois j'ai fait pour ça j'ai fait plusieurs ouais j'ai fait plusieurs vlogs j'ai fait un Lille Amsterdam c'était la première fois que j'ai testé ça je crois que c'était 260 km un truc comme ça j'ai fait un Lille Paris 288 km, je crois. Et le dernier, c'était un Paris-Lille, donc dans l'autre sens, un peu moins long, mais j'avais fait traverser un peu plus droit. Donc ouais, c'était hyper intéressant comme test, c'était voir, ok, fais à peu près 300 km en 3 jours ou un peu moins et vois comment le corps réagit. Et là, j'étais assez bluffé parce que carrément, quand tu finis un 110, c'est dur de repartir le lendemain, mais avec tous les kilomètres à l'entraînement et tout, finalement, ça s'était plutôt bien passé. J'avais réussi, j'arrivais à repartir le lendemain, à refaire un 4 100 km le lendemain pour finir un bloc de entre 250 et 300 km donc ça c'était vraiment les derniers blocs de test et vu qu'il s'était bien passé je m'étais dit bon bah écoute t'as réussi 3 jours bah maintenant il faut en faire 10, 11 normalement ça devrait bien se passer mais c'est l'inconnu quand même tu vois ouais incroyable
Loïcultra intéressant c'est vraiment fascinant cette notion d'adaptation du corps etc en fait je me demande si c'est pas plus de faire ce que tu as fait, c'est-à-dire d'enchaîner, mais avec des temps de pause pendant lesquels, alors oui, tu as de la récup, mais tu as aussi un relâchement nerveux, etc. Et le fait de relancer la machine, je me demande si ce n'est pas plus facile finalement, enfin plus facile, entre guillemets, de faire un 300 bornes, un one shot, que ce que tu fais de faire trois fois 100 bornes avec des gros temps de pause, etc. Entre
Olivierles deux, je ne sais pas. Oui, c'est possible. C'est possible. Il y a un facteur qui est qu'en trail, si tu enchaînes, Tu fais un 100 miles, un tord ou quoi. Enfin, un tord, ce n'est pas pareil parce que tu dors. Il y a quand même le facteur de la fatigue, du sommeil, de l'endormissement et tout. Que moi, je n'ai pas connu parce que moi, j'avais quand même des bonnes nuits. Je dormais plus de 6 heures par nuit, tu vois. Donc, il n'y avait pas ce facteur de manque de sommeil. Mais il y avait quand même le truc de... Ouais, le redémarrage qui est dur. En fait... En fait, au début, c'est juste un peu de la fatigue musculaire. Tu n'as pas trop les tendons cramés et tout. Donc, je repartais plutôt bien, tranquille les premiers kilomètres pour se remettre un peu en route. Mais sauf qu'en fait, il se passait un truc, c'est que les jours passant, le soir, j'étais vraiment KO. Et en fait, les derniers jours, j'étais vraiment sur le fil parce que j'ai commencé à avoir des débuts de blessure un tendon d'Achille qui a commencé à vraiment gonfler les deux trois dernières étapes c'était vraiment horrible de l'autre côté le muscle du releveur du pied qui était HS qui était vraiment j'avais trop trop mal c'était vraiment horrible et à ce moment là tu vois les redémarrages c'était mentalement j'essayais de pas y penser de pas me dire ok il va se passer quoi quand je vais repartir à 7h du mat mais clairement les premières foulées c'était horrible, et même le temps que le corps il se réchauffe, que le tendon il se réchauffe les muscles et tout, il y avait genre 40 kilomètres où là c'était vraiment souffrance je serrais les dents, j'allais être trop mal le tendon mâché il laisse tomber
Loïcje pensais que tu allais me dire 40 minutes, c'était long
Olivier40 kilomètres je te jure que les dernières étapes c'était horrible et après en fait c'est horrible parce que c'est à la fois des douleurs horribles qui te lancent à chaque foulée mais tu vois j'étais en contact avec des médecins de la clinique coureur qui on faisait vraiment des checks en me disant ok est-ce que c'est grave ou pas est-ce que ça t'empêche de courir ou pas est-ce que la douleur elle augmente ou pas c'est vraiment ça la question c'est qu'en fait bah tu te doutes que quand tu fais des choses aussi extrêmes bah il y a un moment donné où le corps il est à la limite donc tu vas avoir mal mais la question c'était est-ce que la douleur elle augmente ou pas donc on a vite compris que c'était des douleurs qui étaient là mais globalement une fois que le corps était chaud bah je sais pas pourquoi je ressentais moins la douleur est-ce que c'est parce Est-ce que le corps était chaud? Est-ce que ton cerveau l'oublie? Est-ce que tu t'es habitué? C'est mystérieux parce que je peux dire que je suis vraiment allé au plus loin que ce que mon corps était capable d'enchaîner et d'encaisser. Donc, au bout d'un moment, le corps est chaud, il commence... Tant que tu avances et que tu sens que ce n'est pas une douleur qui augmente, bon, écoute, tu as mal, mais tu avances et ça passe. Mais tu vois, le dernier matin, quand je pars d'Orange, déjà, à chaque fois, c'est un soulagement quand même de dire « Ok, j'ai eu mal aujourd'hui, mais je suis arrivé le soir, j'ai validé cette étape. Maintenant, tu oublies tout, tu oublies la douleur, tu oublies tout, tu vas te coucher et on repart le lendemain au charbon et on verra ce qui se passe. » Mais le dernier matin, quand je pars d'Orange, que je sais que j'ai J'ai 123 kilomètres à peu près à courir. Je sais que je vais arriver à Marseille, que je vais avoir mal, mais que normalement, si tout va bien, le corps va réussir la dernière étape parce qu'il a quand même tenu tout le long. Mais clairement, là, je suis dans un état où je suis... Je pars le matin, tu vois, je pars à 4h du mat' pour essayer d'arriver pas trop tard à Marseille. Et là, les premières foulées, je me dis, mais... C'est horrible, qu'est-ce qui va se passer? Tu vois,
Loïcc'est un calvaire. Ça me fait mal pour toi d'imaginer le truc, tu vois, des premières foulées à te dire, en même temps, c'est la dernière étape, mais en même temps, il reste 123
Olivierbornes. Ouais, ouais, donc là... Non, non, mais là, mon cerveau, il... Bon, ça n'a rien. Je me dis, OK, tu ne réfléchis pas. Tu ne te dis pas, il reste tant de kilomètres, ça va être trop long. Tu avances et on verra bien, tu vois. Donc là, j'ai pris un foulé. Laisse tomber, je suis marche-course. Je ne dis pas en courant, je ne dis pas en marchant. Je serre les dents, ça fait trop mal. Et bon, tu vois, au bout d'un moment, ça passe. Les kilomètres, ils s'enchaînent un peu vite fait, tu vois. Je fais 20, 30 kilomètres. J'arrive à courir un peu. Mon allure, elle se stabilise. Là, je regarde, je suis à peu près à 7,30 au kilo. Je me dis, bon, écoute, ça a l'air d'aller. Donc, tu vois, je ne regarde pas les kilomètres qui passent. Je ne me dis pas... Parce que tu vois, si tu te dis, ok, tu en as fait 25, il t'en reste 100.
LoïcOuais, non, l'enfer, il ne faut pas faire
Olivierça. Donc là, tu vois, je débranche le cerveau. J'avance. Je me dis, tant que tu arrives à courir un peu, c'est bon, tu te rapproches. L'allure, il est ce qu'il est, tu n'en sais rien. Enfin,
Loïcça ne sert à rien de regarder. Donc, tu vois, je finis la dernière fave comme ça, mais dur, quoi. Horrible, assez horrible. Oh là là
Olivier!
LoïcAlors, attends, avant qu'on parle de l'arrivée en elle-même, c'était quoi, par curiosité, la trace dans les grandes lignes Orange-Marseille
Olivier?
LoïcPour rester sur du plat, t'as fait
Olivierquoi? Écoute... Écoute... Orange-Marseille... Oh! Est-ce que tu n'es pas passé par Ex, j'imagine? Non, je ne suis pas passé par des grandes villes parce que ça me faisait rallonger. En fait, je n'ai pas trop de souvenirs. Tout ce que je peux te dire avant que mon téléphone se rallume, c'est que la fin d'étape, elle a été horrible, mais horrible, parce que déjà, il y avait un espèce de... Là, il y avait un peu de dénive sur cette étape. C'est du dénive qui va faire rire les trailers, mais en gros, j'avais... à peu près 700 mètres de dénivelé positif qui était sur une montée de 100 ou 200 mètres un peu au milieu de l'étape. Et après, pour arriver à Marseille, un espèce de truc de 300 ou 400 mètres de dénivelé où quand je voyais le truc... quand je voyais le tracé je me dis ça ça va être chaud je vais beaucoup marcher mais en fait ça a été un dénivelé qui était assez long sur des pentes pas très raides genre de peut-être 4% et finalement j'ai réussi à tout faire en courant mais à petite foulée je pense que je vais être à 6 km heure tu vois mais malgré tout le fait d'avoir tout fait en courant c'était assez cool enfin je me suis dit bah trop bien ça va vite passer mais c'était interminable c'était genre un 25 km à 3% tu vois à 6 km heure mais Mais ça, ça m'a fait basculer sur Marseille par une espèce de zone commerciale horrible. En plus, c'était un samedi soir autour de 18h, 19h. Donc ça, tu vois, c'est genre… À ce moment-là, il me reste 20 kilomètres jusqu'à l'arrivée. Mais tu vois, je suis en mode… Je suis sur des espèces de routes, des entrées d'autoroutes horribles. À 18h, les gens qui finissent leur journée de shopping en voiture… donc ça immonde.
LoïcT'es arrivé par Marseille-Nord, par plan de campagne et compagnie,
Olivieren fait. Ouais, ouais, ouais. Zone commerciale dégueulasse. La Duran. Ouais, voilà, ouais. Mais en même temps... Kalas, je suis en train de regarder la carte en même temps que je te parle. Septaine, les Valons. Mais en même temps, tu vois, moi, il fallait quand même que je trace au plus court. J'avais un peu regardé la Hitmapur Strava. Donc, je vois qu'il y a des gens qui étaient passés par là. Donc, je me dis, bon, s'il y a des gens qui sont passés par là, voilà. Donc, je bascule horrible. Et là, je me tape un 10 kilomètres en ville. à Marseille tout droit sur une seule avenue. Mais là, je ne vais pas critiquer Marseille pour nos amis marseillais parce que c'est une ville que j'adore et tout. Mais là, je ne te dis pas quand tu es KO, que tu arrives un peu dans les quartiers nord de Marseille où on va dire qu'il y a quand même beaucoup de vie. Tu as des voitures partout. Tu as des... tu as des commerces avec des gens partout en ville, ça grouille dans tous les sens, ce qui est hyper cool. Mais à la fois, toi, tu es là à essayer de courir. Tu vois, les derniers jours, les derniers kilomètres, le moindre changement de revêtement, la moindre pente sur le bitume, le moindre petit trottoir à passer, en fait, c'est horrible parce que ça fait un effort en plus. Et là, tu arrives dans le quartier nord de Marseille, tu as les trottoirs dans un état pas possible, tu as des trottoir à monter pas tout le temps, des voitures à esquiver, garer dans tous les sens. Et là, pendant 10 kilomètres, je n'avance plus, je suis à une allure horrible. Je regarde ma montre, je me dis, mais en fait, tu as fait 1100 et quelques kilomètres, il te reste 7 kilomètres, donc c'est bon. Mais sauf que je ne fais que regarder ma montre et chaque 100 mètres, je me dis, mais c'est... ça va être trop long quoi tu vois donc les derniers kilomètres horribles parce que parce que tu vois je suis dans le 15ème arrondissement de Marseille là je suis en train de regarder la carte en même temps c'est tout droit tout droit c'était horrible mais vraiment les derniers kilomètres horribles donc je suis bien que mal et j'arrive au bout mais donc donc ouais là c'était que au mental là je suis dans un état où Il y a beaucoup de gens qui viennent à Marancon, donc c'est trop cool. Mais en fait, ça faisait quelques jours que quand les gens venaient à Marancon, j'étais tellement dans un état de fatigue, de concentration maximum pour ne pas me sortir de ce que j'ai à faire. de pas oublier de faire le body check de me dire est-ce que ça va est-ce que ça va pas est-ce que je dois acheter à manger qu'est-ce qu'il faut que je fasse les 5 prochains kilomètres il faut pas que j'oublie une fontaine ou un ravito parce qu'après ça peut être ça peut être
Loïcdur
Olivierouais donc tu vois j'ai beaucoup de gens qui viennent courir avec moi ce qui est incroyable parce qu'ils me donnent beaucoup de force mais à la fois des fois je suis peut-être pas forcément ultra sympa parce que enfin tu vois je suis obligé de rester dans ma bulle je me rends compte que qu'il faut que je prenne la force avec les gens qui viennent courir avec moi mais en même temps que qu'il faut pas que je me détourne de mon objectif donc des fois Je ne suis peut-être pas très bavard et je m'en excuse. Mais voilà, les derniers jours durs. Et l'arrivée à Marseille, c'est assez fou avec le recul parce qu'en gros, j'avais tracé en 11 étapes. J'avais réservé quasiment tous les Airbnbs Sauf les deux derniers Airbnb, j'avais tout réservé avant de partir en me disant que... En fait, vu que j'avais abandonné l'année dernière, on en reparle juste avant parce que c'est important, mais en gros, j'avais tout pré-réservé en me disant, je trace 111 étapes, mais si j'ai le moindre pépin physique ou le moindre moment où... Tu vois, je m'étais dit, peut-être les 3-4 premières étapes, normalement, je vais être à peu près frais, donc ça passe. Mais s'il y a le moindre moment où je me dis ouais, là, les étapes, c'est trop long, il faut que je ralentisse, il faut que je réduise, il n'y a aucun souci, je réduis parce que le but, c'est quand même d'arriver au bout sans se blesser et il faudrait que je réduise les étapes. Mais malgré tout, j'avais quand même tout pré-réservé parce que je m'étais dit, le fait de savoir que tout est réservable, tout est booké, que je sais que je dors là et je n'ai pas à me dire pendant la traversé, ah oui ok il va falloir que je cherche un logement, mais mine de rien d'un point de vue de la de mentalement du truc un peu de me dire j'ai pas pensé à ça c'était hyper cool et donc je passe le 4ème jour 4ème jour c'était un point assez important parce que je passe le moment où je m'étais blessé l'année dernière, je dors au même endroit au centre sportif de l'Aube à Troyes dans la même chambre chambre, je suis reçu par les mêmes gens qui m'ont accueilli là où l'année dernière je m'étais blessé j'avais passé 4 jours dans cette chambre parce que en attendant que ça aille mieux avant de repartir sauf que j'ai jamais pu repartir j'ai abandonné à ce moment là donc symboliquement c'était un passage hyper important j'appréhendais énormément ce moment parce que les 4 premiers jours je m'étais dit faut pas que je me blesse et ça passe et Et après ça, je passe 5e jour, 6e jour, 7e, 8e, 9e. Et là, je me dis, en fait, le plan que tu as pensé en 11 étapes, donc en 10 jours et demi, qui était un peu l'objectif, le plan plus ambitieux mais à la fois le truc c'était pour moi c'était quasiment impossible que ça se passe comme ça tu vois il y allait forcément avoir un moment donné où je m'étais dit ok on ralentit le corps il peut plus mais tu vois je passe 6, 7, 8, 9 jours vraiment sur les étapes que j'ai que j'ai pensé à la base donc là j'arrive j'arrive à la fin et donc je book en cours de route pour le lendemain les derniers Airbnb donc là c'était à donc à Orange l'avant-dernier jour, et à Valence, puis à Orange, dans le bon sens. Et donc là, je m'aperçois que je boucle les deux dernières étapes en me disant, mais ça, c'était les étapes de rêve. Les étapes que si tout s'était passé sans un grain de sable, j'aurais dû faire ça, et là, je suis en train de le faire. Et tu vois, c'est à la fois dur, mais à la fois, je me dis, bah... C'est fou. Pour l'instant, tout se passe bien. Malgré les galères physiques, les douleurs de la fin, mais ça ne m'a pas empêché de faire les étapes idéales et de terminer avec mon objectif le plus ambitieux qui était 10 jours et demi. Donc, ça, c'est
Loïcfou. Incroyable. Cette arrivée, du coup, une fois que... D'ailleurs, exactement, l'arrivée à Marseille, tu l'as faite
où? En fait, l'arrivée... L'arrivée, l'objectif, c'était d'arriver à la mer. En fait, il y avait plusieurs options. L'arrivée officielle que j'avais tracée, que j'avais mise sur Matcap, sur la balise GPS pour que les gens viennent et tout, c'était le vieux port. En fait, ce qui s'est passé, c'est que l'année dernière, je m'étais dit l'arrivée de rêve, c'est en haut de Notre-Dame-de-la-Garde. parce que
Loïct'as le le dernier dédié final pour
Olivierte buter ouais ouais non mais t'avais la vue t'avais le pour les photos tout ça ça aurait été stylé et en fait l'année dernière l'année dernière j'avais tracé en terminant la Notre-Dame-de-la-Garde en passant au Vieux-Port parce que voilà c'était l'arrivée à la mer mais il y avait aussi un petit circuit touristique qui me faisait passer à Notre-Dame-de-la-Garde qui me faisait passer au Vélodrome parce que j'avais un objectif un peu caché c'était de de me faire ouvrir les portes du Lodrome pour faire des photos sur la pelouse. Bon, ça, c'était un objectif secondaire l'année dernière. Mais en fait, cette année, ce qui s'est passé, c'est que j'ai voulu... J'ai fait... J'ai appréhendé la chose de façon très différente de l'année dernière en me disant, il faut que j'ai le moindre, la moins... le moindre pression possible soit que je me mette moi soit vis-à-vis des autres donc j'ai envie de penser à rien de pas être attendu donc ce que j'avais fait c'est que j'avais pas communiqué dessus, avant le jour de mon départ personne savait que j'étais parti sauf mes proches et 2-3 sponsors donc j'ai pas fait de teaser avant sur les réseaux et donc ça m'a permis de pas me sentir attendu parce que mentalement je m'étais aperçu que c'était un peu compliqué à gérer, d'avoir l'impression qu'il y a des gens qui m'attendent et tout donc c'est pour ça que cette année je suis parti sans prévenir personne et le jour du départ j'ai fait un post insta en disant c'est parti let's go quoi et donc un peu pour moi me sentir attendu ça a été très positif mentalement ça m'a beaucoup aidé ça d'être plus serein plus concentré sur mon effort et du coup c'était pour te dire sur l'arrivée en fait l'année dernière je m'étais dit ouais je vais faire un circuit touristique, ça allait être hyper cool et tout. Sauf que, en fait, même si j'étais à 800 kilomètres de là, j'avais ce truc en tête de me dire, punaise, mais la dernière étape, elle fait 130 kilomètres, ça va être trop long, comment ça va se passer et tout. Et donc, cette année, je me suis dit, laisse tomber, la dernière étape, c'est tu fais au plus court, t'arrives au plus court et il n'y a pas de chichi parce que quand tu termines, t'auras juste envie d'aller te coucher et tu ne pourras pas faire un mètre de plus. Et c'est vraiment ce qui s'est passé parce que, comme je te disais, J'ai été vraiment à la limite physique. Je ne sais même pas comment j'ai fait pour arriver au bout. Et le lendemain, c'était... Il y a un truc de mentalement que ton corps... Enfin, tout lâche parce que tu sais que t'es arrivé au bout et t'es pas préparé mentalement à continuer. Mais je pense sincèrement que médicalement parlant, je pouvais plus rien faire. Je pouvais pas partir. Donc, j'étais vraiment à la limite. Et du coup, l'arrivée... L'arrivée, on s'est dit... Arriver au milieu du vieux port. Sauf qu'en fait, un jour ou deux avant d'arriver, on se dit qu'il faut quand même qu'on prépare l'arrivée pour... pour prévenir un peu les gens, pour plusieurs raisons. La première raison, c'est qu'en fait, j'étais suivi par Jérôme Abbas, vidéaste documentaire, qui m'a suivi à vélo du début à la fin, qui m'avait même suivi la première fois quand j'ai abandonné. Et en fait, l'idée, c'est que derrière ce projet, on est en train de travailler sur un film. Donc là, on est au printemps et on prend le temps qu'il faut, mais l'idée, c'est de le sortir cet hiver, soit à la fin de cette année, soit au début de l'année prochaine. donc puisqu'on était puisqu'on a tourné un film on avait quand même la question de il faut arriver à un endroit qui est symboliquement fort donc au bord de l'eau et à la fois qui permette de tourner des belles images et tout tu vois donc de là moi ça m'a fait quand même pas mal cogiter les dernières étapes où en fait j'avais aucune énergie à rien tu vois j'arrivais le soir j'étais livide j'étais incapable d'ouvrir aucun message de personne j'allais me coucher mais mon cerveau il pouvait réfléchir à rien mais on a quand même un peu réfléchi à la dernière étape et je me suis dit bah en fait au milieu du vieux port ça va être samedi soir je me rendais pas trop compte parce que je connais pas trop Marseille non plus mais je me suis dit si ça se peut il y aura beaucoup de monde ça sera peut-être pas forcément très agréable pour tourner des images et tout et la vue elle va pas être si belle que ça parce que t'es quand même un peu enclavé
Loïctu
Oliviervois et après on s'est dit il y a un spot qui a l'air cool, c'est derrière le Mucem, où là, il y a une esplanade qui est quand même plus grande, où il y a a priori un peu moins de monde, on aura un peu plus de place pour terminer tranquille. Et on devrait avoir une belle vue dégagée sur la mer, sur Notre-Dame-de-la-Garde, sur un coucher de soleil. Et en fait, le coucher de soleil, ça me fait rire, parce que moi, j'étais assez bon tout le long pour estimer l'heure de départ En fait, je partais à une certaine heure en me disant, je pars à cette heure-ci pour arriver à cette heure-ci. Et si l'étape, elle faisait 90 kilomètres, je partais un peu plus tard que si l'étape, elle faisait 100 ou 110. Et toutes les étapes, j'arrivais à une demi-heure près à arriver à l'heure prévue, tu vois, pour... j'avais pas forcément d'objectif précis mais ça me permettait de dire ok il faut que j'arrive avant 19h30 20h pour avoir un temps de récup et tout sauf que la dernière étape forcément j'avais ma copine qui était là qui a fait le déplacement et tout et j'avais l'idée des vidéos et puis avec Jérôme on voit que le soleil il se couche à 20h30 et donc tu vois je me dans ma tête tu vois je passe 120 km à avancer comme je peux dans un état assez lamentable en me disant de toute façon je fais ce que je peux mais je peux pas aller plus vite donc voilà c'est comme ça mais j'essaye de pas trop avoir cette pression dans la tête mais en me disant punaise avec Jérôme on s'est dit on s'est dit on Je savais que le soleil allait se coucher à 20h30. Dans ma tête, si tout allait bien, je devais arriver à 20h. Je vois que je cours à peine. Je me dis que je vais arriver plus tard que ça. Mais à quelle heure? Je ne réfléchis pas. Au final, j'arrive à 20h50. Le soleil faisait encore jour. Pour les photos et vidéos, c'était cool. L'arrivée est très forte. Beaucoup d'émotions. Jusqu'au dernier moment, j'avais dit à ma copine de ne pas prendre les billets parce que je ne voulais pas me stresser en me disant ok j'arrive dans 10 jours mais ma copine elle a déjà pris les billets elle est à Marseille tel jour mais en fait tu vois si ça se peut j'aurais pu arriver une semaine plus tard donc jusqu'au dernier moment quasiment je ne voulais pas me mettre la pression avec ça en me disant quelqu'un m'attend mais malgré tout peut-être 4 jours avant l'arrivée je sens que ça sent bon donc j'ai dit à ma copine vas-y bah écoute let's go prends les billets je devrais arriver un 7 samedi soir mais en fait je voulais moi j'étais assez mal à l'aise à me dire il y a je sais pas 20 personnes qui m'attendent parce que parce que je vais dire sur le réseau venez tous venez tous pour mon arrivée donc j'avais pas donc j'ai pas du tout communiqué sur l'arrivée en me disant ma position elle est connue parce que j'ai une balise GPS donc tout le monde connait ma position s'il y a des abonnés qui veulent venir ou des gens qui me connaissent qui veulent venir ils seront les bienvenus mais je vais pas crier venez à telle heure et tout parce que j'ai pas de pression et après j'ai quand même eu la surprise de moi je savais que ma copine serait là mais j'ai de la famille qui est venue parce que j'ai de la famille qui est à Nice donc ils ont fait l'aller-retour et c'était ultra émouvant c'était hyper cool et tout donc j'arrive y'a pas beaucoup de gens qui m'attendent y'a 2-3 abonnés ce qui est cool et y'a ma copine ma famille donc et donc là ouais j'arrivais derrière le Mucem donc ouais wow quoi beaucoup d'émotions euh C'est marrant parce que tu vois, avant d'arriver les dernières dizaines de kilomètres, je pense à cette arrivée, mais en fait j'ai tellement plus d'énergie, tellement plus de vue pour rien que... Que j'ai à la fois beaucoup d'émotions, beaucoup de larmes et tout, mais je suis tellement fatigué que je me dis, mais là, j'ai juste envie d'arriver, j'ai plus aucune émotion, j'arrive même plus à pleurer. J'ai quand même beaucoup pleuré un peu tous les jours sur certains trucs où je me dis, waouh, mais en train de faire ça, c'est incroyable, ou alors quand j'avais mal, ou alors... en pensant à l'arrivée, parce que tu vois, ton cerveau, il visualise quand même là beaucoup l'arrivée, mais je me disais, faut pas trop y penser parce que c'est trop loin et ça sert à rien d'y penser. Et ouais, à l'arrivée, je me dis, j'ai même plus de larmes, plus rien pour pleurer d'émotion, mais en fait... et en fait non j'arrive quand même il y a quand même beaucoup de larmes beaucoup d'émotions parce que je me dis à la fois je me dis putain t'as fait un truc que tu pensais impossible t'es arrivé au bout t'as fait en nombre de jours t'as fait ce que tu pensais ce que tu voulais faire à la fois le soulagement de me dire putain c'est enfin fini parce que là je sais pas jusqu'à là tu vois enfin on va se coucher je suis épuisé et puis on s'arrête là c'est fini donc là c'est
Loïcfou écoute franchement bravo Olivier ultra impressionnant ultra inspirant c'est quoi le si t'avais tu vois des apprentissages pour toi à titre perso sur la gestion de l'effort ou peut-être du matériel est-ce qu'il y en a eu sur ces 11 jours du coup et question follow-up c'est avec un peu de recul maintenant mais en étant toujours à chaud c'est quoi le message que t'as envie de faire passer à travers ce que t'as réalisé qui est complètement fou
Olivierd'ailleurs ouais
Loïcbah déjà merci beaucoup bah en fait le
Olivierle recul le message ce que j'ai appris et tout je pense que c'est déjà que que le corps humain c'est une machine de fou et je pense que chacun à son niveau ils ont avant de réaliser un truc qui nous paraît impossible ou fou je pense qu'on a aucune conscience de ce que le corps est capable de réaliser donc euh Donc pour moi, c'était faire la trace à la France, mais pour d'autres, ça peut être faire un marathon dans un an alors que tu cours que 20 kilomètres, enfin que, entre guillemets. Parce que, tu vois, faire son premier marathon, son premier 10 kilomètres, son premier semi, son 100 kilomètres où t'habites au bord de la... t'habites à 100 kilomètres de la mer, tu vas voir la mer, c'est complètement fou. Donc chacun a son petit niveau. On peut pas imaginer ce que le corps est capable, tu vois. Et ça, ça m'a fait énormément penser par rapport à la blessure l'année dernière par rapport au fait que pendant cinq jours j'étais sur le fil où je me pendant cinq jours je me dis sincèrement là tout peut s'arrêter tu vois c'est quand j'ai ma première douleur aux muscles qu'on met à peu près quelques heures avec les médecins à dire à faire le diagnostic en disant ok c'est musculaire c'est pas si grave mais moi je me disais bah là c'est une fracture de fatigue donc dans une heure ton os il éclate quoi donc en fait pendant cinq jours à la fin j'avais tellement mal que je me suis senti sur le fil à chaque pas tu à chaque foulée je me disais là si je me fais une entorse si j'ai un tendon qui éclate parce que tu vois quand t'as mal au tendon ou quand t'as mal au muscle tu te dis mais si ça se peut tu vois comme les footballeurs ou quoi ton tendon hop il peut dégager à tout moment tu vois en fait t'es sur le fil à tout moment et je me dis et je me suis dit waouh mais en fait à la fois le corps c'est une machine de fou qui est qui te fait faire des choses incroyables. Mais à la fois, c'est une machine tellement complexe avec un nombre de tendons, un nombre de muscles incroyables et à la fois tellement fragile où en fait, le moindre... Tu vois, t'as... des centaines de muscles, des centaines de tendons, t'en as un qui décide de plus marcher, c'est fini, tu peux plus rien faire. Tu peux plus courir, plus marcher, t'es allongé et c'est fini. Donc là, il y a ce truc de cet équilibre, de célébrer à la fois la beauté du corps humain, en plus le fait d'avoir fait un peu au naturel avec des sandales, tu vois. Et à la fois de se dire, il est tellement fragile et tout tient à tellement peu de choses et ça donne tellement envie d'en prendre soin, de ne bien s'écouter, à la fois pendant un objectif complètement démesuré, mais à la fois dans la vie de tous les jours. Juste maintenant que j'ai fait cet objectif un peu fou qui m'a fait rêver, qui m'a porté pendant des années, je me dis juste maintenant de courir ou de marcher ou de faire mon sport, de me dire... J'ai trop de chance d'être en pleine santé, d'avoir un corps qui est capable de me faire faire un footing par jour ou une séance de crossfit par jour. Pas grand-chose, mais juste se rappeler du plaisir que tu as d'être en mouvement, de ne pas être blessé, d'être capable de faire des trucs et pas courir pour... pour rêver d'un record, d'un... Tu vois, parce que j'ai beaucoup été dans ce truc d'une quête, d'un record au marathon et tout, et tu vois... Après tout ça, je me dis qu'en fait, je vais continuer à rêver d'un record au marathon parce que c'est des trucs qui portent et tout. Mais en vrai, ça, on s'en fout un peu. Il faut juste se sentir vivant, se sentir en mouvement, se sentir un peu plus fort qu'hier. Se sentir que hier, je galérais à courir 10 km sans m'arrêter. Maintenant, je me suis un peu amélioré. J'arrive à courir 10 km sans m'arrêter. J'arrive à courir 15 km. En fait, pour moi, c'est ça la finalité de tout sport, de la course à pied ou d'un autre sport. Mais c'est vraiment ça le... le cœur du sujet qu'on oublie un peu trop souvent, tu vois, avec les réseaux, avec les compètes et
Loïctout. Je suis assez d'accord, enfin, je suis même complètement d'accord avec toi. C'est marrant, je ne sais pas si c'est l'âge ou si c'est le fait dans ta pratique, tu vois, le gain d'expérience, je ne sais pas, peut-être un mix des deux, je ne sais pas, mais tout ce que tu dis, ça me parle carrément et je suis globalement assez d'accord avec toi. Cette approche, alors, ce n'est pas pour faire le mec qui drop des termes qui ont l'air un peu savants, mais je crois que c'est Alexandre Astier qui parle parlé de ça, des occupations telliques versus atelliques. En gros, ça veut juste dire tellique, c'est genre laver tes vitres, c'est fait, c'est fait, tu vois, t'as fini. Et puis atellique, c'est être en forme. C'est un truc qui n'a pas de fin, tu vois. Et finalement, c'est un peu ce que j'entends dans ce que tu dis, la finalité. Est-ce que c'est pas finalement la finalité, finalement
Olivier?
LoïcS'améliorer, tu vois. Prendre soin de soi et qu'il y a un truc qui n'a jamais de fin, en réalité. Et si ça devient ça l'objectif bah effectivement du coup toute ta pratique ton approche et tout la vision que t'as du sport et de la entre guillemets performance ça n'a plus rien à voir mais
Olivierouais bah tu vois je pense je pense qu'il y a déjà comme tu dis il y a le côté un peu expérience sagesse enfin on va pas dire sagesse parce que mais l'expérience tu vois quand moi ça fait 10 ans que je cours et je suis passé par toutes les phases adorer la combête adorer le chrono l'aimer un peu moins parce que tu te blesses et tu te dis bah ok pfff je me suis donné à fond pour un chrono je suis blessé tout ça pour ça et puis après et après je pense j'ai l'impression en regardant beaucoup sur les réseaux que beaucoup de gens qui ont vécu toutes ces phases et qui ont de l'expérience et je trouve ça cool de me rendre compte qu'il y a aussi beaucoup de sportifs professionnels qui eux sont très dans une logique un peu court terme de il faut gagner telle course telle année pour avoir des sponsors etc et si on gagne pas mais aussi des sportifs qui parlent beaucoup de leur pratique, qui communiquent sur les réseaux, qui parlent beaucoup du fait que la finalité, ça doit être aussi le long terme. C'est plus le chrono à tel qu'on pète. Et Et je pense qu'avoir des objectifs, si on aime la compète... Moi, je suis à fond un mec qui est dans la culture compétition, battre les autres un peu, mais surtout faire mieux pour moi. Mais je trouve que c'est intéressant de voir qu'il y a beaucoup de gens qui commencent à parler que la finalité, c'est le long terme. Moi, je suis à fond là-dedans de me dire que les objectifs, c'est un peu des points de passage d'une année sur l'autre. Mais la finalité, c'est dans quel état je serai dans 20 ou 30 ans. Et est-ce que Il faut faire attention de... Aujourd'hui, j'ai une pratique qui est un peu extrême, qui est too much, qui est probablement pour la santé, c'est trop. Quand je parle que j'ai couru 500 km avec une tendinite, moi, je ne suis pas du tout dans un sport santé. Tu vois, sur une période un peu courte de ma vie, je ne suis pas dans un sport santé parce que j'ai peut-être fait trop de kilomètres, j'ai essayé de ne pas me blesser, mais je suis allé un peu au bout d'avoir des objectifs c'est un truc qui me porte sur le court terme moyen terme ça me permet de me lever le matin en me disant je suis trop motivé je vais aller courir alors que peut-être que sans objectif j'aurais la flemme mais vraiment la finalité c'est le long terme c'est il faut faire attention et moi j'essaie d'être vachement là-dedans dans mes entraînements même si je fais des grosses semaines d'être conscient que je fais des grosses semaines et que je suis sur un fil en termes de blessures mais aussi en termes de mentalement est-ce que je suis pas en train d'en faire trop et peut-être que si je tire sur le fil trop longtemps, je suis en train de me dégoûter d'un sport que
Loïcj'aime
et il ne faut surtout pas le faire parce que la finalité, c'est j'ai envie d'aimer la course dans 20 ans. Et même si je n'aime plus la course, j'ai envie d'aimer un autre sport dans 20 ans et 30 ans, 50 ans, je n'en sais rien. Et si je change de sport 20 fois dans ma vie parce qu'un jour, je vais me dire que la course est trop nulle, j'ai envie de faire du crossfit, de la natation, du vélo, je n'en sais rien. J'ai pas envie de m'enfermer dans un sport je suis ok de me dire si j'aime plus la course c'est ok j'ai envie de trouver un autre truc mais ouais la finalité c'est tu seras où dans 20 ans et si tu je parle pour moi mais je parle d'un point de vue général parce que je remarque ça beaucoup aussi beaucoup parce que la course c'est un sport qui est hyper populaire en ce moment donc il y a beaucoup de gens qui s'y mettent du jour au lendemain parce que c'est populaire et ça c'est trop trop bien on peut que s'en féliciter si la course est populaire si la Aérox est populaire, même s'il y a beaucoup de gens qui se moquent de ce genre de sport à la mode en ce moment à cause des réseaux. Mais non, c'est trop cool parce qu'il y a plein de gens qui se mettent en mouvement alors qu'ils ne faisaient pas trop de sport. Mais par contre, si ces gens se mettent du jour au lendemain à faire énormément de sport parce qu'ils ont un objectif de marathon ou d'aérox... Et que le fait de faire trop de sport, ils ne se rendent pas compte qu'ils en font trop par rapport à leur capacité à la fois physique mais à la fois ce qu'ils peuvent donner mentalement d'un point de vue nerveux et tout. Et qu'une fois qu'ils ont passé leur marathon qui était leur objectif, qu'ils ont peut-être préparé un peu trop vite ou que c'était trop dur parce qu'un marathon c'est très dur, qu'ils ont terminé leur objectif et qu'ils se disent en fait la prépa c'était horrible parce que j'ai pas su concilier travail, vie perso, j'ai trop donné dans tous les aspects de ma vie et que je suis dégoûté et que ces gens après du jour au lendemain ils sont tellement dégoûtés du sport qu'ils arrêtent je trouve que c'est un peu dommage et c'est assez c'est assez important d'en faire beaucoup si t'as envie d'en faire beaucoup dans ton entraînement parce que c'est kiffant mais d'essayer quand même de pas trop tirer sur l'élastique trop longtemps tu vois tu peux le faire un mois ou deux dans le cas d'une prépa tord des géants Ironman mais je sais que l'élastique il peut vite casser tu peux vite pas t'en rendre compte parce que t'es trop obnubile par un objectif il faut faire hyper gaffe il faut faire hyper gaffe parce que ça peut mener loin tu vois il y a des tu peux être en surmenage sur entraînement mentalement te rendre malade etc donc ouais long terme long terme on sera où dans 20 30 ans 40 ans c'est la finalité
Loïcquoi superbe message excellente conclusion qui vient un peu bah du coup tu l'as dit toi-même tu vois nuancer ce que tu viens de faire t'étais pas sur une approche sport santé mais voilà il y avait d'autres choses derrière ça mais ultra très intéressant en tout cas de t'entendre clôturer là-dessus. Un immense merci, Olivier. C'était trop bien. Je me suis régalé. Avec plaisir. Franchement, encore une fois, bravo. C'est juste hallucinant ce que tu as fait. C'est inspirant. Et puis, surtout ce qui est inspirant, au-delà de l'aspect sportif qui est complètement dingue, c'est que ce projet, c'était ton projet. Il y avait du sens derrière. Tu l'as mené à bout de A à Z. Tu te l'es fait toi, tu vois. Et je trouve ça qui est chouette. Et comme tu le disais, c'est l'expérience que toi, tu as voulu vivre. Mais bon, Moi, le message que je retiens, c'est que c'est une vraie invitation pour chacun d'entre nous qui t'écoutons à décliner ça sur nos formats à nous.
OlivierTout le monde a une page blanche. Tout le monde peut s'inventer son truc. Et il y a tellement plein de gens qui se mettent dans des aventures un peu off, un peu sans dossard, où tu as plus de liberté. Tu n'es pas obligé d'attendre une date, tu n'es pas obligé d'aller loin, tu peux partir de chez soi. Carrément, je suis trop d'accord
Loïcavec ça. Encore une fois, un grand merci Olivier. Je te dis à une prochaine pour les prochains récits
Olivierd'aventure. Avec plaisir. Merci Loïc. C'est un immense plaisir à chaque fois d'échanger avec toi. C'est trop cool. J'aime trop ta bonne humeur, ton podcast. Merci pour ton podcast, pour tous les récits que tu nous fais vivre à travers tes invités. Ça fait grave plaisir d'avoir été invité.
LoïcC'est un honneur pour moi aussi. Merci Olivier. À une prochaine. Merci Loïc. Ciao.