On dit souvent que le sport est bon pour la santé. Moi, je me suis assez vite rendu compte que ce n'est pas comme ça qu'on devrait le présenter, même si c'est plus négatif. C'est plutôt dire que la sédentarité est mauvaise pour la santé. Et il y a énormément de maladies, je pense, qui émergent simplement à cause de la sédentarité. L'activité physique, je pense, est vraiment quelque chose d'inhérent à l'être humain. C'est quelque chose dont on a besoin au même titre que de manger et boire.
LoïcHello, hello, tu écoutes Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent, et je suis Loïc, son créateur. Ma conviction, c'est qu'on a tous en nous une version un peu frappée qui ne demande qu'à se réveiller. Ma mission, c'est justement de tendre le micro à des athlètes, des aventurières, des militaires, des forces spéciales, des entrepreneurs, bref, des femmes et des hommes qui ont fait le choix de libérer la leur. Pourquoi ? Parce que je pense qu'on a tout à gagner à s'inspirer de personnes qui ont osé suivre leur propre chemin. Attention, il se pourrait bien qu'une écoute régulière puisse t'entraîner des changements positifs irréversibles dans ta vie. Tu es prévenu.
Tu es prête, c'est parfait. Bienvenue Marine au micro des Frappés. Je suis super content de te recevoir sur le podcast et avant toute chose, un grand merci à Marjorie pour la mise en relation. Décidément Marjorie qui n'arrête pas de m'envoyer des invités et j'adore, c'est juste génial parce que elle ne se trompe jamais sur les profils. Impatiente d'échanger avec toi
MarineMarine. Magnifique, merci beaucoup Loïc. Honnêtement, c'est un honneur pour moi d'être là comme je te disais juste avant, c'était le podcast avant que Marjorie nous mette en contact et effectivement merci Marjo pour le contact tu vois d'avoir écouté quelques épisodes juste avant de participants sur la Yukon une chose comme ça je me suis sentie un peu petite mais j'ai même mon syndrome de l'imposteur de côté et puis je pense que j'espère que de partager mon aventure inspirera d'autres personnes à le faire donc voilà je
Loïcme rattache à ça Génial absolument génial Marine ce que je te propose c'est de commencer par une petite intro, nous expliquer dans les grandes lignes qui tu es, ce que tu fais, et puis après, on rentrera un peu plus dans le détail d'une de tes dernières aventures.
MarineOui, bien sûr. Je m'appelle Marine, j'ai 30 ans depuis deux mois maintenant. J'habite en Suisse, mais je suis belge d'origine. Pour autant, j'habite en Suisse depuis que j'ai 4 ans, donc maintenant, j'ai la double nationalité. Je suis ingénieure en sciences du vivant, de formation, et récemment j'ai obtenu un doctorat en neurosciences et sinon une de mes grandes casquettes je dirais qui compte beaucoup quand je parle un peu de moi c'est effectivement le sport qui a toujours fait partie de ma vie sport de compétition notamment parce que j'ai fait énormément de voiles
Speaker 3en fait
Marinedonc j'ai commencé à haut niveau de ouais j'ai commencé peut-être c'est dur à dire parce que mes deux parents sont des férus de voile donc tu vois j'avais 6 mois on faisait déjà une de traverser entre la Sardaigne et la Corse sans bateau mais voilà j'ai fait pour ceux qui connaissent de l'optimiste des 6-7 ans et puis après ce qu'on appelle du laser où là j'étais en équipe suisse quand j'étais adolescente et à côté de ça grâce à notre environnement magnifique qui est la Suisse entre lac et montagne le ski bien sûr du ski de piste d'abord j'étais aussi en club à ce moment-là. Et puis, vraiment tout récemment, ça fait depuis trois ans maintenant, plutôt du ski alpinisme. Et donc, j'ai eu la chance de participer à la patrouille des glaciers tout récemment, en avril. Et ça venait aussi d'un amour récent pour les sports d'endurance, parce que ça fait peut-être, je crois… Il y a six ans maintenant que je touche au vélo, au triathlon, course à pied, tout ça. Et donc, ça a été un peu, pour moi, une suite naturelle, disons, de... de ma découverte
Speaker 2des sports d'endurance. Waouh
Loïc!
MarineQuel profil
Loïc!
MarineC'est toujours compliqué, je déteste en fait ces questions de toi, parce qu'il y a beaucoup de
Loïcchoses. Mais c'est ça qui est ultra intéressant.
Alors, attends, déjà, tu disais spécialiste en sciences du vivant,
Marinec'est ça
Loïc?
MarineOui, ingénierie des sciences du vivant, je fais l'école polytechnique fédérale de Lausanne. Ok. Tu as un peu une double casquette entre biologiste et ingénieur, en fait donc tu touches à la fois dans les premières années tu fais les mêmes cours que ceux qui font de la microtechnique ou de la mécanique avec des cours de physique et de maths vraiment poussés de la programmation énormément et en même temps des cours de biologie pure puis en fait ce qui est génial c'est d'utiliser ces outils d'ingénieurs pour faire avancer la science donc ça j'ai fait un bachelor et master là-dedans et pendant le master je me suis vraiment découvert une passion pour les neurosciences sciences. D'abord, celle cognitive, donc tout ce qui est la conscience, oui, tout ce qui est du domaine de presque de la philosophie, en fait. Et finalement, c'était trop philosophique pour moi. Par exemple, dans le domaine, ne serait-ce que définir ce que c'est la conscience, personne n'est d'accord. Et donc, pour moi, c'était un peu compliqué. Et donc, je me suis prise de passion plutôt pour des sciences plus dures et donc pour la neuroscience plutôt moléculaire. vraiment comment les neurones fonctionnent, se connectent entre eux et particulièrement dans le cadre du mouvement, donc notre appareil locomoteur. Pourquoi nos muscles vont se contracter exactement à ce moment-là, le lien entre le cerveau et les muscles. Je pense que tu te rends bien compte que le lien avec le sport se fait assez facilement. Du coup, j'ai fait une thèse doctorale sur la maladie de Charcot. Si tu la connais, ça s'appelle aussi la maladie de Charcot. la sclérose latérale amyotrophique. Il y a Stephen Hawking, l'astrophysicien, il avait cette maladie. Elle vient vraiment toucher les nerfs moteurs qui font le lien entre ton cerveau et tes muscles. Et en fait, on ne comprend pas grand-chose à cette maladie. Donc, j'ai fait de la recherche fondamentale dessus. J'ai découvert quelques petits trucs. Ce n'est pas le sujet du podcast, mais super cool. J'adore ça. Pour moi, c'est tellement... le mouvement dans ma vie que je pense que c'était aussi important qu'il se retrouve d'une manière ou d'une autre dans mon job. Et d'avoir des patients qui, du jour au lendemain, perdent le contrôle de leur corps et se voient dépérir, ça me touche énormément. Pouvoir travailler là-dessus, c'est très... En réussissant.
LoïcEst-ce qu'à tout hasard, tu aurais croisé à l'EPFL une certaine Anna Karatala ? Ça ne me dit rien. Ça ne te dit rien ? OK. Elle est chercheuse aussi, docteure aussi. Je crois qu'elle a enseigné aussi sur tout ce qui est microbiologie environnementale. Ouais. Oh là là ! Ultra intéressant. OK. Donc, tu le disais, le sport, grosse... Finalement, un pilier de vie depuis ton plus jeune âge, de ce que tu expliquais. Comment... comment... Ta relation avec les sports d'endurance, récemment, tu disais que tu as fait la patrouille des glaciers. Alors, il va falloir que tu nous expliques en quoi consiste la patrouille des glaciers, ce que c'est exactement et comment est-ce que toi, tu l'as fait cette année puisqu'il y avait une petite spécificité. Mais comment tu en es arrivé du coup ? Ça a été quoi la bascule de la voile à des sports, tu vois, peut-être plus ski, alpi, endurance et finalement un peu loin de la mer ? Oui. En tout cas, de l'élément
Marineaquatique. De l'élément aquatique. Bon, la neige… ça
Loïcreste de l'eau. Oui, c'est vrai. Il faut que je fasse gaffe à ce que je dis là parce que je parle de
Marinescientifique donc il ne faut pas que je me trompe. Non, mais juste pour l'anecdote, c'est vrai qu'on ne s'en rend pas compte mais la voile et le ski sont bien plus proches que ce que l'on croit parce que c'est deux sports de glisse dans les sensations. On ne pense pas à la voile forcément comme un sport de glisse en premier mais c'est un sport de glisse. Tu as vraiment cette sensation de ton bateau qui glisse sur l'eau et le ski de tes skis qui glisse sur la neige. Voilà, mais c'était juste pour l'anecdote. Sinon, pour répondre à ta question, la voile, c'était vraiment un mode de vie dans notre famille. Je pense que tu l'auras entendu. Mes parents n'ont pas très aimé que je dise ça, mais j'avais presque pas le choix, en fait, de faire de la voile. Après, j'ai appris à aimer. C'est un sport qui est magnifique pour tout plein de raisons, ne serait-ce que d'être en nature, sur l'eau, mais aussi en termes de responsabilisation, parce que déjà, tout jeune c'est toi qui t'occupes de préparer ton bateau t'assurer que voilà t'as tout le matériel qu'il faut que tes voiles soient bien réglées etc et il y a une énorme dimension intellectuelle à ce sport aussi parce que dès que tu fais mais même sans faire de la compétition il y a toute la météo à gérer et puis si tu veux vraiment optimiser tes trajectoires tout ça tu vas aller chercher sur le plan d'eau les endroits où il y a le plus de vent où la direction est la plus favorable donc ça a été ouais un sport très présent dans ma vie vers l'âge de 15 ans j'ai accédé au niveau où j'ai intégré l'équipe nationale Espoir et j'ai commencé à faire des résultats pas mal en 2011 j'essaie de me rappeler parce que finalement c'est moi quand même 2011 c'était vraiment une année phare pour moi j'ai vraiment commencé à faire des résultats à ce moment là 4ème moins de 16 ans aux européens 5ème au mondiaux je fais championne de Méditerranée. Et vraiment, je m'éclate. Mais le truc, c'est que l'année suivante, il fallait passer à la série olympique. En gros, tu changes de taille de voile et tu acceptes vraiment, tu n'es plus avec les juniors, tu es vraiment avec l'élite. Et donc là, ça a commencé à être vraiment dur et l'ambiance dans l'équipe suisse, ça ne me convenait pas trop. C'était très individualiste. Puis tu vois, on était encore jeunes, 16-17 ans, donc il des
petites blagues je me suis pas très bien intégrée dans cette équipe et le volume d'entraînement était vraiment énorme je me suis amusée à faire le calcul récemment entre les entraînements et les régates qu'on faisait quasi tous les week-ends on était presque déjà à 10-12 heures voire plus par semaine de voile quand t'as 16-17 ans t'as un peu envie aussi de vivre ta vie d'ado normal et en fait je me poussais énormément à l'entraînement et tout ça et il y a eu vraiment une sorte de des directions entre ce que j'avais envie et ce que le haut niveau me demandait de faire qui commençait vraiment à diverger au point même que c'est assez drôle quand on y pense et je pense que aujourd'hui tous les aspects un peu liés à la santé mentale etc seraient beaucoup plus pris en compte chez les athlètes mais au niveau de ma fédération au moment où dans ma tête je me suis dit bon là je vais dire à mes parents j'arrête en tout cas haut niveau j'en peux plus ça me correspond plus j'aime pas j'arrête pas de me blesser je faisais des blessures à répétition au même moment le sélectionneur national me dit qu'il envisage une préparation olympique avec moi pour te dire à
Speaker 3quel
Marinepoint sur des mondes différents il voyait pas que j'allais pas bien que j'aimais plus ça et pour moi ça a été libérateur vraiment d'arrêter et parallèlement en fait parce que du coup tu vois la voile c'est plus un sport estival ce qui fait que tu t'entraînes énormément l'été et l'hiver on allait dans le sud de la France pour s'entraîner mais en parallèle je faisais beaucoup de ski j'étais en club et du coup ça a commencé à coincer là aussi parce que tu peux pas tout faire et je me retrouvais à limite plus aimer le ski que la voile et j'avais beaucoup plus de copines là-bas je m'y sentais beaucoup mieux et donc je me suis à ce moment-là quand j'ai arrêté je me suis beaucoup plus épanouie je dirais dans le ski mais sans pour autant faire la grosse compétition j'étais plutôt dans un groupe c'était pour préparer en fait au monitorat ski donc on faisait un peu de tout on faisait du slalom mais aussi énormément de freeride et donc c'est à ce moment là que j'ai un amour pour le ski disons qui s'est vraiment cristallisé et que voilà et j'ai commencé à avoir une vie d'ado un peu plus normale et je pense que ça me correspondait bien et puis en fait après bah c'est je pense comme énormément malheureusement de jeunes filles de mon âge du fait d'avoir arrêté autant le sport, j'ai pris du poids très vite. Et plus la puberté, les hormones, il y a énormément de changements. Et en fait, j'ai commencé à être pas bien dans mon corps. Et donc, je me suis dit, OK, comment je peux perdre du poids
Loïc?
MarineManger moins, j'avais du mal. Donc, on va faire plus de sport. Et qu'est-ce qui est facile à faire
Loïc?
MarineC'est la course à pied. Donc, j'ai commencé, disons, pas pour les bonnes raisons. Et en fait, j'ai adoré ça. Et je me suis rendu compte que je J'avais des petites aptitudes comparées à la moyenne des filles de mon âge. J'adorais l'EPS à l'école. Il fallait faire 3 fois 500 au bac. Moi, je surkiffais ça et d'aller montrer mes classes. J'adorais. Je pense que j'étais pas la seule. Il y avait ma meilleure amie aussi, mais on était un peu les deux ovnis de notre classe à ce niveau-là. Puis c'est un peu comme ça, tu vois. Puis du coup, tu te rends compte que t'aimes bien, tu te challenges, t'as envie de faire un 5 km, puis un 10 km voilà ça c'est plutôt le monde de l'endurance il est venu comme ça puis après il y a eu les études et ça ça m'a fait carrément tout arrêter parce que la première année à l'EPFL c'est un peu comme les années de prépa pour les hautes écoles en France c'est c'est super dur t'as plus de 30% d'échecs en fait tout le monde peut accéder à la première année donc il n'y a pas de sélection qui est encore faite là c'est vraiment la fin de la première année puis c'est pour ça que tu as aussi tous ces cours un peu d'analyse physique etc ça sert à trier aussi et donc là j'étais tout le temps en train d'étudier en fait mais je me suis vite rendu compte que ça allait pas le faire mentalement si je faisais rien du tout et donc là j'ai aussi tu vois avec la course à pied c'était vraiment un peu on off de temps en temps j'avais besoin mais donc j'y allais peut-être une fois toutes les deux semaines comparé à maintenant c'est rien du tout et puis j'ai refait un projet de voile avec mon copain de l'époque du kata mais aussi tu vois de manière vraiment amateur tranquille on va plus dans le haut niveau mais j'avais très vite des frustrations parce que je pense qu'une fois que t'as été athlète de haut niveau c'est vraiment très dur de faire du sport sans la recherche de performance. Parce que je pense que ça a été tellement dans ton identité, tu t'es tellement construit là-dessus, et surtout jeune, que c'est vraiment difficile. Et donc, je ne prenais pas énormément de plaisir, je l'avoue, sur ce kata. Parce que, en fait, je n'arrivais pas à trouver le temps pour qu'on s'entraîne. Puis c'est à deux, donc la dimension d'équipe aussi, il faut coordonner ses emplois du temps, tout ça. Et voilà, donc j'ai fait ça deux, trois ans. Et puis, en fait, après, quand j'ai commencé le doctorat, je me suis de nouveau repris ce truc de je travaille trop et je n'ai pas le temps pour le sport et ça ne va pas et j'ai droit dans le mur. Et donc là, je n'arrêtais pas de me blesser aussi en course à pied parce que du coup, c'était du on-off. Et puis, dès que j'avais envie d'y aller, je faisais tout de suite un volume beaucoup trop important par rapport à ma charge d'entraînement. Et donc, en discutant un peu avec mon médecin du sport, il m'a dit « Mais pourquoi est-ce que tu ne croiserais pas un plus tes sports, parce que la course à pied, c'est trop de charge. Si tu veux faire du volume et que tu ne peux pas le faire si régulièrement, fais de la natation et fais du vélo. Ah ouais, c'est vrai. Natation, mes parents nous avaient un peu forcés, petit, mon frère et moi, à prendre des cours, par rapport à la voile, pour que si on tombe du bateau, etc. C'était plus une question de sécurité. Ils nous ont inscrits aux cours et nous ont dit, vous faites les cours jusqu'à ce que vous puissiez faire un kilomètre en crawl et donc voilà on avait fait ça à petit donc c'est vrai que du coup j'avais des bases pour nager et le vélo comme j'habitais en campagne petite je faisais énormément de déplacements à vélo mais tu vois un vélo normal et donc j'avais aussi l'habitude de faire du vélo et j'ai vu qu'il y avait un triathlon qui se passait près de chez moi et donc je me suis dit bah en fait peut-être que c'est ça dont j'ai besoin un petit défi comme ça qui me sort enfin qui m'oblige à faire d'autres choses que juste bosser et comme tu vois je m'engage à faire cet objectif je vais commencer à me faire des rendez-vous dans la semaine pour mes entraînements et si j'ai pas fini au niveau du boulot ce que j'avais envie de faire bah en fait tant pis je vais quand même m'entraîner et en fait ça m'a fait j'ai envie de dire que ça a sauvé mon doctorat honnêtement parce que en fin de première année j'étais vraiment sur les rotules et ça m'a sorti la tête de l'eau ça m'a fait rendre compte aussi que parce que tu en recherche t'es énormément confrontée à l'échec et ça m'a fait ouais réalisé bah en fait oui c'est vrai Marine quand tu te mets dans quelque chose tu peux y arriver donc j'ai réussi ce premier triathlon alors que ça me faisait super peur les distances et tout ça et en fait je me suis dit mais en fait j'ai un super potentiel dans ce truc c'est trop cool voilà puis j'ai en plus étant voilà ingénieur de formation tu te prends vite à rechercher sur la science de l'entraînement etc puis tu te rends compte c'est énormément de maths au final de t'assurer que t'es 80% du temps en zone 2 donc j'ai adoré aussi les petits plans d'entraînement et tout ça et puis ouais du coup a augmenté aussi les distances j'ai eu aussi un énorme coup de coeur pour le vélo du coup je me suis retrouvée aussi à faire des courses de cyclisme donc l'étape du tour j'ai fait 3 années consécutives que j'ai vraiment vraiment adoré ça et en parallèle je continuais un peu à skier
l'hiver avec mon copain. Mais voilà, tu vois, genre, tu prends un forfait de ski, tu dévales quelques pentes et voilà. Ou alors, faire ce qu'on appelle un peu du... du ski de randonnée. Je ne sais pas si tu sais ce que c'est,
Loïcdu coup. Avec les peaux de
Marinephoque
Loïc?
MarineVoilà, c'est ça. Donc, tu mets des... On dit peaux de phoque, mais rassure-toi, ce n'est pas des peaux de phoque. Ce ne sont plus des peaux de phoque. Ce sont des peaux synthétiques, je crois que c'est la laine mohair, si je ne me trompe pas, que tu mets sous tes skis et qui te permettent de gravir les pentes. Donc, à chaque fois que tu avances ton ski, il ne va pas reculer en arrière. Donc, tu marches comme ça avec tes skis, avec les peaux, et ça, ça te permet d'aller hors sensibilité de ne plus être sur les pistes avec tout le monde et de découvrir de nouveaux endroits. Et vraiment, on aimait bien ça avec mon copain. On se débrouillait pas mal, mais c'était un peu la sortie du dimanche, comme certains pourraient faire à vélo, par exemple. C'était comme ça. Et en fait, il y a eu l'annonce d'un projet qui s'appelle Reaching Summit en août 2023, si je ne me trompe pas. qui faisait un appel à candidature, qui cherchait des femmes pour faire la patrouille des glaciers. Et en fait, quand j'ai lu la description, il y a eu un truc, ça a fait une étincelle en moi. Non, mais c'est pour moi, ça, en fait. C'est vraiment pour moi, parce que la description, je cherchais des filles qui étaient un peu dans le domaine d'orburance et qui savent ce qu'il y a. Pour autant, l'alpinisme, c'était étranger pour moi, tu vois. Parce qu'on peut discuter un peu ce que c'est exactement le ski-alpinisme. C'est un mélange de ski, de rando, et un peu d'alpinisme, du coup. Et voilà, la dimension un peu technique, aller en haute montagne, etc., complètement nouveau pour moi. Mais ça m'a, direct, ça m'a parlé énormément. Et donc, j'ai déposé ma candidature et puis il y a eu tout un processus de sélection. Je crois qu'ils ont reçu 70 candidatures. On s'est retrouvés à être 16 présélectionnés. Puis on a passé des entretiens. Ah oui, carrément. ouais parce que c'est vrai qu'il y a une énorme dimension dont on parle pas tant je trouve dans ce sport c'est l'esprit d'équipe parce que tu vas être trois personnes encordées à devoir se faire confiance au point de, oui, se faire confiance avec sa propre vie dans ses coéquipiers. Et donc, c'était important pour les organisatrices, dont je peux parler après, que ça matche bien au niveau des personnalités. Et puis aussi, on peut aussi en parler plus tard, mais dans l'accordé, il y a un peu, chacun a son rôle en fonction de si tu es premier dans l'accordé, deuxième ou troisième. Et en fait, Je me suis retrouvée sélectionnée. J'étais trop contente. C'était une année incroyable. J'ai rencontré des filles incroyables, dont Noël, qui est une des patrouilleuses avec qui j'ai fait la patrouille cette année. Et on a préparé cette patrouille. On avait des sponsors. On a pris énormément de cours avec des guides pour découvrir un peu plus l'aspect alpinisme. Dans le cadre de cette course, en tout cas, c'est quoi
Loïc?
MarineTout à coup, tu vas devoir utiliser ton piolet, qui est une sorte de... je ne sais pas, une pioche, un peu une pioche pour la glace, pour pouvoir des fois monter des pentes qui sont tellement pentues qu'il faut mettre les skis sur le sac à dos et monter, en fait, avec tes crampons et ton piolet. Enfin, voilà. Et puis aussi, tout l'aspect sécurité en montagne qui est aussi une dimension énorme. Pas seulement les avalanches, mais voilà, les risques de chute, etc. Ce qui, pour moi, a été vraiment très, très important parce que j'ai malheureusement perdu une copine en montagne quand j'étais ado dans une avalanche et on s'est retrouvé à recevoir cette formation un peu j'ai envie de dire un peu express et c'était fou entre le plan d'entraînement qui te demandait un certain volume plus le fait de partager ça avec d'autres femmes qui étaient un peu dans le même cas que toi on avait bien envie de se dire au fond C'est le genre de truc où on se sent capable, mais s'il n'y a personne pour venir un peu nous dire « Eh, vas-y », jamais on ne l'aurait fait. C'était toute la beauté de ce projet, qui finalement n'a pas eu lieu. Parce que malheureusement, la patrouille des glaciers de l'édition 2024, la course sur laquelle on était inscrits, donc la plus longue, a été annulé pour des raisons météorologiques. Il faisait un ressenti avec le windchill moins 50 au point le plus haut de la course.
LoïcAh ouais, ok.
MarineEt dis-toi que, parce qu'il y avait des gens de l'armée là-haut, dis-toi qu'il y avait des soldats qui étaient là-haut pendant
quasi une semaine. Franchement, c'est incroyable. C'est l'armée incroyable. Donc, non, d'un côté, on était très, très frustrés parce que c'était un projet de neuf mois puisqu'on avait commencé un peu en août ces journées de sélection, etc. Mais aussi légèrement soulagés quand même parce que... quand on voyait les conditions météo voilà on mettait des couches et des couches les gants chauffants chaussettes chauffantes tout ça on avait peur de brûler nos rétines donc c'était ouais c'était un petit soulagement quand même et mais du coup ça s'est terminé comme ça le projet Reaching Summit s'est transformé en une association dont je fais partie maintenant je fais partie d'un comité qui pousse juste les femmes de manière générale à se pousser dans l'endurance puisque bon Tu le sais bien, la représentation des femmes, malheureusement, est assez faible, même si c'est en train de changer, pour mon plus grand plaisir. Mais c'est vrai que, tu vois, par exemple, la patrouille des glaciers, c'est même pas que je ne me sentais pas capable, c'est que je n'y avais même pas pensé, parce que dans mon entourage, toutes les personnes qui avaient terminé cette course, c'était les papas de mes copines, tu vois. C'était vraiment... Voilà, c'est un truc d'homme, en fait. Donc, ça n'était même pas venu à l'esprit. effectivement, En 2022, quand l'initiatrice du projet Reaching Summit, Karine Franier, avait participé à la course, il n'y avait que 6% d'équipes 100% féminines qui participaient. Et c'était ça qui lui avait dit, mais il faut qu'on change ça. Et c'est ce qui lui avait fait créer le projet Reaching Summit.
LoïcDonc, ça veut dire quoi en fait ? C'est une équipe, deux équipes ? Parce qu'il n'y a pas énormément de participants, si je ne me trompe
Marinepas, non
Loïc?
MarineOh si, si. Je pense qu'en tout, tu as 1500...
LoïcAh oui, ok, d'accord.
MarineOui.
Loïcd'accord ah oui
Marinej'étais très loin ok non non c'est une grosse course après il y a des gens du monde entier qui viennent et t'as des courses civiles et des patrouilles pardon civiles et des patrouilles militaires donc je saurais pas te donner le chiffre exact en ce qui concerne les amateurs mais c'était vraiment très très faible puis elle aussi qui était pour elle c'était un peu nouveau le ski alpinisme tu vois elle s'est retrouvée sur le podium elle s'y attendait pas du tout donc voilà c'est ce qui a un peu la poussée à créer ce projet et du coup moi ça m'a aussi énormément parlé sa mission et donc on a créé cette association et je me suis impliquée on a étendu aussi notre champ d'application où on a fait des projets aussi d'ultra-cyclisme avec Race Across Switzerland et après aujourd'hui on a des filles qui s'engagent sur le TMB qu'on accompagne du coup sur le TMB sur un projet de deux ans. Voilà, c'est vraiment notre mission, c'est de montrer les filles qui sont un peu normales et montrer que, tu vois, avec la préparation adéquate, parce qu'évidemment, il ne faut pas non plus y aller en mode touriste, mais que n'importe qui qui
s'en donne les moyens peut le faire et cette mission aussi de se dire, ben, ouais, quand on veut, en fait, on peut, enfin, on peut se donner les moyens et ça, ça n'applique pas seulement dans le domaine sportif mais dans tous les domaines de la vie donc c'est un peu cette mission qu'on avait là et de augmenter la représentation de la femme dans ses sports donc tu vois en communiquant sur les réseaux etc de se dire s'il y a d'autres filles qui voient tiens il y a Marine une petite jeunette de 29 ans qui fait la patrouille alors qu'elle travaille à côté puis voilà qu'elle y arrive pourquoi pas moi en fait donc c'était un peu ça l'objectif Mais du coup, comme ça n'a pas eu lieu en 2024, notamment avec Noël, une des fêtes de ma patrouille de cette année-là, on s'est dit... quand même, on avait quand même bien l'affaire. Et on a trouvé Maria, qui est une ultra-traileuse qui a fait l'UTMB, etc. Enfin, vraiment une machine pour former une équipe pour l'édition de cette année, l'édition 2026. Et cette fois, n'étant pas accompagnée par une structure ou quoi que ce soit. C'était juste... On restait ambassadrice de l'association, mais sans recevoir, tu vois, des journées guides ou matériel
Loïcou comme ça voilà un peu comment on est passé de la patrouille des glaciers waouh ok je me suis vraiment beaucoup retenu de t'interrompre parce que j'ai des questions qui fusaient mais absolument passionnant et du coup j'imagine que c'est dans le comment est-ce que t'as rencontré Marjorie parce que je sais qu'elle est aussi très active sur tous les sujets de féminisation du sport
Marineeffectivement comme ça quand je me suis mise en fait au vélo et au triathlon. Comme je ne connaissais personne dans mon entourage qui en faisait, je me suis créée un compte Instagram où je me suis dit, je vais un peu parler de ce que je fais, de mes débuts en triathlon et puis peut-être que je vais trouver ma petite communauté comme ça et c'est exactement ce qui s'est passé. C'est comme ça que j'ai rencontré Marjorie par Instagram et puis une fois, on s'est dit, allez, on va rouler ensemble et du coup, voilà, on a roulé ensemble, ça a matché et on a gardé contact.
LoïcOn est devenues bonnes copines maintenant. C'est super. Trop bien. Parce qu'aujourd'hui, tu es toujours à Lausanne, j'imagine, en travaillant à l'EPFL. Oui. C'est basé à Nyon, mais c'est entre Genève et Lausanne. Mais oui, du coup, elle n'est pas loin. Excellent. OK. Alors, question 1. Non, mais vraiment absolument passionnant. Juste pour revenir rapidement sur la partie, toute cette phase de vie voile au
Speaker 3niveau...
LoïcTu as parlé de plein de choses qui ont beaucoup résonné, notamment sur ce sujet du sport, de l'identité, de ce qui se passe une fois que tu arrêtes, la prise de poids. Je voulais juste te faire un partage parce que j'ai vécu la même chose. Tu disais que tu as eu un projet pendant trois ans de retour à la voile en kata. Tu disais que finalement, c'est compliqué quand tu as fait du haut niveau de plus... de te réfréner entre guillemets de pas aller sur tu vois un mindset compétition et je serais curieux d'avoir ton avis moi j'ai aussi l'impression qu'il y a un sujet de finalement peut-être tu vois d'émotions d'hormones de ressentis moi ce que j'ai vécu avec le judo donc je faisais beaucoup de judo au niveau et j'ai arrêté pendant ma classe prépa donc j'ai pris ma dernière année de judo en équipe de France j'étais en régime permanent j'ai arrêté j'ai dû prendre 6 kilos en deux semaines et plus tout le sport et j'ai pas j'ai pas aussi bien géré que toi
Speaker 3en
Loïctout cas tu vois j'ai pas eu conscience comme toi j'ai l'impression de l'importance j'ai pas été conscient du fait qu'il fallait absolument que je maintienne un minimum d'activité physique et en tout cas pas ma première année de prépa et je l'ai ultra mal vécu sans me rendre compte que c'était lié au sport tu vois c'est un mal-être et quand j'ai repris en deuxième année bah effectivement comme toi c'était une vraie soupape de décompression et ça m'a énormément aidé mais c'était ça a assez très léger, c'était, je courais une fois par semaine, peut-être le week-end, et puis quand on avait du temps, on allait courir sur un mini terrain de foot, voilà, histoire de se dépenser.
Mais par contre, j'ai tenté de reprendre le judo dans un contexte haut niveau, donc quand je suis rentré en école après mes deux ans de prépa, au bout d'un an ou deux, je ne sais plus, je suis parti au Canada, et mon entraîneur, qui était dans le sud de la France à l'époque, m'avait dit, va dans ce club et puis va voir cet entraîneur, je le connais, machin, il t'accueillera avec plaisir. Et en fait, quand je suis arrivé dans le club je te la fais courte en fait c'était le club de la côte est du Canada qui était en pleine phase de préparation des JO de
Speaker 3Londres
Loïcje me suis fait éclater je sais plus si c'était le premier ou le deuxième entraînement mais j'étais dans les toilettes en train de vomir avant la fin de l'échauffement et en fait c'était abominable pas tant l'aspect j'ai plus de niveau mais plus j'ai plus les sensations tu vois j'arrive plus je suis plus rassuré Donc, quand j'envoie des prises, j'ai l'impression que je me traîne, que j'envoie un télégraphe à mon adversaire pour lui dire attention, je suis en train de faire ça, tellement j'étais lent. Enfin bon, bref, c'était plus un sujet, j'ai eu l'impression de ressenti que mon niveau par rapport aux
Marineautres. Oui, je vois tout à fait ce que tu veux dire. Quand on a repris le Qatar, bon déjà, c'était des sensations très différentes du bateau que je faisais d'avant. Mais c'est vrai qu'au-delà des résultats, vraiment de la performance pure et des classements, etc. Je voyais que j'étais beaucoup moins réactive sur l'eau, tu vois, par rapport aux stratégies tactiques, etc. La lecture du plan d'eau, enfin tout plein de petites choses comme ça que quand tu le fais 10-12 heures par semaine, ton esprit devient vraiment affûté, tout devient automatique, fluide, etc. Ouais... J'ai presque l'impression d'être une vieillarde de la voix
Loïcdans mon cerveau. C'est ça qui est terrible, je trouve.
MarineMa réponse, finalement, a été... Je ne sais pas, c'est peut-être un peu triste ce que je vais dire, mais je ne peux plus refaire de la voile,
Loïcen fait. Ah, mais je comprends tellement. J'ai eu la même réflexion
Marineque toi. Et ce n'est pas grave. Il y a tellement d'autres choses à faire dans la vie. Mais c'est vrai que dans mon entourage, ça étonne énormément aussi que presque du jour au lendemain, j'ai dit bon, en fait, ça ne m'amuse pas. Je ne veux plus faire.
LoïcFini. Je vois tout à fait. Sujet complexe, mais le fait de tourner la page finalement, là, tu vois, on parle beaucoup sur ce podcast de sport, d'aventure, etc. Mais j'imagine que de manière générale, quand tu as eu un pilier aussi fort de ton identité qui disparaît, qui s'écroule, en tout cas, qui n'a plus la place qu'il avait.
MarineIl n'a pas totalement disparu parce que c'est une problématique qu'on a un peu eue avec mon équipe. C'est qu'elles, elles n'ont jamais été dans du haut niveau comme ça. Et donc, la discipline que moi je peux me mettre ou le mindset dans lequel je peux rentrer pour elle c'était trop voilà et on s'est remis en question à mi-saison après une course où vraiment moi je poussais trop j'étais allez on y va machin j'étais vraiment en mode performance pure et pour elle ça avait enlevé tout le plaisir en fait alors que pour moi pas tu vois moi ça m'enlève pas du
Speaker 3plaisir
Marined'être là et donc on a dû redéfinir un peu nos objectifs et pour moi une fois que c'était dit ok ben notre objectif c'est de vivre une aventure à trois oui c'est de donner le meilleur de nous même et en ce sens performer tu vois c'est de se dire bah on a fait tout ce qu'on a pu alors on est heureuse alors que moi je pense qu'il y a toujours ce truc d'aller chercher la limite de tu vois quand on dit de donner le meilleur de soi même pour moi c'est à 200% en fait 100% c'est pas suffisant et voilà mais ça a été un très bon apprentissage pour moi parce que ça me réapprend aussi à prendre plaisir dans des cadres où vraiment la performance élitiste pure disparaît, mais on peut quand même performer différemment. Par exemple, je suis très, très fière, on peut en parler, de notre dynamique d'équipe qu'on a eue pendant la course, qui était vraiment incroyable et qui nous a vraiment permis de super bien avancer. Et en ce sens-là, on a vraiment bien performé, tu vois. Mais voilà, j'étais du style, il faut que nos transitions, donc le moment où tu passes, où tu as tes peaux sous les skis, il faut enlever les peaux et puis on redescend la montagne à ski. Moi, j'étais du genre à m'être entraînée pour que ça prenne 30 secondes. Quand je poussais les filles à aller, elles me regardaient en mode c'est bon, on est sur une course de 12 heures, qu'est-ce qui nous fait chier à se dépêcher de faire la transition. Mais moi, c'était par principe, on fait les choses au mieux. Donc, tu vois un peu, voilà. Et donc, ça me suit encore, ça me suit dans même tous les domaines même tu vois professionnellement des fois aussi je dois réussir à me dire bah c'est pas parfait c'est ok si tu fais pas un énorme volume de travail c'est ok c'est quelque chose que je dois déconstruire un peu constamment mais d'un autre côté j'ai pas envie de le perdre totalement parce que comme tu l'as dit ça fait partie de mon identité c'est un équilibre à trouver qui est pas tous les jours facile et qui même des fois me rend la vie un peu plus complexe que ce qu'elle ne l'est déjà je
Loïcvois bien t'as aussi mentionné quelque chose un peu plus tôt enfin un point qui m'a qui m'a qui m'a aussi parlé t'évoquais la data le fait alors je sais plus comment tu l'as formulé j'aurais dû me le noter tiens
Marined'ailleurs
Loïcouais je crois
Marinela science l'entraînement c'est
Speaker 3que
Loïcdes maths
Marineouais c'est ça
Loïcexactement que
Speaker 3des maths non c'est pas vrai c'est pas
Loïcque des maths non bien sûr mais en tout cas tu vois une observation que je fais c'est qu'en tout cas dans l'univers de la voile c'est assez intéressant parce que là je suis bientôt enfin je suis globalement à 300 épisodes à peu près 5-6 épisodes près avec quand même beaucoup d'invités en tout cas il y a des thématiques récurrentes l'alpinisme le ski la montagne la voile et bon on va pas dresser de généralité mais quand même 300 ça devient un échantillon à peu près respectable je pense c'est pas représentatif de tous les voileux ou de tous les alpinistes etc j'ai quand même l'impression que dans cet univers de la voile c'est vrai que c'est des maths. C'est souvent des ingénieurs, très souvent. Tu vois que c'est des gens qui sont câblés pour réfléchir vite, calculer vite, prendre des décisions vite. Et finalement, il y a une approche un peu... Tu vois, j'ai eu des gens, par exemple, pour donner un exemple opposé à ça, qui permettra peut-être de mieux comprendre. J'ai eu quelques invités qui font de la slackline ou une funambuliste, une file de féeriste. Là, on est dans les échanges... J'étais beaucoup plus sur des sujets de rêverie, de créativité, ce qui n'est pas du tout le cas en voile.
Mais attention, dans les deux cas, ultra intéressant. Mais la voile, c'est plus mon calcul de route, la prise en compte de la météo, les modèles que j'ai mis en place. Donc, c'est vraiment marrant parce qu'en fait, oui, c'est quand même des maths, la voile. En tout cas, c'est des gens qui ont une appétence pour ça, j'ai
Marinel'impression. Oui, non, mais tu as tout à fait raison. Je pense que les gens qui sont extérieurs à la voile, ils s'y Tu règles tes voiles par rapport au vent, puis après, tu t'assieds sur ton bateau et tu attends. Et même, ce n'est pas du sport quand on y pense comme ça. Mais en fait, c'est du jeu d'échec permanent. Tu es constamment en train de remettre en question ta façon de naviguer pour voir comment est-ce que tu peux aller plus vite, gagner du terrain sur tes concurrents. Donc, en fait, c'est de la réflexion constante tout le temps, tout le temps, tout le temps. Et c'est même un des aspects qui m'a commencé à me fatiguer aussi parce que pour moi le sport tu l'as dit tout à l'heure c'est vrai que assez vite j'ai compris que c'était une soupape de décompression et du coup des fois j'en avais marre d'aller aux entraînements de voile en me disant purée après avoir fait toute ma journée d'école voilà bon c'était le lycée mais c'est pas non plus pas aussi prenant qu'une prépa mais tu restes investi intellectuellement il faut garder le cerveau branché en fait il faut pas le débrancher et tu parlais de rêverie c'est drôle parce que l'on temps mon entraîneur du club local, Lydia, Marine elle fait de la voile pour rêver un petit peu pour un peu débrancher le cerveau sauf que si tu veux performer tu peux pas et donc c'est vrai que des fois j'avais un peu des moments d'inattention comme ça parce que juste d'être 100% tout le temps en tout cas à cet âge là voilà, peut-être que les autres enfants à l'école ils étaient peut-être moins investis que moi, c'est très probable qui du coup c'était leur moment intellectuel de la journée j'en sais rien mais non non c'est très voilà et donc oui je suis d'accord avec toi que la représentation des mais je trouve aussi dans le sport d'endurance de manière générale on rencontre quand même énormément d'ingénieurs je trouve Mathieu Blanchard c'est vraiment l'exemple parfait et des gens qui du coup assez facilement voilà s'intéressent à la discipline et à la en ce qui est derrière et puis non c'est ça m'étonne pas disons mais gardons quand même que c'est dans les grandes lignes et dans les moyennes quoi qu'il y a quand même voilà mon frère qui a fait énormément de voile aussi c'est pas du tout un un matheux il fait du
Loïcdroit donc
Marinetu vois c'est bon ça reste on reste sur quelque chose d'assez cartésien ouais
LoïcUltra intéressant. Alors justement, en parlant de profil, ça fait peut-être une bonne transition sur le sujet des neurosciences. Parce que tu vois, on parle là de profil, de personnalité, de schéma mentaux. En fait, peut-être j'ai envie de te dire, tu vois, des gens qui sont, on dirait, câblés d'une certaine manière en France. Est-ce que ta pratique, ta vision du sport a évolué au fil de tes recherches ou pas du tout ? C'est complètement décorrélé ?
MarineNon, je pense qu'il y a deux grandes réalisations que j'ai eues, je dirais, parallèlement à ma carrière professionnelle. La première, et assez rapidement, c'est le besoin, même pas de sport, d'activité physique pour le bon fonctionnement du corps humain, que ce soit physique et mental. C'est quelque chose de primordial. Vraiment, on ne parle plus de haut niveau. Moi, je parle même de juste marcher 30 minutes dans la
Speaker 3journée.
MarineOn dit souvent que le sport est bon pour la santé. Moi, je me suis assez vite rendue compte que ce n'est pas comme ça qu'on devrait le présenter, même si c'est plus négatif. C'est plutôt dire que la sédentarité est mauvaise pour la santé. En fait, l'activité physique, quand on réfléchit à qui était l'être humain il y a quelques années, dans le cadre de l'évolution, finalement, notre société ne représente rien du tout sur l'existence de l'humanité. On était beaucoup plus actifs que ce qu'on est maintenant et il y a énormément de maladies je pense qui émergent simplement à cause de la sédentarité et voilà l'activité physique je pense est vraiment quelque chose d'inhérent à l'être humain c'est quelque chose dont on a besoin au même titre que de manger et boire et pas quelque chose qu'on devrait faire juste parce que ça peut te rajouter quelques années à ta vie donc ça j'ai vraiment vite compris et surtout aussi pour ma santé mentale mais le deuxième truc aussi c'est le privilège que c'est aussi d'une certaine manière puisqu'il y a des gens qui malheureusement se retrouvent à plus pouvoir faire ce qu'ils pouvaient faire pour diverses raisons handicap, maladie et de se rappeler aussi à quel point on a une chance inouïe d'avoir un corps qui fonctionne bien et qui nous permet de faire des choses super chouettes on devrait prendre le temps d'apprécier ça peut-être plus souvent donc c'est un peu ça les deux réalisations que j'ai
Loïceues en parallèle du sport tellement d'accord avec toi sur ce sujet de la sédentarité et tu sais occasionnellement je ne suis pas beaucoup les news mais occasionnellement je tombe sur des articles sur des études qui sont faites sur le niveau de pratique des étudiants en France alors que ce soit jeunes, collégiens ou lycéens et là je reviens d'une course au Maroc d'ailleurs c'était un ultra de 160 km sur 4 jours et il y avait dans les participants une professeure de sport à Paris et donc je lui partageais une stat que j'avais vue il n'y a pas longtemps en lui disant mais est-ce que c'est enfin est-ce que toi tu vois ça sur le terrain et cette statistique c'était qu'il y a moins de 50% des il me semble que c'était collégiens en tout cas collégiens ou lycéens en France qui ne sont pas capables de courir plus de
Speaker 32 minutes ouais
Loïcça me paraît complètement hallucinant donc je lui pose la question je dis mais toi est-ce que à ton niveau dans ton établissement tu vois ça etc elle me dit mais c'est pire que ça en fait c'est à dire que là moi quand j'organise des sorties randonnées de 4 à 6 kilomètres
sur du plat c'est la moitié qui n'arrive pas à finir en
Marinemarchant ça ne m'étonne pas et bref donc moi ça me terrorise ces sujets pour la suite en tant que société on devrait avoir vraiment remettre l'activité physique Je pense qu'il y a énormément de problèmes de santé, physiques comme mentaux, qui seraient résolus si simplement on avait tous ce qui sont les recommandations de l'OMS. Je ne dis même pas des folies à faire ce que nous on fait, mais juste avoir 30 minutes d'activité physique par jour, tous les jours. Et ça, je ne pense pas que beaucoup de gens dans la population peuvent se targuer de faire ça, ne serait-ce que ça. Et quand je dis la marche, ça suffit, ça suffit. Mais même ça... Beaucoup ne le font pas. C'est vraiment triste. Mais je pense que c'est à nos politiques de changer ça dans leur politique de prévention dans la santé, de remettre ça au cœur d'une bonne politique de santé. Je pense qu'on est beaucoup trop dans la réaction. Moi-même, je fais de la recherche pour guérir des maladies. En l'occurrence, la maladie de Charcot c'est pas lié à une inactivité physique mais je pense à d'autres qu'on pourrait prévenir bien plus tout ce qui est diabète, certains cancers même certaines maladies neurodégénératives le coût des traitements est bien plus élevé que le coût de mettre en place une politique d'activité physique chez les plus jeunes voilà
Loïcsur ton sujet de recherche des neurosciences si on rentre alors en tout cas moi je suis un un inculte absolu donc il va falloir que tu vulgarises bien il y a peut-être des gens dans l'audience qui maîtrisent un peu plus ce sujet mais globalement ta recherche elle porte sur quoi et est-ce que tu as justement est-ce que justement tu t'es penché sur ce lien entre activité physique stimulation bonne santé interne entre guillemets tu vois de nos cellules de nos organismes etc ?
MarineLa maladie de Charcot, je rappelle qu'il touche les nerfs entre le cerveau, la moelle épinière et les muscles. On s'imagine des câbles où l'information est transmise entre le cerveau et les muscles qui dit maintenant tu te contractes pour pouvoir marcher. Ces câbles s'érodent dans la maladie et dégénèrent. Ce qui est intéressant, en tout cas pour cette maladie-là, parmi les facteur de risque, il y a une énorme activité physique. Pour le coup, oui. Donc, on n'est pas sur la bonne maladie pour illustrer ce qu'on disait avant. Mais on pense que c'est l'accumulation de stress oxydatif de façon chronique, vraiment, à long terme et délétère pour nos neurones. et surtout les neurones moteurs. Donc, tu vois, ça crée un peu une inflammation chronique qui peut-être, dans le cas de certaines personnes qui ont des prédispositions génétiques, va tout à coup franchir un seuil où c'est plus possible pour le système nerveux d'accepter autant l'inflammation et qui commence à
Loïcdégénérer. L'inflammation, elle arrive comment ? Pendant l'effort, l'organisme se met en mode stress ? et c'est ça qui
Marinecrée ces inflammations
Loïc?
MarineÀ chaque fois qu'on fait du sport, plus l'intensité et le volume sont importants, plus tu vas accumuler ce qu'on appelle du stress oxydatif. Dans tes mitochondries, ces petites organites qui servent à créer de l'énergie pour que tu puisses bouger, il y a des réactions chimiques qui se font et qui utilisent l'oxygène, ce que tu respires. Ça va créer des sous-produits, des déchets qu'on appelle le stress oxydatif. Et en fait, tu peux accumuler ce stress et ce stress va créer l'inflammation, donc ton système immunitaire va se dire bon ce stress là ça commence à être pas très bon pour moi donc ça va enflammer tes tissus il va y avoir un peu une activation chronique de ton système immunitaire mais qui sait pas très bien comment résoudre ça parce qu'au final la solution en tout cas en l'occurrence là ce serait du repos complet juste le temps que ton corps puisse éliminer tous ses déchets voilà mais c'est vraiment il y a peut-être des facteurs de confusion aussi, c'est toujours ce qui est un peu intéressant quand on étudie les facteurs de risque de maladie, parce que c'est un facteur de risque, mais des fois, ça peut en cacher un autre. Je te donne un exemple, un autre grand facteur de risque dans la maladie de Charcot, c'est d'avoir fait un service militaire.
Speaker 3en
Marineservice militaire tu fais une grande activité physique donc au final est-ce que c'est vraiment d'avoir fait le service militaire qui te augmente le risque d'avoir la maladie ou est-ce que c'est l'activité physique voilà il y a un peu des choses comme ça qui sont pas faciles et de trouver vraiment le lien de causalité c'est très compliqué aussi parce qu'on pense vraiment que c'est une maladie multifactorielle où tu vois tu commences à accumuler un peu des en anglais je dirais des burdens des farces d'eau, la traduction littérale, c'est tu commences à avoir du stress oxydatif. Il se peut que tu aies un gène de prédisposition, je ne sais pas, qui est responsable à t'aider à éliminer ces déchets de base qui ne fonctionnent pas très bien, donc qui vient amplifier le problème. En plus, tu es du genre de quelqu'un qui ne dort pas beaucoup, donc on vient rajouter du stress. Tu vois, ce n'est pas forcément un truc, comme un virus, tu vois, où juste tu attrapes la grippe et paf, tu es malade. Ce n'est pas Ce n'est pas comme ça qu'on pense que la maladie fonctionne. C'est juste que tu as une accumulation comme ça de petits stress. Et surtout, on pense que tu as, je dirais, un bagage génétique qui fait que tu es prédisposé à mal gérer ces petits stress et qui, du coup, d'un coup, te fait basculer ou tout à coup, ton corps ne peut plus continuer. Pour en revenir à ma recherche qui fait le lien un peu avec l'inflammation, on sait que c'est nerfs moteurs qui font la connexion entre ton système nerveux et tes muscles, ils dégénèrent. Mais on ne sait pas pourquoi ils dégénèrent. On pense que l'inflammation, de manière générale, est délétère, mais ça, tu pourrais le dire pour n'importe quel tissu de ton corps. Donc, pourquoi spécifiquement ces nerfs-là
Loïc?
MarineNous, ce qu'on a trouvé, c'est qu'on aurait des cellules du système immunitaire qui commenceraient à être déréglées et Tu vois leur rôle, les cellules immunitaires, quand on a un agent pathogène étranger, un virus, une bactérie qui vient, pour les combattre, ils vont venir les manger. Nous, ce qu'on a trouvé, c'est que ces cellules sont un peu déréglées et elles viennent manger les connexions nerveuses qui arrivent sur les nerfs moteurs.
LoïcDonc, autodestruction, en
Marinefait. Oui, c'est ton corps, clairement, qui s'adapte à lui-même. C'est vrai qu'on pourrait presque parler peut-être de maladies auto-immunes, d'une certaine manière. Et ce qui était hyper intéressant dans ce qu'on a trouvé, c'est que, tu sais, dans notre système nerveux, on a des neurones. Ces neurones communiquent entre eux, mais en fait, leur communication est de deux types. elle
est soit dite excitatrice, c'est-à-dire un neurone va dire à l'autre « vas-y, active-toi, il faut qu'on active les muscles », ou alors inhibitrice. Il y a un neurone qui va dire à un autre neurone « là, il faut que tu te taises, on n'a pas besoin d'activer le muscle ». Un super bon exemple, c'est que tu vois, on a des muscles antagonistes. Donc, quand tu contractes un muscle, c'est très important que son muscle antagoniste, par exemple le biceps, quand tu le contractes, que ton triceps se relâche. Et donc, le neurone qui est responsable du triceps, il va être inhibé, pendant que le neurone qui est responsable du biceps va
Speaker 3être
Marineactivé et donc nous ce qu'on a trouvé c'est que ces cellules immunitaires elles mangent plus les connexions inhibitrices et donc il se trouverait en fait que de manière générale les neurones qui contrôlent les muscles se retrouvent un peu trop actifs Et tu vois, ça rejoint peut-être aussi ce facteur de risque de trop d'activité physique. C'est qu'à force d'être tout le temps, tout le temps, tout le temps actif, au bout d'un moment, ils accumulent de nouveau, je te parle de ce stress oxydatif et d'autres choses qui sont délétères pour eux, de la même image que nous, humains, on ne peut pas être actif tout le temps. Des fois, on doit dormir et que c'est ça qui déclencherait en fait la maladie. Et ce qui est super, c'est que j'ai travaillé sur une approche thérapeutique pour pourrait empêcher ces cellules de manger nos connexions inhibitrices. Et on a des résultats prometteurs dans nos modèles animaux. On espère pouvoir faire avancer la recherche préclinique pour pouvoir créer une vraie thérapie pour les
Loïcpatients. Fascinant.
MarineJ'avais
Loïcforcément déjà entendu parler de la maladie de Charcot, mais par contre, je n'avais pas nécessairement creusé le sujet, donc je n'avais pas en tête cette notion de potentiellement une activité physique intense répétée sur le long terme pourrait être un des facteurs déclencheurs, en plus des prédispositions, etc. Tu as bien expliqué que c'est sans doute multifactoriel, mais de ce que je retiens, c'est quand même que l'activité physique, là, pour le coup, n'est pas forcément un
Marineplus. Non, absolument
Loïcpas. Patrouille des glaciers, si on y revient. Alors, s'il y en a qui ne connaissent pas, en préparant l'épisode, j'étais allé un petit peu regarder. C'est ultra intéressant. En fait, c'est une course qui est née, en tout cas, qui est ancrée dans l'histoire militaire qui remonte à la Seconde Guerre mondiale, qui a eu plusieurs éditions historiquement qui reliaient Zermatt à Verbier, deux villes suisse dans les Alpes, aux portes de villes un peu emblématiques quand même de l'arc alpin suisse. Et qui ensuite, alors j'ai découvert ça en m'enseignant, qui a été arrêté pendant une trentaine d'années parce qu'il y a eu un accident mortel en 1949 sur la troisième édition et qui a été donc relancé en 1983. Donc c'est vraiment une course historique qui a une longue histoire et qui aujourd'hui tu dirais toi en En tant que participante, tu es clairement familière de la course. Elle a quelle image, cette course, aujourd'hui ? Il y a une forte connotation historique ou on a basculé sur la partie sport-performance ?
MarineNon, je dirais qu'elle fait vraiment partie du paysage suisse. Je pense que tout Suisse a entendu parler de cette course. Comme tu as dit, à la base, c'est un exercice militaire qui a été ouvert aux civils. C'est vraiment l'armée qui se déploie dans le terrain et qui se testent à voir si elle peut survivre dans des conditions hostiles et s'organiser, etc. Et donc, elle a un peu ce côté presque de mythe et de légende auprès de nous. Et je pense que c'est un mix entre l'histoire militaire derrière le parcours en lui-même qui passe à des endroits à la fois somptueux mais aussi très hostiles sur le glacier et puis la longueur de l'effort en tant que tel ça fait tout un mix de facteurs qui font qu'on peut facilement appeler ça une course mythique en tout cas dans le paysage suisse et dans le milieu du ski alpinisme Ok
Loïcet j'ai aussi découvert en préparant l'épisode qu'il y a alors je sais pas si c'était le cas si ça a été le cas au moment du redémarrage de la course dans les années 80 mais il y a deux traces en fait il y en a une qui fait Arola-Verbier donc c'est en gros 30 kilomètres un peu plus de 2000 mètres de dénivelé avec un record en 3 heures voilà pour vous donner une petite idée et une autre trace donc celle-ci historique pour le coup qui fait Zerma de Verbier donc Zermatt-Verbier c'est un petit peu moins de 60 km 4003 de dénivelé positif donc là on commence à être sur un ratio un peu énervé quand
Marinemême et un
Loïcrecord en
Marine5h35 faut pas parler des
Loïcrecords je vois ça sur la page de la cour tu vois c'est vrai que c'est
Marineparce que du coup on parle plus du trac quand on voit les records
Loïcnon ouais effectivement c'est vrai quand tu vois le record tu te dis bon tu pars à 9h à 15h t'es à la
Marinemaison voilà nous on l'a
Loïcfait à 14h comme ça les gens ils voient tu l'as fait en combien
Marinetu as dit
Loïc?
Marine14h
Loïc14h 14h14. 14h14. Justement, est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu dans les faits quelle a été votre expérience et les moments forts, les moments marquants, ce que tu as appris, qu'on rentre dans le détail de cette patrouille ?
MarineJe pense que comme quasi toutes les courses, au-delà de la course, il y a la prépa de la course qui prend quand même un morceau très important qui est très difficile pour plusieurs raisons. Déjà parce que tu t'entraînes… Voilà, pour un effort, tu sais. Moi, je savais que ce serait plus de 12 heures en tout cas. Après, quantifier, c'est toujours un peu difficile quand c'est ta première fois. Puis en plus, quand c'est des sports comme ça où il y a la météo qui peut énormément affecter ou problème matériel qui peut aussi arriver. Donc, je savais que ce serait plus de 12 heures. Mais après, combien exactement
Loïc?
MarineC'était vraiment difficile à évaluer. Donc, tu as une charge d'entraînement assez conséquente. Voilà. Après, pour certaines personnes, ça va paraître peu. Pour d'autres, énorme. Mais en moyenne, on était à 10-12 heures par semaine. Mais aussi, tu vois, moi, j'habite près du lac. Je n'ai pas les Alpes-Valaisannes juste à côté de chez moi. Donc, tu as une dimension logistique assez énorme aussi où tu essayes tous les week-ends d'aller à la montagne pour t'entraîner dans les conditions. Mais tous les week-ends, ce n'est pas non plus viable. pour tout plein de raisons. Et donc, moi, j'ai le Jura français qui est juste derrière chez moi. Il y a la station des Rousses. Je ne sais pas si tu
Speaker 3connais.
MarineOui, absolument. On a un petit sommet local là, la dôle. Donc, je me suis retrouvée souvent à faire le hamster. C'est une montée de 450 de D+, tu vois. Donc, à faire un peu le hamster là-bas. Ce qui, mentalement, au bout d'un moment, voilà, ce n'est pas très marrant. Mais aussi, c'est une course par équipe. Et ce n'est pas le juste, tu dois rester les trois ensemble, il y a des manipulations techniques à faire, sans corder, parce qu'il y a des passages de la course qui passent sur un glacier, il y a des crevasses, et en fait, en t'attachant les uns les autres, s'il y en a un qui tombe, les deux autres peuvent faire un arrêt d'urgence, tu vois, puis faire toute la technique pour remonter l'autre de la crevasse. Alors, petit aparté, pendant la course, elle-même, c'est plus pour le folklore parce que la sécurité est tellement importante que la probabilité vraiment que tu tombes dans une crevasse, honnêtement, elle est proche de nulle. Et la sécurité, de manière générale, je pense que tu n'es jamais aussi safe, en fait, pendant la patrouille des glaciers que par rapport à tous tes entraînements que toi. Parce qu'il y a un soldat, j'exagère en disant ça, mais il y a peut-être un soldat tous les kilomètres. Et aussi, quand tu tu montes un couloir, il y a des marches qui ont été faites pour toi. Juste pour clore cette aparté, il y a quand même une grosse part du milieu du ski alpinisme qui considère la course n'étant pas vraiment du ski alpinisme tellement tu es dans des conditions presque artificielles si tu
Speaker 3veux.
MarineD'accord. Où tout est hyper préparé pour toi. Donc, tu n'as pas trop à réfléchir. Mais quand même, c'est important que quand tu es sur un glacier, tu sois encordé. Donc, en gros, on prend une corde, elle fait trentaine de mètres de long et on s'attache les uns les autres Et puis, non seulement, il faut connaître les bons nœuds, etc., qu'il faut faire, savoir le faire sur le moment dans le stress, mais aussi gérer parce que, tu vois, la corde, il faut qu'elle soit jamais tendue parce que sinon, c'est fatigant pour un des trois coéquipiers ou les deux s'il y a de la tension et qu'on doit se retrouver à se tirer les uns des autres. Donc, il faut trouver un rythme qui convient à tout le monde. Et puis aussi, il faut énormément communiquer parce qu'il y a une… une autre grosse dimension de la course, c'est la gestion de la température, de l'alimentation, de l'hydratation. Et donc, par exemple, un de mes jobs, c'était de rappeler tout le temps aussi de manger et de boire. Et donc, celle qui est en milieu de cordée, c'est à elle de faire constamment passer le message entre la première et la troisième parce que tu as quand même entre 8 et 10 mètres d'écart pour chacune de nous, tu vois. Et donc, ça, c'est quand même, ce n'est pas si simple. Et ça, je te parle à la montée. À la descente, ça devient encore autre chose. Je ne sais pas si tu fais un peu de ski déjà faire du ski en descente c'est pas quelque chose ça s'apprend pas en une semaine mais du coup quand t'es attaché les uns aux autres faut aussi trouver une stratégie pour que ça se passe plus ou moins bien et que tu vois par exemple la dernière elle se retrouve pas tirée comme jamais par la deuxième puis la deuxième elle va se retrouver aussi ballotée entre la première et la dernière donc il y a aussi des entraînements c'est important que régulièrement on se retrouve avec l'équipe et puis qu'on mette voilà des des stratégies en place, qu'on se connaisse bien. Forcément, il y aura des coups de moins bien pendant ces 12, 15, on ne savait pas, 18 heures. Donc, qu'on se connaisse et qu'on sache réagir quand on voit que l'une ou l'autre ne se sent pas bien. Et connaître les personnalités face à l'adversité, s'il y a un problème, etc. Donc, on a fait quelques courses préparatoires, d'autres courses de ski alpinisme qui représentaient la moitié de la distance pour un peu entraîner tout ça. Mais du coup, il faut aussi accorder ses agendas. Je dirais qu'il y a un peu ces trois dimensions. Non seulement, c'est un volume d'entraînement qui est énorme, En plus, tu as une dynamique d'équipe à gérer, le calendrier de tout le monde à gérer et une énorme logistique parce que Noël et moi, on n'habitait pas du tout à côté de la montagne. On s'est retrouvés à faire quand même beaucoup de trajets tous les week-ends pour s'entraîner dans le milieu et le terrain adapté. Donc, ça a été une prépa vraiment lourde, je dirais, mentalement. Vraiment plus mentale que physique, j'ai trouvé. parce que finalement, ce n'était pas la première prépa avec du gros volume que je faisais comme ça, mais plus l'engagement mental. J'avais l'impression que tout était organisé à la minute près dans mon agenda parce que je ne me suis pas rendue la tâche facile. On a pris un chiot avec mon copain au temps de passer. Donc, tout était réglé à la minute près dans mon agenda et à la moindre petit pépin, etc. Tout prenait des proportions énormes en
Speaker 3fait
Marinej'ai eu de la casse matérielle aussi j'ai cassé un ski parce que c'est des skis spéciaux c'est pas les mêmes skis qu'on met pour skier sur piste ils sont ils sont tout fins tout légers pour qu'à la montée tu vois ce soit le plus agréable possible mais du coup ça les rend assez fragiles malheureusement et donc j'ai cassé une paire de skis donc tu vois il y a eu des frais puis le stress de trouver c'est pas des skis tu vois comme c'est pas un sport si populaire et si connu c'est pas que tu vas à n'importe quel magasin de ski pour trouver ta
Speaker 3paire.
MarineÇa aussi, ça a été un stress. Le dernier stress, c'est que c'est une prépa qui est engageante et le ski, ça reste un sport risqué. Notre troisième coéquipière, elle s'est fait les ligaments croisés du genou antérieur un mois avant la course. et là c'est voilà après il y a une énorme c'est quelque chose qui est pris en compte au moment où tu es inscrit à la patrouille parce que c'est malheureusement connu que voilà c'est une prépa tellement engageante lourde il y a des fois des blessures ou des accidents de vie on ne sait jamais ce que la vie réserve et donc ils te demandent en fait de déclarer un potentiel enfin une potentielle remplaçante ou un potentiel remplaçant et voilà et donc on a dû se poser la question déjà il a fait à se poser la question, est-ce qu'elle le fait ou est-ce qu'elle ne le fait pas
Loïc?
MarineEt
ça, déjà, en tant que telle, c'était vraiment une conversation qui n'était pas forcément facile à avoir. C'est quelqu'un de Native Maria qui est très optimiste. Je pense que quand je te l'ai présentée, elle fait de l'ultra-trail. Elle a une connaissance de son corps qui est incroyable et elle est vraiment très, très musclée. Donc, c'est vrai que... D'un côté, je comprends qu'elle puisse se dire que ça peut le faire quand même. Mais l'enjeu aussi, c'est qu'on a mis du temps à avoir un diagnostic clair parce que ça s'est passé une semaine avant la deadline que… l'armée nous imposait pour annoncer la composition finale de notre équipe. Et donc, pour elle, d'avoir un rendez-vous avec un médecin du sport ou quelqu'un spécialiste du genou, parce que les images d'IRM ne sont pas si faciles à interpréter, faire les tests. Alors moi, je ne me connais pas trop, mais il y a beaucoup de discussions là-dessus. Je crois qu'il y a un test du tiroir qui est fait pour savoir si ton ligament est toujours là, pas là. Puis, tu vois, un coup, il y a un physio, il disait non, mais c'est bon, ton ligament, il est là. puis un autre, pas la pied. Voilà, elle n'avait pas un diagnostic. Et puis, chaque jour, elle voyait des progrès. Elle disait, non, mais je n'arrive pas encore à appuyer le genou à 45 degrés, mais j'ai pu faire 45 minutes de vélo. Je pense que ça va le faire. Et du coup, ce n'était pas facile parce que toi aussi, tu te dis, ben voilà, on va être encordé sur le glacier. Il y a quand même des risques qu'on va prendre qui vont... pas impacté seulement nous individuellement, mais nous en tant qu'équipe. Et je n'avais pas du tout peur pour moi, mais plutôt pour elle de me dire, tu vois, c'était elle qui, en descente, a été en première position dans la cordée, et moi en dernière, c'était de me dire, ben voilà, je n'ai pas le droit à l'erreur, ça veut dire, parce que si je fais, tu vois, le moindre écart, un virage pas au bon endroit, etc., et que ça met tout à coup une grosse tension dans la corde et que ça la tire en arrière, est-ce que je ne vais pas la blesser encore plus
Loïc?
Marineet puis est-ce que du coup ça voudra dire qu'il faudra tout le temps adapter son rythme etc et est-ce que vraiment faire 15 heures en ayant une blessure c'est déjà une course voilà super dure et mythique est-ce que voilà mais d'un autre côté tu t'es entraîné toute la saison avec cette personne tu la connais mieux que quiconque donc est-ce que c'est pas un risque non plus de partir avec quelqu'un que tu connais beaucoup moins bien parce que du coup notre quatrième Sophie moi je l'avais jamais rencontrée de toute la saison donc je te disait voilà les agendas etc elle fait son intervalle en médecine et elle faisait des nuits etc donc finalement on n'a jamais réussi à trouver un moment pour la rencontrer sauf que c'est une très très bonne amie de Noël donc notre deuxième donc elle elle la connaissait super bien elle avait pu s'entraîner ensemble à diverses occasions mais moi je l'avais jamais rencontré et donc voilà tu vois tu te retrouves un peu à dire bon comment va se passer cette patrouille et puis surtout voilà ça faisait comme l'édition précédente avait été annulée finalement c'était un projet qu'on avait en tête depuis deux ans et demi quoi donc tu franchement c'était difficile de garder son sang froid et de rester en mode bon ben il y a un problème il faut que je trouve une solution moi j'ai énormément de chance d'avoir un médecin du sport qui est très réactif tu vois du temps que je faisais du haut niveau en voile on avait une sorte d'accord avec Swiss Olympique où il a j'avais une obligation de me prendre dans les 24 heures quand j'avais un problème. Et en fait, même si je ne fais plus du tout du haut niveau maintenant, il a un peu gardé cette habitude. Il est incroyable. Génial ça. Non, mais c'est un privilège énorme. En fait, je m'en rends beaucoup plus compte quand je vois comment Maria a galéré à ne serait-ce qu'avoir un rendez-vous parce que quand elle contactait les médecins du sport, elle disait oui ou non, on vous prend en mai ou en juin, tu vois. Puis la course, elle était le 15 avril. Donc là, tu te rends compte en fait. D'un côté, tu comprends c'est pas une urgence vitale non plus mais voilà c'est un peu toute proportion gardée pour nous c'était une urgence et du coup avec le consentement de mariage et je lui ai envoyé un email parce qu'évidemment mon téléphone ne répondait pas et incroyable dans les 3 heures il m'a répondu il m'a demandé mon nouveau whatsapp pour me faire un vocal et puis en fait il a confirmé que c'était rupture alors partielle du ligament mais que c'était une extrême mauvaise idée de partir avec ça, qu'elle risquait super gros et que même... même si ce n'était pas une rupture complète, qu'il fallait au moins trois mois sans sport. Ça l'a permis à Maria de se rendre compte peut-être un peu plus de ce qu'elle avait et de prendre une décision plus éclairée. Ce qui était super, c'est que c'est venu d'elle. Du coup, à aucun moment, ça a été nous qui lui avons dit « Non, on ne veut pas faire avec toi. » Parce que, de nouveau, c'est elle qui se connaît le mieux, c'est son corps. Mais il y a aussi la dimension d'équipe. Donc, c'est des conversations pas forcément faciles à avoir. Mais d'elle-même, elle a dit, bon, bah, non, mais en fait, c'est n'importe quoi. Je la retire. Et voilà. Mais du coup, Sophie, la quatrième, elle, elle a complètement stressé, paniqué. En mode, mince, je vais vraiment faire ce truc, en fait. Et puis moi, je me disais, oh là là, mais je la connais pas. Qu'est-ce que ça va donner, tu vois
Loïc?
MarineQui elle est
Loïc?
MarineComment elle se comporte
Loïc?
MarineJ'ai jamais vu ce qu'il y est. Enfin... voilà et en plus avec nos vies à
Loïcmille à l'heure
Marinechacune de notre côté on n'a pas pu se rencontrer plus tôt que trois jours
Loïcavant la course ça c'est pas évident quand même pour l'avoir vécu aussi pour être parti sur une grosse épreuve avec des gens que je connaissais peu finalement que j'avais vu deux fois physiquement avant l'épreuve c'est pas évident parce qu'en fait t'es dans ta course mais tu l'es pas complètement parce que je trouve beaucoup enfin très pas vigilant mais en observation tu vois de ce que fait la personne
Marinemais tu vois je pense que c'est un peu à double tranche en bas côté je pense que effectivement comme tu dis tu perds peut-être énormément d'énergie à être dans cet état de vigilance constante mais d'un autre côté tu comme t'es dans cet état t'es toujours dans j'ai l'impression toujours dans le respect tu vois tu vas beaucoup moins aller chercher les limites de l'autre d'une certaine façon parce que t'as peut-être un peu trop peur de la réaction que tu connais pas alors quelqu'un que tu connais tu vois mariage j'aurais peut-être plus plus facilement poussée que Sophie, du coup, que je ne connaissais pas. Donc, je pense qu'on ne saura jamais comment ça serait passé différemment. Mais ça a été incroyable. C'est une fille incroyable. Je pense qu'elle s'est découverte du coup des aptitudes. Quand même, pour donner du contexte, ce n'est pas non plus quelqu'un qui est sorti de nulle part. Ses deux parents étaient au club alpin. Elle fait de l'alpinisme depuis toujours, mais c'est quelqu'un qui n'est pas du tout avec la montre à mesurer ce qu'elle
Speaker 3fait
Marinequi n'était pas en mode compète, data tout ça tu vois c'est juste décide avec son père d'aller faire un mont, ils vont faire la montagne à la journée et puis aucune idée à quelle vitesse ils ont été voilà c'est plus côté aventure vraiment montagne pure comme ça Du coup, le premier jour qu'on s'est vus, déjà, ce qui était génial, c'est que ça a matché direct au niveau du caractère. On a tout de suite parlé de choses intimes. Mais je pense, d'un côté, on savait qu'on n'avait pas trop le choix. Vraiment super sympa, très ouverte. Il n'avait pas peur de dire les choses, qu'il savait être sérieuse quand il faut être sérieuse et drôle quand il faut être drôle. Donc, vraiment super. Puis, premier entraînement. Donc, évidemment, tu es à trois jours de la course, tu ne fais pas des mille et des cents, mais on s'est dit, on va partir deux petites heures comme ça. Puis, on s'est dit, le mieux finalement, parce que là, le but, ça va être juste de finir et puis de finir en bon état quand même. Et puis, surtout sans se détester les autres. Donc, peut-être le mieux, c'est que ce soit elle qui gère l'allure en fait, puisqu'elle a moins d'entraînement, elle se connaît peut-être un peu moins bien. En tout cas, sur la première partie de course, donc de Zermatt à Arola, on s'était dit que ça va être plus elle qui va gérer l'allure, comme ça on est sûr qu'on ne la met pas dans le rouge, quitte à un peu la tirer après. Et donc, premier entraînement, je lui ai dit écoute, vas-y, pars devant et montre un peu c'est quoi l'allure que tu ferais sur la course, tu vois. puis elle part, puis du coup, moi qui suis beaucoup plus data, je regarde ma montre, puis je vois la vitesse ascensionnelle qu'elle fait, puis je me dis, mais en fait, tout
Loïcva bien. Vous étiez à combien, par curiosité ? Parce que c'est un truc que je check aussi, enfin, c'est d'ailleurs la seule stat que je check quand je
Marinefais du trade. On était à à peu près 600. Ça, ça dépend forcément du gradient. Dans les moments les plus raides, t'es à facile 700, et puis dès que c'est un peu plus plat, 400, quoi, mais... Oui,
Speaker 3entre 500
Marineet 600 en fonction. Ce qui était peut-être un tout petit peu en dessous de ce qu'on aurait fait avec Maria, mais c'est totalement suffisant. Je crois qu'il me semble, si tu veux finir la course, il faudrait plus ou moins que tu sois à 400 en moyenne en vitesse ascensionnelle pour finir dans le temps. Donc, voilà. Et puis après, je l'ai vu skier en descente. Et là, pour la première fois de toute la prépa, je me sentais apaisée. Je me suis dit, OK, c'est bon, ça va le faire. Tout le long avant. J'étais tout le temps dans le doute, tout le temps. Et là, je ne sais pas, je l'ai vue et incroyable aussi, elle a une précision chirurgicale, je ne sais pas si c'est le fait d'être médecin et puis elle a été exposée de la chirurgie, mais tu vois, elle n'avait jamais fait, elle n'a jamais utilisé des petits skis, tout léger de ski alpinisme, ces histoires de transition où tu enlèves les peaux des skis sans enlever tes skis, je ne connais pas du tout, tu vois. Pour moi, ça, on oublie clairement l'idée des 15 secondes de transition, mais d'elle-même, elle vit me demander ah bah montre moi comment tu fais tu vois et du coup je décortique le mouvement je fais un mouvement elle le fait à la perfection elle me regarde une fois elle le répète direct incroyable elle a un talent cette fille incroyable la seule inconnue qui restait quand même et je pense tout le monde sait sur ce genre de course à quel point c'est important c'était l'alimentation parce que c'est pas quelqu'un qui avait non plus l'habitude alors léger elle le connait pas et qui a l'habitude de s'alimenter à l'effort. Apparemment, tu vois, quand elle faisait des courses avec son... Enfin, quand je dis courses, pardon, des sorties avec son père en montagne, c'est un peu à la Kylian Jornet, comme il a été élevé aussi, c'est juste tu bois et puis tu manges pas, tu vois. Et donc ça, ça me faisait un peu peur parce que ça peut marcher peut-être pour du 6-7 heures, mais au-delà de 12 heures, au bout d'un moment, ton corps, il a vraiment besoin d'énergie, quoi. Mais apparemment, sur les dernières sortie qu'elle faisait avec Noël elle essayait de se caler sur le rythme de Noël en mangeant plutôt des barres des trucs un peu solides et donc on s'est dit voilà moi qui suis m'entraîne beaucoup enfin je fais un peu du gut training etc j'étais à un gel toutes les demi-heures elle c'était plutôt mange un truc peu importe ce que c'est toutes les 45 minutes et incroyable parce que là aussi tu vois elle a mangé des gels du coup elle a eu zéro problème digestif alors que Noël qui a plus l'habitude de manger des gels sur les 3-4 dernières heures elle tournait plus qu'au coca parce que ça passait plus tu vois donc c'est vraiment je pense que je sais pas elle était touchée par la main de Dieu ou je sais pas j'en sais rien mais incroyable quoi vraiment un
Loïctruc de fou parce que tu as j'ai pas trouvé ces infos il y a une page info sur la course mais qui j'imagine qu'ils ont désactivé d'ici la prochaine édition il n'y a aucune info dessus t'as des ravitos c'est organisé comment alors deux questions déjà un comment ça se présente est-ce que t'as des ravitos des balises comment tu te repères parce que t'avais l'air de dire que c'était très très organisé et deux t'as mentionné le fait qu'il y a beaucoup de il y a une forte présence de l'armée pourquoi c'est parce que la course est gérée ou en tout cas encadrée par
Marinel'armée suisse
Loïc?
MarineOui, c'est ça. Donc, c'est l'armée vraiment qui organise tout de A à Z. À ma connaissance, je ne crois même pas qu'il y ait de bénévoles. C'est vraiment considéré comme un exercice militaire. Et donc, tous les gens qui font leur service militaire, ils peuvent demander à participer à ça en tant que formation. Et du coup, à la base, c'est une course pour tester. Donc, il y a les militaires qui organisent la course et il y a les militaires qui y participent. et puis à la base c'était pour tester les troupes un peu plus élites de voir si elles arrivaient à gérer un effort aussi long aussi dur puis tu vois eux en plus ils ont je crois une obligation de porter du matériel militaire donc des sacs à dos très lourds etc voilà mais qui ensuite a été ouverte aux patrouilles civiles si tu veux et du coup beaucoup de gens se demandent des fois la pertinence encore de cette course par rapport aux coûts qu'elle représente etc bon on on va rentrer dans tout un domaine de questionnement de l'armée en Suisse. Ce n'est pas le sujet, mais c'est qu'à la base, qu'il y ait des civils qui participent ou pas, cet exercice militaire, il a lieu. Et du coup, il y a des patrouilles militaires du monde entier qui viennent y participer. Mais du coup, oui, tu as vraiment une organisation aux petits oignons, vraiment très carré. Tu as un contrôle matériel énorme hyper ardue pour la petite anecdote mon casque n'était pas aux normes ma pelle n'était pas aux normes donc 24 heures avant il a fallu que des trucs dernière minute ils mesurent tout ils vérifient tout puis ouais tout est vraiment tu vois tu passes à un premier soldat qui te donne ton petit ticket machin puis après tu dois mettre tout ton matériel il y a une planche qui est imprimé avec le dessin
de tout ton matériel. Tu dois déposer tout. Puis, ils vérifient tout. Ils mettent des autocollants pour dire que c'est bon, que ça a passé le contrôle matériel. Ensuite, tu demandais pendant la course. Donc, il y a des checkpoints où tu dois passer dans un temps imparti. Mais par contre, niveau Ravito, franchement, il n'y en a pas tant que ça parce qu'il y a juste à Arola. Donc, après plus de 2000 de dénivelé et… Ouais, 20-30 kilomètres. Donc, nous, on a mis, je crois, 6-7 heures pour faire ça. Donc, tu es 6-7 heures quand même sans ravitaillement. Ça dépend, tu vois, sur une course, je ne sais pas, comme la Yukon, ça ne paraît peut-être pas grand-chose. Pour un UTMB, je pense que c'est
Speaker 3beaucoup.
MarineVoilà. Et après, le suivant, c'est à la Barne. Et c'est, il me semble…
Loïc43, je vois là sur la carte.
MarineC'est possible, ça
Loïc?
MarineEt il reste peut-être quoi
Loïc?
Marine600 ou 700 de dénivelé à ce moment-là, je crois. Donc, pas tant que ça. Tu dois quand même porter beaucoup d'eau et de nourriture sur toi. Et donc, pour ça, les gels, c'est quand même mieux parce que le rapport poids-énergie est quand même... bien mieux qu'un sandwich,
Loïcquoi. Parce qu'en termes de conditions, par rapport à ce que vous emmenez, vous avez eu quoi comme température ? Tu disais que l'édition présente avait été annulée parce qu'avec le windchill, vous auriez été par du moins 50. Mais les conditions, entre guillemets, normales de la course, c'est lesquelles ? Et est-ce qu'elles ont un impact sur le choix du matériel, de la nourriture, justement,
Marinel'eau
Loïc?
MarineOuais, alors totalement. Bon, la nourriture, j'aurais tendance à dire que non, parce que, enfin... Non, dans le sens où on s'est entraînés toute l'année de toute façon dans ce genre de conditions. Donc, on savait très bien ce qui allait geler et qui n'allait pas le faire et ce qui allait être OK. Et puis, les gels, comme ça a une forte teneur en sel et en sucre quand même, pour que ça gèle, il faut vraiment y aller. Pareil pour les boissons d'effort, tu vois, vu qu'il y a du sel, ça… moins 5, moins 10, normalement, tu n'as pas trop de problèmes. Puis après, tu essaies de les mettre près du corps pour que ça reste liquide. Donc, je dirais, en tout cas, pour nous, personnellement, ce n'est pas une question qu'on s'est trop posée au niveau de l'alimentation. Par contre, pour ce qui est de la température, oui, gros défi pour nous, sachant que moi, j'ai le syndrome de
LoïcRaynaud. Je ne sais pas si tu le
Marinesais. C'est quand tu as les extrémités, tu... Ils deviennent cadavériques, en fait, parce que dès qu'il fait un peu froid, mais il ne suffit pas grand-chose, ton sang ne circule plus et donc tu as des doigts qui commencent à être un peu morts et puis quand ça se réveille, ça fait vraiment très très mal.
LoïcC'est bien, c'est parfait la patrouille des glaciers comme événement
Marinequant à ça. Non, mais là, on s'est équipé en conséquence parce que Noël aussi est une nature très frileuse, elle est vraiment très fine, elle n'a pas beaucoup de masse graisseuse sur elle pour la maintenir au chaud. Du coup, toutes les deux, on avait gants chauffants et pour l'anecdote au point le plus haut du parcours qui est tête blanche c'est un médecin militaire qui est là parce que c'est souvent là qu'il peut y avoir des engelures des brûlures de rétines etc quand il nous a vu arriver avec les gants chauffants il nous a félicité en nous disant merci parce que vous nous enlevez du travail en fait donc pour la patrouille des glaciers c'est très bien par contre il y a quand même un désavantage aux gants chauffants et je tiens à le dire parce que la sécurité en montagne c'est quand même très très important tu sais pour tout ce qui est avalanche déjà tu fais une évaluation des risques sur le parcours que tu as envie de faire évidemment et tu t'engages que si tu sens que c'est bon, conditions de neige le vent etc, le risque d'avalanche est faible mais pour autant tu portes quand même sur toi ce qu'on appelle un un DVA et tu as une pelle et une sonde dans ton sac à dos pour pouvoir secourir tes copains au cas où ils se font prendre et ce DVA donc ce détecteur de victimes en avalanche donc il émet en fait un signal à une certaine fréquence et le problème c'est que tout ce qui est batterie matériel électronique etc il peut interférer avec ça dans un rayon je crois de 20 cm autour du DVA donc si tu te retrouves sous une avalanche avec ton gant chauffant qui est collé contre ton DVA tu peux te
Speaker 3retrouver dans
Marineune situation très critique parce que du coup ben voilà on va peut-être pas te trouver simplement parce que t'avais une interférence de signal c'est un petit aparté mais pour une course comme ça la patrouille des glaciers ou comme je t'ai dit niveau sécurité jamais ils nous enverraient s'il y avait un risque d'avalanche quelconque puis tu vois il y a plusieurs guides de haute montagne qui sont sur le coup l'armée etc des météorologues donc vraiment en termes de sécurité comme je t'ai dit il n'y avait pas plus safe, finalement, de toute façon. Donc, pas un souci d'avoir les gants chauffants, mais juste pour dire, voilà, il faut faire des fois attention aux matériels électroniques quand… On part en montagne avec le DVA. Et donc, voilà, le médecin militaire était vraiment très content. Et pour répondre à ta question, je pense qu'au plus froid, on a eu moins 15 et au plus chaud,
Loïc15.
MarineAh, quand même. Ah oui. Oui, oui. Parce que la nuit, du coup, on est parti à 22 heures de Zermatt, ce qui fait que tu te retrouves au moment de la nuit où il fait de toute façon le plus froid, au point le plus haut du parcours. Donc, c'est là que tu te retrouves forcément au point, du coup, le moment de la course où il va faire le plus froid. Elle disait, ouais, moins 15. Après, il y avait assez peu de vent. Donc, on a un système de couches qui est un peu assez connu en montagne. Tu as d'abord une première couche vraiment proche du corps qui est qui te fait ta première chaleur. Après, souvent, ça va être soit un truc un peu polaire ou un peu, tu vois, qui est un peu plus chaud. Puis après, tu vas avoir une couche doudoune, un peu, et une couche coupe-vent. Et donc, en alternant, en fait, avec ces couches, tu t'en sors, quoi. Finalement, tout en haut du parcours, on avait toutes les couches. Puis après, c'est le lendemain, à midi, quand tu es dans la face de la rosa blanche. Je ne veux pas dire de bêtises, mais je crois exposer. là tu vois j'avais enlevé toutes mes couches moi la toute première couche c'était juste un t-shirt à manches longues mais sans doublure ou quoi que ce soit c'était juste comme un t-shirt technique tu vois je l'avais remonté vraiment sur les mains j'avais mon casque qui était noir parce que j'ai dû m'acheter un nouveau foutu casque qui tenait super chaud j'avais enlevé le bandeau dessous j'arrêtais pas de dire aux filles de boire toutes les 5 minutes parce que quand ton corps il a été un peu adapté tout froid tout l'hiver en fait 15 degrés ça te parait 30 ça te parait super chaud et tu transpires
Loïcénormément je pensais pas qu'il y avait des un
Marineécart de température. Je crois que c'est une édition où il y a eu beaucoup de coups de chaleur et de
déshydratation à
Loïccause de ça.
MarineTu dirais que ça a été quoi, toi, le moment phare de l'épreuve pour toi
Loïc?
MarineAh, il y en a tellement
Loïc!
MarineMais quand t'arrives à tête blanche, quand même, tu vois, donc t'as le servant sur la gauche et t'as toute cette nuit étoilée et tu vois toutes ces petites loupiotes devant et derrière toi, c'est quand même une image que tu retiens et et qui reste quoi, d'être en haute montagne comme ça, de nuit, puis t'as vraiment cette ambiance de très, il y a une solidarité aussi entre les patrouilles qui est très chouette, les soldats ils sont vraiment hyper sympas, tu vois, dans les transitions, les manips, ils t'aident sans problème, donc c'est vraiment difficile de prendre un moment, mais si je devais en choisir un, je pense c'est l'arrivée à tête blanche, on était vraiment euphorique, c'était magnifique les paysages, Et puis, ouais, on a commencé la course un peu stressée parce que du coup, comme je t'ai dit, on a demandé à ce que ce soit Sophie qui set the pace, qui choisisse l'allure sur le début. Et donc, on avait un deal, c'est que les... Il y avait un premier checkpoint chez une ville que je pensais qu'on arriverait au bout de deux heures et demie et que la barrière horaire est à trois heures. Et en fait, tu pars de Zermatt avec les skis et les chaussures de ski sur les skis, le tout sur le sac à dos et tu pars en basket pour trouver la neige parce qu'on est mi-avril quand même. Donc, Zermatt, c'est à 1600 mètres. Tu vois, il n'y a pas vraiment de neige à cette altitude à cette période de l'année. Donc, tu démarres en trail en fait. Et Sophie, elle nous a dit, moi, les filles... Par contre, je ne cours pas parce que si on court, ça va me mettre dans le rouge et se mettre dans le rouge au départ d'une course aussi longue, c'est vraiment débile. Je ne dis pas de souci, tu te connais le mieux, c'est toi qui vois. Et donc, on part comme ça. On part dans l'euphorie du départ, machin. L'ambiance est incroyable et tout. C'est de nuit, trop beau. On arrive à la neige, on met les skis. On est vachement entourés. Il y a plein d'autres patrouilles autour de nous. Puis, je vois le chrono qui avance, qui avance. On arrive à deux heures et demie et on n'est toujours pas à Sheinville. Et du coup, là, c'était… Tu vois, je ne voulais pas… mettre la pression à Sophie et la stresser mais d'un autre côté je voulais qu'elle ait l'information quand même tu vois et donc je lui dis bah si jamais pour info on est à deux heures et demie il dit ouais ouais c'est bon ça va le faire puis on arrive à ce qu'on appelle la moraine du glacier donc c'est tous des cailloux qui ont été amenés par le glacier en fait sur ses côtés et la fin et donc là il fallait enlever les skis mettre sur le sac et puis grimper un petit peu puis les cailloux étaient un peu instables etc et là je vois deux heures 48 sur la montre et je vois toujours pas la lumière de ce foutu checkpoint. Et finalement, on est arrivés à genre 2h55 et l'armée, ils sont... pas très sympa c'est que tu passes en fait tu bip le dossard qu'au moment où t'es prêt pour la phase suivante et c'était l'endroit en fait où il fallait s'encorder donc en fait tu
Speaker 3pouvais
Marineêtre en dossard qu'après t'être encordé donc on avait bon 5 minutes c'était large pour s'encorder et tout mais tu vois par principe quand toi dans ta tête tu te dis ouais je pense que ça va me mettre 2h30 allez max 2h45 tu es à 2h55 et puis qu'il faut s'encorder vite vite vite et puis il y a le piolet de lune qui tombe qui se détache du sac il faut vite me rattacher voilà je crois qu'on a bipé à 2h58 j'ai été voir après après j'étais là mais c'est pas possible et de redescendre un peu tu vois et de se remettre dedans sans paniquer parce que tu vois de se dire en fait tout peut s'arrêter stupidement juste parce qu'on marche au lieu de courir c'est un peu dommage quoi puis tu vois mon rythme cardiaque je regardais j'étais en zone 1 donc moi j'étais vraiment il y avait de la frustration
Speaker 3un petit
Marinepeu Mais je suis contente parce qu'on n'a jamais basculé dans la panique. On n'a jamais basculé dans... Tu vois, je n'ai jamais engueulé. Même Noël aussi, elle commençait à stresser. Mais on a gardé notre calme et on a fait confiance à Sophie parce qu'elle avait déjà fait le parcours en sens inverse. Donc, elle savait exactement où était le chaine bill. Puis voilà, puis ça a marché. Et puis après, par contre, le moment, on était encore dès... À la base, moi, je voulais que ce soit Sophie qui donne le rythme. Mais à l'entraînement, elle a dit, honnêtement, moi, je préfère que ce soit toi. Une fois qu'on est bien échauffé, etc., je pense que pour moi, c'est plus facile de mettre dans les traces de quelqu'un et de débrancher le cerveau et puis en plus pendant l'entraînement t'as pu voir quelle allure je faisais donc je te fais confiance pour garder la bonne allure du coup c'est moi qui ai pris la tête de cordée et là j'ai un peu poussé quand même parce que je me disais attends on a que deux minutes d'avance sur la barrière horaire ça va
Loïcpas du tout là c'est
Marineserré quand même deux minutes ça va pas du tout et là on a fait une super montée on a fait une super descente et je pense que je pense qu'il y a aussi tu vois même toute la saison avec Noël etc je pense que je voyais des fois un potentiel en elle que elle voyait pas je pense que tu vois des fois de mettre des chiffres sur les choses genre on disait mais les filles vous savez moi je pense qu'on est capable de faire du 700 à l'heure je pense qu'il y a des fois peut-être des petites pensées limitantes qu'ils pouvaient avoir chez elles et du coup voilà j'ai fait ce rythme là un peu sans leur dire et puis à chaque fois que je leur demandais rythme ok elle était là non non rythme ok donc je te la bois allez trop bien on y va et voilà on a fait une remontada où du coup la barrière horaire de tête blanche on est arrivé avec 30 minutes d'avance puis celle d'Arola je crois
Loïc2h
Marineah oui ah oui ok ou 1h30 mais ce qui est assez intéressant au final c'est que si tu regardes notre rythme tout au long de la course il a été quand même vachement constant c'est pas un positif c'est pas un négatif split non plus faut pas exagérer mais très constant et notre classement par contre c'est un négatif split donc je pense qu'il y a quand même énormément de gens qui partent trop vite et qui, après, du coup, sont dans le dur, tu vois, dans le dernier tiers de la course. Tandis que nous, vraiment, tu regardes nos classements par segments, genre le couloir de la Rosa Blanche, on est dans le premier quart, alors qu'au final, tu vois, on fait moitié de placement à toute fin. Vraiment, on a une gestion de course qui était assez folle. Puis surtout, quand tu penses à quel point on ne sait pas bien, tu vois, c'est vraiment drôle. C'est vraiment drôle. Et puis, à la descente, du coup, de Tête Blanche à Hola
Loïc!
MarineNotre stratégie aussi à l'entraînement, c'était de faire des longs virages un peu de débutants. C'est en gros, tu traverses la pente, puis la première annonce, je tourne, et puis tu vois, les deux autres, elles suivent. Puis tu descends comme ça la pente en serpent un petit peu. Puis en fait, au final, on a vu qu'il y avait plein de gens avant nous qui avaient été tout droit en chasse-neige, donc avec les skis en forme de pizza, comme ça, où tu ne fais aucun virage, tu vas juste tout droit et tu freines. Et du coup, il y avait une sorte de bande… de neige de peut-être 2 mètres de large comme ça qui allait tout droit et ben on a décidé de faire pareil et comme on était 3 je dirais bonnes skieuses peut-être par rapport à la moyenne des patrouilleurs là aussi on a fait une super descente le seul truc c'est que peut-être une demi-heure une heure avant d'arriver à Rola j'ai ma chaussure de ski qui s'est c'est un peu dur à expliquer mais disons qui s'est déréglée parce que du coup vu que tu alternes entre de la montée et de la descente ta chaussure, elle a deux modes, elle a un mode montée et un mode descente. Le mode descente, elle se transforme en quelque chose de très rigide pour que tu puisses vraiment bouger tes skis comme tu veux. Par contre, en mode montée, elle devient beaucoup plus souple et c'est pas une basket, mais ça ressemble déjà beaucoup plus à une basket. Pas du tout les chaussures de ski traditionnelles, très lourdes et très rigides avec lesquelles tu marches en canard, en station de ski. C'est vraiment, tu peux vraiment plier la languette et le talons sur lèvres sans problème. Et en fait, tout à coup, de manière intempestive, ma chaussure, elle basculait en mode montée alors qu'on était en descente. Et donc, tout à coup, tu te retrouves à perdre l'équilibre et à plus du tout pouvoir bien skier. Et là, je ne sais pas, je n'ai pas du tout paniqué. J'ai réussi à skier et je n'ai même pas paniqué par rapport au reste de la course. Je me suis dit, on verra bien à Arola. Et à Arola, en fait, du coup, on avait Maria, donc tu sais, celle qui s'était bien Laissé qui était venue nous faire le ravitaillement. Elle était là avec son copain et il y avait le copain de Noël. Et donc, pendant que je mangeais, ils ont réparé la chaussure. Puis, tu vois, c'est juste, voilà. Finalement, quelque chose qui aurait pu être totalement dramatique. Finalement, juste une petite anecdote de course comme ça. Et là, on a pris notre temps vraiment, tu vois, pour changer la première couche qui était un peu transpirante en de nouveaux vêtements. On a vraiment pris le temps de s'alimenter du bouillon, des pâtes, tout ça. ça. peut-être trop long mais je pense que des fois c'est mieux de faire un peu plus long et de vraiment repartir frais que de rush ton ravito puis pas avoir assez mangé assez bu parce que même en même en mangeant des gels toutes les 30 minutes et en buvant tu peux jamais couvrir à 100% tes besoins énergétiques donc plus tu manges mieux c'est quand
Loïcmême ouais puis je pense que sur des épreuves de cette durée t'as aussi une histoire de enfin j'imagine tu vas me dire la scientifique va me dire si je je me trompe pas mais je pense que tu dois aussi commencer à te traîner tu vois de la fatigue nerveuse et que finalement ces temps de repos ils te permettent aussi au-delà de recharger tu vois en nourriture en eau etc de faire
Marineun reset et puis d'échanger avec des proches tout ça de voir des sourires je suis d'accord avec toi mentalement c'est très très important et puis voilà puis on est reparti je pense que les deux autres du coup qu'on ait fait une longue pause elles ont mis un peu de temps à se remettre dans le rythme là je vais te dire un petit peu Sophie parce que du coup t'as le droit pour essayer d'uniformiser un peu le niveau dans l'équipe t'as le droit d'avoir un élastique et de te tirer en fait Comme si c'est un élastique, tu vois, ce n'est pas non plus que je la tire comme au téléski. Elle doit quand même fournir un effort, mais en fait, ça va alléger la charge qu'elle doit mettre pour faire la même vitesse. Donc là, je l'ai tirée un petit peu. Et puis là aussi, pour moi, c'était un moment très fort parce que j'ai vu, je la tirais, on faisait du 650 à l'heure et je voyais que j'étais en zone 2 sur ma montre. Je me suis dit, mais purée, mais mon corps, il est incroyable. Alors, On a mis course. On est passé par 3600 d'altitude. Ça fait plus de 8 heures que tu es déjà parti. Et en fait, tu es tranquille. C'est dingue. C'est un truc de fou. Vraiment, merci petit corps et merci tous les entraînements. Vraiment chouette. Et après, là, il y avait un col qui était un peu technique, le col de Ritmaten. De nouveau, tu dois mettre tes skis sur le sac à dos et grimper comme ça alors la montée, elle n'était pas très technique, mais je pensais qu'une fois que tu arrivais en haut, tu rechaussais tes skis et tu redescendais. Mais en fait, non, c'était tellement raide qu'il fallait redescendre à pied dans la neige, vraiment en mode alpinisme, avec des mains courantes sur les côtés. C'est un mix de neige, de cailloux, un peu gelé, etc. Et moi, j'avoue, ce n'est pas mon fort. La raison, par exemple, pour laquelle je ne fais pas beaucoup de trails, c'est que je suis un peu nulle en descente. Je suis très grande, alors je pense que j'ai un centre de gravité assez haut et je ne me sens pas très à l'aise donc là je dirais que pour moi ça a été le moment un peu le plus difficile c'était plus mental que physique tu vois parce que ouais j'avais tellement peur de glisser il y a un gars à côté de moi qui voulait absolument nous dépasser et quand il l'a fait il a dévalé 3-4 mètres plus loin puis il s'est fait sermonner par un soldat en mode éo genre ça n'a pas la peine de vivre en danger juste pour dépasser 3 mètres donc calme quoi Ce qui m'a encore moins mise en confiance. Mais là, c'était super parce que Sophie, qui vient plus du milieu vraiment alpinisme, était juste derrière moi. Elle m'encourageait, elle me disait « C'est super ce que tu fais. » C'était vraiment chouette parce que tout le reste de la course, c'était plutôt nous qui la tirions un petit peu. Et ce moment-là, elle a pu vraiment, elle, se mettre en avant et m'aider et m'encourager. Mais oui, je suis beaucoup plus à l'aise, c'est drôle, en descente à ski que sur mes pieds. Si je peux descendre à skier, je vais descendre à skier plutôt qu'à pied. Et là, je pense qu'après, il y a le moment un peu le plus difficile mentalement de toute la course et tu as une sorte de faux plat montant descendant, ça alterne comme ça, le long d'un
Loïclac. Le lac
Marinedes dix, c'est ça
Loïc?
MarineLe lac des dix, c'est ça. Et tu n'en vois jamais le bout. Et tu te dis, mais est-ce qu'on va y arriver un jour
Loïc?
MarineAlors, d'un autre côté, moi, je trouvais que c'était un moment qui était pas mal parce que du coup, vu que c'est un peu plat, c'est pas très physique c'est le moment parfait en fait pour vraiment te ravitailler à nouveau donc j'ai exhorté à fond mes patrouilleuses pour qu'on se ravitaille mais c'est vrai que c'est un moment où c'est facile aussi de laisser un peu aller à ton cerveau en mode j'en ai marre quand est-ce qu'on arrive enfin tu vois le genre où le paysage reste toujours le même pendant un petit moment parce que c'est vrai que c'est une énorme force je trouve dans ces courses au paysage incroyable c'est que dès que ça va pas bah tu lève la tête et tu te dis waouh c'est magnifique ici et puis je trouve de chance d'être là mais là voilà de voir toujours ce barrage au fond là qui ne se rapproche pas c'était je pense c'est compliqué pour tout le monde je crois c'est un moment qui dure bien une heure et demie quelque chose comme ça et après là on arrive au ravitaillement de la barbe et c'est là où beaucoup de gens en fait ils abandonnent parce qu'ils voient au loin le couloir de la Rosa Blanche tout ce qui reste à faire, puis il fait très chaud, ils sont déshydratés, ils n'ont pas assez mangé. C'est un peu dommage parce que c'est vraiment le last push d'une certaine manière. Mais donc là aussi, on a vraiment pris le temps en toilette, bien se ravitailler, etc. C'est à ce moment-là que Noël, je crois, elle a dû basculer à pur coca parce que ça passait plus trop, le reste. Et du coup, c'est plus elle et Sophie qui ont vraiment mené le rythme à ce moment-là parce que moi, j'étais vraiment super bien, mais à aucun moment je voulais les... leur forcer l'allure au risque de ne pas finir à ce moment là je me suis vraiment mise en retrait derrière j'ai pris des photos je m'alimentais je leur rappelais tellement de boire et manger que je les énervais des fois oui Marine je mange c'est bon mais je pense que c'est tellement important c'est vraiment une des dimensions de la course qui fait que tu vas arriver au bout ou pas et après l'ambiance dans ce couloir de la Rosabelle Blanche, donc c'est aussi un endroit où tu mets tes skis sur le sac à dos, il faut vraiment grimper cette pente très raide, mais tout en haut, tu vois plein de spectateurs, plein de gens du milieu de la montagne qui sont venus avec leurs propres skis pour venir t'encourager, il y a les cloches, il y a le drapeau valaisan, c'est une ambiance vraiment incroyable. C'est aussi, je dirais, un point fort, évidemment, parce qu'en plus, quand t'arrives là-haut, tu sais que c'est bon, en fait, parce qu'il te reste quasi que de la descente il y a juste le col de la chaux qui est peut-être 100 mètres d'ennui ou 200 genre rien du tout mais après c'est quasi que de la descente et donc on a eu un petit moment quand même ému on a je pense tout versé notre petite larme arrivé là-haut parce que on savait que quelque part voilà c'était fait et même si tu vois il y avait blessure ou comme ça on avait presque fait l'entièreté du parcours et prouvé que on y a ouais on avait réussi quoi et là il y avait une copine de Noël qui était venue en plus avec du coca parce que parce que du coup, il n'y a plus de ravitaillement. en tout cas officielle et cette gorgée de coca là-haut c'est un super souvenir et après t'es tout euphorique la descente sur le glacier de la Rosa Blanche t'as une vue incroyable aussi sur la gauche on s'est rappelé de regarder sur le Grand Combain qui est un 4000 vraiment magnifique qu'on a pu faire avec Noël la saison précédente donc voilà t'étais tout euphorique le seul truc pour moi c'est tout à coup là j'ai commencé à surchauffer les pieds mais genre vraiment c'était j'en pouvais plus j'avais vraiment les pieds qui allaient exploser donc j'essayais vraiment de mettre ça de côté dans ma tête à me dire c'est juste une information on regardera ça après l'arrivée mais j'avais vraiment ouais je pense les écarts de température tu vois du coup moi j'avais mis des chaussettes chauffantes bon elles étaient évidemment plus en plancher à ce moment de la course où il faisait 15 degrés grand soleil mais ça reste des chaussettes Il faut être chaude. Et tout le long des lacs des Dix, le fait d'être à plat, ton pied, il bouge un peu plus dans la chaussure. Du coup, ça fait des frottements. Et du coup, j'avais vraiment les pieds qui souffraient, mais ce n'était pas grave. Et après, tu arrives finalement sur le domaine skiable de Verbier, sur les pistes. Il y a un petit moment où il faut un peu pousser, faire du skating, un peu comme si tu avais des skis de fond en pied. Donc là, Noël était là aujourd'hui. J'en ai marre. Allez, allez, il ne reste vraiment rien. Moi, je connaissais vraiment très bien ce beau. Je l'avais reconnu plusieurs fois. Et puis, ouais, aussi, pour moi, grande émotion. Donc, je t'ai mentionné un moment dans... Dans l'épisode que j'ai perdu une copine en montagne, c'était un accident vraiment tout bête. Ce n'est pas quelqu'un qui faisait énormément de hors-piste ou quoi, mais elle a été prise dans une avalanche à Verbier, justement. Pour moi, il y avait aussi une norme symbolique de faire cette course parce que j'avais vraiment eu beaucoup de difficultés à retourner à Verbier depuis cet incident. Je n'étais pas présente quand ça s'est passé, mais voilà. C'était quelqu'un qui était... qui croquait vraiment la vie à pleines dents. Et donc, c'était important pour moi aussi de faire cette course pour elle parce que je sais que c'est une aventure que si elle avait été encore parmi nous aujourd'hui, qu'on aurait fait ensemble, quoi. Donc là, voilà, on est repassé pas très loin de l'endroit où ça s'est passé. Et quand j'ai vu, j'ai aussi versé un peu ma petite larme en disant, voilà, c'est aussi pour toi, Bérénice, que je l'ai fait. Et puis, peu importe là où elle est, j'espère qu'elle est fière de ça. Et ça m'a rendu encore plus heureuse d'avoir fait ce défi et de montrer que la vie, elle continue et qu'il faut en profiter tant qu'on peut en profiter. Et puis là, on est arrivés à la station et puis ce n'est pas fini. Il faut enlever les skis, les mettre sur le sac et courir. Enfin, tu peux marcher si tu veux, mais... disons que Noël elle a dit allez les filles on court puis tu crois que c'est juste 300 mètres mais je crois il y a presque 800 ou 1 km à courir en chaussures de ski
Loïcah
Marineouais l'enfer j'avais les pieds qui surchauffaient et tout et donc je l'ai fait mais j'ai vécu une semaine sans chaussures après parce que pieds nus parce que vraiment je supportais plus d'être dans des chaussures à surchauffer et Et vraiment, la plante de mes pieds était complètement irritée. Alors, je n'avais pas de cloque, mais juste, je ne pouvais plus avoir de tissu ou une semelle contre ma plante de pied, quoi. Ça m'était devenu insupportable. Mais on a couru par principe parce que voilà. Et on a fini évidemment dans les bras l'une de l'autre et à retrouver nos familles là-bas, des copines, des copains et... et ouais c'était assez fou et en fait ce qui moi aussi je trouvais dingue c'est que j'ai l'impression que la course elle a duré une heure tu vois c'est super vite et quand tu mets en perspective le temps de course par rapport au temps de prépa tu mets vraiment beaucoup de temps à réaliser en fait que tu l'as fait et je pense qu'on était tellement prête quand même malgré toutes nos péripéties que ouais ça se passe tellement bien que du coup tu vois on est arrivé j'aurais pu le refaire dans le sens inverse Et en fait, dans ma récupération, ce qui a été long, ça a été de récupérer mentalement et pas du tout physiquement. Je dirais que physiquement, c'était le fait d'avoir fait une nuit blanche puisque tu pars à 22 heures et tu arrives à midi le lendemain. Mais non, c'était plus… Mental, physiquement, je pense que j'aurais pu pouvoir faire du sport 2-3 jours plus tard sans problème. C'est
Loïcfascinant quand même sur le
Marinepotentiel du... C'est incroyable, mais je pense vraiment que le mental se met des limites. Notre cerveau, pour nous protéger, nous met énormément de limites parce que d'un côté, c'est normal, il veut préserver le corps de tous les dangers, des extrêmes, etc. Mais dès que tu arrives un peu à dépasser un peu ça, tu te découvres un potentiel. Le corps humain est vraiment fait, je trouve, pour l'endurance. C'est incroyable. C'est
Loïcvraiment incroyable. Waouh ! Quel récit exceptionnel ! Ça donne vraiment envie de... Tu vois, c'est pas du tout une discipline que je connais, mais cette notion d'effort dans la durée, même le rythme que tu évoques, tu vois, alors... enfin en tout cas le rythme l'intensité j'ai envie de te dire tu vois par rapport aux vitesses ascensionnelles etc moi en tout cas à titre personnel c'est vraiment le type d'effort et de durée qui me plaisent bien et là quand j'entends le récit que t'en fais c'est ça donne j'en avais la chair de poule
Marineparfois trop bien j'espère que ça inspire d'autres parce que on peut vraiment le voir d'un regard extérieur comme quelque chose d'inatteignable et réservé à
Loïcune
Marinecertaine élite ce qui est D'un côté, tu vois, maintenant que je suis dans le monde un peu de l'alpinisme, etc., que je ne fais pas que des courses, je fais aussi des montagnes juste pour le plaisir, des 4 milles, machin, des trucs un peu techniques. Je comprends d'un côté qu'il y ait ce côté du milieu montagnard un peu. On veut garder ça pour nous parce qu'il y a la dimension du risque, du danger. Puis, c'est tellement beau. Puis, des fois, c'est vrai que tu arrives en haut d'un… un pic et puis on est une dizaine de personnes là-haut et finalement le danger vient du fait qu'on est 10 là-haut et pas du tout d'être là-haut d'un côté je comprends ça mais je pense que en fait je pense que c'est important qu'au bout d'un moment il faut être transparent sur ce qui est vraiment faisable et pas faisable et je pense que si tu sais déjà ce qui est parce que bon il y a quand même on parle beaucoup du dénivelé positif mais il y a quand même le dénivelé négatif et savoir ce qui est et ce qui est dans des neiges parce que du coup t'es pas du tout sur de la piste dans des neige dégueulasse c'est une dimension quand même très importante de la course mais qu'il faut pas se dire non plus que c'est réservé à une élite d'alpinistes qui fait de l'Himalaya tu vois c'est voilà j'aimerais vraiment transmettre ce message que voilà si tu fais déjà du ski du ski de rando que t'es sensible aux questions de sécurité en montagne parce que pendant ta préparation évidemment c'est tu peux pas t'entraîner juste sur de la piste il faut sortir et du coup c'est important que tu connaisses les risques mais que ouais si t'es déjà un peu dans ce milieu en fait c'est quelque chose de totalement atteignable c'est un rêve que
Loïctu as
Marinebah en fait vas-y parce que c'est possible
Loïcquoi vraiment c'est possible absolument d'accord avec toi enlevons-nous les barrières osons et écoute je suis absolument convaincu que ton récit en inspirera au moins une personne sur le podcast ça c'est certain j'ai souvent des retours tu vois après des témoignages de ce type donc vraiment un immense merci Marine est-ce que toi tu es déjà sur d'autres d'autres épreuves d'autres aventures après cette patrouille des glaciers
Marinealors du coup là d'avoir fait une prépa plutôt orientée ultra en même temps que de travailler à 100% d'avoir
un chiot etc comme je te dis la récupération mentale était assez longue et je pense ça m'a fait aussi beaucoup réfléchir tu vois sur les réseaux tout ça en ce moment le long est vachement mis en avant presque ça va peut-être à l'encontre de ce que j'ai dit juste avant c'est possible allez-y mais il y a aussi une sorte de normalisation maintenant je trouve de ce genre d'aventure et pour moi en tout cas moi personnellement j'ai vraiment réalisé pour moi-même que c'est pas durable pour moi de faire ça tout le temps qu'il y ait des périodes de vie où tu te donnes voilà 9 mois 6 mois 1 an pour réaliser ce genre de challenge, absolument. Mais pour moi, personnellement, mentalement, je ne peux pas être à 100 % partout, tout le temps, en fait. Et donc, maintenant, j'ai envie de revenir à du court. J'ai envie de revenir à une routine sportive un peu moins prise de tête. Et donc, là, je reprends gentiment du triathlon, mais tu vois, sur des distances short et olympiques. Voilà, juste pour le plaisir, retrouver un peu une routine sportive qui soit viable, durable, tu vois, qui me donne plaisir vraiment au long terme Bye. Et voilà, il y a quelqu'un qui m'a demandé si je voulais déjà re-signer pour la patrouiller. C'est vrai. J'ai dit, à l'heure d'aujourd'hui, c'est que la course sans la prépa, oui. Mais non, là, c'était trop, c'était vraiment beaucoup d'engagement. Comme je te dis, c'est vraiment juste parce qu'il y a d'autres aspects de la vie qui prennent énormément de place. Si je travaillais à 50%, par exemple, tu vois, ce serait différent. C'est juste que, pour moi, ce n'est pas le volume d'entraînement, tout ça, c'est juste l'engagement que ça prend et, le peu de temps de récupération que t'as parce qu'il y a juste tous les autres aspects de ta vie qui prennent énormément de place donc là voilà je vais retourner à quelque chose d'un peu plus viable durable pour moi des petits triathlons ça paraîtra un peu nul pour certains ça paraîtra toujours aux yeux de mes collègues je suis toujours une grande folle de faire tout ça donc à moi c'est ce qui me convient et puis on verra puis j'ai aussi envie de continuer à me former à la montée donc ça fait maintenant deux ans que j'ai rejoint le club alpin suisse et puis je réfléchis un peu à gagner de l'expérience sur le côté un peu technique de la montagne par exemple aujourd'hui secours en crevasse la technique de mouflage je peux le faire il y a plein tu te rends compte tu connais cet effet comment ça s'appelle le Dunning-Kruger effect quand tu plus tu creuses plus tu te rends compte que tu ne maîtrises pas finalement c'est ça au tout départ tu avais C'est ce qui m'est un peu arrivé il y a deux ans quand j'ai commencé avec le projet. En fait, je sais très bien skier, je connais très bien la montagne. Après, plus tu fais, plus tu te rends compte que pas du tout. Il y a énormément de choses à apprendre, mais c'est par progressivité. c'est l'apprentissage d'une vie et c'est ce qui rend peut-être le truc encore beaucoup plus intéressant et donc je pense que j'ai envie de me former un peu plus à ça et je veux sûrement continuer des petites compétitions de ski alpinisme mais voilà plus seul sur des 2000 de dénivelé le truc qui te prend 5-6 heures et puis qu'il n'y a pas besoin de se faire des énormes semaines d'entraînement pour y arriver ouais Mais voilà, plus tard, on ne
Loïcsait jamais. Oui, absolument. Et puis je pense, comme tu dis, par rapport à ce que tu disais, c'est finalement chacun son rythme, chacun ses aventures. Et si là, ce qui te parle actuellement, c'est ça, des formats peut-être plus courts, plus plaisir, c'est très bien, tu vois. Très, très bien. Écoute, en tout cas, Marine, un immense merci.
MarineC'était passionnant. Je vois qu'on a vraiment dépassé le temps, mais c'était trop chouette de
Loïcraconter tout ça. Non, c'était génial. Et tu vois, la patrouille des glaciers, j'en avais entendu parler forcément, mais sans jamais avoir rencontré quelqu'un qui avait pu y participer. Donc, ultra, ultra intéressant d'avoir ton retour. Merci encore à Marjorie pour la mise en relation. Elle ne s'était pas trompée, une fois de
Marineplus.
LoïcMerci, Marjo. Et puis, écoute, Marine, je te souhaite une excellente continuation et peut-être
Marineà très bientôt.
LoïcOui, à bientôt.