Et puis bon, le blanc dans le village, c'est tout de suite, t'es l'attraction, donc les gens viennent te parler. Et ça, c'est exceptionnel parce que c'est la qualité que j'ai, moi, qui m'a le plus marqué en Afrique, c'était la curiosité. Et aussi, ce que j'ai oublié de dire, c'est que j'avais conditionné ce passage à la frontière en slip à 5 500 euros obtenus contre la mycocytose. Donc en fait, j'étais obligé de le faire. J'avais promis qu'à 5 500 euros contre la mycocytose, je passais la frontière en slip.
LoïcHello, hello, tu écoutes Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent et je suis Loïc, son créateur. Ma conviction, c'est qu'on a tous en nous une version un peu frappée de nous-mêmes qui ne demande qu'à se réveiller. Ma mission, c'est justement de tendre les micros à des athlètes, des aventurières, des militaires, des forces spéciales, des entrepreneurs, bref, des femmes et des hommes qui ont fait le choix de libérer la leur. Pourquoi ? Eh bien parce que je pense qu'on a tout à gagner à s'inspirer de personnes qui ont osé suivre leur propre chemin. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irréversibles dans ta vie. Tu es prévenu. En tout cas, Théo Thiem, ultra content de te recevoir au micro des Frappés. Bienvenue sur le podcast. Et merci une fois de plus à Marjorie, qui est une copine ancienne invitée du podcast, qui, là encore, m'a contacté en me disant « Écoute, j'ai croisé Théo Thiem, je crois, sur des courses. Vous avez fait au moins une course ensemble ou un bike trip en Écosse, si je ne me trompe pas ?
Théotime» Exactement. Merci Loïc pour l'invitation et merci Marjorie, en effet, pour la mise en relation. La course, c'était une course de longue distance. C'était la nom Madian Rapso Bike en 2024 qui partait de France jusqu'au nord de l'Ecosse et c'était donc un peu plus de 2000 kilomètres d'ultra distance et c'est à cette occasion-là que j'avais pu rencontrer
LoïcMarjorie. Fabuleux. Marjorie, si tu nous écoutes, merci une fois de plus à toi. Théo Team, on va parler de vélo. Forcément, si l'intro vient de Marjorie, il y a de fortes chances que ce soit l'univers dont on parle, mais pas que d'aventures, de causes associées à un défi en particulier que tu viens de réaliser. Peut-être en guise d'intro, comment est-ce que toi, avant qu'on parle plus
en détail à vélo contre la muco et de l'Afrique, comment est-ce que toi, tu es tombé dans l'univers du vélo ? Ça a été quoi ton enfance ? Tu as baigné dans un univers où ce sport était présent ou c'est une arrivée tardive dans ta vie sportive ?
ThéotimeAlors, pas du tout. Le vélo est arrivé très tard et justement, le vélo est arrivé avec la mucoviscidose. où justement j'ai la fille d'ami de mes parents qui on a appris que la fille d'ami de mes parents avait souffré cette maladie génétique rare donc je devais avoir 15 ans, ma soeur en avait 13 et donc avec ma soeur et mon père on était partis à vélo contre la mycoïcidose en direction de Londres et c'est comme ça vraiment que j'ai découvert le vélo avec ce premier voyage et sinon j'ai vraiment pas baigné dans l'ambiance Tour de France quand j'étais jeune, à vrai dire je connais mais j'aimais bien faire des sorties à vélo, mais ça dépassait rarement 10 kilomètres. Et donc, c'est vraiment avec la mycobicidose que j'ai commencé à faire des défis contre la maladie. Et j'utilisais en fait le vélo parce que c'est un moyen qui me permettait de me déplacer suffisamment vite pour couvrir des distances importantes et suffisamment lentement pour pouvoir m'arrêter, échanger, découvrir. Et donc, j'ai rapidement trouvé que c'était la meilleure manière pour faire un défi impressionnant par la distance mais aussi humain par les interactions et par tout le temps d'échange, et notamment pour parler de la cause
Loïcdurant le voyage. Qu'est-ce qui fait que cette cause de la mucoviscidose en particulier, qu'est-ce qui fait qu'elle est restée au point que tu crées une asso ? On en parlera peut-être un peu plus en détail, mais j'ai cru voir aussi que dans ton parcours scolaire, dans tes études supérieures, c'est quelque chose que tu as essayé d'animer sur les différents campus où tu es passé. Ça a été quoi ? cette relation avec cette fille d'ami de la famille ou il y a eu autre chose une fois que tu as découvert ce que c'était que cette maladie ?
ThéotimeÀ vrai dire, cette fille d'ami de la famille, finalement, je ne l'ai vue qu'une seule fois parce que mes parents ont déménagé et puis nos deux familles ne sont pas tellement restées en contact. Ce qui vraiment m'a fait, m'a lié à la mucoviscidose, c'était cette première action. Et puis ensuite, m'intéresser davantage à la maladie, m'intéresser davantage au quotidien des patients et arriver... J'ai étudié ensuite à Bordeaux. Arrivé à Bordeaux, j'ai pu créer une antenne de l'association que j'avais créée qui s'appelait « A vélo contre la muco ». Et c'est à ce moment-là que j'ai décidé d'aller à la rencontre des CHU, aller à la rencontre des personnes qui vraiment vivaient avec cette maladie au quotidien. Et donc, à partir du moment où on a un lien aussi fort avec des personnes qui nous parlent de la mucosidose comme leur quotidien, le défi le plus présent dans leur vie, ça m'a donné envie de continuer dans cette idée de faire quelque chose à vélo, de lever des fonds contre la mycotidose, d'essayer de donner de la visibilité à mon échelle et voilà. Donc je trouvais que c'était un beau défi en parallèle des études d'avoir un projet comme ça qui me tenait à cœur parce que j'aime bien avoir une idée fixe et me dire bon bah allez je tente tout ce qu'il y a à tenter dans ce domaine-là et puis allons-y.
LoïcEt études que tu n'as pas fait nécessairement dans le domaine de la santé ?
ThéotimeNon pas du tout, j'ai fait un master en économie à Bordeaux. Et puis ensuite, j'ai fait un master sur les thématiques énergétiques à Paris. Donc, rien à voir avec la santé. Mais bon, finalement, je ne me retrouvais pas... Quand j'allais au CHU, j'étais plus avec les personnes qui étaient en charge de l'accompagnement, des psychologues, etc. Et ce n'était pas vraiment de la recherche pure et dure. Et donc, c'est vrai que les thématiques vraiment médicales, plutôt scientifiques, je les maîtrise correctement, mais ce n'est pas mon cœur de
Loïcmétier. Ok. Si on fait une sorte d'accélération entre, tu disais, 2016, ce premier défi à vélo Paris-Londres, c'est ça ?
ThéotimeExactement,
Loïcoui. Paris-Londres, ça fait 457 kilomètres, donc déjà quand même une belle sortie, on va dire. Entre ce Paris-Londres et ce que tu viens de réaliser... Tout récemment, c'est-à-dire que tu es reparti de Paris et tu es descendu jusqu'au point le plus au sud de l'Afrique avec une remontée ensuite jusqu'au Kenya, si je ne me trompe pas. Exactement. Comment tu en arrives des 457 kilomètres de Paris-Londres aux dizaines de milliers de kilomètres et 500 jours sur ton vélo de Paris jusqu'à
Théotimel'Afrique
Loïc?
ThéotimeCe que je te disais tout à l'heure, que quand j'avais un projet j'aimais bien m'obstiner un peu là-dedans et quand j'étais en terminale je m'étais fait un peu une idée fixe un truc qui me tenait qui me tenait qui me tenait en haleine durant toute l'année de terminale c'était un projet d'aller de Chamonix de partir de Légué du Midi pour aller au Soleil de Minuit donc Cercle Polaire Arctique en Norvège et donc ça c'était finalement le premier vrai gros voyage dans lequel je me suis lancé Là, j'avais 17 ans et c'était une aventure contre la mycoïcidose. Et j'étais accompagné en relais par mon père Bruno, un ami qui s'appelle Tanguy et un autre ami qui s'appelle Malo. Et en fait, quand j'ai eu la chance d'accomplir ce projet-là à 17 ans, ça donne toujours envie de penser à l'après, de penser à l'après, après ça, il y a quoi, après ça, il y a quoi. Et finalement, en 2023, je me suis dit, après ce voyage-là, je me suis dit, après le nord, il y a le sud. Donc, en 2023, après master je suis parti pour la pointe sud de l'Europe et puis arrivé là-bas je m'étais juré qu'un jour j'allais toucher la pointe sud de l'Afrique et je savais pas dans combien de temps mais je savais que j'allais le faire donc j'avais toujours le cap de bonne espérance qui m'animait au moins à fond pendant une année et puis secrètement un peu plus intérieurement pendant 7 ans entre 2018 et 2024 même 6 ans donc voilà c'est comme ça que ça s'est fait et puis donc après entre les deux j'ai fait quelques petits projets à vélo
contre la mycoviscidose aussi de la longue distance et puis un beau jour j'ai réussi à mettre de côté suffisamment d'argent pour partir j'avais la chance d'avoir personne qui avait besoin de moi en France j'avais aucune attache ma famille en bonne santé j'avais des potes qui n'avaient pas particulièrement besoin de moi j'étais très libre et donc je me suis dit bon bah c'est maintenant ou jamais t'as réussi à mettre de côté t'as réussi à avoir le vélo dont tu rêvais depuis si longtemps allez pars et en fait si tu veux le départ s'est fait le 12 octobre 2024 de la place du Panthéon et en partant ça c'était mon père qui m'avait dit ça il m'avait dit bon Théotime à chaque fois que tu pars t'as un projet t'as un point A un point B limite tu connais déjà tu connais déjà le dénouement. Tu le fais toujours contre la mycomicidose. Essaye, cette fois-ci, de le faire que pour toi. Donc, pas forcément de partager sur les réseaux et vraiment voir ça comme un voyage plutôt qu'un projet où la finalité, c'est vraiment un espèce d'épanouissement personnel. Et puis, je traverse la France, l'Espagne par les endroits les plus désertiques, les plus vides. Donc, la Diagonale du Vide, l'Espagna Baciada. Et puis, il y a d'ailleurs des grosses périodes de crues. C'est quand il y avait eu les inondations à Valence. Donc, ça rendait déjà le début de l'aventure assez épique. Et puis, j'arrive en Afrique. Et quand j'arrive au Maroc, je ne sais pas, c'est un peu un choc. Je pensais Maroc. Je m'attendais à que tout soit développé comme à Marrakech, Casablanca. Un peu l'image qu'on a du Maroc carte postale voyage un peu Club Med et puis finalement j'ai décidé d'aller plus dans les terres notamment l'Atlas et toutes les chaînes de montagne en fait mon objectif c'était de partir sans itinéraire sans plan défini et aussi un truc qui illustre bien cet objectif c'était j'ai quitté mon travail et 11 jours plus tard je suis parti à vélo et sur les 11 jours en fait enfin j'ai plus vu les potes et fait la fête que préparer le projet donc c'était vraiment l'idée c'était de partir à l'arrache et en fait je me rends compte en étant au Maroc que ce truc là de partir à l'arrache finalement c'est un peu débile un peu déconnecté et notamment tu vois par certaines zones où je passe il y a énormément de chiens errants et donc je me retrouve vite confronté à être un peu embêté par des chiens puis aussi j'ai des interactions avec des enfants mais enfin des enfants qui qui jettent des cailloux, des trucs comme ça. Et donc là, énorme remise en question. Et c'est vraiment, en fait, à partir de ce moment-là où je me suis dit, mais non, ce truc de partir sans rien, vraiment à l'arrache, ça me convient, mais pas totalement. Et donc, il faut au moins un objectif. Et donc, cet objectif, j'ai dit que c'était Dakar. Et puis après, se rendre à l'évidence que si je partais pour l'Afrique, c'est parce que c'était forcément la mucoviscidose. Donc, je ne pouvais pas séparer ce voyage-là de la mycosidose. Donc, je m'étais d'abord dit, bon, allez, je vais aller à Dakar contre la myco. Et puis, de fil en aiguille, en fait, je me suis dit, bon, allez,
vas-y, ça sera Abidjan, ça sera le cap. Et en fait, pour motiver un peu les personnes qui me soutenaient à soutenir aussi la recherche contre la mycosidose, je conditionnais ça à des défis, à des paliers financiers. Je disais, bon, allez, à 1 000 euros, je tire après Dakar jusqu'à Abidjan. Abidjan, j'ai dit 2 000. Et Et après, le cap, j'ai dit, allez, à 10 000 euros, je fais le retour à vélo. Et ça, c'est vrai que le fait d'aller jusqu'au cap, j'en avais rêvé pendant très longtemps. Le fait de faire le retour à vélo, je n'y avais jamais pensé.
Loïcénormément de questions déjà tu l'as évoqué un des bloqueurs que tu as réussi à lever c'était le fait d'avoir le bon matériel le vélo dont tu avais rêvé et l'aspect financier souvent on me pose la question après des épisodes comme ça va être le cas pour le tien où on parle d'aventure au long cours le fait de finalement tu as fait ça relativement jeune donc assez souvent, on me pose des questions sur, financièrement, comment il a géré ça. Est-ce que toi, tu avais un palier de sécurité, un genre de matelas de sécurité en tête, un montant que tu voulais absolument avoir avant de quitter ton job et de te lancer ? Comment tu as géré cette
Théotimepartie-là
Loïc?
ThéotimeOui, je m'étais fixé 20 000 euros. 20 000 euros de matelas. Et donc, pour ça, durant mon premier master, j'avais fait toutes les périodes estivales, quasiment. Je travaillais. Donc, soit je faisais de l'intérim, soit je faisais des stages. Sans surprise, j'étais coursier à vélo pendant quelques temps. En vrai, j'adorais ça même pendant le Covid. J'étais à Paris. Pendant le Covid, c'était vraiment une manière que j'avais adoré ce moment-là du fait d'être coursier parce que tu avais la ville pour toi. En plus de ça, ça me permettait d'épargner dans l'optique de faire un long voyage à vélo. J'ai eu cette première phase durant mes études où j'épargnais un peu. Donc là, j'ai dû mettre 7-8 000 euros de côté. Et puis ensuite, je travaillais au ministère de l'économie à Paris. Avant ça, j'avais eu un stage de fin d'études dans un cabinet de conseil. Et donc, stage, plus ensuite emploi
au ministère. Et j'avais la chance. Ça, c'est quand même le truc qui m'a boosté. C'est un énorme privilège. C'est que je vivais chez mes parents à Paris. Et donc, tout l'argent finalement que je ne mettais pas dans un loyer... à Paris, je pouvais le mettre de côté pour ce voyage-là. Et en plus de ça, j'avais la chance d'avoir des parents qui étaient très contents de m'avoir. Il n'y avait pas de contrepartie financière du fait d'avoir un loyer à Paris. Donc, c'était vraiment un truc qui m'a boosté. Et en revanche, sinon, j'ai cherché un peu au début des sponsors. Après, je n'avais aucun abonné sur Insta. Et puis, comme je n'avais pas trop de projets, je disais, bon, je pars à vélo. Mais bon, tu vas toquer à des portes, tu dis, je pars faire un tour à vélo si tu t'arrêtes disons à Nevers tu fais un Paris-Nevers je pense que la marque l'aurait un peu mauvaise donc j'ai eu aucune réponse je me suis rendu à l'évidence que c'est pas là où j'allais être bon gratter des trucs à droite à gauche avec des marques donc je me suis financé à 100% et ensuite j'ai touché aucune aide durant le voyage je pouvais toucher le chômage mais c'était pas du tout mon optique pour plusieurs raisons. Déjà, parce que j'estime que je n'étais pas au chômage, j'étais en voyage. Et puis, au-delà de ça, comme ça, ça me permettait vraiment de partager librement mon aventure et aussi être propre vis-à-vis de soi-même, mais aussi vis-à-vis des autres. Parce que tu sais, tu as toujours ces trucs, des personnes qui disent « Attends, le gars, il a 23 ans, il est parti à vélo, c'est quoi sa douille
Loïc?
Théotime» Et donc après, moi, comme ça, ça me permettait d'exposer mon plan, d'exposer comment est-ce que j'avais pu financer ce voyage. et puis ouais c'était chouette comme ça et le fait en fait aussi d'être sans pour de voir de compte à personne là je parle plutôt tu sais de collaboration j'ai bien aimé parce que bah parfois tu sais t'as du matos qui pète t'as des trucs comme ça et tu peux dire aux gens tu peux dire aux gens bah ça j'ai adoré ce matériel là j'ai trouvé ça exceptionnel en revanche ce matos là bah j'étais un peu plus déçu sur pour telle utilisation ça j'ai trouvé que c'était pas forcément adapté à mon usage ou à ton usage et donc j'ai adoré cette transparence que ça permettait après bon c'est une transparence qui en fait a un coût quand même parce que bah t'as pas de sponsor mais bon je trouvais ça bien et je pense que si c'était à refaire je referais comme
Loïcça ok et du coup ce matelas de 20 000 euros ça a été suffisant pour l'intégralité de l'aventure ou t'as dû renflouer les caisses à un moment
Théotimedonné
Loïc?
Théotimeça a été suffisant pour l'intégralité de l'aventure en tout je suis parti 525 jours je crois en fait il faut que je fasse se les compte parce que pendant mon voyage en Afrique j'avais 3 cartes bancaires et je faisais un peu le yo-yo financier entre les cartes parce que t'avais des pays où ça prenait 7 cartes plutôt que 7 cartes donc je crois j'avais regardé il me semble que je suis entre 14 500 et 15 500 euros dépensés sur 15 mois donc environ je tombe à 1000 euros de dépense par mois après en fait mon objectif durant ce voyage là c'était à la base c'était quand même de partir un peu à à l'arrache donc par exemple j'ai un ami qui m'avait dit cette phrase là qui m'avait dit on ne porte que le poids de nos peurs cet ami c'est Guillaume et donc pendant tout mon voyage j'avais je réfléchissais aux manières de m'alléger donc j'ai d'abord j'ai lâché le réchaud ensuite j'ai lâché la tente et et donc bon bah tu sais je mangeais ce que les gens mangeaient et globalement tu sais tu manges dans la rue t'as pas vraiment t'as pas des restaurants huppés donc c'est entre 1 euro et 3 euros en nourriture. Ensuite, soit je dormais dans des hôtels qui coûtaient entre 5 et 12 euros la nuit ou sinon je dormais chez des gens, au poste de police, à la mosquée, à l'église, en station service, à l'école, enfin bref, partout où je pouvais dormir. Et je préférais plutôt cette option-là parce que je ne pensais pas tant à la question financière de l'hôtel, c'était plus la rencontre. C'est que quand tu voyages seul, si tu es solo sur ton vélo, puis ensuite tu manges face à ta gamelle et tu dors sous ta tente, je pense que tu as vite l'impression de transformer cette aventure vraiment en aventure plus isolée que solitaire. Et donc, je te disais ça parce que finalement, les dépenses quotidiennes n'étaient pas énormes. Et là où j'ai eu un peu plus de dépenses, c'était notamment en Afrique de l'Ouest avec les visas. Tu avais des pays où les visas montaient jusqu'à 200 euros. Et c'était des pays dans lesquels je restais 8 jours. Donc, ça faisait vraiment un poste de dépense important. Et ensuite, tout ce qui était assurant, ce qui m'a coûté un peu d'argent, c'était l'assurance, casse matérielle, aussi de l'investissement matériel. J'ai acheté une nouvelle caméra du le voyage, j'ai dû acheter deux nouveaux téléphones, donc voilà finalement je m'en sors à 1000 euros par mois ce qui est honnête,
Loïcc'est clair
Théotimemais ça fait quand même 30 euros par mois, c'est à dire que quand je regarde un peu ce que je dépensais par jour etc je me disais mais attends mais comment est-ce que je dépense 30 euros, ça me fait 30 euros par jour donc ouais je me disais mais attends mais quand je regarde la manière avec laquelle j'ai voyagé je me dis mais comment est-ce que je m'en sors à 30 euros par mois et j'ai pas la réponse mais je pense que c'est les trucs acheter une caméra ça te booste ton budget
Loïcet
Théotimec'était trop bien
Loïcet les galères matérielles sur le vélo t'en as eu
des sérieuses qui sont arrivées au mauvais moment ou au final bon pas plus que ça c'était de l'usure classique on va dire
Théotimeil y a eu beaucoup d'usures classiques donc par exemple des chaînes à changer des cassettes et ça c'est vrai que c'est un point pour le coup que j'ai mal anticipé tu sais je t'avais parlé des 11 jours donc enfin je suis vraiment parti à la race et j'avais un vélo bon ça c'est un peu un truc de geek enfin je sais pas à quel point les personnes qui nous écoutent sont sensibles au vélo mais en fait il y avait un plateau à l'avant et une énorme cassette à l'arrière donc un truc un peu VTT et donc ce qui fait que c'était une cassette de 11 vitesses donc 11 vitesses c'est énorme et il faut des chaînes extrêmement fines enfin vraiment qu'on ne trouve pas partout et c'est vrai que ça c'était un peu parfois la galère en Afrique de trouver ce genre de pièces parce que t'en trouvais au Maroc au Sénégal en Côte d'Ivoire en Abibi en Afrique du Sud et après globalement en Kenya donc parfois je me retrouvais sur des distances la plus longue distance sans réapprovisionnement matériel je pense que c'était 8000 km donc il fallait vraiment anticiper ça donc je voyageais avec 3 chaînes de secours des pattes de dérailleur aussi c'est la jonction entre le dérailleur et le vélo et après sinon gros problème je suis parti avec un vélo en titane Et en fait, le titane, si tu veux, c'est un matériau qui est censé être assez souple, qui absorbe bien les chocs et qui, en plus de ça, est censé être quasiment indestructible. Et moi, je suis beaucoup d'aventuriers que j'adore. Par exemple, Sofiane Seili, qui est le... qui est allé jusqu'en Russie à vélo, enfin, qui a fait... On a beaucoup entendu parler dernièrement. Lui, il avait un vélo en titane. Et après, pareil, d'autres aventuriers que je suivais qui avaient des vélos en titane. Je me suis dit, bon bah allez on va prendre un vélo en titane et sauf que j'ai une soudure de mon vélo en titane qui a craqué enfin mon vélo s'est fissuré une soudure qui a lâché en Tanzanie et donc là ça c'était un peu plus la merde parce que j'ai essayé de le souder et le gros problème du titane c'est qu'en fait ça se soude très mal enfin très difficilement faut vraiment avoir un environnement très particulier à la différence de l'acier et donc j'ai essayé de le souder et puis bah ça a pas marché donc en fait j'ai fait 4000 kilomètres ensuite de de Tanzanie jusqu'en Italie avec un vélo que j'avais sanglé donc j'avais pris des sangles de camion et en fait c'est très dangereux je me rends compte non mais je sentais dès que je me mettais en danseuse t'avais le cadre t'avais la selle qui bougeait à droite à gauche parfois je mettais ma main pour la retenir c'était vraiment c'était abusé et donc franchement à ne pas refaire enfin rouler avec un vélo fissuré je pense que c'est une des plus grosses bêtises que j'ai faites et puis ensuite en fait arrivé en Italie j'ai réussi à j'ai réussi à quoi j'ai réussi à acheter un nouveau vélo donc là je suis reparti avec un vélo neuf, un vélo en acier. Et je pense que cette fissure, c'était vraiment la plus grosse galère de mon voyage.
LoïcÀ refaire, tu repartirais avec du titane, du coup, ou tu ferais le choix de l'acier ? En tout cas, pour ces destinations-là, tu vois, où tu n'as pas forcément des ateliers de soudure de titane à tous les coins de rue.
ThéotimeJe pense que je repars sur de l'acier parce que l'acier, ça se soude. Je repars avec un vélo où je peux mettre des périphériques très basiques, par exemple, des transmissions que tu trouves au mal Malawi comme au Zimbabwe ou en Afrique du Sud ou en Europe, je pense que je ferais ce combo-là. Après, si j'échange avec une marque, parce que ça, je pense que c'est aussi le truc, c'est qu'avant de partir comme ça, idéalement, j'aurais dû échanger avec les marques un peu plus pour voir ô combien leurs produits étaient adaptés à mes besoins et ô combien ils pouvaient m'aider quand je me retrouvais embourbé avec du matos qui claquait ou combien est-ce qu'il pouvait m'aider sur place. Et donc je pense que si je repars avec un vélo haut de queue de l'acier, c'est vraiment en contactant une marque, en essayant de comprendre un peu, en regardant et si je comprends que c'est le meilleur vélo qui existe sur Terre pour partir à l'aventure, je repars ça. Mais pour le moment, j'ai un vélo, là j'ai acheté un nouveau vélo, c'est un Surly, c'est un peu la référence pour les vélos aciers autour du monde, c'est un Surly Ogre. J'ai essayé le vélo, en fait j'ai eu énormément de chance, j'étais à Paris dans le sud de l'Italie et je suis tombé un peu sur le magasin c'était la caverne d'Ali Baba le mec il avait tout il m'a tout montré et il me montre ce vélo au début je trouve qu'il a pas de flow le vélo il a une dégaine un peu de vélo VTC un peu vélo à l'hollandaise je me dis mais jamais je prends ça parce que comme j'aimais bien la cour j'aimais bien les vitres et puis je suis monté là dessus et je me suis dit ouais c'est ce vélo là et donc si c'était à refaire pour synthétiser je pense que je prends de l'acier un sur lit Mais surtout, je vais chez un vélociste, une petite boutique, un mec qui s'y connaît, qui est passionné, plutôt qu'à acheter un vélo générique sur Internet ou dans une très grande ancienne. Je pense que c'est le plus important. C'est d'avoir quelqu'un qui soutient le projet, qui émotionnellement est derrière toi parce qu'il sait qu'il t'a vendu un vélo qui part au fin fond du Zimbabwe, du Sierra
LoïcLeone. Oui, c'est clair que si tu arrives à avoir une marque ou un vélociste qui te suit et qui peut assurer potentiellement la chaîne logistique si tu as une galère matérielle ça change quand même je pense pas mal la complexité du projet en tout cas encore une fois si tu pars dans ce genre de vie où tu n'as pas forcément tout le temps les pièces dispo partout tu vas au fin fond de la brousse excellent tu parlais des rencontres un peu plus tôt et que tu as changé du coup un peu l'ampleur en tout cas
ta manière d'approcher l'aventure assez rapidement après être parti à l'arrache. Tu as eu des rencontres inattendues, en tout cas, qui t'ont particulièrement surpris. Plutôt en positif, t'expliquer un peu plus tôt que tu ne t'attendais pas, ça a été un peu un choc. Parfois, les enfants qui te balançaient des cailloux, des choses comme ça au Maroc. Est-ce qu'à l'inverse, tu as eu des beaux actes d'accueil, d'hospitalité à des endroits où de la part de gens dont tu ne t'y attendais pas forcément ?
ThéotimeBien sûr, mais c'était un peu d'ailleurs tout le voyage. Et c'est vrai que là, pour revenir sur le truc du Maroc, j'en parlais tout à l'heure, mais c'est le truc que tu retiens parce que ça te marque. C'est quelque chose qui vraiment te marque, mais tristement, moins que la beauté. Et il faut savoir qu'en 530 jours en Afrique, j'ai eu aucun problème de sécurité. Enfin, vraiment, j'ai parfois eu les chiens au Maroc, quelques enfants et tout, mais jamais j'ai été agressé. Et j'ai vraiment été... C'était un peu une constante bien reçue du fait de plusieurs choses. Déjà, d'être un voyageur à vélo. Donc, te voyant à vélo, ils pensaient que tu étais… Si tu voyageais à vélo, c'est que tu étais fauché. Donc, en fait, le lien était beaucoup plus facile. Le lien était vraiment beaucoup plus facile. Et puis, le blanc dans le village, c'est tout de suite, tu es l'attraction. Donc, les gens viennent te parler. Et ça, c'est exceptionnel parce que c'est la qualité que j'ai… Moi, qui m'a le plus marqué en Afrique, c'était la curiosité. C'est les gens qui viennent te parler comme ça… le blanc tu fais quoi avec ton vélo et je trouvais ça exceptionnel et je pense que la rencontre qui m'a le plus marqué du voyage je passais la frontière entre c'était quoi c'était le Ghana et le Togo et puis le Togo c'est un pays qui est extrêmement fin, c'est un pays qui fait 45 kilomètres de large et donc la possibilité c'était de tracer et faire tracer le pays en une matinée et puis je me suis dit c'est quand même Dommage, tu as un visa, tu as un pays que tu ne vas certainement jamais... Enfin, tu ne vas pas y retourner d'ici de nombreuses années si tu y retournes dans ta vie. Fais un détour. Et donc, je pars vers le nord. Et là, en partant vers le nord, je vois un peloton de cyclistes africains qui bombardent. Et ils vont dans la direction opposée à la mienne. Donc, les mecs, ils me font un salut comme ça. Et je vois qu'ils sont en mission. Ils sont vraiment... Enfin, ils devaient tourner à 45 km heure. Je me dis, il n'y a pas un monde où je les rattrape. et là je me dis vas-y tu crois jamais de vélo ou du moins des personnes qui ont un vélo par passion parce que tu sais c'est plus le vélo utilisé comme en France tu sais tu croises beaucoup plus de personnes qui font du vélo du vélo taf qui se déplacent à vélo parce que c'est un moyen de locomotion que vraiment la finalité c'est l'effort lié au vélo et donc là je tape un maxi 2000 tours un sprint je sais pas je dois appuyer à 1000 watts sur les pédales et j'arrive à rattraper les et en fait il se trouve que c'était l'équipe nationale du Togo et donc là j'arrive à les accrocher pendant deux minutes et ensuite ils me disent ouais ce soir on dort à Atakpame rejoins-nous et donc moi je me dis bon bah vas-y trop bien Atakpame ça va être un petit village il va y avoir 500 habitants je vais vite les retrouver je vais aller dans le village et ils vont me dire je vais demander où est l'équipe du Togo et tout le monde saura où est l'équipe du Togo enfin c'est comme je me disais t'as l'équipe de France je sais pas dans un petit bloc LED en Picardie, tout le monde sait qu'il y a l'équipe de France. Et j'arrive ensuite à Attaque Pamé et je demande où est l'équipe du Togo. Et en fait, je me rends compte que c'est une ville immense et personne ne sait où ils sont. Et là, il y a un gars qui me dépasse à moto et qui me dit, vas-y, je sais où est l'équipe du Togo, je t'accompagne. Et il m'accompagne retrouver le camp d'entraînement de l'équipe du Togo. Et de là, ils me disent, la soirée se passe très bien. Et ils me disent, si tu veux, dans dix jours, on a le Tour National du Togo. Est-ce que tu veux venir
Loïcah mais c'est énorme parce que j'ai vu ça sur ton insta tes épisodes je me disais mais qu'est-ce que c'est le tour du Togo je pensais que t'avais fait une série tu vois sur un voyage au Togo t'es parti faire le tour du Togo à vélo
Théotimec'est énorme ah mais c'était exceptionnel et tu vois le truc c'est que aussi durant le voyage je m'étais dit je mets beaucoup de t'sais d'importance au oui au fait de dire oui même quand t'en as pas l'envie tu vois là en vrai je devais attendre 10 jours j'avais déjà pris mon visa pour le Bénin donc t'sais en fait, administrativement, c'était un peu une galère. Et je me dis, ouais, c'est souvent plus facile de fuir en disant, ben non, je ne peux pas, j'ai une contrainte. Et je me dis, mais non, mais attends, mais tu as l'équipe nationale du Togo qui te propose de suivre le tour du Togo avec eux. Je me dis, vas-y, go, go. Et donc, je les retrouve dix jours plus tard à Lomé et on part pour le tour du Togo. Il faut savoir que moi, je m'étais un peu entraîné avec eux. Et puis, en fait, très rapidement, tu as beaucoup de personnes qui me disaient, ouais, mais attends, tu fais le tour de l'Afrique à vélo, tu peux bien suivre les mecs. Mais en fait, c'est comme si tu fais de la course à pied tous les jours et on te dit, vas-y, tu peux rivaliser avec Jimmy Gressier. En fait, c'était incomparable. Et tu vois, j'ai essayé de faire des sorties avec eux. Je tournais à 32 km heure de moyenne, là où eux étaient avec des vélos mais qui valaient en vrai 150 balles avec parfois des rayons manquants, des trucs comme ça. Eux tournaient à 43 de moyenne. Donc en fait, la différence de niveau était abyssale. Et donc, je me suis dit, vas-y, je vais pas être spectateur sur le tour du togo qu'est ce que je peux faire et donc là je me suis on m'a attribué le statut de tiktoker donc j'étais tiktoker pour la fédération nationale togolaise de cyclisme et c'était mon taf enfin c'était mon taf moi je me disais qu'est ce que je sais faire je sais faire des vidéos bon allez vas-y je fais ça et donc sur le tour du togo tu avais plein d'équipes tu avais le mali le burkina faso le bénin la côte d'ivoire le ghana d'autres sélections et aussi il y a une équipe française et donc c'était franchement c'était 9 étapes exceptionnelles et donc c'est que maintenant que je réponds à ta question mais tu vois je me suis vraiment lié d'amitié avec deux personnes du Togo un gars qui s'appelle Alain qui a 38 ans donc qui est un cycliste du Togo et un autre qui s'appelle Blaise qui lui a exactement le même âge que moi et je sais pas c'était vraiment la bienveillance la bienveillance à l'état pur et puis surtout j'étais admiratif de ce gars qui en fait a commencé avec un vélo qu'il avait acheté dans une déchetterie pour l'équivalent de 3 euros et puis et ensuite il me racontait que c'était sa passion donc en fait matin, midi et soir dès qu'il avait du temps il allait rouler et puis j'ai vu où est-ce qu'il roulait il roulait dans les banlieues de Lomé tu vois c'est des routes mais c'est des routes t'as extrêmement de passages et puis en tant que vélo t'es pas celui qui prend la place t'es pas celui à qui on donne la place Donc, franchement, une grosse admiration pour Blaise et pour Alain et puis l'ensemble des cyclistes africains que j'ai pu rencontrer. Mais encore aujourd'hui, on s'appelle souvent sur WhatsApp, pas plus tard qu'il y a trois jours. Alors que je l'ai rencontré il y a maintenant plus d'un an, un an et un mois, je l'ai encore... une fois toutes les deux semaines on s'envoie un message on s'appelle et ça c'était et je pense que ce genre de rencontre ça m'a été permis grâce au fait de ne pas avoir de deadline pas avoir vraiment une destination où je me fous une pression monstre pour la rejoindre et c'est en fait c'est là où tu vois la plus belle chose du voyage et c'est l'autre c'est prendre le temps d'échanger de comprendre aussi et pas être que de passage j'ai rarement eu la seule fois où j'avais l'impression d'être de passage c'est quand j'avais une deadline, un truc de visa, un truc de la famille qui me retrouvait. Et là, je devais envoyer appuyer sur les pédales. Et là, c'est finalement, paradoxalement, les moments où j'ai le plus souffert. Alors que je savais que j'avais la perspective de revoir des gens que j'aimais, le fait de devoir dire non à des rencontres, je trouvais ça extrêmement frustrant. Donc Blaise, je pense que c'est une de mes rencontres les plus marquantes du tour. Enfin, du tour à vélo. Et après, sinon... ce que j'ai adoré c'était je suis allé rendre visite aux sapeurs à la sapologie au Congo Brazzaville donc là pareil j'avais fait un aller-retour de je sais pas c'était 350 km d'Olisi jusqu'à Pointe-Noire Pointe-Noire qui est la capitale économique du Congo et on m'avait dit faut que t'ailles à Frontier-Thier donc c'est dans les banlieues de Pointe-Noire et tu vas voir les sapeurs qui sont vendredi, samedi, dimanche chez Clotaire c'est un bar et puis donc je me suis acheté un accoutum dignes des sapeurs un pantalon chino, une chemise mais bon après à côté d'eux j'étais vraiment pas classe mais c'était pour éviter d'être avec un treillis, un débardeur tout délavé et puis finalement j'ai adoré, on a passé un après-midi mémorable et puis ensuite on a bu des coups et ce que j'ai adoré en fait dans les sapeurs c'était des personnes qui sont très humbles du fait de leur profession mais qui ont cette passion et dans la qu'elle, ils consacrent tout. Et donc, c'est un peu... Les gens sont assez partagés là-dessus, parce que t'as des personnes qui se disent « Ouais, mais en fait, c'est le royaume de la flambe. C'est des personnes qui ne savent pas s'organiser au quotidien. Dès qu'ils ont de l'argent, ils vont claquer ça dans la sape. » Et puis après, tu vois, je me dis... Je trouve ça magnifique, en fait, des personnes qui se la butent dans des passions comme ça. C'est vrai que tu peux dire que c'est assez futile, la sape, mais je trouvais ça exceptionnel. Et c'était... C'est comme je pourrais parler de vélo des heures et des heures et des heures. Eux, c'était la sape et c'était la sape, la sape, la sape. Donc, j'ai trouvé ça aussi incroyable.
LoïcExcellent. S'il y en a qui ne parlent pas forcément, la sapologie, allez regarder sur le compte Insta, le lien est en description de l'épisode. J'avoue que c'est passionnant. En fait, quand tu vois des gens passionnés comme ça, c'est toujours intéressant. Même si moi, ça ne me parle pas plus que ça. Je dois avoir des t-shirts qui ont en moyenne 4 ans d'âge que je ne renouvelle jamais. La démarche ne me parle pas plus que ça, mais je trouve que c'est ultra intéressant à regarder parce qu'ils sont passionnants et passionnés. Être à leur contact, ça a dû être assez marrant, j'avoue. Et du coup, tu as continué à rouler en mode sapé ou quand même pas ?
ThéotimeEst-ce que tu sais ce que ça veut dire, sapé
Loïc?
ThéotimeS-A-P-E. Non. C'est la société des ambianceurs des personnes élégantes. Ça, je l'ai appris au Congo. C'est énorme. Et figure-toi que même, il y a un gars qui m'avait dit ça dans une vidéo parce que je faisais des petites interviews qui s'appelait Mwaka Tsunka, victime de la SAP. Et il m'avait dit que la SAP était un art congolais et que c'était inscrit à l'UNESCO. Je me suis dit, attends, c'est quoi ce délire
Loïc?
ThéotimeEt j'ai regardé. Bon, ce n'est pas inscrit à l'UNESCO, mais il y a des personnes qui défendent la SAP qui le portent, le portent, le portent, pour que ça soit inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Pour le moment, ce n'est pas encore le cas. Et pardon, c'était quoi ta question ensuite
Loïc? C'est de continuer à rouler en mode sapé,
Théotimetu vois. Ouais, en fait, j'ai... généralement, j'avais vraiment rien dans mes habits. Au début, j'avais deux t-shirts et un slip, un short. Je n'avais pas de cuissard. Je n'avais vraiment rien. Et donc, souvent, je tuais les habits. Et quand l'habit était mort, j'en rachetais. Parce qu'il faut savoir qu'en Afrique, tu as énormément d'habits qui sont envoyés et qui arrivent de l'Occident. Et c'est de la seconde main. Et généralement, c'est parce que tu vas donner… Les habits que tu donnes, généralement, finissent en Afrique. Ils sont vendus pour un euro pièce. Et Et sauf que tu as des habits absolument exceptionnels. Moi, je me souviens, j'ai acheté des habits de très grande marque pour 3 euros la chemise. Et donc, je n'ai pas gardé la sape parce que la sape était un peu encombrante. Mais en revanche, au Malawi, c'était sur le retour, c'est 2-3 pays avant d'arriver au Kenya. Au Malawi, je me suis dit que tu avais de la sape de partout. Je me suis dit qu'il fallait que ça ait un petit flot. Et donc, j'avais une chemisette. Non, j'avais une chemise. J'avais une chemise et j'avais... acheté une cravate avec trois lionnes qui buvaient dans un tu sais dans un fleuve et donc c'était vraiment le cliché mais de la cravate un peu chum des années 50 et qui en plus de ça représentait un peu le cliché de l'Afrique je m'étais dit c'est exactement ce qu'il me faut et voilà mais sinon pas
Loïctrop de sap jusqu'au sous-vêtement le calbut fafiz il est arrivé à quel moment en Afrique du Sud
Théotimeça
Loïc?
Théotimealors ouais donc ça pour le contexte pour le contexte là parce Parce que c'est vrai que parfois, je regarde les vidéos, je me dis, mais attends, mais le mec
a passé la frontière entre l'Afrique du Sud et la Namibie en slip. C'est un peu chelou de l'extérieur. Mais en gros, pour le contexte, c'est qu'en 2019, tu as l'Afrique du Sud qui gagne la Coupe du Monde de rugby et leur capitaine, Favre de Clercq, s'exhibe partout avec un slip aux couleurs de l'Afrique du Sud. Et donc, moi, je me suis dit, mais attends, mais exceptionnel, je vais essayer d'arriver en Afrique du Sud avec ce que je vois. ce slip-là. Et en Namibie, j'arrive à trouver un slip Fafiz, couleur de l'Afrique du Sud. Et donc là, je passe la frontière. Au début, j'essaye de passer la frontière et on me recale, on me dit « Non, tu ne peux pas le faire, c'est indécent, c'est de l'exhibitionnisme. » Et donc, j'arrive en Afrique du Sud un peu déçu, puis je raconte mon aventure à des personnes qui me disent « Mais attends, mais comment ça
Loïc?
ThéotimeOn t'a refusé que tu passes la frontière en slip alors que… » Oui, et aussi, ce que j'ai oublié de dire, c'est que j'avais conditionné ce passage à la frontière en slip à 5 500 euros obtenu contre la mycocytose. Donc en fait, j'étais obligé de le faire. J'avais promis qu'à 5 500 euros contre la mycocytose, je passais la frontière en slip. Et donc là, je leur dis ça et tout, ils me disent mais attends, mais non, non, non, tu dois le faire, tu dois le faire, tu dois le faire. Et en fait, ensuite, on retourne à la frontière avec ce couple de Sud-Africains et ils vont voir la personne, la responsable de la frontière et du fond, cet homme doit passer la frontière en slip. Et c'est là que je passe la frontière en slip avec le slip Fafiz. Et puis ensuite, j'arrive au cap de Bonne Espérance c'est pareil la photo en slip et puis ça a un peu marqué j'ai pu échanger après j'ai eu la chance de pouvoir échanger quelques messages avec Favre de Clerc donc là c'était trop bien mais même on devait faire ça c'était j'ai un peu le seum de ne pas l'avoir fait mais on devait faire un shooting photo ensemble en slip et en fait ça s'est pas fait parce que lui il avait une tournée en Nouvelle-Zélande parce qu'il jouait encore pour les Springbok donc l'équipe de rugby sud-africaine et donc en fait on n'a pas pu faire le shooting ensemble mais j'ai pu lui parler et puis je sais pas le gars a l'air trop sympa et c'est un peu comme si t'envoies un DM à Kylian Mbappé parce que Kylian Mbappé après la victoire de 2018 aurait été en slip bleu blanc rouge partout dès qu'il pouvait intervenir et qu'après toi 5 ans plus tard tu lui envoies un message et le mec te répond parce que t'as son slip t'as son slip au fesse donc j'ai trouvé que le gars était exceptionnel et bon j'aimerais beaucoup cool rencontrer mais une prochaine fois peut-être
Loïcà refaire du coup à refaire ouais faudrait y retourner mais j'ai envie de te dire maintenant que t'as fait Paris Afrique du Sud et avant ça Paris Cercle Polaire est-ce que le prochain c'est pas un lien entre tout ça Cap Nord et Cap de Bonne Espérance c'est-à-dire de faire une ligne et ouais je sais pas si tu le connais je suis un gars qui s'appelle ça Cycling About.
ThéotimeAh, mais bien sûr,
Loïcouais. Tu connais, ouais ? Il a annoncé ça il n'y a pas très longtemps. Il fait Cap Nord, Cap de bonne expérience. Cape to Cape. En
Théotimefait, pour le Cape to Cape, en vrai, j'y suis presque. Et en fait, c'était un peu mon objectif. Tu sais ce que je te disais
Loïc?
ThéotimeC'était de relier le Grand Nord au Grand Sud. Et si tu veux, je suis parti pour le cercle polaire. J'avais 17 ans et j'ai été piégé. J'ai été pris à court de temps pour aller toucher le Cap Nord. Donc, j'ai dû m'arrêter 400 km mètres avant le Cap Nord. Donc, en soi, il me manque juste 400 ou 500 kilomètres pour faire le Cape to Cape. Mais clairement, c'est dans le projet. Je ne me suis pas arrêté au Kenya. Au Kenya, je me suis retrouvé bloqué parce qu'après, c'était Soudan du Sud, Soudan ou sinon par le Moyen-Orient, Irak, Syrie. C'était bloqué. Donc, j'ai pris un avion pour la Turquie et je m'étais carrément dit en vrai, j'arrive à Istanbul, pourquoi pas
Loïc?
Théotimese taper une déter et faire un détour par le cercle polaire pour rentrer. Puis je me suis dit, bon, tu travailles 10 000 kilomètres, ça fait quand même 500 jours que tu es à vélo, tu es bientôt à sec, niveau thune, vas-y, ça serait une prochaine fois. Mais donc, clairement, un jour, je vais
Loïcle faire. Oui, et puis, là, ce n'était pas les mêmes pays au retour. Je ne pense pas que tu aurais été à 30 euros par jour dans des coins comme la Norvège, l'Allemagne, la Pologne et
Théotimecompagnie. Et surtout en hiver sentante.
LoïcOui. Ou tu n'as peut-être pas forcément... Tiens, d'ailleurs, question pour toi, parce que là, tente, tu l'as lâché à quel moment ? Tu étais déjà en Afrique ou c'était dès l'Espagne ?
ThéotimeJ'étais déjà très avancé en Afrique. Donc, c'était en Afrique de l'Ouest, mais c'est même l'Afrique australe. Donc, c'est en dessous de l'équateur. C'était en Namibie. Ah oui, d'accord. Et en fait, il y a un gars que je suivais sur Insta et sur YouTube qui s'appelle Bike Pakistan et qui a fait une vidéo exceptionnelle sur YouTube où il part de France jusqu'au Kazakhstan et Après, il voulait aller en Russie, mais il n'a pas pu y aller parce qu'il a été bloqué à la frontière. Enfin, bref. Et ce gars a traversé les plaines kazakhs en hiver, sans tente, sous du... moins 10 degrés. Et je me disais, mais attends, moi, ça me semble impossible de voyager sans tente. Et pendant tout le voyage, je réfléchissais à ça, l'abandonner, l'abandonner, l'abandonner. Puis ensuite, je me suis dit, allez, vas-y, Namibie, je tente de se faire sans la tente. Et donc, c'est à ce moment-là que je l'abandonne. C'est vrai que c'était parfois un peu compliqué, notamment Namibie, Afrique du Sud, parce que c'est de très grandes propriétés agricoles. Donc, tu te retrouves sans rien. Et en plus de ça, c'est grillagé. Et en plus de ça, c'était durant l'hiver. Donc, tu avais des vents très puissants qui montaient jusqu'à 50-60 km heure. Donc, en fait, j'étais obligé de toquer chez les gens. Mais l'avantage, c'est qu'il y avait une énorme hospitalité en Namibie, Afrique du Sud, que ça soit des Africaners, donc les blancs, ou des noirs sud-africains, ou des indiens, parce que c'est l'Afrique du Sud, on l'appelle la Rainbow Nation, parce que tu aurais toutes les couleurs de l'arc-en-ciel qui seraient représentées. Et donc, ça, c'est un un truc, franchement, j'étais très agréablement surpris en Afrique du Sud par l'hospitalité, parce que c'est quand même un pays où t'as un climat de peur qui règne. Tu le
Loïcsens ? Toi, tu l'as senti ?
ThéotimeAh mais de fou. Ah ouais
Loïc?
ThéotimeOuais, c'est saisissant. Déjà, c'est le premier pays avec le sud de la Namibie où t'arrives, chaque propriété, c'est du grillage, des barrières électrifiées, des chiens, des trucs comme ça, et tu te dis, mais attends, t'as l'impression qu'après avoir traversé l'Afrique, t'as l'impression que chacun vit dans une prison. Donc, c'est assez triste. Et puis même, les gens ont très peur. Par exemple, quand j'étais sur la côte ouest de l'Afrique du Sud, on m'avait dit, là, si tu vas sur l'est, surtout, il n'y va pas à vélo. Même en bus, essaye de trouver un convoi parce que les gens vont te découper. Les gens vont te découper, ils vont t'arrêter et tu vas finir à la machette dans une glacière. Et j'étais là, mais c'est quoi ce délire
Loïc?
ThéotimeEt finalement, en avançant, je me disais, c'est juste une peur qu'eux projettent parce qu'ils n'y sont jamais allés. Ils et donc c'est vrai que quand tu regardes les faits divers en Afrique du Sud c'est très macabre, ça a énormément de violence liée aux inégalités aux drogues etc et à l'histoire et finalement j'ai jamais été témoin ou victime de cette violence là mais aussi parce que je savais que c'était le pays le plus dangereux de mon voyage, clairement l'Afrique du Sud et donc la nuit jamais je foutais un orteil dehors et je faisais toujours gaffe un peu aux au truc de sécurité de base. Et ça m'est arrivé une fois de transgresser la règle, et je me suis dit, mais quel débile je suis. J'étais à... j'étais vers Port-Élisabeth et en fait je voulais je voulais faire quoi
Loïc?
Théotimeje voulais faire une journée de 300 km parce que j'avais un vent méga favorable et donc je m'étais dit vas-y aujourd'hui tu te fais 300 bornes sauf que ce que j'avais pas anticipé c'est qu'il y avait beaucoup plus de dénivelé que prévu il y avait 4000 de dénivelé le ratio est pas énorme mais chargé tu peux pas rouler à 30 km heure de moyenne et en fait je me retrouve je me retrouve à je me retrouve à 50 km de Port-Élisabeth il fait nuit il est 22h et je me dis bon bah là je dois dormir sauf que j'arrive en fait dans un dans un township donc c'est un bidonville et là tu sais je vois 3 mecs qui m'interpellent qui me font tu sais souvent pour t'interpeller ça te ça te chip un peu tu vois je vais pas le faire mais des mecs qui te sifflent et je me dis putain ça sent la merde tu vois ça sent la merde et en plus les gars ils avaient une bouteille à la main je me suis dit là qu'est-ce que tu fous et finalement je vois une personne qui se dirige vers une église et je l'interpelle et je lui dis est-ce que je peux dormir à l'église elle me dit mais non mais t'es trop con qu'est-ce que tu fous de nuit ici en tant que blanc viens dormir chez moi et en fait c'était donc une dame qui avait la cinquantaine et ensuite qui s'appelait Tabissa et Tabissa qui ensuite m'a hébergé chez elle et de là j'ai eu un moment on a passé en vrai une soirée exceptionnelle où elle me racontait un peu sa vie un peu l'histoire de l'Afrique du Sud. Et c'est vrai que là, je me suis dit, si je n'avais pas eu cet ange gardien, peut-être que j'aurais pu avoir de plus gros problèmes. Sauf que je n'ai jamais eu de problème parce que généralement, je faisais gaffe et les gens étaient très bien intentionnés par rapport aux personnes qui sont très mal intentionnées. Je pense qu'en Afrique du Sud, tu vas avoir vraiment une minorité, minorité, minorité. Mais bon, comme c'est d'une telle violence, c'est ce que tu entends. Mais donc... je pense pas que Tabissa écoute ce podcast mais merci Tabissa
Loïcde m'avoir accueilli ce soir là tu dirais qu'au fil du voyage t'arrivais à détecter un peu des signaux à lire les gens plus précisément t'as l'impression par rapport à cette notion tu vois de finalement de faire gaffe c'est intéressant ce que tu dis parce qu'il t'est rien arrivé mais d'un autre côté tu dis que voilà t'étais quand même vigilant et tu faisais pas non plus n'importe quoi à te trimballer avec ta caméra en pleine nuit au milieu des
Théotimetownships ouais je réfléchis je réfléchis Tu le vois souvent en regard. Ça, c'est un truc déjà... que j'ai appris en Afrique. Tu sais, en Afrique, en Europe, je ne sais pas, et j'ai l'impression de l'avoir repris, c'est marrant, c'est un peu paradoxal, mais tu sais, on a le regard un peu fuyant. C'est-à-dire, moi, quand je vais avoir un ace contact avec quelqu'un, j'ai plutôt tendance à tourner l'œil, tu vois, à ne pas regarder. Et là, justement, en Afrique, tout le monde te regarde et c'est normal, en fait. C'est complètement normal que les gens se regardent et tu sais qu'un regard soit maintenu, mais pendant 10 secondes et que rien ne soit dit. Et en fait, tu le voyais finalement en prêtant attention au regard et notamment à cette manière de te regarder tu pouvais deviner si c'était de la convoitise de la curiosité juste de la surprise de pourquoi est-ce qu'il y a un blanc et ça je pense que ça j'ai un peu appris à le laisser et après aussi un truc en fait si tu veux que j'ai évité durant mon voyage c'est que j'ai évité tous les trucs toutes les zones où il y avait un peu du vice C'est des zones de vice. Par exemple, l'alcool, c'était non. J'ai fait quelques entraves, mais généralement, c'est quand il y avait des personnes autour de moi de confiance. Les lieux de prostitution, les lieux où il y avait de la consommation de drogue, tout ça, j'essayais vraiment de limiter. Et c'est là où les gens sont le plus... hors de contrôle et donc où il peut se passer des dingueries mais tu vois par exemple je te disais éviter les lieux de prostitution parfois c'était compliqué parce que quand t'es dans des pays comme là c'était souvent en Tanzanie en fait les hôtels que tu payes 5 euros 10 euros c'est des hôtels qui sont pas prévus pour les touristes quand t'es dans la brousse c'est des hôtels qui sont des bordels littéralement et donc quand t'as pas de tente c'est parfois le seul endroit dans lequel tu peux dormir après là-bas bon je me suis jamais retrouvé vraiment plongé en Asakuri et même quand tu avais des personnes qui étaient Yves c'était plus de la curiosité de bon allez vas-y viens faire la fête et arrête avec ton vélo et de penser qu'à ça viens te détendre et j'étais tu sais le décalage en fait était tel les mecs ils étaient parfois à des années-lumière et puis moi j'étais tellement dans mon truc de vas-y je suis en mission contre la mycomicidose que je faisais pas forcément la fête à ce moment-là mais je pense que t'arrivais à le déceler par le regard et en évitant les zones les zones zones de vice ou les zones qui te sont vraiment déconseillées. Des zones de violence connues de tous. Tu as par exemple Johannesburg. Je n'y ai pas foutu un orteil parce qu'on m'a dit que c'était trop dangereux. Et c'est vrai que tu regardes l'Afrique du Sud, c'est là où tu as le plus d'agressions. Et comme c'est une ville extrêmement grande, tu as énormément de townships. C'est des zones à éviter. Mais globalement, les zones où tu avais le plus de violence, c'était les grandes villes et toutes les zones qui concentraient les inégalités. Et en fait, je pense que ce n'était pas tant la pauvreté qui créait les violences, c'était vraiment les inégalités. C'était avoir des très riches, des très pauvres, et cette distance, cet écart, et la violence apparaît d'autant, est encore plus puissante quand ces inégalités se côtoient. Et ça, je l'ai vu dans des capitales comme à Luanda, donc une ville en Angola qui vit sur le pétrole, où tu as des gros poissons, et à côté, tu as des personnes qui crèvent la dalle et ça donne lieu, en fait, à des violences extrêmes. Et tu vois, jamais j'ai eu cette situation, tu sais, un peu du cliché du mec dans la brousse qui va t'attaquer avec la machette. En vrai,
ça n'arrive pas. Ou du moins, je dis que ça n'arrive pas, ça ne m'est pas arrivé.
Loïcça a été quoi ton expérience de bikepacker de retour en Europe après avoir passé autant de temps en Afrique tu vois d'un point de vue culturel l'hospitalité l'accueil la place du cycliste la curiosité
ThéotimeC'était compliqué. C'était compliqué parce qu'il faut savoir que déjà, j'arrive, je prends un vol du Kenya jusqu'à Istanbul. Je le prends en janvier 2026. Et donc, j'arrive à Istanbul, il neige. Il fait moins 3 degrés. Je me dis, c'est quoi ce bazar
Loïc?
ThéotimeC'est quoi ce bordel
Loïc?
ThéotimeEt en plus de ça, la nuit tombe à 16h30. Et en plus de ça, je n'ai pas de tente. Je me dis, ça va être compliqué. donc finalement je suis vraiment dans un truc, allez mon gars tu traces, tu files, tu fonces, et donc après d'Istanbul je vais en Grèce, Grèce, enfin Turquie, Istanbul c'est en Turquie, Turquie, Grèce, hospitalité exceptionnelle, ensuite je vais en Macédoine du Nord, là je me tape une météo mais énorme, horrible, et je tombe parfois sur des personnes qui ont un peu peur de moi, parce que je fais quand même un peu schlag, tout trempé, etc. Et supplément, en fait, en Macédoine, t'as pas énormément de routes, et donc souvent t'as des routes, qui sont des routes normales, des grosses départementales, et qui d'un coup se transforment en autoroutes deux fois trois voies. Et donc ça m'est arrivé, tu vois, deux fois, de me retrouver sur l'autoroute, et de nuit, parce que c'était 16h30 passé, et avec des poids lourds, qui en plus se dépassent parfois, donc tu te retrouves et il n'y a pas toujours de bande d'arrêt d'urgence. Et là, je pense que j'ai eu peut-être les plus grosses peurs bleues de mon voyage sur les routes, en Macédoine. Et c'est la seule fois de mon voyage où j'ai appelé la police pour qu'ils viennent me chercher. Parce que c'était vraiment trop dangereux. Donc ça, assez compliqué. Et en fait, le plus frustrant dans tout ça, c'est que c'était je ne pouvais pas l'anticiper. Je demandais à des gens et ils me disaient « ça passe, ça passe, ça passe ». Sauf qu'en fait, les gens ne savent pas que les vélos ne vont pas forcément sur l'autoroute. Donc, après, j'arrive en Albanie. En Albanie, je fais 24 heures et je prends un bateau pour Paris, donc pour l'Italie. Et l'Italie, ça signe le grand retour dans un pays latin. Et en plus de ça, un pays catholique. Et en tant que catholique, je me présentais souvent comme pèlerin parce que j'estime que c'était une forme de pèlerinage. Et notamment, c'est un truc... Ça, c'était marrant parce qu'en Afrique, tout le monde pensait, en me voyant un blanc à vélo, avec en plus une croix, pensait que j'étais investi d'une grande mission
Loïcdivine.
ThéotimeTu sais que j'étais un messie, etc. Donc, tout le monde m'hébergeait d'une manière exceptionnelle. Mais j'essayais quand même toujours de ne pas gratter l'hospitalité, d'avoir toujours quelque chose à offrir en échange. Donc, parfois, j'avais toujours des objets. des souvenirs que je transportais, que je donnais pour que les gens se souviennent de mon passage ou sinon de se payer un resto ou des choses comme ça parce que ça me faisait plaisir de pas juste être le mec qui vient gratter un lit mais en plus de ça on partage un repas et en Italie tu vois pour le coup j'ai quelques j'ai beaucoup d'églises qui m'ont très bien accueilli mais aussi beaucoup d'églises et de particuliers qui avaient trop peur et en fait ça c'est une phrase qui m'avait marqué où en fait la plus grosse situation d'insécurité que j'ai eu en Italie, c'était vers Bari, mais c'était dans un petit village qui s'appelait Popoli, dans les montagnes vers les Abruzes. Et en fait, il se trouve que tous les hôtels étaient complets dans ce village-là parce qu'il y avait un festival. Et donc, je vais dormir dans une station de train et là, il y a un gars sous craque qui veut me raqueter. Donc, je me dis, bon, là, c'est la merde. Donc, il est 22h, je plie le camp et je vais dans la rue pour demander l'hospitalité au bon samaritain, à la personne qui passe, qui est juste de passage. Et bon, finalement, il se trouve que cette personne-là ne m'héberge pas, mais elle me dit « je suis policier, donc tu sais quoi, on va confronter le mec ». Donc finalement, on va confronter le gars, mais le résultat est qu'à 1h du matin, je n'ai aucun endroit où dormir. Donc je demande à quelques personnes et tout, mais bon, à 1h du matin, il n'y a plus personne. Et donc c'est la seule fois où j'ai dû dormir dans la rue parce que je n'avais pas trouvé d'endroit où dormir. Et donc la seule fois, c'était en Italie. Et c'est vrai que je me suis dit « mais en fait… » Le retour est cru, en fait. Le retour à la société individualiste dans laquelle on vit est cru. Et donc, je me suis dit, bon, vas-y. En fait, le lendemain, je me suis dit, je vais forcer le destin. Et donc, j'ai demandé. Enfin, je demandais aux gens, je demandais aux gens, je demandais aux gens. Et la première réaction qu'on me dit, c'était non, ici, les gens ne se fient pas. Et voulant dire que nous, on ne t'héberge pas, mais personne ne t'hébergera. Et finalement, j'ai tellement provoqué la chance qu'au bout de la 10 ou ta cinquième demande. Tu sais, tu essayes d'abord de lire un contact, etc. Finalement, ça marche. Mais j'ai trouvé que c'était beaucoup plus compliqué qu'en Afrique. Et puis après, finalement, j'arrive en France. Je me dis, attends, mais... Je serais trop triste d'avoir... de retrouver mon pays, finalement, de voir que je ne suis même pas le bienvenu dans ce pays-là. En France, j'avais la chance d'avoir beaucoup d'amis sur la route. Et puis après, les quelques personnes auxquelles je parlais... il y a beaucoup de personnes qui me proposaient l'hospitalité, etc. Donc, j'étais finalement pas trop déçu de mon propre pays. Mais c'est vrai que c'est incomparable par rapport aux pays qui précédaient. Tu vois, par exemple, les orthodoxes en Grèce, c'était exceptionnel. Et puis, tous les pays de manière générale en Afrique. Il n'y a pas eu de pays où j'étais jamais le bienvenu.
LoïcC'est vraiment paradoxal, étonnant, ce sujet de l'accueil de l'hospitalité en Europe. On en parlait, j'ai eu une invité qui s'appelle Émilie Poudrou qui a fait deux épisodes ensemble. La première fois, on avait parlé de sa traversée de l'Afrique sud-nord en deux fois six mois de mémoire. Elle est revenue là en début d'année. Elle a refait une traversée sur 9000 kilomètres en un peu plus de six mois de mémoire à travers le Maroc, le Sahara occidental, la Mauritanie, etc. On parlait de ça, de la queue et elle disait que pour elle, le big boss du bikepacking, c'est l'Europe. C'est ultra dur de faire du bikepacking un peu au long cours en comptant sur l'accueil des uns des autres. C'est beaucoup plus dur de le faire en Europe qu'en Afrique en particulier.
ThéotimeJe suis d'accord avec Emilia à 100%. C'est vrai qu'en plus, on suivait, mais de mémoire, on allait dans les directions opposées. Je voyais un peu ce qu'elle faisait sur Instagram j'ai adoré suivre son aventure et je la rejoins complètement c'est que je trouve que en fait le plus compliqué dans une aventure à vélo je trouve que c'est pas tant les routes c'est pas tant le climat c'est vraiment de quoi est fait ton quotidien et ce qui vient briser finalement ce quotidien là à savoir la rencontre et les fois moi je voyage en Europe je trouve que psychologiquement à vélo c'est le plus dur parce que t'es dans ta bulle et quand tu veux sortir de cette bulle là tu galères à en sortir parce que l'échange est plus compliqué. Et je me disais ça, je me disais, si j'avais dû faire 500 jours autour de l'Europe à vélo, je pense que je n'aurais pas pu le faire. Alors qu'en Afrique, les journées s'enchaînaient de manière si fluide que ça en était très agréable.
LoïcTu es remonté, une fois que tu étais en France, c'est la Via Rona que tu as suivi ? Je vois ta trace, la trace un peu grosse, en tout cas très zoom out parce parce qu'il y a la trace intégrale, mais j'ai l'impression que ça correspondrait à de la Via Rona un peu, ce que tu as fait, non ?
ThéotimeEn France
Loïc?
ThéotimePas tout à fait, parce qu'en fait, justement, j'essaye de m'écarter de ces itinéraires cyclables pour plusieurs raisons. C'est que généralement, c'est des itinéraires qui sont très plats, donc très monotones, je trouve. Donc ça, c'était la première raison. Deuxième raison, c'est que j'avais énormément d'amis en chemin. En fait, je voulais faire un tour de France des copains sur mon retour. Et la troisième raison, c'est qu'en fait, Via Rona, tu as énormément de vent sur la Vierrona. Ce n'est pas très agréable. J'ai fait en France mon tour de France des potes. J'y suis allé en détente. De Menton jusqu'à Paris, j'ai mis 21 jours.
C'était vraiment l'occasion de faire des tours sur des tours. Dès que j'avais un message d'un ami qui me disait « Vas-y, viens me voir ici », j'allais le voir. C'était
Loïcexceptionnel. C'est énorme. L'arrivée, est-ce que tu peux nous parler de cette arrivée à Paris ? Merci.
ThéotimeDéjà, j'étais parti le 12 octobre 2024 de la place du Panthéon à Paris parce que j'avais un ami qui était lui-même parti et revenu d'un voyage à vélo de la place du Panthéon. Je trouvais que c'était une belle manière de reprendre son voyage. Et tu vois, c'est ce que je te disais, c'est que jamais j'avais pensé faire le retour à vélo et donc jamais j'avais projeté une arrivée à la place du Panthéon. Et cette arrivée me laisse encore sans en mots, c'est que j'ai eu la chance d'avoir une trentaine de personnes qui m'avaient rejoint sur la dernière journée. Donc, on était une trentaine de vélos. Je me revois devant et j'arrive au loin, en montant de mémoire, c'est la rue Soufflot. Donc, c'était face au Panthéon. Et là, je vois une mare de monde. J'ai vraiment l'impression qu'il y a 10 000 personnes. J'ai l'impression que j'ai rempli mon stade de France. J'ai rempli mon stade de France. Et là, je me dis, c'est quoi ce délire
Loïc?
ThéotimeEt là, je pédale. Et tu sais, j'ai la sensation d'avoir, je ne sais pas, d'être pris un peu de vertige, le cœur qui palpite, le cœur qui bavite, un peu... D'être dans un rêve qui m'échappe. Et puis ensuite, j'arrive et des banderoles, des embrassades, les premières personnes que je prends dans mes bras sont mes grands-parents et mes parents. Et puis c'est un souvenir indélébile je suis très reconnaissant d'avoir eu autant de personnes qui se sont déplacées pour me retrouver d'avoir eu autant de magnifiques banderoles et de voir Ça, c'est un truc qui m'inquiétait. Tu pars pendant deux ans. Je suis parti pendant un an et demi. Tu te dis, est-ce que les gens se souviennent de toi
Loïc?
ThéotimeEst-ce qu'ils ne t'ont pas effacé de leur mémoire
Loïc?
ThéotimeOn ne m'a pas oublié. J'avais l'impression d'être attendu. Je trouvais que c'était vachement touchant. touchant d'avoir une telle arrivée. C'était exceptionnel.
LoïcLa mucoviscidose, du coup, si on résume un petit peu ce que tu as réussi à réaliser, en tout cas, la manière dont tu as fait parler de cette cause à travers ces 33 000 kilomètres et 525, tu disais, jours de voyage. Ça a été quoi en termes de levée, de sensibilisation ? Qu'est-ce que tu dirais que tu as réussi à accomplir ?
ThéotimeDéjà, j'étais très fier de réussir à remobiliser une nouvelle fois des personnes qui me soutenaient sur le sujet de la mycoïcidose, parce que c'est un sujet qui ça fait 7 ans que je me mobilise contre la mycoïcidose, donc il pourrait y avoir un essoufflement. C'est pour ça que j'ai essayé de faire des défis et franchement, parfois des défis de fou. Par exemple, et je galérais à mobiliser sur ces défis. Par exemple, j'ai établi la record, la plus longue distance jamais parcourue à vélo en babouche dans le Sahara, avec une journée à 180 kilomètres. Et dis-toi que je l'avais conditionné à 100 euros contre la mycocytose. Et ça, je peinais. J'ai galéré à les avoir, ces 100 euros. Alors que le défi, quand même, moi, je trouve qu'il est marrant. Et donc, voir qu'ensuite, j'ai réussi à atteindre, je crois qu'on est aujourd'hui à un peu plus de 12 000 euros contre la mycocytose. Voir que par la suite, j'ai réussi à mobiliser des personnes qui soutenaient déjà le projet, mais aussi mobiliser des personnes qui n'étaient pas forcément sensibles à la cause. C'est quelque chose qui me rend très fier et j'ai eu la chance d'avoir beaucoup de personnes qui sont abonnées durant le voyage et qui ont soutenu ce projet-là et des personnes qui venaient un peu de partout dans le monde. Beaucoup de personnes d'Afrique du Sud et puis bien sûr, beaucoup de personnes en France. Donc ça, sur le volet financier, je suis très fier. Après, il y a aussi le volet mobilisation des personnes dont je te parlais et après, le dernier volet, c'était un peu la communication. J'essayais souvent de faire des sujets de faire des carousels où je parlais un peu de la mycobicidose et puis pareil durant mon retour l'idée c'était pas que de faire le tour de France des potes mais aussi de faire le tour des CHU de France donc passer par le CHU de Marseille le CHU de Lyon le CHU de Nice pour parler de la mycobicidose parler des perspectives de l'accompagnement et puis en fait voir directement les actions concrètes qui étaient réalisées par vaincre la mycobicidose donc vaincre qui est l'association pour laquelle je levais des fonds donc en fait les fonds que je levais n'allaient jamais dans ma poche c'était directement pour une association et donc voir l'action concrète de vaincre la mycoïcidose moi ça m'a je me suis dit bah en fait voilà c'est pour ça que je fais ça c'est des personnes des personnes médicales qui disent bon bah là on a pu recruter grâce à vaincre la mycoïcidose une nouvelle personne en activité physique adaptée un nouveau psychologue et donc que les personnes qui souffrent de la mycoïcidose soient prise en charge, accompagnée. Et ça, je pense que c'est la chose qui me rend le plus fier.
LoïcExcellent. Est-ce que tu as déjà un projet en tête ? Enfin déjà, avant ça, est-ce que tu dirais que tu es redescendu déjà de ce voyage, que tu es dans la phase vraiment de digestion avancée, que tu arrives à prendre du recul sur tout ce que tu as pu vivre ? Parce que c'est quand même une parenthèse de vie assez longue et intense d'un point de vue changement d'environnement, expérience différente de notre quotidien en Europe, etc.
ThéotimeJe pense qu'en fait, les deux questions, la question que tu lançais et la question que tu viens de poser de
poser son lié. Et tu vois, quand j'étais allé au Cercle Polaire, j'avais 17 ans. J'étais en vrai... J'avais jamais vraiment fait de vélo, à part quelques sorties. Et le retour, j'ai eu une redescente, mais monumental. C'était vraiment une dépression, mais c'était chimique. J'avais sécrété tellement d'endorphines, de dopamine, de tout, que le cerveau s'était éteint. Je reviens, je suis éteint. Ce retour à vélo, c'était aussi pour éviter la brutalité d'une aventure que je l'ai faite sur... Disons que je fais Paris-Afrique du Sud en 11 mois et finalement, le retour, je le balaye en 11 heures, un coup d'avion, Harry roissy Charles de Gaulle la violence je me suis dit non mais ça c'est impossible donc pendant tout le voyage en fait je pensais au retour et aux manières d'avoir un atterrissage un peu en vrai agréable et ça s'est passé par dès l'Afrique du Sud regarder l'étape donc j'ai commencé à regarder l'étape j'ai envoyé des candidatures c'est d'ailleurs pour ça que j'avais acheté une chemise je ne mettais pas la cravate avec les lionnes mais j'avais quand même ma chemise et je passais mes entretiens et puis ensuite j'avais aussi une course qui était prévue en avril c'était la Desertus Bycuse donc j'avais quand même une petite deadline et ça ça m'a permis d'éviter la brutalité du retour et si tu veux je pense que c'est pas tant l'arrivée qui est compliquée c'est les 3-4 semaines qui suivent l'arrivée parce que quand t'arrives t'es dans une période d'euphorie ça fait 500 jours que t'as vu personne tu revois tes proches tu prends des tu vas au bar tu te régales tu rigoles etc Et puis, c'est ensuite que vient la gueule de bois. C'est après les 3-4 semaines. Et donc, en fait, je n'ai pas eu cette gueule de bois liée au voyage du fait de Déjà du métier que je commence en juillet. Et aussi, là, je travaille sur l'après, sur comment partager cette aventure, comment transmettre cette aventure. Parce que j'estime qu'Insta, c'est un format qui est très éphémère et un format qui est très... Je ne suis pas sûr que tu aies vraiment un impact sur Instagram. Du moins, quand tu partages une aventure comme ça, je ne sais pas si tu as vraiment un impact. Du moins, si moi, je saurais avoir un impact, parce que je pense qu'il y en a qui peuvent l'avoir, mais moi, je ne suis pas forcément le meilleur pour toucher là-dedans. Et donc là, je travaille sur... un film et sur un livre. Et je pense que c'est vraiment un peu mon parachute pour atterrir doucement et pas juste sauter de l'avion et contre le
Loïcsol. Cette phase, je te pose la question parce que je n'ai jamais vécu de longues aventures comme toi, mais c'est quand même quelque chose qui revient assez souvent avec les invités que je reçois sur le podcast, notamment Rémi Camus en particulier qui est un habitué du podcast maintenant et qui en parle systématiquement. Tu vois que les aventures, les défis, tu as une phase d'avant, une phase de l'aventure elle-même et puis la phase d'après qu'on oublie trop souvent mais qui est quand même ultra importante pour soi par rapport au message qu'on veut véhiculer, etc. Intéressant de voir qu'il y a quelque chose qui arrive du coup tu nous tiendras au courant avec grand plaisir la Desertus t'es arrivé est-ce que c'était possible d'avoir le meilleur prépa pour la Desertus Bicus que ce que t'as
Théotimefait
Loïc?
Théotimeouais ah ouais tu crois
Loïc?
Théotimedéjà je j'étais que en zone 1 zone 2 bon tu me diras Pogacar te dira qu'il fait que de la zone 1 et zone 2 pour s'entraîner mais bon sa zone 1 et sa zone 2 ne sont pas les mêmes que les miennes et tu vois en fait je moulinais constamment et tu sais j'avançais très doucement jamais j'ai fait de fractionner jamais fait des choses comme ça et puis au delà de ça au retour tu sais je l'oubliais mais il y a quand même une redescente il y a quand même une redescente je tombe malade genre le corps qui dit stop et en fait je me dis mais attends mais je suis complètement cramé je suis complètement grillé pour la Desertus je pensais revenir avec des cuisses de feu et avec vraiment des le meilleur chrono que Donc... que je puisse enregistrer de toute ma vie et finalement je me dis mais non je suis complètement cramé donc j'ai dû me reposer plus que m'entraîner avant la Desertius et puis après j'ai fait des choix un peu concons sur la Desertius j'ai pas eu de chance avec après ça ça fait partie des courses c'est que t'as toujours le facteur chance et j'ai eu 13 crevaisons sur la Desertius donc une course de 1300 km donc ça veut quand même dire une crevaison tous les 100 km pour des pneus que j'avais acheté 100 balles pièce ça m'a foutu un peu le seum mais Et en plus de ça, en fait, je voulais faire tapis. Et j'ai fait tapis. Sauf que j'ai perdu. J'ai fait tapis en ne prenant rien pour dormir. J'avais une couverture de survie. Et donc vraiment, tu sais, j'arrive sur la ligne de départ et je me dis, soit je suis un génie, soit je suis le plus gros débile de cette course. Et je pense que j'ai eu la réponse, notamment dans un bled en Espagne, Rodar. Il faisait 14 degrés. Je dors sur une pelouse qui était mouillée du fait de la rosée. Et j'avais quand même un bivy bag. J'avais quand même un bivy bag, mais sauf que je l'avais perdu. Le baby-back est une couverture de survie renforcée et j'ai réussi à le perdre. Et donc là, je me retrouve à dormir à l'extérieur sous 14 degrés et je claque des dents, j'ai des spasmes, je passe en vrai la pire nuit de ma vie. Et en fait, je me relève, mais limite, je mets deux minutes à me relever où d'abord, je me mets à quatre pattes puis ensuite, tranquillement, je viens remonter les bras et puis petit à petit, je me réchauffe mais... des mecs qui me dépassaient là ils me disaient mais enfin qu'est-ce qui se passe là on tourne à 60 watts de moyenne enfin 60 watts c'est quand même t'es cramé donc j'étais complètement cramé je suis très content d'avoir fait ça d'avoir tenté le pari du tapis mais en tout cas je sais que je suis pas bon dans le tapis je suis pas bon au poker donc j'allais pas être bon sur
Loïcle tapis excellent bah écoute Théotime franchement un immense merci c'était ultra intéressant ça donne enfin moi ça m'a clairement donné envie de partir voyager. Peut-être pas d'un coup sur 525 jours et 33 000 kilomètres, mais vraiment un magnifique voyage. Est-ce que toi, il y a un dernier message que tu voudrais faire passer en guise de conclusion après tout ce qu'on s'est dit ?
ThéotimeLà, c'est un peu conclure sur ce que tu viens de dire. Pas sûr de partir sur 525 jours. Je me souviens très bien. Je m'étais dit, je pars entre 3 mois et 3 ans et finalement j'ai trouvé que le plus dur dans ce voyage là c'était de partir, c'est prendre la décision de je me barre prendre la décision d'avoir une direction qui est complètement différente de la direction que tu prévoyais depuis des années parce que j'avais fait des études, j'avais pas mal charbonné dans le cadre de mes études puis j'avais ensuite atteint l'emploi dont je rêvais et puis une fois ça atteint je fais que un an et je me dis bah vas-y je me casse Et c'est vrai que c'est un peu vertigineux. Et le fait de partir, j'ai trouvé que c'était la décision la plus dure à prendre. Mais une fois que tu es lancé, juste laisse-toi porter. Et si tu pars pour cinq jours en bikepacking, très bien. Puis si tu pars pour cinq ans, très bien aussi. Donc, juste tenter. Tenter la petite aventure. Peut-être faire des petits week-ends d'abord à droite à gauche et puis une fois se dire « Bon, allez, je me laisse trois mois.
Loïc»
Théotimeje me laisse deux mois, voyons voir où je vais, et puis se laisser porter par la rencontre, par la découverte, et ne pas trop se mettre la pression, parce que moi-même venant de l'ultra, je me disais au début peut-être, il faut borner, il faut borner, il faut borner, pas forcément, pas de destination ambitieuse, pas d'étape, pas de réservation d'hôtel, etc., juste partir tranquillement comme ça, et une fois que tu as pris cette décision, ton élan, tu ne regretteras jamais d'être parti.
LoïcExcellent. Super message. Merci une fois de plus, Théotime. S'il y en a qui veulent te suivre, du coup, le mieux, pour le moment, c'est Insta, le temps qu'il y ait d'autres choses qui arrivent.
ThéotimeExactement. C'est ça. C'est mon nom, mon prénom, théotime.masso. Et je vais essayer de repartager du contenu aussi un peu sur le voyage à vélo et notamment des trucs un peu de conseils du fait de l'expérience de 500 jours en Afrique, de ce que je ferai, ce que je ne referai pas. Et donc, je pense que je vais essayer maintenant d'inspirer aussi des gens à partir, à prendre leur élan, parce que moi, il y a aussi beaucoup de personnes qui m'ont inspiré. Je parlais tout à l'heure de Paul, Back Pakistan, Paul Doty, qui avait fait une vidéo exceptionnelle sur YouTube. Et je pense que maintenant, si je peux essayer, j'essaye d'inspirer à mon tour.
LoïcTrop bien. Génial. Merci beaucoup, Théo Thiem. Je te dis, écoute, j'espère en tout cas à bientôt pour le du prochain gros défi qui arrive. Il y en aura forcément un ou de la sortie d'un livre ou peu importe. En tout cas, c'était vraiment un grand plaisir. Merci beaucoup d'avoir pris le temps de venir nous partager ton parcours et cette aventure en particulier au micro des
ThéotimeFrappés. Merci Loïc pour ce temps d'échange. C'était un plaisir. La bise à tout le monde et je vous souhaite une très bonne journée.