De toute façon, pendant ces 10 minutes-là, j'étais tout sauf résilient, mais j'ai vraiment absorbé le choc. Et puis, une fois qu'il était absorbé, que la blessure était là, il fallait se dire, maintenant, qu'est-ce que je fais
UNKNOWN?
SPEAKER_03Est-ce que je passe trois mois à me morfondre
UNKNOWN?
SPEAKER_03Ou est-ce que je passe trois mois à me dire, quels sont les points que je n'ai jamais eu le temps de travailler
UNKNOWN?
SPEAKER_03Et enfin, je vais pouvoir prendre le temps de le faire.
SPEAKER_00Bien,
SPEAKER_03bonjour
SPEAKER_00Jonathan. Bonjour Loïc. Bienvenue sur le podcast Les Frappés. Je suis très heureux de t'accueillir aujourd'hui pour cet épisode. J'ai vraiment hâte que tu nous partages ton parcours atypique de sportif de haut niveau, en rugby à 7 en plus, qui pourrait te naître un sport que je connais peu, donc je suis impatient d'en entendre plus à son sujet avec toi. Et donc en parallèle de cette carrière de haut niveau, des études dans le supérieur et une très bonne nouvelle récente dont tu pourras nous parler aussi. Donc voilà, encore une fois, bienvenue sur le podcast.
SPEAKER_03Super, merci à toi et merci de mettre de la visibilité sur ce sport encore un petit peu confidentiel aux yeux de tous, qu'est le rugby A7, bien qu'avec les Jeux Olympiques de Rio auxquels on a participé et ceux de Tokyo en 2021, qu'on va, je croise les doigts, gagner et jouer. Ça devrait monter encore en flèche, mais en tout cas, merci pour ce coup de projecteur.
SPEAKER_00Avec grand plaisir. Ce que je te propose, c'est peut-être de commencer par te présenter. Qui est Jonathan
SPEAKER_03Logel
UNKNOWN?
SPEAKER_03En quelques mots j'ai 27 ans aujourd'hui ça fait depuis maintenant une belle quinzaine d'années que je fais du rugby j'ai initialement commencé au rugby A15 dans un petit club du côté d'Anguin-les-Bains et par la suite j'ai évolué au Racing Métro jusqu'en Espoir où j'ai eu l'opportunité soit de continuer avec le Racing en Espoir ou soit de me diriger vers une carrière de rugbyman professionnel avec l'équipe de France de rugby A7 puisque pour les auditeurs les moins avertis et les moins connaisseurs de ce sport aujourd'hui il n'y a pas de club de rugby A7 il y a uniquement une sélection actionnale avec laquelle nous sommes sous contrat et donc voilà de fil en aiguille je suis arrivé maintenant à ma 9ème année de contrat avec l'équipe de France de rugby A7 j'ai eu la chance de jouer avec celle-ci plus de 65 tournois de réaliser d'avoir un palmarès compris de quart de finale de jeux olympiques de coupe du monde double champion d'Europe et l'ambition est bien sûr d'aller décrocher l'or maintenant à Tokyo et en parallèle de ça j'ai un master 2 à l'école de management de Grenoble à Grenoble École de Management. Et j'ai travaillé pendant un an et demi chez Capgemini. Et là, l'objectif, ça va être, dès début octobre, de renchaîner sur une autre activité, toujours dans la partie consulting en transport digital, en remote, avec une autre entreprise qu'on pourra évoquer par la suite. Mais pour le moment, tant que rien n'est encore bien arrêté, je
SPEAKER_00préfère... Oui, oui, oui.
SPEAKER_03Gardez ça
SPEAKER_00pour moi. C'est noté. En tout cas, bravo pour ce parcours. Génial de voir que tu as réussi à allier les deux. Études dans le supérieur, sport de haut niveau. La première question que j'ai envie de te poser, c'est qu'est-ce que tu pourrais nous dire sur le rugby à 7
UNKNOWN?
SPEAKER_00Au-delà du nombre de joueurs, c'est quoi les grosses différences avec le rugby à 15
UNKNOWN?
SPEAKER_03Déjà, quand on parle de rugby à 7, certaines personnes ne pensent pas directement au nombre de joueurs par l'évocation du terme 7 mais parfois pensent à la ville donc c'est vrai que ça m'est déjà arrivé que quand on parle de rugby à 7 certains me disent ah bah c'est super 7 c'est une belle ville bon voilà blague à part ce qui arrive quand même assez rarement mais ça arrive le rugby à 7 bah hormis le nombre de joueurs où nous en effet on est 7 contre 7 5 remplaçants un match sur 14 minutes et donc c'est le cumul de demi temps de 7 minutes avec 1 minute 30 entre les groupes donc oui en effet waouh parce que ça va vraiment à 10 000 plus que le Globalement, c'est un sport qui, au niveau compétitif, s'organise autour d'un championnat mondial long de 10 étapes, entre en général décembre et juin, on traverse le monde entier, et durant ces 10 étapes, il y a 16 équipes qui s'affrontent les unes contre les autres, dont l'équipe de France fait partie. Donc voilà, on passe nos week-ends sur les terrains du monde entier pour jouer au rugby à 7, et sport super super exigeant, olympique en 2016, et qu'il sera tout au moins jusqu'en 2021, c'est sûr, et
SPEAKER_002024, je crois que c'est bon. Génial. Génial. Mais du coup, il y a une fédération internationale, j'imagine
UNKNOWN?
SPEAKER_03Alors, aujourd'hui, le rugby A7 sur le territoire français, il est rassemblé avec le rugby A15, sous le couvert de la Fédération Française de Rugby, qui est à la baguette, c'est deux rugby, qui organise ces deux rugby, et ensuite, au niveau mondial, de la même façon, il y a une fédération mondiale de rugby qui s'appelle l'IRB, International Rugby qui organise les championnats mondiaux de rugby A7 tout autant que les championnats mondiaux par exemple ou les championnats de rugby A15 mais oui en effet nous dépendons d'une fédération mondiale qui a vocation aussi à organiser le rugby
SPEAKER_00A15 Ok, d'accord j'avais pas forcément en tête la durée hyper courte, enfin en tout cas par rapport au rugby A15 des matchs, du coup j'imagine que le terrain c'est pas non plus les mêmes
SPEAKER_03dimensions
UNKNOWN?
SPEAKER_03Alors si ce sont exactement les mêmes dimensions donc ça cavale énormément il y a en moyenne 6 à 7 essais par match donc ce qui fait en fait quasiment un essai toutes les 1 minute 30 avec le temps de jeu effectif donc c'est vraiment hyper intense et en fait la dimension et les vraies différences avec le rugby à 15 c'est qu'aujourd'hui nous on va être réellement dans un sport dans un rugby où on va chercher l'espace puisque que à 7 contre 7 ça serait une aberration d'aller foncer dans le mur à chaque fois qu'on en a l'opportunité mais l'objectif ça va toujours être de le contourner et donc on va voir au rugby à 7 énormément de crochets énormément de porteurs de balles qui créent des incertitudes dans la défense beaucoup de beaux mouvements beaucoup de beaux gestes donc ça va être un peu plus spectaculaire finalement et aussi peut-être plus d'une certaine manière télévisuel et ouvert à
SPEAKER_00tous Ok et toi ton poste du coup dans cette équipe
UNKNOWN?
SPEAKER_03et moi mon poste dans cette équipe c'est pilier alors ce qui est assez paradoxal notamment pour les connaisseurs de rugby à 15 puisque je suis un pilier grand d'1m93 qui fait une centaine de kilos et habituellement les piliers au rugby à 15 sont dans des proportions bien différentes plutôt petits et bien plus gaillards donc voilà malgré tout je suis quand même pilier et ce rôle là au rugby à 7 qu'est-ce qu'il veut dire il a plusieurs dominantes notamment une dominante combat donc moi mon objectif c'est de faire avancer l'équipe et ensuite il a également une dominante aérienne étant donné comme je te le disais qu'il y a 6 à 7 essais par match il y a de fait 6 à 7 coups d'envoi par match et aujourd'hui gagner l'ensemble de ces nombreuses remises en jeu faites par le pied et les coups d'envoi c'est une vraie force pour l'équipe donc voilà une grosse part donnée au jeu aérien qui aujourd'hui est que je dois assumer
SPEAKER_00D'accord. J'ai relevé dans ta réponse la partie compatibilité. Tu sais, sur ce podcast, on en a parlé, mais mes thématiques favorites, c'est justement la détermination, la résilience, le dépassement. À quoi ça ressemble, Jonathan, sur le terrain, quand il est dans cet état d'esprit
SPEAKER_03combat
UNKNOWN? Écoute,
SPEAKER_03Par combat, j'entends vraiment la capacité d'un joueur à rassembler 1, 2, 3 joueurs autour de lui lorsqu'il porte la balle. Donc en fait, moi, l'objectif, ça va vraiment être de faire avancer mon équipe et de créer des équilibres pour les joueurs plus rapides. Et donc, d'une certaine façon, pour y parvenir, pour faire en sorte qu'avant de tomber, je rassemble 2 ou 3 adversaires, il faut vraiment que je me transforme, mais que d'une certaine façon, je sois convaincu et affamé pour aller derrière la ligne faire avancer tout ce que je peux mon équipe et d'être dans un état d'esprit où je suis complètement transcendé par cet esprit combatif mais aussi et surtout par l'atteinte d'une performance maximale puisque le combat n'est qu'une clé pour parvenir à une performance donc voilà mon focus aujourd'hui sur le terrain c'est pas uniquement de combattre c'est aussi de courir c'est aussi d'éviter c'est aussi de sauter mais globalement voilà il faut il faut quand même être d'une
SPEAKER_00certaine façon assez enragé. Oui. Comment on se prépare à ça, du coup
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que c'est naturel
UNKNOWN?
SPEAKER_00J'imagine qu'il y a peut-être des tendances, mais pour être en équipe de France depuis, tu disais, neuf ans, c'est ça, sous contrat
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, voilà, c'est ça, semaine de l'année. J'imagine que c'est quelque chose que tu as dû apprendre à maîtriser et développer. Comment ça s'est passé
SPEAKER_03pour toi
UNKNOWN?
SPEAKER_03C'est vrai que c'est un travail réflexif qui est assez long, mais important également à réaliser puisque la performance elle est collective mais elle est également individuelle et chacun individuellement doit atteindre le maximum de son potentiel et faire en sorte de se donner au maximum de ce qu'il peut pour après l'apporter à l'équipe et faire en sorte que l'équipe puisse bénéficier justement de cette somme d'individualité au maximum mais ça suppose donc que la réussite d'une équipe est conditionnée par la préparation et l'accès à la performance de chacun des joueurs tout simplement parce qu'aujourd'hui si nous dans notre équipe tu en as 2 ou 3 qui rêvent ou qui ne sont pas investis à 100% de leur maximum c'est tout autant d'éléments qui vont potentiellement nous ralentir dans l'atteinte de l'objectif donc aujourd'hui il y a une vraie importance à être prêt mentalement pour atteindre son objectif et sa performance maximale et pour y parvenir en effet il y a des leviers que moi personnellement j'ai exploré que l'on a collectivement exploré avec le travail qu'on a réalisé depuis quelques temps avec un préparateur mental Mais oui, à titre individuel, je peux t'en parler un peu plus, mais j'ai quelques leviers sur lesquels je m'appuie pour atteindre ce niveau de performance maximale individuel qui, après, se reverse
SPEAKER_00vers l'équipe. Dis-nous tout. Donne-nous
SPEAKER_03les secrets. Bien entendu, les secrets s'appliquent à moi, mais c'est vraiment une construction personnelle. Aujourd'hui, mes secrets tournent autour de trois piliers. D'une part, ce qu'on pourrait appeler la confiance, la planification. D'autre part, une partie plus vivacité, corporelle, et enfin un aspect plutôt émotionnel et joie. Et donc si je reprends un peu dans l'ordre pour expliciter un peu plus ces termes, sur la partie confiance, planification, c'est vraiment l'idée pour moi avant chaque match, même sur la semaine qui précède le match, de me mettre dans un état où j'apprends le jeu des autres, où je me rassure sur moi, mes compétences, mes capacités, mes qualités, où je me vois faire finalement les mouvements, je me répète des étapes clés du type une fois que j'ai le ballon quel est l'enchaînement le plus naturel à réaliser le plus efficace à réaliser donc avancer mettre des raffus mettre de la fréquence donc c'est vraiment une somme d'enchaînement qui est indispensable pour avancer et pour m'introduire dans cette notion notamment de combat et donc d'avancer
SPEAKER_00c'est de la visualisation que tu fais alors oui voilà ça va être
SPEAKER_03essentiellement alors cette visualisation elle va arriver plus ou moins tard suivant la compétition c'est à dire que la semaine je visualise pas forcément beaucoup beaucoup, la semaine je suis plutôt en train de me nourrir, j'ingurgite de la matière je me nourris des bonnes images au travers de vidéos sur lesquelles j'ai joué et ensuite après en effet plus je me rapproche du match, plus c'est dans ma tête que je recrée ces environnements où je me vois réaliser le geste parfait qui va me permettre qui va me mettre dans la meilleure condition de confiance pour avoir le plus confiance en moi, ensuite après tu as ce deuxième élément que j'évoquais qui est plutôt relative à l'aspect corporel, vivacité, physique et donc là c'est ni plus ni moins à quelques minutes avant le coup d'envoi ou du moins avant l'arrivée dans le couloir des équipes de se mettre un petit peu en trance donc en hyperventilation avec un regard très vif et une attention portée à tous les mini détails pour que je sois réellement un peu dans ce qu'on appelle le flow c'est cet état où on surfe où ça y est on rentre dans l'esprit de la compétition du match, du jeu, de la performance je vis le moment présent et je m'ancre dans l'instant et pas dans la projection de mes actions ou dans la projection d'un résultat ou d'une pression, je vis le moment présent pour délivrer la performance lorsqu'il le faut et enfin le troisième point qui est plutôt attrait à la partie émotionnelle et joie, heureux plaisir on va dire c'est pour moi la capacité de se dire aujourd'hui je rentre sur un terrain quelque part c'est mon bureau et rentrer sur un bureau avec 40-50 000 personnes autour qui applaudissent alors demain ça sera certainement moins le cas avec les différentes restrictions mais en tout cas je rentre sur un terrain qui est une pelouse avec des mecs que j'adore pour jouer des tournois dans le monde entier avec une famille qui me regarde de près ou de loin et ça ça ne peut que me générer une joie immense et je n'ai aucune raison de me stresser pour un enjeu qui est certes important mais qui au final peut paraître qui ne doit pas me distraire de la notion de jeu et de passion que je dois associer à ce rugby et à cette aventure exceptionnelle que je vis qui n'est que temporaire et donc je veux croquer à pleines dents donc en résumé ça serait penser au plan de jeu un peu m'exciter et me mettre en transe et garder quand même le sourire parce
SPEAKER_00que c'est quand même cool ouais c'est clair on entend On entend le passage du coach mental dans les termes que tu utilises. Ça m'a fait sourire. Ancrage, le flow. C'est vrai que quand tu commences à t'intéresser au sujet du coaching, c'est des notions qui reviennent souvent. C'est super intéressant de voir qu'en fait, tu as un mélange de... Tu joues sur les émotions, il y a aussi une phase de préparation puisque tu dis que c'est carrément la semaine avant un match que tu consommes du contenu positif. Et puis après, il y a de l'instant... En fait, il y a de la préparation immédiate parce que quand tu dis les cinq minutes avant, j'imagine que c'est dans le vestiaire que tu fais
SPEAKER_03ça. Oui, voilà, c'est exactement ça. Alors après, on pourrait rentrer encore un peu plus en détail dans ma semaine de préparation. Mais oui, c'est vrai qu'on va dire globalement entre lundi et le vendredi, sachant que les matchs, les tournois sont le samedi et dimanche, mais entre lundi et le vendredi, je suis en effet plutôt dans une dynamique d'ingurgiter du contenu, de nourrir également des plans de jeu que nous allons mettre en place face à l'équipe adverse. et ensuite lorsque vient le temps de la compétition même pour être plus précis avec toi lorsque nous partons sur l'échauffement qui a lieu en général une heure avant le début du match là je commence à rentrer dans cette phase de me rappeler mes points forts de me rappeler mes qualités et ensuite après quelques minutes avant en effet le match donc là lorsque nous sommes dans le vestiaire qui reste au compteur plus que 4-5 minutes qu'on a revêtis nos maillots qu'on a fait les derniers straps les derniers besoins là je rentre dans ma bulle et je me mets un peu dans cet état de trance où j'active tous mes sens avant après bien sûr de marcher de rejoindre le couloir d'aller dans le couloir aux côtés de l'équipe adverse et bien sûr de tout relâcher d'avoir un état d'esprit complètement libre parce que je sais que j'y suis et ponctuer tout ça par un beau sourire et par cette joie qui m'envahit avant enfin d'avoir ce mec qui est toujours le même entre les deux équipes, qui est connecté à la télé et qui fait le signe de 3, 2, 1 c'est parti, et là 3, 2, 1 go, on rentre sur le terrain et ça y est, on est dans l'aventure et c'est d'ailleurs pour moi un des meilleurs souvenirs que j'ai des Jeux Olympiques de Tokyo, de Rio en 2016 ce tout premier match contre l'Australie où on était en effet dans ce couloir, où t'avais ce gars qui finalement dans 3 secondes te disait que t'allais fouler le terrain des Jeux Olympiques et que t'allais devenir un des 12 joueurs qui participeraient. Donc voilà, c'est à chaque fois pour moi des grands moments ces avant-matchs.
SPEAKER_00Incroyable. Enfin, je ne peux pas imaginer la sensation avant de rentrer sur le terrain des JO, mais bon, même si j'imagine qu'un dixième, ça me fait déjà rêver. Je saute sur l'occasion parce que je n'ai jamais pu demander ça à un sportif avant, mais tu expliquais tout à l'heure que dans ta phase de préparation immédiate, tu visualises aussi le fait d'être sur le terrain devant, en tout cas avant le Covid, plusieurs dizaines de milliers de personnes. Je me suis toujours posé la question, quelle sorte de pression est-ce que ça crée pour toi, le fait d'avoir autant de perdus fixés sur ton
SPEAKER_03dos
UNKNOWN?
SPEAKER_03Écoute, en fait, c'est un élément qui, aujourd'hui, pour moi, est assez anecdotique dans le sens où j'ai acquis une certaine expérience qui me permet d'être à l'aise avec cette situation. Et c'est vrai qu'en se disant à l'aise, ça ne répond pas. Enfin, c'est... Enfin, quand j'étais plus jeune... Oui, voilà, je le gère quand j'étais plus jeune. C'est vrai que je pouvais être d'une certaine façon envahi par cette pression. Mais en fait, au fur et à mesure que j'ai construit ma phase, ma préparation d'avant-match, quelque part, tous ces éléments qui peuvent distraire, que ce soit en effet le public, 55 000 perdus, qu'ils appartiennent à mes parents, à mes grands-parents, à mes oncles, à mes tantes, ou bien à des inconnus ou à des fans, ou plus globalement à des amis... ils vont dans le même sac entre guillemets que l'enjeu ça va également dans le même sac que un geste raté sur le terrain ou une mauvaise passe en fait c'est des éléments qui en leur donnant trop d'espace, trop de place peuvent en effet me sortir de ma performance et ça pour moi aujourd'hui c'est tout simplement impossible et le cadre que je me donne pour préparer mon match doit me permettre de gérer que ce soit des imprévus avec une passe manquée ou un mauvais geste, que ce soit des pressions extérieures, avec un public, un enjeu, ou que ce soit toute autre chose, je dois avoir cette capacité à rester focus, deux fois sept minutes, sur la seule chose qui doit m'éviter pendant le match, c'est la performance maximale et la gagne. Et ensuite après, bien sûr, j'aurai toute une soirée, toute une semaine, tout un mois, pour me refaire des dizaines de fois le match, analyser, réanalyser, discuter, ça viendra à cette phase. Il ne faut pas qu'elle vienne interférer avec le moment présent que j'évoquais, parce que sinon, c'est là où tu fais des projections et à un moment tu arrêtes de vivre l'instant présent et la performance qui était qui est
SPEAKER_00requis tu te crées tes propres
SPEAKER_03blocages et c'est ça c'est exactement ça si tu en donnant en leur donnant trop de place c'est c'est moi aujourd'hui ce qui ce qui serait le risque de leur donner trop de place et 2 et 2 qu'elle me ralentissent quoi c'est ce que ces éléments perturbateurs me ralentissent donc c'est pour ça que je vais gelé gelé gelé digère le plus rapidement possible pendant le match ils arrivent je les sors pour me concentrer que sur la performance
SPEAKER_00Alors puisque tu viens d'évoquer les éléments perturbateurs je crois si je ne me trompe pas tu as eu une blessure plutôt sérieuse il n'y a pas très longtemps quelques années au genou si je me souviens bien comment tu as géré ça
UNKNOWN?
SPEAKER_03Bah écoute oui en effet je me suis blessé à Dubaï donc ce qui était assez rageant c'est que Dubaï est le premier tournoi de l'année donc c'était de mémoire en 2017 ou 2018 et Et donc, en fait, entre septembre et décembre, on se prépare toute l'année pour jouer ce championnat mondial qui débute en décembre à Dubaï. Et donc, le premier tournoi arrivait enfin après plusieurs mois de préparation. Et donc, malheureusement, sur un match contre les Anglais, en effet, je me ronds le ligament latéral interne du genou. Et pour répondre tout simplement à ta question, c'était assez fou comme moment, puisque au moment même, à l'instant où je je me suis blessé, je me suis relevé assez rapidement, je n'ai pas forcément cru dans la blessure que j'avais, ou du moins je ne me rendais pas forcément compte, donc j'ai pu continuer de jouer. J'ai joué, mais très peu de temps, parce qu'en fait, en reprenant appui, je me suis rendu compte que mon genou vacillait, qu'il partait, que je n'arrivais plus à garder sa stabilité, et pour avoir discuté avec des gars qui avaient eu des blessures similaires, j'espérais que ce ne soient pas les ligaments croisés, qui sont des blessures assez graves pour un joueur de rugby, j'espérais que ce soit moins, mais là, l'idée était tout simplement de se mettre sur le côté et d'attendre que le le kiné vient de me sortir, donc heureusement la mi-temps est arrivée, donc je n'ai pas trop pénalisé l'équipe, et j'ai pu sortir. Et en fait, il m'a fallu à peu près, je dirais, je pense 10 minutes, entre le moment où je me suis blessé, le moment où le match est fini, où j'ai versé ma petite larme, et l'instant où j'avais déjà mon carnet en main, marquant l'ensemble des points, et l'ensemble finalement de tout ce que j'allais faire en fait, pendant cette période de blessure, et l'ensemble des points sur lesquels j'allais travailler, parce que j'avais pas le temps forcément de le faire, et je savais qu'en fait, ayant un genou en moins, je pouvais me concentrer sur d'autres aspects de mon corps que je n'ai pas forcément le temps de travailler lorsque je ne suis pas arrêté. Et donc, je me suis dit, ben, travaille tes yeux, travaille tes doigts, travaille tes poignets, renforce tes avant-bras, travaille ta dextérité, et donc... finalement la blessure a été pour moi une façon de gagner du temps là où j'aurais pu initialement penser que
SPEAKER_00j'allais
SPEAKER_03en perdre ça si c'est pas de la résilience ouais bah de toute façon pendant ces 10 minutes là j'étais tout sauf résilient mais j'ai vraiment absorbé le choc et puis une fois qu'il était absorbé que la blessure était là il fallait se dire maintenant qu'est-ce que je fais est-ce que je passe 3 mois à me morfondre ou est-ce que je passe 3 mois à me dire quels sont les points que j'ai jamais eu le temps de travailler Et enfin, je vais pouvoir prendre le temps de le faire. Et c'est vrai que je pense qu'on a parlé la dernière fois, mais pour moi, ça fait pas mal aussi écho à la situation Covid, avec beaucoup de personnes qui, pendant le confinement, ont peut-être pu se révéler ou trouver des vocations. Et quelque part, j'ai l'intime conviction que c'est aussi parce que c'est un moment où on a été loin de notre quotidien, loin de la routine dans laquelle on était ancré, et que ça nous a donné une belle opportunité de lever la tête et se regarder pour se dire, finalement, de de quoi j'ai envie, qu'est-ce que je veux faire
UNKNOWN?
SPEAKER_03Et là, de la même façon, sur cette blessure-là, je me suis posé cette question et je me suis dit, comment je vais mettre ce temps à contribution
UNKNOWN?
SPEAKER_03Et voilà, c'est par d'autres moyens que je l'ai mis pour ressortir encore plus
SPEAKER_00fort. C'est une très bonne image avec la situation actuelle. Il paraît qu'il y en a même qui lancent des podcasts. Voilà, tout peut arriver. Voilà. Super. Écoute, Jonathan, je pense qu'on a déjà eu de beaux exemples de détermination, de résilience. et de dépassement. Si ça te va, j'aimerais bien qu'on passe à comment tu as réussi à articuler ta carrière de sportif de haut niveau avec des études dans le supérieur.
SPEAKER_03En fait, quand j'étais à l'école de management de Grenoble, j'avais pu suivre un chemin fait de licence dans une filière business les licences que j'avais suivies ou du moins la licence que j'ai obtenue je l'ai suivie à la fois dans une école au sein de l'INSEC et également au sein de l'école de management Léonard de Vinci et donc pour y parvenir étant donné que je m'entraînais déjà quotidiennement il me fallait un emploi du temps adapté et donc nous avions pu convenir avec mes différents profs de l'époque d'un emploi du temps adapté et quand je dis adapté c'était à l'époque juste une présence en cours le lundi et tout le reste du temps récupérer les cours via les profs, une plateforme ou des élèves pour rattraper mon retard et ensuite après l'école de management de Grenoble donc sur la partie études supérieures enfin Grenoble école de management il y a réellement une filière qui est dédiée aux sportifs de haut
SPEAKER_00niveau je me rappelle ça parce que j'avais eu des amis qui en avaient profité
SPEAKER_03aussi c'est assez fantastique et en fait c'est aujourd'hui la c'est la meilleure école qui offre la capacité aux sportifs de haut niveau d'avoir un emploi du temps 100% sport et à côté de pouvoir suivre des études à 100% à distance et en fait ça c'est un je ne dis pas que c'est un miracle mais c'est une vraie aubaine pour les sportifs de haut niveau pour la simple et bonne raison qu'ils n'ont plus à faire le choix ils n'ont pas à faire le choix encore plus aujourd'hui avec tous les MOOC les études à distance etc mais en tout cas Grenoble école de management permet à un sportif de ne pas avoir à faire un choix entre un sport de haut niveau et des études de haut niveau. Et aujourd'hui, on peut prétendre à être en équipe de France, quelle qu'elle soit, être au meilleur niveau d'un championnat national ou international, et à côté d'avoir un master dans une école qui fait partie du top 5 ou du top 6 de mémoire et qui est reconnue sur le territoire.
SPEAKER_00C'est vrai que c'est génial. C'est génial, oui. Je suis issu d'un autre domaine sportif que le tien, je viens du Judo. et c'est vrai que si je repense au parcours en tout cas au niveau des études de la quasi intégralité des gens qui étaient avec moi en équipe de France KD Junior c'était kiné au mieux ostéo et puis c'est tout il n'y avait pas forcément ces ponts en tout cas ils étaient peut-être moins connus mais c'est vrai que Grenoble dans la communauté en tout cas des sportifs de haut niveau c'est une école qui ressort très souvent parce qu'elle a offre cette super opportunité. C'est
SPEAKER_03ça. Oui, sincèrement, c'est une belle opportunité. Après, en effet, il y a d'autres voies que certains collègues ont pu prendre avec des métiers plus manuels, admettons, sur un CAP restaurateur, ou enfin chef, ou cuisinier, et voilà, c'est également possible avec d'autres organismes qui le proposent, mais en tout cas, oui, c'est une vraie chance d'avoir eu l'UM Grenoble dans mon évolution scolaire, et surtout l'obtention d'un Master 2 reconnu par l'État, et reconnu aussi dans le monde de l'entreprise
SPEAKER_00plus global. Oui, clairement. Super, bah écoute, maintenant qu'on a bien fait de la pub pour Grenoble. Si on revient peut-être, parce que tu disais que, je ne sais pas comment c'était organisé à Grenoble en termes d'horaire aménagé, mais même si pour ta licence, tu allais en cours le lundi uniquement, j'imagine que tu devais quand même travailler sur tes cours en semaine. Comment tu as réussi à articuler les
SPEAKER_03deux
UNKNOWN?
SPEAKER_03Oui, bien sûr. Alors, c'est vrai que j'ai peut-être été un peu trop dans la promotion de mon école, mais pas assez dans l'organisationnel. Mais bon, ça me semblait utile et je me suis un peu éloigné de la question. Mais en tout cas, oui, en effet, avec Grenoble en gros j'avais une capacité de travail j'ai une capacité de travail encore aujourd'hui de 4 à 5 heures quotidiennes à ajouter aux différents entraînements qu'on peut avoir dans la journée nous à l'équipe de France de Rugby A7 on réalise 2 à 3 sessions par jour mais 2 à 3 sessions par jour si on prenait que la phase d'entraînement ça durait à peu près 3 heures sauf qu'il faut voir qu'en amont il y a la partie d'entraînement d'échauffement et en aval il y a bien sûr la partie de récupération Malgré tout, malgré toutes ces phases-là, que sont l'échauffement, l'entraînement et la récupération, nous avons encore une fois des plages horaires, je pense notamment le matin, un peu plus tôt, d'autant plus qu'un sportif doit toujours d'y déjeuner deux heures avant son premier entraînement. Donc finalement, en me levant même une petite demi-heure encore plus tôt, à deux heures et demie avant mon entraînement, je peux déjà travailler pendant le temps de la digestion. Ensuite, le midi, lorsque l'entraînement ne reprend que deux ou trois heures après l'heure du déjeuner j'ai également une fenêtre pour travailler et enfin le soir lorsque je rentre de l'entraînement j'ai enfin un dernier moment de travail avant d'aller récupérer pour enchaîner une deuxième journée donc ça fait des journées intenses et denses mais quelque part et aujourd'hui par rapport à moi ce que je recherche c'est un équilibre impératif pour parvenir à la performance dans les deux mondes que sont aujourd'hui l'entreprise et d'autre part le terrain mais voilà cet équilibre même s'il est éprouvant, il est pour moi indispensable.
SPEAKER_00Tu dirais que tu as besoin de cette intensité pour prendre de l'énergie, même si ça peut sembler paradoxal
UNKNOWN?
SPEAKER_03Oui, c'est vrai que ça peut en effet paraître paradoxal, mais moi aujourd'hui, je suis issu d'une famille où le rugby j'aurais tendance à dire je vais utiliser le mot anecdotique et je vais bien sûr expliquer ce que j'entends derrière ce terme mais moi dans mon cadre familial il y a toujours eu une importance donnée aux projets scolaires aux bonnes notes à l'école aux bonnes notes à la fin de l'année et sur la moyenne et ensuite le rugby venait derrière comme un plaisir Et de tout temps, c'est resté ancré en moi cette idée que le rugby, c'est vraiment un plaisir, c'est une passion, mais ça ne durera pas toute ma vie. Et à côté, j'ai aussi la prétention de construire une carrière en entreprise qui sera tout aussi excitante ou tout aussi prenante, notamment, que ce que je peux vivre avec le plus haut niveau en équipe de France de rugby à 7. Donc, c'est pour ça que moi, aujourd'hui, c'est un équilibre nécessaire que de faire autre chose en dehors du rugby de me nourrir également d'autres choses puisque dans ma famille tout n'a pas toujours tourné autour de cette pratique et de cette discipline sportive donc voilà j'ai une curiosité pour ce qui a attrait au rugby mais également pour ce qui n'a pas forcément attrait au rugby et ce qui pourrait avoir simplement attrait à d'autres sujets
SPEAKER_00en fait parce que je crois que tu m'as dit tu es le premier à tomber dans le chaudron du
SPEAKER_03rugby c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_03dans le chaudron du haut niveau puisque mon père avait fait un peu de rugby mais oui à en faire un métier et à faire du sport du haut niveau je suis le premier de ma famille à le faire et donc voilà nécessairement ils me soutiennent énormément dans ce chemin là dans ce parcours là et ils m'apportent tout leur peps et leur bonne humeur et surtout leur bon conseil et ça c'est vraiment appréciable mais il n'empêche que à côté la vie en dehors du sport continue pour chacun d'entre nous et ce ne sont pas les seuls sujets de discussion que nous avons à table lorsqu'on se rassemble tous donc à un moment faire autre chose est pour moi juste une formalité c'est normal à mon sens de faire autre chose et ça sert aussi à un deuxième objectif que j'ai un peu évoqué mais aujourd'hui le rugby me donne des émotions incroyables Et demain, j'ai la prétention de vouloir avoir un boulot qui me transmet des émotions aussi fortes, qu'elles soient au niveau de l'aspect compétition, avec une remise en question quotidienne, que ce soit au niveau aussi de l'excellence que je souhaite aller chercher. Aujourd'hui, on se bat pour une médaille d'or. Demain, dans mon boulot, j'aimerais bien l'équivalent. L'équivalent de la médaille d'or, il peut être à différents endroits, mais ça serait aussi avoir un enjeu fort, une vision forte. Donc voilà, c'est trouver un boulot qui va me passionner lorsque je raccroche à
SPEAKER_00l'écran. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur cet univers professionnel qui t'attire
UNKNOWN?
SPEAKER_00Dans quel domaine est-ce que tu retrouverais cet équivalent émotionnel d'aller chercher la médaille
SPEAKER_03d'or
UNKNOWN?
SPEAKER_03J'ai un environnement qui me plaît énormément et pour plusieurs raisons qui est le conseil. Pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_03Parce qu'aujourd'hui, je vois des parallèles avec l'idée notamment sur des missions relativement courtes. Il peut y avoir du conseil dans tout type et du conseil avec des missions qui durent plusieurs années mais aujourd'hui ma vision du conseil c'est des missions qui vont durer, qui vont être relativement courtes et en fait cette intensité dans la réalisation d'une mission fait grandement écho à l'intensité qu'on peut mettre dans la préparation d'un tournoi où on se met en mode mission, en mode projet pendant quelques semaines pour parvenir à l'atteinte d'un objectif d'une part d'autre part j'ai aussi la la conviction que dans la mission de conseil qu'on va réaliser pour un client, il y a cette idée d'être excellent, d'être bon, d'être parfait et d'atteindre un très haut niveau rapidement puisque oui, en effet, le client investit dans le cabinet, dans ces services-là pour avoir un résultat immédiat. Et en fait, ce niveau d'excellence, cette recherche d'excellence, cette recherche aussi on n'a pas 10 000 cartouches, il faut être bon et c'est tout, elle fait beaucoup écho à ce que je vis moi aujourd'hui sur le terrain, où quelque part on est toujours challengé, on est toujours remis en cause, on joue bien le samedi, on joue mal le dimanche, on va essentiellement retenir la contre-performance, parce qu'on est toujours en train de chercher ce degré d'excellence, et finalement au rugby A7, on n'a pas le choix qu'à l'entraînement ou au match, d'être toujours au max, d'être toujours bon. Et enfin, je dirais également un dernier point qui a plutôt attrait à la variété des missions ou des secteurs qu'un consultant peut découvrir dans le cadre de son métier, de son activité qui fait énormément attrait à la diversité d'une part des pays qu'on peut découvrir avec le rugby à 7 mais également des équipes qu'on peut rencontrer où finalement il y a une stratégie pour chacune des équipes mais pour chacune des équipes la stratégie qu'on définit est différente et on en apprend toujours un peu plus sur le plan de jeu adverse et ça c'est assez passionnant que d'avoir une diversité que ce soit de pays comme je te disais ou bien d'équipes contre lesquelles on peut jouer, c'est jamais pareil et j'ai la sensation que dans le conseil ça peut également être une belle
SPEAKER_00analogie. Oui, clairement. Et puis, il y a l'aspect complémentarité. Complémentarité
UNKNOWN?
SPEAKER_00Complémentarité
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, complémentarité. Complémentarité, décidément. De l'équipe aussi, parce que j'imagine qu'il n'y a pas beaucoup de cabinets de conseil qui ont des sportifs de haut niveau dans leurs équipes. C'est clairement un plus que tu apportes de ce côté-là,
SPEAKER_03je dirais. Oui, écoute, c'est vrai que pour rebondir par rapport à ce que tu dis, oui, aujourd'hui, nous, Rubiman, on est des profils atypiques et si on a eu l'idée de mettre un pied dans l'entreprise ou dans le monde professionnel on peut rendre le profil encore un peu plus atypique et c'est aussi pour ça que si j'avais un petit message à faire passer rapidement, j'aurais tendance à dire, notamment aux rugbymans en général qui ont des vocations autres après le terrain de ne pas hésiter dès à présent à regarder ce qui les entoure parce qu'aujourd'hui nous sommes regardés, nous sommes vus comme des profils atypiques mais aussi comme des combattants, comme des personnes en marqué par des valeurs de solidarité, d'honnêteté, de franchise, de compatibilité, qui ont aujourd'hui un sens dans l'environnement d'entreprise, avec bien sûr des limites sur le parallèle, mais en tout cas, il faut être à l'écoute de toutes les opportunités, qu'elles soient sur le terrain, mais aussi en
SPEAKER_00dehors. C'est très vrai ce que tu dis, notamment sur la bonne côte d'Eric Biman, c'est vrai que c'est un sport qui est populaire et généralement l'image du rugby c'est ce que tu as décrit, un sport où il y a des battants mais aussi un esprit bon enfant, in fine donc c'est clair qu'en entreprise
SPEAKER_03c'est clairement valorisé. Oui voilà tout au moins sur l'aspect soft skill ça a de la valeur et après bien sûr en complément il ne faut pas uniquement se satisfaire de ça mais il faut développer des compétences en parallèle mais en tout cas c'est déjà un super point d'accroche que d'avoir des soft skills qui peuvent correspondre aux besoins actuels du marché.
SPEAKER_00Qu'est-ce qui t'a permis de... je reformule ma question peut-être j'ai le sentiment que t'as quand même beaucoup réfléchi sur ce que t'apportes au rugby sur ce que toi tu apportes au rugby à 7 j'ai le sentiment que t'as une bonne connaissance de toi et de tes forces c'est quelque chose que t'as toujours eu ou t'as bénéficié d'un accompagnement t'as lu des livres, fait des rencontres qui t'ont ouvert les yeux sur cet aspect en fait important de la performance du sportif
SPEAKER_03écoute c'est une très très bonne question quel a été un moment le déclencheur qui m'a poussé à prendre les choses en main et à me prendre en main je crois qu'il y a un moment où j'ai été plongé dans le bain du haut niveau où j'ai réellement pris un tournant où je me suis rendu compte finalement que le rugby était un plaisir mais que ça pouvait aussi devenir mon métier c'est le moment où en seconde enfin du moins en troisième j'ai eu l'opportunité d'intégrer le pôle esport la canal qui est en fait un pôle espoir régional donc à l'époque la fédération française de rugby avait mis en place une dizaine de pôle espoir qui avait vocation à accueillir des joueurs les meilleurs joueurs des régions de 15 16 17 de mémoire et jusqu'à jusqu'à 18 ans donc en fait seconde première terminale pour après les faire basculer dans le monde du plus haut niveau au travers d'un pôle national et donc en troisième j'ai compris que j'avais là le potentiel sportif pour rentrer au pôle espoir pour la Canale, qui était le pôle régional de référence Île-de-France. Et c'était pour moi une des compétitions, pardon, une des sélections les plus drastiques, puisque j'ai dû passer 6 ou 8 étapes, qu'elles soient scolaires, médicales et surtout sportives, pour faire partie des 10 joueurs, de la shortlist des 10 joueurs qui avaient cette opportunité de rentrer à la Canale. Et en fait, lorsque j'ai été accueilli, enfin surtout accepté, je comprenais pas encore toute l'importance que cela avait et jusqu'au début septembre où j'ai dû prendre mes affaires, mon baluchon ma valise, partir puisque j'habitais à Anguin dans le nord-ouest de la région parisienne et il fallait que j'aille en internat puisque la canale était dans le sud de la région parisienne vers Antony, saut dans le 92 et en fait là à ce moment là je suis parti de la maison je fais un bisou à ma mère puisque c'était mon père qui m'y accompagnait je fais un bisou à ma mère, je pars et là sincèrement quand je traverse la porte et le portail je me rends finalement compte que ça y est je vais être tout seul dans un internat pour faire du rugby et en fait par rapport à moi ma conception du rugby qui était essentiellement prendre du plaisir, là je me suis dit ça y est tu vas rentrer dans un autre monde et tu vas rentrer dans un monde où on va attendre de toi la performance alors qu'auparavant la performance elle venait elle venait pas mais quelque part c'était surtout le plaisir qui me guidait et en fait toute cette exigence qui a été grandissant pendant mes trois années d'internat m'ont permis de porter un regard plus important sur finalement voilà jusqu'à présent c'est du plaisir mais qu'est-ce que le rugby représente pour toi qu'est-ce que tu vas y mettre pour être le meilleur comment tu vas y parvenir et en fait ça m'a poussé à ce travail de réflexion sur moi sur mes sentiments sur mes émotions sur ma capacité aussi à être juste dans mon auto-analyse et ensuite bien sûr je l'ai complété avec des lectures et pour mettre des mots derrière des concepts, également des podcasts, et aussi des discussions avec des proches qui ont toujours été de très bons conseils, comme je te l'évoquais un peu plus tôt dans l'échange. Et donc tout ça, ça m'a poussé à réfléchir à ce mot de performance et d'excellence. Et aujourd'hui, oui, j'ai en effet une bonne connaissance de moi et je commence à avoir des clés pour réitérer des performances de haut niveau et atteindre cette excellence-là. Et pour faire le lien finale avec l'entreprise c'est ce que je souhaite aussi demain dans ce monde d'entreprise et c'est pour ça que finalement ma carrière qu'elle soit au plaisir enfin à Anguin-les-Bains quand j'étais petit au rugby en suivant l'équipe de France et demain en entreprise c'est qu'une juste continuité de tout ce que j'ai fondé et c'est une juste logique
SPEAKER_00waouh hyper inspirant c'est fou que t'aies réussi à faire ça en seconde donc c'est ça t'es rentré à la canard en seconde
SPEAKER_03oui voilà c'est ça je suis rentré à l'incarnation. Alors après, en seconde, j'étais pas à un niveau de maturité, j'avais pas le niveau de maturité que j'ai aujourd'hui, et je n'avais pas non plus le niveau de maturité que j'aurai dans quelques années, parce que je compte bien continuer dans cette perspective-là, donc en seconde, je me cherchais, et cette recherche, tous les jeunes de 15 ans la traversent, on se pose des questions qui sont moins peut-être conceptuelles et moins profondes que celles que je me pose aujourd'hui, mais toujours est-il que c'est des questions qui valent la peine d'être posé, et surtout, à un moment, je pense avoir passé une barrière de me dire, non, il n'y a pas de honte à se poser des questions, même si elles peuvent paraître un peu bêtes, un peu hors du contexte présent, il faut se les poser, il faut accepter de se les poser, quel que soit l'âge, quel que soit le sujet, parce qu'à un moment, elles vont toujours permettre d'avancer, et voilà, je ne peux pas te donner un exemple de questions un peu bêtes que j'ai dû me poser à 15 ans, mais c'est sûr qu'il y en a plein qui m'ont traversé l'esprit, mais il faut se les poser et c'est pas grave par exemple de pleurer après une mauvaise performance, c'est pas grave de se dire est-ce que je suis nul, est-ce que c'est de la faute d'un tel ou d'un tel, il faut se confronter à ces questions-là, ces ressentiments-là, ces émotions-là pour les traiter et faire en sorte qu'elles soient un fioul et un plus.
SPEAKER_00Ok, super intéressant. Comment, puisqu'on parle d'émotions et de réflexion, avec l'objectif que tout ça vienne t'alimenter dans tes projets sportifs, tu prépares les JO. C'est quoi les émotions que tu associes à ça, au-delà de l'aspect performance sportive
UNKNOWN?
SPEAKER_03Aujourd'hui, pour moi, les Jeux Olympiques ont un sens énorme puisque c'est la compétition de référence dont tous les sportifs sur Terre peuvent rêver. Ça a également une dimension particulière puisque aujourd'hui nous sommes dans la sphère du rugby quel que soit, tous les rugby confondus, nous sommes les seuls aujourd'hui à pouvoir prétendre à une ambition olympique, puisque les autres rugby ne sont pas inscrits parmi les sports, ne font pas partie des sports olympiques. Et enfin, associé à ce premier élément que je disais, que j'évoquais sur le fait que ce soit le Graal, c'est également un Graal qui est partagé et qui est infusé pour mes proches, pour ma famille, pour mes amis, et ça c'est énorme parce qu'en fait, je me rends compte que les Jeux c'est pour moi, c'est égoïstement, c'est moi qui vais les jouer, qui vais en profiter. Mais quelque part, si je regarde autour de moi, je rends heureux de nombreuses personnes, notamment mes parents qui m'ont, comme je le disais, accompagné jusqu'au portail pour aller après à la canale. Je rends heureux des amis, je rends heureux d'une copine qui me soutient énormément. Et en ce sens-là, les Jeux Olympiques dépassent le seul aspect sportif et performance puisque ce sont des process longs difficiles auxquelles beaucoup de personnes s'associent et finalement ces personnes là sont aussi rétribuées au moment où 3, 2, 1 c'est parti on rentre sur le terrain
SPEAKER_00ça me fait penser je ne sais pas si l'image te parlera mais un petit peu à une ascension d'un sommet difficile où il y a une personne qui arrive à planter le drapeau sur la pointe de la montagne on ne voit pas derrière les dizaines voire pour certains sommets les centaines de personnes qui sont impliqués plus ou moins
SPEAKER_03directement c'est ça exactement c'est un peu le travail de l'ombre et donc du coup pour répondre plus directement à ta question au niveau émotionnel c'est un vrai soutien un vrai support que de savoir qu'on embarque aussi dans cette aventure des personnes qui sont comme je te disais des proches des amis familles mais également un kiné également un coach un préparateur physique qui vont goûter à la lumière des Jeux Olympiques mais qui vont aussi goûter à travers nos ce qu'on va y faire et comment on va le faire donc c'est vraiment au niveau émotionnel c'est un plaisir même si comme on l'évoquait ça peut être un moment ça peut être un élément perturbateur mais moi aujourd'hui je le place réellement dans la case bonheur plus que dans la case il faut que je l'évacue parce que sinon ça va me faire vriller ou ça va me faire sortir de ma performance
SPEAKER_00pour moi c'est pur bonheur tu parlais du fait soit un événement qui se planifie à long terme. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur comment tu planifies ça quand tu as un événement sportif qui arrive
UNKNOWN?
SPEAKER_00Surtout du point de vue motivation, détermination, comment tu arrives à rester engagé au plus haut niveau possible quand tu as une échéance sportive qui arrive dans plusieurs années
UNKNOWN?
SPEAKER_03Écoute, je vais plutôt te parler de mon expérience aux Jeux Olympiques de 2016 et le chemin qui m'y a amené et répondre plus concrètement à ta question. puisqu'aujourd'hui, avec 2020, on est dans un tel flou que... Mais bon, ça n'empêche pas que pour 2021, le chemin est à peu près le même. Mais bon, ça sera plus clair de te parler d'une expérience qui s'est déroulée de A à Z. Et donc, pour ces Jeux Olympiques en effet de 2016, lorsqu'on a su que les Jeux Olympiques étaient aux Jeux Olympiques, allaient faire partie des Jeux Olympiques, nécessairement, chacun s'est dit que l'objectif n'était plus seulement de jouer les championnats mondiaux et de les gagner mais aussi d'aller participer aux Jeux Olympiques. Et les Jeux Olympiques, ce qui est terrible, c'est que c'est un seul événement qui dure deux jours et qui rassemble uniquement 12 gars. Mais ce ne sont que les 12 meilleurs qui sont rassemblés. Et quand bien même nous arrivons, nous, les 12 joueurs, une année plus tôt, à qualifier l'équipe de France pour les Jeux Olympiques, ce qui s'est passé en 2015, nous avons qualifié l'équipe de France de rugby-athlète pour les Jeux Olympiques de 2016. Quand bien même nous arrivons à qualifier l'équipe, ça ne veut pas dire que nous qualifions les joueurs qui vont y participer et donc de fait en 2015 tout le monde était heureux et ravi de savoir que l'équipe allait y participer mais sans pour autant savoir qui allait réellement parmi les joueurs y participer et donc là c'est un marathon qui est guidé par la volonté de montrer au coach une meilleure performance possible pour être sélectionné parmi ces 12 mais également un marathon contre des potentiels bobos, des potentielles blessures Donc avec une nécessité plus que jamais de prendre soin de soi, de bien s'écouter et d'avoir une hygiène de vie maximale, optimale, bien que les années qui précèdent ont soit également cette dynamique-là. Plus que jamais, sur une dernière année, un dernier rush, un dernier marathon, ça prend encore plus sens. Tous les minis écarts ne sont pas permis à ce moment-là.
SPEAKER_00Qu'est-ce qui se passe dans ta tête
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il y a un point qui m'intéresse plus particulièrement. Le rugby à 7, c'est un sport d'équipe, mais tu as aussi mentionné que quand l'équipe en tant que telle est qualifiée, en fait, on ne sait pas quels joueurs y vont. Qu'est-ce qui se passe dans ta tête quand tu t'entraînes au quotidien avec des coéquipiers, les 11 autres bonhommes de l'équipe, et que tu sais que même si c'est tes coéquipiers, vous formez l'équipe, il faut quand même que tu arrives à montrer que tu es peut-être quelque part meilleur que la plupart d'entre eux pour pouvoir être sélectionné.
SPEAKER_03Bien sûr, c'est vrai qu'il y a une idée de double compétition. D'une part, une compétition en interne contre les autres joueurs qui composent l'équipe, mais également une compétition contre les autres équipes contre lesquelles nous jouons. Pour moi, ces deux types de compétitions restent quand même bien différentes. Le deuxième point que j'évoquais contre les autres équipes, c'est de la rage, c'est de l'envie, c'est pas de la violence, mais c'est vraiment de l'envie de gagner et d'écraser l'adversaire. La première compétition, elle est bien plus saine. L'esprit, moi, qui m'anime quand je suis sur le terrain avec les gars, qui sont potentiellement des gars qui pourraient aller au JO à ma place, autant que ce seraient potentiellement des mecs donc je pourrais balayer la route c'est plutôt une dynamique de coopération et plutôt saine qui m'anime dans le sens où ce sont des gars avec lesquels je m'entraîne quotidiennement et c'est aussi grâce à eux que je vais pouvoir développer tout mon potentiel sur le terrain et donc pour rentrer plus concrètement dans le détail et de ce que je veux évoquer c'est aujourd'hui si lorsque je m'entraîne moi j'ai vocation à vouloir donner 100% de ma connaissance et de transmettre 100% de mon savoir aux joueurs avec lesquels j'évolue donc partager les petites astuces partager mon expérience de façon à ce que les joueurs avec lesquels j'évolue notamment les jeunes puissent se l'approprier se développer et atteindre un niveau de performance qui va moi aussi me challenger et donc quelque part de mes coéquipiers j'attends qu'ils soient au plus haut de leur niveau de façon à ce que moi je puisse aussi me réinventer quotidiennement pour aller améliorer encore un peu plus ma performance puisque si je donne à un jeune ou à un moins jeune tous mes tips ou mon expérience si lui me donne également les siennes on va être dans une logique gagnant-gagnant on va se tirer vers le haut c'est une émulation du groupe et quelque part on va être dans une logique où on va tous se tirer vers le potentiel max puisqu'à un moment je me dirais si je veux continuer à exister en cette équipe, sachant que ma compétence n'est plus reconnue comme exceptionnelle il va falloir que j'en développe de nouvelles et quelque part ça va faire profiter l'équipe d'une compétence supplémentaire que je vais développer et sur laquelle je vais pouvoir faire briller le collectif donc c'est pour moi cette notion de compétition saine et presque une sorte de coopération qui est pour moi la plus qui m'anime en tout cas pour répondre à ta question lorsque je suis avec les 11 autres joueurs sur le terrain et puis même plus globalement avec le groupe lorsqu'on
SPEAKER_00s'entraîne j'adore ta réponse et clairement je peux voir si c'est le genre d'exemple que tu as partagé dans ta recherche d'opportunités pro dans le conseil j'imagine que ça a dénoté mais que ça a dû parler à beaucoup de gens parce que c'est vrai que je trouve que c'est la beauté du sport quand tu fais des sports d'équipe ou même si c'est des sports individuels mais qu'occasionnellement tu peux pratiquer au sein d'une équipe comme le judo c'est vrai que c'est une notion ce que tu viens d'expliquer l'émulation du groupe le fait de tout donner au groupe pour indirectement de façon un peu plus égocentrée en bénéficier en retour J'ai du mal à voir dans quel autre type d'environnement que le sport tu peux prendre conscience de ça. Surtout quand tu es jeune, que tu es en construction. Si on prend ton parcours, je suppose que c'est quelque chose que tu en as pris conscience relativement tôt.
SPEAKER_03Oui et non. C'est là où le cheminement est intéressant. Cette démarche-là... Alors après, elle correspondait aussi peut-être à une sorte de jeunesse, aussi une envie à un moment, quand j'arrivais, de garder les petites choses que j'avais construites, ou de ne pas trop partager ce que je savais, peut-être une idée aussi de vouloir se protéger, de vouloir garder ce que je savais pour moi, et surtout essayer de créer mon chemin. En effet, au début, j'étais dans une démarche plutôt inverse, qui était de se dire« j'ai un savoir, maintenant j'en garde 99% de sa valeur, et le 1% qui pourrait faire la différence égoïstement je le garde pour moi et tout le reste je le donne et en fait je me suis rendu compte que et c'est vrai que ça n'a pas duré longtemps mais le peu de temps durant lequel j'avais ce mindset là c'était plutôt nocif alors d'une part pour le groupe parce que le groupe ne bénéficiait pas de cette émulation dont on évoquait et d'autre part pour moi puisque je ne me réinventais pas et j'étais plutôt dans une logique de je protège ces 1% qui font la différence contre vents et marais je prie pour que personne entre guillemets développe de de compétence, point. Et en fait, à ce moment-là, je ne me mettais pas du tout dans la logique d'équipe et d'émulation, mais quelque part, ce travail-là, lorsque je m'en suis rendu compte que j'ai pu mettre ce sujet-là sur la table, ça m'a fait un bien fou de pouvoir l'éclaircir, et en effet, c'est un travail de longue haleine, c'est un travail, encore une fois, de réflexion sur soi, d'écoute de ses émotions, de scan de ses compétences, de ses capacités, et c'est un travail dur, mais mais qui en vaut énormément la peine lorsqu'on arrive à
SPEAKER_00le réaliser. Super. Écoute, je suis 100% d'accord avec toi et je trouve ça juste génial de voir à quel point ce genre de réflexion t'a aidé, toi, à passer un cap et de voir aujourd'hui comment tu arrives à le partager simplement, en fait, mais de façon très inspirante. Merci beaucoup pour ce partage. Avec plaisir. On arrive déjà sur la fin Jonathan. Quel conseil est-ce que tu pourrais donner
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, tu as déjà donné un conseil pour les climates qui nous écoutent, mais peut-être pour des jeunes d'autres disciplines ou des moins jeunes, mais je ne sais pas, un tips que tu aurais envie de partager
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je crois que tu m'avais parlé de la préparation avant l'entrée sur le terrain, que ça te disait bien, mais enfin bon, carte
SPEAKER_03blanche, j'en ai trop dit. Oui, écoute, non, mais c'est vrai que la préparation sur le terrain, comme je te le disais, elle Mais mine de rien, rentrer sur un terrain avec des milliers de personnes, ce n'est pas forcément naturel, on n'a pas l'occasion de le faire tous les matins, et donc ça nécessite une réelle préparation en amont, et c'est là pour moi l'importance de la préparation mentale. Après, la préparation mentale, elle vient comme un plus à la notion de plaisir. Et pour moi, cette notion de plaisir, elle est réellement au cœur de toute notre discussion, et c'est aussi pour ça qu'avant de rentrer sur un terrain, entre la fin de l'échauffement l'arrivée dans le couloir et les quelques secondes avant de rentrer sur un terrain c'est le sourire qui prime puisque pour moi c'est avant tout ça qui va me libérer dans la performance alors après je ne dirais pas que la notion de plaisir est unique à tous et permet à tous d'arriver à un état de relâchement mais en tout cas moi le conseil que j'aurais à donner c'est vraiment de partir dans un état d'esprit où on s'éclate c'est entre guillemets faire les choses sérieusement sans vraiment se prendre au sérieux et c'est réellement aller s'investir mais tout en gardant à l'esprit que le sport est avant tout une grande cour de récréation dans laquelle il faut y aller avec tout l'entrain qu'on pouvait avoir quand on était gamin et c'est pour moi vraiment ce transfert qu'il faut avoir
SPEAKER_00écoute super message j'adore je pense que en tout cas moi c'est ce que je retiendrai de cette conversation cet aspect y aller sérieusement mais sans se prendre au sérieux et la notion de plaisir qui hyper importantes comme tu l'as dit donc écoute encore un grand grand merci Jonathan pour ton temps tous tes partages je mettrais dans la bio pour celles et ceux qui voudraient te suivre d'ici les JO je mettrais ton Instagram je crois que c'est la meilleure plateforme pour
SPEAKER_03te suivre oui alors d'ici les JO bien sûr s'ils ont lieu et si on s'y qualifie puisqu'on doit encore passer les étapes de qualification mais en tout cas tout au moins pour aussi suivre le process pour pour s'enrichir pour découvrir ce sport je serais ravi en tout cas de pouvoir que tu puisses rediriger tous nos auditeurs tous les auditeurs sur mes comptes et puis même plus globalement dire à chacun d'entre vous que quel que soit le sujet que vous souhaiteriez que les personnes qui écoutent souhaiteraient aborder sur le sport sur le plaisir sur l'excellence sur les études quoi que ce soit je reste à l'entière disposition de tous les curieux génial
SPEAKER_00écoute merci beaucoup merci beaucoup Jonathan on va partager tout ça
SPEAKER_03super