SPEAKER_02

Parce qu'à ce moment-là, tu te dis, mais en fait, c'est la peur de mourir de faim, en l'occurrence, qui me fait bouffer avant d'avoir faim. Le vélo est une expérience à cet endroit-là pour te rendre compte que, en fait, dans un milieu qui te semble a priori hostile avant de partir, en fait, tu n'as pas besoin de grand-chose.

SPEAKER_00

Bienvenue, Jean-Lin, sur le podcast. Très heureux de t'accueillir. Merci beaucoup. Merci de ta proposition aussi à toi, Loïc. Je t'en prie. Ça fait plaisir. Ça faisait un moment qu'on ne s'était pas retrouvés, donc très content d'avoir l'opportunité d'échanger sur tes dernières aventures. Tu vas nous en dire plus, je ne vais pas faire de spoil, mais ça s'annonce croustillant. Je salue d'ailleurs Arnaud. Il va vraiment falloir que j'arrive à lui mettre la main dessus pour qu'on fasse un épisode, mais l'aventure que tu vas nous partager, entre autres, c'est quelque chose que tu as vécu avec lui, donc ça serait... Ça sera vraiment intéressant de voir un peu comment vous avez monté ça. Écoute, sans faire plus de spoil encore une fois, je te laisse peut-être commencer par te

SPEAKER_02

présenter. Oui, donc moi je m'appelle Jean-Lin, j'ai commencé le vélo il y a 7 ou 8 ans à peine, même pas.

UNKNOWN

J'ai...

SPEAKER_02

j'ai un profil commercial je travaille dans le retail comme toi d'ailleurs on a un employeur en commun et puis depuis on a un peu vagabondé chacun de notre côté et moi j'ai réalisé en juin 2020 un tour de France en suivant les frontières et la côte française donc ça fait 5000 km à vélo en toute autonomie et puis pas sur un coup de tête avec un projet derrière tout ça alors comment c'est pour la présentation un petit peu brève donc voilà je ne suis pas un sportif de haut niveau loin de là mais je me suis entraîné en fait pour réaliser ce challenge vraiment

SPEAKER_00

5000 kilomètres que vous avez fait avec Arnaud en une vingtaine de jours c'est ça

SPEAKER_02

ouais 21 jours peut-être qu'on peut dire quand même que Arnaud, toi et moi, on avait un employeur en commun et on a travaillé dans le même magasin il y a quelques temps de ça. On a en commun quand même des profils, on a des profils un peu sportifs et un peu des trucs un peu de frappading pour être clair. Toi, t'as un niveau haut professionnel sportif et puis t'aimes quand même courir. Arnaud, il a traversé les US dans une course qui s'appelle la Race Across America, la RAM. Et moi, j'avais comme projet en fait cette année, j'ai pris un peu de temps pour ma vie perso et puis réaliser un projet qui me tenait à cœur, qui était un peu fou, qui était de traverser les États-Unis d'ouest en est sur une course qui s'appelle la Trans-American Bike Race, qui fait 6800 kilomètres et qui traverse les US. Voilà, la vie du dimanche. Voilà, ça fait pour le dimanche après-midi devant un café. Et puis, la pandémie arrivant, eh bien, ma course a été annulée. J'annonce ça à Arnaud avec qui on avait roulé un peu l'hiver pour s'entraîner ici et là. Il me dit« Ah, je suis désolé, Jean-Lin. Bon, remets-toi bien, remets-toi bien.» Et je savais que lui devait participer notamment à la TCR, la Transcontinental Race, qui est une course de vélo aussi, sans assistance, qui traverse l'Europe, qui fait globalement 4000 bornes, et malheureusement aussi pour lui, deux semaines après, dix jours après, je ne sais plus, la Tesserre est aussi annulée, la North Cape, qui est une autre course de 4000 bornes, qui est annulée aussi, bref, on... on met un peu de temps à s'en remettre, on discute, on échange, patati patata, et comme j'avais un petit peu d'avance sur lui dans mes émotions, elle passait la pression et puis l'exaspération, je veux dire, ça faisait quand même un an que je me préparais physiquement et matériellement parlant pour ce projet-là, et subitement, du jour au lendemain, en fait, on t'annonce que ciao, bye bye, quoi, en gros. Donc, j'avais, voilà, par ma curiosité, en fait, j'avais eu vent d'un autre truc qui s'appelait le tour de France de l'US métro et j'en ai pas parlé à Arnaud tout de suite en fait je lui ai dit écoute remets toi ton truc de ta frustration de tout ça la tristesse tout ce que tu veux et puis on en reparle ensemble

SPEAKER_00

peut-être déjà sur ce point je te coupe mais c'est hyper intéressant parce que bon ça c'est vos projets vous avez vécu on va dire les les les comment on appelle ça side effect ouais Les effets... Oui, exactement. Merci. Les effets secondaires du Covid dans vos disciplines à vous, mais je pense que c'est intéressant de voir un peu comment est-ce que toi, tu as géré. Tu disais que tu avais eu un peu d'avance sur lui par rapport à ta frustration, la gestion émotionnelle, etc. Mais il y a plein, plein... Enfin, on est un petit peu tous impactés par ça. Donc, je suis curieux de savoir comment ça s'est passé, en fait, cette digestion de la nouvelle de l'annulation de la course.

SPEAKER_02

Je crois que la première chose que j'ai faite, c'est déjà de bouffer. Oui. j'ai pris une bière et je crois que j'ai bouffé je dis ça sur la plaisanterie mais il y a un peu de ça parce que finalement ça a été un moyen de relâcher et de sortir en fait une frustration alors en la bouffant aussi mais il y a quand même de ça ça a été un exutoire véritablement parce que sincèrement lorsque tu fais gaffe à ce que tu bouffes tu fais tes gaffes à bien faire tes exercices que ton coach t'a filé pour préparer ceci ou préparer cela, les exercices spécifiques, le renforcement musculaire, le machin, le ceci, enfin bref, mine de rien, tu te mets quand même une sacrée pression parce que la Trans-American Bike Race est une course, donc tu as envie de faire quand même une bonne figure, même si je ne prétendais pas du tout à un top 10, mais en tout cas, j'avais l'intention de faire une bonne figure, voilà, mais tu te mets quand même, il y a une certaine, il y a une dose de plaisir parce que j'ai toujours voulu réaliser un truc complètement dingue depuis que j'étais gamin. Donc, il y a vraiment cette dose-là et cette dose-là, cette dose de plaisir que tu es prêt à prendre et le shoot de kiff que tu es prêt à prendre, il n'a plus lieu. Et là, tu as un espèce de... Tu vois, ça s'entendra, je pense, à l'enregistrement, mais tu vois, il y a cette espèce de blanc. Du coup, tu n'as plus rien, tu n'as plus de projet. Donc, tu as un vide. Et en fait... arrivé dans ce vide là je me suis dit mais qu'est-ce que qu'est-ce que je fais là-dedans

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Et ça m'a reposé la question, mais pourquoi est-ce que je voulais faire la Trans-American Bike Race

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Parce que c'était un truc fou. OK, c'était aux US en plus de ça, je ne connaissais pas les US, ça me permettait de voyager au milieu. OK, il y avait plein de choses qui venaient de se greffer, qui étaient plutôt sympas et cool. Et je me suis dit, mais en fait, est-ce que c'est les États-Unis qui est important

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est quoi ma priorité

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ma priorité, est-ce que c'est les États-Unis ou c'est le fait de faire un truc qui est ouf

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Pour moi, en tout cas, pour mon niveau d'expérience, ma préparation et tout ce que tu veux. Et en fait, je me suis raccroché à cette priorité, mon sens de priorité qui m'a dit, moi, ma priorité, c'est de faire un truc ouf. Et coup de bol, dans mon entourage, quelqu'un m'avait, je ne sais plus qui, m'avait parlé du Tour de France randonneur de l'US Métro. Et donc, c'est une épreuve qui est reconnue auprès de la Fédération française de cyclotourisme. Ça, c'est la première chose. C'est une épreuve qui existe depuis la fin des années 50, début des années 60. Donc, c'est une épreuve qui fait partie du paysage et de l'héritage cyclotouristique français qui est extrêmement important et qui a inspiré beaucoup d'autres à travers le monde. Il faut juste avoir ça en tête. Et à partir de ce moment-là, je me suis penché un peu sur le parcours pour comprendre de quoi il s'agissait. Donc, suivre les côtes et les frontières de la France, on voit globalement à quoi ressemble centre de notre hexagone, on voit à peu près de quoi il retourne, mais si je te dis signer B.I. ou bien si je te dis, j'en sais rien, moi, arc la bataille, ça n'a pas de dire grand-chose. Clairement. Et là, ça commence à devenir intéressant, je me dis, mais où sont ces petits points reculés de la France

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Et tu commences à ouvrir un... juste tu ouvres une carte quoi donc tu vas sur Google et tu tapes ta carte et tu regardes ce qui se passe et puis tu te rends compte que le projet est quand même pas mal le voyage a l'air top la distance 5000 bandes un tas de temps voyagé c'est pas une course mais tu peux le faire en mode sportif tu fais un peu comme tu veux donc il y avait un défi sportif qui était présent et puis 5000 bandes quand même lorsque t'as fait 1200 bandes dans ta vie au maximum bah finalement ça c'est quand même une belle Ça fait un beau gap, quoi. Et c'est comme ça, en fait. Donc, tu vois, il y a eu ce phénomène de frustration, de digestion de la frustration. Je me suis retrouvé un peu dans le vide sans projet en disant tout ce que j'ai fait, à quoi, comment j'utilise ce que j'ai préparé pendant le reste de l'année pour comment je l'utilise, comment je le mets en œuvre, comment je le mets en action, en forme,

SPEAKER_01

tu

SPEAKER_02

vois. Et c'est là où ça m'a véritablement aidé. C'est de passer l'étape d' après c'est de me dire bah tiens après c'était de rebondir sur mon acquis sur mes priorités et de me dire bah tiens ça ça peut être pas mal et ça rentre en plus ça c'est en France donc il n'y a pas besoin de passer de frontières donc au niveau de la pandémie ça correspond ça matchait bien aussi avec ce truc là et puis et c'est comme ça en fait que je me suis dit ça c'est un beau projet il y a quand même 5000 bornes on a rajouté 2-3 cols au milieu avec Arnaud en fait j'ai proposé à Arnaud et puis moi j'avais rajouté des cols avant et puis on a c'est comme ça qu'on l'a fait et c'est et on j'en regrette absolument rien

SPEAKER_00

c'est somptueux c'est somptueux c'est génial de voir que oui comme tu dis en fait t'as su rebondir alors moi ce que j'ai entendu c'est c'est quelque part ta motivation profonde c'était quoi tu as rattaché à ce projet de de course aux Etats-Unis de traverser les Etats-Unis en autonomie et comment t'as su tu vois identifier ça et une fois que tu l'as identifié bah trouver le projet qui pouvait répondre à tous les critères que tu mettais derrière ce rêve mais qui soit plus réaliste compte tenu de la situation avec le coronavirus hyper intéressant et il t'a fallu combien de temps avant qu'on rentre dans le détail du projet du coup pour digérer on va dire la

SPEAKER_02

nouvelle

SPEAKER_00

écoute je crois que j'ai appelé Arnaud 4-5 jours après ah ouais ouais t'es allé vite t'as pas perdu de temps quoi c'est une bonne leçon je trouve rebondir

SPEAKER_02

tout de suite ouais je crois que ça m'a pris 4-5 jours peut-être une petite semaine exact mais globalement un peu moins d'une semaine parce que Arnaud a eu sa réponse a eu l'information 10 jours après et moi je lui en avais parlé déjà 2-3 jours avant entre 5 et 6 jours entre 5 et 7 jours

SPEAKER_00

hyper intéressant surtout comme tu dis j'imagine que la frustration devait être intense parce que t'avais passé un an à préparer cette course ouais ouais ouais t'es allé vachement vite pour tourner

SPEAKER_02

la page ouais ouais ouais ouais ouais je suis d'accord avec toi en fait je m'en rends pas complètement compte mais en fait le recul en t'en parlant

SPEAKER_00

là effectivement ouais ouais bon si on parle du projet 5000 kilomètres une vingtaine de jours le dénivelé tu l'as encore en tête à peu

SPEAKER_02

près

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

je crois qu'on a fait un peu plus de 60 000 mètres de dénivelé

SPEAKER_00

Ah ouais, oh la vache, ok. Donc, 5000 kilomètres, 60 000 mètres de dénivelé, 20 jours. Ça a été quoi du coup, à priori, c'est-à-dire avant que vous vous lanciez dans le projet, c'était quoi pour vous les gros points, peut-être pas d'inquiétude, mais les aspects du défi, on va dire, qui vous faisaient un peu peur

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Arnaud avait une deadline qui était au 28 ou 29 juin je sais plus parce qu'il devait suivre une formation et en fait donc son inquiétude à ce moment là était de dire est-ce que je vais arriver en temps moi je mon inquiétude elle est pas arrivée avant de partir elle est arrivée plutôt... Non, c'est faux ce que je dis. La première inquiétude que j'ai eue, c'est de dire« Dans quoi je me lance

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

» Tu vois, l'inconnu. J'ai l'impression, tu sais, d'être un... De voir une carte postale de la France devant moi en disant« Je vais vraiment faire tout ça

UNKNOWN

SPEAKER_02

il y a un côté un peu enfantin tu vois ou naïf voilà plutôt naïf en fait devant l'immensité de ça Arnaud avait déjà tu vois réalisé ce genre de distance mais moi pas du tout donc il y avait un côté un peu naïf en disant mais tiens comment ça se passe après tu vois après mais après quoi après le deuxième jour le huitième jour le quinzième le vingtième avant enfin tu vois il y a un côté et c'est ça que moi j'ai trouvé délicieux c'est de retrouver dans cette forme d'innocence parce que même si tu t'es préparé et tout ce que tu veux il y a de retrouver cette petite espèce d'innocence de la découverte qui est absolument pour moi en tout cas un goût merveilleux après chacun son truc mais voilà pour moi ça a été un bonbon quoi vraiment

SPEAKER_00

je me reconnais bien là-dedans aussi c'est clair que ça devait être hyper excitant de te dire bon voilà c'est parti, je vais découvrir, je vais faire quelque chose que je n'ai jamais fait. Et peut-être de le partager en même temps, j'imagine, parce que vous connaissiez déjà avec Arnaud, donc il y avait, j'imagine, cette notion

SPEAKER_02

derrière. Oui, absolument. Je crois qu'il y a eu plusieurs... La notion de partage est une évidence, mais il y a aussi le fait... d'arriver à une forme d'essentiel. C'est-à-dire que tu... Au fur et à mesure du parcours, en fait, on s'est dit... Tu vois, au début, on avait pris des sacs de couchage, un sac de couchage, un matelas, des vêtements un peu plus chauds, patati patata. Et puis, au fait, au troisième ou quatrième jour, on les a envoyés par la poste. On s'est dit non, ça ne sert à rien. On prend du poids pour rien. Et tu... Lorsque tu fais ça, un, ça veut dire que tu as suffisamment confiance parce que tu sais que tu trouveras un lieu pour pionter j'arrive plus à parler pardon pour dormir pour pioncer et pour dormir donc facilement donc ça c'est l'expérience qu'on a eu sur les premiers jours et donc tu lâches une partie de contrôle que tu as amené avec toi

SPEAKER_01

aussi

SPEAKER_00

intéressant

SPEAKER_02

Donc tu lâches complètement ça. Et tu te dis, je sais que je suis convaincu que dans les jours qui viennent, je ne vais pas m'en trouver dans la panade parce que j'aurais lâché mon sac de

SPEAKER_00

couchage. Et vous avez réussi vraiment sur les 17 jours suivants, après les avoir envoyés, à trouver à chaque fois un toit, un lit

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ah ouais

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est hallucinant ça

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

donc tu vois et c'est là où tu te rends compte que finalement t'es accroché si t'extrapoles un tout petit peu et on sort juste un instant du cadre du vélo en fait le vélo est une expérience à cet endroit là pour te rendre compte que en fait dans un milieu qui te semble a priori hostile avant de partir en fait t'as pas besoin de grand chose hum Bien sûr, tu as un vélo, bien sûr, tu as des pompes, bien sûr, tu t'es entraîné, bien sûr, tu as de la flotte, bien sûr, tu as de la bouffe, bien sûr, tu as une carte bleue, tu as un téléphone. Mais lorsque tu y penses, lorsque tu fais le chemin inverse et que tu regardes un type qui s'appelle Pascal Plaine, qui est décédé malheureusement, qui a fait le Tour de France, je ne sais plus combien de fois, 10 ou 15 fois, il faisait tout ça sans téléphone, sans GPS, et avec des cartes donc et en revanche lui avait gardé son matelas et un sac de couchage pour faire le tour de France donc ça mène exactement au sens inverse de nous on a gardé nos GPS nos téléphones et on a lourdé le reste donc ça veut aussi dire tu vois ça prouve encore à quel point on était quelque part un peu attaché à nos téléphones alors on était tous tous les deux ravis lui d'avoir ses enfants en FaceTime et moi d'avoir ma femme au téléphone et puis eux avaient été heureux quand même d'avoir de nouvelles pour leur dire qu'on allait bien tout simplement mais ça te pose encore des questions sur qu'est-ce que t'es prêt à lâcher

SPEAKER_00

ouais alors justement il n'y a pas

SPEAKER_02

une précision

SPEAKER_00

pardon vas-y

SPEAKER_02

vas-y et quelle est la force de l'environnement c'est-à-dire ta femme tes enfants tes potes si t'es pas marié ou ton copain ou ta copine ou peu importe sur toi c'est-à-dire jusqu'à quel endroit t'es prêt à lâcher ça c'est une autre

SPEAKER_00

histoire ouais ouais non clairement tu vois là spontanément si je mets j'imagine, sur des tripes un peu longues que j'ai faites, s'il avait fallu que je lâche mon matelas, mon duvet, ma tente pour... Je n'ai jamais fait un truc comme ça, mais du coup, que je dépende quelque part, tu vois, c'est comme ça que je le vois spontanément, que du coup, je dépende de l'aide d'autrui. Oui, j'avoue que ce n'est pas évident, tu vois. Il n'y a pas eu une forme de pression associée à ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment vous vous organisez

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Du coup, vous rouliez jusqu'à une certaine heure et après vous cherchiez un toit ou ça se

SPEAKER_02

passait comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, oui. Tout à fait. Et après, tu as de merveilleuses applications, Booking, pour ne pas la nommer,

SPEAKER_00

pour

SPEAKER_02

trouver un truc

SPEAKER_00

rapido. Et tu trouves. Ah oui, d'accord. Donc vous ne comptiez pas uniquement sur la générosité de gens qui vous hébergeaient comme ça spontanément

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non. C'est là aussi qu'est-ce que tu lâches, qu'est-ce que tu laisses tomber. Donc il y a plein de choses là on parle d'un matelas et d'un sac de couchage mais maintenant tu peux aller un peu plus loin parce que est-ce que tu as vraiment besoin de 3 shorts ou 2 shorts peu importe et de maillot est-ce que tu peux en garder qu'un seul et trouver un moyen de faire une machine fois de temps en temps quoi tu peux qu'est-ce que tu décroches de toi de quoi de notre tu n'as pas besoin ou de quoi as-tu besoin

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Formule-le comme tu veux, mais dans les deux cas, c'est que tu gardes à

SPEAKER_00

l'essentiel. C'est vraiment intéressant, comme tu dis, ce retour à l'essentiel. Et ça, c'est quelque chose que vous aviez anticipé tous les deux ou ça a été une espèce de découverte, une prise de conscience après quelques jours

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

De façon générale, parce que tu as dit que le matelas est arrivé au troisième jour et visiblement, vous l'avez réalisé à ce moment-là, mais de façon plus générale, ça s'est passé comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

de façon plus générale en termes d'organisation tu veux

SPEAKER_00

dire ouais cette notion de tu vois retour à l'essentiel c'est quelque chose que vous avez cherché à faire au delà du matelas et des duvets que vous avez renvoyé ou

SPEAKER_02

pour moi c'est vraiment en tout cas dans ce qui me concerne c'est vraiment apparu au fur et à mesure et je me suis dit mais en fait tu vois dans les choses essentielles bien sûr ma femme bien sûr ma famille bien sûr mes potes bien sûr ceci bien sûr cela ok mais en fait ce qui m'a été surtout important c'est de dire mais en fait lorsque tu fais un effort physique aussi important au début par exemple

SPEAKER_01

je vais te

SPEAKER_02

prendre un autre exemple on parle de la bouffe parce que lorsque tu fais un effort physique de 250 bornes ou 300 bornes peu importe en fonction des journées ou 150 en fonction des journées avec beaucoup de dénivelé tu bouffes parce que t'as peur de crever la dalle et d'être en hypo une heure et demie après le début de ton col ou bien parce qu'il va faire froid, ou parce que tu vas monter ou en altitude, ou pour une raison ou pour une autre. Bon, ok, très bien. Et puis, subitement, tu te rends compte, parce que tu as eu l'expérience suivante la veille ou l'avant-veille, finalement, tu as fait 100 bornes en bouffant beaucoup moins que la veille, et puis finalement, tu n'es ni tombé dans les pommes, tu n'as pas été moins performant, et puis ça se passait bien. C'est intéressant, comme expérience. Parce qu'à ce moment-là, tu te dis, mais en fait, c'est la peur de mourir de faim, en l'occurrence, qui me fait bouffer avant

SPEAKER_00

d'avoir faim. Ça me fait penser à ce qu'Arnaud disait dans l'épisode que vous avez fait tous les deux sur son podcast. Lui, c'était le froid, je crois. C'est pareil, c'était fascinant de l'écouter dire qu'il s'est surcouvré. En fait, sa peur à lui, sa terreur, c'était le froid. Et il avait... Il avait déjà partagé aussi qu'il voyait comme il organise la Race Cross France. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une course de vélo Carnot-Manzani organisée en France avec plusieurs formats, mais je crois que le plus long est à 2200 ou 2400 kilomètres. 2006, oui. 2006, oui. Les 200 de plus comptent. Et il expliquait en fait que très rapidement au départ, pour les gens qui avaient peu d'expérience, c'était assez flagrant de voir que après 100-200 kilomètres il y avait pas mal de participants encore une fois peu expérimentés qui étaient complètement saturés en sucre parce que le réflexe était tu vois j'aurai pas d'énergie ça va pas y aller je bouffe je bouffe alors qu'en réalité ça a plutôt l'effet

SPEAKER_02

inverse

SPEAKER_00

le

SPEAKER_02

pouvoir du cerveau c'est fou c'est fou et c'est là où tu vois il y a tout toi qui fais un peu d'études en coaching et toutes

SPEAKER_00

ces choses là mais c'est

SPEAKER_02

ça peut être pris comme surmonter une peur connue type Arnaud j'ai peur d'avoir froid mais ça peut être aussi quelque chose dont tu prends conscience au fur et à mesure que tu as l'expérience de ton aventure repartir à l'essentiel pour moi c'est de dire mais en fait qu'est-ce que je prends dans la vie de tous les jours ou qu'est-ce que j'achète ou qu'est-ce que je mange ou qu'est-ce que j'ingurgite d'une manière ou d'une autre ça peut être des fringues, des vélos ou des planchers à de quoi je m'agrège ou de quoi je m'alourdis et dont finalement je n'ai pas

SPEAKER_00

besoin et qu'est-ce que ça a changé pour toi si t'es ok pour le partager après cette expérience du coup

SPEAKER_02

j'ai vendu plein de trucs dont j'avais pas besoin je me suis séparé j'ai arrêté de bouffer plein de trucs je bouffe beaucoup moins j'ai pas maigri pour autant mais j'ai bouffé mais ouais il y a des choses dont je me délaisse

SPEAKER_00

c'est génial de voir qu'il y a eu des enseignements et tout de suite de la mise en pratique après l'expérience

SPEAKER_02

et puis là pour te donner une idée je cherche du boulot en l'occurrence et je suis ravi d'avoir eu des expériences professionnelles que j'ai eues auparavant mais là je cherche quelque chose de beaucoup plus essentiel il y a deux choses qui me tiennent à coeur j'ai un projet de boîte de vélo et puis de trouver un truc dans lequel je me retrouve clairement

SPEAKER_01

et

SPEAKER_02

qui soit essentiel à la vie. C'est plutôt ça. Il y a une forme de simplicité qui, dans mon cas, Arnaud te le dira autrement, mais pour moi, dans ma situation en tout cas, ça a été vraiment une forme de transformation au niveau de la simplicité, de qu'est-ce que je garde dans ce que j'ai vécu. J'ai appris que je n'avais plus forcément besoin d'énormément énormément de choses pour vivre tous les jours, que ce que j'arrête de faire. Est-ce que j'ai besoin de partir, j'en sais rien moi, une semaine au ski, deux semaines à Ténérife pour faire de la planche à voile, et puis une semaine, je n'en sais rien, ou deux semaines en Martinique pendant les vacances. Ce que je n'ai jamais fait. Je n'ai jamais fait ces trucs-là auparavant. Est-ce que j'en ai vraiment besoin

UNKNOWN

? Merci.

SPEAKER_02

Est-ce que c'est indispensable ou pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que j'ai besoin de

SPEAKER_00

ça pour vivre

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que ça me nourrit ou pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Waouh

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

À quel moment tu as eu justement cette prise de conscience que ce Tour de France a été plus qu'un élément sportif

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Mais visiblement, j'ai l'impression, carrément un milestone

SPEAKER_02

perso. Oui. Il y a eu deux ou trois moments. Un des premiers, ça a été un... ça c'était avec Arnaud qu'on l'a vécu je crois que c'est le troisième jour lorsqu'on arrive du côté au nord de Metz on est accueilli par une personne qui s'appelle Pascal Semey qu'on connaissait absolument pas que Arnaud ni moi n'avions rencontré qui vient à notre rencontre il fait nuit, il est 22h il vient à notre rencontre on avait vécu un coucher de soleil extraordinaire sur les hauteurs la nuit tombe Euh... Et Pascal arrive en vélo avec sa lampe, sa dynamo et tout ce qu'il faut. Il nous a dit« Ah, je vous attendais, je vous attendais

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

Venez, on vous a préparé un repas à la maison avec ma femme, vous venez dormir à la maison.» Authentique. Authentique. Un gars extraordinaire, et depuis on a resté en contact, évidemment, et qui nous a accueillis comme ça. Et ce moment-là, alors que tu ne t'y attends pas, il il est 22h, tu t'es pris du vent dans la tronche pendant 320 bornes ou 340 bornes, je sais plus, et quelqu'un vient t'en rendre compte, t'as un phare qui s'allume juste en face de toi dans la nuit profonde et qui te dit« j'ai bouffé à la maison», tu te dis« waouh

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

» Mais t'es touché, t'es touché

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

Tu te rends compte, tu vois, Arnaud et moi, on fait du vélo, on aime ça, on organise des courses, machin, ok, très bien. Tu te rends compte de la gentillesse

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, c'est plus que du vélo, c'est de l'humain.

SPEAKER_02

C'est de l'humain, oui. C'est du cœur, point

SPEAKER_00

barre.

SPEAKER_02

Ça, ça a été un des premiers moments. Un des seconds moments, ça a été dans la descente du Ventoux. On arrive en haut du Ventoux avec deux Marseillais dont l'un d'entre eux, Seb, avec qui on s'est bien marré, on a raconté des conneries tout au long de la montée, et qui, arrivés en haut, on les laisse, on les salue et tout, ils nous avaient accompagnés pendant 850-180 bornes, et on les laisse juste au moment où le soleil tombe. Et dans la descente du Ventoux, moi j'en ai pleuré d'émotion et mais vraiment des larmes aux yeux, de voir la beauté du soleil en train de descendre. J'en ai gardé des photos, c'est somptueux, absolument somptueux. Je me suis arrêté, je ne sais plus, deux ou trois fois avec Arnaud pour voir, tu vois, juste pour voir le soleil se coucher, c'est

SPEAKER_00

tout. Oui. Je ne suis pas surpris, c'est dans le sud. Le sud, c'est magnifique. C'est à la frontière sud,

SPEAKER_02

mais

SPEAKER_00

bon.

SPEAKER_02

Il faut que je ne te l'ai pas vu venir.

UNKNOWN

Pourtant,

SPEAKER_02

non mais c'était absolument enfin tu vois il n'y a pas beaucoup de moments où ça m'a pris d'un point de vue émotionnel comme ça c'est une larme physique c'est pas une expression au second degré c'est le premier degré parce que c'est beau c'est autre chose pour moi ça c'était un second très très grand moment et le troisième moment c'est lorsque j'ai retrouvé en fait j'ai retrouvé des copains dans les Pyrénées, qui sont venus rouler avec nous le col d'Aspin, qu'est-ce qu'on a fait

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

On a fait le col d'Aspin, Tourmalet, et on en a fait un troisième juste avant, Père Sourd évidemment, et qu'on a fait avec eux, c'est des copains que je n'avais pas vus depuis deux ans facilement, et on s'est retrouvés, j'avais la joie d'un enfant qui retrouve vraiment la spontanéité d'un enfant, tu ressens ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

c'est assez magique et c'était un grand moment de bonheur pour moi de la retrouver et ça fait aussi tu vois je te parlais des choses essentielles ben ça c'était essentiel clairement après donc voilà c'était toi ces trois choses trois moments en tout cas qui m'ont vraiment marqué

SPEAKER_00

ouais ouais vraiment

SPEAKER_02

super

SPEAKER_00

on sent quand tu les évoques que ces trois moments là ça a été émotionnellement ça a été quelque

SPEAKER_02

chose ouais et je trouve que dans mon cas en tout cas ça a été vraiment d'être capable d'apprécier et de laisser de la place aux émotions dans mon corps si je puis dire pour les laisser vivre tu peux le conceptualiser tu peux l'intellectualiser tu peux le machin mais te sentir pris par la beauté d'un spectacle spectacle, que ça soit avec des personnes ou bien juste devant un coucher de soleil, c'est pas la même expérience.

SPEAKER_00

Tu penses que tu aurais eu cette capacité à laisser la place aux émotions et à les écouter si vous aviez été dans un état d'esprit plus compétition, faire un chrono, faire un

SPEAKER_02

record

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non. Dans ce cas-là,

SPEAKER_00

tu

SPEAKER_02

regardes pas le coucher de soleil, en fait. Ouais. Ouais, mais c'est intéressant. Ouais, c'est... où tu le regardes d'un coup d'œil en disant tiens c'était pas mal et puis après tu te restes à route mais tu t'arrêtes pas ouais tu t'arrêtes pas à un autre moment je vais donner un autre exemple lorsqu'on part du Mont Ventoux pour aller en direction de Saint-Chignan donc c'était une journée c'était la première journée de grosse chaleur vraiment on s'est pris du vent grosse chaleur et Arnaud commençait à avoir sacrément mal aux pieds pied droit notamment même pied gauche aussi tu m'iras et on arrive on arrive dans un patelin qui s'appelle Saint-Martin-de-Londres que tu connais peut-être toi du côté de Montpellier

SPEAKER_00

tu

SPEAKER_02

m'entends

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

non

SPEAKER_01

je

SPEAKER_02

connais pas

SPEAKER_01

En

SPEAKER_02

fait, on voit une énorme route droite, droite, droite, droite qui arrive dans un patelin et on devine trois énormes platanes au fond. Il fait 30, un bon 30, 35 degrés. On s'est pris pas mal de voitures. On est un peu fatigué quand même. On arrive un peu avant le dixième jour de course ou à peu près, ou de rando. Et on voit trois énormes dans mes platanes, une fontaine d'eau fraîche, un tropier à l'ombre et une boulangerie.

SPEAKER_00

J'imagine déjà la

SPEAKER_02

suite, là. Donc, le truc que tu fais lorsque tu arrives, d'abord, c'est que, un, lorsque tu vois ça, tu t'arrêtes. T'as pas besoin de... deux t'enlèves tes pompes tu fous tes pieds dans l'eau et tu te détends et je peux te dire qu'on avait on a juste tu vois on a c'est le moment où t'as envie de t'ouvrir une binouze avec ton pote c'est le moment où tu le fais pas t'en as juste rien à secouer tu sais t'as un espèce de paradis pour un cycliste qui arrive ici et après tu vois la première partie de journée qui a été un peu violente ouais ouais on était content d'avoir ça et c'est pareil là en mode chrono, même si tu vois ça et que ça t'embave, tu peux t'arrêter si tu veux, mais tu n'es plus en temps chrono dans ce cas-là. Oui, oui. Tu peux... Christophe Elgert, un autre grand cycliste d'ultra-distance, qui a gagné 4 fois la Transcontinental Race et des choses de choses-là, a fait le Tour de France, je crois, en 12 ou 13 jours, tu vois, en mode chrono. Ah oui, oui. vraiment chrono donc tu voilà c'est pas le même niveau d'engagement et là tu t'arrêtes pas tu sautes la première nuit t'avances aussi long que tu peux tu dors un peu après tu dors 2h par nuit ou 3h par nuit et tu te poses pas de questions qu'il fasse jour ou nuit peu importe là c'était pas du tout l'esprit de notre truc de notre tour c'était vraiment on voulait faire des jeux sportifs on a fait quand même 250 dents par jour en moyenne donc c'était pas trop mal on a bouffé du dénivelé et puis ouais on s'est on a profité aussi il y a des jours on s'est posé une heure ou deux dans un café parce qu'il faisait beau que la bouffe était bonne et qu'on était trop content d'être au soleil non mais c'est vrai c'est

SPEAKER_00

aussi ça et comment vous avez géré ça d'ailleurs parce que vous connaissant tous les deux sportivement vous êtes plutôt entreprenant un peu des battants quand même en termes d'état d'esprit il faut le dire donc comment ça s'est passé la collaboration enfin la collaboration c'était plus qu'une collaboration, mais l'aventure à deux comme ça, en termes d'efforts, vous rouliez à la même vitesse, la fatigue, peut-être que les deux n'étaient pas fatigués en même temps, donc comment ça s'est passé

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

En fait, on peut quasiment diviser en deux la route, les huit Huit, neuf premiers jours, moi, je n'étais pas au top. Arnaud roulait plus vite que moi. J'avais un vélo aussi qui était plus lourd que le sien. Et j'avançais moins vite que lui, clairement. Et donc...

SPEAKER_00

Donc là, vous ne roulez pas ensemble, du coup

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

On a roulé ensemble, en fait, jusqu'à avant Cécile, donc au pied des Alpes. Et moi, je me suis arrêté à Cécile. Arnaud était devant moi, il est arrivé, il a fait 30, 40 bandes, 30, 40, peut-être un petit peu moins. Il est arrivé à Annecy, en fait, moi, je me suis arrêté à Cécile.

UNKNOWN

Et...

SPEAKER_02

et c'est comme ça qu'on l'a joué, on s'est dit c'est pas grave, t'es plus rapide que moi, moi je partirai plus tôt demain matin et puis on se retrouvera ça c'était un des trucs qu'on a fait, on l'a fait une deuxième fois le jour suivant aussi, où moi j'ai dans le col de la Madeleine, donc c'est 26 km de montée pour se faire plaisir je suis redescendu de l'autre côté, Arnaud lui il allait plus vite que moi, il était bien en jambe à ce moment là et il est arrivé au col du Vieux Télégraphe le soir même, et moi je me Je me suis arrêté juste en bas, à Saint-Michel-de-Morienne, je crois. Et je l'ai repris le lendemain matin, tu vois. Ok. On a fait ça. On a fait ça ces deux fois-là et après, on a toujours dormi ensemble. Il y a eu ces deux nuits-là durant lesquelles on n'a pas dormi ensemble, c'est tout. On s'est dit, ce n'est pas grave, Arnaud va plus vite que moi à ce moment-là. Moi, je repartirai plus tôt demain matin et je me remettrai dessus. C'est comme ça qu'on s'est fait. Ce qui veut dire, si on prend un tout petit peu de recul, c'est qu'on s'est donné cette liberté-là. Oui,

SPEAKER_01

exactement. Oui,

SPEAKER_02

oui. Et de la même manière, tu vois, lorsque Arnaud, lui, moi, en fait, j'avais un problème de hauteur de selle où je ne trouvais pas, tu vois, je ne me reconnaissais pas. Je savais que j'étais capable de plus appuyer sur les pédales et j'en étais, j'avais beau essayer, en fait, je m'écuisais plus qu'autre chose. Et en fait, j'ai réglé un peu ma hauteur de selle différemment, un peu le recul à droite à gauche. Et c'est comme ça, en fait, que j'ai retrouvé de la forme et de la puissance, en fait, pour appuyer sur les pédales. mes pédales et lorsque j'ai retrouvé ça j'étais reparti tu vois et lui Arnaud avait des problèmes de pied il le savait depuis avant de partir il l'avait déjà rencontré aux US et ainsi de suite et sauf que lorsqu'on est arrivé à Saint-Chignant il se demandait à chaque fois il a dit dans le podcast qu'on a fait ensemble il disait je me demandais où était la prochaine gare au cas où j'ai arrêté complètement pour remonter sur Paris et puis Puis, en arrivant à Saint-Chignon, on a été flingué. Il faisait chaud. On était à mi-parcours, en gros. Et on se tape un resto de ouf. Une énorme pizza et tout. Trop bien. On se requinque, vraiment. Et soi-même, Arnaud m'a dit, attends, Jean, il faut vraiment qu'on trouve une solution. Sinon, c'est plus possible. Je lui ai dit, OK. Et puis, on commence à trouver des solutions. C'est aussi ça qui a fait qu'on a duré... ça a marché aussi entre nous, c'est qu'on s'est entraidés à un certain moment, on s'est donné la liberté de pouvoir avancer à notre rythme aussi à un moment. Tu vois, après dans les Pyrénées, c'est juste pour dire que là, tu vois, à ce moment-là, je l'ai entraidé pour trouver une solution et on a trouvé une qui l'a aidé pour le reste de la course. Un peu plus tard, dans les Pyrénées, moi j'étais bien, tu vois, donc j'avançais et tout. En sortant des Pyrénées, moi j'étais bien entre Dax et en remontant vers c'était Dax oui c'est ça de Dax en remontant toutes les Landes moi j'ai avalé les j'ai avalé les kilomètres tu vois Arnaud s'est mis derrière moi et puis moi j'ai roulé en fait vraiment à fond pour avancer le plus vite possible parce que je trouvais ça extrêmement pénible ce point là donc j'ai tiré tout droit et on a avancé vraiment tu vois et puis à d'autres moments en Bretagne ou en Armandie tu vois j'avais bien un peu avancé à droite à gauche et puis on se retrouve trouver un autre endroit et ainsi de suite tu vois mais c'est voilà on se donnait cette liberté de rouler ensemble à certains moments et puis à d'autres moments on n'était plus ensemble et puis on se retrouvait le soir donc voilà il y a une grande liberté je

SPEAKER_00

trouve en fait et ça vous l'aviez défini avant le départ

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

pas

SPEAKER_00

du tout ok ça s'est mis en place naturellement

SPEAKER_02

ouais cool ouais c'est comme ça

SPEAKER_00

que ça a marché en fait ouais et par curiosité c'est quoi la solution que vous avez trouvé pour son

SPEAKER_02

pied

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

euh En fait, Arnaud a des orteils qui sont plus hauts que le plat du pied. Donc, ce qui fait qu'il y a une tension en permanence sur ses orteils qui sont beaucoup plus hauts. Et en fait, lorsque tu appuies en dessous des phalanges, ça permet de détendre les orteils. Les orteils retombent. Et donc, en roulant une chaussette, on s'est aperçu que ça soulageait les orteils d'Arnaud. Et donc, le lendemain matin... ça c'était un dimanche soir le lundi matin la pharmacie du Petlin de Saint-Chignon en l'occurrence ouvrait et à 8h ou 8h30 ou 9h enfin bref peu importe et Arnaud est à rentrer dedans pour retrouver des espèces de petits coussinets ou des coussins tu vois que tu enfiles et qui permettent de soulager tes phalanges d'avoir un appui supplémentaire sur tes phalanges pour soulager tes orteils ah ouais ok ouais

SPEAKER_00

Voilà. Ok, bon. Merci pour le petit détail anatomique d'Arnaud.

SPEAKER_02

Intéressant. T'es livré à toi-même, donc à un moment, il faut trouver des solutions. C'est quoi la mécanique

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est quoi le processus qui est en place pour qui fait que

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est très actif. Il y a toujours une solution. Il y a beaucoup de solutions qui sont possibles et puis parfois t'as besoin

SPEAKER_00

de l'aide

SPEAKER_01

d'autres

SPEAKER_00

personnes

SPEAKER_02

pour t'aider pour arriver à tes fins quoi ouais faut trouver les ressources

SPEAKER_00

ouais clairement c'est une belle leçon ça aussi tu vois le fait de je trouve ça vachement inspirant de t'entendre raconter comment vous avez quelque part vous vous êtes donné suffisamment de liberté pour bon ok le projet vous l'avez fait à deux mais en réalité en tout cas au début vous ne rouliez pas forcément ensemble vous étiez ok avec ça ça s'est mis en place naturellement et après par contre quand les galères il y a des galères qui sont arrivées que vous ayez réussi à les surmonter tous les deux je trouve que c'est vrai c'est beau en termes de partenariat et d'intelligence un peu quelque part d'intelligence émotionnelle j'ai

SPEAKER_02

l'impression ouais ouais mais je crois qu'il y a un autre phénomène aussi qui est arrivé et naturellement c'est que je crois que le on a co-construit ce truc là ensemble c'est à dire que moi j'ai pas dit Arnaud non non tu m'attends et lui il m'a dit bah allez accélère tu vois ça aurait pu être ça ouais on Voilà, c'est pas comme ça que ça s'est mis en place du tout, du tout, du tout. La manière dont ça s'est mis en place, c'est de se dire, attends, vas-y, avance, et puis voilà, on se tient au courant, on avait des téléphones, on pouvait se retrouver plus tard s'il y avait besoin, tu vois, mais ça, on l'avait pas du tout anticipé, et je crois que ça a été, en fait, je crois que c'est quelque chose qui nous a fait, qui a permis, parce qu'on n'avait pas pensé à ce genre de truc-là, et parce qu'on n'en avait pas du tout parlé, en fait, on n'avait pas uniquement du parcours avant et qu'on s'était dit bon voilà si on arrive à faire 250-300 bornes dans la journée c'est très bien quoi c'est à peu près ce truc qu'on avait en ordre de bataille dans notre tête dans un coin de notre tête et en fait le fait de pas avoir d'avoir laissé beaucoup de vide là où ça peut être anxiogène pour certains pour nous en fait ça nous a permis de créer ce qu'on voulait de co-créer même quelque chose qui nous a aidé en

SPEAKER_01

fait

SPEAKER_02

tu vois c'est C'était l'inverse, c'est-à-dire que le fait de laisser de la place à la créativité et l'imagination au moment où ça allait arriver, finalement, tu n'es pas en train de te dire, oh là là, et s'il nous arrive ça, qu'est-ce qui se passe

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Donc, tu es déjà en train de te mettre dans une spirale un peu négative. Tu es au contraire en train de te dire, on va laisser du vide. Alors, ça peut être hyper, dit comme ça, ça fout les pétoches, mais en fait, dans la réalité, tu te rends compte que, un, tu te bourres le morichon en disant, c'est juste ton mental qui va te rattraper en disant, mais qu'est-ce que tu fais pour avoir un minimum de contrôle sur quelque chose

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

en fait tu gaspilles de l'énergie

SPEAKER_00

c'est tout ce que tu fais tu sais quoi ça me fait penser à c'est vraiment marrant que tu partages ça parce que ça me fait penser à il y a plusieurs projets que j'ai démarré en simultané et du coup je m'étais dit bah écoute il faut que je structure vraiment tout ça donc j'utilise une appli qui s'appelle OmniFocus qui permet de faire des listes de tâches avec potentiellement des séquences etc et en fait il y a un de ces projets où je me suis dit que j'allais aller vraiment dans le détail de l'appel vraiment dans le détail et en fait il s'est passé exactement ce que tu dis c'est à dire qu'au bout d'un moment je cochais des boîtes j'éliminais des lignes de tâches à faire mais d'un point de vue fun créativité j'ai clairement vu une différence, il ne se passait plus grand chose je courais après mes tâches c'est chiant c'est vraiment une bonne leçon je trouve que vous avez réussi à quelque chose que vous avez réussi à mettre en place dans ce projet, mais qui, à mon sens, s'applique dans la vie pro, la vie perso. Arriver à lâcher prise quelque part et à laisser de la place à l'imprévu, à la créativité, comme tu dis. Et quelque part, ça permet de vivre plus pleinement, j'ai

SPEAKER_02

l'impression. Dans notre cas, oui. Dans le cas d'une boîte, tu as un environnement qui te dit qu'il faut quand même gagner de l'argent à la fin du mois.

SPEAKER_00

ce

SPEAKER_02

qui ne veut pas dire que ça ne soit pas rentable parce qu'en fait ton staff est aussi hyper heureux de participer à un projet de mettre leurs pattes et ainsi de suite donc tu peux il y a plein de manières de le voir ce que je veux dire c'est que on était deux on n'était pas une équipe de 10 ou 15 collaborateurs Peut-être que ça marche très bien, j'en ai juste pas l'expérience, et peut-être que ça marcherait très bien, il faut juste faire l'expérience, c'est tout. Mais ce que je veux dire, c'est que la liste de tâches te permet une productivité où le plaisir est moindre, en revanche, l'efficacité est maximale. Nous, on était à l'inverse, c'est-à-dire que si tu prends la balance opposée, nous, on était plutôt complètement à l'opposé de ça. C'était pas moins bien, ni mieux, ni quoi que ce soit, c'est juste qu'on l'a fait différemment. mais c'est une forme qui nous correspondait peut-être que dans une autre équipe la forme de la planification de la tâche et ainsi de suite est beaucoup plus ajustée

SPEAKER_00

donc

SPEAKER_02

je crois que c'est aussi l'environnement

SPEAKER_00

non mais clairement et puis c'est peut-être aussi une question de balance à trouver tu vois c'est-à-dire que si je reprends ce projet en particulier sur lequel enfin que j'évoquais clairement la création de ces listes etc. a aidé mais c'est peut-être un niveau tu vois le niveau de détail dans lequel je suis allé donc comme tu dis c'est vrai que c'est peut-être contextual mais aussi une question de

SPEAKER_02

dosage on va dire ouais ouais mais c'est bien d'avoir une expérience toi parce que

SPEAKER_00

c'est comme ça que tu l'as appris aussi ouais non exactement exactement bon bah écoute super intéressant et qu'est-ce que qu'est-ce que t'en retires toi alors peut-être d'un je vais faire plusieurs questions dans la question mais peut-être déjà d'un point de vue même si on l'a un petit peu évoqué d'un point de vue humain parce que ce défi tu l'as comme tu disais vous l'avez co-créé à deux donc qu'est-ce que toi tu retiens de tout ça et avec quoi est-ce que tu repars que ce soit en termes de collaboration de communication notamment et deux qu'est-ce que c'est quoi la suite qu'est-ce que ça a déclenché comme envie à venir que ce soit sportif ou

SPEAKER_02

pas pour toi pour moi

SPEAKER_00

il y a

SPEAKER_02

une étape de priorité qui est remontée à la surface, c'est-à-dire est-ce que j'en ai vraiment besoin

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que c'est l'essentiel

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que ça me nourrit

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Autrement dit, pas forcément en termes alimentaires, mais aussi en termes d'émotions, de satiété, de réconfort, de bonheur, de joie, de larmes, de ce que tu veux. Mais comment ça me nourrit

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que j'ai besoin de ces nourritures-là ou pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

ça c'est un vrai sujet ça pour moi c'est le genre de truc tu vois où tu changes enfin pour moi en ce qui me concerne excuse moi c'est vraiment un changement un peu de paradigme où j'étais plutôt dans l'excès de tout avant et là je me dis bah tiens si je me reconcentre sur l'essentiel c'est quoi mon essentiel à moi je suis pas en train de donner une leçon de morale c'est pas le sujet mais de quoi j'ai envie de quoi j'ai vraiment besoin tu vois est-ce que j'ai vraiment besoin d'avoir avoir 10 vélos, alors j'en ai pas 10, mais où est-ce que juste 2 me suffisent, tu vois. Voilà. Et ça, ça sous-entend de ressentir un besoin physiologique, quoi, pour le coup. Lorsque t'as faim, tu sens que ton ventre gargouille, quoi, t'as la sensation de la faim. Est-ce que lorsque tu achètes ton quatrième vélo, t'as la sensation d'un quatrième besoin, ou est-ce que c'est une conception mentale

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Tu vois

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

je suis désolé d'être un peu caricatural mais c'est un j'essaie simplement

SPEAKER_00

non mais tu sais quoi ça me parle beaucoup parce que quand on à l'époque on travaillait ensemble en fait je me suis retrouvé à un moment donné avec 4 vélos dans mon petit 32m2 parisien donc ça et je quand je repense à la situation c'est je vois très très bien ce que

SPEAKER_02

t'évoques voilà mais c'est pareil après ça tu le décuples à tous les niveaux autour de ta vie après dans tes potes est-ce que t'as besoin de tout ce qu'on a ou pas est-ce que t'as besoin de euh gagner autant, je vais être un peu franc, mais est-ce que tu as besoin de gagner autant d'argent ou pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que tu as besoin, on a beaucoup parlé et échangé sur l'environnement, l'écologie ensemble et c'est un sujet sur lequel on se retrouve à beaucoup d'endroits. Est-ce que j'ai besoin de prendre un avion pour partir en vacances

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que je peux y aller en vélo

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je tiens le trait volontairement mais c'est juste pour voilà comment moi ça m'interpelle c'est de quoi j'ai vraiment besoin est-ce que j'ai besoin d'acheter plein de merdouille qui me servent à rien ou est-ce que juste cultiver mon potager ça me suffit quoi ouais

SPEAKER_00

Donc ce retour vraiment à l'essentiel, ou en tout cas à l'essentiel, en tout cas à ce qui apporte une valeur ajoutée à ta vie, une vraie valeur ajoutée. Exactement, complètement. C'est du minimalisme en fait, non

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Exactement, c'est comme ça que je course. Oui, absolument. Il y a une forme de minimalisme, pas pour tomber, tu vois, sans des excès de radinerie, c'est pas du tout. Au contraire, je lui ai de l'argent pour des enfants autistes, pour mon filleul qui a atteint une maladie, enfin, tu vois, donc c'est pas du tout... De faire le moins possible, c'est pas ça, mais de faire le nécessaire. Mais pour des... Oui, faire le nécessaire. C'est pas... consommer parce que c'est disponible et parce que j'en ai moyen, c'est parce que j'en ai besoin.

SPEAKER_00

un vrai besoin je veux dire c'est ça que j'entends c'est un besoin quasi vitale

SPEAKER_02

exactement et puis toi tu peux amener un peu évidemment tu le confort n'est quand même pas désagréable mais tu vas pas bien sûr j'ai un frigidaire un four des trucs un peu évident comme tout le monde c'est une assez tu vois ça c'est utile et ça m'est utile ça m'apporte quelque chose voilà mais je fais cuire la viande je ne suis pas un père paléo je sais plus quoi qui vous en avez cru, voilà, mais il y a un peu de ce côté-là, c'est de se dire, de quoi j'ai vraiment besoin, est-ce que j'ai vraiment besoin du dernier téléphone d'une grande marque connue, ou est-ce que je peux me barasser, est-ce que je peux m'en passer, est-ce que je peux attendre la quatrième ou cinquième génération qui suivra, est-ce que, j'en sais rien moi, tu vois, c'est vraiment, est-ce que j'ai besoin de partir aux huit endroits de la France ou de la planète pour partir en vacances, est-ce que, et peut-être que tu en as besoin. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas le faire. Ça veut juste dire se poser la question. Disons, mais à quoi ça m'apporte

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

En quoi ça me nourrit

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Et

SPEAKER_00

c'est dur de faire ça. C'est vachement dur. Oui, parce qu'il y a un paquet de croyances associées à tout ça. On ne va pas faire du marketing de bas niveau, mais on est aussi exposé à une quantité de messages qui peuvent faire penser qu'on a tout le temps besoin de plus, mieux. Dans le cadre du sport, dans le sport, c'est très facile de tomber dans... Est-ce que j'ai besoin d'acheter un nouveau vélo pour aller plus vite

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, exactement. Exactement, oui. Clairement, écoute, super intéressant comme message. Et sur la suite alors

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Qu'est-ce que ça t'a donné

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Dans quoi est-ce que tu te lances pour pouvoir revenir sur le podcast des Frappés et nous partager la prochaine aventure complètement folle

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ce serait quoi le teasing que tu nous fais aujourd'hui

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Il y a quelques courses de vélo en France qui me font très envie. Donc, j'y participerai. Ce n'est pas forcément des courses de 5000 bandes, loin de là, bien au contraire. Mais c'est de repasser dans les traces d'anciens cyclistes, notamment, qui ont fait des courses extraordinaires, qui étaient des... des athlètes de très très haut niveau dans les années 1910 1920 1930 qui ont fait des courses mais hallucinantes en pignon fixe avec en simple pignon ou en double pignon et qui ont traversé des massifs il y a d'ailleurs un suisse qui l'a refait il y a quelques années de ça Patrick Seabase qui a fait qui a traversé qui a fait une étape de 310 320 bancs je ne sais plus à travers les Pyrénées en pignon fixe et sans frein donc voilà il y a des Sans

SPEAKER_00

frein

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Si on ouvre une petite parenthèse, comment il gère ça sans frein

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

En dérapant, en bloquant sa voie arrière. Je ne le ferai jamais, je mettrai des freins et je ne recommande à personne de faire ça vraiment sur des longues distances et en descendant de ça. Il faut vraiment être entraîné. Il y a des auditeurs, donc il ne faut quand même pas raconter tout et n'importe quoi. il faut quand même être un peu prudent c'est dangereux le mec a l'expérience il est physiquement extrêmement affûté il n'y a aucun sujet là dessus mais il faut quand même être un peu prudent Donc voilà, j'ai des petits projets comme ça. L'année prochaine, il y a aussi une superbe traversée qui est organisée d'un point de vue cyclotouriste, qui est organisée par Stéphane Gibon, qui s'appelle La Réconciliation, et qui part notamment des plages du débarquement en Normandie pour finir, et passe au travers notamment des plaines de la Première et Seconde Guerres mondiales.

SPEAKER_01

en

SPEAKER_02

traversant évidemment la Somme, la Marne Verdun et terminant en faisant un tour en Allemagne pardon pas en Allemagne mais en Alsace et terminant à Belfort en gros en passant donc tu prends la première et la seconde guerre mondiale et tu prends les terrains de bataille de la première et la seconde guerre mondiale donc ça ça va pas être ça va pas être piqué des hannetons voilà il y a des petites choses comme ça qui me parlent et qui me font plaisir qui vraiment sont il y a des courses qui sont vraiment axées performance mais qui sont pas du tout organisées avec un organisme et ainsi de suite donc c'est plutôt des routes que j'essaie de faire le plus rapidement possible en tout cas pour mon niveau et ma condition physique et puis il y a des routes que j'ai envie de voyager, de prendre pour effectuer un

SPEAKER_00

parcours quoi véritablement Waouh, bah écoute, ça donne envie si tu devais on arrive à la fin, si tu devais peut-être fort de ton expérience de de ce Tour de France avec Arnaud et surtout des enseignements que tu en as tirés, qu'est-ce que tu aurais envie de partager

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, c'est un peu la question classique, mais le conseil que tu donnerais, du coup, ce serait

SPEAKER_02

lequel

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Trouver un truc fou dans votre tête, préparez-vous et puis allez-y sans me poser de questions. Vraiment, il y a un endroit où il faut... on imagine toujours la solution on imagine la solution au problème avant de poser la question moi je commencerais par la question et puis

SPEAKER_00

on me

SPEAKER_02

lancerait

SPEAKER_00

commencer par la question

SPEAKER_02

à se lancer ouais c'est vraiment ça se laisser cette c'est vraiment le choix de la

SPEAKER_01

liberté

SPEAKER_02

ouais C'est vraiment le choix de prendre le temps de choisir ce que je veux

SPEAKER_00

faire différemment. Écoute, on retiendra ça, savoir faire le choix de la liberté. C'était génial d'écouter. J'ai bu tes paroles. Il faut définitivement que je recontacte Arnaud pour avoir son histoire aussi de son côté. Mais ça avait l'air incroyable comme expérience. En tout cas, ça fait plaisir pour tous les deux que vous avez réussi à la co-construire ensemble. C'est vraiment génial. Encore merci d'être venu là la partager avec nous. Hâte de diffuser tout ça. Je suis sûr que ça inspirera un paquet de gens. On a échangé pas que sur l'aspect sportif. C'est ça que j'ai trouvé vraiment passionnant dans la conversation. Plein d'enseignements. En tout cas, il y a plein de choses avec lesquelles je repars. J'ai pris des petites notes pendant qu'on échangeait. Encore merci pour tous ces partages, Jean-Lin. Je te souhaite tout le meilleur pour la suite, pour tes prochains projets. Je te dis, j'espère à bientôt. Avec grand plaisir, Loïc. Merci à toi. Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pros ou persos. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact.lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'à commentaires. Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao

UNKNOWN

!