SPEAKER_02

c'était la vie d'aventure à la Tintin. Tu arrives des fois, parfois ou pas, avec ton gilet pare-balles. Salut les gars, je suis embarqué en mission. Il y avait ce côté un peu du héros, tu vois, le héros romantique des films. Et moi, j'adorais ça.

SPEAKER_00

Bonjour Pierre-Larry, bienvenue sur le podcast.

SPEAKER_02

Bonjour

SPEAKER_00

Loïc. Très heureux de t'accueillir aujourd'hui. Pour plein de raisons différentes, tu as un parcours vraiment atypique. C'est d'ailleurs ce que tu expliques un petit peu sur ton site, mais tu es passé par de la photographie, du sport, du coaching, de l'aventure. Il y a plein de choses dont on pourra échanger. Je vais d'ailleurs te laisser commencer par te présenter. L'idée, ça va être qu'on fasse un balayage un petit peu de tout ce parcours incroyable et que tu évoques avec nous peut-être les enseignements que tu en as tirés en termes de résilience, détermination, dépassement de soi. Et puis voilà, on verra où la conversation nous mène. Je te laisse du coup peut-être commencer par te

SPEAKER_02

présenter. Merci Loïc pour l'introduction. Moi, ça me fait vraiment plaisir d'être là, d'échanger autour de ce podcast. Moi, je pense que la première chose qui me vient à l'idée parce que ça représente quand même beaucoup pour moi c'est d'être membre de la société des explorateurs français parce que ça englobe un petit peu mon parcours et les chemins de traverse que j'ai pu emprunter donc la société des explorateurs français en fait ça a été créé en 1937 et ça regroupe des personnalités un petit peu au parcours différent alors on partage l'idée même que l'existence est une aventure donc on va retrouver des explorateurs, des écrivains, des photographes et quand moi j'avais postulé maintenant il y a quelques années, j'avais rencontré Olivier Archambault, c'est le président de la SEF lors d'un salon du livre à Autran où moi je présentais mon deuxième livre qui s'appelle Journal d'un jeune alpiniste et à cette occasion en fait on avait échangé sur une possibilité d'entrer à la Société des Explorateurs alors il faut avoir deux parts pour pouvoir entrer, il faut prouver en fait de par ses expéditions ou explorations qu'on a quelque part servi une cause ou aller loin dans son chemin. Et pour moi, oui, ça représente quand même beaucoup parce que ça englobe vraiment ce que j'ai pu mettre en place. Alors, comme tu l'as dit, tu vois, de l'écriture à la photographie, en passant par les expéditions haute montagne, mais aussi la découverte de pays en conflit, de régions vraiment reculées

SPEAKER_00

dans le monde. Et si on revient du coup un petit peu sur ce parcours et ces différentes expériences que tu as pu vivre

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment tu te présentes quand les gens te demandent que fait Pierre Larry dans la vie

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment tu réponds à cette question, à priori banale, mais là, spontanément, si j'étais à ta place, mince,

SPEAKER_02

complexe en fait. En fait, spontanément, ça dépend du public que j'ai en face, mais d'un point de vue plus professionnel, je dirais qu'en ce moment, je suis un… Je suis un skipper, entrepreneur, guide, qui essaye de faire passer des émotions, surtout à travers la voile, via Explora Project. C'est une petite agence de voyage startup assez engagée qui propose des immersions en aventure qui sont quand même hors des sentiers battus. Et à côté de ça, je suis aussi coureur, coureur au large, équipier professionnel sur un projet de voile depuis plusieurs années et je continue à essayer de de penser à des projets d'expédition aussi en montagne, beaucoup m'entraîner. Alors comme ça, c'est un peu... Je n'ai pas fait une super présentation. Tu vois, si je suis invité sur un salon du livre, les gens vont me présenter comme Pierre-Larry Petronne, explorateur, écrivain, voyageur. Alors maintenant, je travaille dans la préparation physique et je vais me présenter comme, c'est sûr, un explorateur parce que je pense que ça, c'est la base de Je pense qu'à compétence égale, je pense que l'identité d'un entraîneur, elle fait la différence. Et moi, mon identité, quand j'apporte quelque chose dans la préparation physique, outre le fait que j'ai pu avoir la chance et l'occasion d'entraîner des sportifs de haut niveau et des athlètes olympiques, c'est à un moment donné, la différence se fait sur le terrain avec quelque chose qu'on a au fond de soi. une passion. Et ça... c'est l'explorateur parce que c'est le cumul de toutes mes expériences qui me permet d'être ce que je suis sur le terrain et de transmettre auprès des athlètes ou des sportifs certaines émotions ou certaines lignes directrices.

SPEAKER_00

Ce parcours d'explorateur, comment est-ce qu'il a commencé

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ça a été quoi le déclencheur quand tu étais plus jeune qui t'a permis de te

SPEAKER_02

lancer

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Tu vois, hier soir... je rentrais, je me suis mis une petite musique de Nina Simone, parce que j'aime beaucoup cette artiste. Et donc, et en faisant le ménage, en faisant un petit peu le ménage, écoute, il y a une valise chez moi, une valise dans laquelle il y a tous mes carnets de bord. Et ça faisait longtemps, vraiment très longtemps que je n'avais pas regardé dedans. Et en fait, c'est comme un peu un trésor, cette boîte. Tu vois, c'est comme une boîte à rêves dans laquelle ça alimentait autant les rêves d'aventuriers et comme un enfant qui va ouvrir un coffre et qui va redécouvrir à travers les livres ou les écrits. Donc en fait, dans cette valise, quand je l'ouvre, il y a quand même beaucoup, j'ai beaucoup d'émotions. Ça me beaucoup parce que maintenant c'est rempli de nombreux carnets, des petits carnets que j'allais souvent acheter chez un relieur spécialisé à Grenoble dans une petite ruelle d'artisans et ça me tenait à coeur à chaque fois d'y aller et d'acheter un carnet qui avait du sens ou en tout cas fabriqué à la main par des petits artisans et je pense que ça a commencé tout jeune alimenté par par les livres, par Tintin, Indiana Jones, les aventures de Conrad, Corto Maltès. Je ne lisais pas beaucoup quand j'étais plus jeune, mais j'étais vraiment très souvent en nature. J'ai grandi aux abords de Grenoble, pas Grenoble même, dans la nature, dans la vallée du Grésil-Vaudan, et j'étais vraiment tout le temps dehors. Et ce chemin un peu d'aventure dans dans la forêt, dans les montagnes, avec mes parents. Si tu veux, il est ressurgi un peu plus tard, vers 18-20 ans, où j'ai commencé à écrire. En fait, toutes ces choses en moi... en tout cas de l'aventure, elles ont ressurgi à ce moment-là. J'aime bien cette analogie par rapport au... Je te partageais comme ça quelque chose, cette analogie par rapport à cette valise, mais cette valise, en fait, si tu veux, elle englobe tous les carnets, quoi, de l'Afghanistan dans les vallées de Massoud, aux expéditions Népal en Himalaya, donc c'est beaucoup de matière brute, beaucoup de matière brute, beaucoup d'écrit, et hier, ça m'a fait chaud au cœur d'ouvrir tout ça. Et je pense que ça commence déjà d'un rêve, ça commence d'une connexion profonde avec mon être et ça petit et ça comment je peux l'expliquer je n'aurai pas vraiment d'explication mais je pense qu'il y a une connexion profonde avec son âme

SPEAKER_00

Qu'est-ce que tu es allé chercher du coup quand tu as commencé parce que si je ne me trompe pas tout ton parcours tes grands voyages ont commencé en fait par du reportage sur des zones de conflit c'est

SPEAKER_02

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui en même temps que je finisais des études dans le sport Il y a un moment donné, quelque chose qui était très fort en moi, notamment le fait de de comprendre l'existence humaine vraiment en profondeur. Et c'était associé par une fascination des photographies en noir et blanc de Cartier-Bresson, Willy Ronis, de beaucoup de photographes qui m'ont inspiré, notamment de l'agence Magnum. Et je voulais aussi apporter ma pierre au débat de ce monde, vivre l'histoire en direct. Et pour moi, vivre l'aventure, c'était d'être... un aventurier dans ces pays-là. Parce qu'en fait, c'est dans ces pays-là que je trouvais que c'était le plus intéressant au niveau géopolitique, relations internationales, de comprendre vraiment le monde, tu vois, dans son entièreté. Mais autant le monde, ben, dans sa sphère... relationnel et autant aussi le monde dans sa sphère intime et donc j'ai commencé j'ai fait une première mission écoute si on remonte au tout début avec les étudiants en santé de Grenoble au Pérou dans un orphelinat ça a été voilà le début du alors ça s'est fait un petit peu en amont où j'avais remporté un prix en photographie mais là c'était le début un peu de pour moi, de la photo, du premier carnet de bord, du premier long voyage au Pérou. Et après, il y a eu vraiment, on peut dire, j'ai envie d'être un reporter, tu vois, un photographe. Et j'ai rencontré plusieurs personnes qui ont été décisives un petit peu dans cette aventure. Et je suis parti.

SPEAKER_00

Dans quel sens

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est eux qui t'ont inspiré ou ils t'ont poussé à partir avec eux

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Dans quel sens ils ont été décisifs

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors, en fait, la première rencontre, c'était Claude Muller. C'était un historien éditeur qui réalisait de nombreux films un petit peu sur... De toutes sortes, on va dire. Et lui, il m'a mis quand même le pied à l'étrier en m'encourageant à aller faire de la photo, en me donnant des bases. Je me souviens que j'étais chez lui dans son bureau, puis on parlait technique, ouverture, tu vois, des appareils photo argentiques. Et je lui partageais aussi quelques écrits. Et c'est lui qui m'a fait rencontrer une autre personne qui s'appelle Fernand Meunier. Fernand Meunier, il intervenait à la fac de droit sur les droits sociaux et économique et culturel des Indiens Amberas en Colombie. Donc lui, c'était un spécialiste de la Colombie pour Amnesty International. Et il était en train d'éditer un livre, notamment sur la Colombie via Claude Muller. Et en fait, je les avais rencontrés lors d'une exposition photo. Parce qu'à cette époque-là... J'étais comme une éponge, en fait. Il y a un livre qui me touche énormément, c'est« L'être à un jeune poète» de Rilke, qui dit« Être poète, c'est tout habiter, c'est tout respirer». c'est mourir autant de fois que possible et revivre dans toute l'étendue de son être. Je me souviens quand même de la citation, et pour moi, c'était tout vivre, m'imprégner de tout. Alors, j'ai dévoré du Tolstoy de Guerre et Paix à Le Clésio, que je connaissais, tu vois, des livres de Le Clésio qui sont magnifiques, à d'autres livres de Théodore Monod, Méharé... Tu vois, là, je jette un coup d'œil parce que la bibliothèque, elle est juste à côté, mais il y a eu beaucoup de lectures, même l'éthique de Spinoza, de la philosophie à des livres plus contemporains et des romans de Nicolas Bouvier, L'usage du monde. J'ai énormément lu, énormément, énormément, et j'ai assisté à beaucoup d'expositions photographiques. Et du coup, de ces rencontres, Fernand Meunier, en fait, on a une belle relation et... d'amitié, et donc on est partis ensemble après, par la suite, en Palestine, en bande de Gaza, en Colombie, et puis moi, j'ai continué après un petit peu en solo sur le Kosovo, puis

SPEAKER_00

l'Afghanistan. Oui, donc des zones sensibles quand même à chaque fois.

SPEAKER_02

Oui, des zones sensibles, parce que pour moi, c'était, tu vois, comme je te l'ai dit tout à l'heure, c'était de vivre l'histoire en direct, et puis l'enjeu du monde, se passer je pense, à un moment donné dans ces pays-là. Et au-delà de tout ça, pour moi, il y a porté la flamme. Et cette flamme, c'était défendre une cause au plus profond, vraiment au plus profond de moi-même. Et pour ça, pour moi, je voyais que d'aller dans ces pays-là. Et Ernest Sabato, c'était un écrivain, il disait« Je suis allé là où le fond n'a plus de au plus profond de la nature humaine. Je pensais qu'en tant qu'écrivain en devenir, photographe, j'étais passé par le sport du haut niveau qui m'avait apporté beaucoup de valeurs, de structures, mais dans cette vie d'exploration, je voulais aller comprendre l'homme. Je voulais aller comprendre l'homme dans son entièreté et dans son intimité. Pour moi, c'était incontournable d'aller dans ces pays-là et surtout c'était la vie d'aventure à la Tintin quoi franchement alors entre guillemets à la James Bond comme dans les films où t'arrives des fois parfois ou pas avec ton gilet pare-balles salut les gars je suis embarqué en mission il y avait ce côté un peu du héros tu vois le héros romantique des films et moi j'adorais ça j'adorais ça jusqu'à un certain point où tu te protèges tu te protèges avec l'appareil photo je me suis protégé avec mon innocence, ma naïveté mais après au bout d'un moment il y a des choses terribles que j'ai eu, vraiment des choses terribles

SPEAKER_00

peut-être avant qu'on parle de ce que tu as pu voir ou en tout cas ce que tu en as appris c'est intéressant parce que ce que je comprends c'est ce qui t'a poussé à partir sur ces zones de conflit. C'est à la fois une quête d'aventure et puis, comme tu dis, ce besoin de comprendre quelque part la nature humaine. Et donc, pour toi, cette nature humaine, ce que j'entends, tu me dis si je me trompe, mais c'est que en situation de conflit, on ne peut pas vraiment se cacher. On ne peut qu'être soi-même. Et donc, c'est là où du coup, on se révélerait complètement. C'était un peu ça l'idée que tu évoquais tout à l'heure.

SPEAKER_02

Oui, oui, oui. J'aimerais bien te partager un petit texte. Et je pense que ça répond en partie à la question. Oui. Alors, ça commence comme ça. Je suis et j'ai toujours été un auteur du cœur qui essaye de restituer une émotion. une émotion de l'âme, et j'aimerais laisser dans mes mots le reflet de la beauté que j'aurais capté et su restituer dans le monde. C'est à travers l'écriture que j'appréhende la réalité du monde, invisible et subtil, et j'aime pénétrer dans l'intimité des moments, d'y écouter le silence de la vie et d'en extraire la poésie de l'infime. J'aime rendre compte des visions, sensations, émotions, plus profondes, plus complètes. Voilà. En fait, il y a une phrase de Bergson. Écoute, il y a une phrase de Bergson qui dit« Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, alors l'art serait inutile, ou plutôt serions-nous tous artistes, car notre âme vibrerait alors continuellement à l'unisson de la nature.

UNKNOWN

»

SPEAKER_02

Et je pense qu'au-delà de ce sens, de cette quête existentielle, il y avait au plus profond cette envie de connexion avec l'âme

SPEAKER_01

humaine.

UNKNOWN

Hum.

SPEAKER_02

Autant elle peut être merveilleuse à certains moments et on peut la contempler, autant pour la comprendre, elle se trouve aussi en nous, dans nos souffrances, ou dans certains pays, dans les pays en guerre, ou dans ce qu'on peut vivre dans nos sociétés aussi

SPEAKER_00

contemporaines. Et donc, une fois sur le terrain, tu pars avec cette quête en tête de comprendre mieux, de découvrir profondément ce qu'est l'âme humaine et à la fois de répondre à un besoin d'aventure. Une fois sur le terrain, tu es confronté à quelle réalité

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je pense que j'ai voyagé, j'étais très jeune. À cette époque-là, j'avais 20, 20, 21, 22, 23. Ah oui, effectivement. Et en fait, je me sentais quand même vraiment protégé. Je voyageais vraiment avec une innocence. Et le recul, je ne l'ai pas eu non plus tout de suite. Tu vois, je faisais des photos pour vivre ma vie d'aventurier. Il y avait... Et après, je me protégeais comme ça, si tu veux. Donc après, la réalité sur le terrain, c'est sûr que tu es dans un pays en guerre. Donc après, il y a toutes les mesures de sécurité à prendre en jeu. Il y a plein de paramètres à bien respecter. Mais si tu veux, les choses difficiles que j'ai pu voir, elles ne sont pas ressurgies sur le moment même. Elles sont apparues par la suite.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_02

Parce que je pense qu'à un moment donné, c'est valable pour les humanitaires, les photographes de conflit, pour les personnes qui sont en première ligne. Parce qu'il faut bien penser que dans ces pays-là, les humanitaires... Donc là, je fais un petit paragraphe sur les humanitaires, mais les humanitaires, ils ne sont pas poitrés dans des bunkers... comme ça peut être l'OTAN, l'armée ou parfois même les Nations Unies qui sont qui sont quand même à l'extérieur et qui continuent à envoyer des dossiers sans être vraiment sur le terrain. Ça, c'était vraiment une situation réelle en bande de Gaza, en Palestine et notamment en Afghanistan. Et les humanitaires, ils sont toujours aux abords. Donc, eux, ils sont avec la population, les locaux et toujours… en train de vivre le quotidien de ces personnes-là. Et donc, moi aussi, en tant que photographe, j'ai beaucoup travaillé avec des ONG, notamment Médecins du Monde, Amnesty International, sur ces questions-là. Donc, j'étais au cœur de ce qui était en train de se passer. Oui, voilà, les choses difficiles, parfois, ça peut être un petit peu lourd, mais Et surtout, je pense qu'il y a eu le recul après. Et puis, il y a ce point de non-retour. C'est ça dont je parlais. C'est-à-dire qu'à un moment donné, tu as l'impression que tu n'es compris que par les personnes avec qui tu peux être dans ces pays-là. Toi, personne n'a vécu vraiment ce que toi, tu as vu dans un pays en guerre. Et là, il y a vraiment

SPEAKER_00

une scission entre deux mondes. Et ça, c'est hyper intéressant parce que j'avais écouté un épisode d'un reporter de guerre sur le podcast Les Baladeurs. Je ne sais plus comment il s'appelle. Tu le

SPEAKER_02

connais

UNKNOWN

? Ce n'est pas Olivier Weber?

SPEAKER_00

Si, exactement. Olivier Weber, oui. Il disait exactement ça. En tout cas, lui avait fini par... La conclusion, c'était qu'il avait fini par ne plus forcément échanger sur ses expériences parce qu'il se rendait compte que c'est juste impossible à comprendre quand tu n'y as pas été toi-même. Du coup, la question que je me pose, c'est comment est-ce que tu t'es nourri de ces expériences et comment est-ce que tu as réussi à en tirer le positif et à ce qu'elle te soit quelque part bénéfique parce que à l'âge que tu avais sans rentrer dans le détail de ce que tu as vu j'imagine qu'il y a eu des trucs je ne peux même pas imaginer d'ailleurs mais tu disais qu'il y a eu des choses difficiles et donc comment est-ce que toi tu as réussi maintenant à postériorer avec le recul à t'appuyer sur ces expériences et comment est-ce qu'elles t'ont été bénéfiques pour la suite de ton

SPEAKER_02

parcours

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors déjà petit clin d'œil pour Olivier Weber, parce que Olivier Weber, c'est membre de la Société des Explorateurs Français, et c'était mon parrain, un de mes parrains, pour rentrer dans la Société des Explorateurs. Ah, cool

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

Donc, ouais, que j'apprécie beaucoup. Et après, pour revenir sur ta question, je pense qu'au début, ça vit en nous, en tout cas, ça vit en moi, avec... avec douleur, et j'apprends du temps à ce que ça soit, qu'il y ait plus de douceur dans ces images que j'ai pu faire, et je pense qu'il y a un grand principe, je ne me suis jamais senti, en tout cas je ne suis jamais parti avec un sentiment de... de culpabilité ou de, tu vois, un sentiment qui pourrait être générateur d'émotions plutôt négatives. Je me suis toujours dit, je suis parti en aventurier, j'ai essayé de faire le mieux possible, de montrer ce qu'on ne savait pas, d'essayer de raconter le plus de choses à travers les images, à travers l'écriture. Et ça s'arrête là. Et après, je n'ai pas continué non notamment sur les pays en conflit, parce qu'avec l'Afghanistan, ça a été, on va dire, le cinquième pays où c'était un petit peu difficile. Et puis, après, je suis vite arrivé aussi à une situation professionnelle ou plus difficile, parce que c'est vraiment dur de vivre de la photographie d'investigation, du photo-reportage. La place laissée dans les journaux pour ce type de reportage, elle est faible. Donc, il y a des festivals comme Visa pour l'image où il y avait des grands photographes, où boucler les fins de mois, c'est toujours difficile. Et je ne voulais pas vivre dans cette marginalité. Et je pense qu'à un moment donné... J'ai fait le tour, j'ai fait le tour entre guillemets, c'est-à-dire pas le tour en termes d'histoire ou parce que j'aurais aimé passer du temps, encore plus de temps. Il y a des régions fabuleuses de la Palestine, de l'Afghanistan, mais en termes de souffrance humaine, en termes de voir des... Voilà, des cadavres d'enfants, de voir la guerre, de voir que l'humain, c'est plus le même homme dans un pays en guerre. Pour moi, c'était quand même, on va dire, assez. Et surtout, il n'y a pas eu... Comme je te l'ai dit, c'est à un moment donné, je vivais difficilement de... de ça, donc ça joue dans la balance. toutes ces expériences, je pense que c'est l'écriture, quelque part l'écriture, ça reste comme un jardin, tu vois, de même que la photographie, mais c'est quand même à travers l'écriture que j'ai réussi à exprimer des émotions dans mes lettres, dans mes journaux, et surtout, surtout je dirais pour moi, c'est la montagne, la montagne, elle est comme une amie, et et j'ai toujours pratiqué énormément l'alpinisme, la montagne, et donc elle a pris le pas par la

SPEAKER_00

suite. Et donc la montagne comme exutoire, qu'est-ce que ça a donné après, pour la suite du parcours

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Donc là, on a fait le tour, on va dire, du premier gros bloc de ton chemin de vie, avec ces zones de conflits, et cette approche à la fois philosophique et de recherche d'aventure, que tu tu as fini par quitter, comme tu dis, pour tout simplement des raisons à la fois très pragmatiques, financières, et puis peut-être quelque part, le bol était plein, si j'ai bien compris. Et donc, fort de ces expériences, où est-ce que tu t'es dirigé par la suite, plus spécifiquement quand tu parles de montagne

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

À quoi ça a

SPEAKER_02

ressemblé

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors en fait, professionnellement, aussi l'hiver, je travaillais comme pisteur secouriste, artificier, et souvent, je partais... au printemps, l'été, à l'automne, en mission en tant que photographe. Et après, si tu veux, après le dernier pays, l'Afghanistan, est-ce qu'en Afghanistan... Je ne sais plus comment vraiment ça s'est enchaîné, mais pour revenir, oui, tu as quand même bien résumé à un moment donné la transition entre la fin de ces reportages de conflits, et si tu veux, ça avait alimenté énormément de matière brute et d'écriture.

UNKNOWN

Et...

SPEAKER_02

Je n'ai jamais encore pris le temps de remettre tous ces écrits dans un livre, mais j'aimerais bien un jour le faire. Et au-delà des douleurs ou des fois de la difficulté, de ce que j'ai pu voir, ça a été riche, mais vraiment très, très riche, ces missions-là, ces rencontres sur le terrain. bref et pour maintenant enchaîner avec la montagne j'ai continué sur une expédition après en Asie centrale non au Népal au Népal en Himalaya je suis parti en Himalaya et en fait la transition elle s'est faite que je suis revenu dans le monde du sport parce que j'avais été sportif de haut niveau plus jeune mes études dans le sport j'ai repris t'étais dans quelle discipline

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

j'étais dans le tennis voilà ah

SPEAKER_00

cool

SPEAKER_02

il fait beaucoup de ski et de tennis ok Et à 14 ans, j'ai fait des cours par le CNED. Voilà, pour faire que du tennis. Jusqu'à 18 ans. Jusqu'à 19 ans, je n'avais pas les objectifs requis. Mais je pense que j'avais le potentiel pour vraiment faire du haut niveau. Après, le haut niveau, ça demande tellement des fois de paramètres et de cohérence à un moment, à un certain moment. Et du coup, on J'ai repris une formation dans la préparation physique sur le haut niveau et on m'a proposé un poste à Grenoble pour m'occuper de la préparation physique. Si tu veux, pendant plusieurs années, j'ai basculé dans le sport à travers la préparation physique. Très vite, j'ai été amené à entraîner des athlètes sur le circuit ATP, le Pôle France de tennis le sort national universitaire. Dans cette période-là, je continue à faire beaucoup de montagnes. Alors, il y a eu une époque, il y a eu la période, si on reprend un peu chronologiquement, il y a eu la période où, en fait, si tu veux, dans les années de pisteur, quand je faisais beaucoup de montagnes, moi, je préparais le guide pour être guide d'autres montagnes. Donc, j'avais ma liste de courses. Et en fait, il y a une année où je vais au deuxième degré de pisteur secouriste. C'est tout ce qui est secours en milieu périlleux, chef de secours, En tout cas, c'est à l'école des guides à Chamonix, à l'ENSA, l'école nationale de ski et d'alpinisme. Et à cette période-là, je voulais présenter le proba pour le guide. Mais en fait, il y a eu plein de petits paramètres à un moment donné où on m'a proposé cette place dans la préparation physique. J'ai eu un petit accident de parapente. C'était rien de grave, mais tu vois, j'avais quand même une grosse entorse. Du coup, ça m'a bien handicapé à un moment et je l'ai remis un peu en arrière-plan. Et c'est vrai que la préparation physique, le rôle de coaching, on en a parlé beaucoup. Et pour venir à ta première question tout à l'heure, c'est que moi, quand j'ai commencé à entraîner des sportifs de haut niveau, personne ne savait en fait que... j'étais parti dans tous ces pays-là. Personne ne savait que je faisais de la photo, personne ne savait que j'écrivais. Tu vois, pour moi, j'étais le préparateur physique pour eux, tu vois, ce que j'incarnais, mais ils ne savaient pas tout ce que j'avais fait avant. Et ça a mis du temps pour moi.

SPEAKER_00

C'est intéressant,

SPEAKER_02

ça. Ouais, je ne me présente jamais comme... Je me suis dit, est-ce qu'au début, est-ce que ça peut être une faiblesse d'avoir été, tu vois... sensibles et vulnérables sur des points, d'être partis dans ces pays-là

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Donc, je n'en parlais pas. Et en fait, là, il y a aussi un tournant un peu décisif. C'est l'acceptation de soi-même. Tu vois, je pense que pour exprimer son plein potentiel, c'est important d'accepter sa différence vraiment en soi. Et je me souviens d'un stage physique que j'avais fait avec eux en montagne. de préparation dans des championnats de France, championnats d'Europe ou stages de cohésion que j'organisais. Et on était à Saint-Christophe-en-Oise. Donc là, on est toujours

SPEAKER_00

sur

SPEAKER_02

le tennis

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, on est toujours sur le tennis avec l'équipe du Centre National Universitaire de Grenoble avec qui on va devenir champion de France par équipe, champion de France individuelle. Je ne me souviens plus de la place qu'on fait, peut-être vice-champion d'Europe aussi. Et on est dans un petit café à Saint-Christophe-en-Oise. dans un café que j'apprécie beaucoup fin fond du parc national des écrins on rentre deux jours avec une nuit en refuge un peu difficile le temps est un peu froid chacun prend un il y a cette notion un peu hors du temps dans ce café et là je leur dis j'aimerais vous partager quelque chose et en fait je vais dans la bibliothèque parce que la bibliothèque du café elle avait mon livre parce qu'elle me l'avait achetée. Je la connaissais, puis elle me l'avait achetée. Il y a peut-être un an de ça à un salon du livre. Et là, ils sont un peu tous avec des grands yeux. Je me souviens de cette image, d'où il sort. Il va prendre la vie, mais en fait, il y a son nom dessus. Pierre-Larry Pétronne. Mais qu'est-ce que c'est que ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Et là, je leur lis un passage. Je ne me souviens plus vraiment du passage, mais c'était un passage du cœur. Un passage dire... Voilà, les gars, je ne vous ai jamais dit, mais pour moi, la montagne, c'est comme un refuge et c'est très précieux. Et quand je vous emmène en montagne, pour moi, au-delà du sens que dans l'entraînement que vous êtes en train de faire, il y a ce sens-là. Et là, il y a eu un silence. Il y en a qui avaient peut-être même des larmes aux yeux. Et là, je leur ai dit, voilà, moi, en fait, la montagne, elle est due parce que je suis allé dans plusieurs pays en conflit. J'ai pu couvrir ça comme actualité. Et je leur ai dit, moi, quand je suis coach avec vous, c'est avec tout mon cœur, au-delà des compétences que je peux vous apporter. Et à un moment donné, comme je te le disais tout à l'heure, c'est ça qui fera la différence C'est une émotion, c'est une cohésion, et cette cohésion, elle... elle se fabrique, tu vois. Elle se fabrique à un moment donné, lors de ces stages-là. Et voilà, ça m'avait marqué ce

SPEAKER_00

moment-là. C'est intéressant ce que tu dis, parce que c'est vrai que par rapport à cette notion de sensibilité dans le cadre du sport de haut niveau, c'est pas forcément... Enfin, moi, pour être passé très rapidement aussi par le haut niveau, c'est pas forcément quelque chose qu'on voit souvent. C'est plutôt... On en avait déjà un petit peu parlé, mais c'est plutôt cette notion... En tout cas, pendant longtemps ça l'a été, j'ai l'impression que ça change cette notion de puissance de force, de maîtrise de soi surtout de maîtrise de soi mais comme tu dis la connaissance de soi ce qui fait avancer le sportif et l'homme en général c'est la connaissance de toi et la connaissance de soi pour qu'elle soit complète elle doit aussi se faire dans l'acceptation de sa sensibilité Donc, ouais, c'est vraiment hyper intéressant cette approche que tu as eue parce que tu étais coach physique, pas coach en préparation mentale, etc. Et pour autant, tu es allé sur cette thématique de la sensibilité. Donc, moi, je ne suis pas surpris qu'il y ait eu de l'émotion dans un groupe de sportifs de haut niveau quand tu as abordé ce genre de sujet.

SPEAKER_02

C'est ça. Et je pense que, tu vois, à ce moment-là, j'étais vraiment moi-même. C'est-à-dire qu'il n'y avait plus de Pierre Larié que préparateur physique.

UNKNOWN

Non, c'était...

SPEAKER_02

Pierre-Henri avec tout son bagage, tout son chemin et être soi-même, pour moi, en tout cas, à l'intérieur, ça voulait dire, voilà, c'est ça le plein potentiel. Je suis à ce moment-là avec eux, je pense que je suis sur le bon chemin et j'exprime qui je suis maintenant. Et en fait, ça, ça a été quand même un tournant un peu décisif. Après, quand je me présentais face aux personnes, bon, des fois, je racontais pas tout, je faisais pas un dialogue pendant... Tu vois, je me présentais pas pendant 10 minutes, mais... Ouais.

UNKNOWN

Mais...

SPEAKER_02

mais les gens en fait j'indiquais sur mon parcours un peu ce que j'avais fait quand je suis parti au centre olympique canadien après je suis parti au centre olympique canadien pour entraîner les meilleurs joueurs de tennis Canada bon ils me connaissaient parce que par rapport aux résultats ou les personnes avec qui j'avais entraîné mais sur le CV je mettais je mettais reportage voilà en tout cas pour revenir le petit aparté les canadiens en tout cas ils sont Donc... Ils aiment énormément. C'est l'aspect un peu multidisciplinaire, divers horizons, parce qu'ils aiment bien ça. C'est une mentalité un peu américaine, canadienne, avec plusieurs expériences. Tu peux amener aussi autre chose à un moment

SPEAKER_00

donné. Et aujourd'hui, si on revient au moment présent de tes expériences que tu fais actuellement, c'est-à-dire des équipiers en course, Courses au large d'ailleurs ou pas forcément

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Les deux. En quoi ces expériences que tu as vécues par le passé hyper variées, du reportage en zone de conflit, à la montagne, en passant par les expéditions et l'écriture, en quoi, comment est-ce que tu vas puiser dans toutes ces expériences pour apporter quelque chose en plus peut-être par rapport à ton équipe

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tu parlais tout à l'heure d'identité et ce qui fait la différence c'est plus que les compétences techniques, c'est l'identité que tu apportes comment tu fais ça aujourd'hui en tant qu'équipier pro

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non en tant qu'équipier pro j'apporte que des bras non mais j'apporte pas non en fait si tu veux la transition je travaillais au centre olympique canadien c'était un remplacement et du coup j'ai eu plusieurs préparations de propositions dans la préparation physique notamment aussi sur Paris. Et je ne voulais pas revenir sur Paris, ni partir peut-être aux États-Unis. Le Canada aurait bien aimé me garder, mais du coup, ça ne passait pas. Donc, soit il fallait être patient. Mais du coup, je me suis dit, je continue. Je continue ce pèlerinage intérieur. Je continue l'expédition, l'aventure. Du coup, je suis parti en Alaska, dans le parc national de Denali. Ça, ça a été... un grand tournant aussi en termes de vision aussi du monde et vraiment au cœur de la nature sauvage. Et quand je suis revenu, je me suis dit que... La mer, ça devait être toujours sur mon chemin. Parce que quand tu lis des livres, il y a les océans, il y a traverser les océans, aller au bout du monde, aller au pôle Nord, les expéditions de Shackleton de l'époque. Et en fait, j'avais commencé déjà la voile parce que mes parents, ils avaient déménagé dans le sud de la France il y a une dizaine d'années, donc autour de 20 ans déjà, j'avais commencé la voile. Puis quand t'es sportif, un peu dans le sport de... de haut niveau tu fais un peu tu arrives vers la régate donc la régate habitable sur différents postes et du coup il y a un projet qui se fait avec le Team Canada Atlas Ocean Racing sur un Volvo sur une préparation peut-être d'une Volvo d'avoir des sponsors en tout cas de monter une équipe de course au large canadienne et j'ai embarqué sur le projet alors attends non mais en fait je reviens en France je me forme au Glénans je passe les tests et je suis une format pro pour être moniteur de voile skipper au Glénans donc entre la Bretagne et la Méditerranée et je repars avec le Team Canada sur ce projet là un peu comme coach et navigant et je vais naviguer pendant un an un projet fou et je rentre en France

SPEAKER_00

et donc c'est C'est là où tu as rencontré Maxime Grimard de notre premier épisode.

SPEAKER_02

C'est ça, exactement. Donc là, Maxime Grimard, à qui je passe le bonjour dans l'épisode, mais je l'ai eu récemment au téléphone. Et là, c'est sûr qu'il y avait une dimension où j'apportais quelque chose, en tout cas d'autre au-delà des compétences, parce que je pense que quand tu vas au bout de toi-même dans la course au large... Tu as besoin que l'équipe soit soudée. Je pense que j'arrive à apporter quelque chose. Ça va être de l'enthousiasme, une bonne humeur, une naïveté, une ambiance physique très forte qui va faire que comme équipier... Ça... je suis pleinement inscrit dans le projet même si j'ai moins de compétences qu'à un moment donné du coup quand je suis rentré en France il y a eu un petit épisode course en solitaire sur Mini 650 et très vite en fait j'ai eu une proposition pour être équipier pro avec un sponsor dans une équipe de course mais le fait d'avoir fait quand même d'avoir navigué sur le Volvo pendant un an ça m'a ouvert les portes dans cette équipe là et Et dans l'équipe... Non, dans l'équipe, si tu veux, c'est très, très pro, très cadré. Du coup, chacun a son poste. Mais par contre, je ne sais pas si je pourrais dire ça, mais des fois, je ne suis pas un peu la mascotte. Au début, j'étais le plus jeune, mais voilà, je suis un peu l'explorateur, tu vois, le Mike Horn du bateau. Les mecs, ils pensent que je n'ai pas... À chaque fois que je raconte une expédition en Asie centrale, donc une expédition en Asie centrale où j'ai marché pendant très longtemps, mais j'ai aussi marcher avec un cheval ça c'est fini sur l'équipe de course ils pensent que en fait j'ai fini par porter porter un âne sur mon dos dans un col en Asie centrale tu vois au bout d'un moment ils pensent que les gens que j'ai fait ça quoi et à chaque fois je reviens sur la vérité non non non j'ai acheté un cheval et j'ai traversé l'Asie centrale mais j'ai pas porté un âne sur mon dos mais en fait tu vois même l'autre jour les athlètes de l'équipe de France de voile donc deux athlètes que je suis en train d'entraîner elles connaissent aussi un équipier pro qui est sur mon bateau et au début de préparation physique on me dit ah mais Pierre il faudrait que tu me racontes comment t'as porté un cheval ou un âne je ne sais plus ce qu'elle m'a sorti sur ton dos en Asie centrale tu vois donc ça va loin ces histoires mais en fait oui c'est plus l'explorateur parce que je suis un peu le couteau suisse sur le bateau parce que je suis aussi amené à plonger en navigation pour nettoyer le dessous du bateau pendant qu'il est en marche Euh... Je m'occupe des fois de la logistique, de l'alimentation. Après, j'ai vraiment mon poste aussi qui demande d'être un poste vraiment très physique. Et je pense que je suis bon dedans. Tu t'occupes de quoi exactement

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Moi, je suis grinder. Ça veut dire que je suis moulin à café. Tu vois

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Moulin à café où je

SPEAKER_00

dois

SPEAKER_02

mouler. Alors, il faut s'imaginer que là, il y a quatre winches. Je suis chef grinder. C'est-à-dire que je dois gérer les vitesses, les boutons poussoirs pour régler les voiles, mais aussi envoyer certaines voiles, affaler les grands spys. En tout cas, sur le TP-52, c'est un peu le poumon du bateau où on marche beaucoup en coordination avec le régleur de voile plate ou le régleur de spys. Ça demande vraiment d'avoir des compétences un petit peu nautiques, marins. Moi, en l'occurrence, c'est aussi mon métier, mais je ne viens pas de la filière haut niveau.

UNKNOWN

Amen.

SPEAKER_02

donc soit la filière olympique sur les petits supports, soit de la filière au niveau en habitable, mais bon, maintenant ça fait, tu vois, ça fait quand même 5 ans que je suis sur des projets pro, donc je progresse, et ouais, c'est un poste un peu, c'est autant physique que technique, plus tu vas pousser, en fait, plus la coordination, tu vois, il y a la coordination fine de l'équipe qui est super importante sur toutes les manœuvres qu'on peut faire, d'envoi, parce qu'on a vraiment différents jeux de voile, différentes méthodes pour envoyer, affaler, surtout les spys. Ça, c'est le poste. Et puis après, en course au large, si tu veux, sur des courses de plusieurs jours, ça tourne par quart, mais au bout d'un moment, je vais aller régler une voile, je vais aller aider sur la plage avant.

SPEAKER_00

Quelque part, j'ai l'impression, quand tu dis que tu étais la mascotte avec tes aventures, c'est qu'en fait, tu as peut-être l'impression que tu n'apportes pas grand-chose à cette équipe, mais en réalité, quand tu as une mascotte dans une équipe, c'est déjà quelque C'est un élément fort autour duquel le reste de l'équipe gravite. Je ne veux pas tirer de conclusion ou faire de la philosophie de balle, mais j'ai quand même l'impression que, ne serait-ce que ton profil est déjà vachement important et valorisé par cette équipe que tu as

SPEAKER_02

rejointe. Oui, je pense. Je pense aussi. Après, j'apporte de l'enthousiasme, je pense du dynamisme. C'est plus le coach de préparation tu vois quand on est en entrée on va toujours j'essaie toujours de proposer un tu vois une petite préparation un petit training c'est sûr que ça ça apporte de la structure chaque membre de l'équipage tu vois avec ses particularités à un moment on peut apporter des choses au groupe moi je pense pouvoir les apporter tu vois dans ce sens là et je pense notamment, tu vois, en tout cas, tu vois, tu as parté dans la voile dans le milieu de la course, que ce soit en solitaire ou en équipage, il faut quand même toujours avoir un temps d'avance, parce que tu ne sais jamais si le sponsor il va naviguer dans deux ans, est-ce que le bateau, il ne va pas arriver à un problème technique et on ne pourra pas naviguer, du coup... Je pense que tu vois, maintenant, j'ai une légitimité en tant que pro sur l'aspect technique et je peux passer à différents postes. Tant, je pense que l'aspect un peu sur la course au large, tu vois, d'une Volvo Chamares, d'une course autour du monde en équipage, je suis sur des profils un peu comme ça qui peuvent être intéressants en équipage. Notamment, tu vois, quand on a navigué au Canada sur le Volvo, C'est ce qui crée

SPEAKER_00

la force du groupe. C'est vraiment intéressant, tous les parallèles qu'on a faits entre tes expériences précédentes, cette quête, ce chemin vers la connaissance de soi que tu évoquais, qui a été un peu, j'ai l'impression, le dénominateur commun à toutes ces nouvelles expériences que tu as créées. Du coup, la question que je me pose, c'est c'est quoi la suite

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Où est-ce qu'il t'amène ce chemin dans les avenirs à venir

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je pense que, tu vois, il y a quelques années, quand j'étais dans les forêts au Canada, je me suis dit... En fait, je me sens comme un... Ce que j'aimerais bien devenir, en fait, c'est un passeur d'aventure et de nature. Et le mot passeur, ça vient plus des Amérindiens, tu vois, les... Parce qu'ils ont une spiritualité. Moi, en tout cas, si je devais avoir une spiritualité, elle se reprocherait vraiment des Amérindiens, tu vois, d'être très, très proche de la nature, parce que... parce que c'est précieux.

UNKNOWN

Et...

SPEAKER_02

Et c'est ce que j'aimerais... Voilà, c'est ce vers quoi, en tout cas, j'aimerais tendre. C'est ce que je fais un petit peu en ce moment, tu vois. Je pense que je suis sur différents projets. Autant, tu vois, je suis équipier professionnel sur ce bateau de course. Je garde un peu des projets en préparation physique parce que ce n'est pas facile à garder des projets en préparation physique quand je navigue 90 jours, 100 jours par an parce que je ne peux pas postuler ou être à temps complet avec des athlètes dans une structure. Mais je me laisse les opportunités aussi venir dans un peu chaque domaine, des fois en choisissant des projets qui peuvent m'animer, en tout cas. Et notamment, c'est un projet olympique en ce moment, avec deux athlètes de l'équipe de France de voile. Et donc, il y a beaucoup de cohérence et ça se synchronise bien. Et après, il y a aussi des projets d'écriture, d'exploration. Et que ça, j'ai mis un petit peu en arrière-plan, mais peut-être que... que ça reprendra le pas sur tous les projets d'écriture, parce qu'après, si tu veux, la glace est fine en ce moment depuis cinq ans. Depuis, tu vois, l'expédition au Canada, en Alaska. Depuis cinq ans, je fais beaucoup de courses, notamment des courses au large. Et ça, c'est des expéditions en soi, tu vois. Et donc, je pense que ça, quand je te dis la glace est fine, tu vois, c'est pour moi, je vis de ça en même temps que je suis en genre d'expédition. quand tu pars sur une middle sea race c'est 4-5 jours de course sur nos bateaux, c'est des bateaux de vikings il n'y a vraiment rien dedans les TP52 pile optimisé notre bateau pour gagner ses courses tu prends tu prends des tartes d'eau sur la gueule parce que tu n'es pas du tout protégé tu dors dans l'eau tu ne dors pas, il y a de la houle de malade, il y a du vent, il y a les cartes en pneus de vent, tu vas à 10 000 sous-spies. Il y a quelque chose de fascinant. Et donc, tu vois, tu as une logistique de course d'alimentation lyophilisée, tu vois, l'équivalent presque d'un gars qui part sur une Vendée Globe. On a l'équivalent pour 5 jours de course à 14 sur notre bateau en lyophilisée, tu vois, en alimentation. Donc, il y a cette logistique de course qui me rappelle aussi la logistique des expés. Et si tu veux, tu vois, pour le moment... euh... mes projets s'inscrivent plus dans des projets voiles, pro, notamment, peut-être, je ne sais pas, faire du solitaire, essayer de trouver des sponsors, en tout cas un sponsor pour raconter une histoire via la Société des Explorateurs Français, ça, ça me plairait. Donc, tu vois, des fois, je passe des petits messages, notamment, je suis amené à faire des conférences en entreprise où j'en parle, en fait, de cette cohésion de l'intimité cette cohésion de l'équipe que j'ai en course au large, ou cette cohésion, tu vois, la corde qui relie deux êtres humains sur une cordée en alpinisme, ce rôle de confiance, tu vois, on va parler de confiance en soi, d'estime de soi, ou quand je suis artificier, je vais déclencher une avalanche, voilà, les protocoles, comment ça se passe, de donner le meilleur de soi pour une équipe. En tout cas, c'est un peu la mouvance dans laquelle je suis, si tu veux, donc après sur les projets plus type montagne oui j'aimerais bien vraiment à un moment donné qui est peut-être un projet même mer montagne ou mer mais plus d'exploration mais ça je me dis que l'opportunité peut-être qu'elle viendra un moment ou pas parce que c'est toujours quand même difficile à monter c'est des expé comme ça

SPEAKER_00

d'ailleurs pour être une question peut-être un peu plus pragmatique les projets qui sont soutenus par la SEF ils doivent forcément être à l'étranger ou ça peut être je sais pas tu vois dans les Antilles françaises en Corse sur le territoire national non non je pense que ça peut être sur le

SPEAKER_02

territoire national oui ouais

SPEAKER_00

bien sûr ce que je veux dire c'est que t'as pas forcément besoin de partir je sais pas faire le tour de l'Antarctique ça peut être une exposition tour de corse en kayak par exemple tu vois ça passerait s'il ya un sens derrière je veux dire ça pourrait être

SPEAKER_02

cohérent ouais ça peut être cohérent

SPEAKER_00

et

SPEAKER_02

Et du coup, j'embraye sur l'autre chose, c'est que dans le fait d'être passeur, tu vois, de nature et d'aventure, j'ai rejoint une agence qui s'appelle Explora Project, dans laquelle je fais des activités de skipper et dans laquelle je suis devenu ambassadeur. Mais il y a eu du sens, en fait, quand vraiment on s'est rencontrés sur leur projet. Et si tu veux, il y a une part quand même de mon activité de skipper à Alors... Cette année, avec le confinement, de manière plus pragmatique, il n'y a pas eu beaucoup de courses. J'étais capitaine sur un voilier, plutôt grand voilier de croisière. Et surtout, j'ai fait aussi des missions, des micro-expéditions avec Explorer Project de trois jours, où on propose aux gens de s'immerger un peu dans la course au large, dans la voile sportive, sur un voilier de course croisière, où j'apporte des éléments autant que de ce que j'ai pu vivre reglénant que de ce que je vis dans la course au large, avec qui je suis, tu vois, comme explorateur, et ça, je pense qu'il y a des projets avec Explorer Project, notamment sur d'autres voiliers de course, sur peut-être des idées transatlantiques ou multidisciplinaires qui me plairaient, tu vois, d'emmener les gens sur un programme, tu vois, on pourrait partir d'Annecy, on traverserait les Alpes à vélo, puis on prendrait et le voilier, on dirait en Corse, dans ce genre de programme.

SPEAKER_00

Ce serait pas mal,

SPEAKER_02

ça. Ça me plairait beaucoup. Un peu la même idée que, en fait, si tu veux être la social racing, c'était son partenaire, le groupe Esprit de Corps, qui organisait un peu des défis en entreprise, mais des gros défis. Traverser l'Atlantique avec des managers, faire Montréal, New York ou Toronto à vélo, traverser des parcs Nationaux en Rabasca et j'aimerais emmener une entreprise, ça c'est un projet qui me plairait à travers un réel défi qui est vraiment du sens pas se dire on fait une journée comme ça, non il y a un projet exploratoire et tout le monde on va au bout de soi et dans ça il y a la mer et la montagne alors ça peut être des particuliers donc il y a ce domaine là aussi que dans lequel j'aimerais un peu plus approfondir.

SPEAKER_00

Bon, il va falloir qu'on reste en contact

SPEAKER_02

alors. Avec plaisir. Mais si tu veux, je pense que dans une vie maintenant, dans cet écosystème que je me suis monté autour de moi, j'ai besoin en tout cas de penser à deux années en plus pour voir comment je peux articuler les différentes ça

SPEAKER_00

laisse présager de belles aventures à venir encore si tu devais on va finir là dessus sur une note peut-être un peu plus conseil ou pourquoi pas même philosophique mais si tu regardes tout ton parcours de vie et ce que t'en as retiré les enseignements que ça t'a permis d'intégrer qu'est-ce que t'aimerais partager aujourd'hui à celles et ceux qui hésiteraient à se lancer ou qui voudraient se lancer ou simplement qui pourraient être inspirés par tes messages je crois que tu avais prévu des extraits je sais pas si c'est le bon

SPEAKER_02

moment ouais ouais du coup là je l'ai je l'ai pas sous les yeux l'extrait mais je peux te lire un petit

SPEAKER_00

passage alors je commence

SPEAKER_02

Le je bivouac dans le parc national de Denali en Alaska, le vent souffle, ce vent qui emporte les bruits et les odeurs, la sueur d'une face noire. D'ici, je regarde les étoiles me bercer, palpiter doucement dans mon cœur, et je me sens vulnérable. Cette phrase de jeune craqueur qui me vient à l'esprit, j'ai appris que l'essentiel dans la vie, ce n'est non pas d'être fort, mais de se sentir fort. Et le but, c'est pas d'aller le plus loin, mais c'est le chemin pour y arriver. Et c'est ici, en montagne, au cœur de la nature sauvage, que je continue mon pèlerinage intérieur. C'est l'aventure finale. Au bout du monde avec soi-même, la nature, les animaux, les glaciers, les sommets enneigés. Et ce qui m'importe, c'est d'essayer de faire ressurgir le meilleur en moi, cette flamme qu'il y a en chacun de nous. Voilà.

SPEAKER_00

C'est très beau. Ça, c'est un extrait duquel de tes livres

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ça, c'est le dernier,« Seule la nature s'en souviendra». Et tu vois, si je devais partager quelque chose... Il y a cette citation aussi de Willy Ronis qui est sur mon site internet, mais qui me porte vraiment depuis vraiment longtemps. Et Willy Ronis, il disait, ce n'est pas la lumière qui m'inspire, c'est ce que la lumière éclaire. Il y a une telle beauté, en tout cas dans la nature, ou dans les choses qui peuvent nous... être autour de nous, que cette beauté, elle est précieuse, tu vois

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Si j'avais un mot à dire, ça serait ça. Et on a tous, tu vois, cette flamme, cet élan créateur en nous. Et... Alors, à des moments, il est un petit peu enfoui, mais à d'autres moments, cette flamme, il faut la porter et oser...

SPEAKER_00

oser. Ce sera le conseil mot de la fin. Merci beaucoup, Pierre Larry, pour cet échange. C'était hyper intéressant, super inspirant et très profond. Je n'ai pas l'habitude sur les différents épisodes qu'on rentre autant dans le détail et que ce soit autant à cœur ouvert les échanges. Merci beaucoup de t'être plus que prêté au jeu, de t'être complètement livré. C'est super sympa à toi, au-delà de juste avoir pris le temps. Je pense que tu nous as vraiment ouvert les portes sur qui est Pierre Larry et le pourquoi, en tout cas les motivations de ton parcours jusqu'à présent. J'espère que ça en inspirera. Je suis sûr que ça en inspirera beaucoup à peut-être faire un pas de plus sur le chemin de la connaissance de soi, de l'acceptation de soi, comme on l'évoquait, et de se lancer dans des aventures qui font sens pour eux. Encore merci à toi, Pierre-Larry, et tout le meilleur pour la suite. On te suivra avec beaucoup

SPEAKER_02

d'attention. Merci beaucoup.

UNKNOWN

Merci à toi, Loïc.

SPEAKER_00

Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pros ou persos. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact.lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'à Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.

UNKNOWN

Ciao!