Et je me souviens très clairement qu'elle est la stratégie du coach, c'est de rouvrir toutes les blessures passées. Il nous regarde chacun dans les yeux, chacun notre tour, et il s'amuse, il prend un malin plaisir à rouvrir les blessures du passé et dire qu'aujourd'hui, c'est le moment de se servir de tout ça. Une fois que ça, ça ne suffit plus, c'est à la tronche.
SPEAKER_03Salut Pierre,
SPEAKER_01comment ça va
UNKNOWN?
SPEAKER_01Salut Loïc,
SPEAKER_03ça va plutôt bien, je te remercie de ton invitation sur ce podcast déjà. Écoute, avec grand plaisir, bienvenue sur Les Frappés. Je suis très heureux de t'accueillir aujourd'hui. Alors, tu n'es pas notre premier participant au jeu, mais tu es notre tout premier champion olympique. Donc, pour celles et ceux qui ne te connaîtraient pas, champion olympique à Rio en avion, tu vas nous en dire plus. Donc, je suis… très heureux de t'accueillir pour qu'on puisse échanger sur évidemment le parcours sportif mais plus que le parcours sportif qui est Pierre le bonhomme il y a plus que ça sur ton site t'en parles bien j'ai trouvé ça intéressant où t'associes sport mais aussi monde professionnel donc impatient de t'entendre nous en dire plus à ce sujet
SPEAKER_01oui tout à fait bah merci déjà pour ton accueil et puis donc ouais d'avoir l'honneur de faire partie du club des frappés c'est toujours hyper intéressant je suis dans cette logique d'échange aussi pour apprendre à se construire et puis je suis persuadé qu'on a des tas de choses à s'apporter mutuellement donc écoute ce sera un plaisir que d'échanger et puis bah écoute c'est parti
SPEAKER_03c'est parti bah écoute je te laisse peut-être te présenter qui est Pierre le parcours alors comme je disais sportif mais plus que sportif qu'est-ce qu'il y avait avant les Jeux et comment est-ce que tu te projettes
SPEAKER_01tout à fait ouais alors donc Pierre Boin je suis rameur en équipe de France donc d'un J'ai 26 ans. Comme tu l'as déjà très bien introduit, je suis à la fois sportif de haut niveau, mais également avec un pied dans le monde professionnel parce que je poursuis des études en parallèle. C'est là-dessus que je commencerai d'ailleurs. J'ai commencé par un DUT en technique de commercialisation du côté de Nancy. J'y habite toujours d'ailleurs. J'ai enchaîné avec une licence en commerce international et actuellement, je suis en master 2 à Grenoble, l'école de management. Je prépare le DESMA pour ce qui est du côté universitaire. Avec ça, je suis inscrit sur la structure fédérale du Pôle France de Nancy. C'est là que je m'entraîne au quotidien quand je ne suis pas en stage. Pour ce qui est de mon CV sportif, je suis quadruple champion du monde, que ce soit en individuel à plusieurs ou en indoor, double champion d'Europe et surtout champion olympique d'aviron à Rio en 2016 voilà donc c'est mes deux casquettes après à côté de ça j'ai déjà un pied dans le monde de l'entreprise où je suis conférencier, je travaille à la fois en indépendant et aussi au sein d'une structure à Nancy, une entreprise qui s'appelle NextUp et voilà avec laquelle je partage un carnet d'adresses et puis des formations, des interventions pour les particuliers et pour les entreprises voilà à côté de ça beaucoup de hobbies, beaucoup de passions j'essaie de vivre aussi le plus normalement possible avec le plus de bonheur simple de la vie donc voilà j'essaie de mener tout ça de front et surtout d'en prendre le plus de plaisir
SPEAKER_03possible Génial alors peut-être avant qu'on creuse un petit peu sur le parcours est-ce que tu peux nous nous expliquer un petit peu plus en détail les différentes disciplines de l'aviron parce que ça reste pour moi une nébuleuse je sais qu'il y a plein de formats différents à cas à 2 il y a des catégories de poids visiblement donc est-ce que tu peux peut-être nous dégrossir un petit peu le tableau
UNKNOWN?
SPEAKER_01Absolument oui c'est vrai que quand on ne connait pas c'est vite complexe après quand on est dedans c'est comme tout ça paraît naturel mais alors première chose à savoir c'est qu'on parle d'aviron pour éclaircir ce point là on ne parle pas de kayak ce sont vraiment deux sports qui sont complètement différents au même titre que le tennis de table et le tennis par exemple voilà parce que souvent on parle On confond quand même beaucoup. Donc nous, on est le seul INX sport qui ne pouvant pas voir la ligne d'arrivée avant de l'avoir franchie. Donc voilà, c'est un bon moyen de mémoriser. Disons qu'on avance en reculant. Et on est un sport qui travaille donc à l'inverse du kayak, essentiellement les jambes. Donc voilà, déjà, différence est faite. Donc ensuite, pour ce qui est des catégories, c'est vrai qu'il y a dans un premier temps deux grandes catégories de poids, à savoir les poids légers qui font individuellement... moins de 72,5 kg. Et ensuite, on a tout le reste, donc les toutes catégories, ce qu'on appelle les TC. Donc on a les PL, les poids légers, et les TC, les toutes catégories, qui sont tout simplement soit au-dessus de 72,5 kg, soit même en dessous, mais qui en tout cas s'inscrivent dans la catégorie des toutes catégories qui, eux, n'ont pas de pesée à passer finalement. Donc voilà, deux grandes catégories. Les poids légers aussi, à la différence des sports de combat, sont traités différemment, c'est-à-dire qu'au niveau des pesées par exemple nous on est pesé le jour même de chaque course donc pas la veille ou l'avant veille voilà pas en différer à outrance disons qu'on est vraiment pesé le jour même deux heures avant notre RR théorique de la course donc ce qui nous oblige à vraiment vraiment bien être au poids le jour J et surtout ce qui nous oblige à pas pouvoir jouer sur la déshydratation ou autre parce que ça pourrait être assez dangereux donc voilà c'est ce qui nous différencie un peu des autres catégories de poids petite chose en passant parce que je vous la présente mais bon il convient de dire que cette catégorie de poids sera supprimée après les jeux de Tokyo donc c'est désormais officiel elle a fait son temps je crois depuis 1986 quelque chose comme ça donc voilà ça sera bientôt terminé de ma catégorie de poids il n'y aura plus que des toutes catégories d'accord ouais donc ensuite pour ce qui est des catégories d'embarcation là ça va être assez simple pour les poids légers sur le programme olympique il n'existe que le double poids léger ce qu'on appelle le double on l'appelle aussi le deux de couple c'est deux personnes dans un bateau et quand on parle de couple c'est avec deux pelles chacun donc voilà en termes de catégorie d'embarcation chez les poids légers il n'y a que le deux de couple donc c'est la catégorie forcément dans laquelle je me spécialise pour participer aux Jeux et ensuite donc plus largement chez les toutes catégories au programme des Jeux Olympiques est inscrit le skiff, donc ça c'est l'individuel, une personne tout seul dans un bateau, ensuite donc on a le 2 de couple, comme le 2 de couple poids léger mais chez les poids lourds, donc deux personnes avec deux pelles chacun, ensuite on a le 2 sans barreur, donc c'est deux personnes mais cette fois avec une seule pelle chacun, des pelles qui sont un peu plus grandes, là on rame cette fois pas en couple mais ce qu'on appelle en pointe, quand on est en pointe on a une pelle chacun, une grande pelle chacun et quand on est en couple on a deux plus petites pelles chacun, ensuite on a le 4 de couples, donc 4 bonhommes avec 2 pelles chacun, le 4 de pointe, Donc, 4 bonhommes avec une seule grande pâle chacun. Et enfin, le bateau roi, le 8. Donc, le 8, il n'existe uniquement qu'en pointe. Donc, c'est du 8 de pointe.
SPEAKER_03D'accord.
SPEAKER_01Voilà. Pour ce qui est des catégories olympiques actuellement en
SPEAKER_03avion. Ok. Et déjà, merci pour les précisions. C'est plus clair.
SPEAKER_01J'espère. J'espère avoir été un peu clair parce que ce n'est pas évident à
SPEAKER_03expliquer. Non, non, c'est plus clair. En fait, il n'y en a pas tant que ça, effectivement. Oui. C'est ce que tu disais. Une fois qu'on les connaît, c'est relativement... Ça simplifie. Et par curiosité, qu'est-ce qui... qui a motivé le fait que ta catégorie disparaisse après Tokyo
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, ça a été des raisons multiples. C'est-à-dire que le CIO a décrété qu'en dehors des sports de combat, le critère du poids n'avait pas sa place. Et ça a été renforcé par le fait que sur la scène internationale, les meilleurs poids légers se rapprochent en termes de performance des meilleurs toutes catégories. C'est-à-dire que par exemple, si on prend le double poids léger qui est champion de du monde, et qu'on confronte au double poids lourd, il n'y aura pas énormément de différence. Le double poids lourd l'emportera toujours, mais disons que ça ne justifie plus de distribuer autant de médailles. En tout cas, c'est l'argument qui est avancé par le CIO à l'heure qu'il est. Ensuite, il y a la volonté de remanier un petit peu le schéma de discipline, le programme olympique, pour laisser plus de place à des sports différents, qu'ils soient atypiques, qu'ils soient autres finalement. Donc on supprime des catégories comme ça. Dans certains sports, on n'est pas les seuls. Il y a beaucoup d'autres disciplines qui subissent ça pour laisser la place à d'autres. Donc voilà, nous, les poids légers laisseront leur place au programme olympique au beach rowing. Donc ça restera toujours l'aviron, mais c'est de l'aviron de
SPEAKER_03mer. Ok, c'est marrant ça. Donc vous savez déjà quelle catégorie va faire son entrée à la place de celle que vous occupez c'est cool c'est intéressant parce que j'ai échangé avec Alexia Fanceli dans un épisode précédent et elle c'est la seule femme en équipe de France de kite foil et elle nous expliquait que justement la discipline arrive c'est maintenant une discipline olympique donc elle nous a pas dit par contre quelle autre discipline elle allait remplacer mais c'est intéressant et toi en terme de poids qu'est-ce que ça va changer pour
SPEAKER_01toi
UNKNOWN?
SPEAKER_01alors pour moi sur le papier ça va changer le fait que je vais pouvoir monter naturellement parce que c'est vrai que je fais un régime pour être au poids je fais partie de ces poids légers qui doivent faire un régime et malgré tout je fais partie de ces poids légers qui ne vont pas prendre 10 kilos donc du coup je serai un peu en balotage entre guillemets mais voilà il y a des chances disons que je ne vais pas spoiler mais il y a des chances que cette décision ne m'affecte pas particulièrement dans le sens où je réfléchis à à l'orientation que je vais donner à ma carrière suite à ces
SPEAKER_03Jeux Ok Cool c'est intéressant de voir qu'il y a du remaniement en cours dans les différentes catégories c'est marrant cette histoire de remplacement disons qu'il y a
SPEAKER_01un certain nombre de disciplines, il y a des quotas à respecter donc quand on en enlève une c'est pour en rajouter une autre donc voilà il faut que ça rentre dans les cases, il faut qu'en termes de nombre d'athlètes, de parité de nombre de disciplines il faut
SPEAKER_03que tout soit nickel donc voilà c'est un parfait équilibre
SPEAKER_01en permanence
SPEAKER_03que le CIO essaie de conserver Top Alors si on revient peut-être sur ton parcours avant la médaille olympique, qu'est-ce qu'il y avait qu'est-ce qui t'a amené dans l'univers de l'aviron et peut-être plus spécifiquement sur le haut niveau comment est-ce que ça s'est passé toute cette évolution
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors oui, ça remonte à ce qui m'a amené à l'aviron, c'est vrai qu'on remonte bien avant le titre olympique, donc là on remonte en 2005, quand le bonhomme il a 11 ans, je me mets à l'aviron tout simplement parce que j'ai fait pas mal de sport avant ça, et puis je m'éclatais, mais je ne m'épanouissais pas des masses, et puis il y avait surtout un critère qui était assez embêtant pour mes parents, c'était le fait de toujours devoir se déplacer, venir me chercher, tout ça c'était assez compliqué en termes de timing, d'emploi du temps, et C'était une charge. On était trois enfants. Donc, jamais très simple finalement en termes d'organisation. C'était quoi comme
SPEAKER_03sport par lequel tu avais commencé
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, j'ai fait de la natation, j'ai fait du foot, j'ai fait de l'athlétisme et j'ai fait du ping-pong. Ah oui, ok. Donc, voilà. Donc, voilà ce qui fait qu'on était un peu embêtés par les déplacements. Et en fait, il y avait un club d'aviron tout simplement au bout de ma rue à 300-400 mètres. Et mon frère, lui… s'y était mis parce qu'il avait besoin il avait quelques difficultés entre guillemets de concentration tout ça et puis bon on s'était dit que mes parents s'étaient dit que ça pouvait lui faire du bien et lui il s'y était mis donc avant moi mon grand frère est né de 4 années il s'y est mis avant moi et puis ça a été top c'est à dire qu'il s'est fait un groupe de potes qu'il a toujours aujourd'hui il a vécu des années formidables et puis surtout en termes de performance ça a marché plutôt bien pour lui aussi parce que chez les catégories jeunes, il remportait pas mal de courses, et puis cette fameuse année 2004 où il devient champion de France chez les Minimes, ce qui pour moi est un peu un déclic, parce que jusque maintenant je l'enviais déjà d'avoir un bon groupe de potes, et puis d'aller s'éclater tous les mercredis, samedis, dimanches, au club d'aviron avec ses copains, mais en plus de ça, il revenait avec des médailles, des coupes à la maison, et puis il rendait un peu fier les parents, donc ça me donnait envie, c'est aussi comme ça que mon frère est devenu mon modèle, donc dès que j'ai eu l'âge de mettre un pied au club je m'y suis inscrit en fait en 2005 parce qu'il faut attendre finalement on ne peut pas commencer trop tôt parce qu'on dépend de certains réglages on rampe dans des bateaux dans lesquels il y a des installations et on ne peut pas ramer tant qu'on n'est pas entre guillemets suffisamment développé au niveau des membres donc on va dire que j'avais
SPEAKER_03atteint la taille minimale pardon excuse-moi les bateaux pour les catégories minimes ont les mêmes dimensions que ceux des JO enfin celui que tu avais à Rio par exemple
UNKNOWN?
SPEAKER_01Dans l'idée, oui. Après, ce qu'on fait, c'est qu'on peut régler le calepied, donc les chaussures qui sont à l'intérieur, on peut les rapprocher. On peut vraiment faire ramer des petites personnes. Il faut quand même attendre. J'ai dû attendre, je ne sais pas, de faire par exemple 1m50. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut commencer comme le tennis de table ou autre. Quoique, pour le tennis de table, il faut attendre d'être plus haut que la table quand même. C'est exactement le même genre de contrainte. J'ai commencé dès que j'ai plus en 2005 et puis j'y ai trouvé tout de suite la même chose que mon frère, c'est à dire un groupe de potes et puis cette espèce d'addiction finalement qui faisait que je m'y sentais bien, que c'était mon moment d'évasion, que j'étais pas loin de la maison donc j'y allais tout seul, j'avais mon indépendance et puis vite, assez rapidement je me suis pris au jeu et puis voilà les premières compétitions sont arrivées quelques années après seulement parce que j'étais pas encore en âge d'en faire c'est venu assez rapidement et ça a commencé par si je peux me permettre beaucoup de branler j'ai vraiment pas gagné des courses tout de suite mais en revanche j'ai toujours eu dès le début cette volonté par contre de progresser pour un jour faire partie de ces jeunes que je voyais gagner donc voilà ça a payé plutôt sur le tard c'est assez paradoxal de dire ça parce que j'ai été performant au niveau olympique assez tôt je suis le plus jeune champion olympique de l'histoire de l'aviron français mais en même temps dans les catégories jeunes jeunes Je ne faisais pas partie de ceux qui étaient sur les podiums nationaux non plus. Donc voilà, on va dire qu'à haut niveau, j'ai été précoce. Mais en revanche, sur les catégories jeunes, j'ai eu un peu plus de mal à éclore.
SPEAKER_03Mais alors, parce que si tu peux peut-être nous éclairer là-dessus, j'ai vu, à moins que je ne me suis pas trompé, tu étais champion du monde U23 à 17
SPEAKER_01ans, non
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non, pas à 17 ans, mais du coup en 2013. 13 à 19 ans
SPEAKER_03à 19 ok ok et ça c'est pas forcément un âge remarque 23 donc ça arrive qu'il y ait des performances avant 19 ans à ce niveau là
SPEAKER_01déjà non mais alors en fait on est sur des catégories d'âge donc c'est connu minime KD junior et en fait l'équipe de France commence à partir de junior donc l'année de nos 17-18 ans donc moi en gros j'ai été en équipe de France dès la première année où ça a été possible de l'être donc ça par contre c'était assez précoce on va dire que j'ai vraiment éclos à ce moment là à 16-17 ans et donc à 17 ans j'intègre l'équipe de France à 18 ans dans ma deuxième année junior et ma dernière année junior je suis toujours en équipe de France et c'est vraiment lors de ma première année senior donc dès qu'on a 18 ans l'année de nos 19 ans on passe chez les seniors mais on a d'abord 4 années chez les moins de 23 à faire donc où il y a entre guillemets un peu moins de niveau que chez les élites ça permet de c'est un peu la catégorie espoir chez les seniors c'est les moins de 23, les espoirs l'équipe de France B, il y a différentes nominations et donc oui dès ma première année senior par contre je décrochais le titre de vice-champion du monde en double pour léger et ça oui c'était assez précoce pour le coup d'être dans une discipline olympique vice-champion du monde dès sa première année senior même chez les moins
SPEAKER_03de 23 et alors si tu reviens un petit peu en arrière, que tu regardes tout ce chemin, cette première étape tu disais que t'as pas eu beaucoup forcément de succès en tout cas au début la question que je me pose parce que j'entends souvent ça ça arrive régulièrement que des champions olympiques ou des athlètes de haut niveau expliquent qu'ils avaient un rêve tu vois à 8 ans ils se voyaient déjà champions olympiques j'ai entendu un podcast une fois avec je crois que c'était Sébastien Kiné qui est champion du monde d'Ironman de triathlon format Ironman et il disait à 8 ans il voulait être champion olympique et du coup je me pose la question qu'est-ce qui fait que t'as gardé la motivation, tu disais que tu voulais continuer à progresser, devenir meilleur t'avais déjà un objectif clair d'être 11, 12, 13 ans ou c'est venu un peu plus tard
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors je vais peut-être casser un mythe mais j'ai vraiment voulu devenir champion olympique que très tard et j'ai réalisé seulement que je pouvais le faire au dernier moment j'ai pas commencé l'aviron en me disant je veux être en équipe de France je veux être champion olympique même si je les regardais toujours à la télé pour moi c'était je me posais même pas la question c'est comme quand on regarde le président à la télé ça nous viendra jamais à l'esprit de se dire je vais être président un jour les choses sont comme ça il y a une équipe de France de toutes les disciplines possibles j'adore les regarder à la télé mais moi dans mon petit monde je fais ma vie et puis voilà disons que j'avais pas cette prétention là donc je cherchais vraiment un groupe de potes et puis au début quand je disais que je voulais vraiment progresser et devenir performance c'était surtout par rapport à mes rivaux locaux on était vraiment dans quelque chose on était loin des Jeux Olympiques et puis quand je dis ça je te parle vraiment des championnats de Lorraine en KD quand j'ai 14-15 piges et que mon rival de Commercy il me tient tête et que je m'entraîne plus que lui parce que je veux devenir champion de Lorraine ça a vraiment été par étapes je me suis rendu compte des portes qui s'ouvraient au fur et à mesure que je les enfonçais donc même Finalement, même au moment des sélections en 2017 pour rentrer en équipe de France, je me rappelle la première fois que j'ai entendu le mot championnat du monde, que c'était possible que j'y accède. C'est vraiment le sélectionneur de l'équipe de France qui est venu voir mon entraîneur pendant les sélections et qui lui a dit que je pouvais potentiellement faire partie du groupe pour les championnats du monde. Mais moi, je n'étais pas là pour ça. Quand il a dit ça, ça a pris une toute autre dimension. Ce n'est même pas que je ne savais pas que ça existait, mais je ne sais pas. J'essayais juste de mettre le plus de mon possible derrière et j'avais pas cette prétention de faire partie du haut du panier entre guillemets même si je voulais astmater tout le monde mais je sais pas ça a pris vraiment une autre dimension à ce moment là et là je me suis rendu compte que bah oui je pouvais rentrer en équipe de France mais même à ce moment là le fait juste de prononcer les Jeux Olympiques les mots ça me venait pas à l'esprit c'était pas du tout à l'ordre du
SPEAKER_03jour c'est génial c'est hyper intéressant de voir que Il y avait cette notion de dépassement, de détermination, mais pas forcément avec l'objectif des Jeux. Et tu dis que ça s'est concrétisé au fur et à mesure que tu enfonçais les portes. En termes de performance, les gens autour de toi, c'était quoi leur perception
UNKNOWN?
SPEAKER_03Est-ce que pour ton entraîneur, sans parler de celui de l'équipe de France, mais est-ce que pour ton entraîneur de l'époque, c'était une évidence qu'il y avait le potentiel
UNKNOWN?
SPEAKER_03Est-ce que lui te poussait ou même pas forcément non plus
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pas du tout. C'est-à-dire que... il me poussait dans le sens où mon entraîneur de club est quelqu'un d'hyper il est réputé pour être hyper travailleur on a travaillé à la dure il nous a entraîné comme des chiens là dessus il voulait vraiment qu'on soit les meilleurs mais même au sein de mon club j'étais pas celui qui avait le potentiel on va dire que moi je m'entraînais avec mes potes qui étaient un peu plus jeunes que moi d'un an donc on était un an sur deux de la même catégorie et c'est des mecs qui faisaient entre 1m90 et 2m05. Et du coup, en avirant, ça, pendant longtemps, c'était un critère de détermination du potentiel. Donc moi, j'étais juste le mec qui faisait 1m75, qui ne ferait sans doute rien parce qu'il n'était pas très grand, mais qui avait le mérite de bien s'entraîner et qui ferait des performances correctes. Donc on va dire que j'étais plutôt dans l'ombre de ces mecs-là, même si je faisais de bien meilleures performances qu'eux. Eux, c'était des mecs qui allaient forcément éclore un jour. Donc du coup, non, non, j'ai En tout cas, jusqu'à ce que j'arrive en senior, on ne m'a jamais dit que j'avais le potentiel pour faire ce que
SPEAKER_03j'ai fait. Tu dirais que c'est quoi qui a fait la différence pour toi aujourd'hui
UNKNOWN?
SPEAKER_01Le travail. C'est vraiment à la fois le travail, l'inspiration et à un moment donné, cette forme de persévérance qui est née d'une envie de sortir de l'ombre de toutes ces personnes. De dire qu'à un moment donné... il faut arrêter de faire des plans sur la comète, sur des gens qui n'ont jamais rien fait, et moi je serais de ceux qui travaillent dans l'ombre, mais qui travaillent, et qui un jour mettront les points sur l'île, et ça m'a énormément motivé, ça m'a énormément stimulé pendant toutes mes années, même l'année des Jeux, je pensais encore à toutes ces années jeunes où j'ai été un peu éclipsé, où on ne comptait pas trop non plus sur moi, et j'avais cette envie d'inverser c'est la tendance c'est de prouver à tellement de gens mais tellement de gens qui s'étaient trompés et que voilà je serai celui qui aura bossé plus que les autres qui aura été là où personne d'autre n'a été et voilà cette forme de challenge un peu permanent cette forme un peu indescriptible ce sentiment de revanche un peu finalement sur des années vécues un peu de cette façon
SPEAKER_03là donc quelque part j'ai l'impression d'entendre une sorte de revanche et quelque part peut-être qu'on peut leur dire peut-être que tu peux leur dire merci à ces gens aujourd'hui parce que si c'est ça qui t'a drivé c'est vachement intéressant en tout cas pour moi de t'entendre dire
SPEAKER_01ça oui et non il y en a qui je dirais merci il y en a qui je dirais pas merci mais clairement celui qui a fait qu'il en est là c'est juste le bonhomme donc je suis persuadé que si j'avais pas eu ça j'aurais trouvé autre chose pour me motiver mais voilà c'est vrai que c'est ce qui a été mon moteur et puis après au fur et à mesure j'ai aussi trouver d'autres motivations, mais si tu veux, c'est quelque chose qui a été parsemé tout au long de mon chemin, c'est pas seulement pendant mon enfance, c'est-à-dire que même après, quand j'ai été senior, on m'a souvent dit qu'il y avait des choses qui n'étaient pas possibles de faire, et ça, c'est quelque chose que j'ai du mal à concevoir, et pour l'anecdote, la chose qui m'a le plus motivé un jour, et sincèrement, je pense que c'est ce qui fait que j'ai été champion olympique l'année qui a suivi, c'est qu'en 2015, pour la petite histoire, Je dois rentrer dans le double poids léger français qui ira au jeu. On est en 2015. Le double poids léger, on est sur un duo qui est champion du monde en titre et hyper fort. De par mes performances individuelles, dans les grandes lignes, je dois prendre la place de l'un des deux. Suite à des tests, je suis évincé du double alors qu'individuellement, je le méritais. Mais j'étais hyper jeune. Eux, ils avaient de l'expérience. Ils étaient champions du monde en titre. Ils étaient promis à faire une médaille au jeu. je suis évincé et le coach de club du rameur dont je devais prendre la place dans le double vient me voir suite à la décision fédérale de me sortir du bateau et me dit mais tu sais t'as pas à t'en vouloir tu t'es attaqué à une montagne c'était juste pas possible cette association là elle ira au bout c'est elle qui ira au jeu et tu peux rien y faire c'est comme ça personne peut rien y faire et c'est fallait pas me dire ça quoi parce que le lendemain j'avais les dents qui rééparquaient comme jamais et depuis ce jour là je me suis donné encore plus corps et âme pour aller au jeu pour prouver à tous ces gens qui pensaient que tout était tracé que tout était fait que c'était comme ça et à travers une analyse subjective qu'on pouvait décerner les médailles à l'avance bah non c'était pas comme ça et du coup l'année d'après individuellement j'explose complètement et je me dis place encore plus devant, enfin je creuse l'écart de niveau avec celui que je devais remplacer j'arrive à faire ma place et on est champion olympique l'année qui suit avec son collègue donc
SPEAKER_03voilà. Qu'est-ce qui s'est passé intérieurement quand t'as eu cette conversation avec le coach de celui que t'as fini par remplacer
UNKNOWN?
SPEAKER_01J'ai eu tout de suite envie de repartir à l'entraînement, lui faire ravaler sa parole j'en vois encore j'étais en train de chialer en plus on venait juste de me dire ça et il pensait bien faire, vraiment venir me réconforter, je pense, mais moi, ça a eu l'effet, je dirais pas inverse, parce que finalement, ça m'a réconforté, ça m'a tout de suite reprojeté sur ce que je devais faire, et j'ai arrêté de me pitoyer sur mon sort, donc ça a fonctionné, mais pas dans le sens que lui l'aurait voulu, parce que derrière, je saurais même pas le décrire, mais intérieurement, ça m'a rendu invincible, quoi. En termes de motivation, j'étais devenu inébranlable, et j'avais qu'une hâte c'était de retourner à l'entraînement
SPEAKER_03et puis de
SPEAKER_01remettre les compteurs à zéro sur l'année qui a suivi et vraiment avec cette
SPEAKER_03volonté de devenir indiscutable Alors justement là tu viens de nous parler de l'état d'esprit dans lequel ça t'a plongé qui clairement avec du recul aujourd'hui a fait la différence mais est-ce que tu peux nous en dire plus sur concrètement qu'est-ce que tu as changé, est-ce que tu as fait évoluer ta fréquence d'entraînement, l'intensité ça a été quoi les gros changements que tu as opéré très rapidement
UNKNOWN?
SPEAKER_01Disons que je suis quelqu'un qui est par nature et depuis toujours m'entraîne beaucoup donc j'ai pas pu rajouter non plus du volume à Thierry Larigot parce que j'étais déjà pied au porcher mais en revanche à chaque fois que j'allais à l'entraînement c'était avec cette ferme intention de progresser et de mettre cette personne mais très très très loin derrière et donc c'était surtout ça on va dire que j'étais animé pendant les séances d'entraînement et aussi sur les différentes sélections les différentes compétitions qui ont suivi mais en termes de volume d'entraînement oui je me suis entraîné un peu plus comme je le faisais à l'époque à ce moment là où je m'entraînais chaque fois un peu plus d'année en année forcément mais voilà c'était surtout l'état d'esprit qui a changé et la niaque qui a été encore plus prédominante tous les jours à l'entraînement
SPEAKER_03Est-ce que tu as un chiffre à partager pour qu'on puisse un peu se rendre compte du progrès que tu as fait entre ces deux années
UNKNOWN?
SPEAKER_03Je ne sais pas, est-ce que vous mesurez la puissance sur les coûts de... Je ne sais plus du coup, est-ce qu'on peut dire pagaie ou c'est pour le kayak les
SPEAKER_01pagaies
UNKNOWN?
SPEAKER_03Coup d'aviron, non. Coup d'aviron. Donc, comment est-ce que tu mesures du coup la performance
UNKNOWN?
SPEAKER_03Est-ce que c'est juste le chrono ou il y a d'autres indicateurs
SPEAKER_01que tu as vu évoluer
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, on a pas mal d'indicateurs. De manière bête et méchante, chaque année, par exemple, on passe un test VO de max. Donc, c'est sur la machine avec le masque on mesure donc à la fois la VO2 mais aussi la capacité de résistance solactique et là on passe des paliers de puissance donc c'est un bon moyen de savoir en fonction du moment où on s'arrête de savoir si on a bien progressé ou non par rapport à cet aspect au moins physiologique et mental même parce qu'à la fin on ne progresse plus physiologiquement mais uniquement mentalement après on a aussi chaque année nos sélections individuelles en bateau au mois d'avril donc ce qu'on appelle nos championnats de France bateau court ou où là, on est tous en individuel, en skiff, et où on compare les uns aux autres. Donc ça, c'est un bon indicateur. Donc là, c'est ce qui a fait, d'une année sur l'autre, que j'ai bien progressé. Par exemple, en 2015, quand je m'immisce dans la hiérarchie et que je dois monter dans le double, c'est parce que les deux premiers sont associés, les deux premiers en skiff. Moi, je fais deuxième. Je suis, pour la petite histoire, 5 secondes derrière mon futur coéquipier, Jérémy Azou, et 3 ou 4 secondes devant Stani Delerre, donc celui que j'allais remplacer par la suite. Et l'année d'après, je suis dans la même seconde que Jérémy Azou, donc je grappille entre 4 et 5 secondes. Et en revanche, j'en colle 10 à Stanley Döller, ce qui devient un boulevard. Donc oui, ça peut donner une ordre d'idée de chiffre. Et enfin, ce qui permet aussi de mesurer, et on se fie surtout à ça, la progression des rameurs chaque année, c'est ce qu'on appelle le test allergomètre. C'est des tests qu'on réalise à l'entrée de l'hiver et à la sortie de l'hiver sur la machine à ramer. le rameur, l'ergomètre où on programme 2000 mètres fictifs et où on doit aller le plus vite possible tout en sachant que là il n'y a plus vraiment d'aspect technique qui rentre en compte et que ça va être uniquement physiologique, physique et dans la tronche donc là c'est une puissance développée maximale sur 2000 mètres pendant environ 6 minutes donc oui ça c'est un bon facteur quand on parle de progression on regarde chaque année la progression sur le test ergo et là
SPEAKER_03ça cause et la difficulté différence entre les deux années pour ton test Ergo à toi, ça a été de combien
UNKNOWN?
SPEAKER_01Si tu t'en rappelles. Oui, bien sûr. En 2015, je devais effectuer, je devais être en 6 minutes 08 et je devais faire mon nouveau record 6 minutes 05 en 2015, début 2016. Donc oui, c'est assez significatif parce que 3 secondes à ce niveau-là, sachant que j'étais déjà le deuxième meilleur temps réalisé à l'ergomètre derrière
SPEAKER_03Jérémy Azou oui c'était assez significatif pour le coup waouh ok ok donc super donc là on a bien échangé sur j'ai l'impression quelque part tu me dis si je me trompe mais ce qui a été le déclic pour toi cette décision en 2015 qui finalement t'as mis dans un état d'esprit où t'as juste tout déchiré et t'es allé arracher ta place et comment est-ce que ça s'est passé avec je ne savais pas qu'on utilisait ce terme mais en termes d'entente dans votre association avec
SPEAKER_01Jérémy c'est une question qui revient souvent souvent on me demande comment ça s'est passé avec Jérémy et Stani qui étaient les deux qui formaient le duo avant que j'ai brisé entre guillemets et qui par la même occasion ont été les meilleurs amis du monde donc ça a été une relation à trois finalement avec Stani qui devenait remplaçant du double poids léger alors qu'il avait été titulaire champion du monde dans la catégorie mais se retrouver sur le banc des remplaçants entre guillemets mais pas à cause d'une contre-perf mais à cause du simple fait que j'étais là entre guillemets donc oui ça a été une relation un peu particulière qui était différente bien sûr avec Jérémy qu'avec Stani mais qui a quand même été ma foi je pense plutôt très bien gérée et pour ça on a été hyper bien cadré aussi par Alexis Besançon notre coach en équipe de France le coach double poil léger français qui a établi des règles assez clair et à partir du moment où on signait pour ces règles-là, on n'avait pas à se plaindre. Les règles du jeu étaient assez claires dès le début, donc partant de ce principe-là, il ne pouvait pas y avoir d'animoniosité à outrance. Et après, c'est sûr qu'il y a eu des moments plus difficiles que d'autres et des passages finalement très chargés émotionnellement pour tout le monde et de manière différente.
UNKNOWNOk.
SPEAKER_01mais globalement c'est quand même quelque chose qui s'est bien passé parce que ça a abouti à un titre
SPEAKER_03olympique et sans on va dire sans dommages collatéraux j'ai envie de dire oui c'est ce que j'allais te dire je suppose que vous avez réussi à gérer cette collaboration enfin d'ailleurs c'est peut-être une question que j'ai envie de te poser est-ce que ça aurait été possible de gagner ce titre olympique sans une parfaite entente et une excellente collaboration entre vous
SPEAKER_01trois
UNKNOWN?
SPEAKER_01Une chose est sûre, c'est que non. L'un des facteurs clés de succès en avion, c'est vraiment la synergie. Je reste persuadé qu'on ne peut pas construire un bateau ultra performant. On peut construire un bateau performant avec des individualités fortes qui ne s'entendent pas, mais on ne peut pas construire un bateau ultra performant capable d'aller décrocher un titre olympique s'il n'y a pas un minimum de synergie, de symbiose entre les bonhommes qui font que quand il faut y aller, quand il faut se donner, il faut avoir une confiance aveugle en l'autre et il faut être capable de mettre notre vie entre ses mains. Clairement, on n'y est pas, mais c'est un champ de bataille sur lequel on est avec un mec à côté et on met clairement notre vie entre ses mains. Dans l'image, il faudrait faire une confiance semblable à cela. Je ne dis pas qu'on se retrouve dans ce contexte-là, mais voilà pour dire en pour essayer d'imaginer un peu quel genre de confiance on peut avoir en l'autre. Donc oui, c'est
SPEAKER_03important. Est-ce que tu pourrais nous revenir avec nous sur cette journée de la médaille olympique et nous faire un petit peu une sorte de visite de ce qu'il y avait derrière le rideau, comment ça s'est passé, les émotions, comment tu te sentais jusqu'à la ligne de départ et les preuves elles-mêmes jusqu'à la médaille et comment est-ce que tu as accueilli cette
SPEAKER_01victoire
UNKNOWN?
SPEAKER_01Bien sûr, c'est tout à fait possible. Au risque, encore une fois, de casser un mythe, mais bien sûr. Dans l'idée, ce qu'il faut savoir, c'est que les Jeux de Rio étaient assez particuliers pour l'aviron parce que les épreuves ont été reportées une paire de fois à cause des conditions climatiques. Le bassin n'était pas praticable, il y avait vraiment beaucoup de vent, on était vraiment sur la façade qui donnait sur l'océan, donc forcément beaucoup de vent. Nous, on était sur un lac, sur un lago vraiment juste derrière, donc on avait le vent... qui venait de l'océan c'était vraiment pas pas praticable tous les jours donc beaucoup d'attentes sur ces Jeux Olympiques et donc la finale a été reportée une ou deux fois je sais plus exactement parce que je sais qu'on a eu deux reports de course mais je sais plus si ça a été une fois sur la demi et une fois sur la finale ou deux fois la finale donc c'était assez compliqué à gérer parce que finalement on s'apprête on se prépare pendant des années à être prêt le jour J et voilà quand c'est décalé une fois bon bah voilà on s'adapte et deux fois bon à 50 ça va être un peu long, et puis c'est-à-dire que la troisième fois, il faut y aller, il faut être prêt, donc difficile à gérer, d'autant plus qu'on a le facteur du poids aussi, qui était dur à gérer, parce qu'on ne fait pas grand-chose de nos journées, si on faisait entre une heure et une heure et demie de cardio, c'était le bout du monde, parce qu'on devait être en forme et récupérer, donc c'est dur aussi de perdre du poids quand on est sur des indices de masse grasse hyper basses, en faisant uniquement ça tous les jours, donc même en ne mangeant pas, le poids remontait quand même, donc c'était assez... assez stressant à l'approche du dernier jour mais voilà si je dois me concentrer uniquement sur le jour de la finale le vrai le bon on s'est levé donc avec Jérémy et on a eu le premier réflexe c'est d'aller se peser forcément pour savoir si on allait pouvoir prendre un petit déj ou pas parce qu'il allait falloir qu'on se pèse avant la course donc pour info et compléter ce que je disais tout à l'heure donc c'est sous les 72,5 kg individuellement mais le bateau lui doit faire en moyenne 70 kg donc Donc ça veut dire qu'on peut avoir un bonhomme à 67,5 kg et un autre à 72,5 kg. La moyenne à 70, c'est bon. Mais souvent, on se répartit 70-70. Et on doit aussi se peser en contenu de compétition. Ça peut paraître ridicule, mais on a des combinaisons qui pèsent 200 grammes. Donc ça fait 400 grammes à deux. Donc ça veut dire qu'il faut qu'on soit en moyenne sous les 70 kg si on prend en compte le poids de la combinaison et le fait qu'on veuille prendre un petit déj quand même, qu'on puisse manger au moins quelque chose, ne serait-ce qu'un bout de pain. Le jour de la compétition quand même. Donc il y a tout ça à prendre en compte. Et donc on se lève avec Jérémy et on va sur la balance. Et on s'aperçoit que sans la combinaison, on est tous les deux à 70-0. Donc ça veut dire qu'en gros, il n'y a plus qu'à prier pour qu'on passe aux toilettes d'ici la pesée. Et puis surtout, on ne mangera pas. Donc voilà, c'est une journée qui, en plus de s'être fait attendre, commençait un peu... pas de la meilleure des façons donc voilà bon c'est pas grave il faut faire avec c'est le jour de la finale des Jeux bon on va pas s'arrêter à ce détail là et puis de toute façon ça fait deux mois qu'on mange plus rien donc on a plus vraiment faim on s'est habitué donc voilà pas de soucis moi je me souviens avoir mangé juste une barre de céréales qui faisait 25 grammes donc voilà on a après on a pris le bus on a pris le bus pour aller du village olympique au site de la compétition c'était des voyages qui étaient assez longs le site était assez loin on mettait en général trois quarts d'heure à y aller, donc je me souviens bien de ce trajet en bus où on longe l'océan, où c'est des décors assez époustouflants, et en même temps, là, il m'a paru vraiment interminable ce jour-là, parce que je me disais, ben voilà, la prochaine fois que tu reprends ce bus-là dans l'autre sens, chose que tu fais tous les jours, ben tu sauras si t'es champion olympique ou pas, quoi. Donc du coup, c'était une sensation un peu particulière, tout en mêlant le fait qu'il allait falloir se mettre une race physiquement, qu'on n'avait rien à manger tout ça donc c'était bon voilà assez lourd mais j'écoutais ma playlist donc tout allait bien et donc arrivé sur le bassin de la compétition on s'aperçoit que les conditions sont correctes donc ça va certainement courir ce serait pas annulé donc du coup on se dirige vers la pesée il est l'heure à ce moment là donc on se pèse on passe de souvenir tout juste au poids peut-être avec 100 ou 200 grammes de marge parce qu'il y en a un des deux qui est à l'épicé donc voilà ça passe et donc juste derrière en fait on Moi, je me souviens avoir mangé un peu de sport-déj. C'est la seule chose, une collation qu'on peut se permettre de manger parce que ça se digère hyper vite. Vu qu'on est deux heures avant la course, on s'échauffe une heure avant la course. Ça veut dire qu'on est, au moment de la pesée, une heure avant de se mettre en route. Ce n'est pas le moment de manger, ne serait-ce qu'une banane. L'idée, c'est de manger un peu de poudre avec de l'eau. C'est ce que j'ai fait. Jérémy avait dû aussi emporter quelque chose, peut-être des biscottes ou quelque chose comme ça. Il n'était pas trop sport-déj, mais il avait dû manger des biscottes, quelque chose comme ça, histoire de se contenter quand même. Ensuite, on on a attendu, souvent, on a un temps d'attente, donc entre la pesée et le début de l'échauffement, un temps d'une heure, où on se pose au bassin, on s'est pesé, on mange un petit bout et on attend l'échauffement. Et donc là, on était dans la salle où sont rediffusées les courses devant l'écran. Et puis, regardez les courses qui avaient déjà commencé, il y avait des courses avant nous, donc on se mettait un peu dans l'ambiance comme ça. Ambiance très silencieuse, très calme, parce que tous ceux qui sont autour de nous, forcément, ont une finale ce jour-là. C'est plus les tours éliminatoires, donc c'était que des jours réservés au final A donc tous les gens qui étaient autour de nous finalement étaient en train de vivre le meilleur jour de leur vie en théorie donc quelque chose d'assez pesant je me souviens pour la petite anecdote d'avoir des chinois qui se sont pointés à côté de nous et qui ont mangé des
SPEAKER_03nems en sortant
SPEAKER_01de la pesée parce qu'eux sortaient de la pesée et ils ne se sont pas fait chier ils ont bouffé des nems au niveau processus de digestion on n'était pas tout à fait sur le même principe nous on n'osait déjà pas manger une banane alors voilà Mais bon, voilà, écoutez, c'est un choix. Donc, je me souviens très bien de ça. Ça m'avait choqué. Et ensuite, c'est assez vite arrivé lors de l'échauffement. Et là, je me souviens que... il y a eu une éclaircie enfin il pleuvait jusque là il y a eu une éclaircie qui m'a fait dire c'est nickel le bassin était franchement pas trop mal une petite risée de vent mais bon voilà je me suis dit ça va le faire et donc on est parti à l'échauffement assez vaillant en termes de vêtements et je me souviens qu'au bout de 10 minutes d'échauffement on est censé s'échauffer environ une demi-heure à ce moment là il est tombé des halbards de mer un truc de ouf et je me suis retrouvé complètement trempé et je me rappelle qu'on a embarqué sur l'eau complètement trempé avec la visière et tout, obligé de s'être changé, tout ça, donc je me souviens très bien de ça, et en même temps, ça avait calmé le vent, donc du coup on s'est retrouvé, comme on dit, un petit pluie à bas grand vent, donc on s'est retrouvé à devoir embarquer sur un billard, parce qu'on appelle nous un billard, un vent, vraiment une flaque d'huile, donc ça c'était cool, mais donc voilà, l'échauffement se déroule sans encombre, mis à part ça, et puis à vrai dire, je me souviens que des brides du discours de l'entraîneur juste avant de nous faire embarquer, mais je me souviens, je me souviens de l'essentiel je me souviens qu'à ce moment là on a eu une demi-heure de la course c'est le moment d'embarquer et je me souviens très clairement qu'elle est la stratégie du coach c'est de rouvrir toutes les blessures passées donc il nous connait très bien il nous connait sur le bout des doigts il sait qu'on a eu des parcours différents et il nous regarde chacun dans les yeux chacun notre tour et il s'amuse il prend un malin plaisir à rouvrir les blessures du passé et à dire qu'aujourd'hui c'est le moment de se servir de tout ça et Et ça marche plutôt bien quand on embarque sur l'eau avec tout ça en tête. Mais en même temps, voilà, et c'est pour ça que je disais tout à l'heure que c'était au risque de casser un mythe, le sportif de haut niveau, il a beau, je parle pour moi, mais je pense qu'on n'est pas loin de pouvoir faire une généralité, il a beau se préparer toute sa vie pour un événement, disons que le jour où il faut y aller, où il est dans le cadre de la compétition et tout est fait pour que, voilà, ce soit aujourd'hui, tu ne sais pas pourquoi, il a tout sauf envie être là donc c'est quelque chose c'est assez indescriptible c'est une pression qui paralyse qui donne envie de vomir qui donne envie de changer de vie de se dire mais putain pourquoi qu'est-ce que je fais là pourquoi je m'inflige ça et c'est quelque chose d'assez indescriptible finalement qui fait que on est vraiment comme si notre corps nous faisait passer un message et comme si notre instinct de survie prenait le dessus et qu'on se retrouvait face à un danger mais vraiment imminent pour nous et donc il y avait à la fois les mots du coach qui résonnaient et en même temps cette peur tétanisante qui faisait en fait me dire mais putain j'ai pas envie d'y aller quoi et à ce moment là il se passe plein de choses dans notre tête c'est à dire qu'on se dit on monte au départ et moi en tout cas je me dis personnellement je sais que c'était pas le cas de Jérémy parce que lui il savait clairement ce qu'il voulait mais en tout cas j'aime me dire qu'il pensait pas ça mais moi j'en suis venu à me dire à un moment donné putain mais même si on fait deux ou troisième enfin je m'en fous quoi tu sais finalement t'en reviens à un point où tu revois tes ambitions un peu à la baisse juste avant le départ tu sais tu te dis mais en fait j'en ai tellement marre de cette pression tellement marre de ressentir ça, c'est bon, donnez-moi la médaille de bronze et c'est bon, ça me va très bien, tu vois. Et ça, c'est assez dur à gérer et finalement, je pense que ça a été pour moi le plus gros défi parce qu'il y avait énormément de pression à gérer, notamment de par le fait que j'avais pris la place au dernier moment d'un binôme qui fonctionnait très bien, donc que je ne pouvais pas faire autre chose que gagner, donc il y avait une pression qui était vraiment supplémentaire. Et donc voilà, je me dis vraiment ça jusqu'à mon temps au départ, même si heureusement, je me concentre aussi techniquement et ça fait passer les coups, ça fait passer les coups, je me concentre techniquement à être avec Jérémy, je fais aussi une espèce de scan corporel pour savoir si je suis en forme, si tout est vraiment optimisé, si je vais pouvoir donner le meilleur de moi-même, donc ça fait passer un peu le temps, et puis donc après voilà, on est assez rapidement dans les starts, et là c'est interminable, c'est clairement interminable, ça a beau durer que deux ou trois minutes, c'est franchement, c'est les minutes les plus longues de ma vie, on a l'impression que ça dure deux heures, le feu rouge est allumé, et là on est tous là en poireau et on se dit mais est-ce qu'on va vraiment y aller est-ce qu'on va vraiment le faire et je me souviens avoir regardé j'étais un petit coup d'oeil en haut à gauche et en fait on était au pied du Corcovado et donc ouais je voyais le Christ Rédempteur qui avait un oeil sur nous et c'est une image qui m'a marqué parce que putain je me suis dit mais waouh là t'es à Rio de Janeiro t'as toutes les caméras du monde entier qui sont braquées sur toi t'es au pied du Corcovado t'es en train de préparer à courir une finale olympique c'est un truc de malade et c'est ça qui m'a vraiment mis dedans en train ça m'a fait réaliser sur les premiers coups de pelle de la course j'ai réussi à me mettre dedans tout de suite physiquement mais j'ai eu quand même une sensation particulière tout au long de la course finalement où une fois arrivé à la mi-course au 1000 mètres il y avait toujours une partie de moi un peu tétanisée et je me revois me dire en fait on avait pas encore fait le trou sur nos concurrents c'était hyper serré mais aussi parce que moi physiquement je m'étais pas investi enfin j'avais eu du mal à m'investir encore jusque maintenant j'étais encore un peu paralysé et je me vois passer la mi-course en me disant mais ouf là il faut y aller c'est bon c'est parti on est à la mi-course c'est déjà presque fini il faut se bouger et ne pas être spectateur et voilà vraiment je me souviens d'avoir passé cette mi-course sans aucune douleur comme si j'avais été spectateur jusqu'à ce moment là et après de se mettre en route mais bon voilà c'est qu'une impression évidemment que j'étais quand même engagé à 100% mais il y avait cette sensation finalement ces pensées un peu parasites qui me donnaient l'impression d'être en deçà de ce que je pouvais donner et d'être un peu spectateur c'est assez particulier à décrire je sais pas si je le fais bien mais bon voilà et puis ensuite le reste de la course passe très vite parce que Jérémy place une attaque gigantesque après la mi-course donc moi je m'accroche à mes pelles pour le suivre là on fait le trou et à partir du moment où on a plus d'un bateau d'avance sur tout le monde je me dis juste que là maintenant il faut tenir et c'est qu'une question de une ou deux minutes à serrer les dents pour une gloire éternelle entre guillemets donc là il n'y a qu'à ce moment là où on se met vraiment dedans et on se dit putain on va vraiment le faire et donc du coup là je m'accroche vraiment et quand Jérémy lui cale un petit peu parce qu'il avait tellement donné nous avait tellement offert une avance considérable cale un tout petit peu sur les 200 derniers mètres là moi je suis vraiment dedans pour le coup je me suis vraiment mis dedans et sur les 200 derniers mètres je serre les pelles et je pousse aussi fort que ma connerie quoi et du coup c'est assez inépuisable donc franchement j'arrive vraiment à m'employer à ce moment là et c'est chaud parce que tous les bateaux nous remontent et bon pour les connaisseurs ils savent que quand ça se finit on gagne mais à la faute au finish pour info on gagne avec seulement 5 dixièmes d'avance sur les deuxièmes donc on s'est fait remonter de folie à la fin mais voilà on arrive à conserver cette petite pointe de bateau d'avance qui nous permet d'être champion olympique et à partir de ce moment là tout va beaucoup beaucoup beaucoup trop vite je me souviens encore au moment de la cérémonie il y a un mec sur le côté avec qui je me suis entraîné tout l'année un ancien entre guillemets un certain Dorian Mortelet qui est lui médaillé de bronze au jeu de Pékin médaillé d'argent au jeu de Londres mon idole en fait le mec avec qui je me suis entraîné ces dernières années et qui était juste mon modèle jusque maintenant mon inspiration lui il était pas médaillé ils ont fait 5ème il avait fini sa course et il était là à côté du podium et je l'entends encore me dire putain profite Pierrot profite parce que c'est des moments de ouf et il me disait ça au loin il me gueulait ça de profiter ça ça m'a marqué je me dis putain ouais il faut profiter et malgré tout c'est passé en un éclair quoi c'est passé hyper vite et puis et puis voilà on était vite redescendu du podium et en revanche le reste de la journée donc là on était peut-être vers midi 13h et le reste de la journée en revanche a été très très très très long parce qu'on a dû faire donc la tournée des médias quoi enfin au village au village France donc tous les plateaux télé en plus on tombait sur le bon créneau horaire pour faire du direct donc on les a tous enchaînés et jusqu'à 1h du matin on
SPEAKER_00on a
SPEAKER_01vraiment rien vu passer on a bouffé 2-3 petits fours par-ci par-là alors qu'on avait rien mangé de la journée on a mangé 2-3 petits fours entre deux blottes au télé et ça allait super vite et je me souviens que là je casse aussi un mythe j'ai même pas fêté ma médaille j'étais champion olympique et le soir il y avait une méga teuf au club France normal et c'est tous mes copains qui l'ont fêté pour moi parce que moi j'ai pris la dernière navette la première que je pouvais prendre après toutes les sollicitations et à 1h du mat 1h30 j'étais de retour au village olympique pique et je dormais du coup c'est plutôt une saveur qui s'est déduit dans le temps après mais c'est vrai que je ne l'ai pas
SPEAKER_03fêté sur le moment sur place ok écoute franchement merci pour le récit c'était fascinant de t'écouter revenir sur le déroulé de la journée et tu disais que ça a été pour 5 millième de seconde c'est
SPEAKER_01ça
UNKNOWN?
SPEAKER_015 dixième 5 dixième de seconde ouais ouais Une demi-seconde.
SPEAKER_03Une demi-seconde. Et ça, du coup, vous avez su directement sur l'eau immédiatement que vous étiez champion olympique ou il y a eu une espèce de décision, un check des vidéos, il a fallu attendre
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non. Moi, oui, je le savais tout de suite parce que je suis derrière Jérémy. C'est moi qui suis le plus proche de la pointe qui compte, celle de l'arrivée. J'ai une meilleure vue. Je suis un peu la tour radar. En arrivant, je savais tout de suite que j'avais gagné. Jérémy a quand même pris soin de checker le... de checker le tableau d'arrivée quand même. Pour 5 dixièmes, ce n'est pas vraiment une photo finish. C'est-à-dire que tout de suite, ça s'affiche. France, Irlande, Norvège, tout de suite. Mais lui, de sa position, il ne pouvait pas le discerner. Donc, il a quand même pris le temps de checker ça avant de
SPEAKER_03s'effondrer. Tu faisais référence à des ressentis plutôt physiques avant la course. Tu disais que tu avais presque cette envie de vomir ou le ventre noué. Qu'est-ce qui s'est passé physiquement au moment où toi t'as vu que vous étiez médaille olympique enfin
SPEAKER_01champion olympique pardon là on a des ressentis complètement différents par exemple Jérémy lui c'est j'aimerais vraiment pas être à sa place à ce moment là il avait tellement cette capacité à aller au bout lui même mais vraiment comme personne quoi et clairement lui c'est un cauchemar les minutes qui suivent même le podium tout ça souvent pour lui c'est un cauchemar parce que il est dans le brouillard complet il est oxy au bout de sa vie enfin il tient plus debout moi bon j'en étais pas encore là entre guillemets j'avais pas cette capacité là comme lui à me vider à 100% pile donc j'ai quand même cette montée d'acide lactique bon voilà il faut que je récupère et je suis au bout de ma vie aussi mais je savoure un peu plus que lui je pense malgré tout à ce moment là même si ça brûle de partout qu'on est défoncé qu'on a rien dans le ventre et que là les 200 nanomètres en plus de la course entière ont été assez rudes donc on a la particularité en avion d'utiliser absolument tous les muscles du corps. Donc là,
SPEAKER_03il y a tout qui brûle sans exception. Et à quel moment est-ce que tu as repensé à cette espèce de revanche
UNKNOWN?
SPEAKER_03Est-ce que tu voulais prouver à toutes ces personnes que tu évoquais un peu plus tôt
UNKNOWN?
SPEAKER_03Et je ne sais pas si c'est ça que l'entraîneur, tu disais qu'il avait ouvert un peu tous les robinets, les robinets des souffrances qu'il connaissait pour vous juste avant l'épreuve. À quel moment est-ce que tu as repensé à ces personnes et que tu t'es dit, voilà, c'est fait, je vous l'ai montré
UNKNOWN?
SPEAKER_01c'est la deuxième chose à laquelle j'ai pensé en passant la ligne donc je dirais que j'y ai pensé peut-être 5 secondes après avoir passé la ligne donc j'y ai pensé assez rapidement c'est vraiment la deuxième chose à laquelle j'ai pensé dans mon esprit waouh et ouais j'ai lâché une phrase d'ailleurs on l'entend un petit peu mais instinctivement je dis qu'est-ce qu'il y a là
UNKNOWN?
SPEAKER_01voilà quoi enfin voilà ça voulait dire ce que ça
SPEAKER_03voulait
SPEAKER_01dire il est là Pierre ouais
SPEAKER_03Tu l'évoquais, mais c'est quelque chose que j'ai découvert quand je regardais toutes tes vidéos, toutes les vidéos que j'ai pu trouver sur toi, les entraînements, etc. Tu évoquais le fait que l'aviron, c'est un de ces rares sports qui mobilise tous les muscles.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_03et juste peut-être pour qu'on se rende compte un petit peu quand tu dis que Jérémy il était au bout de sa vie etc à quel point est-ce que c'est incapacitant parce qu'on pourrait se dire on pourrait se dire tu vois c'est juste 6 minutes je pense que je vois personnellement je vois à peu près parce que moi le judo c'était 3 minutes extrêmement long mais comment est-ce que tu pourrais décrire cette sensation quand t'as passé la ligne en termes de fatigue qui retombe ça ressemblait
SPEAKER_01à quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01c'est hyper compliqué à décrire parce qu'en fait pour prendre l'exemple de Jérémy, c'est l'idée de se dire que c'est un mélange de tétanie, de brûlure, d'asphyxie. On a l'impression d'être sur les courses où on s'en met vraiment une bonne, où on a l'impression d'être finalement en plein milieu d'un incendie. C'est-à-dire qu'on a du mal à respirer et le peu qu'on respire, ça brûle chaque alvéole des poumons. Quand on essaie de solliciter n'importe quelle partie du corps, soit elle ne répond pas, soit elle répond au prix d'une forte douleur et par exemple l'exemple le plus flagrant c'est juste le fait de ne pas pouvoir se mettre debout on s'aperçoit que le muscle si on le contracte ça part en crampe mais à la moindre demi seconde de contraction et je me souviens qu'on n'est pas sorti du bateau debout on est sorti du bateau en rampant littéralement on n'a pas mis le pied sur le ponton on a mis les mains et on s'est roulé et j'ai cette image encore où on est tous les deux affalés sur le ponton et où Jérémy lui clairement on a dû le soulever on a dû le porter parce qu'il était encore à bout de souffle il était encore là c'est que 6 minutes mais c'est 6 minutes on est un sport de résistance en fait
SPEAKER_00et
SPEAKER_01donc du coup on développe la notion de force endurance et l'idée c'est de développer un maximum de puissance le plus longtemps possible donc si on appelle ça de la résistance c'est vraiment parce qu'on va atteindre notre pic de puissance très tôt dans la course et que l'idée si on veut gagner c'est de le maintenir voire de l'accélérer donc faites ça pendant 6 minutes en hyperventilation en hypertrophie en hyper tout ce que vous voulez et vous avez le résultat d'une course d'avion et là on s'aperçoit que 6 minutes c'est déjà
SPEAKER_03beaucoup trop déjà encore une fois merci pour ce témoignage sur le fait de partager cette journée cette journée olympique c'était vraiment j'ai bu tes paroles j'essaie de visualiser un petit peu c'était intense en tout cas la façon dont tu le partageais on sentait vraiment qu'il y avait une grosse dose émotionnelle associé à tout ça la question que je me pose parce que tu l'as dit toi-même tu t'es rendu compte à mi-course que physiquement les indicateurs étaient ouverts pour toi et que c'est vraiment en tout cas moi quand je t'ai écouté j'ai vraiment eu le sentiment que c'est la course elle s'est vraiment jouée dans la tête pour toi je ne sais pas comment c'était pour
SPEAKER_01Jérémy clairement Jérémy lui ça s'est joué partout à la fois dans la tête et dans le corps mais voilà je pense que si Jérémy c'était mon aîné mon modèle et beaucoup plus d'expérience et finalement heureusement que ça s'est fait comme ça heureusement que j'en avais sous le pied à la fin pour nous sauver et lui heureusement qu'il en a mis avant mais Jérémy avait beaucoup plus d'expérience et avec cette capacité je pense à se dissocier des enjeux et aussi à s'investir quand il le fallait à la hauteur de ce qu'il fallait aussi donc lui je pense que physiquement déjà au mille à la mi-course il était déjà complètement cuit parce que finalement il est quelque chose comme 600 mètres après
SPEAKER_03donc ça veut dire qu'il était déjà bien entamé ouais wow et quelle ressource est-ce que tu mobilises toi quand le physique est enfin voilà quand t'es déjà dans le rouge ou à la frontière de la ligne rouge et que tu sais que t'as encore 1000 mètres ou plus ou même si c'est que 500 mètres si t'es déjà en moitié asphyxié et que t'as plus t'as plus rien dans les bras dans les jambes comment c'est quoi Comment tu fais pour te
SPEAKER_01remobiliser
UNKNOWN?
SPEAKER_01Moi, je me réfugie vachement dans mes sensations. C'est-à-dire que je me focalise sur une sensation en particulier de mon corps en termes de ressenti. Ça peut être n'importe quoi. Si c'est un bateau, ça peut être à un moment donné la glisse du bateau, un moment du tempo qu'on met. Ça peut être juste une bride, mais quelque chose que j'essaie de retrouver coup après coup et qui m'occupe finalement. Ça peut être la manière de mettre les pelles dans l'eau, j'essaie de me réfugier dans quelque chose, de trouver un espèce de confort dans la douleur. Et voilà, ça peut être tout et n'importe quoi. Et après, une fois que ça, ça ne suffit plus, c'est à la tronche. C'est-à-dire qu'une fois qu'on ne peut plus se réfugier nulle part, il faut juste lâcher les chevaux et penser à ce qu'il faut pour se remobiliser et rester dans le truc. Donc ça peut être à n'importe quoi, mais quelque chose qui nous de manière assez profonde parce qu'il faut que ça nous permette de tenir donc c'est sûr que si on pense juste à ce qu'on va manger après la course ça suffira pas par exemple dans l'idée tu sais c'est quelque chose mais voilà on se rappelle pourquoi on fait tout ça et voilà on s'imagine je sais pas moi ça va être un truc tout con mais voilà je pense à ma famille derrière l'écran une connerie comme ça et juste t'as l'image de ta famille dans ta tête et tu l'imagines vivre le fait que tu sois champion olympique tu te dis bah ouais je veux que dans une minute ça se passe comme ça et là tu te poses
SPEAKER_03même plus de questions c'est parti En quoi est-ce que tu dirais que cette expérience cette médaille olympique évidemment mais toutes les expériences par lesquelles t'es passé sur cette journée qu'est-ce que t'en retires
UNKNOWN?
SPEAKER_03Parce que t'évoquais le fait que Jérémy lui il est tout donné physiquement et mentalement et que de ce que j'ai compris, c'est l'expérience peut-être qui lui permet de déclencher un niveau supplémentaire par rapport à ce que toi tu as fait sur cette journée. Avec quoi est-ce que tu es reparti après cette journée olympique
UNKNOWN?
SPEAKER_01Il y a forcément eu l'aventure humaine qui a laissé des traces. C'est-à-dire qu'on a réussi à aboutir au titre olympique du double poids léger alors qu'on était trois bonhommes dans le projet, enfin pour ce qui était des rameurs, quatre avec le coach, mais on était trois à pouvoir prétendre à monter dans ce bateau. Donc une aventure humaine quand même assez atypique, mine de rien avec énormément de maturité gagnée par rapport à ça, et donc aussi beaucoup de maturité sur ce type de problématique manageriale, j'ai envie de dire, parce qu'on était en plein vent. Donc voilà, une grande source de maturité, et puis aussi surtout beaucoup de concret dans ma tête, c'est-à-dire qu'en partant des Jeux avec ce titre, je réalise seulement que c'est possible de le faire. Et donc, je retourne à l'entraînement en me disant« Ouais, maintenant, je sais ce que c'est que d'être champion olympique. Je sais que j'ai été capable de le faire. Je sais ce que je dois mettre en place pour le redevenir.» Et à partir de ce moment-là, tout est devenu plus concret. J'avais l'impression de moins courir après une chimère.
SPEAKER_02Parce
SPEAKER_01que même le jour de la finale, personne j'avais du mal à me dire, j'y croyais pas ou alors je voulais pas y penser mais j'arrivais à dire j'avais du mal à croire que je serais champion olympique même si je faisais tout ce qu'il fallait même jusqu'au jour J ça restait presque une chimère moi je me contentais de faire ce que j'aimais faire ce que je savais faire de mieux mais j'avais du mal à me mettre sur ce piédestal c'est un peu comme si tu gagnes au loto tu gagnes sans pas tu te dis bah putain t'as du mal à réaliser et puis t'y crois pas et puis tu gardes tes habitudes de tous les jours alors que enfin voilà c'est un peu pareil tu te dis putain mais en fait je fais ce que je fais d'habitude je le fais bien et t'as du mal à y croire et donc du coup une fois que tu repars des Jeux Olympiques en étant champion olympique bah tu te dis bon voilà je pensais te constater que j'ai la médaille autour du cou et que maintenant bah je sais que c'est possible de le faire et c'est plus une chimère c'est concret
SPEAKER_03quoi et en quoi est-ce que ça va changer la façon dont tu te prépares pour pour Tokyo par rapport à la façon dont tu t'es préparé à Rio
SPEAKER_01pas grand chose finalement pas grand chose parce que juste le fait de se dire à l'entraînement que j'étais plus dans l'optique finalement après les Jeux de me dire fais du mieux que tu peux et tu verras où ça te mène j'étais plus dans l'optique de me dire soit de nouveau champion olympique soit champion du monde et entraîne-toi pour ça donc c'était deux motivations différentes je dis pas qu'il y en a une qui est mieux que l'autre même si j'ai une petite préférence pour la première quand même qui est de s'entraîner en se disant bah voilà je fais ce que je sais faire de mieux et je vois où ça me mène sans me poser de questions parce que ça a l'avantage de ne pas tourner autour d'un seul et unique objectif entre guillemets et de se permettre de se délester d'une certaine pression et de garder un peu de spontanéité mais voilà c'est l'optique quand même dans laquelle j'étais
SPEAKER_03après le jeu d'accord super bah écoute merci beaucoup Pierre on a fait un bon balayage sur la partie sportives la question qui m'intéresse maintenant c'est comment qu'est-ce que t'as qu'est-ce que t'emmènes de cette tu vois de cette dimension sportive qu'est-ce que t'emmènes aujourd'hui ou t'emmèneras demain pour tes prochaines aventures pro en termes d'apprentissage tu disais que tu travaillais t'es conférencier tu travailles avec une société NextUp qui fait entre autres du coaching de mémoire oui absolument qu'est-ce que tu dirais que le toute cette expérience sportive et ce titre olympique te permettent d'apporter
UNKNOWN?
SPEAKER_01Finalement, j'ai envie de compléter ta question en disant qu'il y a eu l'expérience sportive, le titre olympique et à côté, il y a eu l'expérience humaine et les déboires aussi. C'est-à-dire que ce qui m'a le plus apporté et que je pourrais amener dans le monde professionnel aussi, c'est cette expérience humaine, finalement, comme je le disais, cette problématique managériale jusqu'au titre et la problématique managériale aussi qui s'est posée derrière parce que Jérémy a pris sa retraite assez tard en 2017 après un ultime titre de champion du monde ensemble et que depuis 2017 c'est tout l'inverse c'est à dire qu'on est passé de champion olympique à 13ème au championnat du monde plus récemment on sort la tête de l'eau 7ème au championnat d'Europe mais l'idée de reconstruire un binôme est assez compliquée selon lui donc du coup c'est tout ça qui est mon formel bagage que je compte apporter aussi en entreprise et finalement ce bagage il est constitué de de maintes et maintes expériences qui sont transposables finalement, que ce soit l'assiduité, la performance, l'expertise, la recherche du haut niveau, l'exigence, le fait de ne laisser aucun détail au hasard, d'optimiser absolument tous les paramètres qui sont à notre disposition, tout en faisant preuve d'un certain relâchement et d'un certain recul malgré tout, sans être tête dans le guidon, donc ça c'est quelque chose qui est propre au sport de très haut niveau, le fait de pouvoir mettre mettre en place un programme, de s'y tenir, de poursuivre des objectifs qui nous demandent de nous posséder forcément à un moment donné dans nos retranchements. Donc ça, ça développe forcément des qualités qui sont intéressantes dans un milieu professionnel où la concurrence est exacerbée. Et puis à côté de ça, il y a aussi ce que je te disais, toutes les aventures humaines que j'ai pu vivre et le fait de savoir qu'en termes d'intelligence émotionnelle, je vais me situer plutôt pas trop mal, c'est-à-dire que je vais avoir suffisamment de recul pour aborder tel ou tel type de personnes, de personnalités ou de situations avec des personnes, de management, de poursuite d'objectifs. Disons que c'est tellement large et varié que ça ne peut pas ne pas être utile. Je suis persuadé que, et c'est ce que je fais aussi aujourd'hui en conférence, c'est-à-dire que je fais le lien justement entre ce monde du haut niveau et ce monde de l'entreprise. En tout cas, pardon, je ne rectifie pas le monde du haut niveau, mais le monde de l'avion à haut niveau et le monde de l'entreprise, parce que tous les sports de haut niveau ne requièrent pas les mêmes qualités, ne requièrent pas aussi les mêmes exigences, entre guillemets, dans les mêmes domaines. Tous ne sont pas transposables au même titre à l'entreprise. Mais en tout cas, pour ce qui est de l'avion à haut niveau, je pense sincèrement que c'est difficilement possible de faire... plus
SPEAKER_03transposable. Et par curiosité qu'est-ce qui t'a poussé à rejoindre les rangs de Grenoble École de
SPEAKER_01Management
UNKNOWN?
SPEAKER_01En fait ça a été au début du bouche à oreille parce qu'il y a des rameurs qui l'avaient intégré donc des rameurs à la fois du club de Grenoble et du Pôle France de Lyon donc je n'avais déjà entendu parler comme ça parce que je voulais continuer mes études et puis c'est vrai que les coachs nous conseillent entre guillemets ils savent ce qu'ils peuvent se faire donc par le bouche à oreille certains coachs m'avaient parlé de cette école en me disant que certains rameurs y étaient déjà et Et puis, en fait, c'est eux finalement aussi qui ont eu un intérêt à ce que je vienne. Donc, il y a eu une démarche réciproque, j'ai envie de dire, et qui a fait que ça a fait pencher la balance. Et puis surtout, j'ai rencontré l'équipe pédagogique qui m'a vraiment donné aussi envie de m'inscrire dans cette aventure-là parce que ça me plaisait beaucoup. On était sur la même longueur d'onde. Il y avait, entre guillemets, une ambiance qui me plaisait beaucoup, des valeurs aussi qui me semblaient être les bonnes, en tout cas, qui me correspondaient donc voilà je me suis dit à ce moment là pourquoi pas et puis surtout il m'offrait la chance d'être diplômé d'une des plus grandes écoles entre guillemets de commerce dans le classement alors que c'est quelque chose qui finalement ne m'aurait jamais effleuré l'esprit en temps normal enfin j'aurais jamais pensé sortir d'une telle école un jour et c'est assez marrant parce que souvent les gens me demandent comment est-ce que t'arrives à rendre le sport compatible avec les études les études finalement moi, je dis que ce n'est pas que c'est compatible. C'est que dans mon cas, ça a été complémentaire. Et c'est que c'est le sport de haut niveau qui m'a permis d'intégrer ce genre d'établissement. Et c'est assez paradoxal quand on se dit que c'est dur de lier les deux. Mais moi, en fait, les deux sont non seulement liés, mais s'alimentent mutuellement. Et c'est ce qui est particulièrement intéressant dans mon
SPEAKER_03parcours. Super. Et si tu devais... Tu vas faire l'analyse sur ce que tu trouvais dans le sport, dans l'aviron plus spécifiquement, mais dans le sport de haut niveau, ce qui, quelque part, t'a animé pendant toutes ces années et continue de t'animer au moins jusqu'à Tokyo. Et ce que tu cherches demain dans le cadre pro, tu dirais qu'il y a quoi en
SPEAKER_01commun
UNKNOWN?
SPEAKER_01Le challenge.
UNKNOWNLe challenge. Le challenge et cette recherche de...
SPEAKER_01je ne saurais pas comment le décrire, je pense qu'il n'y a pas de mots qui existent encore, mais cette espèce, tu sais, cette sensation de vouloir performer dans un milieu où tu sais que tu peux avoir un impact sur absolument tout, et... justement prendre plaisir à optimiser tous ces facteurs c'est vraiment quelque chose qui m'anime et j'aimerais me retrouver dans une situation professionnelle où il y a du challenge où il y a de la compétition où il y a de la concurrence où il y a de l'enjeu et quelque chose qui m'anime finalement et qui fait aussi à un moment donné me faire me retrouver face à moi-même et devoir tirer mon épingle du jeu en fait c'est vraiment cette idée-là me retrouver face à des défis à relever et vraiment, c'est de tirer son épingle du jeu qui m'intéresse énormément.
SPEAKER_03On en revient, j'ai l'impression, à cette notion de dépassement de soi, encore une
SPEAKER_01fois.
SPEAKER_03Oui, oui, il y a
SPEAKER_01de
SPEAKER_03ça, oui, bien sûr. Super. Écoute, Pierre, c'était absolument fascinant de t'écouter nous partager tes expériences en aviron et ce qui se profile pour la suite. Peut-être, pour le mot de la fin, qu'est-ce que tu aurais envie de partager par rapport tous ceux par quoi t'es passé, que ce soit les moments que à peu près tout le monde connaît, en tout cas pour ceux qui ont regardé les Jeux, c'est-à-dire ta victoire, mais aussi par ceux que t'as bien voulu nous partager, que j'imagine moins de monde connaisse, comme cette décision en 2015. Qu'est-ce que tu retirais de tout ça
UNKNOWN?
SPEAKER_03Quels conseils, peut-être, s'il y en a un
UNKNOWN?
SPEAKER_03Est-ce que t'aurais envie de partager, que ce soit des sportifs, des non-sportifs
UNKNOWN?
SPEAKER_03le message inspirant que tu retirais de tout ça ce serait
SPEAKER_01lequel
UNKNOWN?
SPEAKER_01finalement ce que je retire de tout ça et ce que j'aimerais que les gens puissent appliquer entre guillemets après l'écoute c'est vraiment juste de se dire qu'on aura tous des parcours qui sont différents dans des domaines qui sont complètement différents on a tous aussi des ambitions qui sont différentes mais ce que j'en retire c'est juste le conseil que je donnerais c'est simplement de se dire mais apprenez à vous connaître être, apprenez à savoir ce qui vous anime, ce qui vous prend aux tripes et quand on court après ça, quand on apprend à se connaître et qu'on sait ce qui réellement nous anime au plus profond de nous là on peut seulement s'y engager et s'il y a une chose que je ne regrette pas d'avoir ressenti dans ma vie c'est cette sensation de pouvoir soulever des montagnes en étant persuadé de pouvoir le faire comme je l'ai décrit en 2015 mais ça n'a pas été le seul moment et c'est vraiment cette sensation d'à un moment donné de mettre le doigt sur quelque chose qui nous fait nous sentir invincibles et ça on peut tous le ressentir dans des domaines complètement différents sans même vouloir performer mais juste trouver ce qui vous anime trouver ce qui vous fait plaisir et ce qui vous permettra de vous y investir et ce qui fait que vous ne verrez pas le temps passer aussi et finalement, et ce sera le mot de la fin ce qui vous donne envie de vous lever le matin il y a une chose que je ne regrette pas ces dernières années c'est qu'il y a eu de longues longues années, bon là ça commence à être un peu plus long, mais il y a de longues années où je ne regrette pas, c'est vraiment d'une Même si je savais que la journée allait être super dure physiquement, mentalement, j'avais envie de me lever le matin. Je savais ce que j'allais faire. J'étais inscrit dans un projet et j'avais envie de tout donner pour ça. Je pense que tout à chacun, on a intérêt à trouver une raison pour laquelle on veut se lever le matin et trouver ce qui nous anime vraiment. Je pense que rien que si on arrive à mettre le doigt là-dessus et qu'on arrive à s'y investir, notre vie vaudra la peine d'être vécue et on pourra être fier de ce qu'on a accompli quoi que ce
SPEAKER_03soit finalement, quel que soit le résultat. Merci, merci Pierre pour ce super message. Encore une fois, merci pour ton temps, je sais qu'on a réussi, tu as bien voulu organiser ça entre un entraînement, un événement demain, donc un grand, grand, grand merci pour ta disponibilité, pour tout ce que tu as bien voulu partager avec nous aujourd'hui, c'était hyper inspirant, vraiment passionnant encore une fois de t'écouter partager toutes ces expériences avec nous. Peut-être avant qu'on finisse, je sais que sur ton site, on peut suivre tout ce qui se passe d'ici Tokyo. Est-ce qu'il y a d'autres canaux de communication par lesquels tu t'adresses aux personnes qui seraient intéressées pour suivre ton évolution
UNKNOWN?
SPEAKER_01Bien sûr. Le site est intéressant, mais il a pris un peu de retard. C'est-à-dire que j'ai arrêté de l'alimenter en termes d'articles depuis le premier confinement. Mais c'est pas mal pour lire les articles jusqu'à ce moment-là pour connaître un peu le contexte, mais sinon j'invite surtout les gens à me suivre sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram, c'est là où je suis hyper actif, mais c'est là où vraiment j'essaie d'être actif, c'est là où je partage mon actualité, mon quotidien, et voilà, c'est là où j'ai le plus de visibilité, on
SPEAKER_03va dire. Super, et bien écoute, je mettrai tout ça en description de l'épisode. Encore une fois, merci Pierre, bon courage pour demain.
SPEAKER_01Ouais, merci, merci à toi aussi de donner aussi l'opportunité de partager un parcours, ça fait plaisir de le faire, et puis vraiment, c'est tout cool de mettre rien que pour moi de le dire juste de partager ça permet un peu de se voir de l'extérieur et c'est aussi intéressant pour moi
SPEAKER_03donc merci
SPEAKER_01avec plaisir j'espère que ça pourra
SPEAKER_03servir super un grand merci Pierre tout le meilleur pour la suite
SPEAKER_01merci merci Loïc au revoir
SPEAKER_03Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pros ou persos. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact.lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'à un commentaires. Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao
UNKNOWN!