SPEAKER_00

Je trouve ça passionnant de voir les différents types de personnes, justement les personnalités qui ressortent face aux difficultés. Je pense que ça soude beaucoup plus une équipe, le fait d'être dans des conditions difficiles. C'est toutes des situations qui t'imprègnent et justement qui te font grandir et qui soudent les gens au sein d'une équipe. Et puis faire partie d'une équipe, c'est aussi ce qui m'anime là-dedans.

SPEAKER_01

Bonjour

SPEAKER_00

Richard.

SPEAKER_01

Bonjour Loïc, salut. Bienvenue sur le podcast des Frappés. Avant que j'oublie, un grand merci à Maxime puisque tu es l'un des invités qu'on a la chance d'avoir avec nous grâce à lui, c'est lui qui nous a mis en relation. Maxime qui était notre tout premier épisode, donc c'est vraiment cool et encore merci d'avoir répondu présent pour prendre le micro avec nous en direct d'ailleurs depuis

SPEAKER_00

Montréal. Écoute, ça me fait plaisir. Si je peux partager quelques aventures avec toi, c'est Alors

SPEAKER_01

justement des aventures, il y en a un paquet dont tu vas pouvoir nous parler. Je ne vais pas faire de spoiler, je te laisse peut-être te présenter. Que fait Richard dans la

SPEAKER_00

vie

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Actuellement, je travaille comme photographe vidéaste d'aventure. c'est comme ça que je gagne ma vie mais à la base je suis biologiste donc j'ai un peu orienté mon parcours de vie tout doucement pour rallier un peu toutes mes passions ce qui est le plein air et l'environnement donc là tout doucement j'essaye de m'orienter de plus en plus vers le documentaire à caractère environnemental mais toujours en liant l'aventure et l'exploration

SPEAKER_01

Et comment s'est fait la transition entre ton parcours initial et et l'aventure professionnelle

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Écoute, je crois que c'est quelque chose qui a toujours été un peu ancré en moi. Je crois que déjà de tout petit, je regardais différents documentaires, que ce soit« Où je sois, il y a nature» avec Nicolas Hulot, où il était toujours dans la nature, dans les grands espaces, en explorant continuellement. Il rampait les montagnes, il faisait du deltaplane, tout ça. Je pense que ça, ça m'a pas mal inspiré. Et inconsciemment, je pense que c'est resté... au fond de moi un peu comme motivation donc poursuivre des études en biologie ça a été assez naturel parce que c'était vraiment le domaine qui m'intéressait j'ai toujours été proche de la nature toujours à parcourir les champs, les montagnes dès que j'avais l'occasion puis j'ai toujours été très intéressé par aussi la vie des animaux donc ça c'était un peu ma première orientation puis à côté de ça j'ai toujours voyagé que ce soit en stop, en vélo, à pied pour vivre des aventures avec des amis ça a commencé avec un groupe d'amis auquel on est resté très soudés on a fait les scouts ensemble quand on était jeunes puis on a continué à voyager par la suite aller en montagne et puis un peu repousser nos limites continuellement d'année en année puis je me suis mis à pratiquer différents sports liés au plein air que ce soit l'escalade, le kayak et de fil en aiguille je me suis rendu rendu compte que j'adorais vraiment être dans les grands espaces et donc c'est ça un peu le mix entre mes études et le plein air a fait que je commence à prendre des photos que ça soit pour différentes études en biologie sur les mammifères marins puis les gens me disaient écoute, ce sont vraiment cool tes photos faudrait que t'en fasses quelque chose et je crois que le côté un peu plus artistique a pris le dessus au fil du temps puis je crois que naturellement je me suis orienté plus vers la capture d'images, la rencontre des gens puis essayer de partager un peu l'authenticité des relations entre les hommes et entre l'homme et la nature son environnement donc ouais c'est un chemin qui prend du

SPEAKER_01

temps et puis qui se met en place tout doucement alors sur ces différentes expéditions si on a tu parlais de partage et de connexion avec les grands espaces si on a une en particulier tu voudrais peut-être partager un peu plus en détail ce serait laquelle parce que sur ton site il y en a quand même

SPEAKER_00

beaucoup ouais

SPEAKER_01

ouais ouais

SPEAKER_00

Écoute, j'ai pas mal bougé. Je crois que chaque expédition, chaque voyage amène son lot d'aventures et de rencontres. Après, il y en a qui sont un peu plus notables que d'autres. Je pense par exemple à un coup de pagaie pour le Saint-Laurent. C'est une expédition que j'ai organisée sur le fleuve Saint-Laurent. J'ai parcouru l'entièreté du fleuve en kayak, de la source à l'embouchure, de Kingston à de la Contario jusque Gaspé dans le golfe du Saint-Laurent ici au Québec donc c'est une aventure de 1400 km en kayak qui avait pour but non pas l'exploit sportif parce que j'ai aucune prétention de réaliser une performance qui n'a jamais été réalisée mais c'était plus dans l'idée de valoriser le fleuve dans son entièreté ça permettait un peu d'aborder différents sujets donc toute l'expédition a été organisée pour qu'il y ait des jeunes qui puissent nous suivre en live continuellement. Chaque semaine, on avait des interviews Skype avec des groupes de jeunes qui suivaient un camp de jour sur la biologie marine. Le fait de parcourir un fleuve dans son entièreté, ça te permet de parler, que ce soit la source de l'eau douce, jusqu'à l'embouchure dans l'eau salée. Donc ça permet d'aborder vraiment plein de problématiques différentes, que ce soit l'érosion des côtes, les espèces invasives qu'on peut retrouver dans différents lacs ou autres milieux, puis également la pollution. Donc ça nous a donné du sujet un peu tout le long de l'expédition.

SPEAKER_01

Le projet, c'était le véhicule pour faire passer certains messages, pas forcément à vocation sportive en réalité

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

si j'ai bien compris.

SPEAKER_00

C'est ça. Donc, je pense que l'expédition a été un peu un moyen d'attirer l'attention des gens vers, justement, le fleuve. Les gens se disaient, mais pourquoi ils font ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Au final, ça permettait justement de parler de ce qui nous touchait vraiment, ce qui était la valorisation du fleuve. Et à l'époque, il y avait différents projets industriels qui voulaient se mettre en place sur le fleuve. Et donc, il y avait une grosse mobilisation citoyenne pour empêcher ces projets de voir le jour. Et je pense que ce genre de projet, ça permettait aussi d'aborder ces questions-là, puis de faire un peu pression sur les différents organismes pour justement lutter contre l'impact

SPEAKER_01

négatif

SPEAKER_00

que ça pouvait avoir.

SPEAKER_01

Donc, c'est ça. Intéressant. Et du coup, parce que tu disais que tu n'étais pas forcément lancé pour l'aspect sportif, même si, j'imagine que payer 1 400 kilomètres... il y a forcément une dimension sportive importante. Tu le sais, on en avait un petit peu parlé sur le podcast, les thématiques qui me sont chères, que j'aime bien partager avec les invités, c'est le dépassement, la résilience, la détermination. Je crois me souvenir qu'il vous est arrivé un petit incident en cours de route pour lequel vous avez certainement dû faire preuve de résilience. Tu peux peut-être nous en dire

SPEAKER_00

plus. On en a eu plusieurs, des petits incidents. On a eu une journée où on a perdu un gars, il faut savoir que le fleuve Saint-Laurent l'eau est très froide et donc il suffit qu'il y ait une masse d'air chaud qui passe sur le fleuve pour qu'il y ait un brouillard qui s'installe un brouillard qui n'est pas très haut en hauteur par rapport au fleuve mais assez épais pour qu'on ne distingue plus rien autour de nous surtout en kayak, on est bas sur l'eau et on a vu le brouillard arriver mais ça a pris moins de 5 minutes pour qu'on n'y voit plus rien puis là on n'a pas eu le temps de se rassembler et là on On a perdu Manu. Manu était dans le brouillard quelque part. Et là, ça a duré, je crois, six heures avant qu'on le retrouve. Ah ouais. Donc là, on s'est rendu compte qu'on avançait en même temps. Lui, il a fait des allers-retours pour nous retrouver. Nous, on a fait pareil, mais je pense qu'on le faisait en même temps. On avançait, puis on reculait, puis on se disait, ben non, on ne le retrouve plus. Mais donc, ouais, on a fait tout ce qu'il fallait faire. On s'est rapprochés de la côte pour toujours avoir la berge à vue. Puis... c'est ça on avançait un peu à la fois et on s'est rendu compte 5 heures plus tard qu'il nous attendait plus loin et quand le brouillard s'est dissipé on l'a retrouvé sans stress il nous attendait donc ça c'était une aventure il faut juste pas stresser tu réfléchis qu'est-ce qu'il faut faire logiquement pour pas aggraver la situation il faudrait pas que tout le monde se perde tu te rassembles, t'avances puis finalement Ça s'est bien passé. Parce que c'est vrai

SPEAKER_01

qu'il y a des courants qui

SPEAKER_00

auraient pu l'emporter un peu plus au large. C'est un peu ça qu'on

SPEAKER_01

avait peur. Est-ce que vous étiez déjà à l'endroit où le Saint-Laurent est

SPEAKER_00

large

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, on était déjà dans la fin de l'estuaire en Gaspésie. Le Saint-Laurent faisait à peu près à ce niveau-là 45-50 kilomètres de large. Donc, tu n'as pas envie d'être emporté

SPEAKER_01

vers le centre du fleuve. Oui, clairement. Vous avez perdu quelqu'un pendant 6 heures. Ça fait déjà un bel imprévu. Côté matos, je crois que vous arrivait une petite nouvelle surprise aussi.

SPEAKER_00

Donc, oui, on campait tous les jours sur le bord du fleuve et on avait une balise GPS qui permettait de nous suivre au jour le jour. Et peut-être c'est ça qui a fait qu'on était repérable. Mais une nuit, on a... J'ai entendu de... On était dans la tente, tous en train de dormir, puis j'entends du bruit à l'extérieur et instinctivement, je me dis, il doit être 6h du matin, c'est l'heure de se lever, de faire du café, puis de commencer à se préparer à partir, puis je regarde l'heure, il était 3h, je me dis ça c'est bizarre, j'entends vraiment des bruits de pas et du matériel qu'on est en train de bouger, donc là je sors la tête et puis il n'y a plus de pagaies, des pagaies en carbone qui coûtent assez cher, et il manquait pas mal de matériel aussi, les panneaux solaires, les batteries, il manquait un appareil photo. Et puis là, je réveille tout le monde, un peu branle-bas de combat, il se passe quelque chose, on est en train de nous voler du matériel. Donc là, on s'est tous levés, on a commencé à chercher, on était près d'un village, donc on a été se balader dans le village à 3h, 3h30, il n'y avait personne de réveillé. Puis on a vu un pick-up garé dans un stationnement, dans le fond du stationnement, puis il y avait les phares allumés. donc on trouvait ça assez étrange à cette heure là donc on a pris un peu nos précautions on avançait doucement vers le pick up puis il y a un gars qui est sorti et qui est venu directement vers nous assez bizarre et et il était assez grand, costaud il nous disait qu'est-ce que vous avez les gars

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

on est en train de nous voler du matériel il y a un truc qui est pas net ici on fait une expédition en kayak on explique tout ça il nous dit moi j'attends pour le traversier je dois partir à 5h du matin je dors dans ma voiture ok très bien mais tout paraissait louche dans cette histoire là on a surveillé la voiture puis il préparait des affaires dans la voiture avec la lumière dedans on comprenait pas ce qu'il se passait on a continué à chercher dans le village j'ai appelé la police ils se sont dit on vole du matériel de plein air y'a pas grand chose à faire en pleine nuit rappelez-nous demain matin et à un moment la voiture a démarré et on s'est dit mais pourquoi il s'envole il attendait le traversier donc on a bloqué la sortie du stationnement puis on lui dit ouais qu'est-ce que tu fais je pensais que t'attendais le traversier puis il dit ouais Il y a ma femme derrière qui est malade, elle doit aller à l'hôpital. Puis à ce moment-là, il y a un de nos amis qui fait le tour de la voiture et qui voit des pagaies à l'intérieur.

UNKNOWN

Et...

SPEAKER_00

Et là, on commence à s'énerver un petit peu. On dit, ouais, mais là, les pagaies, tu ne fais pas du kayak. Il y a nos autocollants dessus, nos sponsors. C'est notre matériel que tu as dans ta voiture. Puis là, il a commencé à s'énerver. Martine, celle qui faisait du kayak avec nous, elle s'est mise devant la voiture. Puis, il a commencé à accélérer. Puis, on a dû sauter devant la voiture pour éviter qu'il nous écrase. Il est parti. Là, j'ai eu vite le temps. J'étais en train d'appeler la police derrière mon dos. J'ai eu vite le temps. Donc, ils ont décroché. Et j'ai commencé à dire ouais, on a trouvé la personne qui est en train de voler notre matériel. Et j'ai donné le numéro de la plaque. Et là, comme c'était une infraction un peu en live, la police s'est mobilisée. J'ai entendu qu'ils ont bloqué les routes. Puis ils sont venus nous voir. Et on a fait un peu le décompte de ce qu'on avait perdu. C'était l'équivalent d'un petit 10 000 dollars de matériel. Mais ce qui nous emboutait le plus, c'est qu'on ne pouvait plus avancer. Il nous manquait les pagaies, des vestes de flottabilité. Heureusement, les kayaks étaient là, mais il nous manquait pas mal de matos, même des vêtements.

SPEAKER_01

Comment vous avez géré ça en tant qu'équipe en plein milieu du projet sans bloquer

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

On a fait une réunion et on s'est dit qu'est-ce qu'on peut faire dans l'état actuel des choses. On n'a pas stressé, on s'est dit que c'est une expédition qui est médiatisée. On a des contacts, on a appelé que ce soit les sponsors, on a appelé toute la communauté côté du kayak. au Québec, on a fait des postes sur les réseaux sociaux et je crois que ça nous a pris on est resté une journée sur place et le lendemain on a recommencé l'expédition avec du matériel qu'on avait reçu en prêt par plein de gens tout le monde s'est mobilisé on recevait des messages en disant on est en train de parcourir les routes pour être sûr que la personne n'ait pas balancé tout le matériel dans les fossés en ayant peur parce que c'est passé à la télé, c'est passé à la radio le fait que notre expédition était bloquée donc on a eu une grosse mobilisation de la communauté de plein air et ça ça a été vraiment positif c'était vraiment par notre mésaventure on s'est rendu compte que ça mobilisait des gens et en fait ça nous donnait un peu la motivation de continuer on était à la moitié de l'expédition là il nous restait encore facilement 700 km à parcourir donc on était bien contents avec ça

SPEAKER_01

En tout cas, c'est super de voir que c'est la mobilisation un petit peu générale des gens qui vous suivaient qui vous a permis de continuer. C'est cool. Donc ça, c'était ta première grosse expédition

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'était la première grosse expédition médiatisée. Parce qu'avant, j'avais été faire pas mal de tripes en montagne. C'était plus des projets personnels, on va dire. J'avais travaillé le Burkina Faso en mobilette à l'époque j'ai eu durant mes études j'ai été dans différents endroits donc en Australie en Islande en Afrique et là pareil il y avait toujours des micro-aventures qui se passaient je sais pas si c'était voulu forcément mais je pense que c'était un peu comment je suis là je pense que tu sais quand t'as deux chemins devant toi t'en as un facile mais tu sais que ça va être un peu confortable moi je pense qu'instinct Effectivement, je vais toujours vers les côtés un peu plus incertains. Parce que par expérience, j'ai remarqué que c'est ça qui me permettait de rencontrer des gens. Après, il y a toujours une gestion du risque à avoir. Oui, c'est incertain, mais est-ce que je risque de mourir

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tu essaies d'évaluer la situation et tu te dis, c'est sûr que ça risque de me mettre dans des difficultés, mais je pense que c'est gérable et ça ne met pas ma vie en jeu.

SPEAKER_01

C'est super intéressant ce que tu dis sur le fait de rencontrer des gens. C'est vrai que c'est un peu ce que je retiens des différentes interviews que je fais. Ce que je retire de tout ça, c'est cette notion de foncer et de saisir les opportunités. En fait, c'est une sorte de cercle vertueux où plus tu te lances dans des projets, plus tu es visible, plus tu rencontres des gens qui sont un petit peu investis sur les mêmes thématiques. Cette notion vraiment de cercle vertueux. Oui,

SPEAKER_00

je pense qu'il ne faut pas se bloquer. De façon générale, j'ai un vieux van en Belgique et je voyage pas mal avec. C'est peut-être par choix ou parce que j'aime bien les cartes papier, mais je n'ai pas de GPS dedans. Et comme je suis du Canada, quand je reviens, je n'ai pas forcément de connexion téléphonique. Je n'ai pas l'abonnement qui fonctionne en Europe. Donc, je pars toujours avec mon van, avec les cartes papier et je sais que si je suis perdu, j'ai plus tendance à m'arrêter et demander à quelqu'un pour m'aider dans mon chemin plutôt que de vouloir me débrouiller par moi-même avec la technologie parce que de façon générale je trouve que les rencontres qu'on fait ça amène à discuter puis justement rencontrer des belles personnes en général puis qui t'amènent dans différents projets un peu de fil en aiguille quand tu vas vers les gens je pense que naturellement ça fait un peu effet de boule de neige tout se met en place pour

SPEAKER_01

le futur et c'est C'est quoi le poids des rencontres que tu as pu faire dans les différentes expéditions que tu as pu faire

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

À quel point est-ce que ça a été lié à des rencontres

SPEAKER_00

que tu as faites

UNKNOWN

? Quasiment tout, en général.

SPEAKER_00

C'est des discussions avec des gens qui sont motivés. Tu discutes au coin du feu le soir, puis... puis t'as des projets qui se mettent en place des idées qui partent dans tous les sens et puis les choses se placent enfin je sais que quand je vivais en Australie je travaillais donc sur les dauphins par là puis j'ai rencontré un gars qui travaillait avec moi il m'a dit j'ai rencontré quelqu'un en Indonésie qui a besoin d'aide de biologiste pour gérer un centre de rescousse de rescousse ça se dit ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

de secours de sauvetage ouais c'est ça de secours sur les animaux en captivité qui ont été récupérés. Donc, on parle d'orang-outans, de macaques, d'animaux sauvages, en fait, qui se sont retrouvés sur les marchés asiatiques. Et donc, le gars était tout seul à avoir monté son projet. Par la rencontre, je l'ai contacté. Je lui ai dit, écoute, j'ai rencontré la personne que tu as rencontrée un an plus tôt. Est-ce que tu as besoin d'aide

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Puis finalement, je me suis retrouvé à prendre un billet d'avion pour l'Indonésie et aller travailler sur les orangs-outans. Donc, c'est un peu, il ne faut pas se bloquer dans le futur. il faut juste aller au feeling. En fait, c'est ça, j'aime bien y aller au feeling. J'ai eu un bon contact avec la personne, puis je me suis dit, écoute, je vais venir t'aider. Puis c'est comme ça que tu te retrouves dans la jungle à bosser avec des orangs-outans et des

SPEAKER_01

macaques. Ou à traverser le Canada à vélo en 30 jours, si j'ai bien compris.

SPEAKER_00

Ah ouais, c'est ça. C'était une expérience, on va dire, post-confinement. Tout le monde a vécu le Covid comme il a pu, le confinement un peu partout sur la planète. et puis Caro, une amie que je pense que tu as interviewée également, elle me disait, ouais, je pense que c'est le bon moment pour traverser le Canada en vélo. Puis, ça trottait un peu dans ma tête. Elle me disait, ouais, je chercherais bien quelqu'un pour venir avec moi. Et si tu poses les pour et les contre, tu dis, bon, OK, on est en confinement, tous les contrats viennent de tomber, il n'y a rien de prévu dans le cours moyen terme. En effet, c'est la bonne période. On n'a qu'à prendre un vélo. Puis en fait, trois jours avant le départ, je me suis décidé, j'ai dit, boy, on va traverser

SPEAKER_01

le Canada en vélo. Tu venais du vélo auparavant

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Tu avais déjà des expériences de distance

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Pas tant. J'ai toujours fait un peu de vélo dans mes déplacements quotidiens. Mais je t'avoue qu'enchaîner entre 100 et 200 kilomètres par jour pendant 30 jours, je ne l'avais jamais fait. J'avais déjà fait un week-end en vélo une fois. Mais je crois qu'il ne faut pas se mettre de barrière physique.

UNKNOWN

Tu...

SPEAKER_00

Quand tu connais ton corps, tu sais que quand tu es fatigué physiquement, je pense qu'à partir du moment où tu l'extériorises, c'est que tu es capable à peu près de faire deux fois plus que ce que tu viens de faire. C'est ce que j'ai un peu remarqué dans les différents projets. Quand je me suis retrouvé en montagne, en général, tu as assez de ressources au fond de toi. Si tu dis que tu es crevé, que tu as mal aux jambes, c'est une morsure tachique. De toute façon, tout peut aller de mieux en mieux si t'es dans les bas fonds prends une barre mange quelque chose hydrate toi en général c'est souvent ça t'es fatigué parce qu'il te manque un peu de sucre parce que t'es pas bien hydraté mais il faut juste c'est ça analyse les conditions tu dis ok j'ai mal j'ai chaud je transpire fais quelque chose pour gérer cette situation puis une fois que t'es un peu plus confortable bah tu retrouves de l'énergie, puis tu as un second souffle. Je crois que c'est un peu ça qu'on

SPEAKER_01

pourrait en parler à des marathoniens, des ultra-trailers. C'est super intéressant. C'est quelque chose que tu as découvert, tu as eu un déclic à un moment donné sur cette notion de quand j'ai mal, j'en ai encore sous la pédale et c'est simplement des signaux que mon corps

SPEAKER_00

m'envoie. Oui, je pense que depuis pas mal d'années avec les amis, j'ai eu pas mal d'amis assez positifs dans la souffrance. Et je pense qu'on en rigole toujours. On se dit, ah, on est dans une situation de merde. Mais ça nous fait rire. Et puis finalement, ça nous donne de l'énergie de continuer. Je me rappelle, je bifure complètement. Maintenant, je parlais d'une expédition d'alpinisme qu'on a fait avec un ami. On s'est dit... Donc, j'ai été... J'aime bien aller dans les écrins en France. C'est vraiment un chouette parc pour l'alpinisme. Et j'avais été... faire une ou deux ascensions avec des amis pendant une semaine. Je suis revenu en Belgique entre deux. Pendant cette semaine-là, il y a eu trois décès sur la Mège. C'est une montagne à 4 000 mètres d'altitude dans le parc des Écrins. Une vraiment belle montagne. Je suis revenu et j'ai dit à ma copine à l'époque« Je crois que je vais aller avec mon ami Colin, on va aller faire la Mège.» Elle avait suivi les nouvelles. Elle avait vu qu'il y avait eu des décès sur cette montagne, des accidents. On sait que la montagne, il ne faut pas prendre à la légère. Mais Moi, je savais que c'était un peu ma limite technique. C'est une voie alpine assez mixte où tu as de l'escalade de roche sur coinceur, tu as les traversées de glaciers, tu as une course d'arête, tu as encore un retour sur... Tu as beaucoup de rappels, tu as un retour sur un grand glacier assez crevassé. Donc, c'est pas mal varié comme style d'environnement. Et je me rappelle avoir dit à ma copine, je vais aller... En bas de la montagne, je vais voir. Mais dans ma tête, j'étais sûr qu'on allait la grimper. Donc, on est partis en stop de Bruxelles avec un ami. Et notre objectif, c'était d'arriver à la Bérarde avant la fermeture de la pizzeria à 9h du soir. On a fait une journée de stop et on est arrivé à 9h45. On a commandé la dernière pizza de la journée. Puis là, on a dormi. Et le lendemain, on a filé une journée d'approche pour arriver au pied de la montagne. Et là, on a parlé à la personne au refus. Je lui disais, écoute, la journée de demain s'annonce belle, mais après, ça va se couvrir et pendant au moins trois jours, il ne sera plus possible de grimper la montagne. Là, on n'a pas trop réfléchi avec mon pote. On s'est dit, ok, on va la grimper demain. Puis, on est partis. Départ, je ne sais pas, 4h, 5h du matin. Je ne me rappelle plus trop bien, mais on a suivi la voie. On était sans guide, donc on tâtonnait un peu le terrain, on avançait un peu à la fois. Puis, tout s'est bien passé jusqu'au sommet je me rappelle avoir envoyé un message à ma copine à des amis ouais je suis au sommet de la mèche tout va bien reste plus qu'à descendre mais comme c'est une traversée quand t'es au sommet t'es juste à la moitié du chemin puis en montagne c'est pas le sommet qui est important c'est revenir vivant en bas donc là tout se passait bien au sommet puis le temps qu'on mange une petite barre au sommet il y a les nuages qui sont arrivés puis il y a eu un orage qui a éclaté et Et là, on a rigolé, mais on se plaignait. On s'est dit, c'est con, je viens d'envoyer un message que tout va bien, et là, on va mourir en montagne. On est à 4000 mètres avec des mousquetons en métal accrochés à notre podrier. On va se faire prendre par un éclair. Puis là, on était dans le brouillard jusque la fin. Mais c'est ça. On n'a pas montré de stress à l'autre. On était une cordée de deux, puis tous les deux, on ne montrait pas qu'on était un peu stressés. Ce genre de situation-là, c'est comme ça que ça peut dégénérer, je crois. Si tu vois la chose de façon assez pessimiste, tu vas entraîner l'autre dans une espèce de... Tu vas justement diminuer son mental qui aura moins d'énergie, il va voir les choses de façon assez noire. Je pense que tu es obligé justement de garder un esprit positif et de faire fi des conditions que tu ne peux pas gérer. En fait, l'orage, il y a... On ne peut pas le gérer, il faut juste l'accepter. Puis, qu'est-ce que nous, on peut faire pour passer cette situation

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

c'est continuer à avancer puis faire un espèce de topo des conditions assez régulièrement puis c'est ça je pense que dans toutes les situations c'est ça arriver à mettre de côté ce qu'on peut pas gérer pour pas perdre de l'énergie là-dedans parce que ça te sert à rien et voir toi ce que tu peux gérer pour améliorer ta situation ton confort dans ce type de situation

SPEAKER_01

complètement c'est vraiment j'écoute un autre podcast d'un invité d'ailleurs qui interview beaucoup d'athlètes de haut niveau et en fait le constat au fur et à mesure des épisodes c'est systématiquement le même c'est exactement ce que tu viens de dire c'est à dire que ce qui fait la différence chez ces sportifs c'est en fait leur capacité face à une situation de voir la situation et de réagir par rapport à ce qu'ils peuvent contrôler et c'est ça qui fait bien souvent la différence donc je te rejoins complètement là dessus mais du coup la question qui me vient tu disais vous étiez une cordée de deux et ce qui a fait que ça a bien marché c'est que vous montriez pas sans doute le stress que vous aviez tous les deux forcément à ce moment là mais vous le montriez pas à l'autre comment tu fais pour choisir entre guillemets enfin oui j'imagine que tu les choisis pour choisir tes compagnons d'expédition d'aventure par rapport justement à ce que tu viens d'expliquer la gestion du stress entre

SPEAKER_00

autres je pense Je pense que quand tu t'en vas dans une aventure, que ce soit en montagne ou en mer, dans des éléments qui peuvent être parfois complètement incontrôlables, je pense qu'il faut avoir confiance en la personne avec qui tu pars, confiance dans les capacités physiques, mais aussi dans la capacité de réaction. Si c'est une personne qui, dans la vie de tous les jours, a tendance à se plaindre du moindre petit problème, genre dehors il pleut, et que déjà, ça perturbe cette personne, c'est sûr que si tu l'emmènes en montagne par moins 30 degrés, qu'il y a une tempête de neige, tu vas plus devoir gérer une situation de crise qu'aller de l'avant et repousser les limites de chacun. C'est sûr que tu peux te mettre en danger si tu pars avec les mauvaises personnes. Je crois que c'est des gens en qui tu as confiance dans les capacités physiques et justement de résilience face aux situations difficiles, gestion de

SPEAKER_01

stress. Et En quoi est-ce que le fait de faire tous ces projets complètement fous et intenses avec des personnes dans cet état d'esprit, en quoi est-ce que ça, toi, ça t'a influencé et ça t'a peut-être fait grandir, je ne sais pas, au fur et à mesure des

SPEAKER_00

projets

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, je crois qu'on en apprend constamment sur soi-même parce que, mine de rien, quand tu as peut-être des capacités physiques à 20 ans, elles évoluent. Avec ton âge, tu dois constamment te tenir en forme et ça te permet un peu de, déjà, de juger tes compétences physiques, compétences techniques, et je pense que tu grandis aussi d'un point de vue relationnel, t'appréhendes dans la vie de tous les jours, toutes les situations de stress de façon différente, j'ai tendance à dédramatiser, de relativiser pas mal de choses, que ça soit par rapport à l'argent, par rapport à aux conditions météo qui fait dehors, j'ai tendance toujours à me dire que ce n'est pas grave. Quand il pleut, c'est bon pour les plantes. Si on est mouillé, on pourra se sécher. Ce n'est pas la fin du monde. C'est sûr qu'il y a une éruption volcanique juste à côté de moi. Là, j'étais sûr que je vais stresser et que je vais courir ou je ne sais pas quoi. Mais quand ma vie n'est pas en jeu, quand j'arrive à percevoir que ma vie n'est pas en jeu, ben... c'est sûr que tu vois les choses de façon beaucoup plus calme et tu t'en fais moins, donc je pense que toutes ces expériences d'aller dans l'inconfort de tester justement un peu tes limites peut-être je sais pas si je crois que c'est difficile d'atteindre ces limites mais en tout cas toujours aller dans l'inconfort je pense que ça te permet d'être une meilleure personne dans la vie de tous les jours et d'être plus positif aussi pour ton entourage parce que tu vas créer moins de stress, d'anxiété chez les autres aussi à ta façon de réagir aux situations. Je pense que c'est ça qui ressort de toutes ces

SPEAKER_01

expériences. C'est quelque chose que tes proches, tes amis t'ont dit par curiosité au fur et à mesure des projets de ce que tu as

SPEAKER_00

retiré

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est sûr que j'ai déjà eu des retours de certaines personnes qui m'ont dit qu'ils aimaient bien partir en expé avec moi parce qu'ils se sont rendus compte que je pouvais rester calme dans différentes situations, puis garder le moral, toujours avoir une petite touche d'humour quand il faut. Bon, après, c'est sûr qu'on n'est pas parfait, là. C'est sûr que probablement, à des moments, je peux être stressant ou quoi, mais j'essaye en tout cas de toujours donner le meilleur de moi-même, toujours... Oui, c'est ça.

SPEAKER_01

Toujours être au top, c'est le moyen. Et en parlant d'être au top, justement, puisque c'est ce que tu me disais, ton métier maintenant, c'est au fait de faire partager ces expéditions au plus grand nombre à travers la photo, de la vidéo. Comment tu fais au milieu de ces expéditions pour être à la fois concentré sur l'objectif de l'expédition, mais en même temps, toi, tu as un autre job en parallèle de ça, c'est que tu dois immortaliser... c'est des moments très forts donc comment t'arrives à allier les

SPEAKER_00

deux

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

déjà il faut s'entretenir physiquement je pense qu'il faut être capable de suivre que ce soit les athlètes ou les personnes qui sont en montagne sur le bateau donc toujours être curieux que ce soit dans les techniques de cordes ou dans tout ce que tu dois utiliser que ce soit sur un voilier ou en montagne moi je suis un peu passionné j'adore le côté technique des choses en plongée Quand il faut manipuler des choses, il faut toujours connaître plus que ce qu'il en faut pour pallier à différentes situations, se former comme il faut. J'ai pris l'initiative de faire un cours de survie au large, un cours de survie dans les milieux sauvages. Et ça, c'est vraiment la curiosité qui fait que je me suis inscrit là-dedans. Constamment apprendre, c'est nécessaire aussi. C'est ça, en montagne, arriver à garder ton objectif en tête. Tu peux être par moins 30 en montagne. Ton objectif, c'est de revenir avec des images. Donc, tu te dis, ok, c'est le moment de sortir l'appareil, puis de filmer, de prendre des photos. Parce que tu sais dans ta tête qu'un, deux jours plus tard, voire une semaine plus tard, tu seras chez toi au show. Donc, c'est le moment de prendre sur toi-même et de faire le boulot pour lequel on t'a emmené ici.

SPEAKER_01

Et ça, tu le définis, ton approche peut-être un peu plus artistique, on va dire, tu le définis avant de partir en expédition

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est-à-dire que tu sais quel type d'émotions tu veux partager

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que tu veux immortaliser ou c'est vraiment au fil de l'eau en fonction de ce qui se

SPEAKER_00

passe

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je ne suis pas très shooting... préparer. Je n'ai pas envie que les émotions soient fakes, que ce soit des fausses émotions. Je préfère garder le côté authentique. Donc, c'est sûr que si on s'en va sur une paroi d'escalade, je préfère prendre les images comme elles viennent, avec les émotions que les grimpeurs ont face à leurs difficultés, plutôt que leur dire, écoute, tu peux prendre la pause parce que ça va être joli sur la photo. Je préfère garder le côté humain et partager justement ce genre d'émotions parce que c'est ce qui est vrai. Ça ne sert à rien de raconter des fausses histoires, je pense. Il y en a déjà assez sur les réseaux sociaux et je ne veux pas m'intégrer dans ça. Ok, donc vraiment pas trop j'ai une ligne directrice par exemple ici je suis en train de travailler sur un documentaire mélange historique et escalade ici au Québec sur une grande paroi et là j'ai un peu un fil conducteur que je veux suivre par rapport aux premières ascensions mais c'est sûr que quand je vais prendre les images sur la paroi je vais pas donner de consignes aux grimpeurs ils vont vivre leur vie comme ils l'entendent et s'il y en a un qui est inconnu confortable à un moment sur la paroi, je vais prendre la caméra et je vais filmer. Et c'est ça que je veux capturer. C'est un peu la vie sur la paroi, dormir sur un porte-allège et tout ça. Toute cette partie-là, ça va être vraiment authentique. Et puis, les témoignages plus historiques, ça va être des histoires racontées par les pionniers de l'escalade ici. Je crois que je vais construire l'histoire en fonction de ce que les gens disent. Sans trop orienter non plus.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_01

Ok. Dans l'univers des expéditions, par curiosité, enfin oui, des expéditions, on peut dire ça, je pense. Quel fil rouge est-ce que tu verrais

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Parce que tu as eu quand même pas mal d'aventures différentes. Tu nous parlais de celles que tu as commencé peut-être plus en solo, notamment quand tu es parti en Afrique, etc., et que tu as voyagé. Mais plus récemment, les projets dont tu as fait partie qui étaient plus avec des équipes, tu as fait une en Atlantique, t'as traversé le Canada à vélo très très récemment mais t'as aussi fait des projets d'ascension, je crois que t'étais sur l'ascension du mont Washington

SPEAKER_00

toi aussi avec

SPEAKER_01

l'expert de corps ça je l'ai fait plusieurs fois c'est quoi le fil rouge par curiosité que t'as entre toutes ces experts, qu'est-ce qui t'anime à chaque

SPEAKER_00

fois moi j'adore voir le côté humain, comment l'humain réagit face aux conditions difficiles je trouve ça passionnant de de voir les différents types de personnes justement les personnalités qui ressortent face aux difficultés je pense que ça soude beaucoup plus une équipe le fait d'être dans des conditions difficiles si c'est un voyage un peu plus facile où tout est tout coule de source t'as pas d'obstacles j'ai l'impression que oui tu passes un bon moment mais c'est pas les souvenirs qui restent ancrés dans ta tête toute ta vie forcément tandis que si tu passes une tempête en bateau, tu as un bris sur le bateau, tu dois le réparer en pleine nuit, où tout le monde est inconfortable, les gens ont froid, et finalement, deux, trois ans plus tard, tu t'en reparles avec tes amis, puis tu te dis, tu te rappelles à ce moment-là, quand on avait froid, on n'avait pas l'équipement qu'il fallait, puis il y a ça qui a cassé, puis il a fallu faire ça pendant la nuit. Tu sais, c'est toutes des situations qui t'imprègnent et justement qui te font grandir et puis qui soudent les jambes au sein de l'équipe. Donc, Je pense que c'est être témoin de ça et puis faire partie d'une équipe. C'est aussi ce qui m'anime là-dedans. Je crois que je suis moins dans les expéditions en solo. Il y a toujours le film Into the Wild avec la conclusion« Le bonheur n'existe que s'il est partagé». C'est très bateau, mais c'est tellement vrai, je pense, parce que je ne suis pas tant attiré par les expéditions solo parce que je crois que j'aime bien l'humain, j'aime bien partager des moments avec des gens. Je trouve ça super intéressant.

SPEAKER_01

C'est très inspirant. en ce que tu viens de dire ouais c'est ouais non c'est il y a plein de choses qui me viennent en tête sur la partie ce que tu expliquais sur le fait que c'est sans doute à travers des moments difficiles d'adversité que les équipes se soudent et qu'en même temps c'est compliqué de se mentir à soi-même sur qui on est quand on est face à l'adversité à nouveau mais par rapport à cette notion de partage peut-être c'est quoi la suite pour toi du coup

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Parce que je ne sais pas si tu as déjà monté des expéditions toi-même en propre. Mais oui, peut-être, qu'est-ce que tu vois comme prochain

SPEAKER_00

projet

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Prochain projet, j'ai un projet monté avec des amis grimpeurs. Ici, je pars fin de semaine prochaine sur un big wall, donc une falaise de 350 mètres. On va rester six jours sur la falaise pour la grimper. Si mes amis réussissent à la grimper, ça sera la quatrième équipe à avoir réussi cette ascension. Ça, c'est un projet monté ensemble. Eux, leur objectif, c'est de réussir à grimper cette falaise. Moi, c'est de leur faire un documentaire. Ça, c'est le court terme. Après, le moyen terme, j'ai une expédition en Yukon qui est en train de se mettre en place. Toujours à voir avec le Covid, comment ça évolue. Mais en fond, ça serait une traversée hivernale du Yukon sur une vieille piste abandonnée depuis la guerre. Et donc, on parle d'une expédition entre 4 à 6 semaines en plein hiver en ski de randonnée

SPEAKER_01

donc ski de randonnée pour le cas et autonomie totale

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

ouais parce que déjà là on est en train de réfléchir aux moyens de transport qu'on va utiliser pour pouvoir aller au début de ce trail et là on va être vraiment isolé je crois que ça nous prendrait je crois qu'on est à 150 km du premier petit village qui pourrait potentiellement On pourrait potentiellement trouver quelqu'un qui emmènerait notre stock en motoneige jusqu'au début de la trêve. On va être pas mal

SPEAKER_01

isolé. L'universal au Yukon, en termes de température, on parle de combien

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est les territoires du Nord le Yukon, si je me rappelle

SPEAKER_00

bien. On va être à la limite. On va commencer au Yukon et on va finir la frontière avec les territoires du Nord-Ouest. On parle des températures en moyenne de moins 20 degrés, plus ou moins constant, avec des des pics jusqu'à moins 40, moins 45,

SPEAKER_01

voire plus. Et peut-être les bonnes journées, moins 10, espérant qu'il y ait des bonnes journées. Oui. Vous avez des maillots pour les journées à moins

SPEAKER_00

10

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, je pense qu'on va prévoir ça. Comment tu gères toute la préparation par rapport à l'équipement photographique quand c'est des températures pareilles

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je ne sais pas ce que c'est la durée de vie d'une batterie par moins 40, mais j'imagine que ce n'est pas

SPEAKER_00

ça dépend moi je ne veux pas faire la promotion il y a beaucoup de marques différentes il y en a qui sont un peu plus en vogue pour la vidéo et moi par expérience je reste avec mon canon parce que les batteries Tiana c'est bien étrangement je peux laisser mon appareil prendre des photos d'étoiles pendant toute une nuit par moins 30 et la batterie il y a encore du jus dedans le matin ok comment je prévois les choses c'est que j'essaye d'avoir pas mal de batteries de stock et pour charger les batteries panneaux solaires power bank en plus c'est sûr que le froid ça fait diminuer quand même les batteries plus vite donc il faut garder les batteries au chaud dans une poche à l'intérieur donc toujours rester avec dormir avec pour éviter qu'elles se déchargent toutes seules puis pour le matériel il y a aussi une grosse gestion c'est avec les températures suffit que tu shoots à l'extérieur par moins 30 puis tu mets ton appareil photo à l'intérieur de la tombe et là t'as toute l'humidité qui rentre dans la lentille donc parfois j'ai juste mon appareil dehors gelé et je le récupère le matin comme ça

SPEAKER_02

la lentille elle s'embute

SPEAKER_00

pas et puis Sinon, une fois que la lentille est embuée, tu peux rater vraiment des belles shots. C'est toujours un peu une gestion difficile. Puis après, il y a la gestion de son propre corps. Oui, c'est ce que j'allais dire.

SPEAKER_01

J'imagine que c'est l'autre grosse

SPEAKER_00

partie. L'important, c'est de ne pas commencer à avoir des engelures. Ça m'est déjà arrivé. Prendre des images et puis revenir avec deux engelures sur les joues. Mais c'est toujours un peu la gestion du risque, tu sais que t'es juste une journée sur la montagne, que tu vas rentrer bientôt donc je me permets de pousser un peu plus les limites par contre pour l'expédition comme au Yukon t'as pas trop droit à l'erreur parce que les secours sont très loin donc en général tu restes un peu plus conservateur dans tes prises de décision et l'important c'est si t'as froid en pleine nuit autant sortir de ton sac de couchage aller dehors puis commencer à faire des squats et courir pour te réchauffer parce que tu vas pas rester gelé dans ta

SPEAKER_01

tente tu parlais des secours de façon réaliste est-ce que vous pouvez même être secouru dans cet environnement ou c'est trop

SPEAKER_00

isolé je pense que c'est réaliste de se faire secourir mais c'est sûr que Dans ton plan, justement, d'urgence, tu dois prévoir que tu ne vas peut-être pas te secourir le jour même. Ça peut prendre parfois plusieurs jours si tu es en pleine tempête de neige. Parce qu'en général, si tu as un problème, soit ça peut être une jambe cassée ou au fond d'une cheville foulée ou n'importe quoi. Mais ça, potentiellement, le temps est encore beau. Tu t'es tordu la cheville sur un bout de bois. Voilà, ça arrive. Mais si tu as un autre problème, que ce soit lié à l'hypothermie ou quelqu'un tombé dans l'eau, là, il faut agir assez vite. Et donc, je pense qu'il faut De toute façon, connaître les bases pour pouvoir gérer une situation de crise et être prêt à donner les premiers soins pendant plusieurs heures, voire quelques jours avant d'avoir quelqu'un qui puisse venir nous aider. C'est sûr qu'il faut être préparé aussi de ce

SPEAKER_01

côté-là. Tu parlais des stages que tu as faits. C'est des stages qui ont quel format

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ça dure combien de temps, Henri

SPEAKER_00

Général

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Celui que j'ai fait, c'est 40 heures. C'est une semaine complète où tu vis dans une cabane dans la nature Donc, tu as comme une formation premier secours classique avant ça. Et là, tu vas l'appliquer à des situations de plein air. Et donc, tu as constamment des mises en scénario qui sont... Bon, ben voilà, vous arrivez, vous êtes en randonnée, vous avez quitté le dernier chalet il y a 5 km, vous avez marché pendant 2 heures en montagne, puis là, vous tombez sur quelqu'un qui a eu un accident... que ça soit de motoneige t'as toute une mise en contexte qui est présentée puis là dans le scénario ils te disent ben voilà si tu dois revenir absolument à la cabane que t'as quitté le matin donc t'as deux heures de marche sans porter quelqu'un donc si tu dois transporter quelqu'un en civière ben voilà tu dois t'arranger puis les secours une fois que t'es à la cabane peuvent arriver en six heures donc là t'évalues la situation t'as le matériel que t'as dans ton sac t'as rien de plus donc t'as juste un kit de premier secours et puis tu dois te débrouiller pour fabriquer un brancard avec des cendres, des cordes t'apprends un peu à te débrouiller avec ce que t'as pour donner les meilleurs soins possibles en attendant et évaluer les situations si il y a quelqu'un qui est qui est vraiment mal en point et que tu as toute une équipe sous ta responsabilité et que l'équipe reste si vous restez sur place à essayer de soigner quelqu'un ça peut mettre en danger par exemple tout le monde tu vas d'abord prioriser la sécurité de toi et de toute l'équipe avant de pouvoir agir donc tu as toutes des prises de décisions comme ça qui sont parfois difficiles à prendre donc ces formations ça a Ça t'aide justement à voir les choses de façon raisonnable. Moi, il y a quelqu'un qui est blessé, mais essayer de le soigner, ça peut mettre en péril la vie des autres. Parfois, des décisions que tu n'as pas envie de prendre qui sont là. C'est fort intéressant comme formation.

SPEAKER_01

J'espère que tu n'auras pas à prendre ce genre de décision.

SPEAKER_00

On fait tout pour ne pas devoir

SPEAKER_01

prendre ça. Peut-être de façon plus générale, je suis Vraiment curieux de savoir, sur ce type d'expédition, quelles sont les grandes étapes dans la conception de l'expédition et peut-être les grandes phases de

SPEAKER_00

préparation

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En général, ça doit commencer par une idée qui te fait triper à fond, là où tu es prêt à mettre de l'énergie et du temps.

SPEAKER_02

Ça doit être presque un rêve, en fait.

SPEAKER_00

que ce soit au Groenland, au Montagne, il faut vraiment que le projet t'inspire. Donc, les étapes, c'est... commencer déjà à débroussailler un peu toute l'expédition, dire ok, il va falloir plus ou moins ça comme matériel, donc faire un peu un listing du matériel, de la période à laquelle elle est sur place, donc tu débroussailles un peu tout ça, puis tu commences à rédiger des dossiers d'expédition, de sponsoring, pour voir s'il y a des gens qui seraient potentiellement intéressés à t'aider dans ce genre de projet. Tu

SPEAKER_01

parles de quel budget sur une expédition

SPEAKER_00

comme ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Par exemple, le Saint-Laurent kayak, c'était un budget d'à peu près 50 000 dollars. Donc ça, c'était assez petit budget pour une expédition comme ça parce qu'on était proche de la civilisation. Il y avait peu de moyens qui étaient mis en place, que ce soit dans du transport pour emmener du matériel super loin. Et l'équipement qu'on avait besoin, c'était dans des températures raisonnables en été. Donc c'était un kayak de mer, on va dire, basique. Donc, ça ne demandait pas tant d'équipements spécialisés. Mais par exemple, pour le Yukon ou d'autres expéditions, là, c'est sûr que tu as besoin d'une doudoune qui te tienne chaud par moins 45 degrés, des sacs de couchage en conséquence, le tent qui va avec, les skis de rando. Donc, ton budget matériel, il augmente déjà considérablement. Le budget photo-vidéo, ça, c'est en fonction aussi de ton projet. Si tu arrives à trouver une boîte de production qui veut t'aider là-dedans, c'est sûr que tu peux peut-être te permettre de de louer d'autres caméras plus cinématographiques éventuellement donc c'est toujours un peu un compromis entre l'investissement que tu es prêt à mettre et l'aide que tu peux avoir et puis la qualité que tu veux avoir au final donc c'est sûr qu'avec le Covid par exemple tout est un peu remis en question constamment donc l'aventure en général où elle commence déjà avant dès l'idée c'est vraiment tu t'immerges déjà un peu dans cet environnement-là, dans ta tête, puis tu vois tout ce qui peut se passer, et puis tu essayes de compiler avec tout ça pour que

SPEAKER_01

ça se passe au mieux. Et à quel moment est-ce que tu as mis en place l'équipe

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

En tout cas, que tu as contacté des gens avec qui potentiellement tu voulais partir

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Par exemple, pour le Saint-Laurent, à la base, je comptais partir tout seul. J'avais commencé les démarches tout seul, puis j'ai des amis qui se sont montrés intéressés directement. Ils m'ont dit« Richard, tu ne vas pas partir tout seul là, moi je viens avec». Puis, je savais que c'était des bons amis qui pouvaient être une bonne aide sur place. Donc, moi, mon objectif, ce n'était pas de faire la première en solo ou quoi. Et je préférais justement qu'on m'accompagne. Je trouvais ça beaucoup plus sympa. Puis, ça permettait de rayonner aussi un peu plus parce que plus de gens impliqués veut dire aussi plus de personnes qui nous suivent et un plus grand impact. ouais donc c'est ça ça a été une initiative de leur part de me contacter puis finalement ça s'est très bien mis en place je crois que j'ai lancé le projet d'expédition peut-être l'idée est arrivée 8 mois avant le départ 6 mois avant je savais que j'avais déjà les premiers sponsors donc je savais que ça devait se passer puis ça a pris 6 mois c'est rapide quand même ouais ça a été rapide la plupart des gens à qui je parlais me disaient que c'était le genre de préparation qui pouvait prendre un un an et demi deux ans et là je crois que j'étais juste très motivé j'avais un travail qui ne prenait pas tant de temps et j'ai mis beaucoup beaucoup de temps et d'énergie dans la préparation puis ça a été vite

SPEAKER_01

excellent et si tu devais faire peut-être un peu un zoom out et regarder tous ces différents projets enfin c'est plus des projets ça a été des aventures du coup mais toutes ces différentes aventures par lesquelles t'es passé que ce soit en solo ou avec des équipes d'expédition qu'est-ce que tu dirais que t'en as retiré de tout ça aujourd'hui en quoi est-ce que le Richard aujourd'hui a grandi a pris par rapport au Richard du

SPEAKER_00

début là comme je l'ai mentionné peu plus tôt, c'est sûr qu'en résilience je pense il y a des amis, des personnes avec qui j'ai travaillé qui pourront peut-être en témoigner je crois qu'en résilience je suis capable d'affronter pas mal de situations, puis dans la vie de tous les jours ça m'a permis de rester beaucoup plus calme et détaché que ça soit du bien matériel ou financier c'est sûr que ces expéditions m'ont pas rendu plus riche financièrement mais par contre plus riche dans ma tête et dans mon coeur Ça m'a juste permis d'avoir plein d'histoires à raconter. Je pense que

SPEAKER_01

c'est ça que j'ai envie quand je serai vieux, c'est raconter plein d'histoires à mes petits-enfants. Quel conseil tu donnerais peut-être à ceux qui n'auraient pas encore osé se lancer et prendre le chemin un peu différent comme tu l'as fait

SPEAKER_00

je pense qu'il ne faut pas se mettre des barrières en tout cas simplement voir les choses telles qu'elles sont on ne doit pas forcément se limiter à se dire je ne suis pas capable de faire ça parce que je n'ai pas la formation pour la formation tu peux être autodidacte et trouver tout ce qu'il te faut pour apprendre il faut juste un peu de motivation puis juste frapper à des portes parler à des gens puis un ouais c'est ça faut juste pas hésiter à se lancer dans l'inconfort là je reviens par exemple d'un repérage pour le documentaire qu'on va faire sur le Cap Trinité donc ce week-end et là j'étais suspendu à 250 mètres de haut par une corde et là je me disais mais qu'est-ce que je fous là je suis vraiment pas à mon aise tu vois il y a le vibre, tu balances avec une corde et dès que la corde frotte contre un rocher tu te dis ah mais si la corde elle casse, si il y a quelqu'un qui va en haut qui va détacher la corde, peut-être que tu commences à avoir plein d'idées dans ta tête puis tu te dis comme Tu respires un grand coup, tu te dis, non, OK, personne ne peut aller en haut couper la corde. Personne ne fera ça. Puis là, je suis bien accroché. J'ai fait... Point de vue technique, je suis bien suspendu. Il ne peut rien arriver. Puis quand tu reviens, tu es tellement... d'un côté soulagé de toucher la terre ferme et content des images que tu as prises. Puis, je ne sais pas, tu as quand même réalisé un accomplissement face à tes peurs. Moi, je connais peu de gens qui soient complètement inertes face au vide. On a toujours un peu de vertige. Il y a quelques personnes qui sont complètement à l'aise, mais moi, je ne peux pas prétendre à ne pas avoir le vertige. Mais par contre, j'adore quand même aller me suspendre pour prendre des images en altitude. Donc, c'est

SPEAKER_01

ça il

SPEAKER_00

faut se pousser dans l'inconfort pour en apprendre sur soi même puis t'es juste fier de toi et puis t'as plus confiance en toi dans la vie de tous

SPEAKER_01

les jours ouais c'est ça faut pas avoir peur de l'inconfort ouais j'adore le message ne pas avoir peur de l'inconfort se lancer du coup ça m'embête un peu parce que je vais devoir être obligé de me lancer pour monter ma propre expédition un de ces jours j'ai l'impression après avoir échangé avec toi il faut je

SPEAKER_00

viens

SPEAKER_01

t'accompagner ouais il faut y aller c'est clair ce que je retiens on en parlait au tout début de l'échange avec Maxime avec Caroline Côté c'est intéressant de voir que c'est un petit peu tout le temps le même message exprimé différemment mais qui ressort quand je pose cette question à tous mes invités et d'ailleurs pas que les sportifs, les entrepreneurs

SPEAKER_00

aussi

SPEAKER_01

c'est un petit peu

SPEAKER_00

ouais c'est un petit peu tout le temps ça en fait se lancer apprendre à côtoyer l'inconfort et être confortable avec ça entre guillemets

SPEAKER_01

donc c'est ouais c'est intéressant de t'entendre dire la même chose

SPEAKER_00

je pense que c'est ça qui te permet de devenir une meilleure personne tu te connais mieux puis tu sais t'arrives à mieux voir l'impact potentiellement négatif que tu peux avoir sur ton entourage et donc je pense que tu te permets

SPEAKER_01

de faire grandir aussi ton entourage en justement en donnant le meilleur de toi-même constamment oui apprendre à te connaître toi-même pour faire grandir ceux qui t'entourent et bien écoute ce sera sans doute le mot de la fin on arrive déjà au bout c'était passionnant de suivre ton parcours Richard merci beaucoup pour tous ces partages personnellement moi ça m'a vraiment donné envie envie de me plonger un peu plus sérieusement dans différents projets d'expédition que j'ai pu avoir donc j'espère que ça m'inspirera beaucoup d'autres j'en suis sûr

SPEAKER_00

même et puis l'aventure elle peut être vécue au

SPEAKER_01

coin de la rue ouais

SPEAKER_00

exactement aller rencontrer un inconnu et parler parfois aller juste discuter avec un sans-abri ça te permet d'être dehors de ta zone de confort si t'as pas l'habitude puis ça te permet d'en apprendre beaucoup plus sur nous c'est notre milieu social puis si tu grandis C'est une petite aventure que tu vis dans ta journée.

SPEAKER_01

Clairement. Oui, clairement. Écoute, encore merci Richard pour tous ces partages. Je mettrai en description de l'épisode évidemment ton site, ton Instagram. Je ne sais pas s'il y a d'autres plateformes sur lesquelles on peut te

SPEAKER_00

suivre.

SPEAKER_01

J'ai

SPEAKER_00

une

SPEAKER_01

page

SPEAKER_00

Facebook

SPEAKER_01

qui est aussi liée à mon Instagram et mon site. Je mettrai ça aussi. Excellent. Est-ce qu'on a la possibilité de suivre l'expédition au

SPEAKER_00

Yukon

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Pour le moment, je crois que ce n'est pas encore trop médiatisé, mais l'expédition sur le Cap Trinité, ça oui, du coup, ça sera... on

SPEAKER_01

est en train de travailler dessus et puis on attend de voir l'évolution

SPEAKER_00

avec

SPEAKER_01

la

SPEAKER_00

crise sanitaire actuelle là mais oui il y aura sûrement des nouvelles d'ici là d'ici la fin de l'année bon on suivra ça avec attention du coup super ça m'a fait

SPEAKER_01

plaisir en tout cas d'échanger avec toi merci beaucoup Richard c'était encore une fois hyper intéressant tout le meilleur pour la suite de tes aventures et puis encore une fois on va regarder attentive ce qui se passe du côté du Québec avec toi cool merci merci bonne fin de journée Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pros ou persos. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact.lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'à commentaires. Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.

UNKNOWN

Ciao!