SPEAKER_02

En fait, cette confiance-là, dès que ça va mal, dès qu'il y a quoi que ce soit qui déraille, j'ai un espèce de socle en titane qui fait que je ne vais pas plus bas que le fond. Cette énergie, cette puissance, soit tu l'as avec ton histoire compliquée. Moi, ça n'a pas été le cas. Donc, je vais aller me créer ces aspérités-là. Arrêtez de commenter, arrêtez de liker, arrêtez d'être spectateurs.

SPEAKER_00

Eh bien écoute, bienvenue Stan. Merci à toi Loïc. Très très content de te recevoir aujourd'hui, merci pour ton temps, j'imagine que tu es particulièrement occupé, d'autant plus en ce moment avec le contexte extrêmement changeant, mais c'est cool que tu aies pu te rendre disponible pour échanger un petit peu avec nous sur ton parcours et nous en dire un petit peu plus. Moi je suis très content de te recevoir parce que tu as une double casquette, je vais entrepreneuriale je pense qui sera vraiment intéressante encore une fois surtout dans le contexte actuel mais aussi la dimension ce que tu fais comme job je pense qui sera particulièrement intéressant et puis la dimension un peu plus sportive dépassement que tu as pu que tu vis en dehors en dehors de ton aventure entrepreneuriale même si je pense que les deux sont liés tu nous en diras plus voilà donc très très heureux de te recevoir aujourd'hui écoute je te laisse je te laisse commencer par te présenter nous dire qui est Stan

SPEAKER_02

écoute merci à toi en tout cas de ton invitation écoute j'ai eu en effet dans les 10-12 dernières années plusieurs moments plusieurs phases assez intenses j'en ai aujourd'hui 3 en tête il y en a une qui nous intéresse peut-être un peu moins aujourd'hui qui est en gros ce que j'ai fait sortie d'EDEC sortie d'école 2009 jusqu'à à peu près 2018 donc pendant quasiment 9 ans j'étais trader d'abord en action à la BNP puis surtout en matière première agricole chez Cargill c'était une vie super intense qui est important de mentionner parce qu'il y avait beaucoup d'émotions et beaucoup d'enseignements de cette période qui m'ont vraiment servi pour la suite des deux autres phases et ça a été assez intense un métier de trader ça suscite beaucoup de fantasmes on connait beaucoup ce métier dans les films on connait aussi ce métier dans les headlines de journaux comme l'affaire Kerviel ou d'autres c'est rarement sous un signe hyper glorieux c'est un métier qui est très méconnu Et sous ce mot d'appellation, il y a plein de métiers différents. Moi, j'étais trader en matières premières agricoles. C'est-à-dire, en gros, je traitais du blé, du maïs, du colza, du soja. J'étais trader physique, trader action et puis trader futur. Donc, en gros, trader physique, trader option et trader futur. Donc, en gros, je bougeais des cargos de marchandises réelles. Je bougeais des Panamax de blé de 60 000 tonnes, de l'Australie à l'Europe, de maïs, de colza, etc. Donc, c'était hyper concret. on faisait ça puis on traitait aussi après sur les marchés et ça a été une vie mais à 2000 à l'heure j'avais en gros j'ai commencé j'avais 21 22 ans et jusqu'à mes 30 ans en gros ça m'a amené un peu à Londres beaucoup à Paris et puis finalement à Genève et c'était une vie ultra radicale en fait c'était une vie déjà assez extrême professionnellement dans lequel j'ai appris à en gros prendre des décisions ultra rapides où tu peux être un dieu le matin et une merde l'après-midi, parce que t'as, parce qu'en gros, ta position a bien fonctionné le matin, t'as fait des millions de dollars l'après-midi, le marché s'est retourné, tout s'est cassé la gueule, et c'est un métier où finalement on fait table rase quasiment chaque jour, la performance est mesurée quasiment chaque jour, donc c'est un métier en fait où tu te projettes assez peu sur le moyen et le long terme, t'es dans un ultra court terme, dans une prise de décision immédiate, où tu vois tout de suite ou très vite les conséquences de ce que tu mets en place. Donc ça, ça a été pour moi hyper intéressant parce que ça m'a permis d'évoluer dans un environnement bien que déshumanisé, ultra dynamique, où il fallait être super réactif, où il fallait comprendre un peu tous les mécanismes, prendre des décisions rapides, être responsable de tes décisions, les assumer. Et ça, je pense que c'est vraiment un super bon terreau pour monter une boîte et pour être crédible vis-à-vis d'équipe. Aujourd'hui, dans l'Explorat, on on est une quinzaine, on est basé à Annecy, et du coup, il y a quand même assez vite, dès les premiers mois, si ta boîte se passe bien, une notion de management d'équipe qui est quand même importante. Et c'est ça que je trouve difficile, si tu lances une boîte en sortie d'école sans expérience, il y a quand même, se confronter à l'exercice de management, c'est pas hyper facile. Donc ça, j'ai trouvé que c'était un bon apprentissage. Et en fait, en parallèle de ça, j'ai toujours su que j'avais envie de monter une boîte, mais en sortie d'école, il y avait quelques choses qui me retenaient un peu, je me sentais pas hyper prêt donc c'est probablement ce que j'expliquais avant, il fallait que je prenne un peu plus de bouteilles, un peu plus de confiance et puis j'avais probablement cette case dans ma tête que j'avais besoin de cocher, de faire du trading pour un rôle peut-être pour un rôle social, tu vois je sais pas si c'est que des bonnes raisons en fait mais ça a été mes raisons du moment quoi, mes raisons d'un gars de 22 ans qui se disait qu'il pouvait gagner hyper vite sa vie, que ça avait pas l'air d'être super sorcier, que j'ai fait une école de commerce, business, j'étais en en finance de marché, qu'a priori il n'y avait rien qui m'échappait dans le raisonnement de ce qu'il fallait savoir comprendre pour être capable d'être bon, et puis le reste on disait que c'était l'intuition, la capacité à décider vite, il fallait bien parler anglais, il fallait être adaptable et tout, je me disais putain mais merde c'est moi quoi, je vais le faire, et puis ça allait tout droit, ça a super bien marché, puis 8 ans plus tard j'étais responsable du trading pour Cargill, une grosse boîte américaine, responsable du trading pour la zone Europe, Moyen-Orient, Afrique, donc il y avait 150 traders sous ma responsabilité, c'était un P&L de près d'un milliard, enfin c'était vraiment un big fat job qui était super excitant mais en même temps c'était ma ligne d'arrivée quand je me suis lancé dans ce métier là quand j'ai démarré en trading j'étais inspiré par un gars qui en gros faisait ça et je me suis dit le métier de ce gars là c'est probablement pour moi, mon métier rêvé. Et je m'étais projeté en disant, voilà, quand j'arriverai là, je serai allé au bout de l'histoire. Donc, j'ai eu ce job-là au bout de quelques années. Et donc, 30 ans en naissance de ma fille, cette envie de lancer une boîte était toujours lancinant. Pendant des années, j'ai gratté des calepins sur ce que devait être Explora Project. J'avais déjà le nom en 2012. Donc, clairement, 6 ans avant de lancer Explora. Et puis... pour la petite histoire, je bossais à Saint-Germain-en-Laye, tu vois, un banlieue parisienne, ouest, et j'habitais Place Yéna, à Paris, et derrière le Palais de Tokyo, et du coup, je prenais le RER A tous les jours, tous les matins, et j'avais une heure et demie, quasiment, et tous les matins, pendant des années, j'ai gratté des calepins avec ce que devait être Explora, ce que je m'imaginais, en fait, c'était une manière de vivre un peu mon rêve d'entrepreneur, mon rêve entrepreneurial par procuration, ou en tout cas, en différé, tu vois, je le vivais un peu dans ma tête, ça me permettait de me dire que ce projet allait voir le jour. Et en même temps, j'étais sûr de ne pas perdre ce qui me semblait être à ce moment-là des bonnes idées. La plupart de ce qu'il y a dans ces calepins, c'est Explorera aujourd'hui. Et finalement, ça, je ne l'ai vraiment pas perdu. Et c'est encore fréquent que quand on me dit, mais il y a tel truc, tu sais, comment tu le jouerais

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Quel nom tu donnerais à ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Comment tu montrerais

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je ressors mes calepins et franchement, pendant des années et des années, tu es Tu les écris, j'ai eu 8 calepins. Franchement, j'ai écrit sur chaque millimètre de papier dessus. Franchement, j'ai un paquet de trucs. Et je pense qu'il y en a encore un paquet qu'on n'a pas encore fait et qu'on va pouvoir dérouler avec Explora dans les prochaines années. Donc, en fait, tout ça pour dire un petit apprentissage pour ceux qui écoutent. Honnêtement, on nous fait tellement flipper et ça fait tellement flipper. Et il y a des bonnes raisons. Il y a des mauvaises, mais il y a aussi des bonnes raisons de lancer sa boîte. Et on en a tous vachement envie parce que c'est évidemment assez libérateur. On se dit qu'on est son propre chef, qu'on peut monter son propre projet. projets, etc. Il y en a beaucoup qui ont des envies d'entrepreneuriat, mais clairement qui ont peur de se lancer. Et dans plein de cas, c'est légitime. Ça n'a rien à dire, lancez-vous, on s'en fout, whatever, il faut tester, mieux vaut faire un peu que pas faire du tout. Oui, c'est vrai, mais il y a des réalités économiques, des réalités de la vie qui font que ça ne peut pas être fait n'importe quand, n'importe comment. Par contre, une phase préalable qui peut être faite n'importe quand, n'importe comment, c'est quand même de gratter toutes ces idées sur des calepins et d'être sûr qu'elles ne s'envolent pas. Et ça nous permet aussi parfois de nous rappeler à nos rêves et de nous dire« Attends, j'avais ça, ce calepin, il est 2014, mon vieux, on est en 2020, t'as rien fait. Franchement, sors-toi les doigts.» Et ça, je pense que ça m'a vachement aidé. Et de revenir besogneux à mes calepins pendant toutes ces années, c'est probablement là que j'ai construit la réalité de l'explorat d'aujourd'hui. Et j'étais sûr que ce rêve-là, je n'allais pas le laisser s'échapper parce que plus j'écrivais, plus il devenait réel. Même si personne n'en avait eu vent et il n'était que dans ma tête. Néanmoins, j'ai posé deux démissions chez Cargill pour lancer Explora, une en 2012 et une en 2014. Et à chaque fois, on m'a dit non, non, non, mais non, on ne te barre pas. Tiens, tu es chef à la place de ton chef. Et puis, je suis resté dans la petite moulinette de musaraigne, la tête dans le guidon. Et puis, tu vois, ils ont remis... sans sous dans la machine et je suis reparti pour quelques années à chaque fois. Après, c'était toujours des promotions, un peu plus d'argent, et puis tu restes de fil en aiguille année après année. Tu ne comptes plus les années, tu oublies, tu justifies semaine après semaine, mois après mois, tu te convaincs que rester est probablement la bonne solution. Mais néanmoins, les années passent. La troisième démission a été la bonne. Première naissance de ma fille, ans, près de 9 ans dans la même boîte. Je me suis dit, putain, 30 ans, mon vieux, quoi. 30 ans, quoi. Ça fait quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ça fait 8, 9 ans que tu te dis que tu vas lancer cette boîte, que c'est ton rêve. C'est bon, quoi. Vas-y, quoi. Donc, ça a été à nouveau, j'ai eu... une bonne partie de la première étincelle qui est venue de ma part, et puis après, j'ai eu besoin de mon entourage pour me conforter que cette décision était la bonne. Et c'est au retour de congé, tu vois, congé avec les potes, la famille, ma famille, ma femme, et puis ma famille, mes parents, mes sœurs, et je me suis dit, bon, allez, je leur confronte ça, je leur dis que je vais arrêter. Et puis, en fait, ça a été... Tu vois, j'ai été hyper encouragé, en fait. Il y a eu, évidemment, évidemment, et puis la maman inquiète, ah bon, mais tu gagnes super bien ta vie, mais t'es sûr et tout, mais t'as des enfants à charge, et puis en fait, voyant que c'était, rien que d'en parler, c'était une libération, rien que de parler du projet, ça me fait vibrer, et puis ça, c'est à nouveau un petit tips pour ceux qui nous écoutent, qui prennent le temps de nous écouter, c'est en gros, on reconnaît, tu vois, l'énergie que tu peux avoir quand tu crées ta boîte, quand tu te lances dans des projets, ben, tu... commences à t'y confronter, tu la goûtes déjà quand tu évoques le projet avant de franchir le pas, tu vois des personnes, moi j'ai des personnes qui me parlent de leur projet de boîte parce que tu vois je tends un peu la main sur mes journaux de bord et semaine après semaine, puis il y en a plusieurs qui m'écrivent je veux lancer cette boîte, qu'est-ce que t'en penses, tu peux m'aider machin du coup il y en a, c'est un céphalogramme plat, ils te parlent du projet, tu sens que ça réveille rien, que c'est finalement un peu pour combler un manque d'un autre problème, alors moi je suis là bon écoute je suis pas sûr que ce soit le bon tamis, puis il y en a d'autres ils ils ont le fire, ils t'en parlent, tu sens que ça révèle quelque chose en eux, c'est une espèce de libération, qu'ils ont mûri ce truc, tu vois, ils sont dans la plénitude quand ils te parlent de ce truc-là. Et là, tu dis, mais cette force-là, je ne sais pas si elle est bien canalisée aujourd'hui, mais peu importe, elle existe, quoi. Et donc, elle pourra être bien canalisée par la suite avec des accélérateurs, des accompagnateurs, des pépinières, des machins, des mentors, mais le feu, il est là, et dans les premières années de boîte, tu en as tellement besoin... que finalement, ça justifie pour moi... en tant que tel de se lancer dans ce genre de projet.

SPEAKER_00

Ça me fait penser à l'épisode qu'on a eu avec Anthony Bourbon. Je ne sais pas si tu as eu l'occasion de le croiser, mais qui est juste un bulldozer. Cette conversation, c'était hallucinant. Et c'est exactement ce que tu dis. Le gars te parle, il pourrait te vendre des slips ou une hutte au fin fond du Mexique où il te proposerait de partir six mois. Il te convainc. Il a le feu, comme tu dis. Et c'est comme ça que... En tout cas, lui, c'est comme ça qu'il explique le succès hyper rapide qu'il a eu avec Feed, qui a lancé de mémoire en 2017 et qui aujourd'hui est valorisé à, dernière nouvelle, 250-300 millions d'euros. Juste hallucinant. Ce drive et comment tu arrives à l'exprimer, c'est souvent ça qui... En tout cas, très certainement qu'il y a une part importante dans le fait de faire la différence, mais aussi qui te permet de convaincre. et tu nous en diras plus mais j'imagine que t'as dû convaincre un paquet de personnes entre des investisseurs tes premiers employés tes clients potentiels c'est un peu ça le job de l'entrepreneur quand tu te lances

SPEAKER_02

non

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

ouais c'est clair franchement ça on en parle pas suffisamment en tout cas c'est pas mis suffisamment en exergue dans les qualités qu'il faut avoir pour lancer sa boîte c'est qu'il faut savoir parler de sa boîte et on voit souvent les duos ingénieurs commerciaux tu vois dans les duos de founders il y en a un qui crée le produit, l'autre qui en parle, ou l'autre qui le vend. Franchement, ça paraît un peu gros sabots, mais c'est quand même une réalité qui, pour moi, est vraiment fondée. Dans les premiers mois de ta boîte, et même avant de créer ta boîte, tu passes ta life à pitcher, en fait. Que ce soit un apéro, et au fait, toi, du coup, tu fais quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Et au fait, toi, tu as démissionné. Ah ouais

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Mais attends, mais pour faire quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Sérieux

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Et après, ah, au fait, tu sais, j'ai mon cousin qui investe, tu peux me parler de trois secondes de ta de ta boîte, je vais lui en toucher un mot tu vois sous quelques formes que ce soit que ce soit informel ou super formel que ce soit en 10 secondes ou 30 secondes ce qu'on appelle le elevator pitch ou que ce soit en 20 minutes parce que t'as un mec qui est passionné et qui dit vas-y dis moi tout je veux tout connaître et ben en fait y'a pas de mystère en fait c'est que ta boîte tu peux en parler avec passion déjà si t'y as beaucoup réfléchi et si t'es capable d'élaborer et d'apporter des réponses à beaucoup de questions et donc si t'as pris le temps de tourner le truc dans tous les sens. Et pour tourner le truc dans tous les sens, ce n'est pas que le faire tout seul comme un Rubik's Cube, c'est se confronter. Et c'est se confronter aux gens autour de toi, aux écosystèmes qui vont bien, à ceux qui peuvent t'apporter de la valeur ajoutée. Donc ça, c'est super important. Troisième conseil, du coup, ce serait pour ceux qui veulent lancer un projet ou leur boîte, mais ça, on le dit tellement que je ne sais même pas si ça sert encore à quelque chose de le dire, mais il faut se confronter à la réalité du monde. Il faut confronter son idée. Un projet, il vaut rien un projet il vaut rien ce qui vaut c'est son exécution donc si moi j'avais dit je vais lancer une boîte d'aventure une agence de voyage d'aventure durable en 2017 ou 2018 on m'aurait dit ouais bah cool il y a Terre d'Aventure qui existe euh et je me suis dit mais non mais c'est pas ça ah ouais bah c'est quoi ah oui d'accord donc c'est pas comme ça qu'il faut que je le présente parce que Explorer en fait c'est pas Terre d'Aventure c'est quand même c'est pas pareil pourquoi c'est pas pareil bah c'est plus engagé quand même à tous les niveaux physiquement dans le dépassement de soi c'est pour un public plus jeune mais pourquoi un public plus jeune bah parce que c'est un peu plus physique et qu'on va chercher un peu plus loin et que ok bah tu penses que les vieux peuvent pas le faire ah ok et en fait le fil en aiguille plus tu échanges plus tu te dis bah mais en fait attends non mon projet je dois pas le définir comme ça et d'ailleurs c'est quoi vraiment mon projet et ces semaines là ces mois là où tu confrontes du coup font évoluer ton pitch font évoluer ton produit font évoluer ton positionnement font évoluer ta cible font donc évoluer tes moyens de communication font donc te permettre donc de déterminer un budget par support de communication que tu utiliserais et te permettre d'y voir plus classe ton plan de financement en fait tant que t'as pas bouclé cette boucle là on te dit t'as besoin de combien bah t'en sais rien en fait t'en sais rien donc la plupart des gens disent bah j'ai besoin de ce que j'ai peut-être pas, non parfois il y a des mecs qui n'ont pas un sou et ils sont dans un projet industriel ils ont besoin de millions en R&D et parfois il y a des mecs qui sont crézus et qui ont besoin de pas grand chose parce qu'ils vendent juste un service avec un besoin en fonds de roulement négatif en gros il n'y a pas de règle ça ne veut rien dire de j'ai besoin de ce que j'ai donc tout ce cycle là il est important pour reboucler sur l'histoire d'Explora et du coup pour définir un peu comment ça s'est passé c'est que j'ai toujours fait beaucoup de courses à pied c'est la troisième je te dis il y a trois grands moments il y a le trading cette vie là que je peux pas oublier qui fait l'homme que je suis aujourd'hui il y a évidemment le lancement d'Explora une agence de voyage d'aventure durable d'un genre nouveau qui parle à toutes les générations qui est engagée qui est ancrée dans son temps et dans les problématiques environnementales actuelles et puis il y a aussi c'est clair à titre perso est-ce qu'il y a nous c'est beaucoup de courses à pied moi c'est beaucoup de défis parce qu'à côté de cette vie extrême et radicale de trading j'avais un exutoire nécessaire là où j'avais besoin d'une soupape où j'avais besoin de m'échapper de vider mon cerveau du tumulte de la journée et je l'ai trouvé dans l'ultra dans l'ultra fond dans l'ultra aventure ça a commencé insidieusement avec un je crois que ma première course ça devait être le 10 km de la braderie de Lille je crois un truc comme ça en 2008 2008, 2009, 2008 et puis et puis assez vite ça a été un speed marathon ça a été un un marathon, deux d'affilé, un le samedi, un le dimanche, puis après, ça a été un 100 kilomètres, 100 kilomètres de Mio, que j'ai fait plusieurs fois, donc, des 100 bornes sur route, puis après, ça a été 100 bornes dans les montagnes, en trail, les trails des courses de l'UTMB, après, ça a été, puis je me disais, en fait, je veux aller encore plus loin, tu vois, un peu boulimique de cette notion du dépassement de soi, pas parce que je voulais me faire mal, mais en fait, parce que j'étais en construction de l'homme que je suis aujourd'hui puis quand t'es dans cette phase de construction t'as besoin de c'est pas de tester tes limites en fait on dit beaucoup ça les jeunes ils ont besoin de dépasser leurs limites en fait non quand t'es jeune t'as juste besoin de les connaître t'as juste besoin de savoir où est-ce qu'elles sont t'es juste en apprentissage ça veut pas dire que tu cherches à te mettre dans le rouge ou que t'es dans des conduites addictives ou excessives peut-être qu'aux yeux d'autres personnes ça aurait l'air de conduite de conduite excessive ou de conduite addictive, mais pour toi, tu es juste en train de te découvrir et de savoir ce que ton corps peut faire, de savoir où est-ce que tu places ta souffrance, qu'est-ce qu'elle t'apporte, est-ce qu'elle te construit, est-ce qu'elle te détruit, est-ce que tu es capable de capitaliser sur ces moments-là pour être plus fort dans l'adversité suivante, et en gros, tu sais, ce mécanisme-là, il n'est pas si évident, en fait, le mécanisme du grand sportif qui souffre et qui est de plus en plus robuste à force qu'il souffre, enfin, ça marche avec certaines personnes mais il y en a d'autres ça les détruit donc c'est pas une évidence et cet apprentissage là il prend un peu de temps et moi je l'ai fait pendant en parallèle de ces premières années de trading du coup je courais beaucoup ma vie c'était acheter ou vendre sur les marchés et puis courir c'était vite du reste mais je savais que c'était vite du reste et je savais que je faisais ça que pour un temps mais j'avais besoin d'aller à fond là-dedans et du coup j'ai j'ai battu le record de la traversée de la France en courant en 2011 parce que j'avais besoin de le faire plus vite possible tu vois d'aller un peu c'était en gros dans le terrain de jeu français de ce que je me représentais rapidement de ce qui était simple à mettre en place dans ma vie du moment où j'avais peu de vacances je bossais beaucoup bah je lui dis bah ok 15 jours je traverse la France facile nord-sud net easy clair je passe par Paris je passe par telle ville je dors chez tel pote tel pote tel pote je demande à tel pote de m'accompagner je loue une bagnole porte-maillot ok donne quoi j'achète 50 balles de stickers et on colle ça record la France en courant et c'est parti quoi et en gros j'ai décidé ça en juin et puis je suis parti le 3 septembre je me suis entraîné sur l'été et du coup j'ai fait ce record et je faisais plus de 90 bornes par jour je fais ça 15 fois de suite et en fait je me suis tu vois je me suis détruit et à mesure que je me détruisais j'étais en train Je me détruisais à court terme et puis j'étais en train de me construire pour la vie, quoi. Ça, je le sentais, en fait. Mais tout mon corps était en souffrance, en gros. Mais j'étais en train de découvrir que j'étais quelqu'un qui était capable de dire quelque chose et de le faire vite, assez rapidement. Qui était capable de ne pas perturber la vie de tout le monde pour être capable de vivre son petit rêve, tu vois. J'avais pas fait chier mon boss... ma boîte, en leur demandant un truc exceptionnel. Je n'avais pas demandé qu'il y ait une fanfare au démarrage et à l'arrivée. Il y a eu, mais tout ça s'est fait naturellement. Je n'ai fait chier personne, en fait. Et ça, je trouve ça... Pour moi aussi, je le mets un peu en priorité de vie. C'est être capable de faire ton truc sans que la terre s'arrête de tourner pour toi. Parfois, c'est un peu le cas, parce que tu lances des projets. Je ne peux pas dire que quand j'ai lancé ma boîte, je n'ai pas perturbé mon équilibre familial. Il a fallu que ma femme s'organise au autour des nouvelles contraintes qu'imposait mon emploi du temps, le changement de vie financière, de rythme de boulot et tout. Il y a plein de trucs qui ont changé. Mais dans l'absolu, ce que je trouve cool, c'est quand des gars ordinaires font des trucs extraordinaires, mais quand c'est des gars ordinaires en fait, et quand ils le font avec leurs moyens, avec leur quotidien, sans faire l'impasse sur le reste. Je trouve ça super cool de boucler un Ironman quand t'as fait chier personne pour le faire, quoi. Mais quand tout le monde autour de toi doit s'arrêter de respirer pour qu'à 20h, il n'y ait plus de bruit, que tu manges le bon repas avec le bon milligramme de calories qui vont bien, que tu te lèves à 4h et que tu fais chez tout le monde pour aller courir ou t'entraîner ou machin, c'est bien, mais à quel prix pour être capable que tu réalises ton petit truc

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Après, ça, c'est un peu brun, mais dans l'ensemble, en tout cas, j'ai toujours essayé de faire ces projets-là sans changer la vie des gens. Et des gens autour de moi, de mes potes, de continuer de sortir, de boire des bières, boire des coups, être pas un gars qui va dans sa bulle à faire son truc pour dire je l'ai fait. Donc, ce que je trouve que mon meilleur exploit, en gros, c'est d'avoir une vie normale et d'avoir réalisé ce truc-là. J'en suis super content. Donc, c'est vrai que dans cette aventure-là, il y a un paquet de l'ADN d'explorat d'aujourd'hui qui ressort. Et je me suis dit, pendant cette course, t'es un frappé. mais que t'es vraiment frappé et d'ailleurs mon père en rigolant me le disait souvent il me disait t'es frappé mon grand mais en gros c'est quand même intéressant de savoir que t'as cette possibilité là dans la vie de faire ce que tu dis que tu vas faire et te donner les moyens après le prix à payer et En l'occurrence, c'est parfois un peu cher. Et là, j'ai quand même dégusté.

SPEAKER_00

Juste pour savoir, ça a été quoi le chrono final

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et la distance peut-être

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et le dénivelé, si tu as encore ça en

SPEAKER_02

tête

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, il faut que je... Je dois avoir des... J'ai gratté ça sur Facebook à l'époque. Mais il faut que je le fasse, cet effort-là. On me l'a demandé plein de fois. Je vais aller ressortir ça. Il y avait 1150... Je crois que c'était 1152 kilomètres. Le dénivelé, je ne sais pas, mais on a traversé les Alpes. Parce qu'on a gentiment fait... l'île Nice en passant par Bourg-en-Bresse et Gap. On avait en gros fait vraiment toute la diagonale des Alpes. Je ne saurais pas trop dire, mais il faudrait que j'aille re-regarder. J'avais tout ça dans une gare mine. Étonnamment, je passais un peu d'un défi à l'autre et puis je ne me suis pas trop attardé sur celui-là. Mais maintenant, on me le demande, il faut que j'aille quand

SPEAKER_00

même. C'est vrai que ce n'est pas un Ironman. Un Ironman, ce n'est pas que tout le monde connaît les distances ou les chronos approximatifs, mais ça commence à devenir assez en termes de référence si tu veux les gens arrivent à situer un petit peu mais quand tu me dis j'ai traversé la France en courant j'ai aucune idée tu dis à peu près 15 jours

SPEAKER_02

je faisais à peu près 90 bornes par jour je courais entre 7 et 12 heures par jour donc du coup c'était un délire absolu je me souviens encore j'ai démarré de Lille Le 7

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

septembre 2011 donc tu vois ça date un peu et en fait je fais cette première étape de 82 ou 86 bornes il y a plein de gens qui courent avec moi bon au début il y avait beaucoup de personnes puis au bout de 20-30 bornes il y a moins de personnes au bout de 40 ils sont plus que 5 et puis au bout de 60 t'as juste un perdu tu dis ah salut t'appelles comment et le gars il est avec toi jusqu'au 80 ou pas et puis après le lendemain en revanche demain matin le lendemain matin t'es tout seul quoi ou alors c'est balle neuve c'est des nouveaux mecs qui sont venus qui courent le deuxième jour mais le truc c'est je me réveille le lendemain matin et puis et puis et puis en fait j'ai franchement j'arrive presque plus à marcher quoi en fait j'avais une espèce de début d'inflammation direct du tendon tendon d'achille j'arrivais presque plus à marcher je boitais le jambe gauche donc je me dis attends c'est une blague quoi ça va être très très long cette affaire et puis il y avait pas mal de sponsors que je devais rembourser si je faisais pas au moins 4 jours parce qu'ils considéraient que bon 4 jours il y avait eu la visibilité qui allait mais si j'abandonnais trop vite il fallait que je les rembourse donc tu vois ça déjà ça faisait un peu chier J'avais pas des gros sous, mais je pense que j'allais avoir 12-14 000 euros, un truc comme ça. Mais quand même, tu vois, évidemment, je pouvais pas les rembourser. Et c'est vrai que ce deuxième jour, en fait, direct, jour 2, début du jour 2, tu vois, je commence, j'avais les larmes, quoi. Je me dis, ça commence à monter, puis c'était un peu la pression qui s'échappait de ce projet-là que j'avais monté en bourrin, en sprint, grosso modo, j'avais monté le truc en 50 jours, entre l'idée et la ligne de départ, j'avais peut-être 50 jours, le temps de... Enfin, tu vois, tout était allé très vite, quoi. En fait, en J2, j'avais tellement mal, et je me dis, en fait, je peux plus poser le pied par terre, et là, j'ai 91 bornes à faire, et après, 13 jours de plus, quoi. Et je me disais, ok, donc, là, je vais aller chercher des trucs que j'ai jamais découvert couvert avec mon corps, je vais aller avoir une relation un peu différente avec mon corps avec les gens qui sont autour de moi, je vais être je vais devenir un peu quelqu'un de différent parce que j'ai jamais été dans cet état là en fait ce qui va se passer va être un peu hors du temps et à partir de ce moment là je me suis j'ai pas essayé de de me dire moi je suis différent de d'habitude mais normalement j'ai pas autant mal tu vois, je me suis dit je rentre dans une ère que je ne connais pas où mon corps en fait va m'envoyer des signaux que je devrais peut-être traité de manière un peu différente que d'habitude parce que là c'est un moment un peu hors du temps que je retrouverais peut-être pas dans ma vie et donc j'ai eu un espèce de rapport un peu différent à la douleur et pour moi c'est une espèce de transe en fait, une espèce de transe que j'avais où en fait je souffrais mais J'avais une espèce d'excitation de cette souffrance parce que je savais que j'étais en train de réaliser quelque chose qui me dépassait. Et de toute manière, je sais que c'est à ce prix-là. Et donc, j'avais hyper mal. Et en même temps, j'arrivais à ne pas m'arrêter. Et mon corps commençait, en fait, minute après minute, à s'habituer à cette douleur. Et je me suis rendu compte, en fait, que le corps a du coup une... une résilience de malade, parce qu'en fait, le corps s'habitue à tous les traitements que la vie nous inflige. Moi, ça a été la course à pied, puis il y a d'autres gens, c'est des pénibilités au travail tous les jours. Il y en a pour qui ça ne s'arrête pas, que ce n'est pas qu'un jour. Et le corps s'habitue. Un jour, il lâche peut-être, mais il tient longtemps, tant que le mental... peut le faire tenir. Et donc, en fait, ça a été pour moi, dès ce deuxième jour, je savais qu'en fait, j'irais au bout et qu'il fallait juste que je sois, que j'ai un autre regard sur ce que j'étais en train de vivre. Et si je commençais à me plaindre, ça n'allait plus marcher. Ça, c'était le début de la fin. Si je commençais à comparer ce que j'avais vécu, ça n'allait plus marcher. Si je commençais à enlever l'énergie positive des gens qui étaient autour de moi et qui me nourrissaient, ça n'allait pas marcher. Et si j'essayais de... Et si je laissais la peur de ne pas y arriver m'envahir, ça n'allait pas marcher. Et à partir du moment où je suis rentré un peu dans cette nouvelle réalité, j'étais capable de mettre un pied devant l'autre, de ne pas m'arrêter. Et du coup, parfois, j'avais besoin de libérer mon corps de cette douleur que j'étais en train d'encaisser jour après jour, qui parfois durait, mais ce n'est pas genre le« Ah, t'as le mur du 30e, et après t'as encore une heure et demie où tu vas déguster pour finir ton marathon, et puis poster ta photo sur Facebook.» Moi, j'ai eu en fait cette douleur-là, parfois je l'avais pendant 12 heures, pendant 5 jours d'affilée. Ça ne s'arrêtait jamais en fait. J'avais envie d'hurler, c'était une douleur qui me... J'avais l'impression d'avoir la cheville cassée. Ça a été... Il y avait des moments où je me disais« Mais c'est insupportable

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

» Et en fait, à partir du moment où tu t'es dit« Une fois c'est insupportable, quand ça va un peu mieux, ça devient insupportable.» et du coup tu cours avec ça et t'as mal ouais et tu commences à t'habituer puis finalement ton corps hyper vite s'habitue et ça c'est un truc de malade c'est à dire qu'à la fin de la première semaine là où c'était le plus douloureux c'était au bout de 4-5 jours j'avais perdu 11 kilos je suis parti je faisais 75 et du coup j'avais droppé à 64 kilos et le médecin m'avait dit à plus de 12 kilos on arrête si tu perds 12 kilos c'est fini quoi donc c'est trop dangereux et du coup à partir de je sais pas quand j'ai vu que j'avais perdu 11 kilos ce mardi je m'étais dit bah ce lundi je m'étais dit bah du coup si ce soir t'as encore perdu un kilo c'est fini quoi donc en même temps tu vois j'ai bien mangé et puis j'ai vécu cette journée presque comme peut-être la dernière et puis j'étais en pleine forme et mon corps a commencé à se regaillardir et après j'ai repris du poids et puis j'ai fini l'aventure à moins 7 kilos donc j'ai repris quasiment en calcul sur la deuxième semaine. Et finalement, plus Enfin, au cours de cette deuxième semaine, je me sentais de mieux en mieux. Et en fait, je pense que si ça avait été un aller-retour, je serais allé plus vite sur la deuxième moitié. Si j'avais fait, tu vois, la France en courant, Lille-Nice-Nice-Lille, je pense que le Nice-Lille, le retour, ça aurait été encore mieux. Parce que le corps, en fait, s'habitue à l'effort, et je commençais à... À rentrer dans le rythme. Mon corps était prêt à rentrer dans un rythme. J'ai l'impression que ça ne pouvait pas s'arrêter. Donc, en fait, ça a été vraiment 15 jours assez... assez hors du temps où du coup tu relativises toute ta vie parce que pas parce que ce que tu fais est exceptionnel tu vois il y en a qui font des trucs sportivement ou même dans tous les sens qui sont bien plus fous mais parce qu'en fait ce niveau de douleur que tu atteins te fait relativiser tout ce que tu connais et quand t'es dans une douleur ultime tes pensées ne peuvent aller qu'à l'essentiel et c'est la pyramide de Maslow tu vois il faut bien démarrer par bouffer quoi et ne pas souffrir enfin ne pas être en danger physique puis se nourrir et du coup j'étais clairement sur ce premier pilier, sur cette première marche de la pyramide pendant 15 jours et j'ai pas vraiment été capable d'aller sur les autres mais en tout cas ce retour là m'a donné en fait une espèce de confiance dans ce que je pouvais faire avec mon mental de confiance dans mon corps aussi d'une certaine manière et en se disant fin septembre 2011 je me suis dit ce que tu veux faire, tu vas le faire et ton corps sera au service de ça, quel que soit ton défi. Et à ce jour, je ne connais pas de limite à ta capacité mentale à réaliser les choses. En gros, c'est un peu bourrin, mais voilà ce que je me suis dit. Donc, cette traversée de la France en courant, pour moi, le plus important, c'est ces trois choses-là. Parce que je me suis dit, tu peux tout faire. Peut-être que tu vas te foirer, mais tu ne vas pas tout réussir. Tu vas tout faire, tu vas tout essayer. Puis après, il faudra bien avoir d'autres formes d'intelligence et d'expérience pour se relever et pour apprendre de tes erreurs, de tes conneries, etc. Ce n'était pas genre tu vas avoir une vie rose, tu vas tout réussir. Il y a l'art. En tout cas, tu essaieras tout ce que tu as dit que tu essaierais et tu donneras les moyens d'eux. Et en fait, cette confiance-là, dès que ça va mal, tu vois… dès qu'il y a quoi que ce soit qui déraille, j'ai un espèce de socle en titane qui fait que je ne vais pas plus bas que le fond. Et ça, je crois que, quatrième tips, en fait, pour moi, ça a été la traversée de la France. Pour d'autres gens, ça peut être plein de trucs, tu vois, mais pour moi, ça s'est construit en une expérience forte, après, sur laquelle j'ai ajouté d'autres briques, j'ai fait des Ironman, des machins et tout, mais jamais j'ai effleuré la puissance que j'ai vécue dans cette traversée de la France en cours. j'ai même après fait la traversée d'Atacama du désert d'Atacama au Chili en courant en une semaine c'est 250 km ça je l'ai fait en 2018 mais du coup pareil je suis glissé sur les sensations de l'innice de l'époque mais pas de manière aussi intense mais je pense que les gens ont quand même tu vois on peut se construire ce socle en titane qui t'aide d'une aide pour toute la vie mais il faut quand même se confronter à il faut il faut connaître ses limites et il faut s'y confronter

SPEAKER_00

quand même un peu. C'est donc cette

SPEAKER_02

notion qui

SPEAKER_00

me disait que c'était important.

SPEAKER_02

La façon dont on

SPEAKER_00

parle et l'intensité qu'il y a derrière cette expérience, j'ai l'impression que tu nous parles d'un rite de passage, en fait. C'est marrant, mais c'est vraiment ça que j'ai en tête depuis tout à l'heure. Il y a eu un avant, un après, très clair. Et tu viens de le dire, pour toi, c'était une expérience intense de 15 jours, mais les formats peuvent varier. Mais j'ai vraiment l'impression d'entendre, il y a eu le stan qui se qui se construisait et puis le stand avec son son socle en titane après ces 15 jours

SPEAKER_02

c'est marrant t'as raison parce que du coup tu vois ça a débloqué des choses que je refoulais déjà c'est des moments qui te font réfléchir à ton histoire personnelle la mienne n'est pas particulièrement compliquée elle est même plutôt simple mais je pense que pour certains qui n'ont pas eu l'amour de parents, de fratrie de copains et un cercle d'éducation privilégiée dans lequel ils ont pu grandir tu vois un peu protégé du monde bah forcément ça te fait des moments de difficulté tu te rappelles à tes propres difficultés vécues du coup ça fait quand même du bien de faire ressortir ça pour être capable de le traiter tu vois on construit rien sur des difficultés refoulées donc ça je pense que ça a cette vertu là de le faire dans un effort physique dur ça c'est ma conception tu vois c'est comme ça que ça fait émerger les choses en moi mais il y en a d'autres chez qui comme tu le dis ce rythme de passage c'est finalement une transe qui est plus psychologique qu'on peut avoir avec d'autres expériences chez Explora on a du coup probablement un faible pour les recrutements de ces personnes avec des aspérités et qui ont des expériences de vie fortes et parfois lourdes et du coup on a là chez nous quelques perchés de l'ayahuasca ou autres qui ont vécu des expériences qui les ont aussi transcendées et qui ont des apprentissages qui sont extrêmement sensés, pragmatiques, clairs de ces expériences qui sont parfois un peu folkloriques donc en gros l'idée n'est pas de d'être dans le fantasme, c'est quand même d'analyser un peu ce qui t'est arrivé et ce que ça t'a apporté. Et chez moi, cette expérience de douleur physique, elle m'a débloqué des choses que je refoulais comme l'accès à mes émotions. Je suis assez pudique, peut-être un peu fier, mais c'est une espèce de défense aussi à tout le bruit environnant pour être sûr de garder le cap. Mais pendant la France, à traverser de la France, j'ai pleuré. J'ai beaucoup J'ai beaucoup pleuré. J'ai jamais autant pleuré de ma vie. J'ai pleuré devant des gens que je ne connaissais pas. J'ai pleuré avec des gens qui m'accompagnaient en vélo, qui couraient un morceau avec moi, que je connaissais plus ou moins, d'amis, des partenaires, des gars des boîtes qui m'avaient financé. Je ne te dis pas que c'était des inconnus, mais pas des gens de qui j'étais proche. En fait, j'étais dans un échange tellement céleste pour moi, complètement au perché, j'avais un accès direct à mes émotions et puis je pouvais plus les cacher et donc cet accès là il m'a fait du bien parce qu'en gros ça m'a permis dans les années d'après de pas être un personnage de moi même d'être moi même et de savoir que moi je suis un gars qui aime bien pleurer parce que ça me rappelle en gros que je suis faillible ou que je suis faillible ou en tout cas qu'il y a des choses qui m'atteignent fortement et Et... Et ça, je pense que c'est vachement important. Un truc un peu con, mais moi, tu vois, pleurer, ça me fait vachement de bien. C'est hyper bizarre, parce que je trouve qu'autour de la virilité, il y a quand même un sujet autour d'avoir un accès à ses émotions qui n'est pas forcément vu comme viril, et je pense que c'est une super connerie. Moi, je prends plaisir à assez régulièrement me faire pleurer ou me forcer un peu l'accès à ces émotions-là, parce que ça fait vachement de bien. Et qu'en pleurant sur quelque chose, on va se libérer libérer d'autres difficultés, tu vois, qu'on aurait pu avoir dans le quotidien et sur lesquelles on n'aurait pas... On se serait retenu d'y projeter des émotions. Et donc, moi, tu vois, je regarde des vidéos à la con sur YouTube, des trucs most emotional auditions ou des trucs de X-Factor et des conneries, tu vois, des trucs qui te prennent quand même aux tripes, qui sont bien foutus, ces tournées à l'américaine. Et en fait, moi, ce qui m'émeut, c'est ces secondes où des gens ordinaires deviennent un peu extraordinaires, où dans leurs yeux, tu... ils réalisent que leur vie va changer. Parce qu'ils ont gagné ce truc, ils ont gagné des millions, et c'est des gars qui sont paumés et qui ont juste ce talent-là. Et ça, cette puissance de vie qui change, elle me fait vraiment frissonner. Jusqu'à me faire pleurer parfois. Et donc, je le fais régulièrement pour me rapprocher de mes émotions. Et ça, c'est ce que m'a permis probablement la course et cette épreuve, ce rite de passage, comme tu dis. Donc, très clairement, rite de passage, tu as raison. Et j'ajouterais autre chose, c'est que avant de traverser la France en courant pendant plusieurs mois quasiment plus d'un an je pense je rentrais de Saint-Germain-en-Laye enfin de Saint-Germain-en-Laye jusqu'à Place Iéna en courant le soir quand je bossais à Paris et du coup j'ai fait ça pendant plusieurs mois et j'avais 22 bornes donc je faisais tous les jours un semi-marathon donc déjà physiquement ton corps il s'entraîne un peu au bazar quoi et en fait pour moi ce rythme de passage il a déjà été un petit peu pendant ces entraînements besogneux. On parle souvent du moment de la compétition, du moment où il y a tous les projecteurs illustres, mais quand même l'exploit ou le record se fait un peu avant chaque jour. Et quand tu es entre le Valois-Péret et je ne sais pas quoi, entre les buildings, dans les barres d'immeubles, avec les 22 heures, avec ta frontale qui clignote à moitié et que tu es en pleine galère en mois de novembre, tu es tout seul avec tout seul. avec toi-même et que t'es en bord de route bah tu te dis pas que ta vie elle est waouh quoi tu te dis putain bah là je suis vraiment en pleine galère j'ai encore 13 bornes on est un mardi soir mais mec qu'est-ce que tu fais quoi et du coup quand même ces moments là C'est des moments où tu te crées un peu des trajectoires de vie qui ne sont pas ordinaires. Ce n'est pas un exploit de faire ça, en fait. Mais c'est juste que, toi, ce soir-là, tu fais un truc différent. Toi, ta vie, elle est en diagonale, ce soir-là, par rapport à la ligne un peu classique des gens qui sont autour de toi et de tes collègues, par exemple. Et cette vie de diagonale, elle t'apprend que, finalement, aller dans le tout droit ou dans le tout tracé, bah... Là, tu vois, tout le monde y va, quoi. Donc, ce chemin, il n'apporte pas d'embûches, donc pas d'aspérité, donc pas d'apprentissage. Donc, s'exercer, et c'est peut-être un cinquième apprentissage, décidément, je n'avais pas particulièrement prévu de distribuer des apprentissages, mais prendre la tangente, prendre la diagonale, plus que fuir, prendre la tangente, un peu double sens, mais fuir, enfin, pardon, ne pas fuir, mais prendre la diagonale, prendre des trajectoires un peu différentes. et ben ça tu vois tu te construis un peu un destin un peu différent c'est sur des tout petites choses en fait parce qu'on va falloir prendre les grandes décisions si t'avais aucun antécédent dans ton subconscient d'être humain tu vas pas pouvoir passer le cap quand t'as empilé des choses différentes le jour où t'as un truc un peu fade tu fais ouais j'y vais et ça ça se cultive ça se cultive un peu tous les jours c'est un peu comme l'amour et du coup tu te dis ce soir-là, et ça, c'est ce que je faisais, c'est-à-dire que j'étais allé chercher qu'est-ce qui me faisait le plus marrer à 22 ans, c'était un vendredi soir, aller dans une teuf avec des potes, enquiller des bières dans l'appart d'un pote à Paris. Il y a 30 000 personnes, tu connais ces soirées-là, c'est chanmé, tu rencontres plein de gens, c'est génial, t'as une semaine lourde, t'es évacué, top. Je me disais, ouais, je vais y aller à cette soirée, mais d'abord, je vais faire un marathon. Et du coup... 20h début de la soirée je mettais mes baskets j'arrivais à 1h du match j'avais couru 40 bornes et je la méritais cette soirée elle m'avait fait du bien dis donc t'étais où

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

oh rien je voyais un pote et tout machin et je me dis pendant toute cette soirée je veux que personne sache que j'ai couru un marathon je veux avoir l'air en pleine forme je veux m'amuser avec tout le monde et ça c'était devenu mon jeu donc en fait en gros j'enquiais des marathons tout le temps et dès qu'il y avait des soirées je me faisais un marathon d'abord pour mériter un peu la soirée mais je trouvais ça en fait ça m'a construit dans ma tête une trajectoire d'un gars un peu différent et en plus je commençais à enquiller pas mal le savoir-faire en course à pied du coup parce que je faisais beaucoup beaucoup de bornes et voilà bref tout ça je vais d'histoire en histoire mais tout ça pour montrer que souvent tu vois on parle de destin un peu de destin de trajectoire un peu hors du commun mais en fait le plus important c'est comment t'y arrives et t'y arrives pas avec des grands coups de barre t'y arrives avec une capacité à mettre des mini coups de barre et à apprendre à apprendre à comprendre ce que ça t'apporte de positif de moins positif peser le pour et le contre et à continuer à tester comme ça jusqu'au jour où tu peux prendre les plus grandes décisions et tu le fais sereinement ou tu quittes un salaire à 400 000 balles pour lancer une boîte où tu gagnes zéro et ça c'est du coup la décision que j'ai prise quand j'ai lancé Explora et je l'ai fait je l'ai pas prise tu vois inquiet quoi du tout j'ai super confiance et donc quand on me dit oh là là c'est le grand bain c'est le grand point c'est le machin. Franchement, bah non. parce que ce moment-là, ça fait longtemps que je l'ai préparé avec des petits plongeons. Il n'y a pas eu de grand bain. Il y a juste eu un bain un peu plus grand que le précédent.

SPEAKER_00

C'est vachement intéressant ce que tu dis. Je suis en train de lire un livre. Coïncidence, ça tombe bien. Justement sur ça, le fait que ce n'est pas forcément... Comment dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Bien souvent, on voit le résultat. C'est très facile de voir la partie de l'iceberg qui sort de l'eau, c'est la seule chose qui est visible, un gars qui vient de finir un Ironman toi qui franchis la ligne d'arrivée après avoir traversé la France en courant, le résultat c'est là que tu as tous les yeux qui sont sur toi et que tu es sous les projecteurs mais effectivement comme tu dis, quand tu es en train de cavaler à 22h en revenant du taf en plein mois de novembre sous la pluie il n'y a personne à côté de toi et c'est bien certainement, c'est la somme de toutes ces actions, tous ces moments cachés qui fait que tu arrives à peut-être à te tenir à une de ces diagonales dont tu parles et ce livre ça s'appelle Atomic Habits s'il y en a qui veulent le regarder je ne sais pas s'il existe en français mais c'est un petit peu le concept de dire que ce n'est pas forcément l'objectif qui fait la différence mais c'est le process que tu arrives à mettre en place et auquel tu arrives à te tenir qui fait souvent la différence

SPEAKER_02

super intéressant je regarderai je regarderai ce

SPEAKER_00

bouquin c'est un petit peu d'ailleurs tu vois ce que tu dis sur le fait que ça n'a pas été enfin tu n'as pas le sentiment que ça a été un grand plongeon dans le vide sans fil de sécurité ni rien au moment où tu as lancé Explora mais plus le fruit d'une ben voilà de plusieurs années d'événements d'expériences que tu as vécues c'est aussi ce que disait Anthony donc c'est marrant de voir que il y a dans cette dans cette génération de jeunes entrepreneurs français il y a ça qui ressort j'ai l'impression

SPEAKER_02

bon en fait tu vois c'est un peu comme un c'est un peu comme en fait c'est une manière de canaliser tu vois le projet entrepreneurial est une la force et la puissance qu'on y met c'est comme si tu canalisais un peu les en en une source d'énergie unique, tous les coups que t'as pu prendre, toutes les expériences que t'as pu vivre avant, tu vois. Si jamais tout roule pour toi, tu veux lancer une boîte, machin, sortie d'école, ok, c'est top, et on te dit, bah, tu veux faire quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Bah, je lance ça parce que je pense que c'est une bonne idée, etc. Bah, tu vois, ça va sûrement marcher, quoi. Ça va peut-être marcher, ça va probablement marcher, mais jamais tu seras persuadé que si c'est la merde absolue et si dur, bah tu vas être mis à la barre en fait tu diras bah on verra bien tu vois je sais pas j'ai jamais vécu ça je ne sais pas, sauf que je sais pas si Anthony a lancé sa boîte au bout de combien de temps il a lancé Feed après ses études et tout mais tu vois c'est un gars qui a une histoire particulière, personnel particulière et tu vois il va chercher dans sa vie à lui la force de la force de de rien lâcher, tu vois. Et ça, je pense que... Cette énergie, cette puissance, soit tu l'as avec ton histoire compliquée. Moi, ça n'a pas été le cas. Donc, je suis allé me créer ces aspérités dans une vie qui, à la base, avait tout pour être lisse. J'étais scout, enfant de cœur. Bon, tu vois, j'étais en tête de classe. Je mettais des lucarnes et je résolvais des équations. Tu vois, ma vie, elle aurait pu être... assez basiques si j'en avais décidé que c'était une trajectoire classique de jeune enfant qui privilégiait, à qui on a tout donné pour que ça fonctionne dans ses études mais donc à un moment il faut si tu veux que ta vie elle soit un peu extraordinaire cette aspérité là il faut aller la chercher et après il y a deux solutions tu te dis soit j'ai pas d'idée et cette aspérité là je vais la chercher dans ce ce que beaucoup font dans des paradis artificiels tu vois dans des drogues dans des conneries dans des conduites dans des états limites dans des conduites à risque soit t'essaies de canaliser ça sur un truc constructif dans le sport ou dans l'entrepreneuriat ou au service des autres au service d'abord pour mieux te connaître une fois que tu te connais bien tu pourras aider les autres et donc du coup c'est pas des projets tu vois on parle souvent de l'entrepreneur comme étant un mec tu vois t'as fait ça pour toi ta gloire, ton pognon, ton truc en fait il y a quand même une phase assez égoïste où en fait tu poursuis un but ultime un but personnel ultime parce que t'es à peu près convaincu que tu dois aller chercher d'abord dans cette direction là pour avoir la confiance l'assise financière, la sécurité pour être capable de construire autour de toi et de t'ouvrir et d'aider les autres et ça doit se faire dans ce temps là et c'est aussi je crois l'histoire d'Anthony qui maintenant avec Feedback notamment pas mal au service des communautés. Et nous, ce qu'on fait avec Explore à Caire, dans une certaine mesure aussi, association d'utilité publique qu'on crée pour aller lutter contre un peu le sea shaper du surtourisme, pour aller lutter contre les... trouver des solutions concrètes aux défis environnementaux actuels. Du coup, c'est le moment de donner, quand tu as confiance en toi, quand tu as fait des trucs, c'est le moment de donner.

SPEAKER_00

Super. Écoute, on a bien balayé, on va dire, tout ce qu'il y a eu à avant Explora, moi j'ai entendu plein de messages dans ce que tu as découvert à travers ta pratique de la course à pied notamment, que j'ai l'impression de retrouver dans la com d'Explora Project aujourd'hui, donc je pense que les gens ont bien compris maintenant qu'on parle d'Explora Project, et assez étonnamment d'ailleurs, ça s'est fait par hasard, pour les auditeurs, il n'y a rien eu d'organisé, mais je crois Stan, que tu es le CEO fondateur d'Explora, Explorer Project. Donc, on ne peut pas faire mieux, mais je crois qu'on a déjà eu quatre ou cinq, sans que je le sache, ambassadeurs ou guides Explorer Project sur le podcast, dont Pierre Larry, qui est à l'autre côté, et d'autres qui arrivent qui arrive très bientôt donc c'est marrant c'était sûr qu'ils étaient occupés les mecs si on repart de cette traversée de la France qu'on fait un fast forward jusqu'à aujourd'hui en quoi est-ce que ça a contribué à façonner l'explorer project qui existe aujourd'hui et peut-être comment est-ce que maintenant que tu peux regarder dans le rétroviseur comment est-ce que t'arrives connect the dot comme on dit pour pour voir un petit peu ce qui a pu influencer cette stratégie cette diagonale dont tu

SPEAKER_02

parlais c'est une bonne question du coup tu vois Explorer aujourd'hui et toutes les boîtes on peut les définir avec 3-4 piliers importants t'as d'abord les valeurs de la boîte qu'est-ce que la boîte veut porter haut et qu'est-ce qu'elle veut montrer et offrir au monde. Ça, clairement, c'est directement lié à mes histoires personnelles qu'on a évoquées, à mon expérience. Donc, ça va être le courage, le collectif, le dépassement de soi, l'aspect pionnier, faire des trucs que les autres ne font pas, ouvrir la voie et et le courage de prendre des baffes, parce que quand tu fais ça, quand tu t'exposes, du coup, ceux qui la doxent ça, ceux qui pensent la droite pensée du moment, du coup, pour eux, t'es un derailing man, tu prends la tangente, donc t'es dangereux, parce que tu les rappelles à ce qu'eux ne sont pas capables de faire, parce que tu les as reconnus, parce que plein de choses, donc du coup, il faut apprendre à prendre des baffes. Ça, c'est les valeurs d'explore, ça c'est mon histoire de trader, où pendant 10 ans, j'ai pris des bafle tous les jours et pendant 9 ans ou 10 ans tu te dis, peut-être ce soir, je suis viré. Parce que si ce marché ne se retourne pas, ce soir, je suis viré. J'ai perdu 24 millions de dollars, ce soir, je suis viré. Donc, il y a un moment où tu te dis, tu testes quand même pas mal ta propre conviction sur les choses. Tu relativises le métier que tu as dans la vie. Évidemment que tu te dis que ton métier, ce n'est pas tout, si tu peux être viré tous les jours. Sinon, c'est un supplice. Donc, du coup, ta vie, ce n'est pas ton boulot. Ta vie, c'est ton boulot, plus ta famille, plus tes potes, plus tes projets. Et si t'as pas de ces quatre piliers-là, le tabouret se casse la gueule. Donc, ça, forcément, les valeurs, c'est inhérent à Explorer, les valeurs d'aujourd'hui, ce qu'on rappelle à chaque fois que quelqu'un rentre dans la boîte, ce qu'on rappelle à tous nos séminaires, tout le temps, c'est ces valeurs-là. Après, Explorer, c'est aussi un produit, tu vois, et une boîte, c'est aussi son produit. Produit, nous, Explorer, on fait du voyage d'aventure durable. On offre à des gens ordinaires, qu'on est tous, de vivre des expériences extraordinaires en outdoor, de deux, trois jours jusqu'à quinze jours, trois semaines, un partout en europe pour des raisons de bien sûr le vol long courrier éviter pour les questions d'empreintes carbone et donc on est dans trente disciplines on a une centaine de guides on fait ça en groupe des petits groupes de 4 5 jusqu'à max 10 12 fonction les disciplines et on a on est dans six environnements la haute mer la haute montagne les forêts les vallées les lots vives les terres polaires les déserts à peu près partout donc évidemment on essaie de proposer des voyages qui sont uniques qui sont différents on les créneaux on revend le voyage de personne, on est revendu par personne on est complètement créateur entre le guide local et le client final partout en Europe il n'y a que nous on n'est pas un marketplace, on n'est pas un revendeur tu peux nous appeler et dire j'ai pas compris ce projet là il se passe quoi le jour 2, on va te le dire parce que c'est nous qui l'avons fait donc en gros ça c'était important donc le produit l'exploration en tant que telle je l'ai vécu un peu dans mes courses parce que tu vois j'étais dans la logistique je devais tracer ma carte, mon sac à dos, mon matos, tu dors l'automédication, tout ce qui est logistique, organisation, planification, pricing, de ces produits-là, c'était un peu ma vie. Je passais ma vie à créer des aventures, à m'organiser mes trucs. Et puis, les produits, c'est de là que c'est venu. Il m'a manqué quand même une brique, parce qu'entre une traversée en courant et une descente, une traversée de l'Islande intégrale, de la mer du Groenland à l'océan Atlantique, t'as quand même d'autres disciplines que la terre ferme t'as du glacier t'as du rafting de machin donc j'ai dû m'entourer très vite c'est le premier recrutement que j'ai fait de guide d'aventure une personne spécialisée qui m'a aidé sur la partie terrain parce que ça c'était le manquement que j'avais quand j'ai lancé la boîte et puis après le reste si tu veux c'est la connaissance des gens qui sont autour de toi en fait c'est qu'est-ce que les gens à quel besoin est-ce que tu rêves donc là après t'as tes valeurs t'as ton produit puis t'as ton besoin et quand tu as quand tu connectes les trois et que tu trouves la source de financement qui va bien, tu lances ta boîte. J'ai su ce que les gens voulaient parce que, pareil, quand j'ai traversé la France en courant, il y a plein de gens qui, à l'époque, j'avais Facebook, je n'avais pas d'autre réseau, j'étais sur Facebook et donc, les gens m'envoyaient des Facebook Messenger, machin, j'ai reçu vraiment énormément, énormément de messages et puis, j'ai reçu des lettres aussi parce que j'avais sur mon site de l'époque, sur mon blog, j'avais une adresse postale et du coup, j'ai reçu je sais pas une trentaine de lettres je crois trentaine quarantaine de lettres et puis je sais pas franchement des centaines et des centaines de messages et du coup j'ai dépioté tout ça pendant des mois et des mois puis j'ai gardé des correspondances avec beaucoup et pour savoir pourquoi ça les avait inspirés qu'est-ce qui les avait inspirés et surtout qu'est-ce qui mais tu vois un peu innocemment mais qu'est-ce qu'ils arrivaient pas à faire dans leur life pour que pour que ça les inspire autant tu vois j'étais un peu basique mais je disais parce que maintenant j'ai du recul sur ce que j'ai vécu et je m'auto-inspire je trouve ça super cool mais Mais à l'époque, franchement, je ne trouvais pas que j'étais inspirant. Enfin, je ne captais pas le délire. Mais je suis juste un peu fondu, tu vois, un peu frappé. Mais bon, je n'avais pas vraiment de recul sur le mécanisme de décision que j'ai aujourd'hui. Et du coup, je me disais, parce que tu t'es lancé dans un projet de vie, c'est cool. Et je me disais, ok, c'est quoi toi ton truc

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est très basiquement. Moi, c'est de traverser l'Atlantique avec ma femme et mon fils. Une transat, c'est le rêve de ma life. Je serais heureux que si je fais ça. Ok, bah vas-y. Bah non, parce que... bah parce que j'ai pas l'argent ça coûte combien bah je sais pas en fait ok bah écoute renvoie moi un mail avec un budget déjà ça me ferait plaisir et puis tant que tu vas pas envoyer ça je te parle plus quoi ok et donc du coup tu vois en fait en gros un peu innocemment un peu très pragmatiquement un peu bourrinement tu allais confronter tous ces gens à ce qu'eux ne t'arrivaient pas à faire et du coup je me suis rendu compte que en bout de ligne les gens ils arrivaient un peu à le faire Ce gars-là, il a fait sa transat. Et au final, je me suis rendu compte que moi, je n'avais servi à rien d'autre qu'à être un tuteur pour que lui grandisse, pour que lui pousse. Et je me suis dit, en fait, il faut que je crée une boîte qui aide les gens à réaliser leurs rêves parce qu'ils ont tout en eux, ils n'y arrivent pas. En fait, ils n'y arrivent pas parce qu'ils se mettent des barrières qui sont complètement invisibles. Je ne sais pas si c'est la société qui nous met ces barrières-là ou si c'est des barrières ou des craintes ancestrales. Il y a la peur de ne pas avoir d'argent. Il y a la peur de briser un équilibre.

UNKNOWN

Alors que...

SPEAKER_02

tu vois, quand même, il y a un moment, la seule manière de progresser, c'est aussi en prenant une trajectoire que tu ne connais pas. Ça veut dire parfois, ça ne veut pas dire de tout briser, mais ça veut dire parfois des prises de risques, qui veulent dire parfois des fêlures. Et puis, il faut être capable de sortir sa zone de confort, comme on dit souvent, pour vivre d'autres choses. Et puis, je me suis rendu compte, en fait, que ce qu'il fallait, c'est une boîte qui aide les gens à réaliser le rêve d'une vie. Alors, je me dis, voilà. Et puis, en posant la question à toutes ces personnes-là, et en le faisant en validé par une junior entreprise, sur un échantillon de 1000 personnes, je me suis rendu compte que tout le monde avait ces mêmes rêves, ce quatrième pied du tabouret, ce pied de projet, franchement, 71% de l'échantillon, c'était les mêmes choses, c'était des rêves d'exploration, de A à B, donc traverser l'Himalaya, traverser de l'Atlantique, la Mongolie à cheval, l'Europe en stop, tu vois, alors motoriser parfois, mais c'était en gros explorer, vivre dans l'espace, se sentir vivant en traversant l'espace, se sentir vivant s'autoriser des grandes parenthèses de rêve, d'aventure, de dépassement de soi, évidemment. Et je me suis dit, mais putain, mais en fait, c'est du voyage d'aventure qu'ils veulent tous faire. C'est donc ça qui les rendrait heureux à la fin de leur vie s'ils faisaient ce grand et beau projet. Et bien, je vais leur filer le coup de pouce pour qu'ils y arrivent. Et donc, je m'étais... Voilà un peu le premier pitch d'Explora qui est né en 2012. Et puis, de cette histoire personnelle, on dit souvent que des projets de startups qui émergent, c'est quand l'histoire personnelle du... d'heures percutent un marché. Et cette histoire personnelle, cette envie que j'avais, ces calepins grattés, ils ont percuté un marché à l'époque anglo-saxon, enfin beaucoup plus anglo-saxon que français, c'est toujours le cas aujourd'hui, de l'adventure travel que les angliches, ils ont à fond, quoi, et dans les veines, et depuis longtemps, quoi. Et des boîtes comme Explorer au UK, il y en a pas mal. Pas tout environnement, pas la manière dont on fait, pas des intermédiaires, machin, pas forcément green, mais sur certains aspects, franchement, ils ont des très belles réalisations. Et du coup, je m'étais dit, mais dans le marché français, il n'y a que quelques acteurs vieillissants. Il y a vachement de choses à faire, en fait. Et les trois quarts des gens que j'ai autour de moi, ils partent pas avec des agences de voyage. Les agences de voyage, à proprement parler, c'est un truc de vieux. Enfin, il y a tout à réinventer, quoi. Des voyages en groupe, c'est... Les gens se projettent que ça va être avec Jean-Michel qui ronfle et qui a 50 ans. Jamais je vais partir une semaine de congé avec ce mec-là, tu vois. Et en gros, voilà, le franchouillard classique on se dit merde non je veux pas quoi je veux pas et en fait on s'est dit voilà il faut moderniser le truc il faut réinventer les produits il faut être en transparent direct green il faut aller chercher tout ce que j'avais dans mon histoire et ce qui me semblait que le marché avait envie de voir et donc tu vois conjointement quand on a lancé explorer en 2000 enfin deuxième moitié 2018 quand on est arrivé au marché avec un site et tout il y a une grosse année bah tout le monde a dit mais vous êtes allé super vite bah non en fait tu vois ça fait huit ans je garde des calepins et ça fait 30 ans que ces valeurs là ce sont les miennes donc non c'est pas allé super vite mais ça a pris le temps qu'il fallait pour que ça aille suffisamment vite pour pas rater le marché donc voilà un peu

SPEAKER_00

l'histoire ça fait rêver encore une fois même si c'est super qu'on puisse avoir ton témoignage pour entendre aussi ce que j'ai l'impression qu'on entend moins souvent quand on parle d'entrepreneuriat de succès en général ou en tout cas de grands projets qui aboutissent c'est le chemin qu'il y a derrière donc voilà moi ça me fait plaisir tu vois d'entendre que t'es parfaitement conscient du fait que c'est pas arrivé comme ça que c'est enfin c'est peut-être pas l'aboutissement parce que Explora je vous souhaite que de de nombreuses années de développement et d'aventure encore mais en tout cas le projet est né après après tu vois un cheminement un cheminement important donc c'est cool d'entendre ça est-ce que tu peux peut-être nous en dire plus sur Explora c'est C'est quoi actuellement

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je crois que tu as dit une centaine de guides. Tu peux nous en dire peut-être un peu plus sur les destinations pour entrer plus dans le détail, le nombre de clients ou si ce n'est pas

SPEAKER_02

confidentiel

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non, je pense que tout est dans la transparence. On a près d'une centaine de guides. On en a à peu près 200 avec qui on discute des projets en cours qui ne sont pas encore aboutis, mais une centaine avec qui on a des… nos expé en départ live. Et on a commencé vraiment à commercialiser, je pense à peu près en mai 2019, tu vois, ça fait 17-18 mois. Non, peut-être un petit peu après, peut-être mai-juin 2019. Mais vraiment, on avait très peu de voyages. On a vraiment démarré, le premier gros hiver, c'est 19-20. Donc vraiment, il y a une grosse année. Là, à date, on a eu près de 1500 clients sur... je pense quasiment 400... quasiment 350 à 400 expéditions dans 12 pays. Et on a une communauté aujourd'hui de membres sur la plateforme qui est passée de Mars, on avait 1500 membres. Aujourd'hui, ils sont 80 000. Donc, clairement, le confinement, tu vois, le premier confinement, ça a été un accélérateur. Tu vois, le confinement, ça a été le catalyseur de vachement de questionnements. C'était un accélérateur de beaucoup de pour tout un chacun et sur plusieurs choses en fait et sur ce qui fait l'ADN d'Explora aujourd'hui, ce qu'il faisait déjà et du coup sur la nécessité de se reconnecter à la nature, le besoin de se reconnecter à la nature après avoir des mois et des semaines à être confiné chez soi, d'une certaine manière un autre regard sur l'importance du travail parce qu'on était plus en télétravail parce que du coup avec le télétravail on a désacralisé une certaine partie une certaine portion de notre vie qu'on considère consacré au travail. Et donc, on a eu un autre regard sur les choses. On a eu un autre regard aussi sur la manière de consommer. Du coup, on a recherché le sens dans ce qu'on consommait. Donc, c'était déjà le cas pour la bouffe depuis de nombreuses années. Puis, pour les vêtements. Et puis, tu vois, c'est arrivé... un peu plus tard, mais dans les services et dans le voyage, dans le travel. Et dans tout ce qu'on consomme, on veut donner de l'argent à des marques qui ont une mission et qui ont un sens. C'est pour ça qu'on est devenu entreprise à mission, la première agence de voyage française à mission. Et du coup, notre mission est d'apporter, en gros, d'offrir une expérience de voyage qui ait un impact positif pour l'homme et l'environnement. Donc, ça veut dire beaucoup de boulot en fait, en interne, et ça veut dire surtout beaucoup de travail dans la construction des expéditions, des programmes, dans la neutralité carbone, mais surtout proposer à la base des voyages qui soient les plus bas du marché français en consommation carbone par participant donc ça c'est super important on peut faire du voyage et consommer moins de carbone qu'en restant chez soi ça c'est ce qu'on fait avec Explora et ça je crois que c'est important à dire c'est que le travel et le tourisme n'est pas forcément consommateur de carbone il faut faire attention en disant ça parce que majoritairement ça l'est donc c'est pour ça qu'il faut aller chercher parfois de la neutralité en tout cas on s'est vachement battu là dessus donc clairement être capable d'offrir

SPEAKER_01

Merci.

SPEAKER_02

être capable de s'engager et puis d'avoir une mission. Ça faisait partie des briques importantes du projet. Donc, ce confinement, ça a apporté ça. Et puis après, l'idée de dépassement de soi, tu vois, l'idée de... Je caricature, mais en gros, on est en mode fin du monde avec un air de fin du monde, tu vois, un peu post-apocalyptique. C'est du coup, c'est des moments où tu te retournes, des moments forcés où tu te retournes sur ce que tu as fait et sur ta wishlist de vie ou ta bucket list ou que sache du coup forcément c'est des moments qui sont assez propices à la remise en question et je pense que nos produits on a près de plus d'une centaine d'expéditions en ligne sur la plateforme on peut traverser de la Laponie en ski et des ailes de kite pendant 10 jours dans le Sarek suédois expé que j'ai fait en mars 2019 c'était vraiment une tuerie il y a un film sur Youtube qui s'appelle Elements de 12 minutes si ça vous intéresse qui est vraiment très cool qui montre cet expo là ça peut être tu vois la transmède à la voile ça peut être juste mon premier quart de nuit pour la première fois tenir une barre de nuit tout seul sur un habitable avec des mecs qui dorment à l'intérieur tu vois juste 3 jours au départ de Marseille mais ça ça change ta vie quoi t'es à la barre d'un bateau avec tes potes qui sont à l'intérieur qui ronflent pendant 3h on t'a appris à comment gérer le truc et c'est toi qui tiens ta barre t'es en quart de 3h à 7h du mat Mais ça, tu ne l'oublies jamais. En fait, tu ne l'oublies jamais. C'est une connerie, tu vois. Ça te coûte 400 balles, mais je te le dis, ça change ta vie. Moi, j'en suis certain, en fait. Et en fait, l'idée était de dire comment ces expériences-là, elles font que quand tu rentres, tu n'es pas le même mec. Au début, j'avais cette promesse un peu forte qu'on ne tient pas forcément, mais je disais, moi, parce que ça a été mon histoire personnelle, quand j'ai été... quand une expérience m'a bouleversé, ça m'a bouleversé jusqu'à en venir aux larmes. Du coup, j'allais chercher une espèce d'émotion chez les gens en disant, si j'ai bien fait mon boulot, ça va tellement les bousculer qu'ils vont en pleurer. Donc au début, dans les premiers temps, je m'amusais à voir qui pleurait autour de nos expéditions, qui ça avait chamboulé, etc. Il y en avait pas mal. J'avais une stat au bout d'un an sur les tout premiers départs, mais le niveau était quand même beaucoup plus engagé. Il n'y avait quasiment que des expéditions niveau 5 à l'époque. Aujourd'hui, on a 5 niveaux de 1 à 5, 1 étant le plus facile et 5 le plus difficile et du coup je me disais il y a 25% des gens qui ont pleuré autour de moi qui ont changé leur vie je trouvais ça super cool bon après vu la masse aujourd'hui c'est moins possible mais voilà donc en gros c'est tu vois on a fait descendre la pyramide pour aller trouver un peu plus de marché mais vers plus d'initiation mais au début on a aujourd'hui aussi des gens qui sont moins dans le dépassement de soi physique mais qui sont plus dans le dépassement de soi intérieur ou mental et qui sont plus à aller rechercher des expériences plus qu'une souffrance on s'est ajusté à chacun et on a de la cuisine en remède naturel dans le massif des bauges du trek et yoga pendant 2-3 jours comme on a l'initiation au ski kite comme on a de la spéléo, comme on a évidemment de l'itinérance en chien de traîneau à la manière des mûcheurs norvégiens dans le Grand Nord, comme on va mettre en place de la plongée sous glace. En gros, l'idée de dire que cette planète... cette planète, et pas si loin que ça, en Europe, on s'est réduit au vol moyen courrier pour respecter nos ambitions et nos objectifs écologiques qui sont ceux des accords de Paris, de respecter la trajectoire qui nous a été fixée par les accords de Paris, tous collectivement, mais nous on le prend pour notre part, et du coup on se dit, on peut vivre énormément de choses, intensément, mais on a conscience que la vie des gens, elle est compliquée, parce que on a tous nos obligations, on a tous nos contraintes, on a tous X jours de vacances, on n'a pas un budget infini, donc tu vois, l'idée était de dire, la mission d'Explora, c'est vraiment de démocratiser l'accès à ces aventures-là, donc il ne faut pas avoir à payer les intermédiaires inutiles, donc il faut faire tout soi-même, vendre et produire et créer, donc c'est pour ça qu'on s'est dit, il faut qu'on désintermédie, qu'il n'y ait que nous, il faut qu'on soit sur, donc du coup, tu vois, les prix les plus faibles, nos premières expériences, ça commence à 200 euros, et nos expés ultimes, je crois que c'est 3200 euros, Donc, on n'est pas sur du sur-mesure d'aventure avec des XP à 50 000. Ça, ce n'est pas ce qui m'intéresse. Moi, j'ai envie d'offrir cette expérience au plus grand nombre parce que tout le monde mérite de les vivre parce que ça change ta vie. Et si tu ne penses pas, c'est normal, tu ne l'as pas encore vécu. Du coup, il y a quelque chose de... Tu ne peux pas regretter quelque chose que tu n'as pas fait, c'est sûr. Mais ça veut dire qu'au début, il faut créer quand même une étincelle pour dire... Ces expériences-là, elles sont là pour vous bouleverser, pour vous transformer, pour vous changer étape par étape. Et du coup, faites-nous confiance parce que toute l'histoire de notre boîte, elle s'est construite avec des gens qui sont passés par ces rites de passage. J'aime bien ton image. Donc, voilà. Aujourd'hui, pour certains, c'est une agence de voyage. Et pour d'autres, c'est, comme on a parlé depuis une heure et quart, c'est beaucoup d'autres choses. Tu vois, comme quoi, toute la nuance est dans les petites lignes.

SPEAKER_00

Si tu devais recommander... Une expédition, celle qui t'a vraiment marqué dans tout le catalogue que vous offrez, ce serait

SPEAKER_02

laquelle

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Moi, c'est sans hésitation, il y en a deux, tu vois, je triche un peu, mais il y en a deux. La première, c'est la traversée de l'Alabonie, la traversée du désert du Sarek. C'est une folie, quoi. En fait, c'est la première fois que j'étais aussi loin de toute humanité, dans un environnement aussi difficile et tout ça m'a mis vraiment une claque et c'était dix jours on était en itinérance dans la tente c'est moins 30 tous les jours et puis on a des ailes de kite et parfois on faisait 20 30 bornes et tout avec un vent de malade en kite folie quoi folie quoi t'es sur un lac gelé en kite pendant des heures quoi mais ça n'a pas de sens quoi normalement tu fais du kite pour faire des bords quoi ou tu fais du kite pour faire 200 mètres dans un champ de poudreuse mais à quelle heure tu tu fais des heures de quête sur un lac gelé en ventre d'eau, à pleine bourre, avec tous tes potes qui ont la banane, qui font des« hiiii» que tu entends au loin. C'est un truc de folie, franchement, je n'oublierai jamais ça. Ça, ça m'a vraiment foutu une claque, aussi parce qu'on a eu des moments difficiles, j'ai cru qu'on allait crever, je l'ai dit plusieurs fois, autour de moi quand on me posait cette question-là, parce qu'on avait été pris dans une tempête de malades, on ne trouvait plus notre chemin, on a trouvé une vieille cabane de fortune quand on a défoncé la porte pour y dormir la nuit c'est une histoire c'était rocambolesque franchement on avait des pulcas de 40 kilos qui roulaient comme des bottes de foin il y avait un vent mais j'ai jamais vu ça de ma life c'était n'importe quoi on était penchés comme dans l'émission à la con d'Arthur vendredi tout est permis les mecs sont dans un décor reconstitué on a tous vu ce truc c'était pareil il fallait qu'on avance dans un angle à 25 degrés sinon on tombait c'était fou franchement c'était fou c'était dingue franchement donc cette expé là elle m'a bousculé après

SPEAKER_00

le départ 14 mars pour celles et ceux qui nous écoutent je suis sur le site en même temps là visiblement

SPEAKER_02

oui c'est vrai qu'il y a un départ cette année qui est confirmé d'ailleurs il y a des gars qui vont partir il y a des gars qui devaient deux jeunes Pierre et merde j'ai son nom qui m'échappe le deuxième mais qui s'était lancé dans cette expé deux jeunes qui ont vachement économisé pour le faire et qui devaient partir l'année dernière mais il y avait le Covid ils n'ont pas pu voilà franchement c'est une expé c'est une folie mais on l'a pas suffisamment mise en avance mais mise en avant on pourrait le faire plus mais bon après l'autre c'était la traversée intégrale de l'Islande nord-sud ouais ça deuxième folie probablement parce que émotionnellement c'est la première expé Explora et que moi c'est la première expé qu'on faisait en juin 2018 la boîte était créée depuis quelques jours et on avait un premier client qu'on avait chopé sur un post Facebook le mec avait dit ok je viens le mec une semaine après il traversait l'Islande avec nous avec des sacs de 32 kilos, on a fait un azimut brut, tout droit, nord-sud, à Kouréi, Selfos, où on a fait 7-10 jours de trail dans la Gadou, avec des raquettes, dans la neige, on est parti en juin, il faisait encore un temps assez froid, on a traversé en glacier, alpi, en cordée, avec tout notre pactage, sans relais logistique, la bouffe, tout, le désert, le glacier de... off show cool au centre d'Islande et puis ensuite on a descendu 250 bornes avec nos packraft escortés par les phoques pour arriver dans l'Atlantique avec tout notre barda entre les pattes du début à la fin donc c'était que te dire c'était n'importe quoi on est arrivé c'était la finale de la coupe du monde dans Reykjavik c'était la pas la finale c'était France-Islande à Reykjavik t'imagines le délire du coup on nous a mis une pinte entre les mains et franchement hors du temps il n'y avait pas de nuit après on a fait une teuf d'électro toute la nuit franchement ça n'avait aucun sens en fait ça a été d'un extrême c'était fou, on avait besoin en fait d'être connecté à des gens, d'être connecté à de la musique, à des trucs un peu tu vois des trucs un peu réels et basiques parce qu'en fait on avait été propulsé dans un truc, dans une telle claque qu'on avait pas envie de quitter des gens quoi donc on s'est dit tu sais quoi on reste dans cette espèce de rooftop où il y a de la musique électro toute la nuit parce qu'on avait besoin de ce contact en fait ça nous a bousculé encore donc c'est des moments où c'est des moments ouais assez hyper puissant en fait je peux pas garantir que les gens vivent ça s'ils partent mais parce que nous c'était les reconnaissances aussi tu vois c'était la première fois qu'on faisait ces expé mais bon pour eux ce sera la première aussi donc et les conditions de ces environnements sont tellement particuliers que forcément tu vis des choses et ça te bouscule donc ouais ça c'est clair c'était les plus longs après j'ai fait aussi tu vois la traversée du Vercors sur 3-4 jours avec ma femme et ils faisaient un temps hyper dur et ça a été court mais ça a été aussi intense et on était avec un groupe avec certains qui galéraient et tout ça et puis il fallait porter les pulcas des autres, alors même si c'est sur trois jours, quand tu tires 100 kilos, tu vois, tu t'en souviens, donc pas besoin d'aller forcément loin pour vivre ces trucs-là, mais en tout cas, ces moments-là m'ont quand même pas mal chamboulé.

SPEAKER_00

Ça fait rêver, ça fait rêver. Je mettrai le lien vers le site d'Explora, donc les gens pourront aller fouiller, regarder les différents niveaux, les expés que vous proposez, ce qui est les départs confirmés en dépit du Covid, etc., donc voilà je mettrais tout ça ça fait rêver top bah écoute Stan on arrive déjà à la fin un immense merci pour tout ce que t'as bien voulu partager avec nous c'était c'était super inspirant très personnel hyper authentique donc moi j'ai adoré peut-être pour pour finir qu'est-ce que même si bon il y a eu il y a eu 5 tips déjà bien détaillés mais s'il y avait une chose que toi t'aurais envie de transmettre à celles et ceux qui hésiteraient à se lancer dans l'entrepreneuriat ou tout simplement dans la traversée du parc régional qui est derrière chez eux sur deux jours, ce

SPEAKER_02

serait quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ce serait de... C'est valable un peu pour tout, mais c'est pour tout les passages à l'action. Il faut déjà se connaître pour s'entourer de ce qu'on n'est pas ou de ce qu'on ne sait pas faire. Donc ça, c'est un peu valable tout le temps, mais quand tu lances ta boîte, il faut que tu saches déjà qui t'es, comment tu réagis dans telle ou telle situation, qu'est-ce que tu sais faire, des skills techniques, basiques, et puis des hard et des soft skills, tu vois un peu tout. Il faut que tu t'entoures de gens qui sont complémentaires à toi. Ton co-fondeur, tes premiers employés. Donc ça, c'est c'est vachement important. Mais du coup, si tu te lances tête baissée avec des gars qui sont des lookalikes, des gars qui sont comme toi, ton meilleur pote, parce qu'il est exactement comme toi, attention, le but est quand même d'aller chercher de la complémentarité pour réduire la surface du risque potentiel. Moi, j'ai passé en gros des douze années de ma vie dans un calcul permanent de risk-reward. Qu'est-ce que je risque

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Qu'est-ce que je mets en place

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Pour quel but à atteindre

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Donc ça, je crois que c'est vachement important parce que ça permet de sortir un peu de l'émotion par fois et de rendre assez pragmatique et basique chaque décision que tu prends petite ou grande donc s'entourer de personnes qui savent faire quand j'ai créé l'exploration je me suis toujours dit que une autre de mes missions, du coup j'en ai cité plusieurs mais l'idée est de rendre les gens autonomes autonomes en outdoor donc l'idée c'est pas d'avoir des gars qui viennent nous voir tous les 6 mois pour faire une initiation d'alpinisme, c'est qu'ils viennent une fois qu'on leur apprenne comment mettre un baudrier comment marcher avec des crampons comment mettre son pied pour pas se faire mal comment tenir un piolet ou le mettre quand tu t'en sers pas comment encorder des potes comment les sécuriser quand partir quand ne pas partir pour qu'après ils sachent le faire tout seul sur un week-end puis après ils reviennent nous voir pour faire une semaine plus engagée et puis après ils pourront partir tout seul avec des potes une semaine et ainsi de suite tu vois c'est de faire monter les gens en compétence dans toutes les disciplines qui existent ou pour lesquelles on aurait trouvé des experts suffisamment en ligne avec nos valeurs et avec le niveau d'exigence qu'on veut pour créer des programmes. Donc, en gros, c'est se connaître, bien s'entourer, aller étape par étape, mais faire, quoi. Arrêter de commenter, arrêter de liker, arrêter d'être spectateur, quoi. Tu vois, il y a un cours central pour tout le monde. Il faut juste trouver le sien, quoi.

SPEAKER_00

Top. Lancez-vous.

SPEAKER_02

Exactement.

SPEAKER_00

Ben, écoute, un grand, grand merci encore une fois, Stan. Tout le monde, je mets tous les liens pour explorer les gens peuvent te suivre toi à titre à titre perso

SPEAKER_02

ou pas forcément ouais bien sûr je suis aussi je fais un peu de un peu de blabla parfois sur non mais sans péjoratif mais sur LinkedIn ou Instagram Stan Gruau Stanislas sur LinkedIn et Stan Gruau sur Instagram et j'essaie de poster un peu les coulisses aussi de ce qu'on fait explorer à notre quotidien et poster quelques conseils sous forme de journal de bord que je publie chaque semaine sur mon profil Instagram. Là, ça fait quelques semaines que je ne l'ai pas fait. Du coup, avec les fêtes, il faudrait que je m'y remette. Mais voilà, toujours avec cette idée d'être assez basique et pragmatique et d'aider les gens à passer à l'action avec ce qui m'a aidé, moi,

SPEAKER_00

à me bouger. Oui, super. Je mettrai tout ça. Et écoute, je suis sûr que ça en inspirera pas mal. En tout cas, moi, j'ai trouvé la conversation, encore une fois, très intéressante. Et tu vois, plus j'échange avec essentiellement les gens d'Explora Project, plus je me dis que je n'ai plus trop vraiment d'excuses pour ne pas... lancé l'idée que j'ai en terre-pont depuis quelques

SPEAKER_02

temps. Je suis content en tout cas que cet ADN et que ces valeurs transpirent dans tous les gars d'Explora, de la famille que tu as pu croiser, de l'équipe des bureaux jusqu'à l'équipe terrain. C'est

SPEAKER_00

cool. Un grand merci Stan. Tout le meilleur pour la suite et à très bientôt.

SPEAKER_02

Je t'en prie. Salut

SPEAKER_01

Loïc.

UNKNOWN

Bye bye.

SPEAKER_00

Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pros ou persos. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact.lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'à commentaires. Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao

UNKNOWN

!