SPEAKER_01

Savoir rebondir, savoir s'adapter. Pour être un finisher dans ces supers courses, c'est vraiment se préparer du mieux qu'on peut, de tout planifier effectivement avec ces petites cartes et tout ça. Mais aussi parce que la météo peut être comme ci, parce qu'il peut y avoir le Covid. D'un côté tout programmer et de l'autre côté être capable de tout modifier.

SPEAKER_00

Eh bien écoute, salut

SPEAKER_01

Maria

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Bonsoir

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Bienvenue sur le podcast des Frappés, je suis très heureux de t'accueillir, un grand grand merci encore une fois de prendre le temps de venir échanger avec nous, nous partager un petit peu ton parcours, tes exploits sportifs, puisque c'est entre autres de ça dont on va parler, mais je te laisse peut-être commencer par te présenter avant d'en dire

SPEAKER_01

plus. Bonsoir à tout le monde, effectivement je suis très très ravie aussi d'être avec toi ce soir sur le podcast, j'adore ce média, je m'entraîne vraiment avec des podcasts dans les oreilles tout le temps donc je suis ravie de participer à ce nouveau média donc c'est chouette et puis voilà donc je suis professeur d'EPS mais aussi ultra trailer et voilà je crois qu'on va discuter de cette spécificité et puis j'ai fait pas mal de courses réputées, entre guillemets, un peu partout dans le monde et en France, bien sûr. Donc, je crois qu'on va discuter de

SPEAKER_00

ça. Absolument. Absolument. On va en parler. Donc, écoute, peut-être qu'on peut commencer par le commencement. Ce que tu me dis avec beaucoup d'humilité, que tu fais de l'ultra, mais tu as un palmarès assez conséquent qui démarre en 2009. Donc moi, je me posais la question, est-ce que tout a vraiment commencé en 2009

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et si c'est le cas, comment est-ce que tu as découvert l'univers de l'ultra

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, en fait, ça a presque commencé en 2009. On va dire que ça a commencé en 2008. Donc moi, à la base, je suis nageuse. J'ai toujours fait du sport depuis que je suis gamine. Alors pas au niveau, mais j'ai toujours fait du sport, j'ai toujours fait de la compétition. Je crois que j'aime ça, je crois que j'aime la compétition. Je ne sais pas, je crois que j'ai J'aime la compétition et aussi j'aime m'entraîner en fait. Et en 2008... Je ne sais pas, comme un peu tout le monde, je cours une fois tous les 15 jours en me disant non, non, ça ne va pas. Je fais un 10 kilomètres sur route. Et puis, j'étais dans un groupe de nageurs. Il y en a un qui me dit tiens, tu ne veux pas venir à Font-Romeu

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je fais le trail blanc de Font-Romeu dans les Pyrénées-Orientales. Bon, d'accord. Oui, OK. Voilà, tiens, ça me plaît. Et puis tout de suite, par contre, je suis assez vite. Donc ça, ça devait être en janvier. Et puis tout de suite, en juin, juin, je suis montée d'abord sur trail, directement, et très peu sur route, et ensuite, j'ai tout de suite senti que j'aimais bien, j'étais pas rapide, et que j'avais, je savais durer, entre guillemets, donc ma deuxième course, c'est en 40 bornes, d'entrée de jeu sur le marathon des bureaux, et voilà, et puis de rencontre avec des copines coureuses, et on se dit, mais comme ça, pas sur le coin d'une mais presque. Et tiens, pourquoi on ne ferait pas la Diagonale des Fous l'année prochaine

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Donc, c'était en 2008-2009. On s'inscrit par équipe. Et à l'époque, il n'y avait pas besoin de points. Il n'y avait pas besoin de… Voilà, maintenant, il faut un CV énorme pour prendre le train. À l'époque, ce n'était quand même pas le début. Ce n'était pas le début, mais c'était il y a plus de dix ans. Et les organisateurs ont été moins… moins strictes et moins regardantes donc on a pu s'inscrire à la réunion toutes les quatre et puis voilà on a dit bon on y va et voilà c'était vraiment alors je suis Ça ne fait pas partie des principes d'entraînement qui est, on va dire, de progressivité. Et ce que je prononce, mais moi, je ne me le suis pas appliqué. C'est-à-dire que je suis passée de 50 bornes, j'avais fait 50 bornes au max, à 150 parce qu'à l'époque, la diagonale, c'était que entre guillemets 150 kilomètres avec 9000 de D+. Et je m'étais dit, bon, je mets 10 heures pour faire 50 kilomètres. Je vais faire 30 heures plus des brouettes pour faire 150 kilomètres. j'avais lu beaucoup de bouquins, parce que je fais un peu un télé aussi, donc j'avais lu des expériences, donc voilà, je n'avais qu'une expérience livresque, et voilà, ça s'est fini dans la souffrance, mais ça s'est bien fini, et c'est vrai que tout le monde me disait, enfin les copains, j'avais dit tiens je vais faire ça, c'était super parce que c'était la première fois, donc les gens m'envoyaient des textos, donc je découvrais, vraiment je découvrais tout et après on me disait mais tu vas faire quoi et je disais mais j'en sais rien s'il faut à la fin je raccroche les baskets je savais pas du tout si ça allait me plaire ou pas et en fait quand tu arrives c'était dans la douleur les 30 derniers kilomètres vraiment dans la douleur et puis tu prends une douche, tu manges, tu dors et puis le lendemain tu te dis bon allez on fait quoi l'année prochaine voilà

SPEAKER_00

attends mais c'est énorme ça je ne savais pas j'ai vu sur ton les résultats de tes courses que tu avais fait la Diagonale des Fous en 2009 mais attends mais c'est hallucinant ça comme histoire donc tu commences la deuxième course que tu fais c'est un 40 bornes tu t'inscris à la Diagonale des Fous en équipe et la plus longue course que tu as fait entre ton 40 bornes et la Diagonale des

SPEAKER_01

Fous c'est un 50 km on avait fait en en en juin 2009, toutes les quatre, les copines, on avait fait un week-end de course qui était dans les Aravis à l'époque. C'était super. On avait un 40 le samedi matin, un 20 dans la plaine le samedi soir. Et on repartait pour un 50 bornes le dimanche matin. Et on s'était inscrite là-dessus. Donc, c'était trois étapes. Et c'était ça... notre gros bloc d'entraînement, ça avait été ça, on avait un peu quand même testé, on s'était testé, parce qu'au début, on s'est dit, est-ce qu'on court ensemble, est-ce qu'on ne court pas ensemble, en fait, on s'est aperçu qu'on n'avait pas du tout les mêmes niveaux, donc, voilà, chacun, chacun allait faire sa course, moi, je me souviens, j'étais partie sur l'étape de nuit avec la petite pezzelle de sécu, la petite poubelle de sécu, et je m'étais dit, ah ben non, ça, ça ne va pas le faire de partir sur la diagonale avec ça, voilà, ça, ça avait été quand même le week-end, le week-end de test, et puis, euh, et puis après voilà et puis j'avais fait sur la diagonale j'avais fait tout on avait juste une autre carte bleue parce qu'à l'époque il n'y avait pas de car qui te ramenait si t'abandonnait donc on avait une carte bleue pour prendre un taxi si jamais on était hébergé chez une amie on avait un numéro de téléphone et on s'est dit ben voilà on n'a pas d'assistant là-bas à la diagonale il y a trois bases de vie donc on avait rempli nos cinq avec la nourriture l'échange les chaussures pour se changer moi j'avais fait et tout ce qu'on me disait en théorie, parce que je n'avais pas la pratique. Et puis voilà. en serrant les dents un peu à la fin, c'est

SPEAKER_00

bien

SPEAKER_01

passé. En m'entraînant quand même, même si... Parce que déjà à l'époque, j'avais mes petits cahiers et je notais. Alors évidemment, au fur et à mesure des années, j'ai augmenté en volume, j'ai augmenté en dénivelé, tout ça. Mais déjà, il y avait quand même une petite préparation. Enfin, pas une petite, mais j'avais déjà fait un plan d'entraînement sur cinq semaines déjà pour préparer ça. Alors c'était à moindre niveau par rapport à ce que j'ai pu faire après au niveau du kilométrage j'ai dû déniveler mais il y avait quand même déjà une démarche d'entraînement de construction de préparation je ne peux pas aller comme ça sans préparation quand même c'est voilà c'est pas

SPEAKER_00

c'est-à-dire que tu as fait une montée assez rapide en termes de distance mais ça s'est quand même accompagné tu as préparé ça et puis tu disais que tu étais quand même sportive avant donc ça n'a pas été non plus un coup de tête un peu il réfléchit ou en tout cas potentiellement

SPEAKER_01

irresponsable non c'était quand même organisé sans expérience mais ça tu l'acquiers aussi mais c'est comme quand on te demande un premier boulot on te demande de l'expérience sur le premier boulot tu peux pas en avoir puisque par les stages et tout ça donc voilà je compare un petit peu ce premier ce premier ultra mais après je conseille pas forcément ça aux gens surtout aux étudiants que j'entraîne les gens que je coach c'est pas forcément donné à tout le monde de faire

SPEAKER_00

un an un an

SPEAKER_01

et demi de course à pied un ultra je suis pas sûre que

SPEAKER_00

ça soit

SPEAKER_01

la bonne solution la bonne solution

SPEAKER_00

quand même on va en parler justement et peut-être juste avant pour parce que je trouve que c'est assez impressionnant pour donner une idée de ta progression donc tu disais Diagonale des Fonds en 2009 le circuit à l'époque donc je pense que maintenant c'est devenu une course très populaire donc tout le monde connait mais c'est en gros tu traverses plus ou moins la

SPEAKER_01

Réunion tu fais une diagonale tu te marres au sud-est et t'arrives au nord-ouest en gros en passant par le superbe cirque de Mafate qui est superbe mais qui est très technique voilà maintenant je l'ai refait j'ai eu la chance de revenir deux fois de plus à la Réunion le chemin ils ont allongé un petit peu mais la première partie est beaucoup plus roulante les 50 premiers kilomètres actuellement sont vraiment au On court pas mal. Après, il y a toute la traversée de Mafate qui est toujours géniale. Et par contre, l'arrivée actuellement est compliquée, on va dire, parce qu'on est dans les ravines. C'est dur, c'est la fin. Et en fait, les difficultés, elles sont aussi à la fin, mais parce que les chemins sont très étriqués. C'est moins joli, mais ça reste super pour ça.

SPEAKER_00

Et puis, tu me dis si je me trompe, mais je crois qu'une des difficultés, c'est aussi tout ce qui est la gestion de l'équipement parce que tu as des gros changements du fait du dénivelé et puis de la géographie tout simplement de la Réunion. Tu as des très gros changements de température, d'humidité, etc. à gérer, c'est

SPEAKER_01

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

En fait, tu pars le soir, 22h je crois, et tu arrives au petit matin. Alors, bien sûr, ça dépend toujours pareil de ta vitesse, mais moi en gros t'arrives au petit matin en haute altitude donc l'an dernier c'était gelé, le sol était gelé l'herbe était gelée et après tu sais que tu vas crever de chaleur il va faire 30 degrés dans ma fat et tout ça donc effectivement mais après c'est quand même comme beaucoup de courses en montagne quand même, on descend dans la il fait très chaud, tu montes à une altitude tu peux prendre la neige sur un UTMB j'ai pris la neige plein de fois fin août tu prends la neige aussi bon c'est des choses qu'on effectivement qu'on apprend après tu te dis à La Réunion il fait beau c'est une île, non non ça peut être il peut faire les nuits peuvent être

SPEAKER_00

super fraîches un petit peu comme en Corse je sais que tu as aussi fait le GR20 plusieurs fois c'est vrai que c'est le piège, bon là c'est plus de même pour de la randonnée mais on pense que tu vois on part en Corse en plein été ça va être super il va faire chaud mais sur le GR20 t'as des nevées il y a des nevées en plein mois d'août t'as des tempêtes de neige sur certains cols en plein mois de juillet c'est pas c'est pas rarissime

SPEAKER_01

c'est

SPEAKER_00

la montagne il faut

SPEAKER_01

il faut être attentif à ça c'est pas un milieu neutre la montagne c'est vrai que la montagne c'est peut-être un peu démocratisé aussi ou en tout cas les trailers ça en montagne je fais partie de ça mais peut-être sans toujours avoir exactement les bonnes connaissances et voilà mais c'est jamais un milieu anodin alors on peut critiquer c'est vrai qu'on est les champions du monde en France à critiquer par exemple les listes de matériel obligatoire qui sont des fois énormes il te faut prendre un pantalon de Gore-Tex un truc comme ci un truc comme ça je suis la première à des fois râler mais des fois ça te sauve la vie

SPEAKER_00

quand même je suis d'accord avec toi le fait que ça se démocratise mais

SPEAKER_01

qu'il faut quand même rester ça reste un milieu hostile oui parce qu'on a toujours à partir tu vois on veut s'alléger au maximum donc on part avec nos petits shorts avec nos petites vestes hyper light mais c'est sûr que tant que ça va ça passe mais et puis t'as un coup de moins bien ou la météo se dégrade et t'as passé trop de temps t'es pas rentré et ben la situation les situations peuvent vite se compliquer en fait

SPEAKER_00

J'ai échangé justement avec quelqu'un que tu connais très bien, avec Vanessa Morales, qui nous parlait de son expérience sur le Kilimanjaro. C'est exactement ça, tu vois, quand elle t'en parle, c'est genre l'effet domino, il y a absolument toutes les catastrophes possibles et imaginables qui se sont enchaînées à plus de 5000 mètres d'altitude. Mais oui, pour continuer sur le sujet du trait, pour donner une idée à celles et ceux qui arrivent à voir à peu près ce que c'est la diagonale des fous, qui est juste un monstre dans l'univers du trail donc tu commences ton premier en 2009 donc à l'époque c'était encore 150 km 9000 mètres de dénivelé positif tu termines en juste en dessous de 37 heures tu te classes quand même 6ème senior et si je ne me trompe pas le dernier alors le dernier c'était en 2019 il n'y avait pas que 1000 mètres de dénivelé en 2019 non 10

SPEAKER_01

000

SPEAKER_00

ouais voilà ok donc 10 000 de dénivelé en 2019 170 km et tu le termines en 35h39 donc une progression juste hallucinante en 10 ans et ce que je trouve cool c'est que t'as commencé par un monstre et visiblement t'as carrément accroché donc je serais curieux de savoir c'est quoi qui t'a enfin déjà est-ce que tu dirais que pour toi cette première Diagonale des Fous ça a été la révélation et qu'est-ce qui t'a qu'est-ce qui t'a plu qu'est-ce qui fait que t'as continué euh tu as continué sur ta lancée jusqu'à avoir des résultats carrément encore plus impressionnants.

SPEAKER_01

Oui, ce que je disais, c'est que quand je me suis lancée, je ne savais pas à la fin de cette course si j'allais arrêter complètement la course à pied ou au contraire, vraiment, j'allais continuer là-dessus et en fait, vraiment quasiment dès l'arrivée, une fois que tu as soigné tes petits bobos et en fait, tu t'aperçois que c'est rien, La douleur, elle est relative. On en reparlera peut-être. Et tu te dis, c'est vraiment ça que j'aime. Et alors, l'année d'après, en 2010... J'étais inscrite sur l'UTMB en 2010 et malheureusement, la course a été arrêtée à Saint-Gervais parce qu'il y avait trop de neige, les conditions étaient vraiment exécrables et tout ça. Et donc, ils nous ont arrêtées à Saint-Gervais. Saint-Gervais, je crois que c'est 20 kilomètres après le départ. Et donc, on était très, très, très frustrés de ne pas avoir fait cet ultra parce qu'au début, je faisais un ultra par an. Donc vraiment, c'était... le sombre monde de ma saison, et donc là, cette année-là, dans 2010, j'avais fait un stage avec Vincent Delebar, enfin vraiment, j'avais préparé l'UTMB, et voilà, on est coupé dans notre arrêt, et je me reporte sur deux courses plus petites, et j'enchaîne les hospitaliers, qui fait 75 km, et j'enchaîne derrière la Saint-Élion, en décembre, qui fait 68 km. Et là, je me suis aperçue que je ne ressentais pas les mêmes choses. Alors, c'était des courses qui sont relativement longues, quand même, ça fait 9h, 7h, enfin, ça dépend toujours pareil à quelle allure on va, mais c'était pas les mêmes, il n'y avait pas les mêmes sensations au niveau de la nuit, au niveau du rythme qui s'installe, au niveau du un peu du discours intérieur et puis ce que j'aime sur un ultra c'est en fait tout peut se passer quand même t'as des phases qui sont très hautes tu montes très haut t'es super bien bon tu sais que ça risque de pas durer donc tu sais que tu descends et quand t'es au fond là il faut avoir les capacités mentales de trouver les ressources pour remonter Et cet état-là, tu le trouves que dans le long. Et puis, dans le long, tu as aussi la sensation souvent de traverser un paysage. Par exemple, quand on va à Madère, par exemple, le Newt, c'est aussi une traversée d'île. Ou faire l'UTMB, tu fais le Tour du Mont-Blanc. Cette sensation de parcourir à pied un long trajet. Et ça, c'est... C'est des moments uniques. Et puis, les moments en montagne, les levées de soleil en montagne, les couchers de soleil. C'est une ambiance que tu n'as pas sur des courses

SPEAKER_00

plus courtes. Oui, c'est sûr. Moi, je ne connais que la Saint-Élion. Ça m'a fait sourire quand tu as dit que ça dépend de comment tu cours. Parce que celle de 2010 dont tu parles faisait 68 kilomètres. Pour ton temps à toi, ça ne change pas grand-chose. Mais l'année où on l'a fait... tous les deux je crois que tu l'as fait en 2015 ouais c'était en 2015 c'est ça donc toi ça faisait 72 kilomètres un peu moins de 2000 mètres de dénivelé tu l'as fait en 7h35 et moi j'ai mis 9h50 donc moi tu vois le point positif c'est que moi j'ai vu le soleil

SPEAKER_01

du coup à minuit moi j'ai la Saint-Élion c'est une course très particulière où je suis allée plusieurs fois où j'ai été malade des fois enfin c'est des courses dures parce qu'il fait toujours des conditions plus alors 2015 je ne me souviens plus exactement si c'était l'année où c'était vert glacé il y a une année où il y avait les gens tombaient on prenait des gamelles parce que c'était vert glacé il y avait un peu de neige encore je ne sais plus si c'est en 2015 mais de toute façon c'est toujours été des conditions très compliquées et quand même je vois l'arrivée sur Lyon qui est magnifique avec le lever du jour parce que le soleil c'est pas forcément ne se lèvent

SPEAKER_00

pas forcément. Moi, j'adore ces sensations-là. C'est intéressant ce que tu dis. En fait, j'ai l'impression qu'il y a presque une notion de voyage ou de fun. Quand tu parles du long, que tu as le sentiment de traverser un paysage, de partir de nuit, en tout cas, voir la nuit et revoir le jour à nouveau. J'ai l'impression que tu nous parles un peu d'un voyage itinérant. Il n'y a pas que l'aspect compétition.

SPEAKER_01

Oui, c'est tout à fait ça. Après, j'aime la compétition. Donc, je recherche ça. Et puis, quand j'ai un dossard, par exemple, la nuit, je n'ai jamais peur. Même si je suis toute seule. Et souvent, sur ces grandes courses-là, on se retrouve seule dans les montagnes. Alors, c'est vrai que souvent, on essaie de garder un petit groupe et tout ça. Mais moi, je n'arrive pas forcément à rester avec des gens parce que tu n'as pas le même rythme, tu ne t'arrêtes pas au même endroit. Et c'est vrai que Je me retrouve seule et j'ai l'impression que quand je porte un dossard, je suis protégée. Alors que jamais, je suis quand même plutôt trouillarde, jamais je me balade. Je me balade en montagne. Je ne fais jamais à l'entraînement ce que je fais en compétition. Ça, c'est clair que le port du dossard, tu as l'impression d'avoir une carapace. Il peut t'arriver un pépin physique, mais je ne pense jamais à la mauvaise rencontre. En montagne, vraiment, je n'ai pas peur la nuit. Vraiment, c'est un truc… Je n'ai pas peur en compétition, je n'ai pas peur la nuit, je n'ai pas peur en montagne, je n'ai pas peur en forêt. J'ai l'impression d'être protégée par mon petit dossard et ça ne change rien. Mais ce qui n'est pas du tout le cas forcément à l'entraînement.

UNKNOWN

Voilà.

SPEAKER_00

Ah, c'est

SPEAKER_01

intéressant, ça. Tu parlais d'itinérance, et effectivement, j'aime aussi ce concept d'itinérance. Et c'est vrai qu'avec mon groupe d'amis, c'était des anciens étudiants qui sont devenus des amis, on s'entraîne, on a un petit groupe de sparring partners où on a fait plein de choses. Et chaque année, chaque été, on essaie de... de faire quelque chose ensemble comme par exemple le GR20 on monte un petit pas challenge mais on l'a fait en 5 étapes cet été on a fait par exemple la grande traversée du Mercantour qui fait 220 km pareil on l'a fait en 5 étapes on prend des petits sacs à dos on n'a pas d'assistance par contre on va de refuge en refuge mais on limite le poids on a un sac de 5-6 kg par exemple et ça c'est ça on adore ça pour préparer une compète mais pas que parce que cet été par exemple il n'y avait pas de compète quasiment pas de compétition et se retrouver en montagne et ça ça fait depuis le début quasiment parce que pour préparer l'UTMB j'avais fait un stage j'avais fait un stage de reconnaissance avec Vincent Delebar qui est un des pionniers du travail en France et j'avais fait l'UTMB en 4 jours et ça depuis le début que je cours je Je... dans ma préparation et dans mon plaisir, c'est aussi les deux, préparation, plaisir, il y a toujours quatre, cinq jours où on part, un gros sac. Alors, on n'est pas très efficace parce qu'on a quand même des sacs, on ne se fait pas aider en assistance extérieure. Et c'est génial parce que autant j'aime courir de nuit, mais quand tu cours de nuit, tu ne vois pas les paysages quand même. Tu as des sensations, tu vois des choses, mais tu ne vois pas les paysages. Et des fois, sur des grosses courses, c'est dommage parce qu'effectivement, tu passes... tu passes dix heures de nuit quoi il y a plein la première on est justement à la réunion ma fat de nuit j'ai passé tout ma fat de nuit et après j'ai vu des photos je me suis dit ah ouais c'est là où on est passé je suis passé là et je râlais trop parce que parce que c'est magnifique ceux qui connaissent ma fat c'est encore c'est un petit paradis sur terre et ah non j'avais rien vu de ma fat la première nuit et bon en plus je suis retournée mais

SPEAKER_00

tu peux nous en dire un peu plus justement sur ta préparation parce que c'est vrai que quand on voit les monts de course enfin là tu vois j'ai la liste sous les yeux c'est 150 160 175 kilomètres 9000 de D plus 7000 de D plus enfin c'est vraiment c'est 200 ah t'as fait le tord ah oui c'est vrai j'ai oublié même t'as fait le tord des géants deux fois donc encore une fois ça fait plusieurs fois qu'on en parle sur le podcast mais le tord des géants c'est 330

SPEAKER_01

kilomètres

SPEAKER_00

25000 mètres de dénivelé positif donc c'est juste enfin c'est un monstre absolu dans l'univers du trail et donc justement dans ta préparation donc là tu viens nous dire que tu fais les parcours avant tu semblais dire plutôt aussi pour en profiter un peu plus pour voir des choses que tu ne verrais pas forcément en course parce que tout va plus vite et tu cours aussi de nuit mais qu'est-ce que tu cherches aussi c'est quoi les autres objectifs dans ta préparation et comment est-ce que tu l'abordes il y a un aspect physique un aspect mental est-ce que tu le fais en équipe est-ce que tu le fais seul je serais curieux de savoir comment tu t'organises

SPEAKER_01

on va dire qu'il y a deux pôles mais effectivement si on repart sur le Thor mais même sur la majorité j'aime bien faire une reconnaissance du parcours c'est bien sûr pas possible pour tout parce que j'ai pas le temps j'ai pas les moyens d'aller par exemple à Madère je suis pas allée reconnaître le parcours en Madère mais par exemple pour le Thor justement j'ai fait la reconnaissance du parcours intégral la première année j'ai mis Neuf jours, neuf étapes. Là, j'ai eu deux copains qui se sont relayés pour faire le parcours avec moi. Et en fait, cette reconnaissance, elle a plein de buts. Elle a bien sûr... profiter des paysages, ça c'est en montagne, tout ça, mais ça aussi, ça fait un bloc d'entraînement, de toute façon, ça fait du travail très spécifique, donc je le situe, j'essaie de le situer je ne sais pas, 5-6 semaines avant l'événement pour pouvoir récupérer, mais c'est vraiment, ça fait partie aussi intégrante de ma préparation, parce qu'enchaîner 4 jours, 5 jours, 10 heures par jour, alors on ne court pas pendant 10 heures par jour, on est Bien d'accord, sur un GR20, tu ne cours pas pendant 10 heures. Mais sur un ITMB, il y a des parties où tu peux courir. Mais tu habitues tout ton organisme, que ce soit tes tendons, tes articulations, bien sûr tes muscles. Vraiment... au travail spécifique de la rando-course. Donc ça, je trouve que c'est vraiment une clé de la réussite. Vraiment, ça fait partie un peu de mes incontournables. Quand je prépare un gros objectif, j'aime vraiment faire un gros bloc de montagne là-dessus. Et puis, ça prépare aussi au niveau diététique. C'est-à-dire que tu pars sur ta journée, tu as 3-4 barres. On ne mange pas à midi. Enfin, à midi, on a une toute petite pandémie avec un babybel. Et voilà. Et bon, après, on se rattrape le soir. Mais c'est aussi là-dessus. Et puis ensuite, il y a un autre aspect qui est pour moi fondamental. C'est aussi... prendre des notes et sur le tour j'avais pris des notes et sur UTMB aussi sur les portions parce qu'en fait ma course par exemple le tour 330 km si tu te dis tout est portionné et même sur quelque chose qui est plus court mais même on peut faire ça sur une Saint-Élion tu fais étape par étape et donc par exemple un tour c'est de base de vie en base de vie en gros c'est tous les 50 km et donc j'avais pris des notes sur le tour sur un petit cahier, voilà, tel col, on arrive à 3000, on passe des cols à 3000 sur le tord, il fait tant de kilomètres, mais surtout, combien de temps de montée tu estimes, derrière, je prends énormément de notes, et ensuite, je me fais des petits tableurs Excel à la maison, où je note tout ça, et je portionne et je mets un temps d'estimation. Je prévois ma course, en fait, je découpe ma course. Et donc, la reconnaissance, elle sert aussi

SPEAKER_00

à ça. C'est super intéressant. Le fait de dire, tu vois, prendre le gros objectif et le découper en sous-objectifs pour pouvoir mieux gérer et mieux adapter l'effort, c'est hyper

SPEAKER_01

intéressant. Je pense que, tu vois, sur le Thor, mais sur les autres aussi, mais sur le Thor, je me suis dit, Si je prends mon GPS... Parce qu'à l'entraînement, j'ai tendance à regarder ma montre tous les kilomètres. Je suis un peu... Ouais, je cours pas mal. Au quotidien, on va dire que je cours pas mal avec mon GPS, avec mon chrono. Je suis pas une coureuse qui part sans rien. Je suis assez... Je suis pas branchée... Je ne suis pas connectée, mais par contre, j'aime bien partir avec ma petite montre. Et là, je me suis dit, sur le Thor, si tu regardes tous les kilomètres pendant 320, ça ne va pas être possible. Donc, en fait, j'avais déconnecté ma montre et je n'avais que l'heure et l'altimètre. Et en fait, avec mes fiches, je sortais mes petites fiches, j'avais découpé en base de vie, de base de vie en base de vie, donc tous les 50 kilomètres, voilà, mon objectif c'était 50 kilomètres, 50 kilomètres, 50 kilomètres, j'allais pas plus, je visais pas la fin, c'était pas possible, ça aussi c'est des techniques de préparation mentale, voilà, objectif après objectif, passage après passage, mais ça se fait aussi sur des courses qui sont plus courtes, parce que ce qu'on disait un peu au début, un null C'est des hauts et des bas et... tu peux partir très bien, ou au contraire, ne pas être du tout dedans, tu te dis, mais non, si t'es dans le négatif d'entrée de jeu, mais non, non, non, attends, attends le prochain ravito, il va se passer quelque chose, de toute façon, c'est compliqué de tout anticiper, et surtout, il faut pas tout anticiper, il faut l'anticiper sur le papier, il faut l'avoir écrit, mais après, il faut laisser faire, il faut laisser faire aussi, donc ça, c'est le découpage des étapes, des micro-étapes, c'est important, parce que sinon... tu pars pas quand tu sais que tu

SPEAKER_00

pars pour 4 jours de course non non oui parce que le tort pour j'ai parlé des distances et du dénivelé tout à l'heure mais toi encore une fois toi avec les performances plutôt plutôt excellente que tu fais tu le finis en 86 heures en 2015

SPEAKER_01

c'est le premier mais on a été arrêté il manque 50 km en fait sur le premier en 2015 la course a été interrompue et donc moi il me restait j'étais à la dernière base de vie à Oulomon et donc 86 heures et par contre pour moi dans ma tête il manquait 50 km mais quand je suis arrivé à la base de vie j'avais très sauvé mais je savais que j'allais finir si nous avaient relancé sur la course parce que c'était au petit matin ils nous ont dit vous dormez et au petit matin on verra si on relance la course ou pas et ils ont arrêté la course au petit matin mais dans mon corps dans ma tête je savais qu'il restait 50 bornes pour moi c'était j'allais y arriver mais bon par contre le vrai tort entre guillemets c'est 2016 où là je fais la course je fais la course complète qui fait 330 et là je mets 100 heures voilà

SPEAKER_00

4 jours oh la vache est-ce que le découpage tu le fais aussi parce que tu disais tout à l'heure que tu passes par des hauts par des bas dans les courses que voilà forcément le challenge c'est d'arriver à se remobiliser moi je me pose la question quand tu cours 100 enfin quand tu cours quand t'es en épreuve 100 heures est-ce que tu te prépares aussi à ce à quoi tu vas penser

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Effectivement, c'est un exercice d'imagerie mentale et d'aller chercher dans les stratégies de coping, de stratégies de faire face, justement pour un peu rebondir, pour casser un peu la spirale négative. Si tu commences à tomber dans la spirale négative, on te recommande la préparation mentale de te faire un petit portefeuille, on va dire, d'images positives. de savoir et de t'ancrer sur des images positives, de faire surgir des choses qui te tiennent à cœur et qui te reboostent.

SPEAKER_00

J'en parlais il n'y a pas très longtemps avec Marie-Laure Brunet, qui est une ancienne biathlète de l'équipe de France, de fond, Roméo aussi d'ailleurs, du CHS. Elle parlait justement de comment elle avait mis en place ce genre de stratégie d'ancrage. Pour elle, c'était des ancrages verbaux, donc tu vois quand elle arrivait sur le pas de tir, boum un mot et elle

SPEAKER_01

arrivait à se remobiliser à se reconcentrer moi j'ai jamais j'ai travaillé justement sur le temps j'ai travaillé avec un médecin du sommeil un spécialiste du sommeil justement pour organiser les phases de repos et j'ai travaillé un petit peu avec une psychologue aussi du sport avec qui on avait fait un petit mantra une petite routine sur des mots à se répéter c'était une routine je mettais de côté tout ce qui s'était passé ça s'était bien ou mal passé et on se refocalisait sur ce qui allait arriver, voilà rester un dialogue toujours positif justement pour ne pas ressasser ce qui s'est passé les 50 kilomètres avant, ça peut être bien ça peut être négatif mais il y a les 50 au suivant Et là, tout va arriver aussi différemment et des choses comme ça. C'est

SPEAKER_00

important. Quand tu sais que tu te lances sur une course aussi longue, tu ne te fais pas une liste des sujets auxquels tu vas penser

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que j'imagine qu'au bout d'un moment, tu ne penses pas que à ta course, à ta respiration, à ta foulée. Ou alors, je ne sais pas, ou si, tu arrives à faire

SPEAKER_01

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Non, non.

UNKNOWN

Alors, moi, je…

SPEAKER_01

Je suis assez férue de restaurants, de cuisine, de pâtisserie. Et sur le temps, j'imaginais des cartes de restaurants virtuels que je pourrais

SPEAKER_00

ouvrir. Voilà. Ok. Ah ouais. Et alors, ça a donné quelque chose de concret

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non. En 100 heures, ça aurait

SPEAKER_01

pu.

UNKNOWN

La nourriture prend...

SPEAKER_01

prend une place assez importante dans mes préoccupations, on va dire, et dans mes passions, parce que préoccupation, c'est un peu négatif, mais dans mes passions, et c'est vrai, c'est quelque chose dans laquelle je pense pas mal sur l'organisation, tiens, je pourrais faire ça, tiens, ah oui, j'ai vu cette recette, ça m'occupe pas mal. Et sur le tour, j'avais fait des... Vraiment, j'avais poussé loin les concepts de des concepts de cartes de restaurants

SPEAKER_00

fictives. Excellent. Et je crois que tu es une adepte, comme Sarah, de patates douces pour l'alimentation en course. Je ne me trompe pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

L'alimentation en course, c'est quelque chose qui est très compliqué. Ça fait partie des compétences à avoir en ultra. C'est tout bête, mais il y a un nombre incalculable d'apprentissages sur problèmes gastriques, que ce soit gastrique haut ou bas, et des gens qui n'arrivent pas à s'alimenter et donc qui abandonnent. C'est vraiment une compétence super importante. Tu peux avoir une super VMA, mais si tu n'arrives pas à t'alimenter au bout de 10 heures, de toute façon, ça va être compliqué. Tu peux tenir sur des choses courtes, mais au-delà, ça va être compliqué. Et moi, c'est encore... Et je fais des erreurs encore. Je fais encore des erreurs, même après dix ans. Et tu te dis, tiens, la prochaine fois... Je n'arrive pas à avoir quelque chose de très carré.

UNKNOWN

Et mes...

SPEAKER_01

Parce que mes envies aussi changent beaucoup au moment de la course. Aussi, ça dépend de la chaleur, ça dépend de si t'as un assistant qui peut t'aider. C'est vraiment un sujet super compliqué. Alors, c'est vrai qu'en ultra, j'essaie quand je peux de boire du bouillon avec des petites pâtes, par exemple. Ça, c'est quelque chose que j'aime beaucoup. Ça, souvent, sur les ultras, il y a ça. Parce que moi, il y a aussi la problématique du temps Oui. Pour moi, manger, c'est perdre du temps. Donc, il faut trouver le bon rapport entre se poser. C'est quelque chose que j'ai vraiment du mal à faire, alors que c'est une fausse perte de temps. Parce qu'après, si je n'arrive pas à m'alimenter, après, si je prends une épaule glycémie derrière, je n'aurais pas gagné du temps. Mais avec l'âge et l'expérience de me poser un peu plus, mais c'est compliqué. Donc, bouillon, pâte. Effectivement, la patate douce, c'est super. Il n'y en a vraiment pas beaucoup... Il y en a à Madère, il y en a à La Réunion, par exemple. C'est quelque chose que les assistants peuvent nous amener. Donc ça, c'est super. Et en Italie, le Thor, c'est dans le Val d'Aoste, et le Val d'Aoste, la Vallée d'Aoste, c'est la Paulinte. Leur spécialité, c'est la Paulinte. Et là, c'était super, parce que sur le Thor, je me suis dit, si tu ne dors pas, si tu ne manges pas, ce n'est pas possible, tu ne vas jamais arriver au bout. Donc là, je me suis vraiment forcée à me poser, j'arrivais à manger à à manger de la polente, des pâtes. C'était important. C'est une donnée qu'il faut vraiment prendre en compte à l'entraînement. Mais à l'entraînement, en fait, on dit tester tout en entraînement. C'est vrai, dans les conseils, on te dit qu'il faut que tu testes toutes les barres, qu'il faut que tu testes tous tes gels, tous tes boissons à l'entraînement. Ce n'est pas faux. Mais... À mon sens, à l'entraînement, beaucoup de choses passent. À l'entraînement, je suis capable de manger, en tout cas personnellement, je suis capable de manger du pain de mie, je suis capable de manger des choses que je ne peux absolument pas avaler en course. C'est très problématique pour

SPEAKER_00

moi. Tu crois que c'est quoi la différence

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est une question de pression ou d'état d'esprit au moment de la

SPEAKER_01

course

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, je ne sais pas. Je pense qu'aussi, on ne peut pas reproduire le... l'état de ton estomac au bout de 10 heures de course à l'entraînement c'est pas possible donc il y a ça, il y a mécaniquement un estomac qui est en manque d'irrigation sanguine parce que tout ton sang il va dans tes cuisses et pas sur toutes les parois intestinales donc il y a ça aussi tu peux pas reproduire à l'entraînement ton état de compétition et puis oui il y a cette question aussi un peu pas de stress mais de d'énervement, de speed, j'ai envie d'aller vite, il ne faut pas trop que je m'arrête. Si tu ne t'arrêtes pas, forcément, pour avaler des choses solides, c'est compliqué.

SPEAKER_00

Waouh

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Effectivement, c'est vrai que sur des distances comme ça, le facteur alimentation, sur 100 heures, c'est juste impossible. D'ailleurs, dans l'alimentation, tu inclues l'hydratation. Comment tu fais pour gérer ça sur la durée

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que sur un torse, si c'est tous les 50 kilomètres, tu as combien d'eau avec toi quand tu

SPEAKER_01

cours

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

En fait, quand sur une course où j'ai un assistant ou une assistante, je pars avec un litre de boisson énergétique que je me fais maison un petit jus de citron un peu d'acéro d'agave un peu d'acéro là un peu de par exemple du sel sur des grosses courses et ça quand je croise mon assistant on change les poches à eau je repars avec cette boisson là ça c'est l'idéal et après Après, on a des flasques. Maintenant, c'est pratique. On a des flasques et les flasques, c'est facile à remplir au ravitaillement. Tu prends de l'eau, des fois du coca. Par exemple, sur mes deux derniers Diagnoles des Fous, je n'avais pas d'assistant. J'étais toute seule, donc pas de boisson énergétique parce que c'est trop compliqué à faire le plein. Eh bien, coca. Coca, bien coupé. C'est un classique à Nintra. Et puis, ça passe j'en bois quasiment jamais je ne dis pas jamais parce que ce n'est pas vrai je ne suis pas contre le coco de temps en temps mais en course en course voilà donc poche à eau si je peux et sinon flasque et un peu chameau je ne sais pas un peu chameau quand même quand je fais les totaux sur les courses un peu chameau mais bon le poids il y a aussi le poids l'eau il faut la porter alors

SPEAKER_00

c'est

SPEAKER_01

totalement idiot c'est comme l'alimentation c'est un rapport en course c'est le rapport entre bénéfice risque qu'on retrouve partout et qu'on retrouve dans l'alimentation qu'on retrouve dans l'hydratation qu'on retrouve dans le matériel bénéfice risque sur une course ça m'a une fois, porté préjudice sur la West... J'avais eu un dossin sur la Western States en Californie et c'était génial. Et puis, j'ai été... prétentieuse et présentueuse en me disant ben non ça va il fait pas chaud il fait 35 je suis en Californie il y a des ravitaux tous les 10 km ça va quoi ça va oui oui ça va au bout de 90 km ça allait plus quoi il a fallu que je mette le clignotant et je m'en mords les doigts 5 ans après parce que j'ai plus de dossard pour aller aux Etats-Unis j'ai pas eu la chance d'être retirée au sort sur ces courses là et donc et là je me suis dit ah oui quand même l'hydratation ça sert mais j'ai pas eu malheureusement j'ai pas eu la deuxième chance de de mieux gérer ça parce que c'était la première fois où j'étais confrontée à ce problème de l'hydratation parce qu'après dans toutes les autres courses j'ai jamais été trop confrontée au problème d'hydratation

SPEAKER_00

alors justement c'est super intéressant parce que en 11 ans maintenant t'as fait je suis pas un expert de l'univers du trail mais toutes les années énormes courses que je connais. Tu les as faites et plusieurs fois. Donc, tu as engrangé un paquet d'expériences. Je serais curieux de savoir justement par rapport à ces questions de préparation, que ce soit physique, mais aussi physique, alimentation, etc., mais aussi ta gestion mentale où tu nous expliquais que tu as maintenant, en tout cas récemment, tu as été accompagné. En quoi est-ce que la mariade aujourd'hui, en quoi est-ce que tu es différente quand tu abordes une course de la mariade qui s'est lancée sur la Diagonale des Fonds en 2009 après avoir couru 50 kilomètres au plus

SPEAKER_01

en fait voilà je sais pas peut-être peut-être qu'il m'a fallu trois ultras j'ai fait donc Diagonale UTMB GRP où je me suis dit Bon, maintenant, quand j'aborde une course, je sais que je vais finir. Je crois que la grosse différence, elle était ça. Si physiquement, il n'y a pas de pépins, si je ne me blesse pas, si je suis préparée, si je prends le départ d'une course, maintenant, je suis capable de dire... je suis capable de finir, ce qui n'était pas du tout le cas sur mes premiers ultras, quand tu pars sur le premier ultra, tu te dis, est-ce que je suis capable de faire 170 kilomètres, voilà, là, c'est capable à tous les niveaux, capable mentalement, capable physiquement, capable articulairement, tout ça, donc ça, effectivement, l'assurance, elle est là, mais ça, c'était en 2019, c'est vrai que 2020 est passé par là, avec la situation qu'on connaît, avec la quasi de course j'ai fait que des choses très courtes avec des petits pépins de santé et donc j'aborde 2021 avec un gros point d'interrogation bon d'abord pour l'instant j'ai pas d'objectif il n'y a pas d'objectif et je pense que ma prochaine grosse course je vais pas repartir à zéro parce que c'est pas vrai tu mets pas 10 ans de côté il y a quand même plein de choses qui est qui reviendront et qui vont revenir mais je pense que mon prochain train ça sera pas comme mon premier mais j'aurai une petite boule au ventre de savoir si je suis capable d'aller au

SPEAKER_00

bout tu veux dire du fait de l'énorme coupure qu'il y a eu comme si ça t'avait cassé dans ton élan quelque part ouais

SPEAKER_01

2020 c'est une année j'ai pas fait les totaux je me suis pas amusée à faire les totaux de kilomètres et de de dénivelé que j'ai pas fait par rapport à 2019 par exemple et oui oui il y a une différence il y a une différence énorme voilà donc j'espère J'espère

SPEAKER_00

que ça va revenir. Que tu sois prête pour 2022, pour ce fameux ultra run avec les rares amouris dont on n'a pas encore parlé mais qui est le projet à travers lequel moi je t'ai découvert en tout cas. Je ne sais pas si tu peux nous en dire un peu plus sur le projet tout simplement, l'organisation, les défis que ça représente et comment vous allez vous organiser avec les filles.

SPEAKER_01

C'est vraiment au tout début, c'est vrai que j'ai répondu à cette superbe invitation pendant les vacances de Noël. Pour moi, c'était vraiment une superbe chance d'être invitée dans cette team. Et ce qui me plaît beaucoup, c'est que effectivement, c'est en avril 2022. Et je me dis que j'espère que l'état du monde, mon état, aura évolué positivement. Ça nous laisse quand même... une grosse année. Et donc, j'espère qu'à ce niveau-là, il y aura eu des progrès à tous les niveaux. Et voilà, donc c'était... C'est une course un peu folle dans les... J'avais lu il y a longtemps Bantoran. Il faut que je le relise. J'ai prévu de m'y replonger pour me ré-imprégner de l'ambiance de course mexicaine dans les canyons avec un peu l'essence du trail avec ces Mexicains qui courent pas pieds nus, mais presque, avec tellement loin de nos courses hyper sophistiquées, de notre matériel hyper sophistiqué, et ça, ça me plaît bien, d'aller se frotter à cet autre monde, c'est super intéressant. Ce que tu disais, c'est qu'effectivement, j'ai pas fait le tour, loin de là, il en manque, mais je suis allée voir un petit peu partout je suis allée à l'étranger aussi courir sur des courses on va dire classiques même si ça reste des gros ultras et c'est vrai que maintenant j'ai aussi envie d'un peu plus d'aventure entre guillemets l'an dernier j'avais prévu de partir courir au Pérou sur des courses un peu plus atypiques d'aller faire un labogramme en Angleterre d'aller courir en Écosse sur des parcours un peu plus routes entre guillemets Loin des grosses organisations. Et là, ce projet au Mexique, où on va être une équipe de Mexicains, deux équipes de francophones, à essayer de se mesurer avec tous les... J'aime pas trop l'opposition entre les deux, mais de se mesurer, voir si des athlètes de très haut niveau, surtout chez les garçons, peuvent se comparer avec les Mexicains qui connaissent par cœur ces choses-là. qui connaissent par coeur cette différence là aussi je pense au niveau différence de température ça va être ça va être assez important et au niveau de la préparation aussi parce que c'est en avril donc chez nous chez nous avoir chaud en avril c'est pas la bonne saison on peut être monté en altitude parce qu'on peut aller faire on peut aller voir de l'altitude ça c'est pas trop c'est pas trop important mais mais l'acclimatation au niveau au niveau de la température de la chaleur euh Merci. honnêtement, je ne me projette pas encore du tout parce que c'est trop loin, parce que vraiment, j'arrive, j'ai du mal, j'ai du mal à... J'ai dit oui à ce projet parce que justement, c'était rebondir sur quelque chose, mais rebondir dans 14 mois.

SPEAKER_00

Et donc... Ok, bon, écoute, on suivra en tout cas, je mettrai les liens en description de l'épisode, mais on suivra... Enfin, je donnerai la possibilité aux personnes qui nous écoutent d'aller suivre le projet. Je crois que pour le moment, il n'y a qu'une page Facebook, mais j'imagine qu'il y aura du contenu publié au fur et à mesure que la date du départ se rapproche.

SPEAKER_01

Oui, pour l'instant, sur la page, vous pouvez retrouver tous les portraits de tous les aventuriers. En fait, il y a une équipe élite avec Julien Chaurier, par exemple, vraiment des très gros coureurs et une équipe plus typée aventurier, mais avec des gens qui font des trucs de fous, des trucs extrêmes aussi. Parfois, forcément quand on trahit quoi.

SPEAKER_00

d'ailleurs il y a Caroline Côté qui est passée sur le podcast photographe cinéaste réalisatrice d'aventure québécoise qui était juste géniale donc je mettrai aussi sera l'occasion de remettre le lien pour cet

SPEAKER_01

épisode

SPEAKER_00

excellent et bien écoute Maria on arrive déjà à la fin franchement un grand grand merci c'était passionnant de t'entendre nous raconter un petit peu ton parcours comment est-ce que tu t'es lancé sur une diagonale des fou, un an, au final c'était quoi, moins d'un an après avoir commencé vraiment à

SPEAKER_01

courir

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Voilà,

SPEAKER_00

j'ai commencé en 2008, début 2008, et puis ouais, un an et demi, allez, un an et demi. Écoute, c'était, ouais, on a bien compris, t'as été très clair, donc ça c'est cool que c'est pas forcément le parcours que tu recommandes, en tout cas à tes étudiants à la fac, mais toi c'est ce que t'as fait, avec beaucoup de succès, visiblement parce que t'as non seulement continué mais en plus t'as carrément carrément continué à performer et à t'améliorer et c'était chouette d'avoir ta perspective et ta vision des choses sur la préparation moi en tout cas tu vois je repars avec un petit outil qui est cette notion de découpage des objectifs je trouve ça vachement intéressant pour du long même si c'est pas forcément quelque chose que j'utiliserais parce que je fais pas de trail de cette distance mais pour de la rando tu vois je pense que c'est ou des treks ça peut être cool aussi. Donc, merci beaucoup, encore une fois, pour tous ces partages. Merci à toi de

SPEAKER_01

m'avoir invité, de m'avoir écouté. J'espère que ça donnera des idées aux spectateurs parce qu'on n'est pas sur un écouteur. Voilà, donc ça, c'est génial. Et puis, oui, Juste le découpage des objectifs, il est, je pense, super important, mais dans tout, dans la vie, pour l'entreprise, dans tout, pas forcément qu'un ultra. Et la deuxième compétence, je trouve qu'il faut... qui a été prouvé aussi par des études, c'est aussi savoir rebondir, savoir s'adapter. Pour être un finisher dans ces super courses, c'est ne pas y aller comme ça pour voir parce que souvent ça ne marche pas. Donc vraiment se préparer du mieux qu'on peut, de tout planifier effectivement avec ces petites cartes et tout ça, mais aussi derrière avoir cette capacité à rebondir, à s'adapter parce que la météo peut être comme si, parce qu'il peut y avoir le Covid parce que je peux m'être un peu blessée parce que là j'ai sommeil voilà donc tout ça mais dans la vie c'est un principe aussi qui je crois vraiment peut s'appliquer à beaucoup de situations dans la vie donc côté tout programmé et de notre côté être capable de tout modifier de tout modifier

SPEAKER_00

super intéressant ça me fait penser à une citation de Einstein en fait c'est pas pour faire le malin mais qu'on m'a partagé récemment et qui dit que le succès enfin Einstein disait le succès arrive toujours lorsqu'une opportunité rencontre la préparation

SPEAKER_01

je trouve intéressant ce que tu viens de partager

SPEAKER_00

ça rejoint bien cette idée là ouais super et bah écoute encore un très très grand merci Maria je mettrai les liens pour les gens qui veulent te suivre c'est C'est quoi le plus adapté

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est ta page Facebook

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

J'ai

SPEAKER_00

une page Facebook et j'ai

SPEAKER_01

un compte Instagram. Ok, ça marche. Je ne suis pas une féru des réseaux sociaux, mais un

SPEAKER_00

minimum. Super. Écoute, je mettrai tout ça en description. Encore une fois, un grand, grand merci. Merci pour ton temps. Merci de nous avoir fait voyager dans l'univers de l'ultra long. Et j'en suis sûr d'avoir inspiré plein de gens à se lancer, pas forcément forcément que sur l'ultra, mais en tout cas, appliquer ces quelques exercices, ces notions et ces concepts que tu as bien voulu

SPEAKER_01

partager

SPEAKER_00

avec nous.

UNKNOWN

Avec plaisir. Un grand plaisir à tous. Merci, Maria. Merci.

SPEAKER_00

Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pros ou persos. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact.lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'à Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.

UNKNOWN

Ciao!