SPEAKER_00

Même si ça dérange, même si ça embête l'autre, il y a toujours une raison à la peur et au bonheur. Donc tout ça, l'accueillir, l'accepter, sans théoriser, c'est vraiment juste vivre vraiment les moments dans lesquels aujourd'hui on se trouve.

SPEAKER_02

Bienvenue sur le podcast,

SPEAKER_00

Jeanne. Écoute, merci, c'est

SPEAKER_02

gentil. Très, très heureux de t'accueillir. Je suis impatient d'échanger avec toi. Alors, on va parler, comme d'habitude, des passements, des passements de soi, résilience, détermination, mais dans un contexte un peu différent. Et moi, je suis vraiment content parce que c'est vrai que récemment, on a eu plutôt des invités avec lesquels les sujets, en tout cas, leur discipline, c'était plutôt des disciplines intenses, des sports, notamment des sports qui se font sur des durées courtes, mais à un niveau d'intensité élevé. Et toi, on va définitivement parler des mêmes sujets, résilience, détermination, dépassement, mais avec une approche un peu différente et plutôt cette éloge de la lenteur dont tu vas nous parler. Je te laisse peut-être commencer par te présenter, nous dire qui est

SPEAKER_00

Jeanne. Écoute, Jeanne est une trentenaire passionnée de sport depuis toujours je pense pour être tout à fait franche j'ai d'abord fait du rugby puis fait du crossfit avant de me découvrir une passion fulgurante pour la marche au long cours donc tu vas me dire la marche, la randonnée qu'est-ce qu'il y a de différent avec la marche au long cours c'est une discipline qui est plus connue aux Etats-Unis pour être tout à fait franche et ça va être se déplacer uniquement au moyen de ses jambes sur une période on va dire importante qui va de l'ordre de plusieurs milliers de kilomètres et donc de potentiellement plusieurs mois donc voilà qui je suis

SPEAKER_02

aux Etats-Unis excellent aux Etats-Unis il y a une appellation en particulier pour cette discipline

SPEAKER_00

ils appellent ça du through hike donc de la ouais c'est quelque chose de l'ordre de la randonnée qui va bah plus long

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

enfin qui traverse, tu vois, quelque chose. Mais je pense que c'est vraiment de l'ordre de l'introspection quand on attaque une randonnée comme ça un peu au long cours. Évidemment, on va être seul avec soi-même pendant longtemps, beaucoup de kilomètres, beaucoup d'heures par jour et en règle générale, pendant plusieurs mois. Donc, il y a peut-être quelque chose de l'ordre de l'introspection, en effet, de la réflexion plus loin que soi, plus loin que juste une randonnée, on va dire, à la journée ou une micro-aventure. C'est quelque chose de l'ordre de l'aventure. Alors, je ne traverse pas le pôle Nord, mais je me retrouve toute seule pendant longtemps avec ma tante et mon sac à dos. Peut-être que oui, en effet, on est sur de la résilience.

SPEAKER_02

Comment s'est fait le déclic pour toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Comment est-ce que tu as découvert cette

SPEAKER_00

discipline

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Un coup de chance. On va dire que j'ai toujours entendu parler des chemins de Compostelle sans prévalence religieuse puisque moi je suis absolument pas religieuse mais j'en ai toujours entendu parler j'en ai jamais eu envie et puis c'est apparu comme un besoin et comme une évidence de couper avec la vie de tous les jours de couper avec tout ce qui m'entourait à ce moment là et donc en septembre 2019 j'ai décidé de prendre un sac à dos dans lequel j'ai mis quelques fringues et j'ai décidé de marcher 1600 kilomètres alors que j'avais n'avait absolument jamais marché de toute

SPEAKER_02

ma vie. Wow

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

Et qu'est-ce qui fait que tu as décidé de partir sur Compostelle plutôt qu'un autre chemin

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ça va être vraiment des questions techniques. Comme je te l'ai dit, je n'ai jamais marché de ma vie avant de partir sur Compostelle. Donc, je ne sais pas comment on fait. Je n'ai aucune idée de combien de kilomètres on fait par jour. Je ne sais pas si mon corps serait capable de le faire. Et je n'ai pas de tente. Je n'ai pas de fringues. Vraiment, je pars totalement... je pars avec deux jeux de sous-vêtements et un pantalon de rando acheté la veille. Donc, c'est pour te dire que je n'avais vraiment rien. Et donc, Compostelle, c'est hyper pratique. Il y a tout. Il y a les hébergements, il y a les livres qui te disent combien de kilomètres tu dois faire dans la journée. Il y a du monde sur le chemin qui te permet de ne pas être totalement tout seul et puis de te découvrir au travers d'autres... d'autres personnes, donc au travers de discussions, au travers de situations un petit peu drôles. Et moi, j'ai vraiment décidé de faire Compostelle parce que c'est un chemin qui est long, mais qui est un chemin entre guillemets facile. Il n'y a pas beaucoup non plus de dénivelé. Il y a des hébergements tous les, je dirais, 15-20 kilomètres. Bref, ça reste très accessible. Et donc, pour une première expérience de voyage en long cours, ça me semblait être... la façon la plus simple pour moi de partir sans me mettre trop en porte-à-faux, on va dire. Je sortais de ma zone de confort, mais pas non plus au point de me stresser pour ça.

SPEAKER_02

Oui, c'est ça. C'est-à-dire que tu restais dans un environnement où si jamais les choses ne se passaient pas comme prévu, tu avais des échappatoires assez facilement sans que ça devienne déraisonnable.

SPEAKER_00

Oui, c'est exactement ça. Moi, je ne suis pas une aventurière. Je ne vais pas sauter de la Tour Eiffel. Je ne vais pas partir, je ne sais pas moi, traverser le Sahara. Je je suis pas une aventurière j'ai pas cette prétention et puis en plus ça je sais pas ça m'intéresse pas enfin en tout cas je me sens pas attirée par ça par contre je me sentais vraiment attirée par le besoin d'être seule par le besoin de reconnecter avec la nature et puis avec moi et donc la facilité technique m'a permis en fait juste de passer le cap c'est il y a tellement de freins pour partir longtemps comme ça juste avec un sac à dos et et ses jambes que disons que j'ai minimisé les freins en partant sur un chemin qui me semblait faisable et puis qui me stressait pas et qui nécessitait pas une organisation hors du commun enfin de toute façon je savais pas comment m'organiser donc il fallait bien que je commence par quelque chose c'était parfait franchement c'était c'était le bon le bon pied au bon étrier enfin c'était

SPEAKER_02

parfait quoi c'est marrant parce qu'à t'écouter nous raconter ça on a l'impression que t'es partie enfin tu dis que t'es pas une aventurière mais c'est quand même Compostelle c'est quand même une sacrée aventure 1600 km c'est ça fait combien de temps de randonnée d'ailleurs enfin de

SPEAKER_00

marche alors 1600 je saurais pas te dire parce qu'au final j'en ai fait un peu plus de 2000 je suis partie pour 1600 km et puis arrivé pas très loin de Compostelle j'avais pas très envie d'arriver donc je me suis rajouté 400 km de plus donc j'ai fait un peu plus un peu plus de 2100 kilomètres en tout et j'ai mis 71 jours donc donc voilà j'ai J'ai bien marché. C'est le moins qu'on puisse dire. Après, je pense qu'on a tous dans l'idée l'image de l'aventurier un peu tout fou, un peu qui ne peut pas être nous. Alors que moi, je suis juste moi. Donc, c'est clair que c'est une aventure à mon niveau. C'est une aventure qui est accessible à tous et qui vaut sincèrement le coup d'être vécue. Je pense que c'est aussi ça le petit message aujourd'hui. C'est de se dire que au moindre niveau juste de prendre le temps pour soi et d'oser se lancer et donc de s'écouter c'est déjà une aventure en soi t'as raison en fait c'était déjà une petite aventure

SPEAKER_02

c'est super intéressant parce que tu parlais des freins je serais curieux de savoir qu'est-ce qui fait que pour toi septembre 2019 ça a été le moment où t'as pu aller au-delà des freins potentiels que t'avais et te lancer sur 70 jours d'aventure sans expérience préalable

SPEAKER_00

c'est bonne question j'ai fait fi des freins ce qui pour moi pouvait jusqu'alors être un frein, un questionnement qui me stressait avait plus lieu d'être parce que j'étais vraiment j'étais tiraillée dans ma vie de tous les jours dans mon emploi, dans ma situation j'avais plus envie de rester là où j'étais et donc à ce moment là les freins de cette aventure là n'existaient plus j'en avais je m'étais déjà un peu renseignée depuis on va dire quelques mois sur Compostelle sur le chemin pas sur la randonnée au long cours parce que j'étais pas consciente que ça allait être si long et que ça allait être tant de kilomètres mais j'avais un peu regardé l'itinéraire bref je m'étais un tout petit peu renseignée et puis j'en avais un peu parlé autour de moi c'était pas non plus la grosse surprise mais par contre quand j'ai décidé de partir ça a été du long jour au lendemain. J'ai réservé un covoiturage. Le lendemain, j'étais au Puy-en-Velay. Le surlendemain, je partais pour 71 jours de randonnée. Donc les freins, ils ont disparu dès lors que j'ai ressenti le besoin de

SPEAKER_02

partir. Ok, donc ça répondait vraiment à un appel. C'était ce qu'il fallait que tu fasses à ce

SPEAKER_00

moment-là. Exactement. C'était vraiment ce qu'il fallait que je fasse à ce moment-là pour me sortir d'une torpeur sociale, environnementale, peut-être intellectuelle. J'avais juste besoin de sortir de ma zone de confort et j'arrivais pas à le faire dans la situation dans laquelle j'étais. Donc pour moi... j'ai toujours voyagé, il me fallait voyager, mais je n'avais pas envie de voyager comme avant. Donc, l'un dans l'autre, un peu d'activité physique, un peu de voyage, quelque chose sans impact carbone, puisque tout à la force de mes jambes, ça semblait être tellement parfait que je n'ai pas réfléchi à combien de kilomètres, où est-ce que je vais dormir, qu'est-ce que je vais manger, et comment ça va se passer quand il va pleuvoir, et les jours où j'ai mal aux pieds, est-ce que je vais avancer

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tout ça, en fait, je sais pas, ça s'est répondu, on va dire, presque naturellement. Je me suis posé les questions, évidemment, mais c'est pas ce qui m'a arrêtée. Et c'est aussi pour ça, aujourd'hui, que je t'en parle et que j'en parle aux gens, c'est parce que tous ces freins qu'on se met, au final, c'est juste des questions, et souvent, on y répond sur le tard, il suffit juste de se faire confiance, quoi. Il suffit juste d'oser, et suite à ça, en règle générale, on

SPEAKER_02

a la réponse en nous franchement c'est juste qu'on sait plus s'écouter ouais c'est super intéressant parce que c'est vrai que c'est quelque chose que j'entends beaucoup avec les invités qu'on reçoit sur le podcast le fait de réapprendre à s'écouter et d'oser se lancer foncer même si le projet n'est pas parfait même si le projet n'est pas complètement prêt même si visiblement il est un peu fou mais c'est un petit peu le message qui revient de tous ces invités complètement frappés qu'on reçoit donc c'est cool de te l'entendre dire aussi et du coup la question que j'ai envie de te poser c'est qu'est-ce que t'as trouvé pendant ce voyage ou à l'issue de ce voyage une fois que t'as eu suffisamment de recul est-ce que t'as eu les réponses aux questions que tu cherchais tu parles beaucoup d'introspection c'est un format qui t'a permis de faire ce que t'avais envie de faire

SPEAKER_00

vis-à-vis de toi-même ouais je pense comment

SPEAKER_02

te

SPEAKER_00

dire qu'est-ce que j'y ai découvert déjà j'y ai rencontré des personnes fabuleuses des gens qui sont aujourd'hui de vrais amis euh

SPEAKER_02

sachant que t'es partie solo au début mais les rencontres tu les as faites en chemin

SPEAKER_00

c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

exactement je suis partie seule et j'ai fini seule c'est à dire qu'on rencontre des gens on les quitte on les retrouve et tout ça c'est assez magique avec une certaine autonomie donc tout ça c'est on va dire le premier pont voilà j'ai rencontré des personnes juste merveilleuses qui m'ont permis de beaucoup me questionner sur moi mais aussi sur la vie que les gens mènent en règle générale et de prendre les positifs et les négatifs un peu de chez tout le monde donc ça c'est chouette Après, au retour, on va dire qu'on a plein de questions. On a eu le temps de s'en poser des questions quand on fait 2000 bornes tout seul, même si on discute de temps en temps, on a le temps de se poser des questions, de se demander ce qu'on veut faire demain et comment on veut vivre et pourquoi on a un tel impact sur la planète. Évidemment, on se les pose en boucle. Je n'ai pas trouvé de réponse, évidemment. Sinon, ce serait trop facile, on partirait tous marcher 2000 bornes et puis on aviserait à la fin. Donc non, il n'y a pas de réponse toute faite. Il n'y a pas de réponse prémâchée. Je pense juste que j'ai appris à me connaître moi, à me faire confiance, à renouer avec avec une personne que j'avais un peu délaissée ces dernières années. Et puis, j'ai appris à prendre le temps. J'ai appris à ne plus précipiter, à accepter de ne pas avoir les réponses et de les trouver plus tard ou de ne pas les trouver du tout, en fait. Et est-ce que c'est si grave que ça de ne pas les trouver ou d'accepter de prendre le temps

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je ne crois pas. Je crois qu'en fait, elle est là. La réponse première, elle était de se retrouver soi pour ensuite faire faire front et accepter la vie qui est mienne, qui est nôtre. Il n'y a que ça comme réponse. C'est vraiment un moment où, face à un manque de confiance en soi qui était, on peut dire, très existant chez moi, j'ai appris à renouer avec mes sensations, avec mes envies, avec mes peurs aussi. Je n'affrontais pas mes peurs. Aujourd'hui, je suis consciente et je suis capable de dire« Non, mais j'ai peur» ou« Je n'ai pas envie» ou« Je ne le sens pas». Même si ça dérange, même si ça embête l'autre, il y a toujours une raison à la peur et au bonheur. Donc tout ça, l'accueillir, l'accepter, sans théoriser, c'est vraiment juste vivre vraiment les moments dans lesquels aujourd'hui on se trouve. Peut-être que juste j'ai appris à m'écouter et que ça, aujourd'hui, c'est ce qui fait sens dans ma

SPEAKER_02

vie. Et cet état d'esprit, tu dirais que c'est quelque chose qui est venu en cours de route

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est-à-dire en cours de route, sous-entendu sur Compostelle

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ou c'est quelque chose dont tu t'es rendu compte après coup, une fois de retour chez toi et confronté à nouveau à la réalité, on va dire, hors des sentiers

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

je pense que depuis le début je le portais en moi c'est à dire qu'on se découvre pas enfin je pense qu'on change pas du tout de tout on se découvre pas on réapprend à se connaître donc il y a des choses que je savais déjà que j'ai théorisées pendant la randonnée en me disant je voudrais être comme ça quand je rentre il faut que j'arrête de me faire happer par les réseaux sociaux par la vie de tous les jours que je prenne plus de temps pour les loisirs pour bref un milliard de choses et puis après on rentre dans la vraie vie et puis de nouveau, on se fait happer par tout ça, mais au moins, on a pris conscience de certaines choses, de ce qu'on ne voulait absolument plus et ce avec quoi on allait encore aujourd'hui. De temps en temps, on se fait happer par un film, de temps en temps, on se fait happer par les réseaux sociaux, par la vie de tous les jours où on ne prend pas le temps, mais on le prend quand même un peu plus et puis on le fait plus consciemment. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, je n'ai pas eu le temps de faire tout ça ou en tout cas, je n'en ai pas profité, mais j'en suis consciente. Je ne me laisse plus déborder par la société ou ou par la frénésie de la société. Je suis un peu plus consciente de tout ça, donc c'était déjà en moi, d'une façon ou d'une autre, c'était déjà en moi. Par contre, j'ai dû mettre le doigt dessus, et aujourd'hui, je le souligne aussi.

SPEAKER_02

Dans ce que tu expliques, j'ai l'impression que c'est ce que tu dis, c'était déjà en toi, mais quelque part, ce voyage initiatique t'a permis d'en prendre conscience, et même si tu n'as pas radicalement changé tes habitudes, de ce que je comprends, En tout cas, tu fais les choses avec plus de vigilance sur où est-ce que tu investis ton temps et ce qui mérite de devenir un souci ou pas.

SPEAKER_00

Je pense que je fais surtout plus en me respectant moi, mes valeurs, mes besoins, mes envies, et en me faisant moins happée par toutes les cases sociales auxquelles tu veux répondre pour x ou y raison, t'es une nana, tu portes du rose, t'as fait des études, il faut que tu trouves un métier dans cette branche. Tout ça, c'est des choses qui nous ont été imposées tellement longtemps, et depuis tellement longtemps, qu'en fait, aujourd'hui, j'essaie juste de me respecter, moi, avec ce que je pense, et si de temps en temps, évidemment, je peux enfreindre une de mes valeurs en allant, je sais pas moi... acheter dans un supermarché je sais pas ce que je pourrais dire comme bêtise mais évidemment on n'est pas parfait, c'est évident personne n'est parfait et ça aussi on apprend à l'accepter, de pas être à 200% parfait et de pas donner l'impression d'être tout le temps parfait tout le temps au taquet, accepter d'être fatigué, accepter de pas avoir la motive tout ça c'est des choses qu'on prend aussi en considération quand on se respecte en fait, quand on se fait confiance on se respecte plus et quand on on se respecte de plus, on arrête d'aller contre soi, contre ce qu'on pense et contre ce qu'on ressent. Donc oui, il y a quelque chose de cet ordre-là que, si ce n'est que j'ai découvert, en tout cas, j'ai renoué.

SPEAKER_02

Excellent. Ça fait une belle histoire pour une première aventure sans expérience précédente. On peut dire que tu en as vraiment tiré profit.

SPEAKER_00

Oui, franchement, ça a été une expérience de dingue. Enfin, tout l'intérêt de ce chemin c'est qu'il m'a permis de me retrouver me rencontrer et puis ça m'a donné envie de continuer donc l'un dans l'autre porter des valeurs qui me sont chères et ouais me battre pour des choses qui aujourd'hui à mes yeux en valent la peine donc ouais je me suis retrouvée et maintenant c'est que du bonheur

SPEAKER_02

Génial ouais en tout cas ça fait plaisir à entendre et t'as eu des moments forts sur ce chemin parce qu'on a pas mal parlé de la partie on va dire un peu plus introspection, le besoin qui a motivé le départ mais ça reste plus de 2000 kilomètres dans ton cas plus de 70 jours de marche donc je serais curieux de savoir s'il y a eu quelle surprise est-ce que tu as eu en cours de route je suppose qu'il y a forcément des choses que tu n'avais pas anticipé vu ton expérience précédente et comment est-ce que tu as géré tout

SPEAKER_00

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je ne sais pas comment je l'ai géré, ça s'est géré au fur et à mesure J'ai commencé à avoir froid. J'ai été rattrapée par la pluie. Ça se gère au fur et à mesure. En fait, la vie, le destin est tellement bien fait qu'on a une capacité d'adaptation, déjà, pour commencer. Et ça, c'est salvateur. Il faut bien le dire. On apprend à vivre en communauté. On apprend à... Comment dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

s'alimenter différemment, vivre différemment, à un autre rythme. Les grosses surprises, c'est d'être apte à marcher un marathon avec un sac de 10 kilos sur le dos et d'avoir un petit peu mal aux jambes le lendemain, certes, mais de pouvoir recommencer. De remettre pied à terre et de repartir et de prendre plaisir à être tout seul, à réfléchir, à rêvasser. C'est... C'est de passer d'un moment où il pleut, on est trempé, et je sais pas, deux bornes plus tard, il y a un grand soleil, un magnifique arc-en-ciel sur des falaises auxquelles tu t'attendais pas. Et là, t'as juste envie de pleurer tellement c'est beau, tellement tu y crois pas, tellement la nature est bien faite. Donc... Ouais, il y en a plein. Il y en a plein des moments dingues. Un moment, je sais pas, tu te réveilles et t'es dans les vignes et il y a un tel brouillard que tu te demandes si tu vas réussir à avancer et le soleil se lève là-dedans et c'est juste magique, quoi. Donc... Donc oui, si à ça tu rajoutes les petits moments de gentillesse des gens qui vont t'offrir à manger, t'offrir le café, discuter parce que juste c'est intéressant et c'est intriguant ce que vous faites et pourquoi vous le faites. Franchement, la vie est qu'une surprise. Il suffit juste de l'accueillir en

SPEAKER_02

fait. Tu me fais rêver là. Ça donne envie de se lancer demain. Franchement, ça vaut le coup. J'ai une dernière question peut-être sur Compostelle. C'est par rapport au fait que tu sois partie solo. Est-ce que le fait d'être une femme a été un challenge

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que tu as observé des comportements ou des réactions de surprise des gens qui te voyaient faire tes 2000 kilomètres toute seule

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Sur Compostelle, ça a été moins évident que sur celle d'après. Mais j'avoue que même déjà sur Compostelle, les gens étaient intrigués de voir une femme partir seule.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_00

J'avais un tout petit sac en plus, j'étais vraiment sous-équipée, donc ils étaient pour certains inquiets, pour d'autres juste intrigués. Souvent, les femmes sont un soutien. Alors, elles posent toujours la question de« est-ce que je suis vraiment seule

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que je n'ai pas peur

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

» Évidemment, parce que c'est les premières questions auxquelles on est confronté, je pense, quand on est une femme, en règle générale. Les hommes vont être un peu plus... Comment dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tatillons

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Un peu moins sympas au premier abord. Et puis, en fait, ils se rendent compte qu'on n'est pas... Moi, j'étais partie sur un coup de peut-être, mais qu'on n'est pas plus bête qu'une autre et qu'on avait un peu réfléchi au truc quand même, qu'on se met pas dans des situations dangereuses et que, voilà, enfin... En règle générale, ça va plutôt bien. Mais c'est vrai que sur Saint-Jacques, les gens étaient peut-être particulièrement bienveillants. Ensuite, j'ai fait un autre GR d'un peu plus de 2300 kilomètres. Et là, pour le coup, j'ai rencontré plus de récalcitrants au fait d'être une femme seule, avec des questions sur peut-être quelle était ma place à cet endroit-là. Et dans ce type de challenge, d'aventure... C'était moins bienveillant. C'était plus intrusif. C'était souvent relativement condescendant. Être une femme sur le chemin, c'est-à-dire que moi, je ne m'étais jamais posé la question. Je suis une femme. J'ai toujours été une femme. J'ai toujours été extrêmement autonome. Si mon mari ne veut pas venir avec moi marcher, je pars quand même marcher. Ça ne m'empêchera pas d'y aller. Ça ne m'était pas venu à l'esprit qu'une femme ne pouvait pas le faire. Évidemment, je n'avais jamais eu d'exemple, je n'avais jamais vu de femme le faire, je n'avais jamais connu d'exemple de ça, mais ça ne me semblait pas si hors norme ou si infaisable que ça. Et puis, au vu des différents retours, des petites piques, des retours des uns et des autres, c'est vrai qu'on se pose de plus en plus de questions de quelle est notre place dans ce type d'activité physique, et pourquoi je le fais, alors qu'on se pose pas la question, semblerait-il, quand on est un homme, pourquoi je le fais

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que j'en ai envie. Et quand on est une femme, on doit trouver une raison. Bah, en fait, j'en avais aussi envie. Mais ça suffit, semblerait-il, pas. Donc, il y a quand même des choses de cet ordre-là. Être une femme, il faut avoir de bons arguments pour partir marcher. Un homme, c'est normal. Il y a quand même tout ça. Il y a eu plus de questionnements ensuite. Et puis, bon, moi, je... Sur la deuxième rando, j'avoue que je dormais en plus dans une tente, seule. Donc ça a beaucoup questionné. Être une femme sur un chemin, en autonomie, seule, pose des questions. Mais il est temps qu'on se les pose. Et franchement, c'est super chouette.

SPEAKER_02

Génial. Alors, tu mentionnais justement cette deuxième aventure. Donc là, je pense que tout le monde a bien compris que Compostelle, pour toi, ça a été une expérience fabuleuse qui a fait naître cet amour pour la marche au long cours. Donc, qu'est-ce qu'il y a eu derrière

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Quelles ont été les autres expériences

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Et comment est-ce que tu vis ta passion

SPEAKER_00

aujourd'hui

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Écoute, en revenant de Compostelle, j'étais sur un petit nuage, il faut bien l'avouer quand même. Et donc, au vu de ce sourire qui ne cesse c'est d'illuminer mon visage. Mon mari m'a proposé qu'on parte en Nouvelle-Zélande pour marcher sur le Teararoa, qui est donc 3000 kilomètres qui traverse les deux îles de Nouvelle-Zélande. Donc, un mois plus tard, on était dans l'avion et on partait en Nouvelle-Zélande. Il nous a fallu un petit temps d'adaptation, évidemment. On commence à marcher. Une énorme tempête s'abat sur la Nouvelle-Zélande qui arrache une grosse partie du chemin. Donc, on se retrouve contraints et forcés d'arrêter. En plus de ça, mon mari s'était blessé au genou. Donc, ça nous arrangeait un peu de se poser. On décide de faire un petit break, d'attendre un peu, histoire de voir. Lui, il sent qu'il ne peut pas continuer. Moi, je ne savais pas trop. Mais pas de bol, le coronavirus nous a rattrapés. Et donc, on s'est retrouvés à rentrer en France suite à ce départ en Nouvelle-Zélande. On est donc rentrés en France quatre mois plus tard. Un petit peu déçus, évidemment, de ne pas avoir pu mener à bien notre projet, d'avoir été obligée de quitter ces îles. Mais pour le coup, c'était un rêve qui a un peu tombé à l'eau violemment. Donc, on est rentré en France en avril, non en mai. Et de là, il a fallu attendre la fin du confinement français pour repartir. Et donc, moi, j'étais... pas prête à vraiment dire adieu comme ça à la randonnée au long cours, j'avais pris une année un peu de break dans mon travail pour ça, pour me retrouver, me découvrir, me lancer vraiment là-dedans, et donc je suis partie sur le GR34, le sentier des douaniers, qui donc fait l'intégralité de la côte bretonne, donc en partant du Mont-Saint-Michel et en arrivant à Saint-Nazaire. Donc ça, ça a été mon nouveau challenge post-confinement, je suis Oui, en juin 2020, je suis partie pour faire à peu près 2300 kilomètres à pied en 81 jours exactement.

SPEAKER_02

et là c'était côté hébergement tu t'es organisée comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

c'était en tente ou t'as fait un

SPEAKER_00

mix

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

alors je savais qu'il y avait peu d'hébergement sur le chemin à proprement parler en plus de ça moi j'avais déjà fait Saint-Jacques où j'avais déjà beaucoup marché j'avais pas envie de recommencer exactement pareil j'avais envie de rajouter un petit challenge donc je me suis dit je vais prendre de quoi camper mais j'avais jamais campé de ma vie c'est à dire que si j'avais monté deux fois dans ma vie une tente de ce secondes, c'était vraiment le grand max, quoi. Donc là, je me suis dit, bah voilà, c'est parti. Je prends une tente et puis on verra bien ce qui se passe. Et donc, je suis partie en autonomie complète, pour le coup. Et j'ai attaqué le chemin... Alors, au début, il pleuvait beaucoup.

SPEAKER_02

Oui, tu étais en

SPEAKER_00

Bretagne. Oui, j'étais en Bretagne. C'est un cadeau, ça. Et il pleuvait beaucoup. Et puis, j'avais quand même une appréhension à monter ma tente. Je n'arrivais pas. Les appréhensions qui sont toutes bêtes. Mais comment on monte sa tente

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

À quel endroit on peut le faire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment on bivouaque

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment on fait pour se doucher

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et puis, pour cuisiner

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Donc, il y a tout ça qui sont venus un peu se péricliter dans ma tête. Ça a été un peu compliqué la première semaine. Je ne savais pas trop comment faire. donc j'ai plus dormi alors le premier soir j'ai dû dormir dans une auberge un truc comme ça après un gîte après j'ai dormi en camping et puis bon je savais monter ma tente et puis le temps a été plus clément donc de fil en aiguille j'ai planté ma tente un peu tout le long du chemin donc de temps en temps en camping pour évidemment pouvoir prendre une douche parce que quand même c'est sympa les douches et puis le reste du temps en bivouac en bivouac et alors là pour le coup j'ai découvert juste la liberté le bonheur j'apprends tous les jours mais à ce moment là j'ai vraiment reconnecté avec la nature avec soi et ça a quelque chose de c'est dingue franchement c'est dingue qu'à 30 ans on puisse apprendre des choses qui sont aussi basiques mais que j'avais vraiment jamais essayé dans ma vie tous les jours j'avais jamais testé quoi même si j'en avais rêvé j'avais jamais

SPEAKER_02

fait tu dirais que donc cette troisième expérience de marche au long cours, mais deuxième vraiment où t'es partie seule. En quoi est-ce qu'elle a été différente de Saint-Jacques

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, j'avais un sac qui était plus lourd. Et ça, c'est pas négligeable quand tu pars sur 2000 bornes. Les 5 kilos en plus que tu portes sont... Voilà. Ils existent, ils sont bien là, bien présents. Mais on s'y fait, c'est comme tout. Il y a moins d'hébergement, il y a moins de ravitaillement. Par exemple, pour acheter à manger, des choses comme ça, il faut... un peu plus s'organiser en amont. Après, je ne peux pas dire que j'étais très organisée. Je suis un peu partie, encore une fois, sur un coup de tête du jour au lendemain. Donc, ça se fait toujours, même en partant du jour au lendemain parce que moi, j'ai réussi. Maintenant, c'est moins facile. Franchement, il faut accepter d'avoir deux jours, deux jours et demi de nourriture dans son sac pour être sûre de ne pas lier à la petite supérette du coin qui est fermée. Il y a quand même des choses qui sont moins faciles à réaliser que sur Saint-Jacques. Il y a moins d'hébergement, il y a moins d'endroits pour manger. C'est moins simple. Mais par contre, il y a beaucoup plus de nature, il y a plus de moments où on est seul parce qu'il y a moins de monde sur le chemin. On est vraiment seul. Moi, j'ai passé des jours sans adresser la parole à personne. Donc, il y a plein de points positifs aussi au fait que ce soit beaucoup moins fréquenté.

SPEAKER_02

Et comment tu faisais

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

justement, pour tout ce qui est... Tu parlais tout à l'heure de... Tu vois, où camper, comment camper, etc. Moi, je serais vraiment curieux de savoir comment tu t'organisais. C'est-à-dire, est-ce qu'il y a des aires prévues sur le GR34

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que tu peux le faire à peu près n'importe où

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Comment t'as géré cette partie-là, en

SPEAKER_00

particulier

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

J'ai appris sur le terrain. Donc, j'ai appris que dans des zones comme des parcs nationaux, des parcs régionaux, tu n'as pas le droit de camper, tu n'as pas le droit de faire de feu. ça en gros tu peux pas le rater il y a des signalisations des panneaux de signalisation dès que tu rentres dans ces endroits là c'est très clair tu ne peux pas squatter et ça peut comprendre parce que bon ils veulent éviter qu'on détruise la faune et la flore de l'endroit bon ça... Dès qu'on le sait, on fait un peu plus attention et puis à ce moment-là, ce qu'on peut faire, c'est se déporter un peu du chemin. Le chemin, il est tracé de façon à ce qu'il y ait quand même de temps en temps des chemins qui en sortent et donc on peut aller dans un champ un peu plus loin, dans une forêt, des choses comme ça. Après, on apprend un peu sur le tard, c'est-à-dire que dès qu'il pleut ou dès qu'il y a un peu de vent, c'est chouette d'aller se mettre à l'abri, plutôt sous un couvert, quel qu'il soit, proche. d'un mur ou sous un couvert végétal parce que ça évite le froid, ça évite le vent c'est pas mal, ça protège quand même après c'est comme tout, on a tous des bons conseils, moi j'ai appris j'ai appris de mes erreurs, j'ai appris de ce que j'ai essayé, ce qui a fonctionné et ce qui n'a pas fonctionné le petit conseil le petit conseil plus mais que tous les randonneurs connaissent à peu près, c'est si vous cherchez de l'eau allez dans les cimetières ça y'a pas moyen tout le monde le sait, mais ne l'oubliez surtout pas. Restez pas en rate d'eau, quoi. Ce serait juste une grosse boulette. Après, moi, j'ai vraiment pas eu de mal à aller toquer chez les gens. C'est-à-dire que, bon, les Bretons sont particulièrement sympas et accueillants, mais voilà, aller demander de l'eau, les soirs où vraiment il n'y a aucun endroit où dormir, pas hésiter à aller taper à des portes et à demander si on peut pas planter la teinte. Ils ont l'habitude, hein.

UNKNOWN

Donc...

SPEAKER_00

J'avoue que j'ai aussi fait fi un peu de cette espèce de, comment dire, bonne éducation, un peu recroquevillée sur soi, à ne compter que sur soi. Bon, il y a des soirs, j'allais ouvertement taper à une porte, demander de l'eau, demander s'ils ne savaient pas où est-ce que je pouvais camper dans le coin. Et puis, en règle générale, ces gens-là, s'ils voient qu'on n'est pas... Enfin, voilà, moi, j'allais pas foutre le bazar toute la nuit, quoi. En règle générale, à 9h, t'es posé, à 10h, tu dors. Donc, ils t'ouvrent facilement leur jardin. il y a vraiment une entraide qui se crée Il suffit juste d'être gentil, d'être bienveillant, d'être poli

SPEAKER_02

et les gens, ils ont moins peur que ce qu'on imagine. C'est un bon tip, c'est ça. Le cimetière, tu vois, je l'avais en tête parce que c'est quelque chose pour ceux qui font de la route, du vélo, qu'on donne aussi comme tip parce que c'est vrai que quand tu pars sur des sorties de plus de 100 kilomètres, il faut prévoir le ravitaillement en eau. Pour ceux qui se posent la question pourquoi l'eau dans les cimetières, c'est tout simplement généralement pour les fleurs qui ont des points d'eau qui sont accessibles mais c'est un très bon point sur le fait de demander c'est vrai que tu vois spontanément je sais pas moi si j'oserais en fin de journée tu vois quand le le soleil commence à se coucher etc tout le monde est en train de rentrer chez soi je sais pas si j'oserais aller taper à une porte et demander comme tu l'as fait toi tu vois des conseils etc mais c'est vrai que t'as complètement raison à un moment donné il faut s'affranchir de ça et c'est peut-être là où tu fais les plus belles rencontres quelque part enfin d'ailleurs je sais pas si toi t'as des rencontres comme ça à partager des choses choses fortes que tu as vécues avec des gens que tu as croisés, que tu as abordés spontanément

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, j'ai eu la chance d'être invitée à dormir chez des gens. Ils m'ont plus couvert leur jardin, en règle générale. Ils t'ouvrent aussi leur maison. Ils te proposent un lit. Tu manges avec eux. tu y vas en demandant juste un peu d'eau et au pire un bout de jardin ou juste un endroit où tu peux poser ta tente sans que ça dérange et ces gens là ils t'offrent le gîte et le couvert avec bienveillance, avec gentillesse alors je peux pas dire que je le faisais tous les soirs parce que tous les soirs t'es pas dans le mood où t'as envie de partager ça il y a des soirs où t'es juste fatigué où t'as juste envie de poser ta tente et te poser au fond de ton sac de couchage et dormir direct mais c'est vrai qu'il y a des jours où tu fais fi un peu de cette fatigue et tu vas au devant des gens et tu discutes et tu partages ce que toi tu vis qui est un peu pour eux improbable et puis tu découvres d'eux tu découvres une région tu découvres une façon de faire de penser de réfléchir les bretons sont tellement accueillants tellement gentils que ça vaut vraiment le coup après voilà si ton instinct te dit tu restes pas ici tu restes pas ici c'est pareil il faut apprendre à se connaître si tu le sens pas il faut pas rester mais en règle générale même une femme seule moi j'ai jamais eu aucun souci

SPEAKER_02

c'est j'aime bien ce que tu dis sur l'instinct t'as un exemple toi de situation que t'as vécu où ton instinct t'a dit je reste pas là ou au contraire c'est vraiment l'endroit parfait j'aborde ces personnes

SPEAKER_00

je pense qu'il me tenait à distance des gens qui auraient pu me poser des questions problème après j'ai un exemple un jour où j'étais extrêmement fatiguée j'avais vraiment ça faisait deux grosses semaines que je marchais beaucoup que je m'alimentais peu inconsciemment mais j'ai il faisait très chaud je m'alimentais peu et donc j'ai fini j'ai fini ces deux semaines un peu un peu sur les rotules et j'avoue qu'en arrivant dans l'espèce de petit village dans lequel je me suis pointé il y a un gars qui m'a parlé qui a commencé à devenir un peu insistant et sur le coup je l'ai pas trop vu enfin j'étais j'ai en fait j'étais vraiment out et il m'a fallu un peu de temps pour m'entendre dire non mais ça va je vais trouver une solution ça va aller et puis l'insistance faisant j'ai trouvé une solution qui a été d'aller squatter dans un camping pour être tranquille en fait et une fois, une seule fois il m'a fallu mettre un gros là mais sans ça j'avoue que j'ai pas fait de mauvaises rencontres donc ça veut dire que d'une manière ou D'une autre, mon inconscient doit, ou mon subconscient d'ailleurs, doit me protéger de quelque chose. Mais hormis cette fois-ci, non, je n'ai pas eu de vrai coup de flippe. après des moments trop chouettes où t'as envie de rester avec les gens ou tu t'arrêtes pour discuter tu te dis ça va durer 5 minutes puis ça dure 3 heures donc tu finis pas ta journée mais c'est pas grave parce qu'en fait t'as rien prévu t'as rien réservé donc bon bah tu finis pas les je sais pas 35 kilomètres que t'avais prévu t'en as fait 22 bah c'est pas grave le principal c'est que t'es à un endroit où tu puisses te poser manger un petit truc et puis t'as passé une journée merveilleuse où t'as discuté pendant 3 heures avec avec un couple d'octogènes génères, qui marchent beaucoup, qui ont fait beaucoup de chemin de Saint-Jacques, qui sont allés jusqu'à Jérusalem, qui étaient juste extraordinaires. Et cette rencontre-là, je ne l'aurais jamais imaginée. Et puis, on ne sait pas pourquoi, on s'est croisés, on s'est recroisés, puis on a discuté, puis on ne s'est pas quittés pendant trois heures. Donc, il y a des petits moments magiques comme ça. Franchement, c'était

SPEAKER_02

dingue. Je trouve ça génial, tu vois, le fait de partir solo, mais malgré tout, de garder une main tendue vers l'autre et qu'aujourd'hui tu puisses nous raconter ces histoires de belles rencontres en tout cas ça fait chaud au coeur et puis c'est rassurant sur le fait que c'est possible encore tu parlais tout à l'heure des réseaux sociaux etc ou globalement je pense que tout le monde sera d'accord pour dire que ça spontanément on pourrait se dire que ça rapproche les gens mais en réalité peut-être que ça nous éloigne un peu plus les uns des autres mais donc c'est cool de voir que voilà toi ce que tu nous partages là c'est le fait d'avoir pris le temps et d'être allé à la rencontre des autres à travers tes rencontres tes marches donc franchement c'est

SPEAKER_00

super ouais ouais ouais c'est vraiment ça en fait c'est rester ouvert à l'inconnu et accepter en fait l'accepter tel qu'il est sans le filtrer avec Instagram en disant que c'est plus beau que ce que ce n'est, ou accepter qu'il y ait des moments de galère, et puis accepter qu'il y ait des moments de super grosse joie, vivre l'émotion telle qu'elle est sans filtre, sans rendre le moment plus beau ou plus fort, ou juste pour qu'il fasse un buzz, ou pour que les gens t'envient. Moi, je n'ai pas envie que les gens m'envient, en fait. J'ai envie que par cet exemple, par cette idée qu'une femme puisse partir sans prendre de risque et ben on puisse tous le faire et c'est pas de l'envie en fait moi ce que j'aimerais montrer aujourd'hui c'est que devenir un exemple ou créer un modèle c'est pas pour que les gens aient envie d'être moi c'est pour que les gens aient envie de le faire et qu'ils le fassent qu'ils se retrouvent qu'ils soient plus sûrs d'eux à la fin qu'ils se fassent moins manger par une société consumériste mais juste qu'ils se retrouvent en se disant ça ça m'intéresse dans la société d'aujourd'hui ça ça m'intéresse moins qu'est-ce que je veux porter qu'est-ce qui m'intéresse pas j'ai pas envie de faire de jaloux j'ai juste J'ai juste envie que les gens, aujourd'hui, ils s'écoutent eux et qu'ils se lancent dans ce qu'ils ont envie de faire. C'est plus ça, en fait. Et c'est vrai que les réseaux sociaux, c'est pour taper sur aucun réseau social en particulier, mais c'est vrai qu'on peut tellement ponctuer sa vie de moments chouettes, mais qui, si on regarde dans sa globalité, n'étaient pas si chouettes que ça, mais on y a mis un beau filtre et on a mis un super sous-titre, et donc c'était génial. Mais c'est un moment donné dans une vie et t'as l'impression que ta vie, que leur vie... n'est qu'une sorte de film extraordinaire. Or, ils font exactement la même chose que nous, sauf qu'on ne sait pas comment, à un moment ou à un autre, ils prennent une photo, ils la postent, et on croit que leur vie est dingue. Je ne sais pas si c'est ça que j'essaie de montrer, mais sur les réseaux sociaux, je n'ai pas de filtre. Je ne mets pas de filtre, je mets la photo qui, pour moi, a représenté la journée, même si ce n'est pas la plus belle de la journée. C'est celle qui représente l'émotion, c'est celle qui représente ce que moi j'ai vécu, sur ce que j'écris sur mon blog c'est ce que moi je ressens c'est ce que moi je pense c'est pas ce que les gens ont envie de lire c'est toutes les questions que je me suis posées et donc les petits tips sont en me disant bon bah pour éviter les ampoules moi je fais comme ça peut-être ça marchera pour vous peut-être ça marchera pas mais en tout cas c'est une idée en plus c'est une information en plus voilà le but c'est vraiment ça c'est de réussir à montrer la vraie vie les vraies aventures pas juste la photo qui fait rêver mais juste la réalité et ça s'infiltre de temps en temps ça fait aussi du

SPEAKER_02

bien ouais ouais je suis 100%

SPEAKER_00

d'accord avec toi

SPEAKER_02

alors tu viens de mentionner ton blog et pour pas le nommer t'as aussi un compte Instagram histoire de voyage je mettrai tout ça dans la description de l'épisode mais c'est quoi la suite pour toi en termes de partage comment est-ce que tu veux transmettre ta passion pour la randonnée la marche au long cours à une audience peut-être un peu plus large au-delà du podcast Les

SPEAKER_00

Frappés évidemment je compte

SPEAKER_02

beaucoup sur ton podcast alors moi

SPEAKER_00

j'avais je suis revenue de Saint-Jacques avec qu'une seule chose en tête c'était de partager de partager ce que moi j'avais découvert ce que j'avais envie de enfin je sais pas j'avais envie juste de montrer aux gens que c'était faisable que sans être une personne surhumaine en étant juste une personne lambda qui avait aucune habitude de randonner qui savait même pas avec quoi partir dans son sac on peut le faire il suffit juste de se faire confiance et ça ça m'a semblé primordial et j'ai voulu partager c'est pour ça qu'est né le blog c'est comme ça qu'est né la page Instagram et c'est C'est comme ça qu'aujourd'hui naît le projet de BD. Je suis en train d'écrire une BD sur ce premier cheminement sur Saint-Jacques et puis on découlera une seconde sur le cheminement en Bretagne. Voilà, c'est ma petite contribution à moi. Comment partager un projet de cet ordre-là qui a été ponctué de magnifiques paysages, d'introspection. Ben voilà, la BD. La BD, l'écriture. J'ai beaucoup... J'ai beaucoup lu, je lis beaucoup. Je ne me sentais pas d'écrire un livre alors que j'ai beaucoup d'affinités pour la lecture, on va dire. Et je ne me sentais pas d'être la xième ou le xième auteur d'aventures, de romans. J'ai voulu faire autre chose. J'ai voulu faire quelque chose qui me tenait à cœur. Et la bande dessinée, pour moi, c'est un médium qui est juste parfait. Ça mêle deux de mes passions, les arts. et la lecture en règle générale, l'écriture c'est un travail d'équipe parce que moi j'écris le scénario et j'ai décidé de travailler avec une illustratrice afin de ne pas bosser seule sur ce projet d'avoir un point de vue extérieur et aussi un retour critique de ce que j'ai vécu, de ce que je propose ça, ça m'intéresse moi qui fais beaucoup de sport d'équipe j'avoue que d'avoir un retour de son ou ça coéquipière c'est pas mal quand même même si j'ai choisi la solitude de marcher seul et tout et tout c'est quand même pas mal de le partager en tout cas ce projet-ci et puis et puis on verra ouais le but c'est de le partager de le partager au plus grand nombre donc il y a plein de projets en plus de la BD j'ai monté avec deux autres marcheurs une association de marcheurs au long cours qui s'appelle les marcheurs fous et donc le but c'est de créer une communauté autour de cette activité sportive c'est de créer de mettre en commun en fait un savoir-faire des petits tips on est nombreux à avoir fait plein de chemins donc s'il y a des gens qui veulent savoir comment on fait le PCT aux US et bien il suffit de venir nous voir et puis on pourra vous donner le contact de la personne qui l'a fait en France et qui peut aujourd'hui vous donner tout plein de conseils et puis si vous avez des conseils sur comment on marche en ultralight ou comment je sais pas comment on part alors qu'on est une femme seule ou comment on part alors qu'on est en couple tout ça c'est des questions qui se posent et par chance, on commence à être une bonne petite communauté et donc on n'a pas réponse à tout, mais en tout cas, on essaie de communiquer autour de ça, de donner de la visibilité, tout simplement d'aider des gens à passer outre ces fameux freins et juste à se découvrir au travers de la marche. Il y a quelque chose de l'ordre de la méditation, de l'introspection, mais plus que ça, c'est un moment magique qu'on s'accorde de marcher si longtemps, de faire fi, de temps en temps, quand même, des douleurs, et on en sort grandi. Donc nous, aujourd'hui, on sait qu'on est une communauté, on commence à la créer, et on espère qu'elle ne va cesser de grandir, parce que plus ça va aller, plus les gens vont se rendre compte qu'on peut le faire, et que ça vaut le coup de le faire. Donc c'est tous ces projets de partage. J'avoue que je suis aujourd'hui portée par ça, par l'envie de partager ce que moi j'ai découvert, ce en quoi je crois, Et si ça peut donner, je sais pas, un petit élan à d'autres personnes, alors j'aurais gagné toute ma vie, je pense.

SPEAKER_02

C'est des superbes projets. Les Marcheurs Fous en particulier, vous en êtes où dans la phase de mise en place de la structure

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

On peut déjà, je ne sais pas, vous suivre, devenir membre

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Parce que je trouve ça génial. En tout cas, moi, je serais hyper intéressé pour en

SPEAKER_00

savoir plus. Écoute, les Marcheurs Fous a eu sa première réunion il y a maintenant deux semaines. On doit être une grosse vingtaine d'adhérents maintenant

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Donc, pour rien de caché, en tout et pour tout, c'est tous les marcheurs français, enfin, pas tous, mais une grosse partie des marcheurs français au long cours de France et de Belgique, puisqu'on a des Belges. On est en train de monter des... pages de réseaux sociaux, évidemment, Facebook, Instagram. On sera bientôt présents sur tous ces réseaux. En attendant, il suffit de me contacter via ma page Instagram ou Facebook où on sera ravis de répondre à toutes les questions sur cette association en attendant de monter enfin un site Internet, une page Instagram, une page Facebook et

SPEAKER_02

tout et tout. Génial

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

Génial. Franchement, c'est super. Aux États-Unis, tu disais que c'était beaucoup plus structuré. C'est quoi qui te fait dire ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est le fait qu'il y ait un terme pour la marche au long cours, que ce soit une discipline reconnue, qu'il y ait des

SPEAKER_00

structures

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, je ne le dis pas moi en tant que Jeanne Faucneau que c'est plus structuré. Je dis juste qu'en tout cas, il y a des choses qui se font autour de ça, c'est-à-dire qu'il existe au moins trois grands trails aux États-Unis. ils sont connus, alors ils sont connus de nous marcheurs au long cours, parce qu'évidemment, ça nous passionne, mais ils sont connus des Américains en règle générale. Donc, Déjà, ils ont pris le parti de créer trois trails qui sont immenses. Ils font entre, je ne sais plus, mais ça doit être entre 3 et 4 500 kilomètres. C'est que des très longs trails. Après, ils ont le pays qui va avec, on est d'accord, mais c'est très connu, c'est très emprunté. Il faut imaginer que le PCT, aujourd'hui, on ne peut le faire que si on s'inscrit en amont et qu'on a une validation, ce qui signifie qu'aujourd'hui, sur Saint-Jacques, on peut partir quand on veut, où on veut. Là, le On part d'un point A à une date donnée, à une heure donnée, de façon à ne pas être trop nombreux sur le trail. C'est quand même connu. Il y a quand même plus de choses qui se font. Il y a plus de communautés autour des marcheurs au long cours. Il y a plus de matériel ultralight aux Etats-Unis qu'en France ou en Europe. C'est une activité sportive en soi. Les gens la connaissent. Ils l'appréhendent plus ou moins... parce que tout le monde n'a pas d'appétence pour la marche en long cours. On n'est pas tous pareils, il y a encore une chance. Mais en tout cas, ils ont quand même tendance à... à l'essayer en tout cas être plus nombreux à le faire ça semble être une évidence

SPEAKER_02

tu peux me parce que j'en ai deux en tête mais je crois que je connais pas le troisième je connais l'Appalachian Trail le Pacific Crest Trail ouais et je sais pas quel est le

SPEAKER_00

troisième le CDT alors le CDT je saurais pas te dire ce que c'est mais c'est le troisième je pourrais te retrouver le nom du CDT

SPEAKER_02

ok 3100 miles donc ça fait 5000 kilomètres ça quelque chose comme ça et euh Ça passe par les Rocky Mountains. OK. D'accord. Ah oui, OK. Bon, je ne l'avais pas en tête, celui-là. Oui, effectivement, c'est du très long,

SPEAKER_00

là. Oui, c'est vraiment... Et encore, il y a le Transcanadien. Il y en a tellement. C'est... Les États-Unis en règle générale ont un parcours quand même plus développé autour de la marche au long cours. Et c'est pour ça que c'est porteur aujourd'hui de nous se projeter en tant que communauté tournée vers la marche au long cours avec ce que ça apporte comme redécouverte de notre environnement, de consommer de façon plus qualitative, d'être plus proche des acteurs locaux, de découvrir un tourisme de façon de façon beaucoup plus ponctuelle, beaucoup plus durable. Le simple fait de ne pas consommer tout simplement de pétrole pour se déplacer, c'est sûr que déjà, c'est environnementalement... Bon bref, c'est mieux. Ce mot est beaucoup trop long. Après, évidemment, je pense que... Je pense qu'aujourd'hui, on a toute notre place et c'est aussi pour ça qu'on le fait. C'est parce qu'on s'est sentis, nous, isolés quand on s'est projetés avec Périne et Victor, avec qui j'ai monté l'assaut. On s'est sentis isolés dans notre projet de marcher longtemps. Donc, comment faire pour rompre cet isolement

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Créer une communauté, ça nous semblait évident. Ça n'a pas été si facile à porter que ça. Les marcheurs au long cours, ce n'est quand même pas des divas, en règle générale. Ce n'est pas des influenceurs ou des influenceuses Instagram. c'est pas facile de les trouver je pense qu'on en manque encore beaucoup mais plus ça va aller et plus on les touchera c'est pas si simple que ça et en même temps ça vaut tellement de coup d'avoir déjà de parler en tant que de parler avec des gens qui sont passionnés du même sport c'est quand même magique et c'est pas si simple que ça quand on ne se connait pas et puis on le sait maintenant l'isolement c'est terrible les deux confinements nous ont montré qu'on n'était pas fait pour vivre tout seul et pour faire nos trucs dans nos coins. Alors, on a beau être tous un peu des loups solitaires à marcher tout seul sur nos sentiers de grande randonnée et tout, partager ça, pouvoir le faire découvrir aux autres, des gens qui ont des freins, qui n'osent pas bivouaquer, qui se posent des questions de comment on fait, pourquoi pas venir nous retrouver sur une partie du GR en disant, écoutez, venez passer trois jours avec moi et puis comme ça, à la fin, vous saurez bivouaquer, vous saurez randonner, vous saurez quelle capacité vous avez à marcher 20-30 km par jour ou plus, vous saurez ce qu'il faut emmener dans un sac c'est tous des petits exemples comme ça, ouvrir notre activité physique à tous c'est magique moi je l'ai fait pendant que j'étais en Bretagne j'ai ouvert ce projet à de la famille et à des personnes que je connaissais ni d'Eve ni d'Adam mais qui m'ont demandé via les réseaux sociaux et à chaque fois j'ai dit oui et à chaque fois ces gens là aujourd'hui c'est des gens qui marchent toujours, alors qu'on n'a pas encore fait de randonnées longue distance parce qu'on n'en a pas eu la possibilité avec le deuxième confinement et puis là la situation sanitaire n'est pas vraiment au beau fixe pour pouvoir faire ça mais c'est des gens qui marchent toujours c'est des gens qui ont renoué avec cette activité sportive là voilà je pense que c'est exactement pour ça que je monte ce type de projet c'est pour partager peu importe la durée peu importe à quelle intensité en tout cas le simple fait de partager avec des passionnés avec des gens qui veulent juste découvrir avec des néophytes avec des gens qui n'ont pas les mêmes centres d'intérêt que nous c'est génial en fait c'est ça qui est magique c'est enfin moi je pense que je pense qu'on a tout à gagner à ouvrir notre pratique et nos projets à tout le monde en fait

SPEAKER_02

c'est clair ça c'est clair et encore une fois moi je suis convaincu qu'il y aura un intérêt à mettre en avant cette pratique aussi donc c'est vraiment génial et je trouve ça d'ailleurs un peu fou que ça n'existe pas déjà tu vois je te rejoins sur le fait que c'est vrai que quand tu te lances sur du alors moi j'ai pas fait des longs cours comme toi en solo mais je pense que si tu demandes à peu près à n'importe qui quelle est l'image de la randonnée que tu as c'est plutôt activité de retraité tranquille en sandales l'été alors que pas forcément c'est peut-être une des activités au long cours en tout cas c'est sûr une des plus challengeantes du fait de l'engagement que ça demande je discutais il n'y a pas longtemps son épisode est diffusé déjà avec Steve Faruja qui nous parlait de sa traversée de l'Islande en autonomie totale il t'en parle il parle de la fin la vraie fin et il explique que c'était absolument atroce ce qu'il a vécu et je ne sais pas s'il y a d'autres disciplines où tu peux vivre ce genre d'expérience la solitude, le fait de voir absolument personne pendant des jours et des jours. Je trouve ça génial que tu t'investisses pour mettre en avant la discipline et créer cette communauté. S'il y a des marcheurs au long cours, en herbe ou expérimentés qui nous écoutent, n'hésitez pas à prendre contact avec Jeanne. Encore une fois, je mettrai tout ça dans la description de l'épisode. Trop chouette, merci. Principalement ton compte Instagram, c'est le plus

SPEAKER_00

pratique

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, Histoire de Voyage, c'est vraiment le plus simple. C'est le canal le plus direct Pour

SPEAKER_02

commencer, en tout cas, oui. Ok, super. On mettra tout ça. Excellent, excellent. Écoute, Jeanne, on arrive au bout. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu voudrais partager pour conclure notre échange

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, j'aurais un milliard d'autres choses à dire parce que c'était trop bien, mais juste peut-être aujourd'hui, les femmes continuent à se battre pour leurs droits et on a un milliers de devoirs, tous êtres humains tels qu'on est peut-être qu'il est temps de reconnecter avec qui on est en faisant attention à notre environnement parce que c'est lui qui nous porte et donc la randonnée au long cours c'est aussi pour ça que je m'y sens aussi bien après le fait d'être une femme seule il est peut-être temps qu'on ait plus de modèles, d'aventuriers, de marcheurs, de femmes engagées dans ce type d'aventure, parce qu'on en voit tellement peu. Et peut-être qu'aujourd'hui, il y a une gamine de 15 ans qui m'écoutera et qui se dira« En fait, c'est carrément faisable. Elle l'a fait, pourquoi pas moi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

» Et elle se trouvera, elle trouvera sa voie. Alors, c'est peut-être pas marcheuse, sa voie, mais en tout cas, c'est un moment qu'elle aura pris pour elle. Et tous ces freins liés à notre sexe, c'est... ultra dommageable mais pas que pour nous c'est ultra dommageable pour la société et c'est aussi ça que je veux passer c'est que être une femme ça nous rend pas plus faible ça nous met pas plus en danger au contraire ça peut nous ouvrir des portes ça peut nous permettre de rencontrer plus de gens alors de là à dire que je veux devenir un modèle ou un exemple je pense pas j'ai pas cette prétention mais en tout cas sortir de cette case de la femme frêle qui doivent faire attention à ce qu'elles disent, qu'elles portent sous prétexte qu'elles vont se faire violenter. Mais non, en fait, il faut en sortir. On n'a pas à avoir peur, en fait. On n'a plus à avoir peur. Et voilà, si moi, mes marches au long cours, elles peuvent porter le fait que nous aussi, on peut le faire, qu'on peut tous le faire et que ça vaut vraiment le coup d'être testé pour soi, pour... pour l'importance de l'activité physique dans la vie, pour l'importance de l'agriculture qui nous entoure et dont on ne se rend pas compte sauf quand on marche à 8h du matin et que les agriculteurs sont déjà dans leur champ, ils sont déjà en train de s'occuper de leurs bêtes. Tout ça, on s'en rend compte à ce moment-là. Être juste heureuse de voir un petit scarabée passer sur un chemin parce qu'on n'a croisé personne pendant trois jours et que c'est la première âme qui vive, tout ça, ça vaut le coup. Ça vaut le coup d'être dit, ça vaut le coup d'être probable entendu et si je peux le partager, si je peux le faire découvrir, je continuerai. Je continuerai et j'espère que ça apportera d'autres personnes

SPEAKER_02

que moi. Merci Jeanne, très très beau message. Un grand grand merci pour cet échange, j'ai adoré cette éloge de la lenteur, de la reconnexion, de l'introspection, le fait de s'écouter et d'oser se lancer, c'était juste hyper inspirant comme histoire et je suis sûr que ça parlera beaucoup beaucoup d'auditeurs et d'auditrices donc encore une fois merci beaucoup pour ton temps merci à toi merci tu fais pour la création de cette communauté de la marche au long cours en France en tout cas dans l'univers francophone puisqu'on a déjà des amis belges et puis écoute j'espère à très bientôt pour de nouveaux récits de nouvelles aventures moi aussi merci beaucoup Jeanne tout le meilleur

SPEAKER_00

pour la suite encore

SPEAKER_02

merci à toi Loïc salut

UNKNOWN

C'est parti!

SPEAKER_02

Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pros ou persos. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact.lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'à commentaires. Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao

UNKNOWN

!