J'ai trouvé ce que j'étais venu chercher, mes limites, tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que sinon, les autres journées ont été entre moins 15 et moins 20. Mais le moins 33 sous-abri et le moins 45 ressenti, là, c'est une autre histoire. C'est une autre histoire. Avec le recul presque de l'instinct de survie, tu vois ce que je veux dire
UNKNOWN?
SPEAKER_01Eh bien, écoute, c'est parti. Bienvenue, Arnaud, sur le
SPEAKER_00podcast. Je te remercie
SPEAKER_01beaucoup, Loïc. Merci, c'est gentil. Ravi de t'accueillir. J'ai réussi, finalement, après des mois à rester en contact. En tout cas, c'est vraiment super cool que tu prennes le temps. Je sais que tu es occupé entre tes différents projets. Donc, c'est vraiment super sympa que tu puisses te libérer un petit peu pour partager ton parcours avec nous. Et d'ailleurs, je te propose de peut-être commencer par ça, nous expliquer qui est Arnaud, d'où tu viens et ce que tu fais aujourd'hui.
SPEAKER_00Écoute, j'ai toujours beaucoup de mal à répondre à cette question parce que je fais pas mal de choses et je me laisse souvent porter par la passion plus que la raison. À un moment donné, quand les choses commencent à prendre d'un côté et d'un autre, ça fait beaucoup de choses à faire dans une journée de 24 heures. Voilà qui je suis. J'ai 47 ans, 48 bientôt, passionné par le cyclisme, que j'ai commencé à l'âge de 19 ans. dans les compétitions donc en compétition d'ailleurs pas du tout d'une autre manière j'ai connu moi le premier contact avec le cyclisme c'est la compétition dans laquelle je m'étais donné jusqu'à 25 ans pour passer professionnel donc avec le recul c'est très très court en 6 ans sans avoir d'expérience de passer professionnel mais à 25 ans j'étais en élite donc à 25 ans j'étais au plus haut niveau amateur mais à l'époque c'est C'était tout début des années 2000, fin des années 90. Les structures d'EDN n'étaient encore pas mises en place. Et donc, même si j'avais quelques résultats au niveau régional, il n'y avait pas de possibilité de passer professionnel. Donc, c'est à ce moment-là que je suis rentré dans la vie active. J'ai terminé, on va dire, ma carrière, mais j'ai arrêté de faire des compétitions sur une tentative de record de l'heure. J'avais déjà cette envie de notion de dépassement, de goûter à des choses un petit peu ultra et exigeantes. Donc, en tout cas, j'ai toujours fait, même si je n'ai pas connu le professionnalisme, j'ai toujours fait les choses avec beaucoup de rigueur et beaucoup d'engagement et de passion. Et puis, je suis rentré dans la vie active et toute l'énergie que je mettais dans le cyclisme, je l'ai mise dans mon business puisque j'avais créé deux agences immobilières à Lyon. Et donc, je bossais 7 jours sur 7, beaucoup d'engagement dans la vie professionnelle. Et puis, une opération d'une hernie aiguïnale, le médecin me dit, tu devrais refaire un petit peu de sport, faire un petit peu de vélo. et ben voilà je suis remonté sur un vélo 7 ans 7 ans après 8 ans 8 ans après l'avoir posé mais quand je te dis 8 ans après l'avoir posé c'est que pendant 8 ans je ne suis pas monté sur un vélo donc j'ai repris le vélo et alors déjà j'ai pris une claque parce que la technologie des vélos avait énormément évolué avec des ronds de carbone tout ce qui était consacré aux professionnels quand moi j'ai arrêté était descendu au niveau régional et donc j'ai repris une licence en UFOLEP Première course, je me fais larguer au bout de deux tours. Et deuxième course, je gagne. Et le week-end d'après, je gagne. Et puis après, je regagne. Et après, c'est parti, tu mets le doigt dedans. En 2010, je fais une très, très grosse année où je gagne beaucoup d'épreuves, dont une par étape. Mais j'avais déjà cette lassitude de faire des courses tous les dimanches avec les mêmes personnes autour du clocher au final sans avoir vraiment de sens. Et c'est là que j'ai commencé à chercher sur le net une aventure je me souviens de taper aventure à vélo et je suis tombé sur cette crosse américaine dont on parlera et là j'ai mis le doigt dans l'ultra et je peux dire 11 ans après que ça a complètement changé ma vie voilà et puis derrière sont arrivés les podcasts enfin bon on va en parler mais vraiment la découverte de l'ultra a vraiment changé ma
SPEAKER_01vie ouais c'est ça c'est que plus que c'est court c'est devenu aujourd'hui et peut-être que tu peux nous en dire un tout petit peu plus sur ton activité puisque ta vie active à toi aujourd'hui c'est enfin si je ne me trompe pas c'est plus du tout le salariat on a eu la chance de travailler ensemble toi et moi mais aujourd'hui c'est un métier passion tu vis de ta passion tous tes projets c'est ce qui te nourrit si je ne me
SPEAKER_00trompe pas bah écoute je peux dire aujourd'hui effectivement que je vis de ma passion c'est un peu bizarre de dire ça parce que j'ai tout plaqué j'ai tout plaqué en me disant bah voilà parce qu'on a beaucoup de chance en France c'est qu'on a un incubateur qui est extraordinaire qui est Pôle Emploi et je me suis dit tu as deux ans pour tout mettre en oeuvre et faire les choses le mieux possible pour que dans deux ans tu puisses vivre de ta passion et écoute juste après qu'on se soit croisé effectivement à Paris on a eu l'occasion de travailler ensemble quelques temps j'ai tout plaqué en fait très clairement j'avais un très très bon poste après à Apple j'ai travaillé pour une société espagnole où j'avais un poste extraordinaire j'étais country manager donc responsable de la France responsable commercial de la France pour développer l'entreprise donc un bon poste mais j'aurais eu des regrets je pensais que c'était le bon timing en fait pour me lancer et sur la Recycross France et sur les podcasts que j'avais lancés et j'avais cette idée de café vélo qui est devenue grimpeur aujourd'hui sur Lyon donc tu vois trois activités je n'arrive pas à faire qu'une chose je ne sais pas faire qu'une seule chose voilà Et je me suis dit que ces trois axes-là, j'allais faire le maximum pour que deux ans au bout de mon chômage à Pôle emploi, je puisse vivre de ma passion et de toute l'expérience que j'avais acquise dans l'ultra-distance. Et je peux dire aujourd'hui que je vis de ma passion. Donc, c'est juste extraordinaire.
SPEAKER_01C'est fabuleux. En tout cas, ça fait super plaisir à entendre parce que c'est vrai que je me rappelle de nos conversations où à l'époque déjà, tu me faisais rêver. Donc, c'était il y a quatre ans. Avec tes différents projets, c'était le tout début de Race Across France. Exactement. C'était encore la phase où tu montais la structure, tu cherchais des partenariats, je me rappelle, avec les villes, les villes d'accueil, les villes d'arrivée. Donc, c'est juste génial de voir qu'aujourd'hui, tu t'es donné les moyens et ça a pris. Donc, franchement,
SPEAKER_00top. Sur Race Across France, je te laisse me poser les questions, mais j'allais partir.
UNKNOWNVas-y, vas-y.
SPEAKER_00Sur Race Across France, c'est particulier parce que c'est vraiment… c'est vraiment quelque chose que j'ai en moi, cette épreuve. C'est-à-dire que la vision de ce qui se passe aujourd'hui, le fait que la Race Across France intègre la haute route, donc c'est ce que je dis aux partenaires qui me contactent depuis, c'est que tout a changé parce qu'effectivement, j'ai vendu le concept, mais rien n'a changé au final parce que je suis toujours attaché à la course et c'est toujours moi qui l'organise. Mais cette épreuve, effectivement, quand je l'ai lancée, tout le monde me regardait, personne n'y croyait. Personne n'y croyait. Une course d'ultra de 2500 km en France, une niche avec 42 participants seulement au départ. Je me souviens précisément de la personne, dont je ne dirai pas le nom, que j'avais démarché pour qu'elle m'accompagne à développer l'épreuve, qui m'a répondu, c'est un super projet, mais tu reviendras me voir quand ça marchera. Donc, tu te doutes bien que, bien évidemment, je ne retournerai pas voir cette personne, mais j'y ai cru dès le départ. C'est-à-dire que vraiment, quand j'entendais... pas des mentors, mais des gens qui m'inspiraient écouter leur parcours, et quand ils décrivaient que c'est quelque chose qu'ils avaient en eux, je comprends, parce que la Race Across France, j'y ai toujours cru, et je me souviens précisément de cet entraînement que j'ai fait autour de Lyon, où j'ai eu le déclic, et je me suis dit, mais Arnaud, c'est ça qu'il faut que tu fasses, en fait. Je suis rentré chez moi après mon entraînement, et j'ai dit à ma compagne, mais en fait, je vais créer la Race Across France, et ça va marcher, parce qu'on va faire comme ça, comme ça, comme ça. Donc ce qui arrive aujourd'hui sur la Race Across France, la vision, elle déjà été écrite il y a 4 ans ce qui se passe n'est pas une surprise quelque part
SPEAKER_02pour moi
SPEAKER_00c'est quelque chose que j'avais écrit et ce qui va arriver dans les années à venir c'est déjà écrit en fait donc bien évidemment après il faut s'adapter il faut être flexible tout ça mais pour le moment écoute j'avance avec cette épreuve et elle me porte complètement donc c'est le début c'est que le début d'une
SPEAKER_01belle histoire ah tu nous fais rêver là ça c'est du teasing ça me fait penser tu Tu vois, deux épisodes que j'ai faits avec deux entrepreneurs aussi à succès qui ont, comme toi, créé des projets et qui très rapidement ont pris. Stan Gruau, le CEO d'Explora Project et Anthony Bourbon, le CEO de Feed. Et ils disaient exactement comme toi, c'est-à-dire que ce que le grand public voit de leurs projets respectifs aujourd'hui, en fait, c'est le résultat de leur vision qu'ils ont écrite il y a 5, 6, 7, 8 ans en
SPEAKER_00arrière et qui
SPEAKER_01se met en place aujourd'hui. Donc, c'est vachement intéressant d'entendre ça. Alors, pour les auditeurs et auditrices qui sont dans le cyclisme Race Across France, je pense que ça devient un événement un petit peu incontournable sur la scène française. Mais tu as évoqué, en tout cas, si je ne me trompe pas, ce qui a été ton graal pendant un moment, qui est la Race Across America. Est-ce que tu pourrais peut-être commencer par nous expliquer qu'est-ce que c'est et quel a été ce milestone pour toi dans ta
SPEAKER_00vie
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, ça a été un vrai changement. Franchement, je m'attendais à ce que cette épreuve soit l'aboutissement de quelque chose. Et en fait, ça a été le début de quelque chose. Alors, la Race Cross America, ça consiste à traverser le continent nord-américain d'ouest en est en une seule étape, en un maximum de 12 jours, où il y a un point de départ, un point d'arrivée. Et c'est en gros, une fois que le départ est donné en individuel, on n'a pas la possibilité de rouler à plusieurs. C'est le premier qui est arrivé de l'autre côté du continent. Donc, la course fait 5000 kilomètres. On traverse les rocheuses, les déserts de l'ouest américain, les terres rouges et ensuite on traverse les plaines du Kansas pour aller chercher l'humidité et la chaîne de montagne des Appalaches et d'arriver entre Washington et Baltimore alors que le point de départ est juste en dessous de Los Angeles pour faire cette épreuve il faut s'être qualifié et donc effectivement j'ai découvert cette épreuve en 2010 j'ai toujours dit que je la ferais que je la finirais et donc je l'ai fait en 2013 par équipe de deux Vraiment pour observer, pour voir. Et là, je me souviens encore quand je suis arrivé sur le parking, j'ai pris une claque monumentale quand j'ai vu les moyens financiers qui étaient consacrés à certaines équipes. Mais en fait, je me suis dit, mais en France, on est à 100 000 lieux d'imaginer ce qui existe aux Etats-Unis et c'était la 35e ou la 32e édition. Donc, on ne connaissait pas du tout cette épreuve. Il n'y avait que 4 Français, je crois, qui l'avaient fini en solo. T'imagines
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et donc, je Je l'ai terminé en 8 jours et 2 heures, je crois, en 2013. Et j'ai connu, juste après cette épreuve, on ne va pas dire une dépression, mais un peu le blues de ce que connaissent beaucoup d'athlètes. Moi, j'en parle beaucoup dans mon podcast, mais ce que connaissent beaucoup d'athlètes, c'est-à-dire la dépression après l'événement. C'est-à-dire que tu as une vraie descente où tu n'as plus trop d'objectifs, plus trop de repères. Et là, moi, le mois de septembre-octobre était vraiment terrible, terrible après cet événement parce que je savais… Je me disais, c'est quoi la suite en fait
UNKNOWN?
SPEAKER_00Qu'est-ce qu'on fait derrière
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et c'est là que j'ai rappelé tous mes équipiers. Je leur ai dit, écoutez, on y retourne. Mais cette fois-ci, je vais au bout de l'aventure. Je l'ai fait seul. Alors, ça paraissait un truc de folie parce que moi, je n'avais jamais fait d'ultra. Tu vois, pour certains, la Race Across America, c'est l'aboutissement de quelque chose. C'est la finalité d'un chemin de cycliste ultra distance où c'est le Graal. Moi, la première ultra que j'ai fait, c'est celle-ci. Moi, je me suis dit, je n'ai pas envie d'aller faire une traversée de la France, une diagonale, je ne sais pas quoi. brevet de je ne sais pas quoi je me suis dit non si la plus grosse c'est celle-ci je vais faire celle-ci en fait et puis les Etats-Unis ça fait rêver beaucoup de personnes tu vois et donc je me suis inscrit en 2015 et je me suis entraîné tout en travaillant chez Apple sans prendre un jour de congé donc je faisais sans demander d'aménagement de planning donc j'ai fait en fonction de mes horaires si je prenais à midi j'allais m'entraîner dès 6h le matin et si je finissais plus tôt j'allais m'entraîner le soir Et si je ne bossais pas les week-ends, je faisais 12 heures, entre 8 et 12 heures de vélo par jour le week-end pour prendre du foncier. Et je suis arrivé au départ comme ça, de cette épreuve, avec une concentration énorme. Et quand j'y repense, j'avais un niveau d'engagement. J'aurais pu finir en rampant, je pense. C'est-à-dire que pour moi, en fait, la sensation est assez bizarre à décrire, mais j'en ai les frissons d'en reparler parce que sur la ligne de départ, il n'y avait pas d'après pour moi. C'est-à-dire qu'il y avait la Race Across America et il n'y avait rien d'autre. Il ne fallait même pas me demander ce que j'allais faire après ou dans deux ans. Il n'y avait rien, en fait. Il y avait cette course et je savais que je devais la finir parce que j'avais le sentiment, l'intuition en moi que c'était important que je finisse et que même si je ne savais pas ce qui allait découler derrière, ça allait changer des choses. Tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je savais que l'Ultra en France n'était pas connu, mais je savais que le jour où l'Ultra allait exploser en France, si je terminais cette épreuve peut-être que ça allait changer des choses pour moi et donc je ne sais même pas comment j'ai fait même les matins maintenant tu vois je me lève et je me dis mais comment tu as fait pour terminer cette épreuve et 6 ans après j'ai toujours le meilleur temps français sur l'épreuve en 11 jours et 2 heures j'ai d'ailleurs toujours ces 2 heures un peu en travers de la gorge parce que sinon tu vois c'est 10 heures 10 jours 23 heures c'est pas 11 jours et 2 heures donc bon voilà et donc j'ai terminé avec des blessures à la selle au bout de la deuxième nuit donc il y a un très beau documentaire d'ailleurs qui a été monté sur mon parcours qui est sur Vimeo donc tu pourras mettre les liens voilà mais ça dure 21 minutes mais franchement voilà si vous avez 21 minutes dans votre journée la vidéo est vraiment très bien montée et donc je termine je termine et là bon bah changement de vie derrière enfin bon c'est voilà et puis là je me suis dit bon bah il faut la faire en France quoi et puis bah c'est comme ça que c'est comme ça que la course la course
SPEAKER_01s'est lancée derrière waouh alors petite parenthèse pour celles et ceux qui découvrent Arnaud s'il y en a sur le podcast imaginez un peu ma tête quand on m'annonce qu'un énergumène pareil rejoint notre équipe je me dis oula non mais quelqu'un comme ça ça va être comment est-ce que c'est possible même que ça existe qu'il travaille à temps plein qu'il fait des projets
SPEAKER_02pareil waouh
SPEAKER_01là tu vois même en connaissant ton histoire de t'entendre la raconter à nouveau c'est juste dingue ce qui est fou c'est qu'il y a encore ce record que ce soit encore
SPEAKER_00ouais alors tu vois ça c'est intéressant ce que tu dis parce que franchement je ne suis pas un surhumain j'ai des problèmes de pied j'ai des gros problèmes de pied j'ai la jambe droite un peu plus courte que la jambe gauche donc j'ai des gros problèmes de genoux et de bassin je suis asthmatique enfin tu vois je suis pas enfin je fais du vélo mais j'ai pas un potentiel de malade et c'est là où je veux en venir c'est qu'aujourd'hui je pense qu'il y a beaucoup trop de monde qui se met ses propres limites. Moi, c'est aussi un de mes traits de caractère, c'est que j'ai... Et encore plus, après l'avoir fini, du coup, j'ai peur de rien. C'est pas que j'ai peur de rien, mais tout est possible, en fait. Si j'ai envie de faire quelque chose, je le planifie dans la durée, dans le temps, et je m'organise pour le rendre réalisable. Tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et tout le monde peut faire la Réseau Cross-Américain, et je connais même des coureurs qui pourraient exploser mon temps. Mais c'est juste que ces gens-là n'ont pas l'audace de... de se dire, je vais y aller en fait. Tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et je pense qu'il y a beaucoup trop de gens aujourd'hui qui rêvent pas assez grand. Moi, on m'a toujours dit que j'étais un grand rêveur dans la vie. Je me revends quand j'étais étudiant, quand je parlais de mes projets, on me disait, mais toi, t'es un grand rêveur. Ben ouais, je suis un grand rêveur, mais n'empêche que je fais des tas de choses que j'aurais jamais pensé faire dans la vie, mais je les fais parce que je les imagine, je les mets sur le papier, ça devient des projets, et puis après, ça devient des choses qui sont concrètes. Et je pense qu'il y a trop de gens sur trop d'exconviancement, il y a trop de gens qui se limitent eux-mêmes. Et ça, moi, je ne sais pas faire, je ne sais pas me limiter. J'ai une idée, c'est quelque chose qui m'enthousiasme, à partir du moment où ça m'enthousiasme, je creuse, et ça devient des
SPEAKER_01projets. Tu sais, c'est très intéressant de l'entendre dire, et je vous promets que, enfin, ce n'était pas prévu que j'envoie des fleurs comme ça à Arnaud, mais c'est vrai qu'Arnaud, pour t'avoir côtoyé quelques temps, ce qui surprend, c'est enfin en tout cas ce qui marque c'est cet enthousiasme dont tu parles tu vois le fait que tu sois un grand rêveur c'est une chose mais après c'est l'enthousiasme et l'énergie que tu déploies pour mettre ces projets en place et ce que je trouve fou qui m'a vraiment marqué dès le début c'est que tu entraînes les gens avec toi tu vois quand on était encore on travaillait tous les deux pour la même boîte il y avait plusieurs employés je ne sais plus combien exactement ils étaient à te suivre sur Race Across America puis sur Race Across France mais j'en ai croisé dans toute la France quand je suis venu faire un tour en Suisse je suis tombé sur des employés qui m'ont dit ah oui mais Arnaud bah ouais mais je suis dans l'équipe tu vois et c'est ça qui est juste fou c'est que t'as cette faculté je trouve à donner vie à des projets mais plus que ça à entraîner avec toi
SPEAKER_00et ça c'est juste incroyable ouais et puis c'est ce qui fait sens c'est à dire que si tu fais des choses qui ne sont pas je veux dire que tout le monde ne peut pas faire bah ça quelque part où est le sens en fait tu vois ce que je veux dire moi j'essaie de faire des projets et je me dis ça est-ce que n'importe qui qui peut le faire. Oui, n'importe qui peut le faire à côté du moment où il décide de le faire. Je pense qu'après, on parlera de la Laponie, mais c'est pareil. Tout le monde peut le faire. Il a fait moins 45 centimes. Oui, il a fait froid, mais c'est accessible. Moi qui avais perdu froid si je l'ai fait, imagine une personne normalement constituée, elle peut aussi le faire. Je ne me mets pas de limite. Je n'ai pas de
SPEAKER_01limite. Parlons de race across France. Laponie, on va en parler, c'est sûr, mais peut-être déjà que tu nous dises comment s'est passée la mise en place de Race Across France et qu'est-ce que la Race Across France
SPEAKER_00aujourd'hui
UNKNOWN?
SPEAKER_00Là aussi, j'ai des anecdotes que je vais te livrer. Je n'en parle pas beaucoup, mais je peux te donner deux, trois trucs. En fait, Race Across France, et quand j'ai fait la Race Across Américaine, je me suis dit, Arnaud, il faut absolument que tu importes ça en France, même si l'ultra-distance n'est pas connue en France. Alors, quand je dis l'ultra-distance n'est pas connue en France, je me fais toujours reprendre parce des cyclistes qui me disent, Arnaud, il y avait les cyclos sportifs avant, tu vois, les cyclos sportifs qui faisaient des diagonales. Mais ça n'a rien à voir. L'ultra distance sur le mode comme je l'ai importé en France avec la Réseau Cross France, c'est des départs toutes les minutes. C'est des gens qui font 300, 500, 1100 ou 2600 seuls sur leur vélo. Il n'y a pas de départ en peloton. Il y a une balise GPS. Avant, personne n'avait de balise GPS en France quand j'ai amené ça. On m'a tout de suite dit, mais pourquoi des balises GPS
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ce n'est pas une course. Peut-être. Mais au moins, moi, je sais que mes concurrents sont en sécurité et je sais précisément où ils sont, je ne les laisse pas dans la nature. Donc voilà, j'ai apporté ce concept-là en France avec une première édition en 2018 et plutôt que de faire tout de suite, donc c'est moi-même qui ai tracé la map, et plutôt que de faire tout de suite un 2500, je me suis dit dès le départ, même si ce concept-là n'est pas connu, même si ça interpelle, je vais tout de suite aller dans le côté un peu éducatif. Donc j'ai fait un 300, un 500, un 1100 et un 2500, de manière à ce que ça aille crescendo pour les gens qui veulent se lancer. Et donc je l'ai fait comme ça, après j'ai trouvé une building j'ai trouvé une ville d'arrivée, donc c'est énormément d'heures de travail, tu t'en doutes. Mais j'ai réussi à emmener avec moi aussi des bénévoles, des gens qui croient au projet, qui m'accompagnent. Donc je m'appuie sur des piliers. Je ne fais pas tout tout seul, bien évidemment. J'ai toujours fait les choses en équipe. Même si je suis tout seul sur le vélo, j'ai une équipe avec moi. Et là, la Race Cross France, même si je la porte, j'ai une équipe avec moi. Donc je me suis appuyé sur ces gens-là qui m'ont magnifiquement aidé. Et puis la Race Cross France est née. Elle est née en 2018. Pourquoi 2018
UNKNOWN?
SPEAKER_00Elle était prévue au départ en 2019, mais je ne voulais pas la faire en 2019 parce qu'il y avait un Paris-Brest-Paris. Donc, je l'ai anticipée, je l'ai un peu précipitée, mais c'était volontaire. Et donc, elle est née comme ça en 2018 où, dans tous les bénévoles qui m'avaient accompagné, j'avais vraiment aussi deux personnes avec qui je travaillais en proximité où je voulais vraiment qu'on avance, enfin, je voulais vraiment moi avancer avec eux parce que je faisais confiance. Et puis, il se trouve qu'une des deux personnes, malheureusement, est tombée malade, donc on s'est retrouvés à deux. Et deux mois avant de l'épreuve la personne avec qui j'avais une entière confiance m'a lâché puisqu'elle elle ne voulait pas que je sponsorise l'épreuve alors que moi j'avais cette vision de développement de création d'entreprise derrière et elle elle voulait rester en mode associatif et donc je me suis retrouvé tout seul deux mois avant l'événement ah je savais pas ça bah oui je savais pas je te le dis à toi parce que tu me poses la question mais les gens qui me posent pas la question je le mets pas en avant mais ouais ça a été trois nuits blanches je crois me dire attends Arnaud t'es à deux mois de l'épreuve alors t'as 40 personnes qui viennent et t'es tout seul donc et puis je m'en suis sorti voilà tu remontes les manches et tu te dis bon voilà donc tu reposes les choses mind mapping hop ça ça ça et puis ça repart voilà ça repart et puis première édition 42 personnes deuxième édition 65 Troisième édition, 175. Et là, cette année, en juillet 2021, j'attends 700 personnes. Ah ouais
UNKNOWN!
SPEAKER_00Voilà. Donc oui, c'est beaucoup de travail. C'est beaucoup de travail. J'ai eu des partenaires qui m'ont fait confiance au départ. Alors, ce n'était pas de la dotation financière, mais au moins, je prenais parce que c'était la dotation matérielle. Ça me permettait de faire en sorte que mes participants aient une belle dotation. Et là-dessus, je suis plutôt gentil, plutôt sympa parce que j'aime que mes participants une belle dotation au départ et surtout j'ai mis un billet également sur de la communication photo-vidéo pour avoir du beau contenu et effet Covid, pas effet Covid je pense qu'il y a eu aussi l'effet Covid il y a aussi la récompense du travail qu'on a fait depuis 3 ans qui fait qu'aujourd'hui 700 personnes je ne connais pas une autre épreuve d'ultra distance dans le monde qui réunit 700 personnes donc voilà et puis écoute, approché par un groupe suisse au mois d'octobre Et en même temps, il n'y avait qu'un groupe étranger qui puisse comprendre la vision dans laquelle moi, je voulais aller. Bien évidemment, moi, j'ai parlé de cette vision, de là où je voulais aller. Et puis, le projet, le concept et la marque a été vendu à ce groupe suisse basé à Lausanne, qui est la Haute Route. Et derrière, je reste attaché à l'événement pour aller la stabiliser, on va dire, en France, mais pouvoir avoir la chance de continuer à appliquer la vision qui est la mienne c'est-à-dire l'Europe et
SPEAKER_01l'étranger. Tu dirais que le profil des participants a évolué depuis la première édition
UNKNOWN?
SPEAKER_01On en avait parlé, je me rappelle, on était encore pas mal en contact au moment où ça se lançait. Si je me souviens bien, c'était déjà beaucoup d'étrangers sur ces 42 premiers participants. C'est toujours le
SPEAKER_00cas aujourd'hui
UNKNOWN?
SPEAKER_00Plus du tout. Ça a complètement évolué et c'est là que tu vois que ta discipline s'installe et qu'on est au tout début de l'histoire. Et quand je dis au tout début de l'histoire, on est vraiment au tout début de l'histoire, c'est-à-dire C'est-à-dire que la première année, j'avais 70% d'étrangers. Et sur tous ces participants, c'était des early adopters. C'est-à-dire que c'était tous des personnes qui se sont inscrits avant même de connaître le parcours, mais c'était tous des pratiquants d'ultra-distance déjà. C'est-à-dire que sur les 42 participants que j'avais, j'en avais déjà 25 sur la 2500. La première année, au départ de la 300 km, j'en avais que deux. Et là, cette année, j'en ai 250. Voilà. Donc… Cette année, la vapeur s'est complètement inversée. Déjà, très peu d'étrangers, uniquement 5%. Avec le Covid, les gens ne se projettent pas. Je n'ai pas les Américains que j'avais avant, je n'ai pas les Asiatiques que j'avais avant. Donc là, cette année, c'est 95% de Français et sur la totalité des participants, 60% de néopratiquants, c'est-à-dire des gens qui viennent sur la discipline parce qu'ils ont vu des images de l'année passée, ils écoutent le podcast Ultra Talk et quand je fais passer des messages, ils se disent disent, moi, j'ai envie de connaître ça, en fait. J'ai l'exemple d'une fille, l'année passée, qui a fini le 300, elle a fini à pied. Donc, ce qu'il faut savoir, c'est que l'arrivée du 300 kilomètres est au sommet du Mont Ventoux. Eh bien, elle a marché depuis le Chalet-Reynard. Elle a fini, dans les temps, elle est partie, elle a fini en 21h30, je crois, au lieu de 24h. Et quand je l'ai vue arriver en marchant, j'ai été la voir en disant, déjà, bravo, bravo, félicitations. Mais en fait, tu avais déjà fait un 300 avant. Elle me dit, ben non, je n'avais jamais fait plus de 150. Alors, quoi, alors pourquoi en fait pourquoi t'es là tu vois pourquoi tu fais ça elle me dit bah j'écoute tes podcasts et j'ai eu envie de voir de l'intérieur ce que c'était tu vois donc ah ok d'accord c'est là que j'ai pris la puissance c'est là que j'ai compris la puissance du podcasting parce que parce que les gens sur la réseau Cross France et là c'est hyper frustrant quelquefois c'est qu'ils me connaissent plus pour le podcasteur que pour le cycliste tu vois et donc il y a beaucoup de gens aujourd'hui qui viennent sur le sur la discipline mais parce qu'ils ont fait du triathlon et ils ont envie de connaître autre chose ils ont envie de se dépasser et ils ont envie de connaître un petit peu qu'est-ce que c'est que cette discipline donc c'est super intéressant
SPEAKER_01En termes de dépassement tu dirais que c'est quoi les challenges sur des épreuves que ce soit 300 pour des néophytes ou 2500 pour des vétérans qu'est-ce qui fait que les gens doivent aller un peu puiser au fond pour finir des épreuves comme
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00La première chose comme ça c'est de rouler aussi longtemps parce que tu roules quand même longtemps et c'est surtout la privation de sommeil parce que que ça soit le 300 ou le 2500, même sur le 300 on leur fait sauter une nuit, c'est à dire que quand tu fais le 300 si tu dors c'est une demi-heure, une heure, pas plus donc c'est cette privation de sommeil qui est nouveau, alors pour certains c'est extraordinaire parce qu'ils découvrent rouler, monter le Mont Ventoux par une pleine lune avec un ciel étoilé c'est magnifique, ça te marque à vie tu vois les lumières c'est extraordinaire, et puis ceux qui font le 2005 c'est pareil, c'est enchaîner enfin, c'est traverser la France quand même, tu vois, quand t'habites dans un pays tu découvres des régions que tu n'as jamais connues parce que j'ai aussi construit le parcours pour un peu être un guide touristique c'est-à-dire qu'on fait le Ventoux mais on fait aussi tous les sommets mythiques des Alpes ensuite on fait le lac d'Annecy on fait les châteaux de la Loire cette année j'ai rajouté le Mont-Saint-Michel on fait les plages de débarquement donc c'est quand même un parcours qui est
SPEAKER_01magnifique qui est magnifique excellent Excellent. Alors, puisqu'on parle de dépassement, est-ce que tu pourrais peut-être nous parler, Jean-Lin nous avait fait un peu de teasing, je ne sais pas si tu as eu l'occasion d'écouter notre conversation, mais il nous avait expliqué que, puisqu'on ne l'a pas précisé non plus, mais dans tes nombreux projets, tu as fait un tour de France à vélo récemment, 5000 kilomètres en 30 jours, si je me souviens bien. 21 jours. 21 jours, autant pour moi, excuse-moi. Avec le compère Jean-Lin, qui avait commencé à nous faire un petit peu de teasing sur ton rapport
SPEAKER_00au froid. Est-ce
SPEAKER_01que tu peux nous en dire
SPEAKER_00plus
UNKNOWN?
SPEAKER_00Bien sûr, bien sûr. C'est qu'effectivement, avec Jean-Lin, on s'est retrouvés tous les deux privés d'une preuve l'année passée. Moi, ce qu'il faut savoir, c'est qu'à cette époque, l'année passée, je préparais une grosse, grosse saison d'ultra-distance qui devait me conduire sur un projet de record du Tour du Monde à vélo. Et après, on a 100 000 lieux de ça. Ce que je veux dire par là, c'est qu'on était vraiment prêts puisque Jean-Lin, lui, devait partir aux États-Unis. Et moi, je devais faire la TCR pour me préparer à Transcontinental Race qui partait de Brest pour arriver en Bulgarie donc on était très très affûtés et le Covid est arrivé les épreuves se sont annulées une par une et Jean-Lin m'appelle le vendredi pour me dire attends, excuse-moi pas de problème Jean-Lin, excuse-moi, donc je reprends et donc Jean-Lin m'appelle le vendredi pour me dire écoute, je suis énormément déçu, mon épreuve est annulée et moi je l'appelle le mardi en lui disant écoute Jean-Lin, moi aussi je suis déçu, la TCR est annulée voilà, donc on s'est retrouvés tous les deux sans épreuve et qu'est-ce qu'on s'est dit c'est qu'on s'est dit bon écoute on se laisse 15 jours on réfléchit et puis bah écoute on essaie de trouver un plan B donc moi j'avais une idée de quelque chose de très communautaire de partager avec les gens qui me suivent pour venir rouler avec nous et lui m'a proposé ce tour de France randonneur et puis bah ça s'est fait donc on a fait le tour de la France par les frontières et le littoral 5000 kilomètres les deux les Alpes et les Pyrénées enfin moi j'ai roulé dans des départements que je ne connaissais pas j'avais plus roulé dans le Colorado qu'en France tu vois ce que je veux dire dans ce département là et donc c'était magnifique magnifique et effectivement il s'est trouvé que dans les Alpes à la sortie des Alpes je pense la fatigue le manque de calories puisqu'on est arrivé tard la veille on était reparti tôt on a attaqué le col de la bonnette et un peu le ventre vide et au milieu de la bonnette un peu comme une crise d'angoisse tu vois comme une crise d'angoisse. Mais je mets pied à terre. J'ai mis pied à terre et je dis à Jordan, écoute Jordan, je n'y arriverai pas en fait. Je n'y arriverai pas. Je n'y arriverai pas au sommet. Il me dit, pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Regarde, grand ciel bleu. En plus, grand ciel bleu, magnifique. Le soleil venait de se lever. Donc, le paysage de ouf. Le paysage magnifique. Je n'en ai pas profité. Je m'étais mis en tête que je ne franchirais pas le sommet parce qu'il faisait tellement froid que j'allais avoir froid en fait. Et donc… on est reparti je suis arrivé au sommet j'ai mis tous les fringues que j'avais j'avais plus rien dans mes sacoches j'avais tout mis et on est redescendu après on s'est réchauffé au soleil en bas et voilà je ne l'avais pas forcément analysé comme ça mais en tout cas le point de départ il est là de mon rapport et d'essayer de comprendre pourquoi et donc effectivement rapport avec le froid très compliqué donc on a fini ce tour de France et après ça m'est revenu un petit peu les semaines d'après en fait en me disant mais écoute pourquoi en fait qu'est-ce qui s'est passé à ce moment Et donc, oui, effectivement, j'ai peur du froid. Et pour essayer de comprendre ce rapport au froid, parce que pour moi, en fait, ça voulait signifier froid égale mort. C'est-à-dire que je pense qu'une fois que tu as froid, pour moi, ça signifiait que tu ne peux plus te réchauffer. Tu as froid, donc forcément, tu vas continuer à avoir froid. Et ce rapport avec le froid, la mort, le noir, il y a quelque chose comme ça. Et je n'ai pas souvenir dans ma jeunesse qu'il m'ait arrivé quelque chose qui m'aurait marqué à ce point-là. Et donc, à un moment donné, je me suis dit, tu sais quoi, Arnaud, puisque tu as peur du froid, tu vas aller t'y confronter tu vas aller directement rouler et je pense que c'est là que le déclic est arrivé quand j'ai fait un podcast avec Vanessa Morales où j'ai vu ces images complètement dingues et je me suis dit ben voilà il y a un signe c'est là-bas qu'il faut aller c'est en Laponie pour justement je me confronte au froid et le projet North Calling d'aller traverser la Laponie est né à ce moment-là
SPEAKER_01Ok. Et il t'a fallu combien de temps, par curiosité, avant qu'on rentre dans le détail de cet autre projet complètement fou, il t'a fallu combien de temps pour analyser tout ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est-à-dire pour te dire, bon, là, il s'est passé cet événement, sur ce col en particulier, qui impliquait le froid, il faut que j'en fasse quelque chose. Plutôt que, tu vois, que ce soit un mauvais souvenir, il faut que, boum,
SPEAKER_00j'actionne dessus. Il m'a fallu trois mois. Trois mois, parce que j'ai relancé le projet en... Ouais, trois, quatre mois, parce que j'ai relancé le projet d'Orscoling en octobre. Et puis, il surtout, j'ai bien compris que je ne pourrais pas faire le tour du monde en 2021, parce que t'imagines bien que c'est impossible, donc je me suis dit, puisque je ne peux pas faire le tour du monde, je vais aller rouler au sommet, au sommet, en fait, sur le toit du monde, et les routes qui mènent sur le toit du monde en Europe, c'est le Cap Nord, et le Cap Nord, et c'est là qu'en analysant tout ça, je me suis dit, non seulement je vais aller rouler au Cap Nord, mais je vais y aller en plein hiver, voilà, pour justement me confronter au froid, et donc le projet s'est mis en place à la base comme ça et puis les frontières se sont fermées petit à petit et donc avec mon équipe on s'est dit bah écoute on décale de 15 jours on décale de 15 jours on décale de 15 jours toujours dans ce déni qui est quand même faut l'avouer on est en plein déni sur ce Covid parce qu'on dit toujours que ça ira mieux dans 15 jours ça ira mieux dans 15 jours et puis ça fait un an qu'on y est et ça va pas mieux voilà et donc on est arrivé aux fêtes de Noël bah les frontières elles sont toujours fermées tu vois et donc on a envie visager l'Islande aussi, qui reproduisait les mêmes conditions de froid et d'aurore boréale, et de nuit surtout, de nuit polaire très très tôt, 14h, 30h, 15h, la Finlande, les frontières étaient fermées, la Norvège, les frontières étaient fermées, et là, une fenêtre avec la Suède, qui est un pays en plus que j'adore, et donc, j'ai à un moment donné, je crois que c'était le 27 décembre, j'ai appelé le photographe, le vidéaste et le guide, et je lui ai dit, on part le 25 au matin, et on va traverser la Laponie. Et puis après, brainstorming, ok, on traverse la la Laponie, mais du sud au nord. Et là, pareil, j'avais la carte sous les yeux et je leur ai dit, ben non, en fait, ce qu'on va faire, c'est qu'on va, quelque part, pour l'avenir, je ne sais pas pourquoi je pense à ça, on verra dans 25 ans, mais de laisser une marque, de laisser une trace, de dire, ben voilà, on est en 2021 et on ne peut pas voyager et les frontières sont fermées, donc on va partir de la frontière finlandaise jusqu'à la frontière norvégienne. Donc, on va traverser la Laponie suédoise, mais d'une frontière fermée à une frontière fermée. Et donc, c'est comme ça, c'est trois semaines avant, quelque part, que le parcours a vraiment été posé et que vraiment le projet s'est concrétisé
SPEAKER_01waouh ok et comment tu t'es préparé à ça c'est à dire t'y allais pour un but précis mais en termes de préparation qu'est-ce que t'as mis en place
SPEAKER_00je rigole parce que ça va te faire sourire parce que écoute avec un confinement à 18h j'ai préparé pour aller rouler dans des températures entre moins 10 et moins 30 on pensait pas qu'il allait faire si froid dans une pièce chauffée à 18°sur Zwift voilà excellent écoute oui parce que j'avais prévu d'aller rouler la nuit pour quand même aller me confronter un peu plus le froid chez nous en France bon bah c'est la nuit voilà mais bon avec le confinement 18h et avec l'emploi du temps que j'ai bah j'ai fait j'ai fait de l'intensif sur Zwift plutôt que de faire du foncier dans le froid voilà mais je me suis adapté il faut être flexible il faut faire avec il faut faire avec ce que tu as et la possibilité c'était ça pour moi donc je l'ai fait sans aucun regret et en le faisant le mieux possible
SPEAKER_01Et au final, qu'est-ce que ça t'a fait découvrir cette expérience North
SPEAKER_00Calling
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, c'était complètement dingue parce que rouler sur des… Déjà, quand je suis arrivé, je me suis dit« Ah ouais
UNKNOWN!
SPEAKER_00» On est arrivé, il faisait moins 17 et quand tu sors de l'aéroport, la première inspiration à moins 17, tu t'en souviens. Tu t'en souviens et surtout, je ne pensais pas que les routes allaient être dans cet état. C'est-à-dire qu'en fait, c'est difficile de se l'imaginer, mais il y a 5 centimètres de glace partout en fait, partout. et donc j'avais repéré un shop pour aller faire 2-3 vérifs si besoin et ça a été bénéfique puisque j'ai été changer mes pneus à la veille du départ et on a équipé mes pneus de 48 donc beaucoup plus gros et surtout j'avais peut-être 300 clous par pneu tu vois et là par contre j'accrochais mais l'inconvénient c'est qu'il fallait tracter il fallait tracter et la dépense énergétique nécessaire pour rouler à 20 km heure elle est folle c'est comme si tu voulais rouler à 40 km heure chez nous donc Donc, je brûlais énormément de calories. J'ai d'ailleurs perdu 4 kilos en 6 jours. Oui, parce que tu es constamment en prise. Il n'y a pas de col là-bas. Donc, il n'y a pas de route qui monte à 3-4%. Ça monte à 1,5%. Ce qui veut dire qu'il n'y a pas de descente non plus. Tu es toujours en prise. Donc, déjà, ce que ça m'a pris, c'est que ton corps était capable de s'adapter dans n'importe quelle condition, mais à la condition que tu l'acceptes, le terrain, que tu ne te confrontes pas à lui. en fait. Moi, la première journée, j'ai voulu me confronter au terrain en disant, c'est pas grave, les conditions sont comme ça, mais moi, je vais rouler à temps de moyenne en fait. Et donc, j'ai roulé, roulé, roulé. Le soir, j'étais démonté. Le premier soir, les gens qui ont vu les vidéos, ils m'ont dit, ah ouais, t'as ramassé quand même de la première fois. Ah ouais, le premier soir, j'ai pas pu manger. J'étais nauséeux, mais comme si j'avais fait 600 bornes. Donc, j'ai rien mangé le premier soir. Et le deuxième jour, je me suis dit, ok, j'ai compris, je m'adapte. Et donc, je suis parti sur un rythme différent. Et c'est passé comme ça. Et c'est C'est comme ça. Donc, la leçon que je n'ai tirée, c'est qu'il faut essayer d'analyser le plus vite possible le terrain pour t'adapter au terrain et non pas rester sur un kilométrage, une moyenne, ce genre de choses. Et la deuxième chose, c'est que le froid, oui, j'ai eu peur du froid. Alors, comment j'ai fait
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il se trouve qu'il y a une journée, il a fait moins 33. Mais sous-abri. Sous-abri. Ce qui correspond à un ressenti calculé à moins 45. Donc, ça, c'est complètement dingue. Et en même temps, je dirais presque heureusement que il y a eu cette journée parce que là j'ai eu j'ai trouvé ce que j'étais venu chercher mes limites tu vois et parce que sinon les autres journées ont été entre moins 15 et moins 20 mais je dirais que quand t'es bien équipé comme je pouvais l'être ça passe franchement ça passe mais le moins 33 sous-abri et le moins 45 ressenti là c'est une autre histoire c'est une autre histoire et en fait j'ai eu les mêmes sensations que quand j'ai connu le 50 degrés dans le désert californien c'est-à-dire que ton esprit en fait pour moi la limite j'ai vraiment senti la limite psychologique à moins 28 c'est-à-dire que en fait c'est comme si ton champ de vision se rétrécissait juste pour ne voir que ce que tu as vraiment devant toi et tu rentres dans un état de concentration c'est comme si tu rentrais dans un tunnel de concentration où tu ne penses à rien d'autre que garder une cadence de pédalage pour ne pas prendre froid assez élevé et surtout avancer et t'écouter est-ce que tu as froid tes pieds est-ce que tu as froid tes mains ou est-ce que tu en es sur ton parcours t'es à combien de l'arrivée enfin t'es dans un état de concentration avec le recul presque de l'instinct de survie tu vois ce que je veux
SPEAKER_01dire
SPEAKER_00tu vas vraiment à l'essentiel et là j'ai vraiment connu ce que j'ai trouvé ce que j'étais venu chercher vraiment
SPEAKER_01Tu dis presque de l'instinct de survie. Pour le coup, c'est de l'instinct de survie parce que tu t'arrêtes par moins 45, quelque chose se passe mal, tu n'es plus en capacité de pédaler et tu es un peu transpirant.
SPEAKER_00Tu es en danger de mort. Tu es en danger de mort. J'ai une anecdote par rapport à ça. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il faisait moins 45 et j'avais envie d'eau glacée. Je ne me demande pas pourquoi. Je ne voulais pas de thé, je ne voulais pas de thé chaud, de chocolat. J'avais envie de boire. Donc, quand je buvais, je buvais des glaçons, quoi. De l'eau, de toute façon, tout gelait. À moins de 33, tu ne peux bien que tout geler. Donc, je buvais comme ça. Et à un moment donné, je m'arrête pour prendre de l'eau, justement. Et la personne qui me donne la bouteille me la tend par le goulot. Tu sais, une bouteille en plastique d'un litre cinq ou de deux litres, tu imagines
UNKNOWN?
SPEAKER_00Elle me la tend par le goulot. Et moi, qu'est-ce que je fais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je la prends à pleine main. Donc, tu essaieras de prendre une bouteille d'un litre cinq ou de deux litres pleine à pleine main, comme ça. Tu verras. les racks, tout déborde, tout déborde. Donc, je te décris la scène, moins 45 centimes, je prends une bouteille d'eau à pleine main et l'eau déborde. Voilà. Donc, là, il y a eu un échange avec la personne, en fait. Nos regards se sont croisés et dans nos regards, on a compris qu'on était très, très mal, en fait, puisque je venais de me mouiller les mains par moins 45. Donc, il y a eu une seconde de froid, tu vois, ou de moment de solitude. Et là, on et dit ok là je suis très très mal parce que je viens de mettre les mains dans l'eau à moins 45 par moins 45 voilà donc le guide lui quand il a vu ça il m'a dit mais il hurlait Arnaud Arnaud tout de suite tu peux pas repartir il faut absolument changer tes gants tu peux pas repartir avec les mains mouillées moi aucune envie de m'arrêter juste envie de continuer donc je lui ai dit non non ça va aller ça va aller et entre temps mes mains avaient commencé déjà à cristalliser tu vois donc je me suis tapé dans les mains je me suis tapé dans les mains et là tous les cristaux ont commencé à voler donc le vidéaste il était là ah génial trop stylé bah oui tu veux quoi à l'écran à l'écran c'est magnifique et donc je suis reparti c'est à dire que j'ai remis j'ai tapé trois coups dans mes mains toute la neige enfin la glace a volé j'ai remis mes mains dans les manchons et je suis reparti et quand je suis reparti au bout de deux minutes je me suis dit peut-être que t'as fait une bêtise de repartir aussi vite mais c'est passé écoute c'est passé voilà c'est passé j'ai pas eu front aux mains tout de suite je suis reparti assez vite donc le flux sanguin a été assez important et j'ai eu un doigt qui commence à être un peu frais mais il est vite revenu et c'est passé voilà donc là on a eu beaucoup de chance beaucoup de chance parce que là ça peut être effectivement comme tu l'as dit sur cette température là faut pas te planter parce que ça peut aller très
SPEAKER_01très vite waouh c'est une sacrée histoire en tout cas de voir que tu vois tu as pris à bras le corps en fait cette peur que tu avais du froid ou en tout cas cette croyance que tu avais ce que tu expliquais que tu associer plusieurs choses au froid, à la mort, etc. Et que tu es juste allé tout chousse en plein dedans. Je trouve ça juste hyper inspirant et surtout fou de voir que tu es allé
SPEAKER_00rapidement. Oui, parce qu'il faut aussi saisir les opportunités. Moi, j'avais la possibilité de le faire. Après, je ne fais pas partie de ces gens qui te disent que tu as un projet très bien. Quand est-ce que tu peux le faire
UNKNOWN?
SPEAKER_00Mets-le dans trois ans, comme ça, tu as le temps de travailler de rechercher je te dis pas qu'il faut le faire du jour au lendemain mais la vie moi ça aussi m'a montré de caractère c'est que pour moi tout peut s'arrêter demain même tout à l'heure enfin je veux dire la vie c'est un souffle en fait donc ça va trop vite ça va trop vite et j'ai pas envie d'avoir de regrets j'ai une opportunité j'ai le budget qui me permet de le faire fais-le voilà et donc on a positionné une date et après derrière tu fais le maximum qui est possible pour le rendre réalisable et Et ça s'est fait. Et c'est une magnifique aventure. Et peut-être que, comme pour la rame, les gens m'en parlent encore six ans après. Peut-être que la laponie, les gens m'en parleront encore dans cinq ans. Mais on a pris cette bulle d'oxygène et c'était extraordinaire. C'était magnifique.
SPEAKER_01Génial. Est-ce que ça fait partie des futurs épisodes sur Ultratalk
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ce partage de la pony, j'ai fait l'épisode sur le Tour de France avec Jolin parce qu'il y avait Jolin. Je ne pense pas que je ferai un épisode sur moi-même. Non, je ne pense pas. Je ferai peut-être des conférences, des choses comme ça. Il y a un documentaire qui est en cours de montage. Mais non, je ne ferai pas un podcast sur moi-même dans une trappe ou dans
SPEAKER_01d'autres. En tout cas, c'était top de pouvoir suivre tout ça en live sur Instagram. C'est vrai qu'il y a plusieurs images qui me viennent tout de suite en tête. Il y en a une en particulier où tu es sur un fond, forcément un fond blanc, évidemment. En termes d'équipement, tu avais un casque avec des lunettes de ski ou c'était un casque
SPEAKER_00de vélo que tu avais
UNKNOWN?
SPEAKER_00J'ai commencé avec un casque de snowboard et de toute façon, j'avais un masque de ski. C'était obligatoire pour te protéger du froid et à un moment donné quand il a fait moins de 33 donc à moins 45 ressenti ce qu'il faut savoir c'est que ça gelait à l'intérieur de mon masque c'est à dire que mes lunettes je voyais c'était bluffant quand il pense comme histoire parce que au fur et à mesure qu'on avançait je voyais l'intérieur de mon masque qui commençait à se cristalliser quoi qui commençait à givrer à l'intérieur c'était dingue et ça m'a fait ça trois fois dans la journée donc tu te doutes bien juste avec des petites lunettes de soleil c'est impossible à À la vitesse de 18-20 heures. En vélo, avec la vitesse, c'est juste impossible. Mon vélo, mon iPhone, que je portais dans ma poche pourtant, a lâché. C'est-à-dire qu'il était out. Il est revenu à lui une heure et demie ou deux heures après que je sois arrivé. Mais il ne fonctionnait plus. Mon vélo s'est recouvert d'un givre blanc et quand il s'est réchauffé, le carbone craquait. On entendait. Ah ouais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais, ouais. Cette journée-là, elle elle est mémorable
SPEAKER_01pour
SPEAKER_00nous mémorable
SPEAKER_01waouh en tout cas ouais c'est un endroit vraiment hyper photogénique donc c'est vrai que c'était chouette de pouvoir sur Instagram suivre tout ça
SPEAKER_00ouais et puis passer le
SPEAKER_01cercle il y avait des lives
SPEAKER_00ouais et puis passer le cercle passer le cercle polaire en vélo c'est c'est impensable passer le cercle polaire en plein hiver en hiver en hiver bah écoute je l'ai fait quoi voilà je pourrais raconter ça à mes enfants plus tard quoi tu
SPEAKER_01vois c'est clair waouh écoute Arnaud c'était juste fabuleux on arrive déjà à la fin on était un petit peu pressé par le temps mais est-ce que enfin quel serait plutôt toi le message que tu aurais envie de partager fort de toutes ces expériences complètement incroyables que tu t'es autorisé à vivre qu'est-ce que tu aurais
SPEAKER_00envie de partager en fait moi je pense que le plus important c'est d'arrêter de se limiter en fait on se limite beaucoup trop avec des pensées négatives ou des choses comme ça il ne faut pas se limiter à partir
SPEAKER_01d'où il y a
SPEAKER_00quelque chose qui vous enthousiasme il faut le faire il faut aller au bout et vous allez découvrir au final qui vous êtes vraiment parce que ce genre d'épreuve vous met face à vous-même fait sauter tous les filtres et vous allez apprendre beaucoup de choses sur vous-même et je pense que c'est le plus important c'est pour ça que moi j'ai enlevé tout esprit de compétition dans ce que je fais maintenant parce que battre quelqu'un ça peut être facile tout le monde peut battre quelqu'un mais se confronter à soi-même ça c'est beaucoup plus dur ça c'est beaucoup plus dur mais ça fait grandir donc ça c'est la première chose et la deuxième chose c'est il faut être capable de mettre la force de l'intention elle est très importante et quand on se concentre et on est focus dans une direction il y a beaucoup de chance pour que ça fonctionne en tout cas ça va forcément vous élever beaucoup plus que si vous ne l'aviez pas fait très clairement
SPEAKER_01super écoute super conseil encore une fois un grand grand merci pour ton temps je connaissais quelques-unes de tes histoires mais pas forcément toutes les anecdotes c'était vraiment génial de pouvoir pouvoir t'entendre raconter tout ça avec autant d'énergie donc encore une fois merci merci Arnaud je mettrai tous les liens en description avec grand plaisir donc je mettrai le lien pour ton podcast Ultra Talk Race Across France et puis tu me diras si tu veux que j'inclue d'autres choses et je te dis tout le meilleur pour la
SPEAKER_00suite et bien merci beaucoup en tout cas Loïc pour cette prise de parole et je te dis à très bientôt et puis bon vent à ton podcast et toi
SPEAKER_01en tout
SPEAKER_00cas merci beaucoup
SPEAKER_01Merci Arnaud. Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pros ou persos. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact.lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'à un Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.
UNKNOWNCiao!