C'est vrai que je représente la ligue française contre la sclérose en plaques et en fait ma force elle est là aussi c'est que je me dis toi ma grande tu as la chance d'être reconnue pour ton sport et d'en vivre entre guillemets donc le vivre seul moi ça m'intéresse pas ce qui est chouette c'est déjà d'aller la rencontre de l'autre si je le partage pas pour moi ça n'a pas d'intérêt
SPEAKER_01et bah go alors salut Vanessa bienvenue à nouveau sur le podcast des frappés salut donc à nouveau parce que bon voilà tu l'avais prédit sur le deuxième enregistrement qu'on a fait pour problème technique jamais 203 donc on est là sur notre troisième enregistrement donc un énorme merci à toi on va on va croiser les doigts on croise les dents on touche du bois celui-ci c'est le bon ouais mais voilà en tout cas un grand grand grand merci pour ta disponibilité et ton temps c'est super sympa est-ce que je te propose pose, c'est peut-être de commencer par nous expliquer qui tu es, ce que tu fais avant qu'on aille plus
SPEAKER_00loin. Écoute, ravie d'être encore là. Alors, qui je suis
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je suis Vanessa Morales, j'habite à Pont-Romeu. J'ai 37 ans, je suis infirmière urgentiste à mi-temps et le reste du temps, j'ai la chance de pouvoir m'entraîner et organiser mes différents projets. voilà je suis issue du patinage artistique à la base je suis une patineuse et en fait j'ai développé un syndrome des loges assez jeune qui m'a contrainte en fait à continuer en compète et même à arrêter complètement mon sport donc ça a été une grosse rupture super douloureuse en fait quand on m'a annoncé que je pourrais plus patiner et assez rapidement j'ai réussi à rebondir en fait et à trouver à avoir les mêmes sensations que j'avais sur la glace en courant en montagne donc depuis à peu près mes 16 17 ans je cours je
SPEAKER_01cours je cours voilà et je grimpe ouais tu cours et tu grimpes et c'est d'ailleurs moi c'est comme ça que je t'ai découvert c'est à travers un de tes défis récents on va en parler un tout petit peu sur le Kilimanjaro pour ne pas le nommer où tu as fait enfin tu as fait tu as même un record alors non officiel mais tu nous expliqueras pourquoi ce qui s'est passé mais un record d'ascension du Kilimanjaro de mémoire en en 9h et quelques, si j'ai bonne mémoire. 9h58. Mais bon, c'est quand même pas... C'est en dessous de 10h, donc on peut dire 9h et quelques. Oui, c'est clair. Ça me va, ça me va. Donc, oui, clairement, c'est visiblement plutôt ce genre de grosses aventures, de gros défis qui te fait vibrer. Donc, est-ce qu'on pourrait peut-être commencer par ça, que tu nous expliques comment le projet est né, et puis après, assez rapidement, comment ça s'est monté, ce qui s'est passé au Kilimanjaro avant qu'on parle de la suite
SPEAKER_00alors le Kilimanjaro c'est une histoire assez sympa parce que j'ai été contactée par une jeune femme qui a la sclérose en plaques qui avait un rêve et en fait son rêve c'était de faire l'ascension du Kilimanjaro et puis quand elle m'appelle elle me dit voilà mon premier rêve c'est de faire l'ascension du Kilimanjaro et le deuxième c'est de le faire avec toi donc déjà waouh je me dis c'est bon ça me plaît et donc à avec cette personne, on a mis un entraînement en place sur une année. On s'est dit, voilà, on se laisse un an toutes les deux pour être en forme parce que, mine de rien, c'est quasiment insimile. Donc, voilà, ça se prépare. Et en fait, au fur et à mesure que les mois passaient, elle s'est sentie un petit peu découragée. Et puis, voilà, elle a eu des soucis perso. Et donc, un jour, elle m'appelle et puis elle me dit, Vanessa, ce n'est pas pour maintenant. Je ne suis pas prête. Donc, pour le moment, je renonce en fait à ce projet. mais bon elle m'a dit peut-être que j'y reviendrai j'abandonne complètement et en fait moi sur le coup ça m'a mis les boules parce que j'y tenais vraiment et puis en plus j'étais convaincue qu'elle était capable d'y arriver et dans la nuit ça m'a fait cogiter et j'ai commencé à regarder un petit peu sur Google ce qui s'était fait sur le Kili et tout et je me suis dit bon ben voilà elle avec sa pathologie elle l'aurait fait en 10 jours moi j'ai l'avantage de pouvoir courir autant que je veux en montagne et plutôt facilement entre guillemets mais voilà je me fais plaisir donc je m'y colle sur la journée en fait c'est comme ça que l'idée d'aller courir sur le Kili est née et après en fouillant un peu j'ai vu qu'il y avait des chronos féminins et là j'ai commencé à prendre feu à partir de tous les sens et à appeler mon entraîneur deux jours après et là je lui dis bon écoute est-ce que t'es assis il m'a dit non mais j'ai peur et quand j'ai expliqué le défi il m'a dit non mais tu peux pas faire comme les gens normaux faire des trucs normaux Mais bon, du coup, il l'a quand même validé de suite. Et après, on s'est lancé dans la prépa. Donc voilà, ça a été une longue, longue préparation parce que c'est quand même très spécifique. Il y avait 44 kilomètres aller-retour. Sur les 22 d'ascension, j'avais 4295 de D+. Et voilà. Et autant de l'autre côté. Donc en fait, en dénivelé, ça fait beaucoup, beaucoup. Plus l'altitude, c'est un peu tendu.
UNKNOWNDonc voilà, il fallait bien le préparer.
SPEAKER_01Oui, parce que d'un point de vue altitude, c'était quoi ton altitude de
SPEAKER_00départ
UNKNOWN?
SPEAKER_001100 et des
SPEAKER_01rouettes, je crois, ou un peu plus. Oui, pour arriver quasi à la frontière des 6000. Donc, c'est clair que là, en termes de gestion, de mal des montagnes, etc., j'imagine qu'il y a eu du travail spécifique.
SPEAKER_00Alors, l'avantage de le faire rapidement, c'est qu'on évite, entre guillemets, le mal aigu des montagnes puisqu'on ne stagne pas à haute altitude. Donc, en gros, on ne laisse pas le temps à à l'œdème de s'installer. Mais il faut que tout se passe bien. En fait, si on monte, on redescend, c'est nickel. On n'a pas le temps de laisser, on ne laisse pas la place à l'œdème. Par contre, si on monte très vite et qu'il y a un pépin très haut, là, c'est galère parce que dans l'heure, on est quasiment sûr de développer un œdème cérébral ou pulmonaire ou les deux.
SPEAKER_01Qui, pour rappel, s'il n'est pas traité rapidement et à moins que je me trompe, le seul traitement efficace, c'est de redescendre très vite. En réalité, d'être en capacité de redescendre. Donc, ça peut être mortel s'il n'y a pas de réaction appropriée. Et donc, puisqu'on parle de pépins, qu'est-ce qui s'est passé pour toi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Moi, en fait, la première fois, je l'ai fait en quatre jours au mois d'août pour m'entraîner à haute altitude et en fait pour jauger un peu les chronos. Et à ce moment-là, j'étais avec Ronald, un guide local qui a fait l'ascension plus de 150 fois. Donc, voilà, un guide... Aguerri, même sur les entraînements du mois d'août, il était beaucoup plus fort que moi. Donc, c'était vraiment bien quand on s'entraînait. En fait, à chaque fois, on partait une heure après l'équipe. En fait, j'étais quand même médicalisée. Il y avait mon préparateur physique avec moi la première fois. On partait une heure après eux. En fait, on les doublait. On arrivait à peu près 45 minutes avant eux au camp. On larguait nos sacs et on allait courir au camp supérieur. Donc ça, c'était notre entraînement pendant quatre jours sur la prépa au mois d'août. et le jour J on avait des idées de chrono puisqu'on avait découpé le Kili en morceaux on s'était fait des tronçons et donc avec Ronald on part à balle les 12 premiers kilomètres on part à fond alors moi en plus je suis vraiment un tracteur il me faut vraiment du temps pour être dans la course et lui est parti super vite donc super je me suis accrochée tous les deux on se motivait bien et Et en fait, arrivé au premier camp, donc là, on est super content parce qu'on voit qu'on gagne 12 minutes sur ce qu'on avait fait trois semaines avant. En sachant qu'il n'y avait pas du tout les mêmes conditions parce que trois semaines avant, déjà, moi, j'avais un gros sac à dos. Il n'avait plus. Donc, il y avait de la boue partout. C'était vraiment gras et galère. Donc là, super. On se motive encore plus. On a 12 minutes d'avance. OK. Et là, on repart en fait pour aller au camp qui est au-dessus à 4 millimètres. Et là, Ronald n'arrêtait pas de manger. Lui, son obsession, c'était, il faut manger pour avoir des forces. Même moi, il n'arrêtait pas de m'engueuler parce qu'il trouvait que je ne mangeais pas. Il m'a dit, arrête de boire et mange. Il n'était pas content. Et donc, en fait, là, déjà, je vois que je le décroche un peu. Avant d'arriver à 4000, moi, j'ai envie de mettre les gaz parce que je commence à être dans la course. Et lui, beaucoup moins. Puis, il pense à manger, manger, manger. Donc, on arrive à 4000. Là, je suis un peu déçue parce qu'au final, on n'a pas du tout gagné de temps sur le chrono comparé au mois d'août. Mais on a toujours nos 12 minutes qui sont pas mal puisque là, on les a d'avance et voilà. Moi, dans ma tête, je me dis qu'on les garde jusqu'au bout. C'est les 12 minutes que je veux garder. Et donc là, on fait petit ravito. Moi, je mangeais un bout de pastèque sensationnel. Je n'avais jamais autant apprécié la pastèque que ce moment-là. et donc là on s'équipe un peu plus chaud parce qu'on part pour 4900 m donc c'est que 900 m de D+, mais ils sont vraiment beaucoup plus durs que le premier tronçon et donc là en partant je sens que Ronald est un peu à la traîne puis voilà il me dit qu'il filme Moi, je commence aussi vraiment à l'avoir dur au niveau respiratoire et tout. Déjà, on ne court plus. Passer 4 500, termine le soin. Même 4 000, là, j'essayais de relancer un peu, mais ça commence à être dur. Et en fait, arrivé à 4 900, on récupère un petit ravitaillement que l'équipe nous avait laissé. Parce qu'en fait, dans l'idéal, il y avait un ravito sur le premier camp, un ravito sur le deuxième camp. On nous laissait un ravito à 4 900 et au sommet il y avait une équipe qui nous attendait où je pouvais moi changer mes chaussures le médecin nous checkait pour savoir si on était quand même apte à prendre la descente rapidement donc ça c'était dans l'idéal et en redescendant j'avais mon entraîneur qui me ravitaillait aussi en milieu de descente donc ça journée parfaite sur le papier donc à 4009 je prends mon petit ravitaillement Ronald fait des photos puis il me dit attends je filme un peu et tout puis moi je lui dis attends Ronald chrono là on est bien et en plus là il m'annonce qu'en 6h30 on peut être au sommet l'ancien record était en 7h04 au sommet ou 02 enfin bon passé 7h donc là moi ça fait des étincelles quoi je suis partie super contente le passage de la parce qu'on a emprunté la western bridge donc c'est la voie la plus technique du Kilimanjaro et moi c'est pour le coup mon passage préféré parce que c'est hyper ludique on pose les mains il y a un peu de grimpette mais on est à 5000 mètres et donc là moi je relance un petit peu et puis je vois que Ronald est vraiment à la traîne et j'insiste un peu en lui demandant s'il va bien je vois qu'il avance plus trop puis il insiste il me dit si si vas-y je te filme continue t'avances bien bon et puis en fait à 5003 je me tourne et là déjà je le vois marcher comme un chien un peu avant le passage où on commence à poser les mains je le vois à 4 pattes quoi et là je lui dis Ronald c'était pas du tout justifié par le terrain donc là je commence vraiment à m'inquiéter et il me dit non non mais en fait j'ai un peu mal aux jambes alors voilà c'est rien t'inquiète pas ça va aller c'est l'altitude bon et il me rassure en fait euh Et donc, je lui dis, là, il faut être sûr parce qu'on va commencer à grimper. Et sur cette paroi, du moment où on monte pour redescendre, c'est compliqué. On ne peut pas désescalader. Et donc, il insiste pour qu'on reparte, pour qu'on continue. Et en fait, là, quand on arrive à 5300 mètres, il y a une espèce de petit replat qui doit faire 1m50 de large au milieu de la falaise. Et là, Ronald, il s'effondre. donc là pas cool du tout donc en fait il se plaint de douleurs abdominales il avait super mal au ventre en peu de temps il se met en hypothermie parce qu'il faisait super froid ça commence à être la panique donc moi en fait je me dis on a peu de temps parce que je sais que dans l'heure on va développer l'œdème tous les deux donc en fait j'essaie de le booster à fond je prends son sac je le soulage au maximum du poids qu'il avait sur lui je le couvre Et là, je le fais boire parce que, en fait, assez rapidement, je comprends que c'est un problème digestif, mais qui va nous amener à l'œdème. Donc, je me dis, bon, il faut qu'il boive un peu, il faut qu'il reprenne du gaz et il faut partir. Sauf que là, entre-temps, moi, je prends les téléphones satellites pour appeler les secours. Personne ne répond. Les téléphones, il n'y a rien qui passe. Et en fait, c'est mon téléphone portable qui m'a permis d'appeler mon entraîneur qui était au village. Voilà. Donc, je le répète souvent, mais c'est un appel qui m'a coûté un bras parce que c'était le réseau tantanier. Donc, c'est presque le prix de l'avion quoi et donc voilà et là j'ai eu mon entraîneur donc je lui explique le truc lui bah évidemment il hallucine de m'entendre alors que je suis censée courir à 5000 mètres et donc je lui explique tout ça et puis il me dit bah je t'envoie le porteur d'oxygène sur le cratère mais il faut que vous montiez en fait la première idée c'était bah redescendez sauf que c'était impossible et puis Ronald faisait vraiment les mauvais choix il était plus du tout dans un état correct on va dire de l'utilité de lucidité. Là, il commençait vraiment à perdre un peu les pédales, des nausées. Et en fait, j'ai dit à Ronald, on n'a pas le choix, il faut monter. Puis lui, il me dit, écoute, non, moi, je ne peux pas monter, donc tu me laisses là. La montagne, elle a déjà pris des années à moi et c'est comme ça. Aujourd'hui, elle ne veut pas, donc on laisse tomber. Le moment un peu... Il était assez fataliste et puis... et puis je pense que moi ça m'arrive j'aurais pas trouvé la force de me relever et de repartir alors que lui moi je lui ai dit écoute il y a mon fils en bas il y a tes enfants non quoi on y va tous les deux moi je te laisse pas ici et en fait je crois qu'il nous restait un quart d'heure avant qu'on soit vraiment dans la phase critique concernant cet oedème et en fait il s'est relevé et là on a réussi à partir tous les deux donc je le tenais derrière vraiment au niveau des fesses pour le coller contre la paroi parce que j'avais peur qu'il bascule et moi j'avais les deux sac à dos donc un devant un derrière et en fait j'essayais aussi de rester un maximum collé contre la paroi parce que là le risque c'était que je bascule aussi et bon voilà en fait assez rapidement on arrive à atteindre le cratère donc là c'est le moment où on sait lui et moi qu'on est sauvé Parce qu'au pire des cas, il y a un porteur d'oxygène qui va venir. Et puis qu'après, on peut contourner le sommet. Une fois qu'on est sur le cratère, on peut contourner le sommet. Et puis là, personne n'arrive. Donc, on continue à monter. On continue à grimper. Et là, en fait, il nous restait 90 mètres de dénivelé positif. Donc là, ça a été les plus durs de toute l'ascension. Franchement, ils sont super rudes. Il faisait froid. On avait du vent. On était à l'ombre. Et c'est de la terre volcanique. Donc, c'est un pas en avant. 12 ans en arrière la galère et là on s'est accrochés vraiment au mental l'un et l'autre et on est restés mais quand je dis accrochés c'était physique on est restés main dans la main à se pousser pour aller au sommet quoi et en fait quand on arrive au sommet moi j'ai qu'une idée en tête parce que quand Ronald s'est relevé et qu'on a relancé la course bon je dis course mais là c'était vraiment de la marche et grimpette quoi j'ai remplanché mon chrono et quand on est arrivé au sommet je dis à Ronald écoute je vois qu'on est en moins de 7h donc moi j'avais encore dans la tête quand même de me dire attends combien de temps t'es capable de le faire parce qu'au départ t'étais là pour ça quoi et donc donc là je plante Ronald en fait au sommet et je lui dis je reviens et là je suis partie en courant à fond pour toucher la porte et voir le chrono que j'avais arrivé en haut et donc c'est là où je vois que je suis en moins de 7h ce fameux 6h58 qui fait du bien et là Ronald arrive donc derrière moi il m'impressionne avec le mental qu'il a et puis le premier truc qu'il me dit il me dit il est où le docteur et en fait moi je crois que j'étais tellement passée à autre chose en fait le moment galère s'était passé donc moi je reprenais ma course c'était le moment où ok ça c'est fait on s'en est sorti on passe à autre chose on va courir et en fait là je percute qu'effectivement il n'y a pas l'équipe médicale au sommet il n'y a personne personne personne et donc je dis à Ronald écoute on va descendre il fait froid ils ont dû redescendre voilà c'est pas grave on y va quoi et en fait plus on descendait plus Ronald récupérait donc il Il allait vraiment de mieux en mieux. Et là, je croise le porteur d'oxygène qui me dit, écoute, ton médecin est super mal. Donc, il faut qu'on le retrouve. Et il faut qu'on lui mette de l'oxygène à lui. Il a fait un oedème en nous attendant à
SPEAKER_016
SPEAKER_00000. Oh là là. Un enchaînement. Je me dis, mais c'est un film. Ce n'est pas la vraie vie. Ce n'est pas possible. Et donc là, je dis à Ronald, écoute, toi, tu descends tranquille. Et moi, je suis partie à balles, mais vraiment en courant à fond parce que j'avais très, très peur pour Patrick donc le médecin et en fait on arrive à son niveau on l'a mis sous oxygène et bon il s'est assez vite enfin il s'est pas retapé parce qu'il a dû passer le pauvre un jour de plus sur le Kili pour le temps que sa saturation remonte donc là les porteurs sont venus le chercher pour le descendre au camp en fait Millenium qui est un peu plus bas et en fait là moi dans ma tête c'était bon on arrête quoi on arrête le massacre c'est trop dangereux tout le monde enfin moi je culpabilisais à fond parce que Je me dis que c'était mon délire. Et puis au final, il y a trois personnes au tapis parce que la veille, mon entraîneur avait été évacué. Il avait fait un œdème pulmonaire à 4,9. Donc, ça faisait beaucoup trop de personnes en danger pour mon délire sportif. Et puis au final, tout le monde me dit« Non, non, Vanessa, c'est ta journée. Nous, ça va aller.» Donc, là, je revois la tête de Patrick avec les lunettes d'oxygène dans le nez qui me dit« Non, t'inquiète, ça va aller.
UNKNOWNToi, cours.»
SPEAKER_00Et Ronald qui me dit« Non, non, mais moi je te suis.» Et donc, moi, je décharge le sac à dos. On laisse pas mal de trucs au porteur parce qu'il fallait se taper toute la descente en courant, quoi. Et là, on repart avec Ronald. Et je crois qu'à ce moment-là, je me suis mise sur pause. En fait, j'ai débranché le cerveau et j'ai couru. Couru, couru, couru, à fond, à fond. Ronald, je l'avais en fait en visu de temps en temps. Je voyais qu'il suivait. Et là, je croisais les porteurs qui montaient pour récupérer le matin. Et en fait, les porteurs étaient affolés. Il y en a qui pleuraient parce qu'ils pensaient pensaient que Ronald était mort. En fait, ils pensaient que je l'avais laissé. Les porteurs pensaient que je l'avais laissé sur la voie parce que pour eux, ce n'était pas possible que j'arrive à le maintenir jusqu'au sommet. Et en fait, je leur dis non, non, Ronald, il est derrière, il arrive et tout. Et là, tout le monde pleurait. Il y avait une émotion vraiment très, très forte sur la montagne. Ils sont hyper soudés entre eux. Vraiment. Et en plus, l'info, elle avait fait le tour de la montagne. Un guide en danger. Voilà, c'était le tour. Et donc, voilà. Et là, on continue notre descente avec Ronald. Et puis, on arrive enfin à la porte Mueka qui signe la fin de la course. Et donc là, mon chrono à moi est de 9h58 et 49 secondes. Et celui de Ronald est en 12 heures. On a deux heures d'écart sur le chrono quasiment. parce que Ronald en fait lui a laissé tourner son chrono moi j'ai mis pause quand il était pas bien à chaque fois et en fait lui il laissait tourner pour qu'on ait vraiment l'idée du chrono réel avec les
SPEAKER_01pauses voilà waouh quelle histoire pas le scénario forcément catastrophe parce qu'à la fin tout s'est bien fini c'est juste génial mais c'est vrai qu'en termes de coquilles en chemin t'as eu droit à à
SPEAKER_00tout. Il y a tout qui s'est cumulé. Mon entraîneur, la veille, puis le jour J, je me disais stop, arrêtez, ce n'est pas rigolo, votre blague est nulle. Mais bon, ça finit bien. Après, quand je suis arrivée au parc... Il y a deux officiers du parc national qui sont venus voir les deux chronos, comparer vraiment les deux chronos, en me demandant les deux tracés et tout ça. Et effectivement, tout était super cohérent. Donc, ils m'ont dit, pour nous, tu mérites le tampon. Donc là, j'ai eu deux tampons par deux guides officiels. Et le lendemain, on avait rendez-vous avec un troisième guide qui, lui, était le grand chef du parc national et qui a, lui, refusé le troisième tampon. Puis en même temps, moi, je le savais, quoi
UNKNOWN!
SPEAKER_00Et c'est tout à fait justifié. Une performance sportive, ce n'est pas un chrono avec des pauses. Ce ne sera que partie remise.
SPEAKER_01C'est ce que j'allais te demander. Comment tu te projettes par rapport à ce
SPEAKER_00défi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Là, je vais y retourner au mois d'août. Déjà, je l'ai en tête depuis. Et en plus, là, je pars une première fois le faire avec... Attends,
SPEAKER_01excuse-moi. J'ai un chien qui craque. Désolée.
UNKNOWNPas de problème.
SPEAKER_00Désolée, j'essaie de fermer. Non, non, aucun souci. Chez ma soeur, du coup, il y a de la vie. Donc, on en était au chrono.
SPEAKER_01comment tu te projettes pour la
SPEAKER_00suite
UNKNOWN?
SPEAKER_00moi j'ai en tête depuis ce jour là d'aller chercher officiellement le chrono et là j'ai l'opportunité d'y retourner au mois d'août puisque je vais faire l'ascension sur 12 jours avec Julien qui est atteint de sclérose en plaques et lui il vit de l'ascension franchement c'est super comme aventure parce qu'il veut le faire avec un exosquelette il a un mental de fou il s'entraîne tous les jours chapeau
SPEAKER_01comment t'es rentrée en contact avec cette femme dont tu nous parlais juste avant dont c'était le projet et avec
SPEAKER_00Julien
UNKNOWN?
SPEAKER_00la première personne elle est passée par mon club d'athlétisme elle a contacté mon club d'athlétisme pour arriver à moi et elle avait vu que je m'amusais à courir sur les 3000 dans les Pyrénées et donc elle s'est dit c'est peut-être elle la jobarde qui voudra bien m'amener sur l'hôtelier et Julien pareil il a entendu parler un peu de mes différents défis en montagne et Et lui-même, c'était avant le Kili, je crois, qu'il m'a contacté. Ou juste après le
SPEAKER_01Kili, voilà. Super. C'est génial, en tout cas. Tu te donnes de ton temps pour accompagner des projets comme ça. C'est
SPEAKER_00juste génial. En fait, ça te remet vachement à ta place. Et moi, c'est ce que j'aime. Parce que je me dis, là, on va le faire en 12 jours pour Julien. Et on va tout faire pour qu'il arrive en haut. Et d'ailleurs, je me laisse trois jours de repos après. Et le quatrième jour, je retente mon chrono en suivant.
SPEAKER_01Tu l'auras tenté en solo cette fois ou
SPEAKER_00avec Romuald
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, Ronald, il sera présent en fait sur le projet, mais il flippe maintenant. Il n'a plus trop envie de prendre ce risque-là, normal. Et puis, on m'impose plusieurs guides sur la montagne. Donc, il y aura des guides sur plusieurs points. Déjà, pour checker la montre et en plus, pour prendre des relais éventuellement pour que je ne sois pas seule au sommet parce qu'il ne faut pas non plus qu'il m'arrive
SPEAKER_01un truc là-haut. Oui. Oui.
UNKNOWNWaouh!
SPEAKER_01et ben quelle expérience qu'est-ce qui fait tu penses que ça intéresse autant les gens cette histoire du Kilimanjaro parce qu'on en parlait juste avant d'enregistrer tu disais que t'étais beaucoup sollicité pour cette expérience en particulier
SPEAKER_00ben moi je pense qu'au-delà du côté
SPEAKER_01sport et perf c'est l'histoire après
SPEAKER_00Moi, en plus, je ne le vois pas forcément comme un exploit sportif. Au final, ce que les gens retiennent, c'est l'histoire humaine où on est passé à côté de la cata. L'amitié aussi, peut-être qu'avec Ronald. Je ne sais pas. Je pense que c'est ce côté-là qui sensibilise les gens.
SPEAKER_01C'est vrai qu'en tout cas, c'est une belle histoire. J'imagine qu'avec Ronald, ça a dû créer des liens assez forts entre
SPEAKER_00vous. Là, on ne se lâche pas. On est loin physiquement, mais on est super proches. On s'écrit tout le temps. On se tient au jus en permanence. Il doit venir en France. Malheureusement, c'est plus qu'on peut pousser à chaque fois. J'ai espoir qu'il vienne à l'ANSEE 4.
SPEAKER_01Super. Ouais. Cool. Alors, si on se projette un peu dans le futur, c'est quoi la suite pour toi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Qu'est-ce qui arrive en termes d'expérience complètement
SPEAKER_00frappée
UNKNOWN? Ouais, là, ça va bouger.
SPEAKER_00Là, ça va pas mal bouger parce que j'ai un gros projet que je suis en train de préparer. C'est l'ascension du Manaslu. Mon premier 8000 au Népal, dans la chaîne de l'Himalaya. C'est l'histoire de 30 ans. Je me sens prête aujourd'hui. Après, c'est un projet qui se prépare. Je pars dans une semaine au Népal pour une première approche. Déjà, visualiser un peu le bébé et me dire que c'est ça, une Malaya parce que j'ai jamais eu la chance d'y aller donc là je pars histoire de de me familiariser un peu avec les locaux aussi et les gens qui vont m'accompagner sur le Manaslu. Et après, donc... Ah, donc là,
SPEAKER_01tu pars... Pardon, excuse-moi. Tu pars avec les personnes qui... Avec l'équipe qui potentiellement sera avec toi sur le Manaslu
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, pas l'équipe au complet, mais une des personnes qui potentiellement m'accompagnera, oui. D'accord, d'accord. Et en fait, j'ai vraiment la chance d'être super bien entourée à ce niveau-là parce que j'ai... Voilà. L'honneur de connaître des... vraiment de très très grands alpinistes que ce soit Elisabeth Revol, Adam Dielecki là je pars avec Sophie Laveau donc pour moi c'est vraiment un honneur parce que j'adore ce qu'ils font et l'approche de la montagne qu'ils proposent donc voilà pour tout ce qui est conseils et guides je pars les yeux
SPEAKER_01fermés quoi, vraiment
SPEAKER_00ouais t'es avec la crème de la crème là ah ouais là il n'y a pas plus haut enfin pour moi en tout cas il n'y a pas plus haut voilà Et du coup, tout ça, en fait, chaque projet me sert à en préparer un autre parce que depuis deux ans, j'ai écrit un tour d'Europe où j'ai l'envie d'aller courir sur les plus hauts sommets d'Europe. et donc là je suis invitée en Grèce donc en fait là je pars au Népal je maintiens mes séances d'entraînement au Népal donc en fait je vais tenter de courir à 5600 mètres là on va être à 5600 à un moment et après je me dis ça va m'aider à préparer la Grèce puisqu'en rentrant je vais aller trotter sur le mont Olympe si tout va bien ouais ça c'est cool aussi il y a toute une histoire derrière c'est pas mal Et après, on me propose un 7000 au Kyrgyzstan aussi. Au départ, je devais faire l'Island Peak au Népal, mais je l'ai annulé pour garder la place pour ce 7000 qui est au Kyrgyzstan parce qu'en fait, ils proposent un peu toutes les manips indispensables à l'alpinisme pour aller se frotter un 8000. Donc voilà, je pars avec un couple d'amis, pareil, deux fous d'alpinisme aguerris. Et après, il y a le Kili qui arrive au mois d'août. mon 8000 en septembre octobre et après l'8000 je me consacre à une superbe course sur laquelle j'ai été invitée c'est l'ultra run Raramuri qui est prévu au Mexique pour avril 2022 Donc là, il y a un peu
SPEAKER_01tout qui s'enchaîne. Là, c'est
SPEAKER_00intense. Même quand je raconte, je me dis qu'ils ne vont rien comprendre. C'est un brave brouillon, mais moi, je m'y retrouve.
SPEAKER_01Parce que du coup, l'Island Peak, la dernière fois qu'on avait échangé, c'était encore au programme. La durée, ça rallongeait le séjour en Épaule
UNKNOWN?
SPEAKER_01Une semaine,
SPEAKER_00oui. Et en plus, il y a aussi l'aspect financier. Au final, je me dis que pour être cohérente et arriver sur le Manaslu au mieux que je peux le 7000 est bien plus conseillé parce que justement il y a des manips à avoir alors que l'Illampic est beaucoup moins technique c'était plus mon petit plaisir à moi au final même si ça sert toujours d'entraînement voilà c'est Mais bon, du coup, un truc beaucoup plus rude parce que ce 7000 est chaud. Parce
SPEAKER_01que l'Ile-en-Pic de mémoire, il y a déjà un permis
SPEAKER_00d'ascension
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, alors il faut demander. De toute façon, on est obligé de passer par les agences. On ne peut pas accéder à l'Ile-en-Pic comme ça. C'est un peu tout l'Himalaya.
UNKNOWNOui, oui, oui.
SPEAKER_01Cool
UNKNOWN!
SPEAKER_01C'est génial. En tout cas, le Népal, j'espère que ça te plaira. On en parlait aussi en off de ce fameux vol. Je ne sais pas, tu vas partir de Katmandou pour rejoindre Lukla
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui,
SPEAKER_01je pars de Katmandou. Ça, c'est cool. Déjà, tu vas éviter les 8 heures de jeep sur des pistes un peu... Je ne sais pas si on peut appeler ça des pistes, mais ça évite de rejoindre l'aéroport de
SPEAKER_00montagne d'où j'étais parti. Je crois qu'il y a un truc comme ça. J'ai pas tout parce que je pense que ça va être plein de surprises aussi mais ouais ce vol tu vois on en parlait tout à l'heure et en fait j'ai encore Adam là la dernière fois on discutait et puis il me dit en fait l'expert t'inquiète pas il me dit ça va bien se passer et tout il me dit le plus dangereux c'est le vol pour
SPEAKER_01Aliaouk ah ouais d'accord ouais c'est vrai que bon après c'est difficile à dire mais c'est vrai que quand tu regardes c'est soi-disant l'aéroport le plus dangereux du monde depuis 10 ans d'affilée mais Bon, alors moi, ce qu'on m'a expliqué, c'est qu'une fois que l'avion descend, en fait, l'aéroport, la façon dont il est construit, la piste est… Il y a un dénivelé, en fait, sur la piste parce que la piste est trop courte, autrement pour que les avions ralentissent. Et donc, une fois que les pilotes commencent leur descente, en fait, ils n'ont plus le choix. Il faut qu'ils se posent parce que c'est dans une espèce de fer à cheval entouré de montagne. Et donc, une fois que l'avion a perdu… En fait, il faut se poser, quoi. Il ne faut plus repartir et refaire un tour. Mais bon, ne t'inquiète pas. C'est vrai que s'il y a des turbulences et des petits avions, donc ça secoue un peu. Mais à part ça… je crois que en tout cas ce qu'on m'avait expliqué c'est qu'il a été vachement modernisé l'aéroport et le seul truc qui est un peu pénible qui peut arriver c'est qu'ils n'hésitent pas à le fermer complètement dès que les conditions météo sont plus favorables et donc je crois que le record c'est 21 jours consécutifs donc voilà c'est peut-être le seul truc où j'espère que ça ne t'arrivera pas qu'ils ne ferment pas l'aéroport un jour ou deux parce que ça m'était arrivé ouais voilà c'est vrai toi l'avantage tu en es encore C'est génial que tu arrives à partir au Népal et surtout que tu aies organisé ce projet en dépit de la situation où parfois on peut avoir l'impression que tout s'arrête. Je trouve que c'est vachement... Ça fait du bien de voir qu'il y a des gens comme toi qui arrivent à continuer à organiser leur projet et à faire en sorte
SPEAKER_00que ça soit... En fait, il ne faut rien lâcher. Moi, je vois, c'est tous les jours. Tous les jours, je suis dessus. En plus, je cumule mon boulot quand même d'infirmière où là... J'enchaîne les 12 heures pour rattraper le temps que je ne pourrais pas faire quand je serai au Népal. J'ai les entraînements aussi à côté parce que mine de rien, en rentrant du Népal, il faut que je sois prête pour aller courir sur le Mont Olympe. C'est intense. Les papiers, c'est une super galère.
UNKNOWNDonc voilà.
SPEAKER_00Les tests Covid, c'est plus un nez que j'ai, c'est une passoire. Il ne faut rien lâcher, il faut y croire. Moi, je me dis que... Il faut malgré tout essayer de continuer à vivre, à rêver
SPEAKER_01parce que la situation est trop lourde pour tout le monde. C'est clair. En tout cas, ça fait vraiment plaisir et beaucoup de bien à entendre. Merci de partager tout ça. Est-ce que tu peux peut-être nous dire de façon... Si tu prends un peu de recul par rapport à tous ces projets qui arrivent, le prochain immédiat étant le Népal et le plus lointain pour le moment étant cet ultra... au Mexique avec les rares à mourir. C'est quoi pour toi le fil rouge de toutes ces aventures, de toutes ces expériences
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, moi, j'ai l'impression qu'à chaque fois, une aventure en appelle une autre. Je ne sais pas vraiment si le fil rouge, je ne sais pas trop comment te le définir, mais... je sais pas pour moi à chaque fois c'est une nouvelle aventure et ouais le fait aussi de moi ce qui me tient beaucoup c'est le fait de ramener des images et de faire voyager par procuration c'est vrai que je représente la ligue française contre l'asclérose en plaques et en fait ma force elle est là aussi c'est que je me dis toi ma grande t'as la chance d'être reconnue pour ton sport et d'en vivre entre guillemets donc le vivre seul moi ça m'intéresse pas ce qui est chouette c'est de déjà d'aller à la rencontre de l'autre parce que que ce soit j'ai fait la Finlande la Tanzanie, le Népal ça t'apporte toujours quelque chose mais je me dis si je ne le partage pas pour moi ça n'a pas d'intérêt après ouais là où il faut être prudent c'est vrai que moi j'ai tendance à chercher toujours le toujours plus et ouais j'essaie de me calmer je me dis vanille t'as plus de temps maintenant mais ouais je sais pas trop en tout cas à chaque fois il y a une aventure derrière c'est comme l'ultra au Mexique moi je suis pas une ultra trailleuse alors oui il m'arrive des fois de faire des courses de 10h ou 15h ou voilà mais j'ai pas de 10 en fait je suis un peu hors
SPEAKER_01cadre
SPEAKER_00d'ailleurs quand je vois tous mes objectifs celui qui m'angoisse le plus à la limite c'est l'ultra du Mexique parce que je ne suis entourée que d'ultra trailer ah bah ouais et voilà moi je ne me connais pas dans ce genre de course donc ouais moi j'y vais plus pour la découverte des raras mûris et me dire bon bah je vais m'accrocher pas le choix ouais
SPEAKER_01Ok, c'est intéressant. C'est vrai que je trouve ça aussi intéressant. Je ne sais pas si il faut que j'arrête de dire intéressant à tout ce que tu dis, mais je trouve ça cool ce que tu décris sur le fait que tu n'as pas vraiment de discipline et qu'en fait, j'ai un peu l'impression que tu suis ce qui t'appelle. C'est-à-dire qu'une aventure te fait en imaginer une suivante et de fil en aiguille, tu continues de vivre des projets plus fous les uns que les autres, mais je n'ai pas vraiment l'impression que tu tu te limites toi-même tu vois à une discipline t'es dans l'ultra trail donc tu fais de l'ultra trail de l'ultra trail de l'ultra trail mais pour autant toutes ces expériences comme tu dis elles se nourrissent les unes des
SPEAKER_00autres ouais c'est vrai que moi souvent ça part bah j'ai une idée hop j'écris un projet et action quoi voilà je tiens vraiment à ça et après bah souvent on me dit mais quelle est ta discipline bah ouais trail course en montagne alpinisme escalade j'en sais rien pourvu que ça grimpe voilà pourvu que ça grimpe après je fais Au feeling, ouais.
SPEAKER_01Excellent. Et quand tu abordes ces différentes courses, au-delà de l'aspect plaisir, tu disais que chaque événement te sert à préparer le suivant. Comment est-ce que tu les abordes
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que tu as des objectifs très clairs d'un point de vue, par exemple, technique sur des ascensions ou sportif où tu veux passer des paliers
UNKNOWN?
SPEAKER_01À quel point est-ce que tu as de la clarté avant de te lancer sur ce que tu veux en retirer
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est vrai que quand je te dis que ça part d'une idée, c'est que par exemple, là, Le Kili, c'était je le fais dans la journée en moins de temps. Le Manaslu, c'est faire à 8000, oui, mais sans oxygène. Je pars pour faire sans oxygène. Je mets toujours en place un truc. Là, par exemple, le Manaslu, on me l'annonce en 4 à 5 semaines par rapport à ce que je suis capable de faire physiquement. Pour le coup, je prends 6 semaines. J'organise en fonction de ma première idée. Après, la Grèce, c'est pareil. Le Mont Olympe, je regarde un peu les chronos qui sont posés dessus. J'y vais pour courir. À chaque fois, c'est vrai que j'ai quand même quelque chose de très clair en tête et je ne démords pas.
SPEAKER_01et le Manaslu tu viens de nous dire sans oxygène c'est quoi ta motivation pour le faire de cette façon
SPEAKER_00en fait j'aime tellement je crois la montagne que moi quand je pars en montagne j'ai besoin de la ressentir vraiment de tout vivre à chaque instant et si à un moment donné tu t'étouffes à 7000 c'est parce que ton corps il est pas fait pour vivre à 7000 et que si t'as décidé d'y aller c'est à toi de t'adapter et pour moi bah voilà mettre de l'oxygène sur mon nez après je ne juge pas du tout les gens qui le font avec c'est chacun à son approche perso mais moi non avoir recours à l'oxygène c'est un peu passer à côté de la vraie montagne voilà moi je préfère perdre une semaine ou même renoncer au sommet mais au moins je l'aurais senti et je l'aurais vécu à fond
SPEAKER_01c'est une belle philosophie c'est joli
SPEAKER_00en tout cas c'est la mienne c'est
SPEAKER_01vrai que cette idée de faire l'expérience pleine de la montagne en tout cas moi ça me parle bien je ne sais pas si un jour j'aurai la chance de tenter un 8000 mais c'est clair que ça me
SPEAKER_00parle tu sais tout à l'heure on parlait de dormir dehors moi ça m'arrive assez régulièrement parce que encore une fois j'ai décidé d'aller dormir en montagne et je me dis je fais ma crâneuse mais j'ai quand même ma tente pas loin on sait jamais quoi c'est pas une forme de tempête mais il m'arrive de me dire ben voilà t'es dehors tu prends la nuit tu prends l'humidité de la nuit et je m'éclate avec des trucs comme ça quoi
SPEAKER_01Waouh
UNKNOWN!
SPEAKER_01Ok
UNKNOWN!
SPEAKER_01Excellent
UNKNOWN!
SPEAKER_01Ok
UNKNOWN!
SPEAKER_01Tu fais ça dans les Pyrénées
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui,
SPEAKER_00dans les Pyrénées. Après, dans les Alpes, je n'ai pas eu l'occasion de le faire. Mais par exemple, sur les 3000 des Pyrénées, de temps en temps, il y a des petits sous les glaciers que je connais bien, côté Aneto et tout ça. C'est un de mes kiffs.
UNKNOWNWaouh!
SPEAKER_01Excellent. Cool. Écoute, on arrive au bout déjà. Est-ce que toi, il y aurait un message que tu aurais envie de passer
UNKNOWN?
SPEAKER_00Moi, mon message, c'est comme je dis souvent, on est en vie, donc voilà, il faut foncer. Une idée, un projet, une action. C'est ma phrase type. Je crois que je vais me la faire tatouer, cette phrase. Non, mais c'est vrai qu'on se pose beaucoup de limites. On nous impose beaucoup de limites aussi. Il faut vraiment continuer à rêver parce que la vie, elle passe vite.
UNKNOWNVoilà.
SPEAKER_01bah écoute en tout cas moi tu m'auras bien fait rêver pour cet épisode avec tes différents projets et l'énergie que tu mets dedans et voilà je pense qu'en tout cas moi j'ai clairement ressenti cette volonté de faire de vivre sa vie pleinement et je trouve que c'est encore une fois je t'ai déjà dit juste avant mais hyper énergisant et vraiment rafraîchissant dans la période actuelle donc un grand grand merci d'avoir pris le temps pour la troisième fois de partager tout ça ouais d'avoir partagé tout ça sur le podcast mais non c'était vraiment super je pense si j'ai ton calendrier en tête je pense que l'épisode devrait sortir pendant que t'es en pleine aventure quelque part en Grèce donc bah écoute je te souhaite d'ici là tout le meilleur de profiter à fond du Népal de tout ce qui arrive après t'inquiète pas l'avion en plus il te distribue tu verras il te distribue des boules pièces made in Népal donc c'est du coton que tu peux te mettre dans les oreilles donc ça aide pour le bruit d'accord ouais mais je plaisante blague à part je te souhaite de bien en profiter c'est sûr que l'avion ça va être une petite expérience sur ce trajet mais ça fait des super souvenirs donc tu vas t'éclater bah écoute j'espère pouvoir raconter
SPEAKER_00tout ça bientôt ouais
SPEAKER_01ouais ouais voilà un grand grand merci encore une fois Vanessa je mettrai je mettrai tous tes comptes si les gens veulent te suivre le plus simple c'est quoi
SPEAKER_00?
SPEAKER_00Instagram en fait Facebook perso, parce que là, la page sport, à moins que quelqu'un me prenne le relais dessus, mais non, sur ma page perso. Après, il y a un documentaire qui est prévu sur tout ça. Là, je pars avec des caméras pour filmer au maximum l'aventure de maintenant à mon 8000. En fait, il y a quand même un échange où moi, je vais former les guides locaux aux gestes de premier secours au Népal. Et en conclut, je m'initie l'himalayisme. Donc voilà, il y a tout ça. une histoire autour de ça aussi et et prochainement donc voilà
SPEAKER_01il faut être patient du coup parce que quand j'aurai réussi le Manaslu on fera un film excellent ah c'est génial cette histoire ok voilà écoute tu dès que ça commence à dès que c'est finalisé quand t'auras fait ton Manaslu tu nous donneras tu nous donneras tous les liens puis je rajouterai tout ça en description oui pour pouvoir regarder le film parfait super merci beaucoup Vanessa excellente fin de soirée à toi excellent week-end et kiffe à fond le Népal ouais promis
UNKNOWNAbonne toi!
SPEAKER_01Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pros ou persos. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact.lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'un Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.
UNKNOWNCiao!