SPEAKER_00

Aujourd'hui, je ne pratique plus le sport de haut niveau comme je le pratiquais à l'époque. Pour moi, j'ai intégré le sport de haut niveau dans mon projet de vie. Et avant, mon projet de vie, c'était le sport de haut niveau. C'est exactement un combat. Pour moi, il y a encore beaucoup de choses à faire pour arriver à l'égalité, hommes-femmes, de tous les genres.

SPEAKER_03

J'ai envie de te dire Hajime, Charline, bienvenue sur le podcast. Très heureux de t'accueillir ce soir.

SPEAKER_00

Également, c'est un plaisir.

SPEAKER_03

Moi, je suis très, très content parce qu'on avait déjà échangé, je viens du judo aussi. Et comme on a à peu près le même âge, je suis quasi sûr et certain que tu côtoies des gens avec qui j'ai commencé, avec qui j'ai poursuivi jusqu'en équipe de France. Donc, je suis très content qu'on puisse enfin accueillir quelqu'un du judo et en plus une judocate, ce qui est juste super. Donc, d'habitude, je laisse les invités se présenté mais là je viens un peu de me lancer pour toi mais je te laisse peut-être continuer d'où est-ce que tu viens qu'est-ce que tu fais aujourd'hui et qui est

SPEAKER_00

charline ben j'ai 30 ans c'est à dire j'ai le même âge que toi j'ai 30 ans je viens de belgique j'ai fait j'ai grandi en belgique avant j'habite à paris depuis sept ans donc je suis judocate professionnelle depuis depuis ben 15 ans je pense donc j'ai fait tout le circuit international médaillé championne d'Europe deux fois six fois médaillé au championnat d'Europe médaillé au championnat du monde et médaillé aux jeux olympiques j'ai fait la plus grande partie de ma carrière en moins de 48 kilos jusqu'aux jeux de Rio en 2016 où là j'ai décidé de monter des catégories et de combattre en moins

SPEAKER_03

de 52 génial génial c'est toujours très content d'accueillir tous mes invités évidemment mais c'est vrai que chaque fois que j'ai l'occasion d'échanger avec des sportifs de haut niveau et en plus des médailles olympiques c'est toujours un moment un peu spécial donc un grand merci à toi de prendre le temps de venir partager ton parcours c'est juste génial

SPEAKER_00

c'est toujours aussi pour moi un plaisir d'échanger de retransmettre les choses que j'ai apprises durant ma carrière parce qu'évidemment c'est un parcours de

SPEAKER_03

vie qui est

SPEAKER_00

très riche donc je trouve que ça a du sens de pouvoir redonner des choses choses qu'on apprend. Merci de me donner

SPEAKER_03

cette occasion. Avec grand plaisir. Et peut-être en introduction pour celles et ceux qui ne seraient pas trop au fait du judo, moins de 48 kilos c'est la catégorie la plus légère chez les seniors. Donc au judo ça se passe comme ça, c'est des catégories d'âge. Alors évidemment quand on devient pro comme toi Charline, tout le monde est dans la même catégorie d'âge globalement en tout cas pendant un petit moment. Et après ce qui fait la différence c'est les catégories de poids donc toi tu me disais moins de 48 qui est la catégorie la plus légère chez les filles et au dessus tu parlais de moins de 52 donc je pense qu'on en parlera mais c'est vrai que la notion de gestion du poids ça me rappelle plein de souvenirs les régimes etc je suis sûr que tu vas nous expliquer tout ça mais en tout cas chouette peut-être qu'on pourrait commencer par le commencement le début le début en judo qu'est ce qui fait que tu t'es mise au judo et qu'est ce qui fait que tu as accroché qu'est ce que tu as trouvé qui te donne aujourd'hui toujours le l'envie de remonter sur le tatami

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

J'étais une petite fille avec vraiment beaucoup d'énergie et je faisais plein de sports.

SPEAKER_03

Pourquoi tu rigoles

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Non, parce que c'est vrai que généralement, c'est ça le judo. C'est plein d'énergie,

SPEAKER_00

judo. Oui, je faisais plein de sports. J'ai testé beaucoup de choses, la natation, la danse, la gymnastique. Je faisais aussi du scoutisme. J'ai testé un peu le judo par hasard. Mon papa fait du judo Avant, il avait arrêté pendant plusieurs années, mais il a repris avec moi. Ça lui a donné goût. Et c'est vite devenu une histoire de famille. Il y a tout le monde qui a commencé, mes frères aussi. Et ma maman, elle avait toujours voulu faire du judo. Donc, à 36 ans, elle a dit« je mets le kimono et je commence à faire du judo». Son père lui avait dit en fait que ce n'était pas un sport pour les filles. Et donc, elle n'avait pas le

SPEAKER_02

droit.

UNKNOWN

Ah!

SPEAKER_00

Et ça a vraiment créé toute une énergie familiale jusqu'au point où, un an après mon inscription au club, on a créé notre

SPEAKER_03

propre club de famille.

SPEAKER_00

Ah oui, d'accord. Donc, vraiment la… Au début, même s'il y avait une question de choix, on va dire qu'une fois que cette dynamique est mise en place, on se les a aussi un peu portées par la dynamique de famille. Et puis, on n'est plus là. Je n'étais plus là à changer de sport chaque année et à tester de nouvelles choses. C'était vraiment judo, judo, judo. Et jujutsu aussi, puisque du coup, mes parents ont ouvert deux sections, une de judo et une de jujutsu. Et j'étais tous les jours sur le tatami, deux heures par jour. Donc, j'enchaînais aussi. Même à partir d'un certain âge, j'ai lancé enchaîner les cours jeunes et les cours adultes donc je faisais 4 heures d'affilée de judo et puis le lendemain je faisais 2 heures de juju dessus et puis après de nouveau 4 heures de judo 2 heures de juju dessus donc j'étais tout le temps sur le tatami et le week-end c'était le jour des compétitions

SPEAKER_03

Donc c'est quoi c'est le fait que ce sport te permette de sortir toute cette énergie qui fait que tu as continué tu penses jusqu'à

SPEAKER_00

aujourd'hui

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il y a plusieurs choses il y a aussi le fait que c'était vraiment un endroit où je Je ne me sortais pas forcément à ma place à l'école, par exemple. Je n'étais pas trop dans la dynamique. Je n'avais pas beaucoup d'amis, en fait. Et dans le judo, j'étais très douée et on est plus reconnue pour sa valeur par rapport à son talent, par rapport à ce qu'on produit. Et ceci, peu importe son gabarit, peu importe sa taille, pour le judo, on peut vraiment pratiquer le judo. quel que soit son gabarit en fait on trouve des partenaires et c'est encore plus vrai pour les enfants on trouve vraiment des partenaires qui nous correspondent peu importe son gabarit donc ça c'est super intéressant puis on est aussi tous habillés pareil et pour moi ça a une certaine une certaine valeur aussi cette notion d'égalité qu'on retrouve dans le judo

SPEAKER_03

c'est vrai qu'on dit souvent que le judo c'est une très bonne école de la vie t'as déjà dû l'entendre plein de fois est-ce que la première qu'est-ce que t'en penses de ça

SPEAKER_00

pour moi c'est totalement une école de la vie où on apprend des valeurs fondamentales de respect et d'égalité parce que du coup on rentre il y a tout ce rituel quand on rentre sur le tatami on doit être propre on doit saluer le tatami on doit saluer le prof il y a une notion d'autorité mais qui est Pour moi, le maître, il ne représente vraiment pas un dictateur un peu despotique, mais il représente vraiment le savoir et l'accès au savoir. C'est là où, peut-être on en parlera plus tard, où il y en a qui dérivent vraiment sur ce côté, qui profitent en fait de cette autorité, de cette clé de savoir. En tout cas, dans mon enfance, ça n'a pas été le cas. Mon père, il était vraiment là pour me guider et j'étais une petite fille qui avait soif d'apprentissage. C'était aussi une des choses que j'adorais avec le judo, c'est qu'on sans cesse mon réservoir, que je voulais tout savoir, je voulais tout apprendre, je voulais tout maîtriser. Et c'est un puits sans fin, en fait, le judo. Il n'y a pas de fin à l'apprentissage. Aujourd'hui, même après 25 ans de judo, je continue à apprendre.

SPEAKER_03

C'est ça qui est magnifique. C'est vrai que c'est une belle façon de le décrire, effectivement. J'ai un peu l'impression aussi que c'est comme beaucoup de choses, c'est-à-dire plus tu te spécialises, plus tu deviens un expert dans ton domaine, plus tu te rends compte qu'en fait, il reste du chemin à parcourir parce que ton champ de connaissances s'élargit et du coup, tu réalises tout ce qui ne sera peut-être jamais vraiment accessible et le judo, c'est peut-être un peu ça. Je ne sais pas si on peut vraiment dire qu'il y a des gens qui maîtrisent le panel complet de prises, sachant que tu as des prises qui sont je pense à des copains comme Loïc Pietri qui avait in fine conçu sa propre technique donc j'aime bien ce message de connaissance et quelque part de puissance

SPEAKER_00

je ne vois pas la maîtrise comme le fait de devoir maîtriser toutes les prises mais plutôt comme avoir acquis suffisamment de connaissances de son art pour moi ça reste un art marseillais donc c'est un art et nous sommes des artistes et du coup qui dit artiste dit créativité Et quand on a acquis certaines bases et certaines maîtrises de certaines techniques et certaines bases fondamentales, on peut créer. Comme tu viens de le dire très bien avec l'exemple de Loïc, c'est que ça y est, on crée. Et là, c'est très riche, c'est infini. Voilà ce qu'est pour moi la maîtrise.

SPEAKER_03

Et à quel moment est-ce que la voie du professionnalisme, en tout cas du haut niveau à plus long terme, est devenue une réalité pour toi est-ce que tu as eu un espèce de moment de déclic ou ça s'est mis en place de façon naturelle au fil des compétitions

SPEAKER_00

oui c'est vraiment naturel pour moi ça s'est enchaîné je ne me suis jamais dit en fait mon rêve c'est de faire les Jeux Olympiques je veux faire ci je veux faire ça en fait non j'ai juste suivi j'ai mis un pied devant l'autre et j'ai continué à gravir les échelons au fur et à mesure et continuer d'avancer c'était pour moi en fait une une suite logique plutôt qu'un aboutissement

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

la question de devenir professionnelle elle s'est jamais posée voilà j'ai suivi la logique j'ai continué à augmenter mon niveau jusqu'à devenir professionnelle jusqu'à participer aux Jeux Olympiques jusqu'à

SPEAKER_03

décrocher une médaille aux Jeux Olympiques Waouh il va falloir que tu nous en parles un petit peu plus des Jeux Olympiques c'est toujours c'est le genre d'événement où peut-être à tort je sais pas mais ça me je trouve que c'est très impressionnant tu vois c'est vraiment l'aboutissement de tout sportif en tout cas c'est la façon dont je le vois donc j'espère qu'on aura le temps pour que tu nous en dises un petit peu plus mais avant ça peut-être on vient de parler pas mal du judo de façon générale mais Comment est-ce que je peux introduire ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Au-delà du judo, tu as décidé aussi, toi, de mener un autre combat pour peut-être changer la vision des choses sur, pour être plus précis, la place de la femme dans cet univers, en tout cas dans l'univers du sport en général. Et c'est vrai que c'est... Il y a peut-être... Moi, je me rappelle quand j'étais... Du coup, quand on était plus jeunes. C'est vrai qu'une fille judocate, c'était tout de suite... Ah, mais est-ce qu'elle elle va pas perdre en féminité, est-ce qu'elle va pas, elle est trop gentille, tu vois, ou les régimes commencent à se passer, enfin il y avait plein plein plein de croyances, d'espèces de notions que c'est un art martial, c'est un sport de combat, alors qu'en fait c'est pas du tout un sport de combat, mais il y avait plein de choses associées à la pratique du judo par des femmes, donc je serais curieux de savoir, maintenant que t'en as fait un peu, peut-être pas un combat, mais que t'es active pour faire changer ces points de vue, comment est-ce que ça s'est passé pour toi quand tu as commencé c'est-à-dire encore jeune comment est-ce que tu l'as vécu et aujourd'hui quelle est ta vision de la place de la femme dans le judo et peut-être dans le sport en général

SPEAKER_00

c'est exactement un combat pour moi il y a encore beaucoup de choses à faire pour arriver à l'égalité homme-femme en tout cas de tous les genres c'est Ça s'est fait assez naturellement parce que moi, j'ai grandi avec deux frères et une éducation plutôt non genrée où on a vraiment été mis sur le même pied d'égalité, mes frères et moi. C'est-à-dire qu'on avait autant des activités dites masculines que dites féminines, que ce soit eux ou moi. Et j'avais autant le droit de faire de la danse que de faire du judo, que d'aller faire du foot, que d'aller jouer dans les bois et revenir avec les genoux tout écorchés, que grimper aux arbres, etc. Donc, je n'avais pas de limite à ce niveau-là. Et mes parents m'ont vraiment poussée à découvrir en fait tout ce que je pouvais faire malgré le fait que je sois une petite fille. Et vite, j'ai été confrontée à cette image de la société qui m'a rappelée qu'en fait, ce n'était pas aussi évident. Et ça se passe déjà à l'école dès le plus jeune âge ou en tant que petite fille qui n'est pas habillée liée comme une petite fille. Je ne trouve pas forcément ma place. J'ai envie de jouer autant à des jeux dits de garçons qu'à la poupée avec les filles. Mais du coup, ça a créé... Je n'avais pas de place dans aucun des deux groupes qui sont déjà hyper genrés dès la primaire, dès la maternelle. Donc ça, c'était ça dont je te parlais quand je te dis que je ne trouvais pas ma place. J'étais face à deux groupes. Un groupe où il y avait des activités qui me plaisaient, le groupe des filles. Un groupe où il y a des activités qui me plaisaient, le groupe dit des garçons et j'étais un peu comme ça à pas savoir où je devais aller donc c'était plus un problème de société plutôt que familial mais mes parents ils m'ont toujours poussé à faire du judo donc j'ai continué le judo et je battais des garçons surtout Là, tu rigoles. Pourquoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Pourquoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est ça la question. Pourquoi est-ce que ça fait rire quand une fille dit qu'elle bat des garçons

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Dès le plus jeune âge, en fait, j'ai remarqué que ça gênait. Ça gênait les garçons jusqu'au point où il y en avait qui quittaient le club. Enfin, moi, je m'entraînais, comme je te l'ai dit, des heures par semaine. Donc, c'est normal que je sois plus forte que ceux qui s'entraînent moins. Il n'y a pas... C'est pas une question de genre. C'est une question de pratique, en fait. De talent, dîner, d'acquis, c'est tout ce mélange-là. donc voilà très jeune en fait on est confronté à ça à se dire mais enfin pourquoi ça les dérange que moi je les batte et très tôt on apprend qu'il faut fonctionner avec l'ego de l'autre et puis on grandit avec aussi des personnes donc des femmes qui se battent pour combattre on a eu accès donc beaucoup plus tard au sport et en tant que femme on a eu accès beaucoup plus tard aux compétitions aussi des femmes comme Ingrid Barkmans qui se sont battues pour faire les JO en judo pour des femmes, qui était un sport de démonstration. C'est quand même assez fou la différence. Et voilà, moi j'ai grandi avec la génération, avec des exemples comme aussi David Douillet qui parle dans son livre en disant clairement que la femme n'a pas sa place sur le tatami. C'est quand même, je grandis avec toutes ces images de société qui me rappellent que c'est à ma place et ça c'est encore à l'heure actuelle donc effectivement aujourd'hui on s'est mis en collectif avec des amis sportives pour dénoncer toutes ces images avec lesquelles on grandit ça va vraiment juste ces images des injonctions sociétales comme je viens de les décrire mais aussi ça va aux insultes au fait qu'on nous rabaisse en tant femme en fait qu'on croit moins en nous qu'on nous donne moins de possibilités en fait parce que ça n'a pas été le cas dans mon club dès que j'ai quitté le club effectivement on avait moins d'attention que les garçons et plus tu grandis en fait et plus ton corps commence à se développer plus les différences deviennent de plus en plus marquées je pourrais en parler pendant une heure

SPEAKER_03

je sais pas si ça répond à ta question c'est super intéressant et je suis souriez parce que comme je te le disais depuis que j'ai découvert ton profil il y a plusieurs mois du coup je suis un peu ce que tu postes et c'est vrai que ça ouvre les yeux sur tu vois des pratiques enfin en tout cas encore une fois des croyances sur la place de la femme dans le judo qui moi m'ont rappelé plein de choses tu vois des remarques d'entraîneurs j'ai pas forcément je sais pas si je pourrais forcément dire qu'elles étaient enfin aujourd'hui je dirais qu'elles sont déplacées je fais attention parce que je veux pas que tu penses que tu vois j'adhère à ces croyances mais disons des croyances d'une certaine époque

SPEAKER_00

mais je suis très tolérante parce qu'on grandit avec une société qui est sexiste donc forcément on les intègre et même moi je les ai intégrées j'ai intégré le thé fort pour une fille comme un compliment donc non je ne peux pas je ne peux pas t'en vouloir si tu intègres si tu intègres ces croyances parce qu'on grandit avec ces schémas là et ce qui est important c'est de faire ce que tu fais et de t'interroger sur ces croyances et de les remettre

SPEAKER_03

en question et ça c'est pas du tout donné à tout le monde en tout cas voilà ce qui me faisait sourire c'est que j'imaginais bien que le fait qu'une fille batte des garçons vu encore une fois vu certaines croyances en place dans le judo ça pouvait en déranger certains mais en tout cas super intéressant je connais moi surtout le judo mais pour avoir discuté avec certaines invitées je pense notamment à Alexia qui est en équipe de France de Kite qui nous expliquait que des choses un peu étonnantes comme par exemple que les garçons ont des contrats de sponsoring avec des marques ce qui n'est pas encore accessible aux filles en France et je te parle de ça il y a quelques mois tu vois et elle prépare aussi les jeux et donc moi je trouve juste ça intéressant parce que je pense qu'on a tous à gagner aussi bien le sport en termes de valeur que ça véhicule que tout simplement pour des notions de performance et même de développement personnel individuel on a tous intérêt à ce que les disciplines s'ouvrent à tous et à

SPEAKER_00

toutes

SPEAKER_03

donc

SPEAKER_00

je trouve ça intéressant ça

SPEAKER_03

peut

SPEAKER_00

être

SPEAKER_03

que plus riche en

SPEAKER_01

fait si on

SPEAKER_00

accepte juste l'autre partie de l'humanité ouais c'est aussi simple que ça quand on les dit comme ça en général voilà ça a un effet

SPEAKER_01

c'est

SPEAKER_00

clair c'est clair ce qu'on demande c'est juste le respect de l'autre partie de l'humanité ça apprend des connotations très négatives en fait de dire qu'on est féministe mais qu'on le ramène à qu'est-ce que le féminisme en vrai c'est juste ça on veut juste avoir autant de respect que l'autre partie de l'humanité et autant d'opportunités aussi effectivement on gagne encore beaucoup moins notre vie et le milieu du sport est vraiment le plus gros je ne sais pas si le plus gros mais en tout cas un des plus gros bastions du sexisme parce qu'on est vraiment dans un domaine où c'est exacerbé donc si c'est vrai dans la vie courante il y a des choses qui sont encore plus marquées dans le

SPEAKER_03

sport sans doute d'autant plus dans certains arts martiaux

SPEAKER_00

en tout cas où tu as une notion les sports de combat effectivement où on a directement une rivalité qui se crée et aussi une proximité qui se crée oui c'est sûr il y en a encore régulièrement il y a des personnes qui ne veulent pas alors pas dans le judo je pratique un peu de jujitsu brésilien aussi mais ça arrive qu'il y a des personnes qui ne veulent pas tourner comme on disait dans le jargon du sport avec moi parce que je suis une femme et c'est assumé comme position et si aujourd'hui je dis pour faire un parallèle qui pour moi est assez frappant non je ne tourne pas avec toi parce que t'es noire voilà aujourd'hui c'est plus accessible c'est plus tolérable ça aujourd'hui il n'y a plus personne qui tolérait ce

SPEAKER_03

genre de combat clairement

SPEAKER_00

oui j'ai espoir que dans quelques années quand on dira je ne combats pas avec une femme ça choquera autant que quand on dit je ne combats pas avec

SPEAKER_03

un

SPEAKER_00

noir ouais

SPEAKER_03

écoute moi j'en suis convaincu aussi donc quand je vois l'enthousiasme l'énergie que tu déploies toi tes amis sportifs et puis les mentalités qui évoluent quand même de façon positive j'ai l'impression on va rester confiant en tout cas sur ce qui se passe au niveau des tatamis d'autant plus que ça me fait une chouette transition tu vois on parle de de perception perception de la moitié de l'humanité enfin de ce que tu vois de ce qu'accomplit la moitié de l'humanité dans certaines disciplines et spécifiquement en judo le judo c'est un sport c'est peut-être pour ça qu'on dit souvent que c'est une bonne école de la vie c'est un sport qui peut-être tu me diras ce que tu en penses mais que moi je considère comme quand même un peu un gras dans le sens où et c'est pour ça que ça en fait une super école dans le sens où il y a plein de paramètres qui ne sont pas maîtrisés que ce soit des notions d'arbitrage que ce soit des notions de feeling le jour J il y a beaucoup de complexité dans la préparation parce que c'est aussi bien physique technique que mentale, il y a une notion de gestion de poids qui est prise en compte donc je serais curieux de savoir concrètement qu'est-ce que ça a signifié pour toi à partir du moment où tu es vraiment rentré dans le haut niveau en termes de alors sacrifice et peut-être je ne sais pas quelle notion tu mets derrière sacrifice mais en termes d'impact sur ta vie de femme de tous les jours qu'est-ce que ça t'a demandé le judo à un tel

SPEAKER_00

niveau

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Effectivement il y a beaucoup de paramètres à prendre en considération mais je je ne dirais pas qu'il y a beaucoup de paramètres non maîtrisés. Il y a beaucoup de paramètres à maîtriser, je dirais. C'est plus comme ça que je le conçois. Après, oui, il y a les paramètres extérieurs comme la salle, l'organisation de la salle et l'arbitrage, mais ça reste quand même pour moi une très faible partie du sport. Et tout le reste, pour moi, c'est là où est l'enjeu, c'est d'arriver à maîtriser tous les autres paramètres. Et effectivement, je C'est super riche parce qu'on peut jouer sur plein de paramètres. On a la technique, on a la tactique, on a la préparation mentale, on a le diet, on a le cardio, on a la force, l'explosivité, la puissance, la créativité, la disponibilité mentale. On a vraiment beaucoup de paramètres. Et devenir professionnelle, ça a été commencer à travailler sur tous ces aspects-là. Donc, en judo, je travaille debout, je travaille le kumikata, donc c'est la façon de saisir le partenaire, les néophytes. Et j'ai vraiment pris une personne spécialiste dans chaque domaine, parce que pour arriver à maîtriser chaque paramètre, ça demande un niveau de connaissance qui est vraiment spécifique. Donc, j'ai travaillé avec quelqu'un pour la préparation mentale depuis des années je suis en psychologie du sport depuis quelques années j'ai développé aussi l'hypnose l'auto-hypnose pour vraiment essayer de travailler cet ancrage cette recherche du flot puis il y a la diète il y a la diététique qui est super importante et effectivement le paramètre non maîtrisable c'est que le corps réagit toujours différemment au régime et encore plus quand on est une femme on doit prendre prendre en considération le cycle hormonal. Et ça, c'est quelque chose, par exemple, où il n'y a pas de recherche là-dessus. J'ai envie de prendre le nombre de recherches qu'il y a sur la maîtrise de l'érection de l'homme. C'est quand même affolant, en fait, de se rendre compte que pour le fonctionnement de l'homme, on a une quantité astronomique de recherches et on ne sait toujours pas aujourd'hui, je veux dire, comment gérer l'endométriose ou comment impacte le cycle hormonal et la performance sportive. Il y a très peu d'études dessus, donc c'est quand même assez fou. Et pendant des années, pour prendre un exemple concret, pendant des années, j'ai lissé mon cycle hormonal et je n'ai pas appris à travailler avec. C'est-à-dire, par exemple, avec la pilule contraceptive, etc. Et puis, j'ai décidé d'arrêter et maintenant, je travaille avec mon cycle. Donc, il faut savoir qu'au milieu, par exemple, au milieu du cycle, il y en a l'ovulation. L'ovulation, c'est à prendre en considération parce que c'est une période propice aux blessures et il faut prendre en considération aussi la rétention de l'eau, des choses comme ça. Il y a vraiment beaucoup de choses à prendre en considération et on manque énormément de données dessus. Ça, c'est un truc qui est vraiment incroyable.

SPEAKER_03

Et ça, toi, tu l'as fait de façon empirique ou tu as trouvé des gens, quelques rares personnes qui s'intéressent de façon scientifique au sujet

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est plus de façon empirique parce que les données nous manquent. OK. Les données nous manquent. Moi, je connais... les footballeuses américaines qui s'entraînent en fonction de leur cycle hormonal. Dans le monde entier, c'est le seul exemple que

SPEAKER_03

j'ai.

SPEAKER_00

C'est fou. C'est totalement fou. Alors que je suis sûre qu'on pourra encore augmenter nos performances en tenant compte de ça. Moi, j'ai vraiment senti une différence. On a tendance à vouloir nous lisser pour justement oublier qu'on a un et alors que c'est faux nos hormones ils montent ils descendent ils changent l'œstrogène je ne connais pas tous les noms mais ça varie énormément au cours d'un mois et ça impacte ça impacte notre performance

SPEAKER_03

et depuis que toi tu as procédé à ces changements tu as vu tu as vu des évolutions justement en termes de performance ou peut-être même juste tu vois de bien-être de disponibilité mentale ça a été quoi les conséquences

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

oui c'est plus au niveau bien-être et donc du coup coup, ça impacte ma performance, effectivement. Voilà. Et il faut, voilà, je peux anticiper l'impact que ça va avoir sur moi, etc. Et je suis beaucoup plus près de mon cycle et je sais que je suis entourée de personnes à qui je peux en parler. Mais trop souvent, en fait, ça vient de l'athlète et c'est pas l'inverse. Et pour moi, ce serait l'idéal à atteindre, c'est que ça vienne de l'entraîneur qui soit sensibilisé aussi hormonal de son athlète et qu'ils prennent en considération je pense que le nombre d'athlètes qui vont dire, qui vont appeler leur entraîneur et leur dire désolé je m'entraîne pas parce qu'aujourd'hui je suis incapable de m'entraîner parce que je suis réglée alors là franchement il n'y en a pas beaucoup et moi même personnellement j'ai attendu d'avoir je sais pas mais 25 ans donc vous avez déjà 10 ans de règles derrière moi pour pouvoir appeler mon entraîneur et lui dire je m'entraîne pas aujourd'hui je suis pas bien et puis après je dis mais pourquoi je lui dis ça je peux lui dire en fait ouais voilà je suis réglé j'ai une menstruation et ça va pas du tout je suis incapable de m'entraîner nous c'est tous les mois donc forcément ça va prendre en considération dans

SPEAKER_03

la vie d'un athlète c'est un très très bon sujet et justement comment est-ce que t'intègres ça sur des plans à long terme puisque là il y a une échéance particulière qui arrive très bientôt pour toi, les jeux. Comment est-ce que tu l'intègres et quelle différence tu vois entre tes plans à toi où c'est un paramètre qui est pris en compte parce que c'est juste un paramètre physiologique majeur, comme tu dis, c'est là tous les mois, donc ça ne peut pas être ignoré. Quelle différence tu vois peut-être entre l'approche que tu as toi et les approches que tu vois autour de toi chez d'autres judokas

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Il y a un

SPEAKER_00

malaise. je ne peux pas mesurer l'impact que ça a sur leur performance parce que je n'ai pas ces capacités-là. Mais par contre, je peux clairement dire qu'il y a un malaise. Il y a un malaise quand une jeune fille, elle n'arrive pas, une femme, peu importe, une personne menstruée, elle a ses règles et voilà, elle n'arrive pas à faire son poids et en fait, elle n'a pas le soutien de son entraîneur et au contraire, il va la dénigrer en lui disant tu dis n'importe quoi, moi, c'est tellement grotesque que je n'arrive même pas à le dire. Tu dis n'importe quoi, moi, j'ai lu des études, c'est un impact que d'un kilo mais un kilo quand on perd déjà quand c'est déjà super difficile de perdre son poids et d'arriver au poids le jour J on est à un kilo près on est même pas à un kilo près on est à 500 200 300 grammes près c'est énorme un kilo et en plus c'est pas que un kilo des fois c'est plus

SPEAKER_03

j'avais déjà vu des judokas le jour de peser se couper les cheveux pour 100 grammes donc Donc, oui, un kilo. Enfin, même moi qui étais en catégorie plutôt lourde, j'étais en moins de 90 kilos. Si on m'avait dit, bon, là, tu es à un kilo au-dessus deux jours avant la compète, même quand tu pèses 90 kilos, donc proportionnellement, ce n'est pas grand-chose. En fait, c'est absolument énorme quand tu es au niveau parce que ça se joue. Enfin, moi, je me rappelle quand on me demandait mon poids, ça me paraissait évident. Je ne disais pas, je fais autour de 90 kilos. Je disais, je fais 90.2. Tu vois

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Et je me rappelle les gens qui me disaient, comment ça 90.2

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Tu vois

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

une obsession en fait ouais c'est ça

SPEAKER_03

donc la notion de poids si tu me dis que c'est un kilo effectivement en fait c'est un kilo c'est quoi c'est la rétention d'eau c'est ça c'est le fait que t'as une rétention d'eau ok ah

SPEAKER_00

ouais mais l'impact hormonal sur le l'impact hormonal sur les sports à catégorie poids n'est pas étudié et on n'a pas de données scientifiques là-dessus on n'en a pas du tout oui alors on peut savoir qu'une femme elle va prendre 1 1,5 kg 2 kg là je te parle d'une moins de 48 à moins de 48 kilos 1 kilo c'est

SPEAKER_03

énorme c'est monstrueux ouais

SPEAKER_00

c'est absolument monstrueux ouais c'est un exemple je veux dire anecdotique qui prouve à quel point voilà donc on est au régime on est en stress pour la compétition on est en tension forcément un régime ça impacte ça stresse l'organisme ça stresse le corps et toi t'as ta seule personne de référence t'es à l'étranger t'es pas chez toi t'es peut-être en décalage horaire dans un endroit où on parle pas forcément ta langue etc et t'as fait un voyage ou pas Forcément aussi, tu as peut-être de la rétention d'eau dans l'avion. Tu as énormément de paramètres qui rentrent en considération. Toi, tu es avec la seule personne de référence. Tu lui confies quelque chose qui te pèse sur le cœur et on te répond ça. Il faut bien remettre tout dans son contexte. Ça fait très, très

SPEAKER_03

mal. Disons que tu n'as peut-être pas forcément besoin quand tu es à ce niveau-là et que chaque détail compte de devoir en plus gérer ça. Je ne peux pas dire que j'imagine que c'est compliqué à gérer puisque je ne suis pas dans ce cas de figure dur, mais je... Je... Ouais.

SPEAKER_00

c'est toutes les façons dont le sexisme se rentre en cri dans le sport et après ça va sur des remarques aussi de toute façon les filles vous êtes moins nombreuses le judo c'est pas intéressant chez les filles avant on m'a déjà dit tu fais pas des vrais combats tu fais des chiailles alors les chiailles pour les néophytes ce sont les tournois qui nous permettent les compétitions qui nous permettent d'accéder à la salle Ça résume plus ou moins ce que c'est. Vous faites des randories, des combats d'entraînement, mais vous ne combattez pas réellement. On ne combat pas, on fait quoi en fait

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

On fait quoi si on ne combat pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Des fois, c'est des phrases qui sont très violentes et très

SPEAKER_03

blessantes. Gros sujet, mais en tout cas, encore une fois… Je pense qu'il faut être à la fois réaliste, challenger la situation actuelle, mais confiant aussi dans le fait que ça va, même si ça prend du temps, moi, j'ai envie de croire en tout cas dans le fait que ça va changer. Ça ne peut pas ne pas changer. Ce n'est pas possible. Quand tu as la

SPEAKER_00

moitié de l'humanité qui est concernée. Déjà, on est là, on en parle. Pour moi, c'est déjà du progrès parce que tous ceux qui vont écouter le podcast, c'est peut-être des petites graines qui vont germer. et qui

SPEAKER_03

vont plus

SPEAKER_00

reproduire ce type de schéma.

SPEAKER_03

Moi aussi, je suis assez confiante. Cool. Super. En parlant de confiance, pour revenir sur le sujet des jeux, puisque j'aimerais bien que tu partages ton point de vue. Je le connais parce qu'on avait échangé il y a quelques mois quand on s'était appelé pour la première fois. Au-delà de l'impact, tu vois, sur ton programme d'entraînement, ce que ça a impliqué, rallongé, tu vois, les périodes de préparation, etc. Mais plutôt mentalement, comment est-ce que tu as digéré l'impact du Covid sur les

SPEAKER_00

Jeux

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je suis passée par vraiment plusieurs phases. Au début, je me dis que c'est impossible. Au début, on était confinés. Je me dis que c'est impossible qu'on fasse les Jeux dans cette phase-là. Il faut qu'ils soient reportés. On ne peut pas maintenir ça. On ne peut pas s'entraîner dans ces conditions-là, etc. Donc, effectivement, quand ils ont annulé les Jeux, ça a été un soulagement parce que pour moi, c'était un énorme stress de m'entraîner chez moi, sur ma terrasse, avec les moyens du bord. C'était juste inconcevable de dire que je suis sportive au niveau sportif professionnelle et je m'entraîne sur une terrasse avec les moyens du bord.

SPEAKER_02

Donc

SPEAKER_00

j'ai déjà eu un soulagement et puis après ça a été une phase de deuil plutôt avec un peu du déni au début et puis j'essaie de me raccrocher à d'autres choses, du sport loisir, vraiment aussi du développement personnel. d'autres choses qui me passionnaient, pour essayer de juste me changer les idées et pas y penser. Donc, vraiment dans un total déni. Et puis, je suis restée dans cette phase d'incertitude pendant assez longtemps, en me disant, on ne sait jamais, peut-être que ça n'aura jamais lieu, je n'ai pas envie de m'accrocher à quelque chose. Pour moi, l'espoir, en fait, on dit souvent, tant qu'il y a de la vie, tant qu'il y a de l'espoir, mais moi, je n'y crois pas trop à cette phrase, parce que pour moi, l'espoir, c'est ça fait beaucoup de mal. On est là, on s'accroche à quelque chose sans savoir si ça aura lieu ou si ça n'aura pas lieu. Et je préférais me concentrer sur des choses très concrètes avec des objectifs vraiment à très court terme. Et quand j'ai repris le judo, je me suis vraiment mis des micro-objectifs en place. Je voulais travailler telle chose, puis telle chose. Et voilà, je me suis vraiment concentrée sur ça. Pardon. Aujourd'hui, c'est plutôt sûr, les Jeux olympiques. Donc là, j'arrive à rediriger mon attention là-dessus et à espérer. Du coup, je n'espère plus parce que c'est censé être sûr. On ne peut pas dire que quelque chose soit sûr aujourd'hui à 100%. On n'en sait rien. Là, maintenant, je me dis à 100 jours des Jeux, j'y crois de nouveau. Je ne sais pas si ça répond. à ta question mais j'ai énormément travaillé sur moi et sur le stress et j'ai eu des phases vraiment de down, de dépression, de démotivation totale puis j'ai eu de nouveau aussi de l'engouement qui est revenu puis de nouveau des phases de démotivation et c'était assez difficile de garder cette motivation haute et là je suis un peu en train de me dire je me suis mis dans une posture depuis quelques mois où c'est le chemin j'avance sur le chemin et je fais un sommet à la fois je fais une colline à la fois et puis seulement quand on l'a passé on peut voir ce qu'il y a derrière et voilà si ça arrive c'est bien si ça n'arrive pas je continue d'avancer et entre temps je continue de progresser je me concentre vraiment sur ce que je fais à l'instant T

SPEAKER_03

le processus c'est un beau message cette notion de continuer à avancer à progresser au fil des sommets c'est un beau message

SPEAKER_00

ouais c'est ça j'avais cette image j'ai travaillé avec cette image en visualisation où genre puisque j'aime beaucoup la montagne et l'alpinisme etc j'imaginais bah t'es sur un camp de base et t'as beaucoup de sommets autour de toi et en fonction de la météo c'est incertitude en fait qui pour moi l'image du Covid c'est incertitude qui peut tourner bon pour le moment on semble être dans une éclaircie mais la météo on sait jamais c'est imprévisible ça peut tourner des fois surtout à la montagne ça tourne très très vite et bah voilà on va faire en fonction de la météo et on va grapper un sommet et puis après l'autre et puis après l'autre et puis s'il fait vraiment beau, on va grimper le plus haut.

SPEAKER_03

C'est une chouette analogie. Alors toi, tu as eu, au-delà des intempéries occasionnelles du Covid, tu as eu en plus à gérer un petit imprévu récemment, un petit passage par la case blessure. En quoi est-ce que tu reviens plus forte après cette convalescence

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Une blessure, c'est un moment, moi je ne vois pas ça comme un échec parce que c'est un moment où il faut se reconcentrer sur soi et prendre soin de soi et prendre soin de son corps. corps. Et mon corps, c'est mon outil de travail. Donc, il faut que j'en prenne soin. J'ai très rarement eu des grosses blessures. Et comme je te l'ai dit, je n'ai jamais été opérée, par exemple. Et je pense que c'est quand même assez rare pour une sportive de mon niveau. Pour moi, c'est quand même une belle réussite et une belle preuve que tout mon processus d'entraînement est quelque chose qui tient la route. Mais après, il y a eu cette blessure qui est quand même pas trop grave quand même J'ai pris un temps pour moi et c'est un peu comme si j'allais mettre la voiture à la révision. On répare toutes les petites imperfections avant la course finale. C'est un peu ça. Moi, j'aime bien les analogies. C'est une belle image. Je prends soin de mon corps, je répare, je fais le petit entretien et puis forcément, il ira mieux après. Excellent. Un break mental aussi parce que c'est un depuis novembre, ça n'avait plus arrêté. C'est difficile aussi de tenir ce rythme effréné qu'on a. Ce qui s'est passé, c'est que vu qu'on avait suspendu la saison, ils ont essayé de condenser, la Fédération internationale a vraiment condensé toutes les compétitions entre novembre et juillet, donc on est sur neuf mois. C'est très peu. Ils ont mis tellement de compétitions qu'il fallait choisir les compétitions. On est dans une sorte de mouvement comme ça qui est quand même super intense.

SPEAKER_03

ok donc tu sors de révision tous les voyants sont au vert qu'est-ce qui t'a par curiosité qu'est-ce qui t'a manqué en tout cas qu'est-ce que t'as hâte de retrouver sur les

SPEAKER_00

tatamis

SPEAKER_03

bah je sais pas il y a rien qui m'a manqué donc c'était vraiment une blessure qui a fait du

SPEAKER_00

bien non je vais répondre à ta question autrement j'ai pas arrêté le judo ok donc ça m'a pas manqué et là où je vais te présenter ma vision de la blessure c'est pas est-ce que je peux reprendre le judo c'est pas quand est-ce que je reprends le judo c'est comment je reprends le judo et c'est ça la question à se poser quand on se blesse pour moi en tout cas c'est ma vision des choses c'est pas quand est-ce que je fais c'est comment comment j'adapte ma pratique à mon corps et pas l'inverse. Donc, dès qu'on a enlevé mon plâtre, même avec le plâtre, je m'entraînais. Ce n'était pas un souci. J'ai pris un petit peu de temps pour moi parce que je revenais de compétition, etc. Mais dès que j'étais reposée, j'ai repris le judo, j'ai repris différemment, j'ai travaillé assise, j'ai travaillé sur une chaise. J'ai fait plein de choses, je faisais tous les mouvements qui ne me faisaient pas mal. J'ai travaillé aussi beaucoup en visualisation, donc j'ai travaillé dans ma tête et Et du coup, je peux tout faire dans ma tête. Je n'ai plus de contraintes de corps. Et voilà. Pour moi, c'est ma vision de la blessure. Et donc, c'est pour ça qu'il n'y a rien qui me manque particulièrement,

SPEAKER_03

vu que je fais tout ce que je

SPEAKER_00

veux faire. Tu n'as pas vraiment eu de coupure

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, je n'ai pas eu de coupure. J'ai pas

SPEAKER_03

fait de randonnée,

SPEAKER_00

oui. Mais j'ai fait des compétitions dans ma tête. Ça paraît un peu fou comme ça, mais il y a des vraies études

SPEAKER_03

là-dessus. Non, mais c'est clair. Tu vois, moi, j'en suis convaincu. C'est quelque chose que je n'ai pas fait du haut niveau à ton niveau, mais que j'avais commencé à toucher du doigt avec le judo et que je vois d'autant plus maintenant avec le coaching la visualisation c'est juste c'est hyper puissant donc je trouve ça super intéressant parce que tu le disais tu sembles être enfin toi ça te parle beaucoup ces questions de visualisation d'analogie etc donc c'est super intéressant et d'ailleurs peut-être qu'on pourrait peut-être qu'on pourrait en parler un petit peu toi tu dirais que ça a quelle place dans ta préparation dans ton entraînement tout ce travail de visualisation de faire tes compétitions dans ta tête tes combats dans ta tête

SPEAKER_00

ça a une place assez importante je le fais au moins une fois par semaine je dois m'entraîner la tête c'est important c'est important je crois aujourd'hui qu'il y a vraiment un consensus sur le pouvoir mental dans la victoire et sur l'enjeu du combat sur l'enjeu de n'importe quelle compétition il y a vraiment un consensus sur le fait que ça se gagne gagne d'abord dans la tête. Évidemment, il faut avoir le physique en bonne forme, mais quand on n'est pas bon dans la tête, on ne peut pas gagner. Tandis que si on n'est pas super bien entraîné, super bien au cardio, etc., on peut gagner avec la force mentale. C'est pour faire le parallèle avec ce qu'on disait tout à l'heure, tous les paramètres qui rentrent en considération dans un combat. En judo, quand on n'en a pas un on peut compenser avec l'autre. Si on manque un peu de cardio, on va compenser avec la tactique par exemple. Si on manque un peu de technique parce qu'on a des contraintes au niveau de certains mouvements, on va pouvoir compenser avec la tactique, avec la force peut-être, avec la rapidité ou avec le mental, etc. Et c'est ça qui est super riche dans le judo.

SPEAKER_03

Un vrai sport de stratège. Super. Et ça, c'est un outil, enfin en tout cas, ta vision actuelle du judo comme tu viens de le décrire, c'est quelque chose qui était déjà clair pour toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

quand tu as décroché ta médaille olympique, on n'en a pas encore parlé, mais troisième au JO à Londres en 2012. Par rapport à ce que tu viens d'écrire, de quoi est-ce que tu avais déjà conscience à ce moment-là

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je travaillais déjà avec une psychologue du sport et je faisais aussi déjà de la visualisation, de la médiation, la relaxation, la méditation. Donc voilà, je travaillais déjà sur tous ces aspects-là. J'avais déjà une place assez importante. Et pour moi, le bien-être était déjà super important pour pouvoir être disposée pour gagner. Après, le contexte dans lequel j'ai eu cette médaille était très, très conflictuel. Donc c'est un peu particulier. Il y avait beaucoup de tensions et je sentais qu'il fallait que je sorte de tout ça. Et c'est d'ailleurs peu de temps après que je suis partie à Paris, un an après. Donc oui, j'avais déjà conscience que c'était super important pour moi et que ce n'était pas juste la médaille à tout prix. Ce n'est pas la médaille au point de sacrifier son corps, de sacrifier son mental, de sacrifier son éthique. Pour moi, c'est beaucoup plus que ça, le sport. Je ne voulais pas la médaille à tout prix. Après, elle a trop de poids, elle a trop de faces sombres. C'est le danger du sport. Si on sacrifie tout pour la médaille, ça veut dire qu'on sacrifie son corps. Je l'ai fait pendant des années en me forçant à combattre à moins de 48. C'était une contrainte sur mon corps qui était énorme. Je ne sais pas comment je faisais pour me mettre dans des états pareils.

SPEAKER_03

Ton poids normal sans régime, c'est combien 56

SPEAKER_00

ah ouais après là j'ai pris un peu plus de masse musculaire que quand je combattais en moins de 48 mais j'étais déjà à 54 donc je vais déjà perdre 6 kilos et parfois plus quoi et pourtant j'étais déjà à un taux de masse grasse très très bas donc c'était très violent sur le corps c'était très violent psychologiquement j'étais dans des états incroyables évidemment quand on ne peut pas manger c'est très rude j'ai sacrifié mon corps pour cet

SPEAKER_03

état effectivement 4-6 kilos quand tu pèses quand tu es autour de 50 moi c'est ce que j'avais à perdre sans régime j'étais à 95-96 et les souvenirs que j'en ai c'était déjà hyper rude mais voilà je faisais quasiment le double de ton poids donc rapporter

SPEAKER_00

c'est énorme toi tu te rends compte parce que tu l'as vécu mais pour ceux qui nous écoutent pour donner une idée c'est vraiment pendant deux semaines j'arrivais plus à m'entraîner tellement j'étais faible et Et donc, je passais la dernière semaine allongée quasiment dans mon lit à juste faire des footings et avec une déshydratation aussi très extrême, une déshydratation de presque 2 kilos, du kilo 5 parfois. Je déconseille ça à tout le monde. C'est une horreur et il ne faut pas le faire. C'était devenu intenable et je pense que ça fait partie des choses qui m'ont coûté la médaille à Rio. Parce

SPEAKER_02

que

SPEAKER_00

moi, à Rio, je finis neuvième alors que je venais de faire championne d'Europe, que j'avais battu tout le monde dans la catégorie là j'avais clairement mais j'étais après à 4 ans à avoir tiré sur la corde c'était plus

SPEAKER_03

possible quoi c'est super intéressant comme sujet je sais pas si t'es ok pour qu'on en parle un peu plus et tu me dis mais c'est vrai que tu vois souvent on voit médaille olympique et voilà c'est la partie c'est le brillant c'est la gloire c'est la réussite mais on voit pas ce que tu viens de nous décrire qui est une petite partie de ce que beaucoup d'athlètes vivent, le régime, par lequel tu as dû passer pendant, j'imagine, des mois, des années.

SPEAKER_00

Oui, et puis il y a tout ce qu'il y a derrière le régime parce que c'est un sacrifice de vie sociale aussi. On ne mange plus avec les autres. C'est tellement dur qu'on ne s'expose pas à de la tentation. On ne peut pas non plus boire tout et n'importe quoi. C'est que de l'eau. Il n'y a pas de soda. il n'y a pas un petit verre d'alcool il n'y a pas une bière avec des chips c'est fini ça avec le temps j'ai appris vraiment à intégrer la notion de plaisir dans le régime et vraiment à intégrer la vie sociale dans le régime parce que je pense que c'est aussi une des clés pour tenir sur le long terme mais à l'époque c'était tellement drastique que c'était invivable quoi je ne voulais plus voir personne au point où je ne voulais plus qu'on mange devant moi parce que même si moi j'allais manger, j'allais manger tellement peu qu'après j'allais baver sur l'assiette d'à côté je ne pouvais plus manger avec des gens je ne pouvais plus voir personne

SPEAKER_03

je me rappelle d'un Noël c'est vrai comme tu dis c'est difficile de se rendre compte il n'y a pas de jugement de valeur en disant nous on l'a fait moi je l'ai fait et les autres vous ne pouvez pas savoir c'est vrai que moi ça me parle vachement parce que la dernière année moi j'avais de la chance j'étais vraiment je suis toujours plus loin monté naturellement dans les catégories donc je pense que j'étais pas encore assez à haut niveau pour maintenir un régime drastique mais c'est vrai que la dernière année j'ai fait un régime sur un an et donc quand j'ai arrêté j'ai pris 5 kilos en deux semaines et cette année là c'était vraiment horrible quoi Noël je me rappelle peser mes pâtes demi-cuites à Noël tu vois pas d'anniversaire enfin c'est vrai que c'est tout bête mais surtout quand tu le fais à un âge jeune non mais c'est tout bête ça fait 15 ans que t'es dans le haut niveau c'est-à-dire que toute ton adolescence, une grande partie en tout cas, tu l'as passé à réfléchir à ce que tu allais manger pour ne pas prendre de poids. Quand tu le fais année après année, c'est vrai que ton expérience d'adolescente

SPEAKER_00

est différente. Oui, et puis ça développe énormément de troubles de comportement alimentaire. Ça devient une obsession. Je pense que quand on n'est pas dans le régime, ou en tout cas même les personnes qui ont des obsessions au niveau alimentaire. On ne se rend pas compte à quel point dans nos cultures, la nourriture, les repas et les boissons conditionnent notre activité sociale. On ne se rend pas compte.

UNKNOWN

Enfin,

SPEAKER_00

C'est difficile. À partir du moment où on réduit toute notre consommation, même quand tu bois plus que de l'eau et que tu manges des légumes, de la soupe avec ton riz ou tes pâtes, on ne se rend pas compte à quel point ça conditionne vraiment. Et c'est sûr que mon expérience humaine aussi est très différente.

SPEAKER_03

Tu dirais qu'elle a une saveur particulière, cette médaille

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

tu prends un peu du recul et tu regardes ce qu'elle a nécessité comme

SPEAKER_00

sacrifice

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, bien sûr. Pour moi, c'est sûr que c'est un très beau souvenir, etc. Mais je pense que vu que je l'ai eu aussi très jeune, je ne me rendais pas compte et aujourd'hui, je ne pratique plus le sport de haut niveau comme je le pratiquais à l'époque. Pour moi, j'ai intégré le sport de haut niveau dans mon projet de vie et avant, mon projet de vie, c'était le sport de haut niveau. En tout cas, à cette période-là, ça l'est devenu. Après, il y a différents facteurs de ma vie qui expliquent pourquoi c'est devenu comme ça. Vraiment, à une période assez courte de ma vie, entre dans les années 2012, j'avais 21 ans quand j'ai fait cette médaille. C'était vraiment une obsession. Sur la bouffe, sur l'entraînement. Et puis, il y avait aussi toute cette partie où j'étais tout le temps à l'étranger donc ouais je voyais plus je voyais plus personne quoi j'étais dans mon monde du judo et la seule

SPEAKER_03

personne que je voyais c'était mon entraîneur quoi c'est bah écoute c'est en tout cas un grand merci de t'ouvrir comme ça et de partager ça avec nous parce que je trouve ça super intéressant pour des gens qui bah pour tout le monde mais peut-être d'autant plus pour les gens qui sont pas forcément familiers de ce qu'implique le haut niveau c'est chouette je trouve d'avoir un témoignage honnête tu vois sur bah la réalité en fait qu'il n'y a pas que la médaille ça va se

SPEAKER_00

chercher

SPEAKER_03

c'est un iceberg là ouais exactement mais c'est chouette parce que c'est vraiment l'objectif du podcast tu vois c'est pour ça que je l'ai créé aussi c'est pour pouvoir donner de la visibilité échanger avec des gens comme toi qui ont des parcours où bien souvent on ne voit pas on ne voit pas un gros gros morceau de l'iceberg donc c'est juste super que tu viennes nous en parler

SPEAKER_00

je trouve ça c'est super important pour que les gens ils sachent mais aussi pour les futurs sportifs et sportives. Aujourd'hui, je suis persuadée qu'il y a moyen de se faire du sport en étant épanouie et que la notion de sacrifice du corps, de sacrifice mental, de sacrifice éthique, elle ne doit pas prendre une part aussi importante. Aujourd'hui, j'ai retrouvé un équilibre dont je suis satisfaite et ça me plaît. À certains moments, je Je me dis, qu'est-ce que j'endure quand même

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Qu'est-ce que je fais endurer à mon corps

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Aujourd'hui, j'arrive à me dire que des fois, ce n'est pas normal. Comme avant, c'était normalisé. On est vraiment dans un culte de la souffrance. Il n'y a pas d'autre mot. C'est normal de souffrir. Il faut souffrir pour réussir. Et ça, c'était quand je suis passée professionnelle, c'est ce qu'on m'a appris. Quand j'ai commencé le judo avec mes parents, je n'étais pas du tout dans cette optique là c'était plutôt le culte de l'amélioration continue et ça c'était pour moi une motivation suprême voilà je m'améliore de façon continue et je progresse de façon continue et c'est sans fin et c'est passionnant et puis il y a un moment de ma vie où je basculais dans ce culte de la souffrance il faut souffrir pour réussir et c'était ce qu'on me martelait dans la tête donc ça finit par rentrer à un moment j'ai dit stop et j'ai pris mes affaires et je suis partie et puis j'ai réussi à retrouver de nouveau un équilibre donc il y a vraiment eu plusieurs vagues comme ça dans ma carrière qui sont succédées j'ai envie de dire non aujourd'hui on peut faire autrement Je

SPEAKER_03

te laisse ma conviction. Je pense

SPEAKER_00

que

SPEAKER_03

j'en suis l'exemple. Oui, c'est clair. C'est un très beau message. On ne peut pas trouver par l'exemple, mais bon. Non, mais bon, c'est... Oui, moi, je pense que ce qui est important, en tout cas, en réalité, ce que je pense n'est pas très important. C'est... La raison pour laquelle je t'ai proposé de participer, c'est pour contenter toi, mais je trouve ça super que, en tout cas, ça, j'en suis convaincu, t'inspires à très certainement plein de gens qui qui vont nous écouter, à au moins voir les choses sous un autre angle et peut-être, pour les pratiquants d'activités sportives, à reconsidérer leur approche. Donc, c'est juste un super témoignage. Avec plaisir. Écoute, Charline, on arrive déjà au bout de cet échange passionnant. J'avais envie de te demander, du coup, est-ce que toi, fort de tes différentes expériences, de tout ce par quoi t'es passé, ce que t'aurais envie de partager avec des jeunes sportives ou des jeunes sportifs ou les auditeurs de façon générale, mais tu viens de le faire avec un très très beau message. Est-ce qu'il y a autre chose, toi, que t'aurais envie d'ajouter en guise de conclusion par rapport à tout ce qu'on s'est

SPEAKER_00

dit

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, pour pousser un peu plus loin la réflexion, je dirais ne pas mettre tous les deux dans le même panier. C'est de nouveau pour retrouver cet équilibre de vie. J'aime beaucoup cette idée d'équilibre c'est quelque chose qui me parle énormément et j'ai cette notion de balance toujours en tête et pour pouvoir intégrer le sport dans ma vie pour vraiment pouvoir contrebalancer avec d'autres choses comme je l'ai expliqué il y a la vie sociale qui est super importante qui vraiment est une condition essentielle à l'être humain de façon générale mais il y a d'autres projets aussi à côté qui viennent contrebalancer tout ça j'ai fait des études en parallèle pendant que quelques années aussi, je me suis vraiment... J'ai fait que du sport. Je voyais que des judokas. Vraiment, c'était très lourd. Et puis là, j'ai continué à redévelopper d'autres projets, à refaire des études, à créer des choses. Et ça vient nourrir, en fait, mon projet sportif. Parce que le fait de prendre un peu plus de distance et de mettre moins le focus et la concentration uniquement sur le sport, pour moi, ça vient nourrir et ça vient généralement la créativité. Et là où on brille la créativité, c'est quand on est le nez dans le guidon. Je ne comprends pas qu'on puisse faire autrement. Il y en a sûrement qui y arrivent, mais c'est juste une possibilité supplémentaire. Le fait de faire d'autres choses, de voir d'autres personnes, de se confronter, ça vient nourrir. Moi, j'adore ça. D'ailleurs, je fais énormément d'autres sports que le judo et j'aime beaucoup aller chercher faire du benchmarking comme on dit en marketing c'est aller chercher des choses qui fonctionnent ailleurs et les associer au judo et donc je vois beaucoup plus le sport comme une façon transversale et d'ailleurs avec mon équipe je fonctionne en management transversal pour ceux avec qui ça va parler et pas en pyramidal pour prendre un peu l'opposé il n'y a pas que deux façons de fonctionner et pour le sport pour moi c'est exactement pareil donc pour moi je vais enrichir ma pratique de judo en faisant du sport

SPEAKER_03

c'est vachement

SPEAKER_00

intéressant ça en faisant après de l'escalade donc ça paraît un peu plus logique pour le grip la souplesse en faisant de la boxe voilà en faisant plein de choses pour moi il y a toujours quelque chose à aller chercher dans un autre sport pour venir enrichir sa pratique du sport et ça c'est aussi une des clés pour moi je pense d'avoir tenu sur le long terme pour venir nourrir ma motivation ma créativité et mon

SPEAKER_03

apprentissage aussi super j'adore effectivement c'est très intéressant c'est vrai que ça ouvre plein de perspectives et de liens possibles en tout cas dans l'univers du sport mais même de façon plus générale je pense donc c'est écoute super intéressant

SPEAKER_00

ah ouais pour moi c'est c'est vachement applicable à d'autres choses et je fonctionne de façon transversale aussi avec le monde du business d'ailleurs je monte des conférences pour montrer que ce qu'on apprend dans le sport ça marche ça nourrit le business dans le monde de l'entreprise et inversement quoi il y a plein de choses ça fonctionne ça nourrit tout le monde se nourrit et de nouveau on est sur cette idée de mouvement continue et je prends je donne je reprends je redonne et ainsi de suite et c'est ça qui me passionne

SPEAKER_03

bah écoute un grand merci Charline s'il y a des gens qui veulent après cette conversation tu vois te suivre ou pourquoi pas même entrer en contact avec toi le mieux c'est quoi Instagram LinkedIn qu'est-ce qui est le plus

SPEAKER_00

adapté ouais les deux je suis un peu plus réactive sur Instagram mais voilà si on a j'adore aussi faire des conférences sur tous les sujets qu'on vient d'aborder. En une heure, on a abordé plein de choses, mais je crois que je pourrais tenir sur un des sujets pendant une heure. Il y a tellement de choses à dire que c'est des choses que je suis tout à fait ouverte à développer. Je fais des interventions dans les écoles, dans les entreprises,

SPEAKER_03

dans des clubs. Il y a plein de sujets à développer. Excellent. Écoute, je mettrai tout ça en description de l'épisode pour ceux qui seraient intéressés. Carrément, ton site. Je Je mettrai tout ça. Écoute, Charline, on est au bout. Un immense merci pour ton temps, ta disponibilité, ta transparence et tous les sujets que tu as bien voulu partager avec nous. C'était juste passionnant. Je suis ravi que tu aies pu venir partager tout ça sur le podcast.

UNKNOWN

C'était super. Merci à toi pour cette opportunité.

SPEAKER_03

Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pros ou persos. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact.lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'un Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.

UNKNOWN

Ciao!