Je suis rentrée, je me suis couchée, il devait être 3-4 heures du matin. Le lendemain, impossible de me lever. Ma mère est arrivée, elle m'a vue et elle m'a dit on descend tout de suite aux urgences. Et en fait, il s'est avéré que je me suis fracturée deux cervicales, deux vertèbres du dos, commotion vu que c'est l'épaule. Va au bout de tes rêves et puis donne-toi les moyens et puis tu ne regardes pas le regard des autres.
SPEAKER_00Eh bien écoute, salut Manon, bienvenue sur le podcast. Salut Loïc. Ravi de t'avoir avec nous ce soir pour nous parler, entre autres, d'une discipline qu'on n'a pas encore eue sur le podcast. Donc j'ai hâte que tu nous partages un petit peu ton parcours, ce que tu as trouvé dans l'univers du snow, ce qui fait que tu continues, et puis que tu nous racontes un petit peu les différentes péripéties que tu as dû affronter et comment est-ce que tu en es ressortie.
SPEAKER_01Avec grand plaisir, j'ai hâte de pouvoir vous parler de mon sport, le snowboard cross. et
SPEAKER_00de mon parcours. Je te propose de commencer par ça. Qui est Manon
UNKNOWN?
SPEAKER_00D'où est-ce que tu viens
UNKNOWN?
SPEAKER_00Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je m'appelle Manon Petit-Lenoir. Je suis en équipe de France de snowboard cross sur le circuit du Monde. J'ai 22 ans. et je suis encore étudiante à l'université technique de commercialisation donc je prépare un DUT c'est ma dernière année et puis voilà ma petite
SPEAKER_00vie quoi génial et ta vie en snowcross enfin ton parcours alors déjà peut-être pour commencer par ça le snowcross qu'est-ce que c'est exactement
UNKNOWN?
SPEAKER_01alors le snowboard cross donc c'est comme la motocross s'il y en a qui connaissent le principe c'est qu'on part à 4 ou à 6 dans le même parcours et c'est un parcours on va retrouver des sauts, des virages plein de mouvements de terrain c'est le snowboard c'est comme le ski c'est un sport sur la neige je précise parce que souvent quand je dis snowboard les gens pensent que je fais du surf et du coup c'est une discipline assez fun à regarder avec pas mal de contacts le but c'est pas d'avoir des contacts mais avec pas mal de contacts et c'est assez télévisuel
SPEAKER_00c'est vrai que c'est vachement dynamique pour avoir regardé plusieurs fois des manches ça bouge pas mal
SPEAKER_01c'est un principe assez simple c'est vraiment les premiers qui arrivent en bas qui ont gagné il n'y a pas de juge c'est juste la vitesse et bien sûr passer au bon endroit au bon endroit putain j'arrive plus à
SPEAKER_00parler et voilà donc t'as aucune pénalité si t'as un contact un peu fort ou je sais pas que tu coupes le tracé à quelqu'un il y a vraiment zéro
SPEAKER_01pénalité non à part si vraiment c'est fait exprès et là tu peux avoir un carton jaune ou te faire disqualifier mais non souvent ils disent dans les ça s'appelle la start line c'est tout le début donc du départ par exemple sans ou 200 mètres jusqu'au premier virage là normalement t'as pas trop le droit de te décaler mais après ça dépend aussi de la piste il y a des moments t'es obligé donc ça c'est pas un souci mais par contre le but c'est pas d'aller au contact parce que déjà on perd de la vitesse en faisant ça donc c'est pas produit et puis c'est pas vraiment le jeu quoi
SPEAKER_00C'est clair. Et par curiosité, il y a une longueur, comment tu appelles ça d'ailleurs
UNKNOWN?
SPEAKER_00Un circuit, un track, une
SPEAKER_01descente
UNKNOWN?
SPEAKER_01On appelle ça un parcours. Un parcours
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non, il n'y a pas de longueur type, ça dépend. De plus en plus, ils font un peu des sprints. Là, ça dure environ 30 secondes. Mais cette fois, par exemple, on a eu pas mal de parcours assez longs, 1 minute 20, 1 minute 15. Donc, ça dépend
SPEAKER_00vraiment du parcours, en fait. Oui. OK. Et comment est-ce que tu es tombée dans ce sport-là
UNKNOWN?
SPEAKER_00J'ai l'impression que c'est un sport assez récent. Donc, tu as grandi dans un environnement. Tu as grandi en montagne ou comment ça s'est passé
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui,
SPEAKER_01j'ai grandi en montagne. J'étais entourée de personnes qui faisaient pas mal de sport et de ski et de snowboard. Du coup, j'ai commencé par le ski. Donc, maman, elle m'a dit, tu commences par le ski, tu passes toutes tes flèches, tes épaules et dès que tu auras un bon niveau, tu pourras faire du snowboard. J'avais qu'une idée en tête, c'était de faire du snowboard comme mon frères et ma maman et du coup elle m'a dit tu passes toutes tes flèches et tout et après tu y vas et du coup je me suis dépêchée de tout passer vers 7h et je me suis dit c'est bon je me passe tout le temps maintenant et elle m'a dit bah allez on t'inscrit il y avait un club à une demi-heure de chez moi donc maman faisait des allers-retours tous les jours enfin trois quarts d'heure même et du coup je suis allée m'entraîner dans ce club et au début je faisais un peu toutes les disciplines donc je faisais du G donc une porte bleue une porte rouge et le but c'est de faire juste des virages je faisais un peu des sauts des figures je faisais du snowboard cross et j'ai vraiment accroché pour le snowboard cross j'aimais beaucoup être en contact direct avec les concurrents et j'adore la compétition je vis que par ça je me chronomètre quand je vis le lave-vaisselle quoi du coup vraiment j'adore la compétition et vraiment je me suis retrouvée à fond dans ce sport et depuis j'ai
SPEAKER_00pas arrêté waouh excellent alors ça a été quoi les grandes étapes jusqu'à présent en tout cas les courses et résultats dont t'es le plus fière pour le moment sur ton parcours
SPEAKER_01il y en a pas mal il y a des victoires qui sont plus belles aux yeux des personnes et des victoires qui sont plus jolies à mes yeux celle que les gens adorent dire c'est les championnes olympiques jeunes ça c'est vraiment l'étape c'est vraiment le podium que les gens adorent parce que c'est les Jeux Olympiques c'est grand, c'est beau après j'ai fait un podium en Coupe du Monde je me suis fait mal au genou en 2017 fin 2017 et il y avait les Jeux début 2018 du coup j'ai pas réussi à me qualifier au jeu avec un mal j'avais super mal ma blessure n'était pas du tout soignée du coup pendant les jeux je me suis je me suis réparée et je suis revenue juste après cette blessure et la déception des jeux qui était la pire de toute ma carrière et Et juste après ça, j'ai réussi à me relever et je faisais mon premier podium en Coupe du Monde. Et du coup, pour moi, c'est ce podium-là qui est le plus bravé dans mon cœur parce que je sais que juste avant, j'étais dans le plus gros bas de ma carrière et que j'ai réussi à me relever super rapidement. Et puis, il y avait 50 personnes qui étaient venues me voir. Enfin, j'étais trop fière devant eux et je pense que ça, c'était ma plus
SPEAKER_00belle victoire. On sent quand tu le racontes qu'il y a beaucoup d'émotions rattachées à cette victoire
SPEAKER_01après il y a eu tellement d'émotions dans cette carrière que je ne sais pas trop laquelle je préfère mais je pense que c'était le mieux
SPEAKER_00Alors si on s'arrête peut-être sur cette expérience juste avant les Jeux, quand on avait échangé avant l'épisode, moi ça m'avait beaucoup intrigué la façon dont tu partageais ta réaction et comment est-ce que tu avais géré quelque part tout ça, donc est-ce que tu peux peut-être nous expliquer un peu plus en détail ce qui s'est passé et quel a été ton cheminement à travers cette
SPEAKER_01blessure
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est surtout que j'ai enchaîné les blessures de Ça fait deux ans et demi que j'enchaîne les blessures et ça, psychologiquement, c'est super difficile de se relever. Après, j'ai un tempérament où j'oublie vite. Je ne sais pas si c'est de la naïveté ou je ne sais pas, mais en tout cas, je passe vite à autre chose. Et je pense que tout ça, c'est aussi lié à grâce à mon entourage qui, eux, sont là pour me bouger, me motiver à fond et ne pas m'apitoyer sur mon sort. Et du coup, je me suis blessée juste avant... les Jeux Olympiques donc ça déjà ça a été un gros coup dur mais j'ai quand même pas cessé d'y croire je me disais bah si bah toi à fond enfin c'est l'objectif il est pas si loin enfin t'en étais si proche et puis là bah bah toi quoi Manon donc après j'ai eu cette déception des Jeux Olympiques qui était horrible vraiment je me suis retrouvée toute seule chez moi à pleurer avec ma maman qui était là et qui savait plus quoi faire mes parents ils savaient plus comment comment m'aider et
SPEAKER_00parce que t'as T'avais quel âge à ce moment-là, quand il y a eu cette blessure
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'était en 2018. J'avais 18 ans. 18-19 ans.
SPEAKER_00Et tu préparais les Jeux depuis un moment, déjà,
SPEAKER_01j'imagine
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, c'est... Au début, faire une Olympiade, c'est 4 ans. Au début, j'y pensais pas vraiment les deux premières années, mais la troisième année, j'étais proche d'aller aux Jeux olympiques. Et puis, d'un coup, un jour, tout s'effondre, quoi. Du coup, c'était un peu difficile. Bon, bref, ça, c'était une petite période de ma petite aussi. Et après ça, je suis revenue. J'ai fait mon podium en Coupe du Monde. Donc en fait, ça a fait un gros down. Après, je suis montée un gros up. J'étais en haut de la montagne. Et puis, je suis partie faire la dernière course de la saison. Et là, je me suis blessée gravement. C'est-à-dire qu'on s'est retrouvées à quatre dans un virage. Et puis, je ne sais pas trop ce qui s'est passé. Mais en gros, je me suis retrouvée bloquée. Et je me suis prise entre... copine et les filets, et j'ai fait comme un scorpion, c'est-à-dire que mes pieds sont passés derrière ma tête, et ça deux fois, bon bah entre temps c'est pas très glamour, mais j'ai vomi, enfin j'étais vraiment pas bien, et puis c'est avéré que je me suis relevé, j'ai dit bon bah ça va pas top, demain j'irai voir le kiné, et puis ça ira mieux, donc j'étais dans les Pyrénées, je suis rentrée jusqu'à chez moi, donc j'ai fait 8 heures de bus, j'ai conduit une heure et demie, je galérais un peu à conduire, j'avais un peu mal, franchement à la fin du voyage, c'est vrai que de ce que je me souviens j'avais vraiment mal j'avais pris un médoc je m'étais dit bon bah vas-y ça attendra bien demain je suis rentrée je me suis couché il devait être 3-4 heures du matin et le lendemain impossible de me lever et là j'ai dit il y a peut-être un truc qui cloche donc j'ai appelé maman et je lui ai dit tu peux pas venir me voir et ma mère elle arrivait elle m'a vu elle m'a dit on descend tout de suite aux urgences et en fait il s'est avéré que je me suis fracturée deux cervicales deux vertèbres du dos commotion luxe et l'épaule Et là, je me suis dit, je suis passée à rien de la catastrophe. Vraiment, ils m'ont rendu fort, fort, fort en me disant que j'étais inconsciente. Mais en même temps, je pense qu'on se blesse tellement souvent et on a tout le temps mal, on a tout le temps un petit truc dans ce sport traumatisant que du coup, tu ne penses jamais à avoir vraiment une grosse blessure et puis tu prends sur toi en fait...
SPEAKER_00ouais t'as un rapport à la douleur qui est un peu différent
SPEAKER_01du coup ouais
SPEAKER_00je sais pas mais en tout cas ouais c'était pas le bon choix ouais ouais il m'était arrivé un truc comme ça où je m'étais après je sais plus c'était 3 ou 4 jours mais j'avais passé 3 ou 4 jours je faisais du judo beaucoup et ouais peut-être la première année où j'étais en équipe de France de mémoire je m'étais cassé un métatars donc tu sais c'est un des longs os du pied et en fait au bout de 3 jours je me suis dit non mais là j'ai quand même un peu mal au pied et c'est à la radio elle me dit ouais en fait c'est cassé là il vous faut quelque chose donc je sais pas si c'est un truc de sportif mais ouais c'est vrai que quand t'es habitué peut-être à côtoyer la douleur ou en tout cas ouais sans parler de souffrance mais la douleur j'imagine que t'as plus le même référentiel tu vois on s'habitue quelque
SPEAKER_01part carrément carrément et puis donc je me suis retrouvée à l'hôpital et tous les jours on m'annonçait une nouvelle fracture vraiment au bout de 5 ans je savais ce que j'avais quoi c'est l'enfer et après j'ai vu des lombres dans l'éducation
UNKNOWN?
SPEAKER_01une blessure classique
SPEAKER_00quoi ouais enfin un peu costaud quand même parce que t'as eu combien de mois de rééducation en
SPEAKER_01tout
UNKNOWN?
SPEAKER_01c'était bah j'ai fait 3 mois et demi de corset intégral donc c'est à dire que j'avais un corset qui partait de en haut de la tête qui me prenait le cou et qui descendait jusqu'en bas du dos donc ça j'ai eu 3 mois et demi ça où bah j'étais repartie à zéro ma maman elle me nourrissait mes parents ils me prenaient la douche donc là tu ravales vraiment ta fierté quoi tu te dis j'ai besoin d'eux pour vivre et puis je suis repartie à zéro, je dormais dans un fauteuil assise j'ai pris des médicaments pendant des mois et des mois c'était un gros choc quand même et puis encore une fois j'avais une famille qui me soutenait et qui était là avec moi tous les jours, il n'y a pas un jour où je n'ai pas pleuré je pense et puis ce qui est plus dur c'est qu'on m'avait dit au bout d'un mois tu enlèves ton corset donc moi dans ma tête j'ai dit un mois nickel trop bien, enfin si c'est que ça je peux tenir un mois, sauf que au bout d'un mois, moi, je suis allée voir la neurochir et elle m'a dit, ben, t'as même pas fait la moitié. Et là, c'était la douche froide vraiment. Et elle me disait, et puis, t'as pas fait la moitié, mais surtout, si t'enlèves ton corset, ben, à tout moment, tu meurs parce que j'avais une fracture glissante et que ça me coupait les artères du cerveau et puis c'était fini, quoi. Donc là, deuxième douche froide, ma maman qui s'est décomposée et elle a dit, ben là, là, c'est pas cool. Du coup, ben, c'était pas facile.
SPEAKER_00Et donc, au bout de trois mois, j'imagine que quand tu as pu enfin retirer le corset, physiquement, musculairement, tu devais être complètement au
SPEAKER_01fond, là, non
UNKNOWN?
SPEAKER_01En fait, tout le monde m'a dit que ça va être la délivrance quand tu vas l'enlever. Et c'est vrai que quand je l'ai enlevé, j'avais l'impression qu'il me manquait quelque chose. J'avais beaucoup de muscles, j'avais perdu 10 kilos. Du coup, ma tête, elle tombait. Donc, c'était super étrange. Donc, j'avais limite envie de le remettre. Mais bon, par fierté, je me suis dit, non, je peux pas. Et après, je suis partie, du coup, un mois dans un centre où j'ai fait juste la... du renforcement musculaire profond. Ce n'était pas ultra-physique, c'était vraiment de la reprise, essayer de retrouver mes amplitudes du cou, du dos. Parce que vraiment, pendant un mois après le corset, je ne tournais pas la tête, je ne pouvais pas regarder quelqu'un à côté. J'étais un robot. Je suis arrivée au centre de Réduc et la plupart des gens qui s'étaient blessés, c'était des genoux. Et moi, ils me disaient, mais tu fais quoi le robot
UNKNOWN?
SPEAKER_01Du coup, j'ai fait un mois dans un centre et après, je suis partie dans une cellule réathlétisation c'est ce qu'ils mettent en place avec la fédération de ski donc c'est à 2h de la maison et puis je suis partie là-bas pendant 12-13 semaines où c'était du sport intensif tous les jours du coup j'ai fait ça pendant 12-13 semaines et après je suis remontée sur le snowboard donc en fait c'était le 1er avril et je suis remontée sur le snowboard au mois de octobre et
SPEAKER_00tu dirais qu'il t'a fallu combien de temps pour vraiment revenir au niveau de performance que tu avais au 1er avril
UNKNOWN?
SPEAKER_01pas beaucoup vraiment pas beaucoup parce que j'avais un coach mental et qu'on a travaillé longtemps en amont où vraiment je visualisais mon retour sur la neige et au final ça s'est fait ultra rapidement j'ai eu peur 10 minutes dans les télécabines avant de monter sur la neige et puis une fois que j'étais sur la neige j'avais déjà oublié et du coup ça a été ultra rapide au mois de décembre je faisais déjà ma première coupe du monde du coup
SPEAKER_00c'est
SPEAKER_01enchaîné très rapidement et puis j'avais pas d'appréhension et De toute façon, je pense que dans mon sport, à partir du moment où tu as de l'appréhension, ça ne sert plus à
SPEAKER_00rien. C'est ce que j'allais te demander. Quand tu es passé par une blessure comme ça, clairement traumatisante, tu y repenses quand tu fais ton premier parcours
UNKNOWN?
SPEAKER_00Comment ça se passe
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu as peur de la chute à nouveau un peu plus qu'avant
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il y a
SPEAKER_01beaucoup de personnes qui, une fois qu'ils se blessent, ils arrivent à revenir de leur blessure parce que si c'est un croisé, tu reviens au bout de 6-7 mois, 8 mois. Mais après si le psychologique il suit pas trop et que t'as peur si tu pars et que t'as un petit peu d'appréhension bah soit t'y vas pas à 100% ou soit t'es un peu sur la retenue et tu risques vraiment de te faire mal du coup c'est quelque chose que moi je travaille beaucoup avec mon coach mental du coup en amont et ça me permet vraiment de pas avoir peur parce que sinon j'aurais dû arrêter il y a déjà un petit moment de toutes ces chutes
SPEAKER_00ouais c'est super intéressant la partie préparation mentale parce que c'est vrai que quand t'en parles au début je voulais enfin j'ai pas voulu t'interrompre mais on a l'impression que tu vois tu nous racontes que voilà t'as eu une petite galère mais bon tu l'as surmonté et puis voilà quoi mais bon t'as quand même fait 3 mois de corset énorme rééducation c'est pas une petite blessure que t'as eu donc moi je serais curieux de savoir tu vois psychologiquement comment est-ce que tu dirais que t'es passé par des phases différentes ou dès le début t'étais déjà en mode tu vois c'est dur mais je vais remonter sur le snow je vais y arriver, aucun doute
SPEAKER_01là-dessus. Vraiment, c'est marrant parce que quand je me suis blessée au dos, vraiment, il n'y a pas eu un jour où je me suis dit que j'allais arrêter. Vraiment pas. Je pense que mes parents, ils pensaient plus que j'allais arrêter que moi. Vraiment, moi, je n'y avais pas pensé. Quand ils m'ont dit à l'hôpital, soit on t'opère, on te met des plaques et tu as fini le snowboard. parce que tu n'auras plus la même mobilité et c'est dangereux. Soit on essaye le corset, mais on n'est pas sûr que ça marche. Mais à un moment, je me suis dit que ça n'allait pas marcher. Dans ma tête, c'était impossible. Je ne sais pas pourquoi, d'ailleurs, avec du recul, je me dis, mais pourquoi tu n'y as pas pensé
UNKNOWN?
SPEAKER_01Mais là, vraiment, je n'y ai pas du tout pensé. Je me suis dit, bon, va pour le corset. Je me suis dit, voilà, même pas, je me pose la question. Mais par contre, j'avais dit, va pour le corset, mais quand ils m'ont apporté le corset, je n'ai pas compris ce qui se passait. J'aurais dit, vous reprenez ça et vous dégagez vite.
SPEAKER_00C'est impressionnant
SPEAKER_01comme appareil. Déjà, quand ils l'ont fait, ça faisait déjà une semaine que je ne m'étais pas levée et ils m'ont levée pour faire les empreintes. C'était déjà du plâtre qui mouille et c'est très chaud. Là, j'avais déjà tourné de l'œil. Je m'étais dit, c'est pas cool. Et puis, quand ils m'ont apporté le corset, je ne m'attendais pas du tout à ça. Je pensais que ça allait être un corset qui s'arrêtait en où du coup là c'était vraiment un corset qui me prenait la mâchoire qui me serrait derrière la tête donc en fait j'arrivais même pas à ouvrir la bouche et le monsieur d'ailleurs si un jour il m'entend je m'excuse vraiment parce que j'ai été super méchante avec lui je pense que si mes parents ils avaient pu se cacher dans un trou ils l'auraient fait j'étais super méchante
SPEAKER_00parce que c'était douloureux quand ils l'ont mis en place
SPEAKER_01c'est surtout que je me sentais emprisonnée impossible de respirer je pouvais pas ouvrir la bouche donc mes parents ils étaient allés me chercher à manger j'ai dit mais je peux pas manger votre truc genre j'arrive même pas à ouvrir la bouche du coup j'étais ultra désagréable mais au final c'est passé quand même assez vite et puis je pense que c'est un peu comme tout on se fait vite à tout on râle au début mais après on passe quoi
SPEAKER_00Et tu dirais que t'es ressortie différente de cette blessure et de la période de convalescence qui a suivi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ouais, je dirais que... Déjà, pendant que j'avais le corset, je me disais, plus jamais je me plains. Plus jamais de la vie, je me plains. Je l'ai enlevé, le lendemain, je me plaisais déjà. J'ai vite oublié ça. Et oui, après, niveau sportif, sans rigoler, vraiment, oui, tu changes ta vision des choses. Il n'y a pas... Enfin, tu es toujours content d'aller en entraînement. Bon, c'est sûr qu'il y a des jours, c'est plus difficile que d'autres. Mais tu prends vraiment du recul sur plein de choses, sur les courses. Si tu fais une course NAS, tu te dis, mais il y a un an de ça, j'étais dans un état pitoyable. Tu ne peux pas réagir comme ça, quoi. Je pense qu'on prend quand même pas mal de recul et on grandit par rapport à
SPEAKER_00ça. Waouh
UNKNOWN!
SPEAKER_00En tout cas, c'est... je trouve donc ça c'est arrivé t'avais 18 ans tu disais c'est quand même tu vois que t'es pu en tirer des enseignements je trouve c'est une sacrée preuve de maturité en tout cas ouais en tout cas c'est ça fait je dis souvent ça c'est rafraîchissant d'entendre un message comme ça tu vois parce que c'est vrai que bon le contexte actuel par exemple c'est souvent l'exemple que je prends on peut avoir tendance à se laisser un peu affecté par tout ce qui se passe autour de nous mais je trouve que d'entendre des messages comme le tien tu vois ou bah voilà si tu le dis c'était dur mais à aucun moment t'as douté et puis tu en es ressortie plus forte et aujourd'hui tu relativises en tout cas ça m'énergise beaucoup donc c'est chouette de te l'entendre
SPEAKER_01dire
SPEAKER_00une autre question que j'avais c'était si tu veux bien nous en parler spécifiquement par rapport à la préparation mentale moi ça m'intéresse parce que je suis coach certifié en dehors de mon job et donc je suis curieux de savoir un petit peu sur quoi est-ce que tu as travaillé avec ton coach en quoi est-ce que tu dirais que ça t'a vraiment aidé Et peut-être même, tu vois, s'il y a des outils que toi, tu recommanderais, même si l'idée, ce n'est pas de faire du coaching en deux secondes sur le podcast, mais des trucs qui t'ont vraiment aidé d'un point de vue pratico-pratique. Qu'est-ce que tu faisais exactement
UNKNOWN?
SPEAKER_01Déjà, avec mon coach mental, c'est souvent un sujet un peu tabou. Je sais que les athlètes, ils n'aiment pas forcément parler. Alors moi, ça ne me pose aucun souci. Et du coup, on a travaillé plein, plein, plein de choses. En fait, il me met à disposition plein d'outils. puis je prends ce qui me convient, ce qui ne me convient pas. On fait beaucoup de visualisation, donc je me visualise avec des émotions que j'ai particulièrement aimées une fois dans ma vie. On écrit pas mal, j'écris pas mal genre, par exemple, j'ai fait une course, ça s'est super bien passé, j'écris un peu ce que j'ai mis en place, ma routine, comme ça, si je doute un jour, je relis et je me dis, il faut que je fasse ça, et puis au moins je n'ai pas mes pensées à et je pense vraiment à ce que je dois faire par exemple j'écris aussi pas mal sur mes peurs des fois je me dis là je stresse, je stresse à fond sur cette compétition, j'écris pourquoi je stresse et en fait en le relisant je me dis mais c'est nul c'est infondé genre ça sert à rien de stresser pour ça donc en fait des fois je pense que dans sa tête on monte au créneau pour pas grand chose alors qu'au final beaucoup de problèmes ont des solutions j'ai envie de dire et Et puis, je fais de la cohérence cardiaque aussi. C'est-à-dire que je me pose un moment et je contrôle ma respiration. Et ça, ça me permet aussi de pas mal me canaliser parce que je suis un peu hyperactive. Et du coup, on fait plein de travaux mentaux. et puis je choisis et puis j'adapte surtout selon la
SPEAKER_00situation ok c'est intéressant parce que t'as commencé par dire que t'avais pas de problème à dire que t'avais un coach mental mais que dans certains parfois dans le sport c'était un peu tabou ça me fait penser à je crois que tu la connais quand on en avait discuté mais c'est un peu ce que nous disait Marie-Laure Brunet quand elle était sur le podcast parce qu'elle maintenant elle est
SPEAKER_01coach
SPEAKER_00donc Marie-Laure Brunet qui est une ancienne biathlète et médaille olympique double médaille olympique et c'est ce qu'elle nous disait que quelque part c'est un peu une incohérence parce que dans le sport de haut niveau aujourd'hui physiquement à peu près tout le monde a le même niveau tu vois parce que tout le monde a quasiment accès au même niveau d'équipement ou techniquement maintenant bon
SPEAKER_01bah
SPEAKER_00ouais exactement et que par contre là où il y a des grosses différences qui peuvent être faites c'est sur le mental entre autres et donc c'est intéressant que tu vois même toi même toi tu enfin encore où t'es encore jeune je veux dire t'as déjà et dans une discipline qui est jeune il y a quand même cette espèce de notion que la préparation mentale c'est un peu un truc tabou ça vient d'où tu penses d'ailleurs c'est quoi les croyances qui sont associées au coaching mental je pense que les gens
SPEAKER_01ils associent préparateur mental un peu à psychologue et psychologue ça n'a pas forcément une image ultra fun et du coup je pense que c'est pour ça aussi que les gens ils ont un peu peur ou alors peut-être parce qu'ils veulent cacher leur clés je sais pas je sais pas trop après je vois pas où il y a un
SPEAKER_00problème quoi Et toi, tu as décidé de prendre un coach mental suite à quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu avais un besoin ou quelqu'un t'en a
SPEAKER_01parlé
UNKNOWN?
SPEAKER_01Moi, j'en avais parlé depuis super longtemps et puis je me suis dit, allez, je tente. Au début, je n'étais pas très réceptive parce que moi, je n'avais peut-être pas l'âge pour ça. Je n'en ressentais pas le besoin. Donc, j'y allais et puis des fois, on me demandait de lire des trucs, ça me saoulait. Franchement, je pense que la préparation mentale, si toi, tu n'as pas envie d'y aller au fond de toi et que tu n'as pas c'est que ça marche ça sert à rien vraiment ça sert à rien parce que moi j'ai pu faire des années de préparation mentale si j'avais pas envie ça me servait à rien c'est plutôt des choses que tu mets en place pour toi et il faut vraiment être impliqué donc voilà
SPEAKER_00Clairement. Bon, et dernière question sur la partie mentale. Tu parlais de visualisation. Est-ce que toi, tu as créé un ancrage pour les compètes
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce qu'au moment de prendre le départ, il y a quelque chose que tu fais ou que tu dis
UNKNOWN?
SPEAKER_00pour te
SPEAKER_01conditionner j'ai essayé de faire un peu l'ancrage c'était un outil qui m'avait donné aussi mon prep mais je n'ai pas vraiment réussi à le mettre en place je l'ai fait 2-3 semaines et puis après je passe à autre chose ok et puis mais je pense que c'est super bien par contre je pense que c'est vraiment un truc à travailler et ça peut être vraiment cool après j'ai souvent la même routine sur les 72 heures avant la compétition je fais à peu près les mêmes séances et puis Et puis, j'adapte aussi selon ma forme. Et le jour J, je m'échauffe plus ou moins de la même façon. Après, je ne suis pas ultra perturbée par... Si je ne fais pas un échauffement, ça ne va pas me perturber. Je passe vite à autre chose aussi. Et puis, dans les starts... dans les starts ouais je fais un peu la même chose mais c'est un truc un peu basique je bouge beaucoup ma board je me secoue la tête comme ça je me tape la tête voilà ok
SPEAKER_00ok intéressant cool génial bah écoute merci pour ces infos sur la façon dont tu te prépares mentalement c'est toujours intéressant d'avoir le point de vue d'athlète de haut niveau je trouve comment est-ce que tu fais pour et d'autant plus avec les blessures quand même assez longues que t'as eu comment est-ce que tu gères ta double vie quelque part d'étudiante et de sportif de haut
SPEAKER_01niveau bah déjà j'ai la chance d'aller à l'école que avril mai juin
SPEAKER_00et la première
SPEAKER_01semaine des partiels c'est juillet souvent l'hiver nous donne un peu de travail donc on a un peu de travail l'hiver mais c'est pas non plus un truc insurmontable ce qui est plus difficile c'est que dans ma classe il n'y a pas que des sportifs, il y a aussi des gens qui préparent le monitorat ou des choses comme ça eux ils arrivent à faire les 3 mois sauf que moi j'ai pas 3 mois disponibles du coup là j'arrête déjà dans 2 semaines alors que j'ai commencé il y a 2 semaines donc ça veut dire que je vais faire 4 semaines 5 max et que les autres ils vont continuer à aller les Parce que c'est quand même condensé, donc ils vont quand même pas mal travailler. Et que moi, je vais reprendre les stages et c'est un peu compliqué de reprendre les stages. On est fatigué et de devoir rattraper un peu le soir. Après, j'ai quand même des collègues qui sont dans ma classe qui vont m'aider. Et puis, je me mets un coup de pied aux fesses en rentrant le soir. Je me dis, là, je suis sur ma dernière année, je ne veux pas lâcher comme ça.
SPEAKER_00la détermination même dans les
SPEAKER_01études c'est beau non
SPEAKER_00on peut pas dire que non cool et du coup si on si on se projette un peu plus est-ce que toi tu est-ce que toi t'envisages déjà la suite tu vois à travers des études une fois une fois que le snowboard cross sera derrière
SPEAKER_01toi alors donc là je finis au début juillet je sais que je vais pas reprendre les études au mois de septembre parce que il y a les Jeux Olympiques qui arrivent très rapidement donc pas du tout envie et du coup je vais voir après si je fais une licence ou pas peut-être l'année prochaine je sais pas trop encore et puis le truc c'est que moi j'ai toujours rêvé de travailler dans les soins les opérations tout ça et que c'est pas du tout compatible avec mon sport donc je sais pas trop si après ma carrière je vais me relancer là-dedans ou partir plus avec mes sponsors actuels travailler dans le marketing enfin je sais pas trop mais je sais que j'aime beaucoup de choses et que c'est pas impossible que je reprenne mes études après ma carrière même si j'ai 30 ans
SPEAKER_00quoi ok et le l'âge moyen dans ta discipline c'est quoi à peu près
UNKNOWN?
SPEAKER_01ça dépend là par exemple il y a une fille qui est dans le top 5 mondial qui a 34 ans
SPEAKER_00ah ouais
UNKNOWN?
SPEAKER_00ouais ah ouais ok
SPEAKER_01après
SPEAKER_00tu as
SPEAKER_01dit que j'allais jusqu'à là mais peut-être que j'irai aussi jusqu'à là je pense que le jour où j'arrêterai c'est le jour où je ferai plein je pourrais pas continuer à juste être regarder mon sport
SPEAKER_00quoi ouais ouais ouais
SPEAKER_01Je veux être
SPEAKER_00actrice de mon sport. Justement, en parlant d'être actrice de ton sport, quelle est la prochaine grosse échéance
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu l'as dit, c'est les Jeux. Comment est-ce que tu t'y prépares
UNKNOWN?
SPEAKER_00De quoi est-ce que tu as
SPEAKER_01hâte
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pour le moment, c'est proche. C'est au mois de février. Mais en gros, c'est tellement loin et je vais passer par tellement de choses avant. que j'ai pas plus envie de m'y projeter que ça je sais que pour le moment là je suis à l'école et que j'ai pas envie de me mettre enfin j'ai pas envie de me dire vas-y je me mets à travailler à fond maintenant je fais 3 séances par jour alors que je suis à l'école et faire un burn out je sais que ça m'est déjà arrivé notamment après ma blessure où vraiment j'ai pas arrêté du coup de faire du sport et que je suis arrivée à la fin de la saison j'en pouvais plus j'attendais et qu'une chose c'était de plus t'arrêter et partir en vacances et j'ai pas du tout envie de ça du coup je me laisse encore deux semaines et dans deux semaines je vais reprendre bah là j'ai déjà repris le sport mais là je suis à une séance par jour plus du renforcement mais rien de rien de ouf et j'attends encore deux semaines et après je vais monter crescendo et puis les Jeux Olympiques j'y penserai au début de la saison et pas tout
SPEAKER_00de suite et en termes de quand tu dis que tu vas monter crescendo euh Au pic de l'entraînement, ça ressemblera à quoi une semaine classique
UNKNOWN?
SPEAKER_01Le pic de l'entraînement, c'est quand on est en entraînement. On est au Centre National d'Entraînement, c'est à Albertville. Et là, on commence le matin à 8h et on finit le soir à 17h. Et puis, on enchaîne muscu, course à pied, bondissement, VTT. On fait plein de sports différents. C'est ça qui est chouette.
SPEAKER_00C'est intéressant, ça. Et c'est quoi l'objectif
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pourquoi est-ce que vous faites plusieurs sports différents
UNKNOWN?
SPEAKER_01Par exemple, on va faire du vélo parce que tu vas travailler aussi l'engagement. Tu vas être à fond dans la montée et deux secondes après, tu vas être dans la descente. Donc, il va falloir être lucide. Et ça ressemble quand même pas mal à notre sport. La musculation pour prévenir des blessures et puis être costaud. L'endurance parce qu'il faut arriver à tenir une minute quarante dans un bordeur à fond. du coup on fait plein de choses différentes, on fait du skateboard aussi de la pump track, c'est les nouveaux trucs à la mode c'est des parcours en béton avec des mouvements de terrain et du coup on a enfin un skate pas mal vraiment à la mode, il y en a un peu de partout maintenant
SPEAKER_00Comment ça s'appelle,
SPEAKER_01tu dis
UNKNOWN?
SPEAKER_01Une pump track. Pump track, ok. Donc, ça existe en vélo aussi. C'est des parcours avec des mouvements de terrain. Du coup, ils font ça maintenant en béton et pour le skateboard. Du coup, on va faire plein de sports et ils sont tous complémentaires et... et c'est quand même assez chouette de faire plein de trucs différents parce que c'est une
SPEAKER_00place quand même rapidement il y a une notion de poids dans le snowboard cross tu dois surveiller ton
SPEAKER_01poids j'ai envie de dire plus t'es lourd et mieux c'est c'est que tu vas un peu plus vite après t'as beau être lourd mais tu bouges pas ça sert à rien non plus j'ai trouvé le compromis où t'es assez lourd Mais t'es musclé et t'es tonique, quoi. Ouais. Ok. Ouais. Mais moi, je suis pas très lourde. Par contre, je compense leur autre chose.
SPEAKER_00la tonicité ouais un peu plus cool ouais ouais je me demandais s'il y avait tu vois s'il y avait vraiment une recherche de prise de poids ou si c'était on va dire la cerise sur le
SPEAKER_01gâteau tu vois tu peux prendre des kilos mais après elle n'est plus du
SPEAKER_00tout tonique mais maintenant j'y arrive très bien ok mais il n'y a pas de notion de peser ou quoi que ce soit
SPEAKER_01non du tout ok je peux manger des hamburgers
SPEAKER_00c'était la question cachée bien vu cool excellent génial je surveille l'heure parce que je sais que t'as un autre rendez-vous juste après bah écoute vous voyez peut-être peut-être on a déjà pas mal tourné sur ta discipline peut-être que toi tu pourrais nous dire euh tu vois de façon générale entre la Manon d'aujourd'hui qui aborde du coup ses deuxièmes jeux mais en tout cas c'est tout ce que je te souhaite les premiers tu vas pouvoir prendre le départ et la Manon qui tu vois passer ses flèches en vitesse pour vite pouvoir avoir accès au snowboard cross comment est-ce que t'as évolué
SPEAKER_01toi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Avant déjà je faisais vraiment ça pour la compétition je sais pas trop comment expliquer mais j'étais tellement insouciante je faisais ça parce que j'aimais faire du sport et j'avais pas du tout de but de médaille olympique j'avais pas du tout de rêve là que là maintenant je mets des choses en place pour pouvoir y arriver alors qu'avant j'allais au feeling quoi et par contre la Manon d'avant et la Manon d'aujourd'hui elle a pas non plus beaucoup changé elle est toujours aussi speed elle est toujours aussi relou non elle a pas beaucoup changé mis à part que je prends un peu plus conscience des éléments extérieurs de de mon entourage et je vais moins être dans le
SPEAKER_00guidon comme j'aurais pu le faire avant. Une approche plus structurée et organisée,
SPEAKER_01j'ai
SPEAKER_00l'impression. Oui, carrément. Écoute, on arrive au bout. Toi, qu'est-ce que tu aurais envie peut-être de partager le mot de la fin ou quelque chose qui te tient à cœur, que ce soit par rapport à ta discipline ou pas, ta vie de sportif peut-être
UNKNOWN?
SPEAKER_00Qu'est-ce que tu aurais envie de
SPEAKER_01transmettre
UNKNOWN?
SPEAKER_01J'ai envie de dire un truc, mais bon, je pense que tout le monde peut le dire. Vas-y, vas-y. Vas au bout de tes rêves et puis donne-toi les moyens et puis tu regardes pas le regard des autres et tu fonces et puis ça passe ou ça casse mais au moins t'auras zéro regret
SPEAKER_00c'est quelque chose que toi t'appliques à toi même parce que c'est vrai tu vois tu viens de le dire c'est quelque chose que tout le monde dit mais toi t'arrives à le cet état d'esprit à le mettre en place pour de vrai dans ton cas de
SPEAKER_01figure ouais de plus en plus je pense qu'au début forcément je regardais un peu le regard des autres je suis rentrée enfin j'étais à la fédé je m'étais fait un Instagram, je mettais des photos, je mettais plein de photos, parce que ça me faisait plaisir, mais forcément, il y a toujours des gens qui peuvent juger ou quoi, et ça pouvait m'atteindre à l'époque, mais maintenant, je fais vraiment tout comme j'ai envie, et puis si j'ai envie de faire quelque chose, je le fais, et je ne me prive pas du tout, et puis je me dis que la vie, elle est aussi trop courte, et qu'il faut profiter, et puis si ça ne marche pas, on fera autre chose, et puis les gens, ils oublieront, et ce
SPEAKER_00n'est pas très grave. C'est clair, écoute, très beau message très beau message en tout cas bah moi je suis d'accord avec toi et puis ça fait plaisir de encore une fois de l'entendre et t'as la patate quand tu le dis et on sent que voilà tu fonces et tu n'écoutes que toi et c'est aussi je crois un beau message c'est bien cool super bah écoute un grand merci Manon merci beaucoup pour ta dispo merci de nous avoir ouvert un petit peu les portes de l'univers du snowboard cross et de nous avoir partagé ton parcours c'était super intéressant bravo en tout cas pour ce que t'as réussi à faire depuis et puis écoute je mettrai en description tous les liens pour qu'on puisse te suivre d'ici les jeux et puis on va croiser les doigts pour que tout se passe comme tu le
SPEAKER_01souhaites
SPEAKER_00et bah merci à vous de m'avoir écouté et merci à toi Louis c'était trop chouette génial merci Manon ciao
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