mais en tous les cas je sais à peu près qui je suis je sais où je vais je sais où je veux aller et je suis mille fois plus heureux maintenant que quand j'étais avec un putain de cuissard quand j'avais 24 ans et que je me battais à l'arrière du peloton à me dire mais qu'est ce que tu fous quoi le vélo c'est un outil puissant quand même de transmission je trouve
SPEAKER_01Eh bien, écoute, c'est parti. Bienvenue, Stéphane, sur le podcast. Ravi de te recevoir ce
SPEAKER_00soir. Merci beaucoup. Très content,
SPEAKER_01très content d'être là. Écoute, encore une fois, un grand, grand merci de prendre le temps de venir nous partager ton parcours. Et tu nous le décriras plus en détail, mais parcours super riches. Moi, je t'ai découvert, je crois que la première fois, c'était sur LinkedIn ou un post d'un post, reliker, repartager, etc. Et je suis tombé sur ton profil d'ancien sportif reconverti en aventurier et Et à l'époque, j'avais trouvé ça juste passionnant et incroyable. Et puis, j'ai eu la chance il n'y a pas très longtemps d'échanger avec une personne que tu dois connaître qui organise le Raramouri Ultra Trail. Et du coup, en échangeant à cette personne avec Nahuel, que je chalue bien, j'ai vu que vous étiez en contact. Donc, je me suis dit, allez, on va tenter notre chance et on va essayer d'inviter Stéphane sur le podcast. Donc, ravi de te recevoir. Et écoute, je n'en dis pas plus, je te propose de nous dire d'où tu viens, ce que tu fais aujourd'hui et ce qui arrive pour toi très très
SPEAKER_00prochainement
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais, moi c'est Stéphane Le Yari, je suis aventurier professionnel, alors ça veut dire quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ça veut dire que je gagne ma vie avec l'aventure, avec soit des aventures que j'organise comme les Gravelman qui sont des épreuves de 350 km un peu partout en France et probablement prochainement en Europe ou ailleurs si j'en ai envie et si les gens en ont envie et Pourquoi aventurier
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce qu'aujourd'hui, je parcours, je ne vais pas dire les surfaces les plus hostiles du globe parce que ce serait arrogant de dire ça, mais des endroits qui me font rêver, plus ou moins hostiles, plus ou moins lointains. comme l'Himalaya, j'ai été un des premiers à traverser l'Himalaya en vélo, j'ai été ensuite passionné par l'Asie, parce que c'est l'Asie qui a changé ma vie, avant j'étais communicant pour des marques, des personnalités, des athlètes, après avoir été cycliste élite, donc juste en dessous du niveau pro, mais c'était mon métier quand même, j'ai couru avec des garçons comme Thibaut Pinot, Romain Bardet, Quintana, qui, aujourd'hui, sont très connus, assez médiatiques. Et pour certains, on fait une très belle carrière chez les pros. Et ensuite, j'ai un peu changé de vie. Je suis devenu communicant jusqu'aux Jeux olympiques à Rio où j'étais responsable de la com digital et équipe de France de la Fédération française de triathlon. Et j'ai explosé. J'ai un peu explosé. Je fais deux burn-out dans l'année parce que je n'arrivais pas à... il manquait quelque chose je sais pas en fait j'ai toujours du mal à l'expliquer mais je pense ce miroir de ce que j'ai pu être quand j'étais athlète un petit athlète qui sans doute n'arrivait pas assez à performer ou en tous les cas à faire de la compétition avec les autres je pense que j'ai jamais été fait pour la compétition j'aime beaucoup la performance quelle que soit la performance mais la compète c'était dur et je je pars au Népal, je passe 120 jours là-bas, je manque de devenir moine bouddhiste, je décide de changer complètement de vie, et voilà, à partir de là, il y a eu plusieurs aventures, il y a eu l'Himalaya, il y a eu Paris-Dakar, il y a eu pas mal de choses, des projets entre 1000 et 5000 kilomètres à vélo, qui sont parfois des records du monde, des fois des trucs juste qui me font rêver, le dernier en date, c'était hiver le Kilimanjaro il y a eu 2-3 trucs depuis mais j'ai battu le record du Kilimanjaro en vélo ça me donnait envie de faire un des 7 summits avec un vélo j'aimerais même aller faire les 7 si je peux avec un vélo et pourquoi pas un jour mettre un vélo en haut de l'Everest mais ça fait partie de mes conneries ou de mes lubies futures et je prépare un projet depuis mon retour de l'Himalaya depuis maintenant 2 ans et demi trois ans même, qui s'appelle le projet 666, qui est de traverser les six déserts les plus hostiles du monde sur six continents en six fois un mois, donc 666. Et voilà. Et le premier désert, la première étape sera le désert de Namib, en Namibie, dans quelques semaines. Maintenant, je pars dans dix jours de France.
UNKNOWNVoilà.
SPEAKER_01wow ok bon déjà ça pose le contexte super impressionnant alors peut-être par curiosité ce que je trouve intéressant que tu t'expliquais que tu viens du cyclisme alors ça pas en pro mais bon en élite vu la concurrence moi j'ai jamais fait de vélo mais j'ai pas mal échangé avec Arnaud Manzalini que tu connais peut-être qui organise la Race Across France qui m'expliquait que déjà en niveau élite il y a un niveau de concurrence qui est hallucinant par rapport rapport à d'autres disciplines d'appellation non pro. C'est intéressant de voir que tu es passé de cet environnement très concurrentiel, tu disais, qui ne te colle pas forcément, à aujourd'hui réaliser de la performance et faire des défis, mais toujours à vélo. Je voudrais savoir à quel moment est-ce que tu as senti ce besoin de clairement changer de vie, de partir au Népal, mais de réintégrer le vélo dans ta nouvelle vie
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ça s'est fait par étapes. Je pense que quand on fait quelque chose pendant très longtemps et qu'on va jusqu'au bout du truc, c'est comme tous les systèmes qu'on fait exploser. J'étais allé au bout d'un truc en en faisant trop aussi parce que je faisais 30 000 km par an pendant longtemps. entre 85 et 95 jours de course par an et quand t'es coureur t'as 10 jours de coupure dans l'année maintenant la mode est à en faire encore moins depuis qu'il y a les Team Sky et tout ça qui sont montés, des grosses équipes ils font encore moins de jours de repos moins de grosses coupures parce qu'à l'époque de Bernard Hinault les mecs ils coupaient 3 semaines, 1 mois voire 2 mois, 3 mois pour certains ils prenaient 10 kilos, maintenant ils les mecs qui prennent 2 kilos c'est grave du coup il y avait ce rapport au poids ce rapport à la performance ce rapport au corps ce rapport à tout ça je dis toujours que être cycliste c'est c'est être un espèce de mannequin anorexique mais qui doit être profondément performant parce qu'il n'y a que ça qui compte c'est sympa d'être joli d'être affûté d'avoir des veines sur les jambes mais ce qu'il faut c'est aller vite et ça quand tu pèses moi je suis descendu à un moment à 58 kilos pour 1m78 donc c'est pas énorme mais il y a des coureurs du tour qui sont je pense à moins de 50 kilos aujourd'hui mais des mecs tout petits hein mais il y a aussi des mecs d'1m80 qui font pas beaucoup plus de 60 kilos sur le Tour de France donc ouais c'est difficile de concurrencer des gars comme ça c'est difficile d'être fort toute l'année d'être fort sur le plat, dans les côtes d'être fort tout le temps et de pas avoir le droit d'être faible, de pas avoir le droit de craquer et j'ai explosé quoi du coup j'ai explosé et comment je me suis remis au vélo ça a été Ouais, je pense que c'est le Népal qui a fait ça, j'ai passé beaucoup de temps à méditer en monastère, j'ai fait deux fois Vipassana, qui sont des méditations silencieuses, deux fois dix jours, et dans ces méditations, j'ai beaucoup de choses qui sont revenues, et dont ce rejet du vélo, où je m'étais dit, je ne ferai plus jamais de vélo, clairement, je ne veux plus de ça, quoi, et en fait, c'est devenu central dans mes méditations, en me disant, mais Steven, il faut que tu passes le cap, tu t'inventes un nouveau vélo en fait, une nouvelle manière pour toi de faire du vélo et qui te dégage de toute pression et ça a été de traverser l'Himalaya d'est en ouest en vélo parce que je me suis dit qu'est-ce qui peut me rendre heureux, plus heureux que le pays qui a changé ma vie, qui m'a appris à être heureux, à être plus apaisé et l'outil qui a certainement guidé le plus ma vie aujourd'hui j'ai commencé le vélo j'avais 5 ans et demi en compétition je parle et j'ai arrêté la compétition j'avais 24 ans et depuis j'ai repris le vélo pour préparer le Great Himalaya Trail la traversée de l'Himalaya version népalaise et maintenant je fais entre 25 et 30 000 km par an de la même manière mais totalement différent avec pas d'objectif de résultat résultats tous les week-ends, pas de pression, pas de mec qui te parle comme une merde dans l'oreillette, de trucs... Voilà, la vie de coureur, quoi.
SPEAKER_01c'est marrant parce que encore une fois je ne viens pas du tout de cet univers mais quand je t'entends nous décrire ce à quoi ça ressemblait ça ne fait pas vraiment rêver j'ai vraiment l'impression que la performance se fait complètement au détriment du respect de ton organisme ou juste de ton bien-être quand tu atteins un certain niveau en cyclisme peut-être que je me trompe complètement ou que ton expérience est peut-être différente de certains autres coureurs mais c'est assez étonnant à entendre je trouve
SPEAKER_00ouais non c'est sûr mais c'est certain qu'il y a des mecs qui sont heureux j'ai encore l'image d'un pote qui s'appelle Jérôme Cousin qui est encore dans une équipe du World Tour qui m'a dit il y a un an un an et demi que lui il était heureux voilà qu'il était heureux dans la performance que c'était son travail on était très contents et tout ça je l'accepte je l'entends aujourd'hui peut-être qu'il a changé un peu son fusil d'épaule et il y en a d'autres qui m'ont envoyé des messages de soutien. Il y en a d'autres qui m'ont dit, mais tu arrives à mettre des mots sur des choses. Ça ne concerne pas que Stéphane Lemireille qui est le vélo. Le vélo, ce n'est pas un jeu. Le tennis, c'est un jeu. Le foot, c'est un jeu. Le basket, c'est un jeu. Même le rugby, tu joues. Le vélo, ce n'est pas un jeu. La boxe, ce n'est pas un jeu. L'athlétisme, ce n'est pas des jeux. Et c'est un peu la bagarre. C'est un peu la bagarre et c'est des sports qui sont très difficiles, assez ingrats en judo tu fais un tournoi tu peux passer un tour quoi tu peux passer deux tours t'as gagné deux matchs quoi en vélo tu perds 99 courses par an et pour ne pas dire 100% parce que en gros les mecs qui gagnent 5 courses par an c'est Julien Alaphilippe Peter Sagan Chris Froome voilà il y a des mecs comme ça mais des mecs qui gagnent 5 courses par an il y en a très très peu quoi et puis voilà après il faut être en forme tout le temps je pense que mon expérience moi je mets des mots dessus et surtout je mâche pas mes mots parce que c'est dur le haut niveau mais quel que soit ton sport je pense qu'en judo si t'es blessé et que tu vas faire un tournoi et que de toute manière il faut que tu le fasses parce que sinon ta carrière elle est en jeu bah tu te défonces quand j'ai des mecs de staff d'équipe de rugby même à un très très haut niveau qui me disent mais en fait simplement faire du rugby à haut niveau c'est gérer les blessures et Et tu joues 90% du temps blessé de toute manière. Et ça existe en foot, ça existe dans plein de sports. Après, c'est un peu une caricature ce que je vais dire, mais c'est plus facile quand tu gagnes 250 000 euros par match de jouer blessé, quoi. Quand tu gagnes 250 euros, c'est plus dur, quoi. Ouais, c'est comme ça, c'est la vie. Après, non, j'ai pas du tout un... Je te laisse pas un tableau vraiment noir du vélo, pas du vélo, c'est juste le haut niveau. C'est le très haut niveau. Quand tu tu pousses le truc au max, après c'est des choix, c'est un privilège énorme, c'est une chance, comme on me le disait, vous avez de la chance d'être là. Oui, tu as de la chance, mais si c'est trop dur, si tu es malheureux dans ce que tu fais, quoi que tu fasses, la performance pour moi, la compétition à un très très haut niveau, elle est toujours négative psychologiquement, car elle t'emmène toujours vers un truc... si tu gagnes c'est facile mais sinon t'es dans une espèce de frustration et de douleur qui est tellement intérieure que y'a pas grand monde qui peuvent te comprendre sauf des gens qui ont fait la même chose
SPEAKER_01que
SPEAKER_00toi et du coup quand tu switch t'as l'impression que la vie elle est cool au début tu te fais chier parce que tu te dis putain en fait la vie c'est chiant la vraie vie comme les vrais gens y'a beaucoup d'athlètes de haut niveau qui m'ont dit ça ils m'ont dit ah ouais je comprends ce que tu dis sur la vraie vie en fait être la vie normale. Et en fait, quand tu veux être athlète de haut niveau, c'est juste que tu ne veux pas être normal aussi. Comme un comédien, comme un acteur, comme un chanteur, il ne veut pas être comme les autres. Il ne faut pas se le cacher. Sinon, il fait comme tout le monde. Mais ce choix d'être différent, il faut l'accepter. Puis après, tu as des mecs qui sont, je pense, qui sont plus faits pour ça. Il y a des mecs qui sont robotisés. Il y a des mecs qui s'en foutent des autres complètement, de l'image. Il y a des mecs qui s'en foutent de ne pas manger. Il y a plein de trucs, quoi. C'est... plus sensibles aux blessures, plus sensibles, voilà, il y en a qui n'ont pas besoin d'être forcément coachés, il y en a qui ont besoin d'un gros staff d'entourage. C'est comme la vie, c'est la vie en fois
SPEAKER_01mille, quoi. Ouais, c'est ça, beaucoup plus intense. Très intéressant ce que tu dis, parce qu'on a échangé il n'y a pas longtemps avec Charline, Charline Vassny, qui est une athlète olympique belge, et qui nous expliquait, en fait, exactement ce que tu dis, que les gens voient bien souvent la partie visible de l'iceberg elle a été médaillée olympique à 22 ans à Londres donc incroyable dans un sport comme le judo qui n'a pas forcément une maturité très jeune mais elle nous expliquait l'envers du décor en réalité et que ça lui a demandé beaucoup d'efforts de transformer la pratique qu'elle avait du judo pour que le sport au niveau de Vienne fasse partie de son projet de vie et que ce soit plus 100% son projet de vie qui soit du haut niveau tu vois ce que je veux dire c'est à dire de remettre les priorités correctement pour ne pas se faire complètement bouffer par sa discipline et ne plus exister qu'à travers la performance sportive
SPEAKER_00c'est super intéressant c'est la citation exacte je ne sais plus qui disait ça je ne sais plus si c'est Walt Disney ou machin qui disait faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve mais le problème c'est quand ton rêve il dévore vraiment ta life Tu deviens barjot, quoi. Et ce que je disais sur l'argent... ça vaut pour tout je pense parce que il y a des gens qui me disent tous les jours putain mais t'as de la chance ah je t'envie ah je suis jaloux parce que je suis à tel endroit du globe ou de la France ou ah tu travailles jamais mais est-ce que ces gens là se rendent compte que des fois bah j'ai pas forcément à bouffer à ma faim ou à des moments de ma vie j'ai mis en péril et des relations amoureuses sociales et j'avais pas forcément d'amis voilà j'ai je suis pas en train de moi quand les terrasses elles ont réouvert mon seul truc c'était de me barrer faire une expédition et de faire un truc quoi des terrasses ouvertes ou pas ouvertes c'était pas ma priorité et c'est pas du tout méchant de dire ça c'est des choix de vie chacun ses choix tu mets l'argent l'énergie tout ce que tu veux là où tu veux mais ouais quand tu fais du haut niveau déjà quand t'arrêtes de travailler ou de faire tes études et que tu ne penses qu'à ça tu ne vis que pour ça c'est à dire tes seuls amis c'est ton kiné ton ostéo ton entourage proche évidemment tes meilleurs amis mais souvent ils sont soit de ta discipline ou soit il y en a qui arrivent à avoir des amis proches qui sont loin de ce monde là il vaut mieux d'ailleurs ou un conjoint qui comprend il vaut mieux qu'il comprenne ce que tu fais sinon c'est tellement dur de devoir justifier que tu as un repas de famille et que tu dois pas manger de justifier que tu dois pas boire pendant 6 mois avant les jeux olympiques et les gens te regardent comme ça c'est pas ça qui va te tuer et c'est toujours c'est pas ça qui va te tuer mais en fait quand t'es athlète avant de dormir la seule chose que tu regardes c'est ce que t'as bouffé ce que t'as fait si tu t'es bien entraîné tu fais le bilan de ta journée et si t'as passé de la moitié de ta journée à Carrefour en train de faire tes courses et à bouffer comme une vache je peux te dire que t'es pas super heureux quand tu vas dormir ah ouais c'est clair je me souviens de journées où je faisais le bilan de mes journées quand t'es athlète il vaut mieux que tes séances ça se passe bien quoi parce que si toutes tes séances tu te prends une cartouche mais quel que soit ton sport mais c'est tellement dur parce que tu vas dormir alors t'imagines quand tu fais le tour de France par exemple ou le tour d'Italie tu sais que tous les jours tu te prends une caillasse dans la tête et tu vas dormir et tu sais que le lendemain ça va être pire tu vas reprendre dans la tête alors là il vaut mieux être vraiment fort psychologiquement quoi ou bien il faut aimer se faire frapper quoi mais tu vois c'est dur quoi tu vois
SPEAKER_01c'est ce que j'allais dire grosse charge mentale
SPEAKER_00ouais ouais ouais tu vois je parle toujours de Teddy Riner parce que tu parles de judo c'est un des seuls athlètes que j'ai vu heureux après c'est toujours plus facile que quand tu gagnes 5 titres olympiques de dire je suis heureux mais c'est un athlète je pense qu'il en a vachement chié tout au début tu vois parce que je connais 2-3 mecs dont mon coach physique Frédéric Popper qui était à l'INSEP quand il est arrivé Teddy mais voilà c'est un mec je pense que ouais personne ne voit enfin de plus en plus on arrive à voir un peu par bribes ses entraînements hivernaux combien il prend de poids quand il dit qu'il prend 22 kilos l'hiver et puis après il doit tout perdre en un an ou deux pour les jeux mais est-ce que les gens se rendent compte de ce que ça veut dire psychologiquement en frustration quoi en suppression de plein de choses en se disant mais juste j'ai un goal je pense qu'à ça et puis voilà qui est capable de faire ça donc tout est une chance dans la vie mais après, il faut mettre les moyens.
SPEAKER_01Oui, exactement. Je suis 100% d'accord avec toi. C'était vraiment une des idées pour lesquelles on a créé ce podcast, c'est de parler de cette partie non visible de l'iceberg qu'il y a derrière la réussite, quelle que soit la définition qu'on se fait de la réussite, que ce soit dans des aventures, du sport, de l'entrepreneuriat, de la recherche, peu importe. Ok. Écoute, super intéressant en guise d'introduction. Ce qui m'a frappé quand tu nous as Tu nous as partagé l'expérience au Népal. J'ai eu l'impression que c'était une espèce de renaissance, que c'était un peu ton rite initiatique où il y a eu ta vie d'avant et là, tu es né à nouveau à travers la traversée de
SPEAKER_00l'Himalaya. Oui, il y a un journal qui a écrit… qui a écrit quand je suis revenu d'Himalaya ils avaient titré Né dans l'Himalaya et en fait je trouvais ça vraiment bien j'ai retrouvé ça récemment parce que ma petite team média qui va venir en Namibie avec moi me demandait mais t'as pas un pressbook ou machin et en fait non j'en ai rien à foutre c'est comme les trophées chez moi il y a des trophées parce que c'est la maison de ma mère et quand elle aime bien montrer certainement mes trophées ou j'en ai gardé quelques-uns mais un jour elle en a donné 200 ou 300 à un club et je le savais même pas d'ailleurs un club cycliste de la région mais c'est avoir des reliques de magazines de trucs c'est marrant du coup lire ce titre ça a été drôle parce que je pense que c'est pas tout à fait faux c'est pas une nouvelle personne c'est le vrai moi je pense après est-ce qu'on est pas multiple est-ce qu'on a pas 15 personnalité, au cours de la vie, on switch de l'une à l'autre, ou est-ce que même dans une journée, en fonction des personnes, en tous les cas, dans l'Himalaya, j'ai appris à être heureux, j'ai appris à ne rien faire, j'ai appris à être plus apaisé, plus posé, j'ai appris à regarder les gens certainement différemment, à... à ressentir les choses plus profondément et puis en même temps les ressentir profondément et en même temps les ressentir hyper légèrement parce qu'un jour on m'a dit ça le psychologue de la fée des triathlons m'avait dit il faut que tu baisses ton niveau émotionnel et je reprends toujours cette anecdote parce que c'est drôle d'avoir dit ça à un communicant parce que j'étais un communicant mais comment tu veux baisser le niveau émotionnel d'un gars qui se doit d'être passionné en fait je trouve ça tellement nul de dire ça parce que C'est important d'avoir des émotions dans la vie, c'est important de ne pas les rejeter tout le temps. Et quand tu es athlète, on m'a dit toute ma vie de baisser mon niveau émotionnel. Et aujourd'hui, les gens qui me disent ça, je leur en dis juste, mais ne me fais pas chier quoi. Parce que ce qui aime les gens aujourd'hui de moi, c'est justement que j'ai un niveau émotionnel qui est certainement au-dessus de la moyenne, mais pas de la moyenne des gens, de la moyenne des gens qui assument d'être ce qu'ils sont. Parce que t'as pas le droit aujourd'hui de crier, de gueuler, de pleurer, de sourire, d'être trop heureux. Tout est suspect aujourd'hui. On est dans un monde de gens lisses, tu vois. Les humoristes n'ont plus le droit de faire des blagues sur certains sujets. Les acteurs, ils doivent être comme ci, comme ça. Les gens doivent s'habiller de telle manière. Les sportifs doivent fermer leur gueule absolument. Ils ne doivent que faire des résultats. Des artistes, des sportifs engagés, t'en connais beaucoup. Moi, j'en connais pas beaucoup, hein. Et de moins en moins, tu vois. Qui balle Ouais, j'aime tel artiste. Mon soutien à telle politique, c'est ça, mon soutien. Non, ça n'existe pas. Quand tu es sportif, vas-y, monte sur le ring, monte sur le tatami, montre-nous et après, tu pourras ouvrir ta gueule. Mais pour l'instant, tu es un peu nul à chier. Pour l'instant, tu te tais et après, on verra. Si tu as le droit de parler, tu auras deux pages dans l'équipe et même là, ce n'est pas sûr que tu puisses t'exprimer. En gros, je caricature, mais là-bas, dans l'Himalaya, je me suis dit rien n'est grave parce que pour eux en fait quand tu fais vipassana mais même beaucoup au Népal ils ont pris les tremblements de terre à répétition et quand je leur demandais moi je suis arrivé la première fois après un tremblement de terre et je leur disais mais quand même tout refaire tout reconstruire des régions entières un pays entier ouais mais c'est comme ça qu'est-ce que tu veux qu'on fasse là on on doit accepter. Et cette phrase d'accepter les choses, c'est ouf parce que quand tu es sportif de haut niveau, ce que tu dois faire surtout, c'est de ne pas accepter. Parce que quand tu es sur le tatami ou quand tu es dans une course de vélo et que tu es à 15 mètres derrière le peloton et que tu sais que s'il t'accepte de te faire lâcher, mon gars, tu es en rupture de contrat. Ou le gars, ton manager à la voiture, il va te déboîter, tu n'acceptes pas. Tu ne lâches jamais rien. Alors, j'ai appris pris aujourd'hui à faire un espèce de compromis entre ne jamais rien lâcher et tout lâcher. Un truc de rien n'est grave. C'est un entre-deux. Par contre, je suis capable de monter en pression et de faire des conneries énormes et d'être excessif dans certaines choses, de m'entraîner comme un malade, d'être passionné, de pleurer, de rire. Mais j'essaie quand même de me préserver dans le sens où... Tu peux pas être à 100% tout le temps, quoi. Sinon, t'es vite hospitalisé, quoi, ou tu fais des burn-out comme j'ai pu en faire. Mais ouais, c'est intéressant d'apprendre à être... à se poser, à apprendre à se poser, à poser son cerveau et à se dire que que réussir, ça ne veut pas dire grand-chose, comme tu l'as dit. Réussir, il y a mille manières de réussir. C'est monter une famille, c'est monter une boîte, c'est réussir ta carrière sportive, c'est réussir ton bonheur, c'est être apaisé. Réussir, c'est peut-être apprendre à ne rien faire
SPEAKER_01aussi,
SPEAKER_00j'en sais rien.
UNKNOWNOui, c'est clair.
SPEAKER_01C'est clair. Punaise, ça fait quand même pas mal de grosses prises de conscience en quelques mois seulement sur place au Népal. Tu dirais que c'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est que c'était le bon moment pour toi
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est que l'intensité visiblement plutôt négative de ce que tu as vécu avant avec le vélo t'avait mis un peu à nu, écorché un peu vif
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ou c'est la puissance des rencontres que tu as fait sur place ou peut-être un mix
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je serais curieux de savoir parce que c'est quand même fabuleux de voir assez jeune quand même que tu as réussi à faire un changement incroyable dans ta vision de la vie tout
SPEAKER_00simplement ouais c'est du recul aussi quand tu arrêtes quelque chose j'ai arrêté le sport de haut niveau il faut entre 5 et 7 ans pour faire le deuil d'une carrière et aujourd'hui ça fait plus que 7 ans que j'ai arrêté le haut niveau j'ai parcouru un peu la planète j'ai vu d'autres gens, j'ai fait des rencontres assez exceptionnelles un peu partout dans le monde, des grands hommes, des grandes femmes de ce monde qui ont fait des choses un peu hors du commun, qui, quand elles te donnent des mots, c'est des mots qui ont un sens. J'ai fait d'autres rencontres, des gens qui sont un peu moins connus, mais qui m'ont apporté autant, que ce soit au Népal, que ce soit un peu partout dans le monde. Non, le Népal, ça a été un booster, en fait. Ça a été un moment, notamment ces méditations de... C'est comme un training camp, tu vois. Quand tu es athlète, tu fais un training camp de 10 jours, tu sais que tu vas de prendre une cartouche 10 jours et pendant 10 jours tu fais que ça t'es à bloc tu manges judo ou tu manges vélo ou tu fais de ton sport pendant 10 jours 20 jours 30 jours et tes focus, et il n'y a rien qui peut remplacer un training camp. Moi, j'ai fait deux fois dix jours de méditation silencieuse où tu passes ton temps, donc 24 heures sur 24, parce que les heures de méditation, c'est entre 12 et 15 heures, mais tout le reste du temps, tu n'as pas le droit de parler, de communiquer, de sourire, de séduire, de courir, de faire du yoga, de marcher trop vite, etc. D'accord, donc ce n'est pas
SPEAKER_01que la parole, c'est aussi le fait d'adopter une posture posé entre
SPEAKER_00guillemets c'est même pas ça c'est que en fait quand tu peux rien faire dans la vie la seule chose que tu peux faire c'est te regarder dans un miroir et si tu le fais pas t'es encore en train de fuir il y en avait 2-3 qui buvaient des bouteilles le soir et ils se sont fait virer d'ailleurs des Népalais parce qu'il y en avait beaucoup qui étaient complètement alcooliques et ils font vipassana pour se purifier ou droguer parce qu'il y en a qui ont des excès il y a beaucoup de gens qui ont des excès à qui on conseille de faire ça et ça te nettoie ça te purifie après c'est des fois dans des conditions de douleur qui sont des fois inacceptables parce que c'est dur de rester assis pendant 15 heures à te regarder à l'intérieur et à se dire putain je suis qui quoi j'ai fait quoi alors au début tu te dis je suis une grosse merde et puis après ça évolue petit à petit tu dis ah ok tu souris petit à petit à la vie tu ressens les choses différemment le sol tes pieds, tes mains, ton corps. Et en fait, tu prends conscience de plein de trucs, quoi. Des autres, tu vois, de tes méchancetés, tes excès, de tes folies. Et puis, c'est vrai, ça m'a permis de prendre plus de recul. Après, j'ai vu beaucoup de choses aussi depuis qui font que j'arrive à vulgariser quelque chose qui, à un moment, était... Après, je n'ai pas de certitude, tu vois. Je ne sais pas. Je n'ai pas la vérité. en moi je pense que j'ai compris les choses que certains mettent possiblement toute une vie à comprendre après c'est peut-être une caricature de la vie de ce que j'ai vécu j'en sais rien mais en tous les cas je sais à peu près qui je suis je sais où je vais je sais où je veux aller et je suis mille fois plus heureux maintenant que quand j'étais avec un putain de cuissard quand j'avais 24 ans et que je me battais à l'arrière du peloton à me dire mais qu'est-ce que tu fous quoi et avec plein d'arrogance plein d'assurance alors que j'avais pas du tout confiance en moi mais où j'étais un but de ma personne à me dire je suis fort quoi juste respecte moi je suis fort alors maintenant je me dis je suis un peu fort mais au fond je suis très très faible comme tous les humains et j'accepte qui je suis quoi après c'est dur d'accepter ça et ça ouais ça prend du temps le Népal ça permet ça bah t'y es allé donc tu peux comprendre ça mais les sommets ça te remet à ta place les gens te remettent à ta place aussi parce qu'ils ont pas du tout les mêmes priorités que toi et évidemment Evidemment, tu ne peux pas prendre des leçons de Perrine Ma copine, elle prend toujours cette... Ça la fait rigoler parce que j'ai toujours l'impression que ces gens-là ont la vérité, en fait. Au Népal, ils ont la vérité, ils ont compris. Voilà. Ou que dans des pays hyper apaisés où on est passé, en Iran ou un peu partout dans le monde, voir des bédouins dans le désert, je dis toujours que c'est eux qui ont compris. Et c'est fou, parce que je suis persuadé de ça. Je pense que c'est eux qui ont compris. En fait, la vie, c'est ça. La vie, c'est... Tu te poses, tu regardes une dune comme ça au loin et... Et tu souris, quoi. Et tu te dis, OK, bon, ben, on va manger, on va boire un thé, et puis c'est bon, quoi. Et ouais, ici, t'es dans une course, quoi. Tu combles un vide tout le temps, quoi. On s'est créé des besoins énormes, quand même, dans la vie... Et là-bas, la vie est un peu plus épurée, disons.
SPEAKER_01C'est vrai qu'il a... Alors, je n'ai pas fait un séjour aussi long et aussi spirituel que le tien, mais c'est vrai que ça... Globalement, tous les pays où je suis allé, un truc tout bête, mais où le niveau de vie n'est pas le même que celui qu'on a nous, ça remet les choses en place, tu vois. Si déjà, tu sais que eux, leurs soucis, entre guillemets, c'est comment manger après-demain ou le fait qu'il n'y a pas d'électricité, ce n'est pas la mort. C'est vrai que ça remet... remet un petit peu les idées en place en tout cas moi ça m'a toujours fait ça super intéressant ça donne envie de prendre le temps pour soi en fait et d'aller explorer un petit peu de se mettre dans des contextes un peu différents de ceux qu'on connait donc je trouve que c'est juste passionnant que tu te sois créé cette expérience et ma prochaine question c'est du coup une fois que t'as eu alors j'imagine que c'est comme tout ça a pas été un déclic une ampoule s'est allumée et boum ça y est t'as découvert cet event que t'es vrai mais en quoi est-ce que cette expérience au Népal et cette première grosse expé ou si je ne me trompe pas je crois que tu as fait 5000 km à travers l'Himalaya en quoi est-ce que ça a façonné du coup la suite de tes expéditions et qu'est-ce que tu vas chercher aujourd'hui dans tous les projets que tu
SPEAKER_00crées
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait le reste d'Himalaya ça partait d'une idée un peu farfelue et en même temps assez simple qui était de traverser l'Himalaya népalais d'est en ouest par sa trace la plus haute et Et donc, c'est en gros, tu pars de l'Inde, tu retournes en Inde, mais en longeant toute la frontière, Chine, Inde, Chine, Népal. Et en gros, de l'autre côté, c'est le Tibet ou c'est la Chine tout du long. Et moi, mon truc, c'était de... En gros, tu frôles la frontière tout le temps et tu traverses une quinzaine de régions et t'es tout le temps au-dessus de 4000, enfin entre... Des fois, ça descend à 800, mais c'est en gros, t'es à une moyenne de 4000 mètres et t'as 90 000 mètres de dénivelé positif, donc 90 000 de négatif. Et tout ça avec un vélo qui n'est pas forcément adapté à l'exercice. Il y a beaucoup de passages... extrême avec... on était en autonomie au maximum en gros j'avais pas un mec qui me livrait des repas tous les jours donc en gros l'idée c'était de vivre la vie d'un Sherpa parce que je portais mon vélo moi-même évidemment pas comme beaucoup de gens comme Oki Manjaro me l'a proposé le guide qui était avec nous parce que c'est obligatoire d'avoir un guide est-ce que tu veux que je porte ton vélo j'ai regardé je comprenais pas ce qu'il me disait en fait j'ai dit mais mec j'ai traversé les marées en vélo j'ai porté mon vélo 70% du temps tu ne vas pas me porter mon vélo déjà porte-toi et au début il rigolait et puis après il a moins rigolé mais sur le coup ça m'a énervé parce que je dis il n'y a personne qui touche à mon vélo personne ne touchera à mon vélo c'est mon vélo c'est ma vie c'est mes mots à moi et voilà et de faire ça tu vois ça m'a changé parce que c'est moi qui l'ai fait en fait et quoi pourront dire n'importe qui autour de moi, tous les gens qui ont vécu un millième de ce que j'ai pu vivre dans l'Himalaya ou qui en ont vécu certaines parties c'est moi qui les fais c'est ça en fait la vie la vie c'est faire et quand tu as fait ça tu te réalises en fait c'est cool de parler, de raconter des histoires de comme dire à un ami qui m'est cher de faire ton numéro de claquette devant 15 personnes en repas de famille et de raconter des histoires sur un podcast ou à la télé c'est marrant de le faire, c'est cool mais fais des trucs avant la première fois que je fais un plateau télé où Samuel Etienne me dit Steven t'es aventurier et ça fait quoi d'être aventurier et je refuse qu'il me dise que je suis aventurier je dis je suis un aventureux j'aime bien m'aventurer mais pour l'instant j'ai rien fait dans ma vie qui me montre que je suis un aventurier et au retour j'étais déjà un peu plus un aventurier mais aujourd'hui je vois des mecs qui traversent leur rue, ils font le GR20, c'est des aventuriers. Non, mais je te jure, ça me rend dingue ce que je dis, mais Christophe Colomb ou les mecs, ils se décrètent les plus grands explorateurs de l'histoire. Vasco de Gama, je ne sais pas, je t'en cite quelques-uns, tous ces mecs-là, tu t'en fais quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu les as oubliés. Toi, tu es aussi fort que ces gars-là, qui partaient, qui découvraient une terre et qui arrivaient, qui n'avaient même pas un compas, qui étaient... Et toi, tu es un explorateur. Ok, il n'y a pas de problème. Voilà, je respecte, mais je rigole, quoi. Alors, tu vois, ce truc d'être qui tu es ou d'accepter ce que tu fais et tout, je pense que dans la vie, déjà, il faut faire des trucs. Puis après, on peut discuter, mais... Mais ouais, on est dans un monde de communication où dès lors que tu ouvres un compte Instagram, tu es un aventurier ou maintenant, les mecs, ils ont 128 followers, influenceurs. Est-ce que vous pouvez m'envoyer des produits
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais. Le nombre de tes followers, ça doit être ta famille et tes amis. Donc, voilà. Mais tu vois, la vie, en fait, je pense... que pour avoir confiance en soi, c'est un mix de ton éducation, de ce que tu as fait, de ta personnalité aussi, de ton entourage, de plein de choses, mais avant tout, faire des trucs, quoi, tu vois, faire des trucs, et pas, tu peux te mentir, mais il ne faut pas se mentir trop longtemps, tu vois, sur ton bonheur, sur tes priorités, ce que tu fais, parce qu'il ne faut pas se mentir, les gens qui réussissent, il n'y a pas trop de secret, quoi, même si on peut discuter sur les gens, il n'y a pas de hasard. Dans la chanson d'Orelsan, si c'était si facile, tout le monde le ferait. Si c'était si facile de réussir, tout le monde le ferait. Et quoi que tu fasses, tu parlais de ta carrière de judoka, si c'était si facile d'être fort en judo, d'être en équipe de France de judo, je pense que tout le monde le ferait. Si c'était si facile d'avoir le maillot jaune du Tour de France, d'être un entrepreneur à succès, de monter un podcast, et rien qui est facile en
SPEAKER_01fait dans la vie c'est clair c'est un combat de tous les instants mais bon bien souvent et ce que je trouve chouette tu vois surtout enfin avec ton parcours pour le moment qui est bien loin d'être fini j'en suis sûr mais avec ton parcours pour le moment ce que je trouve chouette c'est que bah c'est un combat mais voilà ce que tu nous as partagé moi ça me fait dire c'est un combat qui clairement en vaut la peine quoi tu vois c'est on parle de comment est-ce que t'as grandi de rencontres fabuleuses qui ont changé ta vie donc euh Ouais,
SPEAKER_00moi, je trouve que c'est un beau combat. Ouais, tu vois, tu parlais de l'Himalaya. Ce qui me remettait à ma place et ce qui m'a fait évoluer aussi, c'est de voir des mecs qui... C'est caricature, ce que je vais raconter, mais un mec qui porte sa maison sur son dos, qui porte tous les jours entre 30 et 70 kilos. Tu vois des mecs avec des planches de bois ou j'ai vu des femmes avec des poteaux électriques. Je pense que les poteaux, ils faisaient pas loin de 100 kilos chacun. Et être emballé des poteaux électriques... faisait 50 kilomètres et quand toi t'as ton vélo sur le dos bah tu peux juste te taire quoi tu peux juste ne rien dire parce que tu clignes des yeux tu la revois avec son poteau tu crois pas que c'est vrai quoi et en fait elle c'est juste pour gagner 20 euros en gros donc toi tu peux raconter que t'es sur France Télévisions ou machin truc elle elle en a rien à foutre ce qu'elle veut c'est ramener son poteau aller peut-être en chercher un autre et ainsi de suite ou les mecs ils portent un frigo ou autre chose et là tu dis ok voilà j'accepte c'est ça la leçon il y a des gens qui sont plus forts que toi il y en aura toujours qui seront plus forts ou moins forts mais l'important c'est pas de te renier et c'est de faire des trucs quoi et de raconter après transmettre des trucs je dis toujours aventure et transmission mais ouais c'est cool de pouvoir raconter des choses c'est de raconter des histoires quoi mais des vraies histoires Sinon, c'est des
SPEAKER_01romanesques. En parlant d'histoire, qu'est-ce qui se profile pour toi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je pense que pour les gens, c'est assez clair quand tu te fixes des objectifs. En tout cas, ce que tu nous racontes sur l'Himalaya, c'était carrément un truc d'envergure. D'ailleurs, petite parenthèse, tu as mis combien de temps pour faire ces 5000 kilomètres
UNKNOWN?
SPEAKER_00L'Himalaya, c'était 2000 kilomètres, 90 000 mètres. C'était 2000
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, c'était 2000 kilomètres. Paris-Dakar, c'était 5620 kilomètres. C'était ça, 5000 mètres. L'Himalaya, j'ai mis 51 jours. J'avais projeté 60 jours et j'ai mis 51 jours. En moyenne, normalement, les gens, ils mettent entre 100 et 120 jours à pied. Et normalement, quand on t'envoie un programme de base du Great Himalaya Trail, c'est 170 jours, normalement, à pied. Souvent, les gens, ils te projettent sur un ou deux ans et voilà, comme ça, ils ne ratent pas une demi-année de leur vie, mais... c'est un gros truc comme tu parles d'initiation c'est un vrai truc initiatique le Great Himalaya Trail en gros c'est un GR20 tu vois c'est un GR20 tous les 2, 3, 4 jours on va dire et tu multiplies ça par le nombre de kilomètres en gros c'est entre 10 et 20 GR20 mais beaucoup plus haut et avec moins de possibilités de dormir de manger et puis
SPEAKER_01puis
SPEAKER_00des conditions climatiques qui sont quand même assez difficiles au-dessus de 3-4 000 mètres ça commence et puis après au-dessus de 4-5 000 tu sais que ça va être chaud quoi surtout c'est long alors tu peux pas partir aux périodes les plus commerciales on va dire c'est-à-dire mars, avril, mai, juin moi j'ai essayé de partir sur ces périodes mais mars tout était fermé à Kanchenjunga il y avait deux touristes sur toute la trace tout était fermé il y a une fois on a dû casser une serrure d'un truc parce que sinon on était à la rue et on a eu une grosse tempête de neige dans le Chengjunga c'est le troisième sommet du monde et on devait aller au camp de base c'est le vrai départ du Great Himalaya Trail et on a pété une serrure et ouais c'est le game
SPEAKER_01j'allais te demander justement qu'est-ce qui a été sur cette aventure avant qu'on passe à la Namibie qu'est-ce qui a été le plus challengeant pour toi parce qu'effectivement il y en a des paramètres complexes la durée, l'autonomie, le vélo pas forcément adapté, l'altitude c'est loin d'être tout bête mais à 4000 tu ne respires pas comme à Cannes donc c'est quoi le plus compliqué à gérer pour
SPEAKER_00toi
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est difficile à dire. C'est un mix entre l'alimentation, le manque d'oxygène, le manque de tes proches, le manque de vie des fois tu vois de juste où tu dois te concentrer uniquement sur quelque chose que tu le sais très bien va être très très dur et le volume quoi le volume parce que tu peux pas aller excessivement vite même si on allait très très très vite comparé au on va dire au grand public tu vois le trekking de Kanchenjunga les gens je sais pas combien ils mettent de jours mais ils mettent peut-être autour de 15-20 jours et nous on l'a rentré en 5-6 jours tu vois et Et ça, tu multiplies par nombre de régions. Ouais, c'est comme si tu faisais le camp de base de l'Everest ou les Annapurna en 3 jours, quoi, tu vois. En gros, c'est ça. C'est faire Greti Malayatrel en 51 jours, c'est à peu près ça. En gros, tu te fais une région en 3-4 jours. Ouais, pour être... un peu large sur la fin parce que la fin je pensais qu'elle serait moins dure parce que c'était moins haut mais il faisait plus chaud en fait moins t'es haut plus il fait chaud plus tu vas vers l'est plus tu vas vers l'ouest par contre pardon plus il fait chaud plus tu vas vers le sud plus il fait chaud chaud jusqu'à on a eu 35 degrés et 70% d'humidité tu vois c'était Hong Kong quoi On était à 800 mètres. Et tout ça, quoi. En fait, c'est les changements de température, les changements d'altitude, les changements de climat, de terrain. Et tout ça à gérer la bouffe et tout le reste, quoi. Tout le reste, c'est... Ouais, c'est... C'est ça que j'appelle expédition ou aventure. C'est-à-dire que tu t'aventures vraiment, tu vas chercher loin, quoi.
UNKNOWNOuais.
SPEAKER_01Et en quoi est-ce que tu as adapté tes expéditions à venir par rapport à ce que tu as appris sur l'Himalaya
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, quand je traverse l'Himalaya, j'avais dans la tête d'avoir ce rêve idéaliste de traverser le pays qui a changé ma vie. Et en revenant, je me suis dit maintenant que tu as compris que... la montagne était plus forte que toi, et que c'était tellement beau de voir les gens évoluer aussi avec moi, parce que j'ai eu beaucoup de gens qui ont suivi, et me voir évoluer, voir les gens évoluer, je me suis dit, il faut que je fasse un projet qui dépasse tout ce que je peux imaginer, et comment rendre hommage à la planète en gros, parce qu'on est tous habitants de la planète, je pourrais rendre hommage à l'humain, je l'ai fait dans l'Himalaya, je l'ai fait un peu partout, sur d'autres expéditions, mais qu'est-ce qui peut rendre hommage à au territoire sur lequel on est. Et je me suis dit, pourquoi ne pas traverser les six déserts, qui sont des zones donc pas forcément très habitées, très hostiles, pour montrer ce que c'est le dérèglement climatique, ce que c'est l'adaptation du corps à la chaleur, ce que c'est qu'un cycliste qui traverse des univers qui ne sont pas du tout faits pour un cycliste, comme l'Arctique, l'Antarctique, le désert d'Atacama, le désert de Gobi, et un gradient de température de moins 78 jusqu'à plus 75, je crois, a été enregistré déjà dans le Gobi. Traverser le désert de Namibie, le plus vieux désert du monde, traverser le désert de Simpson en Australie, qui est un des plus durs du monde, parce que là, c'est vraiment chaud. Le terrain est très compliqué. En gros, c'est ça. C'est en quoi tout ça peut... peut montrer la dimension de l'homme et la beauté de la planète parce que c'est des univers qu'il me faut rêver depuis tout petit, les déserts. En faisant Paris-Dakar en vélo, qui était l'introduction de ce projet, je m'en suis rendu compte. C'était pour moi aussi fort que l'Himalaya. Après, l'expédition était un peu moins longue, la difficulté peut-être un peu moindre parce que partir 70 jours, 80 jours de chez toi et partir 20 jours, ce n'est pas pareil. mais ouais ouais quand j'étais dans le Sahara t'es sur la lune quoi et ces moments uniques d'extase et de plaisir intense montrer ces univers avec un vélo qui traverse ce truc moi je suis qu'un prétexte à tout ça c'est cool ce que je fais c'est beau c'est marrant ça fait rire les gens parfois parce que j'essaie de mettre toujours un peu de rigolade dans mes conneries mais ouais quand je vois des enfants qui prennent ces projets sur le dérèglement climatique pour parler du réchauffement climatique du dérèglement du climat de protection de la planète du plastique de la surconsommation etc des populations qui migrent bah ouais ça me touche ça me touche parce que c'est une porte d'entrée c'est une porte d'entrée pour le reste c'est une porte d'entrée pour pour rentrer des valeurs qui sont plus grandes que moi et puis c'est beau je trouve ça beau par le vélo
SPEAKER_01par le simple truc du vélo ouais c'est quelque chose que j'entends souvent sur le podcast d'Arnaud Ultra Talk euh il invite souvent des gens qui ont fait des longs périples tu vois qui passent par des pays qu'on décrit souvent comme des pays hyper dangereux il faut pas mettre les pieds comme l'Iran et qui bien souvent pour les gens qui y sont allés sont peut-être parmi les plus beaux pays qu'ils aient fait mais il y a une espèce de fascination apparemment parce que j'ai jamais eu la chance de vivre ça mais il y a une espèce de fascination visiblement pour les gens qui voyagent à vélo alors je sais pas si c'est quelque chose que toi t'as déjà vu dans tes
SPEAKER_00périples ouais bah je pense que je suis un des premiers ou c'est pas le premier à faire rouler des moines tibétains dans l'Himalaya qui n'avaient jamais vu un vélo et des Maasai en Tanzanie tu vois donc ouais moi j'adore ça je ne fais que du vélo pour ça pour vivre ces moments d'exception qui font que que ma vie est dense et intense et des moments de transmission de se dire putain on a partagé un truc quoi et en Tanzanie je voulais plus partir quoi pour moi j'ai J'étais devenu un Maasai et j'avais envie d'être un Maasai. Et quand j'étais auprès du monastère de l'eau où je fais rouler des moines tibétains qui ne rêvent que d'un truc, c'est d'être moine, j'avais envie de rester avec eux. En fait, j'adore expérimenter dans la vie et eux, ils avaient envie d'expérimenter mon vélo.
UNKNOWNDonc...
SPEAKER_00Ouais, j'adore ça. Et puis, le vélo, c'est une porte d'entrée vers... Je pense que c'est possible aussi en voiture, en moto, mais tu vois, t'as toujours ce truc de casque qui te ferme des gens, quoi. Tu vois, le regard... En vélo, t'es à moitié à poil aussi, tu vois. T'as un t-shirt, t'as un short, tu sers un maillot, t'es... Les gens, ils te regardent, ils disent, mais le gars, il peut pas me faire de mal. De toute façon, il me fait du mal. Je prends un bâton, je lui tape dessus, il est par terre, donc il est faible. Mais... Ouais, c'est ça. Le vélo, c'est une porte d'entrée vers un truc qui est fort. Moi, je trouve ça super puissant d'arriver chez les gens, que ce soit dans le Sahara, dans l'Himalaya, où les gens, ils me regardaient. Ils me disent juste leur première question, tu viens d'où
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et quand je leur dis, j'arrive de Paris jusqu'à Dakar ou de tel endroit, ils ne savent même pas où c'est. Ils n'y croient pas. Ils me disent, non, ce n'est pas possible.
UNKNOWNJe dis ça, ça ne met qu'un jour.
SPEAKER_00Ouais, le vélo, c'est un outil puissant quand même de transmission, je trouve, tous les cas pour moi, parce que ça me donne du bonheur et du plaisir. Mais au-delà de ça, c'est un outil d'expression, je pense. C'est un outil de transport très avantageux, pas toujours dans l'Himalaya, mais sinon, ouais, c'est... C'est un joli truc
SPEAKER_01le vélo. C'est super intéressant parce que je ne l'avais jamais forcément vu comme ça. Mais c'est aussi pour ça que je voulais échanger avec toi parce que c'est assez évident quand on te suit que le vélo, c'est clairement un des piliers de ta vie et que tu transmets beaucoup avec ça. Je me rappelle, tu avais fait des stories ou des posts avec ce fameux moment où tu es dans le désert en Tanzanie et tu fais faire du vélo à des gens qui n'en avaient peut-être jamais vu avant. Oui. Je trouve ça juste super chouette. Super vecteur, comme tu dis. Peut-être pour passer sur une question un peu plus terre-à-terre, mais depuis que j'ai découvert le projet 666, je me pose la question. Comment tu fais pour gérer l'approvisionnement en eau quand tu es dans un désert comme celui de la
SPEAKER_00Namibie
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pour la Namibie, en fait, tout est relativement simple et en même temps très compliqué. C'est-à-dire que c'est comme dans toute chose que que tu veux réaliser dans la vie, tu connais les règles et après, il va falloir s'adapter. Et en gros, moi, les règles, je les connais, c'est-à-dire qu'il est possible que tous les 150-200 kilomètres, j'ai quelque chose ou un endroit, que ce soit un commerce, que ce soit une habitation, maximum tous les 200 km, voire 250, 300, mais c'est le maximum. J'aurai la possibilité d'avoir de l'eau. Et je sais qu'aujourd'hui, je suis capable de tenir entre 150 et 300 km sans avoir à recharger avec ce que j'ai dans mon vélo. C'est-à-dire, je vais avoir un camelback entre 3 et 5 litres, deux bidons d'un litre. Donc voilà. À Dakar, j'ai déjà fait avec deux litres.
UNKNOWNDonc voilà.
SPEAKER_01Ah
SPEAKER_00ouais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais, j'ai déjà fait 200 avec 2 litres. Et je n'ai pas tout fini en
SPEAKER_01plus. Oh la vache
UNKNOWN!
SPEAKER_01Ok. Mais parce qu'en termes de température, il fera
SPEAKER_00combien là
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pas énorme. Moins qu'à Dakar, je pense. Dakar, je suis monté jusqu'à 60 au soleil, 45 à l'ombre. Là, ouais, je ne sais pas, ça dépend. Je ne vais pas dire de conneries, mais ce que je sais, c'est qu'il va y avoir un grade de 0 à 40 degrés, quoi, en gros. OK, quand même. Donc, c'est chaud, mais après, ça dépend où t'es, ça dépend quelle vitesse tu vas aussi. C'est toujours pareil, si tu vas à 10 km heure ou si tu vas à 30, c'est pas pareil, les flux d'air. Donc, c'est un truc, c'est un compromis entre ce que tu... ce que tu es, la force que tu as et la vitesse à laquelle tu peux aller avec cette énergie. C'est... Ouais. le choix
SPEAKER_01du matériel pardon
SPEAKER_00excuse moi non mais c'est ça tu
SPEAKER_01m'as pas coupé le choix du matériel j'imagine qu'il est un peu crucial dans ce genre d'aventure est-ce que ton vélo il est spécialement conçu est-ce que tu as des pneus particuliers comment tu fais avec le
SPEAKER_00sable ouais moi j'ai un vélo en fait je veux pas de vélo exotique pour l'instant je reste sur ce que je connais donc je suis sponsorisé par une marque qui s'appelle Girs qui est une marque française et je garde presque le même vélo que j'ai d'habitude je pars en gravel ça sera 90% de piste voire 95% de brousse ou plus ou moins sableuse, sablonneuse de la piste plus ou moins dure il y aura quelques bouts de route pour faire des liaisons, mais c'est pas sûr partout. Et après, ça sera de la brousse, ça sera des endroits compliqués, du coup... les particularités c'est assez simple j'aurai des pneus de taille standard 42 mm pour l'instant je pars là dessus peut-être un peu plus si je sens que ça marche pas j'aurai toujours une paire en spare que je vais laisser sans doute à la capitale à Windhoek et si j'ai le moindre problème je les ferai acheminer ou je retournerai à la capitale pour revenir dans le désert je perdrai un ou deux jours mais ça fera partie du jeu mais pour l'instant je pars pas là dessus j'ai des roues carbone tu vois j'ai une dynamo à l'avant avec un port USB qui me permettra de recharger mes GPS, Garmin mon satellite mon mobile 2-3 devices que j'ai j'aurai un petit panneau solaire ultralight et après camelback, j'aurai tout mon cadre qui sera rempli d'eau Deux bidons sur la fourche, un prolongateur. Après, j'ai un groupe 13 vitesses monoplateau d'une marque italienne, Campagnolo, là. Et mes pochettes de bikepacking, Ristrap, ma selle en cuir française, selle idéale. Et voilà, quoi, des lumières avant-arrière. Et puis, voilà, ça roule. Après, les pneus, ouais, ma problématique, c'est l'usure.
UNKNOWNEt...
SPEAKER_00Ce qui me fait peur, c'est... Est-ce que c'est un
SPEAKER_01sol plutôt sableux ou un peu rocailleux, abrasif
UNKNOWN?
SPEAKER_00Les deux. Il va y avoir les deux. Il va y avoir des endroits où ça va être un peu pierrier. Ça va taper un peu. Il y a des endroits où ça va être plus sable, où il fait un peu de portance. Et... ce qui me fait flipper c'est l'usure en fait parce que je les ai testé ça fait déjà 3 ans que je roule avec la même marque mais l'usure elle est pas du tout la même je l'ai vu sur Paris-Dakar entre un sol qui est à 20°C ou à 15°C et un sol qui est à 45°C voire 60°C ou plus 80°C comme je l'ai vu dans le Middle East à Doha où j'ai roulé j'ai fait des tests de température il y avait 58°C au Garmin donc température de l'air et au sol il y avait plus de 80 degrés tu vois et là un train de pneus ça te fait 1000 bornes tu vois ça te fait 1000 bornes et c'est horrible parce que ton pneu il est ramolli il suce plus vite et puis s'il y a le moindre truc ça le découpe en deux et voilà et je serai en tubeless alors il y a ça aussi bon là les températures ça va pas être ce que j'imaginais c'est à dire plus de 60 degrés ça va être un peu moins du coup voilà je suis confiant mais sur d'eau de désert j'ai aussi ça c'est que le liquide tubeless il sèche à plus de 50°C et il n'y a pas beaucoup de marques qui sont capables de me dire que leur tubeless soit il gèle à moins 60°C ou moins 50°C ou soit ils ne font pas à 50°C c'est des trucs
SPEAKER_01cons mais ça fait partie du game et donc le poids total du vélo par
SPEAKER_00curiosité non chargé il va faire autour de 9 kilos et chargé il va faire autour de 20 kilos ouais oh punaise après quand il est lancé ça va mais quand tu vas 10 km avec un col de 20 bornes c'est
SPEAKER_01plus dur c'est clair oh la vache ok c'est impressionnant et donc tu prévois combien de temps pour la traversée complète du désert de Namibie
SPEAKER_00en fait ça va pas être uniquement la traversée du désert de Namib que je suis capable de faire je pense en 24 heures moi je vais faire un grand tour de Namibie avec au tout départ le désert de Namib qui va être autour de 1000 km je vais tout descendre de la capitale jusqu'à presque l'Afrique du Sud je vais tracer tout droit vers le Sud et après je vais tourner à gauche Fish River Canyon donc des endroits vraiment magnifiques deuxième plus grand canyon du monde et après je vais longer tout le Botswana Elephant Tideway enfin plein on l'appelle comme ça parce qu'il y a autour de 250 000 éléphants dans cette région et ça c'est un autre paramètre que je dois prendre en compte que j'ai jamais encore connu autant c'est les animaux quoi les animaux qui vont être omniprésents ça va être un nouveau stress pour moi une nouvelle manière d'appréhender les choses mais ça fait partie du jeu après où dormir, comment dormir comment gérer les choses comment gérer ta bouffe avant de dormir pour pas te faire bouffer par un lion parce que t'as laissé ton steak haché moi je mange pas de viande j'ai pas ces problèmes là mais si tu laisses une boîte de conserve à l'entrée de ta tente tu vas avoir des petits problèmes et ça je parle des gros animaux mais il y a des plus petits animaux qui sont aussi dangereux que ce soit des serpents etc
SPEAKER_01c'est plus du vélo c'est de la survie mêlée à de l'aventure c'est juste incroyable
SPEAKER_00pour moi c'est ça l'aventure après moi j'ai besoin que ça soit intense, que ça soit plein que ça soit riche mes projets que ça soit fort pour que ça me transporte parce que je sais que ça me transporte j'arriverai à emmener les gens avec moi et si ça me procure aucune émotion j'en aurai
SPEAKER_01rien à foutre alors est-ce que tu seras finalement un aventurier au retour du projet 666
SPEAKER_00ouais je pense que ça commence à le devenir au fur et à mesure de ma pratique, de ma réalisation mais ouais c'est pas évident alors des fois j'ai des coups de sang comme ça sur les gens qui se décrètent quelque chose parce que c'est les gens qui font de toi ce que tu es et c'est la vie qui fait de toi ce que tu es se décréter quelque chose si quand t'as un diplôme t'es machin ou quand tu prends un poste dans une boîte mais ce milieu des aventuriers tu vois dans le sport de haut niveau t'as pas ça soit t'es sur la liste des sportifs de haut niveau soit tu l'es pas mais me raconte pas que t'es ouais bah moi j'ai fait ça ouais mais pourquoi personne te connait en fait parce que je Je comprends, mais... Mais ouais, ouais. C'est pas se mentir et essayer de faire, quoi. Mais oui, je pense que je serais devenu un peu plus aventurier après un projet de... Ça fait 4200 kilomètres, ouais. Et il y a 26 000 de D+, de dénivelé positif. Mais bon, c'est anecdotique sur 4000 bornes.
SPEAKER_01En tout cas, les bornes, ça commence à faire. C'est que le prochain projet. J'imagine que tu en as déjà d'autres en tête pour la suite
UNKNOWN?
SPEAKER_00Après, il y a tous les autres déserts. Je l'espère un autre en fin d'année. novembre ou décembre j'aurais aimé j'aurais aimé financer l'Antarctique pour pouvoir enchaîner directement novembre avec la traversée de l'Antarctique en vélo ouais faire 1000 miles en Antarctique aller jusqu'au pôle sud en vélo et puis revenir quoi tu serais
SPEAKER_01le premier à faire ça
SPEAKER_00non
UNKNOWN?
SPEAKER_00il y en a qui ont à faire 1000 miles ouais je serais le premier mais il y en a déjà qui ont roulé en Antarctique
SPEAKER_01ouais il y en a déjà qui ont
SPEAKER_00fait je crois que le
SPEAKER_01maximum c'est 700 kilomètres je crois ouais oh la vache ok ouais donc 1000 miles ça fait quoi 1600 et quelques ouais ouais punaise ok et bah écoute peut-être dernière question l'objectif étant quand même qu'à travers le podcast bon tu nous fasses rêver évidemment ça c'est fait mais que si Si ça peut aider dans tes projets, le fait de diffuser tes aventures, c'est encore mieux. De quoi est-ce que tu as besoin en termes de financement, de sponsoring
UNKNOWN?
SPEAKER_01Comment est-ce que tu gères ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que c'est quand même des sacrées aventures
SPEAKER_00d'envergure. Mes partenaires, les gens qui croient en ce que je fais, qui croient en moi… ouais j'ai des partenaires privés j'ai des mécènes, j'ai des gens qui me suivent depuis un moment, d'autres qui arrivent et voilà quoi après l'argent il est pas forcément dans le sport et puis voilà quoi après c'est jamais facile puisque c'est un travail à part entière d'aller chercher des partenariats là je vais être incubé dans une dans une agence de talent là qui va qui va s'occuper de de tout ça pour moi enfin en partie et qui va essayer de me trouver des partenaires qui va aussi gérer une partie de ma médiatisation etc parce que parce que c'est dur de tout gérer en même temps et puis des fois c'est des fois c'est lourd quoi mais mais ouais ça fait partie
SPEAKER_01du game quoi cool bah écoute je mettrais je mettrais de façon les liens vers ton site etc tout ce qui va bien comme ça s'il y a des gens qui sont intéressés pour te suivre et pourquoi pas te te soutenir soutenir, comme ça, ce sera
SPEAKER_00fait. Ouais, c'est
SPEAKER_01gentil. Super, bah écoute, un grand merci Stéphane, on arrive déjà à la fin. Est-ce qu'il y a peut-être, toi, une dernière chose par rapport à tout ce sur quoi on a échangé
UNKNOWN?
SPEAKER_01Un dernier point, tu vois, la phrase du sage que tu aurais envie de partager
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, je dis toujours de jamais hésiter à aller au bout de ses rêves, que ce soit sur la traversée de l'Himalaya ou Dakar, c'est les choses qui me transportent, moi, les rêves en premier et n'hésitez jamais à les réaliser parce que ça va vous faire faire des choses que vous n'auriez jamais imaginées et vous allez vivre des choses incroyables sur le chemin du coup foncez les
SPEAKER_01amis bah écoute un grand merci on retiendra ça en tout cas tu nous l'as bien prouvé à travers le récit de ton parcours que j'ai trouvé super inspirant donc encore une fois un immense merci d'avoir pris le temps de venir partager tout ça avec nous juste avant le départ pour la Namibie et tout ce qui s'ensuit je te souhaite du coup tout le meilleur dans cette aventure et puis pourquoi pas à une prochaine fois pour nous raconter comment c'est fini le projet 666
SPEAKER_00ouais bah ouais j'espère très vite ouais moi c'est et c'est toujours difficile quand je pars en expé parce que déjà je pense évidemment à réussir mais je pense à survivre et puis ouais c'est pas évident mais je suis assez confiant
SPEAKER_01en tout cas assez déterminé visiblement donc écoute on croise les doigts pour toi et on va suivre tout ça avec beaucoup d'attention merci à toi merci Steven