SPEAKER_00

Alors, Caribou, c'est justement ce désir d'aller un peu à l'extérieur des sentiers qu'on connaît. J'ai l'envie des grands espaces, 650 km et 30 000 m de dénivelé posti. Et la particularité de ce sentier-là, il se situe dans une région qu'on appelle la Gaspésie. On parle d'espace, mais là, il y en a de l'espace.

UNKNOWN

Musique

SPEAKER_01

Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens, des forces spéciales leur point commun la passion pour leur projet et l'audace de se lancer alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine excellente écoute à vous les frapper Eh bien écoute, c'est

SPEAKER_00

parti. Bienvenue Anne.

SPEAKER_01

Merci, bonjour. Ravi de te recevoir sur le podcast, en direct du Québec d'ailleurs. Donc merci pour ta dispo en journée, c'est super sympa. Et tant qu'on est dans les présentations, un grand merci à Caroline Côté qu'on avait accueillie sur le podcast dans les premiers épisodes, qui m'a suggéré d'entrer en contact avec toi et donc c'est juste génial quand il y a des invités complètement frappés qui nous en recommandent d'autres encore plus frappés, c'est Moi, j'adore.

SPEAKER_00

C'est génial. On est pas mal frappés sur le même niveau, Caroline

SPEAKER_01

et moi, je pense. Mais bon, tu vas nous en dire plus. Écoute, peut-être qu'on peut commencer par ça. Qui est Anne Bouchard? Qu'est-ce que tu fais? Et quels sont tes grands projets à venir?

SPEAKER_00

Donc, voilà, je suis Anne. Et en fait, on pourrait me définir comme une ultramarathonienne. Je fais des parcours de longue distance trail. Et en fait, mon chemin est un petit peu plus traditionnel ou pas traditionnel. Ça dépend de quel côté on se place. Donc, traditionnel dans le sens que moi, j'ai suivi un parcours conservateur, aller à l'école, un petit peu voyager, puis construire une carrière. Et la maison, le chien, les enfants, le rêve américain, finalement. Et puis, j'ai découvert la course en sentier beaucoup plus tard dans ma vie. Alors, quand on se place du côté de la vie plus ordinaire j'ai un parcours conservateur alors que quand on se place du côté du trail running c'est un peu moins conforme parce que habituellement c'est le genre de balade ou de gig qu'on entreprend quand on est plus jeune en fait alors voilà et maintenant cette année on lance un grand projet avec tout le confinement et tous les courses qui ont été annulées alors mon entraîneur m'a fortement suggéré de me créer un projet. Et bon, moi, je fais partie de l'équipe canadienne de coureurs de North Face. Alors, j'ai parlé avec North Face et je n'ai pas réinventé la roue sur le parcours, mais j'ai pris un très, très grand parcours québécois. Et puis, on a parti le grand projet. On l'a appelé Caribou parce que c'est la terre des Caribous. C'est notre emblème du Canada. La sémantique du mot, j'aimais beaucoup la sémantique du mot. du mot par rapport à moi aussi. Et puis, donc, voilà le projet de cette année. Et Caroline Côté, l'autre frappée, dont tu as parlé au début. Alors, Caroline, en fait, est cinéaste d'aventure et je l'ai rejoint. Je l'ai rejoint, j'ai dit Caroline. Elle m'avait déjà filmée. On avait fait un documentaire québécois sur le trail running. Et elle m'avait filmée, en fait, quand j'étais allée courir en Europe sur la CCC, à Chamonix et en Italie. Et puis, donc, on se connaissait déjà un petit peu dans le tournage et puis j'avais dit peut-être que ça serait le fun en fait de faire un documentaire sur ce projet-là pour plein de raisons et puis ça tombait dans les dates où elle était de retour au Québec de ses expéditions elle aimait aussi le fondement du projet donc on a parti ça et on fait une super équipe

SPEAKER_01

on est à fond là-dedans Génial

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

Eh bien écoute, peut-être avant qu'on rentre dans le détail du projet Caribou j'ai trouvé très intéressant ta présentation ce que tu disais sur j'avais un peu l'impression c'est comme si tu avais les deux vies en parallèle tu vois la vie la construction de la carrière un peu classique enfin classique en tout cas le parcours un peu plus normé et puis l'autre de l'ultra marathonienne et traileuse qui sort un peu de l'ordinaire donc je trouverais ça intéressant peut-être que tu nous partages comment est-ce que tu en es venu à la course sur sentier

SPEAKER_00

Ça, je l'ai beaucoup dit au Québec. En fait, j'ai une grande enveloppe dans laquelle je ne crois pas trop en les rêves. Les rêves, je trouve que le concept du rêve, c'est intangible. C'est comme si tu places dans les rêves quelque chose que tu ne vas pas réaliser, que tu n'as pas l'intention de réaliser. Tu penses que ça va te tomber dessus comme de la magie. Alors que j'aime mieux vraiment avoir une enveloppe de projet. Donc là, c'est vraiment quelque chose que tu as envie de réaliser quelque part dans ta vie. Donc, j'ai une grande enveloppe et j'avais mis dans cette grande enveloppe de projet-là un article sur les marathons un peu plus exotiques. Et puis, j'avais été attirée un peu par ça, bien que je n'ai aucun passé expérience de sport d'endurance. J'ai toujours fait des sports techniques. Alors, je viens du patinage artistique. Et puis, ensuite, j'ai utilisé beaucoup la natation parce que j'ai été sauveteur pendant que je faisais mes études, donc sauveteur océanique et tout. Et puis, j'ai fait de l'escalade pendant 10 ans. Donc, on voit que c'est des sports très posés, très posture, très technique. Et puis, j'avais été attirée un peu par cet article-là. Donc, j'avais mis l'article dans ma grande enveloppe de projet. Et il y avait, entre autres, le marathon de l'Everest, en fait, l'ultra de l'Everest. Évidemment, comme je viens de l'escalade, je pense que c'est celui-là qui avait vraiment attiré mon attention.

UNKNOWN

Et

SPEAKER_00

Et puis, un moment donné, quand j'étais enceinte de ma petite-fille, ma deuxième grossesse, bon, j'avais vraiment envie de... Je savais que deux enfants, c'était assez pour moi. Puis, j'avais envie de commencer un truc un peu qui me sortait de la zone un petit peu classique, justement. Je m'ennuyais un peu de l'aventure. Donc, j'ai sorti cet article-là de mon enveloppe de projet. Et puis, je me suis mis à farfouiller sur le net. Et puis, évidemment, quand tu fais trail running, tu tombes sur UTMB et trucs comme ça. C'est le premier truc qui vient en top list dans Google Et puis, donc j'avais regardé la CCC. J'avais aucune idée dans quoi je m'embarquais. Il y avait des points, j'avais lu, bon, il y avait des points qualificatifs, trucs, machins. Nous, au Québec, on n'a pas ça encore. C'est pas organisé le trail du tout. Alors, je m'étais dit« Bon, ben, tu sais, quand je vais donner naissance à ma fille, je vais commencer à courir.

UNKNOWN

»

SPEAKER_00

Bon, mais les premières expériences ont été assez peu glorieuses. Tu sais, courir seulement trois petites séances par semaine parce qu'on allaite un enfant, on ne dort pas et on a toute la famille à gérer. En fait, c'était assez laborieux et puis j'ai pas mal souffert. Et je n'avais pas vraiment le temps d'embarquer dans un club ou de voir comment ça se faisait en fait le trail running

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

et puis après deux participations à deux courses qui ont été quand même assez difficiles je me suis dit si je veux arriver à la CCC il faut vraiment que je prenne le truc sérieux il faut que je m'y mette il faut que je construise un monde parallèle et c'est là que j'ai commencé à construire un monde parallèle sur le trail running

SPEAKER_01

tu peux nous rappeler la CCC le nom me parle parce que je sais que c'est une des épreuves un peu mythique de du paquet du TMB mais c'est quoi les distances et le dénivelé sur la CCC

SPEAKER_00

donc la CCC c'est 100 km avec 6000 mètres de dénivelé wow Et ça part à Courmeillard en Italie. C'est Courmeillard, Champex, Chamonix, en fait, les trois. Ah, voilà, c'est ça. Et puis, en fait, quand j'ai réalisé le truc, j'avais vraiment du travail à faire. Je ne me suis pas inscrite à la CCC tout de suite. En fait, ça a quand même pris quatre ans avant que j'y arrive.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_01

Wow. Et ces quatre ans, c'était parce qu'il te fallait les fameux points ITRA dont tu parlais ou c'est aussi toi, tu ne te sentais pas encore prête en termes d'expérience, de volume engrangé?

SPEAKER_00

Oui, effectivement. Et puis, à un moment donné, je me suis rendue compte, tu sais, je voulais construire comme je m'entraînais un petit peu moins que les gens. Ce n'était pas que la normale, si tu veux, parce que j'avais un tas de trucs parallèles à faire. Et moi, je n'ai pas de famille proche pour les enfants qui pouvaient, tu sais... me soutenir là-dedans. Donc, c'était vraiment, j'y allais tranquillement, augmenter le volume. Tu sais, je n'avais pas une scieuse de fond qui se mettait au trail running. Tu comprends, j'arrivais de nulle part. Donc, il y avait beaucoup à construire. Donc, j'ai construit des saisons, une saison sur des 65 kilomètres. Ensuite, l'année d'après, c'était des 80 kilomètres. Et puis, quand je suis arrivée là où j'avais tous les points et peut-être l'expérience pour aller à la CCC, en fait, j'ai choisi de faire d'autres choses là. d'autres courses qui m'ont plus interpellée comme au Colorado la Trans Rockies qu'on appelle donc une course à étapes de 6 jours avec 200 kilomètres qui se fait à 3000 mètres d'altitude constante donc j'ai été interpellée par ces défis-là un petit peu plus et puis en fait je me suis mise à gagner les courses en fait en Amérique donc aussi on se laisse un peu embarquer dans dans ce truc-là, de dire, bien, c'est chez moi, c'est mes trails, je suis bien dans mes pantoufles, c'est mes parcours. Et puis, à la fin, en fait, de 2015, quand j'ai gagné une belle course ici, dans ma ville, à Bromont, dans les montagnes, et là, c'est là que je me suis dit, bon, là, on y va à la CCC, je m'inscris, mais c'est pas toujours évident parce que la loterie et tout, mais je suis passée tout de suite sur la loterie, j'ai embarqué. Donc, c'était le défi de l'année

SPEAKER_01

d'après excellent oui parce que ça c'est vrai que c'est devenu alors je ne suis pas un expert de l'histoire du trail running en Europe en tout cas mais de ce que j'avais cru comprendre c'est que c'était devenu une discipline très populaire et que du coup il y a des courses qui ont décidé en tout cas des licences comme l'UTMB qui est une licence qui est une marque qui ont décidé de limiter les places et donc il y a un système de loterie dont tu viens de parler donc ouais c'est clair que c'est un facteur en plus à prendre en compte parce que tu peux être super prêt pour une année et pour autant, pas avoir ta place.

SPEAKER_00

Absolument, c'est des courses très prisées et puis du coup, tu sais, nous, c'est pas à porter, c'est loin en fait, y aller, c'est un grand projet, c'est pas l'histoire d'un week-end où t'embarques dans ta bagnole et puis t'es conduit vers Chamonix, tu sais, il y a les billets d'avion, les hôtels, les trucs, donc le coût de la course est énormissime en fait pour les gens qui, surtout quand quand tu trimballes la famille et tout. Donc, c'est un grand projet. Et puis, ces courses-là, bon, maintenant, tu vois, avant le COVID, j'en avais cinq ou six internationales, mais avant, j'en faisais seulement une ou deux par année, en fait.

SPEAKER_01

J'ai plein de questions. Peut-être une question comme tu viens de parler de la logistique. Si je ne me trompe pas, tu es une athlète avec des performances remarquables, mais ce n'est pas ton métier, ce n'est pas ta profession. En plus, je crois que tu as un poste à responsabilité dans ton

SPEAKER_00

entreprise. Oui, en fait, je suis directrice en fiscalité internationale et je suis en charge de toutes les fusions, acquisitions, tout le de développement mondial. Tu vois, présentement, je travaille sur des projets d'acquisition au Pérou, au Chili, aux États-Unis et du développement aussi canadien et on a beaucoup de parcs éoliens en France aussi. Bon, la France, c'est un territoire que je connais un peu moins, mais j'apprends tranquillement à le connaître pour le développer. Donc, c'est certain que je tire les ficelles avec tout le légal, toute la trésorerie, la fiscalité des grands pays et je me rapporte à

SPEAKER_01

la haute direction

SPEAKER_00

j'ai ouais c'est on est désarmé à travailler sur ces projets

SPEAKER_01

de croissance là c'est beaucoup d'heures en fait bah ouais mais du coup ça allait être mon autre question comment est-ce que alors tu l'as dit t'as utilisé 4 années avant de te sentir prête et armée pour la CCC donc j'imagine bien que c'est pas arrivé tu vois du jour au lendemain mais comment t'as réussi à mettre en place cette organisation pour à la fois être une athlète sur du long et le long c'est 100 km, ça ne se fait pas en une heure. J'imagine qu'en termes de volume d'entraînement, c'est intense aussi. Comment tu as fait pour arriver à lier les deux avec deux enfants, pas grand monde pour t'aider à proximité

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est

SPEAKER_00

impressionnant. En fait, je vois ça sur deux. Je suis vraiment une grande fan du mot« efficience».

SPEAKER_01

Pour

SPEAKER_00

moi, efficience, mais je vais le compléter, efficience organisationnelle. Pour moi, tout est un processus. Pas juste un processus au travail. Une journée, c'est un processus. La journée doit être efficiente. Il y a des choses à faire et je suis complètement focus sur la façon d'enchaîner tout ce que j'ai à faire dans une journée pour que ça soit le plus efficient possible. Bon, des fois, je me plante. Mais c'est vraiment, j'essaie, mon cerveau Il fonctionne toujours comme ça. Donc, évidemment, quand je suis arrivée un petit peu au niveau des 80 kilomètres, les 50 miles que nous, les Américains, on mentionne amoureusement sur le miles, en fait, j'ai réussi à caner les heures d'entraînement beaucoup le matin. Donc, moi, comme je ne dormais pas beaucoup, mes enfants sont des merveilleux enfants. Par contre, ils ne dorment pas. Et je ne dors, mais la pomme ne tombe pas vraiment. vraiment loin de l'arbre. Moi non plus, je ne dors pas. Donc, comme il ne dorme pas, à 4h du matin, j'en avais tellement marre de jouer au lit musical dans la maison, que je mettais mes souliers de course et je sortais de la maison juste pour aller m'aérer l'esprit. Et du coup, c'est là que j'ai compris que c'est là que ça se passait. Le temps d'entraînement, il était là le matin au lever du soleil. Et comme dans ce temps-là, j'habitais en ville, j'habitais sur mon Mais à Montréal, on a une très petite montagne toute petite. Ça s'appelle le Mont-Royal. Et puis, j'ai utilisé ce Mont-Royal-là vraiment, vraiment, vraiment pour m'entraîner. Et puis, je revenais à la maison vers 7 h. Et puis, à 7 h, je m'occupais des enfants, les boîtes à lunch. Parce que nous, au Québec, il n'y a pas la cantine. Les enfants ne mangent pas dans une cantine. Et puis, pour moi, j'aime mieux préparer des petites boîtes avec ce que je mets dedans, que je peux contrôler la qualité et tout. Donc, je préparais les boîtes à lunch. enfants, j'allais les reconduire à l'école, j'allais travailler, mais toutes mes activités quotidiennes étaient dans un rayon très, très restreint. Donc, encore là, notion d'efficience, tu vois, je n'habitais pas à l'extérieur de la ville, je venais travailler en ville, donc pour moi, c'était 10 minutes de déplacement, aller travailler, les enfants, c'était 2 minutes de déplacement, aller les conduire à l'école, donc tout était très, très condensé, très efficient, et évidemment, je ne suis pas regarde pas la télé, je suis toujours en retard sur les médias sociaux, je fais pas, ben, un petit peu plus maintenant, je comprends l'impact, mais pas de Facebook, Instagram, c'est nouveau pour moi. Donc, tu vois, je perds pas, en fait, de minutes de ma journée où, c'est même pas de les perdre, je ne les ai pas, ces minutes-là, à investir. Donc, c'est comme ça qu'on coupe un peu, tu sais, j'ai pas d'attachement à des séries télé ou des trucs qui font pas en sorte que j'atteins mon résultat, mon objectif.

SPEAKER_01

Voilà. Ok. Punaise. non mais c'est fou parce que tu sais c'est alors je pense que je suis plutôt quelqu'un d'organisé aussi mais je me rends compte que dans la durée c'est difficile à tenir tu vois oui absolument c'est le challenge en fait créer son plan créer sa structure c'est une chose mais arriver à le tenir dans la durée sur plusieurs années comme tu le fais toi c'est un peu le challenge donc comment qu'est-ce qui fait que tu penses t'arrives à rester aussi efficiente et organisée avec tes processus

SPEAKER_00

En fait, une fois que ton processus, il fonctionne, parce que des fois, on dit, je vais faire tel truc dans telle séquence, ça ne fonctionne pas, tu te plantes, tu recommences. Mais une fois que, par exemple, justement, la séquence de la journée que je disais, 4 heures d'entraînement, 7 heures, les boîtes à lunch, reconduire les enfants, aller à l'école, travailler, revenir et tout. Une fois que la séquence fonctionne, mais tu n'as plus aucune énergie mentale à lui accorder, est-ce que vous avez à lire Michael Phelps le grand agent américain a écrit un livre« The Power of Habits» Donc, le pouvoir des habitudes. Et puis, plus qu'on les ancre, tous ces gestes-là, ils deviennent tellement programmés qu'on ne perd plus d'énergie mentale et mécanique. Ça s'enchaîne. Donc, pour moi, ça me donne plus d'énergie à passer à d'autres choses comme l'entraînement ou avoir plus de moments pour les enfants. On pense que c'est un grand fardeau d'appliquer cette discipline-là, mais au contraire, Quand on arrive à passer le cap de faire un effort de discipline, mais ce n'est plus un effort de discipline, c'est vraiment une mécanique, c'est un engrenage inconscient. C'est quand même un couteau à deux tranchants, j'explique. Ce que j'ai vécu il y a deux ans, c'est que les défis deviennent toujours plus gros et puis les enfants grandissent aussi. Donc, ce que j'ai vu dans ma vie depuis deux ans, c'est que moi, mes défis de course sont toujours plus grands. J'ai des enfants qui grandissent avec des besoins un peu plus élaborés. Et mes enfants, évidemment, ils font plein d'activités aussi. On est des taxis, nous. Donc, c'est à droite, à gauche, chronométrie, je t'attends 30 minutes, je te ramène, je vais conduire l'autre. Et puis, donc, eux, plus grand défi pour eux et mon travail depuis 2-3 ans c'est aussi plus gros parce qu'on est en grande croissance donc ce que j'ai vécu c'est une surcharge cognitive où là ça dépasse vraiment l'entendement comment je suis stimulée incroyablement, c'est Messenger, Facebook, Instagram, Teams, Google, ça vient, ça fuse les courriels de toutes parts. Et puis souvent, j'arrive à mes événements sportifs un peu fatiguée mentalement. Et le corps est là, le corps est affûté, mais mentalement, je suis fatiguée d'avoir géré tout ce que j'avais à faire pour me rendre à ma course. Et là, je suis très... de régulariser le avant pour lâcher prise

SPEAKER_01

un peu sur des trucs avant et arriver un petit peu plus fresh, si je peux m'exprimer ainsi. En tout cas, c'est sûr que vu le nombre de sollicitations et l'envergure de tes projets, ça semble intense à gérer. Alors, merci de nous avoir un petit peu expliqué justement l'organisation que tu mets en place. Peut-être pour entrer dans le détail et pour finir là-dessus sur la partie logistique, mais une semaine type quant à, par exemple, quand tu devais préparer la CCC ou pour ce fameux projet Caribou dont tu vas nous parler, à quoi est-ce que ça ressemble en termes de volume, en termes d'organisation?

SPEAKER_00

Bon, je ne prendrais pas la CCC parce que finalement, à la CCC, je suis allée, ça a bien été, mais la préparation n'était pas type pour la CCC. On pourrait prendre l'exemple de l'UTMB parce que j'y suis retournée sur l'UTMB après. Et là, par contre, pour Caribou, c'est vraiment une belle préparation et j'implore l'univers de conserver les bonnes étoiles à mon égard. Je touche du bois, comme on dit. En fait, on a fait un gros build-up de volume avec des belles séances d'intensité. Donc, avant, je pouvais m'entraîner 10-12 heures par semaine et depuis, pour Caribou, c'est plus 15-14-15-11 Là, je vois une grosse augmentation au niveau des week-ends. C'est des 6 heures, des entraînements de 6 heures. Bon, c'est quand même assez long. Je conserve, comme je suis déménagée à la montagne, j'ai changé un peu la séquence dans le sens que, comme je suis en forêt, je ne peux pas aller courir quand je n'ai pas le soleil parce que je suis dans la forêt et puis c'est un petit peu moins agréable de courir à la frontale, à la lampe frontale. Donc, ce que je fais, je me lève toujours à 4 heures, je travaille un peu Et je lance mes courriels. C'est comme si c'était réveil matin pour tous les gens qui travaillent sur mes projets. Et puis, ensuite, je vais faire mon entraînement. Et puis, comme on a séparé maintenant, tu vois, mon mari fait le matin. Il s'occupe des enfants le matin et moi, je m'occupe des enfants le soir. Donc, je n'ai pas à me soucier de revenir pour 7 heures, faire des boîtes à lunch ou faire le taxi. C'est lui qui s'en occupe. Alors, je faire mon entraînement, je reviens, puis là, je retravaille pour le reste. Et là, les week-ends, par contre, c'est vraiment long, c'est des longs entraînements. Et la semaine, je fais beaucoup de musculation, de préparation physique, mais c'est chez moi. J'ai converti tout le garage, en fait, en gym. Donc, c'est évidemment hyper simple. Je fais mes séances de musculation chez moi. Mais le week-end, et comme j'habite maintenant la montagne, le week-end, je vais dans mes montagnes proche de chez moi, mais c'est... Donc, ça m'évite, en fait, tu vois, avant, faire un entraînement de 3 heures le week-end, bien, ça prenait 5 ou 6 heures. Oui. Parce qu'au Québec, pour aller à la montagne, c'est long. On est dans des grands espaces, ici. C'est caribou, ici. C'est les grands espaces. Donc, maintenant que j'habite à la montagne, si j'ai un entraînement de 3 heures, ça prend 3

SPEAKER_01

heures.

SPEAKER_00

Oui. Mais si j'en ai 6, bon, là, je me déplace un peu, ça dépend où je vais, mais, tu sais, En fin de semaine, j'ai quand même 11 heures d'entraînement à faire juste ce week-end. Donc, je vais faire un peu de voiture pour me changer les idées. Je vais essayer de visiter des petites montagnes, mais je vais commencer quand même tôt parce que si je commence trop tard, je ne verrai pas mes enfants. Ouais, non. Donc, c'est un peu le sacrifice de faire ces longs entraînements, ouais. Wow! Alors, voilà.

SPEAKER_01

Et c'est des entraînements que tu fais seule la plupart du temps ou tu es accompagnée...

SPEAKER_00

Souvent seule parce que j'ai peu de patience. Justement, mon organisation est assez rigide si je veux arriver à mon objectif. Et là, quand tu essaies de coordonner ta logistique à toi, ta réalité à toi avec celle des autres, ben, tu sais, moi, je ne peux pas à 8h, je vais aller à 8h30...« Ah, moi, j'ai les enfants.» Je manque totalement de patience pour gérer l'horaire des autres. Donc oui, la plupart du temps, je suis seule dans mes entraînements. Mais c'est un peu dommage parce que quand j'arrive à me joindre à d'autres, souvent, je fais des meilleurs entraînements, je me sors de ma zone de confort. Parce qu'on ne s'en rend peut-être pas nécessairement compte, mais toujours courir seule, en fait, je cours dans mon rythme. Ça peut être un peu... un peu moins

SPEAKER_01

stimulant parfois ouais t'as moins cette émulation mais d'un autre côté ouais je comprends que si avec tes organisations au millimètre si tu dois en plus gérer tu vois coordonner avec d'autres personnes qui ont leurs propres contraintes tu parlais de charge mentale un petit peu c'est ouais j'imagine que ça devient un peu trop compliqué à gérer

SPEAKER_00

ben puis du coup tu sais tu vois j'aime tellement l'organisation que quand quelqu'un m'arrive avec son truc ben j'essaie d'organiser son truc mais Encore une

SPEAKER_01

fois, ce n'est pas à moi d'organiser la vie des autres,

SPEAKER_00

mais

SPEAKER_01

j'apprends, j'apprends. La sagesse va arriver à coller. Excellent. Super. Écoute, merci pour ce point organisation. En tout cas, c'est super impressionnant, mais tu vois, il y a quelques tips. Je pense que c'est très vrai ce que tu as dit sur le fait qu'on a tendance à voir l'organisation comme quelque chose qui demande des capacités, qui prend de l'espace mental, alors qu'en réalité, une fois que c'est en plein, ça en libère beaucoup donc je trouve que c'était très intéressant peut-être pour revenir sur tes débuts en trail parce que tu nous as dit avec beaucoup d'humilité que tu as commencé à gagner des courses et voilà ça a l'air de s'être fait assez naturellement mais pour quelqu'un comme tu le disais qui a commencé sur le tard la course qu'est-ce qui a fait la différence tu penses dans ton

SPEAKER_00

cas

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

aucune idée en fait ma première caractéristique de co que j'ai, c'est peut-être l'endurance. Et c'est ce que j'ai développé au début avec la personne qui me guidait dans mes courses. C'était... C'était une personne qui avait une philosophie, petit train va loin, qui est totalement vraie et à laquelle j'adhère encore aujourd'hui. Donc, pas trop d'entraînement, toujours au même rythme, endurance fondamentale. Donc, j'ai développé un peu ce truc d'endurer, toujours au même rythme, mais d'endurer. et après en fait euh Du coup, quand tu es sur des plus petites distances, ça ne fait pas tant la différence. Mais quand tu te mets à augmenter les distances, elle ne veut pas. Cette caractéristique de course-là fait la différence. Si les kilomètres, tu les cours, bien que tu ne les cours pas nécessairement rapidement, tous les kilomètres courus sont plus rapides que des kilomètres marchés. Dans les longues distances, je pense que c'est le ratio course-marche qui fait une grande différence. Donc, Donc, c'est peut-être ça qui a fait que je me suis mise un petit peu à monter sur les podiums. Mais c'est clair qu'à un moment donné, j'étais vraiment défiée par la vitesse, en fait. parce que c'était un plateau, j'étais sur un plateau et si je voulais, mon objectif, encore une fois, dans cet esprit d'efficience-là, je me suis dit, je veux que courir 80 kilomètres ou 100 kilomètres ou même 160, parce que quand je suis arrivée sur les 100 miles, les 160, c'est là que je me suis mis vraiment à analyser le truc. Je me suis dit, je ne veux plus que ça fasse mal. Je ne veux plus être dans l'effort. Il faut que ça devienne plus naturel. Mais la seule façon Si tu cours toujours au même rythme et que tu marches toujours les montées, tu vas toujours faire la même chose. Il faut en entraînement être capable d'aller dépasser ses limites pour que justement le rythme, ce merveilleux petit rythme du bonheur que j'appelle, que tu utilises en course, devienne hyper facile et... Et voilà, donc j'avais envie d'aller un peu plus loin et de par ma participation justement à la CCC et à l'UTMB, deux ans après, je me suis vite rendu compte que nous, on n'avait pas le travail de déniveler en fait. Il y avait des choses qui manquaient dans les entraînements ici. Et je me suis mis à chercher cette connaissance-là, mais je ne l'ai pas trouvée, en fait. Et mon entraîneur, c'est un Français. Il est chez vous.

SPEAKER_01

Alors, j'ai plutôt trouvé l'entraîneur qui venait avec le terrain. Oui, parce que je... Alors, moi, quand je vivais au Canada, j'étais à Montréal. Donc, c'est vrai que toute la région, toute de Montréal, tu vois, jusqu'à Québec, en fait, c'est plat. C'est plat. Donc, toi, là où tu habites, c'est la même chose ou tu as quand même un peu de... de

SPEAKER_00

dénivelé maintenant? Bon, maintenant, moi, je suis déménagée dans une région qu'on appelle l'Estrie. Donc, peut-être que ça te dit quelque chose. C'est sur la rive sud de Montréal, environ à une heure. Donc, c'est une région qui commence, et c'est très proche des lignes américaines, de la frontière américaine. Et là, on a des montagnes. Là, il y a plusieurs montagnes. Et malheureusement, là, on ne peut pas, dû au COVID, les frontières sont fermées, on ne peut pas y aller. Mais à 45 minutes de route, ce qui n'est pas long pour le Québec, j'ai tout le Vermont et des merveilleuses montagnes avec beaucoup de dénivelé. Donc là, c'est facile de faire du dénivelé, de travailler la puissance de côte, la vitesse de côte, l'endurance avec le dénivelé. Alors que quand on est sur Montréal, c'est assez minimaliste. Et même avec ça, ça ne sera jamais comme habiter dans une région comme comme Chamonix ou les Pyrénées ou n'importe quelle région où la dénivelé est importante parce que nous, on fait des allers-retours en fait. On a 400 mètres de dénivelé, on monte, on descend, on monte, on descend, on repeat, on monte, on descend, on descend, on repeat. Ça ne sera jamais comme faire 1000 mètres de dénivelé. L'endurance, on ne développe pas la même endurance.

UNKNOWN

Oui, oui.

SPEAKER_00

Oui. c'est limitatif

SPEAKER_01

un peu et puis on a 6 mois où on est dans la neige c'est ça ouais quand même un facteur important parce que bon courir par moins 24 dans la neige ça peut être un peu plus compliqué tu développes d'autres compétences mais qui sont j'imagine un peu moins utiles sur l'UTMB il fait quand même assez chaud et pour l'avoir en tête ton temps sur l'UTMB que tu as fait 2 ans après la CCC ça a été quoi

SPEAKER_00

ton chrono

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Donc, j'ai fini 29e overall, qu'on appelle. Donc, 29e femme. Et puis, ça le fait 34 heures, je pense. Je ne suis pas trop bonne dans mes temps. Oui, je ne sais pas. Bien, ce n'est pas très canon, en fait. Mais justement, d'aller à l'UTMB et de s'entraîner. En fait, c'était une année où je n'avais pas d'entraîneur. J'étais dans cette recherche-là de tout. Donc, je me suis un peu... un peu n'importe comment, comme je pensais. Donc, c'est vraiment une perte. Et parfois, en fait, j'aimerais y retourner avec cette connaissance que Adrien m'enseigne et cette forme physique que j'ai réussi à développer, j'aimerais ça y retourner pour voir qu'est-ce que je pourrais faire, parce que en fait, cette 29e place-là qui est hyper ordinaire, mais pour les Québécois, c'est la meilleure performance en fait québécoise sur ce championnat-là, donc j'aimerais ça y retourner, mais je ne vais pas y retourner parce que c'est hyper compliqué de rentrer et qu'il y a trop de de la course à faire

SPEAKER_01

et alors en parlant de belles courses tu disais que la grosse course que tu avais dans ton enveloppe si j'ai bien compris c'était ce trail de l'Everest c'est

SPEAKER_00

ça? ouais et je ne

SPEAKER_01

l'ai pas fait ok et c'est toujours dans l'enveloppe?

SPEAKER_00

il est toujours dans l'enveloppe je vais y arriver à un moment donné en fait cette année c'est ça je pense que avec le projet Caribou et un peu les courses qui sont arrêtées ou un petit peu fragiles dans leur format, parce qu'on sait qu'on aimait le format anti-COVID, le format où tout le monde, on était rassemblés, 2000 coureurs, épaule à épaule, à partir tous ensemble. C'est terminé, cette joie-là. Peut-être que ça va revenir, mais en tout cas, on ne le voit pas de sitôt. Ça m'a un peu changée. Ça a ouvert mon esprit, justement, à peut-être faire le trail running, mais plus de me définir comme une coureuse de montagne donc peut-être de projet de montagne en montagne et c'est très valorisé en fait par The North Face la façon dont ils veulent encourager leurs athlètes et peut-être qu'après Caribou je vais peut-être garder des courses plus classiques plus typiques mais je pense que j'aime beaucoup ce format course pro peut-être dans d'autres pays que le Canada. Je suis encore enregistrée l'année prochaine pour une trois couronnes qu'on appelle Triple Crown dans l'Ouest canadien. Quand même, l'Ouest canadien, on a les rocheuses, donc c'est des belles montagnes. Donc, il y aura probablement ce Triple Crown-là, mais j'ai quand même des courses en Espagne et dans les Pyrénées. Bon, on verra peut-être

SPEAKER_01

que je ne pourrais pas y aller encore. C'est assez... C'est encore en développement, je pense. OK. Wow! En tout cas, c'est assez clair que tu as plus de beaux projets devant toi que ce que tu as déjà fait. En tout cas, ça donne l'impression que tu continues de rêver à fond et c'est juste génial de voir que tu gardes cette fraîcheur dans ton approche de la

SPEAKER_00

discipline et de ton vie. La fraîcheur, tu l'as ce qui s'est passé il y a environ 3 ans on a commencé à me dire en fait ton âge tu sais c'est ce qu'il faut beaucoup surveiller c'est plus de l'entraînement constructif mais c'est plutôt du maintien tu dois plutôt surveiller à ne pas régresser et là j'étais un petit peu surprise parce que moi ma philosophie c'était comment je peux surveiller la régression d'un potentiel que je n'ai jamais développé. Tu sais, tu ne peux pas dégonfler un ballon que tu n'as jamais gonflé. Oui. Tu comprends? Et c'est un peu ma recherche avec Adrien, mon entraîneur. Je me suis dit, OK, c'est vrai que je n'ai plus 25 ans. Et ne me demande pas mon âge. Mais je pense que j'ai encore plein de petits potentiels que je peux travailler, développer. Ils ne vont peut-être pas aller à leur maximum, mais comme je ne les ai jamais travaillés... probablement que ça va me donner... encore du grand positif sur mes performances. Et tant que je développe cette performance-là, on le voit depuis deux saisons. Bien que l'année passée, il n'y avait pas de course, il s'est vraiment passé beaucoup de belles performances. Et cette année, ça continue. Donc, moi, tant que je sens cette fraîcheur-là et que le corps répond bien,

SPEAKER_01

je continue. Génial. Génial. Et alors, en parlant de... Maintenant que tu as quand même, voilà, tu as cumulé un certain nombre de courses, puis pas mal d'expériences avec des profils, des formats très différents, tu dirais que c'est quoi qui continue de faire brûler la flamme

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Qu'est-ce que tu retrouves dans ces courses qui te fait dire, allez, j'en fais une prochaine, encore plus longue, encore plus dure

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est à chaque fois que tu deviens un peu, je dirais, un peu plus grande à l'intérieur puis un peu plus mince dans les barrières et dans les peurs, en fait. Parce qu'il y a nécessairement toujours une peur ou toujours une... Je dirais pas peur, mais incertitude de lancer un projet, de se dire, bien, je partais de course, tu sais. Autant dans la préparation que le jour J, le matin de la course. Donc... Mais toute cette préparation-là, tout ce que ça demande physiquement, mentalement, en fait, ça m'apporte énormément. Parce que quand tu es dans une course et que ça ne va pas bien, bien, tu as deux choix. Parfois, tu vas abandonner la course. Il y a des vrais abandons, puis il y a des abandons capricieux, qu'on appelle. Puis après, tu as la sagesse. Tu dis, bien, je continue. Pour le moment, je n'ai pas de bonnes sensations. Pour le moment, ça ne va pas bien. Je suis dans un creux. Qu'est-ce que je fais avec ça? Comment je le gère? Et puis, on se rend compte qu'on devient des personnes très connectées avec notre vibration, mais aussi très constructives dans la solution. Et on le fait en course, mais on se rend compte qu'à force de le faire en course, dans la vie de tous les jours, dans le quotidien, on est connecté à une vibration. OK, ça ne va pas bien, là. Non, vraiment, mon enfant, il n'est pas de bonne humeur aujourd'hui. Qu'est-ce qui ne va pas? Il n'a pas parlé. On est hyper connecté. OK, solution, stratégie. Et on devient toujours dans ce mode constructif, positif, stratégie, développement. Et puis, on se rend compte, c'est comme un... Bien, c'est un service de bons résultats ou de fluidité de vie, en fait.

SPEAKER_01

Oui.

SPEAKER_00

Ça m'apporte énormément, moi, de faire ces courses-là. Souvent, c'est ma thérapie. Il y a deux ans, je suis allée m'entraîner avec des super athlètes français à Val Thorens. Vraiment... Je n'étais pas de calibre. Je n'étais vraiment pas de calibre. C'est là que j'ai réalisé que je n'avais pas assez de travail de niveler, d'altitude, de tout ça. Il y a quelqu'un qui m'a dit« Qu'est-ce qui fait que tu continues, Anne?» J'ai répondu« Je n'ai pas fini ma thérapie encore.» Clairement, il y a des sujets que je n'ai pas couverts dans la course. Couvrir ces sujets-là m'apporte encore des nouvelles perspectives dans mon quotidien, dans la vie classique finalement.

SPEAKER_01

Voilà. C'est hyper inspirant. Hyper inspirant de voir comment tu arrives à nourrir... En fait, tu vois, au début, quand tu nous as expliqué ce que tu faisais, j'ai dit, ouais, c'est un peu comme si tu avais deux vies parallèles, mais avec ce que tu viens de dire, ce que je trouve très beau, c'est que l'une alimente l'autre et vice-versa, en

SPEAKER_00

fait. C'est un ying puis un yang, ouais. Et je ne les ai pas... Publiquement, j'ai été des années... Ça ne fait pas des millions d'années que je cours, mais je les ai rarement mélangées, si tu veux. Tout récemment, je le fais parce que j'ai des collègues de travail qui m'ont trouvé sur Instagram. Moi, je n'avais rien dit. J'ai débuté chez Energex il y a un an et demi et je n'ai rien dit. Je n'ai pas parlé de course. Du coup, ils se sont mis à questionner. Je suis allée courir, blablabla. Du coup, ils m'ont trouvé sur Instagram et ils ne font qu'attendre le meeting du lundi matin pour me parler de mon week-end. Et avant, je parlais rarement de mon travail dans la course non plus parce que c'est un travail tellement corpo, corporatif, classique, conservateur que je voyais pas, tu sais, ça l'intéressait. Il y avait pas l'intérêt, les autres coureurs veulent parler de course, ils veulent pas parler de fiscalité internationale. Mais, tu sais, là, récemment, je me suis impliquée, j'ai mis une image un petit peu plus corporate dans le monde de la course. Et puis, je trouve ça important, en fait, parce que les gens... Est-ce que tu es professeur d'éducation physique, kinésiologue? Tu vois, les gens m'associent à un métier ou une profession dans la santé ou dans l'activité physique, alors que non, pas du tout.

SPEAKER_01

C'est cérébral, purement intellectuel. Ah, c'est marrant. Super. Super. Écoute, c'est très, très intéressant. Et puisqu'on parlait fraîcheur, tu vois, de ce que tu vas chercher dans la suite dans toutes tes courses. Quelle est la suite, justement? Tu l'as évoqué plusieurs fois, ce fameux projet Caribou. Est-ce que tu peux nous en dire

SPEAKER_00

plus? Oui. Alors, Caribou, c'est justement ce désir d'aller un peu à l'extérieur des sentiers qu'on connaît, donc une course traditionnelle avec des fagnons, des indications, on tourne à droite, on tourne à gauche, 8 kilomètres, il vous en reste 100 Tu vois, on est hyper guidés dans une course. Et puis, moi, j'aime bien ça. Honnêtement, je n'ai pas nécessairement envie de partir avec ma boussole et de me dire, bon, je vais suivre le Nord. Mais... J'ai l'envie des grands espaces et avec le confinement, on ne peut pas aller très loin. Mais on a au Québec un GR, donc un sentier de grande randonnée qui est assez particulier parce que ce n'est pas très facile les trails au Québec. On n'est pas dans les sentiers de Chavonnier ici. On est vraiment dans la boue, dans les fougères, dans les racines, dans les cailloux, dans les gros cailloux. On On est un peu dans le wild. C'est Wildcat, un peu, nos sentiers. Mais ce sentier-là, il a 150 kilomètres. 650 kilomètres et 30 000 mètres de dénivelé positif. Et la particularité de ce sentier-là, il se situe dans une région qu'on appelle la Gaspésie. Et moi, c'est mes racines. Je suis gaspésienne de racines. Mes parents sont là. Et j'adore aller courir là parce que là, quand on parle d'esprit passe, mais là, il y en a de l'espace. Les montagnes, elles sont grandes, elles sont élevées et on a des super beaux points de vue et c'est un peu, c'est sur le bord de la mer. Donc, c'est cette perspective de mer-montagne qui les rend un peu, qui leur donne du charme, qui les rend charismatiques, ces montagnes-là. Et puis, mais tu sais, il y a toute la part. 650 kilomètres, c'est énorme. Comment je fais ça? Donc, ça a commencé à trotter dans ma tête l'année passée. Quand Adrien m'a dit« Anne, trouve-toi un projet, il n'y a pas de course», j'avais pensé au GR1A, qu'on appelle. Il s'appelle GR1A. Nous, on l'appelle le SCA, Sentier international des Appalaches. Mais du coup, l'ampleur du projet était tellement énorme que j'ai chassé l'idée, je l'ai balayée de la main dans ma tête. Mais il y a un super coureur qui l'a

SPEAKER_01

fait.

SPEAKER_00

Ah oui? Alors là, ça a ranimé ma flamme,

SPEAKER_01

du coup, tu comprends? Un coureur

SPEAKER_00

québécois? En fait, c'est un coureur français qui vit au Québec. Il s'appelle Mathieu Blanchard. Méga frappé. Et puis, donc, Mathieu l'a fait. Et puis là, je me suis dit, ah ben, ça se fait, quoi.

UNKNOWN

Et...

SPEAKER_00

Et l'idée s'est mise à trotter dans ma tête. Bon, et j'avais beaucoup de projets. Moi, l'année dernière, dans le confinement, mon projet, mon grand projet, ça a été de quitter la ville et de venir à la montagne, vivre ici, de réinventer ma vie ici. Et donc, à l'automne, quand tout roulait, quand tout était revenu bien cadré, bien fonctionnel et organisationnellement efficient, eh bien, les kilomètres du SCM ont commencé à revenir dans ma tête. Et du coup, j'ai eu une bulle au cerveau. J'ai écrit un note-face. J'ai dit« Moi, j'ai un projet pour l'année prochaine.» Puis il faut que ça prend un« why». On ne peut pas juste aller courir 650 kilomètres, enregistrer le parcours sur Strava et dire« Bingo, je l'ai fait.» J'avais besoin que ça serve. Et puis, je dis« Je vais faire un documentaire.» je veux que ça soit filmé, je veux que ça soit, je veux l'apporter, et puis je veux que ça le serve d'inspiration aux gens, parce qu'il y a deux catégories de gens. Il y a les coureurs qui me disent« Wow Anne, c'est super inspirant ton histoire», et j'ai les non-coureurs qui me disent« Ah, j'aimerais tellement ça être capable de faire ce que tu fais, tu vois». Et puis, dans toute cette histoire de télétravail COVID, où on est tellement connecté dans le cloud, dans le Wi-Fi, mais on n'est pas connecté dans nos racines, bien je me Je me suis dit, il faut que le projet, ça l'inspire les gens à remettre leur basket, aller faire une marche en forêt, s'asseoir dans un parc, regarder le lever du soleil, sentir le vent. Il faut que les gens sortent de leur maison et qu'ils reconnaissent, je pense, avec l'humain, le potentiel de l'humain, mais dans la nature, pas dans la technologie. Alors, j'ai écrit à North Face et puis je leur ai demandé d'embarquer dans le projet. J'ai soumis un petit document et puis ils ont tout de suite approuvé. Donc, du coup, tu vois, ben, t'as quelqu'un qui embarque, tu te dis, ben, OK, j'ai des sous pour le faire. Là, tu... ça veut dire que le projet est pas mauvais et puis j'ai contacté Caroline qui était en Norvège elle était en Norvège quand je l'ai contactée à l'automne et puis j'ai dit écoute Caroline j'ai un super projet mais je veux que ça serve et puis elle c'est aussi ça parce que tu sais ces grands explorateurs d'aventure là ils embarquent dans des projets mais il faut que ça leur parle il faut qu'ils arrivent à se définir un peu là-dedans pour le tourner puis capter la substance dans les Donc, on en a parlé, puis elle était vraiment attirée par ça, le fait qu'on... on soit plutôt une équipe féminine aussi, sans aller dans le féminisme, loin de là, c'est pas du tout, mais on voit beaucoup les projets masculins et que là, ça soit un projet fille et que la plupart de l'équipe soit des femmes, j'aime ça, j'aime cette énergie-là et on va voir comment ça peut se dérouler, ça peut se faire différemment. Donc là, j'avais Caroline, j'avais North Face et ici, au Québec, on a une grande guide, une guide internationale mais cette guide, par chance, c'était ma partenaire d'escalade il y a

SPEAKER_01

15

SPEAKER_00

ans. Ok. T'imagines? Donc, ça faisait 15 ans qu'on ne s'était pas vus, qu'on n'avait pas connecté, mais quand j'ai fait l'UTMB, elle m'avait écrit, en fait. Elle m'avait dit« Anne», elle m'avait retrouvée sur les réseaux sociaux, elle m'avait dit« Wow, bravo, super performance UTMB, ça serait le fun qu'on se revoie.» Et là, j'ai fait, mais c'est sûr que ça prend René-Claude pour faire toute la logistique du projet. Donc là, j'ai contacté René-Claude. Je dis, bien, ça prend de grosses logistiques. C'est 650 kilomètres. Les points d'accès de ravitaillement sont hyper compliqués. C'est des chemins difficiles à emprunter. Ça prend des véhicules un peu off-road, quatre roues motrices et tout ça. Donc, elle dit, moi, je la connais à ce sens-là. Je t'organise tout ça. Donc, du coup... À chaque fois que je contactais les gens, les gens embarquaient dans le projet. Donc là, j'étais rendue février environ, au mois de février. C'était les bases, en fait. Les bases du projet étaient là. Fait que j'ai continué un petit peu. J'ai repris un peu la logistique en avril. Et là, je voulais courir seule, mais on m'a fait comprendre qu'avoir un peu de support, c'est... 150 kilomètres, c'est extrêmement long. Et avoir un peu de support, ça peut vraiment faire la différence. Et ça ne va pas m'enlever. Ce n'est pas d'avoir un pacer qu'on appelle ou un coureur avec moi. Je les cours quand même. Je veux dire, ils ne me transportent pas sur son dos. Ça ne m'enlève pas des kilomètres à moi. Et parce que les sentiers sont très, très complexes, et qui a... En fait, la connexion, c'est toutes des connexions GPS. Il n'y a pas de Wi-Fi là-bas. Il n'y a pas de téléphone qui rentre. Il n'y a rien. Donc, sur le point de vue de la sécurité, il y a aussi ça à couvrir. Donc, il fallait que je trouve des coureurs. Mais tu sais, des coureurs pour venir courir des milliers d'heures avec toi, il faut que ça soit vraiment quelqu'un avec qui tu as une bonne connexion. C'est clair. Ah ouais! Donc... j'ai trouvé deux coureurs magnifiques et là on y va dans la masculinité mais bon et puis donc j'ai François et Marf Marf c'est son surnom mais c'est un grand coureur il est dans l'équipe North Face lui aussi et puis ils vont venir avec moi tu vois là j'ai 6 jours de course avec eux donc sur le planning il y a 6 jours où je suis accompagnée et puis donc voilà c'est pas mal ça et puis on s'est fait on a des van life Comme on dit, je ne sais pas si j'utilise des termes que vous utilisez vous aussi, mais ce sont des vannes d'aventure qui sont quatre roues motrices totalement autonomes pendant des heures avec de l'eau, douche, électricité, chauffage, donc la totale. Et on a deux vannes et un 4x4. OK,

SPEAKER_01

donc des bases de vie mobiles, en

SPEAKER_00

fait. Oui, c'est des bases de vie mobiles. Et on a un 4x4 parce que peut-être qu'il y a déjà des sentiers qui sont identifiés, des points d'accès que la vanne, bien qu'elle soit 4 roues motrices, ne pourra pas passer là. Donc, on a un vrai camion qui, lui, est capable de

SPEAKER_01

passer

SPEAKER_00

un peu

SPEAKER_01

partout. Wow! Donc, OK. Donc, 16 jours de course, ça fait quoi?

SPEAKER_00

Ça fait un marathon? va faire 9 jours de course il y a 6 jours où j'aurai quelqu'un mais au total on a fait un planning sur 9 jours au début on avait fait

SPEAKER_01

8 c'est énorme parce que j'allais dire en fait c'est un marathon par jour en 16 jours mais en 9 jours c'est énorme

SPEAKER_00

il y a que 2 jours où j'ai 2 petites journées et en fait c'était 90 km environ par jour j'avais 2 journées à 70 Et tu vois, hier, j'ai eu la chance de parler à Mathieu, le super coureur qui l'a fait l'année dernière. Et puis, on a revu tout le parcours ensemble. Et on avait fait pas mal la même planif. Et il y a une journée, tu vois, où j'avais prévu... Je pense que j'avais prévu 85 kilomètres dans ma journée. Et puis, il m'a dit« Anne, cette section de 85 kilomètres, en fait, moi, il est plus rapide que moi.» Et je suis très petite, en fait. Là, on ne voit pas, mais en fait, je suis très, très petite. Donc, les gros obstacles, pour moi, c'est gros à traverser, alors que lui, il est très grand. Donc, il est beaucoup plus rapide dans les parcours techniques. Il m'a dit« Moi, cette section-là, Anne, ça m'a pris 30 heures.

UNKNOWN

»

SPEAKER_00

Donc, tu ne pourras pas faire cette journée-là. Déjà, il te manque des heures, tu vois. Donc, hier, on a tout défait le parcours et on l'a refait pour couper cette journée en deux et on a additionné une journée. Et je me sens beaucoup plus confortable, en fait, de le faire sur neuf jours parce que c'est garanti, en fait. C'est beaucoup plus garanti de le faire en neuf que de risquer en huit jours, d'essayer d'aller vite dans des sentiers techniques, me blesser et je mets mon aventure en

SPEAKER_01

péril. Ouais. Wow. OK. Donc, 90 kilomètres par jour. Ouais. Du coup, les... Punaise, c'est fou. Mais... En termes de repos, ça veut dire que ça te laisse suffisamment de temps pour avoir des vraies périodes de sommeil ou tu vas devoir aussi courir de

SPEAKER_00

nuit

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

On essaie de pas... Il y a deux philosophies là-dedans et puis... Mathieu les avait explorées. Je savais les deux philosophies, mais Mathieu, hier, me les a confirmées. Donc, soit que tu essaies de faire un trajet comme ça et que tu fais des mini-pauses, des mini-sommeils, mais que t'avances, t'avances, t'avances, t'avances, tu dors une heure, deux heures, t'avances, t'avances, t'avances. Bon. Et la deuxième option, c'est t'avances pendant 15, 18, 20 heures par jour, mais que tu te forces à avoir un vrai cycle de sommeil. Et Et moi, je pense que c'est beaucoup plus payant pour moi ou beaucoup plus stratégique pour moi de faire la deuxième stratégie, c'est-à-dire celle d'avoir, d'avancer un temps par jour, donc 18 heures par jour, et d'avoir un vrai cycle de sommeil. Je suis une personne qui ne dort pas beaucoup, donc clairement, ça va être difficile pour moi de dormir juste une heure. C'est comme, c'est pas assez de temps pour que j'arrive à me laisser aller dans le sommeil et que le sommeil soit récupérateur. Alors, on On a opté pour la deuxième option et quand tu te couches ou quand tu t'allonges après avoir parcouru cette distance-là, et c'est musculairement demandant étant donné le degré technique du parcours, donc tous les muscles stabilisateurs, les rochers glissants, on traverse des rivières, des ponts en bois, donc musculairement c'est très demandant quand on s'allonge pour dormir, mais alors je ne te raconte pas les crampes qu'on a. le corps te dit, c'est pas vrai que je te laisse partir demain. Et là, c'est là que ça devient compliqué. En fait, la douleur, la douleur nous réveille et nous empêche de dormir. Et Mathieu, hier, me l'a confirmé à Diane, ce qui est compliqué, c'est de dormir. Parce que ça fait tellement mal, les crampes dans les jambes que tu vas avoir. C'est comme quand tu termines l'UTMB. Mais ça va être ça tous les jours. Tous les jours, pendant huit soirs. Huit soirs, je vais me coucher et je vais souffrir le Et puis, le lendemain matin, en fait, tu sais, juste te lever, t'habiller et d'aller faire ton petit pipi matinal, ça va être très, très compliqué. Mais patience, patience et persévérance. Kylian nous a bien dit... c'est pas grave, lève-toi et marche, marche, et puis tu vas voir, dix minutes après, tu vas en faire un petit pas de course, et puis une heure plus tard, tu vas reprendre la course, et tu vas être, l'adaptation du corps va vraiment te surprendre. En fait, j'ai vécu un peu cette adaptation corporelle-là quand j'ai couru au Colorado, comme je disais un peu en introduction, une course de six jours, donc les distances, c'est vrai que les distances étaient, on faisait 40 kilomètres par jour, mais ce n'était pas beaucoup, 40 kilomètres par jour, mais c'était en format course. Donc, il y a un timer. Donc, on n'y allait pas pépère. On était vraiment dans l'intensité. Donc, c'était 40 kilomètres d'intensité et surtout en altitude. Et je me souviens d'être sur la ligne de départ la sixième journée et je me disais« mais ce n'est pas possible que mon corps recouvre encore». Je

SPEAKER_01

m'attends à ce que

SPEAKER_00

ça

SPEAKER_01

soit un peu comme ça, en fait. Wow. Et du coup, Caro, je pense au documentaire. Comment est-ce que vous allez organiser ça? Est-ce qu'elle va vraiment te suivre chaque jour pour immortaliser, tu vois, ces fameux réveils quand tu vas sortir d'une nuit? Tous les jours, elle sera avec toi? Il n'y a pas de point de tournage défini à l'avance où vous vous

SPEAKER_00

rencontrez? Elle a tout le parcours des travails Vraiment, main dans la mer avec René-Claude dans la logistique. Et du coup, ce qu'il faut comprendre, c'est que Caroline, outre le fait qu'elle va filmer tout ça, Caroline est une ultramarathonienne aussi. Elle sait très bien dans quoi je m'embarque, dans le bordel dans lequel je vais être mentalement, physiquement. Et elle peut venir courir avec moi. Elle va pouvoir embarquer dans certaines portions de trail avec moi. Mais aussi... Et elle a déjà commencé parce qu'on est allé faire deux courses en Gaspésie directement sur le parcours que je vais faire, juste pour familiariser et enregistrer les images du parcours. On est allé là. Donc, avec son drone, elle sait exactement où elle peut et elle va m'attendre avec son drone. Elle a déjà commencé. Donc, elle va tout immortaliser ça, oui, autant le Ravito que dans la trail. Et l'attrait d'avoir des coureurs avec moi dans ce SCA, c'est qu'eux aussi, ils vont pouvoir prendre des images. Et ce qui est intéressant de regarder, c'est que le SCA, le GR A1, en fait, c'est un sentier qui continue jusqu'aux États-Unis, dans le Vermont et tout ça. Et la section américaine de ce sentier de grande randonnée a été faite par une femme, une autre athlète de North Face, qui s'appelle Nikki Kinball. Et elle a fait un documentaire d'une heure et quelques minutes. Et ça s'appelle« Finding Traction». Et c'est merveilleux à regarder, très, très, très intéressant. et c'est les pinceaux qui sont avec elle dans la trail ont pris des images mais c'est touchant quoi et mes coureurs ont la même directive de courir et de prendre les images d'essayer d'aller capter Pas juste mes pieds qui engendrent des déroges, des racines, mais de capter l'émotion qu'il y a, la fatigue, quand j'en aurais marre d'avoir les pieds mouillés. Et Mathieu me disait hier, mais Anne, tu vas voir, les trois premiers jours, c'est de la forêt amazonienne, c'est des fougères, ta peau va pourrir, quoi. Tu vas te pourrir. T'es tellement mouillé. T'es mouillé pendant trois jours. Avant d'arriver dans les grands sommets, on a cette espèce de forêt à traverser. Donc, tu sais, ça va être... Tu vas voir, mentalement, t'en pourras plus, tu sais. Mais patience, patience. Donc, c'est de capter ces moments-là, tu sais. Je sais déjà que je vais avoir ça à vivre. C'est très riche. En fait, partage tout ce que ces gens-là m'apportent. Et puis, j'espère pouvoir... Pouvoir les mettre en image. Et après, tu as ce que tu veux montrer en image. Je veux montrer, oui, je vais être pourrie dans ma tête, mais comment on fait pour continuer

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

c'est pas du sadomasochisme ça s'appelle la persévérance

SPEAKER_01

ça s'appelle un but la résilience et la détermination moi je trouve ça génial parce que comme tu dis cette rencontre avec Mathieu elle semble avoir été riche pour toi mais toi ce que tu vas faire c'est offrir à tous ceux qui auront accès à ce documentaire la journée complète et c'est vrai que je vois autour de moi même les gens qui ne sont pas forcément sportif ou dans le trail je sais pas, il y a quelque chose avec le fait de courir en nature, je pense peut-être que les gens connaissent plus facilement, qui inspire énormément tu vois je pense que c'est pas pour rien que quelqu'un comme Kylian est très connu et qu'il inspire énormément, pourtant il y a plein de sportifs qui réussissent dans leur discipline mais la course ça a une place particulière donc je trouve que c'est génial que toi tu aies pris la décision de créer ce projet pour toi mais aussi avec cette notion de partage derrière.

SPEAKER_00

C'est vraiment un partage, mais dans l'humilité. Je ne veux pas... Oui, pour aller chercher les gens, mais je ne peux pas faire un 23 km pour aller chercher l'attention des gens. Je dois faire le projet un peu plus gros, tu vois. Mais c'est l'humilité qui vient avec. Kylian et François-Diane, les grands coureurs de grande distance qui ont des grands records. Moi, je suis hyper analytique. je les suis, pas pour faire« waouh, il a réussi». Oui, j'ai le« waouh», Je suis complètement fan de leurs performances. Mais ce que je suis le plus wow, c'est l'humilité avec laquelle ils partagent. Tu vois, même si nous, on est plus petits, pas plus petits, mais avec des performances physiques ou des performances de course qui ne sont même pas comparables, mais on se sent connecté à ces êtres-là. Parce qu'ils font vraiment le partage, non pas dans la performance, mais dans l'humilité. Et c'est une grosse drive, en fait, l'humilité pour moi. J'ai été longtemps à mettre des photos sur Facebook. Je gagnais des courses, mais en fait, je le fais encore. Encore pas. Tu vois, j'ai gagné deux courses dernièrement. On ne voit pas. Il n'y a pas de temps. Il n'y a pas rien. Bon, il y en a une. J'ai mis le podium parce que c'était... Donc, on voit le résultat avec la photo. Mais jamais, jamais de le temps. D'ailleurs, il y a plein de temps que je ne me souviens pas. Pour moi, ce n'est pas ça. Je ne partage pas un rang ou un temps. Je partage ce que j'ai vécu dans ma course. Et souvent, les gens me disent... Ben oui, tu sais. Puis les deux dernières courses, justement, OK, c'est vrai. Je n'ai rien à dire. plaisir! Je suis sur le podium. Mais, ça a été des courses compliquées. Et j'ai vécu plein de choses dans ces courses-là. Et c'est ça que j'ai envie de partager. Et des fois, je dis, oui, mais Anne, c'est pas grave, t'es arrivée première. Oui, mais je m'en fous. C'est ce que je suis allée chercher dans cette course-là. Et c'est ça que j'ai envie de te partager. Bien, si tu veux pas le prendre, c'est pas grave. Mais... Mais bon, pour moi, c'est vraiment ça. Oui. À chaque cours, j'apprends une nouvelle... Avant, j'apprenais sur moi. Maintenant, je dirais que je m'améliore en tant

SPEAKER_01

qu'humain. Wow! C'est un très beau message. Et alors, peut-être pour finir sur le projet Caribou, justement, de quoi est-ce que tu as hâte? Qu'est-ce que tu as envie d'apprendre sur ce projet?

SPEAKER_00

En fait, c'est vraiment l'ultime persévérance. Parce que c'est vrai que j'ai une persévérance de vie. Mais, tu sais, j'ai fait des grandes choses, des belles choses, bon, peut-être plus que la moyenne. C'est vrai. Mais, j'ai encore en tête... ce que je n'ai pas réussi à faire. Et souvent, ce n'est pas par un manque de potentiel, mais plutôt par caprice. Et on a perdu un peu. On a duré quelque chose. On a perdu ça. Tu as mal à la tête, tu prends un cachet. Tu as mal aux pieds, tu vas chez le physio. Tu arrêtes de courir parce que tu t'es cassé un orteil. Aujourd'hui, les gens, non, on ne fait plus rien. Il faudrait... Il faut toujours que ça soit tout parfait. Et c'est un peu... C'est correct. C'est notre société moderne, tu vois. Surtout nous, en Amérique, on n'y part pas minimaliste, je trouve, et tout, dans ces choses-là. Mais on a perdu cette persévérance-là. Et souvent, je pense qu'on abandonne beaucoup trop vite. Et c'est bon. C'est pas juste bon pour les grands projets. C'est bon pour les petits projets de vie. Et j'ai envie d'aller voir vraiment vraiment loin la persévérance laisse faire le caprice et je pense qu'on peut bien que les muscles vont faire mal et que le mental va être hyper fatigué on peut quand même avancer dans un parcours c'est simple

SPEAKER_01

tu me fais penser on a eu un invité Teddy qui est un ancien des forces spéciales françaises et c'est ce qu'il disait que pour lui ce qui a fait la différence dans son parcours en tout cas la philosophie qu'il a adoptée depuis c'est que le physique peut avoir ses limites mais qu'en fait le mental n'en a pas donc quand le physique est à bout c'est le mental qui prend la relève en réalité absolument

SPEAKER_00

Oui, mais après, tu as la fatigue, le mental aussi. Il y a certaines limites, mais je pense que mon aventure est assez structurée pour que tout tienne un peu, si tu veux.

UNKNOWN

Oui, excellent.

SPEAKER_01

Wow! Et alors, le documentaire, il devrait sortir

SPEAKER_00

quand? Tu vois, il va y avoir beaucoup d'images. Il y a déjà beaucoup d'images qui ont été tournées parce que Caroline est venue avec moi justement en Gaspésie sur ces sentiers-là où j'ai fait les deux compétitions que j'ai faites dernièrement. Elle vient tourner aussi chez moi. Elle a tourné l'équipe. Justement, on faisait la liste de tout ce qui restait à tourner. Donc, elle va venir sur Caribou. Il va peut-être avoir des images à tourner. est un peu le

SPEAKER_01

après.

SPEAKER_00

Parce que le après est quand même un peu d'intérêt. Et puis, je ne veux pas mettre de date parce que je veux qu'elle prenne le temps de le faire. Je veux qu'on le regarde. Moi, je suis une fille qui chante beaucoup en courant, en fait. Je chante, je change les paroles des chansons, je change les mots, je mets courir à la place. Les chansons d'anglaise, je mets« run». Et donc, je veux que... La musique est vraiment importante pour moi dans ce documentaire-là. Donc, je veux que le flot des émotions, des images représentent... Et la musique, parce que je me rends compte que dans un documentaire ou dans un teaser... la musique est vraiment, c'est ça qui, c'est comme des cordes de guitare, tu sais, ça tire la vibe des gens, fait que je veux tout, c'est vraiment un packaging parfait, donc le temps que ça prendra, évidemment, ça va pas prendre deux ans, mais je dirais que pour le mois de janvier, on devrait avoir un bon format à peaufiner, ouais. Et puis après, je dois aligner un peu, Caroline retourne en Norvège, donc Donc, elle aussi, elle a ses aventures, ses expés. Et puis, pour moi, c'est important de respecter ça parce que je suis trop contente qu'elle ait accepté de prendre le temps pour mon projet. Donc, c'est ça. Et puis, évidemment, c'est de rentrer dans certains festivals. On veut regarder. Bon, il y a le timing pour la production, la réalisation. Mais après, il y a le timing pour rentrer dans les festivals de films avec le

SPEAKER_01

documentaire. Wow! Génial! Impassion de regarder tout

SPEAKER_00

ça, en tout

SPEAKER_01

cas.

UNKNOWN

Oui!

SPEAKER_00

c'était

SPEAKER_01

tout comme on disait ouais c'est ça génial ben écoute un immense merci Anne c'était juste passionnant d'échanger avec toi sur ton parcours ce qui te drive comment t'arrives à mener tout ça de front et ce fameux projet Caribou qui franchement fait vraiment rêver moi la dernière question que j'aurais pour toi c'est qu'est-ce que t'auras envie de partager à celles et ceux qui vont te découvrir ou apprendre à te connaître un peu plus à travers le podcast quelles leçons est-ce que t'auras En

SPEAKER_00

fait, j'aurais envie de leur dire, en fait, d'activer leur côté rebelle, c'est-à-dire que quand ils ont envie d'aller dans la nature, mais que l'esprit leur dit« Ah, j'ai pas assez de temps, j'ai pas les bons souliers, non, la météo est pas parfaite», faites le contraire. Il faut aller au-delà de toutes ces petites voies qui nous empêchent d'aller regarder la nature. connecter avec la nature, donc allez-y!

SPEAKER_01

allez-y grand-mère

SPEAKER_00

faites votre côté rebelle génial rebelle de

SPEAKER_01

nature excellent une immense merci Anne une fois de plus pour ton temps pour ton humilité et l'authenticité avec laquelle tu as bien voulu nous partager ton aventure hyper inspirante qui est loin d'être terminée et écoute je mettrai en description tous les liens pour suivre le projet caribou le mieux c'est quoi c'est Instagram

SPEAKER_00

c'est Instagram Instagram, Facebook, évidemment. Je n'ai pas fait de page de projet spécifique. Encore une fois, c'est dans ma grande humilité. Je ne voudrais pas que ça soit trop gros, admettons. Mais oui, avec Instagram et Facebook. Donc, c'est« book and trail».

SPEAKER_01

Je mettrai tout ça. Je mettrai les liens. On croise les doigts pour que tout se passe comme prévu. Il n'y a pas de raison. Ça sera intéressant d'avoir la discussion après course. Carrément,

SPEAKER_00

avec

SPEAKER_01

grand plaisir. Je te souhaite d'ici là de prendre beaucoup de plaisir dans la dernière phase de la préparation. Surtout pour le projet, je pense que je t'enverrai des messages à ce moment-là, mais de profiter à fond et de de trouver ce que tu as envie d'aller découvrir

SPEAKER_00

à

SPEAKER_01

travers Caribou.

UNKNOWN

Ok, merci beaucoup Loïc.