Le Soudan, c'est un pays un peu difficile parce que je suis toute seule. Sur mon vélo chargé, je pédale à 10 km heure seulement à cause du vent. Il y a des tempêtes de sable, il faut pousser son vélo, c'est lourd. Il commence à faire chaud. On est au mois de fin mars, début avril, donc il fait 40, 45. C'est difficile d'avoir de l'eau.
SPEAKER_01Hello Hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens forces spéciales leur point commun la passion pour leur projet et l'audace de se lancer alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine excellente écoute à vous les frapper Eh bien écoute, bienvenue Émilie sur le
SPEAKER_00podcast. Merci, merci de m'accueillir sur ton podcast Loïc.
SPEAKER_01Avec grand grand plaisir, je suis très content que tu aies pu te libérer aujourd'hui, merci beaucoup pour ça. Pour qu'on parle, tu vas nous dire, mais je pense a priori plutôt d'aventure et de vélo. Mais j'en dis pas plus, je te laisse peut-être nous expliquer ce que tu
SPEAKER_00fais. Alors, déjà j'ai 40 ans, je suis... Donc, j'ai toujours travaillé dans le tourisme et depuis quelques années, je me suis lancée dans les voyages à vélo. Alors, du coup, avec le Covid, je me suis un petit peu arrêtée pour rouler mes caisses, surtout, parce que ça a été un petit peu compliqué, la perte de mon boulot, etc. Mais voilà, je continue les aventures en ce moment dans les Alpes et prépare mes futurs projets de voyages à vélo à travers le monde.
SPEAKER_01Excellent. Alors, tu viens de dire que tu voyages depuis quelques années. Assez humblement, si je ne me trompe pas, ça fait quand même 20 ans, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01parce que je suis bien détourné sur ton site, où tu dis que tu backpacks depuis que tu as 19 ans, c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, c'est ça, c'est pour ça que je précisais aussi mon âge, j'ai 40 ans, donc ça fait effectivement 20 ans que je voyage, j'ai toujours aimé voyager, j'ai toujours voulu voyager, j'ai toujours voulu justement avoir ce but dans la vie, c'est pour ça que j'ai fait des études dans le tourisme d'ailleurs, et en fait c'est une motivation en soi d'aller voir ce qui se passe ailleurs, l'aventure, la différence culturelle, voir comment les gens vivent dans d'autres pays, etc. Donc ça a toujours été une grande curiosité et j'ai toujours profité de mes temps libres justement pour voyager effectivement. Donc ça fait effectivement 20 ans déjà.
SPEAKER_01le rêve dirait certains mais bon on verra j'imagine à travers cette conversation que parfois il y a aussi c'est comme tout des choses qu'on doit accepter de sacrifier pour pouvoir vivre cette vie mais bon tu nous en diras plus mais peut-être la première question c'est comment est-ce qu'à 19 ans tu décides de te lancer dans le backpacking et comment est-ce que tu as fait pour que ça devienne l'aventure d'une vie pas forcément non-stop mais en tout cas quelque chose que tu as réussi à faire sur plus de 20
SPEAKER_00ans
UNKNOWN?
SPEAKER_00Disons que déjà en étudiant dans le tourisme, j'avais rencontré une fille qui avait vécu à l'étranger beaucoup d'années en Afrique avec ses parents et elle me racontait on passait beaucoup de temps ensemble parce qu'on étudiait ensemble et elle me racontait des histoires d'étant gamine avec ses parents elle avait vécu en Afrique de l'Ouest notamment beaucoup d'années et elle me racontait les aventures justement étant enfant à voyager dans ces pays-là, voir des choses totalement différentes, rencontrer des gens totalement différents, une culture, etc., différente. Et donc, du coup, cet ami-là m'a donné l'envie de découvrir l'Afrique de l'Ouest. Et c'est à 19 ans que je suis partie. On avait des stages obligatoires à l'étranger. Je suis donc partie toute seule. Je me suis organisée un stage en Côte d'Ivoire. Et donc, je suis partie en stage un mois et ensuite j'ai profité un mois pour voyager un petit peu dans le reste du pays à mon compte en fait et puis ce stage ça a été vraiment le déclenchement de tous mes autres voyages après, j'ai adoré cette expérience et j'aimerais le faire plus longtemps, plus souvent et pas arrêter en fait de découvrir les... pays en
SPEAKER_01fait. Comment est-ce que tu t'es organisée pour la suite
UNKNOWN?
SPEAKER_01Si je comprends bien, tu n'es pas voyageuse à temps plein de façon permanente, c'est qu'en fait, vu ton secteur d'activité, tu t'organises des périodes où tu te prends des plus gros breaks pour partir voyager et découvrir le monde, c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors oui, c'est-à-dire que je commence à travailler jeune puisque je fais des études courtes. Mon but, c'est vraiment gagner de l'argent et puis pouvoir voyager par mes propres sans rien demander à personne être indépendante sur le point de vue financier et donc je commence à travailler à 20 ans et puis je commence à travailler à Paris ça me plaît pas vraiment la vie à Paris la grisaille etc comme on peut l'imaginer c'est tout à fait ça donc du coup je travaille 2 ans mais ça me permet déjà de mettre un petit peu d'argent de côté parce que moi je suis une fille très simple donc j'arrive facilement à quand j'ai une motivation à mettre de l'argent de côté et puis je me dis bon je ne vais pas passer toute ma vie à Paris et je commence en fait après deux ans de travail à Paris, je me suis dit bon je vais me demander un congé sans solde qui est accepté sans problème et avec mes petites économies je pars faire le tour de l'Amérique du Sud avec mon sac à dos donc là je pars huit mois et je fais le tour de l'Amérique du Sud et en fait je me dis un peu bon j'ai 20 ans, enfin à cette époque là j'ai 22 ans parce que du coup ça fait deux ans que je travaille. Je me dis que c'est le grand voyage que je vais faire dans ma vie. Peut-être que je ne vais avoir jamais l'occasion de le refaire puisqu'on ne sait jamais. Après, on pense tout de suite peut-être qu'on veut fonder une famille, peut-être qu'on veut acheter une maison, peut-être que si, peut-être que ça. À 20 ans, on a peut-être d'autres projets dans la tête. Moi, je vois que ce voyage va en déclencher d'autres. C'est le début d'une longue histoire de voyage et je me dis maintenant à mon retour donc du coup je démissionne je vais vivre à Barcelone et puis donc du coup je travaille pour une compagnie aérienne je suis basée par contre à l'aéroport de Barcelone et cette compagnie aérienne évidemment me permet d'avoir des billets gratuits et pas mal de temps libre du coup des vacances supplémentaires par rapport aux gendarmes puisque en travaillant dans un aéroport on travaille les jours fériés etc on fait pas mal d'heures donc du coup On est un petit peu en décalé par rapport aux autres, par rapport aux gens qui travaillent de 9h à 18h dans un bureau. Mais on a du temps libre en plus qui nous permet de voyager encore plus. Donc, combinaison de voyage... presque gratuit entre guillemets et du temps libre et donc du coup ce qui me permet de voyager quand même pas mal pendant toutes ces années là
SPEAKER_01génial alors qu'est-ce qui fait que ce premier voyage en Amérique du Sud long ça a été le déclencheur pour toi maintenant avec du recul
SPEAKER_00disons que je me dis faire un voyage long en fait c'est la liberté aussi de pas forcément avoir de date de retour de faire un petit peu ce qu'on veut de découvrir de passer plus de temps dans un endroit qu'on aime par rapport aux vacances de trois semaines où on court partout sans rien trouver et finalement on voit tout sans rien voir c'est à dire qu'on court partout mais finalement on ne s'imprègne pas vraiment de la culture du pays ou des gens etc et donc du coup quand on voyage comme ça pendant longtemps on a vraiment le temps de s'imprégner d'un lieu de pouvoir rester dans un endroit qu'on aime bien par exemple la patagonie particulièrement où j'ai fait pas mal de de trek où j'aimais vraiment beaucoup cet endroit donc je suis restée plus longtemps que prévu ensuite au brésil aussi je suis restée pas mal de temps parce que j'aimais beaucoup les gens l'ambiance etc voilà après En huit mois, c'est vrai que ça passe vite aussi pour voir un sous-continent, mais on a quand même le temps de profiter. Je me suis dit, bon, ça, un jour, je le referai. Mais après, le problème, c'est qu'on tombe dans la routine, on retrouve du travail, on se met en couple, etc. Et donc, du coup, ce n'est pas forcément facile de le faire ou de le refaire, en fait.
SPEAKER_01Oui. mais malgré tout c'est quelque chose que toi t'as réussi des voyages aussi longs que t'as réussi à recréer même si comme tu viens de le dire c'est pas forcément facile c'est une expérience que t'as réussi à répéter plusieurs fois
SPEAKER_00oui voilà en fait c'est toujours resté dans un coin de ma tête de pouvoir refaire des voyages longs mais en même temps comme j'avais cette commodité entre guillemets de travail qui était pas trop mal payé je pouvais voyager quand je voulais etc etc mais au bout d'un moment en fait je me suis fatiguée de cette routine le travail me plaisait plus trop c'était devenu un peu routinier dans mon couple ça allait pas du tout on était sur le point de se séparer donc du coup ça a été vraiment un moment où tout a concordé pour dire bon qu'est-ce que je fais j'ai envie de faire autre chose j'ai envie de passer la page et vraiment de j'étais plus motivée pour rien je me suis dit bon c'est le moment de tout arrêter de se donner une pause et de voir vraiment Ce qui me rend heureuse, parce que là, je n'étais plus du tout... J'étais plutôt, je vivais par inertie, en fait. C'était plutôt ça. Et je me dis, s'il n'y a plus grand-chose qui me motive, allez, j'arrête. Mon boulot, ça ne va pas, je le laisse. Et je trouverai autre chose. Et en fait, ça a été le déclic en 2015. J'ai tout arrêté, je me suis séparée. J'ai arrêté ce boulot-là. Et je me suis dit, bon, qu'est-ce que je fais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, je vais écrire sur un papier ce que j'ai envie de faire, en fait, dans le futur. ce qui me rendrait heureuse, ce qui me ferait plaisir, etc. Et j'ai commencé à faire ça, et il y a plusieurs choses qui en sont ressorties. Et voilà, et je pense que j'hésiterais pas maintenant à refaire ça, en fait. Bon, alors maintenant, qu'est-ce que je fais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je suis plus heureuse
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je vais marquer sur un papier ce que je voudrais faire, même si c'est des rêves un peu fous. Et du coup, sur ce papier, c'était des choses un peu folles, des idées un peu extraordinaires, justement. Et je
SPEAKER_01me suis dit pourquoi pas pourquoi pas justement réaliser ce qu'il y a sur ce bout de papier waouh punaise c'est fou de voir comment est-ce que t'as décidé de enfin pas de te prendre en main mais de venir casser tu vois cette inertie dans laquelle tu te trouvais pour te redonner un élan j'ai l'impression en tout cas quand je t'écoute c'est un peu ça que moi j'entends donc il y avait des choses complètement folles sur ce papier et du coup la concrétisation de certaines enjeux elle ça a
SPEAKER_00donné quoi alors ça donnait justement une pause déjà une pause je suis parti en voyage quatre mois je suis parti donc faire un voyage que je voulais faire depuis longtemps mais justement je voulais pas faire un voyage à la va vite juste 15 jours rapide donc je suis parti au népal ça me faisait plaisir depuis très longtemps de partir longtemps donc je suis parti un mois et demi au népal donc Donc, j'ai fait quelques treks qui me faisaient plaisir. Donc, le camp de base de l'Everest, la vallée de Gokyo. Ah,
SPEAKER_01génial.
SPEAKER_00Et puis, un petit peu à Katmandou, pendant le festival. du Deepavali, des choses que je voulais vraiment vivre dans un pays où je voulais aller depuis très longtemps. Ensuite, je suis passée au Tibet parce que je voulais aller aussi au Tibet depuis très longtemps. J'ai fait le sud de la Chine. Au total, c'était un voyage de quatre mois pour me dire est-ce que je réalise ces voyages fous
UNKNOWN?
SPEAKER_00Qu'est-ce que je fais maintenant de ma vie
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'était une petite pause pour réfléchir à tout ça. Et quand je suis revenue en fait en Europe, je me suis dit bon, je ne vais pas m'arrêter là. Et donc du coup, je suis partie au Guatemala.
UNKNOWNOk.
SPEAKER_00suis partie vivre au Guatemala parce que dans ma liste en fait il y avait un projet professionnel qui était de devenir guide de voyage d'aventure mais j'avais aucune expérience et j'avais connu dans un voyage précédent au Guatemala j'avais connu une association qui aidait les enfants de la rue et qui cherchait des guides des gens motivés en fait pour guider les gens dans la montagne et le bénéfice de ce que payaient les touristes en fait, aller directement à une école des enfants défavorisés et un dortoir pour des enfants de la rue. Je me suis dit que ce serait un super projet en fait à... pour participer à un projet, et du coup, en fait, on part comme volontaire pendant six mois, donc on n'est pas payé, on n'est pas rémunéré pour notre travail, mais en même temps, moi, je me suis dit, bon, c'est toujours quelque chose que je vais aimer faire, emmener des gens dans la montagne, en même temps, je me forme, et en même temps, je participe à un projet pour des enfants de la rue au Guatemala, donc finalement, c'est un bon compromis, un bon projet, et puis au niveau financier, je pouvais encore me le permettre, c'est-à-dire vivre six mois au Guatemala sur mes économies, bon, ça quand même... Voilà. Donc, du coup, je suis partie six mois comme guide volontaire et ça a été une super expérience parce qu'on vit le jour, tous les jours... Dans l'ambiance du Guatemala, on va au marché, on va préparer la nourriture pour les treks, on reçoit les clients, on les emmène en montagne, mais aussi on vit Avec l'association des enfants, on va aussi participer aux activités des enfants. On leur prépare un repas une fois par semaine. On a beaucoup d'interactions avec les enfants, donc du coup, c'est cool. Et donc, voilà, c'était une autre pause de six mois. qui a été très, très enrichissante pour moi. Et je me dis qu'aussi, travailler pour quelqu'un d'autre, travailler sans salaire, se lever tous les matins pour se dire... En fait, c'est super enrichissant, je trouve, parce que du coup, on donne son temps pour les autres. Et j'ai aussi voulu justement donner de mon temps pour les autres, parce que pendant mes voyages précédents, tout le monde m'avait toujours aidée. J'avais toujours trouvé des gens pour m'héberger ou pour... quand j'étais perdue, pour vraiment m'aider sur mon chemin. Et je me dis quelque part, il faut que je redonne tout ce temps ou toutes ces faveurs qu'on m'avait accordées. C'était peut-être le temps justement de redonner tout ça en fait. Du coup, je me suis dit, ça peut être aussi une occasion pour... aider quelqu'un d'autre et justement retourner toutes ces faveurs qu'on m'avait faites auparavant voilà j'avais comme une dette en fait enfin bon je l'ai toujours la dette parce qu'on m'a toujours bien aidée dans tous les pays dans tous mes voyages donc ça fait des années et des années de faveurs que je devrais retourner aux gens mais voilà donc ça a été très enrichissant et ensuite du coup c'est là où je suis devenue guide saisonnière ensuite En Espagne, j'ai trouvé un boulot saisonnier, donc de juillet à octobre, dans une agence de voyage qui est spécialisée dans les voyages en Afrique. Donc, comme je connaissais bien l'Afrique et j'avais eu cette expérience de guide au Guatemala, du coup, ils m'ont tout de suite appelée. Et du coup, ça faisait partie d'un de mes projets, justement, de professionnelle, de me reconvertir en tant que guide en Afrique. Et franchement, je ne regrette pas du tout cette reconversion. Et voilà, c'était une autre aventure dans ces années-là.
SPEAKER_01Et pourquoi l'Afrique
UNKNOWN?
SPEAKER_01Qu'est-ce qui t'a attiré particulièrement sur ce continent
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est le premier pays que j'ai découvert quand j'étais jeune. C'est le premier pays où je suis allée. C'était en Afrique, en Côte d'Ivoire. J'ai toujours aimé l'Afrique parce que je trouve que c'est un continent qui a une culture bien particulière, un mode de vie, un mode de pensée aussi bien particulier. Et puis, c'est très dépaysant. Et puis, Puis le fait, du coup, d'être aussi blanche dans un pays de noirs. Enfin, je veux dire, une différence culturelle. Pour moi, c'est du dépaysement total, l'Afrique. Parce qu'on peut voyager dans un autre pays. Bon, il y aura toujours une culture différente, etc. Mais il y aura toujours un mode de vie peut-être plus proche. Et je trouve que l'Afrique, c'est le continent le plus dépaysant, selon mon point de vue. Et en plus, l'avantage de l'Afrique, c'est que... gens sont très débrouillards, les gens sont super accueillants, ils vont toujours t'aider n'importe où, n'importe quoi, les gens vont toujours trouver une solution, ils vont toujours te trouver à t'aider et du coup ça, ça fait chaud au cœur et c'est vraiment quelque chose que j'aime bien. Justement ils ont cette gentillesse, cet accueil qu'on trouve aussi dans d'autres pays, je ne dis pas que c'est ça seulement en Afrique, mais il y a quand même un certain côté très authentique en Afrique que j'aime bien et qui reste vraiment... à travers les années en fait on retrouve ce trait même après 20 ans on voit que les choses n'ont pas vraiment beaucoup changé par rapport au mode de vie par rapport au à l'accueil à la gentillesse à la bienveillance etc donc c'est ça que j'aime bien aussi dans l'Afrique
SPEAKER_01c'est intéressant comme retour d'expérience pour le coup de quelqu'un qui connait vraiment très bien puisqu'on va en parler encore une fois avec humilité tu nous dis pas tout mais là j'ai ton site sous les yeux donc je sais c'est combien de dizaines de milliers de kilomètres tu as fait à vélo en Afrique seule. Mais c'est intéressant d'avoir ton point de vue, justement, qui vient un petit peu casser, tu vois, ce que parfois on entend ou ce qu'on voit sans y être allé. Et j'en discutais avec un autre invité, un autre frappé, celui-là aussi, qui vient de faire 6 000 kilomètres de la source du Nil au Caire, à pied, et qui m'expliquait qu'en fait, il avait fait des rencontres rencontres fabuleuses tu vois dans des endroits où je pense que si tu vas sur le site des affaires étrangères français du ministère des affaires étrangères français pour te renseigner sur le niveau de sécurité on te dit surtout n'y mets pas les pieds donc c'est intéressant tu vois d'avoir ton point de vue sur la réalité des rencontres que toi tu as pu
SPEAKER_00faire oui effectivement oui le problème c'est beaucoup aussi les médias effectivement le site des affaires étrangères comme tu on parle quand on regarde la carte de l'Afrique c'est plutôt tout en rouge donc la couleur rouge c'est n'y allez pas surtout sauf motif impérieux ou n'y mettez pas les pieds parce que vous allez vous faire tuer alors que et le problème aussi c'est les médias on parle souvent de l'Afrique pauvreté donc pauvreté dit aussi délinquance dans les villes dit aussi maladie manque de de manque de matériel médical, un retard dans la santé, etc. Donc du coup, les gens ont peur de l'Afrique. Ils disent, oh là là, c'est quoi ce continent
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il y a des gens pauvres, en plus, il y a des maladies, etc. Alors que l'Afrique, c'est autre chose. On ne parle pas des couleurs de l'Afrique, de la gentillesse de l'Afrique. Après, il faut aussi faire la différence entre les pays en conflit et les pays qui ne sont pas en conflit. En Afrique, il y a 55 pays, ils ne sont pas tous en conflit. Après, je ne sais Je ne sais pas combien sont encore en guerre ou en conflit, mais j'ai voyagé dans 34 pays des 55 pays et il n'y en a aucun qui était en conflit. Et ça s'est très bien passé. Au contraire, moi, je recommande justement aux gens d'y aller, d'y retourner et de voir par eux-mêmes justement, en fait, et de juger par eux-mêmes en voyant ce qui se passe là. qui se passe là-bas. Les gens jugent trop vite en écoutant justement les médias, en écoutant ce qui se passe. On parle toujours des attentats ou des guerres, etc. Et on ne parle pas forcément justement de la bienveillance des gens ou de l'accueil des gens dans certains pays où ça se passe très bien. Donc, c'est ça qui est dommage, en fait. Les gens qui ne connaissent pas jugent trop vite par ce qu'on entend dans les médias. Et ça, c'est vraiment dommage, en
SPEAKER_01fait. Alors, justement, toi, tu connais très bien donc est-ce que tu serais d'accord pour nous parler un petit peu plus de ton périple que tu as fait en 2018 si je me souviens bien où tu as traversé dix pays sur quasiment 15 000 kilomètres à vélo et surtout seul
SPEAKER_00alors déjà en fait oui c'était en 2017 en fait je l'ai fait en deux fois ce voyage
SPEAKER_01et
SPEAKER_00C'est vrai que c'est une aventure complètement folle. Et pour moi, ce qui était nouveau, en fait, c'était le voyage à vélo. C'est-à-dire que je me lançais dans une aventure. Finalement, je ne savais pas trop si déjà j'allais arriver au bout. Si j'allais au bout d'une semaine prendre un bus ou un train et laisser mon vélo dans un coin pour continuer en bus.
SPEAKER_01Sachant que tu partais du Caire pour aller au Cap. C'était ça l'itinéraire, c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, voilà. Donc, je suis partie. Je n'ai pas vraiment dit à beaucoup de monde que je partais en vélo. J'ai plutôt dit aux gens, je pars pour quelques mois. J'ai pris un billet à l'essimple pour le care. et dans mes bagages j'emmène un vélo voilà donc j'ai dit à quelques amis proches que j'allais faire du vélo que j'allais commencer en vélo mais que voilà que la suite était incertaine en fait dans ma tête j'avais bien l'intention de traverser le continent en vélo mais après je n'osais pas vraiment le dire en fait parce que les gens les gens vont essayer en fait dans un projet comme ça un petit peu sorti de l'ordinaire vont essayer de te protéger donc du coup de te découvrir en même temps puisque est ce que tu es vraiment sûr que tu veux faire ça est ce que tu es vraiment capable de faire ça est ce que tu t'es entraîné alors moi je me suis pas du tout entraîné avant de partir déjà je n'étais même pas sûr que tout n'est dans les sacoches j'avais même pas monter mes sacoches quand j'avais même pas essayé mon vélo chargé je suis parti vraiment en organisant ce voyage en deux semaines pour vous dire que en fait si vous avez une idée dans la tête même si même si elle paraît un peu folle allez-y enfin allez-y vous Vous allez essayer et le pire que vous pourrez faire, c'est revenir et puis échouer. Mais en même temps, vous aurez toujours essayé. Moi, c'est ce que je dis aux gens. Je dis, bon, pour le moment, en fait, j'en parle à personne parce que les gens vont essayer de me décourager. Effectivement, j'en avais parlé à ma famille quand même proche, mes frères et sœurs, mes parents. Et ma sœur, effectivement, deux jours avant que je parte, voulait, enfin, a essayé, en fait, de me décourager. Elle me dit, mais tu ne te rends pas compte, tu es en plein milieu du Soudan, tu vas être toute seule, il y a quand même un risque terroriste, il y a quand même une cible facile, etc., etc. Donc, effectivement, ce qu'on voit dans les médias, ce qu'on voit sur le site de de l'ambassade de France, etc. Donc, du coup, moi, je suis quand même assez aventurière et je suis quand même assez têtue. Donc, je suis quand même partie. Je ne me suis pas laissée décourager. Oui, j'ai quand même, je me dis, j'ai quand même confiance en moi, en fait, on va dire aussi. Il faut avoir beaucoup confiance en soi quand on monte un projet comme ça, en fait, de ne pas se décourager de la première réflexion, en fait. C'est
SPEAKER_01ça. Est-ce que tu crois dans la chance aussi, sur des projets de cette envergure
UNKNOWN?
SPEAKER_00La chance
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui. Oui, bien sûr. Oui, bien sûr, il y a un petit facteur chance. Mais je pense que la chance, on la provoque aussi. Je veux dire, il ne faut pas tout baser sur la chance. Les gens me disent souvent, tu as de la chance. Oui, peut-être. Mais il faut aussi tout faire, justement. que tout se passe bien et puis pour faire les bonnes rencontres après c'est beaucoup d'intuition aussi donc du coup je pars avec mon vélo et effectivement bon en egypte ça se passe très bien les gens sont très accueillants en plus il ya une baisse du tourisme donc du coup ils sont contents de voir une étrangère qui va leur faire de la publicité qui va vraiment connaître le pays en plus parce qu'elle traverse à vélo donc je suis reçu mais les bras ouverts et ce qui est marrant c'est que ce qui est marrant c'est que en sortant du caire à peu près 200 km donc deux jours de vélo à peu près de trois jours de vélo je rencontre un policier et puis me dit non mais attends attends un petit peu donc je comprends pas très bien parce qu'il parle arabe il parle pas très bien anglais donc voilà et Il me dit« Attends, tu ne peux pas passer.» Je dis« Bon, il y a un problème.» Donc, il me sert le thé, on discute, etc. Et il me dit« On va t'escorter.
UNKNOWN»
SPEAKER_01et
SPEAKER_00donc là c'est très marrant parce que je me dis vous allez m'escorter mais comment vous allez m'escorter vous allez venir avec moi en vélo et il me dit non non non c'est bon tu peux y aller donc je pars et en fait quand je pédale je vois tout d'un coup qu'une voiture me suit en fait et c'est très marrant en fait parce que des policiers m'ont suivi en Egypte pendant 700 kilomètres c'est à dire qu'il y avait une voiture devant et une voiture derrière moi pendant 700 kilomètres m'ont escorté tout le long presque sur une grande partie du coup de mes mille kilomètres en Egypte et ça c'était très marrant parce que on voit en fait on se dit mais en France ce serait impensable en fait que des policiers vous escortent et la patience de vous escorter sans rien demander en échange c'était totalement gratuit donc c'est quand même assez impensable et puis à Après, je me suis dit que ce n'est pas nécessaire. Je me sens tout à fait en sécurité dans ce pays. Ils veulent escorter les touristes qui viennent à vélo parce qu'en Égypte, on connaît certains risques terroristes. Ils ne veulent pas prendre le risque qu'une... qu'une touriste à vélo soit la cible de terroristes donc ça m'a fait rire parce que à chaque fois que je m'arrêtais prendre le thé hop il s'arrêtait il m'invitait enfin c'était vraiment
SPEAKER_01génial
SPEAKER_00bon c'était vraiment très spécial quand même c'était c'était très marrant
SPEAKER_01mais parce que là du coup tu dormais tu bivouaquais sur ces 700 kilomètres en Egypte
SPEAKER_00alors du coup le bivouac il m'autorisait pas à bivouaquer évidemment parce qu'une femme seule en Egypte c'était un peu compliqué de faire du bivouac avec des policiers donc du coup ce que je faisais très souvent en fait où je leur demandais un hôtel local donc ils m'emmenaient dans des endroits pas chers prendre des bouis-bouis où je pouvais passer la nuit pas trop cher des endroits où dorment les égyptiens ou je leur demandais de dormir au commissariat donc du coup je mettais ma tante dans le jardin du
SPEAKER_01commissariat
SPEAKER_00génial
UNKNOWN!
SPEAKER_00jamais là-bas ou alors des fois ils me prêtaient un bureau et donc je pouvais mettre mon matelas et mon sac de couchage par terre dans leurs locaux en fait
SPEAKER_01génial
SPEAKER_00et donc c'était vraiment très marrant parce que quand on pense à ça en Europe ce serait vraiment impensable de camper dans les bureaux de la police enfin ce serait vraiment en même temps je ne l'ai jamais fait mais je ne sais pas si vraiment s'il y a des policiers qui nous écoutent je ne sais pas si vraiment ils nous laisseraient camper dans les locaux de la police donc c'était l'anecdote de l'Egypte c'était vraiment particulier et du coup j'arrive à Aswan et je me suis dit bon qu'est-ce que je fais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Là, l'aventure est lancée, je ne peux pas m'arrêter. Du coup, je continue mon aventure au Soudan. Et là, le Soudan, je ne sais pas si... Je vous invite d'ailleurs à lire mon blog sur ce pays, parce que justement, ce dont je parlais avant de l'insécurité, etc., si on regarde le Soudan, c'est peut-être le pays qui a le plus... de mauvaise réputation dans les pays que j'ai traversés. Effectivement, il est presque tout en rouge dans la diplomatie française, dans le site de la diplomatie française des voyages à l'étranger. Et pourtant, c'est le pays où j'ai été le mieux accueillie. Et vraiment extraordinaire. Les gens sont d'un accueil... Ils sont vraiment chaleureux. C'est vraiment l'accueil comme... comme vraiment pas corrompu par le tourisme, vraiment très heureux d'accueillir un étranger en fait, quelle que soit sa couleur de peau, quelle que soit sa nationalité. C'est un étranger, il n'est pas chez lui. On se doit de l'accueillir chez nous. En fait, c'est vraiment ça. C'est l'hospitalité soudanaise, comme on peut retrouver aussi dans certains pays arabes, comme l'Iran. Je compare beaucoup à l'Iran aussi, où les gens sont d'une hospitalité incroyable et le soudan en fait il se passe ça partout partout partout je suis invitée les gens sur le bord de la route me crient c'est l'heure de manger viens viens à la maison ne reste pas tout seul sur la route il fait chaud viens te rafraîchir à la maison viens manger, viens te reposer et c'est vraiment le Soudan c'est un pays un peu difficile parce que je suis toute seule sur mon vélo chargé parfois il y a du vent je pédale à 10 km heure seulement à cause du vent donc je ne fais pas beaucoup de kilomètres par jour c'est décourageant parfois il y a des tempêtes de sable il faut pousser son vélo c'est lourd bon encore il n'y a pas trop de relief donc ça va mais il fait chaud il commence à faire chaud on est au mois de fin mars début avril donc il fait 40 45 donc il fait très chaud c'est difficile d'avoir de l'eau sur le bord de la route donc donc de se rafraîchir, de se mouiller un petit peu pour pouvoir avancer sans trop de peine. Et les gens sont un contraste par rapport à ce milieu hostile, en fait. On pédale au milieu du désert, il n'y a rien, il n'y a pas un arbre. Mais les seules petites barraques qu'on voit, tout le monde, tout le monde, tout le monde te voit, te salue. Et ça, c'est une expérience extraordinaire. Et ça, je m'en souviendrai toute ma vie. Et j'en parlerai à tout le monde autour de moi que les Soudanais, vraiment, chapeau. C'est vraiment un peuple très hospitalier et très extraordinaire. Et malheureusement, la réputation qu'ils ont... moi ça me fait mal au coeur de me dire que les gens ne vont pas au Soudan parce qu'ils pensent que c'est un pays dangereux alors que c'est tout le contraire et tous les gens que vous allez rencontrer qui vont être allés au Soudan vont vous dire la même chose c'est pas que moi c'est vraiment extraordinaire et puis il y a tous ces sites pyramides abandonnés au milieu du désert alors pour ceux qui aiment l'archéologie, l'histoire etc Au revoir. c'est aussi extraordinaire, on arrive dans une zone où il y a des pyramides, alors on est tout seul, il n'y a pas un touriste, il n'y a personne, on pourrait même emporter les pierres de la pyramide chez soi, parce qu'il n'y a aucun gardien, l'entrée évidemment est gratuite, et on est dans une zone où il y a des pyramides et personne, personne, pas un touriste, on peut même camper, bivouaquer au pied des pyramides, c'est extraordinaire. D'ailleurs le Soudan, je ne sais pas si vous le Vous savez, c'est le pays où il y a le plus de pyramides dans le monde. Donc, il y a plus de pyramides qu'en Égypte ou qu'en Amérique du Sud. Oui. Après, elles ne sont pas en si bon état, évidemment, puisqu'ils n'ont pas vraiment beaucoup d'argent pour les restaurer, pour les aménager, pour enlever le sable. Parfois, elles sont enfouies dans le sable. Donc, C'est vrai que ça fait un effet quand même assez aventurier d'arriver dans ces endroits où pas grand monde va visiter. Mais vraiment, c'est un pays vraiment extraordinaire. Donc voilà mes aventures au Soudan. Et donc ensuite, je continue en Ethiopie. où là, bon, ça se passe un peu différemment, puisque le contraste entre l'Ethiopie et le Soudan est assez compliqué, puisque, je ne sais pas si, bon, c'est vrai qu'à vélo, le voyage est un peu différent de ce qu'on pourrait faire en bus ou en backpack. En vélo, on est exposé vraiment aux gens, Moi, c'est ça que j'aime bien aussi dans le voyage à vélo, c'est qu'on connaît beaucoup plus les gens. On s'arrête dans des villages où on ne se serait jamais arrêté en bus ou en tant que touriste. Et on découvre des endroits qui ne sont pas visités ou très peu visités. des étrangers. Et c'est ça aussi que j'aime bien, c'est que les gens sont restés authentiques et on découvre en fait beaucoup plus l'intérieur, la vie des gens, la vie du pays, vraiment comment vivent les gens dans les champs, chez eux, dans les petits villages reculés. On arrive dans des endroits où finalement il n'y a pas beaucoup de passages au niveau touristique.
SPEAKER_01Et là, qu'est-ce que tu trouves du coup en Éthiopie
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, en Éthiopie, par contre, c'est un peu plus difficile, c'est-à-dire que je pense que l'Ethiopie, pendant beaucoup d'années, a reçu des aides internationales et reçoit encore beaucoup d'aides d'ONG, etc. Et donc, du coup, les gens ont tendance à demander de l'argent, à demander des choses. Tu sais, tu es blanc, tu as de l'argent, donne-moi. Moi, c'est la sensation que j'ai eue en Éthiopie. En fait, c'est donne-moi de l'argent, donne-moi, donne-moi ci, donne-moi ça, donne-moi tes vêtements. Et en fait, les gens. Voilà, tu es sollicité tout le temps dans le pays Constamment, en fait. C'est constamment. Donne-moi, donne-moi, donne-moi. Et ça, c'est... Quand on est à vélo, il y a déjà un effort physique qui est important. En Éthiopie, en plus... Moi, je ne suis pas une athlète. Moi, je suis une fille normale. Je ne me suis pas entraînée avant de partir. Et je ne connaissais pas le voyage à vélo. Je ne faisais pas de vélo avant. Je ne suis pas spécialement sportive. Un petit peu. Maintenant, beaucoup plus, je vous avoue. mais mais avant je n'étais pas spécialement très sportive et donc du coup l'éthiopie ça a été très difficile parce que je sais pas si vous connaissez un peu le relief de l'éthiopie mais c'est très montagneux en plus je suis passé par des zones vraiment de beaucoup de dénivelé et donc du coup l'effort physique était très intense Et en même temps, on avait cette population qui était, à chaque fois que je m'arrêtais, c'était vraiment beaucoup de gens autour de moi, la curiosité, et des gens qui me sollicitaient, en fait, donne-moi de l'argent, donne-moi ci, donne-moi ça. Donc du coup, ça a été un peu difficile au niveau mental et physique, et donc un peu tout. Et donc là, je me suis dit, qu'est-ce que je fais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que j'arrête
UNKNOWN?
SPEAKER_00Vraiment, parce que c'était fatigant
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je passais des journées à pousser mon vélo dans les montagnes. Je ne pédalais même plus parce que je n'y arrivais plus. Je n'avais plus la force parce que vraiment, quand on a beaucoup de dénivelé, des routes de montagne, un vélo, il était trop lourd pour pouvoir pédaler. Je passais des journées à pousser. Du coup, je me suis fait les bras aussi. C'était
SPEAKER_01intéressant. Tu as une idée du poids qu'il faisait à ce
SPEAKER_00moment-là
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je pense 50
SPEAKER_01kg. 50
SPEAKER_00à 55 kg à peu près. Oui, parce que quand on est seul, il faut quand même apporter pas mal de choses, des pièces de rechange pour le vélo, quelques vêtements, quelques affaires de camping aussi, bivouac, donc tente, sac de couchage, matelas, etc. Donc oui, je pense avec le poids du vélo, une cinquantaine de kilos à peu près. Donc voilà, c'est pas la même chose de faire du vélo avec un vélo léger, un vélo de route ou un... que mon vélo qui est déjà un peu plus solide, enfin solide et lourd du coup, et puis chargé. Et puis avec l'eau, la nourriture aussi, parce qu'il faut penser qu'on ne va pas trouver de l'eau partout, qu'on ne va pas trouver de la nourriture partout, donc on charge un petit peu aussi avec des provisions. Et donc du coup, il y a un moment où je me suis dit, qu'est-ce que je fais là
UNKNOWN?
SPEAKER_00J'arrête, j'en ai marre. En plus, je dormais dans des bouys-bouys. C'était plutôt des bars. Enfin... Des logements qui servaient de bar pour les routiers. Donc, il y avait des petits logements à côté qui mettaient la musique à fond jusqu'à 2-3 heures du matin. Donc, du coup, je ne me reposais pas très bien. Parce qu'effectivement, quand on part aussi à vélo, moi, je suis partie avec un budget vraiment minime. Donc, du coup, ça m'obligeait aussi à... ou bien dormir chez l'habitant, ou bien camper, bivouaquer, ou bien se trouver des hôtels, mais vraiment pas cher. En Éthiopie, il faut savoir que camper vraiment dans des endroits peuplés, ce n'est pas vraiment très prudent. Dormir chez l'habitant, ce n'est pas très possible. Les gens ne sont pas si accueillants ou vont vous demander de l'argent. Et donc, du coup, vous allez plutôt vous faire avoir ou trouver un petit logement solide. locales comme je faisais donc à côté des bars et des logements pour les routiers où il y avait des jolies demoiselles aussi qui attendaient justement les routiers donc c'était très agréable pour moi de débarquer dans ces endroits où il y avait des jolies demoiselles finement habillées Et moi, j'arrivais juste pour dormir avec mon vélo. C'était vraiment... Bon, après, on finit par s'habiter, je vous dis. Ça fait partie des choses, des anecdotes du voyage, quoi. Voilà. Et puis, finalement, on se dit, bon... Ça fait partie de l'expérience du voyage aussi. Tout ne peut pas être tout rose. Après, les paysages étaient quand même magnifiques en Éthiopie. J'ai aussi trouvé des gens sympas. Donc, du coup, ça faisait un équilibre dans ma tête en me disant non, je ne peux pas abandonner quand même. À ce point-là, je vais quand même continuer mon projet jusqu'au bout. Voilà, c'était juste… Il y a des moments où… on se remet quand même en question de se dire qu'est-ce qu'on fait là
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que j'ai vraiment besoin de faire ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que j'ai besoin de... Après, je me suis dit, bon, c'est... Toute aventure a aussi des mésaventures et des côtés moins beaux, moins faciles. Ça fait partie, en fait, de l'expérience et du voyage aussi à vélo.
SPEAKER_01Est-ce que ce n'est pas ça qui fait, in fine, la beauté de l'aventure à la
SPEAKER_00fin
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, voilà, c'est ça. Et puis, du coup, on apprend aussi à… Ça fait un petit défi aussi de se dire, j'ai surmonté ça. Finalement, c'est comme dans la vie. On a des moments où ça va bien se passer… vie et à des moments où on va avoir des problèmes il faut quand même et puis c'est moi qui ai choisi cette aventure donc il faut se dire ça va être juste un moment comme ça et puis après ça va aller mieux je vais être plus forte ou je vais pousser plus vite ou je vais pouvoir pédaler un petit peu ou je vais trouver des gens sympas aujourd'hui et puis voilà tout est pas non plus négatif Il y a des moments où forcément on a un petit coup de mou, je pense, mais je pense que c'est tout à fait normal dans une aventure comme ça, d'avoir des moments où on se dit« qu'est-ce que je fais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que je renonce ou est-ce que je ne renonce pas
UNKNOWN?
SPEAKER_00» Et puis finalement, on trouve le courage, la force et puis on trouve justement le courage nécessaire pour poursuivre. Et puis pour aller au bout de son objectif, il ne faut pas oublier l'objectif qu'on s'est fixé. C'est toujours vivre avec l'objectif. Je traverse un continent à vélo, c'est comme ça.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_00il va y avoir des moments merveilleux, il va y avoir des moments de misère. Ça, il faut le savoir. Mais c'est tout. Mais il faut justement trouver la force pour continuer, en fait, et pas se
SPEAKER_01décourager. Très beau message. Donc là, l'Éthiopie, donc visiblement, troisième pays par lequel tu passes, après l'Égypte et le Soudan. De ce que je comprends, le premier où tu es confronté à des galères, que ce soit du fait de la géographie ou d'un accueil peut-être un peu différent de ce que tu avais pu retrouver au Soudan et en Égypte. Et là, juste pour qu'on l'a en tête. Tu parlais de résilience, de détermination, de durée dans l'effort. Ça fait déjà combien de temps que tu étais à vélo au moment où tu es arrivée en Éthiopie
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, en Éthiopie, ça faisait quatre mois, trois mois.
SPEAKER_01Ah oui, déjà, oui.
SPEAKER_00Oh punaise. Trois mois. Ah oui. Oui. Trois mois, je suis arrivée parce que j'ai fait un mois en Égypte et presque deux mois au Soudan parce que j'ai tellement aimé que je suis restée plus longtemps que prévu. Et puis, en Éthiopie, après, c'était le... troisième, quatrième mois en fait. D'accord. Voilà. Et en fait, j'ai fait cette aventure en deux temps, c'est-à-dire que j'ai fait du Caire jusqu'à Addis Abeba. Ensuite, je suis partie travailler parce que j'étais saisonnière en Afrique de l'Est. Je suis partie travailler la saison. Je n'ai pas eu le temps de le faire en une fois. C'est-à-dire que j'ai fait du care à Addis Abeba en 4
SPEAKER_01mois.
SPEAKER_00Oui. Et ensuite, je suis retournée à Addis Abeba à la fin de la saison en octobre pour aller jusqu'au cap.
SPEAKER_01D'accord.
SPEAKER_00J'ai fait 3 mois et demi plus 6 mois. Voilà. Et c'est en plus au moment de retourner à Addis Abeba où je me suis dit, qu'est-ce que je fais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que je finis cette aventure
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ou est-ce que... Qu'est-ce que je fais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que l'Ethiopie, ça ne me motivait plus. Enfin, voilà. Et puis finalement, j'ai... J'ai quand même décidé de poursuivre. Donc oui, j'ai quand même fait une coupure en Éthiopie, c'est-à-dire à Dissabeva, j'ai fait une coupure pour justement travailler six mois. parce que je ne pouvais pas me permettre de la faire en une seule fois et en même temps quand je suis partie je ne savais pas combien de temps je pourrais faire sur mon vélo donc du coup je suis partie sans trop penser en fait je suis partie quand j'ai eu le temps de le faire
SPEAKER_01donc l'Ethiopie c'est comme si tu l'avais traversée deux
SPEAKER_00fois en fait voilà ouais j'ai fait un petit bout j'ai fait un grand bout l'Ethiopie finalement c'est grand et puis je l'ai fait, oui, effectivement, quand je suis revenue à Addis Abeba pour renouer avec ce voyage. Du coup, Du coup, je n'ai pas regretté parce que l'Ethiopie, c'est quand même un pays magnifique. Les paysages sont quand même super. Et puis, il y a des gens finalement qui sont extraordinaires aussi. On trouve des gens super sympas. J'étais très bien accueillie, surtout dans le sud. Bizarrement, c'est un endroit qui est plus touristique. Ok. Dans la vallée de l'Homo. Alors, je ne sais pas si tu connais. C'est là où vont pas mal de groupes et de touristes pour photographier les tribus. parce qu'ils ont un mode de vie particulier, parce qu'ils vivent assez loin de tout. Ils ont gardé leur habit traditionnel, etc. Et le fait d'arriver dans une région comme ça, touristique, à vélo, les gens étaient plutôt étonnés et ça a été quand même plutôt un... très beau souvenir, en fait, de voir la réaction des gens me voyant arriver, une femme seule, à vélo, et pas un groupe dans un 4x4, en voyage organisé. Et du coup, ce regard des gens, en fait, de surprise, ça a été vraiment un cadeau pour moi. Enfin, ça a été vraiment... Je me suis dit, ils sont étonnés de voir une femme toute seule à vélo. Alors, ça m'a fait plaisir. Et puis, du coup, j'ai été accueillie dans les villages. J'ai pu bivouaquer en fait dans les villages totalement gratuitement, aller sur les marchés, voir comment vivaient les gens et ça les gens m'ont reçu vraiment à bras ouverts. Donc j'étais vraiment une expérience vraiment très intéressante. dans la vallée de l'Homo c'était juste avant en plus de partir de l'Ethiopie et ça ça m'a du coup je me suis dit bon l'Ethiopie c'était finalement pas pas que pas que du mauvais et même même un bon souvenir
SPEAKER_01maintenant avec du recul c'est super oui comme quoi tu vois cette décision d'y retourner malgré tout et d'avoir d'avoir persévéré au final t'en gardes un bon souvenir je trouve que c'est c'est génial à entendre
SPEAKER_00oui voilà c'est
SPEAKER_01ça alors après donc si je me trompe pas je regarde la carte en même temps que je te parle donc c'est trois premiers mois et demi trois pays et ensuite alors t'as pas perdu ton temps t'as enchaîné le Kenya la Tanzanie le Malawi la Zambie le Botswana la Namibie pour finalement arriver en Afrique du Sud donc ça fait s'il y en a qui ouvrent une carte sous les yeux ça fait ça fait une traversée est-ouest de l'Afrique donc complètement depuis depuis l'Ethiopie qu'est-ce que sur cette deuxième section peut-être la première question c'est comment est-ce que tu l'as en quoi est-ce que tu l'as abordé différemment de la première parce que bon en trois mois et demi premier voyage à vélo t'as eu des apprentissages j'imagine donc en quoi est-ce que tu vois en quoi est-ce que ta préparation ton approche ou tes attentes même peut-être ont été différentes sur cette
SPEAKER_00deuxième partie disons que j'avais beaucoup
SPEAKER_01plus confiance en moi
SPEAKER_00j'étais totalement confiante que j'allais arriver au cap et en fait c'était de l'adrénaline en fait tous les jours de se dire c'était vraiment l'aventure 100% parce que du coup j'avais eu cette expérience là avant des 3 mois je savais que physiquement que mon corps allait bien réagir Après, on ne sait jamais, on n'est pas à l'abri d'un accident ou quoi que ce soit. Mais je savais que déjà, physiquement, j'étais prête. Et puis que les pays que j'allais traverser allaient être peut-être plus« faciles», parce que c'est des pays que je connais bien, le Kenya, la Tanzanie, c'est des pays où je connais bien les gens. ensuite il y a beaucoup de pays que j'avais déjà fait j'avais déjà été au Malawi j'avais déjà été au Botswana en Namibie en Afrique du Sud et le fait de les refaire à vélo j'étais vraiment impatiente c'était vraiment vivre 100% l'aventure tous les jours quelque chose de merveilleux c'était vraiment l'adrénaline qui me poussait qui pédalait enfin c'était vraiment la motivation tous les jours de se dire oh super je vais encore voir des beaux paysages enfin j'avais prévu justement l'itinéraire en fonction de des paysages que je voulais voir des régions que je voulais traverser etc et c'était vraiment profiter profiter de l'expérience profiter de l'aventure tous les jours à fond c'était vraiment ça mon objectif et c'était vraiment ça que j'ai fait c'était vraiment trouver un bel endroit pour dormir trouver des gens sympas sur le chemin enfin voilà profiter aussi de s'arrêter dans les endroits où vraiment je me sens bien peut-être m'arrêter plus longtemps parce que j'étais pas vraiment pressée par le temps cette fois-ci et voilà et laisser place aussi à l'improvisation aussi des rencontres, des endroits où je vais, des recommandations d'autres voyageurs ou des locaux, etc. voilà et c'était vraiment allez c'est parti c'est reparti pour 6 mois et c'était vraiment à fond 100% tous les jours
SPEAKER_01alors justement tu parlais d'improvisation ça c'est intéressant parce que c'est vrai que sur un voyage de cette durée qu'est-ce que tu anticipais et sur quels aspects du voyage est-ce que tu te disais bon bah je verrais bien au jour le jour
SPEAKER_00rien préparé à vrai dire ok non à vrai dire j'ai rien préparé et moi je conseille aux gens qui partent sur une longue distance à vélo de rien préparer en fait parce que ça sert à rien en fait de qu'est-ce que tu veux préparer enfin ça va les jours ils vont passer et puis toi tu vas pédaler tu vas avancer enfin naturellement après moi j'ai étudié tourisme donc j'ai aussi étudié pas mal la géographie je connais aussi beaucoup enfin dans ma tête effectivement j'avais déjà le tracé plus ou moins fait Mais après, il n'y a rien qui était défini 100%. Je pouvais faire un détour ou passer par une autre région, etc. Et je pense que c'est ça aussi, le voyage à vélo, c'est aussi la liberté de pouvoir improviser. C'est ça qui est bien. Parce qu'en plus, en partant seule, c'est vraiment à 100% de liberté. Et c'est aussi pour ça que j'aime bien partir à vélo. seul parce que du coup c'est la liberté aussi de pouvoir improviser si on planifie toutes les étapes tous les jours il faut qu'on soit là il faut qu'on soit là dans deux semaines il faut qu'on soit là maintenant enfin je veux dire ça laisse peu de place aux rencontres à pouvoir profiter d'un endroit qu'on aime bien par exemple Donc, je pense qu'il ne faut pas trop préparer non plus. Il faut juste avoir une idée des pays par où on va passer, évidemment, pour savoir effectivement si les routes sont… Dans quel état sont les routes déjà
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que ça peut aussi beaucoup prendre du temps par rapport à l'état. Si la route n'est pas goudronnée, effectivement, on va prendre beaucoup plus de temps que si elle est goudronnée. Le relief, etc. Il faut quand même penser à un certain nombre de choses. Parce que six mois, finalement, c'est beaucoup. Mais c'est aussi peu
UNKNOWN?
SPEAKER_00pour le nombre de pays traversés. Donc, effectivement, il faut quand même penser à l'aspect état des routes, géographie, relief, etc. Mais après, je pense qu'il ne faut pas non plus tout préparer et laisser beaucoup de place à l'improvisation et à la rencontre, etc. des gens enfin moi c'est aussi pour ça que je fais des voyages à vélo c'est un petit défi sportif mais surtout pour rencontrer des gens pour l'authenticité du voyage pour être dans la nature pour bien connaître mieux connaître un pays et prendre son temps aussi de découvrir comment vivent les gens et voir voir ce qui se passe en fait Parce qu'à vélo, on voit beaucoup ce qui se passe. Moi, je dis toujours, les gens qui voyagent en bus, en fait, ils ne voient rien. Ils passent trop vite. En bus ou en train ou en voiture. Enfin, voilà. Les gens, ils passent trop vite. Donc, en vélo, on a quand même beaucoup le temps de s'imprégner d'un pays. Et je pense que l'improvisation est importante dans ce type de voyage. Mais ça, c'est mon point de vue, encore une
SPEAKER_01fois. Super. J'aime bien ce que tu dis, le fait d'écrire cette aventure comme étant un petit défi sportif quand même de 15 000 km c'est une question de poids de vie j'imagine mais qu'est-ce que tu alors parce que ce
SPEAKER_00serait je ne suis
SPEAKER_01pas sur Strava je ne suis pas sur Strava pourtant là je pense que tu aurais pu faire quelques records qui n'auraient pas forcément été beaucoup contestés parce que vu l'itinéraire il ne doit pas y en avoir énormément mais oui tu parlais de l'authenticité du voyage des rencontres comme étant vraiment ce que toi tu es allé chercher s'il y avait peut-être une anecdote une de ces rencontres que tu aimerais partager sur la deuxième partie du voyage ce serait laquelle
UNKNOWN?
SPEAKER_00ce serait peut-être la rencontre avec cette famille de pêcheurs sur le bord du lac Malawi alors je n'avais pas du tout prévu de passer par là au départ je me suis dit bon le Malawi c'est un pays que je connaissais déjà mais à mon goût je n'avais pas passé trop de temps sur le bord du lac sur les bords du lac. Je ne sais pas si tu connais le Malawi, c'est un pays qu'on ne connaît pas trop. Oui. Mais il y a un lac du même nom que du pays, le lac Malawi, qui ressemble plutôt à une mer et qui a des plages fabuleuses. Et on se croirait effectivement au bord de la mer. Et du coup, je n'avais pas prévu de rester et je suis arrivée sur une plage magnifique. Et je rencontre une jeune femme qui était en train de chercher de l'eau au puits. Et puis, je commence à discuter avec elle. Je lui dis« Ah, tu habites ici, tu as vraiment de la chance. C'est un endroit, c'est joli comme endroit. C'est vraiment très bucolique.» parce qu'on voyait quelques îles sur le lac après il y avait tous les pêcheurs qui étendaient leurs filets sur la plage donc ça faisait des couleurs roses, oranges sur la plage parce que tous les pêcheurs étaient en train de réparer leurs filets pour partir pêcher la nuit et puis elle me dit j'habite dans ce village là reste avec moi, j'habite avec ma mère donc du coup j'avais pas prévu de rester spécialement cette nuit là dans ce village là Et puis finalement, elle m'a invitée, donc je suis restée. Et puis, elle habitait dans une toute petite maison. Et du coup, elle m'a libérée sa chambre, etc. Bon, c'était vraiment... Et pas de meuble, rien. J'étais gênée, donc du coup, je me suis dit, ben non, je vais camper dans le jardin. Tu sais, je suis mieux. J'ai ma moustiquaire en plus, voilà. Et le soir, son... Ton père rentre avec tout le poisson. Donc, ils ont fait cuire tout le poisson pour moi. Au lieu d'aller le vendre au marché, ils ont fait... Un plat de poisson incroyable pour toute la famille. Enfin, c'était comme la fête, en fait, pour eux. C'était comme un dimanche, en fait. Je me suis sentie gênée, en fait. Et puis, le lendemain, je me suis dit, bon, il faut quand même que je les remercie, en fait. Mais je n'avais pas de cadeau, je n'avais rien. Je me suis dit, en même temps, qu'est-ce qui peut leur faire plaisir
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et ça me gênait de leur laisser de l'argent parce que vraiment, enfin, ce n'est pas vraiment mon point de vue de laisser de l'argent. Je préfère laisser des cadeaux ou quelque chose. Donc, je me suis dit, tu sais quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00On va aller chercher de l'eau. Et du coup, j'ai pris mes sacoches. On a chargé mon vélo. Et j'ai pris tous les bidons d'eau qu'elle avait chez elle. Et on est allés au puits ensemble. Et du coup, j'ai chargé mon vélo pour la remercier. J'ai été chercher de l'eau pour toute la semaine, en fait, pour eux. Parce qu'on ne se rend pas compte, en fait, mais les gens, là-bas, ils marchent avec des bidons d'eau. Ils vont au puits. Une fois... Par jour ou deux fois par jour pour aller chercher l'eau nécessaire pour cuisiner, pour se laver, etc. Donc, du coup, pour leur rendre le dîner, l'accueil, etc. J'ai été chercher les bidons. l'eau au puits avec mon vélo et je suis revenue dans leur maison chargée avec les bidons d'eau ils étaient très contents et moi ça m'a fait très plaisir aussi d'être accueillie comme ça et de manger du bon poisson du lac Malawi aussi c'est vrai que c'est un accueil très chaleureux et très appréciable
SPEAKER_01ça fait envie ça donne envie de se lancer tu vois d'improviser et de se laisser guider par la route et de faire des rencontres comme t'en as fait je trouve que c'est tu vois j'ai jamais fait de voyage comme le tien mais en tout cas ni aussi long ni à vélo pour le moment on sait jamais mais c'est vrai que généralement quand je discute soit de mes voyages à moi soit de comme là ce qu'on est en train de faire avec toi d'autres voyages d'autres personnes ce qui très souvent voire même presque tout le temps j'ai envie de dire les plus beaux souvenirs c'est très généralement c'est des rencontres en fait tu vois souvent on voit des blogs de voyages où il y a des belles photos etc et c'est vrai qu'évidemment les paysages ça fait aussi partie du dépaysement mais en fait généralement les souvenirs qui marquent vraiment c'est les rencontres
SPEAKER_00oui effectivement et surtout je dirais quand on voyage seul quand on voyage seul c'est très important de sourire aux gens c'est très important de privilégier les rencontres aussi d'aller vers les gens parce que du coup, sinon on peut devenir fou. Moi, ce qui m'a vraiment beaucoup aidée, c'était les gens. Parce que quand on pédale toute seule pendant longtemps, on est loin de ses amis, on est loin de sa famille. C'est très dur. On n'a pas forcément accès à un réseau téléphonique convenable pour pouvoir discuter avec sa famille ou ses amis. Et moi, c'est vrai qu'il y a beaucoup de moments où je me suis sentie seule. parce que on passe beaucoup de temps en fait seul sur son vélo on a beaucoup le temps de réfléchir de penser de méditer et parfois on se rappelle des choses un peu négatives aussi on a le temps de se souvenir de choses qui font pas plaisir où on est dans la difficulté physique et donc du coup ces rencontres en fait ça fait tout le voyage pour moi Ça fait le réconfort, la compagnie, la gentillesse, la bienveillance. Et c'est aussi pour ça que j'ai choisi l'Afrique. Parce que je sais que les gens sont très bienveillants partout où tu vas. Surtout pour une femme seule, ils vont t'accueillir comme une sœur, comme une fille ou comme une mère maintenant à mon âge. Et donc du coup, ils vont prendre soin de toi. Et surtout, à vélo, en fait, ils vont se dire« Elle fait un effort
UNKNOWN!»
SPEAKER_00venir nous voir donc on va prendre soin d'elle et moi les rencontres en fait que je faisais c'est vrai que ça m'a beaucoup aidé pour tenir le coup pour te dire il y a des gens formidables sur le chemin il faut continuer ce voyage c'est extraordinaire en fait parce que les gens que tu rencontres en fait ils te soutiennent ils t'encouragent à faire ce que tu fais et ça c'est vraiment extraordinaire ça te donne beaucoup
SPEAKER_01de force en fait ça me fait repenser à certaines rencontres que j'ai pu faire au Népal par rapport à ce que tu dis le fait que les personnes que tu as rencontré en tout cas sur ce voyage en Afrique qui te donnaient beaucoup ce qui me marque souvent en fait c'est dans les pays où les gens n'ont rien qui donne le plus c'est quand même incroyable ça je pense que j'ai déjà discuté avec d'autres invités qui faisaient pas forcément du vélo mais plutôt de la marche au long cours et en France ou dans d'autres pays, mais riches, et qui disaient qu'ils n'avaient pas forcément retrouvé l'accueil, la générosité dont ils ont pu bénéficier dans des pays qui ont juste des niveaux de vie qui n'ont absolument rien à voir.
SPEAKER_00Oui, on se demande pourquoi en fait… Pourquoi on est devenus comme ça, nous
UNKNOWN?
SPEAKER_00Si un étranger frappe à ta porte, tu vas le regarder bizarrement et tu vas lui dire pourquoi. Alors pourquoi nous on est devenus comme ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pourquoi eux sont restés aussi authentiques et dans la générosité en fait
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est
SPEAKER_01une bonne question. Il faudra que tu te refasses un trip de 20 000 km à vélo pour pouvoir y réfléchir et on refera un
SPEAKER_00épisode
SPEAKER_01là-dessus. Oui, avec plaisir, c'est prévu. Génial. Écoute, Émilie, on arrive au bout. C'était absolument fascinant de t'écouter nous raconter cette aventure africaine. Au final, je suis hyper... C'était juste génial de pouvoir échanger avec toi, mais je suis quand même un petit peu frustré parce que quand je regarde le nombre de voyages que t'as fait dans des coins absolument incroyables tu vois j'aurais bien aimé qu'on en parle t'es allé en Nouvelle-Zélande, à Fidji, sur les îles Cook tu nous parlais du Népal je vois que t'as aussi fait le Kazakhstan l'Europe du Nord enfin bon c'est on aurait peut-être moyen de faire une saison entière sur tes voyages mais moi je voulais te remercier vraiment du fond du coeur, c'était génial d'avoir d'avoir un petit peu de ton temps pour que tu puisses nous faire voyager à tes côtés sur cette route africaine de 15 000 km puisque t'es non sportive on va le rappeler mais ouais écoute je te souhaite absolument tout le meilleur pour la suite je sais pas est-ce qu'il y a une grosse aventure de prévue là qui arrive
SPEAKER_00bientôt
UNKNOWN?
SPEAKER_00alors du coup avec le Covid je me suis un petit peu arrêtée mais oui il y a une aventure qui arrivera je pense mi 2020 donc dans un an dans un an je pense le départ est prévu octobre ou novembre 2022 j'ai vraiment l'envie de partir enfin ça va se faire ce sera Europe Europe Pakistan ok wow à vélo
UNKNOWN?
SPEAKER_00donc à vélo bien sûr moi je ne voyage plus qu'à vélo maintenant c'est clair dans ma tête Oui, donc ce sera, oui, départ sûrement en octobre ou en novembre 2022, au plus tard, et arriver au Pakistan en juin ou juillet 2023, quelque chose comme ça. Donc, il va falloir être patient, mais
SPEAKER_01voilà. Super
UNKNOWN!
SPEAKER_01bah
SPEAKER_00écoute mais c'est prévenu et ça va se
SPEAKER_01faire c'est sûr génial voilà bah vu ce que t'as déjà fait écoute j'ai absolument aucun doute sur ta capacité à lancer ce nouveau projet mais en tout cas tout le meilleur pour la préparation je mettrai le lien vers ton site Amy Around The World en description de l'épisode et puis écoute bah à très bientôt peut-être sur les routes à
SPEAKER_00vélo oui merci Loïc et merci pour ton temps et Merci de m'avoir écoutée. C'est super.
SPEAKER_01Avec grand plaisir. À bientôt,
SPEAKER_00Émilie. Oui, merci. À bientôt.
UNKNOWNAu revoir.